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Pologne: l’ex-président du Conseil européen Donald Tusk à la tête du parti d’opposition PO

juillet 3, 2021
Pologne: l'ex-president du Conseil europeen Donald Tusk a la tete du parti d'opposition PO
Pologne: l’ex-président du Conseil européen Donald Tusk à la tête du parti d’opposition PO© AFP/Wojtek RADWANSKI

L’ex-président du Conseil européen Donald Tusk a pris la tête samedi du parti d’opposition Plateforme civique (PO) en Pologne, marquant son retour sur le devant de la scène politique intérieure du pays, a annoncé le porte-parole du parti.

Après la démission du président du parti, Borys Budka, « les tâches de président de la PO sont assumées par Donald Tusk », a déclaré le porte-parole, Jan Grabiec, à l’issue d’une réunion du conseil national du parti.

M. Tusk, âgé de 64 ans, avait co-fondé la PO il y a vingt ans et a été Premier ministre de son pays entre 2007 et 2014.

« Je suis de retour à 100 % », a déclaré M. Tusk devant un congrès du parti qui l’a ovationné. Dans son discours, il a évoqué « le démon » à propos du parti conservateur nationaliste au pouvoir Droit et Justice (PiS), l’accusant de placer la Pologne dans une « situation dangereuse » en créant des dissensions avec ses partenaires de l’Union européenne.

« Quand on voit le démon, on le combat », a-t-il lancé.

Le conseil national de la PO l’a élu vice-président du parti ce qui signifie qu’il assume les fonctions de président jusqu’à une élection formelle à ce poste prévue plus tard cette année.

M. Tusk assume actuellement la présidence du Parti populaire européen (PPE) et joue souvent le rôle de commentateur acerbe, depuis les coulisses, de la politique polonaise.

Grand amateur de football, limite « hooligan » dans sa jeunesse de son propre aveu, M. Tusk a grandi dans la ville portuaire de Gdansk, au nord du pays, berceau du mouvement Solidarité qui a démantelé le régime communiste.

Lorsqu’il était président du Conseil européen entre 2014 et 2019, il a géré des crises allant des migrations à la situation économique de la Grèce, en passant par les difficiles négociations du Brexit.

Une incertitude est apparue à l’approche du congrès de la PO après que le maire de Varsovie, Rafal Trzaskowski, finaliste de l’élection présidentielle de l’année dernière, se soit déclaré prêt à prendre la tête du parti.

Selon les médias, M. Trzaskowski a, depuis, fait marche arrière et ne contestera plus la candidature de M. Tusk à la direction du parti.

« La Plateforme civique sera grande de nouveau », a tweeté un député du parti, Robert Tyszkiewicz, après l’annonce concernant M. Tusk.

La Pologne en « isolement complet« 

La PO se trouve en troisième position dans les sondages, derrière le PiS et le parti centriste d’opposition Pologne 2050.

Dans le même temps, le PiS a perdu sa courte majorité au Parlement et les relations avec l’UE se dégradent sur nombre de questions, notamment les réformes judiciaires controversées.

M. Tusk a déclaré que le chef du PiS Jaroslaw Kaczynski avait conduit la Pologne dans un « isolement complet » sur la scène internationale.

Les élections en Pologne sont prévues pour 2023 mais, selon les commentateurs, le parti au pouvoir pourrait être tenté par des élections anticipées pour éviter un vote de défiance au Parlement.

Le PiS tient aussi son propre congrès samedi, qui devrait confirmer le vétéran Jaroslaw Kaczynski à sa tête.

Le parti devrait approuver aussi la nomination du Premier ministre Mateusz Morawiecki, 53 ans, au poste de chef adjoint, faisant de lui l’héritier présomptif de Kaczynski, 72 ans.

En s’adressant aux délégués de sa formation, M. Kaczynski a affirmé qu’il serait à la tête du PiS « pour une dernière fois » et promis d’accélérer le programme économique de son parti afin d’aligner les conditions matérielles des Polonais sur celles de l’Europe de l’Ouest.

Un nouveau sondage réalisé en début de semaine montre que la coalition de droite au pouvoir, dominée par le PiS, est en tête avec 34 % de soutien, suivie de Pologne 2050 avec 17,1 % et de la PO avec 16,9 %.

