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Haïti: le procureur demande l’inculpation du Premier ministre

septembre 14, 2021
Haiti: le procureur demande l'inculpation du Premier ministre
Haïti: le procureur demande l’inculpation du Premier ministre© AFP/Archives/HECTOR RETAMAL

Le chef du parquet de Port-au-Prince a demandé mardi au juge enquêtant sur l’assassinat du président Jovenel Moïse d’inculper le Premier ministre Ariel Henry, en raison d’appels téléphoniques qu’il aurait eus avec l’un des principaux suspects du meurtre.

Bed-Ford Claude, le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince –équivalent du procureur– a par ailleurs demandé que M. Henry soit interdit de quitter le territoire haïtien « en raison de la gravité des faits exposés ».

Le président Moïse a été abattu le 7 juillet par un commando armé à son domicile de Port-au-Prince.

Dans une lettre adressée au tribunal de première instance de Port-au-Prince, Bed-Ford Claude assure qu’il « existe suffisamment d’éléments compromettants qui forment sa conviction sur l’opportunité de poursuivre Monsieur Henry et de demander son inculpation pure et simple ».

Dans un second courrier, envoyé au directeur de l’administration migratoire, le commissaire du gouvernement justifie l’interdiction demandée de sortie du territoire à l’encontre d’Ariel Henry « pour des présomptions graves d’assassinat sur le président de la République ».

Vendredi soir, Bed-Ford Claude avait déjà invité le chef du gouvernement à se présenter mardi au parquet, affirmant que M. Henry avait eu, quelques heures après le meurtre de Jovenel Moïse, des conversations téléphoniques avec l’une des personnes activement recherchées dans le cadre de l’enquête.

Ancien cadre de l’unité de lutte contre la corruption, dépendante du ministère de la justice, Joseph Félix Badio aurait été géolocalisé dans le quartier où se situe la résidence privée de Jovenel Moïse lors des appels passés à Ariel Henry à 04h03 puis 04h20 la nuit de l’attentat.

Samedi, le Premier ministre avait alors dénoncé la démarche du procureur, la qualifiant de diversion.

« Les manoeuvres de diversion pour semer la confusion et empêcher la justice de faire sereinement son travail ne passeront pas », avait réagi Ariel Henry.

« Les vrais coupables, les auteurs intellectuels et les commanditaires de l’assassinat odieux du président Jovenel Moïse seront trouvés, traduits en justice et punis pour leur forfait », a-t-il ajouté.

Quarante-quatre personnes, dont 18 Colombiens et deux Américains d’origine haïtienne, ont déjà été arrêtées dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de Jovenel Moïse, commis à son domicile sans qu’aucun policier de sa sécurité rapprochée ne soit blessé.

Par Le Point avec AFP

Mali : l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga écroué

août 27, 2021

JUSTICE. Cette arrestation marque un nouveau rebondissement dans l’affaire de l’achat de l’avion de commandement de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta.

L'ex-Premier ministre d'IBK a ete ecroue sur ordre de la chambre d'accusation de la Cour supreme du Mali.
L’ex-Premier ministre d’IBK a été écroué sur ordre de la chambre d’accusation de la Cour suprême du Mali. © HABIBOU KOUYATE / AFP

Soumeylou Boubèye Maïga, qui fut de 2017 à 2019 le Premier ministre du président Ibrahim Boubacar Keïta, renversé il y a un an par un coup d’État, a été mis sous mandat de dépôt par la Cour suprême du Mali ce jeudi 26 août dans une affaire de fraude présumée. C’est son avocat, Kassoum Tapo, qui a annoncé la nouvelle. Il est soupçonné « d’escroquerie, faux, usage de faux, et favoritisme », selon plusieurs sources.

Âgé de 67 ans, Soumeylou Boubèye Maïga est aujourd’hui une figure majeure de la politique malienne, il a également occupé les fonctions de ministre des Affaires étrangères et de la Défense et chef des services de renseignement.

Ce que la justice lui reproche

Il est soupçonné essentiellement dans le cadre de l’achat en 2014, alors qu’il était ministre de la Défense, d’un avion présidentiel pour un montant de 20 milliards de francs CFA (environ 30,5 millions d’euros), une acquisition épinglée par le Bureau vérificateur général (BVG), autorité malienne indépendante qui a dénoncé des pratiques de surfacturation, de détournement de fonds publics, de fraude, de trafic d’influence et de favoritisme.

Bouaré Fily Sissoko, ancienne ministre de l’Économie et des Finances, a été inculpée et mise sous mandat de dépôt jeudi pour les mêmes motifs, a appris l’AFP auprès d’un magistrat. Elle a été transférée à la prison pour femmes de Bollé, à Bamako.

