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États-Unis: funérailles sous tension en Californie après la mort d’un Noir tué par la police

mars 29, 2018

Des proches se consolent avant les obsèques de Stephon Clark, le 29 mars 2018, à Sacramento en Californie / © AFP / JOSH EDELSON

Des centaines de personnes ont assisté jeudi aux obsèques sous tension et chargées d’émotions de Stephon Clark, un jeune Noir tué par des policiers dans son jardin à Sacramento, en Californie, érigé en nouveau symbole des brutalités policières aux Etats-Unis.

« Ils tuent de jeunes Noirs à travers le pays », a accusé le révérend Al Sharpton, figure historique du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis, lors du service œcuménique.

« Nous sommes ici pour dire que nous allons lutter avec Stephon Clark et les membres de sa famille », a-t-il proclamé devant les proches du jeune homme de 22 ans, abattu le 18 mars dans son jardin des quartiers pauvres du sud de Sacramento, par des agents qui le croyaient armé. En réalité, il tenait à la main un simple iPhone.

Les policiers, dont un est Noir, ont été suspendus. Mais cette énième bavure contre un Noir a enragé la communauté afro-américaine, qui multiplie depuis lors des manifestations dans la paisible capitale californienne.

A son arrivée aux obsèques, le frère bouleversé de la victime, Sevante Clark, s’est jeté sur le cercueil fermé, avant de prendre à plusieurs reprises le micro, de lever le poing en signe de protestation et d’appeler l’assistance à crier le nom de Stephon Clark.

Tenant dans ses bras ce jeune homme, Al Sharpton a également appelé l’assistance à reprendre son nom. Des proches ont entamé des chants gospel.

« Nous allons pousser Donald Trump et le monde entier à régler le problème des mauvaises conduites policières », a-t-il proclamé sous les acclamations de certains membres du public, en réponse à la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, qui a qualifié ces faits « terribles » de sujet « local ».

A ses côtés, un imam, un rabbin, et des représentants d’autres confessions ont pris la parole à tour de rôle, ainsi que plusieurs proches du jeune homme, qui l’ont décrit comme le père aimant de ses deux enfants, et dévoué à sa fiancée, Salena Manni.

« Nous en avons assez de voir les nôtres mourir », a martelé l’imam, Zaid Shakir, avant de lancer, à propos des violences policières par balle: « C’est un problème systémique (…) c’est un problème uniquement américain ». Puis d’énumérer une longue liste d’autres victimes noires de bavures.

– « Meurtriers » –

La vidéo de la mort de Stephon Clark, filmée par les caméras que portent les policiers, a particulièrement choqué. Les deux agents de la Sacramento Police Department (SPD) lui ont tiré dessus à 20 reprises, avant de lui intimer de montrer ses mains.

Ils étaient intervenus après un appel signalant qu’un homme brisait des vitres de voitures. Pensant que Stephon Clark était leur suspect, ils l’ont pris en chasse, épaulés par un hélicoptère de police.

Le jeune homme s’est alors réfugié dans le jardin, où il a été abattu.

« J’ai dit aux policiers: +Vous n’êtes que des meurtriers+ », a déclaré sa grand-mère, Sequita Thompson, qui vivait aussi sur les lieux, à la chaîne locale Fox 40.

– Il « devrait être vivant » –

Les rues du centre-ville, où se trouve le Capitole de l’Etat, sont depuis sa mort régulièrement bloquées par des manifestants. Jeudi encore, un rassemblement avait été convoqué devant le bureau du procureur du comté.

Une réunion du conseil municipal a plus tôt cette semaine été interrompue quand un rassemblement a viré à l’émeute, la foule exigeant la fin d’un « racisme endémique ». Ses membres ont été évacués par la police pendant que des manifestants en colère pénétraient dans l’hôtel de ville, malgré les appels au calme des dirigeants du mouvement de protestation.

L’entrée à deux matches de basket NBA a été perturbée: des milliers de spectateurs n’ont pas pu pénétrer dans la salle, forçant le propriétaire de l’équipe de NBA locale, les Kings, à délivrer un appel à la paix et l’unité à la mi-temps d’une rencontre.

Après un autre match, Vivek Ranadivé a assuré que sa franchise aiderait à « empêcher cette tragédie d’arriver à nouveau ». Ses joueurs, des stars millionnaires d’une ligue qui s’est longtemps voulue dépolitisée, se sont entraînées avec un T-shirt cinglé du nom de Stephon Clark.

Des dizaines d’activistes du mouvement de défense des Noirs, « Black Lives Matter », comptent demander à la procureure de Sacramento, Anne Marie Schubert, de poursuivre les deux agents.

La famille Clark, qui a déjà perdu un frère de Stephon dans une fusillade en 2006, envisage également des poursuites.

« Nous allons pousser le procureur à rendre justice au nom de Stephon Clark », a affirmé Al Sharpton durant les funérailles. « Nous sommes venus parce que ce garçon devrait être vivant aujourd’hui. »

Romandie.com avec(©AFP / 30 mars 2018 00h05)                

En Guinée équatoriale, des opposants affirment avoir été torturés par la police

mars 28, 2018

 

Les faits auraient eu lieu juste après que le régime eut annoncé avoir déjoué une tentative de coup d’Etat, fin 2017.

