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Le président d’Haïti Jovenel Moïse assassiné

juillet 7, 2021

 

Jovenel Moïse, président d’Haïti, est mort assassiné à la suite d’une attaque armée de sa résidence, a confirmé le premier ministre par intérim Claude Joseph.

Le président haïtien Jovenel Moïse a été assassiné dans sa résidence dans la nuit de mardi à mercredi.

© Dieu Nalio Chery/The Associated Press Le président haïtien Jovenel Moïse a été assassiné dans sa résidence dans la nuit de mardi à mercredi.

Dans une déclaration publiée sur les médias sociaux, le premier ministre a déclaré qu’un groupe d’individus a attaqué la résidence privée du président, le blessant mortellement. Jovenel Moïse avait 53 ans.

L’ambassade d’Haïti au Canada a confirmé la nouvelle tôt ce matin sur Twitter.

Martine Moïse, la femme du président, a également été blessée dans l’attaque et a été transportée à l’hôpital. Son état de santé n’est pas confirmé pour l’instant. Quelques médias locaux rapportent qu’elle serait morte de ses blessures.

Claude Joseph a condamné cet acte odieux, inhumain et barbare». Il a appelé la population au calme.

Peu de détails concernant l’attaque sont connus pour l’instant. Elle aurait toutefois été menée par un commando organisé, composé d’individus qui s’exprimait en anglais et en espagnol, selon le premier ministre.

Les premiers échos de Port-au-Prince rapportent que la situation est relativement calme pour l’instant. Sur place, le rédacteur en chef du quotidien Le Nouvelliste Frantz Duval affirme que ce sont le choc et la stupeur qui règnent en ce moment.

La situation plonge le pays plus loin encore dans l’instabilité. Jovenel Moïse avait nommé Ariel Henry à titre de nouveau premier ministre lundi, mais celui-ci n’était toujours pas entré en fonction.

Le premier ministre en place, Claude Joseph, est donc celui qui a annoncé la nouvelle aux Haïtiens.

Crise politique et sociale majeure

Le pays vit une crise politique et sociale majeure depuis plus d’un an.

Haïti est le pays le plus pauvre du continent américain, et l’insécurité sociale y est amplifiée par la présence des gangs qui multiplient les enlèvements et les assassinats. Jovenel Moïse était accusé de fermer les yeux devant ces violences et de laisser la situation se gangrener.

Depuis son assermentation, M. Moïse a fait face à de nombreuses contestations populaires et un nombre toujours grandissant de voix appelaient à sa démission. Les manifestations à ce sujet s’enchaînaient depuis 2019, faisant des dizaines de morts et de blessés lors d’affrontements avec la police. Le président était toutefois déterminé à terminer son mandat, qui venait à échéance en 2022.

Jovenel Moïse affirmait d’ailleurs avoir échappé à une tentative d’assassinat et de coup d’État en février dernier.

Les violences sont fréquentes en Haïti, particulièrement dans la capitale de Port-au-Prince, où plusieurs quartiers sont sous le contrôle de groupes armés qui multiplient les assassinats. Un journaliste et une militante d’opposition ont par ailleurs été tués il y a un peu plus d’une semaine, suscitant un tollé à l’international.

Les violences, centralisées dans l’ouest de la capitale, ont forcé de nombreux habitants hors de la ville.

Des accusations de corruption

Élu en novembre 2016 sous la bannière du Parti haïtien Tet Kale (PHTK) de l’ancien président Michel Martelly avec tout près de 56 % des voix, Jovenel Moïse aura connu une vie politique mouvementée. Celui qui a pris les rênes du pays en 2017 a essuyé nombreuses accusations de corruption ces dernières années.

Il avait été déclaré vainqueur du premier tour de l’élection présidentielle d’octobre 2015, mais le second tour avait été annulé en raison d’accusations de fraude entourant le scrutin. Haïti avait alors hérité d’un gouvernement intérimaire, élu par le Parlement.

La victoire de Jovenel Moïse en 2016 avait aussi été entachée de plusieurs irrégularités, selon le tribunal électoral haïtien, ce qui avait déclenché de grandes manifestations au pays. Il avait tout de même été élu pour un mandat de cinq ans.

Issu d’un milieu modeste du nord du pays, M. Moïse n’était pas un politicien de carrière. Avant d’être porté à la tête du pays, il était PDG d’Agritrans, une entreprise de production et d’exportation de bananes. Des accusations de blanchiment d’argent, datant de son passage dans le monde des affaires, pesaient encore sur lui au moment de son élection.

