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Gambie : un ancien allié de Yahya Jammeh devient président du Parlement

avril 16, 2022

Le nouveau Parlement gambien a porté à sa présidence Fabakary Tombong Jatta, le président du parti de l’ancien dictateur, à l’instigation de l’actuel chef de l’État, Adama Barrow.

Fabakary Tombong Jatta, secrétaire général de l’APRC, lors d’un discours demandant le retour en Gambie de Yahya Jammeh, le 16 janvier 2020. © ROMAIN CHANSON / AFP

Fabakary Tombong Jatta, 69 ans, chef de l’Alliance for Patriotic Reorientation and Construction (APRC), le parti de Yahya Jammeh, a été déclaré président de l’Assemblée nationale faute de concurrent. Il avait été nommé chef de la majorité parlementaire par l’ancien dictateur en 2007 et l’est resté jusqu’à la fin de l’ère Jammeh en 2017.

Un certain nombre de Gambiens se souviennent de lui comme le député qui avait présenté un texte sur l’instauration de l’état d’urgence dans les derniers mois de la présidence Jammeh, quand ce dernier avait refusé de reconnaître sa défaite surprise à la présidentielle de décembre 2016 contre Adama Barrow.

L’influence de Yahya Jammeh sur la vie politique

Le texte visait à prolonger le mandat de Yahya Jammeh, mais ce dernier avait finalement été contraint à l’exil sous l’effet des pressions diplomatiques et d’une intervention militaire ouest-africaine.

Yahya Jammeh, qui a gouverné la Gambie d’une main de fer pendant plus de 20 ans, continue d’influer sur la vie politique de son pays. Son successeur, M. Barrow, a été réélu en décembre 2021 après un accord entre son parti, le National People’s Party (NPP) et l’APRC. L’accord a été largement considéré comme une manœuvre du président sortant pour attirer les partisans de Yahya Jammeh. De son exil, l’ancien dictateur avait dénoncé cet accord.

Fabakary Tombong Jatta prend la tête de l’Assemblée nationale après les législatives de dimanche. Le NPP du président n’y a remporté que 18 des 53 sièges en jeu. Le chef de l’État a cependant la prérogative de désigner cinq députés supplémentaires, parmi lesquels le président du Parlement. C’est ainsi qu’il a choisi cette semaine Fabakary Tombong Jatta pour présider l’Assemblée.

Commission d’enquête sur les crimes commis sous la dictature

Ses cinq nominations (dont quatre membres du NPP, 22 au total) ainsi qu’une alliance avec l’APRC (3 sièges en comptant le président de l’Assemblée) et un autre petit parti, le National Reconciliation Party (NRP, 4 sièges), confèrent au bloc pro-gouvernemental une majorité de 29 voix sur 58.

Le président Barrow est appelé à se prononcer dans les prochaines semaines sur les recommandations d’une commission chargée d’enquêter sur les crimes commis par l’État et ses agents sous la dictature Jammeh. La commission lui a remis un rapport préconisant que les responsables soient jugés.

Par Jeune Afrique avec AFP

Mali : Assimi Goïta ne pourra pas briguer la future présidence

février 13, 2022
Assimi Goïta en septembre 2020, à Bamako © MICHELE CATTANI/AFP

Le président de la transition, le colonel Assimi Goïta, ne pourra pas être candidat à la future élection présidentielle censée ramener les civils au pouvoir, indique un projet de loi présenté par les militaires.

Le texte reste flou sur la date à laquelle des élections se dérouleraient, alors que la question donne lieu à un bras de fer entre les autorités maliennes d’une part et l’organisation des États ouest-africains Cédéao ainsi qu’une partie de la communauté internationale de l’autre.

Le Conseil national de transition (CNT), qui fait office d’organe législatif après le coup d’État qui a porté les militaires au pouvoir en août 2020, a commencé vendredi à examiner en commission un texte réformant la « charte de la transition ».

