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Nouveau Premier ministre britannique, Rishi Sunak veut réparer les « erreurs » de Liz Truss

octobre 25, 2022
Nouveau Premier ministre britannique, Rishi Sunak veut reparer les "erreurs" de Liz Truss
Nouveau Premier ministre britannique, Rishi Sunak veut réparer les « erreurs » de Liz Truss© AFP/Daniel LEAL

Le nouveau Premier ministre britannique Rishi Sunak a promis mardi de réparer les « erreurs » commises par l’éphémère Première ministre Liz Truss, avertissant de « décisions difficiles » à venir en pleine crise économique et sociale.

Signe du niveau d’instabilité et des coups de théâtre qui se succèdent au Royaume-Uni, l’ex-banquier et ministre des Finances devient le troisième Premier ministre en deux mois et le cinquième en six ans. Et ce, cinq jours seulement après l’annonce de la démission de Liz Truss, restée 49 jours à Downing Street en raison de la tempête provoquée par son programme économique.

« J’unirai notre pays non avec des mots, mais des actes », a assuré M. Sunak sur le perron du 10, Downing Street, après s’être vu demander par le roi Charles III de former un nouveau gouvernement. Il a promis de « réparer » les « erreurs » commises sous Liz Truss. « Je placerai stabilité économique et confiance au coeur de l’agenda de ce gouvernement ».

Dans un discours à la tonalité grave, il a expliqué qu’il n’était « pas intimidé » par l’ampleur de la tâche et a réitéré le soutien britannique envers l’Ukraine dans la « guerre terrible » livrée par Moscou, qui doit, a-t-il dit, se « terminer par un succès » pour Kiev.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est dit prêt à « continuer à renforcer » les liens entre l’Ukraine et le Royaume-Uni.

Le président français Emmanuel Macron a quant à lui fait part de sa volonté de continuer ensemble « d’oeuvrer pour faire face aux défis du moment, dont la guerre en Ukraine et ses multiples conséquences pour l’Europe et pour le monde ».

Stabilité aux Finances

Rishi Sunak, 42 ans, s’est également dit « conscient » du travail à effectuer pour « rétablir la confiance », allusion aux scandales sous Boris Johnson auquel il a exprimé sa « gratitude ».

Contrainte à partir après la tempête provoquée par son plan massif de baisses d’impôts, Liz Truss, avait précédé Rishi Sunak au palais de Buckingham pour présenter au roi sa démission, après un mandat d’une brièveté record.

Elle a souhaité « tous les succès » possibles à son successeur, « pour le bien de notre pays », et réaffirmé son plaidoyer pour l’audace au pouvoir.

Le nouveau Premier ministre, le premier originaire d’une ex-colonie britannique et le plus jeune depuis le 19e siècle, prend les rênes d’un pays confronté à une grave crise économique et sociale. L’inflation dépasse les 10 %. Le risque d’une récession plane. Les grèves se multiplient face à la chute du pouvoir d’achat.

Rishi Sunak a commencé aussitôt à former un gouvernement avec un double défi: donner des gages aux marchés, à fleur de peau depuis les annonces budgétaires de septembre, et rassembler une majorité très divisée après 12 ans de pouvoir.

Sur le plan économique, il a opté pour la stabilité en confirmant Jeremy Hunt, 55 ans, au ministère des Finances. Depuis sa nomination en catastrophe mi-octobre, ce dernier a ramené un semblant de calme sur les marchés en annulant presque toutes les baisses d’impôts annoncées trois semaines plus tôt et averti de mesures difficiles à venir, faisant craindre un retour de l’austérité. Il doit présenter de nouvelles mesures budgétaires le 31 octobre.

Rishi Sunak a également confirmé les ministres des Affaires étrangères James Cleverly et de la Défense Ben Wallace, qui avaient soutenu la tentative avortée de retour de Boris Johnson la semaine dernière.

L’ultraconservatrice Suella Braverman est renommée à l’Intérieur, moins d’une semaine après sa démission de ce poste qui avait contribué à la chute de Liz Truss.

Un proche allié du nouveau dirigeant britannique fait également son retour au gouvernement: Dominic Raab retrouve le ministère de la Justice qu’il occupait sous Boris Johnson mais aussi le titre de vice-Premier ministre.

Brexiter

A la tête d’un parti extrêmement divisé, Rishi Sunak a prévenu les députés de son camp qu’ils devaient « s’unir ou mourir ».

Il a exclu des élections anticipées, réclamées par l’opposition. Selon un sondage Ipsos publié lundi, 62 % des électeurs souhaitent un tel scrutin avant la fin 2022.

Brexiter de la première heure, qui passe pour un travailleur pragmatique, Rishi Sunak est pressé de détailler ses projets, après s’être imposé sans programme ni vote des adhérents. Il était le seul candidat à avoir obtenu les soutiens nécessaires des députés de son parti.

Pendant la précédente campagne, l’été dernier, au cours de laquelle il avait été battu par Liz Truss, l’ancien chancelier de l’Echiquier (2020-2022) avait insisté sur la nécessité de lutter contre l’inflation et avait adopté une position dure sur l’immigration.

Par Le Point avec AFP

Rishi Sunak succède à Liz Truss à la tête des conservateurs britanniques

octobre 24, 2022
Rishi Sunak devant la porte de sa résidence

L’ex-ministre britannique des Finances, Rishi Sunak, est devenu lundi matin le nouveau chef du Parti conservateur et prochain premier ministre du Royaume-Uni à la suite de la démission, jeudi dernier, de Liz Truss. Photo : Reuters/Maja Smiejkowska

L’ancien ministre des Finances Rishi Sunak a été désigné chef du Parti conservateur et devrait succéder sous peu à Liz Truss comme premier ministre du Royaume-Uni.

L’ancien ministre britannique des Finances a été désigné à la tête du Parti conservateur après le retrait de la course de sa seule rivale, Penny Mordaunt, a annoncé lundi le président du comité de 1922 du parti.

