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Présidence de la CAF : le retour d’Ahmad Ahmad fait monter la tension

février 8, 2021
Ahmad Ahmad, le patron malgache de la CAF, lors d’une visite à Marrakech, au Maroc, en mars 2017.

La Confédération africaine de football (CAF) connaîtra son nouveau président le 12 mars. Dernier rebondissement dans une campagne qui n’en manque pas : le retour d’Ahmad Ahmad, un temps écarté pour des soupçons de détournements de fonds.

Cette fois, le processus électoral pour la présidence de la Confédération africaine de football (CAF) est vraiment lancé. Dès le mois de décembre, cinq candidats – Ahmad Ahmad (Madagascar), Ahmed Yahya (Mauritanie), Augustin Senghor (Sénégal), Jacques Anouma (Côte d’Ivoire), Patrice Motsepe (Afrique du Sud) – avaient adressé leur dossier à la CAF. Puis ils n’ont été plus que quatre, après que la suspension d’Ahmad par la Fifa en novembre, notamment pour abus de pouvoir et détournement de fonds, a poussé la Commission de gouvernance de la CAF à rejeter la candidature de l’insulaire, le 8 janvier.

Mais depuis le 29 janvier, le Malgache est revenu dans la course, à la faveur du verdict rendu par le Tribunal arbitral du sport (TAS), devant lequel il avait interjeté appel de sa suspension. Le TAS ne l’a pas blanchi des soupçons qui pèsent contre lui, mais a jugé que, dans l’attente de son jugement sur le fond le président sortant de la CAF pouvait reprendre ses fonctions. Et accessoirement relancer sa campagne… Le surlendemain, Ahmad Ahmad a donc repris son fauteuil de président de la CAF au Congolais Constant Omari, qui avait été chargé d’assurer l’intérim.

Ahmad de retour… pour l’instant

Le TAS examinera de nouveau le cas de l’insulaire à partir du 2 mars prochain, dans le cadre d’une procédure rapide, et a promis de rendre sa décision « avant le 12 mars ». « Cela signifie, en creux, que quelques jours avant l’élection, il pourrait être mis hors course », résume un de ses proches. Cela n’a l’a pas empêché de se rendre au Cameroun, où il a notamment assisté à la finale du Championnat d’Afrique des  nations (CHAN), le 7 février, et de planifier des déplacements de campagne.

Si le dirigeant malgache pourrait être stoppé dans son élan par la décision du TAS,  ce n’est pas le cas des quatre autres postulants, qui multiplient les voyages aux quatre coins du continent. Définitivement admissibles depuis la fin du mois de janvier, après que la CAF a procédé à quelques vérifications supplémentaires, Motsepe et Yahya n’ont pas attendu le feu vert donné par la Fifa pour quadriller l’Afrique. Le premier a été aperçu en Guinée, où il a notamment été reçu par le président Alpha Condé, et l’ensemble des fédérations d’Afrique australe, au nombre de quatorze, ont décidé de lui apporter leur soutien.

Mais un dirigeant d’une fédération ouest-africaine prévient que le vent peut tourner rapidement. « Le soutien du lundi n’est pas forcément celui du mardi. Les tractations ne font que commencer, prévient-il. Et maintenant qu’Ahmad est revenu dans le jeu, allez savoir si cela ne va pas encore inciter certaines fédérations à changer de champion. »

Il en veut notamment pour preuve les rumeurs de retournement du Bénin, qui circulent dans le petit monde du football africain. Si le ministre béninois des Sports, Oswald Homeky, a officiellement annoncé fin novembre que son pays accordait son parrainage à Jacques Anouma, notre source affirme en effet que Cotonou pourrait finalement apporter son soutien à Patrice Motsepe. Un proche d’Anouma a d’ailleurs confirmé à Jeune Afrique avoir eu vent de cette possible volte-face.

AHMAD A ENCORE PAS MAL DE PARTISANS. MAIS IL NE SAIT PAS ENCORE S’IL POURRA ALLER AU BOUT

Pour convaincre les présidents des fédérations de voter pour eux le 12 mars, les candidats multiplient les déplacements. Normalement à leurs frais, puisque la CAF n’alloue aucun budget pour le financement des campagnes. « Les candidats puisent certes dans leurs réserves personnelles, mais on sait aussi qu’il y a des donateurs, qui s’efforcent de rester très discrets, précise un proche d’un candidat. Les États peuvent aussi participer au financement. Anouma, Senghor, Yahya et Motsepe ont respectivement reçu le soutien officiel des présidences ivoirienne, sénégalaise, mauritanienne et sud-africaine. Une campagne, ça coûte cher. »

Motsepe et Yahya favoris ?