Cette charte tient lieu d’acte fondamental de la période de transition précédant un retour des civils à la direction de ce pays plongé dans une grave crise sécuritaire et politique depuis le déclenchement d’insurrections indépendantiste et jihadiste en 2012.

LE LAPS DE TEMPS DE 18 MOIS « SE RÉVÈLE INTENABLE »

Cette charte promulguée par les militaires le 1er octobre 2020 fixait la durée de la transition à 18 mois. Les autorités ont depuis révoqué leur engagement initial à organiser des élections le 27 février prochain. Elles ont pour projet de rester en place quatre ou cinq années supplémentaires.

La Cédéao a infligé le 9 janvier de sévères sanctions économiques et diplomatiques au Mali.

Le laps de temps de 18 mois « se révèle intenable », dit le colonel Goïta dans la lettre accompagnant le projet transmis au CNT. Il invoque à nouveau la nécessité de réformes préalables.

Le projet de loi dispose que la durée de la transition « est fixée conformément aux recommandations des Assises nationales de la refondation ». Les autorités avaient organisé, fin 2021, ces consultations pour qu’elles préconisent les réformes à entreprendre et la durée de la transition.

Les Assises, présentées par les autorités comme l’expression d’une volonté populaire mais contestées par une partie de la classe politique, recommandaient de six mois à cinq ans de transition.

Le projet de loi stipule par ailleurs que « le président de la transition n’est pas éligible aux élections présidentielle et législatives » qui auront lieu à la fin de la transition. C’est déjà le cas dans la version actuelle de la charte.

Par Jeune Afrique par AFP

RDC-Présidence de la République : Jean Claude Bukasa remplace provisoirement François Beya au CNS

février 9, 2022

Dans une lettre du directeur de cabinet du chef de l’Etat, Guylain Nyembo, datée du 8 février 2022 et adressée à Jean-claude Bukasa, il lui a été signifié que « sur instruction de la haute hiérarchie et compte tenu de l’empêchement du conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité, il a été désigné pour assurer l’intérim de ce dernier« , rapporte la cellule de la communication de la présidence de la République.

Jean-Claude Bukasa

Jean-Claude Bukasa était jusqu’à sa désignation à la tête du Conseil national de sécurité (CNS) assistant principal du conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité, chargé de la sécurité extérieure. Il était nommé à ce poste par ordonnance présidentielle. Le nouveau promu est actif dans les services de renseignements depuis plus de dix ans.

Pour rappel, François Beya sur qui les soupçons et indices graves de conspiration contre les institutions pèseraient, à en croire le porte-parole du chef de l’État, serait détenu depuis quelques jours dans les locaux de l’Agence nationale de renseignement (ANR). En effet, le communiqué de la présidence de la République publié  le 8 février évoque des « agissements contre la sécurité nationale », dont serait rendu coupable le conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité, sans donner plus de détails et appelle au passage la population à la vigilance et au calme. En attendant, les investigations se poursuivent pour en savoir un peu plus sur ce que d’aucuns considèrent déjà comme une tentative de coup d’Etat manqué.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

Macky Sall et l’UA : une présidence à très haut potentiel

février 6, 2022
Le président sénégalais Macky Sall lors de la 76e Assemblée générale des Nations unies, à New-York, le 24 septembre 2021. © JOHN ANGELILLO/AP/SIPA

Coups d’État militaires à répétition, interrogations autour des dispositifs de lutte contre le terrorisme… La présidence sénégalaise de l’Union africaine qui débute à la mi-février intervient à un moment charnière. Et constitue un défi que le continent se doit de relever.

La présidence sénégalaise de l’Union africaine est très attendue et suscite déjà un immense espoir sur le continent. D’abord parce que le Sénégal est un modèle de stabilité et d’alternance démocratique, ensuite parce que  le président Macky Sall s’illustre comme une voix forte, écoutée tant par les Africains que par leurs partenaires internationaux.