 

Le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema, en Bolivie, en novembre 2017. Crédits : David Mercado / REUTERS

Des militants d’un parti d’opposition dissous en février en Guinée équatoriale affirment avoir été « torturés », pratique confirmée par des défenseurs des droits humains mais fermement démentie par le pouvoir à Malabo. C’est à « Guantanamo », surnom du commissariat central de Malabo, que plusieurs des 38 militants du parti d’opposition Citoyens pour l’innovation (CI) disent avoir subi des mauvais traitements, du 28 décembre 2017 au 3 janvier, selon des témoignages recueillis par l’AFP.

Les faits auraient eu lieu juste après que le régime eut annoncé avoir déjoué, le 24 décembre 2017, une tentative de coup d’Etat dont les commanditaires étaient des Equato-Guinéens et les exécutants des étrangers, parmi lesquels des Français, selon Malabo. Des militants du parti CI avaient été arrêtés après une tentative de rassemblement début novembre.

« Nous avons été torturés pendant une semaine, affirme Ernesto Obama Ondo, 42 ans, militant de CI. Je recevais 150 coups de fouet chaque jour, mes fesses étaient en lambeaux. » Mireille Buila Euka, 24 ans, elle aussi membre de CI, a également reçu des coups de fouet après avoir été attachée par les mains et les pieds : « J’ai reçu 100 coups la première nuit » en détention.

Un opposant « mort sous la torture »

Ernesto Obama Ondo dit avoir été finalement emmené à l’hôpital La Paz de Malabo, comme d’autres victimes, information confirmée à l’AFP par des employés de l’hôpital. C’est là que Susana Esono, la trentaine, affirme avoir subi une tentative d’assassinat. Elle y avait été emmenée après avoir eu un bras cassé et une côte fracturée à coups de barre de fer lors de son arrestation le 28 décembre.

« Après deux jours à l’hôpital La Paz, un homme m’a fait une injection et je me suis évanouie », dit-elle. Alors qu’elle était encore sous perfusion, des « policiers » sont venus la chercher pour la conduire à « Guantanamo », où ils lui ont arraché la perfusion en disant que « les gens de CI doivent mourir et n’ont pas droit au traitement ».

Selon M. Obama Ondo et le parti CI, un autre opposant, Santiago Ebee Ela, « est mort sous la torture » en détention, mi-janvier. « Ce n’est pas vrai, je pense qu’il était malade », avait affirmé à l’époque le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema, promettant une enquête sur les circonstances de son décès qui n’a pas encore commencé, selon l’avocat Fabian Nsue et Amnesty International. « Les militants de CI ont été torturés, nous envisageons une action en justice », a déclaré Me Nsue à l’AFP, doutant qu’elle aboutisse, la justice étant selon lui liée au gouvernement, dont l’objectif est « d’en finir avec CI ».

Saisie, l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) souhaiterait que l’ONU mène une enquête, a indiqué la chercheuse Sarah Saadoun. « Je suis en train de faire de plus amples recherches » pour une plainte devant l’ONU, déclare Tutu Alicante, Equato-Guinéen en exil et collaborateur de HRW.

Des militants comparés à « des paramilitaires »

Début février, l’Union européenne s’est inquiétée de la « forte détérioration de la situation des droits de l’homme » en Guinée équatoriale, tout comme Amnesty International. « Depuis les élections législatives et municipales de novembre 2017, nous avons constaté une augmentation du nombre de cas de torture de membres de l’opposition », déclare à l’AFP Marta Colmer, chercheuse à Amnesty. Mais le « refus de collaborer » des autorités équato-guinéennes rend difficile la vérification « des violations des droits de l’homme dans ce pays », explique-t-elle.

« Qui est torturé ? », se demande l’ambassadeur de Guinée équatoriale en France, Miguel Oyono Ndong Mifumu, interrogé par l’AFP. « Les gens qui ont été arrêtés ne l’ont pas été parce qu’ils étaient membres d’un parti politique », affirme-t-il. Ils l’ont été pour « sédition, désordre public, atteintes à l’autorité et blessures graves » suite à des échauffourées survenues le 5 novembre pendant la campagne pour le scrutin du 12 novembre à Aconibe, sur la partie continentale du pays. « Un groupe de 200 personnes » a « tabassé des policiers », a ajouté l’ambassadeur, comparant les militants de CI à « des paramilitaires ».

La police avait empêché la tenue d’un meeting de campagne du parti CI à Aconibe, ville natale du leader du parti, Gabriel Nse Obiang Obono. Trois policiers avaient été blessés et leurs armes de service arrachées.

Fin février, CI a été dissous et 147 de ses militants jugés sur la base des événements d’Aconibe, dont 21 condamnés à plus de trente ans de prison. Trente-et-un militants sont encore en détention, selon CI, dont son unique député, Jésus Mitogo. Le parti affirme que, lors de leur procès, mi-février, une trentaine d’accusés ne pouvaient pas se tenir debout « en raison de la torture subie » pendant leur détention « à Guantanamo ».

