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Yémen: les forces anti-rebelles lancent l’offensive sur un port stratégique

juin 13, 2018

Un soldat des forces pro-gouvernementales yéménites, le 7 juin 2018 près de la ville d’Aj Jah, dans la province de Hodeida (ouest) / © AFP/Archives / NABIL HASSAN

Des forces progouvernementales, appuyées par les Emiratis et les Saoudiens, ont lancé mercredi leur offensive sur le port stratégique de Hodeida (ouest), avec l’objectif d’en chasser les rebelles Houthis et de modifier le rapport de force dans le conflit qui ravage le Yémen.

Dans un pays à la population exsangue, une quinzaine d’ONG internationales ont exprimé leur vive inquiétude face à cet assaut sur une cité de 600.000 habitants. Dans une lettre, elles ont exhorté le président français Emmanuel Macron à faire pression sur Ryad et Abou Dhabi, et jugé « inconcevable » de maintenir la conférence humanitaire sur le Yémen prévue fin juin à Paris.

Au terme d’un ultimatum ayant expiré mardi soir, l’offensive a débuté mercredi à 13H15 (10H15 GMT), après avoir reçu le « feu vert » de la coalition, ont indiqué à la mi-journée à l’AFP des responsables des forces pro-gouvernementales ayant requis l’anonymat.

Les troupes progressent en direction de l’aéroport, situé au sud de Hodeida, d’après les mêmes sources, qui sont présentes sur le terrain à Al-Jah, à 30 km environ au sud-est de la ville.

Dix-huit raids aériens ont été menés contre des positions des Houthis au cours des heures précédentes pour préparer l’offensive, ont-elles ajouté.

La chaîne Al-Massirah, contrôlée par les rebelles, avait rapporté des raids aériens en matinée « sur des fermes » en périphérie de Hodeida.

Selon des sources médicales, 22 combattants rebelles et trois soldats des forces progouvernementales ont été tués ces dernières 24 heures.

– « Sécurité maritime » –

A l’aube, l’agence officielle émiratie WAM avait rapporté une accélération des préparatifs « en vue de libérer Hodeida ».

D’importants contingents des forces anti-rebelles « ont atteint la périphérie de la ville » et des systèmes d’armes sophistiqués sont acheminés, avait ajouté WAM, citant une source militaire.

Le grand port de Hodeida, sur la mer Rouge, constitue un enjeu stratégique d’une guerre qui dure depuis plus de trois ans: il est le point d’entrée d’une bonne partie des importations et de l’aide humanitaire internationale destinée à la population yéménite.

Avant le lancement de l’offensive, mardi soir, le gouvernement yéménite avait affirmé que « tous les moyens pacifiques et politiques pour écarter les miliciens Houthis du port » avaient « été épuisés ».

« La libération de Hodeida est vitale à la lumière de la menace croissante que les miliciens Houthis, soutenus par l’Iran, font peser sur la sécurité maritime en mer Rouge, par où passent environ 15% du commerce international », a argué sur twitter l’ambassadeur saoudien à Washington, Khaled ben Salmane, un des fils du roi.

– « Hodeida en otage » –

Le contrôle des territoires au Yémen au 12 juin / © AFP / Valentina Breschi

Les Emirats arabes unis, qui apportent un soutien essentiel au sol à des forces yéménites hétéroclites, avaient donné jusqu’à mardi soir à l’ONU pour trouver une solution et contraindre les Houthis à abandonner le contrôle de Hodeida sans combattre.

Alors que cet ultimatum expirait, Anwar Gargash, ministre d’Etat émirati aux Affaires étrangères, a publié une série de tweets tard mardi soir affirmant que les Houthis ne pouvaient plus « tenir Hodeida en otage pour financer leur guerre » et « détourner » l’aide humanitaire internationale.

« La libération de la ville et du port créera une nouvelle réalité et amènera les Houthis aux négociations », a-t-il assuré en promettant que « les Emirats arabes unis et la coalition continueront à accélérer le flot d’aide humanitaire ».

Mardi soir, l’homme fort des Emirats, Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, a reçu à Abou Dhabi le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, alors que les relations entre les autorités émiraties et M. Hadi, qui vit en exil à Ryad, s’étaient détériorées ces derniers mois.

