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Zambie : Hakainde Hichilema, un président pas comme les autres

décembre 25, 2021
Le président de la Zambie, Hakainde Hichilema, à Glasgow, en Écosse, le 1er novembre 2021. © Zambia’s President Hakainde Hichilema presents his national statement as a part of the World Leaders’ Summit at the UN Climate Change Conference (COP26) in Glasgow, Scotland, Britain November 1, 2021. Andy Buchanan/Pool via REUTERS – RC2TLQ91WEEG © Andy Buchanan/Pool/REUTERS

Élu à la surprise générale en août dernier, le nouveau chef de l’État a adopté un style radicalement différent de celui de son prédécesseur. Partisan d’un libéralisme économique et politique, cet ancien homme d’affaires qui a connu la torture et la prison veut en finir avec la corruption et remettre son pays sur les rails. Pour, enfin, obtenir des résultats.

Hakainde Hichilema ne correspond pas vraiment à l’image que l’on se fait d’un révolutionnaire. Toujours vêtu d’un costume, parlant couramment le langage des experts-comptables (il a dirigé deux cabinets internationaux) et maniant à merveille l’analyse comparative des systèmes fiscaux, le deuxième plus gros éleveur de Zambie peut sembler plus à l’aise dans une salle de réunion que dans un meeting de campagne.

Des coups et des bosses

Homme d’affaires autodidacte, qui prône le libéralisme social et économique, Hakainde Hichilema est aussi une personnalité politique atypique, qui a connu la prison et la torture. En août dernier, alors qu’il n’avait pas encore 60 ans et qu’il briguait pour la sixième fois la magistrature suprême, il a finalement été porté à la tête du pays, battant sèchement le président sortant, Edgar Lungu, au pouvoir depuis 2015. Ce faisant, et malgré les coups et les bosses récoltés durant la campagne, il a prouvé qu’avec un peu de stratégie, d’unité et beaucoup de détermination, l’impossible était à portée de vote.

LE SYSTÈME TOUT ENTIER ÉTAIT CASSÉ

Sitôt élu, il s’est fixé une feuille de route ambitieuse : libéraliser un système politique sur lequel l’État n’avait cessé de renforcer son emprise les années précédentes ; conclure un accord avec les créanciers alors que le pays était en défaut de paiement ; reconstruire l’économie, mais aussi les services d’éducation et de santé publique… Un programme si ambitieux qu’il en est révolutionnaire. « Le système tout entier était cassé, se justifie le nouveau président. Des dettes énormes, une dépense publique folle, des ressources fiscales détournées par une poignée d’individus… Tout était politisé et corrompu. »

Quand, à l’issue du scrutin du 12 août, la commission électorale a annoncé sa victoire avec 60 % des suffrages, contre 38 % pour Lungu, il y a eu comme un moment de flottement. Le sortant allait-il accepter sa défaite ? Ne fallait-il pas redouter les milliers de policiers et de soldats rappelés pour défendre Lungu et son parti, le Front patriotique (PF) ?

En coulisses, les négociations ont commencé. Rupiah Banda, ancien président de la Zambie, et Jakaya Kikwete, ex-chef de l’État tanzanien, ont organisé une rencontre entre les deux rivaux. Rendez-vous a été donné au domicile de Banda, qui s’est efforcé de convaincre le sortant de ne pas contester les résultats – et cela n’allait pas de soi, tant l’inimitié entre Lungu et Hichilema était forte. Ce jour-là, Hichilema ne ménage pas son adversaire. « Je voulais lui dire que je n’aimais pas la façon dont il dirigeait le pays, qu’il avait la main lourde, qu’il était autocratique et que des gens mouraient inutilement, raconte-t-il. Mon message, c’est que nous, nous allions diriger le pays différemment, à l’opposé de la façon dont il procédait. »

J’AI DIT À LUNGU QUE NOUS N’ALLIONS PAS POURSUIVRE DES INDIVIDUS PARCE QU’ILS AVAIENT TRAVAILLÉ AVEC LUI, MAIS PARCE QU’ILS AVAIENT COMMIS UN CRIME

Très vite s’est posée la question de la responsabilité pénale de Lungu. « Je lui ai dit très clairement que nous aurions une tolérance zéro dans notre lutte contre la corruption, poursuit le président zambien. Et que nous n’allions pas poursuivre des individus parce qu’ils avaient travaillé avec lui, mais parce qu’ils avaient commis un crime. » Des enquêtes ont depuis été ouvertes. Lungu pourrait-il se retrouver devant les tribunaux ? « Si les crimes ont été commis lorsqu’il était en fonction, je pense qu’il est couvert par l’immunité, élude son successeur. À moins que celle-ci ne soit levée [par le Parlement]. C’est comme ça que cela fonctionne. »

Dans le collimateur de la justice

C’est ce qui s’était passé en 2008, lorsque le président de l’époque, Levy Mwanawasa, avait demandé aux élus zambiens de lever l’immunité de son prédécesseur, Frederick Chiluba, accusé de corruption. Aujourd’hui, Hichilema et son entourage ne souhaitent pas dire si Lungu fait, à titre personnel, l’objet d’une enquête. Mais, de fait, nombre de ses partenaires en affaires sont aujourd’hui dans le collimateur de la justice.