L’étude a été réalisée par l’institut de sondages IBRiS pour la chaîne de télévision Polsat.

Par Le Point avec AFP

L’Église catholique reconnaît avoir récemment abusé de 368 enfants en Pologne

juin 28, 2021

VARSOVIE, Pologne — Dans son plus récent rapport sur les agressions sexuelles commises sur des enfants, l’Église catholique de Pologne reconnaît que 292 membres du clergé auraient abusé de 368 garçons et filles entre 2018 et 2020.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le document dévoilé lundi tombe au moment où le Vatican enquête sur des allégations d’agressions et d’inaction des dirigeants de l’Église en Pologne, un État à prédominance catholique où le clergé jouit d’un statut spécial.

Le Vatican a récemment puni certains évêques et archevêques polonais pour leur négligence. Ils ont été bannis des églises et leur ont interdit de présider des cérémonies.

Le Saint-Siège enquête également sur des allégations de négligence par l’archevêque de Cracovie aujourd’hui à la retraite, le cardinal Stanislaw Dziwisz, qui a notamment servi à titre de secrétaire personnel du défunt pape Jean-Paul II.

Dans une conférence virtuelle, le chef de l’Église catholique de Pologne, l’archevêque Wojciech Polak, a réitéré ses excuses offertes aux victimes et leur a demandé pardon.

Monseigneur Adam Zak, chargé d’enquêter sur les abus du clergé contre des enfants et de prévenir ces agressions, a insisté sur le besoin d’agir pour plus de sensibilisation et de prévention en raison du nombre élevé de cas rapportés.

Le précédent rapport de l’Église, portant sur les années 1990 à 2018, avait identifié 382 agresseurs soupçonnés d’avoir abusé de 625 victimes mineures. Les noms de 42 agresseurs sont apparus à nouveau dans le plus récent rapport.

Par Monika Scislowska, The Associated Press

Pologne: un voilier construit par des sans-abri pourra bientôt prendre le large

juin 14, 2021
Pologne: un voilier construit par des sans-abri pourra bientot prendre le large
Pologne: un voilier construit par des sans-abri pourra bientôt prendre le large© AFP/Wojtek RADWANSKI

Amarré dans le port fluvial de Varsovie, le voilier Ojciec Boguslaw qui vient d’être baptisé du nom d’un prêtre catholique, a permis à des sans-abri qui l’ont construit pendant quatorze ans de redonner un cap à leur vie.

Il a été baptisé samedi du nom du père Boguslaw, de l’ordre des Camilliens, qui en 2006 avait lancé ce projet fou aux yeux de beaucoup. Lui-même était ouvrier naval de Szczecin, une ville portuaire du nord-ouest de la Pologne, avant d’entrer au séminaire. Sa vocation était d’aider les sans-abri à retourner à une vie normale. Le projet devait surtout avoir une fonction thérapeutique.

Le résultat est impressionnant. La goélette fait 17,8 mètres (57 pieds de long) sur 5,2 mètres.

En présence d’anciens sans-abri, de sponsors et de membres du gouvernement, le capitaine Waldemar Rzeznicki qui durant quatorze ans a dirigé sa construction, a hissé le pavillon sur le mât.

Tradition oblige, la marraine -l’épouse du capitaine, Anna Rzeznicka, a brisé une bouteille de prosecco à défaut de vrai champagne, trop cher. Elle s’est brisée seulement au quatrième coup. « On a été puni car au lieu de prendre une boisson sans alcool, on a pris une bouteille d’alcool, alors qu’on lutte contre l’alcoolisme », a déclaré M. Rzeznicki.

« Navigue sur les mers et les océans, vante le nom de ton initiateur et de ceux qui t’ont construit (…). Je te donne pour nom +Ojciec Boguslaw+(le père Boguslaw) », a déclaré la marraine, prononçant la formule traditionnelle.

Sa propre âme

« Enfin on sent vraiment l’eau sous nos pieds. Le bateau vit enfin », se réjouit le capitaine.

« Chaque bateau a sa propre âme, chaque bateau est différent, celui-ci est vraiment unique », ajoute-t-il.