L’achat de l’avion présidentiel au cœur de l’affaire

Le procureur de la Cour suprême, Mamadou Timbo, avait annoncé mardi à la télévision publique que ce dossier n’était pas clos, contrairement à ce qu’avait publiquement déclaré le 19 août Soumeylou Boubèye Maïga, qui avait assuré avoir été blanchi par le classement sans suite en 2018 de l’affaire.

« À un moment donné, sous l’ancien régime, il avait été instruit au procureur de la République du pôle économique et financier d’alors de classer l’affaire sans suite […]. Par la suite, un autre ministre de la Justice a estimé que cette affaire ne devait pas faire l’objet d’un classement sans suite. Des enquêtes complémentaires ont été menées […]. Le travail judiciaire se fera », avait alors expliqué le procureur. « Il n’y a rien de plus dangereux pour la bonne santé d’une République que l’impunité », avait-il souligné.

« Cette affaire d’avion présidentiel peut éclabousser beaucoup de monde, c’est peut-être le début d’une grande lessive », a commenté un ancien haut fonctionnaire malien.

Soumeylou Boubèye Maïga est réputé disposer d’un important réseau dans les milieux sécuritaires maliens et régionaux. Il dirige l’Asma-CFP (Alliance pour la solidarité au Mali- Convergence des forces patriotiques). Il avait été contraint de quitter le ministère de la Défense en mai 2014, après une lourde défaite de l’armée à Kidal (Nord-Est) face à la rébellion touareg.

Nommé Premier ministre en 2017, il avait été contraint à la démission en avril 2019 après le massacre le mois précédent de quelque 160 civils peuls à Ogossagou (Centre) et une série de manifestations contre la gestion de l’État.

Le président Keïta a été renversé par un putsch militaire le 18 août 2020 à la suite de plusieurs mois de manifestations contre la corruption et l’impuissance de l’État face à la violence. Le nouvel homme fort, le colonel Assimi Goïta, s’est engagé à céder la place à des civils, après des élections présidentielle et législatives prévues en février 2022.

Mais le doute persiste quant à la faculté des autorités à tenir les échéances dans les six mois qui leur restent, tant les obstacles à surmonter sont considérables dans ce pays en pleine tourmente depuis des années. La propagation djihadiste et les violences de toutes sortes vont de pair avec de graves crises politique et sociale.

Avec Le Point

La situation demeure tendue en Tunisie après le congédiement du premier ministre

juillet 26, 2021

TUNIS, Tunisie — La situation était très tendue en Tunisie lundi, après le congédiement du premier ministre et la suspension du Parlement par le président.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le président a annoncé ces mesures en réponse à des manifestations nationales contre les problèmes économiques du pays et la gestion de la pandémie par le gouvernement

Des militaires ont encerclé le parlement lundi pour empêcher le président d’entrer.

Des manifestants sont descendus dans les rues pour célébrer la décision du président Kaïs Saïed, tard dimanche. Ses détracteurs lui reprochent toutefois de tenter d’accaparer le pouvoir, et les alliés étrangers de la Tunisie se sont inquiétés de voir la jeune démocratie de nouveau dériver vers l’autoritarisme. Les policiers ont d’ailleurs perquisitionné les bureaux de la chaîne Al-Jazira et ordonné sa fermeture.

C’est en Tunisie qu’est né le «printemps arabe» de 2011, ce qui a mené à la chute de son leader de longue date, et on considère habituellement que c’est le seul pays où la transition vers la démocratie a été réussie.

Mais la prospérité n’était pas au rendez-vous: l’économie tunisienne périclitait avant même la pandémie, avec un taux de chômage de 18 %. De jeunes manifestants ont réclamé des emplois et la fin de la brutalité policière en grands nombres plus tôt cette année. Le gouvernement a récemment annoncé la fin des subventions au carburant et aux aliments, quand il a demandé un quatrième prêt au Fonds monétaire international en dix ans, suscitant la colère des régions pauvres.

La pandémie n’a fait qu’aggraver ces problèmes. La Tunisie est le site d’une des pires éclosions de coronavirus en Afrique, et le gouvernement a récemment réimposé des confinements et d’autres mesures.

Enragés par les problèmes économiques et la mauvaise gestion de la pandémie, des milliers de manifestants ont fait fi des restrictions et d’une chaleur accablante pour descendre dans les rues de plusieurs villes du pays dimanche pour réclamer la dissolution du parlement.

