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Médecins sans frontières : pour une décentralisation de l’aide humanitaire

septembre 8, 2021
Campagne de vaccination de Médecins sans frontières à Niamey

Après cinquante ans d’existence, l’ONG s’emploie à changer de modèle, notamment en Afrique. Elle veut se rapprocher du terrain, diversifier ses recrutements et être plus à l’écoute des populations.

Au cours des cinquante années de son existence, le parcours de Médecins Sans Frontières (MSF) a été marqué par l’évolution et le changement. Mais son modèle est aujourd’hui jugé trop eurocentrique. Un processus progressif de décentralisation a donc été enclenché vers des lieux clés tels que Dakar et Abidjan pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, Nairobi pour l’Afrique de l’Est, Johannesburg pour l’Afrique australe, mais aussi vers Dubaï, Amman et Beyrouth pour la région du Moyen-Orient, ainsi que Mexico pour l’Amérique centrale. Objectif : parvenir à une plus grande autonomie de l’organisation hors des capitales européennes et ainsi améliorer la qualité et la réactivité de nos interventions dans la région.

Échange d’expertise

La base régionale de Dakar nous permet d’ores et déjà d’être plus proches de l’information, entourés d’un réseau humanitaire et médiatique dynamique, ainsi que d’instituts de référence dans le domaine de la recherche médicale et de la formation. Depuis la création du bureau, en 2013, ces échanges d’expertise permettent de contribuer à des discussions régionales sur l’épidémie d’Ebola, la recherche sur l’hépatite E ou sur la drépanocytose.

IL NOUS FAUT MIEUX COMPRENDRE L’ENVIRONNEMENT PARFOIS TRÈS VOLATILE DANS LESQUELS NOUS OPÉRONS

De plus, de nombreuses initiatives sont aujourd’hui prises sur le continent. En 2017 à Dakar, et virtuellement en 2020, des chercheurs et professionnels d’une cinquantaine de pays ont échangé sur les modèles de soins et les pratiques innovantes lors des Journées pédiatriques. Très récemment, nous nous sommes aussi associés à la Société sénégalaise de pédiatrie (Soseped) à l’hôpital de Fann et au Centre d’excellence africain pour la santé de la mère et de l’enfant de l’Université Cheikh-Anta-Diop (Ucad) de Dakar pour renforcer la formation médicale et réduire la mortalité néonatale et pédiatrique.

Il est également primordial de mieux comprendre l’environnement et les contextes très volatiles dans lesquels nous opérons, comme au Sahel, où apporter l’aide humanitaire implique des menaces constantes, telles que des attaques, des arrestations ou des enlèvements. Les patients en sont d’ailleurs les premières victimes.

Plus de parité

En quelques années, notre hub de Dakar est devenu le troisième recruteur de Médecins sans frontières (MSF) après Paris et Bruxelles. En 2021, 119 professionnels, résidents sénégalais ou candidats de la région ont ainsi rejoint nos rangs, intégrant davantage de positions de coordination.

Pour mieux nous déployer dans certaines zones moins accessibles, notamment au Sahel, nous avons dû recourir à la pratique du « profilage », qui prend en compte des critères tels que la nationalité, le genre, la langue, etc. Mais ce système soulève des préoccupations et des questions éthiques et ne diminue pas l’exposition aux risques. Nous l’avons vu tout récemment au Mali, en Centrafrique ou dans les régions Nord-Ouest et Sud-Ouest du Cameroun, où des collègues travaillant dans leur propre pays ont fait l’objet d’attaques.

Un autre défi majeur à relever est l’équité entre les sexes, dans une région où de grandes inégalités subsistent en matière d’accès à l’éducation et aux opportunités professionnelles. Les hommes représentent 80 % de nos effectifs sur le terrain et sont majoritairement présents dans les postes de direction. Il est urgent que nous fassions des progrès sur cette question.

L’ANCIEN MODÈLE NE PRENAIT PAS SUFFISAMMENT EN COMPTE LES EXPÉRIENCES DES COMMUNAUTÉS LOCALES

Relation de confiance

Sur des aspects plus médico-opérationnels, nous avons beaucoup à partager avec les communautés locales sur les approches de soins. Dans plusieurs zones contrôlées par des groupes armés, nous essayons de développer une relation de confiance avec elles pour aider les personnes dans le besoin. Grâce à ces échanges constants, nous espérons être plus réactifs et faire en sorte que nos valeurs et notre façon de travailler soient mieux comprises. Mais nous devons parfois faire des choix difficiles et partir lorsque la sécurité de nos équipes n’est pas assurée ou lorsque notre neutralité n’est pas garantie.