« On n’avait pas les moyens techniques utilisés normalement dans des chantiers navals comme des grues ou des chariots élévateurs », se souvient Slawomir Michalski, 64 ans.

« On avait de simples outils de bricoleur: une torche de soudage pour couper l’acier, des marteaux, des cisailles à tôle ou des meuleuses », se souvient cet homme que l’AFP avait interrogé en 2017 lors des travaux.

Le capitaine Rzeznicki déplore que le constructeur Bogdan Malolepszy, qui a offert le projet du voilier, n’ait pas pu assister à la cérémonie. « Le Covid-19 l’a emporté en automne dernier. »

Une grande partie du matériel, comme le bois pour les mâts, la tôle ou les huit tonnes de plomb pour la quille, ont été offerts par des sponsors. Le moteur diesel provient d’un vieux bateau de pêche. Il faudra encore le réparer.

Après le décès du père Boguslaw Paleczny en 2009, le projet n’avait pas été abandonné. Quelque 300 personnes – des pensionnaires du centre pour sans-abri, mais aussi des scouts et des bénévoles, ont participé à sa construction.

« On a réalisé son testament, c’est comme si c’était son enfant », ajoute M. Michalski.

Rajeuni

« Le projet a changé ma vie de manière radicale, à 180 degrés, j’ai appris que quand je commence quelque chose, je termine ce travail. Avant, c’était tout le contraire », explique Marek Metrak, un des sans-abri qui a participé au projet.

« J’ai gagné une nouvelle vie, comme ce bateau qui a été mis à l’eau et peut naviguer, moi, je suis devenu indépendant. Il y a tout juste deux semaines j’ai reçu de la municipalité les clés de mon logement. J’écris des livres. Je ne bois plus, je ne fume plus. J’ai rajeuni », dit cet homme de 74 ans.

Avant de prendre le large, il reste encore du travail à faire. Trois jours avant la cérémonie du baptême, les voiles ont été livrées, achetées grâce à ses sponsors.

Le bateau doit encore être équipé en système de navigation électrique, gilets et radeaux de sauvetage, avant de mettre le cap sur Gdansk, en mer Baltique.

Par Le Point avec AFP

Pologne : message peu rassurant de Lech Walesa sur sa santé avant une hospitalisation

mars 14, 2021

L’icône de la lutte contre le régime communiste polonais dans les années 1980 a annoncé ce dimanche son admission à l’hôpital.

Lech Walesa, icône de la lutte contre le régime communiste polonais dans les années 1980, a posté ce dimanche un message vidéo préoccupant sur sa santé où il annonce son admission à l’hôpital, sans prévoir une date de sortie. « Je vais entrer à l’hôpital. Ce qui vient ensuite, seul le temps le dira », a déclaré le lauréat du prix Nobel de la paix et ancien président polonais, âgé de 77 ans, dans cette vidéo diffusée sur Facebook.

« Donc, comme je ne sais pas quand nous nous reverrons ou si nous nous reverrons tout court, j’aimerais dire que j’ai tout fait pour bien servir la nation », a-t-il ajouté sans donner de précisions d’ordre médical sur son état de santé. « À la prochaine, si le destin me permet de rester sur cette terre un peu plus longtemps. Sinon, priez pour moi », a conclu l’ancien leader charismatique du mouvement syndical Solidarité qui, en 1989, a mis fin pacifiquement au communisme en Pologne.

Son secrétaire, Marek Kaczmar, a déclaré à l’AFP que Walesa entrait à l’hôpital pour un remplacement programmé de la pile de son pacemaker. « Mais il y a des complications […]. Il s’avère qu’une partie du fil qui se trouve dans le cœur est probablement cassée », a-t-il expliqué. « L’opération est prévue pour demain, à moins que les tests d’aujourd’hui ne montrent qu’il soit nécessaire d’intervenir immédiatement », a-t-il ajouté.

Travaillant comme électricien de chantier naval dans la ville portuaire balte de Gdansk, Lech Walesa avait stupéfié le bloc communiste et le monde entier en prenant la tête d’un mouvement de grève de 17.000 ouvriers de chantiers navals en 1980. Le régime communiste avait été contraint de reconnaître, à contrecœur, Solidarité comme le premier et le seul syndicat indépendant du bloc soviétique, comptant des millions d’adhérents dans toute la Pologne. Walesa avait reçu le prix Nobel de la paix en 1983 avant de devenir le premier président polonais démocratiquement élu de l’après-guerre, en 1990.

