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Inde: les défis de l’explosion de la population urbaine à venir

novembre 8, 2022
Inde: les defis de l'explosion de la population urbaine a venir
Inde: les défis de l’explosion de la population urbaine à venir© AFP/Archives/Pawan SHARMA

L’Inde, pays de 1,4 milliard d’habitants, devrait connaître, ces prochaines décennies, une explosion de sa population urbaine avec des mégapoles déjà surpeuplées et en manque d’infrastructures essentielles, où les conditions de vie risquent de se détériorer encore davantage en raison du changement climatique.

La population de Bombay, l’une des plus grandes villes de l’Inde, a augmenté de 8 millions d’habitants ces trente dernières années, soit l’équivalent de New York. La mégapole abrite aujourd’hui 20 millions d’habitants et devrait en compter sept millions de plus d’ici 2035.

À l’instar d’autres mégapoles indiennes, le parc de logements, les réseaux routiers et les transports, la gestion de l’approvisionnement en eau et celle des déchets ne se sont pas suffisamment développés pour répondre aux véritables besoins.

Ainsi, 40 % environ de la population vit dans des bidonvilles. Surpeuplées, constituées de baraquements de fortune, ces zones de misère sont pour la plupart dépourvues d’eau courante, d’électricité et de sanitaires, dont jouissent les quartiers les plus riches de l’Inde qui, par endroit, les jouxtent.

Les banlieusards passent plusieurs heures dans les transports pour se rendre au travail à Bombay. Accrochés aux portes des trains bondés, à bord de bus pleins à craquer, de voitures ou à moto pour les plus aisés, la circulation est une épreuve de tous les instants sur de mauvaises routes embouteillées.

« Une fourmilière »

Mohammed Sartaj Khan, originaire d’un village de l’Etat de l’Uttar Pradesh (nord), est arrivé à l’âge de 16 ou 17 ans à Bombay et s’est installé dans le plus grand bidonville, Dharavi, filmé dans « Slumdog Millionaire », où s’entassent un million d’habitants.

« En arrivant ici, les gens m’ont fait l’effet de fourmis (…) comme dans une fourmilière, personne ne se soucie des autres », fait-il remarquer.

Il se souvient d’une « enfance merveilleuse passée au village » où « règne une atmosphère paisible, tout le contraire du chaos d’ici ».

Et d’ajouter : »la population n’a pas d’argent ».

Agé de 35 ans aujourd’hui, il vit toujours à Dharavi et travaille dans une tannerie.

A ses débuts, il gagnait 6.000 roupies (70 euros) par mois, mais aujourd’hui, devenu technicien, son salaire est quatre fois plus élevé. Il en destine l’essentiel à sa femme et à ses enfants qui vivent au village, regrettant d’y retourner si rarement, faute de moyens.

Eaux usées non traitées

La population mondiale atteindra huit milliards d’habitants ce mois-ci. L’ONU prévoit que celle de l’Inde s’élèvera à 1,7 milliard à partir des années 2060, avant de diminuer à 1,5 milliard en 2100.

Le nombre de citadins augmentera de 270 millions d’ici 2040, mais plus de la moitié des Indiens vivront encore en zone rurale, selon l’Agence internationale de l’énergie.

Le développement urbain entraînera une augmentation de la production d’électricité, des matériaux de sidérurgie et de construction, provoquant en conséquence davantage d’émissions de carbone.

Selon un rapport du gouvernement indien datant de 2021, environ 70 % des milliards de litres d’eaux usées produites chaque jour dans les villes ne sont pas traités.

Bangalore, qui connaît certains des pires embouteillages de l’Inde, a subi en septembre de graves inondations, imputées au développement d’immeubles du pôle technologique, sans plan d’urbanisme.

De nombreuses villes sont victimes d’inondations, y compris Madras qui a également été frappée de sécheresse à l’été 2019. Ce genre de crise est imputé à l’insuffisance des pluies et à l’expansion urbaine sur des zones humides de l’écosystème.

« Lorsque la croissance n’est pas planifiée, de nombreuses villes connaissent des inondations », déclare à l’AFP le professeur Sayeed Unisa de l’Institut international des sciences de la population à Bombay.

Planification urgente

Des millions de citadins indiens ne bénéficient pas de l’eau courante et dépendent de livraisons par camion ou par train.

Partout, y compris à Delhi, la population fore des puits, de plus en plus profonds, à mesure que le niveau des nappes phréatiques baisse.

Selon les scientifiques, il est probable que le réchauffement climatique rende les cyclones plus intenses et plus fréquents, les moussons plus irrégulières et puissantes, et provoque davantage d’épisodes de sécheresse.

Bombay et Calcutta sont particulièrement exposées, et menacées aussi par la montée du niveau de la mer.

Les étés indiens sont de plus en plus torrides, notamment dans les zones urbaines bétonnées qui retiennent la chaleur. Cette année, l’Inde a connu le mois de mars le plus chaud.

La surpopulation urbaine fait davantage courir le risque de voir se propager à grande échelle les virus comme le Covid.

Selon Poonam Muttreja, de la Fondation indienne pour la population, il faudrait que l’Inde investisse dans l’économie rurale pour endiguer l’exode vers les villes et encourage la population à opter pour des centres urbains plus petits.

« Les pauvres, en particulier les migrants, dans les grandes villes, sont les plus vulnérables » aux catastrophes naturelles, rappelle M. Muttreja.

« L’Inde doit opérer un changement de paradigme. Et au lieu de se plaindre, nous devons commencer à agir. Il n’est pas encore trop tard pour lancer la planification »

Par Le Point avec AFP

RDC : la Monusco à nouveau visée par la colère de la population

novembre 2, 2022

Un convoi de la mission des Nations unies a été pris à partie par la foule ce 1er novembre alors que le M23 a lancé une nouvelle offensive mi-octobre.

Un véhicule des Nations unies détruit par la foule en colère, à Kanyaruchinya, sur le territoire de Nyiragongo, au nord de la ville de Goma, le 2 novembre 2022. © Aubin Mukoni / AFP

Deux Casques bleus ont été blessés ce mardi 1er novembre dans l’est de la RDC lorsqu’un convoi de la mission des Nations unies dans le pays (Monusco) a été pris à partie par une foule en colère, alors que la rébellion du M23 a déclenché une nouvelle offensive le 20 octobre, a-t-on appris de sources onusienne et locales.