Le Monde.fr avec AFP

L’indépendantiste catalane Clara Ponsati, exilée en Écosse, s’est rendue à la police

mars 28, 2018

L’ancienne dirigeante catalane Clara Ponsati, visée par un mandat d’arrêt européen, arrive au commissariat Saint Leonard à Edimbourg pour se rendre à la police, le 28 mars 2018 / © AFP / SCOTT HEPPELL

L’ancienne dirigeante catalane Clara Ponsati, visée par un mandat d’arrêt européen pour avoir pris part à la déclaration unilatérale d’indépendance de la Catalogne, s’est rendue mercredi à la police en Écosse où elle s’est exilée, a constaté un journaliste de l’AFP.

L’ex-ministre catalane, arrivée peu avant 11H00 GMT au commissariat Saint Leonard d’Edimbourg, sera présentée à un tribunal de la capitale écossaise dans la journée, a indiqué son avocat, Aamer Anwar.

Elle demandera sa remise en liberté conditionnelle avant une audience sur son éventuelle extradition vers l’Espagne, où la justice l’accuse de « rébellion violente et de détournement de fonds publics en lien avec l’organisation du référendum » sur l’indépendance de la Catalogne, qui s’est tenu le 1er octobre 2017.

Clara Ponsati souhaite se « défendre vigoureusement » contre ces accusations qu’elle réfute et qui relèvent selon elle d’une « persécution politique », a ajouté son conseil. Elle soutient que les tribunaux espagnols ne peuvent garantir ses droits.

Une levée de fonds a été lancée mercredi sur internet pour soutenir sa défense, qui a déjà permis de récolter plus de 95.000 livres en quelques heures.

L’ex-dirigeante figure parmi les six indépendantistes catalans partis à l’étranger pour lesquels la Cour suprême espagnole a émis ou réactivé vendredi des mandats d’arrêt européens et internationaux.

L’ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont, sous le coup lui aussi d’un mandat d’arrêt européen lancé par l’Espagne, a été arrêté dimanche par la police allemande près de la frontière avec le Danemark, après cinq mois d’exil.

Comme d’autres leaders catalans, Clara Ponsati s’était exilée en Belgique le 30 octobre 2017, après la destitution de leur exécutif et la mise sous tutelle de la Catalogne, décidées par Madrid pour punir la déclaration unilatérale d’indépendance du 27 octobre.

Elle s’est installée il y a peu en Ecosse où elle travaille pour l’université de St Andrews (côte est) en tant que professeur d’économie et où elle a reçu le soutien de membres du Parti nationaliste écossais (SNP), qui partage les aspirations des indépendantistes catalans.

Romandie.com avec(©AFP / 28 mars 2018 15h44)

Zimbabwe: la police enquête sur Grace Mugabe dans le cadre d’un trafic d’ivoire

mars 25, 2018

 

Grace Mugabe. © AFP

La police zimbabwéenne a confirmé dimanche enquêter sur l’ancienne et très controversée première dame du pays, Grace Mugabe, soupçonnée d’avoir empoché des millions de dollars en exportant illégalement de l’ivoire de contrebande.

« Un rapport a été fait et la police a une enquête, c’est tout ce que je peux dire pour l’instant », a déclaré à l’AFP une porte-parole de la police, Charity Charamba.

Le journal gouvernemental Sunday Mail a affirmé dimanche que les services de protection de la nature et de la faune avaient établi que Grace Mugabe avait « fait sortir de grandes quantités d’ivoire vers la Chine, les Émirats arabes unis et les États-Unis ».

Selon leur rapport cité par le Sunday Mail, elle aurait couvert son trafic en ordonnant à l’administration de son pays d’émettre des vrais-faux permis d’exportation de défenses d’éléphants pour des « cadeaux » à des dirigeants étrangers.

« Une fois hors du pays, ces  »cadeaux » étaient intégrés à d’autres chargements et livrés au marché noir », a précisé le journal.

« Un piège aux complices présumés »

Cité par le Sunday Mail, un haut responsable de l’actuelle présidence du pays, Christopher Mutsvangwa, a indiqué que le gouvernement avait été informé du trafic par un lanceur d’alerte qu’il n’a pas nommément cité.

« La police et le lanceur d’alerte ont tendu un piège aux complices présumés de Grace Mugabe », a expliqué Christopher Mutsvanga. « Ils ont été arrêtés (…) quand nous avons été confrontés à tant de preuves, nous ne pouvions plus rester sans rien faire ».

Le Sunday Times sud-africain de ce dimanche affirme que le lanceur d’alerte est un photojournaliste australien, Adrian Steirn.

L’ex-première dame doit être prochainement entendue par la police, selon le Sunday Mail.

Goûts de luxe et ambition

Longtemps connue pour ses seuls goûts de luxe, extravagances et coups de colère, Grace Mugabe, avait ses dernières années révélé son ambition de succéder à son mari.

C’est pour l’en empêcher que l’armée est intervenue en novembre, provoquant la démission de Robert Mugabe, au terme d’un règne sans partage de trente-sept ans sur le pays. Il a été remplacé à la tête du pays par son ex-vice-président Emmerson Mnangagwa.