Pendant que chacun défend son programme,  le petit jeu des pronostics s’emballe, et son intensité va augmenter à l’approche de l’élection. « Il est difficile de dire aujourd’hui qui est vraiment le mieux placé. Ahmad a encore pas mal de partisans. Son problème, c’est qu’il ne sait pas encore s’il pourra aller au bout. Cela pourrait refroidir ceux qui le soutiendraient. Imaginez que le 8 ou le 9 mars, le TAS juge qu’il ne peut pas se présenter, ses soutiens se retrouveraient alors dans une position assez inconfortable, estime un ancien membre de la CAF, qui suit de près le dossier. Aujourd’hui, on entend dire que Yahya et Motsepe sont perçus comme légèrement favoris, mais ce n’est pas si évident que cela. Disons que Gianni Infantino, le président de la Fifa, semble davantage pencher pour eux ».

Car Infantino, dans un souci de – supposée – neutralité, se garde bien d’afficher sa préférence. La Fifa est en effet régulièrement taxée d’ingérence dans les affaires du football africain, une attitude qui crispe de nombreuses fédérations. C’est en effet sa commission technique qui a validé le 26 janvier dernier les dossiers de Motsepe et Yahya, avant même la CAF, qui devait les auditionner deux jours plus tard au Caire. Les deux candidats ont bien effectué le voyage en Égypte, mais sans craindre une seule seconde que leurs candidatures ne soient remises en cause. Yahya avait d’ailleurs twitté, juste après l’annonce de la FIFA, sa satisfaction d’être définitivement candidat.

« Que ce soit la Fifa qui valide deux dossiers mis en stand-by par la CAF avant même que celle-ci ne se prononce, ce n’est pas normal », peste ce même proche d’un des candidats. En 2017, Gianni Infantino avait discrètement appuyé Ahmad face au Camerounais Issa Hayatou, certain de pouvoir contrôler le Malgache. Aujourd’hui, les deux hommes se vouent une inimitié profonde. Et comme le dit ironiquement un dirigeant africain, « avoir l’appui d’Infantino, ce n’est pas forcément un gage de succès… »

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

UA : Moussa Faki Mahamat reconduit à la tête de la Commission, Félix Tshisekedi prend la présidence

février 7, 2021
Félix-Antoine Tshisekedi a reçu en audience Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine, le 3 décembre 2020.

Au premier jour de son sommet en visioconférences, l’Union africaine a reconduit à sa tête le Tchadien Moussa Faki Mahamat, en plein débat sur la lutte contre le Covid-19 et l’approvisionnement vaccinal du continent.

« Profondément honoré par ce vote de confiance historique et écrasant », a commenté sur twitter Moussa Faki Mahamat, réélu en fin d’après-midi par 51 États membres sur 55. Il se voit reconduit pour un mandat de quatre ans à la tête de la Commission de l’Union africaine, organe exécutif et institution clé de l’organisation panafricaine.

Au passage, il a félicité Monique Nsanzabaganwa, vice-gouverneur de la Banque nationale du Rwanda, élue son adjointe à la tête de la Commission.

Ancien Premier ministre du Tchad, Moussa Faki Mahamat était seul candidat à sa succession, et faisait face à des accusations -qu’il rejette- « d’une culture de harcèlement sexuel, de corruption et d’intimidation au sein de la commission », selon une récente note de l’International Crisis Group (ICG).

Certains États s’étaient également inquiétés du respect du secret de ce vote organisé à distance et par internet.

« Nationalisme vaccinal »

Organisé exceptionnellement en ligne pour éviter toute contamination, ce sommet se déroule exactement un an après la détection d’un premier cas de Covid-19 en Égypte. À l’époque, l’arrivée de l’épidémie sur le continent avait fait craindre une explosion des fragiles systèmes de santé africains, un scénario apocalyptique qui ne s’est pas réalisé.

L’Afrique reste pour l’instant relativement épargnée, avec 3,5% des cas et 4% des morts officiellement recensés dans le monde, selon le Centre de contrôle et de prévention des maladies de l’UA (Africa CDC).

Mais de nombreux pays sont actuellement confrontés à une seconde vague préoccupante et ont du mal à accéder aux vaccins, alors qu’à raison de deux doses par personne, l’Afrique aura besoin d’1,5 milliard de doses pour vacciner 60% de ses environ 1,3 milliard d’habitants.