Le convoi de la Monusco venait du nord de Goma et arrivait dans les faubourgs du chef-lieu de la province du Nord-Kivu. À la barrière de Kanyaruchinya, où sont arrivés ces derniers jours des milliers de déplacés ayant fui les récents combats entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les rebelles du M23, le convoi a été visé par des jets de pierres et au moins un véhicule a été incendié, a indiqué un responsable de la Monusco à Goma. « Deux Casques bleus ont été blessés au cours de l’altercation », a-t-il précisé. Selon des témoins, le convoi a pu poursuivre son chemin après des tirs de sommation.

Adolphe Shukuru, membre de la société civile, a précisé que le convoi s’était immobilisé quand « l’armée avait voulu fouiller les véhicules pour connaître leur contenu ». La foule a alors « commencé à s’attaquer aux Casques bleus », a-t-il ajouté.

Vive tension

Les soldats de l’ONU, présents en RDC depuis plus de vingt ans, sont régulièrement accusés par la population de l’Est d’inefficacité dans la lutte contre les groupes armés qui sévissent dans la zone depuis trois décennies. La tension est particulièrement vive dans la province du Nord-Kivu depuis la résurgence du M23 qui, après des semaines d’accalmie, est reparti à l’offensive le 20 octobre dans le territoire de Rutshuru, où il s’est emparé de villes situées sur un axe routier stratégique desservant Goma.

Les rebelles ont notamment atteint Rumangabo, siège d’une base de l’armée congolaise et du quartier général du parc national des Virunga. La base des FARDC s’était largement vidée à l’approche du M23 mais elle restait surveillée par un contingent de la Monusco.

« Nous avons opéré un retrait stratégique et tactique de Rumangabo, en concertation avec nos partenaires, pour mieux préparer ensemble les prochaines étapes », a tweeté la Monusco ce 1er novembre. La RDC accuse le Rwanda de soutenir le M23, ce que Kigali conteste systématiquement. Samedi 29 octobre, Kinshasa a décidé d’expulser l’ambassadeur du Rwanda en RDC.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Les immigrants représentent près du quart de la population canadienne

octobre 26, 2022
Des passants

D’ici vingt ans, le tiers de la population canadienne devrait être d’origine immigrante. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Les immigrants reçus et les résidents permanents représentaient 23,0 % de la population en 2021, soit la plus forte proportion observée dans l’histoire du pays, dit Statistique Canada.

Dans ces nouvelles données tirées du plus récent recensement, l’agence fédérale précise que le Canada est également le pays ayant la proportion la plus importante d’immigrants au sein du G7.

En 2021, le Canada a aussi dépassé son précédent pic de population immigrante, qui remontait à exactement un siècle, en 1921, avec 22,3 % d’immigrants.

Et toujours selon Statistique Canada, de 2016 à 2021, les immigrants ont représenté 80 % de la croissance de la population active, avec 1,3 million de nouveaux arrivants qui se sont établis ici de façon permanente. Cette augmentation est importante, souligne-t-on, pour notamment pourvoir les nombreux postes vacants d’un océan à l’autre.

Puisqu’à la fin de l’an dernier, le nombre d’emplois à pourvoir était 80 % plus élevé qu’avant la pandémie, et que la population active continue de vieillir, cette augmentation du nombre d’immigrants pourrait contribuer à la bonne marche de l’économie d’ici, souligne la note d’information publiée mercredi.

Presque tous les immigrants peuvent parler français ou anglais

Si plus des deux tiers des nouveaux arrivants n’ont ni le français ni l’anglais comme langue maternelle, presque la totalité d’entre eux (92,7 %) disent pouvoir tenir une conversation dans l’une ou l’autre des deux langues officielles.

De fait, parmi les immigrants qui disent avoir une langue non officielle comme langue maternelle, près des deux tiers parlent néanmoins régulièrement la langue de Molière ou celle de Shakespeare à la maison.

Dans ce domaine, c’est l’anglais qui est le plus souvent parlé, que ce soit seul ou avec une autre langue que le français, indique Statistique Canada.

Au Québec, le français était, l’an dernier, la seule langue officielle parlée par plus de la moitié (54,5 %) des immigrants, alors qu’environ 15 % des nouveaux arrivants parlaient plutôt français et anglais.

Le quart (25,5 %) des immigrants arrivés au Québec ne parlaient que l’anglais l’an dernier, précise la note d’information. Et seulement 5 % des nouveaux venus ne pouvaient s’exprimer dans aucune des deux langues officielles.

À l’extérieur du Québec, cependant, la langue de Shakespeare est la seule langue officielle parlée par environ 9 immigrants sur 10, alors que ceux qui ne parlaient que le français, comme langue officielle, ne représentaient que 2,1 % des nouveaux arrivants.

Au total, les immigrants récents ont mentionné parler un total de 450 langues. Parmi les langues non officielles les plus souvent parlées par les nouveaux venus, on compte l’arabe, le tagalog, le mandarin et le pendjabi.

Des immigrants économiques et largement originaires d’Asie

Statistique Canada indique également que plus de la moitié des immigrants récents vivant au pays ont été sélectionnés en vertu de la catégorie économique, soit près de 750 000 personnes, dont le tiers a été sélectionné dans le cadre du programme fédéral de travailleurs qualifiés, et un autre tiers selon les critères des provinces.

Au Québec, qui dispose de ses propres critères en matière d’immigration, 46,4 % des immigrants reçus l’an dernier avaient été admis en vertu d’un programme de travailleurs qualifiés.

Et toujours depuis 2016, un peu plus du tiers (36 %) des immigrants récents établis au pays sont arrivés en vertu d’un permis de travail, d’études ou en tant que demandeurs d’asile.

Quant à l’origine de ces nouveaux Canadiens, elle a changé avec les années. Si l’on compte de moins en moins d’immigrants européens, ceux qui proviennent du Moyen-Orient ou d’ailleurs en Asie sont toujours plus nombreux. En fait, 62 % des immigrants récents, de 2016 à 2021, étaient originaires de cette région du monde.

De façon encore plus spécifique, près d’un immigrant récent sur cinq (18,6 %) est né en Inde.

Quant aux immigrants européens, s’ils représentaient 61,6 % des nouveaux arrivants en 1971, cette proportion est tombée à 10,1 % en 2021.

Un avion transportant près de 230 réfugiés ukrainiens atterrit à l'aéroport de Regina, en Saskatchewan, le 4 juillet 2022.

Près d’un quart de million de réfugiés ont obtenu leur résidence permanente, entre 2016 et 2021. Photo : Radio-Canada/Archive

Un quart de million de réfugiés devenus résidents permanents

Le recensement tenu l’an dernier, près d’un quart de million (218 430) de nouveaux réfugiés ont été admis comme résidents permanents, entre 2016 et 2021, et se trouvaient toujours au pays au moment où Statistique Canada a pris son instantané de la population canadienne.