Je peux confirmer que nous n’avons reçu qu’une candidature valide, a déclaré le responsable de l’organisation du scrutin, Graham Brady, Rishi Sunak est ainsi élu chef du Parti conservateur.

Cette course à la direction du parti avait été lancée à la hâte jeudi dernier après la démission de la première ministre Liz Truss, emportée par une vague de contestation au sein de son propre parti seulement 45 jours après avoir accédé aux commandes du gouvernement britannique en lieu et place de Boris Johnson, qui avait lui aussi été poussé vers la sortie en juillet à la suite du scandale du Partygate.

Des hommes en vestion cravate posent pour la postérité.

Les membres du « Comité 1922 » du Parti conservateur, chargés de diriger la course à la succession du parti, en compagnie de Rishi Sunak, (au centre). Photo: AP/Stefan Rousseau

Petit-fils d’immigrés d’origine indienne au parcours classique de l’élite britannique, Rishi Sunak, richissime ancien banquier, est la première personne issue des minorités visibles à diriger le gouvernement britannique.

Je veux redresser notre économie, unir notre parti et agir pour notre pays, a-t-il déclaré dimanche en annonçant sa candidature sur Twitter lors d’un intense week-end de tractations. Voulant marquer sa différence par rapport à Boris Johnson, il a promis intégrité, professionnalisme et responsabilité.

Rishi Sunak était le seul candidat à avoir franchi le cap des 100 signatures au sein des députés conservateurs; principale condition requise pour accéder à la course à la succession de Liz Truss.

La seule autre candidate dans la course, la ministre des Relations avec le Parlement, Penny Mordaunt, a retiré sa candidature lundi matin, faute d’avoir pu recueillir les 100 signatures requises, ouvrant du même coup la porte à la direction du Parti conservateur et du gouvernement à son collègue.

Quant à lui, l’ex-premier ministre Boris Johnson, qui réfléchissait à la possibilité de tenter de nouveau sa chance, a annoncé dimanche soir qu’il renonçait à se présenter en raison des divisions au sein de la majorité.

M. Sunak ayant été proclamé vainqueur de facto, les 170 000 membres du Parti conservateur ne seront pas obligés de voter pour désigner leur nouveau chef. Ce vote était prévu pour vendredi.

Un défi de taille

M. Sunak avait régulièrement dénoncé cet été le plan économique de Liz Truss qui a récemment semé la panique sur les marchés financiers du pays. Son approche est jugée plus rassurante pour les marchés ébranlés par une inflation record et une grave crise énergétique sur fond de tensions importantes dans l’est de l’Europe.

Le Parti conservateur étant majoritaire à la Chambre des communes, M. Sunak devient ainsi premier ministre, avec le défi de s’attaquer à une profonde crise sociale qui mine le pays et de tenter d’unifier une majorité que certains jugent ingérable après 12 ans au pouvoir.

Le nouveau roi Charles III devrait donc convoquer sous peu Rishi Sunak afin de lui demander de former un nouveau gouvernement, comme le veut la tradition britannique.

L’opposition travailliste, qui est quant à elle largement en avance dans les sondages, réclame à grands cris le déclenchement d’élections législatives anticipées.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Royaume-Uni : la retraite dorée de Liz Truss fait grincer des dents

octobre 22, 2022

Malgré ses 44 jours au 10 Downing Street, Liz Truss pourrait toucher 130 000 euros par an en tant qu’ancienne Première ministre, rapporte « Le Figaro ».

La Premiere ministre britannique Liz Truss, qui a demissione apres seulement 44 jours au pouvoir, pourrait beneficier d'une indemnite financiere de 130 000 euros par an durant toute sa vie.
La Première ministre britannique Liz Truss, qui a démissioné après seulement 44 jours au pouvoir, pourrait bénéficier d’une indemnité financière de 130 000 euros par an durant toute sa vie.© Carlos Jasso / POOL / Bloomberg POOL / EPA

Un mandat express qui pourrait se révéler très lucratif. Comme le décrypte Le Figaro, Liz Truss, qui a démissionné après seulement 44 jours de son poste de Première ministre britannique, peut prétendre auprès du PDCA (Public Duty Costs Allowance) à toucher une indemnité annuelle de 115 000 livres, soit 130 000 euros, prévue pour les anciens titulaires du poste, conformément aux directives régissant l’organisation du gouvernement britannique.

Plusieurs députés s’opposent à une telle indemnité à l’attention de celle qui est devenue la dirigeante du plus court mandat de l’histoire britannique. Cette coquette somme avait été introduite en 1991, au moment du départ de Margaret Tatcher. Quelle que soit la durée du mandat des locataires du 10 Downing Street, elle peut être touchée dans son entièreté. En plus de cette indemnité, les anciens Premiers ministres peuvent demander une allocation de retraite, d’un montant maximal équivalent à 10 % de l’indemnité.

John Major (6 ans, 5 mois et 4 jours) et Tony Blair (10 ans, 10 mois et 25 jours) avaient, par exemple, demandé l’allocation maximale. Gordon Brown (2 ans, 10 mois et 14 jours) s’est contenté de 114 712 livres tandis que David Cameron (6 ans, 2 mois et 2 jours) touche 113 423 livres et Theresa May (3 ans et 11 jours) 57 832 livres.

«Il est grotesque que Liz Truss puisse repartir avec 115 000 livres »

« Les frais sont un remboursement des dépenses engagées pour les frais de bureau nécessaires et les frais de secrétariat découlant de leur position particulière dans la vie publique », précise le site du gouvernement britannique. Cette indemnité ne peut donc pas être employée pour des dépenses privées. En outre, dans le cas où un ancien Premier ministre accepte une nomination publique, le niveau de son indemnité est revu en fonction de la rémunération que lui accorde cette nomination.