Les autorités anticorruption du Zimbabwe enquêtent actuellement sur les conditions de délivrance d’un doctorat à Robert Mugabe en 2014. Le vice-chancelier de l’université du Zimbabwe a été arrêté le mois dernier dans le cadre de ce dossier.

Jeuneafrioque.com

En Côte d’Ivoire, une manifestation de l’opposition empêchée par la police

mars 22, 2018

 

Une plate-forme d’opposants avait appelé à manifester contre la Commission électorale indépendante et la tenue d’élections sénatoriales samedi 24 mars.

 

Des manifestants arrêtés le 22 mars 2018 à Abidjan, lors d’un rassemblement de l’opposition. Crédits : SIA KAMBOU / AFP

Les forces de l’ordre ont empêché jeudi 22 mars à Abidjan une manifestation de l’opposition ivoirienne et arrêté un de ses porte-parole, ont constaté des journalistes de l’AFP. La plate-forme d’opposition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS) avait appelé à une marche pour protester contre la Commission électorale indépendante (CEI), accusée par l’opposition d’être déséquilibrée en faveur du pouvoir, et pour protester également contre la tenue d’élections sénatoriales samedi 24 mars.

EDS est une coalition qui regroupe des partis politiques, des associations de la société civile et le Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l’ex-président Laurent Gbagbo. Vers 7 h 30, la police a chargé quelques dizaines de manifestants qui se dirigeaient vers le point de départ de la manifestation, le Monument des martyrs à Adjamé, un quartier populaire d’Abidjan, les dispersant à l’aide de gaz lacrymogènes.

Pendant trois heures, policiers et manifestants ont joué au chat et à la souris dans le quartier, avant que la direction d’EDS ne donne un mot d’ordre de retrait. Au moins une dizaine de personnes ont été arrêtées, dont un porte-parole d’EDS, Jean-Gervais Tcheide, interpellé alors qu’il donnait une interview à des journalistes, ont constaté les journalistes de l’AFP.

Changer la composition de la commission électorale

Le président d’EDS Georges Armand Ouegnin s’est déclaré « scandalisé par cette atteinte grave à la liberté d’expression ». « Dans un pays démocratique, on a le droit de manifester, d’exprimer son mécontentement par une marche pacifique et démocratique », a-t-il déclaré à l’AFP par téléphone.

La manifestation avait été interdite mercredi soir par les autorités, selon M. Ouegnin, faute d’accord sur son parcours. Ni la police ni le gouvernement ivoirien n’étaient joignables dans l’immédiat pour commenter. EDS avait rassemblé entre 1 000 et 2 000 personnes dimanche lors d’un meeting, déjà perturbé par la police.

L’opposition ivoirienne demande au pouvoir de négocier pour changer la composition de la commission électorale, qui compte huit membres du pouvoir contre quatre de l’opposition, avant les prochains scrutins.

Des élections sénatoriales doivent se tenir le 24 mars, puis des élections municipales et régionales dans le courant de l’année, à une date indéterminée. Mais le scrutin qui focalise l’attention est surtout l’élection présidentielle de 2020.

Saisie par l’opposition ivoirienne, la Cour africaine des droits de l’homme a exigé dans un arrêt la modification de la composition de la CEI, jugeant que l’Etat ivoirien « a violé son obligation de créer un organe électoral indépendant et impartial ». Selon le gouvernement ivoirien, « la composition actuelle de la CEI » résulte « d’un large consensus de tous les acteurs politiques de premier plan ».

Lemonde.fr avec AFP

RDC: marche des catholiques contre Kabila, la police veut zéro mort

février 24, 2018

Un Congolais devant une église où se tient une messe avant une manifestation contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kibila, le 21 janvier 2018 à Kinshasa / © AFP/Archives / JOHN WESSELS

Les catholiques persistent et signent ce dimanche en République démocratique du Congo et invitent de nouveau les fidèles à sortir dans la rue contre la « dictature » et le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, malgré deux précédentes marches réprimées dans le sang.

Les autorités ont de nouveau interdit ces marches organisées après la messe à l’appel d’un collectif d’intellectuels proche de l’église, qui a le soutien de l’influent épiscopat congolais.

Les deux précédentes marches à l’appel de ce « comité laïc de coordination » avaient été réprimées à balles réelles, les 31 décembre et 21 janvier. Bilan: une quinzaine de morts d’après l’Église et les Nations unies, deux selon les autorités.

Les forces de sécurité se sont fixé cette fois-ci « l’objectif zéro mort », selon le chef de la police de Kinshasa, le général Sylvano Kasongo.

« J’ai dit aux policiers de ne pas tirer sur la population civile », a déclaré cet officier, visé par une plainte pour « assassinat » par les proches d’une victime de la répresssion du 21 janvier.

« J’espère seulement qu’il n’y aura pas des morts cette fois », disait dès vendredi à l’AFP un haut magistrat militaire congolais.

– Internet coupé ? –

Les Congolais redoutaient également une nouvelle coupure internet lors de cette journée de mobilisation, comme ce fut le cas les 31 décembre et 21 janvier.