Mise à l’épreuve

Deux atouts donc, qui ne seront pas de trop pour celui qui prend les rênes de l’organisation panafricaine au moment où les turbulences politiques qui agitent le continent constituent une mise à l’épreuve des institutions. Celles-ci jouent leur crédibilité à l’heure où, partout en Afrique, les populations affichent une défiance grandissante à leur égard tant elles se sont jusqu’ici révélées incapables de les protéger de l’insécurité et de l’injustice sociale.

Coïncidence non-négligeable, la présidence sénégalaise démarrera aussi au moment même où se tiendra le sommet UA-UE, prévu les  17 et  18 février prochains à Bruxelles. L’occasion de relayer les préoccupations, nombreuses, de l’Afrique.

En effet, d’immenses défis et enjeux attendent Macky Sall. Si la question migratoire, le changement climatique, la relance des économies africaines après une pandémie de Covid-19 aux conséquences sociales dramatiques, ainsi que la dette, ne sont absolument pas des préoccupations mineures – bien au contraire –, deux dossiers prioritaires semblent émerger.

Premier d’entre eux, le dossier paix et sécurité. Concrètement, il s’agit de déterminer la stratégie à adopter face aux terroristes, notamment ceux du Sahel – à l’heure où l’opération Barkhane et la force Takuba paraissent en sursis – ainsi que  ceux de Boko Haram, dans le bassin du Lac Tchad. Il s’agit également de trouver des solutions à la piraterie, au moment où le lien entre l’insécurité au Sahel et la piraterie maritime dans le Golfe de Guinée devient de plus en plus évident.

L’occasion sans doute de ressortir  la Charte de Lomé sur la sûreté et la sécurité maritimes et le développement en Afrique, ratifiée à ce jour par seulement trois des trente-quatre pays signataires. Mais d’autres questions sécuritaires nécessitent également une grande attention : les conflits au Mozambique, en Éthiopie (à la fois politique et sécuritaire), ou encore les tentatives de sécession dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun… 

Bien évidemment, Macky Sall aura à sa disposition de nombreux outils institutionnels, dont l’Architecture de paix et de sécurité africaine (APSA) qui se base sur des piliers comme le Conseil de paix et de sécurité (CPS), lequel a pour mandat de s’impliquer dans la recherche de réponses rapides et efficaces aux situations de conflit et de crise, ou encore la Force africaine en attente, un dispositif prépositionné dans les pays d’origine et prêt à être déployé rapidement.

Le vaste agenda de la gouvernance

Macky Sall devrait ainsi plaider  pour le financement et la montée en puissance de la FC-G5 Sahel et de la force africaine en attente. Comme ses prédécesseurs à la présidence le l’UA, il pourra aussi s’appuyer sur les huit Communautés économiques régionales (CER) reconnues par l’UA. Parmi elles, précisément, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), qui a beaucoup fait parler d’elle dans l’autre dossier prioritaire qui attend Macky Sall, celui de la gouvernance démocratique dont l’outil le plus important est la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Signée le 30 janvier 2007 et entrée en vigueur en février 2012, elle traduit la volonté de codifier un modèle démocratique d’accession et de préservation du pouvoir politique.

C’est donc peu de le dire, Macky Sall aura du pain sur la planche en raison des récents coups d’État militaires et des transitions en cours au Mali, au Soudan, au Tchad, en Guinée-Conakry et au Burkina Faso. En effet, l’UA reste la seule organisation panafricaine disposant d’un mandat politique pour l’établissement de normes continentales autour du vaste agenda de la gouvernance. Ce sont ces normes continentales qui se déclinent au niveau des Communautés économiques régionales, à l’exemple du Protocole additionnel de la Cedeao sur la démocratie et la bonne gouvernance, selon le principe de subsidiarité.

LES POPULATIONS SOUHAITENT L’ENGAGEMENT DE L’UA BIEN PLUS QU’ON NE L’IMAGINE

Sur ce dossier, Macky Sall devra prendre des initiatives marquantes et adresser des signaux forts, telle une visite dans les pays en transition militaire. Cela passe évidemment au préalable par un état des lieux, une consultation des partenaires régionaux et internationaux incontournables, l’objectif étant de créer des conditions propices à une médiation. Il ne faut pas perdre cela de vue : les populations souhaitent l’engagement de l’UA bien plus qu’on ne l’imagine.

Sortir l’UA de sa quasi léthargie

Régulièrement invité à des rencontres internationales telles celles du G7 / G8  ou de Bretton Woods, le président de l’UA, pionnier et avocat d’un new deal économique avec nos partenaires, est suffisamment légitime pour porter haut la voix de l’Afrique. Cela vaut pour tous les autres forums, tels les Sommets Chine-Afrique, Turquie-Afrique, etc. Si tant est que le continent adopte des positions communes sur les sujets essentiels comme la question migratoire, en particulier face à l’Europe.

Qu’il s’agisse de la sécurité, de la dette, du changement climatique ou de la stabilité politique, nous sommes convaincus que le président Macky Sall sera un bon avocat pour notre continent. Parce que sur toutes ces grandes causes et questions, la voix du Sénégal est audible et crédible. Les contraintes liées à la pandémie de Covid-19 ont contribué à ralentir le fonctionnement des institutions à Addis Abeba, ce qui a sans doute quelque peu handicapé la présidence sortante. On espère que la  présidence sénégalaise contribuera à sortir l’UA de sa quasi léthargie.

Mahamat Saleh Annadif

Avec Jeune afrique par Mahamat Saleh Annadif

Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Afrique de l’Ouest et au Sahel

Burkina : le président Kaboré écarté, le lieutenant-colonel Damiba prend le pouvoir

janvier 24, 2022
Roch Marc Christian Kaboré, en octobre 2019. © Mikhail Metzel/TASS/Sipa USA/SIPA

Selon un communiqué lu par les militaires sur les ondes de la radio-télévision nationale, le chef de l’État a été destitué, ce lundi 24 janvier. Un « Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration » annonce prendre la tête du pays.

Les militaires putschistes ont confirmé, aux environs de 17h30 TU, le renversement du président Roch Marc Christian Kaboré. La déclaration, signée du lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, « président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration[MPSR] » a été lue à la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB).

« Au regard de la dégradation de la situation sécuritaire et de l’incapacité manifeste du pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré à unir les Burkinabè pour faire face efficacement à la situation et suite à l’exaspération des différentes couches sociales de la nation, le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration a décidé d’assumer ses responsabilités devant l’Histoire, a lu le capitaine Sidaoré Kader Ouédraogo, coiffé d’un béret bleu. Le mouvement, qui regroupe toutes les composantes de forces de défense et de sécurité, a ainsi décidé de mettre fin au pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré  ce 24 janvier 2022. »

« Tournant décisif »

Capture d’écran des militaires burkinabè lisant la déclaration annonçant la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale, le lundi 24 janvier 2022.
Capture d’écran des militaires burkinabè lisant la déclaration annonçant la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale, le lundi 24 janvier 2022. © DR / RTB

Il a dans la foulée annoncé la suspension de la Constitution, la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale ainsi que la fermeture des frontières terrestres et aériennes du Burkina Faso. Il a également précisé que le coup d’État avait eu lieu « sans effusion de sang et sans aucune violence physique à l’encontre des personnes arrêtées ». Il a promis que le MPSR présenterait « un calendrier de retour à l’ordre constitutionnel ». Il s’agit, a-t-il conclu, d’un « tournant décisif » pour le Burkina Faso.

« Le président Kaboré a voulu éviter un bain de sang », avait confié un membre de son proche entourage, joint par Jeune Afrique peu de temps avant la lecture du communiqué, laissant entendre qu’il s’était résolu à démissionner.

Jusqu’au bout, Roch Marc Christian Kaboré aura tenté de trouver une issue pour rester au pouvoir. « Il pensait encore pouvoir trouver une solution pour que toutes les forces armées ne rallient pas les putschistes », glisse l’un de ses intimes qui l’a eu au téléphone hier. Mais le chef de l’État savait sa marge de manœuvre réduite d’autant que, derrière les mutineries qui ont éclaté hier dans plusieurs camps et casernes du pays, se dessinait le scénario d’une action concertée.

À Emmanuel Macron, Alassane Ouattara ou encore Macky Sall, avec lesquels il a échangé dans l’après-midi de ce dimanche, le président burkinabè a répété la même chose : « Nous essayons de gérer la situation. Nous avons entamé des discussions avec les mutins et nous espérons un dénouement favorable. »

SELON LE MPP, LE CHEF DE L’ÉTAT A ÉCHAPPÉ À UNE TENTATIVE D’ASSASSINAT

Le dénouement surviendra, mais il ne lui sera pas favorable. Dès dimanche soir, une fois la parenthèse de la victoire des Étalons en huitièmes de finale de la CAN refermée, les événements se précipitent. Des mutins prennent d’assaut sa résidence personnelle, dans le quartier de la Patte-d’Oie. Deux véhicules de sa garde rapprochée sont criblés de balles. Leurs sièges, filmés par la foule le lendemain, sont maculés de taches de sang. Quatre membres de sa sécurité sont blessés.

Ses proches affirment qu’il a été exfiltré et placé en « lieu sûr » par les gendarmes qui composent sa garde. Son parti, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), affirme même que le chef de l’État a échappé à une tentative d’assassinat.

Tout au long de ce lundi, plusieurs de ses collaborateurs affirment qu’il est en sécurité et qu’ils échangent avec lui. Une version contredite par d’autres sources, selon lesquelles il est au contraire entre les mains des putschistes. La confusion règne, mais une chose est sûre : alors que les heures passent, le chef de l’État, invisible et introuvable, voit le pouvoir lui échapper. Les putschistes contrôlent les abords de la présidence et de sa résidence, ainsi que la télévision nationale.

En coulisses, les tractations entre militaires progressent. L’ensemble de l’armée, y compris la gendarmerie, réputée fidèle à Kaboré, semble se rallier aux putschistes. Malgré les pressions politiques et diplomatiques pour maintenir le président en place, l’affaire semble entendue. Difficile, dès lors, de voir comment le rapport de force pouvait s’inverser. Contrairement à ce qu’il espérait il y a encore quelques heures, Roch Kaboré n’y est pas parvenu. Il rejoint désormais la liste – qui ne cesse de s’allonger – des chefs d’État ouest-africains renversés par un putsch.

Par Jeune Afrique

Le président philippin Duterte veut se retirer de la politique

octobre 2, 2021

LE PRÉSIDENT PHILIPPIN DUTERTE VEUT SE RETIRER DE LA POLITIQUE

© Reuters/LISA MARIE DAVID 

MANILLE (Reuters) – Le président des Philippines, Rodrigo Duterte, a annoncé samedi son intention de se retirer de la vie politique, une décision inattendue qui pourrait le conduire à soutenir sa fille dans la course à sa succession.

« J’annonce aujourd’hui mon retrait de la politique », a dit le chef de l’Etat, qui accompagnait le sénateur Christopher « Bong » Go, élu de leur parti, le PDP-Laban, pour le dépôt de la candidature de ce dernier à la vice-présidence du pays.

Rodrigo Duterte était jusqu’à présent considéré comme un candidat probable à la vice-présidence lors de l’élection prévue l’an prochain, faute de pouvoir briguer un deuxième mandat de six ans à la tête du pays, ce qui lui interdit la constitution philippine.

Sa fille, Sara Duterte-Carpio, qui lui a déjà succédé au poste de maire de la ville de Davao, a déclaré le mois dernier qu’elle ne briguerait pas un mandat national en 2022 parce qu’elle s’était mise d’accord avec lui pour qu’un seul d’entre eux soit candidat.

La retraite politique du père pourrait donc ouvrir la voie à une candidature de la fille à la magistrature suprême.

« Ça permet à Sara Duterte d’entrer dans la course », a déclaré samedi Antonio La Vina, professeur de droit et de politique à l’université Ateneo de Manille. Il n’a toutefois pas exclu que Rodrigo Duterte change d’avis et soit finalement candidat à la vice-présidence.

La période de dépôt des candidatures s’achèvera vendredi mais des retraits et des remplacements sont autorisés jusqu’au 15 novembre.

Rodrigo Duterte avait déjà attendu le tout dernier moment pour se déclarer candidat à la présidence pour l’élection de 2016, qu’il a facilement remportée.

Reuters (Reportage Karen Lema, version française Marc Angrand)

Gabon : Noureddin Bongo Valentin évincé de son poste de coordinateur général des affaires présidentielles

septembre 14, 2021

Noureddin Bongo Valentin a été remercié de son poste de coordinateur général des affaires présidentielles

L’annonce a été fait ce lundi 13 septembre dans un communiqué publié à l’issue du conseil des ministres. Le fils d’Ali Bongo Ondimba était l’un des hommes les plus puissants du palais du Bord de mer.

L’annonce a fait l’effet d’un coup de tonnerre, à Libreville. Noureddin Bongo Valentin, l’influent fils du chef de l’État Ali Bongo Ondimba, a été remercié de son poste de coordinateur général des affaires présidentielles, ce lundi 13 septembre. L’annonce a été faite lors du conseil des ministres qui s’est tenu le jour même par visioconférence à Libreville. Noureddin Bongo Valentin est « remis à la disposition de son administration d’origine », précise le communiqué publié en fin de journée.

Nommé le 5 décembre 2019, Noureddin Bongo Valentin avait repris les rênes du palais après la chute de Brice Laccruche Alihanga, l’ancien directeur de cabinet du chef de l’État soupçonné de détournement de fonds et de blanchiment, et depuis incarcéré.

Le désormais ex-coordinateur général des affaires présidentielles avait acquis, ces deux dernières années, une influence considérable et passait pour être l’homme le plus puissant du palais du Bord de mer après son père, Ali Bongo Ondimba. Grands travaux, santé, diversification économique… Il pouvait intervenir sur tous les dossiers tandis que Jean-Yves Teale, le secrétaire général de la présidence, et Théophile Ogandaga, directeur de cabinet du chef de l’État, restaient en retrait.

« Conseiller stratégique »

En mars 2020, Noureddin Bongo Valentin avait en outre rejoint le bureau politique du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), chargé de contribuer à y remettre de l’ordre dans la perspective de l’élection présidentielle de 2023.

Faut-il voir dans son éviction le signe d’une mésentente entre le fils et le père ? Il serait prématuré de l’affirmer, d’autant que Noureddin Bongo Valentin a été nommé, le 10 septembre, « conseiller stratégique » du président du PDG, Ali Bongo Ondimba. Libreville bruisse en outre de rumeurs de remaniement et cette séquence pourrait, elle aussi, réserver son lot de surprises.

Également annoncée ce lundi, la création d’un Haut-commissariat de la République, « en application des articles 47 et 52 de la Constitution ». Cet organe devra assister le chef de l’État « dans l’évaluation, le suivi [et] la mise en oeuvre de son action politique ».

Par Jeune Afrique

Mali: Le colonel Assimi Goita investit président de transition du Mali: vers des élections en 2002?

juin 7, 2021

Avec France24

Transition au Mali : le discours d’investiture d’Assimi Goïta très attendu

juin 7, 2021

Avec France24

Mali : la Cedeao entérine la nomination d’Assimi Goïta à la présidence

mai 31, 2021
Assimi Goïta, le 15 septembre à Accra.

Si le Mali est suspendu des instances de la Cedeao, et que les chefs d’État ouest africains ont condamné le second coup d’État mené en moins d’un an par Assimi Goïta, ils sont restés silencieux sur la désignation de ce dernier au poste de président.

Contrairement à ce que les chefs d’État avaient décidé après le coup d’État du 18 août 2020 contre Ibrahim Boubacar Keïta, les chefs d’État de la Cedeao n’ont, cette fois, pas voulu recourir aux sanctions économiques à l’encontre du Mali. En tout cas, pas dans l’immédiat.