Sur la scène publique britannique, de nombreuses voix s’élèvent pour que Liz Truss renonce à toucher ses 115 000 livres. « Elle devrait refuser. Je pense que c’est la bonne chose à faire », a déclaré ce vendredi sur ITV son opposant Keir Starmer, le patron du Parti travailliste. « Elle a fait 44 jours de mandat, elle n’y a pas vraiment droit, elle devrait le refuser et ne pas le prendre », a-t-il ajouté. Le chef du Parti des libéraux-démocrates, Ed Davey, a également estimé que l’ex-Première ministre britannique ne devrait pas faire valoir son droit.

La déclaration de Mark Serwotka, secrétaire général d’un syndicat de fonctionnaires, va aussi dans le même sens : « À une époque où un fonctionnaire sur cinq utilise les banques alimentaires et où 35 % d’entre eux sautent des repas parce qu’ils n’ont pas de nourriture, il est grotesque que Liz Truss puisse repartir avec (…) 115 000 livres ».

Par Le Point

Royaume-Uni: un retour de Boris Johnson ? Vraiment ?

octobre 21, 2022
Royaume-Uni: un retour de Boris Johnson ? Vraiment ?
Royaume-Uni: un retour de Boris Johnson ? Vraiment ?© AFP/Daniel LEAL

Certains l’adorent, d’autres sont prêts à démissionner s’il revient à Downing Street. Dans un nouveau coup de théâtre, Boris Johnson cherche vendredi à obtenir les parrainages nécessaires pour tenter de redevenir Premier ministre britannique.

En vacances aux Caraïbes, il n’est pas encore candidat, pas plus que Rishi Sunak, l’ancien ministre des Finances avec lequel il est à couteaux tirés. Mais les deux hommes semblent les mieux placés dans cette élection accélérée, interne au parti conservateur, qui doit accoucher d’un nouveau Premier ministre en une semaine maximum, après la démission de Liz Truss, dirigeante éphémère pendant 44 jours.

Alors que le pays aspire à la stabilité après plusieurs mois d’un très mauvais feuilleton politique mettant en scène dissensions, trahisons et incompétence, Boris Johnson, 58 ans, l’ancien héros charismatique du Brexit qui avait démissionné il y a trois mois et demi, désavoué après une série de scandales, préparerait son retour.

« Boris Johnson dit aux conservateurs: je peux sauver le parti de l’anéantissement politique », a titré sur toute sa Une le quotidien conservateur The Daily Telegraph. « Boris contre Rishi, le combat pour l’âme des Tories », titre le Daily Mail, très pro-Johnson.

Un décompte officieux réalisé par le site Guido à la mi-journée comptait 58 députés pour Rishi Sunak, 54 pour Boris Johnson et 20 pour Penny Mordaunt, ministre des relations avec le Parlement. Il faut 100 parrainages d’ici lundi 14h00 pour pouvoir être candidat, sur 357 députés conservateurs.

Week-end sanglant

Les tractations en coulisses vont bon train. Boris Johnson s’apprêterait à rentrer à Londres et le week-end promet d’être sanglant. Car « Boris », les Britanniques généralement n’utilisent que son prénom tant il leur est familier, divise profondément.

Pour ses partisans, il est le seul à être légitime, ayant offert une majorité historique aux conservateurs lors des législatives de 2019. Formidable orateur, il a aussi gardé son aura auprès de milliers de membres du parti, qui pourraient avoir à se prononcer la semaine prochaine.

« Boris ou la faillite » a déclaré vendredi le secrétaire d’État à l’énergie Jacob Rees-Mogg. Le ministre de la Défense Ben Wallace, très populaire au sein de la base, a aussi dit « pencher » vers Boris, dans ce drame aux accents de plus en plus shakespeariens.

Mais de nombreux députés conservateurs ont en mémoire les fêtes arrosées à Downing Street durant les confinements anti-Covid, ses mensonges à répétition et son manque de discipline qui avaient sapé la confiance, conduisant à des dizaines de démissions au sein du gouvernement et à la sienne le 7 juillet.

« Il fait actuellement l’objet d’une enquête d’une commission parlementaire (…), il est presque 100 % certain que la commission des privilèges conviendra qu’il a trompé le Parlement », a rappelé le député conservateur Richard Graham sur Times Radio.

Ce retour renverrait son parti « directement dans le pétrin dans lequel nous étions lorsqu’il était au pouvoir », a commenté un autre élu.

« Gagner le soutien des députés est très loin d’être acquis, mais s’il y arrive, il sera presque très certainement Premier ministre », selon The Times.

La base du parti est restée largement fidèle à Boris Johnson. Selon un sondage YouGov, 42 % des membres du parti pensent qu’il peut être « un très bon » remplaçant de Liz Truss, et 21 % un « assez bon » remplaçant. Rishi Sunak, qui avait perdu contre Liz Truss cet été, parfois considéré comme le traître ayant conduit au départ de Boris Johnson, est à 29 % et 31 %, Penny Mordaunt est à 20 % et 34 %.

Dans un contexte de crise économique et sociale, l’opposition travailliste, largement en tête dans les sondages, demande des élections législatives anticipées. Le parti centriste des libéraux-démocrates (« lib-dems ») veut bloquer la candidature de Boris Johnson, soulignant qu’il avait été reconnu coupable d’avoir enfreint la loi durant le « partygate ».

« Boris Johnson est le Berlusconi anglais », a dénoncé Daisy Cooper, chef adjointe des « lib-dems ».

« Hasta la vista » avait conclu Boris Johnson en juillet, lors de sa dernière séance de questions au Parlement. « Mission largement accomplie, pour le moment », avait-il ajouté.

Il rêve probablement de marcher dans les traces de son héros Winston Churchill, revenu au pouvoir en 1939. Mais Churchill avait attendu 10 ans, pas six semaines.

Par Le Point avec AFP

La première ministre britannique Liz Truss démissionne

octobre 20, 2022

Les membres du Parti conservateur étaient profondément divisés au sujet de son programme de relance économique.

Mme Truss parle lors d'une conférence de presse.

La première ministre britannique Liz Truss a annoncé sa démission devant le 10, Downing Street, à Londres. Photo : Getty Images/Rob Pinney

Confrontée aux attaques de l’opposition et à une crise de confiance au sein du Parti conservateur, la première ministre britannique Liz Truss quitte ses fonctions 45 jours après avoir succédé à Boris Johnson.

