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Venezuela: le pouvoir affirme avoir déjoué une « attaque » contre l’armée

août 6, 2017

Une barricade érigée par des opposants, le 6 août 2017 à Valencia / © AFP / Ronaldo SCHEMIDT

Le pouvoir vénézuélien a affirmé avoir déjoué dimanche une « attaque terroriste » contre une base de l’armée, après l’apparition d’une vidéo montrant des hommes en tenue militaire se déclarant en rébellion contre le président Nicolas Maduro.

« A l’aube, des assaillants terroristes sont entrés dans le Fort Paramacay à Valencia », à 180 km au nord de Caracas, et se sont attaqués aux militaires, a écrit sur son compte Twitter Diosdado Cabello, vice-président du parti au pouvoir et membre de la toute puissante Assemblée constituante.

Sept assaillants présumés ont été arrêtés et « livrent des renseignements », a pour sa part indiqué un haut responsable militaire, le général Remigio Ceballos.

Une vidéo supposément tournée dans un régiment de blindés de Valencia circulait dimanche sur les réseaux sociaux et dans plusieurs médias vénézuéliens. Elle montrait un homme se présentant comme un officier et se déclarant « en rébellion légitime » contre « la tyrannie assassine de Nicolas Maduro ».

« Ceci n’est pas un coup d’Etat, ceci est une action civique et militaire pour rétablir l’ordre constitutionnel », affirmait cet homme, se présentant sous le nom de capitaine Juan Caguaripano, flanqué de 15 personnes en tenue de camouflage, certaines d’entre elles armées.

« Nous exigeons la formation immédiate d’un gouvernement de transition et des élections générales libres », ajoutait-il.

– ‘Normalité absolue’ –

Principal pilier du pouvoir chaviste, la puissante armée vénézuélienne est jusqu’à présent restée sourde aux appels de l’opposition pour qu’elle rejoigne son camp, alors que le pays est secoué par une vague de manifestations antigouvernementales qui ont fait 125 morts depuis avril.

« Une normalité absolue règne dans le reste des unités militaires du pays », a assuré sur Twitter Diosdado Cabello, selon qui « ceux qui rêvent du contraire se heurteront au moral de la Force armée nationale bolivarienne ».

Cette « attaque » présumée contre l’armée survient alors que l’Assemblée constituante, élue le 30 juillet et contestée par l’opposition et par une grande partie de la communauté internationale, a entamé samedi ses travaux en destituant la procureure générale Luisa Ortega, l’une des principales adversaires du président Maduro.

La Cour suprême, accusée par l’opposition d’être inféodée au pouvoir, a annoncé que Mme Ortega serait jugée pour des « irrégularités ». Ses comptes ont par ailleurs été bloqués et il lui a été interdit de quitter le pays.

Ce limogeage risque d’empirer les relations déjà tendues du Venezuela avec la communauté internationale, inquiète de la dérive autoritaire du régime. Le Mercosur, le marché commun d’Amérique du sud, a suspendu samedi le Venezuela « pour rupture de l’ordre démocratique ».

Présidée par l’ex-ministre des Affaires étrangères Delcy Rodriguez, une fidèle de M. Maduro, la Constituante est dotée de tous les pouvoirs, avec pour mission de réécrire la Constitution de 1999 promulguée par Hugo Chavez.

M. Maduro lui a notamment fixé pour mission d’apporter la « paix » et de redresser l’économie en lambeaux de cette nation pétrolière, naguère immensément riche.

L’opposition accuse en revanche le dirigeant socialiste de vouloir accroître ses pouvoirs et prolonger son mandat qui s’achève normalement en 2019.

La Constituante devait mettre en place dimanche une commission chargée d’enquêter sur les « crimes » commis pendant les manifestations antigouvernementales.

Selon l’ONG Foro Penal, au moins 4.500 personnes ont été arrêtées depuis le début de la vague de protestations. Un millier d’entre elles sont encore en détention, dont 300 sur ordre de tribunaux militaires.

L’un des chefs de l’opposition, Leopoldo Lopez, a pour sa part été libéré de prison samedi soir, après cinq jours de détention, et de nouveau assigné à résidence à son domicile à Caracas.

M. Lopez avait été initialement placé en résidence surveillée le 8 juillet après avoir passé trois ans et cinq mois à la prison de Ramos Verde. Il y purgeait une peine de près de 14 ans de détention à laquelle il avait été condamné pour incitation à la violence lors d’une vague de manifestations en 2014 contre M. Maduro qui avait fait 43 morts.

Un autre dirigeant de l’opposition, le maire de Caracas Antonio Ledezma, a lui aussi été remis aux arrêts domiciliaires vendredi après trois jours de prison militaire.

Romandie.com avec(©AFP / 06 août 2017 18h10)

RDC : le 16 mai 1997, jour de la chute de Mobutu

mai 16, 2017

Le maréchal-président du Congo-Zaïre Joseph-Désiré Mobutu, en juin 1983, à Lubumbashi. © Pascal Maitre pour J.A.

Alors que Laurent-Désiré Kabila est aux portes de Kinshasa, Mobutu Sese seko s’enfuit vers Gbadolite, puis vers le Togo et le Maroc. Le 16 mai 1997 marque le début de la fin du Léopard, qui mourra moins de quatre mois plus tard.

Kinshasa se réveille la peur au ventre. Chacun se demande si l’épilogue de la guerre éclair menée par Laurent-Désiré Kabila, soutenu par ses parrains rwandais et ougandais, est pour bientôt. Certains espèrent que les Forces armées zaïroises (FAZ) relèveront la tête pour défendre la capitale. Les rebelles sont déjà à Kenge, à quelques kilomètres. Mais la bataille de Kinshasa n’aura pas lieu. Sur recommandations américaines, les hommes de Kabila n’entreront dans la ville qu’après le départ de Mobutu Sese Seko. Ce matin du 16 mai 1997, une longue escorte quitte le camp Tshatshi, la résidence officielle du président Mobutu, et se dirige à vive allure vers l’aéroport de Ndjili.

