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Niger : Ouhoumoudou Mahamadou nommé Premier ministre

avril 4, 2021
Ouhoumoudou Mahamadou a été nommé Premier ministre par le nouveau président du Niger, Mohamed Bazoum.

Le nouveau président du Niger, Mohamed Bazoum, a nommé samedi Ouhoumoudou Mahamadou au poste de Premier ministre, a annoncé la télévision publique.

Ouhoumoudou Mahamadou est l’ex-directeur de cabinet du président sortant Mahamadou Issoufou. « Mohamed Bazoum, président de la République a signé ce jour un décret au terme duquel M. Ouhoumoudou Mahamadou est nommé Premier ministre », a indiqué le secrétariat général du gouvernement dans un communiqué lu à la télévision publique.PUBLICITÉ

Le nouveau gouvernement sera formé « dans les prochains jours », selon une source officielle. Elu député aux législatives de décembre 2020, deux fois ministre (des Mines, de l’Énergie et de l’Industrie de 1991 à 1993, puis des Finances de 2011 à 2012), Ouhoumoudou Mahamadou, sexagénaire, « appartient à un premier cercle des fidèles » de l’ex-président Issoufou et « est très écouté par l’appareil du parti » au pouvoir depuis 2011, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), selon un de ses proches.

Continuité

« Il a tous les dossiers du régime Issoufou en tête. Mohamed Bazoum s’inscrit dans la continuité », estime un militant du PNDS.

Diplômé en économie, en gestion des entreprises et en comptabilité, Ouhoumoudou Mahamadou est un Haoussa de la région de Tahoua (sud-ouest, dont est également originaire Mahamadou Issoufou). En 2012, il avait dû quitter le ministère des Finances après un scandale lié à l’octroi irrégulier de marchés publics de plus de 10 milliards de francs CFA (15 millions d’euros). Il était devenu ensuite le patron de la Banque internationale d’Afrique (BIA-Niger), une des plus importantes du pays, avant de devenir en juin 2015 directeur de cabinet du président Issoufou.

Mohamed Bazoum, 61 ans, a été investi président vendredi. Il a été élu à l’issue du second tour de la présidentielle du 21 février avec plus de 55% des voix face à un ancien président, Mahamane Ousmane, qui n’a pas reconnu sa défaite.

Par Jeune Afrique avec AFP

Hamed Bakayoko « à jamais dans nos cœurs » : l’hommage de la Côte d’Ivoire à son Premier ministre

mars 18, 2021
Un portrait d’Hamed Bakayoko, au grand stade d’Abidjan, mercredi 17 mars.

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées, mercredi 17 mars, au stade Ebimpé, à Abidjan, pour saluer la mémoire du Premier ministre ivoirien, décédé le 10 mars.

Ismaël Isaac pénètre sur la piste du stade Alassane Ouattara d’Ebimpé, à Anayama, une commune d’Abidjan, à bord d’un 4×4 Toyota FJ Cruiser orange. Au même moment, dans sa salopette en cuir noir, le chanteur Obam’s fait le show sur la pelouse, accompagné par Emmanuel Adebayor. « Les Chinois [nom donné aux fans de DJ Arafat, décédé le 12 août 2019] sont là ! La jeunesse, je suis avec vous », lance l’ancien footballeur togolais, qui entame un petit tour d’honneur, levant un poster d’Hamed Bakayoko.

Au tour d’Ismaël Isaac de monter sur scène. « Depuis le décès d’Hambak, je pleure. Vous savez, il était gentil », déclare la star du reggae ivoirien, originaire de Treichville, avant d’entonner son titre mythique Magno Mako devant une foule en liesse. Il est 22 heures. La famille d’Hamed Bakayoko s’est déjà retirée, mais l’hommage au Premier ministre ivoirien, décédé le 10 mars en Allemagne d’un cancer, ne fait que commencer. En tout, une cinquante d’artistes se succéderont, de Fally Ipupa à Koffi Olimidé, en passant par Sidiki Diabaté, Alpha Blondy, Yode et Siro, Les Garagistes, Didier Bilé ou encore Bawa Traoré.

« Hambak vivra ! »

Lors de l’hommage national à Hamed Bakayoko, au grand stade d’Abidjan, le 17 mars 2021.