La réunion d’Accra s’est tenue dimanche 30 mai 2021 alors que, vendredi, la Cour constitutionnelle malienne a déclaré le colonel Assimi Goïta président de la transition, prenant donc acte de la nouvelle donne à Bamako, et parachevant le putsch mené le 24 mai dernier par le chef de la junte qui avait déjà poussé IBK à la démission.

Alassane Ouattara, le président de la Côte d’Ivoire, Muhammadu Buhari, le président nigérian, ou encore Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso, ont participé à ce sommet extraordinaire, auquel le colonel Goïta avait également été convié, mais n’a pas participé aux discussions à huis clos.

Dans leur communiqué final, les chefs d’État « exigent la libération immédiate de l’ancien président et du Premier ministre de la Transition qui sont assignés à résidence » depuis leur arrestation le 24 mai par les hommes d’Assimi Goïta.  Ils « condamnent ce récent coup d’État », qui constitue une « violation » de la charte de la transition ainsi que des engagements pris par les autorités maliennes lors du sommet qui s’était tenu le 15 septembre 2020, au Ghana.

La Cedeao prend acte

Condamnant « toutes les actions qui ont conduit à l’instabilité persistante au Mali et ses conséquences dans la région », la Cedeao a donc décidé de « suspendre le Mali de toutes les institutions rattachées à la Cedeao ».

L’organisation régionale appelle en outre à la nomination immédiate d’un « nouveau Premier ministre civil » et à la formation d’un « nouveau gouvernement inclusif » afin de poursuivre le programme de transition. Elle réclame également le respect de la période de transition fixée à dix-huit mois et, donc l’organisation d’élections au plus tard le 27 février 2022 pour que le pouvoir soit transmis aux civils.

Rappelant l’engagement pris lors du sommet d’Accra sur l’impossibilité pour les personnalités ayant exercé les fonctions de vice-président et de Premier ministre de la transition de « quelles que soient les circonstances, être candidates à l’élection présidentielle à venir ».

La Cedeao enjoint par ailleurs aux organisations internationales (Union africaine, Nations unies et Union européenne), de « continuer de soutenir le Mali » dans la mise en œuvre de la transition.

Si les termes peuvent paraître fermes, l’option choisie par la Cedeao est clairement celle de la reconnaissance de l’état de fait. Les chefs d’État ouest-africains n’ont ainsi, à aucun moment, nommément cité Assimi Goïta dans leur communiqué final. En réclamant la nomination d’un nouveau Premier ministre et d’un nouveau gouvernement, ils prennent acte de la désignation du militaire en tant que président de la transition.

Mise en garde de Macron

Les débats ont été intenses au sein de la Cedeao. Le président ivoirien Alassane Ouattara, particulièrement impliqué dans le dossier, était partisan d’une ligne « dure » à l’encontre d’Assimi Goïta. Mais l’attitude de Bah N’Daw aurait déplu à plusieurs des chefs d’État ouest-africains, qui lui reprochent d’avoir tenu à écarter deux membres de l’ancienne junte du gouvernement – les colonels Sadio Camara (Défense) et Modibo Koné (Sécurité) – malgré l’opposition d’Assimi Goïta et les tentatives de médiations menées, notamment, par le président togolais Faure Gnassingbé.

De son côté, le président français Emmanuel Macron a, dans un entretien accordé au Journal du Dimanche ce 30 mai, mis en garde sur un possible retrait des forces militaires françaises engagées dans la lutte contre les jihadistes. « Au président malien Bah N’daw, qui était très rigoureux sur l’étanchéité entre le pouvoir et les jihadistes, j’avais dit : “L’islamisme radical au Mali avec nos soldats sur place ? Jamais de la vie !” Il y a aujourd’hui cette tentation au Mali. Mais si cela va dans ce sens, je me retirerais », a-t-il assuré. Emmanuel Macron a également affirmé avoir « passé le message » à ses homologues ouest-africains que la France « ne resterait pas aux côtés d’un pays où il n’y a plus de légitimité démocratique ni de transition ».

Par Jeune Afrique