En 2018, le pays s’était embrasé à la suite d’une hausse du prix de l’essence décrété par le gouvernement central.

Avec CBC/Radio-Canada 

Israël : ce qu’il faut savoir sur Isaac Herzog, le nouveau président

juin 7, 2021
Isaac Herzog, chef du Parti travailliste. Congres du Parti travailliste

Âgé de 60 ans, le travailliste Isaac Herzog, surnommé « Bouji », a été élu le 2 juin par les parlementaires israéliens, alors que le pays n’a toujours pas de coalition gouvernementale stable. Portrait en cinq points.

Figure travailliste

Isaac Herzog commence sa carrière politique dans le Parti travailliste israélien, une formation sociale-démocrate. C’est sous cette étiquette qu’il est battu aux élections législatives de 1999. Son camp obtient cependant la majorité à la Knesset grâce à une alliance avec le Meimad et le Gesher. Il rejoint alors le secrétariat du gouvernement d’Ehud Barak et y reste jusqu’en 2001. Entre 2013 et 2017, il prend la tête du Parti travailliste.

Député et ministre

Isaac Herzog est élu à la Knesset en 2003. Il est député pendant plus de 15 ans. Parallèlement, il occupe divers postes ministériels. Entre 2005 et 2011, il prend la tête de différents ministères (Construction et logement, Tourisme puis Protection sociale et Services sociaux dans le gouvernement de Benyamin Netanyahou).

Opposant à Netanyahou

En 2011, le Parti travailliste quitte la coalition gouvernementale menée par le Likoud de Benyamin Netanyahou. Isaac Herzog quitte son poste gouvernemental et passe alors dans l’opposition. Réélu à la Knesset en 2013, il s’allie un an plus tard à Tzipi Livni, ministre de la Justice sortante, pour créer une coalition anti-Netanyahou. Mais ils ne parviennent pas à empêcher le Premier ministre d’accéder à un quatrième mandat.

Agence juive

Isaac Herzog prend la direction de l’Agence juive en juin 2018, malgré l’opposition de Netanyahou. Cette organisation sioniste est devenue un organe gouvernemental à la proclamation de l’État d’Israël et est aujourd’hui chargée de l’immigration juive en Israël. Sa prise de fonction l’oblige à démissionner de ses postes de député et de chef de l’opposition à la Knesset.

Famille sioniste

Isaac Herzog est issue d’une famille qui a une place particulière en Israël. Son père, qui a servi dans un régiment d’élite britannique pendant la Seconde guerre mondiale, a lui aussi été président d’Israël. Chaim Herzog a occupé le poste auquel son fils vient d’accéder de 1983 à 1993.

Le grand-père paternel d’Isaac Herzog, Yitzhak HaLevi Herzog, fait lui aussi partie de l’histoire de l’État Hébreu. Grand rabbin de la Palestine mandataire avant la proclamation de l’État d’Israël, il devient en 1948 le premier grand rabbin d’Israël et le restera jusqu’à sa mort en 1988.

Avec Jeune Afrique par Sofiane Orus-Boudjema

Mali : la Cour constitutionnelle déclare Assimi Goïta président de la transition

mai 29, 2021
Le colonel Assimi Goïta lors d’une rencontre avec une délégation de la Cedeao, le 22 août 2020 à Bamako.

La Cour constitutionnelle malienne a déclaré vendredi le colonel Assimi Goïta chef de l’État et président de la transition censée ramener les civils au pouvoir.

L’arrêt stipule que le vice-président de la transition, le colonel Goïta, « exerce les fonctions, attributs et prérogatives de président de la transition pour conduire le processus de transition à son terme », et qu’il portera « le titre de président de la transition, chef de l’État ».

La Cour constitutionnelle dit avoir constaté la « vacance de la présidence » consécutive à la démission de celui qui était jusqu’alors le président de la transition, Bah N’Daw.

« Vacance de la présidence de la transition »

« En raison de la vacance de la présidence de la transition, il y a lieu de dire que le vice-président de la transition assume les prérogatives, attributs et fonctions de président de la transition, chef de l’État », écrit-elle.

Le colonel Goïta, homme fort du Mali depuis le coup d’État qu’il a mené le 18 août 2020 avec un groupe d’officiers contre Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), avait fait arrêter lundi le président Bah N’Daw et le Premier ministre Moctar Ouane, cautions civiles de la transition ouverte après le putsch. Assimi Goïta avait annoncé mardi les avoir démis de leurs charges. 