Afin de rendre les soins plus accessibles aux populations isolées, nous avons travaillé à la mise en place de soins en dehors des établissements de santé, en faisant appel à des bénévoles et des familles. Ceux-ci jouent un rôle important dans la détection précoce de cas tels que le paludisme, la malnutrition, la pneumonie et la diarrhée des enfants de moins de cinq ans. Dans les zones nomades du Sahel, ils nous aident à suivre les routes de transhumance, ce qui nous permet d’intervenir au bon endroit et au bon moment. Cependant, nous devons impliquer les communautés de manière équilibrée et équitable, sans faire peser sur eux des responsabilités qui ne sont pas les leurs.

Nous avons vu les limites de l’ancien modèle d’aide humanitaire médicale, qui ne prenait pas suffisamment en compte les opinions et expériences des communautés ni de nos équipes du terrain. Nous devons mieux comprendre les dynamiques de pouvoir, mieux écouter nos patients et mieux expliquer ce que nous faisons. Un parent doit pouvoir comprendre l’acte médical pratiqué sur son enfant et apporter sa contribution lorsque cela est possible.

Il reste beaucoup à faire pour être à la hauteur de nos ambitions vers la décentralisation des soins et l’amélioration de notre approche centrée sur l’humain. Mais nous avançons un peu plus chaque jour dans cette direction. Et la somme de nos expériences deviendra une véritable force.

Avec Jeune Afrique par  Abdoul-Aziz Mohammed

Responsable exécutif du bureau régional MSF International à Dakar

Madagascar-Ministre Soafilira Princia : La petite protégée d’Andry Rajoelina

août 23, 2021

Très préoccupé, Andry Rajoelina, à Tamatave, a pris la défense de sa nouvelle ministre de la population Soafilira Princia, fraîchement nommée au niveau du ministère de la population, de la protection sociale et de la promotion de la femme, la ministre Soafilira Princia ayant été lynchée par la presse locale.

En effet, Soafilira a fait le tour des réseaux sociaux après sa nomination en raison de nombreuses vidéos que chacun considérait à caractère pornographique. Pour le chef de l’Etat,  défendant les « intérêts » de Soafilira, diverses argumentations ont été avancées. C’est le cas en particulier de sa compétence en tant que « personne de terrain » qui fait de Soafilira la personne compétente pour occuper le poste de  ministre de la population. Mais  pour l’opinion publique, les antécédents de la ministre Soafilira Princia laissent à désirer.

Pour cause, Soafilira était parmi les figurants dans les clips de l’artiste du « Kilalaky » Tsiliva. Ses images dénudées ont fait le tour de la toile quelques minutes après sa nomination en tant que membre du gouvernement. Certes, il n’y a rien de mal à être figurante dans des clips.

Cependant, les questions se posent sur ses véritables compétences pour occuper le poste de ministre de la population. Lors de la présentation des nouveaux ministres suivant le troisième remaniement du gouvernement  Ntsay Christian du nouveau mandat d’Andry Rajoelina, très peu sinon aucun parcours académique n’a été présenté au sujet de Soafilira. L’on sait qu’elle aurait occupé  des postes comme chef d’entreprise sans que cela ait été précisé.

Outre le fait que Soafilira était déjà membre de nombreuses associations,  elle est également sortante d’un institut de formation universitaire en ligne, le CNTEMAD (Centre National Télé-enseignement de Madagascar). Sans autres précisions sur le véritable parcours et les diplômes obtenus par Sofilira, les Malagasy attendent impatiemment ses véritables compétences.

Andry Rajoelina attend des résultats de ses nouveaux ministres. Ces derniers dont la ministre Soafilira, doivent donc faire preuve de diligence et de volonté pour ne pas décevoir le chef de l’Etat et les Malgaches. Si l’on s’en tient aux discours d’Andry Rajoelina à Toamasina, Soafilira serait tout simplement une innocente face aux agissements de Brice Andrianasolo, le ministre des mines au lourd passé qui a démissionné.

  Avec La Gazette de la Grande Ile par Ranaivo

RDC: La population fuit la ville Goma à cause du volcan Nyiragongo

mai 26, 2021

Avec TV5Monde

RDC – Éruption du Nyiragongo : les secousses sismiques à Goma inquiètent la population

mai 24, 2021
Des personnes se rassemblent sur une coulée de lave froide suite à l’éruption nocturne du Mont Nyiragongo à Goma, en RDC, le 23 mai 2021.