Avant cela, plusieurs personnalités politiques avaient pris la parole pour évoquer la mémoire du défunt, soutien indéfectible des artistes africains. Le directeur exécutif du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Adama Bictogo, avait pris soin de chauffer les milliers de personnes venues assister à l’événement. « Pendant ces trente années de politique, on retiendra d’Hamed qu’il a été un trait d’union entre les chapelles politiques, entre les chapelles religieuses, a-t-il insisté. Je voudrais lui exprimer toute notre reconnaissance et lui dire que sa mémoire vivra. Hambak vivra ! »

Présent ce mercredi, tout comme l’ancien ministre devenu opposant Marcel Amon Tanoh, le chef du Front populaire ivoirien (FPI) légalement reconnu, Pascal Affi N’Guessan, s’est également exprimé. « Hamed Bakayoko transcendait les divergences politiques. Il a été pour beaucoup dans le rapprochement entre le pouvoir et l’opposition. Il faut saluer son esprit d’ouverture car, en politique, on a des divergences mais la fraternité doit perdurer », a de son côté déclaré le révérend Joseph Kojo, représentant de la plateforme Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS, proche de Laurent Gbagbo).

Si le stade olympique n’affichait pas complet, le public, très jeune, semblait acquis à la cause du « golden boy ». Soutien d’Alassane Ouattara, Lamine estime que le Premier ministre représentait ce que l’on attendait des hommes politiques. « Il pouvait nous réunir, faire la vraie réconciliation », dit-il, une casquette vissée sur la tête. « Hambak, à jamais dans nos cœurs », lit-on sur son t-shirt.

Si Bio Gérard se décrit, lui, comme un militant du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), il a tenu à venir car « Hamed était un homme qui aidait beaucoup la jeunesse ». « Sa mort m’a découragé, confie-t-il. Qui va nous aider maintenant ? » Mohammed, 20 ans, termine d’engloutir le sandwich distribué gratuitement à l’entrée. S’il est d’abord venu pour les artistes, il se dit « touché » par la mort d’Hamed.

Chefs d’États et honneurs militaires

La journée d’hommages au désormais ex-chef du gouvernement avait commencé dans la matinée au palais présidentiel, dans le quartier du Plateau, par une cérémonie sobre et solennelle. Les chefs d’État Nana Akufo-Addo (Ghana), Roch Christian Marc Kaboré (Burkina Faso), Alpha Condé (Guinée) et Umaro Sissoco Embalo (Guinée-Bissau), ainsi que le vice-président de la Guinée équatoriale, étaient présents. Samuel Eto’o, Alpha Blondy, Asalfo et Fally Ipupa également. Quant à l’ancien président Henri Konan Bédié, il s’est fait représenter par son bras droit, Maurice Kacou Guikahué.

TRÈS ÉMU, ALASSANE OUATTARA A DÉCORÉ « SON FILS », L’ÉLEVANT À LA DIGNITÉ DE GRAND-CROIX DE L’ORDRE NATIONAL

Visiblement très ému aux côté de son épouse, Dominique Ouattara, Alassane Ouattara a décoré « son fils », l’élevant à la dignité de Grand-Croix de l’ordre national, la plus haute distinction honorifique en Côte d’Ivoire. Hamed Bakayoko a aussi eu droit à une ultime revue des troupes et aux honneurs militaires en tant qu’ancien ministre de la Défense.

Le ministre de la Jeunesse, Mamadou Touré, et la ministre de la Culture, Raymonde Goudou Coffie, ont pris la parole pour saluer sa mémoire. Et c’est au médiateur de la République, Adama Toungara, qu’est revenue la tâche de lire l’oraison funèbre d’Hamed Bakayoko, qui sera enterré ce jeudi dans son fief de Séguéla, où il venait tout juste d’être réélu député.

Avec Jeune Afrique par Vincent Duhem

Décès d’Hamed Bakayoko, le Premier ministre ivoirien

mars 10, 2021
L’ancien Premier ministre Hamed Bakayoko.

Hospitalisé depuis le début du mois de mars à l’Hôpital américain de Paris et transféré en urgence en Allemagne dans la matinée du 6, le Premier ministre ivoirien a succombé à un cancer fulgurant, ce mercredi 10 mars.

Son état de santé s’était brusquement dégradé ces derniers jours. Souffrant d’un cancer en phase terminale et hospitalisé depuis le début du mois de mars à l’Hôpital américain de Paris, Hamed Bakayoko avait été transféré dans un état grave dans un établissement de Fribourg, en Allemagne, dans la matinée du 6 mars, pour y suivre un traitement expérimental. Il a finalement succombé, ce 10 mars, à l’âge de 56 ans.

« J’ai l’immense douleur de vous annoncer la mort du Premier ministre, Hamed Bakayoko, ce mercredi en Allemagne des suites d’un cancer », a annoncé Fidel Sarassoro, directeur de cabinet du président ivoirien, dans un communiqué lu sur la RTI, la chaîne de télévision nationale, ce mercredi soir.