Par Jeune Afrique avec AFP

Mali: démission des dirigeants de la transition arrêtés par les militaires

mai 26, 2021
Mali: demission des dirigeants de la transition arretes par les militaires
Mali: démission des dirigeants de la transition arrêtés par les militaires© AFP/Archives/Michele Cattani

Le président et le Premier ministre de transition maliens ont démissionné après leur arrestation lundi par les militaires, dans ce qui s’apparente à un deuxième coup d’Etat en neuf mois et qui a poussé les Etats-Unis à suspendre mercredi leur assistance aux forces maliennes.

Le président Bah Ndaw et son Premier ministre Moctar Ouane ont démissionné en présence de la mission de diplomates venus les voir à la base militaire de Kati, à une quinzaine de kilomètres de Bamako, a dit à un correspondant de l’AFP Baba Cissé, conseiller spécial du colonel Assimi Goïta, à l’origine de ce coup de force aux conséquences imprévisibles.

En réalité, ils ont démissionné avant l’arrivée de la mission à Kati, lieu de leur rétention, a dit à des journalistes sous le couvert de l’anonymat un membre de la délégation constituée de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), de l’Union africaine (UA) et de la Mission de l’Onu dans le pays (Minusma).

La délégation s’est ensuite rendue dans les bureaux du colonel Goïta, vice-président de la transition, qu’elle avait déjà rencontré mardi. « On a revu le vice-président pour lui dire notre désaccord », a déclaré le même membre de la délégation.

Ces démissions, dont on ignore les conditions mais qui figuraient parmi les multiples scénarios possibles depuis le coup de tonnerre de lundi, maintiennent une inconnue totale sur la suite des évènements dans ce pays crucial pour la stabilité du Sahel, plongé depuis des années dans une inextricable crise polymorphe.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné à l’unanimité cette éviction sans toutefois parler de coup de force, ni envisager de mesures coercitives.

« Imposer un changement de direction de la transition par la force, y compris par des démissions forcées, (est) inacceptable », a déclaré le Conseil.

Libération « de façon graduelle »

Les Etats-Unis ont suspendu l’assistance aux forces de sécurité et de défense maliennes, a annoncé le département d’Etat, précisant que Washington étudierait « des mesures ciblées contre les responsables politiques et militaires qui ont entravé la transition civile vers une gouvernance démocratique ».

Si les efforts de médiation n’aboutissent pas, « nous prendrons des sanctions contre tous ceux qui empêchent le processus de transition de se développer », a prévenu auparavant le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, dont le pays engage environ 5.000 soldats au Sahel.

Les pays européens sont également prêts à des sanctions, a déclaré le président français Emmanuel Macron qui a parlé de « coup d’Etat dans le coup d’Etat ». La Cédéao a elle aussi fait savoir que des sanctions étaient possibles, comme elle l’avait fait après le coup d’Etat mené par les mêmes colonels en août 2020.

La rencontre de la mission de la Cédéao avec les dirigeants arrêtés s’annonçait lourde de conséquences.

« Les négociations sont en cours pour leur libération et la formation d’un nouveau gouvernement », a dit le collaborateur du colonel Goïta.

Le colonel Goïta « nous a dit qu’ils travaillaient aux modalités de leur libération », a dit le chef de la délégation de la Cédéao, Goodluck Jonathan.

« Après la démission du président et du Premier ministre, les personnes détenues vont recouvrer leur liberté, cela se fera de façon graduelle pour d’évidentes raisons de sécurité », ensuite déclaré devant la presse Baba Cissé, le conseiller du colonel Goïta.

Mais la mission, ainsi qu’une grande partie de la communauté internationale, n’entendait pas seulement obtenir des assurances quant à leur état de santé et exiger leur libération immédiate. Elle réclamait un retour à la transition, censée ramener des civils élus au pouvoir début 2022.

Dans un communiqué publié lundi soir, les organisations africaines, la Minusma, la France, les Etats-Unis et d’autres prévenaient qu’ils n’accepteraient pas un fait accompli comme une démission forcée.

Depuis leur arrestation, le président et le Premier ministre de transition sont tenus au secret au camp militaire de Kati, là où le président Ibrahim Boubacar Keïta, réélu un an plus tôt, avait été conduit lui aussi par les colonels en août 2020 et poussé à annoncer sa démission.