De ce nombre, on compte 61 000 réfugiés originaires de Syrie, qui ont fui la guerre civile qui déchire toujours ce pays du Moyen-Orient.

D’ailleurs, la provenance des réfugiés a changé avec les années, y compris, tristement, en raison de l’origine des conflits qui ensanglantent certaines régions du globe.

De 1980 à 1990, par exemple, la plupart des réfugiés provenaient du Vietnam, de la Pologne et du Salvador; lors de la décennie suivante, le Sri Lanka, la Bosnie-Herzégovine et l’Iran représentaient la plus grande part des réfugiés admis au Canada, indique l’agence fédérale.

De 2001 à 2010, les principaux pays d’origine des réfugiés étaient la Colombie, l’Afghanistan et l’Irak, ces deux derniers pays ayant été ravagés par des guerres.

En ce qui concerne les réfugiés syriens, le gouvernement fédéral s’était engagé, en 2015, à en recevoir plusieurs dizaines de milliers; 27 000 d’entre eux étaient déjà arrivés au pays au cours des cinq années précédentes, lors du recensement de 2016.

De 2016 à 2021, 60 795 réfugiés syriens supplémentaires ont été admis au pays et y vivent, ce qui représente un peu plus du quart (27,8 %) des nouveaux réfugiés au pays.

Parmi les autres pays d’origine des réfugiés, on compte l’Irak, l’Érythrée, l’Aghanistan et le Pakistan.

Enfin, près de 85 000 immigrants ayant présenté une demande d’asile ont obtenu leur résidence permanente, entre les années 2016 et 2021.

Des immigrants largement urbains

Les nouvelles données tirées du recensement indiquent par ailleurs que la quasi-totalité des immigrants récents vivaient dans l’une ou l’autre des 41 plus grandes villes du pays, soit des municipalités comptant plus de 100 000 habitants.

Et ce sont, sans surprise, les trois métropoles qui attirent le plus de nouveaux arrivants; Toronto (29,5 %), Montréal (12,2 %) et Vancouver (11,7 %) ont, à elles seules, accueilli plus de la moitié des immigrants (53,4 %).

Cette proportion est toutefois en baisse d’environ trois points de pourcentage depuis 2016, avec une diminution particulièrement marquée à Montréal.

Malgré ce recul, un peu plus de 92 % des immigrants vivaient dans de grandes villes, l’an dernier, comparativement à seulement les deux tiers des personnes nées au Canada.

Cette préférence pour les grands centres fait en sorte que les immigrants représentent une grande proportion de la population de ces villes; le taux flirte avec les 50 % dans la grande région de Toronto, tandis qu’il oscille autour du tiers à Calgary, et frôle le quart à Montréal et Winnipeg.

Qu’est-ce qui explique cette envie de s’installer en ville? Selon l’Enquête sociale canadienne de 2022, la plupart des nouveaux immigrants valorisent encore le fait d’avoir de la famille dans la région. Parallèlement, les perspectives d’emploi, d’affaires et d’éducation ainsi que le logement figuraient aussi parmi les principales raisons prises en considération par les immigrants pour choisir leur ville de résidence, indique Statistique Canada dans sa note d’information.

Avec Radio-Canada par Hugo Prévost

Canada: L’UQTR lance un appel à la population pour loger ses étudiants

août 10, 2022
L'Université du Québec à Trois-Rivières.

L’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) Photo : Radio-Canada/Josée Ducharme

Dans quelques semaines, les étudiants seront de retour à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et ceux qui n’ont pas encore de logement risquent de se retrouver le bec à l’eau. Depuis quelques jours, l’UQTR tente par tous les moyens de trouver des solutions pour leur venir en aide.

Appel aux employés, aux étudiants, à la population : Avez-vous une chambre disponible? Pourriez-vous accueillir un étudiant cette session?

C’est presque un cri du cœur qu’a lancé le conseiller en communication et en relations avec les médias de l’UQTR, Jean-François Hinse, au micro de l’émission En direct. Il faut trouver des solutions pour aider nos étudiants à trouver des logements pour la rentrée.

Cette rentrée est particulière. En effet, Trois-Rivières affiche son plus bas taux d’inoccupation des logements locatifs jamais vu : ce taux s’établit à moins de 1 %. Alors que de nombreuses familles ont eu de la difficulté à se reloger au printemps dernier, de nombreux étudiants risquent de devoir rentrer au bercail. Sur le campus, on a une capacité [suffisante pour] 989 locataires et on est déjà complets depuis plusieurs semaines, a expliqué Jean-François Hinse. Il a raconté que de nombreux étudiants de l’extérieur de la région, voire du pays, se contentent de faire tout d’abord leur demande d’admission. Une fois acceptés, ce n’est qu’en arrivant ici qu’ils complètent leur inscription et qu’ils partent ensuite à la recherche d’un endroit où se loger.

Adapter ses stratégies

Jusqu’à cette année, l’accès à des logements abordables était si grand qu’il faisait même partie des arguments pour convaincre les étudiants de choisir l’UQTR. Maintenant, l’institution doit revoir ses stratégies. Et ça commence par un message aux étudiants étrangers : Avant d’arriver au Québec, assurez-vous d’avoir déjà votre logement.

En parallèle, l’administration tente de stimuler l’offre. Le message d’aujourd’hui, c’est de dire ceci :  »Si vous avez de la place chez vous, vous ne l’avez peut-être jamais envisagé, mais avoir un étudiant à la maison, ça peut permettre une présence rassurante, ça peut être un échange culturel intéressant, ça peut faire de nouvelles amitiés, a fait valoir Jean-François Hinse. On doit même être originaux dans nos approches : dans des résidences pour personnes âgées, dans des résidences de religieux, dans des monastères, peut-être qu’il y a des appartements libres qui pourraient servir à des étudiants.

Pour l’instant, l’UQTR ne songe pas à construire pour agrandir son campus. Jean-François Hinse mentionne que si des personnes peuvent accueillir des étudiants, elles n’ont qu’à communiquer avec l’université à l’adresse accueil.ei@uqtr.ca.

Avec Radio-Canada par Josée Bourassa

Canada: La pénurie de main-d’œuvre est causée par le vieillissement de la population

juillet 25, 2022

Les baby-boomers quittent la population active en masse, laissant plus de postes vacants qu’il n’y a de gens pour les occuper, expliquent des économistes.

Un vieil homme s'appuie sur sa canne.

La démographie est à blâmer pour la pénurie de main-d’œuvre, selon des économistes. (Archives) Photo : Istock

Le Canada est en proie à une grave pénurie de main-d’œuvre, mais les économistes affirment que ce n’est pas la faute de la pandémie. Il s’agit plutôt de l’aboutissement inévitable d’un vaste changement démographique qui se prépare depuis des décennies, disent-ils.