Plus tôt, le président français Emmanuel Macron avait appelé les « parties prenantes » dans le conflit au Yémen à la « retenue » et à la « protection des populations civiles », lors d’un échange téléphonique avec Mohammed ben Zayed.

Cet entretien s’est déroulé notamment « dans la perspective de l’organisation à Paris fin juin d’une conférence humanitaire » sur le Yémen, a ajouté l’Elysée.

A la lumière des derniers évènements à Hodeida, une coalition de 14 ONG a pour sa part demandé l’annulation de cette conférence co-présidée par Ryad.

Henrietta Fore, directrice générale de l’Unicef, s’est déclarée « profondément inquiète » et a appelé à la protection des quelque 300.000 enfants qui vivent à Hodeida et dans les environs.

L’ONU a retiré son personnel international de Hodeida lundi et, mardi, la représentante de l’Unicef, Meritxell Relano, a indiqué que son agence avait « prépositionné » dans la ville plus de 20.000 trousses d’hygiène.

Les forces anti-rebelles n’ont remporté aucune victoire militaire majeure depuis la reprise de cinq provinces du sud et de la ville d’Aden mi-2015 grâce à l’intervention de la coalition commandée par l’Arabie saoudite.

Les rebelles Houthis, originaires du nord du pays, contrôlent par ailleurs toujours la capitale Sanaa.

Depuis 2015, la guerre au Yémen a fait près de 10.000 morts, plus de 55.000 blessés et provoqué « la pire crise humanitaire du monde », selon l’ONU.

Romandie.com avec(©AFP / 13 juin 2018 13h33)

Port de Conakry: quand l’affaire Bolloré rebondit en Guinée

avril 29, 2018

 

Alpha Condé (Guinée), président de la République à Paris, le 30 juin 2012. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

La mise en examen de Vincent Bolloré a relancé la controverse autour de la concession du terminal à conteneurs du port de Conakry. Tandis que l’opposition en fait son miel, l’entourage du président Alpha Condé conteste le scénario privilégié par les juges d’instruction français.

Après plusieurs années de procédures, d’Abidjan à Paris, on pensait l’affaire éteinte. Mais la mise en examen de Vincent Bolloré par les juges français Serge Tournaire et Aude Buresi, au terme de 48 heures de garde à vue, a remis au cœur de l’actualité guinéenne le dossier controversé du terminal à conteneurs du port de Conakry.

À peine l’information connue, Cellou Dalein Diallo, le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, opposition), s’en emparait : « Beaucoup de personnes émettaient des doutes sur les conditions de l’octroi du terminal à conteneurs de Conakry […]. Mais M. Alpha Condé avait assumé en disant que [Vincent Bolloré est] son ami, et qu’il préférait ses amis. Et malheureusement, c’est la même pratique qui continue depuis qu’il est au pouvoir, avec l’octroi des grands marchés à des amis. Il n’y a jamais d’appels d’offres ! », déclarait-il à RFI le 25 avril.

Déjà, l’opposition guinéenne réclame la mise sur pieds d’une commission d’enquête parlementaire. Du côté gouvernemental, on s’abstient, pour l’heure, de commenter l’affaire publiquement. « Nous collaborerons avec la justice française », se limite à expliquer Cheikh Sakho, le ministre de la Justice, contacté par Jeune Afrique.

Saga judiciaire

Sensible, l’affaire remonte à mars 2011, trois mois à peine après la première élection d’Alpha Condé. Les employés de la société Getma, la filiale du groupe Necotrans (aujourd’hui en liquidation judiciaire) qui avait obtenu trois ans plus tôt la concession du terminal à conteneurs du port de Conakry, sont délogés par l’armée suite à un décret présidentiel. Dans la foulée, les autorités guinéennes accordent la concession du terminal tant convoité à Bolloré, arrivé en deuxième position lors de l’appel d’offres lancé en 2008.

S’ensuivra une saga judiciaire de plusieurs années entre Necotrans, l’État guinéen et le groupe Bolloré qui donnera lieu à des décisions successives de la Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA) de l’Ohada, du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi, l’instance arbitrale de la Banque mondiale) mais aussi de la justice française.

À l’arrivée, une victoire en demie teinte pour Necotrans, qui voit partiellement reconnu le caractère « irrégulier » de son éviction mais pas le préjudice financier qu’invoquent ses avocats.

Un bilan mitigé, qui incite Cheikh Sakho à considérer que la victoire est guinéenne. « Nous avons eu gain de cause devant la CCJA [théoriquement seule compétente en matière arbitrale]. Même s’il s’agissait d’une question de forme, il faut savoir qu’en droit, la forme tient le fond. »

Reste que dans sa décision de première instance, la Cour d’Abidjan avait donné gain de cause, sur le fond, à Nécotrans. Le Cirdi et la justice française aussi.

A Conakry , le terminal à conteneurs est géré depuis 2011 par Bolloré Africa Logistics. © Vincent Fournier/JA

En revanche, la plainte introduite par le groupe Necotrans en 2013, dans laquelle celui-ci accusait notamment Vincent Bolloré d’avoir « financé la campagne électorale d’Alpha Condé » via l’agence de communication Euro RSCG, avait été classée sans suite par le Parquet.

Par la suite, le concurrent du groupe Bolloré ira de Charybde en Scylla. En novembre 2016, il préfère jeter l’éponge et mettre un terme à ses revendications judiciaires pour fumer le calumet de la paix avec le rival qui l’a supplanté à Conakry.

Quelques mois plus tard, Necotrans périclite et se retrouve placé en liquidation judiciaire. Une partie de ses actifs seront rachetés – à vil prix, selon certains observateurs – par Bolloré.

Rétif aux communicants

Alors qu’on pensait en avoir atteint l’épilogue, le contentieux vient donc de ressurgir à l’improviste avec la mise en examen de Vincent Bolloré et de deux de ses collaborateurs, Gilles Alix et Jean-Philippe Dorent.

Les magistrats parisiens, si l’on en croit les fuites publiées par le quotidien parisien Le Monde, disposeraient d’un lot de précieux documents dénichés lors d’une perquisition dans les locaux du groupe. Aude Buresi et Serge Tournaire soupçonnent que des prestations fournies au candidat Alpha Condé par Havas Worldwide (ex-Euro RSCG) – une filiale à 60 % de Bolloré – auraient pu être rétribuées en retour, une fois celui-ci élu président, par le sacrifice de Necotrans au profit de Bolloré.

Côté guinéen, si Alpha Condé ne s’est pas encore exprimé officiellement, son entourage n’est pas avare de confidences. Au palais de Sékoutouréya, on se montre catégorique : « Il n’y a jamais eu de contrat de communication entre Havas et Alpha Condé pour la campagne de 2010, ni d’ailleurs pour celle de 2015. Ce dernier avait sa propre équipe de campagne, et il s’est toujours montré rétif aux grandes agences de communication. »

Des documents démontreraient pourtant, dans les comptes du groupe Bolloré, des factures problématiques entre filiales. En l’occurrence, des prestations sous-facturées dont Alpha Condé aurait bénéficié pour sa campagne de 2010.

« Vincent Bolloré, qui connaissait Alpha Condé depuis l’époque où ce dernier travaillait pour Sucden, dans les années 1980, a effectivement voulu placer Jean-Philippe Dorent [responsable du pôle international de Havas] à ses côtés pour la campagne de 2010, explique une source à la présidence. Mais Dorent n’a séjourné à Conakry que pendant 48 heures, pour une session de media training du candidat qui a vite tourné court », affirme-t-on à la présidence guinéenne.

Ce livre d’entretiens a bien été pris en charge par Bolloré, à titre amical

Quant à la facilitation par Dorent d’un livre d’entretiens entre Alpha Condé et le journaliste Jean Bothorel, Un Africain engagé (Editions Jean Picollec), la présidence la confirme : « Ce livre a bien été pris en charge par Bolloré, à titre amical. » Mais selon notre source, « ces deux  »prestations » n’ont eu aucun effet sur la campagne ni sur l’élection d’Alpha Condé ». A Conakry, on affirme d’ailleurs avoir chargé l’avocat sénégalais Boucounta Diallo de préparer une plainte en dénonciation calomnieuse, à la demande d’Alpha Condé.

Selon l’entourage présidentiel, le remplacement de Getma par Bolloré ne doit rien à une quelconque faveur. Le groupe Necotrans, dirigé par Richard Talbot, disposait alors de deux « lobbyistes » de poids, très introduits à Conakry : Pierre-André Wiltzer, ancien ministre français de la Coopération et ex-conseiller de la présidence du groupe, par ailleurs ami d’Alpha Condé depuis leurs études en France ; et l’ex-président burkinabè Blaise Compaoré, lui aussi proche de son homologue guinéen.

À l’origine de la rupture, affirme-t-on à Sékoutoureya, les manquements de Getma. « L’entreprise, qui n’avait ni l’expertise ni l’envergure requises, a obtenu la concession en 2008 dans des conditions discutables. Par la suite, elle n’a procédé à aucun des investissements nécessaires, suscitant la grogne des employés du port. »

Avant Alpha Condé, pour cette raison, l’ex-président Lansana Conté puis l’officier Moussa Dadis Camara auraient, eux aussi, envisagé de rompre unilatéralement le contrat de concession. À la veille de son sacre présidentiel, Alpha Condé aurait d’ailleurs averti Blaise Compaoré de ses intentions : « Si je suis élu, je chasserai Getma. »

Retour d’ascenseur ?

Une version que récuse Pierre-André Wiltzer. Longuement interrogé par RFI le 27 avril, celui-ci allait jusqu’à qualifier l’opération de « hold-up », soutenant n’avoir jamais reçu d’explications convaincantes des autorités guinéennes : « C’est un arrangement qui s’est fait indépendamment de toute règle commerciale et juridique. C’est vraiment le fait du prince absolu, et sans explication », martelait-il.

Selon l’ancien conseiller de Necotrans, le président guinéen aurait en fait renvoyé l’ascenseur à Vincent Bolloré, son ami et… ancien mécène : « Alpha Condé avait été aidé pendant des années et des années, à l’époque où il était un opposant en Guinée », affirmait-il.

Mais Conakry conteste ce scénario : « Le président Condé n’a pas procédé à un nouvel appel d’offres car il y avait urgence à redémarrer les activités du terminal. Il a donc appliqué la règle du deuxième mieux-disant au profit de Bolloré. Si Maersk était arrivé second en 2008, nous aurions pris Maersk. »

De son côté, dans une tribune publiée ce 29 avril dans l’hebdomadaire français Le Journal du dimanche, Vincent Bolloré affirme regretter que le continent africain  soit « appréhendé comme une terre de non-gouvernance, voire de corruption ».

Et de s’interroger : « Comment imaginer que des dépenses de communication de quelques centaines de milliers d’euros, comptabilisées en toute transparence […], aient déterminé des investissements de centaines de millions d’euros pour des opérations portuaires où l’exigence technique est considérable, et obtenus à l’occasion d’appels d’offres internationaux ? »

Jeuneafrique.com par

Congo: Voici le nouveau visage du port d’Oyo

août 5, 2017

Construit sur la rivière Alima, le nouveau port fluvial de la ville d’Oyo (nord) va apporter une bouffée d’oxygène au port autonome de Brazzaville et renforcer la mobilité des populations et des biens, ainsi que les échanges commerciaux entre le département de la Cuvette et d’autres horizons.

Ce port qui constitue l’un des supports importants dans le cadre de la faisabilité du projet de la zone économique spéciale d’Oyo-Ollombo, facilitera la jonction entre la route nationale n°2 et les localités riveraines du fleuve Congo basées dans la partie septentrionale du pays et celles de la République démocratique du Congo (RDC).

Il va servir de point d’embarquement et de débarquement des marchandises, surtout que l’Alima offre les conditions favorables de navigation en toute saison.

Le port d’Oyo dispose d’un quai de 200m de long, d’un entrepôt de 20x8m et d’un bâtiment administratif de 124m2.

Il a été bâti par la société China road bridge corporation (CRBC) sur un cofinancement de la République du Congo et de la Chine, estimé à plus de 48 milliards de francs CFA.

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