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Il y a douze ans Bernard NKOUNKOU rendait un vibrant Hommage à Monseigneur Auguste Rock NKOUNKOU, Premier Prélat Congolais

octobre 7, 2010

MgrNkounkou

A L’OCCASION DU CENTIÈME ANNIVERSAIRE DE SA NAISSANCE !

Monseigneur Auguste Rock NKOUNKOU aurait eu aujourd’hui 100 ans. Un siècle de vie étendu sur des années avec l’éclat d’une couronne sertie de diadèmes auréolés, scintillant sur le parcours de son apostolat. Cet âge qu’atteint le saule pleureur dans son monde végétal, en terme de longévité, n’est autre que celui où les chênes n’arrivent pas encore à maturité et les vins exacerbent à peine leurs saveurs.

Né le 9 mai 1909, dans les balbutiements du siècle dernier, un an avant la création du Moyen-Congo, d’une très ancienne famille Kongo, dans la lignée de « Ta Banza », notable, seigneur et chef coutumier de l’actuelle région du Pool.

Son intelligence qui fut convoitée dans l’envolée du temps comme une perle rare traînant dans la contrée de Pangala, fut distinguée par l’officier français Guerdon qui voulait l’orienter dans le métier des armes qui était le sien, à Saint-Louis du Sénégal. Mais c’est plutôt celui de la prêtrise où sa vocation produisit un écho favorable au service de Dieu, grâce au choix de poursuivre ses études suggérées par sa sœur « Ma Ntinou » sa mère nourricière. A cet instant, les portes du séminaire de Kinsantu au Congo-Belge s’ouvrirent à lui comme un sésame de bonheur dans la candeur de son enfance et la jeunesse de son esprit.

Dans les dédales de l’établissement religieux loin du regard parental, il rencontra le brillant Barthélemy Boganda, un cadet d’un an, qui venait de Bobangui dans le même Moyen-Congo, un village à l’ouest de la République Centrafricaine.

Il fut ordonné prêtre en 1938 par Mgr Paul Biéchy, assisté de Mgr Werping, du Diocèse de Kinsantu, en même temps que l’abbé Eugène Kakou, cet autre cadet d’un an.

En mission préparatoire à Boundji avant de trouver sa propre paroisse, il rencontra des difficultés de collaboration avec les prêtres blancs. A la mort de son frater fidei, Eugène Kakou en 1942, qui le bouleversa profondément, il prit la décision de s’éloigner de leur emprise pour aller évoluer à Kibouendé, sa première paroisse dans la localité de Ta Neré Tounda, chef coutumier téméraire.

Soucieux de construire sa propre paroisse, il s’installa à Goma Tsé-Tsé, sur la rive droite de la rivière Djoué et érigea avec des fonds propres, son église qu’il baptisa du nom de Saint-Michel. Car la localité de sa nouvelle implantation était un bastion du matsouanisme et de la résistance contre la pénétration des blancs. Le géant Moulabaka, homme redouté et redoutable dont le nom signifiait « le grand mur » était le gardien du fort de Goma Tsé-Tsé. Il s’habillait en soutane à l’image des prêtres pour les défier et asseoir son pouvoir.

Monseigneur Auguste Rock Auguste NKOUNKOU était un roc comme l’indique son prénom. Il était NKOUNKOU, une incarnation de la génération et il était auguste cet autre prénom, titre de la Rome antique qui témoignait le respect et la vénération. En plus, il était Monseigneur, un attribut de la souveraineté. Enfin, Mgr NKOUNKOU était le père de tous car il recevait tout le monde au point qu’on l’appelait « Ta Nkounkou sansa bana ! »

Cependant, sa vie dans sa paroisse fut jonchée d’embûches et d’hostilités contre les forces du mal. Dévot du culte de Saint-Michel qui lui valut une haute considération pour avoir atteint le stade suprême de la vie initiatique. Il était devenu Prince glorieux. Thaumaturge avec une foi étonnante. Fort dans le combat et vainqueur contre les menées occultes. Il avait réussi à dompter les peurs devant les menaces des hommes politiques et les troubles sociopolitiques qui s’étendaient jusque dans sa contrée.

Doyen de l’Église du Congo, portant l’ordre de la patrie spirituelle, il était le témoin de l’entrée dans la vie sacerdotale de nombreux prêtres congolais. Il était le modèle et l’incarnation de la puissance. On l’appelait aussi « de la puissance ». Guerrier de la foi, quand il livrait des guerres rayonnantes à Goma Tsé-Tsé, l’alerte atteignait tout le territoire et les spectateurs visibles et invisibles avaient tous les yeux rivés au ciel car il y avait de l’électricité dans l’air et les informations traversaient comme un éclair les frontières du champ de bataille. Seul contre tous, il en sortait toujours vainqueur jusqu’à faire arracher la toiture des temples de ses adversaires et à brûler leur soutane d’apparat.

Ta NKOUNKOU comme on l’aimait aussi l’appeler, avait de nombreuses armes de la foi qui lui permettaient de triompher contre les forces étrangères sur tous les fronts.

Durant son ministère apostolique, il construisit de nombreuses écoles à Goma Tsé-Tsé pour donner à l’enfance son droit à l’éducation, source réelle d’épanouissement de la personnalité, cher aux institutions respectables. Un dispensaire portant le nom de sa tendre mère Ma Lembe fut également construit pour offrir à la population les soins primaires d’assistance médicale. Aujourd’hui de nombreuses fraternités portent son nom pour assister dans la foi les malades afin de perpétuer sa mémoire.

Clergé fondateur de la Supplique Notre-Dame du Perpétuel Secours, dévotion qu’il conseilla aux fidèles de pratiquer dans un monde où la souffrance côtoie quotidiennement la vie humaine. Homme de Dieu, il s’évertua dans sa famille et dans l’Église.

Pris dans le souci de créer un tissu familial cohérent et harmonieux, attachant et fort, il joua un rôle capital dans le rassemblement de tous ses membres par la création d’un village nommé Saint Joseph de tous les parents restés dans les hameaux de Pangala, surplombé par une grande croix en bois, symbole de consolidation et d’appartenance.

L’évangélisation était aussi son cheval de bataille à laquelle il s’attela dans le périmètre de son administration. Ta NKOUNKOU, dit Mayoungouta faisait ses tournées en soutane, car il était attaché à cette tradition de l’habit distinctif du prêtre. Son arrivée dans un village dégageait aussitôt le respect et provoquait la discipline dans les rangs des sorciers. De nombreuses légendes entourent sa vie mystique, de prêtre pratiquant et émérite. Car il a fait vibrer la fibre du sacerdoce royal à la postérité en lui donnant un rayonnement international.

Sa vie durant, il a œuvré dans l’excellence au service de Dieu revêtant les décorations et les armes tant ecclésiales que de Saint-Michel qui lui valurent reconnaissance et gratitude avec élévation de sa paroisse. Une paroisse dans laquelle il a passé 34 ans de vie pastorale, où il repose, graduée au rang de : Sanctuaire Régional de l’Archange Saint-Michel pour l’Afrique, don de consécration de l’Archiconfrérie de France. Il mourut le 3 juillet 1982 dans la dignité épiscopale avec sa mitre et sa crosse : Corona aurea super caput ejus : Une couronne d’or entoure sa tête !

Bernard NKOUNKOU

Congo-Brazzaville: Il y a 9 ans Bernard NKOUNKOU rendait un vibrant Hommage devenu célèbre à l’Abbé Fulbert YOULOU, Premier Président du Congo

août 11, 2010

Fulbert Youlou, ta mort a traversé l’océan des âges, accostant chacun dans le souvenir du rivage, où ton ombre de lumière qui se dresse devant nous, en ce jour solennel du 5 mai, resplendit comme un soleil brillant des indépendances.

Père de l’indépendance, à l’aura souveraine et à l’âme nationale, Président de la République le 21 novembre 1959, Congolais debout, tu inaugurais le 15 août 1960, jour de l’Assomption de la Vierge Marie, mémorable et historique pour les Congolais, aux côtés de André Malraux – précieux émissaire du Général Charles De Gaulle – les couleurs du Congo (vert-jaune-rouge) dans ta chère capitale de Brazzaville : Brazza la verte ! Une ville d’espérance, de bonheur et de joie se dressait aux bords de son fleuve drapé d’un lit verdoyant de jacinthes et hérité de son bassin : le Congo.

Le Président Fulbert Youlou dont on célèbre, aujourd’hui, le 37e anniversaire de sa mort, était un homme d’unité, de cohésion et d’harmonie dans la composition des institutions et de son gouvernement. Conscient de son charisme de grand prêtre à l’image de Melchisédech – il était chargé d’une puissante énergie d’élocution au timbre envoûtant.

Durant les sommets de l’Union Africaine et Malgache (UAM), sous la mouvance d’’Houphouët ainsi que de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), à Addis-Abeba, en Éthiopie, en présence d’Haïlé Sélassé, le meneur africain, du percutant Sékou Touré et du panafricaniste Kwame Khrumah – pendant les débats et la rencontre des présidents – devant la sécheresse vocale de l’auguste assemblée, c’est Fulbert Youlou qui trouvait les mots justes et précis. Houphouët Boigny de Côte d’Ivoire, en fît son alter ego avec le Rassemblement Démocratique Africain (PDCI-RDA), formation de sigle greffé au rameau continental avec (UDDIA-RDA) du Congo. Même le grammairien Léopold Sédar Senghor, lors des assises, reconnût la fertilité et la fécondité de ses facultés intellectuelles. Il était alerte pour relever la chute des propos tout en leur trouvant un redressement éloquent.

Premier ministre du 8 décembre 1958 au 21 novembre 1959, il orienta sa politique gouvernementale vers le libéralisme économique (libre entreprise) et fût viscéralement opposé aux assauts du communisme mondial qui gagnaient le pays.

Maire de Brazzaville, le 18 novembre 1956, il avait produit au sein de la population de sa chère capitale, une considérable estime et suscitait une noble admiration qui lui valait une écoute sensible et attentionnée. Il était doté d’un grand pouvoir d’évocation dans les discours.

L’Abbé Fulbert Youlou, prêtre de 1946 à 1955, des premières générations du Congo, avait atteint dans sa prédication une dimension exceptionnelle. Premier prélat noir affecté à la paroisse Saint-François d’Assise, non loin du Centre Culturel Français André Malraux de Brazzaville, il célébrait la messe dans un latin pur et raffiné, à la belle diction et très docte, les fidèles à la cérémonie – en majorité des Blancs – baignaient dans un océan de lumière où la liturgie de la parole embrassait l’eucharistie pour donner à la communion une valeur éternelle de fidélité d’affermissement de la foi. Car ses messes étaient des moments pathétiques et intenses de joie, chargées de grandes émotions vibratoires réveillant la ferveur incandescente d’une foi solaire.

Fulbert Youlou, homme d’Église et d’État, la symbolique de ton action et la dynamique de ta cause, à travers ta personne, dans le champ tricolore du Congo, reste à jamais gravées en nous. Nous saluons ta mémoire de Premier Président de notre chère République au lieu de ton ultime repos, ton village maternel de Madibou !

Bernard NKOUNKOU