Par Le Figaro avec AFP

La Pologne et la Lituanie rappellent 35 diplomates en poste à Minsk

octobre 9, 2020

La Pologne et la Lituanie ont rappelé vendredi 9 octobre 35 diplomates en poste en Biélorussie, dans un contexte de fortes tensions diplomatiques avec ce pays qui accuse Varsovie et Vilnius de soutenir le mouvement de protestation consécutif à l’élection présidentielle contestée du 9 août.

De même que plusieurs autres pays membres de l’Union européenne, la Pologne a déjà rappelé son ambassadeur de Biélorussie. Sa décision de rappeler d’autres membres du personnel diplomatique intervient à la suite d’une demande des autorités bielorusses, selon le ministère polonais des Affaires étrangères.

«La limitation du personnel (diplomatique) polonais est un geste inamical auquel la Pologne répondra en temps opportun et d’une manière appropriée», a déclaré à l’agence de presse PAP le vice-ministre des Affaires étrangères Marcin Przydacz, annonçant que la Pologne rappelait 30 diplomates.

La Lituanie, qui avait elle aussi rappelé son ambassadeur à Minsk, a annoncé qu’elle rappelait cinq diplomates. La Lituanie espère que ce rappel «préservera les chances d’un dialogue» mais elle «prendra des initiatives réciproques si la Biélorussie continue à faire dégénérer la situation», a prévenu la porte-parole du ministère lituanien des Affaires étrangères Rasa Jakilaitiene L’Union européenne a refusé de reconnaître la victoire d’Alexandre Loukachenko à l’élection présidentielle et adopté des sanctions à l’encontre de responsables biélorusses accusés de fraude électorale et de violations des droits de l’homme.

Par Le Figaro avec AFP

Canada/Québec: François Legault n’ira pas à la COP24 en Pologne

octobre 29, 2018

Hautes cheminées rouges et blanches crachant de la fumée.

Le premier ministre François Legault n’ira pas à la COP24 en Pologne. Photo : Reuters/Peter Andrews

Les présidents polonais et ukrainien commémorent séparément les massacres de Volhynie

juillet 8, 2018

Kiev – Le président polonais a commémoré dimanche dans l’ouest de l’Ukraine les massacres de Polonais en Volhynie par des Ukrainiens, son homologue ukrainien se rendant de son côté en Pologne pour saluer la mémoire des Ukrainiens tués en représailles pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ces célébrations séparées constituent une nouvelle illustration des tensions entre les deux pays concernant leur histoire douloureuse.

Le président polonais Andrzej Duda s’est rendu à Loutsk, ville de l’ouest de l’Ukraine à l’époque située en Pologne, assister à une messe en hommage aux victimes des massacres de Volhynie au cours desquels quelque 100.000 Polonais ont été tués entre 1943 et 1945 par des militants de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA).

« C’était du nettoyage ethnique, c’est comme cela nous nous l’appellerions aujourd’hui », a déclaré le président Duda cité par l’agence de presse polonaise PAP.

Le président ukrainien Petro Porochenko s’est pour sa part rendu côté polonais, à 125 kilomètres de là, dans le village de Sahryn pour inaugurer un mémorial en hommage aux 20.000 Ukrainiens tués par les partisans polonais.

« Nos nations ont le droit de connaître la vérité, mais ce n’est pas le travail des hommes politiques », a-t-il déclaré aux membres de la communauté ukrainienne en Pologne.

Selon Piotr Tymon, responsable de l’Union des Ukrainiens de Pologne, les discussions entre les deux pays sur ce sujet sensible sont dans l’impasse depuis l’élection en 2015 de M. Duda, candidat du parti conservateur Droit et Justice (PiS).

« Les discussions ne portent que sur les victimes polonaises de Volhynie. Le dialogue sur la commémoration des victimes ukrainiennes a été suspendu », a-t-il ajouté interrogé au téléphone par l’AFP.

Il n’était pas prévu que les deux chefs d’Etat se rencontrent et les deux hommes ont fait savoir qu’ils n’avaient pas invité leur homologue dans leur pays.

Le président Duda a été convié en Ukraine par l’évêque de Loutsk selon Varsovie, tandis que Petro Porochenko a été invité en Pologne par la communauté ukrainienne, a fait savoir Kiev.

Selon des médias ukrainiens s’appuyant sur des sources anonymes, Varsovie a refusé une offre ukrainienne de commémorer ensemble les massacres de Volhynie.

La Pologne reproche à l’Ukraine de n’avoir pas explicitement condamné les massacres. Le Parlement polonais les a qualifiés de « génocide » dans une résolution de 2016.

Aux yeux des historiens ukrainiens, les représailles polonaises justifient qu’on mette sur le même plan les actes commis par les deux parties et donc l’absence d’excuses de Kiev. Le président Petro Porochenko a prononcé à plusieurs reprises la phrase « nous pardonnons et demandons pardon », et a déposé en juin 2016 à Varsovie une gerbe de fleurs devant le monument aux victimes polonaises en Volhynie.

Romandie.com avec(©AFP / 08 juillet 2018 14h56)                                                        

Pologne: un festival d’art poursuit en justice le ministère de la Culture

juin 7, 2018

Varsovie – Le Festival Malta a annoncé jeudi avoir porté plainte contre le gouvernement conservateur polonais pour le non versement d’une dotation, une sanction, selon les plaignants, motivée par la désignation à sa tête du metteur en scène croate controversé Oliver Frljic.

Il s’agit d’une somme de 300.000 zlotys (71.500 euros), soit quelques pour cent d’un budget de près de 100.000 euros que le ministère était tenu de verser pour la 27e édition de ce festival d’art contemporain organisé à Poznan, dans l’ouest de la Pologne, aux termes d’un accord sur trois ans passé en 2016.

Le festival, qui chaque année attire quelque 85.000 personnes, a alors fait appel aux dons pour combler ce manque. L’appel, baptisé Zostan Ministrem Kultury (Deviens ministre de la Culture en polonais), a été largement suivi par des personnes privées et des entreprises.

« Le festival Malta en soi n’était pas sur une liste noire du ministère de la culture. C’est Olivier Frljic qui y était après sa mise en scène provocatrice d’une pièce à Varsovie », a déclaré à l’AFP son directeur Michal Merczynski.

« Le ministère est en droit d’attribuer des aides financières selon ses propres critères mais ce qui nous a été attribué doit être payé. Nous ne pouvons pas accepter ce genre de mauvais précédent », a-t-il ajouté.

Frljic a fait scandale en Pologne avec son spectacle anticlérical « La Malédiction » dans lequel la statue du défunt pape Jean Paul II est pendue et affublée de la pancarte « défenseur des pédophiles ».

La mise en scène a suscité des protestations et des manifestations de représentants de l’extrême droite catholique en Pologne où ce pape polonais, canonisé en 2014, est vénéré par les catholiques.

Le ministre de la Culture Piotr Glinski a justifié son retrait de fonds au festival en argumentant qu’Oliver Frljic « provoquait des conflits profonds et des vagues de protestations » et qu’il « éloignait du théâtre une grande partie de la société ».

Des artistes, dont le compositeur Krzysztof Penderecki, les réalisatrices Agnieszka Holland et Malgorzata Szumowska, ou le groupe slovène Laibach ont mis aux enchères leurs oeuvres ou différents objets précieux, dans le cadre de la collecte de financements participatifs.

Créé en 1991, le Malta Festival s’est imposé comme l’un des événements phares de la scène culturelle en Pologne. D’abord consacré au théâtre d’avant garde, ce festival international réunit aujourd’hui des artistes du monde entier autour des différents arts de la scène.

Dans le domaine de la culture, depuis leur arrivée au pouvoir en 2015, les conservateurs accordent une place particulière aux sujets historiques liés à la Seconde guerre mondiale, mettant en exergue l’héroïsme des Polonais dans leur lutte contre les nazis et les communistes, privilégiant des artistes à perception conservatrice et catholique du monde.

Le réalisateur polonais Pawel Pawlikowski, Prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes pour « Cold War », a évoqué l’existence de « listes noires » informelles d’artistes et d’oeuvres depuis l’arrivée au pouvoir du parti conservateur Droit et Justice, sur lesquelles figure son film « Ida », couronné par un Oscar en 2015

Reproche que le ministre Glinski a fermement rejeté en assurant qu' »il régnait en Pologne la plus complète liberté de création ».

Romandie.com avec(©AFP / 07 juin 2018 15h32)                                                        

L’économie polonaise manque de bras… et regarde vers l’Est

avril 28, 2018

Publicité pour une entreprise polonaise qui recrute des travailleurs étrangers, dans le centre de Varsovie, le 26 avril 2018 / © AFP / JANEK SKARZYNSKI

Au volant de sa Mercedes toute neuve, un entrepreneur polonais contemple pensivement l’affiche ornant l’arrière d’un bus municipal devant lui: « Bâtisseurs, soudeurs. Travailleurs d’Ukraine et du Bangladesh ».

« Pour le moment nous prenons surtout les Ukrainiens et quelques Bélarusses », dit l’homme qui gère une entreprise de logistique à Varsovie. « On n’a pratiquement plus de Polonais, ils travaillent tous en Allemagne ou en Grande-Bretagne ».

Il préfère ne pas se nommer, ni son entreprise. « Question d’image », dit-il sans sourire.

Cette situation ne peut que s’aggraver, selon les démographes, et mettre en péril la croissance de l’économie polonaise, rapide et, exception remarquable, ininterrompue depuis la chute du communisme en 1989.

Les projections sont sombres. La génération du baby-boom des années 50, qui avait vu 800.000 naissances par an, est en train de quitter le marché du travail. Celle des années 90 qui arrive, représente environ la moitié de ce chiffre. S’y ajoute l’émigration de travailleurs qualifiés vers l’Europe de l’Ouest, où les salaires sont meilleurs.

D’après les prévisions d’experts, basées sur les projections de l’Office central des statistiques, à l’horizon 2030 un emploi sur cinq sera vacant. L’économie polonaise aura besoin de 20 millions de travailleurs, mais la population active tombera à 16 millions de personnes.

Ni le réservoir de main d’œuvre des campagnes – l’agriculture, comptant des millions de petites exploitations, emploie relativement plus de travailleurs qu’en France ou en Allemagne – ni l’embauche de chômeurs, de moins en moins nombreux (6,6% de la population active en mars 2018), ni les retraités réembauchés, ne pourront y remédier.

Dans le BTP, le déficit atteint d’ores et déjà environ cent mille personnes, confirme à l’AFP le vice-président de l’Union polonaise des Employeurs du Bâtiment, Rafal Baldys Rembowski.

Le numéro un du secteur, Budimex (du groupe espagnol Ferrovial) voudrait embaucher mille personnes, indique son porte-parole Krzysztof Koziol.

– Du mal à embaucher –

« Nous ressentons un déficit de main d’œuvre dans notre entreprise, dit-il à l’AFP, mais tout aussi bien chez nos sous-traitants qui s’en plaignent. Parfois ils nous proposent de fournir des engins en précisant qu’ils n’ont personne pour les piloter. On manque de travailleurs pratiquement dans toutes les professions: maçons, charpentiers, bétonniers, plâtriers, paveurs, chauffeurs, conducteurs d’engins. Les contremaîtres et les ingénieurs manquent aussi. »

Les chaînes de la grande distribution – dont beaucoup de françaises, entre Auchan, Carrefour et Leclerc – n’ont pas eu à licencier du personnel lorsqu’une loi leur a imposé de fermer leurs magasins le dimanche. « On a plutôt du mal à embaucher », reconnaît un responsable qui préfère garder l’anonymat.

Du coup, la Pologne (qui a fermé sa porte aux réfugiés pour des raisons de sécurité) doit repenser sa politique d’immigration, reconnaît le ministre des Investissements et du Développement Jerzy Kwiecinski.

« Notre économie a d’ores et déjà besoin de travailleurs étrangers et à l’avenir on en aura besoin de plus en plus », a-t-il dit lors d’une conférence de presse fin mars.