 

Quelques minutes plus tard, le Léopard embarque dans un avion à destination de ses terres de Gbadolite, dans la province de l’Équateur (Nord-Ouest), aux confins de la frontière avec la République centrafricaine. Une tragédie se dénoue. Mais Gbadolite ne sera qu’une étape. Le lendemain, Mobutu Sese Seko, sous la pression des événements, est contraint de prendre un autre vol pour Lomé. À l’aéroport de Moanda, près de Gbadolite, des soldats désespérés tirent sur l’appareil, sans pouvoir l’endommager. Le même jour, en fin d’après-midi, les rebelles prennent Kinshasa. Le 7 septembre 1997, l’ex-président s’éteint à Rabat, au Maroc. Il était arrivé au pouvoir en novembre 1965.

Règne sans partage ?

En réalité, Mobutu n’était plus le « maître du Zaïre » depuis ce jour d’avril 1990 où il avait annoncé, la larme à l’oeil, la voix brisée par l’émotion, la fin du parti-État, le Mouvement populaire de la révolution (MPR), à la manière d’un père qui abandonne son enfant.

On a dit et écrit, un peu trop facilement, que « l’Homme seul » (ainsi l’avait surnommé, au tout début des années 1960, un de ses amis, le journaliste belge Francis Monheim) avait régné sans partage. Mobutu Sese Seko fut un homme à poigne. C’est incontestable. Mais en réalité, il n’était plus le « maître du Zaïre » depuis ce jour d’avril 1990 où il avait annoncé, la larme à l’oeil, la voix brisée par l’émotion, la fin du parti-État, le Mouvement populaire de la révolution (MPR), à la manière d’un père qui abandonne son enfant. Dès lors, les rangs se fissurent, des proches collaborateurs de longue date s’émancipent et basculent dans l’opposition. Les temps sont durs, tellement durs que, pendant les travaux de la Conférence nationale souveraine, le Léopard est vilipendé. Touché dans son amour-propre, il quitte Kinshasa, le centre du pouvoir, et s’exile à Gbadolite. Erreur fatale, sans doute, car il ne contrôlera plus rien, en réalité. Tout le reste, six ou sept années durant, ne sera plus que gesticulations, manoeuvres dilatoires, querelles byzantines face à une opposition faussement radicale et ivre de mots. Mobutu, miné par un cancer de la prostate, n’était plus Mobutu, la bête politique. On le verra sur des images restées célèbres lorsqu’un notable de Gbadolite le supplie de regagner Kinshasa afin de « reprendre le pouvoir ». En vain.

La chute de Mobutu, après une guerre venue de l’extérieur, a traumatisé son camp. « Vaincus militairement, la peur nous a gagnés. Nous avons alors choisi de nous taire pour éviter les représailles. Seule la vérité des vainqueurs comptait », résume un ancien vice-président du MPR sous le couvert de l’anonymat. Un autre ancien du MPR, Louis Koyagialo Ngbase te Gerengbo, qui fut gouverneur du Shaba (l’actuel Katanga) sous Mobutu et tout récemment vice-Premier ministre du gouvernement Muzito et Premier ministre intérimaire (entre mars et avril derniers), désormais dans la majorité présidentielle, n’en pense pas moins. Pour lui, « le maréchal Mobutu a été diabolisé dans l’opinion. Il était difficile de se réclamer de son héritage et d’en tirer des dividendes politiques ». Détail important, après la perte de son statut de parti-État, le MPR n’avait plus les moyens financiers nécessaires à un rebondissement.

Cendres

Grâce à la normalisation politique qui va conduire au dialogue intercongolais en Afrique du Sud, le MPR tente de renaître de ses cendres à partir du début des années 2000. Mais la guerre des chefs va faire rage entre deux fidèles, Catherine Nzuzi wa Mbombo – ancienne vice-présidente du MPR et candidate à l’élection présidentielle de 2006 – et Félix Vunduawe te Pemako – vice-Premier ministre, ministre, directeur de cabinet de Mobutu, avant d’être élu député en 2006. Le parti se divise en deux tendances : le MPR-Fait privé, créé en 1991 après la disparition du parti-État, que revendique Nzuzi wa Mbombo, et le MPR « canal historique » du côté de Vunduawe. « Cette dualité entretenue par le pouvoir en place n’a pas permis l’émergence du MPR dans la nouvelle configuration politique et a déshonoré la mémoire du maréchal Mobutu », déplore Vunduawe te Pemako.

On aurait pu croire que Nzanga Mobutu, en créant avec ses amis l’Union des démocrates mobutistes (Udemo), se poserait en héritier politique de son père. Paradoxalement, il a toujours affirmé que son géniteur appartenait au siècle passé et que lui est un homme de ce siècle. À moins que la vérité ne se trouve du côté de cet observateur qui affirme : « Les gens s’attachent plus aux individus eux-mêmes qu’à ceux qui prétendent les représenter. » Et de rappeler que les enfants de Patrice Lumumba (dont l’une fut ministre de Laurent-Désiré Kabila), de Joseph Kasa-Vubu (dont deux filles étaient candidates à la présidentielle de 2006) et de Moïse Tshombe (une de ses filles est conseillère à la Francophonie de Joseph Kabila) n’ont jamais réussi en politique.

Du temps de sa splendeur, il rassurait et incarnait l’idéal de grandeur.

Dignité

Le mobutisme en tant que vision du monde est-il mort pour autant ? « Non », répond André-Alain Atundu Liongo, président de la Convention pour la République et la démocratie (CRD, majorité présidentielle), qui fut chef des services de renseignements sous Mobutu. Selon lui, « le mobutisme a survécu à travers les idées d’intégrité du territoire national, de cohésion nationale, de dignité face à l’adversité. Bref, c’est l’esprit de la nation qu’on retrouve dans tous les partis aujourd’hui. Les gens se réfèrent désormais au mobutisme sans complexe ».

