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Aucune « percée » dans les pourparlers russo-ukrainiens, selon le Kremlin

mars 30, 2022

La région de Tchernihiv, qui devait bénéficier d’une désescalade promise mardi par Moscou, a plutôt été « bombardée toute la nuit », selon le gouverneur régional.

Le maire de Tchernihiv, Vladyslav Atroshenko (à droite), parle à un journaliste près d’un centre commercial touché par une frappe russe dans la nuit de mardi à mercredi. Photo : La Presse Canadienne/AP/Vladislav Savenok

Les pourparlers russo-ukrainiens tenus mardi en Turquie n’ont abouti à rien de « très prometteur » ni à aucune « percée », estime le Kremlin, douchant du coup les espoirs d’une désescalade partielle promise par Moscou. La région de Tchernihiv, qui devait en profiter, a plutôt été « bombardée toute la nuit », selon le gouverneur régional.

Il y a beaucoup de travail à accomplir, a déclaré mercredi le porte-parole du président russe Vladimir Poutine, Dimitri Peskov. Il a tout de même qualifié de positif le fait que les Ukrainiens aient enfin commencé à formuler de façon concrète [leurs] propositions et à les mettre par écrit.

M. Peskov a aussi souligné que la Crimée faisait partie de la Russie, et que la Constitution russe empêchait de discuter du sort de quelque région russe que ce soit avec une autre partie. Kiev avait proposé que l’avenir de ce territoire ukrainien annexé par Moscou en 2014 soit discuté sur une période de 15 ans.

Au terme de négociations, mardi, à Istanbul, le vice-ministre russe de la Défense, Alexandre Fomine, avait annoncé que la Russie comptait réduire radicalement ses opérations militaires dans les environs de Kiev et Tchernihiv pour favoriser le dialogue avec l’Ukraine.

Le représentant du Kremlin, Vladimir Medinski, avait quant à lui fait état de discussions substantielles et affirmé que les propositions claires faites par Kiev allaient être étudiées très prochainement et soumises au président Poutine.

M. Medinski a aussi précisé mercredi que la Russie n’a pas changé sa position de principe au sujet de la Crimée et du Donbass : Moscou veut que Kiev reconnaisse la souveraineté russe sur la Crimée et l’indépendance des républiques séparatistes prorusses de Donetsk et Louhansk, a-t-il rappelé lors d’une entrevue à la télévision russe.

À Kramatorsk, en Ukraine, un homme se recueille sur le cercueil d’un enfant de trois ans mort avec ses parents lorsque leur véhicule a été attaqué. Ils tentaient de fuir la ville de Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine. Photo : La Presse Canadienne/AP/Andryi Andriyenko

Le négociateur russe a cependant reconnu que l’Ukraine répond à des demandes clés de Moscou en se disant prête à devenir neutre, à n’héberger sur son sol aucune troupe ou base militaire étrangère, à renoncer aux armes de destruction massive.

« L’Ukraine a déclaré qu’elle était prête à remplir ces engagements fondamentaux sur lesquels la Russie insiste depuis des années. Si ces obligations sont respectées, alors la menace de créer une tête de pont de l’OTAN en territoire ukrainien sera éliminée. C’est l’essence, la signification et l’importance du document provisoirement agréé […] au plus haut niveau par l’Ukraine. Cependant le travail continue, les négociations se poursuivent. »— Une citation de  Vladimir Medinski, négociateur russe

Le négociateur ukrainien Mykhaïlo Podolyak a plutôt déclaré mercredi en point de presse qu’il éprouve un sentiment d’optimisme sur le cycle de négociations d’Istanbul, lors duquel Kiev a proposé de devenir un pays neutre en échange de garanties de sécurité.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’était plutôt montré sceptique quelques heures plus tôt. Nous pouvons qualifier de positifs ces signaux que nous entendons lors des négociations, a-t-il déclaré dans son discours vidéo nocturne au peuple ukrainien. Mais ces signaux ne font pas taire les explosions d’obus russes.

Un marché de Tchernihiv détruit par un bombardement russe. Photo : La Presse Canadienne/AP

Tchernihiv bombardée toute la nuit

Sur le terrain, la promesse d’une désescalade ne s’est pas vérifiée à Tchernihiv, une ville du nord-est du pays qui comptait près de 300 000 habitants avant la guerre. Dans un message publié sur Telegram, le gouverneur de la région, Viacheslav Chaus, affirme plutôt qu’elle a fait l’objet de bombardements d’artillerie et aériens.

« La soi-disant réduction de l’activité dans la région de Tchernihiv a été démontrée par les frappes ennemies, y compris les frappes aériennes sur Nizhyn, et toute la nuit ils ont bombardé Tchernihiv. Des infrastructures civiles, des bibliothèques, des centres commerciaux, de nombreuses maisons ont été détruits à Tchernihiv. »— Une citation de  Viacheslav Chaus, gouverneur de la région de Tchernihiv

Est-ce qu’on croit [à la promesse de réduire les activités militaires]? Bien sûr que non, a encore dit le gouverneur Chaus, selon qui les habitants de la ville étaient privés d’eau et d’électricité.

Cela confirme une nouvelle fois que la Russie ne cesse de mentir, a commenté le maire de Tchernihiv, Vladyslav Atroshenko, sur CNN. Ils ont en fait augmenté l’intensité de leurs frappes, a-t-il ajouté, évoquant une attaque de mortier colossale dans le centre-ville qui a fait selon lui 25 blessés. Ces chiffres ne peuvent être vérifiés de source indépendante.

Le maire adjoint de Kiev, Mykola Povoroznyk, a toutefois confirmé que la capitale n’a pas été bombardée au cours de la nuit. La nuit s’est déroulée dans un calme relatif, au son des sirènes et de tirs d’armes à feu provenant des combats autour de la ville, mais il n’y a pas eu de bombardements à Kiev, a-t-il indiqué à la BBC.

Le président Zelensky s’est adressé mercredi aux parlementaires norvégiens, comme il l’a fait dans plusieurs autres pays, dont le Canada et les États-Unis, au cours des dernières semaines. Photo : La Presse Canadienne/AP/Heiko Junge

Washington et Londres ont aussi signalé au cours des dernières heures qu’ils étaient sceptiques face aux engagements russes de désescalade, en observant que les troupes russes aux alentours de la capitale étaient déjà en recul, en raison de contre-offensives ukrainiennes.

Selon un conseiller de la présidence ukrainienne, Oleksiy Arestovitch, la Russie déplace des troupes du nord vers l’est de l’Ukraine pour tenter d’encercler les forces adverses, tout en laissant une partie autour de Kiev afin d’empêcher les Ukrainiens d’acheminer des renforts vers l’est.

Le maire d’Irpin, Oleksandr Markushyn, a quant à lui fait savoir mercredi qu’entre 200 à 300 civils de cette banlieue située au nord-ouest de la capitale ont perdu la vie avant la contre-offensive ukrainienne. Une cinquantaine de combattants ukrainiens ont aussi été tués à Irpin, et des cadavres sont toujours sous des décombres.

Irpin a aussi été la cible de bombes russes dans la nuit de mardi à mercredi, a-t-il dit.

Le pilonnage se poursuit dans le Donbass

Les bombardements russes se poursuivent sans relâche dans la région du Donbass, où Moscou a déjà annoncé qu’elle allait désormais concentrer ses efforts. Cela inclut la ville martyre de Marioupol, sur la mer d’Azov, et les régions de Donetsk et Lougansk, en partie aux mains de séparatistes prorusses depuis 2014.

Selon la chargée des droits de la personne auprès du Parlement ukrainien, Lioudmyla Denissova, les forces russes ont notamment bombardé délibérément un bâtiment du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Marioupol, ville encerclée depuis déjà plusieurs semaines.

Les avions et l’artillerie ennemis ont bombardé le bâtiment, marqué d’une croix rouge sur fond blanc, ce qui signifie la présence de blessés, de biens civils ou humanitaires, a-t-elle ajouté, disant ne pas disposer d’informations concernant les victimes.

Une femme transporte une bouteille d’eau alors que des travailleurs d’urgence interviennent sur les lieux d’un bombardement d’un immeuble résidentiel à Donetsk, en Ukraine, le 30 mars 2022. Photo: Reuters/Alexander Ermochenko

C’est un entrepôt qui était vide, car toute [l’aide] qu’elle contenait avait déjà été distribuée à la population, a expliqué un porte-parole de la Croix-Rouge, Frédéric Joli, en entrevue à Tout un matin. La Croix-Rouge n’a plus de personnel à Marioupol depuis une semaine, a-t-il souligné.

« On ne sait pas si c’est effectivement notre entrepôt qui a été touché, quelle est la nature des dégâts et s’il peut y avoir des blessés à la périphérie de cet entrepôt.  »— Une citation de  Frédéric Joli, porte-parole de la Croix-Rouge

Selon le gouverneur de Donetsk, Pavlo Kirilenko, l’armée russe a pilonné presque toutes les villes situées sur la ligne de front dans le Donbass.

Les forces russes ont aussi bombardé des secteurs résidentiels à Lysychansk, dans la région de Lougansk, selon ce qu’a écrit le gouverneur régional, Serhiy Haidai sur son compte Telegram.

Des édifices de plusieurs étages ont été détruits de manière significative et des victimes ont été signalées aux autorités, a-t-il dit. Les informations sur le nombre de personnes mortes et blessées sont en train d’être précisées. Il y a beaucoup de décombres.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse, Reuters et BBC

L’Ukraine confirme des pourparlers avec Moscou, la Russie brandit la menace nucléaire

février 27, 2022

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accepté d’entrer en pourparlers sans préconditions avec la Russie, au quatrième jour de l’invasion russe en Ukraine. Cette annonce intervient après une médiation avec le Bélarus et une nouvelle menace nucléaire du président russe Vladimir Poutine contre l’Occident.

La délégation ukrainienne rencontrera la [délégation] russe sans fixer de conditions préalables sur la frontière ukraino-bélarusse, dans la région de la rivière Pripiat, a déclaré dimanche le président Zelensky sur les réseaux sociaux, à la suite d’un entretien téléphonique avec le président bélarusse Alexandre Loukatechnko.

Le président Zelensky refusait jusqu’ici de négocier depuis ce pays qui sert de base arrière à l’armée russe, dénonçant un ultimatum.

M. Loukachenko a assuré à l’Ukraine que les avions, hélicoptères et missiles [russes] déployés sur le territoire du Bélarus resteraient au sol pendant l’arrivée, les négociations et le départ de la délégation ukrainienne, a déclaré M. Zelensky.Des hommes en uniforme lors d'un exercice militaire.

La ville ukrainienne la plus proche de ce secteur est Pripiat, connue mondialement depuis l’accident de la centrale nucléaire voisine de Tchernobyl, en 1986. Photo : AFP/Sergei Supinsky

On ignore pour le moment qui sont les participants des pourparlers, mais le président russe Vladimir Poutine a déclaré qu’un délégation russe était déjà présente à Gomel, au Bélarus, en vue d’une rencontre dimanche. La présidence ukrainienne n’a pas indiqué si elle avait consenti à ces détails.

Menace nucléaire

Peu avant l’annonce du président ukrainien, Vladimir Poutine a agité une nouvelle menace nucléaire contre l’Occident, qui continue de multiplier les sanctions économiques.

Lors d’un entretien avec ses chefs militaires retransmis à la télévision, M. Poutine a ordonné la mise en alerte des forces de dissuasion de l’armée russe – qui comportent un volet nucléaire – invoquant des sanctions illégitimes prises contre la Russie par les Occidentaux et des déclarations belliqueuses de l’OTAN.L'homme est assis devant des micros et tend la main.

Les forces de dissuasion russes sont un ensemble d’unités dont le but est de décourager une attaque contre la Russie, y compris en cas de guerre impliquant l’utilisation d’armes nucléaires, selon le ministère de la Défense russe. Photo : Via Reuters/Sputnik

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a balayé ces accusations d’un revers de la main. C’est la Russie qui a engagé la guerre, qui mène une invasion militaire à grande échelle d’une nation souveraine et pacifique, donc il n’y a aucun doute que la Russie est responsable. Le président Poutine est responsable de ce conflit, a-t-il insisté, dénonçant une rhétorique dangereuse.

M. Poutine fabrique des menaces qui n’existent pas, a pour sa part dénoncé dimanche la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki. À aucun moment la Russie n’a été menacée par l’OTAN ou l’Ukraine […] Nous allons résister à cela. Nous avons la capacité de nous défendre, a-t-elle ajouté.

D’après le ministre ukrainien des Affaires étrangères, cette annonce du Kremlin visait à faire pression sur la délégation ukrainienne avant les pourparlers.

Bataille pour le contrôle des villes

Plus tôt dimanche, les forces ukrainiennes ont affirmé avoir repoussé l’armée russe à Kharkiv, deuxième ville d’Ukraine à l’intérieur de laquelle des soldats et des véhicules russes sont parvenus à entrer.

Kharkiv est sous notre contrôle total, a écrit le gouverneur local Oleg Sinegoubov sur les réseaux sociaux, assurant qu’une élimination des ennemis dans la ville était en cours.

De son côté, l’armée russe a affirmé dimanche matin avoir encerclé deux grandes villes du sud de l’Ukraine, Kherson et Berdiansk, qui comptent respectivement 290 000 et 110 000 habitants, a indiqué le ministère russe de la Défense, cité par l’agence TASS.

Les sirènes se sont fait entendre une fois de plus à Kiev, la capitale, peu après 8 h, heure locale, selon des témoins cités par Reuters. Un correspondant de l’agence de presse a entendu une explosion quelques moments plus tard dans l’ouest de la ville.

Des journalistes de Reuters présents dans la capitale ukrainienne ont quant à eux signalé plusieurs explosions ainsi que des coups de feu dans la ville au courant de la nuit.Des soldats regardent au loin un incendie, la nuit.

Russes et Ukrainiens affirment qu’ils font des gains et gagnent des positions. Photo : Reuters/Maskim Levin

Des missiles russes ont frappé un dépôt pétrolier à Vassylkiv, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Kiev, provoquant un immense incendie. Des combats pour le contrôle de la base aérienne de Vassylkiv font rage, a indiqué dimanche à l’aube le chef de l’administration de la région de Kiev, Oleksy Kouleba. Ces affrontements empêchent les pompiers d’éteindre l’important incendie qui s’est déclenché sur place.Un grand incendie brûle au loin, la nuit.

Des bombardements russes auraient causé l’incendie d’un dépôt pétrolier à proximité de Kiev, dans la nuit de samedi à dimanche. Photo: Reuters/Maskim Levin

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait indiqué dimanche matin que la nuit avait été dure en Ukraine. La nuit passée fut dure, de nouveau des tirs, de nouveau des bombardements de quartiers habités, d’infrastructures civiles. Il n’y a aujourd’hui rien que l’occupant ne considère pas comme une cible légitime, a-t-il dit dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

Au moins une soixantaine de civils tués, dit l’Organisation des Nations uniesONU

Depuis samedi, la Russie affirme qu’elle ne vise que des cibles militaires, et non civiles. Or, l’Organisation des Nations uniesONU estime que la guerre a fait jusqu’à présent 240 victimes civiles, dont, au bas mot, 64 morts depuis le coup d’envoi de l’invasion jeudi.

Plusieurs centaines de milliers de personnes sont privées d’eau et d’électricité en raison des dommages aux infrastructures civiles, plusieurs centaines de maisons ont été endommagées ou détruites, et des ponts et axes routiers ont été bombardés, coupant certains villages de tout approvisionnement, a ajouté dans son bilan le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’Organisation des Nations uniesONU.

Les combats ont fait plus de 160 000 déplacés et plus de 116 000 réfugiés dans les pays voisins, affirme le Haut commissariat pour les réfugiés.Un immeuble à logements endommagé par des combats.

Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine, est le théâtre d’importants affrontements. Photo: AFP Via Getty Images/Sergey Bobok

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

La Russie resserre l’étau autour de Kiev, mais Poutine se dit prêt à des pourparlers

février 25, 2022

Kiev, la capitale de l’Ukraine, subit des bombardements depuis jeudi.

Au deuxième jour de combats meurtriers, l’armée russe rehausse d’un cran son action à Kiev. Parallèlement, le président Vladimir Poutine se dit prêt à envoyer une délégation dans la capitale de son allié bélarusse, Minsk, pour des pourparlers avec l’Ukraine.

Le Kremlin avait jusqu’à maintenant systématiquement refusé des pourparlers avec l’Ukraine, malgré des demandes répétées du président ukrainien Volodymyr Zelensky avant le déclenchement de l’invasion russe jeudi.

Mais vendredi, le porte-parole du gouvernement russe a annoncé que Vladimir Poutine est disposé à envoyer à Minsk une délégation russe au niveau des ministères de la Défense et des Affaires étrangères et de l’administration présidentielle pour des négociations avec une délégation ukrainienne.

Minsk est la capitale du Bélarus qui a permis à la Russie d’utiliser son territoire pour l’invasion, notamment aux forces se dirigeant actuellement vers Kiev.

Pendant ce temps, la situation s’envenime près de Kiev. D’importantes explosions ont retenti dans le centre de la capitale ukrainienne, vendredi à l’aube, tandis que des batailles étaient en cours dans un quartier du nord. Ces tirs de missiles, constatés par une journaliste de l’AFP, ont été confirmés par l’armée de terre ukrainienne. Sur son compte Facebook, cette dernière soutient avoir détruit deux des missiles lancés par l’armée russe en plein vol.

L’armée de terre a publié une courte vidéo amateur montrant un immeuble en proie à un incendie.

Le maire de Kiev Vitali Klitschko a indiqué que trois personnes avaient été blessées, dont une grièvement, par des débris de missiles tombés dans un quartier résidentiel du sud-est de la capitale.

Le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, a dénoncé ces tirs russes.

Des tirs horribles de missiles russes sur Kiev. La dernière fois que notre capitale a connu quelque chose de semblable, c’était en 1941, quand elle a été attaquée par l’Allemagne nazie. L’Ukraine a vaincu ce démon et vaincra aussi celui-ci, a affirmé M. Kouleba dans un message sur Twitter.Des pompiers au travail.

Des pompiers interviennent en banlieue de Kiev, en Ukraine, sur le site d’un immeuble résidentiel lourdement endommagé à la suite d’un tir de missile. Photo: AFP/Genya Savilov

Tôt en matinée vendredi, l’administration de Kiev signalait une menace aérienne et demandait à ses citoyens de se réfugier d’urgence.

Des échanges de tirs et des explosions ont également été entendus dans le quartier d’Oblonsky, tandis que plusieurs détonations sourdes étaient aussi entendues depuis le centre-ville de Kiev.

Le président de l’Ukraine Volodymyr Zelensky a accusé l’armée russe de viser des zones civiles dans la capitale. Il a salué l’héroïsme des Ukrainiens face à l’invasion russe et a assuré que ses soldats faisaient tout leur possible pour défendre le pays.

Les autorités russes disent que les zones civiles ne sont pas des cibles, mais c’est encore un de leurs mensonges. En réalité, ils ne font aucune distinction, a-t-il ajouté en ukrainien.

Ces attaques surviennent au moment où les forces armées russes semblent s’approcher de plus en plus de la capitale.

Selon des informations diffusées par l’Associated Press, le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a dit lors d’un appel téléphonique aux législateurs que les forces terrestres qui sont entrées par le Bélarus étaient à une trentaine de kilomètres de Kiev.

Plus tôt vendredi, les forces ukrainiennes avaient indiqué combattre des unités de blindés russes dans deux localités, Dymer et Ivankiv, respectivement à 45 et 80 km au nord de la capitale.

L’armée ukrainienne prétend que l’avancée de l’armée russe a été arrêtée sur la rive de la rivière Teterov, le pont qui traverse cette rivière ayant été détruit.

L’état-major de l’armée soutient avoir repris le contrôle de l’aéroport militaire d’Antonov à Gostomel, aux portes de la capitale ukrainienne, et qui était tombé la veille lors d’un assaut des forces russes.

Une unité tactique des forces de défense tient l’aérodrome de Gostomel, où les troupes aéroportées russes avaient pénétré hier, a-t-il dit sur Facebook également.

La capitale Kiev a passé sa première nuit sous un couvre-feu en vigueur de 22 h à 7 h. Les transports publics ne fonctionneront pas pendant cette période, a-t-il expliqué, mais les stations de métro resteront ouvertes en permanence pour servir d’abris en cas de frappes.

Les Ukrainiens, prêts à sacrifier leur vie pour leur pays

Édouard-Laurent Dorges est un entrepreneur français qui vit en Ukraine depuis maintenant près de 15 ans. Il habite en banlieue de Kiev avec son épouse ukrainienne et leur garçon de trois ans.

Étant donné l’importante avancée des Russes en peu de temps, il ne doute pas que la chute de Kiev soit imminente.

« Ils vont encercler Kiev. C’est une question d’heures ou de journées. La chute de Kiev, elle aura lieu. »— Une citation de  Édouard-Laurent Dorges, entrepreneur français qui vit à Kiev

Mais ils vont le payer très cher parce que les Ukrainiens sont très patriotiques, ajoute-t-il en entrevue à l’émission de radio Tout un matin. Ils sont prêts à sacrifier leur vie pour leur pays.

Il a lui-même plusieurs amis ukrainiens qui ont rejoint les forces armées. C’est noble, mais c’est crève-coeur, dit-il, souhaitant lui-même rejoindre la France avec sa famille si les Russes continuent de se rapprocher de Kiev samedi.

Le patriotisme des Ukrainiens permet même à Richard Giguère, brigadier général retraité des Forces armées canadiennes et expert en résidence à l’École supérieure d’études internationales Université Laval, d’être plus optimiste quant à l’avenir proche de Kiev.

Les gens oublient que Kiev est une ville de trois millions de personnes. C’est l’équivalent de la ville de Montréal. Alors occuper une ville de cette ampleur, c’est extrêmement difficile. Ce n’est pas avec le nombre de troupes que Poutine possède dans cette région qu’il va y arriver, a analysé M. Giguère en entrevue à Tout un matin.

Par ailleurs, les combats dans les zones urbaines sont extrêmement épuisants et demandant en ressources et en soldats, a fait remarquer le retraité des forces armées canadiennes, qui a notamment participé à deux déploiements en Afghanistan.

« Ça va être extrêmement long, extrêmement coûteux [de s’emparer de Kiev]. »— Une citation de  Richard Giguère, brigadier général retraité des Forces armées canadiennes

Pour faire face à l’invasion russe, le président Zelensky a décrété jeudi soir la mobilisation générale pour 90 jours de toutes les personnes soumises à la conscription militaire.

Le ministère ukrainien de la Défense a aussi appelé les civils à Kiev à l’informer des mouvements ennemis et à faire des cocktails molotov, une arme incendiaire artisanale faite à partir d’alcool, afin de neutraliser l’occupant.

Ça me paraît être une opération pratiquement impossible, a répété M. Giguère. Quand on attaque, il faut être au moins trois fois plus fort. C’est le ratio qu’on utilise. Alors quand on veut attaquer 100 personnes, il faut qu’on en aie 300, parce que les gens qui sont en défensive sont beaucoup plus forts. Les Ukrainiens sont chez eux. On a vu qu’il y a une mobilisation des hommes, on a fourni des armes aux gens dans la région.

L’invasion dans le reste du pays se poursuit

Selon Emmanuel Grynzpan, journaliste basé à Marioupol, une des deux grandes villes portuaires du pays donnant sur la mer Noire, l’inquiétude s’installe chez les habitants qui étaient, jusqu’à avant-hier, très détendus. Ils ne croyaient pas du tout à une attaque russe.

Mais les explosions qu’ils entendent depuis jeudi ont eu raison de leur optimisme. La plupart des commerces sont fermés, à part les épiceries et quelques pharmacies. 

« Il y a des queues vraiment très importantes pour tous les distributeurs de billets automatiques. Les stations d’essence sont aussi prises d’assaut. »— Une citation de  Emmanuel Grynzpan, journaliste basé à Marioupol

Sur les 420 000 habitants de Marioupol, le journaliste estime que moins de 5000 auraient quitté la ville jeudi. Mais je n’ai pas les chiffres pour aujourd’hui. 

Selon des sources militaires ukrainiennes d’Emmanuel Grynzpan, les Russes seraient à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Marioupol. Ils risquent de prendre à revers la ville et d’en faire un siège. L’intérêt pour les Russes pourrait être de contrôler une bande de terrain qui relie directement la Russie à la Crimée, la côte de la mer d’Azov.

Emmanuel Grynzpan rappelle cependant que Marioupol est bien défendue par les Ukrainiens, notamment à la frontière avec la république séparatiste autoproclamée de Donetsk où il y a cinq lignes de défense qui apparemment tiennent bien.

Tchernobyl tombé aux mains des Russes

L’Ukraine a dit vendredi avoir enregistré des données de radiation préoccupantes à la centrale accidentée de Tchernobyl, tombée aux mains de l’armée russe la veille, Moscou affirmant pour sa part que tout y était sous contrôle.

Il y a eu une hausse des indicateurs au-delà des niveaux de contrôle durant la nuit, a indiqué à l’AFP le directeur adjoint du département ukrainien pour les questions de sécurité des installations nucléaires, Alexandre Grigorach. Mais on ne peut pas vérifier, car tout le personnel a été évacué, a-t-il indiqué, joint par téléphone.

Le Parlement ukrainien a aussi indiqué que le système automatisé de contrôle avait fait état d’une hausse des rayons gamma, signe de radioactivité, sans préciser le niveau.

Un porte-parole de l’armée russe a lui assuré qu’il n’y avait aucune inquiétude à avoir pour la sécurité du réacteur qui a explosé en 1986, irradiant une partie de l’Europe, ni son sarcophage, assurant, contrairement à la partie ukrainienne, que le personnel était toujours sur place.

Les radiations dans la zone de la centrale nucléaire sont conformes à la norme, a-t-il assuré, affirmant que le personnel de la centrale […] surveille la situation avec la radioactivité.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Associated Press

Migrants: le gouvernement Merkel suspendu à d’ultimes pourparlers

juillet 2, 2018

La chancelière allemande Angela Merkel le 2 juin 2018 à Berlin / © AFP / John MACDOUGALL

La chancelière allemande et l’aile droite de sa fragile majorité vont tenter lundi une ultime fois de régler leur acrimonieuse dispute sur la politique migratoire qui menace la survie du gouvernement et la cohésion européenne.

Au centre du bras de fer: le refoulement aux frontières de tout migrant enregistré au préalable par un autre pays européen voulu à tout prix par le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, patron des conservateurs bavarois de la CSU.

Cette mesure a été rejetée par la chancelière qui craint un effet domino en Europe et la fin de la libre-circulation.

L’Allemagne attendait un épilogue à ce duel dimanche. Mais finalement, après une dizaine d’heures de réunion des dirigeants de la CSU, M. Seehofer a offert de démissionner de son ministère et de la tête du parti, avant de suspendre sa décision pour engager un dernier round de négociations avec Angela Merkel.

« J’ai dit que je remettais les deux postes à disposition et que j’exécuterai cette décision dans les trois jours à venir », a-t-il déclaré dans la nuit, laissant donc entendre que l’incertitude pourrait encore durer, alors que le conflit entre dans sa quatrième semaine.

Les négociations entre CSU et le parti de centre-droit CDU de la chancelière, en présence de Mme Merkel et M. Seehofer, doivent débuter à 15H00 GMT (17H00) à Berlin.

La chancelière allemande Angela Merkel lors d’une réunion avec les dirigeants de la CDU, le 2 juillet 2018 à Berlin / © AFP / John MACDOUGALL

– ‘Délire d’égo’ –

En attendant, la fragile coalition péniblement mise en place en mars, réunissant droite bavaroise, démocrates-chrétiens CDU et sociaux-démocrates, est en sursis. Tout comme l’alliance CDU-CSU formée en 1949.

La dirigeante sociale-démocrate Andrea Nahles a d’ailleurs distribué les mauvais points lundi, accusant le camp conservateur en général « d’irresponsabilité’ et la CSU en particulier de « délire d’égo ».

La chancelière, qui doit s’exprimer à huis clos lundi à 12H00 GMT devant les députés conservateurs, considère avoir répondu aux attentes de son ministre. D’abord parce qu’elle a considérablement durci sa ligne migratoire depuis deux ans, et ensuite car elle a négocié au sommet européen de la semaine dernière des mesures « plus qu’équivalentes », selon elle, à celles voulues par M. Seehofer.

Mais le ministre a surpris dimanche devant les siens en rejetant la copie de Mme Merkel, mettant son avenir politique et donc celui du gouvernement dans la balance.

Le ministre allemand de l’Intérieur Horst Seehofer à l’issue d’une réunion de son parti, la CSU, le 2 juillet 2018 à Berlin / © AFP / Christof STACHE

M. Seehofer a évoqué trois scénarios pour la suite, indiquant qu’il pouvait rentrer dans le rang, passer outre les objections d’Angela Merkel et imposer les refoulements aux frontières – ce qui entraînerait probablement l’éclatement du gouvernement- ou démissionner.

Face à une crise dont l’épilogue est sans cesse repoussé, le site du magazine de référence Der Spiegel se montre acide : « il démissionne, il ne démissionne pas… La dispute entre la chancelière Merkel et son ministre de l’Intérieur devient toujours plus absurde ».

Car tous les sondages semblent montrer que les Allemands n’approuvent guère la voie conflictuelle choisie par le ministre. Selon une enquête de l’institut Frosa pour RTL publiée lundi, 67% des personnes interrogées juge « irresponsable » le positionnement des conservateurs bavarois.

Autre échec, malgré ce durcissement, les intentions de vote pour la CSU en vue d’élections régionales à l’automne en Bavière continuent de baisser au profit de l’extrême droite.

– Merkel vacille –

Crise gouvernementale en Allemagne: réunion parlementaire CDU/CSU / © AFP / Bart Biesemans

Dès lors, même des barons bavarois parmi les plus conservateurs semblent vouloir éviter l’escalade. « Personne ne veut remettre en question le gouvernement », a assuré le chef de l’exécutif de Bavière, Markus Söder avant de glisser que « franchement, il nous a bien surpris le Horst » avec sa menace de démission.

Car si l’intéressé se montre aussi intransigeant c’est aussi que son conflit avec Mme Merkel est quasi-permanent depuis sa décision controversée de 2015 d’ouvrir l’Allemagne à des centaines de milliers de candidats à l’asile.

Il n’a cessé depuis trois ans de dénoncer ce choix et son offensive paraît viser la chancelière elle-même, perçue, du fait de son centrisme et de l’essor de l’extrême droite, comme un obstacle par les conservateurs les plus durs.

Quelle que soit l’issue du conflit, Angela Merkel en ressortira au moins affaiblie tant son trône a vacillé. Au pire, elle pourrait se retrouver proche de la sortie, moins d’un an après sa victoire étriquée aux législatives.

Après presque 13 années au pouvoir, elle se retrouve donc ouvertement contestée dans son gouvernement et sa famille politique, combattue en Europe, notamment par ses voisins de l’Est et l’Autriche, et enfin en conflit avec le président américain Donald Trump sur une multitude de sujets.

Romandie.com avec(©AFP / 02 juillet 2018 16h35)

Trump ouvert à des pourparlers entre États-Unis et Corée du Nord

janvier 10, 2018

Washington – Le président américain Donald Trump s’est dit ouvert –sous condition– à des pourparlers directs entre les Etats-Unis et la Corée du Nord lors d’une conversation téléphonique avec son homologue sud-coréen, a indiqué la Maison Blanche mercredi.

Si Donald Trump s’est engagé depuis son arrivée au pouvoir dans une joute verbale avec le leader nord-coréen Kim Jong-Un au fil des tests de missiles par Pyongyang, il a changé sensiblement de ton au cours des dernières semaines, n’écartant pas a priori la possibilité d’un échange téléphonique avec ce dernier.

« Le président Trump a indiqué qu’il était ouvert à des pourparlers entre les Etats-Unis et la Corée du Nord en temps et en heure et si les circonstances s’y prêtent », a indiqué la Maison Blanche dans un compte rendu de sa conversation avec le président Moon Jae-In.

Selon l’exécutif américain, M. Moon a remercié l’occupant de la Maison Blanche pour son « leadership » qui a contribué à rendre possibles les discussions entre le Nord et le Sud.

Les deux dirigeants ont insisté sur la nécessité de « continuer la campagne de pression maximale contre la Corée du Nord ».

Selon le compte rendu de l’appel diffusé par la présidence sud-coréenne, M. Trump a par ailleurs indiqué qu’il « n’y aurait pas d’action militaire (de la part des Etats-Unis) durant le dialogue inter-coréen ».

A l’issue de discussions exceptionnelles qui se sont tenues mardi entre le Nord et le Sud, les deux pays ont convenu que la Corée du Nord allait envoyer une délégation aux JO d’hiver qui se tiennent à Pyeongchang du 9 au 25 février, à 80 km de la frontière nord-coréenne.

Samedi, le président américain avait déjà salué la reprise d’un dialogue sur la péninsule coréenne, disant espérer que les discussions entre les deux pays aillent « au-delà » du simple cadre sportif.

Le vice-président des Etats-Unis Mike Pence doit diriger la délégation américaine lors de ces Jeux.

Romandie.com avec(©AFP / 10 janvier 2018 17h05)                                            

Burundi: Début de la mise au pas du petit despote de Bujumbura

mai 30, 2016

 

Quelques jours avant l’ouverture des pourparlers, à Arusha, sans l’opposition au pouvoir, sous l’égide du facilitateur et ancien président de Tanzanie, Benjamin William Mkapa, le petit despote de Bujumbura, Pierre Nkurunziza (notre photo où on le voit subir une leçon de lavage de cerveau), a envoyé, en catimini, ni vu ni connu, à l’abri de tous les regards, une délégation de deux personnes, au moins, à Luanda, afin de rencontrer le président angolais, José Eduardo dos Santos. La présidence burundaise ayant gardé cette mission secrète, elle n’en a, publiquement, pas fait état. Mais, on suppose que le président angolais était invité à être généreux à l’endroit de son jeune frère en difficulté, au point d’être incapable de payer les frais de mission de tous les membres de la délégation qui devaient se rendre du 21 au 24 mai, à Arusha.

Pourquoi le Burundi est au bord du gouffre, aujourd’hui, alors que si Nkurunziza ne s’était pas présenté aux élections, en juillet 2015, il y aurait un autre président de la République à la tête de l’Etat, qui aurait poursuivi la reconstruction du pays. Mais s’étant entêté pour finalement passer en force, après avoir multiplié les assassinats de ses opposants quand il ne les poussait pas à un exil hors du Burundi, Nkurunziza a réussi, en un an de présidence de ce mandat controversé, à faire revenir son pays en arrière de 5 ans. Et ce n’est pas fini car toutes les coopérations (en dehors de celles qui profitent directement aux populations) sont suspendues dont celle de l’Union européenne qui, à elle seule, représente plus de la moitié du budget.

Le petit despote de Bujumbura est invité à quitter le pouvoir. Le plus tôt serait le mieux. Ses manœuvres pour fausser les pourparlers d’Arusha n’ont rien donné. En effet, il avait demandé au facilitateur Mkapa de n’inviter que les membres de l’opposition du CNARED (Conseil national pour le respect de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi et de l’état de droit) que lui, Nkurunziza, voulait désigner, et non les membres choisis par les partis politiques eux-mêmes. C’est une ingérence que le CNARED a dénoncée en refusant de participer aux pourparlers.

Finalement, le facilitateur (qui aurait, dit-on, subi des pressions de Bujumbura), voyant qu’une telle démarche n’était pas crédible, il s’est donné deux semaines pour rencontrer, personnellement, tous les membres du CNARED et les personnalités que Nkurunziza redoute dans le cadre de ce dialogue.

Cette fermeté affichée par le facilitateur lui a valu les félicitations de Washington, de Paris, et, surtout, du secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon.

Le problème devient donc simple : si dialogue il y a, ce sera pour mettre autour d’une même table des personnes qui soutiennent des points de vue différents, sans aucune exclusion. C’est cela le « Dialogue inclusif ». Ou alors, le petit despote continuera à fermer les yeux et les oreilles comme c’est le cas depuis un an, en attendant la libération d’une manière ou d’une autre du Burundi.

Afriqueeducation.com

Crise burundaise : gouvernement et opposition en Ouganda pour des pourparlers

décembre 27, 2015

Kampala – Des représentants du gouvernement, de l’opposition et de la société civile burundais se sont rendus dimanche en Ouganda où débutent lundi des pourparlers sur la crise, ont annoncé des diplomates.

Les pourparlers sur le Burundi vont s’ouvrir à Entebbe, où se trouve le palais présidentiel, près de la capitale Kampala, a déclaré à l’AFP le ministre ougandais de la Défense, Crispus Kiyonga.

Toutes les parties seront présentes, y compris le gouvernement burundais, a indiqué le ministre, confirmant que les pourparlers se tiendront sous l’égide du président ougandais Yoweri Museveni, médiateur désigné par les Etats de l’Afrique de l’Est.

Le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature fin avril du président Pierre Nkurunziza – réélu en juillet – à un troisième mandat, que l’opposition, la société civile et une partie de son camp jugent contraire à la Constitution et à l’Accord d’Arusha qui a mis fin à la guerre civile en 2006.

Le Cnared, coalition de tous les groupes opposés au troisième mandat de Pierre Nkurunziza, a également été invité à participer aux négociations.

Jusqu’à présent, le gouvernement burundais avait refusé de participer à des négociations avec le Cnared, le qualifiant d’organisation terroriste et l’accusant d’être derrière un coup d’Etat manqué en mai et les attaques en cours contre les forces de sécurité.

En juillet, une précédente tentative de négociation entre le gouvernement et des représentants de l’opposition avait échoué, la partie gouvernementale s’étant retirée deux jours avant la présidentielle qui avait débouché sur la réélection de M. Nkurunziza.

L’Union africaine (UA) a annoncé il y a huit jours qu’elle allait envoyer une mission de 5.000 hommes au Burundi pour tenter de stopper les violences, menaçant Bujumbura de se déployer même sans son accord.

La naissance officielle d’une rébellion, appelée Forces républicaines du Burundi (Forebu), a été proclamée cette semaine par un ancien officier de l’armée burundaise, le lieutenant-colonel Edouard Nshimirimana. Elle se donne pour objectif de chasser du pouvoir le président Nkurunziza.

Le présidente de la commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, a déclaré vendredi qu’elle se félicitait de la reprise du dialogue inter-burundais à Entebbe, ajoutant avoir adressé un message à M. Nkurunziza plaidant pour le déploiement de la force de l’UA, afin d’obtenir le feu vert du gouvernement pour un déploiement rapide.

Le déploiement de la Maprobu (Mission africaine de prévention et de protection au Burundi) et l’exécution de son mandat vont permettre de désamorcer considérablement les tensions actuelles et de réduire le niveau des violences, a déclaré Mme Dlamini-Zuma dans un communiqué.

Le gouvernement burundais a rejeté le principe de la mission de l’UA et prévenu que si cette dernière devait mener à bien ce déploiement sans son aval, cette mission serait alors considérée comme une force d’invasion et d’occupation.

Romandie.com avec(©AFP / 27 décembre 2015 16h52)

Tunisie: discussions secrètes sur la Libye à Djerba, un avion sud-africain à l’aéroport

août 15, 2011

Des pourparlers secrets ont réuni des rebelles libyens et des représentants du gouvernement de Mouammar Kadhafi à Djerba alors que des appareils sud-africain et qataris se trouvaient lundi sur l’aéroport de cette île tunisienne proche de la Libye, a-t-on appris de sources concordantes.

« Les pourparlers se sont déroulés la nuit dernière dans un hôtel de Djerba sous haute garde », a indiqué à l’AFP, une source proche des milieux de la sécurité tunisienne.

« Des cortèges de voitures escortés ont passé la frontière dimanche au point de passage de Ras Jedir, près de Djerba », a ajouté cette source sous couvert d’anonymat, faisant état de la présence parmi les négociateurs de ministres et responsables sécuritaires pro-kadhafi, sans pouvoir les identifier.

Par ailleurs, un jet triple réacteurs sud-africain était stationné lundi à l’aéroport de Djerba, près de deux hélicoptères militaires qataris, a indiqué à l’AFP une source aéroportuaire.

Des affrontements ont opposé la nuit dernière à Ben Guerdane, près de Ras Jedir, des pro-Kadhafi Libyens et Tunisiens ayant franchi le point de contrôle dans de grosses voitures 4X4 et des partisans de la rébellion célébrant « la fin de Kadhafi », ont rapporté à l’AFP des habitants.

Les pro-rebelles avaient commencé par manifester leur joie dans les rues pour « fêter la fin de Kadhafi », a ajouté Mohamed, témoin de la scène.

Les affrontements ont pris fin après après l’intervention des unités de protection de l’ordre public (POB) tunisiennes à 02H00 du matin (01H00 GMT), a-t-il ajouté.

Des renforts militaires exceptionnels et un mouvement inhabituel avaient été constatés dimanche à Ras Jedir, côté libyen du poste frontalier entre la Libye et la Tunisie, alors que des blessés étaient arrivés dimanche par les pistes sahariennes.

« Il y a une présence sans précédent d’unités sécuritaires pro-Kadhafi, avec blindés et armes lourdes du côté libyen du passage frontalier », avait indiqué à l’AFP un témoin ne souhaitant pas être identifié.

Les ministres libyen de la Santé et des affaires sociales Ahmed Hijazi et Ibrahim Cherif ont séjournée dimanche à Djerba, où ils ont rejoint le chef de la diplomatie libyenne Abdelati Obeidi, a indiqué l’agence tunisienne TAP.

Des négociations sont en cours « avec plusieurs parties étrangères », ajoutait l’agence sans donner d’autres précision.

A Tunis, des fortifications ont été érigées autour de l’ambassade de Libye à Tunis, entourée de hauts barbelés sous la garde l’armée. Ce dispositif renforcé a été placé après une tentative menée par des Libyens d’ériger le drapeau de la rébellion sur l’édifice situé sur une grande artère de Tunis.

Une affiche aux couleurs du conseil national de transition libyen partiellement déchirée était collé sur la devanture de l’ambassade.

Une forte demande d’hébergement de personnalités libyennes a été enregistrée dimanche dans des palaces à Gammarth, dans la banlieue nord de Tunis, où avait résidé la semaine derrière le ministre des Affaires étrangères Abdelatti Obeidi, a-t-on appris de sources hôtelières.

Kadhafi a défié les rebelles et l’Otan lundi, au moment où les insurgés ont capturé deux villes clés sur la route de Tripoli, alors que des rumeurs s’étaient propagées sur les réseaux sociaux et dans certains médias, faisant état du départ imminent vers l’étranger du dirigeant libyen.

Jeuneafrique.com avec AFP