La RDC interdit toute manifestation politique de l’opposition depuis les journées sanglantes de septembre 2016, quand les manifestants ont commencé à demander le départ du président Kabila à la fin de son deuxième et dernier mandat le 20 décembre 2016.

Depuis, M. Kabila, 46 ans, est toujours en place. Des élections initialement prévues fin 2017 ont été reportées au 23 décembre 2018. L’opposition accuse le président Kabila de tout faire pour rester au pouvoir.

Les catholiques, soutenus par l’opposition et une partie de la société civile, veulent « barrer la route à la présente dictature », pour « des élections libres, transparentes et apaisées ».

Les organisateurs de la marche interpellent aussi les membres de la communauté internationale « afin qu’ils aillent au-delà des condamnations de principe, car ils sont des témoins non seulement du blocage du processus électoral par le président Kabila, mais aussi des atrocités et de la barbarie qui émaillent ce processus ».

Vendredi, l’Union européenne, la Suisse et le Canada ont rappelé dans un communiqué conjoint « l’importance du respect des libertés fondamentales, en particulier de la liberté de manifester et de la liberté de culte ».

La marche de dimanche aura valeur de test pour la nouvelle responsable de la Mission des Nations unies au Congo, Leïla Zerrougi, qui vient de prendre ses fonctions.

Les organisateurs ont reçu le soutien de 85 intellectuels francophones qui ont demandé aux autorités de la République démocratique du Congo de « faire preuve de retenue ».

– Depuis 1960 –

La journée de dimanche a été précédée de tensions samedi, quand des jeunes se réclamant du parti présidentiel PPRD ont envahi l’enceinte de la cathédrale Notre-Dame de Kinshasa, reprochant aux paroisses catholiques d’être devenues des cénacles politiques.

Ancienne colonie belge, la RDC est le plus grand pays francophone et n’a jamais connu d’alternance démocratique depuis son indépendance en 1960.

Cet immense pays-continent est grand comme quatre fois la France et peuplé de 70 à 90 millions d’habitants selon les estimations. La RDC est le premier fournisseur mondial de cobalt brut, l’un des minerais les plus prisés au monde par les fabricants de batteries nouvelle génération. Malgré les richesses minérales du pays, la population congolaise est majoritairement pauvre.

Romandie.com avec(©AFP / 25 février 2018 05h07)                

Gabon: Marie Madeleine Mborantsuo interrogée par la police française

février 9, 2018

 

Marie Madeleine Mborantsuo à Libreville, le 15 septembre 2016 © DR

La présidente de la Cour constitutionnel du Gabon a été entendue en décembre par la police française qui enquête sur son patrimoine en France. Ses proches dénoncent une investigation perturbée par les allégations mensongères de « corbeaux ».

En décembre 2017, Marie-Madeleine Mborantsuo (« 3M »), la présidente de la Cour constitutionnelle du Gabon, a été interrogée par les policiers français de l’Office central de répression de la grande criminalité financière qui, depuis 2014, enquêtent sur son patrimoine immobilier et financier en France.

À l’origine des ennuis de « 3M », une dénonciation de Tracfin (cellule française de lutte contre le blanchiment de capitaux), mais aussi, selon ses proches, les agissements de « corbeaux » de son propre pays, où elle compte autant d’ennemis dans l’opposition que de rivaux au sein du pouvoir.

D’où le grand nombre d’allégations mensongères qui, d’après eux, polluent l’enquête. Exemple : on lui prête 19 comptes bancaires, alors qu’elle dit n’en avoir jamais possédé que 4, ouverts et fermés l’un après l’autre par Barclays, le Crédit lyonnais, la BNP et un établissement monégasque.

Jeuneafrique.com

RDC: récit de la répression policière du 31 décembre dans l’une des paroisses de Kinshasa

janvier 3, 2018

 

Un policier dans les rues de Kinshasa, le 31 décembre 2017. © John Bompengo/AP/SIPA

Trois jours après la répression sanglante des marches anti-Kabila, qui a fait cinq morts et 47 blessés selon un bilan provisoire de la Monusco, Jeune Afrique revient sur le déroulé de cette journée, dans l’une des paroisses de la capitale.

Dès les premières lueurs du jour, une foule dense de fidèles se presse, ce dimanche 31 décembre, à l’intérieur de la paroisse Saint Dominique, dans la commune kinoise de Limete. « D’ordinaire, nous organisons cinq messes durant le week-end, explique à Jeune Afrique le vicaire Jean Nkongolo, qui officie dans la paroisse depuis septembre 2017. Mais, cette fois-ci, nous en avions prévu une seule. » Un accroc à la tradition, rendu nécessaire par l’organisation des marches dimanche, par l’appel du comité des laïcs catholiques.

« J’ai ouvert les portes de l’église vers 6h du matin, explique le prêtre Jean Nkongolo. Et il n’y avait alors aucune présence militaire ou policière à signaler ». Soulagé, le religieux reprend ses occupations avant la messe, qui doit débuter sous peu. Mais son répit est de courte durée.