Il n’empêche, l’oeuvre de Mobutu est diversement appréciée. Ses plus farouches détracteurs l’accusent d’être resté trop longtemps au pouvoir, de n’avoir rien construit, d’avoir pillé et ruiné le pays. Cet état d’esprit transparaît à travers une anecdote que raconte un ancien ministre des Affaires étrangères du régime actuel. « Un jour, je recevais au ministère Nkosazana Dlamini-Zuma, alors chef de la diplomatie sud-africaine. Elle a estimé que le bâtiment était beau et cherché à savoir à quand remontait sa construction. Je lui ai répondu qu’il datait de l’époque de Mobutu. Elle s’est alors exclamée : « Ce n’est pas possible ! Vous avez pourtant toujours affirmé que ce monsieur n’avait rien construit. » »

Pour Vunduawe, tout ce qu’on dit sur Mobutu n’est pas juste. « Je constate avec regret que les gens ont l’habitude de juger le bilan du maréchal sur ses cinq dernières années, caractérisées par une forte crise consécutive à la fin de la guerre froide, clame-t-il. Le bilan global des trente-deux années de pouvoir montre qu’il a réalisé beaucoup de choses, notamment l’unité et la concorde nationales, la conscience et la fierté nationales, la paix, sans oublier la démocratie, qu’il nous a léguée. »

Croyance

Indulgence exagérée ? D’une manière générale, beaucoup de Congolais se montrent nostalgiques de l’ère Mobutu. C’était l’époque où le Zaïre était craint et respecté par tous ses voisins. « En ce temps-là, affirment-ils, nous vivions en paix et personne ne venait nous humilier chez nous. » La Gécamines était florissante et le Zaïre était le premier pays d’Afrique subsaharienne à participer à la Coupe du monde de football (en 1974). Il pouvait organiser le combat de boxe Ali-Foreman à Kinshasa, financer la construction de l’université de Nouakchott, payer les fonctionnaires de certains pays frères en difficulté, former les militaires des armées de quelques États africains. Ils se souviennent de leur musique qui faisait danser tout le continent et brillait par sa qualité.

« Aujourd’hui, nous sommes tombés très bas », se lamente un chauffeur kinois. Ils n’ont pas oublié le « grand chef » qui rassurait et incarnait l’idéal de grandeur, la fierté d’être soi-même, africain, dans la dignité. Les références, aujourd’hui, semblent provenir d’ailleurs. Mobutu Sese Seko demeure également l’artisan de l’unité nationale. « Les aspects positifs de son oeuvre politique demeurent. Tôt ou tard, ils seront sauvegardés », veut croire Vunduawe te Pemako. Le mobutisme a toujours été une forme de croyance.

 

Jeuneafrique.com par

Congo: Message important à l’approche des élections législatives

avril 15, 2017

Les élections législatives arrivent et les dirigeants du PCT demandent des sacrifices humains aux différents candidats.

Chers compatriotes, je m’appelle Henri, mon cousin est haut gradé de la franc-maçonnerie du Congo Brazzaville. Voici ce qu’il m’a dit avant hier :


« Cousin, le pouvoir de Brazzaville passe à la vitesse supérieure dans le sacrifice d’êtres humains. Le week-end dernier nous étions convoqués à la loge. Les Maîtres nous ont fait prêté serment de ramener à chacun 2 à 3 têtes (sacrifier mystiquement nos proches pour sauver le pouvoir chancelant). Donc, Henri retiens ceci:

1- n’accepte pas d’argent ou de cadeaux d’un franc-maçon quelques soient les liens qui peuvent vous unir

2- ne rentre pas dans la même voiture avec lui, risque d’accident où toi seul risquerais de perdre la vie

3- pas de séjours dans nos maisons, risque d’incendie et ce jusqu’à nouvel ordre.
Car la franc-maçonnerie nous ravit ceux des faibles qui peuvent nous approcher quand nous-même ne voulons pas sacrifier nos proches d’où certaines maisons de proches du pouvoir qui brûlent. Même si nous ne sacrifions pas nous-même, la loge peut nous contourner et prendre sur notre dos. On nous remet des millions à distribuer et c’est là le principal piège.

« Je ne veux pas te perdre, si je viens en France ce mois, j’éviterai ta voiture ».

Chers compatriotes, je vous ai dévoilé ce que mon cousin m’a relaté, à chacun de croire ou de ne pas croire. J’ai fait mon devoir d’alerter. Bonne compréhension.

Photo de BrazzaNews.
Aujourd’hui à Mpita sur les rails non loin de la maison  » Azur » , le corps d’un jeune homme d’environ une trentaine retrouvé ce matin sur les rails vers PK 14 de NGONDZI, le corps a été retrouvé par les agents du CFCO. Le cœur et les testicules emportés par ses assassins sans doute pour des pratiques occultes et sataniques…Les pieds et mains coupés.
Photo de BrazzaNews.

 

Avec Brazzanews.fr

RDC : le pouvoir et l’opposition doivent discuter mardi de la mise en application de l’accord du 31 décembre

janvier 2, 2017

Etienne Tshisekedi, à l’aéroport de Kinshasa le 27 juillet 2016. © John Bompengo/AP/SIPA

En République démocratique du Congo, un contact est prévu ce mardi entre le pouvoir et l’opposition afin de définir les modalités d’application de l’accord signé le 31 décembre. Celui-ci doit poser les jalons de la cogestion du pays après la fin du mandat du président Joseph Kabila le 20 décembre dernier.