« Cette maladie a provoqué beaucoup de souffrance et de difficultés sur notre continent », a déclaré le chef de l’État sud-africain Cyril Ramaphosa, président sortant de l’UA, dans son discours d’ouverture, soulignant que l’urgence sanitaire se doublait d’une « grave crise économique et sociale ».

Les dirigeants africains se montrent de plus en plus agacés face à la course effrénée aux vaccins, dans laquelle ils partent avec un lourd handicap.

Dans une récente interview, Moussa Faki Mahamat a dénoncé le « nationalisme vaccinal » et les « pays riches qui s’arrogent la priorité, certains pré-commandant même plus que ce dont ils ont besoin ».

« Sortir des salles de réunion »

Les débats à huis clos ont démarré par une intervention de Cyril Ramaphosa sur les actuels efforts africains face à la pandémie. Dans son discours il a également appelé le Fonds monétaire international (FMI) à débloquer de nouvelles ressources « pour corriger l’inégalité flagrante des mesures de relance fiscales entre les économies avancées et le reste du monde ».

Son successeur à la présidence tournante annuelle de l’organisation, son homologue de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi, s’est engagé à rendre l’UA plus pertinente en la « faisant sortir des salles de réunion ».

Félix Tshisekedi a exposé un programme ambitieux portant à la fois sur la lutte contre la changement climatique, les violences sexuelles, la promotion de la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), ou encore le méga-projet de barrage hydro-électrique Inga dans son pays.

Autre enjeu -interne celui-là- à l’UA, le Nigérian Bankole Adeoye a été élu la tête d’un super département regroupant les Affaires politiques, et le département Paix et sécurité. Il devrait jouer un rôle crucial, aux côtés de Moussa Faki Mahamat, pour tenter de régler de nombreuses crises africaines que l’UA est accusée de négliger.

Le Conseil de Paix et de Sécurité n’a, par exemple, quasiment pas abordé le conflit entre le gouvernement camerounais et les séparatistes anglophones, ou l’essor inquiétant des islamistes radicaux dans le nord du Mozambique.

La crise au Tigré qui secoue depuis trois mois l’Éthiopie, qui abrite le siège de l’UA, fait elle partie des dossiers les plus sensibles.

Dès le déclenchement des combats début novembre, Moussa Faki Mahamat avait appelé à la cessation des hostilités entre le gouvernement d’Addis-Abeba et les autorités dissidentes du Tigré, une région du nord de l’Éthiopie. Mais le Premier ministre éthiopien et prix Nobel de la Paix 2019 Abiy Ahmed a refusé toute médiation de l’UA dans une opération « de maintien de l’ordre » relevant de la souveraineté nationale.

Ce sommet coïncide également avec l’annonce d’une nouvelle politique diplomatique des États-Unis par Joe Biden, qui souhaite renouer des liens avec les institutions multilatérales, notamment l’Union africaine.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC/Assemblée nationale : Christophe Mboso prend la tête du bureau définitif

février 4, 2021

Il sera secondé par Jean-Marc Kabund, élu premier vice-président de la Chambre basse du Parlement.

Au terme de la longue séance plénière organisée le 3 février et consacrée à l’élection du bureau définitif de l’Assemblée nationale, les députés nationaux ont fait confiance au ticket présenté par l’Union sacrée pour présider à leur destiné. L’élection du nouveau bureau présidé par Christophe Mboso N’kodia Mpuanga tourne définitivement la page du bureau Jeannine Mabunda.

La composition du bureau de l’Assemblée plénière se présente de la manière suivante : Christophe Mboso N’kodia Mpuanga (président), Jean-Marc Kabund-a-Kabund (1er vice-président), Vital Banyewesize (2ème vice-président), Joseph Lembi Libula (rapporteur), Collette Tshomba Ntundu (Rapporteur adjoint), Angèle Tabu Makusi (questeur) et Jean-Pierre Kanefu (Questeur adjoint). L’on a noté, par ailleurs, l’absence d’une trentaine de députés nationaux lors de cette séance plénière élective. 

Sur un total de 466 votants, Christophe Mboso a obtenu 389 voix contre 365 voix pour Jean-Marc Kabund, tous deux candidats uniques à leur poste respectif. Le même constat a été fait aux postes de deuxième vice-président, de questeur et de questeur adjoint où les candidats uniques ont été élus sans surprise. Le suspense a quelque peu été observé pour l’élection du rapporteur adjoint où l’écart entre les deux candidats en lice a été de moins de 50 voix en faveur de Colette Tshomba. C’était le seul duel enregistré à l’Assemblée nationale.