« Notre pays est en deuil », a déclaré Alassane Ouattara, dans un message publié sur les réseaux sociaux. « Je rends hommage au Premier ministre, Hamed Bakayoko, mon fils et proche collaborateur, trop tôt arraché à notre affection », continue le chef de l’État, saluant « un grand homme d’État, un modèle pour notre jeunesse, une personnalité d’une grande générosité et d’une loyauté exemplaire. »

Un transfert en Turquie, où il était question que le Premier ministre ivoirien subisse une greffe en urgence, avait un temps été envisagé dans la journée du 4 mars, avant d’être finalement abandonné, les médecins ayant estimé qu’Hamed Bakayoko n’était plus opérable.

Batterie de tests médicaux

Il avait été évacué en France le 18 février. Ces derniers mois, il avait contracté le Covid-19 et souffert d’une grosse crise de paludisme, mais il se disait surtout très fatigué. Lors d’un premier séjour à Paris, fin janvier, il avait effectué une batterie de tests médicaux à l’Hôpital américain sans qu’aucun diagnostic précis ne soit communiqué.

De passage à Paris début mars, Alassane Ouattara s’était rendu à son chevet. Le 3 mars, lors d’un dîner avec son homologue Emmanuel Macron à l’Élysée, le président ivoirien s’était montré préoccupé par la santé de son Premier ministre.

Prenant acte de la gravité de la situation, le chef de l’État venait de signer ce lundi deux décrets « portant intérim » d’Hamed Bakayoko, nommant Patrick Achi, secrétaire général de la présidence, à la primature et Tené Birahima Ouattara, son frère cadet par ailleurs chargé des Affaires présidentielles, à la Défense.

Pour Ouattara, l’Histoire se répète. Le 8 juillet dernier, Amadou Gon Coulibaly, son Premier ministre et dauphin désigné, mourrait brutalement à Abidjan après avoir été victime d’un malaise en plein conseil des ministres. Une semaine plus tôt, il était rentré d’un séjour médical de trois mois à Paris pour y soigner ses problèmes cardiaques.

Fidèle lieutenant

Hamed Bakayoko avait alors été choisi pour lui succéder à la Primature, mais pas pour endosser le costume d’héritier, le président sortant préférant finalement briguer un troisième mandat malgré les critiques. Fidèle lieutenant du chef de l’État depuis plus de vingt ans, Hamed Bakayoko était devenu un membre incontournable de l’entourage d’Alassane Ouattara.

Ministre de la Défense et maire de la commune d’Abobo, il venait d’être réélu député dans sa circonscription de Séguéla sous la bannière du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Dans le camp présidentiel, il apparaissait comme l’un des plus sérieux candidats à la succession de Ouattara.

Avec Jeune Afrique par Baudelaire Mieu et Benjamin Roger

Côte d’Ivoire : Hamed Bakayoko absent, Patrick Achi est nommé Premier ministre par intérim

mars 8, 2021
Patrick Achi, le secrétaire général de la présidence, à Abidjan.

En l’absence d’Hamed Bakayoko, dont l’état de santé s’est brusquement dégradé, le chef de l’État a choisi Patrick Achi, secrétaire général à la présidence, pour le remplacer à la primature. Téné Birahima Ouattara, frère cadet d’Alassane Ouattara, est lui nommé ministre de la Défense par intérim.

Confronté à l’absence d’Hamed Bakayoko, transféré en Allemagne et dont l’état de santé est jugé préoccupant, Alassane Ouattara a remanié son gouvernement. Selon un communiqué publié à la mi-journée, le chef de l’État a signé ce lundi 8 mars deux décrets « portant intérim » du Premier ministre et ministre de la Défense, « absent pour raisons médicales ».

Patrick Achi, ministre d’État et secrétaire général de la présidence, est nommé Premier ministre à titre intérimaire. De son côté, Téné Birahima Ouattara, frère cadet du président et ministre des Affaires présidentielles, se voit confier le portefeuille de la Défense, toujours à titre intérimaire.

Selon des résultats provisoires, Patrick Achi a été élu député le 6 mars à Adzopé sous la bannière du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Ces derniers mois, il s’est imposé comme l’un des éléments essentiels du régime d’Alassane Ouattara. Secrétaire général de la présidence depuis 2017, cet ancien cadre du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) avait été promu ministre d’État après la nomination d’Hamed Bakayoko comme Premier ministre, en juillet 2020. Il est l’un des plus intimes collaborateurs du président et il travaillait étroitement avec Bakoyoko avant ses problèmes de santé.

Tené Birahima Ouattara, surnommé « Photocopie » en raison de sa ressemblance physique et de sa proximité avec Alassane Ouattara, récupère lui le sensible portefeuille de ministre de la Défense, occupé par Hamed Bakayoko depuis 2017 et une vague de mutineries qui avait secoué le pays. En tant que ministre des Affaires présidentielles, il a notamment autorité sur le Groupement de sécurité du président de la République (GSPR) et la Garde républicaine (GR). Fort de la confiance de son frère, il supervise également de nombreux dossiers sécuritaires et militaires.

Hospitalisé depuis le début du mois de mars à l’Hôpital américain de Paris, Hamed Bakayoko, 56 ans, a été transféré en Allemagne dans la matinée du 6 mars. Son état de santé, qui s’est brusquement dégradé ces derniers jours, est au centre de toutes les attentions à Abidjan

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

RDC : le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, destitué par l’Assemblée nationale

janvier 27, 2021
Sylvestre Ilunga Ilunkamba, le 7 septembre 2020

Les députés ont voté en faveur de la destitution du Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Un mois et demi après avoir rompu avec Joseph Kabila, le président Félix Tshisekedi franchit une nouvelle étape vers la mise en place d’un nouveau gouvernement.

Il était l’un des derniers remparts de la majorité détenue par Joseph Kabila. Sylvestre Ilunga Ilunkamba, Premier ministre de Félix Tshisekedi depuis mai 2019, a été destitué ce mercredi 27 janvier à la suite du vote d’une motion de censure. Déposé le 22 janvier par le député Chérubin Okende (Ensemble pour le changement, la plateforme de Moïse Katumbi), le texte avait été signé par 301 députés.

Sur les 382 députés présents à l’ouverture de la séance, 367 se sont prononcés en faveur de la chute du Premier ministre et de son gouvernement. Selon la Constitution, Sylvestre Ilunga Ilunkamba a désormais vingt-quatre heures pour remettre sa démission et celle de son gouvernement au président Félix Tshisekedi.

Ilunga boude la plénière

La plénière s’est déroulée sans le Premier ministre. La veille, son absence avait entraîné le report du vote d’une journée. Mais cette fois-ci, les députés sont allés au bout de la procédure.

En déplacement à Lubumbashi depuis le 24 janvier (voyage pour lequel il disposait d’un ordre de mission signé par le vice-Premier ministre, Gilbert Kankonde), Sylvestre Ilunga Ilunkamba est revenu à Kinshasa dans la soirée du 26. Dans le Haut-Katanga, le chef du gouvernement avait été reçu par l’ancien président, Joseph Kabila, qui y est installé depuis plus d’un mois. Rien ou presque n’avait filtré de ce tête-à-tête mais l’entourage d’Ilunga Ilunkamba avait confirmé que ce dernier ne comptait pas se présenter devant les députés.

Le chef du gouvernement a toutefois adressé une lettre, datée du 27 janvier, au président du bureau d’âge de l’Assemblée nationale. Dans ce document de douze pages, il répond aux différents points de la motion de censure qui le vise et dénonce une « manœuvre politicienne sans fondement factuel et au mépris des exigences de l’État de droit ».  « La quasi-totalité des 52 réunions du Conseil des ministres ont été présidées par le président de la République, lequel donnait des orientations sur bon nombre de dossiers au titre de communications », écrit-il.

Sous pression

Sous pression depuis plusieurs semaines, à la suite de la rupture de la coalition que Félix Tshisekedi formait avec Joseph Kabila, Ilunga Ilunkamba avait une première fois refusé de démissionner le 7 décembre. Il souhaitait obtenir au préalable l’aval de l’ancien président qui, disait-il, avait proposé son nom pour la primature.

DEPUIS PLUSIEURS SEMAINES, LE CAMP DE KABILA DÉNONÇAIT UN PASSAGE EN FORCE DE FÉLIX TSHISEKEDI

Face au ralliement de plus en plus massif de députés du Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila à l’Union sacrée, la nouvelle coalition de Tshisekedi, la position du Premier ministre semblait de plus en plus précaire et ce malgré les protestations des députés pro-Kabila.

Après avoir quitté prématurément la plénière du 26 janvier sous les hourras de certains élus, les pro-Kabila ont cette fois refusé de siéger pour manifester leur mécontentement. Selon eux, le bureau d’âge outrepassait ses compétences en procédant à l’examen de la motion de censure. Depuis plusieurs semaines, le camp de Kabila dénonçait un passage en force de Félix Tshisekedi. En ouverture de la plénière, le président du bureau d’âge, Christophe Mboso, a tenu a répondre à ces accusations. « Le Premier ministre ne vient pas répondre au bureau d’âge, il vient répondre à la plénière », a-t-il rétorqué.

Bureau définitif

Un mois après la chute du bureau de Jeanine Mabunda, qui est issue, comme Ilunga Ilunkamba, du FCC, Félix Tshisekedi franchit une nouvelle étape dans son offensive pour reprendre en main la majorité.

LES PROCHAINES ÉTAPES VONT ÊTRE CRUCIALES ET DÉLICATES À GÉRER POUR LE PRÉSIDENT CONGOLAIS

Si les députés ont massivement voté en faveur du départ du bureau de Jeanine Mabunda et de la destitution du Premier ministre, les prochaines étapes vont être cruciales et délicates à gérer pour le président congolais.

La session extraordinaire de l’Assemblée nationale doit prendre fin le 3 février, et le bureau d’âge a pour mission d’ici là de procéder à l’élection du nouveau bureau de l’Assemblée nationale. Le dépôt des candidatures est prévu le 28 janvier. L’élection, elle, aura lieu le dernier jour de la session extraordinaire.

Kabund de nouveau vice-président ?

Félix Tshisekedi souhaite que ce nouveau bureau soit dirigé par l’un des transfuges du FCC, ce qui a généré certaines crispations chez ses nouveaux alliés, Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba. « Pour le moment, seul Jean Marc Kabund-a-Kabund est assuré d’être le candidat de l’Union sacrée au poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale, le reste se discute encore », assure une source impliquée dans les négociations.

Après quelques jours d’hésitations, les députés membres de la plateforme de Katumbi et du parti de Bemba avaient finalement signé la motion de censure contre le Premier ministre. Ils ont également officialisé leur adhésion à l’Union Sacrée ce mercredi. « Les discussions ont repris et vont dans la bonne direction », explique une source proche de Katumbi.

Signe que cette nouvelle majorité reste néanmoins fragile, à la veille du vote de la motion, certains députés s’inquiétaient encore de potentielles « trahisons » de dernière minute et appelaient leurs collègues à se mobiliser pour faire tomber le Premier ministre avec la plus large majorité possible.

Avant de s’atteler à la formation de son nouveau gouvernement, le président congolais devrait recevoir dans les prochains jours le rapport de l’informateur, Modeste Bahati Lukwebo, chargé depuis le 1er janvier de constituer une nouvelle majorité. S’il fait peu de doutes qu’il y parviendra, il faudra observer la manière dont seront répartis les postes.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras

Canada/Ontario: le premier ministre Doug Ford ordonne aux résidants de rester à la maison

janvier 13, 2021

TORONTO — L’Ontario émet une ordonnance qui oblige les citoyens à rester chez eux à partir de jeudi, sauf pour les activités essentielles comme accéder aux soins de santé, faire ses courses ou de l’exercice. On reporte aussi la reprise des cours en classe pour les élèves des cinq «zones chaudes» de la province.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le premier ministre Doug Ford a indiqué mardi qu’il déclarait également un nouvel état d’urgence sanitaire, en vigueur mercredi, pour répondre à la flambée des taux d’infection à la COVID-19.

Les nouvelles mesures comprennent aussi la limitation des heures d’ouverture des commerces non essentiels, tels que les quincailleries, qui ne pourront ouvrir qu’entre 7 h et 20 h; cela exclut les commerces d’alimentation, les stations-service et les pharmacies. On limite aussi à cinq personnes les rassemblements en plein air, comme pendant la première vague au printemps dernier. Le port d’un masque est également désormais recommandé à l’extérieur lorsque la distanciation est difficile.

Le gouvernement indique par ailleurs que les écoles de cinq «zones sensibles» —Toronto, Hamilton, Peel, York et Windsor-Essex — ne rouvriront pas avant le 10 février; entre temps, les cours continueront à se donner en ligne.

En conférence de presse en après-midi, M. Ford a admis que tout le monde «voulait revenir à la normale», mais il a souligné que le système de santé est «au bord de l’effondrement». 

Interrogé sur l’opportunité d’imposer un couvre-feu, comme l’a fait le gouvernement du Québec samedi dernier pour un mois, le premier ministre Ford a expliqué qu’il faisait confiance aux Ontariens. «Et dès que vous dites aux gens de l’Ontario que vous avez perdu confiance en eux et que la police les poursuivra dans la rue dans leur voiture, c’est fini! 

«Tout le monde travaille ensemble depuis 10 ou 11 mois, subissant une pression énorme. Mais la dernière chose à laquelle j’ai jamais cru, c’est d’avoir un couvre-feu — que la police vous coure après dans la rue lorsque vous quittez votre entrée après 20 h.»

Des projections alarmantes 

Le premier ministre a annoncé ces nouvelles mesures peu de temps après que la province a publié de nouvelles projections qui montrent que le virus est en voie de faire déborder le système de santé en Ontario.

Selon ces nouvelles projections, les décès quotidiens dus au virus passeront de 50 à 100 d’ici la fin du mois de février si l’on maintient les restrictions sanitaires à leur niveau actuel. Les nouvelles données montrent également qu’un quart des hôpitaux de la province n’ont plus de lits libres dans les unités de soins intensifs et un autre quart n’en ont qu’un ou deux. 

Le docteur Adalsteinn Brown, l’un des experts à l’origine des projections provinciales, a déclaré mardi que si le taux de positivité à la COVID-19 est de 5 %, l’Ontario verra plus de 20 000 nouveaux cas par jour au milieu du mois prochain. Si ce taux grimpe à 7 %, on verra 40 000 nouveaux cas par jour.

Or, les fournisseurs de soins de santé devront faire face à des choix difficiles dans les semaines à venir, a-t-il dit. «Ce sont des choix qu’aucun médecin ne veut faire et qu’aucune famille ne veut entendre: qui recevra les soins et qui ne les recevra pas.» Selon les projections, il y aura environ 500 malades de la COVID-19 aux soins intensifs à la mi-janvier et potentiellement plus de 1000 d’ici février en fonction de scénarios plus pessimistes.

Les experts qui compilent ces projections pour le gouvernement ontarien estiment que la croissance de la COVID-19 s’accélère, augmentant même de 7 % lors de certains des «pires jours». Or, malgré un reconfinement imposé le lendemain de Noël en Ontario, le docteur Brown estime que de nombreuses personnes n’ont pas évité les contacts avec d’autres personnes en dehors de leur foyer.

«Si nous ne respectons pas ces restrictions, la COVID-19 continuera de se propager de manière agressive avant que les vaccins n’aient la possibilité de nous protéger», a-t-il rappelé. «Cela aura des conséquences tragiques pour nous, pour notre santé, pour notre province, pour notre système de santé.»

Les projections indiquent également que 40 % des foyers de soins de la province connaissent des éclosions. Les décès continuent d’augmenter dans ces foyers, avec 198 résidants et deux membres du personnel morts du virus depuis le 1er janvier.

«Le nombre de ces éclosions a augmenté et on constate que leur taille est substantielle», a déclaré le docteur Brown. «Il est aussi important de noter que ça se propage maintenant dans toutes les régions de la province.»

41 nouveaux décès  

L’Ontario signalait mardi 2903 nouveaux cas de COVID-19, dont huit nouveaux cas d’un variant d’abord observé au Royaume-Uni. La province signalait également 41 autres décès liés au virus. 

Des 2903 nouveaux cas, 837 étaient recensés à Toronto et 545 dans sa banlieue de Peel. La région de York comptait 249 autres cas et 246 nouvelles infections ont été signalées dans la région de Niagara.

Le ministère de la Santé indique également que plus de 44 800 tests ont été effectués depuis la dernière mise à jour quotidienne. L’Ontario rapporte aussi que 11 448 doses de vaccins ont été administrées depuis sa dernière mise à jour quotidienne, avec 133 553 doses totales maintenant administrées.

Au total, 222 023 Ontariens ont été déclarés positifs pour la COVID-19, avec 186 829 cas résolus et 5053 décès depuis le début de la pandémie.

Par ailleurs, la police de Hamilton a déclaré avoir porté des accusations contre deux organisateurs de manifestations antimasque les 3 et 10 janvier. Selon la police, 40 personnes ont participé à la première manifestation «Hugs Over Masks» (Des câlins plutôt que des masques) et 60 à la seconde. Les restrictions actuelles en Ontario limitent les rassemblements à un maximum de 10 personnes, à l’extérieur.

La police a déclaré qu’un homme de 27 ans et une femme de 38 ans font face à des accusations en vertu de la Loi de 2020 sur la réouverture de l’Ontario; ils sont passibles d’une amende minimale de 10 000 $, s’ils sont reconnus coupables par le tribunal.

Avec Shawn Jeffords et Paola Loriggio, La Presse Canadienne

COVID-19 : Boris Johnson s’isole après un contact avec une personne infectée

novembre 15, 2020

Le premier ministre britannique Boris Johnson s’est placé en isolement après avoir été en contact avec une personne infectée par le nouveau coronavirus, a annoncé dimanche soir un porte-parole de Downing Street.

Le premier ministre britannique Boris Johnson© ANDREW PARSONS /Reuters Le premier ministre britannique Boris Johnson

Il a rencontré un petit groupe de législateurs pendant environ une demi-heure jeudi. L’un d’entre eux a par la suite développé des symptômes liés à la COVID-19 et a été testé positif.