Trois jours après l’accord historique du 31 décembre, “un premier contact dans le sens de déterminer les modalités de sa mise en application est prévu mardi”, a annoncé l’abbé Donatien Nshole, porte-parole de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). Négocié grâce à la médiation des évêques du pays, cet accord autorise le président Joseph Kabila à demeurer au pouvoir jusqu’à l’élection de son successeur, au plus tard fin décembre 2017.

“L’accord étant déjà en vigueur depuis sa signature, nous avons convenu de discuter d’un arrangement particulier sur la composition du Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral (CNSAP), le mode de désignation des 28 membres de cet organe, de la composition du gouvernement de transition”, a confirmé Christophe Lutundula, signataire de l’accord pour le compte du Rassemblement, la coalition de l’opposition menée par Étienne Tshisekedi.

Dix signatures manquantes

À cela s’ajoute la question de la représentativité de cet accord, dix délégués de l’opposition n’ayant pas apposé leur signature sur ce document. Il s’agit des représentants du Mouvement de libération du Congo (MLC), de l’ancien vice-président de la République Jean-Pierre Bemba, actuellement détenu à La Haye pour crimes contre l’humanité, et de certains négociateurs appartenant à la frange minoritaire de l’opposition.

Lors des discussions, le MLC avait réclamé la présidence du CNSAP, en dénonçant le fait que l’opposant Étienne Tshisekedi soit président de cet organe et que le Premier ministre de transition soit également issu du Rassemblement.

Ce refus d’entériner l’accord avait d’ailleurs conduit la majorité au pouvoir à signer sous réserve le document de sortie de crise. “Pour notre famille politique (majorité), cet arrangement particulier doit régler cette question d’absence d’inclusivité de l’accord du 31 décembre », a ainsi déclaré le ministre des Médias Lambert Mende.

Jeuenafrique.com avec AFP

RDC: Les points d’achoppement du dialogue

décembre 18, 2016

 

Burkina Faso : Pouvoir et opposition disent Niet à un retour aux affaires de Blaise Compaoré

octobre 27, 2016

Quand il voit comment Pierre Nkurunziza résiste à la pression de la communauté internationale, bien qu’il ne sorte plus du Burundi depuis sa victoire controversée en juillet 2015, quand il voit comment Denis Sassou Nguesso a réussi à déjouer son opposition intérieure et celle (supposée) du gouvernement français, même si les cordons de la bourse au FMI sont, momentanément, coupés, quand il observe comme Joseph Kabila se joue de Washington en refusant de tenir les élections à bonne date, stratégie qui lui permet de conserver le pouvoir, Blaise Compaoré (notre photo) doit se dire pourquoi moi seul et personne d’autre ? En effet, de tous les chefs d’Etat qui étaient dans le viseur de la communauté internationale parce que leurs constitutions ne leur permettaient plus de se représenter, seul, lui, Compaoré, a bu la tasse. Les autres s’en sortent tant bien que mal, aidés, parfois, par des oppositions, pas à la hauteur.

A Ouagadougou où on vient de déjouer une énième tentative de déstabilisation des institutions, on prend, très au sérieux, le souhait (caché) caressé par Blaise Compaoré de récupérer son « bien ». Simplement, le peuple burkinabé étant différent de celui du Burundi, du Congo-Brazzaville et du RDCongo, les choses ne seront pas si simples pour Blaise Compaoré et ses amis.

Plus de 300 participants au nombre desquels des personnalités de haut rang de diverses spécialités et bords politiques, sont attendus à la conférence nationale sur l’insurrection, prévue le samedi 29 octobre prochain, à Ouagadougou, a annoncé mardi, le Chef de file de l’opposition politique (CFOP), Zéphirin Diabré.

Cette conférence nationale, organisée par l’opposition, se tiendra dans le cadre de la commémoration du 2e anniversaire de l’insurrection populaire de fin octobre 2014. Ce 2e anniversaire sera fêté, comme il se doit, aussi bien, par le pouvoir que par l’opposition.

«Insurrection et aspirations au changement du peuple burkinabè : bilans et perspectives pour une véritable réconciliation nationale », tel sera le thème de cette conférence.

Par la suite, l’opposition se joindra à la cérémonie d’hommage aux martyrs du gouvernement prévue au Monument aux martyrs, à Ouaga 2000, dans la matinée du 30 octobre.

Afriqueeducation.com

Congo/Dialogue de Brazzaville : Pourquoi faire?

juin 8, 2016

 

Tel un aigle volant au firmament, Sassou veut se placer au dessus de la mêlée politique au Congo. Or l’histoire congolaise nous montre à suffisance que ce dernier depuis des lustres à toujours été à l’origine des basses manœuvres qui ont ensanglantées et endeuillées notre beau pays. On aurait pu y croire avec son « J’assume » de la Conférence nationale souveraine de 1991, mais c’était sans compter que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Qu’assumait-il au juste ? Jusqu’à ce jour, je n’ai pas de réponses à mes nombreuses questions.

Toujours est-il, qu’allons-nous faire à un dialogue décidé en désespoir de cause par celui qui a soi-disant gagné les élections présidentielles avec 8 % des suffrages de ses concitoyens ? Le paradoxe tel que Sassou nous a habitué depuis la nuit des temps. Lui que la providence a toujours ménagé, arrivant au pouvoir au moment où les caisses de l’état sont toujours pleines, n’a eu cesse que de casser comme un jouet le Congo par une absence de vision pour un meilleur futur commun, une mal gouvernance, la gabegie, le népotisme, le tribalisme, le clientélisme et l’achat en masse des consciences. En gros le néant, comme se résume son bilan après 32 ans de dictature féroce.

Après des années de traumatisme, le Congo plongé actuellement dans un chaos institutionnel, économique, financier et social, doit pouvoir se sortir de cette mauvaise passe car le temps passe et presse. Dans la méthode de résolution des problèmes, nous commencerons par définir le problème, en rechercher les causes, trouver des solutions et en garder la meilleure pour l’appliquer, la suivre et l’évaluer.