Fait marquant de l’élection du nouveau bureau définitif de l’Assemblée nationale, l’hymne de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a été entonné par ses militants présents dans la salle du Congrès au moment de l’annonce de la victoire de Jean-Marc Kabund.

Avec Adiac-Congo par Jules Tambwe Itagali

RDC-Présidence : Félix Tshisekedi nomme un nouveau directeur de cabinet

janvier 26, 2021

Guylain Nyembo, le nouveau patron de l’administration présidentielle, est connu pour sa rigueur et son efficacité dans le travail. 

Guylain Nyembo

Alors que de nombreux Congolais avaient les yeux rivés sur leurs postes récepteurs, le lundi 25 janvier, en train de suivre la rencontre RDC-Niger comptant pour la phase de pool du Chan/Cameroun 2021, c’est le moment que le porte-parole du chef de l’Etat a choisi pour lire, à la télévision nationale, une ordonnance signée par le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Cette ordonnance portait sur la nomination de Guylain Nyembo en qualité de directeur de cabinet du président de la République en remplacement de Vital Kamerhe qui a connu des sérieux démêlés judiciaires dans le cadre du dossier 100 jours au terme duquel il fut condamné à vingt ans des travaux forcés pour détournement des deniers publics.

Toujours en détention à l’ex-prison centrale de Makala après sa condamnation, le leader de l‘UNC a connu beaucoup de déboires sur fond d’une dégradation continue de son état de santé. Tout, à ce stade, porte à croire qu’il lui serait difficile de retrouver son poste et de gérer l’administration présidentielle avec efficacité comme autrefois.

C’est aux fins de pallier la vacance à ce poste que le chef de l’Etat s’est résolu finalement de nommer Guylain Nyembo, qui était jusque-là adjoint en charge des questions économiques et de la reconstruction. Quant au prof. Kolongele Eberande qui assumait l’intérim du directeur  de cabinet  du chef de l’Etat, il retrouve son poste de directeur de cabinet adjoint chargé des questions  juridiques et administratives.

Diplômé d’économie d’une université belge, Guylain Nyembo avait fait ses premiers pas au sein d’une multinationale hollandaise, avec des affectations en Afrique, précisément au Nigéria et au Rwanda. L’homme est connu comme un très proche du président congolais, qui aurait même influé pour sa nomination comme secrétaire national de l’UDPS à la jeunesse au Benelux, à en croire des sources. De son Katanga natal, il est connu pour sa rigueur et son efficacité dans le travail.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

Mandat de Félix Tshisekedi à la tête de l’UA en 2021: le panel a tenu une réunion avec le ministère des Affaires étrangères

novembre 30, 2020

Le Panel chargé d’accompagner le mandat du chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, à la tête de l’Union africaine (UA) pour l’exercice 2021-2022, a fait sa première réunion conjointe avec la Task force du ministère des Affaires étrangères, le 20 novembre, au siège dudit ministère.

Pr Alphonse Ntumba Luaba

Consolider la vision stratégique et le Plan d’action pour la présidence de l’UA en 2021 selon les directives reçues du président de la République, tel a été l’objet de cette séance de travail, à en croire le coordonnateur du Panel, Alphonse Ntumba Luaba, qui s’est confié à la presse. Les échanges, a-t-il indiqué, se sont cristallisés essentiellement autour des orientations du chef de l’Etat avec comme premier axe stratégique la consolidation de la paix et de la sécurité, y compris la sécurité sanitaire en cette période post-covid-19. De l’intégration régionale avec, en sus, la continuation du projet de la zone de libre-échange continentale au Grand Inga présenté comme un projet rassembleur et d’industrialisation de l’Afrique, en passant par les questions du genre, de la jeunesse, etc., tout a donc été passé au crible par les participants à cette réunion préparatoire.

Tout en évoquant la détermination et l’engagement du président de la République, Alphonse Ntumba Luaba a indiqué que ce dernier tient à ce que la présidence de l’UA par la RDC à travers sa personne soit un tournant majeur. « Nous voulons qu’il y ait des avancées significatives de l’UA,  de sorte à favoriser l’émergence d’une UA plus attentive au sort des peuples africains et à celui des plus vulnérables de ses enfants », a-t-il martelé.

Le coordonnateur du Panel a pris l’engagement d’accompagner le chef de l’Etat dans la réussite de son mandat à la tête de l’UA conformément à son vœu le plus ardent, celui de stabiliser la RDC, de faire taire totalement les armes en Afrique, y compris à l’est de la RDC et ce, par la prévention et la lutte contre les menaces et les actions terroristes.

