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Congo-Brazzaville: Il y a 9 ans Bernard NKOUNKOU rendait un vibrant Hommage devenu célèbre à l’Abbé Fulbert YOULOU, Premier Président du Congo

août 11, 2010

Fulbert Youlou, ta mort a traversé l’océan des âges, accostant chacun dans le souvenir du rivage, où ton ombre de lumière qui se dresse devant nous, en ce jour solennel du 5 mai, resplendit comme un soleil brillant des indépendances.

Père de l’indépendance, à l’aura souveraine et à l’âme nationale, Président de la République le 21 novembre 1959, Congolais debout, tu inaugurais le 15 août 1960, jour de l’Assomption de la Vierge Marie, mémorable et historique pour les Congolais, aux côtés de André Malraux – précieux émissaire du Général Charles De Gaulle – les couleurs du Congo (vert-jaune-rouge) dans ta chère capitale de Brazzaville : Brazza la verte ! Une ville d’espérance, de bonheur et de joie se dressait aux bords de son fleuve drapé d’un lit verdoyant de jacinthes et hérité de son bassin : le Congo.

Le Président Fulbert Youlou dont on célèbre, aujourd’hui, le 37e anniversaire de sa mort, était un homme d’unité, de cohésion et d’harmonie dans la composition des institutions et de son gouvernement. Conscient de son charisme de grand prêtre à l’image de Melchisédech – il était chargé d’une puissante énergie d’élocution au timbre envoûtant.

Durant les sommets de l’Union Africaine et Malgache (UAM), sous la mouvance d’’Houphouët ainsi que de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), à Addis-Abeba, en Éthiopie, en présence d’Haïlé Sélassé, le meneur africain, du percutant Sékou Touré et du panafricaniste Kwame Khrumah – pendant les débats et la rencontre des présidents – devant la sécheresse vocale de l’auguste assemblée, c’est Fulbert Youlou qui trouvait les mots justes et précis. Houphouët Boigny de Côte d’Ivoire, en fît son alter ego avec le Rassemblement Démocratique Africain (PDCI-RDA), formation de sigle greffé au rameau continental avec (UDDIA-RDA) du Congo. Même le grammairien Léopold Sédar Senghor, lors des assises, reconnût la fertilité et la fécondité de ses facultés intellectuelles. Il était alerte pour relever la chute des propos tout en leur trouvant un redressement éloquent.

Premier ministre du 8 décembre 1958 au 21 novembre 1959, il orienta sa politique gouvernementale vers le libéralisme économique (libre entreprise) et fût viscéralement opposé aux assauts du communisme mondial qui gagnaient le pays.

Maire de Brazzaville, le 18 novembre 1956, il avait produit au sein de la population de sa chère capitale, une considérable estime et suscitait une noble admiration qui lui valait une écoute sensible et attentionnée. Il était doté d’un grand pouvoir d’évocation dans les discours.

L’Abbé Fulbert Youlou, prêtre de 1946 à 1955, des premières générations du Congo, avait atteint dans sa prédication une dimension exceptionnelle. Premier prélat noir affecté à la paroisse Saint-François d’Assise, non loin du Centre Culturel Français André Malraux de Brazzaville, il célébrait la messe dans un latin pur et raffiné, à la belle diction et très docte, les fidèles à la cérémonie – en majorité des Blancs – baignaient dans un océan de lumière où la liturgie de la parole embrassait l’eucharistie pour donner à la communion une valeur éternelle de fidélité d’affermissement de la foi. Car ses messes étaient des moments pathétiques et intenses de joie, chargées de grandes émotions vibratoires réveillant la ferveur incandescente d’une foi solaire.

Fulbert Youlou, homme d’Église et d’État, la symbolique de ton action et la dynamique de ta cause, à travers ta personne, dans le champ tricolore du Congo, reste à jamais gravées en nous. Nous saluons ta mémoire de Premier Président de notre chère République au lieu de ton ultime repos, ton village maternel de Madibou !

Bernard NKOUNKOU