Le problème actuel du Congo n’est autre que Sassou qui veut se maintenir coûte que coûte, ad vitam aeternam au pouvoir avec sa clique. Sa conversion du socialisme du parti unique le PCT vers la démocratie n’était que par pur opportunisme que par conviction, les faits nous donnant raison. Lui qui exhortait à juste titre tous les démocrates à se lever, à dire NON, lorsque la constitution était violée, se mue en pourfendeur de ces mêmes valeurs qui font la fierté d’un peuple. De démocratie, le Congo est insidieusement devenue une dictature à ciel ouvert avec un culte de la personnalité qui n’a d’égal que le ridicule qui le caractérise. Seuls, les ressortissants de la même région, nous dirons du même coin, peuvent jouir du lait et du miel qui depuis longtemps coulent au Congo. Le peuple congolais, ces déshérités, que l’on ne côtoie que lors des campagnes électorales devra se contenter de l’eau non potable du robinet quand il coule. Il assiste à sa propre mort sous la mitraille, car le pouvoir est au bout du fusil selon la doctrine cardinale du PCT. « Tout pour le peuple rien que pour le peuple » qui a vécu, est devenu un souvenir lointain. La traversée du désert de 1992 à 1997 n’est pas pour rien dans le comportement de celui qui se croit investi d’une mission messianique, celle de gouverner le Congo contre vents et marées, envers et contre tous.

Quant aux causes, nous retiendrons la principale, le coup d’état constitutionnel du 25 octobre 2015 promulgué le 06 novembre 2015. Bien qu’un peuple ne réponde généralement pas à la question posée lors d’un référendum, le peuple congolais, au moins les 5 % des votants, a eu la surprise d’avoir été consulté sur une question non posée. Ainsi de l’évolution des institutions, on a fait la bascule vers la nouvelle république. Salut l’artiste ! Tel Machiavel, le Prince d’Edou, une fois de plus a su se jouer de nous pour imposer sa volonté. Ce cirque ayant été précédé d’un énième massacre le 20 octobre 2015. Nous n’oublierons jamais nos martyrs. Sur combien de cadavres faudra-t-il que ce monsieur marche pour asseoir son pouvoir ? Sa saga morbide continue. Mêmes les producteurs les plus prolifiques en histoire glauque d’Hollywood n’auraient imaginé pareil scénario.

Se sentant pris au piège avec dans les bras deux constitutions, fait inédit et cocasse dans une vie politique, il force les événements en convoquant une élection présidentielle anticipée à huit clos. Ainsi, il reconnaît devant l’opinion nationale et internationale que le Congo traverse une crise institutionnelle. Si ce n’était le cas, pourquoi alors avoir anticipé l’élection présidentielle ? Nous sommes habitués aux caprices de celui qui a décidé de prendre tout un peuple en otage et, nous savons aussi que le bon sens l’a quitté depuis longtemps. Nous ne désespérons pas qu’il le retrouve un jour pour l’intérêt général.

L’opposition congolaise, responsable devant le peuple congolais, avait joué le jeu démocratique pour cette élection présidentielle du 20 mars 2016 en incitant massivement ses partisans à aller s’inscrire sur les listes électorales. Un certain nombre de doléances furent adressées au pouvoir en place pour une élection libre, transparente et crédible. Que nenni. Encore une fois, il nous roula tel un boulanger, dans la farine. Mais, il ignorait l’engouement de ce qui fut une grande liesse populaire. Dès lors, nous savons qu’ils avaient perdu le pouvoir : ‪#‎SASSOUFIT‬ était en marche.

Il organisa l’élection présidentielle en coupant les lignes téléphoniques, internet et les réseaux sociaux, une première mondiale dont on se serait passé. Le Congo fut renvoyé à l’âge de la pierre taillée, nous dirons la préhistoire. S’ensuivit quelques temps après l’annonce nuitamment des résultats de cette forfaiture, une vraie fausse attaque des quartiers Sud de Brazzaville attribuée au Pasteur Ntumi son allié d’hier. Le bouc émissaire tout trouvé pour terroriser le peuple et le prier de rester chez soi pour ne pas manifester son mécontentement devant la tournure ubuesque, tragi-comique, que prenait les élections. Ce qui ne fut prévu, c’est l’enlisement de cette guerre civile dans le Pool et, la réaction bien que timorée de la communauté internationale face au massacre des populations du Sud du pays. Au passage, naviguant à hue et à dia, l’économie mondiale s’est imposée au Congo avec la baisse drastique du prix du baril de pétrole.

Tous ces phénomènes sus-cités ont fini par faire réfléchir celui qui n’écoute que lui-même. A défaut de négociation c’est la confrontation, car le peuple congolais et surtout sa jeunesse n’ont plus rien à perdre et y sont préparés. Arrive alors sous la pression de la France notre puissance coloniale, sous couvert de l’Union Africaine, le moment d’initier un dialogue inclusif. Bien qu’obtus, le pouvoir dictatorial du Congo-Brazzaville ne peut se permettre de vivre complètement en autarcie. D’ailleurs en a-t-il les moyens ? Nos ressources depuis 55 ans n’en servi qu’à la corruption des étrangers, occidents et consorts. Quid du peuple congolais qui croupit dans une misère indicible.

Ce pouvoir sera balayé par le tsunami populaire. La crainte de la perte totale du pouvoir pousse ce dernier à vouloir négocier à ses conditions, en vue d’offrir à certains opposants faibles d’esprit, en manque d’éthique de conviction, des strapontins ministériels. Même devant un buffet l’on peut résister de manger pour ne pas entrer dans le jeu, car la démocratie n’est pas un buffet où l’on ne prend que ce qui nous intéresse. Notre problème prégnant est le respect de la constitution du 20 janvier 2002 et la mal gouvernance de ce pouvoir.