Boris Johnson a été hospitalisé en soins intensifs après avoir contracté le virus en avril dernier.

Le porte-parole de Downing Street soutient qu’il se sent bien et n’a aucun symptôme de la maladie, ajoutant qu’il continuerait à travailler depuis Downing Street, notamment pour mener la réponse du gouvernement face à la pandémie de coronavirus.

Des responsables ont déclaré qu’ils évaluaient conjointement avec les autorités parlementaires la façon dont le premier ministre pourrait participer aux travaux du Parlement à distance. Il envisage de continuer à parler au pays pendant sa période d’auto-isolement , a-t-il ajouté.

Les négociations avec Bruxelles sur un accord commercial post-Brexit atteignent un point culminant avec l’expiration de la période de transition avec l’Union européenne, le 31 décembre. Le premier ministre doit également décider ce qu’il adviendra des restrictions liées au nouveau coronavirus après avoir imposé un confinement de quatre semaines qui doit se terminer le 2 décembre.

Cette nouvelle survient moins d’une semaine après qu’un des architectes du Brexit, Dominic Cummings, a quitté son poste de conseiller de Boris Johnson.

Avec CBC/Radio-Canada

Côte d’Ivoire: Hamed Bakayoko nommé Premier ministre

juillet 30, 2020

Hamed Bakayoko, le 9 mai 2014.

Hamed Bakayoko

 

Le ministre de la Défense de Côte d’Ivoire, Hamed Bakayoko, a été nommé jeudi Premier ministre, en remplacement d’Amadou Gon Coulibaly, dont il assurait l’intérim depuis le décès le 8 juillet, a annoncé la présidence.

«Le président de la République a procédé à la signature d’un décret portant nomination de M. Hamed Bakayoko en qualité de Premier ministre», tout en conservant le portefeuille de la Défense, selon le communiqué de la présidence

Par Le Figaro avec AFP

Tunisie : le ministre de l’Intérieur désigné chef du gouvernement

juillet 25, 2020

 

Le ministre tunisien de l’Intérieur Hichem Mechichi a été désigné ce samedi 25 juillet chef du futur gouvernement par le président Kais Saied. Juriste de formation, Hichem Mechichi, 46 ans, n’a pas été proposé par les partis politiques au pouvoir. Ministre de l’Intérieur dans le gouvernement sortant d’Elyes Fakhfakh, il était le premier conseiller du président Saied, chargé des affaires juridiques.

Cet ancien chef de cabinet des ministères du Transport, des Affaires sociales et de la Santé aura un mois pour former son gouvernement. Il devra ensuite obtenir la confiance du Parlement à la majorité absolue d’ici à septembre. Faute de quoi, l’Assemblée sera dissoute et de nouvelles élections législatives auront lieu. La Tunisie, où le dernier scrutin législatif s’est déroulé en octobre, aurait alors 90 jours pour organiser ce vote anticipé, soit avant fin 2020.

Par Le Figaro avec AFP

Côte d’Ivoire : décès de Seydou Diarra, le Premier ministre des missions impossibles

juillet 20, 2020

Seydou Diarra, en mars 2003 à Bouaké, à l’issue d’une rencontre avec des rebelles.

Seydou Diarra, en mars 2003 à Bouaké, à l’issue d’une rencontre avec des rebelles. © GEORGES GOBET/AFP

 

La vie politique de Seydou Elimane Diarra, mort à Abidjan le 19 juillet 2020 à l’âge de 86 ans, se résume en trois mots : homme de consensus. Il avait réussi la prouesse d’être nommé Premier ministre par deux chefs d’État différents, à des périodes difficiles dans l’histoire de la Côte d’Ivoire.

Sa santé était précaire ces trois dernières années et ses apparitions publiques, rares. Dans sa luxueuse villa des Deux-Plateaux à Cocody, aux côtés de son épouse franco-ivoirienne Josiane Varre et, souvent, de sa dernière fille ainsi que de ses petits-enfants qu’ils recevaient pendant les vacances, Seydou Elimane Diarra passait ses vieux jours, dans la paix de l’homme qui aura accompli son devoir citoyen avec honnêteté.