La foule, essentiellement composée de jeunes, criait «Dehors!» et réclamait des élections anticipées et des réformes économiques. Des échauffourées ont éclaté en plusieurs endroits.

Le président a utilisé cette violence publique pour justifier sa décision de congédier le premier ministre et de suspendre le Parlement. Le président assure avoir respecté la loi, mais le président du parlement, Rached Ghannouchi, qui dirige le parti islamiste qui compte le plus grand nombre de députés, assure que le président ne les a pas consultés, le premier ministre et lui, tel que requis. Les trois hommes sont en conflit.

Le président Saïed a prévenu que des pénalités sévères seront imposées en cas d’atteinte à l’ordre public.

La police est intervenue lundi pour empêcher des affrontements entre les partisans du président et ceux du parti le plus important, Ennahdha. Les deux camps se sont échangés des insultes et des jets de pierres, selon un journaliste de l’Associated Press et des images partagées en ligne.

M. Ghannouchi a été intercepté par les forces de l’ordre quand il a voulu entrer dans le parlement pendant la nuit. Il patientait dans une voiture devant l’immeuble lundi. On ne sait pas ce qu’il compte faire maintenant.

Il a qualifié la décision du président de «coup contre la Constitution et la révolution (du printemps arabe)» et assuré que le Parlement continuera à fonctionner.

La rivalité entre le premier ministre et le président est notamment tenue pour responsable de la mauvaise gestion de la pandémie. Une campagne de vaccination bâclée a mené au congédiement du ministre de la Santé plus tôt ce mois-ci.

Seulement 7 % de la population tunisienne a été entièrement vaccinée jusqu’à présent et 90 % des lits disponibles aux soins intensifs sont occupés, selon les données du ministère de la Santé. Des images qui circulent en ligne montrent des corps abandonnés dans les hôpitaux, alors que les morgues débordent.

Le parti Ennahda a été sévèrement critiqué, plusieurs lui reprochant de s’être davantage préoccupé de ses problèmes internes que de la gestion du virus.

Selon Al-Jazira, dix «policiers lourdement armés» sont entrés dans ses bureaux sans mandat et ont demandé à tout le monde de sortir. Les téléphones et équipements des journalistes auraient été confisqués et on ne leur aurait pas permis de rentrer chercher leurs effets personnels.

Plusieurs pays du Moyen-Orient reprochent au Qatar et à Al-Jazira de faire la promotion de groupes islamistes comme les Frères musulmans. Ses bureaux ont été fermés dans d’autres pays pour cette raison, notamment en Égypte après le coup d’État qui a porté au pouvoir le président actuel, Abdel-Fattah el-Sissi.

Quelques pays étrangers, comme l’Allemagne et la Turquie, ont dit être «très préoccupés» par la situation en Tunisie. L’Allemagne a estimé que le président semble justifier son intervention avec une interprétation très libérale de la Constitution.

Par La Presse canadienne avec Bouazza Ben Bouazza, The Associated Press

Covid-19: Johnson forcé de s’isoler à veille de la levée des restrictions en Angleterre

juillet 18, 2021
Covid-19: Johnson force de s'isoler a veille de la levee des restrictions en Angleterre
Covid-19: Johnson forcé de s’isoler à veille de la levée des restrictions en Angleterre© POOL/AFP/Archives/David Rose

Le Premier ministre britannique Boris Johnson, cas contact et à l’isolement, a appelé dimanche à la « prudence » à la veille de la levée des restrictions liées à la pandémie en Angleterre, en pleine flambée des contaminations.

Le Covid-19 a fait plus de 128.600 morts au Royaume-Uni où les contaminations montent en flèche depuis des semaines, avec au total plus de 585.000 cas recensés depuis le 1er juillet. Le pays est le plus touché en Europe en nombre de cas, dépassant le seuil des 50.000 nouvelles contaminations quotidiennes vendredi et samedi.

Boris Johnson a malgré tout assuré dimanche que c’était le « bon moment » pour procéder à cette étape majeure du déconfinement, rebaptisé « Jour de la liberté », tout en appelant la population à la vigilance.

« S’il vous plaît, soyez prudents », a-t-il plaidé dans une vidéo postée sur son compte Twitter dans laquelle il souligne l' »extrême contagiosité » du variant Delta du virus.

Le Premier ministre est contraint de s’isoler jusqu’au 26 juillet après avoir été en contact avec le ministre de la Santé Sajid Javid, qui a annoncé samedi être positif au Covid-19.

Boris Johnson « continuera à mener des réunions avec les ministres à distance », depuis Chequers, la résidence de campagne des chefs de gouvernement, au nord-ouest de Londres, a indiqué le porte-parole de Downing Street.