Tous deux sont depuis réduits au silence.

« Différends profonds »

C’est le colonel Goïta qui a indiqué mardi les avoir écartés en les accusant d’avoir formé un nouveau gouvernement sans le consulter alors qu’il est le vice-président en charge des questions de sécurité, attribution primordiale dans un pays dans la tourmente des violences jihadistes et en tous genres.

Le nouveau gouvernement annoncé lundi dépossédait de leur portefeuille sécuritaire deux des acteurs principaux du putsch d’août 2020.

Baba Cissé a invoqué mercredi soir des « différends profonds tant sur la forme que sur le fond » et des « blocages » auxquels le président de transition se serait livré, par exemple contre la préparation des élections à venir ou l’arrestation de responsables suspects de « mauvaise gestion financière ».

Il a paru confirmer que les colonels auteurs du putsch d’août 2020 avaient mal pris que le président et le Premier ministre aient écarté deux d’entre eux de postes clés dans le gouvernement qu’ils ont annoncé lundi. Il y a eu « des limogeages ou des changements abusifs » qui pouvaient « avoir comme conséquence la démoralisation des troupes et une certaine rupture dans la chaîne de commandement », a dit le conseiller du colonel Goïta.

Le coup de force, énième soubresaut de l’histoire contemporaine malienne, soulève une multitude de questions quant à son impact sur la lutte antijihadiste et sur la gouvernance au Mali, et plus immédiatement sur la relation future avec les colonels et le respect des échéances prévues, comme la tenue d’élections début 2022.

Par Le Point avec AFP et sd-kt-lal-ah/ybl

Congo : Denis Sassou Nguesso a prêté serment pour son 4ème mandat

avril 16, 2021

Denis Sassou Nguesso a prêté serment pour son 4ème mandat à Brazzaville. Cérémonie en présence de nombreux chefs d’état dont certains admirent sa longévité ; 37 ans de pouvoir cumulés. Mais d’autres dénoncent une kleptocratie.

Avec France24

Le président des JO de Tokyo va démissionner après ses propos sur les femmes

février 11, 2021

LE PRÉSIDENT DES JO DE TOKYO VA DÉMISSIONNER APRÈS SES PROPOS SUR LES FEMMES

© Reuters/POOL 

TOKYO (Reuters) – Yoshiro Mori, président du comité d’organisation des Jeux olympiques 2020 de Tokyo, va démissionner après ses propos sur les femmes, trop bavardes selon lui, qui lui ont valu de vives critiques, a-t-on appris de deux sources proches du dossier.

Cette démission risque d’accentuer les doutes sur la tenue des JO cet été alors que la pandémie due au coronavirus, qui a déjà provoqué un report d’un an de l’événement, n’est pas terminée.

L’ancien Premier ministre, âgé de 83 ans, a lui-même déclaré à la télévision japonaise qu’il allait « expliquer (s)a pensée » lors d’une réunion prévue vendredi et qu’il devait assumer la situation. Il n’a toutefois pas confirmé les rumeurs sur sa démission à venir.

« Je ne peux pas laisser ce problème perdurer plus longtemps », a-t-il dit, en présentant une nouvelle fois ses excuses.

Un porte-parole du comité d’organisation a refusé de s’exprimer sur le sujet.

D’après les sources, Yoshiro Mori va être remplacé par Saburo Kawabuchi, âgé de 84 ans, ancien président de la fédération japonaise de football et maire du village olympique.

Avec Reuters par (Yoshifumi Takemoto, Elaine Lies et Takashi Umekawa; Version française Bertrand Boucey, édité par Jean-Michel Bélot)

Les Centrafricains votent pour leur président et leurs députés sous la menace rebelle

décembre 27, 2020
Une femme vote à l’occasion des élections présidentielle et législatives, au Lycée Boganda à Bangui, en Centrafrique, le 27 décembre 2020.

Les bureaux de vote ont ouvert dimanche en Centrafrique pour des élections présidentielle et législatives sous extrême tension dans un pays sous la menace d’une nouvelle offensive rebelle contre le régime du sortant et favori, Faustin-Archange Touadéra.

Nombre de bureaux à Bangui ont ouvert avec 50 minutes de retard ce matin, le matériel de vote n’étant pas arrivé à temps. La capitale est calme mais de très nombreuses patrouilles de Casques bleus et de soldats centrafricains et rwandais patrouillent dans tous les quartiers et ont installé des blindés blancs de la force de maintien de la paix de l’ONU surmontés de mitrailleuses devant les lieux de vote.