Vainqueure de la course à la chefferie pour la succession de Boris Johnson, emporté par le scandale du « Partygate », Liz Truss a pris les commandes du gouvernement conservateur le 5 septembre dans un contexte politique et économique difficile.

À peine un mois après son arrivée à la tête du gouvernement, elle battait déjà des records d’impopularité dans la population alors que les membres de son parti étaient profondément divisés au sujet de son programme de relance économique.

Contrainte de faire volte-face sur plusieurs promesses phares de sa campagne et de changer de ministre des Finances en catastrophe à la suite d’un mini-budget qui a semé la panique sur les marchés financiers, Liz Truss a déposé les armes jeudi lors d’un discours prononcé devant sa résidence de fonction du 10, Downing Street, à Londres.

Liz Truss entre au 10, Downing Street, en compagnie de son conjoint.

Liz Truss est rentrée au 10, Downing Street, après avoir annoncé sa démission lors d’une brève allocution. Photo : Reuters/Toby Melville

« Dans le contexte actuel, je ne peux livrer le mandat pour lequel j’ai été élue par le Parti conservateur. »— Une citation de  Liz Truss, première ministre du Royaume-Uni

Son ou sa successeur(e) sera choisi au sein des députés conservateurs qui se sont donné huit jours pour déterminer qui assumera l’intérim à la tête du gouvernement.

Sur les bancs de l’opposition, le chef du Parti travailliste, Keir Starmer, a réclamé le déclenchement d’élections générales anticipées dès maintenant.

La première ministre britannique Liz Truss s’est finalement résignée jeudi à démissionner après seulement six semaines au pouvoir ressemblant à un chemin de croix pour la dirigeante conservatrice. La situation était devenue pour elle complètement insoutenable, comme l’explique Marie Isabelle Rochon.

Invitée à former un gouvernement par la reine Élisabeth II, le 6 septembre, Liz Truss avait deux jours plus tard annoncé au Parlement un gel de la facture d’énergie des particuliers et des entreprises et la relance de l’extraction de pétrole et de gaz pour tenter de calmer la crise énergétique engendrée par la guerre en Ukraine.

Le décès de la reine, le même jour, avait totalement occulté les débuts de son gouvernement pendant une dizaine de jours.

Déjà moins populaire que son prédécesseur, Boris Johnson, Liz Truss a connu ses premiers revers lorsque son ministre des Finances, Kwasi Kwarteng, a annoncé un mini-budget destiné à relancer la croissance en tablant sur des baisses d’impôts de dizaines de milliards de livres essentiellement financées par de la dette nationale.

Panique sur les marchés

Plombée par l’affolement des marchés, la valeur de la livre a encaissé une baisse historique qui a ébranlé le nouveau gouvernement et la confiance du public.

Le Royaume-Uni traverse une crise sociale et économique majeure aggravée par la flambée des prix de l’énergie et un taux d’inflation de 10,1 %, un sommet en 40 ans.

Pour calmer la panique des marchés, la Banque d’Angleterre a dû intervenir d’urgence sur le marché obligataire en invoquant un risque important pour la stabilité financière du Royaume-Uni.

L’opposition travailliste a une avance de 33 points sur les conservateurs dans les sondages, du jamais vu depuis la fin des années 1990.

Un homme debout au parlement britannique.

Le chef de l’opposition, le travailliste Keir Starmer. Photo : via Reuters/Jessica Taylort/Hoc

Ébranlée et contestée au sein de son propre parti, Liz Truss a annoncé lors du congrès du Parti conservateur qu’elle renonçait à supprimer la tranche d’imposition la plus élevée pour les contribuables les plus riches en excluant de réduire les dépenses publiques, le tout en promettant néanmoins des baisses d’impôts.

Des volte-face qui ont semé de sérieux doutes dans le pays sur sa politique économique et les capacités de son gouvernement à la mettre en œuvre.

Après avoir remplacé Kwasi Kwarteng aux Finances par Jeremy Hunt, son ancien adversaire dans la course pour Downing Street, Liz Truss avait annoncé un nouveau revirement en renonçant à maintenir à 19 % l’impôt sur les sociétés qui augmentera à 25 %, comme l’avait prévu le gouvernement précédent.

Quatre ministres des Finances plus tard

Jeremy Hunt, quatrième ministre des Finances du Royaume-Uni depuis le début de l’année, a finalement annoncé l’annulation du programme économique de Liz Truss dans sa quasi-totalité.

Attaquée de toutes parts, la première ministre s’était fait représenter par une autre ministre pour répondre aux questions qui fusaient à la Chambre des communes où on l’accusait de se cacher sous son bureau.

Moins d’une semaine après avoir dû limoger son ministre des Finances et ami proche, Kwasi Kwarteng, elle a perdu mercredi sa ministre de l’Intérieur, Suella Braverman, responsable du dossier délicat des traversées illégales de la Manche, qui atteignent des niveaux records au Royaume-Uni.

Officiellement, Mme Braverman a démissionné pour avoir utilisé son courriel personnel pour l’envoi de documents officiels, enfreignant ainsi le code ministériel. Dans sa lettre de démission, Mme Braverman a exprimé ses graves inquiétudes sur la politique du gouvernement qui, selon elle, renonce à ses promesses, notamment dans le dossier migratoire.

Suella Braverman salue de la main.

Suella Braverman, occupait le poste de ministre de l’Intérieur (Home Office) au sein du gouvernement Truss. Photo : La Presse Canadienne/AP/Frank Augustein

Le déroulement totalement chaotique d’un vote mal expliqué en Chambre sur la reprise de la fracturation hydraulique dans le pays, une technique controversée d’extraction de gaz et de pétrole, dont le gouvernement voulait faire un test de loyauté est finalement venu à bout de la détermination de la première ministre Truss.

Jeudi matin, plus d’une douzaine de députés conservateurs réclamaient la démission de leur cheffe.

En Écosse, la première ministre Nicola Sturgeon n’a pas pris de pincettes sur son compte Twitter pour décrire la situation qui prévaut à la tête de l’État britannique.

« Il n’y a pas de mots pour décrire adéquatement cette pagaille. […] La réalité est que les gens ordinaires en paient le prix. Les intérêts du Parti conservateur ne devraient concerner personne en ce moment. »— Une citation de  Nicola Sturgeon, première ministre d’Écosse.

Des réactions à l’étranger

À Washington, le président américain Joe Biden a remercié Mme Truss tout en assurant la coopération de son administration avec le gouvernement britannique, rappelant au passage que les deux pays sont de grandsalliés liés par une amitié durable.

« Je remercie la première ministre Liz Truss pour son partenariat sur toute une série de questions, notamment celle de tenir la Russie responsable de sa guerre contre l’Ukraine. Nous poursuivrons notre étroite coopération avec le gouvernement britannique. »— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

De son côté, le président français, Emmanuel Macron, s’est gardé de faire tout commentaire sur la vie politique britannique tout en soulignant que Mme Truss et lui avaient eu des échanges toujours très constructifs.

La France, en tant que nation et peuple ami du peuple britannique, souhaite avant tout la stabilité dans le contexte que nous connaissons, qui est un contexte de guerre et de tension énergétique, a ajouté le chef de l’État français.

Par Radio-Canada avec les informations de Reuters et Agence France-Presse

Sam Matekane, d’homme le plus riche du Lesotho à Premier ministre

octobre 16, 2022

Six mois après avoir lancé son parti, Sam Matekane écrase la concurrence et remporte les élections générales. Il devrait devenir le prochain chef du gouvernement et continuer d’écrire la légende d’un homme à qui tout réussit.

Sam Matekane, au centre de la photographie, à Maseru le 11 octobre 2022. © MOLISE MOLISE/AFP

C’est l’histoire d’un gamin du centre du Lesotho qui grandit au sein d’une fratrie de quatorze enfants. Le septième, Samuel Ntsokoane Matekane, dit Sam, renonce à une vie d’éleveur et descend de la montagne pour aller étudier dans un lycée de la capitale. Il serait exagéré de décrire Maseru comme la ville de tous les possibles, mais Sam Matekane s’y émancipe comme personne.

L’entrepreneur en herbe se fait la main en lançant une petite usine de fabrication de parpaings en 1986. Il investit ensuite dans la construction de routes, devient sous-traitant pour l’exploitation d’une mine de diamants (2004), s’essaie à l’aviation (2009), se diversifie dans l’immobilier et se risque à la politique à l’âge de 64 ans. Un business comme un autre pour Sam Matekane, qui pense diriger le futur gouvernement comme une entreprise.

L’argent comme carte de visite

Sa dernière start-up, c’est un parti baptisé Révolution pour la prospérité (RFP). Cette formation politique voit le jour en mars 2022 et porte Sam Matekane au pouvoir six mois plus tard, lors des élections générales du 7 octobre. L’ambitieux dit être entré dans l’arène par dégoût des coalitions qui déstabilisent le Lesotho depuis 2012. Aucun gouvernement n’a tenu bien longtemps au cours de la dernière décennie. Matekane rêve de la majorité absolue pour gouverner sans concession.

Avec l’argent comme carte de visite, il se fait un nom en lettres d’or chez les Basotho. C’est « l’homme le plus riche du pays », « l’homme au premier hélicoptère » et même « l’homme au jet privé ». On ne connaît pas l’étendue de sa fortune, mais Matekane a le succès qui brille et les jeunes électeurs sont sensibles à ses signes extérieurs de richesse.

PERSONNE NE REMET SA PAROLE EN QUESTION PARCE QU’IL A RÉUSSI.

La prospérité de son empire lui confère aussi un statut de leader. « Quand il dit « je vais faire ça comme ça », personne ne remet sa parole en question parce qu’il a réussi. Et ça, c’est nouveau en politique au Lesotho », analyse Tlohang Letsie, maître de conférence en études politiques et administratives à l’université du Lesotho. « Le pays connaît l’homme d’affaires respecté, pas l’homme politique », met en garde Montoeli Masoetsa, porte-parole de la Convention de tous les Basotho (ABC), qui a remporté seulement huit sièges. « C’est un homme compétent, il peut réussir à condition de s’entourer d’hommes politiquement matures », prévient-il dans un appel du pied.

Peu bavard, Sam Matekane se raconte avec les poncifs de son milieu d’entrepreneur. En interview, il récite l’histoire d’un homme parti de rien, qui s’est construit tout seul, qui a cru en ses rêves, qui a appris de ses échecs. Ce discours – entendu ailleurs – sonne moins creux au Lesotho, où les success stories ne courent pas les rues.

Gâté par la vie, Sam Matekane consacre une partie de son temps et de sa richesse à sa communauté à travers sa fondation. L’homme fait montre de sa philanthropie en développant son village natal de Mantšonyane, où 64,6% des électeurs ont voté pour lui. « Les infrastructures y sont meilleures que celles de la capitale », prétend David Mohapi, porte-parole du RFP. Ailleurs dans le pays, on se souvient surtout de son rôle dans la lutte contre le Covid-19.

Héros anti-Covid

En janvier 2021, Sam Matekane lance l’organisation Sesiu Sa Letšoele Le Beta Poho (L’unité est une force), destinée à centraliser les dons du secteur privé pour acheter des vaccins et acquérir du matériel de laboratoire. Il devient l’homme de la situation, tout en mettant en évidence les manquements du pouvoir en place. « Ensemble [avec le gouvernement], on s’est dit qu’il fallait essayer de sauver la nation », rejoue Sam Matekane lors d’une interview télévisée, en août 2021. Le voilà élevé au rang de héros. La suite de son intervention est moins admirable. « Si cette nation meurt de cette pandémie, demain nous n’aurons plus de consommateurs », confesse franchement le businessman.

Verra-t-il le Lesotho comme un marché une fois Premier ministre ? À la tête de la demande publique, il pourrait être tenté de favoriser le Matekane Group of Companies (MGC). « Vous allez voir qu’il va payer ses entreprises avec des fonds publics. Elles vont continuer à travailler pour le gouvernement. C’est de la corruption au plus haut niveau », accuse par anticipation Serialong Qoo, porte-parole du Congrès démocratique (DC). Ce parti, arrivé second des élections, devrait incarner l’opposition lors de la prochaine mandature. Sam Matekane se défend de tout conflit d’intérêt et affirme qu’il va se mettre en retrait de ses affaires.

Sam Matekane sera également contraint de déléguer une partie de son pouvoir. Les élections du 7 octobre ne lui ont pas permis d’atteindre la majorité absolue qu’il visait. Après avoir obtenu 56 sièges sur 120, son parti a dû négocier avec le Mouvement pour le changement économique (MEC) et l’Alliance des démocrates (AD) pour atteindre 65 sièges. La composition du prochain gouvernement et son programme dépendront de cette coalition.

Lutter contre la corruption

Lutter contre la corruption – « la pire des maladies » – sera l’une de ses priorités, a-t-il déclaré à la BBC. Il veut aussi mieux former et dépolitiser l’armée, qui s’est illustrée par des coups d’État (en 1986 et 1991) ou par des tentatives de putsch (2014). Ce qui n’a pas empêché le magnat de couvrir la Force de défense du Lesotho (LDF) de dons, en mars dernier, au moment de lancer son parti.

Au sein de la coalition, les trois alliés se sont mis d’accord sur un programme d’austérité. Ils promettent de diminuer les dépenses du gouvernement en évitant d’utiliser les résidences et les voitures officielles. Un sacrifice moindre pour cet amateur de belles voitures. Il n’aura qu’à se tourner vers sa collection personnelle : Rolls-Royce et Aston Martin sont à disposition.

Avec Jeune Afrique par Romain Chanson – à Johannesburg

Les conservateurs britanniques choisissent Liz Truss pour succéder à Boris Johnson

septembre 5, 2022
Liz Truss sourit après son élection.

Liz Truss deviendra la troisième femme première ministre du Royaume-Uni, après Margaret Thatcher et Theresa May. Photo : La Presse Canadienne/AP/Vctoria Jones

Liz Truss a remporté lundi la course pour succéder à Boris Johnson et devenir première ministre britannique, avec pour défi immédiat de s’attaquer à la crise historique du pouvoir d’achat qui frappe le Royaume-Uni.

Mme Truss, qui a mené une campagne très à droite, axée sur les baisses d’impôt, deviendra mardi la troisième femme à diriger le gouvernement britannique, après Margaret Thatcher et Theresa May.

Sans surprise, la ministre des Affaires étrangères âgée de 47 ans s’est imposée (57 %) devant son ancien collègue des Finances Rishi Sunak (43 %), selon les résultats annoncés par Graham Brady, responsable de l’organisation du scrutin interne déclenché par la démission de Boris Johnson au début juillet.

La sélection de Mme Truss a été annoncée lundi à Londres, après une course à la direction de deux mois, au terme de laquelle seuls les 180 000 membres cotisants du Parti conservateur étaient autorisés à voter. Elle accédera automatiquement au poste de première ministre en raison de la majorité dont bénéficient les tories à la Chambre des communes.

La reine Élisabeth II devrait nommer formellement Mme Truss mardi. La cérémonie aura lieu en Écosse, où la monarque est en vacances, plutôt qu’au palais de Buckingham à Londres. Durant ses 70 ans de règne, la reine a vu se succéder 15 chefs gouvernement, en incluant Liz Truss.

Sitôt élue, Mme Truss a livré un discours devant les membres du Parti conservateur.

« Je proposerai un plan audacieux pour réduire les impôts et développer notre économie. Je m’attaquerai à la crise de l’énergie, en m’occupant des factures d’énergie des contribuables […] mais aussi aux problèmes d’approvisionnement à long terme que nous avons. »— Une citation de  Liz Truss, nouvelle cheffe des conservateurs britanniques

Restée fidèle jusqu’au bout à Boris Johnson, qu’elle a fait applaudir en énumérant le Brexit, sa victoire face aux travaillistes et son soutien à l’Ukraine, Liz Truss va s’installer au 10 Downing Street dans un contexte économique et social explosif, marqué par une inflation qui dépasse les 10 %, une hausse exorbitante des factures d’énergie prévue à l’automne et des grèves qui s’éternisent.

Dans une campagne très à droite, parfois au point de sembler déconnectée de l’aggravation dramatique de la crise économique pendant l’été, Mme Truss – tardivement convertie au conservatisme comme au Brexit – a séduit les membres du Parti conservateur en promettant des baisses d’impôt massives et en adoptant un ton très dur contre les syndicats.

Elle a cependant refusé de dire comment elle résoudrait la crise du coût de la vie.

Appels à la solidarité

Le premier ministre sortant Boris Johnson s’est exprimé sur Twitter à l’issue du vote pour lancer un appel l’unité.

« Félicitations à Liz Truss pour sa victoire décisive. Je sais qu’elle a le bon plan pour s’attaquer à la crise du coût de la vie, unir notre parti et poursuivre le grand travail d’unification de notre pays. Il est maintenant temps pour tous les conservateurs de la soutenir à 100 %. »— Une citation de  Boris Johnson, premier ministre du Royaume-Uni

Similairement, l’ancienne première ministre conservatrice Theresa May a appelé les membres de son parti à travailler ensemble pour relever les défis auxquels notre pays est confronté, tout en garantissant son soutien à la nouvelle dirigeante.

À deux ans d’élections où l’opposition travailliste, qui dispose d’une nette avance dans les sondages, espère déloger les conservateurs au pouvoir depuis 2010, le chef du Labour Party, Keir Starmer, a d’abord félicité Mme Truss pour sa victoire avant d’imputer aux précédents mandats conservateurs des salaires bas, des prix élevés et une crise du coût de la vie.

Le premier ministre irlandais Micheal Martin a fait part de son impatience alors que les relations entre les deux pays ont été affaiblies par les conséquences du Brexit.

Premier dirigeant étranger à réagir après l’annonce officielle, le chancelier allemand Olaf Scholz a fait part de sa hâte de travailler avec la nouvelle dirigeante britannique, tandis que le premier ministre indien Narendra Modi s’est dit confiant quant à un renforcement du partenariat stratégique entre les deux pays.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a déclaré espérer le respect intégral des accords entre le Royaume-Uni et l’UE.

Alors que des voix se sont élevées pour demander des élections anticipées, Liz Truss a semblé exclure ce scénario, en soulignant qu’elle mènerait son parti vers une large victoire en 2024.

Les prochaines élections générales devraient avoir lieu en décembre 2024 ou en janvier 2025 au plus tard, soit cinq ans après celles qui ont conduit Boris Johnson au pouvoir.

Radio-Canada avec les informations de Reuters, Agence France-Presse et Associated Press

Elizabeth II recevra le nouveau Premier ministre dans sa résidence écossaise, une première

août 31, 2022
Elizabeth II recevra le nouveau Premier ministre dans sa residence ecossaise, une premiere
Elizabeth II recevra le nouveau Premier ministre dans sa résidence écossaise, une première© AFP/ANDY BUCHANAN

C’est une première pour Elizabeth II : la reine de 96 ans restera dans sa résidence écossaise de Balmoral, où elle se trouve actuellement, pour y recevoir le nouveau Premier ministre britannique au lieu de rentrer à Londres, bousculant la transition.

Vu ses difficultés croissantes à se déplacer, la presse s’interrogeait sur un retour de la monarque pour officialiser au palais de Buckingham, comme le veut la tradition, l’entrée dans ses fonctions du 15e chef de gouvernement en 70 ans de règne.

La cheffe de la diplomatie Liz Truss est considérée comme la grande favorite face à l’ancien ministre des Finances Rishi Sunak pour remporter l’élection interne au Parti conservateur et remplacer Boris Johnson au 10, Downing Street.

Le palais a confirmé mercredi que le ballet très codifié qui entoure le changement de Premier ministre serait modifié. Après la fin du vote vendredi et la proclamation du résultat lundi, Boris Johnson se rendra mardi à Balmoral, où la reine passe habituellement la fin de l’été, pour officiellement présenter sa démission.

Il sera suivi de son remplaçant, a précisé un porte-parole.

Cette décision a été présentée comme une manière de faciliter l’organisation de la passation de pouvoir pour l’agenda du Premier ministre, en évitant des modifications de dernière minute. Elle va cependant quelque peu compliquer la transition : le trajet de quelques centaines de mètres pour rallier Downing Street au palais de Buckingham sera remplacé par un voyage de 800 kilomètres, retardant potentiellement les discours d’adieu et de prise de fonctions et le processus laborieux de formation du nouveau gouvernement.

Climat social explosif

« Je ne parle pas de mes conversations avec la reine, aucun Premier ministre ne le fait jamais », a déclaré Boris Johnson, interrogé sur ce changement de protocole. « Mais ce que je peux vous dire, c’est que nous ferons certainement en sorte que la passation de pouvoir soit arrangée d’une manière qui lui convienne parfaitement, quoi qu’elle veuille ».

L’audience de Balmoral constituera le premier contact officiel entre la reine, la cheffe de l’Etat, et le Premier ministre qui prendra ses fonctions après une série de scandales qui ont poussé Boris Johnson vers la sortie. Et ce dans un contexte explosif pour le Royaume-Uni, confronté à une grave crise liée à l’augmentation du coût de la vie qui provoque des grèves inédites depuis les années 1980.

Liz Truss, dont la victoire est quasi assurée au vu des sondages réalisés parmi les quelque 200.000 adhérents appelés à voter, a promis des baisses d’impôts massives et s’est montrée réticente quant à des aides directes. Mais l’aggravation de la crise ces dernières semaines, avec une inflation à plus de 10 % et même attendue à 22 % dans le scénario du pire de la banque Goldman Sachs, crée une pression considérable pour une intervention rapide après un été de quasi-vacuité du pouvoir.

Outre ce premier rendez-vous, Elizabeth II a une audience hebdomadaire avec le chef du « gouvernement de Sa Majesté », qui a eu lieu essentiellement au téléphone depuis le début de la pandémie de Covid-19 en 2020. A compter de cette date, elle s’est retirée essentiellement au château de Windsor, en périphérie ouest de Londres, où est mort son époux Philip en avril 2021 peu avant ses 100 ans.

Depuis une nuit à l’hôpital il y a près d’un an pour des examens jamais précisés, la reine se montre de plus en plus rarement en raison de problèmes pour se déplacer. Elle délègue une part croissante de ses fonctions à son fils Charles, qui avait notamment prononcé en mai à sa place pour la première fois le discours du trône au Parlement, l’une de ses prérogatives protocolaires essentielles.

Début juin, les Britanniques avaient célébré pendant quatre jours les 70 ans de règne d’Elizabeth II, qui est le monarque le plus âgé du monde en exercice. Pendant ce jubilé de platine, elle n’est apparue qu’à deux brèves reprises au balcon du palais de Buckingham devant des dizaines de milliers de personnes.

Fin juin, elle a effectué plusieurs apparitions publiques en Ecosse, souriante et munie d’une canne au cours d’un défilé des forces armées à Edimbourg.

Par Le Point avec AFP

Crise politique en Thaïlande, le Premier ministre suspendu

août 24, 2022
Crise politique en Thailande, le Premier ministre suspendu
Crise politique en Thaïlande, le Premier ministre suspendu© AFP/Jack TAYLOR

La Cour constitutionnelle thaïlandaise a suspendu mercredi le Premier ministre Prayut Chan-O-Cha, le temps de déterminer s’il peut rester au-delà de la limite de huit ans au pouvoir fixée par la Constitution, ouvrant une crise politique à quelques mois d’élections générales.

L’instance peut prendre plusieurs semaines pour trancher ce noeud juridique qui a mis sous tension la capitale Bangkok, où des manifestations ont eu lieu dès mardi.

Députés de l’opposition, professeurs, syndicats étudiants… De nombreuses voix se sont levées pour réclamer le départ de Prayut Chan-O-Cha, qui a atteint, selon eux, la limite de huit ans en poste fixée dans la Constitution de 2017.

Mais pour ses partisans, deux interprétations pourraient permettre à l’ancien général de 68 ans, approuvé comme Premier ministre par le roi le 24 août 2014 à la suite d’un coup d’État, de rester au moins jusqu’à des élections générales prévues en mars 2023, voire au-delà.

« Laissons la Cour constitutionnelle décider », s’est borné à dire la semaine dernière l’intéressé, qui a esquivé les questions sur ce sujet brûlant ces derniers jours.

La Cour constitutionnelle a officiellement démarré mercredi son examen. Elle a voté à cinq juges contre quatre pour suspendre de manière immédiate le Premier ministre, comme le demandaient les députés de l’opposition, à l’origine de la saisie.

Le vice-Premier ministre et numéro deux du gouvernement Prawit Wongsuwan, 77 ans, va occuper la fonction de Premier ministre par intérim.

Prawit Wongsuwan pour l’intérim

« Le général Prawit Wongsuwan va être Premier ministre par intérim parce qu’il est le premier sur la liste de succession des vice-premiers ministres », a annoncé à la presse Wissanu Krea-ngam, également vice-Premier ministre – il y en a six.

« Le gouvernement actuel va poursuivre son travail normalement, parce que le général Prayut n’a pas été exclu de son poste, mais seulement suspendu », a poursuivi le dirigeant, en rappelant que Prayut Chan-O-Cha continuera à siéger au gouvernement en tant que ministre de la Défense, poste qu’il occupait en doublon de celui de Premier ministre.

Si l’annonce de cette suspension est une surprise, les experts interrogés par l’AFP s’attendent à voir la Cour trancher dans le sens de Prayut Chan-O-Cha qui a résisté à toutes les crises depuis 2014, notamment lors des manifestations pro-démocratie massives de 2020.

« La longue liste des décisions à sens unique qui ont bénéficié à Prayut Chan-O-Cha parle d’elle-même (…) Le scénario le plus probable, c’est qu’il avance en claudiquant jusqu’à la fin de son mandat, au-delà de la limite des huit ans », a expliqué Thitinan Pongsudhirak, professeur de sciences politiques à l’Université Chulalongkorn de Bangkok.

En cause, la Constitution de 2017, rédigée sous la junte militaire et jugée favorable aux intérêts de l’armée.

« La légitimé de la Cour constitutionnelle est débattue depuis sa création (en 1997, ndlr). Elle était déjà politisée quand Thaksin Shinawatra était Premier ministre (2001-2006, ndlr). C’est attendu qu’elle tranche en la faveur de Prayut Chan-O-Cha », renchérit Napisa Waitoolkiat, analyste politique à l’université de Naresuan.

élections en vue

Une lecture pro-Prayut de ce texte prend comme point de départ du calcul des huit ans 2017, soit l’entrée en vigueur de la Constitution.

Une autre prend même comme point de départ 2019, année des élections législatives qui ont légitimé son pouvoir.

Depuis mardi, des conteneurs déposés par les autorités barrent la route qui mène à la maison du gouvernement à Bangkok, où plus d’une centaine de personnes ont réclamé le départ du Premier ministre.

La suspension pourrait rebattre les cartes en vue des élections générales de 2023.

Ancien général comme Prayut Chan-O-Cha dont il est très proche, Prawit Wongsuwan est également le chef du Palang Pracharat, le principal parti au pouvoir.

« C’est comme naviguer un bateau dans une baignoire, en passant du général Prayut au général Prawit », a réagi Pita Limjaroenrat, leader de Move Forward, l’un des partis d’opposition, qui réclame du sang frais.

Prawit Wongsuwan a été rattrapé en 2018 par un scandale qui a révélé plus d’un million d’euros de montres de luxe non déclarées dans son patrimoine. Il a été plus tard blanchi des soupçons de corruption.

L’un de ses principaux dossiers sera la préparation du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à Bangkok, les 18 et 19 novembre.

Par Le Point avec AFP

Mali : le Premier ministre Choguel Maïga en « repos forcé »

août 14, 2022

Le Premier ministre malien a été placé en « repos forcé » suite à un accident vasculaire cérébral.

Le Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga, le 30 juin 2021. © BASTIEN LOUVET / BRST / SIPA

« Après quatorze mois de travail sans répit, le Premier ministre, chef du gouvernement, Choguel Kokalla Maïga, a été mis en repos forcé par son médecin », a annoncé la primature malienne sur les réseaux sociaux, confirmant une information de Jeune Afrique. Le Premier ministre « reprendra ses activités la semaine prochaine Insh’Allah », précise le communiqué.

Choguel Kokalla Maïga a été victime d’un accident vasculaire cérébral, selon plusieurs sources concordantes qui ont confirmé l’information à Jeune Afrique. Le Premier ministre malien, âgé de 64 ans, a été soigné par des médecins de la clinique Pasteur de Bamako, qui l’ont enjoint à un « repos forcé » immédiat.

Nommé Premier ministre de la transition le 17 juin 2021 par Assimi Goïta, Choguel Maïga est l’une des figures les plus controversées du régime de transition.

Contexte politique

Son hospitalisation intervient dans un contexte politique compliqué, tant sur le plan régional que sur la scène intérieure.

Issu des rangs du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), il fait face depuis plusieurs mois à des critiques de la part de ses anciens alliés. Le mercredi 3 août, une large frange du mouvement avait ainsi annoncé ne plus reconnaître « l’autorité du comité stratégique du M5-RFP dirigé par Choguel Kokalla Maïga ».

Par Jeune Afrique