Ce dialogue vivement souhaité par la France pour le climat des affaires au détriment et au mépris du bien être du peuple congolais ne peut recevoir notre assentiment. Le peuple congolais s’est exprimé le 20 mars 2016 et, son choix doit être respecté. La realpolitik actuelle nous montre que certains dirigeants occidentaux ont chacun leur dictateur qu’ils soutiennent. Poutine soutient Bachar El Assad dont les crimes sont innommables et, François Hollande soutient Sassou qui suit la voie du Syrien. Comme le disait Alain Mabanckou, « pourquoi ce qui est intolérable en France serait toléré au Congo ?  »

Sassou est à l’origine du problème, il est le problème, donc il ne peut pas faire partie de la solution. Si dialogue il y a, ce sera pour fixer et régler les conditions de son départ du pouvoir. Nous avons vécu 32 ans comme des moutons, il ne tient qu’à nous d’être maintenant des lions même pour une journée en chassant Sassou du pouvoir. Nous sommes le peuple congolais et nous sommes le pouvoir. Les soi-disant opposants, victimes du syndrome de Stockholm, habitués de la mangeoire de Mpila, qui vont s’aventurer à ce dialogue sans un mandat ferme du peuple congolais pour cautionner de fait ce coup d’état constitutionnel, en porteront seuls la responsabilité devant l’histoire et pour l’éternité.

Dès à présent, nous posons les bases de la vraie souveraineté nationale, gage véritable de notre société démocratique de demain. La libération des prisonniers politiques d’opinion et l’élargissement de nos leaders assignés à résidence qui apparaissent plus comme une évidence qu’un malheureux acte politique, ne sauraient nous distraire du but fixé ni nous attendrir. Si nous nous trompons de problème, nous allons nous tromper de solution. Restons vigilants, car tel un fruit mûr, ce pouvoir va tomber. Notre engagement citoyen nous pousse à nous interroger sur le bien fondé d’une pareille initiative. Notre combat est juste et le but est proche. Ne nous laissons pas enfumer encore une fois. Ne cautionnons pas la politique du bâton et de la carotte. Un tyran trouvera toujours un prétexte pour justifier sa tyrannie.

La convocation du Professeur Charles Bowao ce mardi 07 juin 2016 par les services de sécurité, l’un des derniers remparts contre cette dictature, démontre la fébrilité de ce pouvoir. Connaissant l’homme dont la cohérence de la pensée et de l’action politique est constante, nous ne doutons pas qu’il puisse faire face avec brio à ces tontons macoutes.

« Toute politique qui n’est pas quête de vérité est criminelle. »
Simone Weil.

Brazzanews.fr

RDC : les autorités défendent le bilan d’une opération antibanditisme contestée

juin 7, 2016

Kinshasa – Les autorités congolaises ont refusé mardi de donner le bilan officiel du nombre de personnes tuées lors d’une opération antibanditisme, ayant fait plusieurs dizaines de morts entre novembre 2013 et février 2014 selon l’ONU et des organisations de défense des droits de l’Homme.

Nous ne pouvons, en aucun cas, brandir le nombre de morts au titre de trophée pour une opération réalisée avec professionnalisme, a déclaré le ministre de l’Intérieur Évariste Boshab, lors de la présentation du rapport de cette opération Likofi (Coup de poing en lingala).

Cette opération, qui avait pour objectif de mettre au pas les Kuluna, les membres des bandes criminelles, a été émaillée de quelques accros, a-t-il concédé.

La cruauté des Kuluna n’a pas de commune mesure. Les Kuluna défient l’autorité de l’État, constituent une véritable menace à la paix sociale, sèment la désolation, a insisté le ministre.

Des policiers de la RDC ont abattu au moins 51 hommes jeunes et garçons et fait disparaître de force 33 autres dans le cadre de [cette] opération de police brutale, a déclaré à l’AFP Ida Sawyer, de l’ONG américaine de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch.

Les autorités congolaises devraient veiller à ce que les principaux responsables des violences fassent l’objet d’une enquête (…) y compris le commandant de l’opération, le général Célestin Kanyama, a-t-elle ajouté.

Plusieurs familles se sont plaintes que leurs fils ont été enlevés par l’équipe du général Célestin Kanyama (à l’époque colonel) et ne sont jamais rentrés. Les familles continuent à les réclamer jusqu’aujourd’hui, a déclaré Dolly Ibefo, directeur de La voix des sans voix, l’une des principales ONG congolaises de défense des droits de l’Homme.

Un habitant de Kinshasa, Michel Soki, a témoigné auprès de l’AFP que son neveu a été abattu gratuitement le 22 novembre 2013, et son corps a disparu.

Il y a effectivement un problème d’insécurité à Kinshasa [mais] l’État ne peut pas tuer les gens sommairement, a-t-il dit.

Selon un rapport de l’ONU publié en octobre 2014, au moins 41 personnes ont été tuées ou ont disparu du fait de l’action de policiers lors de ce grand coup de filet contre la délinquance armée menée à Kinshasa.

La réaction de Kinshasa à ces chiffres a d’abord été d’expulser le chef du Bureau de l’ONU aux droits de l’Homme en RDC, puis de crier au lynchage médiatique, avant de faire part de sa volonté de continuer d’enquêter pour s’assurer qu’aucune bavure policière commise pendant l’opération ne reste impunie.

Le gouvernement a chargé mardi la police de monter rapidement une nouvelle opération contre les gangs armés dans le strict respect des principes cardinaux de la nouvelle doctrine de la police de proximité, a annoncé M. Boshab.

Cette décision a été prise face à la résurgence des agressions dues aux Kuluna, face aux pleurs de la population, face aux chantages de quelques ONG financées par l’étranger, a-t-il expliqué.