Probablement, seule une faible partie des Centrafricains pourront voter librement dans un pays aux deux tiers sous la coupe de groupes armés depuis près de huit ans et dont les plus puissants sont entrés en rébellion il y a neuf jours, jurant de « marcher sur Bangui » pour empêcher les élections.

La légitimité en question

Ils sont cependant pour l’heure tenus à bonne distance de la capitale grâce au renfort de centaines de paramilitaires russes, soldats rwandais et Casques bleus de la force de maintien de la paix de la Mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca).Les rebelles ont finalement reçu dimanche le soutien public de l’ex-président François Bozizé, dont la candidature avait été invalidée début décembre et qui, après avoir démenti mener un « coup d’État » à leur tête, a appelé à boycotter les scrutins.La tenue de ces élections présidentielle et législatives est un enjeu majeur pour le pays mais aussi pour la communauté internationale, qui tente de l’aider à se reconstruire et d’y maintenir une sécurité toute relative depuis 2014.

La question de la légitimité des futurs élus – le président et 140 députés – est déjà posée quand une partie importante de la population ne pourra pas voter, ou le faire librement et sereinement, en dehors de Bangui, selon les experts et l’opposition.

Des responsables de l’organe supervisant les scrutins ont indiqué que les opérations de vote seraient prolongées de 50 minutes dans les bureaux ayant ouvert en retard. Comme au lycée Boganda, dans l’est de Bangui. Une trentaine d’électeurs patientaient devant l’établissement à l’ouverture.

JE VEUX D’ABORD LA PAIX ET CELA PASSE PAR LE VOTE

« C’est très important pour moi d’être là en tant que citoyenne. Je pense que ce vote va changer notre pays, quel que soit le président », s’enthousiasme Hortense Reine, une enseignante. « Je veux d’abord la paix et cela passe par le vote », renchérit Roméo Elvin, un étudiant de 24 ans.

Bureaux restés fermés

Mais loin de Bangui, des combats sporadiques ont lieu depuis neuf jours.

Des incidents épars étaient rapportés dimanche en milieu de matinée et des milliers de personnes étaient encore privées de leurs cartes d’électeurs jamais arrivées en raison de l’insécurité, selon des responsables locaux et de l’ONU qui ont tous requis l’anonymat.

Le président sortant Faustin-Archange Touadéra vote au Lycée Boganda à Bangui, le 27 décembre 2020.

Ainsi, dans le nord-ouest, à plus de 500 km de Bangui, des rebelles ont saisi du matériel électoral à Koui et des agents électoraux ont été menacés de mort à Ngaoundaye, selon un haut responsable de l’ONU.

À Bokaranga, les rebelles menacent quiconque ira voter. À Bambari, la quatrième ville du pays, à 380 km au nord-est de Bangui, les bureaux de vote sont demeurés fermés le matin en raison de tirs des groupes armés, selon Jeannot Nguernendji, président du comité de paix local.

NOUS ATTENDONS ENCORE LE MATÉRIEL DE VOTE

Plus près, à Bossembélé, une ville de 50 000 habitants à 150 km de Bangui, « nous n’avons pas reçu les cartes d’électeurs, cela concerne environ 11 000 personnes », se désole une haute responsable de la sous-préfecture. « Nous attendons encore le matériel de vote », déplore aussi en milieu de matinée un agent électoral à Batangafo, à 380km au nord de Bangui.

Opposition dispersée

La Russie, soutenant ouvertement depuis 2018 le gouvernement Touadéra, a envoyé 300 « instructeurs militaires » – en fait des paramilitaires de société privées russes de sécurité – en renfort de centaines de leurs pairs déployés depuis plus de deux ans. Et le Rwanda a dépêché des soldats d’élite hors Minusca, « des centaines », selon Bangui.

L’opposition s’avance en ordre dispersé, avec pas moins de 15 candidats, face à un Touadéra qui a toutes les chances d’obtenir un second mandat. Mais elle accuse le camp du chef de l’État de préparer des fraudes massives pour l’emporter dès le premier tour.

Des milliers de personnes ont été tuées et plus d’un quart des 4,9 millions de Centrafricains ont fui leur domicile depuis le début de la guerre civile, en 2013, quand une coalition à dominante musulmane, la Séléka, a renversé François Bozizé.

Depuis 2018, la guerre a considérablement baissé d’intensité, les groupes armés se disputant le contrôle des ressources tout en perpétrant sporadiquement attaques et exactions contre les civils.

 Par Jeune Afrique avec AFP

États-Unis: Biden obtient les votes du collège électoral pour devenir officiellement président

décembre 14, 2020

WASHINGTON — Le démocrate Joe Biden est officiellement devenu président, lundi soir, en recueillant 306 votes du collège électoral.

© Fournis par La Presse Canadienne

Les grands électeurs d’Hawaï étaient les derniers à annoncer leurs six votes en faveur de Joe Biden. Il avait besoin de 270 voix pour devenir président.

Pour sa part, le président Donald Trump a recueilli 232 grands électeurs. Dans le décompte du vote populaire, M. Biden a dépassé M. Trump par plus de 7 millions de voix à travers le pays.

Le collège électoral a pris une importance particulière cette année étant donné que le président Donald Trump refuse de reconnaître sa défaite.

À l’occasion du vote des grands électeurs, une sécurité accrue était en place dans certains États. Les électeurs de l’Arizona, de la Géorgie, du Michigan, du Nevada, de la Pennsylvanie et du Wisconsin — six États clés dont les résultats ont été contestés par M. Trump — ont finalement donné leurs votes à M. Biden et à la vice-présidente élue Kamala Harris. Les électeurs du Nevada se sont rencontrés sur Zoom en raison de la pandémie de COVID-19.

Ce n’est pas la première fois que les élections américaines trempent dans la controverse. Dans la foulée de la course présidentielle de 2020, marquée par la peur, les menaces et de profondes divisions, voici un retour sur certains des plus grands scandales et des plus grandes polémiques jamais vues dans l’histoire de la politique américaine.

Lundi était le jour fixé par la loi pour la réunion du collège électoral. Les grands électeurs votaient sur papier lors de rassemblements qui se déroulaient dans les 50 États et dans le District de Columbia, avec des masques, la distanciation sociale et d’autres mesures pour lutter contre la propagation du virus.

Les résultats seront envoyés à Washington et compilés lors d’une session commune des deux chambres du Congrès le 6 janvier, sous la supervision du vice-président Mike Pence.

«Dans cette bataille pour l’âme de l’Amérique, la démocratie a prévalu», a déclaré M. Biden dans des notes préparées en vue d’un discours qu’il doit livrer en soirée. «Nous, le peuple, avons voté. La foi dans nos institutions est maintenue. L’intégrité de nos élections reste intacte. Et donc, maintenant, il est temps de tourner la page. Pour unir. Guérir.»

Mais tout le monde n’était pas prêt à dire que l’élection était terminée, malgré le vote du collège électoral. Donald Trump a refusé de concéder la victoire et continue de répandre des allégations de fraude non étayées.

– Par The Associated Press avec La Presse Canadienne

Côte d’Ivoire: Alassane Ouattara prête serment et invite l’opposition au dialogue

décembre 14, 2020
Le président ivoirien Alassane Ouattara prête serment pour un troisième mandat le 14 décembre 2020 à Abidjan.

Le président ivoirien Alassane Ouattara a prêté serment ce lundi à Abidjan, moins de deux mois après son élection. Il a annoncé la création d’un ministère de la Réconciliation nationale et appelé à la reprise du dialogue avec l’opposition en vue des élections législatives.

C’est au cours d’une cérémonie sobre et brève – moins de deux heures – que le président ivoirien Alassane Ouattara, réélu à un troisième mandat avec 94,27% des voix le 31 octobre, a prêté serment sur la Constitution, ce lundi matin au palais présidentiel d’Abidjan. Une première dans l’Histoire du pays.

« C’est avec beaucoup d’honneur et de responsabilité que j’ai prêté serment, je mesure l’ampleur de cette charge. Je prends à nouveau l’engagement de l’assumer pleinement au service de mes compatriotes, de tous mes compatriotes. C’est ensemble que nous devons construire un avenir plus radieux pour tous nos concitoyens et pour les générations futures », a déclaré Alassane Ouattara en introduction d’un discours d’une trentaine de minutes, se posant ainsi en rassembleur d’un pays affecté par de vives tensions.

La cérémonie a en effet été organisée au terme d’un processus électoral marqué par le boycott de l’opposition, qui ne reconnaît toujours pas le scrutin, l’arrestation de certains de ses leaders, ainsi que des violences meurtrières, notamment dans le centre du pays.

Le chef de l’État a ensuite dressé la liste de ses priorités pour les cinq prochaines années. Parmi elles : l’éduction, la formation et l’emploi des jeunes. « À compter de janvier 2021, le gouvernement et les collectivités locales prendront en charge les frais COGES, ces frais des comités de gestion des établissements scolaires supportés par les parents d’élèves », a-t-il promis.

Et d’égrainer les autres grands chantiers de son nouveau mandat : la multiplication des centres de formation professionnelle « pour garantir une seconde chance aux jeunes sortis trop tôt du système scolaire », le soutien à l’emploi des femmes, la vaccination contre le Covid-19 à partir d’avril 2021, la généralisation de la Couverture maladie universelle (CMU), l’amélioration de la qualité de l’offre des soins, le recul de la pauvreté « à travers l’émergence d’une classe moyenne » ou encore le renforcement du lien avec le secteur privé et une répression plus sévère de la corruption qui « sape les fondements même de l’état de droit et de la démocratie ».

Des violences « intolérables »

Alassane Ouattara a par ailleurs annoncé la création « dans les prochains jours » d’un ministère de la Réconciliation nationale, dont l’objectif sera « le renforcement de la cohésion nationale et la réconciliation des fils et des filles de Côte d’Ivoire ».

« L’élection présidentielle a donné lieu à des violences intolérables », a regretté le président ivoirien, les condamnant « avec la plus grande fermeté ». « Ces actes graves ne doivent pas rester impunis, il faut mettre fin à l’impunité dans notre pays, c’est une exigence pour le respect des droits humains, nul n’est au-dessus de la loi. Je veux que cela soit clair. »

Début décembre, l’ONG Human Rights Watch (HRW) avait appelé le gouvernement ivoirien à « enquêter de toute urgence sur les meurtres de plus de 50 personnes lors des violences politiques et intercommunautaires ».

Pas de réconciliation sans dialogue, a affirmé le président ivoirien. « J’ai instruit le Premier ministre, Hamed Bakayoko, de reprendre les discussions avec les partis politiques pour mettre en œuvre les recommandations de la Cedeao relatives à la Commission électorale indépendante (CEI) dans la perspective de la tenue des élections législatives dans le courant du premier trimestre 2021, a-t-il déclaré. J’invite l’ensemble des partis politiques à saisir cette nouvelle opportunité qui s’offre à tous pour aboutir à une décrispation du climat par le dialogue, afin de renforcer la paix et la stabilisé de notre pays ».

L’opposition réclame une refonte de la CEI, qu’elle estime inféodée au pouvoir. Officiellement, les négociations entamées le 11 novembre au Golf-hôtel d’Abidjan entre Alassane Ouattara et l’ancien président et opposant Henri Konan Bédié sont rompues. Le 9 décembre, ce dernier a annoncé la fin du Conseil national de transition (CNT) et appelé lui aussi à un dialogue national réunissant les forces vices de la nation sous l’égide de facilitateurs indépendants. Il maintient cependant une condition : la libération des opposants.

Un parterre de chefs d’État

Alassane Ouattara a prêté serment devant un parterre de chefs d’État de « pays frères », membres de la Cedeao, qu’il a remerciés de leur présence en les désignant chacun par des surnoms « affectueux ». « Mon jeune frère » pour Patrice Talon, Macky Sall et George Weah ; « mon neveu » pour le Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré ; « l’empereur » pour le Congolais Denis Sassou Nguesso ; « ma chère sœur » concernant la présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde ; « double excellence » à propos de Nana Akufo-Addo, fraîchement réélu au Ghana ; « mon fils » pour le président de la transition malienne, Bah N’Daw ; « l’émir du Sahel » au sujet du Nigérien Mahamadou Issoufou et enfin « notre jeune doyen » pour le Togolais Faure Gnassingbé.

Le président mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani, ainsi que le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat et l’ancien président français Nicolas Sarkozy avaient aussi fait le déplacement. La France était officiellement représentée par son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

« J’ai une pensée toute particulière pour celui que j’aurais tant souhaité voir à ma place aujourd’hui, mon fils, feu le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly (décédé le 8 juillet 2020), candidat désigné le 12 mars 2018 par le RHDP pour l’élection présidentielle », a enfin souligné Alassane Ouattara à la fin de cette longue séquence de remerciements.

Par Florence Richard – à Abidjan

Mauritanie : « Sidi » s’en est allé

novembre 23, 2020
Sidi Ould Cheikh Abdallahi restera dans les mémoires comme le premier président civil élu démocratiquement en Mauritanie.

Premier président civil élu démocratiquement en 2007, Sidi Ould Cheikh Abdallahi est décédé le 22 novembre à Nouakchott.

Avec lui, c’est un morceau de l’histoire de la Mauritanie qui s’en va. Le 22 novembre, Sidi Ould Cheikh Abdallahi a rendu son dernier souffle dans une clinique de Nouakchott. Il avait 82 ans.

« Honnête » et « pieux »

Unanimement salué comme un homme « cultivé », « honnête » et « pieux », il restera dans les mémoires comme le premier président civil élu démocratiquement du pays. Cet économiste de formation (il avait officié au Koweït et au Niger), ancien ministre de Mokhtar Ould Daddah (Développement industriel, Économie), était arrivé au pouvoir avec le soutien de l’armée, à l’issue de la transition menée par le colonel Ely Ould Mohamed Vall (2005-2007), après la chute de Maaouiya Ould Taya.

Les militaires et notamment le général Mohamed Ould Abdelaziz, qui sera son chef d’état-major particulier, ont toujours exigé, en vain, un retour d’ascenseur. « On attendait de lui qu’il soit docile, mais il était fort, dit un proche. Attaché à la démocratie et aux droits de l’homme, il comprenait parfaitement les problèmes de la Mauritanie et pensait pouvoir gouverner avec de très bonnes intentions, mais cela n’était pas suffisant. »

Sidi Ould Cheikh Abdallahi n’a en effet pas su, ou pu, prendre le contrôle de deux importants leviers du pouvoir mauritanien, l’armée et le Parlement. Toute la sécurité était concentrée entre les mains du général Aziz, lequel a renvoyé les militaires en désaccord avec son autorité. « Avec son Premier ministre, Yahya Ould Ahmed El Waghf, ils ne pouvaient plus se parler car ils se savaient écoutés. Lorsqu’ils se voyaient, ils s’écrivaient pour communiquer », dit-on dans son entourage.

Le président, qui avait ouvert son gouvernement à l’opposition et notamment aux islamistes de Tawassoul, a été déposé dans la matinée du 6 août 2008, avant d’être emprisonné jusqu’au 21 décembre. Très calme, il se serait endormi, le jour de son arrestation, dans une chambre du Bataillon pour la sécurité présidentielle (Basep).

Dans la tranquillité des dunes

Sidi Ould Cheikh Abdallahi était arrivé au pouvoir avec le soutien de l’armée, à l’issue de la transition menée par le colonel Ely Ould Mohamed Vall après la chute de Maaouiya Ould Taya.

Il a ensuite été assigné à résidence dans son village natal de Lemden, près d’Aleg (250 kilomètres au sud de Nouakchott), où il vivait toujours avec son épouse, préférant la tranquillité des dunes au tumulte de la capitale.

Après son exil forcé, cet homme très réservé ne s’est exprimé publiquement qu’en 2017, lorsqu’il a pris position, par communiqué, contre l’amendement constitutionnel voulu par Aziz, élu chef de l’État en juillet 2009.

Membre influent de la confrérie tidjane et fils d’un cheikh soufi, il consacrait ses journées à la prière – alors au pouvoir, il avait fait construire une mosquée à la présidence, qui existe toujours – et à sa famille. Il avait également commencé à écrire ses mémoires. Il recevait également ses fidèles amis, dont son ex-Premier ministre Yahya Ould Ahmed El Waghf, par ailleurs président d’Adil, l’ex-parti présidentiel.

Sidi Ould Cheikh Abdallahi était sorti de sa grande réserve le 28 novembre 2019, pour assister à la cérémonie de la Fête de l’indépendance, aux côtés de son prédécesseur Mohamed Khouna Ould Haidalla, à l’invitation du président actuel Mohamed Ould Ghazouani – une reconnaissance, pour celui que les Mauritaniens avaient un peu perdu de vue. Mohamed Ould Abdelaziz avait quant à lui décliné l’invitation.

Le chef de l’État, qui a décrété un deuil national de trois jours, s’est joint ce matin à la prière funéraire célébrée à la mosquée Ibn Abbas de Nouakchott. Sidi Ould Cheikh Abdallahi reposera chez lui, à Lemden.

Avec Jeune Afrique par Justine Spiegel