Ce porte-parole avait indiqué dans un premier temps que Boris Johnson et son ministre des Finances Rishi Sunak, également cas contact, échapperaient à un isolement complet en raison de leur participation à un « programme pilote de dépistages quotidiens » qui « leur permet de continuer à travailler depuis Downing Street ».

Toutefois, devant l’indignation provoquée par cette annonce, l’opposition dénonçant un gouvernement « au dessus des lois », Downing Street est revenu en arrière et a finalement annoncé que les deux hommes observeront bien leur période d’isolement.

Keir Starmer, chef du Parti travailliste, a dénoncé sur Twitter un gouvernement en plein « chaos », envoyant des messages contradictoires à la veille de la levée de presque toutes les restrictions restantes en Angleterre, y compris l’obligation de porter le masque ou la distanciation sociale.

Boris Johnson justifie cette étape par le succès d’une campagne de vaccination menée tambour battant depuis décembre – plus de deux tiers des adultes entièrement vaccinés – qui a « fortement affaibli » selon lui le lien entre maladie, hospitalisations et décès, permettant au système public de santé de faire face. Il y a actuellement quelque 550 malades du Covid-19 en soins intensifs contre plus de 4.000 au pic de la seconde vague, en janvier.

A partir de lundi, le télétravail ne sera plus la norme. Les salles de spectacle et les stades rouvriront à pleine capacité, les discothèques pourront de nouveau accueillir du public, le service au bar sera de nouveau possible dans les pubs et le nombre de personnes autorisées à se rassembler ne sera plus limité.

Le masque ne sera plus obligatoire mais recommandé dans les transports et magasins.

« Saper les efforts »

Ce grand relâchement est jugé « imprudent » par l’opposition travailliste, face à la montée des contaminations dues au variant Delta, particulièrement contagieux. Le nombre de contaminations quotidiennes pourrait atteindre 100.000 d’ici quelques semaines, de l’aveu même du ministre de la Santé.

Un groupe d’influents scientifiques internationaux a ainsi appelé vendredi le gouvernement à revenir sur sa décision qui « risque de saper les efforts de contrôle de la pandémie non seulement au Royaume-Uni, mais également dans d’autres pays ».

Outre les personnes contaminées, des millions de personnes, cas contact, ont été priées de rester chez elles pendant dix jours.

La pression des milieux économiques monte pour que l’application utilisée par le service public de santé soit révisée en raison du grand nombre de gens contactés, qui fait craindre des pénuries de personnel empêchant certains services de fonctionner. Samedi, une ligne du métro de Londres a dû ainsi être interrompue, faute de personnel suffisant dans la salle de contrôle.

Aux frontières, un assouplissement entre en vigueur lundi pour certaines destinations.

Les personnes entièrement vaccinées au Royaume-Uni et venant de pays classés « orange », parmi lesquels de nombreuses destinations touristiques comme l’Italie ou l’Espagne, n’auront plus besoin d’observer de quarantaine à leur arrivée en Angleterre.

Les arrivées de France devront elles continuer à observer une quarantaine en raison de la « présence persistante » de cas du variant Beta, qui inquiète le gouvernement en raison de sa résistance au vaccin AstraZeneca, massivement utilisé au Royaume-Uni.

Par Le Point avec AFP

La lutte pour le pouvoir en Haïti s’enclenche

juillet 8, 2021

Au lendemain de l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, la légitimité du premier ministre sortant Claude Joseph à gouverner est déjà contestée.

Une lutte pour le pouvoir se dessine à Haïti entre le premier ministre nommé, Ariel Henry, et le premier ministre sortant, Claude Joseph.

© /Reuters Une lutte pour le pouvoir se dessine à Haïti entre le premier ministre nommé, Ariel Henry, et le premier ministre sortant, Claude Joseph.

M. Joseph semble vouloir remplir le vide laissé par la mort du dirigeant. C’est lui qui, flanqué des têtes dirigeantes des forces de l’ordre, s’est adressé mercredi à la population haïtienne pour tenter de la rassurer.

Mais Claude Joseph devait normalement quitter son poste, qu’il occupe par intérim depuis avril dernier. Son successeur, le docteur Ariel Henry, avait été nommé par Jovenel Moïse environ 24 heures avant qu’il tombe sous les balles de ses assaillants.

En entrevue avec le journaliste Robenson Geffrard du quotidien haïtien Le Nouvelliste, Ariel Henry semble déterminé à faire valoir son droit à diriger le pays.