Notons que le panel est une structure de réflexion et de travail chargé d’assister le président Félix Tshisekedi dans l’élaboration et la mise en oeuvre de son plan d’action comme président de l’UA, de contribuer à l’analyse, à la rédaction et à la préparation des prises de position continentale du chef de l’État et d’assurer le suivi fonctionnel, administratif et financier des activités de la présidence de l’UA assurée par la RDC

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

Malawi : élu président, l’opposant Lazarus Chakwera a prêté serment

juin 29, 2020

Lazarus Chakwera prête serment, le 28 juin 2020, au Malawi.

Lazarus Chakwera prête serment, le 28 juin 2020, au Malawi. © Thoko Chikondi/AP/SIPA

 

Le chef de l’opposition malawite, Lazarus Chakwera, a prêté serment dimanche 28 juin comme chef de l’État au lendemain de sa victoire à la présidentielle, organisée après l’annulation de la réélection du sortant Peter Mutharika.

« Je jure solennellement de remplir les fonctions de président de la République du Malawi et de préserver et défendre la Constitution », a déclaré Lazarus Chakwera lors d’une cérémonie à Lilongwe, la capitale.

Le vice-président Saulos Chilima, qui avait rompu avec Peter Mutharika et s’était allié au chef de l’opposition, a également prêté serment en tant que vice-président.

Le Malawi est le deuxième pays d’Afrique subsaharienne à avoir annulé une élection présidentielle, après le Kenya en 2017. Mais il est le premier au cours duquel le nouveau scrutin a consacré la défaite du sortant.

Au terme de quatre longues journées de dépouillement, le président de la commission électorale (MEC) Chifundo Kachale a de fait confirmé la large victoire de Lazarus Chakwera, ancien pasteur évangéliste de 65 ans, avec 58,57% des suffrages. Il devance Peter Mutharika, 79 ans, au pouvoir depuis 2014, de plus de 800 000 voix.

Après l’annulation de la réélection du président sortant en mai 2019, en raison de fraudes massives, plus de 4 millions d’électeurs avaient voté mardi pour la deuxième fois en un an. 

« Désir de changement »

Se disant « empli d’une joie indescriptible », le nouveau président a remercié ses concitoyens : « c’est un honneur forgé au creuset de votre désir et de votre aspiration au changement ».

Dans un discours sur la place de la Liberté de Lilongwe, il s’est engagé à rétablir « la confiance dans la possibilité d’avoir un gouvernement au service » de la population, mais aussi à être le président de tous les Malawites.

« Beaucoup d’entre vous n’ont pas voté pour moi et peut-être que la perspective de ma présidence suscite chez vous de la crainte », a-t-il lancé. « Mais le Malawi est votre pays aussi (…) donc, tant que je serai son président, vous aussi vous épanouirez », leur a-t-il assuré. Le nouveau président a fait campagne en dénonçant l’échec économique et la corruption du régime de Peter Mutharika.

Silence de Mutharika

Ce dernier ne s’est pas exprimé depuis la proclamation de sa défaite samedi. Quelques heures auparavant, il avait toutefois dénoncé des irrégularités lors du vote.

Son Parti démocratique progressiste (DPP) avait de son côté exigé l’annulation pure et simple des résultats, faisant état d’intimidations et de violence contre ses scrutateurs, laissant augurer d’une nouvelle bataille devant la justice. Mais la commission électorale a rejeté ces allégations.

Plusieurs dirigeants et personnalités du continent ont félicité dimanche le nouveau président malawite, parmi lesquels le président kényan Uhuru Kenyatta, et le Sud-Africain et président en exercice de l’Union africaine Cyril Ramaphosa qui a félicité « le peuple du Malawi pour ces élections pacifiques ».

Par Jeune Afrique avec AFP

 

Burundi : le président Évariste Ndayishimiye a prêté serment

juin 18, 2020

Evariste Ndayishimiye et son épouse Angélique Ndayubaha à Bujumbura, le 16 mai 2020.

Evariste Ndayishimiye et son épouse Angélique Ndayubaha à Bujumbura, le 16 mai 2020. © AFP

 

Le président burundais a été investi jeudi à Gitega avec deux mois d’avance sur la date prévue, après le décès soudain de son prédécesseur Pierre Nkurunziza. Il prend la tête d’un pays divisé, isolé, appauvri et confronté à la pandémie de Covid-19.