Le gouvernement a adopté un document intitulé « Priorités sociales et économiques de la politique migratoire ». Il s’agit de l’adapter aux besoins du marché du travail et de favoriser l’entrée des professionnels qui manquent en Pologne, d’inciter les Polonais émigrés à rentrer au pays, y compris avec leurs entreprises, et de freiner la fuite de la main d’œuvre.

– Sept mille Népalais –

Le gouvernement veut aussi faciliter l’accès des étrangers aux études supérieures dans les secteurs importants pour l’économie, développer pour eux l’enseignement du polonais et simplifier les formalités grâce au système de « guichet unique ».

Certes, les étrangers, et notamment les Ukrainiens, n’ont pas attendu ces mesures pour affluer en Pologne, parfois sans permis de travail ni visa, mais dans ce cas les régulations en vigueur les contraignent à retourner chez eux au bout de trois mois, avant de repasser à nouveau la frontière polonaise trois mois plus tard. Et s’ils travaillent au noir, ils risquent une amende.

Selon les estimations de la banque centrale polonaise NBP, un million d’Ukrainiens travaillent actuellement en Pologne et ce chiffre augmentera de 200.000 à 300.000 au cours des prochaines années.

D’après le ministère de la Famille, du Travail et de la Protection sociale, la Pologne a délivré l’an dernier aux étrangers plus de 235.000 permis de travail, dont plus d’un quart octroyés aux femmes. Les Ukrainiens sont les plus nombreux, avec 192.547 permis, les Bélarusses suivent loin derrière, avec 10.518 autorisations. Le troisième groupe national sont, signe des temps, les 7.075 Népalais.

Romandie.com avec (©AFP / 28 avril 2018 12h44)                

Affaire Skripal: plusieurs pays d’Europe centrale et de l’Est expulsent des diplomates russes

mars 26, 2018

Varsovie – Plusieurs pays ayant fait partie de l’ancien bloc soviétique, la Pologne, l’Ukraine, la République tchèque, les trois pays baltes ont annoncé lundi l’expulsion de diplomates russes, rejoignant plusieurs autres pays européens dans un geste de solidarité avec Londres après l’empoisonnement d’un ex-espion.

En revanche, la Slovaquie a décidé d’étudier « les mesures à venir ».

L’Ukraine a annoncé lundi l’expulsion de 13 diplomates russes, décision prise « dans un esprit de solidarité avec nos partenaires britanniques et nos alliés transatlantiques et en coordination avec les pays de l’UE », a déclaré le président ukrainien Petro Porochenko cité par son service de presse.

La Pologne a déclaré persona non grata quatre diplomates russes, tandis que la République Tchèque et la Lituanie ont en fait partir trois chacune.

« La date du départ de Pologne des quatre diplomates russes a été fixée au 3 avril à minuit. La note avec les quatre noms a été remise à l’ambassadeur de Russie », a déclaré à la presse le chef de la diplomatie polonaise Jacek Czaputowicz.

Son homologue lituanien Linas Linkevicius a précisé à l’AFP que les trois personnes expulsées l’étaient « pour des activités incompatibles » avec leur statut diplomatique.

« Une arme chimique a été utilisée contre des civils pour la première fois depuis la Deuxième guerre mondiale. La situation est particulière et elle appelle une réponse particulière », a-t-il déclaré.

La Lituanie ajoutera également 21 noms de citoyens russes à une liste de personnes indésirables et interdites d’entrée, établie l’année dernière. Il s’agit de la « liste Magnitsky », du nom d’un juriste russe mort en prison après avoir découvert une importante affaire de corruption présumée impliquant de hauts responsables russes.

La Lettonie a expulsé un diplomate, un deuxième secrétaire de l’ambassade de Russie à Riga, a fait savoir le ministère des Affaires étrangères. L’Estonie a décidé d’en faire partir un également et il s’agit de l’attaché militaire, a rapporté l’agence de presse BNS.

Quant à la Slovaquie, son ministère des Affaires étrangères a déclaré « étudier les mesures à venir ». « Il y a plus d’une option dans ce cas », a-t-il ajouté.

Romandie.com avec(©AFP / 26 mars 2018 13h49)