Selon moi, [Claude Joseph] n’est plus premier ministre», a-t-il affirmé au quotidien. Je suis un premier ministre nommé, Claude a été un premier ministre intérimaire qui a repris ses positions de ministre des Affaires étrangères. Je pense qu’il faut qu’on se parle. Claude était censé rester dans le gouvernement que moi j’allais avoir.» Il a ajouté que, selon lui, M. Joseph fait désormais partie de son» gouvernement.

La Constitution haïtienne, amendée en 2012, prévoit qu’en cas de vacance de la présidence, la direction du pays soit assurée par le premier ministre en fonction.

Nommé le 5 juillet, Ariel Henry n’a pas eu le temps de former son gouvernement avant les événements du 7 juillet. J’étais en train de choisir les membres de mon Cabinet, on était même très avancé», a dit le premier ministre nommé. Il faut que je continue, mais dans le contexte actuel, je pense qu’il y a une opportunité de dialogue pour arriver à un accord qui nous permettra d’aller dans un meilleur climat aux élections et d’avoir un gouvernement aussi qui pourrait créer ce climat.»

M. Henry a notamment critiqué la décision de son prédécesseur d’imposer l’état de siège dans le pays. Je ne pense pas qu’on soit dans une situation qui nécessite l’état de siège. Je pense que c’est un peu précipité. C’est mon point de vue », a-t-il dit.

Claude Joseph n’a pas donné d’indications quant à une éventuelle passation du pouvoir. Ariel Henry affirme toutefois que les deux hommes sont en contact constant».

Des membres du corps policier en Haïti étaient à la recherche de preuves près de la résidence présidentielle le 7 juillet 2021.

© VALERIE BAERISWYL/AFP Des membres du corps policier en Haïti étaient à la recherche de preuves près de la résidence présidentielle le 7 juillet 2021.

Ce que l’on sait des événements

Vers 1 h mercredi matin, un groupe armé a fait irruption dans la résidence du président haïtien Jovenel Moïse. Les assassins ont criblé l’homme d’État d’au moins 12 balles, et ont également grièvement blessé sa femme, Martine Moïse. Cette dernière a été transportée vers un hôpital de la Floride pour que soient traitées ses blessures.

Peu de choses sont connues pour l’instant à propos des assaillants. Selon le premier ministre sortant Claude Joseph, les membres de ce commando» seraient des étrangers» qui parleraient anglais et espagnol». À cette heure, le pouvoir n’a fourni aucune preuve pour appuyer ces affirmations.

Le chef de la police nationale haïtienne a annoncé que ses hommes avaient tué quatre responsables présumés de l’attaque, en plus d’en blesser deux autres.

Claude Joseph a déclaré hier l’état de siège» dans le pays pour 15 jours. Ces mesures spéciales permettent entre autres aux autorités de procéder à des perquisitions sans mandat ainsi que d’ instaurer des mesures de sûreté spéciales».

Par  Jean-François Thériault avec des informations du Nouvelliste

Algérie : le nouveau gouvernement dévoilé, retour surprise de Ramtane Lamamra

juillet 7, 2021
Le nouveau Premier ministre algérien Aymen Benabderrahmane

La présidence algérienne a annoncé la composition du nouveau gouvernement, avec quelques surprises de taille, malgré le maintien de nombreux ministres à leur poste.

La présidence algérienne a annoncé ce mercredi 7 juillet la composition du nouveau gouvernement dirigé par Aymen Benabderrahmane. Ce dernier conserve le maroquin des Finances.

Parmi les surprises, le retour aux affaires du poids-lourd Ramtane Lamamra, désigné aux Affaires étrangères (il a déjà rempli cette fonction entre 2013 et 2017) en remplacement de Sabri Boukadoum, ainsi que le départ du ministre de la Justice Belkacem Zeghmati, remplacé par Abdelrachid Tebbi.À LIRE Algérie : 5 choses à savoir sur Aymen Benabderrahmane, le nouveau Premier ministre

L’équipe de Benabderrahmane reprend en partie la structure du gouvernement Djerad, avec le maintien à leur poste de Kamel Beldjoud à l’Intérieur, Abderahmane Benbouzid à la Santé, Youcef Belmehdi aux Affaires religieuses, Lotfi Benbahmed à l’Industrie pharmaceutique, Ammar Belhimer à la Communication, Mohamed Arkab à l’Energie, Abdelhakim Belaabed à l’Education nationale ou encore Kamel Rezig au Commerce.

Avec Jeune Afrique

Un gouvernement entre en fonction en Israël, le premier sans Netanyahu en 12 ans

juin 14, 2021
Un gouvernement entre en fonction en Israel, le premier sans Netanyahu en 12 ans
Un gouvernement entre en fonction en Israël, le premier sans Netanyahu en 12 ans© AFP/EMMANUEL DUNAN

Après 12 ans de règne ininterrompu de Benjamin NetanyahuIsraël vit lundi un « nouveau jour » avec le Premier ministre Naftali Bennett, un ultra-droitier qui va devoir rapidement prendre ses marques à la tête d’une coalition hétéroclite sans direction claire face à de nombreux défis.

Avec 60 députés pour la « coalition du changement » et 59 contre (sur 120), la Knesset a tourné dimanche la page Netanyahu, Premier ministre le plus pérenne de l’histoire d’Israël. Mais la scission claire du Parlement risque de compliquer la tâche à l’équipe ministérielle.

Agé de 49 ans, M. Bennett prend les rênes d’un gouvernement de 26 ministres représentant la gauche, le centre et la droite, ligués par leur seule volonté de chasser M. Netanyahu, jugé pour corruption.

Les membres de la coalition devront trouver un terrain d’entente sur plusieurs questions comme la relance économique, la colonisation israélienne dans les Territoires palestiniens occupés ou même la question sensible de la relation Etat/religion.

Premier test mardi avec une marche controversée prévue par l’extrême droite à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé depuis 1967 par Israël puis annexé.

Le mouvement armé palestinien Hamas a menacé de représailles si cette marche se tenait près de l’esplanade des Mosquées, théâtre en mai de violentes manifestations contre la colonisation qui ont été l’étincelle d’une guerre de 11 jours entre le Hamas et Israël.

Au pouvoir dans l’enclave palestinienne de Gaza sous blocus israélien, le Hamas a jugé que le nouveau gouvernement israéliens ne changeait « rien » aux relations entre les deux ennemis.

En Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël, le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a estimé que le départ de M. Netanyahu marquait « la fin d’une des pires périodes du conflit » israélo-palestinien et appelé le gouvernement à tenir compte « des droits légitimes du peuple palestinien ».

« Travailler dur »

Benjamin Netanyahu a rencontré dans l’après-midi Naftali Bennett, son ancien allié, dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem.

Après cette courte réunion, il s’est entretenu avec les chefs des partis d’opposition dont il a pris la tête.

« Nous avons une opposition forte », déterminée « à faire tomber ce dangereux gouvernement de gauche, ce gouvernement de l’arnaque qui tombera vite », a affirmé M. Netanyahu dans un communiqué. « Et je vais vous dire pourquoi: la seule choses qui les unit, c’est la haine, le rejet et la soif du pouvoir. »

Dimanche, il avait assuré au Parlement qu’il reviendrait « bientôt » au pouvoir malgré ses 71 ans et son procès pour corruption, malversation et abus de pouvoir dans une série d’affaires.

Selon l’accord de coalition, M. Bennett, chef du parti Yamina (droite radicale), dirigera la fragile coalition pendant deux ans avant d’être remplacé par le centriste Yaïr Lapid, jusqu’en 2025.

C’est pour s’assurer du soutien crucial de M. Bennett que M. Lapid, alors chef de l’opposition, lui avait proposé de diriger en premier le gouvernement.

« Bennett et Lapid devront travailler dur pour empêcher leur gouvernement de trébucher », analyse le commentateur politique Nahum Barnea dans le journal Yediot Aharonot.

La coalition « a eu du mal à persuader un 61e député de voter en sa faveur. Ce gouvernement aura du mal à prendre des décisions », prédit-il.

« Mensonges interminables »

« C’est un nouveau jour. C’est le matin d’un travail difficile, parfois digne des travaux de Sisyphe, pour reconstruire des ruines », affirme le commentateur politique Ben Caspit dans le quotidien Maariv.

« Le souhait de nombreux Israéliens est de vivre en paix, sans incitation à la violence, sans haine et surtout sans les mensonges interminables que Netanyahu a laissés en héritage », poursuit M. Caspit, auteur en 2018 d’une biographie du Premier ministre sortant.

A l’étranger, les félicitations ont afflué.

Le président américain Joe Biden a dit avoir « hâte de travailler » avec M. Bennett, à qui il a parlé au téléphone. L’Allemagne a déclaré souhaiter coopérer « étroitement » avec le nouveau gouvernement et la France a dit être « prête à accompagner tout effort permettant une reprise du dialogue entre Israéliens et Palestiniens ».

A l’inverse, la République islamique d’Iran, ennemi d’Israël, a indiqué « ne pas penser que la politique du régime d’occupation à Jérusalem changera avec l’arrivée de telle personne ou le départ de telle personne ».

Aux dernières législatives de mars, le Likoud (droite) de M. Netanyahu, qui a dirigé le pays de 1996 à 1999 puis de 2009 au 13 juin 2021, avait terminé en tête sans réussir à rallier une majorité pour former un gouvernement.

M. Rivlin avait alors confié la tâche à Yaïr Lapid, qui a réussi in extremis en formant une coalition soutenue par le parti arabe Raam, un fait rarissime.

Avec Le Point avec AFP

Centrafrique : Henri-Marie Dondra nommé Premier ministre

juin 12, 2021
Henri-Marie Dondra, le ministre centrafricain des Finances, en novembre 2019 à Bangui.

L’ancien ministre des Finances a été nommé Premier ministre vendredi dans un décret présidentiel lu à la radio nationale.

« Monsieur Henri-Marie Dondra est nommé Premier ministre, chef du gouvernement » dans un décret « qui prend effet à compter de sa date de signature », le 11 juin.

Haut cadre du parti présidentiel, Henri-Marie Dondra était ministre des Finances et du Budget depuis cinq ans. Il remplace Firmin Ngrebada qui occupait le poste depuis février 2019 et qui avait remis sa démission la veille.

Un proche du président

Réputé proche du président Faustin-Archange Touadéra, Henri-Marie Dondra est reconnu pour ses compétences en matière de finance internationale et sa connaissance des programmes d’aide.

Le chef de l’État a été réélu le 27 décembre 2020 lors d’un scrutin pour lequel moins d’un électeur sur trois a eu la possibilité de se rendre aux urnes en pleine offensive rebelle. Depuis fin décembre, face aux rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) visant à le renverser, l’armée de Faustin-Archange Touadéra a reconquis une grande partie de plus des deux tiers du territoire que contrôlaient jusqu’alors des groupes armés rebelles, mais seulement grâce à l’engagement de centaines de paramilitaires russes dépêchés par Moscou.

Depuis 2018, la Russie concurrence en Centrafrique l’influence de la France en y multipliant ses investissements dans l’extraction des minerais et dans la coopération militaire notamment. La semaine dernière, l’ancien Premier ministre avait effectué un déplacement à Saint-Pétersbourg, en Russie, pour attirer encore davantage d’investissements russes dans le pays.

Immenses enjeux

Dans le même temps, la France avait confirmé le gel de son aide budgétaire et la suspension de sa coopération militaire avec la Centrafrique, jugée « complice » d’une campagne antifrançaise téléguidée par Moscou.

Aux élections législatives, le parti de Faustin-Archange Touadéra, Mouvement Coeurs Unis (MCU) a obtenu une majorité relative, tout en restant loin de la majorité absolue. Henri-Marie Dondra avait été élu député dès le premier tour dans le premier arrondissement de Bangui, la capitale.

Les enjeux économiques et humanitaires dans le pays sont immenses pour le nouveau Premier ministre. L’ONU a estimé fin mai que près de la moitié de la population était en « situation d’insécurité alimentaire », en raison de l’épidémie de coronavirus, mais également à cause de la situation sécuritaire.

Par Jeune Afrique avec AFP

Nouveau gouvernement au Mali : Choguel Maïga dévoile son équipe

juin 11, 2021
Choguel Maïga, en août 2020.

Il a fallu cinq jours au nouveau Premier ministre pour former son gouvernement. Plusieurs militaires membres de l’ex-CNSP y figurent. Parmi les entrées remarquées, celle du procureur anticorruption Mahamadou Kassogué, nommé à la Justice.

Badra Aliou Coulibaly, secrétaire général de la présidence par intérim, a mis fin au suspens, ce vendredi 11 juin, en dévoilant le visage du deuxième gouvernement de la transition sur les ondes de l’ORTM, la télévision nationale. Pour la « phase 2 de la transition », Choguel Maïga dirigera une équipe de 28 membres, dont seulement 5 femmes.

Beaucoup de ministres ont conservé leur portefeuille. En particulier les poids lourds de l’ancien Comité national pour le salut du peuple (CNSP), officiellement dissous. Le colonel Sadio Camara, dont l’éviction dans le gouvernement présenté par Moctar Ouane et Bah N’Daw avait été l’un des points d’achoppement entre l’ancien président de la transition et le colonel Assimi Goïta, a été reconduit au ministère de la Défense.

Des militaires maintenus en poste

Le colonel-major Ismaël Wagué, qui fut longtemps la principale figure médiatique des putschistes ayant mené le coup d’État contre Ibrahim Boubacar Keïta le 18 août dernier, garde lui aussi son portefeuille (la Réconciliation nationale), de même que le lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga, qui demeure à la tête du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, lequel sera notamment chargé de l’organisation des scrutins – législatifs, présidentiel et référendum constitutionnel – prévus au plus tard fin février 2022.

En revanche, le colonel Modibo Koné, l’une des principales figures de l’ex-CNSP, quitte la Sécurité et la Protection civile, un ministère qu’il cède au colonel-major Daoud Aly Mohammedine.

Mossa Ag Attaher, ancien porte-parole de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), reste ministre de la Jeunesse et des Sports. Autre membre de la CMA : Mahmoud Ould Mohamed. Il quitte le ministère de l’Agriculture pour prendre celui de l’Industrie et du Commerce.

M5, partis… Les nouveaux entrants

Parmi les entrants, l’un des fidèles alliés de Choguel Maïga : Ibrahim Ikassa Maïga, de l’Union pour la République et la démocratie (URD, du défunt Soumaïla Cissé), qui était également membre du Mouvement du 5 juin – Rassemblement des Forces patriotiques (M5-RFP). Il a été nommé au ministère de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les institutions.

Toujours côté M5, Ousmane Sidibé prend l’Éducation nationale. L’imam Oumarou Diarra, proche de l’imam Mahmoud Dicko, devient ministre délégué chargé de l’Action humanitaire auprès du ministre de la Santé, Diéminatou Sangaré. Modibo Koné, nouveau ministre de l’Environnement, est lui aussi issu des rangs du M5.

L’Alliance démocratique pour la paix (ADP-Maliba), de l’homme d’affaires Aliou Boubacar Diallo, arrivé troisième à la présidentielle de 2018, fait également son entrée au gouvernement : Youba Ba devient ministre délégué chargé de l’Élevage et de la Pêche.

L’ancien procureur du pôle anticorruption, Mahamadou Kassogué, occupe désormais le poste de ministre de la Justice. Le jeune magistrat, qui a instruit de nombreux dossiers à l’encontre de caciques proches de l’ancien pouvoir sous IBK, fait une entrée remarquée.

Par Jeune Afrique

Canada: Série de discours aux Communes pour dénoncer l’attaque contre une famille musulmane

juin 8, 2021

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau dénonce comme une «attaque terroriste» le drame qui s’est joué à London, en Ontario, il y a deux jours.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le premier ministre a ainsi offert sa réaction officielle, dans un discours à la Chambre des communes mardi matin.

Son discours et ceux des autres chefs de parti ont été précédés par un moment de silence, en Chambre.

Dimanche, un automobiliste a foncé sur une famille de cinq qui marchait sur un trottoir.

La police de London a révélé, lundi, que la famille a été ciblée parce que musulmane. Les deux parents, la grand-mère et l’adolescente sont décédés. Un garçon de neuf ans a survécu et est à l’hôpital.

Un homme de 20 ans a été arrêté par la police de London.

Les chefs des partis politiques fédéraux se sont levés en Chambre pour exprimer leur peine et leur désarroi devant ce drame.

Lorsqu’il a pris la parole, le premier ministre s’est dit «horrifié». Il n’a pas manqué de rappeler l’attentat contre la mosquée de Québec, tragédie qui avait secoué le pays en entier.

Il a offert son soutien aux proches des victimes. 

«On espère tous que le petit garçon pourra se remettre de ses blessures rapidement. Même si on sait qu’il vivra longtemps avec la tristesse, l’incompréhension et la colère causées par cette attaque lâche et islamophobe», a dit le premier ministre.

Le chef conservateur a fait écho à ces propos.

«Il mérite un pays libre et sans peur», a dit Erin O’Toole de l’enfant blessé.

«Le Canada de son avenir doit être meilleur que le Canada de dimanche soir», a déclaré M. O’Toole.

«Il lui faudra beaucoup d’amour et c’est peut-être la première réponse qu’il faut à la haine», a offert le chef bloquiste en parlant, lui aussi, de l’enfant devenu orphelin.

Et Yves-François Blanchet a réclamé plus que des mots et des condoléances.

«Il faut que ça arrête maintenant», a-t-il dit des gestes de haine après avoir, lui aussi, rappelé le drame de la mosquée de Québec.

Avant les déclarations des chefs en Chambre, la leader du Parti vert, qui n’a pas de siège aux Communes, a tenu une conférence de presse où elle a réclamé que le gouvernement élabore une «stratégie nationale contre l’islamophobie».

Avec Lina Dib, La Presse Canadienne