ON A ESSAYÉ DE M’ÉLIMINER, MAIS J’AI SURVÉCU

C’est le cas de Valden Findlay, souvent décrit comme le « meilleur ami » de Lungu et qui, quoique dépourvu de rôle officiel, l’accompagnait lors de la plupart de ses déplacements à l’étranger. Après les élections, la Commission de lutte contre la drogue (DEC) a gelé ses comptes bancaires. La même DEC a annoncé qu’elle enquêtait sur l’ancien ministre des Affaires étrangères, Joseph Malanji, et sur l’ancien ministre de la Santé, Chitalu Chilufya. Tous deux sont soupçonnés « de crimes financiers et de blanchiment d’argent ». Les enquêteurs cherchent notamment à savoir comment Malanji a pu réunir 1,4 million de dollars en espèces pour acheter un hélicoptère, en mars dernier. Hichilema insiste néanmoins sur le fait qu’il n’y aura pas de chasse aux sorcières : la loi sera appliquée, mais « pas dans une logique de vengeance ».

« On a essayé de m’éliminer, mais j’ai survécu », poursuit-il. De ses années d’opposition, Hichilema garde un souvenir cuisant. Il a été arrêté et détenu pas moins de 20 fois lorsque Lungu était au pouvoir. Il a même été accusé de trahison pour ne pas s’être rangé sur le bord de la route à l’approche du convoi du président, en avril 2017. Un mandat avait été délivré à son encontre et des officiers armés avaient fait irruption chez lui, à Lusaka, pour l’arrêter. Après avoir mis sa famille à l’abri dans une pièce sécurisée, Hichilema était parvenu à échapper à la police. Plusieurs membres de son personnel avaient néanmoins été battus, des objets de valeur lui avaient été dérobés et une grande partie de ses biens avaient été vandalisés.

Une seringue cachée dans la bible d’un faux prêtre

Le lendemain, il s’était présenté au poste de police. Il sera détenu pendant quatre mois sans procès, période pendant laquelle il dit avoir été battu et torturé. Il raconte qu’un jour, un homme habillé en prêtre et tenant une bible s’est présenté dans sa cellule. « Je pouvais voir qu’il avait caché quelque chose dans sa bible. Il s’est avéré que c’était une seringue hypodermique. » Hichilema en est convaincu, on a tenté de le tuer. Et ce n’était ni la première ni la dernière fois.

Plus tard, alors qu’il avait fini par être libéré grâce à l’intervention d’Olusegun Obsanjo, l’ancien président nigérian, et de Patricia Scotland, la secrétaire générale du Commonwealth, Hichilema identifiera son agresseur, obtenant même une ordonnance exigeant que l’État le présente au tribunal. Mais l’État n’a pas obtempéré et l’homme est toujours en fuite.

BEAUCOUP DE GENS ONT ÉTÉ MIS EN PRISON POUR DES CRIMES QU’ILS N’AVAIENT PAS COMMIS

Sous la pression internationale, Lungu s’est éloigné du bord du gouffre dans lequel il paraissait sur le point de précipiter la Zambie. Il a proposé un dialogue politique à l’opposition, ce qui lui a surtout permis de gagner du temps sans avoir à procéder à de réels changements. « Le système était autocratique et lourd, et beaucoup de gens ont été mis en prison pour des crimes qu’ils n’avaient pas commis », regrette Hichilema, en expliquant comment sa formation, le Parti unifié pour le développement national (UPND), a adapté sa stratégie électorale à cet environnement répressif. « Il a fallu composer avec ce contexte et trouver le moyen de faire campagne, évidemment dans la clandestinité, sans jamais lâcher le ballon des yeux. »

« Il y a des leçons à en tirer pour tous ceux qui croient en l’État de droit et en la démocratie. Vous pouvez accomplir de grandes choses sans recourir à la violence ou à la lutte armée, qui abîme les fondations d’un pays. » Pour la Zambie, qui partage une frontière avec la tumultueuse RDC, c’est plus qu’un argument rhétorique. Fin novembre, Hichilema est d’ailleurs allé à Kinshasa à la rencontre de son homologue congolais, Félix Tshisekedi, pour trouver le moyen de stimuler les échanges et les investissements entre leurs deux pays.

Rencontre avec Tshisekedi

Les deux hommes s’entendent bien. Tous deux ont longtemps été dans l’opposition avant d’accéder à la magistrature suprême et tous deux veulent se débarrasser de l’ombre de leurs prédécesseurs. Leurs pays sont aussi les principaux producteurs de cuivre et de cobalt sur le continent. La RDC produit environ 70 % du cobalt mondial et cela n’est sans doute pas un hasard si la visite d’Hichilema a coïncidé avec la tenue d’une conférence visant à promouvoir la production de batteries pour les voitures électriques – un marché qui devrait dépasser les 50 milliards de dollars d’ici 2025. « Ce passage des voitures à essence aux véhicules électriques a un impact sur le prix de nos métaux. Nous en sommes conscients et nous voulons tirer le meilleur de cette opportunité. Ces revenus, nous les utiliserons pour construire une économie plus verte », affirme Hichilema.

« La Zambie est un pays stratégiquement situé, poursuit-il. Nous travaillons à en faire un centre de production, de valeur ajoutée et de logistique. » Pour que cela devienne une réalité, il prévoit la construction de voies ferrées à écartement standard à travers la Zambie, reliant l’Afrique du Sud à la RDC et à la Tanzanie. Il souhaite également que les frontières entre le Congo et la Zambie restent ouvertes 24 heures sur 24 et que les exportations vers l’Afrique du Sud soit facilitées.