L’éruption volcanique dans la ville de Goma et ses environs, survenue samedi soir, a déjà fait au moins 15 morts, selon un bilan provisoire.

La ville de Goma, au pied du volcan Nyiragongo entré en éruption samedi dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), était toujours secouée lundi matin par de nombreuses et fortes secousses telluriques, suscitant la peur des populations locales. « Ça se multiplie et ça vient à tout moment », a déclaré à l’AFP un habitant, jugeant cela « très inquiétant ».

Déjà très nombreux dimanche, ces séismes se sont poursuivis toute la nuit et lundi matin, sur un rythme soutenu, parfois avec une forte intensité. Dans la ville de Goma, la population, en partie de retour après avoir fui en masse l’éruption samedi soir du Nyiragongo, était très angoissée de ces secousses, sortant parfois des immeubles à étages et des maisons à chaque séisme.

L’éruption a déjà fait au moins 15 morts, selon le bilan provisoire avancé par le les autorités congolaises, dimanche soir. Au total, 17 villages ont été touchés, la principale route de la région, reliant Goma au Nord de la province, et une ligne à haute tension ont été coupées, selon le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, qui déploré « beaucoup de pertes de biens et de marchandises ».

« Les sinistrés ont tout perdu »

Après avoir fui par milliers l’éruption dans la nuit, « la majorité des gens sont rentrés ou sont en train de rentrer chez eux », a raconté un habitant. « Mais il reste les sinistrés qui n’ont plus de maisons. Ils ont tout perdu, ils restent là, par familles, coincés devant les boutiques le long des routes, ils sont très nombreux, des centaines de personnes… », selon ce témoin.

À la tombée de la nuit, samedi, ils étaient des centaines à s’apprêter à passer la nuit dans la rue, sur des matelas emportés dans leur fuite, regroupés par endroits par famille, village ou affinités. Apparemment sans avoir reçu d’aide humanitaire. Le gouvernement provincial a également décidé de suspendre les cours jusqu’à nouvel ordre.

Après deux réunions d’urgence du gouvernement, qui « suit avec attention la situation », Patrick Muyaya a promis une « action plus énergique ». « L’urgence pour le moment est d’apporter l’assistance aux populations déplacées », a-t-il affirmé à la presse dimanche soir, annonçant au passage le retour à Kinshasa du président Félix Tshisekedi, qui a interrompu une tournée européenne.

Habitations englouties

Samedi soir, le volcan Nyiragongo, dont les sombres pentes majestueuses dominent Goma et le lac Kivu, est entré soudainement en éruption, provoquant la peur et la fuite des populations. Deux coulées de lave se sont échappées de ses flancs, dont une est arrivée jusqu’à la lisière de Goma, où elle s’est immobilisée dimanche.

De nombreuses habitations ont été englouties par cette langue de lave rocheuse et noirâtre s’étendant sur des centaines de mètres.

Par Jeune Afrique avec AFP

France/Covid-19 : Paris pourrait vacciner «30 à 40%» de la population «dès janvier»

novembre 20, 2020

La mairie de Paris se tient prêt à vacciner 30 à 40% de la population parisienne contre le Covid-19 à partir de janvier, en ciblant «les plus de 65 ans et les plus fragiles», a annoncé vendredi 20 novembre l’adjointe à la Santé Anne Souyris.

Le scénario étudié par la mairie de Paris est celui d’une «vaccination de 30 à 40% de la population», celle qui est considérée comme prioritaire, dès «début janvier» voire même en décembre si un vaccin est disponible. Suivra «une deuxième phase de vaccination» pour le reste des plus de deux millions de Parisiens, qui «se ferait en médecine de ville», a ajouté Anne Souyris lors d’une visioconférence avec la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, les maires d’arrondissement et le professeur Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, à laquelle l’AFP a pu participer. Pour mener cette campagne, cinq sites de la Ville seront réquisitionnés, a précisé Anne Souyris sans les détailler.

Une troisième vague en mars ?

Cette «campagne de vaccination, beaucoup plus rapide» que d’autres scenarii envisagés dans un premier temps par l’Hôtel de Ville et la préfecture de police, permettrait au public prioritaire d’être vacciné sur «convocation de la CPAM», a-t-elle indiqué. «Les personnels soignants seront également prioritaires mais ne seraient pas pris en charge dans les centres dédiés», a ajouté l’élue écologiste. Anne Hidalgo, qui doit présenter la semaine prochaine sa stratégie sanitaire, a évoqué ce scénario jeudi matin lors d’une rencontre avec le premier ministre Jean Castex.