[Cette situation] était prévisible il y a 60 ou 65 ans et nous n’avons rien fait pour y remédier, selon Armine Yalnizyan, économiste et membre sur l’avenir des travailleurs de la Fondation Atkinson. Nous savions que cette transition allait se produire.

Selon Statistique Canada, le ratio chômage/emplois vacants – une mesure clé qui sert à comparer le nombre de Canadiens à la recherche d’un emploi au nombre d’emplois disponibles – se situe actuellement à un niveau historiquement bas dans chaque province. En fait, ce ratio est nettement inférieur à ce qu’il était avant le début de la pandémie de COVID-19.

Il y a moins de travailleurs disponibles pour occuper les emplois disponibles. Selon les économistes, le baby-boom de l’après-guerre explique cette situation.

Pas assez de remplaçants

Les personnes âgées de 55 ans et plus quittent la main-d’œuvre canadienne, un exode qui, selon certains économistes, a été accéléré par la pandémie, car de nombreux travailleurs âgés ont opté pour une retraite anticipée. Et il n’y a tout simplement pas assez de jeunes travailleurs pour les remplacer.

En fait, la participation au marché du travail des personnes âgées de 25 à 54 ans approchait les 88 % en mai, soit une hausse de plus d’un point de pourcentage par rapport à février 2020, avant que la pandémie ne s’installe au Canada.

Les baby-boomers quittent [le marché du travail] et il n’y a pas assez de personnes qui entrent en scène, a déclaré Mme Yalnizyan. Nous avons en fait une part plus élevée que jamais de la population en âge de travailler qui travaille.

Cela contredit la théorie selon laquelle une sorte de grande démission parmi les Canadiens en âge de travailler, dont beaucoup ont profité des soutiens au revenu pandémiques, est à blâmer pour tous ces emplois vacants, selon Ian Lee, professeur associé à la Sprott School of Business de l’Université Carleton.

J’ai trouvé [cette hypothèse] très douteuse, car à moins d’être financièrement indépendant… La plupart d’entre nous doivent avoir un revenu pour vivre, a déclaré M. Lee. [Cette idée] n’a tout simplement aucun sens.

Mon premier soupçon en tant qu’économiste du travail est le suivant : est-ce que les gens ne font tout simplement plus partie de la population active? a déclaré Gordon Betcherman, professeur émérite à l’école de développement international et d’études mondiales de l’Université d’Ottawa. Ce n’est pas le cas. Elle est revenue aux niveaux que nous observions avant la pandemie.

Un marché d’employés

Selon les économistes, les données indiquent plutôt l’émergence d’un marché où les travailleurs jouissent d’un énorme pouvoir sur les employeurs.

Il est indéniable que l’équilibre entre les demandeurs d’emploi et les postes vacants a totalement changé, a déclaré M. Betcherman.

Selon Statistique Canada, cela a entraîné des pénuries de main-d’œuvre quasi sans précédent dans presque tous les secteurs d’emploi.

En particulier, le secteur de la construction et le secteur manufacturier ont du mal à recruter des travailleurs qualifiés. Même chose du côté des secteurs de l’hébergement et de la restauration, ce qui comprend les hôtels, les restaurants et les bars.

« Il n’y a tout simplement pas assez de personnes prêtes à occuper des emplois mal payés. »— Une citation de  Armine Yalnizyan, économiste et membre sur l’avenir des travailleurs de la Fondation Atkinson

Les travailleurs ont beaucoup plus de choix maintenant, a convenu M. Lee. Si vous avez plus de choix et que vous n’êtes pas obligé de travailler dans cet secteur d’activité, vous irez travailler dans un secteur où il y a de meilleurs parcours professionnels, où les salaires sont plus élevés et où les horaires sont plus previsibles.

Les salaires devraient augmenter

Cela pourrait forcer les employeurs de certains secteurs d’activité à augmenter les salaires, a déclaré M. Lee.

Je ne veux pas dire que la demande pour ces emplois va disparaître : ce n’est pas le cas, a-t-il déclaré. Mais je crois que nous allons assister à une inflation salariale assez substantielle dans ces secteurs au cours des prochaines années.

Selon Mme Yalnizyan, ce nouvel environnement concurrentiel signifie que les employeurs de certains secteurs devront augmenter les salaires s’ils espèrent conserver les travailleurs qualifiés.

Nous perdons des gens qui ont une formation d’éducateur de la petite enfance parce que nous ne les payons pas plus que les toiletteurs pour animaux. Pourquoi resteraient-ils s’ils peuvent obtenir un meilleur emploi dans un autre secteur?

C’est ce que confirment les données de Statistique Canada, qui montrent que le salaire d’acceptation – le taux horaire minimum auquel les demandeurs d’emploi sont prêts à accepter un poste – dépasse le salaire actuel offert dans presque tous les secteurs, alors que les travailleurs canadiens ont toujours été prêts à se contenter de moins.

Des employés dans un McDonald du Canada.

Le salaire d’acceptation dépasse le salaire actuel offert dans presque tous les domaines. Photo : Radio-Canada

Les économistes estiment qu’il existe d’autres conséquences possibles, notamment une automatisation accrue pour combler le vide laissé par la pénurie de main-d’œuvre.

Certains secteurs pourraient également faire appel à davantage de travailleurs étrangers temporaires pour combler les lacunes au bas de l’échelle du marché du travail, ce qui pourrait atténuer les gains réalisés par les travailleurs nationaux.

Selon Mme Yalnizyan, la hausse des salaires pourrait contribuer à effacer certaines des inégalités causées par un marché du travail qui, pendant des années, a bien payé certains travailleurs et mal payé les autres.

Si nous améliorons réellement les salaires et les conditions de travail, en particulier au bas de l’échelle, nous pourrions créer les conditions nécessaires à l’émergence d’une classe moyenne plus résistante, capable de se permettre d’acheter des biens. C’est ce qui nous échappe depuis un certain temps déjà, a-t-elle déclaré.

Le vieillissement de la population peut être notre ami, pas notre ennemi. Mais nous devons le traiter comme quelque chose de plus qu’une simple pénurie de main-d’œuvre pour les entreprises. Nous devons le traiter comme une occasion de faire de chaque emploi un bon emploi.

Radio-Canada par Radio-Canada avec les informations d’Alistair Steele, CBC

Des débris de fusées peuvent nous tomber sur la tête, dit une étude

juillet 19, 2022
Des déchets en orbite autour de la Terre.

Représentation par ordinateur des débris dans l’orbite terrestre, réalisée par l’Agence spatiale européenne. Photo : La Presse Canadienne

Dans la prochaine décennie, des débris de fusées en orbite ont environ 10 % de risque de tuer ou de blesser sérieusement au moins une personne en retombant sur Terre, d’après une nouvelle étude. Des chercheurs demandent à la communauté internationale de s’attaquer à ce problème avant qu’il n’ait des conséquences dramatiques.

Lorsqu’elles sont envoyées dans l’espace, les fusées se divisent en plusieurs étages et certains de ces morceaux sont redirigés de façon contrôlée sur Terre, explique Aaron Boley, le titulaire de la chaire de recherche du Canada en astronomie planétaire à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC).

D’autres restent toutefois en orbite et peuvent retomber dans l’atmosphère, ajoute le professeur au département de physique et d’astronomie de l’UBC et codirecteur de l’Outer Space Institute, un réseau d’experts sur le développement durable de l’espace.

On a été chanceux jusqu’à présent, personne n’a été blessé, affirme Aaron Boley, qui a participé à l’étude, publiée la semaine dernière dans la revue Nature Astronomy.

L’an dernier, le retour incontrôlé dans l’atmosphère d’un morceau de fusée chinoise a créé de vives spéculations, avant qu’il se désintègre au-dessus de l’océan Indien.

Des lumières dans le ciel au-dessus de Vancouver.

Aaron Mackee a filmé une vidéo des lumières tombant au-dessus de Vancouver. Photo : Aaron Mackee

Quelques semaines plus tôt, des restes de ces engins spatiaux se sont écrasés dans un champ de l’État de Washington. Des résidents d’un peu partout dans le sud de la Colombie-Britannique et de l’autre côté de la frontière ont pu apercevoir le faisceau lumineux causé par leur retour dans l’atmosphère.

La règle habituelle, c’est que le lancement d’une fusée et de ses composantes doit avoir moins d’une chance sur 10 000 de tuer ou de blesser quelqu’un. Mais c’est juste le risque d’une fusée individuelle, dit Aaron Boley.

« En tant qu’individu, c’est peu probable que vous soyez directement touché. Mais le risque qu’une famille le soit quelque part dans le monde est non négligeable.  »— Une citation de  Aaron Aaron Boley, coauteur de l’étude, titulaire de la chaire de recherche du Canada en astronomie planétaire à l’UBC

10 % de risque et pas 1 %

Pour évaluer les risques de ces retours imprévus pour la population, le groupe de chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique s’est basé sur les taux de réentrée d’objets en orbite de ces 30 dernières années et des données sur la population mondiale.

À partir de deux méthodes de calcul différentes, ils ont déterminé que ces retours incontrôlés sur Terre ont entre 6 % et 10 % de risque de causer au moins une blessure ou un décès dans la décennie. Ce qu’on doit garder en tête, c’est que c’est de l’ordre de 10 %, et pas de 1 % ou moins, souligne Aaron Boley.

Ces estimations sont pourtant prudentes, car les chercheurs ont utilisé un taux stable de retour de fusées dans l’atmosphère sur la prochaine décennie. Or, ce taux devrait augmenter à mesure que d’autres fusées sont envoyées, dit Aaron Boley.

L’étude ne tient pas non plus compte du fait que ces débris puissent heurter des avions lors de leur retour dans l’atmosphère, ce qui pourrait accroître les risques, d’après Aaron Boley.

La ligne équatoriale plus touchée

Le groupe de chercheurs appelle les autorités mondiales à prendre conscience de ce risque et à imposer le retour contrôlé des étages des fusées vers la Terre, malgré la hausse des coûts que cela engendrera.

D’après l’étude, certains pays du sud de l’hémisphère nord et du nord de l’hémisphère sud ont plus de risques d’être touchés par ces débris, en raison de leur population plus importante, de leur positionnement par rapport à l’équateur et de la distribution des satellites en orbite.

Des régions comme Jakarta, en Indonésie, Mexico, au Mexique, ou encore Bogotá, en Colombie, ont ainsi au moins trois fois plus de risques de voir atterrir des morceaux de fusées dans leurs régions que des villes qui se trouvent aux mêmes latitudes que Washington, aux États-Unis, Pékin, en Chine, ou Moscou, en Russie, peut-on lire dans le document.

En 2020, des débris de fusée ont atterri sur un village de Côte d’Ivoire, causant des dommages à certains bâtiments, souligne d’ailleurs l’étude.

La plupart de ces fusées sont envoyées par les pays développés. Ça devient aussi un enjeu Nord/Sud. C’est fascinant et très sérieux, affirme Ram Jakhu, professeur et chercheur en droit spatial à l’Université McGill, qui appelle lui aussi les autorités à prendre conscience de l’ampleur du problème.

Pollution astronomique

Ram Jakhu confirme que les États et les entreprises privées doivent être tenus responsables de ce qu’ils envoient dans l’espace, bien que le trafic d’objets en orbite a déjà atteint un point de bascule, selon lui.

Plus de 27 000 morceaux de débris spatiaux orbitent déjà autour de la Terre, selon des données de la NASA(Nouvelle fenêtre).

Même si on arrête d’envoyer des fusées dans l’espace, le problème des débris ne sera pas réglé. Ils vont continuer d’entrer en collision les uns avec les autres et créer d’autres débris. Certains de ces morceaux vont retomber sur terre, indique-t-il.

Un satellite est en orbite autour de la Terre.

Des satellites peuvent être endommagés par des débris spatiaux. Photo : Getty Images/Istockphoto/Tifoimages

Certains satellites essentiels à certains services ont déjà été endommagés après avoir été percutés par ces objets, dit-il. Ce n’est pas de la science-fiction.

Ram Jakhu soutient qu’il n’existe aucune règle internationale spécifique sur la gestion du trafic en orbite. Les réglementations nationales que certains pays ont mises en place ne sont, elles, pas attentivement respectées, selon lui.

Les gouvernements ne prennent pas la menace au sérieux, car le public n’est pas vraiment informé des risques, et les États se reposent trop sur les compagnies privées, reconnaît-il.

« Si ma voiture tombe en panne pendant que je la conduis, devrais-je la laisser au bord de la route? C’est ma responsabilité de ne pas la laisser là pour éviter qu’elle cause des problèmes aux autres. »— Une citation de  Ram Jakhu, professeur et chercheur en droit spatial à l’Université McGill

Le gouvernement doit me faire payer, m’en tenir responsable, ces règles sont impératives, affirme-t-il.

Nous ne voulons pas d’accident. S’il y a un accident, la réponse sera sans doute très rapide. Mais j’espère qu’on va s’en charger avant que cela se produise, renchérit Aaron Boley

Avec Radio-Canada par Chloé Dioré de Périgny

Le Défi pissenlits pour que les abeilles restent en vie

mai 21, 2022
Une affiche sur laquelle est écrit : je protège les pollinisateurs est plantée sur une pelouse garnie de pissenlits.

Photo : Radio-Canada/Jean-François Fortier

Pour une deuxième année consécutive, la population est invitée à laisser pousser les pissenlits et autres fleurs printanières sur les terrains pour aider les insectes pollinisateurs, mais tous ne se sentent pas interpellés de la même façon.

Le Défi pissenlits se veut une façon de protéger les abeilles, menacées d’extinction. L’objectif du défi, initié par l’entreprise Miel et co, est de retarder la première tonte de pelouse de quelques semaines pour laisser le temps aux autres fleurs, sources de pollen et de nectar, d’éclore.

« Il faut aider les abeilles et les insectes pollinisateurs parce qu’ils sont responsables du tiers du garde-manger mondial. Les fruits, les légumes, les noix, notamment, dépendent de la pollinisation des insectes. »— Une citation de  Christina Fortin-Ménard, copropriétaire de Miel et co.

La Ville de Trois-Rivières participe également au défi. La municipalité encourage les citoyens à laisser pousser leur pelouse quelques jours, voire quelques semaines pour fournir de la nourriture aux insectes.

À la Ville, on repousse la première tonte des talus et des terrains vacants. Habituellement on la fait au mois de mai, mais cette année on a décidé de la reporter au mois de juin , affirme le porte-parole de la Ville, Mikaël Morrissette.

« C’est important pour les abeilles. Elles meurent cette année. C’est important de faire un petit geste pour les prochaines générations et pour l’avenir. »— Une citation de  Mathieu Dutil, résident de Trois-Rivières

Bien que plusieurs citoyens souhaitent faire leur part en évitant de tondre leur pelouse, certains sont moins convaincus. Selon eux, les pissenlits constituent des mauvaises herbes dont il faut se débarrasser.Gros plan d'une abeille qui s'apprête à se poser sur une fleur.

Les pissenlits sont une source de nourritures pour les abeilles. Photo : Istock/Perboge

Quand les pissenlits ont poussé au début, je les ai laissés, mais quand ils sont devenus en mousse, je les ai enlevés , raconte Constant Bourassa.

C’est certain que pour la pollinisation ça serait mieux d’avoir des pissenlits, mais mon conjoint n’est pas vraiment pour ça , explique Hélène Fontaine.

Radio-Canada avec les informations d’Anne Merline Eugène

Canada: Les baby-boomers forment désormais moins du quart de la population

avril 27, 2022
Des gens marchent sur la rue.

Le poids démographique des millénariaux a connu la plus importante croissance au Canada entre 2016 et 2021. Photo : The Canadian Press/Graham Hughes

Après avoir constitué pendant des décennies l’un des groupes démographiques les plus importants et influents dans la population canadienne, les baby-boomers (56 à 75 ans) représentent aujourd’hui moins de 25 % de la population, alors que les millénariaux (25 à 40 ans) connaissent la plus forte croissance au pays, nous apprend le recensement de 2021.

Selon les travaux de Statistique Canada sur les données du dernier recensement, les baby-boomers qui représentaient 41,7 % de la population canadienne en 1966, ne représentent aujourd’hui que 24,9 % de la population soit l’équivalent de 9 212 640 individus tous nés entre 1946 et 1965.

Le poids démographique des baby-boomers a reculé de 3,1 % entre 2016 et 2021.

C’est la première fois depuis 56 ans que le poids démographique des baby-boomers passe sous le cap des 25 %, principalement en raison de la mortalité plus élevée liée à leur groupe d’âge, mais aussi parce qu’ils ont dépassé l’âge où les immigrants arrivent en grand nombre au pays.

L’immigration n’est donc plus un facteur important d’accroissement de cette génération, souligne Statistique Canada.

Un Canada qui vieillit

L’espérance de vie élevée et le faible taux de fécondité au Canada font en sorte que la population canadienne est de plus en plus vieille. De 2016 à 2021, la proportion de personnes de 65 ans et plus a augmenté de 18,3 % pour atteindre sept millions de personnes.

« Le nombre de personnes de 65 ans et plus a crû six fois plus vite que celui des enfants de 0 à 14 ans. »— Une citation de  Extrait de Le Quotidien, Statistique Canada

Même si le Canada accueille beaucoup d’immigrants, leur arrivée au pays ne suffit pas à inverser cette tendance lourde, montrent les plus récentes données démographiques.

On comptait en 2021 plus de 861 000 personnes âgées de 85 ans et plus au pays ont été dénombrées, soit deux fois plus que lors lors du recensement de 2001.

Globalement, c’est dans les provinces de l’ouest et les territoires que la population est la plus jeune au Canada alors que c’est en Atlantique qu’elle est la plus vieille. C’est d’ailleurs à Terre-Neuve-et-Labrador que la proportion de personnes de 65 ans et plus a progressé le plus rapidement (+4,2 points de pourcentage).

Au Québec, les 65 ans et plus représentent 20,6 % de la population, soit plus de 1 personne sur 5.

Croissance rapide des millénariaux

Alors que les baby-boomers cèdent lentement leur place aux plus jeunes générations, ce sont ceux qu’on appelle les millénariaux ou la génération Y qui voient leur poids démographique augmenter le plus rapidement aux pays.

Nés entre 1981 et 1996, les millénariaux ou les Y comme on les appelle aussi, ont connu une croissance de 8,6 % de leur groupe d’âge entre 2016 et 2021 comparativement à une augmentation de 5,2 % pour l’ensemble de lapopulation au cours de la même période.

C’est essentiellement à l’immigration que l’on doit cette croissance plus importante du poids démographique des millénariaux, explique Statistique Canada qui souligne que plus de la moitié des immigrants accueillis au pays entre 2016 et 2021 étaient des millénariaux, c’est-à-dire des personnes âgées de 25 à 40 ans. On recensait 7 926 575 millénariaux au Canada en 2021, soit 33,2 % de la population en âge de travailler.Sept jeunes ayant chacun en main une tablette ou un cellulaire.

La génération Z, appelée aussi zoomer. Photo : Istock

Très urbanisés, il représentaient en 2021 35,1 % de la population des centres-villes des grandes agglomérations urbaines au pays alors que les baby-boomers en représentaient 20,9 %.

La génération X, qui regroupe les personnes de 41 à 55 ans, qui comptait 7 069 355 individus lors du dernier recensement, a pour sa part crû de 2,3 % entre 2016 à 2021.

Le groupe des Z, âgés de 9 à 24 ans ont quant à eux augmenté de 6,4 % au cours de la même période. Il s’agit de la deuxième plus forte croissance démographique observée parmi toutes les générations, signale Statistique Canada.

La génération Alpha, âgée de 8 ans ou moins, comptait pour sa part 3 194 415 personnes en 2021. Elle est la seule génération qui bénéficie de la fécondité pour augmenter sa population, notent les statisticiens.

Chez les plus âgés, la génération grandiose (94 ans et plus) ainsi que la génération de l’entre-deux-guerres (76 à 93 ans), voient leur poids démographique diminuer graduellement au fil des ans en raison de leur avancée en âge, mais également parce que l’immigration ne constitue plus pour elles un facteur de croissance.

La génération grandiose qui  comptait 135 560 personnes en 2021 accuse un recul de 67,2 % de son poids démographique par rapport à 2016 tandis que la génération de l’entre-deux-guerres, avec 2 716 910 individus, a décru de 20,8 % au cours de la période.

Une société en plein changement

Ces transformations générationnelles auront certes un impact sur la société canadienne, estiment les chercheurs de Statistique Canada notamment chez les baby-boomers vieillissants qui redéfiniront le concept de la retraite et de la fin de vie par rapport aux autres générations.

Le fait qu’ils aient eu moins d’enfants que leurs parents, qu’ils restent plus longtemps sur le marché du travail et qu’ils vivront probablement plus vieux que leurs parents aura certainement un impact sur la capitalisation des fonds de retraite, la pénurie de main-d’oeuvre, les soins de santé et les services sociaux dont ils auront de plus en plus besoin au cours des prochaines années.Une femme aînée qui travaille dans un commerce.

Les baby-boomers se distinguent de leurs parents notamment en demeurant plus longtemps sur le marché du travail. Photo : Istock

Leur désir d’autonomie et leur nombre auront probablement aussi un impact notable sur le développement des soins à domicile. Les plus vieux d’entre eux auront 85 ans en 2031.

En revanche, les Z et les millénariaux, qui sont considérés comme étant plus scolarisés et diversifiés que les générations précédentes incarnent aujourd’hui le changement dans la population en âge de travailler.

« Encore jeunes, ces générations sont davantage exposées à la diversité ethnoculturelle, religieuse et de genre, et ont grandi dans un univers technologique et interconnecté qui a une incidence importante sur leurs valeurs et leur mode de vie. »— Une citation de  Extrait : Portrait générationnel de la population vieillissante du Canada selon le Recensement de 2021

Ces générations constituent désormais une part considérable de la population en âge de travailler, entraînant ainsi des transformations sur le marché du travail, souligne Statistique Canada dans son portrait générationnel.

Avec Radio-Canada par Stéphane Bordeleau

Congo-Mvouti : pourquoi les populations ont célébré le décès du ministre Coussoud Mavoungou, fils du coin ?

mars 15, 2022

Peu après la confirmation de la nouvelle du décès de l’ancien ministre Aimé Martin Coussoud Mavoungou en France, à Mvouti d’où il est originaire, on a assisté aux scènes de joie de ses habitants dans leur grande majorité. Ces populations reprochent à l’illustre disparu son mépris de ses origines, l’abandon de Mvouti et l’ignorance sur ses cadres et surtout les sacrifice humains de plusieurs ressortissants de Mvouti via les pratiques sataniques. La mort de Coussoud Mavoungou les soulage en quelque sorte.

C’est au Congo où on va assister aux célébrations de la mort de plusieurs autorités ayant eu en charge la gestion de l’État. Si un adage dit qu’il n’est jamais digne de se réjouir de la mort d’un être humain, à Mvouti dans le Mayombe, les populations ont appris avec joie et sentiment de satisfaction le décès de l’ancien ministre Aimé Martin Coussoud Mavoungou survenu en France suite à une longue maladie.

Dans la communauté des ressortissants de Mvouti, de nombreuses familles ont été endeuillées par le défunt ministre Coussoud Mavoungou qui aurait imposé comme préalables au recrutement des cadres de cette contrée l’acceptation de sacrifier des membres de leurs familles. Une haine contre Coussoud Mavoungou s’est vite développée parmi les Yombé de Mvouti.

Depuis l’annonce de son décès, des proches ou connaissances qui vont présenter les condoléances au domicile de son père au quartier Nkouikou de Pointe-Noire ne manquent pas de rappeler son engagement dans la franc-maçonnerie qui lui aurait rendu inhumain au point même de ne pas s’occuper de son propre père. « Si on vous dit qu’ici vit le père du ministre Coussoud Mavoungou, vous n’allez jamais croire ! » souligne un Yombé de Mvouti.

Pour s’être opposé à l’adhésion de son fils dans la Loge du Congo, le père du disparu ministre Coussoud Mavoungou a été négligé et continue de vivre modestement dans sa maison de Nkouikou qui ressemble à celle d’un simple fonctionnaire de l’État.

A Mvouti, les familles endeuillées à cause des pratiques maçonniques de Coussoud Mavoungou ne cessent de rappeler que nul n’est éternel sur cette terre aussi puissant soit-il.Qu’il a finit par rejoindre toutes les personnes qu’il a eues à sacrifier pour son maintien dans les affaires.

Aimé Martin Coussoud Mavoungou est décédé à Paris en France le 14 mars dernier suite à longue maladie.

Avec Lecongolais.fr

Canada: « On se tourne les pouces », déplorent des vaccinateurs du Québec

février 10, 2022

Au stade olympique et au Palais des congrès de Montréal, un vaccinateur ne sert plus que deux personnes à l’heure, en moyenne.

Des vaccinateurs du stade olympique discutent entre eux, en attendant des personnes à vacciner, mercredi.

Des vaccinateurs du stade olympique discutent entre eux en attendant des personnes à vacciner, mercredi. Photo: Radio-Canada/Thomas Gerbet

Des vaccinateurs regrettent que la population ne soit plus au rendez-vous alors qu’ils sont mobilisés du matin au soir, parfois payés en heures supplémentaires. Radio-Canada a pu constater, sur le terrain et grâce à des données inédites, à quel point la vaccination est en perte de vitesse. Le gouvernement reconnaît vivre un « moment charnière ».

Le vaste hall d’entrée de la clinique de vaccination du stade olympique est complètement vide, mercredi matin, à l’exception de trois agents de sécurité qui n’ont personne à diriger. On est loin des foules de l’an dernier qui débordaient jusqu’à l’extérieur. Même en janvier, des files d’attente étaient encore organisées.L'entrée de la clinique de vaccination du Stade olympique, dans la rotonde.

L’entrée de la clinique de vaccination du stade olympique, mercredi. Auparavant, des files d’attente étaient visibles à cet endroit. Photo: Radio-Canada/Thomas Gerbet

Il n’y a pas un chat, confirme un vaccinateur qui se trouve à l’intérieur, sans être autorisé à nous parler. Hier soir, j’ai vu environ six personnes en quatre heures.

« Nous sommes plein de professionnels, payés la majorité en temps supplémentaire, et la population n’est pas au rendez-vous. »— Une citation de  Un vaccinateur du stade olympique qui a demandé la confidentialité

Nous avons appris que 672 vaccins ont été administrés, lundi, au stade olympique, entre 8 h et 20 h 30. Mardi, le bilan était encore plus bas : 535. La clinique de vaccination géante a pourtant été prévue pour 3000 doses par jour, une capacité qui a été atteinte à plusieurs reprises en janvier.Dans les corridors de la clinique de vaccination du stade olympique, des travailleurs de la santé se reposent.

Dans les corridors de la clinique de vaccination du stade olympique, des travailleurs de la santé se reposent. Photo: Radio-Canada/Thomas Gerbet

Même désert vaccinal au Palais des congrès de Montréal, un autre grand espace de vaccination loué par le réseau de la santé, avec une capacité initiale de 3000 doses par jour.

Les vaccinateurs sont à leur table, ils attendent d’avoir des clients, mais il n’y en a pas, constate Diane Girard, venue chercher sa troisième dose en un temps record. Ça coûte cher, tout ça, commente-t-elle.Des vaccinateurs attendent à leur bureau des personnes à qui administrer des doses, au Palais des congrès.

Des vaccinateurs attendent à leur bureau des personnes à qui administrer des doses au Palais des congrès de Montréal, mercredi. Photo : Radio-Canada/Thomas Gerbet

De 8 h à 21 h, 16 évaluateurs et 16 vaccinateurs sont mobilisés, précise le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. En ce moment, on vaccine au Palais des congrès de Montréal 500 personnes par jour, soit deux ou trois personnes par injecteur, par heure, en moyenne.

La perte de vitesse de la vaccination se constate dans l’ensemble du Québec. Alors qu’on dépassait les 100 000 doses quotidiennes à la mi-janvier, on n’atteint plus que la moitié, et même maintenant le tiers, depuis début février(Nouvelle fenêtre).

Ce qui me choque, c’est que tout le personnel est là, témoigne un vaccinateur dans l’ouest de l’île de Montréal. C’est étrange qu’on reste avec la pleine capacité. On se tourne les pouces.

« Il me semble qu’il pourrait y avoir une planification; peut-être les envoyer ailleurs, dans les hôpitaux. »— Une citation de  François Ostiguy, qui vient de recevoir une troisième dose au Palais des congrès de Montréal

Les gens qui sont mobilisés dans les centres de vaccination sont majoritairement embauchés via la plateforme Je contribue, explique l’attachée de presse du ministre de la Santé, Marjaurie Côté-Boileau. La majorité sont d’anciens employés ou cadres du réseau. On fait tout pour que les infirmières soient dans les hôpitaux et les milieux de vie, ajoute-t-elle.

Au CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, le Syndicat des professionnelles en soins (FIQ) confirme que la plupart des infirmières qui faisaient du temps supplémentaire dans les cliniques de vaccination ont été renvoyées dans les hôpitaux depuis une ou deux semaines.

De nombreux Québécois attendent avant de recevoir la troisième dose

Le ralentissement de la vaccination n’est pas surprenant, selon Christian Merciari, porte-parole du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, dont le principal centre de vaccination est le stade olympique.

Le même scénario s’est produit lors de l’administration des premières et des deuxièmes doses, explique-t-il. Un engouement était d’abord constaté et, après quelques semaines, nous constations une diminution de la demande.

« Plusieurs personnes ont reporté leur rendez-vous après avoir fait la maladie. […] Considérant le taux de positivité sur notre territoire, ceci a un impact important sur l’achalandage de notre site. »— Une citation de  Christian Merciari, porte-parole du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal

La santé publique recommande d’attendre de 8 à 12 semaines pour aller chercher la troisième dose après avoir attrapé la COVID-19. Or, comme l’a révélé le Dr Luc Boileau mercredi, deux millions de Québécois ont contracté la maladie depuis décembre.

Une proportion de 52 % des Québécois en âge d’être vaccinés n’ont pas encore reçu la troisième injection, et le gouvernement du Québec veut attendre avant d’imposer ces trois doses sur le passeport vaccinal.

Québec a demandé de maintenir la capacité

Selon nos sources, c’est le ministère de la Santé qui a exigé aux établissements du réseau de maintenir la capacité de vaccination, malgré la diminution de l’achalandage. Par exemple, le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal doit pouvoir vacciner 3000 fois par jour en février, alors qu’il injecte trois fois moins de doses depuis le début du mois.

« Nous ne voulons certainement pas que la capacité de vaccination perde du rythme, alors que la demande pourrait remonter ou encore que les directives de santé publique pourraient évoluer à tout moment, comme nous l’avons vécu en décembre dernier. »— Une citation de  Marjaurie Côté-Boileau, attachée de presse du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé

Il est clair que nous sommes à un moment charnière de la vaccination, ajoute la porte-parole du ministre. Nous avons effectivement beaucoup plus d’offre que de demande à ce stade-ci. […] Nous allons continuer de nous ajuster.

Des vaccinateurs ont notamment été redéployés vers les écoles, alors que la vaccination des 5 à 11 ans tourne au ralenti. Dans cette tranche d’âge, 37 % des enfants n’ont pas reçu de première dose.

Au CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, qui fait travailler 78 évaluateurs et vaccinateurs par jour pour répondre aux exigences du ministère, on a décidé d’ouvrir des cliniques de vaccination de proximité, la semaine dernière, dans trois centres locaux de services communautaires (CLSC)(Nouvelle fenêtre).

À la fin janvier, le gouvernement a annoncé une stratégie pour atteindre les non-vaccinés sur le terrain.

Selon l’immunologiste André Veillette, chercheur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal, les autorités doivent faire plusieurs actions pour accélérer le rythme de la vaccination.

« Répéter et répéter l’importance de la troisième dose. Décider si ça s’applique aussi aux 12-17 ans. Raccourcir le délai de trois mois entre Omicron et le vaccin. Un mois? Et informer que trois doses seront bientôt nécessaires pour le passeport vaccinal. »— Une citation de  Le Dr André Veillette, immunologiste

Selon les données du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, une personne non vaccinée a 6 fois plus de risques de se retrouver à l’hôpital après avoir contracté la COVID-19 et 10 fois plus de risques de finir aux soins intensifs.

Avec Radio-Canada par Thomas Gerbet