Le nouveau président burundais, Évariste Ndayishimiye, a prêté serment jeudi 18 juin, succédant ainsi à Pierre Nkurunziza. « Devant Dieu le tout-Puissant, devant le peuple burundais, seul détenteur de la souveraineté nationale, moi Évariste Ndayishimiye, président de la République du Burundi, je jure fidélité à la Charte de l’Unité nationale, à la Constitution de la République du Burundi, et à la loi…», a déclaré le chef de l’État en prêtant serment dans un stade à Gitega, la capitale administrative du pays.

Élu à la présidentielle du 20 mai, Évariste Ndayishimiye devait initialement prendre ses fonctions le 20 août, à la fin du mandat de Pierre Nkurunziza. Le décès subit de ce dernier le 8 juin, à l’âge de 55 ans après 15 années au pouvoir, officiellement d’un « arrêt cardiaque », a changé la donne.

Pour éviter une période d’incertitude qui aurait pu déstabiliser le Burundi, dont l’histoire est jalonnée de crises politiques meurtrières et d’une longue guerre civile (300 000 morts entre 1993 et 2006), le parti au pouvoir, le CNDD-FDD, a décidé d’accélérer la transition.

La Cour constitutionnelle, acquise à l’exécutif, avait décidé qu’Évariste Ndayishimiye devait débuter son mandat de sept ans le plus tôt possible, sans période d’intérim. À la mort de Pierre Nkurunziza, qui l’avait présenté comme son « héritier », le général Ndayishimiye s’est engagé à « poursuivre son œuvre ».

« Obstacles et réticences »

Le nouveau chef de l’État est l’un des acteurs clés d’un pouvoir qui a mené une répression meurtrière ayant fait plus de  200 morts et conduit 400 000 Burundais à l’exil, après la candidature controversée de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat en avril 2015.

Il n’a pas empêché les exactions à l’encontre des opposants, militants des droits de l’homme et journalistes indépendants, commises notamment par les Imbonerakure, la ligue de jeunesse du CNDD-FDD. Malgré tout, il n’a pas personnellement été mis en cause dans de tels abus, et est perçu comme plus tolérant que son prédécesseur et ne faisant pas partie de la frange la plus intransigeante du régime.

La disparition de Pierre Nkurunziza, qui devait rester très influent, pourrait lui donner les coudées un peu plus franches. Mais les analystes s’interrogent sur sa capacité à s’affranchir du groupe de généraux qui détiennent la réalité du pouvoir et à réconcilier un pays encore traumatisé par la crise de 2015.

S’il cherche à réformer, « il risque de se heurter à des obstacles, à des réticences de la part de ces généraux qui ont intérêt à se protéger », prévoit Carina Tertsakian, de l’Initiative pour les droits humains au Burundi.

Son attitude à l’égard du principal parti d’opposition, le Conseil national pour la liberté (CNL) d’Agathon Rwasa, qui avait dénoncé une « mascarade électorale », sera un premier indice de ses intentions.

Le défi du Covid-19

La communauté internationale, dont les principaux bailleurs de fonds du Burundi (UE, Belgique, Allemagne…), qui depuis 2015 lui imposent des sanctions, paraît prête à laisser sa chance à Évariste Ndayishimiye. Il a lancé quelques signes d’ouverture à son intention et pourrait chercher à sortir son pays de son isolement, si préjudiciable sur le plan économique.

Le Burundi est classé parmi les trois pays les plus pauvres au monde par la Banque mondiale, qui estime que 75 % de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté, contre 65 % à l’arrivée au pouvoir de Pierre Nkurunziza en 2005.

Évariste Ndayishimiye avait promis lors de la campagne de faire de l’éradication de la pauvreté et du développement du pays sa priorité. Son premier défi sera toutefois l’épidémie de nouveau coronavirus. Pierre Nkurunziza avait maintenu les élections et refusé de confiner la population, en assurant que le Burundi en était protégé par la « grâce divine ».

Mais les Burundais se demandent aujourd’hui si l’ex-président, qui selon une source médicale contactée par l’AFP était en « détresse respiratoire » au moment de sa mort, n’a pas lui-même succombé à cette maladie.

Le Burundi a officiellement recensé 104 cas de Covid-19 pour un seul décès. Ce bilan laisse sceptiques bien des médecins, selon lesquels de nombreux cas et décès de personnes présentant les symptômes du virus ont été exclus des chiffres officiels.