Lors de la réunion vendredi, le professeur Jean-François Delfraissy a insisté sur l’impératif de «continuer les mesures de santé publique pour limiter la circulation du virus». «On va se retrouver début janvier, pas avant, autour de 5000 contaminations par jour» après «cette phase un peu complexe du deuxième confinement et probablement d’un couvre-feu», a-t-il ajouté. «Si on refait la même chose que nous avons fait au cours de l’été, il y aura une troisième vague au mois de mars», a-t-il averti, ajoutant qu’il fallait «optimiser la stratégie tester-tracer-isoler et repenser les questions de l’isolement» pour «mieux faire que ce que nous avons fait jusque maintenant».

Par Le Figaro avec AFP

Venezuela : Guaido appelle la population à accentuer sa pression sur l’armée

mai 3, 2019

 

L’opposant vénézuélien Juan Guaido a exhorté vendredi la population à marcher samedi «de manière pacifique» vers les bases militaires du pays pour demander à l’armée de lâcher le président socialiste Nicolas Maduro, trois jours après une tentative ratée de soulèvement.

«Nous savons que nous devons continuer à protester (…) nous devons continuer de manière pacifique et citoyenne, sans tomber dans le piège» du gouvernement, a déclaré Juan Guaido lors d’une conférence de presse. «Tout notre combat se déroule et va continuer à se dérouler dans le cadre de la Constitution», a fait valoir le député de centre droit de 35 ans, reconnu comme président par intérim du Venezuela par plus d’une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis. «On est unis et plus forts que jamais», a ajouté le président de l’Assemblée, seule institution vénézuélienne contrôlée par l’opposition. Ces déclaration interviennent dans un contexte de vive tension au Venezuela.

Le chef de l’Etat Nicolas Maduro a lancé une chasse aux «traîtres» dès mardi soir, lorsqu’il a affirmé avoir déjoué l’«escarmouche putschiste» entreprise par un groupe de militaires entrés en rébellion pour rejoindre Juan Guaido.

La tentative de soulèvement de mardi s’est dégonflée au cours de la journée. Quelque 25 militaires rebelles ont demandé l’asile à l’ambassade du Brésil à Caracas. Puis Leopoldo Lopez, une des figures de l’opposition qui était assigné à résidence depuis 2017 et était apparu aux côtés de Juan Guaido et des soldats insurgés, s’est réfugié dans l’ambassade d’Espagne. La tentative de soulèvement a été accompagnée dans tout le Venezuela mardi et mercredi de manifestations monstre des partisans de Juan Guaido, émaillées de violents heurts entre des manifestants et les forces de l’ordre.

Ces affrontements ont fait quatre morts parmi les manifestants, selon l’opposition et les familles. Selon Amnesty International, les troubles ont par ailleurs fait quelque 200 blessés et 205 personnes ont été arrêtées.

Le mécontentement populaire est alimenté par les conséquences de la pire crise de l’histoire récente du pays. L’hyperinflation pourrait atteindre 10.000.000%, selon le FMI, les coupures de courant se multiplient et les hôpitaux ne peuvent plus soigner les malades, faute de médicaments et d’équipement.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Afghanistan: 100 morts parmi les défenseurs de Ghazni, la population souffre

août 13, 2018

Des cercueils posés dans une mosquée à l’intérieur d’un hôpital, photographiés le 12 août 2018 dans la province de Ghazni, où des combats ont eu lieu avec les talibans / © AFP / Mohammad Anwar Danishyar

Les combats pour le contrôle de la ville de Ghazni (est) ont fait en quatre jours au moins 100 morts au sein des forces de sécurité, près du double chez les talibans, et l’ONU s’inquiète de risques humanitaires pour la population.

Dans le principal hôpital de la ville, les médicaments se raréfient à mesure que les blessés arrivent. Les cadavres s’amoncellent dans cet établissement « débordé », selon la Croix-Rouge.

« Environ 100 membres des forces de sécurité ont perdu la vie, ainsi que de 20 à 30 civils », a déclaré lundi le ministre de la Défense Tariq Shah Bahrami au cours d’un point de presse. Quelque 194 talibans ont été tués et 147 blessés, a-t-il ajouté.

Le gouvernement afghan affirme garder le contrôle des principaux bâtiments publics de Ghazni, située à environ deux heures de route de Kaboul. Mais des habitants décrivent des talibans déambulant dans les rues.

Neuf raids aériens ont été effectués au cours de la seule journée de lundi, coûtant la vie à environ 95 talibans, a affirmé le ministre Bahrami.

« L’opération de nettoyage de la ville a commencé dans quatre directions », a-t-il poursuivi, promettant « des changements considérables dans les prochaines 24 heures ».

La présidence avait auparavant annoncé l’envoi de renforts « aussi vite que possible » à Ghazni, prise d’assaut jeudi soir.

Les réseaux téléphoniques sont pour la plupart coupés, rendant les informations difficiles à vérifier.

Des habitants de la province de Ghazni à la recherche de proches dans un hôpital après les combats avec les talibans dans l’est de l’Afghanistan, le 12 août 2018 / © AFP / Mohammad Anwar Danishyar

Dimanche soir, les talibans faisaient du porte-à-porte, exigeant de l’eau, du thé ou encore des brouettes pour transporter leurs blessés, a constaté un correspondant de l’AFP dans la ville.

Leur porte-parole Zabiullah Mudjahid a qualifié de « sans fondement » les annonces des autorités afghanes. « Des discussions sont en cours pour la reddition » des forces afghanes, a-t-il affirmé sur Twitter.

D’autres habitants ont raconté à l’AFP dimanche soir que l’électricité restait coupée et la nourriture rare. Des cadavres de rebelles et de soldats étaient visibles dans les rues, tandis que les bâtiment publics étaient incendiés par les talibans.

– « Fuir » –

« Tout le monde cherchait un moyen de fuir la ville. La plupart des gens se cachent encore dans leurs caves, les combats se poursuivant d’une rue à l’autre », a déclaré une journaliste de Ghazni, Fayeza Fayez, arrivée dimanche soir à Kaboul.

Les Nations unies ont exprimé leur inquiétude quant à la détérioration des conditions de vie, appelant les deux parties à respecter les droits des civils pris dans les combats.

« Les médicaments dans le principal hôpital se raréfient et les gens ne peuvent y amener en sécurité des victimes pour qu’elles s’y fassent soigner », a fait savoir l’Ocha, le bureau de l’ONU chargé de la coordination des actions humanitaires.

Des membres des forces de sécurité afghanes et des miliciens sur une route de la province de Ghazni, où des combats se sont déroulés avec les talibans, le 12 août 2018. / © AFP / Mohammad Anwar Danishyar

« Nous avons un manque de personnel soignant », a déploré Mohammad Arif Omari, un médecin de cet hôpital, ajoutant que 166 blessés, dont des femmes et des enfants, avaient été soignés depuis le début des combats dans son établissement, « presque tous blessés par des balles ou par des éclats ».

De nombreux corps gisaient, parfois dans des cercueils en bois, parfois à même le sol.

La Croix-Rouge a fait parvenir près de 200 litres d’essence pour le générateur de l’hôpital ainsi que des médicaments pour 100 personnes, selon sa porte-parole Andrea Catta Preta.

Les talibans ont lancé l’assaut sur Ghazni à un moment où la pression s’accentue pour qu’ils négocient avec le gouvernement afghan afin de trouver une issue à une guerre vieille de près de 17 ans.

Ghazni se trouve sur l’axe majeur Kaboul-Kandahar, qui relie la capitale aux provinces du Sud, en grande partie sous le contrôle des talibans. Lundi, des rumeurs faisait état d’un blocage de cette route par les talibans, ce que l’AFP n’a pu vérifier.

Un des porte-parole du contingent américain en Afghanistan a de son côté apporté un démenti, affirmant que les forces afghanes « occupent les points de contrôle clés pour maintenir la sécurité ».

« La ville de Ghazni reste sous le contrôle du gouvernement afghan et les forces talibanes disparates qui demeurent dans la ville ne créent pas une menace d’effondrement », a-t-il ajouté.

Des médias locaux faisaient par ailleurs état de la disparition d’une centaine de membres des forces spéciales afghanes qui se rendaient à Ghazni. Un cadre du ministère de la Défense, sous le couvert de l’anonymat, a infirmé ces informations.

Romandie.com avec(©AFP / (13 août 2018 17h06)

Au Zimbabwe, les électeurs se sont mobilisés pour les premières élections post-Mugabe

juillet 30, 2018

Début du dépouillement des voix à Mbare, une banlieue de Harare, le 30 juillet 2018 / © AFP / Luis TATO

Les Zimbabwéens se sont déplacés en nombre et dans le calme lundi lors des premières élections générales depuis la chute du président Robert Mugabe en novembre après trente-sept ans de pouvoir, des scrutins historiques organisés dans un climat de suspicion de fraude.

Un total de 23 candidats – un record – étaient en lice pour la présidentielle, organisée en même temps que les législatives et les municipales.

La course pour la fonction suprême se joue entre l’actuel chef de l’Etat Emmerson Mnangagwa, patron de la Zanu-PF, le parti au pouvoir depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1980, et l’opposant Nelson Chamisa, leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC).

M. Mnangagwa, qui a succédé en novembre à son ancien mentor, M. Mugabe, à la suite d’un coup de force de l’armée et de son parti, cherche à obtenir par les urnes la légitimé du pouvoir.

Les bureaux de vote ont fermé, comme prévu, lundi à 19H00 (17H00 GMT) et le dépouillement a débuté, parfois à la lumière de bougies ou de lampes à gaz. Les résultats sont attendus d’ici le 4 août.

Des électeurs font la queue devant un bureau de vote à Harare, le 30 juillet 2018 / © AFP / Luis TATO

Pour ces élections historiques, « il y a eu une forte participation, en particulier des jeunes », a déclaré à l’AFP le chef des observateurs de l’Union européenne (UE), Elmar Brok, qui n’a pas signalé, en fin de journée, de cas de violence, alors que les scrutins de l’ère Mugabe avaient été régulièrement entachés de fraudes et violences.

Dès l’aube lundi, de longues files d’attente se sont formées devant de nombreux bureaux de vote à Harare, où l’affluence n’a pas faibli dans la journée.

« J’espère un nouveau Zimbabwe », qui « offre des opportunités égales pour tous », a expliqué Lalita Mtetwa, une diplômée de 30 ans au chômage. « On a des millions de personnes éduquées sans emploi et vivant dans la pauvreté, seuls les riches sont dans une meilleure position », a-t-elle fulminé.

« J’ai voté pour Mnangagwa », a dit pour sa part Robina Mayobongwe, 80 ans, à bord d’une charrette tirée par un âne. « On ne peut pas faire confiance aux jeunots », a-t-elle estimé.

Dans une banlieue d’Harare, le 27 juillet 2018, un jeune homme attend devant une affiche représentant le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa, patron de la Zanu-PF, le parti au pouvoir / © AFP / Luis TATO

– ‘Tentatives de censure’ –

M. Mnangagwa, 75 ans, est un habitué des arcanes du pouvoir. Ancien ministre de M. Mugabe, il a aussi été son vice-président jusqu’à son limogeage en novembre, qui a précipité l’intervention de l’armée et le départ humiliant du camarade « Bob ».

Pendant la campagne électorale, le président Mnangagwa a cependant affirmé avoir tiré un trait sur son passé de cacique du régime Mugabe, et promis de rétablir la démocratie et de remettre sur les rails une économie aux abois.

Lundi, il s’est félicité que « la campagne ait été pacifique, tout comme le vote ». Un élément clé pour qu’il se démarque de son prédécesseur et obtienne la confiance de la communauté internationale et des investisseurs, dont le pays a cruellement besoin.

Le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa vote dans une école primaire, le 30 juillet 2018 / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

Preuve de sa volonté de changement, il avait invité, pour la première fois en seize ans, des observateurs occidentaux à surveiller le vote.

L’UE a noté lundi « des défauts » pendant les opérations électorales, notamment « la totale désorganisation » du vote dans deux quartiers pauvres d’Harare, alors que « tout s’est bien passé dans des quartiers plus favorisés ».

« Il convient maintenant de vérifier s’il s’agit d’une tendance » ou de cas isolés, a ajouté M. Brok.

M. Chamisa a lui dénoncé des « tentatives délibérées de censurer » les votes en zone urbaine, fief traditionnel du MDC.

L’ancien président Robert Mugabe, suivi de sa fille Bona et de sa femme Grace, vote lors des élections générales au Zimbabwe, le 30 juillet 2018, à Harare. / © AFP / Zinyange AUNTONY

Mais il s’est déclaré confiant sur l’issue du vote. « Je n’ai aucun doute que d’ici la fin de la journée, nous devrions avoir une voix catégorique pour le changement », a lancé le quadragénaire.

– Mugabe a voté –

M. Mnangagwa est donné favori de la présidentielle, mais l’écart entre les deux hommes s’est récemment réduit dans les sondages. Le premier est crédité de 40% des suffrages, contre 37% pour le second, selon un sondage publié il y a dix jours par le groupe Afrobarometer.

Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue lundi, un second tour sera organisé le 8 septembre.

Forte participation au Zimbabwe pour les élections / © AFP / Maryke Vermaak, Farid Addala

L’ancien président Mugabe a voté sous les flashs des photographes dans une école d’Harare, où se pressait une foule d’admirateurs, de curieux et détracteurs.

Il s’est refusé à tout commentaire. Mais la veille, il avait, lors d’une conférence de presse surprise, appelé les électeurs à faire chuter son ancien parti, la Zanu-PF.

« J’espère que le vote de demain (lundi) va faire tomber la forme militaire de gouvernement » actuel, avait-il lancé. « Je ne peux pas voter pour ceux qui m’ont mal traité », avait-il poursuivi, avant de sous-entendre qu’il donnerait sa voix à M. Chamisa, dont il a toujours combattu la formation.

Tout au long de la campagne, le président Mnangagwa a promis l’apogée d’une « nouvelle démocratie » et des milliards de dollars d’investissement pour remettre sur pied une économie ruinée par les réformes catastrophiques de son prédécesseur.

Le pays manque cruellement de liquidités, obligeant la population à faire la queue des heures devant les banques pour obtenir quelques dizaines de dollars en liquide, tandis qu’une écrasante majorité de la population est au chômage.

Romandie.com avec(©AFP / 30 juillet 2018 22h54)

Centrafrique: à Bangassou, la population replonge dans la terreur

mai 29, 2017

Un hôpital de Médecins sans frontières à Bangassou, le 26 mai 2017 / © AFP / SABER JENDOUBI

Cible d’une des attaques les plus meurtrières en Centrafrique ces derniers mois, Bangassou, dans l’est du pays, a replongé dans la terreur des tueries menées par des bandes armées malgré la présence de Casques bleus.

Les assaillants « nous lançaient des mains et des pieds découpés », se remémore Djamil, réfugié dans un camp proche de la cathédrale, en évoquant l’attaque lancée le 13 mai par des centaines d’assaillants contre le quartier musulman de Bangassou, ville d’environ 35.000 habitants à majorité chrétienne, sur la rivière Mbomou, frontière avec la République démocratique du Congo.

Un bilan provisoire de la Croix-Rouge centrafricaine et du Bureau des Affaires humanitaires des Nations unies en Centrafrique (Ocha) a fait état de 108 morts et de 76 blessés.

Selon la force de l’ONU (Minusca, 12.500 hommes), les coupables sont des miliciens anti-balaka, se revendiquant défenseurs des chrétiens face aux ex-rebelles séléka, majoritairement musulmans.

Plusieurs centaines de personnes avaient trouvé refuge dans la mosquée après l’assaut. « La Minusca nous a dit de nous réfugier dans la mosquée, et c’est ce qu’on a fait… Puis les Casques bleus nous ont abandonnés »,accuse Djamil.

« Devant le nombre d’assaillants, les Casques bleus ont dû reculer », se souvient une source proche de la Minusca.

– Machettes et fusils –

« Dès le départ des Casques bleus, une vague d’anti-balaka a accouru vers la mosquée en hurlant, brandissant machettes et fusils artisanaux », a raconté l’AFP l’évêque de Bangassou, Mgr Juan José Aguirre: « J’ai tenté le dialogue, mais ils ont fini par tirer sur un ami qui voulait me protéger ».

« Ils ont vu l’imam sortir. Ils lui ont tiré dessus », continue l’évêque. « Il est tombé à genoux, blessé à mort. Quand je suis revenu, je l’ai trouvé comme ça, puis l’ai porté pour l’allonger dignement. Les anti-balaka m’ont hurlé dessus pour que je n’y touche pas ».

« Ils étaient drogués, alcoolisés, incontrôlables », se souvient un humanitaire.

Terrorisés par cette nouvelle flambée de violences, les habitants de Bangassou se terrent ou fuient. Seules quelques boutiques du marché central sont désormais ouvertes et les rues sont désertes.

Selon Ocha, le nombre de déplacés de Bangassou s’élève à près de 15.000 depuis le 13 mai et les attaques sporadiques continuent.

Dimanche encore, « des éléments armés présumés anti-balaka, ont interdit aux humanitaires de mener une mission dans la localité. Par ailleurs, des éléments armés ont enlevé une femme et cinq enfants avant de les tuer en brousse », a indiqué lundi la force de l’ONU (Minusca).

– Enterrée vivante –

Mercredi, ces mêmes anti-balaka avaient « enlevé deux femmes soignées à l’hôpital. Une des femmes a été abattue sur place tandis que l’autre a été enterrée vivante », selon la Minusca.

Face à cette spirale de violences, les humanitaires redoutent désormais de nouveaux « assauts de grande ampleur » dans la ville, a indiqué l’un d’entre eux à l’AFP sous couvert d’anonymat.

Les affrontements entre séléka et anti-balaka ont dégénéré en tueries intercommunautaires de masse en 2013, plongeant la Centrafrique dans le chaos.

L’intervention militaire française Sangaris, puis le déploiement de Casques bleus ont réduit le niveau des exactions, mais des bandes armées sévissent toujours dans plusieurs régions du pays.

« Cette chasse aux musulmans, les pillages de leurs boutiques, de leurs maisons, c’est une vengeance contre la séléka », selon l’évêque: « Dans la tête des gens, les musulmans de Bangassou sont alliés à l’ex-séléka ».

L’identité du groupe d’anti-balaka auteur de l’assaut reste floue. « Les gens qui nous ont massacrés sont des inconnus », assure Ali, un commerçant déplacé.

« Ils viennent de Bakouma, Niakari, Kitika et d’autres localités de la Mbomou », préfecture de l’est du pays, précise Mgr Aguirre, sans doute attirés par les richesses minières et forestières de la région de Bangassou.

Le contrôle de ces ressources (diamant, or, bois,…) provoque régulièrement des affrontements meurtriers entre bandes rivales dont les civils sont les premières victimes.

« Ces jeunes sont désoeuvrés (…) Je les ai rencontrés dès le mois de février, car c’est mon diocèse, pour leur demander de ne pas s’en prendre aux écoles, notamment », ajoute le prélat.

Au sein de l’évêché se trouve un autre camp de déplacés constitué, lui, de chrétiens. Entre les deux, un no man’s land, où sont assoupis quelques Casques bleus « épuisés », selon la Minusca, qui rappelle que six Casques bleus sont morts dans la région de Bangassou début mai.

Romandie.com avec(©AFP / 29 mai 2017 12h36)                

Grèce: 70.000 habitants de Thessalonique évacués pour neutraliser une bombe de la 2e Guerre mondiale

février 12, 2017

Thessalonique (Grèce) – L’armée grecque poursuivait dimanche sans incident une opération inédite dans le pays pour neutraliser une bombe de la 2e Guerre mondiale découverte dans une banlieue de Thessalonique (nord) d’où quelques 70.000 habitants ont été évacués.

« La première phase, de désamorçage de la bombe a été menée à bien, le transport de l’engin commence », comme prévu vers un champ de tir proche, a annoncé le préfet de région, Apostolos Tzitzikotas à la mi-journée, moins d’une heure après l’entrée en action des démineurs.

Il a précisé que l’ordre d’évacuation des quelque 70.000 résidents restait en vigueur jusqu’à la fin de toute l’opération, prévue en début de soirée.

Contenant quelque 250 kg d’explosif, la bombe avait été découverte la semaine dernière près d’une station service dans la proche banlieue populaire de Thessalonique, la grande métropole du nord de la Grèce.

Sa neutralisation est une opération inédite en Grèce, « où jamais une bombe d’une telle puissance n’a été retrouvée dans une zone aussi densément peuplée », avait relevé samedi M. Tzitzikostas.

Délimités par un cordon déployé par la police dans un rayon de 1,9 km autour de la bombe, les quartiers concernés offraient une image de ville morte, a constaté l’AFP.

Mais selon un commerçant de la zone, Stelios Orphanos, des habitants pourraient être restés cloîtrés chez eux: « beaucoup ont peur des voleurs », en dépit du déploiement d’un millier de policiers pour sécuriser la zone, a-t-il affirmé à l’AFP avant de quitter les lieux.

« Il n’y a pas de quoi avoir peur, si la bombe devait exploser elle l’aurait déjà fait », lançait une octogénaire, en montant dans l’un des cars affrétés par les autorités.

La plupart de ces véhicules sont restés vides, comme les locaux affectés à l’accueil des évacués, nombre de résidents s’étant éloignés par leurs propres moyens.

Quelque 400 réfugiés hébergés dans un camp proche du site ont également été évacués dans la matinée. Nombre d’entre eux en ont profité pour participer à une visite du musée archéologique de la ville, organisée à leur demande par le ministère à la Politique migratoire.

Selon des témoignages relayés par les médias grecs, la bombe aurait été larguée par l’aviation britannique en 1943, lors d’un bombardement censé viser la gare et le port proches de la ville et qui aurait tué des centaines de Saloniciens.

L’armée ne confirme pas cette thèse, affirmant ne pas disposer d’éléments sur l’origine de l’engin.

Le lancement du désamorçage, prévu à 08H00 GMT, avait été un peu retardé le temps que la police retire une caméra placée au dessus du site par un média grec en violation des consignes, selon la vice-préfète de la région, Voula Patoulidou.

Romandie.com avec(©AFP / 12 février 2017 12h42)