Vers 6 h 30, des dizaines d’hommes armés font leur apparition sur les principaux axes autour de la paroisse. Des barrières sont érigées, où les fidèles sont palpés sans ménagement. Impossible de traverser le cordon des forces de l’ordre sans présenter sa carte d’électeur.

© Une douille de balle et des restes de grenade de gaz lacrymogène retrouvées près de l’église. DR

Des « infiltrés » au sein de l’église ?

Après avoir été fouillés, les fidèles pénètrent à l’intérieur de la nef. Certains d’entre eux, vêtus d’une chemise blanche et d’un pantalon noir, retiennent l’attention de l’ecclésiastique. « Nous connaissons bien nos paroissiens, explique-t-il. Et ceux-là ne me disaient rien. Ils donnaient plutôt l’impression d’être des infiltrés des forces de sécurité. »

Arrivés sur les lieux, les fidèles essuient immédiatement des coups de feu tirés à balles réelles par les forces de sécurité

Après l’oraison finale, le représentant du comité des laïcs catholiques au sein de la paroisse Saint Dominique prend la parole et enjoint les fidèles à renoncer à leur marche. « La pression policière était trop forte, explique le prêtre Jean Nkongolo. Nous voulions éviter un bain de sang. » Des murmures, parfois désapprobateurs, s’élèvent dans les allées de la nef. Mais tous les fidèles acceptent finalement de se rendre en rangs serrés dans la grotte attenante à l’église, où ils doivent recevoir leur bénédiction.

© L’entrée de la grotte de la paroisse Saint Dominique, où l’on distingue plusieurs traces de sang. DR

Arrivés sur les lieux, les fidèles essuient immédiatement des coups de feu tirés à balles réelles par les forces de sécurité. Des gerbes de sang éclaboussent la grotte. « Deux personnes, un homme et une femme, ont été blessées aux mollets, indique le prêtre Jean Nkongolo. Nous les avons évacués à l’hôpital Saint Joseph, qui est contigu à la paroisse. » Les autres fidèles se replient à l’intérieur de l’église, dont les abords sont rapidement enveloppés par des volutes de gaz lacrymogène.

Le prêtre touché par une balle en caoutchouc

Pour protéger les paroissiens, un homme tente de refermer le portail de l’église et d’empêcher, ainsi, les forces de l’ordre d’y pénétrer. Mais il est visé par une grenade de gaz lacrymogène, qui explose sur son dos. « Il s’en est sorti avec d’importantes brûlures », précise Jean Nkongolo.

Il est grand temps de nous débarrasser des dictateurs

Aux abords de l’église, une femme est également victime d’un tir en pleine tête. Sur des images diffusées par la télévision Canal Congo Télévision, on peut voir le clerc tenter de lui porter secours, avant d’être lui-même touché par un tir de balle en caoutchouc près de l’œil. « Grâce à l’aide d’un jeune homme, j’ai finalement pu la ramener dans l’église, explique-t-il. On la croyait morte, avec son visage maculé de sang. Mais elle a survécu à son passage au bloc opératoire, où on lui a délogé la balle. »

Trois jours après les événements de la Saint-Sylvestre, le vicaire ne décolère pas contre la répression sanglante des autorités dans les églises de la capitale. « J’éprouve de la déception, car les églises sont protégées par le droit international, déclare-t-il. On ne peut pas y pénétrer pour réprimer des manifestants pacifiques et désarmés. De la colère, aussi, en pensant à ce président, censé protéger sa population, et qui a les mains couvertes de sang. Pourquoi la communauté internationale continue de traiter avec lui ? Il est grand temps de nous débarrasser des dictateurs. »

Jeuneafrique.com par

La RDC réprime par la force des marches anti-Kabila: huit morts

décembre 31, 2017

Un véhicule blindé de la police congolaise patrouille dans les rues de Kinshasa, le 30 novembre 2017, lors d’une journée de manifestation / © AFP/Archives / Junior D. KANNAH

Les forces de sécurité de République démocratique du Congo (RDC) ont réprimé dimanche des messes dans des églises à coups de gaz lacrymogène, et empêché des marches après l’appel des catholiques à manifester contre le maintien du président Joseph Kabila.

A 13h00 (locales et GMT) toutes les marches et rassemblements dans les églises avaient été dispersés, a constaté un journaliste de l’AFP.

Coupure internet, déploiement sécuritaire, barrages policiers: les autorites congolaises ont sorti l’artillerie lourde pour étouffer les « marches pacifiques » des catholiques contre le chef de l’Etat, malgré l’appel des Nations unies et des chancelleries au respect du droit à manifester.

Ces « marches pacifiques » sont organisées par les catholiques congolais, un an jour pour jour après la signature sous l’égide des évêques d’un accord prévoyant des élections fin 2017 pour organiser le départ du président Joseph Kabila.

A Kananga, au KasaÏ, dans le centre du pays, un homme a été tué par balles par des militaires qui ont ouvert le feu sur des chrétiens catholiques en marge d’une marche anti-Kabila dont le mandat a expiré depuis décembre 2016.

A Kinshasa, au moins une quinzaine de personnes ont été blessées, selon un décompte d’une équipe de l’AFP qui s’est rendue dans plusieurs paroisses.

Trois personnes ont été blessées par balles à la paroisse Don Bosco dans la commune de Massina, selon cette source.

Une dizaine d’autres personnes ont été blessés à la paroisse Saint-Joseph dans la commune populaire de Matonge. A la paroisse Saint-Dominique, un vicaire et une fidèle ont également été touchés, au visage et à au front.

La police a interpellé douze enfants de chœur catholiques à la sortie d’une paroisse du centre-ville.

A Lubumbashi (sud-est), deuxième ville du pays, deux personnes ont été blessées par balles quand les forces de sécurité ont ouvert le feu alors que les catholiques tentaient de manifester à la sortie d’une messe.

La police a également utilisé des gaz lacrymogènes et des jeunes ont répliqué par des jets de pierres. Quatre véhicules ont été incendiés et des pillages commis.

– Kinshasa quadrillée –

Alors que Kinshasa était quadrillée par les forces de sécurité, la police menait des opérations dans plusieurs paroisses, selon des témoignages recueillis par l’AFP.

Des militaires de la « garde républicaine procèdent à un contrôle systématique des chrétiens à la paroisse Saint Luc », a déclaré à l’AFP, un habitant, Giscard, à la sortie d’une messe.

« Les gens sont placés en file indienne, les mains en l’air, ils sont fouillés avant de sortir de l’enceinte de la paroisse » par cette unité chargée de la protection du président Kabila. « Une fois dans la rue, ils sont soumis à un deuxième contrôle fait par la police », a-t-il ajouté.

Toute l’opposition et la société civile qui réclament le départ du président Kabila (46 ans) dès ce 31 décembre 2017 s’est jointe à l’appel à cette marche à hauts risques, interdite par les autorités comme les précédentes manifestations organisées en RDCongo.

Dans un pays majoritairement catholique où les habitants survivent avec moins de un dollar par jour, c’est en pleine prière au coeur des églises que les forces de sécurité ont fait irruption.

« Alors que nous étions en train de prier, les militaires et les policiers sont entrés dans l’enceinte de l’église et ont tiré des gaz lacrymogènes dans l’église » où se déroulait la messe, a déclaré à l’AFP un chrétien de la paroisse Saint-Michel, dans la commune de Bandalungwa, dans le centre de Kinshasa.

« Des gens sont tombés, les secouristes étaient en train de réanimer des vielles dames, mais le prêtre n’a pas arrêté de dire la messe, elle s’est poursuivi avec les chrétiens qui n’ont pas fui », a affirmé Chantal, une autre paroissienne.

A la cathédrale Notre-Dame du Congo, à Lingwala, quartier populaire du nord de Kinshasa, les forces de sécurité ont également tiré des gaz lacrymogènes à l’arrivée du leader de l’opposition Félix Tshisekedi, selon des journalistes de l’AFP.

Des militaires sont ensuite entrés dans l’enceinte de la principale église de Kinshasa, demandant aux gens d’évacuer les lieux.

A Kinshasa, les catholiques du « comité laïc de coordination » ont invité les fidèles à marcher, bibles, chapelets et crucifix à la main, après la messe de ce dimanche matin.

Ils demandent au président Joseph Kabila de déclarer publiquement qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession.

Ils souhaitent aussi un « calendrier électoral consensuel » à la place de l’actuel, qui prévoit des élections le 23 décembre 2018 pour remplacer le président Kabila, dont le dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016.

– Internet coupé –

Les autorités congolaises ont coupé l’internet « pour des raisons de sécurité d’État » avant cette marche, a constaté dimanche l’AFP.

Au cours de la nuit, l’armée et la police se sont déployées massivement devant les paroisses de Kinshasa, la capitale aux quelque 10 millions d’habitants. L’armée et la police contrôlaient et fouillaient les véhicules.

De son côté, Kinshasa a affirmé avoir été informé d’une « distribution d’armes » destinée à déstabiliser le régime.

Le président Kabila ne s’est pas exprimé.

Devant l’église Saint-Michel dans le quartier populaire de Bengalou, une équipe de l’AFP a été menacée par un officier congolais.

« Si vous ne videz pas les lieux, j’ordonne qu’on tire sur vous » , a lancé cet officier. « Moi je ne suis pas de la police, c’est l’armée. Presse ou pas, personne n’entrera. En plus vous êtes avec un Blanc, une race qui nous crée des problèmes. Si vous résistez, on va tirer », a-t-il ajouté.

La correspondante de la radio française RFI a été brièvement interpellée, a constaté l’AFP.

La très puissante conférence épiscopale (Cenco) tout comme le représentant du Vatican en RDC n’ont pas soutenu officiellement ces marches mais ne les ont pas rejetées non plus.

Huit personnes ont trouvé la mort dimanche en République démocratique du Congo, et une centaine ont été arrêtées, en marge des manifestations de catholiques contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, a-t-on appris de source onusienne.

Le bilan provisoire est de « huit morts dont sept à Kinshasa et un à Kananga« , dans le centre du pays, a déclaré à l’AFP une source onusienne. « 82 arrestations dont des prêtres » ont eu lieu à Kinshasa et « 41 sur le reste du pays », a ajouté cette source.

Romandie.com avec(©AFP / 31 décembre 2017 18h20)

Russie: Poutine ordonne de « liquider » les auteurs d’attentat menaçant la police

décembre 28, 2017

Le président russe Vladimir Poutine, le 28 décembre 2017 au Kremlin, à Moscou / © POOL/AFP / Kirill KUDRYAVTSEV

Vladimir Poutine a ordonné jeudi de « liquider sur place » les auteurs d’attentat mettant en danger les forces de l’ordre après un « acte terroriste » à Saint-Pétersbourg, dans un contexte de menace liée au retour des jihadistes partis en Syrie.

L’explosion d’une bombe artisanale dans un casier de la consigne d’un supermarché de la deuxième ville de Russie a fait 14 blessés mercredi soir, dont 13 ont été hospitalisés, à quatre jours du réveillon du Nouvel an.

Si les enquêteurs ont ouvert une procédure formelle pour « tentative d’homicide », le président russe a qualifié les faits d' »acte terroriste » lors d’une cérémonie au Kremlin pour des militaires ayant participé à l’intervention en Syrie.

Il a ajouté avoir donné l’ordre aux services spéciaux du FSB, « lors des arrestations, d’agir dans le cadre de la loi » ; « Mais en cas de menace pour la vie ou la santé de nos agents, de nos officiers, il faut agir de manière ferme et ne pas faire de prisonniers, mais liquider les bandits sur place », a-t-il ajouté.

Son porte-parole Dmitri Peskov a précisé à la presse que cet ordre concernait « ceux qui se préparent à commettre des attentats dans notre pays ».

La Russie a été menacée à plusieurs reprises par l’organisation Etat islamique (EI) et par la branche syrienne d’Al-Qaïda après le début de son intervention militaire en Syrie, le 30 septembre 2015.

Après l’annonce mi-décembre par Vladimir Poutine d’un retrait partiel de ses troupes, les services de sécurité ont dit craindre une arrivée de jihadistes de retour de Syrie et d’Irak maintenant que le groupe Etat islamique a perdu la quasi-totalité de son territoire.

– « Dictature barbare » –

Près de 4.500 citoyens russes sont partis à l’étranger pour combattre « aux côtés des terroristes », selon le directeur du FSB, Alexandre Bortnikov.

Aux Russes partis combattre en Irak et en Syrie, originaires en majorité des républiques musulmanes instables du Caucase, s’ajoutent plusieurs milliers de combattants issus des pays d’Asie centrale, qui comptent une importante diaspora en Russie.

Vladimir Poutine a souligné que l’intervention russe en Syrie avait permis de tuer « des milliers » de jihadistes qui auraient pu « revenir formés, armés et bien préparés ». Il a fait l’éloge du rôle de la Russie, intervenue en soutien au régime de Bachar al-Assad, dans la défaite des jihadistes: l’armée russe, a-t-il affirmé, a fourni « une contribution cruciale dans la défaite des forces criminelles qui avaient défié toute la civilisation, en détruisant l’armée terroriste d’une dictature barbare ».

Les déclarations triomphalistes de l’armée russe ces derniers temps ont été accueillies avec un certain agacement au sein de la coalition internationale menée par les Etats-Unis, qui reproche à Moscou d’avoir combattu les rebelles plus que les jihadistes.

– Suspect –

La Russie, qui vient d’entrer en campagne électorale pour la présidentielle du 18 mars et accueille du 14 juin au 15 juillet le Mondial de football sous haute sécurité, a été la cible de plusieurs attentats cette année dont celui de Saint-Pétersbourg constitue le dernier en date.

Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, le Comité national antiterroriste (NAK) a précisé que la bombe artisanale, d’une puissance équivalent à 200 grammes de TNT, avait explosé dans un casier de la consigne du supermarché situé dans un ancien cinéma soviétique. Il a diffusé des images de l’entrée du magasin avec le plafond en partie effondré près des caisses, entourées de débris.

Les enquêteurs « cherchent les personnes liées à ce crime », a-t-il souligné.

Le site d’informations local Fontanka.ru a diffusé jeudi des images de vidéosurveillance montrant un homme en veste à capuche avec un sac à dos visiblement lourd, qui quitte ensuite les lieux sans sac.

Le 3 avril, Saint-Pétersbourg a été la cible d’un attentat dans son métro qui a fait 15 morts et des dizaines de blessés et qui a été revendiqué par un groupe peu connu lié à Al-Qaïda.

L’auteur présumé de cette attaque, Akbarjon Djalilov, un homme de 22 ans originaire du Kirghizstan, une ex-république soviétique d’Asie centrale, a également été tué dans l’attentat.

Mi-décembre, les services de sécurité russes avaient annoncé avoir démantelé, à l’aide de renseignements transmis par la CIA, une cellule de l’EI préparant des attentats le 16 décembre à Saint-Pétersbourg, notamment dans la très touristique cathédrale Notre-Dame-de-Kazan.

Romandie.com avec(©AFP / 28 décembre 2017 17h05)