SOUS LA PRÉSIDENCE DE LUNGU, TOUT ÉTAIT TOUJOURS LIÉ AU PARTI

Parallèlement, il entend mettre l’accent sur la bonne gouvernance. « Nous avions auparavant un problème de leadership, qui était politisé. Tout était toujours lié au parti, et ce n’est pas ainsi que nous voyons les choses. » Sous la présidence de Lungu, les cadres du PF ont effectivement pris le contrôle de vastes pans de l’économie – marchés, gares routières, distribution d’engrais et de semences dans les zones agricoles.

Quelques jours après sa victoire, Hichilema a par ailleurs limogé les chefs de la sécurité. « Il était nécessaire de procéder à des changements essentiels. Comment voulez-vous demander à un inspecteur général de la police dont les hommes brutalisaient la population de continuer ? Comment voulez-vous qu’il dise : “Maintenant, les citoyens ont des libertés. Ils ont des droits fondamentaux inscrits dans la Constitution.” Pendant des années, ils ont été soudoyés pour ne pas protéger les citoyens ! »

Hichilema a ensuite constitué son équipe économique. Il s’est notamment entouré de deux vétérans de la scène zambienne. Denny Kalyalya, qu’un bras de fer avait opposé à Lungu, a fait son grand retour au poste de gouverneur de la Banque centrale. Ancien haut cadre de la Banque mondiale, il est revenu avec la garantie que la structure serait indépendante et aurait un objectif prioritaire : faire baisser l’inflation, à son plus haut niveau depuis deux décennies.

L’autre revenant est le ministre des Finances, Situmbeko Musokotwane, qui avait occupé ce portefeuille sous la présidence de Rupiah Banda (2008-2011). Sur la même ligne que Kalyalya et Hichilema, Musokotwane estime que les comptes du gouvernement ne tenaient jusqu’à présent pas la route et que l’économie avait besoin d’un traitement radical. Sa priorité ? Restructurer la dette extérieure du pays, qui s’élève à 13 milliards de dollars.

Le chef de l’État devra aussi veiller à ce que le secteur minier soit remis en ordre, d’autant qu’une enquête sur la vente de certains actifs appartenant à l’État a révélé qu’ils avaient été détournés. L’enjeu est d’autant plus important qu’Hichilema ambitionne de quadrupler sa production de cuivre au cours des dix prochaines années. Le prix mondial de ce minerai a dépassé 10 000 dollars la tonne en juin et devrait atteindre 20 000 dollars la tonne d’ici dix ans. Avec ses richesses en cuivre, les plus importantes d’Afrique après celles de la RDC, la Zambie s’est lancée dans une course contre la montre pour augmenter la rentabilité des mines, handicapée par des années de sous-investissement et de querelles politiques.

Hichilema sait être patient, sa trajectoire politique en atteste. Mais sa position et son style de gouvernement sont ancrés dans la culture d’entreprise. Si, avec son sens des affaires, sa rigueur d’expert-comptable, sa culture du résultat et les technocrates dont il s’est entouré, il parvient à redresser l’économie, grâce notamment aux perspectives qu’offre le cuivre, alors il pourrait bien avoir gagné son pari.

Avec Jeune Afrique par Patrick Smith pour The Africa Report

Cameroun : Paul Biya, éternellement président

novembre 10, 2021

Paul Biya

L’octogénaire président camerounais vient de célébrer ses 39 ans au pouvoir. Et les partisans de son parti, le RDPC, évoquent déjà un huitième mandat à l’horizon 2025…

Alors que certains dirigeants pourtant labellisés par des prix Nobel voient leur régime de 23 mois menacé, d’autres coulent des jours heureux, blottis dans un cocon de pouvoir vieux de plusieurs décennies. Ce 6 novembre, Paul Biya, le président camerounais, a ainsi soldé 39 ans sur le trône suprême, après sept ans à la tête du gouvernement sous Amadou Ahidjo.

La célébration n’a pas manqué des deux ingrédients classiques de cet exercice d’anniversaires politiques exceptionnels : les déclarations sirupeuses et les vœux de longévité au pouvoir. Pour le premier des ingrédients, une chanson à la gloire de Paul Biya a été composée et interprétée dans les villes et villages du Cameroun.

Vers un huitième mandat ?

En ce qui concerne les vœux de longévité au pouvoir, c’est Henri Eyebe Ayissi qui était à la manœuvre. À la tête d’une délégation du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, le parti présidentiel), dans le chef-lieu du département de la Lekié, le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières a affirmé que la formation politique souhaitait former un consensus national pour que le chef de l’État brigue un huitième mandat consécutif.

IL AURA 92 ANS EN 2025 ET 99 À L’ISSUE D’UN ÉVENTUEL FUTUR NOUVEAU SEPTENNAT

Le scrutin est pourtant lointain – 2025 – et le président âgé – il aura 92 ans l’année de l’élection et 99 à l’issue d’un éventuel futur nouveau septennat… Mais pour ses partisans, la longévité du régime s’explique par la construction de nombreuses infrastructures éducatives et le maintien de l’unité nationale, ceci malgré la crise séparatiste des régions anglophones et le terrorisme de Boko Haram.

Haut du podium

Du côté des opposants, l’hypothèse de cette candidature fait sourire ou grincer des dents. Certains n’y voient qu’une provocation, Paul Biya n’étant pas réputé pour son ardeur à la tâche, ni même très présent en public. D’autres se souviennent des candidatures surréalistes d’un Mugabe ou d’un Bouteflika et prête au RDPC l’ambition de voir le chef de l’État mourir au pouvoir.

Pour les contempteurs de l’actuel président, et nombre d’observateurs indépendants, « l’indéboulonnabilité » est due au maillage étroit de la quasi-totalité du territoire par le RDPC, à la loyauté de l’armée, à la division chronique de l’opposition et à des fraudes électorales difficiles à démontrer juridiquement, comme l’achat de voix. En 2018, dans ce pays où la limitation des mandats n’existait plus depuis dix ans, c’est avec plus de 80 % des voix que Biya était déclaré vainqueur…

Trente-neuf ans au pouvoir, c’est surtout « 40 – 1 », et la symbolique quarantième année qui débute est placée sous le signe plutôt feel-good d’une Coupe d’Afrique des nations de football. Trente-neuf ans, c’est aussi le haut du podium africain de la longévité à la tête de l’État… moins une place. Seul l’Équato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, homologue et voisin de Biya, détient un meilleur score, avec 42 ans et trois mois de pouvoir. Et lui n’a « que » 79 ans…

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Guinée : Mamadi Doumbouya devient officiellement chef de l’État

octobre 1, 2021
Mamadi Doumbouya, ici le 5 septembre, a été investi président de la transition en Guinée le 1er octobre. © JOHN WESSELS/AFP

Devant sa femme et des personnalités politiques guinéennes, mais en l’absence de représentants étrangers de haut rang, le putschiste a été investi président de la transition ce vendredi 1er octobre.

Mamadi Doumbouya, a prêté serment vendredi 1er octobre comme président d’une transition à la durée et au contenu toujours inconnus. Le commandant des forces spéciales qui a renversé le président Alpha Condé le 5 septembre, en uniforme d’apparat beige, portant béret rouge et lunettes noires, a juré devant la Cour suprême « de préserver en toute loyauté la souveraineté nationale », de « consolider les acquis démocratiques, de garantir l’indépendance de la patrie et l’intégrité du territoire national ». Sa mère et son épouse, une officier de gendarmerie française, et de nombreuses personnalités politiques guinéennes étaient présentes. Cellou Dalein Diallo (UFDG), Sidya Touré (UFR), Faya Millimouno (BL), Siaka Barry ou encore Ousmane Kaba avaient fait le déplacement au palais Mohammed-V de Conakry.

S’octroyant un grade supplémentaire de colonel, Mamadi Doumbouya s’est de nouveau engagé au respect par la Guinée de tous ses « engagements nationaux et internationaux ». Il a par ailleurs assuré que, comme prévu par la « charte » de la transition, sorte d’acte fondamental publié lundi 27 septembre et entré en vigueur immédiatement, ni lui ni aucun membre de la junte ou des organes de transition ne serait candidat aux futures élections.

Culte de la personnalité

Avant de lui faire prêter serment, le président de la Cour suprême, Mamadou Sylla, a comparé la tâche du colonel Doumbouya au pilotage d’un navire « chargé de beaucoup d’événements douloureux, d’exigences nombreuses et d’attentes immenses et urgentes ». Il l’a appelé à ne pas se laisser dérouter « par la force des vagues de la démagogie et la tempête du culte de la personnalité ». Après deux coups de force au Mali voisin, le colonel Doumbouya a conduit le troisième putsch en un an en Afrique de l’Ouest, réalisé en quelques heures au prix d’un nombre indéterminé de vies humaines, les médias faisant état d’une dizaine à une vingtaine de morts.

Ce putsch a été largement condamné par la communauté internationale qui réclame la libération d’Alpha Condé, toujours aux mains des putschistes. Si les présidents de la Cedeao avaient été invités à cette cérémonie d’ouverture, aucun n’a fait le déplacement. Le président de la transition malien avait tout de même envoyé Malick Diaw, le président du Conseil de transition pour représenter son pays. Dans l’assistance figuraient les ambassadeurs de Chine et de Russie. Plusieurs pays occidentaux avaient limité leur présence à des diplomates de rang moindre mais le représentant du système des Nations unies était présent.

Durée indéterminée

Le colonel Doumbouya a assigné pour mission à cette transition une « refondation de l’État », la rédaction d’une nouvelle Constitution, la lutte contre la corruption, la réforme du système électoral, l’organisation d’élections « libres, crédibles et transparentes » et la « réconciliation nationale ». La junte a dit qu’elle rendrait le pouvoir aux civils après des élections à la fin d’une période de transition. Mais elle n’a jamais précisé la durée de cette transition, qui doit encore être fixée d’un « commun accord » entre les militaires et les forces vives du pays, ni précisé ses plans.

Le colonel Doumbouya, colosse aux manières posées, toujours protégé de près par ses hommes et apparaissant toujours en public en treillis et coiffé de son béret, semble résolu à se laisser du temps, malgré les pressions internationales, conviennent les analystes. La Cedeao a réclamé des élections présidentielle et législatives sous six mois. Elle a décidé de geler les avoirs financiers des membres de la junte et de leur famille et de les interdire de voyage.

Depuis son avènement, celui que les communiqués officiels désignaient déjà comme président de la République avant même son investiture, a multiplié les propos rassurants envers les investisseurs et des partenaires étrangers. Il a garanti le respect des contrats miniers et fait rouvrir toutes les frontières aériennes et terrestres. La « charte » de la transition confirme le colonel Doumbouya comme le nouvel homme fort de la Guinée, « chef de l’État et chef suprême des armées », qui « détermine la politique de la Nation » et qui « peut prendre des ordonnances ». Le président Doumbouya nommera par décret un Premier ministre de transition, qu’il pourra révoquer.

Jeune afrique avec AFP

Le président d’Haïti Jovenel Moïse assassiné

juillet 7, 2021

 

Jovenel Moïse, président d’Haïti, est mort assassiné à la suite d’une attaque armée de sa résidence, a confirmé le premier ministre par intérim Claude Joseph.

Le président haïtien Jovenel Moïse a été assassiné dans sa résidence dans la nuit de mardi à mercredi.

© Dieu Nalio Chery/The Associated Press Le président haïtien Jovenel Moïse a été assassiné dans sa résidence dans la nuit de mardi à mercredi.

Dans une déclaration publiée sur les médias sociaux, le premier ministre a déclaré qu’un groupe d’individus a attaqué la résidence privée du président, le blessant mortellement. Jovenel Moïse avait 53 ans.

L’ambassade d’Haïti au Canada a confirmé la nouvelle tôt ce matin sur Twitter.

Martine Moïse, la femme du président, a également été blessée dans l’attaque et a été transportée à l’hôpital. Son état de santé n’est pas confirmé pour l’instant. Quelques médias locaux rapportent qu’elle serait morte de ses blessures.

Claude Joseph a condamné cet acte odieux, inhumain et barbare». Il a appelé la population au calme.

Peu de détails concernant l’attaque sont connus pour l’instant. Elle aurait toutefois été menée par un commando organisé, composé d’individus qui s’exprimait en anglais et en espagnol, selon le premier ministre.

Les premiers échos de Port-au-Prince rapportent que la situation est relativement calme pour l’instant. Sur place, le rédacteur en chef du quotidien Le Nouvelliste Frantz Duval affirme que ce sont le choc et la stupeur qui règnent en ce moment.

La situation plonge le pays plus loin encore dans l’instabilité. Jovenel Moïse avait nommé Ariel Henry à titre de nouveau premier ministre lundi, mais celui-ci n’était toujours pas entré en fonction.

Le premier ministre en place, Claude Joseph, est donc celui qui a annoncé la nouvelle aux Haïtiens.

Crise politique et sociale majeure

Le pays vit une crise politique et sociale majeure depuis plus d’un an.

Haïti est le pays le plus pauvre du continent américain, et l’insécurité sociale y est amplifiée par la présence des gangs qui multiplient les enlèvements et les assassinats. Jovenel Moïse était accusé de fermer les yeux devant ces violences et de laisser la situation se gangrener.

Depuis son assermentation, M. Moïse a fait face à de nombreuses contestations populaires et un nombre toujours grandissant de voix appelaient à sa démission. Les manifestations à ce sujet s’enchaînaient depuis 2019, faisant des dizaines de morts et de blessés lors d’affrontements avec la police. Le président était toutefois déterminé à terminer son mandat, qui venait à échéance en 2022.

Jovenel Moïse affirmait d’ailleurs avoir échappé à une tentative d’assassinat et de coup d’État en février dernier.

Les violences sont fréquentes en Haïti, particulièrement dans la capitale de Port-au-Prince, où plusieurs quartiers sont sous le contrôle de groupes armés qui multiplient les assassinats. Un journaliste et une militante d’opposition ont par ailleurs été tués il y a un peu plus d’une semaine, suscitant un tollé à l’international.

Les violences, centralisées dans l’ouest de la capitale, ont forcé de nombreux habitants hors de la ville.

Des accusations de corruption

Élu en novembre 2016 sous la bannière du Parti haïtien Tet Kale (PHTK) de l’ancien président Michel Martelly avec tout près de 56 % des voix, Jovenel Moïse aura connu une vie politique mouvementée. Celui qui a pris les rênes du pays en 2017 a essuyé nombreuses accusations de corruption ces dernières années.

Il avait été déclaré vainqueur du premier tour de l’élection présidentielle d’octobre 2015, mais le second tour avait été annulé en raison d’accusations de fraude entourant le scrutin. Haïti avait alors hérité d’un gouvernement intérimaire, élu par le Parlement.

La victoire de Jovenel Moïse en 2016 avait aussi été entachée de plusieurs irrégularités, selon le tribunal électoral haïtien, ce qui avait déclenché de grandes manifestations au pays. Il avait tout de même été élu pour un mandat de cinq ans.

Issu d’un milieu modeste du nord du pays, M. Moïse n’était pas un politicien de carrière. Avant d’être porté à la tête du pays, il était PDG d’Agritrans, une entreprise de production et d’exportation de bananes. Des accusations de blanchiment d’argent, datant de son passage dans le monde des affaires, pesaient encore sur lui au moment de son élection.

En 2018, le pays s’était embrasé à la suite d’une hausse du prix de l’essence décrété par le gouvernement central.

Avec CBC/Radio-Canada 

Israël : ce qu’il faut savoir sur Isaac Herzog, le nouveau président

juin 7, 2021
Isaac Herzog, chef du Parti travailliste. Congres du Parti travailliste

Âgé de 60 ans, le travailliste Isaac Herzog, surnommé « Bouji », a été élu le 2 juin par les parlementaires israéliens, alors que le pays n’a toujours pas de coalition gouvernementale stable. Portrait en cinq points.

Figure travailliste

Isaac Herzog commence sa carrière politique dans le Parti travailliste israélien, une formation sociale-démocrate. C’est sous cette étiquette qu’il est battu aux élections législatives de 1999. Son camp obtient cependant la majorité à la Knesset grâce à une alliance avec le Meimad et le Gesher. Il rejoint alors le secrétariat du gouvernement d’Ehud Barak et y reste jusqu’en 2001. Entre 2013 et 2017, il prend la tête du Parti travailliste.

Député et ministre

Isaac Herzog est élu à la Knesset en 2003. Il est député pendant plus de 15 ans. Parallèlement, il occupe divers postes ministériels. Entre 2005 et 2011, il prend la tête de différents ministères (Construction et logement, Tourisme puis Protection sociale et Services sociaux dans le gouvernement de Benyamin Netanyahou).

Opposant à Netanyahou

En 2011, le Parti travailliste quitte la coalition gouvernementale menée par le Likoud de Benyamin Netanyahou. Isaac Herzog quitte son poste gouvernemental et passe alors dans l’opposition. Réélu à la Knesset en 2013, il s’allie un an plus tard à Tzipi Livni, ministre de la Justice sortante, pour créer une coalition anti-Netanyahou. Mais ils ne parviennent pas à empêcher le Premier ministre d’accéder à un quatrième mandat.

Agence juive

Isaac Herzog prend la direction de l’Agence juive en juin 2018, malgré l’opposition de Netanyahou. Cette organisation sioniste est devenue un organe gouvernemental à la proclamation de l’État d’Israël et est aujourd’hui chargée de l’immigration juive en Israël. Sa prise de fonction l’oblige à démissionner de ses postes de député et de chef de l’opposition à la Knesset.

Famille sioniste

Isaac Herzog est issue d’une famille qui a une place particulière en Israël. Son père, qui a servi dans un régiment d’élite britannique pendant la Seconde guerre mondiale, a lui aussi été président d’Israël. Chaim Herzog a occupé le poste auquel son fils vient d’accéder de 1983 à 1993.

Le grand-père paternel d’Isaac Herzog, Yitzhak HaLevi Herzog, fait lui aussi partie de l’histoire de l’État Hébreu. Grand rabbin de la Palestine mandataire avant la proclamation de l’État d’Israël, il devient en 1948 le premier grand rabbin d’Israël et le restera jusqu’à sa mort en 1988.

Avec Jeune Afrique par Sofiane Orus-Boudjema

Mali : la Cour constitutionnelle déclare Assimi Goïta président de la transition

mai 29, 2021
Le colonel Assimi Goïta lors d’une rencontre avec une délégation de la Cedeao, le 22 août 2020 à Bamako.

La Cour constitutionnelle malienne a déclaré vendredi le colonel Assimi Goïta chef de l’État et président de la transition censée ramener les civils au pouvoir.

L’arrêt stipule que le vice-président de la transition, le colonel Goïta, « exerce les fonctions, attributs et prérogatives de président de la transition pour conduire le processus de transition à son terme », et qu’il portera « le titre de président de la transition, chef de l’État ».

La Cour constitutionnelle dit avoir constaté la « vacance de la présidence » consécutive à la démission de celui qui était jusqu’alors le président de la transition, Bah N’Daw.

« Vacance de la présidence de la transition »

« En raison de la vacance de la présidence de la transition, il y a lieu de dire que le vice-président de la transition assume les prérogatives, attributs et fonctions de président de la transition, chef de l’État », écrit-elle.

Le colonel Goïta, homme fort du Mali depuis le coup d’État qu’il a mené le 18 août 2020 avec un groupe d’officiers contre Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), avait fait arrêter lundi le président Bah N’Daw et le Premier ministre Moctar Ouane, cautions civiles de la transition ouverte après le putsch. Assimi Goïta avait annoncé mardi les avoir démis de leurs charges. 

Par Jeune Afrique avec AFP

Mali: démission des dirigeants de la transition arrêtés par les militaires

mai 26, 2021
Mali: demission des dirigeants de la transition arretes par les militaires
Mali: démission des dirigeants de la transition arrêtés par les militaires© AFP/Archives/Michele Cattani

Le président et le Premier ministre de transition maliens ont démissionné après leur arrestation lundi par les militaires, dans ce qui s’apparente à un deuxième coup d’Etat en neuf mois et qui a poussé les Etats-Unis à suspendre mercredi leur assistance aux forces maliennes.

Le président Bah Ndaw et son Premier ministre Moctar Ouane ont démissionné en présence de la mission de diplomates venus les voir à la base militaire de Kati, à une quinzaine de kilomètres de Bamako, a dit à un correspondant de l’AFP Baba Cissé, conseiller spécial du colonel Assimi Goïta, à l’origine de ce coup de force aux conséquences imprévisibles.

En réalité, ils ont démissionné avant l’arrivée de la mission à Kati, lieu de leur rétention, a dit à des journalistes sous le couvert de l’anonymat un membre de la délégation constituée de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), de l’Union africaine (UA) et de la Mission de l’Onu dans le pays (Minusma).

La délégation s’est ensuite rendue dans les bureaux du colonel Goïta, vice-président de la transition, qu’elle avait déjà rencontré mardi. « On a revu le vice-président pour lui dire notre désaccord », a déclaré le même membre de la délégation.

Ces démissions, dont on ignore les conditions mais qui figuraient parmi les multiples scénarios possibles depuis le coup de tonnerre de lundi, maintiennent une inconnue totale sur la suite des évènements dans ce pays crucial pour la stabilité du Sahel, plongé depuis des années dans une inextricable crise polymorphe.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné à l’unanimité cette éviction sans toutefois parler de coup de force, ni envisager de mesures coercitives.

« Imposer un changement de direction de la transition par la force, y compris par des démissions forcées, (est) inacceptable », a déclaré le Conseil.

Libération « de façon graduelle »

Les Etats-Unis ont suspendu l’assistance aux forces de sécurité et de défense maliennes, a annoncé le département d’Etat, précisant que Washington étudierait « des mesures ciblées contre les responsables politiques et militaires qui ont entravé la transition civile vers une gouvernance démocratique ».

Si les efforts de médiation n’aboutissent pas, « nous prendrons des sanctions contre tous ceux qui empêchent le processus de transition de se développer », a prévenu auparavant le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, dont le pays engage environ 5.000 soldats au Sahel.

Les pays européens sont également prêts à des sanctions, a déclaré le président français Emmanuel Macron qui a parlé de « coup d’Etat dans le coup d’Etat ». La Cédéao a elle aussi fait savoir que des sanctions étaient possibles, comme elle l’avait fait après le coup d’Etat mené par les mêmes colonels en août 2020.

La rencontre de la mission de la Cédéao avec les dirigeants arrêtés s’annonçait lourde de conséquences.

« Les négociations sont en cours pour leur libération et la formation d’un nouveau gouvernement », a dit le collaborateur du colonel Goïta.

Le colonel Goïta « nous a dit qu’ils travaillaient aux modalités de leur libération », a dit le chef de la délégation de la Cédéao, Goodluck Jonathan.

« Après la démission du président et du Premier ministre, les personnes détenues vont recouvrer leur liberté, cela se fera de façon graduelle pour d’évidentes raisons de sécurité », ensuite déclaré devant la presse Baba Cissé, le conseiller du colonel Goïta.

Mais la mission, ainsi qu’une grande partie de la communauté internationale, n’entendait pas seulement obtenir des assurances quant à leur état de santé et exiger leur libération immédiate. Elle réclamait un retour à la transition, censée ramener des civils élus au pouvoir début 2022.

Dans un communiqué publié lundi soir, les organisations africaines, la Minusma, la France, les Etats-Unis et d’autres prévenaient qu’ils n’accepteraient pas un fait accompli comme une démission forcée.

Depuis leur arrestation, le président et le Premier ministre de transition sont tenus au secret au camp militaire de Kati, là où le président Ibrahim Boubacar Keïta, réélu un an plus tôt, avait été conduit lui aussi par les colonels en août 2020 et poussé à annoncer sa démission.

Tous deux sont depuis réduits au silence.

« Différends profonds »

C’est le colonel Goïta qui a indiqué mardi les avoir écartés en les accusant d’avoir formé un nouveau gouvernement sans le consulter alors qu’il est le vice-président en charge des questions de sécurité, attribution primordiale dans un pays dans la tourmente des violences jihadistes et en tous genres.

Le nouveau gouvernement annoncé lundi dépossédait de leur portefeuille sécuritaire deux des acteurs principaux du putsch d’août 2020.

Baba Cissé a invoqué mercredi soir des « différends profonds tant sur la forme que sur le fond » et des « blocages » auxquels le président de transition se serait livré, par exemple contre la préparation des élections à venir ou l’arrestation de responsables suspects de « mauvaise gestion financière ».

Il a paru confirmer que les colonels auteurs du putsch d’août 2020 avaient mal pris que le président et le Premier ministre aient écarté deux d’entre eux de postes clés dans le gouvernement qu’ils ont annoncé lundi. Il y a eu « des limogeages ou des changements abusifs » qui pouvaient « avoir comme conséquence la démoralisation des troupes et une certaine rupture dans la chaîne de commandement », a dit le conseiller du colonel Goïta.

Le coup de force, énième soubresaut de l’histoire contemporaine malienne, soulève une multitude de questions quant à son impact sur la lutte antijihadiste et sur la gouvernance au Mali, et plus immédiatement sur la relation future avec les colonels et le respect des échéances prévues, comme la tenue d’élections début 2022.

Par Le Point avec AFP et sd-kt-lal-ah/ybl

Congo : Denis Sassou Nguesso a prêté serment pour son 4ème mandat

avril 16, 2021

Denis Sassou Nguesso a prêté serment pour son 4ème mandat à Brazzaville. Cérémonie en présence de nombreux chefs d’état dont certains admirent sa longévité ; 37 ans de pouvoir cumulés. Mais d’autres dénoncent une kleptocratie.

Avec France24

Le président des JO de Tokyo va démissionner après ses propos sur les femmes

février 11, 2021

LE PRÉSIDENT DES JO DE TOKYO VA DÉMISSIONNER APRÈS SES PROPOS SUR LES FEMMES

© Reuters/POOL 

TOKYO (Reuters) – Yoshiro Mori, président du comité d’organisation des Jeux olympiques 2020 de Tokyo, va démissionner après ses propos sur les femmes, trop bavardes selon lui, qui lui ont valu de vives critiques, a-t-on appris de deux sources proches du dossier.

Cette démission risque d’accentuer les doutes sur la tenue des JO cet été alors que la pandémie due au coronavirus, qui a déjà provoqué un report d’un an de l’événement, n’est pas terminée.

L’ancien Premier ministre, âgé de 83 ans, a lui-même déclaré à la télévision japonaise qu’il allait « expliquer (s)a pensée » lors d’une réunion prévue vendredi et qu’il devait assumer la situation. Il n’a toutefois pas confirmé les rumeurs sur sa démission à venir.

« Je ne peux pas laisser ce problème perdurer plus longtemps », a-t-il dit, en présentant une nouvelle fois ses excuses.

Un porte-parole du comité d’organisation a refusé de s’exprimer sur le sujet.

D’après les sources, Yoshiro Mori va être remplacé par Saburo Kawabuchi, âgé de 84 ans, ancien président de la fédération japonaise de football et maire du village olympique.

Avec Reuters par (Yoshifumi Takemoto, Elaine Lies et Takashi Umekawa; Version française Bertrand Boucey, édité par Jean-Michel Bélot)

Les Centrafricains votent pour leur président et leurs députés sous la menace rebelle

décembre 27, 2020
Une femme vote à l’occasion des élections présidentielle et législatives, au Lycée Boganda à Bangui, en Centrafrique, le 27 décembre 2020.

Les bureaux de vote ont ouvert dimanche en Centrafrique pour des élections présidentielle et législatives sous extrême tension dans un pays sous la menace d’une nouvelle offensive rebelle contre le régime du sortant et favori, Faustin-Archange Touadéra.

Nombre de bureaux à Bangui ont ouvert avec 50 minutes de retard ce matin, le matériel de vote n’étant pas arrivé à temps. La capitale est calme mais de très nombreuses patrouilles de Casques bleus et de soldats centrafricains et rwandais patrouillent dans tous les quartiers et ont installé des blindés blancs de la force de maintien de la paix de l’ONU surmontés de mitrailleuses devant les lieux de vote.

Probablement, seule une faible partie des Centrafricains pourront voter librement dans un pays aux deux tiers sous la coupe de groupes armés depuis près de huit ans et dont les plus puissants sont entrés en rébellion il y a neuf jours, jurant de « marcher sur Bangui » pour empêcher les élections.

La légitimité en question

Ils sont cependant pour l’heure tenus à bonne distance de la capitale grâce au renfort de centaines de paramilitaires russes, soldats rwandais et Casques bleus de la force de maintien de la paix de la Mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca).Les rebelles ont finalement reçu dimanche le soutien public de l’ex-président François Bozizé, dont la candidature avait été invalidée début décembre et qui, après avoir démenti mener un « coup d’État » à leur tête, a appelé à boycotter les scrutins.La tenue de ces élections présidentielle et législatives est un enjeu majeur pour le pays mais aussi pour la communauté internationale, qui tente de l’aider à se reconstruire et d’y maintenir une sécurité toute relative depuis 2014.

La question de la légitimité des futurs élus – le président et 140 députés – est déjà posée quand une partie importante de la population ne pourra pas voter, ou le faire librement et sereinement, en dehors de Bangui, selon les experts et l’opposition.

Des responsables de l’organe supervisant les scrutins ont indiqué que les opérations de vote seraient prolongées de 50 minutes dans les bureaux ayant ouvert en retard. Comme au lycée Boganda, dans l’est de Bangui. Une trentaine d’électeurs patientaient devant l’établissement à l’ouverture.

JE VEUX D’ABORD LA PAIX ET CELA PASSE PAR LE VOTE

« C’est très important pour moi d’être là en tant que citoyenne. Je pense que ce vote va changer notre pays, quel que soit le président », s’enthousiasme Hortense Reine, une enseignante. « Je veux d’abord la paix et cela passe par le vote », renchérit Roméo Elvin, un étudiant de 24 ans.

Bureaux restés fermés

Mais loin de Bangui, des combats sporadiques ont lieu depuis neuf jours.

Des incidents épars étaient rapportés dimanche en milieu de matinée et des milliers de personnes étaient encore privées de leurs cartes d’électeurs jamais arrivées en raison de l’insécurité, selon des responsables locaux et de l’ONU qui ont tous requis l’anonymat.

Le président sortant Faustin-Archange Touadéra vote au Lycée Boganda à Bangui, le 27 décembre 2020.

Ainsi, dans le nord-ouest, à plus de 500 km de Bangui, des rebelles ont saisi du matériel électoral à Koui et des agents électoraux ont été menacés de mort à Ngaoundaye, selon un haut responsable de l’ONU.

À Bokaranga, les rebelles menacent quiconque ira voter. À Bambari, la quatrième ville du pays, à 380 km au nord-est de Bangui, les bureaux de vote sont demeurés fermés le matin en raison de tirs des groupes armés, selon Jeannot Nguernendji, président du comité de paix local.

NOUS ATTENDONS ENCORE LE MATÉRIEL DE VOTE

Plus près, à Bossembélé, une ville de 50 000 habitants à 150 km de Bangui, « nous n’avons pas reçu les cartes d’électeurs, cela concerne environ 11 000 personnes », se désole une haute responsable de la sous-préfecture. « Nous attendons encore le matériel de vote », déplore aussi en milieu de matinée un agent électoral à Batangafo, à 380km au nord de Bangui.

Opposition dispersée

La Russie, soutenant ouvertement depuis 2018 le gouvernement Touadéra, a envoyé 300 « instructeurs militaires » – en fait des paramilitaires de société privées russes de sécurité – en renfort de centaines de leurs pairs déployés depuis plus de deux ans. Et le Rwanda a dépêché des soldats d’élite hors Minusca, « des centaines », selon Bangui.

L’opposition s’avance en ordre dispersé, avec pas moins de 15 candidats, face à un Touadéra qui a toutes les chances d’obtenir un second mandat. Mais elle accuse le camp du chef de l’État de préparer des fraudes massives pour l’emporter dès le premier tour.

Des milliers de personnes ont été tuées et plus d’un quart des 4,9 millions de Centrafricains ont fui leur domicile depuis le début de la guerre civile, en 2013, quand une coalition à dominante musulmane, la Séléka, a renversé François Bozizé.

Depuis 2018, la guerre a considérablement baissé d’intensité, les groupes armés se disputant le contrôle des ressources tout en perpétrant sporadiquement attaques et exactions contre les civils.

 Par Jeune Afrique avec AFP