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Chars Leopard en Ukraine : l’Allemagne prendra une décision « très bientôt »

janvier 24, 2023
Deux chars d'assaut de type Leopard 2

L’acquisition de chars de type Leopard 2 représenterait pour Kiev un gain significatif susceptible de l’aider dans sa guerre contre l’envahisseur russe. (Photo d’archives) Photo: Reuters/Ints Kalnins

Varsovie a officiellement demandé à Berlin la permission d’envoyer 14 chars Leopard 2 à Kiev, une manœuvre qui, selon Moscou, n’augure « rien de bon » pour la suite.

Le dépôt de la requête a été confirmé mardi par le ministre polonais de la Défense. L’Allemagne a déjà reçu notre demande d’accepter le transfert de chars Leopard 2 à l’Ukraine, a indiqué Mariusz Blaszczak sur Twitter, invitant du même coup Berlin à se joindre à la coalition de pays prêts à livrer de tels blindés au gouvernement Zelensky.

La Pologne espère maintenant une réponse rapide, a-t-il ajouté, dans un point de presse subséquent.

Une compensation financière sera demandée à l’Union européenne. Il s’agira là d’un autre test de bonne volonté, a déclaré pour sa part le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki.

Mariusz Blaszczak sous la neige.

Le ministre polonais de la Défense, Mariusz Blaszczak, apparaît résolu dans sa volonté de livrer à Kiev des chars d’assaut construits en Allemagne, avec ou sans l’assentiment de Berlin. Photo: AP/Michael Probst

Berlin a de son côté confirmé la réception de la demande de Varsovie. Celle-ci sera étudiée avec l’urgence requise, conformément à la procédure prévue, a déclaré un porte-parole du gouvernement.

Le nouveau ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a également assuré que la décision arriverait très bientôt.

En attendant, les pays alliés qui possèdent des chars Leopard peuvent déjà commencer à former des militaires ukrainiens en vue de leur utilisation, a-t-il indiqué mardi lors d’une conférence de presse aux côtés du secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

D’autres pays attendent la décision de Berlin

Officiellement, les accords conclus sur la vente de chars allemands interdisent l’exportation de ceux-ci vers un pays tiers. Varsovie assure toutefois être en pourparlers avec une quinzaine de pays pour décréter l’abandon unilatéral de cette clause.

En tout, une vingtaine de pays utilisent ces blindés tant convoités, dont l’Australie, les Pays-Bas, la Suède, le Danemark, la Finlande et la Norvège.

Le Canada, pour sa part, possède 82 chars Leopard 2, entreposés à Edmonton, Montréal et Gagetown. Justin Trudeau a déjà fait savoir que certains d’entre eux pourraient être envoyés en Ukraine.

Sa ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a également confirmé lundi avoir eu plusieurs conversations [sur ce sujet] avec des représentants du gouvernement allemand.

C’est très important que l’on s’entende entre alliés, et c’est pour cela que les conversations vont continuer, a-t-elle déclaré en point de presse, soulignant que le Canada avait déjà envoyé 200 véhicules blindés en Ukraine en plus d’acquérir pour elle un nouveau système de défense antiaérien.

Mélanie Joly en point de presse.

L’Allemagne doit-elle autoriser l’envoi de chars Leopard 2 en Ukraine? La question fait ces jours-ci l’objet de tractations diplomatiques, confirme la ministre canadienne des Affaires étrangères Mélanie Joly. Photo: Radio-Canada/Nick Iwanyshyn

En entrevue à D’abord l’info, sur ICI RDI, le colonel à la retraite Pierre St-Cyr a toutefois expliqué qu’il serait plus logique pour Ottawa de se concentrer sur sa mission de formation Unifier que d’envoyer en Ukraine des engins pouvant peser jusqu’à 60 tonnes chacun, ce qui représenterait selon lui un véritable casse-tête logistique.

Ce serait plus avantageux de prendre des chars qui sont déjà en Europe, comme [ceux] des Polonais, des Finlandais, et éventuellement, si l’Allemagne se décide, des chars allemands, a-t-il soutenu, mardi.

Berlin a en sa possession quelque 320 blindés de type Leopard 2, a confirmé mardi un porte-parole du ministère de la Défense au réseau CNN.

Le gouvernement Scholz divisé

La pression monte pour Berlin, alors que le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré mardi que la livraison de chars Leopard 2 à Kiev laisserait une trace indélébile et n’apporterait rien de bon à la relation [russo-allemande].

La Pologne, de son côté, a prévenu lundi qu’elle serait prête à se passer de l’aval de l’Allemagne si celle-ci continuait à souffler le chaud et le froid – une « indécision » décriée par l’Ukraine. Kiev réclame 300 chars de combat de la part de ses alliés occidentaux.

Pressé de toute part, le gouvernement de coalition au pouvoir à Berlin apparaît divisé sur cette question.

Dimanche, la cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock (écologiste), a indiqué que son pays ne s’opposerait pas à la requête polonaise, alors que le chancelier Olaf Scholz (social-démocrate) ne s’est pas encore prononcé.

Jeudi dernier, le ministre de la Défense, Boris Pistorius, avait également déclaré que la décision serait prise « dans les prochaines heures  ». Cinq jours plus tard, rien n’a bougé.

Boris Pistorius en point de presse.