« Je garde un souvenir inaltérable des années où j’ai été ministre dans le gouvernement d’union nationale dirigé par le Premier ministre Diarra, au sortir de l’accord de Linas-Marcoussis, et je salue la mémoire d’un homme attaché à la paix et à la concorde », témoigne Guillaume Soro, Premier ministre de 2007 à 2012, actuellement en exil en France. Selon lui, « Seydou Elimane Diarra a incarné au cours des trois dernières décennies la figure politique de la tolérance, du consensus et de la réconciliation dans notre pays. »

Premier ministre de la transition militaire

Nous sommes en décembre 1999. Le général Robert Guéï, à la tête de « jeunes gens », des militaires mutins sans grade, renverse Henri Konan Bédié, qui a succédé, six ans plus tôt, à Félix Houphouët-Boigny. Le militaire putschiste fait alors appel à Diarra en vue de constituer le gouvernement. Premier ministre de Robert Guéi durant la transition militaire, il échoue à empêcher ce dernier de se porter candidat à la présidentielle d’octobre 2000, finalement remportée par Laurent Gbagbo, à l’issue d’une crise postélectorale qui a fait des dizaines de morts.

Alors que Gbagbo lui demande de conserver son poste, le temps de lui permettre de pacifier le pays, Diarra décline respectueusement l’offre, mais maintient les contacts avec le nouveau chef d’État. C’est sans surprise que Gbagbo le nomme président du Forum de la réconciliation nationale en 2001. Durant les mois d’octobre et novembre de la même année, Diarra réussit à réunir à Yamoussoukro, pour la première fois autour d’une même table, les quatre grands de la politique ivoirienne d’alors. Il s’agit d’Alassane Ouattara et d’Henri Konan Bédié qui étaient tous les deux en exil, de Robert Guéï, qui s’était retiré dans son fief de l’Ouest montagneux après sa chute, et de Laurent Gbagbo.

Premier ministre de consensus

Seydou Diarra, lors d'une conférence de presse à Paris, en 2003 (archives).
Seydou Diarra, lors d’une conférence de presse à Paris, en 2003 (archives). © PATRICK GARDIN/AP/SIPA

Fin janvier 2003, à l’issue des accords de Linas-Marcoussis censés mettre un terme à la rébellion des Forces nouvelles de Guillaume Soro, c’est naturellement encore à Diarra que pense Gbagbo, quand on lui demande de choisir un Premier ministre de consensus. Celui-ci occupe le poste durant deux ans, dans un environnement particulièrement hostile, entre les « Jeunes patriotes » de Charles Blé Goudé – partisans de Gbagbo – qui le traitaient de « Premier ministre de coup d’État » et les militants de l’opposition politique qui le soupçonnaient de rouler pour le pouvoir. Cependant, la classe politique dirigeante évite de l’attaquer de front.

« Toute la classe politique reconnaît ma position d’homme de consensus », se plaisait-il à dire. Pour arriver à agir « comme s’il était impossible d’échouer », comme il l’a confié à Jeune Afrique dans l’une de ses rares interviews accordées à un média, ce fils de fonctionnaire colonial né à Katiola, dans le centre-nord, use de ses talents de diplomate.

Musulman pratiquant – il s’est rendu à la Mecque pour le Hadj –, Diarra est nommé ambassadeur au Brésil en 1970 par Félix Houphouët-Boigny, qui l’avait auparavant envoyé en prison durant deux ans, dans la sulfureuse affaire des « complots » de 1963.

À sa retraite de l’administration publique en 1985, il se lance dans les affaires et prend la direction de SACO, entreprise de transformation de cacao. Président de la Chambre de commerce et d’industrie, il fait fortune, sans se mêler de politique. Cette période le rapproche cependant de Bédié, alors président de l’Assemblée nationale, avec lequel il avait milité au sein de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF), lors de ses études d’ingénieur agronome. Ses relations avec Alassane Ouattara, quant à elles, se solidifient lors de la transition militaire.

Haute autorité pour la bonne gouvernance

En 2015, ce dernier, alors président de la République depuis 2011, le nomme à la tête de la Haute autorité pour la bonne gouvernance (HABG, institution censée lutter contre la grande corruption).

L’avènement de l’Ivoirien nouveau devra être placé sous le sceau de l’exemplarité des premiers responsables

Début février 2016, Diarra présente un rapport de 63 dossiers de dénonciations d’actes de corruption impliquant des hauts responsables de l’administration ivoirienne. Ces derniers ne seront pas poursuivis devant les tribunaux, mais Diarra reste constant : « L’avènement de l’Ivoirien nouveau devra être placé sous le sceau de l’exemplarité des premiers responsables. »

En 2017, Ouattara nomme un nouveau président à la tête de la HABG et Diarra prend alors définitivement sa retraite politique. D’une santé précaire, il a fini ses jours dans sa résidence, entouré des siens. L’histoire ivoirienne retiendra sans doute de lui qu’il a été « un homme de principe, de rigueur, un grand serviteur de l’État », selon les mots d’Albert Toikeusse Mabri, qui a été son ministre de la Santé sous Gbagbo et qui le présente « comme un père ».

Avec Jeune Afrique par André Silver Konan – à Abidjan