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Deux Américains d’origine haïtienne arrêtés relativement à l’assassinat du président

juillet 9, 2021

PORT-AU-PRINCE, Haïti — Deux hommes que l’on croit être des Américains d’origine haïtienne – dont l’un serait un ancien garde du corps à l’ambassade du Canada à Port-au-Prince – ont été arrêtés relativement à l’assassinat du président haïtien, ont annoncé jeudi des responsables haïtiens.

© Fournis par La Presse Canadienne

James Solages et Joseph Vincent font partie des 17 suspects détenus en lien avec l’assassinat du président Jovenel Moïse par des hommes armés à son domicile mercredi avant l’aube. Quinze d’entre eux sont originaires de Colombie, selon Léon Charles, chef de la Police nationale d’Haïti. Il a ajouté que trois autres suspects ont été tués par la police et huit autres sont en fuite. Léon Charles avait dit plus tôt que sept avaient été tués.

«Nous allons les traduire en justice», a-t-il déclaré alors que les 17 suspects étaient menottés au sol lors d’une conférence de presse jeudi soir.

Le suspect le plus âgé a 55 ans et le plus jeune, James Solages, a 35 ans, selon un document relayé par Mathias Pierre, ministre délégué chargé des élections.

Il n’a pas voulu donner plus de détails sur les antécédents de James Solages, ou le nom du deuxième Américain d’origine haïtienne. Le département d’État américain a déclaré qu’il était au courant d’informations selon lesquelles des Américains d’origine haïtienne étaient en détention, mais qu’il ne pouvait ni confirmer ni commenter.

James Solages s’est décrit comme un «agent diplomatique certifié», un défenseur des enfants et un politicien en herbe sur un site web pour un organisme de bienfaisance qu’il a créé en 2019 dans le sud de la Floride pour aider les résidents.

Sur sa page biographique pour l’organisme de bienfaisance, il a affirmé qu’il travaillait auparavant comme garde du corps à l’ambassade du Canada en Haïti. L’ambassade du Canada n’a pas immédiatement commenté; les appels à la fondation et aux associés de James Solages n’ont pas abouti ou n’ont pas obtenu de réponse.

Des témoins ont affirmé que deux suspects ont été découverts jeudi cachés dans des buissons à Port-au-Prince par une foule, dont certains ont attrapé les hommes par leurs chemises et pantalons en les poussant.

La police a arrêté les hommes, qui transpiraient abondamment et portaient des vêtements qui semblaient maculés de boue, selon un journaliste de l’Associated Press. Les agents les ont placés à l’arrière d’une camionnette et sont partis alors que la foule les poursuivait jusqu’au poste de police voisin.

Un homme a été entendu disant qu’il était inacceptable pour des étrangers de venir en Haïti pour tuer le dirigeant du pays, faisant référence aux informations relayées par des responsables haïtiens selon lesquelles les auteurs du meurtre parlaient espagnol ou anglais.

La foule a ensuite mis le feu à plusieurs voitures abandonnées criblées d’impacts de balles qui, selon certains, appartenaient aux suspects. Les voitures n’avaient pas de plaques d’immatriculation et à l’intérieur de l’une d’elles se trouvait une boîte vide de munitions et de l’eau.

Lors d’une conférence de presse jeudi, M. Charles, le chef de la police, a exhorté les gens à rester calmes et à laisser la police faire son travail en avertissant que les autorités avaient besoin de preuves qu’ils détruisaient, y compris les voitures incendiées.

Les responsables n’ont pas évoqué le motif du meurtre, affirmant seulement que l’attaque, condamnée par les principaux partis d’opposition d’Haïti et la communauté internationale, avait été perpétrée par un groupe fortement entraîné et lourdement armé.

Tout le monde n’endossait pas la description de l’attaque faite par le gouvernement. Lorsque le journaliste haïtien Robenson Geffrard, qui écrit pour un journal local et anime une émission de radio, a relayé sur Twitter un reportage sur les propos du chef de la police, il a suscité un flot de réponses exprimant son scepticisme. Beaucoup se sont demandé comment les assaillants sophistiqués décrits par la police pouvaient déjouer la sécurité du domicile de Jovenel Moïse, puis s’en échapper indemnes, pour être ensuite attrapés sans avoir su planifier leur fuite.

Pendant ce temps, un juge haïtien impliqué dans l’enquête a déclaré que le président Moïse avait été atteint d’une douzaine de balles et que son bureau et sa chambre avaient été saccagés, selon le journal haïtien «Le Nouvelliste». Le média a cité le juge Carl Henry Destin disant que les enquêteurs avaient trouvé des cartouches de 5,56 et 7,62 mm entre la guérite et à l’intérieur de la maison.

Par Evens Sanon, Dánica Coto et Joshua Goodman, The Associated Press