Après l’avoir longtemps ignorée, les autorités semblent avoir pris conscience de la gravité de la situation et ont un peu infléchi leur discours ces derniers jours. Évariste Ndayishimiye pourrait ainsi consacrer une partie de son discours d’investiture à l’épidémie.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC/Décès à la présidence : le personnel soumis aux tests de la covid-19 et d’empoisonnement

juin 3, 2020

 

Le conseiller spécial du chef de l’État chargé de la couverture santé universelle a révélé que les rumeurs autour des morts en cascade déplorés ces derniers temps à la présidence de la République devraient être analysées.

 

Les décès en série qui ont eu lieu ces derniers temps à la présidence de la République ont donné lieu à toute forme de spéculations. D’aucuns sont ceux qui ont attribué cette situation à l’empoisonnement collectif du personnel de la première institution du pays alors qu’aucune déclaration officielle dans ce sens n’a été faite pour confirmer ces allégations. Dans différents milieux, en effet, cette thèse a circulé jusqu’à forger des convictions autour de ce qui paraît, aux yeux de nombreux congolais, pour une évidence. Malgré les mises au point du porte-parole du chef de l’Etat tendant à écarter l’hypothèse d’empoisonnement, le doute persiste toujours.

Le fait que les membres de l’UDPS soient les principales victimes de ce qui ressemble à une série criminelle aura ravivé les suspicions jusqu’à indexer les délégués de l’UNC prestant au cabinet du chef de l’Etat. Et pourtant, ces derniers n’arrêtent de clamer leur innocence dans cette tragédie macabre dont les auteurs, argue-t-on, pourraient vraisemblablement être des agents extérieurs. « L’UNC et l’UDPS sont en alliance dans la conduite des affaires de l’Etat et il serait inadmissible que leurs délégués développent une méfiance réciproque qui ne ferait pas avancer la République », a réagi un analyste politique.

C’est aux fins d’en savoir un peu plus sur ces morts à la pèle que la Présidence de la République a résolu de soumettre son personnel aux tests d’empoisonnement et à la covid-19. En effet, depuis le lundi 1er juin, les agents et cadres œuvrant au cabinet du chef de l’Etat  se relaient au centre de santé situé sur le site présidentiel pour procéder aux tests volontaires. « Nous avons pris des précautions pour analyser les rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux faisant état des décès à répétition par empoisonnement à la Présidence », a indiqué le conseiller spécial du chef de l’État chargé de la couverture de santé universelle dans une récente intervention médiatique.

Pour le Dr Roger Kamba, la présidence de la République prend tout au sérieux et essaie de répondre à tous les questionnements liés aux décès enregistrés au cabinet du chef de l’Etat de manière objective. « Les résultats seront publiés afin d’éclairer les zones d’ombres (…) Il n’y a pas de secret. Le seul secret, c’est la méthode de travail. Après, la présidence de la République doit pouvoir communiquer et donner l’information à la population. Elle est inquiète et elle le manifeste de plusieurs manières », a-t-il ajouté.   A noter que face à la persistance de la rumeur autour de l’empoisonnement présumé du personnel de la Présidence, celle-ci a pris un train de mesures pour protéger ses travailleurs. Il s’agit, entre autres, de la réduction drastique du nombre des collaborateurs dans les différents services pour éviter les contaminations à la Covid-19 et l’adoption du télétravail comme nouveau mode de travail afin de parer à toute éventualité.

 

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC : décès de Mgr Gérard Mulumba, oncle de Félix Tshisekedi et chef de la Maison civile du président

avril 15, 2020

Le religieux a pris sa retraite apostolique en 2017.

Le religieux a pris sa retraite apostolique en 2017. © Colin Delfosse pour Jeune Afrique

 

Frère de l’emblématique opposant, feu Étienne Tshisekedi, et oncle de l’actuel président, Mgr Gérard Mulumba occupait les fonctions de chef de la Maison civile à la présidence congolaise. Il est décédé des suites du coronavirus.

Personnage discret mais incontournable dans l’entourage du président Félix Tshisekedi, Gérard Mulumba, l’oncle du chef de l’État, est décédé dans la nuit de mardi à mercredi des suites du coronavirus. Il était âgé de 82 ans. L’information a été confirmée, ce mercredi 15 avril, par des proches du prélat congolais.

Gérard Mulumba occupait, depuis mai 2019, la fonction stratégique de chef de la Maison civile. À ce titre, il était chargé de la gestion de l’intendance et de la logistique des résidences et des sites présidentiels privés, ainsi que du secrétariat du chef de l’État et du service médical présidentiel.