Romandie.com avec(©AFP / 07 juin 2016 21h27)

Congo: Arrestations abusives et dialogue de dupes

juin 6, 2016

Que veut le pouvoir de Brazzaville ?

Pendant que le premier ministre Clément Mouamba de la nouvelle république prend l’initiative d’un dialogue qui impliquerait toute la classe politique, et surtout au moment où l’opposition subordonne sa participation à ce dialogue à, entre autres conditions, la libération des prisonniers politiques, le régime de Sassou persiste et signe dans les enlèvements et arrestations sauvages et arbitraires.

Mercredi 0 juin 2016, un jeune compatriote qui par le passé avait refusé visiblement de prêter son allégeance au changement de notre constitution, a été enlevé hier au plateau de 15 ans par des éléments armés pour une direction inconnue. Ce jeune enlevé s’appelle Ngouombolo Pidis Merlin.

C’est dans le même élan de barbarie que M. Patrice Laganny, président de la plateforme politique R16, composante du Frocad, a été enlevé de son domicile ce jeudi 2 juin 2016 matin à 4 h 07 minutes par des éléments de la force publique lourdement armés. Le kidnapping s’est déroulé devant femme et enfants.

Depuis ce rapt, le troisième dont est victime depuis août 2015 ce remarquable leader de l’opposition, Patrice Laganny alias Papito est incarcéré à la DGST.

Comme si cela ne suffisait pas, demain mardi 7 juin 2016, le coordonnateur des plateformes IDC-FROCAD, Mr Charles Zacharie Bowao est convoqué par la police politique aux ordres de Mr 8 %.
Selon nos informations, Charles Zacharie Bowao se fera représenter par son avocat à la convocation du mardi 7 juin 2016 dans les bureaux du Colonel Thomas Bakala Mayinda.

Partageons cette réflexion du Coordinateur IDC-FROCAD, le Prof Charles Zacharie Bowao :

« Etonnant à quel point tous les « envoyés », tous les « médiateurs » qui se succèdent au Congo ne nous demandent qu’une seule chose, à nous leaders de l’opposition : reconnaitre la « victoire » volée du dictateur, de l’usurpateur, du putschiste Denis Sassou Nguesso. Les « envoyés », « médiateurs », « délégations » se succèdent jour après jour. Pourquoi tant de pressions de la part de celui qui prétend avoir été élu à plus de 60% ? Si c’est le cas, pourquoi nous demander de signer des documents reconnaissant qu’il a été élu? Dos au mur, acculé, en état de faillite, tout ce que le putschiste a trouvé : encercler les leaders de l’opposition; les convoquer à la DGST ou au Ministère de l’Intérieur pour faire pression.

Nous, opposition, vrais démocrates, ne céderons pas. Nous refusons depuis des mois des postes, de l’argent, des magouilles. Nous demandons juste le respect du vote du peuple congolais, la fin de la mascarade et du pillage du pays par un clan. Je ne céderai pas. Le message est clair. Nous irons jusqu’au bout malgré les compromissions et le silence assourdissant de certains. En ces heures terribles pour notre pays, mes pensées vont à ceux qui souffrent de la dictature, ceux qui ont perdu un être cher dans ces combats, à ceux qui subissent la répression, la torture, à ceux nombreux, disparus, à ce qui ont été obligés de fuir, à nos nombreux morts, trop nombreux. Le jour viendra, prochainement, où les responsables, les coupables, devront rendre des comptes devant le peuple congolais et affronter la justice.

Le peuple congolais aspire à la paix, au changement, à l’alternance. »

Zenga-mambu.com par Didier Onka

La survie du pouvoir de Brazzaville est-elle liée à Alain Mabanckou

juin 4, 2016

Depuis que l’éminent poète et romancier Alain Mabanckou s’est exprimé sur « un processus électoral qui n’a rien à voir avec la démocratie, demandant à François Hollande de s’exprimer », plusieurs membres du gouvernement congolais sont sortis du bois dans une rhétorique que l’on pourrait qualifier de lynchage. Alain Mabanckou, un humaniste inspiré, qui a fait de la magie des mots un moyen de lutter et de défendre un idéal, est accusé « d’allégeance au colonisateur de ses ancêtres», et qualifié « de traitre », « d’avoir vendu son âme » et « d’avoir renié le Congo ».

Nelson Mandela a dit : « L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde ».

L’absence d’éducation, de morale et de dignité sont à notre avis les raisons qui ont conduit ces prétendus commis de l’Etat à s’exprimer avec ce degré sans précédent d’ignorance. L’obscurité ne peut chasser l’obscurité.

Après ses études de droit en France, Alain Mabanckou est allé enseigner durant 13 ans aux Etats-Unis. L’enseignement aux Etats-Unis lui a été proposé par les Américains eux-mêmes. Il a enseigné d’abord à l’université du Michigan et à partir de 2007, il est devenu professeur titulaire à l’université de Californie à Los Angeles. Il est de ce fait fonctionnaire de l’Etat de Californie.

Le 25 novembre 2015, il reçoit un message du philosophe Antoine Compagnon lui annonçant sa nomination au poste de professeur dans la chaire de création artistique au collège de France. Il est le premier écrivain à être nommé dans ce prestigieux collège fondé il y a cinq siècles en 1530 par François 1er. Par cette nomination, l’assemblée des professeurs a souhaité mettre en avant, la création et le talent littéraire et donner la place qu’elles méritent, aux études africaines pour être au premier rang dans la réflexion sur des cultures qui marqueront le siècle qui commence. Le 17 mars 2016, Alain Mabanckou prononce dans un amphithéâtre plein, sa première leçon inaugurale en l’absence des hautes autorités du Congo.

