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Obsèques Nemtsov: l’UE regrette que des élus européens aient été refoulés apparemment arbitrairement

mars 3, 2015

Bruxelles – Le refus opposé par la Russie à deux élus européens qui voulaient assister aux obsèques de l’opposant russe Boris Nemtsov a été dénoncé mardi par l’Union européenne, qui a regretté les raisons apparemment arbitraires avancées par Moscou.

Ce refus d’entrée en Russie, opposé notamment à l’eurodéputée lettone Sandra Kalniete qui a été refoulée de l’aéroport moscovite Chérémétiévo, mais aussi au président du Sénat polonais Bogdan Borusewicz, est une claire violation des principes de base, a commenté une porte-parole du service diplomatique européen, Maja Kocijancic.

Mme Kalniete, ancienne ministre des Affaires étrangères de Lettonie et ex-Commissaire européenne, est porteuse d’un passeport diplomatique, a souligné Mme Kocijancic.

La justification qui a été donnée pour la refouler implique qu’elle représenterait une menace pour la sécurité de l’Etat ou l’ordre public de la Fédération de Russie. Cela n’apparaît pas comme une explication crédible à nos yeux, a-t-elle poursuivi.

Ce n’est pas la première fois que nous constatons de tels refus pour des raisons apparemment arbitraires et nous le regrettons, a ajouté la porte-parole lors d’un point de presse. Nous appelons les autorités russes à un maximum de transparence et nous attendons des mesures de leur part pour éviter des incidents similaires à l’avenir, a martelé Mme Kocijancic, qui a notamment demandé la publication des interdictions d’entrée (sur le territoire) décidées par la Fédération de Russie, ce qui n’est actuellement pas le cas.

Plusieurs milliers de personnes ont commencé mardi à rendre un dernier hommage à Moscou à Boris Nemtsov, l’un des opposants les plus virulents du président Vladimir Poutine, tué vendredi à l’âge de 55 ans par balles près du Kremlin.

Les ambassadeurs des pays européens et plusieurs personnalités étrangères, parmi lesquels le chef de la diplomatie lituanienne, Linas Linkevicius, le maire de Riga, la capitale lettonne, Nils Usakovs, et le vice-ministre polonais de Affaires étrangères, Konrad Pawlik, ont annoncé leur intention de participer aux obsèques.

Mais certains d’entre eux en ont été empêchés. Le président du Sénat polonais, Bogdan Borusewicz, a déclaré lundi que les autorités russes lui avaient refusé l’entrée en Russie, en réponse aux sanctions européennes contre Moscou. Mme Kalniete a publié sur son compte Twitter un document de la police aux frontières russe stipulant qu’elle était interdite d’entrée en Russie jusqu’en novembre 2019. Elle a repris mardi matin un avion en direction de Bruxelles.

Romandie.com avec(©AFP / 03 mars 2015 13h18)

RDC : le Sénat impose la tenue de la présidentielle en 2016 dans les délais constitutionnels

janvier 23, 2015

Plénière du sénat congolais, le 23 janvier 2014.
Plénière du sénat congolais, le 23 janvier 2014. © Capture d’écran/Youtube

Lors du vote article par article du projet de loi controversé modifiant la loi électorale en RDC, les sénateurs congolais ont supprimé vendredi l’incise contenue dans le texte initial qui liait l’organisation des élections législatives et présidentielle en 2016 au recensement général de la population.

C’est un petit camouflet pour le gouvernement congolais. Son projet de loi controversé modifiant la loi électorale, en seconde lecture au Sénat, a été revu et corrigé, le 23 janvier, dans sa disposition polémique qui conditionnait l’organisation des scrutins en RDC par le recensement général de la population. Une manœuvre qui visait à prolonger subtilement le mandat du président Joseph Kabila au-delà de 2016, selon l’opposition.

À l’unanimité, les sénateurs ont supprimé tout lien entre organisation des élections et identification de la population, comme initialement prévu dans le projet de loi du gouvernement adopté le 17 janvier à l’Assemblée nationale.