Le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius a accédé à ses nouvelles fonctions jeudi dernier. Il rencontrait mardi le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. Photo: Reuters/Annegret Hilse

Selon des analystes, Berlin s’entête à bloquer l’envoi des blindés de combat réclamés par Kiev par crainte d’une escalade militaire avec Moscou.

Cette hésitation au sujet du Leopard 2 n’a toutefois pas empêché les pays alliés d’annoncer vendredi de nouvelles livraisons d’armes substantielles à l’Ukraine.

Des médias comme le Wall Street Journal et l’agence Reuters rapportaient en outre mardi que Washington pourrait autoriser l’envoi de chars Abrams à Kiev, ce qui ne manquerait pas d’accentuer la pression sur Berlin.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse, Reuters et CNN

Livraison de chars à l’Ukraine : Varsovie prête à se passer de l’aval de Berlin

janvier 23, 2023

L’accès à de tels engins représenterait un gain considérable pour Kiev et ses soldats.

Un char d'assaut ouvrant le feu.

Varsovie pourrait faire don de 14 chars d’assaut Leopard à Kiev. Photo: Reuters/Kacper Pempel

La Pologne a prévenu lundi qu’elle était prête à se passer de l’aval de Berlin, qui n’a « pas encore » pris de décision sur la livraison de chars Leopard de fabrication allemande à l’Ukraine, laquelle les réclame avec insistance.

Le gouvernement allemand apparaît divisé sur la question. Jusqu’ici réticent à se prononcer, le chancelier Olaf Scholtz, à qui il appartient au final de trancher, se retrouve lundi sous une pression toujours plus forte, après que la cheffe de la diplomatie Annalena Baerbock a jugé dimanche soir que l’Allemagne était disposée à autoriser Varsovie à fournir ces blindés à Kiev.

En vertu de la législation allemande, un pays possédant des armements allemands doit demander l’autorisation de Berlin pour les transférer à un pays tiers.

Nous allons demander un tel accord, mais c’est une question secondaire, a réagi lundi le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki devant des journalistes.

« Même si nous n’obtenons pas leur accord [des Allemands], nous donnerons nos chars à l’Ukraine dans le cadre d’une petite coalition, même si l’Allemagne n’en fait pas partie. »— Une citation de  Mateusz Morawiecki, premier ministre de la Pologne

La Pologne, prête à livrer 14 Leopard à Kiev, est en discussions avec une quinzaine d’États à ce sujet. Le chef du gouvernement polonais a aussi estimé lundi que l’Allemagne disposait en tout de plus de 350 Leopard en exploitation et d’environ 200 autres en stock.

De nombreuses armées européennes possèdent des Leopard, un avantage considérable, car cela pourrait faciliter l’accès aux munitions et aux pièces de rechange et simplifier la maintenance, exigeante pour ce type de matériel.

Nous avons besoin de chars d’assaut – pas de 10 ou 20, mais de plusieurs centaines, a exhorté sur Telegram, peu avant les déclarations polonaises, le chef de cabinet de la présidence ukrainienne Andriï Lermak.

Aujourd’hui, chaque char en état de combattre doit se retrouver sur notre front. Car ceci n’est pas seulement le front ukrainien. Ceci est le champ de bataille où la civilisation affronte les marais de l’arriération et de la barbarie, a ajouté M. Lermak, à un moment où les Russes sont à l’offensive, dans l’est de l’Ukraine notamment.

Le gouvernement allemand divisé?

Dimanche soir, Annalena Baerbock a dit que l’Allemagne était prête à autoriser la Pologne à envoyer ces chars. Si on nous posait la question, nous ne nous opposerions pas, a dit la ministre écologiste, qui gouverne en coalition avec les sociaux-démocrates d’Olaf Scholz et les libéraux. Mais, pour l’instant, la question n’a pas été posée par Varsovie.

Lundi, Steffen Hebestreit, le porte-parole du chancelier allemand, a reprécisé sa position au cours d’une conférence de presse : le gouvernement fédéral n’exclut pas que des chars Leopard soient livrés, il n’a pas encore décidé s’il allait le faire maintenant.

Après la récente décision de livrer des véhicules blindés prise par l’Allemagne, les États-Unis et la France, la question est de savoir si nous devrions faire tout de suite un pas qualitatif et fournir aussi des chars de combat. Et il y a certains pays qui estiment qu’il faut le faire, d’autres sont plus sceptiques ou réservés, a-t-il souligné.

Les chars lourds allemands Leopard 2 sont susceptibles d’avoir un impact significatif pour les forces ukrainiennes face au rouleau compresseur des troupes russes.

J’ai bien compris à quel point ces chars sont importants, nous en sommes pleinement conscients, a assuré Mme Baerbock.

Le chancellier allemand Olaf Scholz et le président français Emmanuel Macron en point de presse.

Le chancelier Olaf Scholz apparaît hésitant à permettre à ses alliés d’envoyer en Ukraine des chars d’assaut construits en Allemagne. Photo: Reuters/Benoit Tessier

De nouveau interrogé sur les livraisons de chars, dimanche à Paris, au cours d’une conférence de presse aux côtés du président français Emmanuel Macron, Olaf Scholz s’était montré évasif, répétant la nécessité d’agir en concertation avec les alliés de l’Ukraine.

La crainte d’une escalade militaire avec Moscou et les réticences de Berlin à assumer un leadership dans le camp occidental conduisent l’Allemagne, selon des analystes, à hésiter sur l’envoi de ces armes.

À l’occasion d’une réunion vendredi sur la base américaine de Ramstein en Allemagne, les alliés occidentaux de l’Ukraine avaient repoussé toute décision sur le sujet, suscitant l’irritation de Kiev qui a critiqué leur « indécision ».

Sur le terrain, un des principaux chefs des séparatistes de l’est de l’Ukraine, Denis Pouchiline, s’est affiché à Soledar, une localité dont Moscou a revendiqué la prise il y a plus d’une semaine.

S’exprimant lundi à la télévision russe, M. Pouchiline a confirmé que la ville était détruite.

Selon l’armée russe, la conquête de cette cité est une étape en vue d’encercler Bakhmout, que Moscou cherche à conquérir depuis l’été et où les deux camps sont engagés dans une féroce bataille. Selon M. Pouchiline, les combats s’y intensifient et les troupes russes avancent.

L’Ukraine n’a jusqu’à présent pas reconnu officiellement la perte de Soledar, affirmant continuer de combattre dans sa partie occidentale. Lundi encore, l’administration régionale relevait des hostilités actives près de Bakhmout et Soledar, sans autres détails.

Les séparatistes prorusses ont aussi annoncé s’être emparés de deux villages proches, Krasnopolivka et Dvouretchié.

Sur le front diplomatique, l’Estonie va expulser l’ambassadeur de Russie, une mesure de réciprocité après une décision similaire prise quelques heures auparavant par Moscou à l’égard de l’ambassadeur estonien.

Russes et Occidentaux ont multiplié les expulsions de diplomates ces dernières années, et plus encore depuis que les Russes ont lancé leur offensive contre l’Ukraine le 24 février 2022. Mais c’est la première fois que des ambassadeurs sont renvoyés dans leur pays depuis le début de la guerre.

Avec Radio-Canada par Agence France-Presse

Pologne : le missile aurait été tiré par l’Ukraine pour abattre un projectile russe

novembre 16, 2022
Une vue du cratère provoqué par l'explosion survenue non loin de la frontière ukrainienne.

L’explosion a creusé un vaste cratère et a tué deux personnes.

Des analyses préliminaires suggèrent que le missile qui s’est écrasé en Pologne mardi n’a pas été tiré par la Russie, mais par les forces ukrainiennes.

C’est d’abord l’Associated Press qui a étayé cette hypothèse après s’être entretenue avec des sources américaines. Plus tard en matinée, l’AFP rapportait que le ministre belge de la Défense arrivait à cette même conclusion.

L’Ukraine aurait tiré ce projectile – qui a tué deux Polonais lorsqu’il a touché terre – pour abattre l’un des nombreux missiles tirés par l’armée russe mardi lors d’une nouvelle série de bombardements visant les infrastructures énergétiques ukrainiennes.

Le président polonais Andrzej Duda a quant à lui jugé hautement probable, mercredi, que le missile qui est tombé ait été utilisé par la défense ukrainienne.

L’explosion du missile en Pologne a ravivé la possibilité que l’OTAN soit entraînée dans la guerre que livre la Russie à l’Ukraine.

L’OTAN n’a de son côté aucune indication qui lui permettrait d’attribuer l’explosion à une attaque délibérée contre ce pays, a indiqué mercredi le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg.

Notre analyse préliminaire suggère que l’incident a été probablement causé par un missile de système ukrainien de défense antiaérienne tiré pour défendre le territoire ukrainien contre les missiles de croisière russes, a ajouté M. Stoltenberg en conférence de presse mercredi à Bruxelles.

Il a mentionné que l’OTAN n’a aucune indication que la Russie prépare une action contre l’un des 30 pays de l’Alliance.

L’incident, qui a d’abord été imputé aux Russes par divers intervenants, s’est imposé au sommet du G20 à l’autre bout du monde. Les dirigeants du groupe des sept qui s’y trouvaient et leurs alliés de l’OTAN se sont réunis d’urgence. Bien que les chefs d’État ont condamné unanimement les attaques de missiles barbares que la Russie a perpétrées mardi contre des villes et des infrastructures civiles ukrainiennes, ils ont fait preuve de prudence quant à l’origine de l’explosion.

Nous offrons notre soutien et notre assistance dans le cadre de l’enquête que mène actuellement la Pologne. Nous convenons de rester en étroite communication afin de déterminer les prochaines mesures à prendre selon le déroulement de l’enquête, peut-on lire dans une déclaration commune publiée au courant de la nuit.

Un peu plus tôt, le président américain Joe Biden avait noté qu’il était improbable que le missile tombé en territoire polonais ait été tiré depuis la Russie, une retenue saluée par le Kremlin mercredi matin, qui clame son innocence.

Par Radio-Canada avec les informations de Associated Press et Agence France-Presse

Menace nucléaire : la Pologne distribue des comprimés antiradiation

septembre 30, 2022

Inquiète de la situation à la centrale nucléaire de Zaporijia, la Pologne équipe ses services d’incendie du pays de comprimés antiradiation.

Les comprimes d'iodure de potassium a des pouvoirs antiradiations.
Les comprimés d’iodure de potassium a des pouvoirs antiradiations. © Thierry GACHON / MAXPPP / PHOTOPQR/L’ALSACE/MAXPPP

La guerre en Ukraine crée un véritable climat de peur dans tous les pays voisins. Aussi, quelques heures après le discours d’annexion de quatre régions ukrainiennes par la Russie et alors que les combats se poursuivent autour de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia, la Pologne se prépare au pire. Les autorités polonaises ont annoncé avoir distribué des comprimés antiradiation aux services d’incendie du pays, en prévention d’une exposition déclenchée par la guerre en Ukraine. La Pologne nie toutefois qu’il y ait lieu de s’alarmer.

« Nous avons décidé, à titre préventif, de commencer à distribuer des comprimés d’iodure de potassium aux services d’incendie des districts », a ainsi déclaré aux journalistes le vice-ministre de l’Intérieur, Blazej Pobozy. Il a précisé qu’il s’agissait d’une mesure de routine « en cas de menace potentielle de radiation, qui… pour l’instant n’existe pas ».

Les comprimés doivent être transférés aux autorités locales et aboutiront finalement dans des points de distribution, des écoles dans la plupart des cas.

Blazej Pobozy a déclaré qu’il y avait suffisamment de doses pour toutes les personnes qui en auraient besoin. Et un représentant médical présent à la conférence de presse a mis en garde contre les dangers de la prise de ces comprimés, sauf en cas de nécessité.

Blazej Pobozy a également déclaré que les comprimés d’iodure de potassium constituaient une mesure préventive en cas d’accident nucléaire, mais qu’ils ne seraient d’aucune utilité en cas d’attaque à l’arme nucléaire tactique. Dans ce scénario, « des isotopes totalement différents sont libérés, contre lesquels il n’existe malheureusement aucun comprimé pour nous protéger », a-t-il déclaré aux journalistes.

Il a toutefois souligné que, par rapport à un accident nucléaire, une attaque était « encore moins probable ».

Par Le Point avec AFP

« Des poissons morts partout » : crainte de désastre environnemental en Europe

août 13, 2022
Des poissons morts.

Des poissons morts flottent à la surface de la rivière Oder. Photo : Reuters/Cezary Aszkielowicz/Agencja Wybo

Des milliers de poissons flottent sans vie sur la rivière Oder, qui coule en Allemagne et en Pologne, laissant craindre un « désastre » pour l’environnement tandis que la population locale est appelée à rester éloignée de ces eaux.

Ces bancs de poissons affluant, ventre en l’air, sur les rives proches de la ville de Schwedt, dans l’est de l’Allemagne, ont probablement été portés par le courant à partir de la Pologne où les premiers cas ont été signalés dès le 28 juillet par des habitants de la région et des pêcheurs.

Des poissons morts flottent à la surface d'une rivière.

Des poissons morts flottent à la surface de la rivière Oder à Krajnik Dolny, en Pologne près de la frontière allemande. Photo: Reuters/Annegret Hisle

Des responsables allemands, pris par surprise par leur arrivée en masse, ont accusé les autorités polonaises de ne pas les avoir informés.

La ministre allemande de l’Environnement, Steffi Lemke, a exigé une enquête exhaustive afin de déterminer les causes de ce désastre environnemental.

En Pologne, le gouvernement populiste de droite s’est retrouvé sous le feu des critiques pour ne pas avoir réagi plus tôt.

Le premier ministre Mateusz Morawiecki a assuré samedi avoir été informé le 9 ou 10 août de la pollution. Il est évident que j’ai appris cela trop tard.

Au départ, tout le monde a pensé qu’il ne s’agissait que d’un problème local, avait-t-il déclaré sur son balado hebdomadaire vendredi.

« L’échelle de la pollution est très grande, suffisamment grande pour dire que l’Oder aura besoin d’années entières pour retrouver son état naturel. »

Debout au bord de l’eau, Michel Tautenhahn, chef adjoint du parc national de la vallée de la Basse-Oder, regarde, consterné, en direction de la rivière, qui forme une frontière naturelle entre la Pologne et l’Allemagne.

Nous sommes côté allemand. Nous avons des poissons morts partout, dit-il à l’AFP.

Je suis profondément choqué… J’ai l’impression de voir des décennies de travail ruiné. […] L’eau c’est notre vie, dit-il, ajoutant qu’une foule d’autres animaux aquatiques tels que les moules ont également succombé.

Les poissons, c’est juste la partie émergée de l’iceberg, assure-t-il.

Quatre hommes debout sur la rive d'une rivière observant des poissons morts.

Des gens regardent des poissons morts sur les rives de l’Oder. Photo : Reuters/Cezary Aszkielowicz/Agencja Wybo

L’Oder est une rivière considérée comme relativement propre depuis de nombreuses années, abritant une quarantaine d’espèces de poissons.

De nombreux poissons – certains longs de quelques centimètres, d’autres de près de 40 centimètres – flottent désormais sans vie sur la rivière. Parfois, on en voit quelques-uns battre la queue et se retourner avec peine pour essayer de nager.

En quête de réponses

Les autorités estiment que les poissons ont probablement été empoisonnés.

Leur mort est atypique, explique Axel Vogel, ministre de l’Environnement du Land de Brandebourg, jugeant que des tonnes de poissons ont déjà sans doute péri.

La mort des poissons est souvent causée par la distorsion des niveaux d’oxygène quand le niveau de l’eau est trop bas, explique-t-il.

« Mais nous avons noté une augmentation du niveau d’oxygène depuis plusieurs jours, ce qui indique qu’une substance étrangère a été introduite et a provoqué tout ça. »

Des tests sont en cours en Allemagne afin d’établir la nature de cette substance. Les autorités ont d’ores et déjà fait état de signes indiquant des niveaux extrêmement élevés de mercure.

D’autres tests préliminaires publiés vendredi soir ont révélé un taux de salinité inhabituellement élevé. D’autres résultats sont attendus sur la présence éventuelle de métaux lourds ou de mercure.

En Pologne, le parquet a été saisi de l’affaire, alors que l’indignation grandit dans le pays. Le chef du gouvernement a limogé vendredi deux responsables des eaux et de la protection de l’environnement, à qui il a reproché une action trop lente.

Samedi, la police polonaise a offert une récompense de 210 000 euros pour trouver l’auteur de la pollution.

Sur les bords de l’Oder en Allemagne, M. Tautenhahn s’inquiète pour l’avenir. Si c’est du mercure, il va rester là pendant longtemps, dit-il, rappelant que ce métal ne se désintègre pas et pourrait rester de longues années dans les sédiments.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

L’ambassadeur russe en Pologne agressé par des manifestants pro-ukrainiens

mai 9, 2022

La diplomatie russe impute le tout aux « partisans du néonazisme » et a dépose une « protestation ferme » aux autorités polonaises.

Un homme houspillé par plusieurs personnes tente de s'essuyer le visage éclaboussé d'une substance rouge.

L’ambassadeur russe en Pologne, Sergueï Andreev, a été éclaboussé par une substance rouge, mais n’a pas été blessé. Photo : Getty Images/AFP/Wojtek Radwanski

L’ambassadeur russe en Pologne a été arrosé lundi d’une substance rouge et pris à partie par des manifestants pro-ukrainiens à Varsovie à l’occasion de l’anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, incident aussitôt dénoncé par Moscou.

Selon un photographe de l’AFP présent sur place, des militants pro-ukrainiens, scandant fascistes et brandissant le drapeau national ukrainien, ont bloqué le passage de l’ambassadeur alors qu’il devait déposer une gerbe au cimetière de Varsovie où reposent les soldats soviétiques morts durant la Seconde Guerre mondiale.

Le 9 mai 1945 marque pour les Russes la victoire sur l’Allemagne nazie.

Par la suite, quelques personnes ont jeté une substance rouge sur son visage et ses vêtements, et ont également éclaboussé son entourage.

Après s’être essuyé le visage avec sa main, Sergueï Andreev a déclaré : Je suis fier de mon pays et de mon président.

M. Andreev a déclaré à l’agence de presse russe RIA Novosti qu’il n’avait pas été sérieusement blessé lors de l’attaque, ajoutant que la substance rouge était une sorte de sirop.Des hommes, dont l'un a le visage éclaboussé de rouge, se chamaillent près d'un monument commémoratif.

L’agression de l’ambassadeur russe a été suivie par des scènes de brasse-camarade entre partisans de la Russie et de l’Ukraine. Photo : Getty Images/AFP/Wojtek Radwanski

L’incident a été immédiatement dénoncé par Moscou.

Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe, a indiqué que les partisans du néonazisme ont une nouvelle fois montré leurs visages, et il est sanglant.

Moscou a également adressé une protestation ferme aux autorités polonaises du fait de leur indulgence à l’égard de jeunes néonazis.

La Russie, qui dénonce sans cesse la russophobie des Occidentaux en général, et de la Pologne en particulier, a également réclamé de pouvoir organiser sans tarder la cérémonie de dépôt de gerbe en assurant sa sécurité la plus totale face à toutes sortes de provocations.

L’ambassade de Russie avait prévu d’organiser une cérémonie officielle sur le site, mais l’a annulé après une réponse négative du maire de Varsovie et du ministère des Affaires étrangères.Des personnes brandissant les couleurs ukrainiennes entourent une voiture en criant des slogans.

Des partisans de l’Ukraine ont bloqué la voiture de l’ambassadeur russe au cimetière de Varsovie. Photo : Getty Images/AFP/Wojtek Radwanski

Le ministre polonais de l’Intérieur, Mariusz Kaminski, a déclaré après l’incident que les autorités polonaises n’ont pas recommandé que l’ambassadeur russe dépose des fleurs le 9 mai à Varsovie.

La police a permis à l’ambassadeur de repartir en toute sécurité, a-t-il ajouté.

M. Kaminski a également tweeté que les militants s’étaient réunis là légalement pour protester contre l’agression russe en Ukraine, où chaque jour le crime de génocide a lieu.

L’émotion des femmes ukrainiennes – qui ont pris part à la manifestation et dont les maris se battent courageusement pour défendre leur patrie – est compréhensible, a-t-il ajouté.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Moscou coupe le gaz à la Pologne

avril 26, 2022
Un ouvrier grimpe dans une échelle sur un cylindre dans une station de compression de gaz.

Le gazoduc Yamal achemine le gaz russe des champs gaziers de la péninsule de Yamal et de la Sibérie occidentale vers la Pologne et l’Allemagne en passant par le Bélarus, où se trouve la station de compression de gaz près de Nesvizh, au sud-ouest de Minsk, la capitale. Photo: Reuters/Vasily Fedosenko

L’entreprise publique polonaise gazière PGNiG a indiqué mardi que le géant gazier russe Gazprom cessera ses livraisons de gaz naturel dès mercredi.

Dans un communiqué, PGNiG a dénoncé une violation du contrat la liant à Gazprom et a fait savoir qu’elle entendait prendre des mesures pour rétablir ces livraisons de gaz.

Avec Radio-Canada

Des soldats canadiens s’envolent vers la Pologne pour aider les réfugiés ukrainiens

avril 16, 2022

Des militaires canadiens attendaient de monter à bord d’un avion à Edmonton afin de s’envoler vers la Pologne, le vendredi 15 avril 2022. Photo: The Canadian Press/Jason Franson

Une centaine de soldats canadiens sont montés à bord d’un avion à destination de la Pologne vendredi pour participer à une mission « intense », mais « gratifiante » – selon les termes de leur commandant – afin d’aider les Ukrainiens fuyant l’invasion russe.

Quelque 80 soldats ont décollé d’Edmonton et 20 autres de Trenton, en Ontario. Ils offriront une aide humanitaire dans des centres d’accueil partout en Pologne, a expliqué le major Ryan Pridmore, commandant de compagnie du 3e bataillon Princess Patricia’s Canadian Light Infantry.

Ils doivent, avec une unité médicale canadienne, soutenir la force de défense territoriale polonaise dans le cadre d’une mission de deux mois.

Nos soldats sont tous extrêmement heureux d’être déployés, a-t-il déclaré. C’est pour cela que nous nous sommes entraînés. C’est pourquoi nous faisons ce travail. Nos soldats sont prêts à intervenir et à aider.

Une fois les bottes au sol, le major Pridmore s’attend à ce que les soldats soient mis directement au travail.

Nous avons des aumôniers pour fournir des services spirituels ainsi que des professionnels de la santé mentale lorsque les réfugiés arrivent dans les centres d’accueil, a affirmé le commandant, qui a déjà servi en Afghanistan et au Koweït.

Certains des autres soldats ont une formation linguistique, a-t-il ajouté.

D’après lui, le Canada est prêt à envoyer environ 50 soldats supplémentaires pour aider à la prise en charge, à la coordination et à la réinstallation des réfugiés ukrainiens en Pologne.

Nous avons une équipe en place là-bas qui prépare le terrain, donc nous n’agissons pas à l’aveuglette, mais ce sera certainement un lancement assez rapide des affaires une fois que nous serons sur le terrain.

Jeudi, la vice-première ministre Chrystia Freeland a soutenu à Calgary qu’il était approprié de qualifier l’occupation russe de génocide – comme l’ont dit le président américain Joe Biden et le premier ministre Justin Trudeau – puisque des milliers d’Ukrainiens ont été tués et brutalisés.

Mme Freeland a évoqué un document effrayant publié sur un site Internet russe il y a 10 jours qui exposait effectivement un plan de génocide en Ukraine, qui appelait à la souffrance, à la punition des personnes qui avaient choisi à tort, selon ce document, de s’identifier comme des Ukrainiens.

Cela appelait à ce que le mot Ukraine soit effacé, a ajouté Mme Freeland, qui est également ministre des Finances du Canada.

Le ministère de la Défense nationale a indiqué dans un communiqué que les soldats travailleront également avec Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Ils agiront aussi comme agents de liaison avec les forces armées polonaises pour appuyer les efforts fédéraux d’octroi de la résidence temporaire aux Ukrainiens désirant travailler ou étudier au Canada.

Vendredi, certains soldats à Edmonton ont plaisanté sur leur nervosité, tandis que d’autres ont dormi dans le salon de l’aéroport avant de prendre leur vol.

J’ai été très heureux de voir que le moral était exceptionnellement élevé et, d’après mes observations, je dirais que la force opérationnelle va être très efficace en Pologne, a mentionné le lieutenant Kevin Moffat, officier des affaires publiques des Forces armées canadiennes, qui souligne que certaines personnes de l’équipe ont des racines ukrainiennes.

Radio-Canada avec La Presse canadienne

« Chaos », galère et colère pour les Ukrainiens voulant venir au Canada

mars 28, 2022

Les formalités administratives exigées par le gouvernement Trudeau afin de voyager vers le Canada sont « extrêmement compliquées ».

Les Ukrainiens se pressent, à Varsovie, dans le centre responsable des formalités administratives pour venir au Canada. Les places sont limitées et il est très difficile d’obtenir un rendez-vous. Photo : Radio-Canada/Yanik Dumont-Baron

L’angoisse est palpable. L’interrogation. Les doutes. La détresse. Tous ces sentiments se lisent, se devinent dans les yeux de ces Ukrainiens amassés dans un immeuble moderne de Varsovie, qui partagent le même espoir : rejoindre rapidement le Canada.

Des dizaines de personnes font la file, masque ou non sur le visage. Des jeunes. Des aînés. Des femmes, principalement, mais aussi des enfants.

Certains scrutent leur téléphone, d’autres dorment sur une chaise, lèvent la main ou tentent d’interpeller un représentant de la firme VFS Global, qui est responsable de réaliser les données biométriques des Ukrainiens voulant traverser l’Atlantique.

Outre temporairement l’ambassade canadienne, il n’y a qu’un centre agréé dans toute la Pologne. Ici, dans la capitale, où sont arrivés au cours des dernières semaines des centaines de milliers d’Ukrainiens fuyant les bombes et les attaques russes.

C’est le chaos pour obtenir les documents administratifs nécessaires afin de prendre l’avion vers le Canada, raconte Kyrylo, un Canadien d’origine ukrainienne rencontré sur place. Tout juste arrivé en Pologne, il est venu aider sa grand-mère et d’autres membres de sa famille.

En début de semaine, reprend-il, il y avait 500 personnesLes gens se poussaient. Le processus est extrêmement compliqué. C’est extrêmement stressant pour ces personnes qui sont déjà traumatisées par la guerre.

« Tout ce qu’on demande, c’est d’avoir la possibilité de ramener nos proches au Canada. Il y a plein de gens prêts à les aider au Canada. Pourquoi est-ce qu’on rend ça aussi compliqué? »— Une citation de  Kyrylo, un Canadien d’origine ukrainienne

À la mi-mars, Ottawa a lancé un programme spécial d’immigration afin de permettre aux Ukrainiens d’arriver rapidement au Canada. Toutefois, avant d’obtenir cette Autorisation de voyage d’urgence, dont la demande se fait en ligne, les candidats doivent impérativement fournir leurs photos et empreintes digitales.

La prise de rendez-vous est obligatoire. Et les créneaux libres sont rares.

Des enfants attendent, avec leurs parents, afin de réaliser leurs données biométriques pour arriver au Canada. Photo : Radio-Canada/Yanik Dumont-Baron

Plusieurs personnes nous ont confié leurs difficultés pour décrocher un tel rendez-vous. Une mission quasi impossible, décrivent-elles. Surtout en Pologne. Pendant trois jours, j’ai regardé toutes les 30 minutes, il n’y avait absolument rien de disponible, décrit Kyrylo, qui dit avoir finalement eu un coup de chance.

Les gens viennent donc sans rendez-vous et ça encombre le processus, poursuit-il.

Le site ne marchait pas, il « crashait ». On a donc décidé de venir sur place, mais on nous a répondu qu’on ne pouvait rien faire pour nous, confie quant à lui Haidei Amine, un Canadien d’origine ukrainienne qui tente d’avoir un visa pour son épouse afin de se rendre en Ontario.

Ce dernier décrit le parcours qui l’a mené jusqu’à Varsovie. On a quitté Sumy [dans le nord-est de l’Ukraine]. On était encerclés, c’était effrayant. Ça nous a pris trois jours pour arriver à Varsovie en voiture. Il y avait des centaines de chars russes sur le chemin.

Haidei Amine, originaire du Canada, vivait dans le nord-est de l’Ukraine avant le début de la guerre. Il espère retourner, avec sa femme, en Ontario dans les prochains jours. Photo : Radio-Canada

Une dizaine d’étudiantes ukrainiennes attendues à Montréal

Immigration Canada n’a pas répondu aux questions de Radio-Canada. À Varsovie, les employés de VFS Global ont refusé également de nous parler. Sur son site, l’entreprise reconnaît que certains de [ses] centres de réception des demandes de visa connaissent des volumes plus élevés que d’habitude.

Mi-mars, le ministère de l’Immigration assurait pourtant suivre de près la situation et avoir renforcé ses capacités dans toute l’Europe avec l’envoi de trousses mobiles à Varsovie, à Vienne et à Bucarest pour la collecte de ces données biométriques.

Après des heures passées au téléphone avec des amis et des membres de sa famille en Pologne, Magdalena Dembinska, visiblement épuisée, ne comprend pas toutes ces exigences réclamées par Ottawa.

Pourquoi ne pas faire venir ces personnes au Canada et faire les données biométriques à l’aéroport? s’interroge cette professeure titulaire en science politique à l’Université de Montréal.

Centre de rendez-vous des visas, à Varsovie, situé à l’étage, dans un immeuble moderne. Des centaines de personnes s’y retrouvent chaque jour pour tenter de rejoindre le Canada. Photo : Radio-Canada

Depuis plusieurs jours, Magdalena Dembinska, également membre du Centre d’études et de recherches internationales, se démène pour organiser le voyage et l’arrivée d’une dizaine d’étudiantes ukrainiennes de l’Université nationale de Kharkiv, une ville bombardée par l’armée russe.

« La seule et unique chose qui fait obstacle à l’arrivée de ces étudiantes, c’est les données biométriques. Tout le reste est prêt. »— Une citation de  Magdalena Dembinska, professeure à l’Université de Montréal

Devant l’impossibilité d’avoir un rendez-vous à Varsovie, plusieurs filles âgées de 17 à 19 ans vont traverser l’Europe pour se rendre à Lyon, à Lisbonne ou encore à Budapest. D’autres patientent toujours en Ukraine.

L’université d’Anastasiia Dombvroska, ici en Ukraine avant le début de la guerre, a été bombardée par l’armée russe. La femme s’apprête à rejoindre temporairement l’Université de Montréal. Photo : Courtoisie

On pensait que cette étape, dans leur parcours, ne serait qu’une simple formalité, mais ce n’est pas le cas. Elles sont vraiment dans le noir, regrette Martin Carrier, chargé de cours à l’Université de Montréal, en lien avec ses homologues ukrainiens, qui, face aux dangers, ont quitté Kharkiv.

« Pour leur sécurité, il faudrait agir rapidement. C’est une situation humanitaire. La réalité, c’est qu’il y a un danger réel pour ces étudiantes. Certaines ne veulent pas quitter l’Ukraine tant qu’elles n’ont pas un rendez-vous. »— Une citation de  Martin Carrier, chargé de cours à l’Université de Montréal

Hébergement, billets d’avion, intégration, suivi psychologique, cours de français : l’Université de Montréal assure avoir déjà tout prévu pour concrétiser cet échange universitaire qui pourrait durer plusieurs mois. Un fonds d’urgence a également été mis en place.

Il faut aider toutes ces personnes. Au total, il pourrait y en avoir de 20 à 30. Il y a des étudiantes, mais aussi des professeurs, des chercheurs, des postdoctorants qu’on pourrait accueillir, détaille Valérie Amiraux, la vice-rectrice.

« Le caractère urgent dramatise la difficulté. On aimerait que ce soit plus facile, en particulier avec une situation d’urgence comme celle-ci. »— Une citation de  Valérie Amiraux, vice-rectrice de l’Université de Montréal

Il faut donner à ces gens les moyens de continuer à se projeter, à imaginer un avenir, résume-t-elle. Mais on aimerait que ça aille plus vite.

Les tirs russes ont détruit des infrastructures sur le campus de l’Université nationale de Kharkiv le 2 mars 2022. Photo : Reuters/Oleksandr Laphyn

De Varsovie à Bratislava

Sylvain Gauthier a de son côté des propos plus virulents. Aux yeux de l’enseignant et coordinateur de programme pour l’Université McGill, ça n’a aucun bon sens.

J’essaie de faire venir une mère de famille ukrainienne et sa fille. Elles sont arrivées à Varsovie, elles n’ont jamais pu avoir de rendez-vous [pour les données biométriques], donc elles ont passé la nuit dehors, devant l’ambassade canadienne, sans chaise, sans eau, sans rien à manger, sans toilettes, puis un agent les a finalement renvoyées, détaille-t-il, tout en nous montrant une vidéo illustrant la longue file d’attente vécue par des centaines de personnes.

Il a finalement trouvé une solution. Guère simple. J’ai eu un rendez-vous pour dans quelques jours, mais à Bratislava, soupire-t-il. En Slovaquie, donc. À plus de 600 km de Varsovie.

Après avoir quitté l’Ukraine, Yanina Kovalenko est arrivée à Varsovie, mais elle n’a pu obtenir de rendez-vous pour effectuer ses données biométriques. Avec l’aide d’un enseignant montréalais, elle va finalement se rendre en Slovaquie, avec l’espoir de venir bientôt au Canada. Photo : Courtoisie/Yanina Kovalenko

Dans un échange avec Radio-Canada par messagerie, l’intéressée, Yanina Kovalenko, une esthéticienne de 36 ans, avoue être perdue. Je vais y aller en bus ou en train. C’est la première fois de ma vie que je vis un tel enfer. On a attendu 30 heures devant l’ambassade et on nous a dit à la fin que seules les personnes qui avaient un rendez-vous pouvaient entrer.

Bénévole pour le Parti libéral du Canada, Sylvain Gauthier ne mâche pas ses mots contre Immigration Canada.

« Partout, le gouvernement dit qu’on veut aider les Ukrainiens. Il y a peut-être de bonnes intentions, mais les troupes ne s’ajustent pas. C’est une honte. »— Une citation de  Sylvain Gauthier, enseignant

Ces femmes ont vécu des semaines d’enfer. Rien n’est facile pour elles. On le savait, pourtant, qu’il allait y avoir toutes ces personnes. C’est une crise. Comment ça se fait qu’on se retrouve dans cette situation?

Avec Radio-Canada par Romain Schué et Yanik Dumont Baron

Biden : Poutine « ne peut pas » rester au pouvoir

mars 26, 2022

Joe Biden a réaffirmé par ailleurs que les États-Unis ne souhaitaient pas entrer en conflit avec les forces russes qui ont envahi l’Ukraine. Photo: AFP / Brendan Smialowski

Le président américain Joe Biden a affirmé samedi à Varsovie que son homologue russe Vladimir Poutine ne devait pas rester au pouvoir après avoir lancé l’invasion en Ukraine.

Pour l’amour de Dieu, cet homme ne peut pas rester au pouvoir, a lancé M. Biden, lors d’un discours au château royal de Varsovie, au ton particulièrement dur à l’égard du président russe Vladimir Poutine.

S’adressant directement aux Russes, il a insisté sur le fait que ce n’est pas le peuple russe qu’il considère comme ennemi.

Permettez-moi de dire ceci si vous êtes capable de m’entendre – vous, le peuple russe, n’êtes pas notre ennemi, a-t-il déclaré.

Je refuse de croire que vous accueillez favorablement le meurtre d’enfants et de grands-parents innocents ou que vous acceptez que des hôpitaux, des écoles, des maternités soient pilonnés par des missiles et des bombes russes.

Cette guerre n’est pas digne de vous, peuple russe. Poutine peut et doit mettre fin à cette guerre, a encore martelé le président américain.

Mais en même temps il a estimé que le conflit n’allait pas s’arrêter rapidement.

La bataille entre la démocratie et l’autocratie ne sera pas gagnée en quelques jours ou mois. Nous devons nous armer pour un long combat devant nous, a -t-il prévenu, avant d’assurer aux Ukrainiens : Nous sommes à votre côté.

Il a réaffirmé par ailleurs que les États-Unis ne souhaitaient pas entrer en conflit avec les forces russes qui ont envahi l’Ukraine, mais il a lancé un avertissement ferme à Moscou : Ne pensez même pas à avancer d’un centimètre en territoire de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN.

Cette guerre est d’ores et déjà un échec stratégique pour la Russie, a ajouté M. Biden, qui, applaudi par quelque mille personnes ayant assisté à son discours devant le château royal de Varsovie, est immédiatement parti pour l’aéroport, devant regagner Washington dans la nuit.

Par Radio-Canada avec AFP