Alain Mabanckou a beaucoup travaillé, il s’est créé lui-même à la force de son talent, de son génie, de sa créativité et de son imagination. En 2006, il remporte avec « Mémoire de porc-épic » le prix Renaudot qui le révèle au monde entier. Mabanckou est auteur de six recueils de poésie, douze romans, cinq essais, deux anthologies, deux livres jeunesse et deux discographies avec le groupe musical Black Bazar. Il a remporté près de vingt prix littéraires dont : prix de la société des poètes français en 1995, grand prix littéraire d’Afrique noire en 1999, en 2005 prix du roman ouest-France, prix des cinq continents de la francophonie et prix RFO du livre. Finaliste en 2015 du Man Booker International Prize et du Premio Strega Europeo. On peut citer aussi le prix créateurs sans frontières(2007), prix Franco-Israélien Raymond Wallier(2009), prix Georges Brassens(2010), lauréat du Liste Goncourt le choix polonais en 2015, grand prix littéraire Henri Gal prince en 2013 par la principauté de Monaco. Il est chevalier de la légion d’honneur en 2010. En 2016 il est nommé officier des Arts et des Lettres.

En 2012, l’ensemble de son œuvre littéraire a été couronnée par l’Académie française. N’oublions pas qu’en 2013, il a organisé avec Michel le Bris le premier festival littéraire « Etonnants voyageurs » à Brazzaville. Ces ouvrages sont publiés par les plus grands éditeurs parisiens et traduit dans plusieurs langues à travers le monde.

Dans son œuvre littéraire, le petit garçon de Pointe-Noire qui vit entre trois continents ; l’Afrique, l’Europe et l’Amérique, évoque l’Afrique, mais surtout son Congo d’amour, sa culture, ses croyances, ses traditions, bref la civilisation bantoue. Comment cet amoureux de son pays natal, peut-il être traité de la manière la plus infâme par des individus dont le seul mérite est d’avoir été fabriqué par la volonté d’un pouvoir autocratique ? Qui mieux que Mabanckou peut être l’un des ambassadeurs les plus prestigieux du Congo dans le monde ?

Qui a fait allégeance avec le colonisateur ? Qui a vendu son âme ? Qui a trahi le Congo ?

Toute la planète sait qu’en octobre 1997, Denis Sassou-Nguesso est revenu au pouvoir au terme d’une guerre civile fratricide qui a fait plus de 40.000 morts. Ce coup d’état a été rendu possible grâce au soutient du président Jacques Chirac, au financement de la compagnie ELF, à l’aide du Gabon, de l’armée angolaise, de l’armée tchadienne et des rebus de l’armée du maréchal Mobutu déchu et de soldats rwandais impliqués dans le génocide de 1994.

Qui a érigé à coup de milliards sur les rives du fleuve Congo, au cœur de la capitale, un imposant mémorial à la gloire de Pierre Savorgnan de Brazza, qui a ouvert le Congo à l’occupation française ? Une colonisation qui s’est imposée par les massacres de nos ancêtres : impôts de capitation, emprisonnements, déportations, code de l’indigénat et travaux forcés jusqu’en 1946, alors que les accords de Genève du 23 avril 1938 avaient interdit toutes formes de travaux forcés.

Le Congo notre pays, a connu des royaumes et des souverains prestigieux. Le royaume du Kongo le plus grand Etat de la région s’épanouit de part et d’autre de l’embouchure du fleuve Congo, avec pour capitale Mbanza-Kongo. Le royaume Téké où le 3 octobre 1880 à Mbé capitale du royaume, le roi Makoko Illoy 1er qui jouissait de l’autorité religieuse et du prestige des Batékés dans les deux Congo et au Gabon, conclut avec Pierre Savorgnan de Brazza un traité au terme duquel il plaça son royaume sous la protection de la France. Le royaume de Loango était un Etat opulent qui s’étendait le long de la côte Atlantique des deux Congo, du Gabon et du Cabinda. Sa capitale Louango était le centre culturel des peuples Vili. Pourquoi nos ancêtres n’ont-ils pas été honorés ?

Depuis 1997, le Congo-Brazzaville est le prototype des réseaux mafieux de la Françafrique. Un pays riche en pétrole, mais 70% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Les infrastructures sanitaires et éducatives sont délabrées ou inexistantes. L’usage du pouvoir s’exerce à des fins privées. Les dirigeants et les élites s’enrichissent ostensiblement. Profitant de son admission à l’initiative PPTE en 2010 et l’effacement de sa dette, le gouvernement Sassou-Nguesso s’est lancé dans des investissements et des grands travaux, qui ont à nouveau plongé le pays dans un endettement suicidaire. Le Congo va se retrouver à nouveau en cessation de paiement. En s’acharnant sur Alain Mabanckou, le pouvoir veut persécuter les esprits et les leaders éclairés.

A l’attention de ces gouvernants amnésiques, illégitimes, qui n’ont pas obtenu l’onction majoritaire lors des scrutins référendaire et présidentiel, nous conseillons ces paroles de sagesse provenant des grands esprits de notre monde Nelson Mandela et le Mahatma Gandhi :

« On juge la grandeur d’un Etat par le respect et l’application des lois ». « Avant de vouloir le changement, changez vous-mêmes d’abord ». « Dès que quelqu’un comprend, qu’il est contraire à sa dignité d’homme d’obéir à des lois injustes, aucune tyrannie ne peut l’asservir ». « Nous devons nous rappeler que notre première tache est d’éradiquer la pauvreté et d’assurer une meilleure vie à tous ».

Nous sommes convaincus, qu’au terme de ce pouvoir désavoué, le peuple congolais se souviendra, non seulement des autocrates, mais aussi du silence de ses amis.

Dans sa démarche, Alain Mabanckou semble s’accorder avec ces paroles de Martin Luther King : « Une injustice commise quelque part, est une menace pour la justice dans le monde entier ».

Appolinaire NGOLONGOLO
Journaliste diplômé de L’INA de Paris.
Auteur, écrivain.