« Respect des délais constitutionnels »

« L’actualisation de la liste électorale en fonction des données démographiques disponibles se fait dans le respect des délais constitutionnels et légaux prévus pour l’organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales », ont-ils ainsi reformulé l’alinéa 3 de l’article 8 qui avait entraîné trois jours de violences à Kinshasa et dans d’autres villes du pays.

Immédiatement après l’adoption de l’article, Léon Kengo wa Dondo, le président du Sénat, a pris la parole pour « expliquer » son contenu. « L’article 8 (…) avait initialement prévu à la fois le recensement et l’identification. Les amendements qui ont été portés à cet article parlent de données démographiques, [ils] ne parlent plus du recensement ou de l’identification parce que [ces derniers] allaient peut-être déborder sur les délais prévus par la Constitution et les lois pour les votes », a-t-il commenté.

La plénière étant diffusée en direct sur la chaîne nationale, Léon Kengo wa Dondo s’est également adressé à la population en lingala, l’une des quatre principales langues nationales, pour lui expliciter le sens du vote du Sénat qui tient à ce que les scrutins soient organisés dans les délais constitutionnels. Objectif avoué : calmer les esprits. Car depuis le début de semaine, à l’appel des partis d’opposition, des manifestations de colère paralysent Kinshasa et certaines villes de l’est de la RDC.

>> Vote de l’article 8 au Sénat congolais, le 23 janvier 2015 <<

Quelques minutes plus tard, sur 80 sénateurs présents, 80 ont dit « oui » à la version ainsi amendée du projet de loi électorale. « Nous avons été à l’écoute de la rue », s’est félicité le président du Sénat, qualifiant d' »historique » le vote du jour. Reste à savoir si la commission paritaire mixte Assemblée nationale-Sénat qui se réunira dans les prochains jours pour trancher définitivement sur la question abondera, ou pas, dans le même sens.

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Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

RDC : Matata Ponyo, la confiance du chef

octobre 31, 2013

Fin octobre, le Premier ministre congolais semblait en passe d’être reconduit. Au grand dam de ceux qui briguaient le poste…

Joseph Kabila fait durer le suspense. Devant les deux chambres du Parlement, le 23 octobre, le président congolais s’est refusé à dévoiler le nom de celui qui dirigera le « gouvernement de cohésion nationale » qui sera « bientôt mis en place ». Et il ne l’avait toujours pas fait au moment où nous écrivions ces lignes. Mais à en croire certaines indiscrétions, Augustin Matata Ponyo, 49 ans, devrait être reconduit.

« Il bénéficie toujours de la confiance du chef de l’État », souligne un membre du corps diplomatique, à Kinshasa. Ce qui est loin de faire l’affaire des caciques des partis d’opposition comme de ceux de la majorité. Plusieurs d’entre eux misaient sur Kengo wa Dongo, l’actuel président du Sénat. Un lobby s’était même constitué afin qu’il soit désigné pour former le prochain gouvernement, même s’il n’était pas le seul à lorgner le poste. Seulement voilà, ce dernier « ne se négocie pas », aurait confié Kabila à l’un de ses proches.

Un bilan positif

Si Matata n’est guère soutenu par les dignitaires de son camp, son bilan, lui, plaide en sa faveur. Depuis son entrée en fonction, en mai 2012, le circuit des dépenses publiques s’est « matatisé » – néologisme kinois signifiant que des garde-fous encadrent désormais l’usage des deniers publics. « Adieu les habitudes de certains politiciens et mandataires véreux qui se faisaient payer indûment par le Trésor public », lâche une source gouvernementale. Conséquence : le pays a accumulé près de 1,7 milliard de dollars (1,2 milliard d’euros) de réserves de change, contre moins de 250 millions en 2008. Et il jouit d’une stabilité macroéconomique rarement vue depuis 1960.

Reste à réduire substantiellement la pauvreté. « On parle de la croissance depuis longtemps, mais la population n’en ressent pas les effets », dénonce Delly Sesanga, députée d’opposition. Le prochain gouvernement devra donc s’y atteler. Enfin, dernier point positif, qui n’est peut-être pas du ressort direct du Premier ministre : les récents succès de l’armée congolaise face au M23 dans le nord du Kivu.

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula, envoyé spécial à Kinshasa