Voie ecclésiastique

Mais Mgr Mulumba n’a pas toujours goûté à ce milieu politique kinois, et ce en dépit d’une filiation ô combien symbolique en République démocratique du Congo (RDC). Frère cadet de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, Mulumba avait très tôt privilégié la voie ecclésiastique. Ordonné prêtre en 1967, ce diplômé de théologie avait effectué un bref passage par la Belgique avant de regagner le Zaïre de Mobutu au début des années 1970.

Alors que son frère, ancien cadre de l’administration du maréchal, choisit la voie de la contestation et fonde l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), en 1982, lui poursuit son ascension. En marge des tumultes politiques de la capitale, il devient, en 1989, l’évêque de Mweka, dans la province du Kasaï. « Du fait de l’identité de mon frère, il y a toujours eu des soupçons et des calomnies à mon égard. J’ai été plusieurs fois interpellé ! », racontera-t-il à Jeune Afrique au sujet de cette période. Il occupera néanmoins ces fonctions pendant 28 ans avant d’en être relevé, début 2017, en raison de son âge avancé (79 ans à l’époque).

À la mort du Sphinx de Limete, le 1er février 2017,  il écope, en vertu de sa position d’aîné de la fratrie, de la délicate mission d’organiser les funérailles de l’opposant. S’en suivent plusieurs mois de négociations infructueuses avec le régime, déterminé à ne pas faciliter le rapatriement du corps et l’organisation des obsèques de celui qui fut le principal adversaire politique de Joseph Kabila. Étienne Tshisekedi aura finalement droit à ses funérailles nationales fin mai 2019, quelques jours à peine après la nomination de Mulumba à la Maison civile. Tout un symbole pour celui qui revendiquait le rôle de « conseiller spirituel » dans le premier cercle du président, dont il gérait aussi les affaires privées.

Avec Jeuneafrique par Romain Gras

RDC/Affaire de 100 jours : Filimbi invite Vital Kamerhe à démissionner de ses fonctions

avril 14, 2020

En renonçant de ses fonctions de directeur de cabinet du chef de l’Etat, le leader de l’UNC, à en croire le mouvement citoyen Filimbi, facilitera la poursuite de l’instruction  pour connaître la vérité.

 

Conduit à l’ex-prison centrale de Makala, le 8 avril,  dans le cadre des enquêtes sur les fonds alloués au programme d’urgence de 100 jours du président de la République, Vital Kamerhe est toujours sur la sellette. Alors qu’il a intimé l’ordre à ses affidés membres du parti de ne pas engager l’Union pour la nation congolaise (UNC) sans son aval, d’aucuns continuent à prendre la liberté de s’exprimer à son sujet. Si, pour les membres de son parti, l’ex-directeur de cabinet de Félix Tshisekedi fait l’objet d’une chasse à l‘homme dissimulant des motivations politiques; pour ses pourfendeurs, il fait les frais de ses propres turpitudes.

Dans un communiqué du dimanche 12 avril, le mouvement Citoyen Filimbi considère la détention préventive de l’incriminé comme « un message fort destiné à toutes celles et ceux qui abusent des biens publics au détriment de la majorité, tout en se considérant comme des intouchables ». Pour ce mouvement associatif, il était plus que temps que la justice se mêle du dossier relatif à l’exécution du programme intérimaire de 100 jours au regard des faits de mégestion qui l’a caractérisé avec, en première ligne, le directeur de cabinet du chef de l’Etat, à l’époque point focal de toutes les transactions en l’absence du gouvernement. « Nous encourageons M.Vital Kamerhe, qui jouit encore de la présomption d’innocence, à collaborer avec la justice et lui recommandons de démissionner de sa fonction de directeur de cabinet du chef de l’Etat, afin de faciliter la poursuite de l’instruction », suggère le mouvement citoyen Filimbi.

Bien plus, cette association d’éveil patriotique exhorte, par ailleurs, la justice à ne pas se limiter uniquement au dossier Vital Kamerhe, et à fouiner dans les multiples autres dossiers suffisamment documentés qui touchent la période d’avant la prestation de serment de l’actuel président de la République. Au nombre des dossiers restés pendants et en attente de l’ouverture d’une enquête, il est cité, entre autres, l’émission des passeports biométriques en cours de validité jusqu’au mois de juin prochain, le parc agro-industriel Bukanga Lonzo, les « Panama Papers », les détournements à la Gécamines, les surfacturations de la Céni et tant d’autres encore, les uns aussi rocambolesques que les autres.

 

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso