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Côte d’Ivoire: Alassane Ouattara prête serment et invite l’opposition au dialogue

décembre 14, 2020
Le président ivoirien Alassane Ouattara prête serment pour un troisième mandat le 14 décembre 2020 à Abidjan.

Le président ivoirien Alassane Ouattara a prêté serment ce lundi à Abidjan, moins de deux mois après son élection. Il a annoncé la création d’un ministère de la Réconciliation nationale et appelé à la reprise du dialogue avec l’opposition en vue des élections législatives.

C’est au cours d’une cérémonie sobre et brève – moins de deux heures – que le président ivoirien Alassane Ouattara, réélu à un troisième mandat avec 94,27% des voix le 31 octobre, a prêté serment sur la Constitution, ce lundi matin au palais présidentiel d’Abidjan. Une première dans l’Histoire du pays.

« C’est avec beaucoup d’honneur et de responsabilité que j’ai prêté serment, je mesure l’ampleur de cette charge. Je prends à nouveau l’engagement de l’assumer pleinement au service de mes compatriotes, de tous mes compatriotes. C’est ensemble que nous devons construire un avenir plus radieux pour tous nos concitoyens et pour les générations futures », a déclaré Alassane Ouattara en introduction d’un discours d’une trentaine de minutes, se posant ainsi en rassembleur d’un pays affecté par de vives tensions.

La cérémonie a en effet été organisée au terme d’un processus électoral marqué par le boycott de l’opposition, qui ne reconnaît toujours pas le scrutin, l’arrestation de certains de ses leaders, ainsi que des violences meurtrières, notamment dans le centre du pays.

Le chef de l’État a ensuite dressé la liste de ses priorités pour les cinq prochaines années. Parmi elles : l’éduction, la formation et l’emploi des jeunes. « À compter de janvier 2021, le gouvernement et les collectivités locales prendront en charge les frais COGES, ces frais des comités de gestion des établissements scolaires supportés par les parents d’élèves », a-t-il promis.

Et d’égrainer les autres grands chantiers de son nouveau mandat : la multiplication des centres de formation professionnelle « pour garantir une seconde chance aux jeunes sortis trop tôt du système scolaire », le soutien à l’emploi des femmes, la vaccination contre le Covid-19 à partir d’avril 2021, la généralisation de la Couverture maladie universelle (CMU), l’amélioration de la qualité de l’offre des soins, le recul de la pauvreté « à travers l’émergence d’une classe moyenne » ou encore le renforcement du lien avec le secteur privé et une répression plus sévère de la corruption qui « sape les fondements même de l’état de droit et de la démocratie ».

Des violences « intolérables »

Alassane Ouattara a par ailleurs annoncé la création « dans les prochains jours » d’un ministère de la Réconciliation nationale, dont l’objectif sera « le renforcement de la cohésion nationale et la réconciliation des fils et des filles de Côte d’Ivoire ».

« L’élection présidentielle a donné lieu à des violences intolérables », a regretté le président ivoirien, les condamnant « avec la plus grande fermeté ». « Ces actes graves ne doivent pas rester impunis, il faut mettre fin à l’impunité dans notre pays, c’est une exigence pour le respect des droits humains, nul n’est au-dessus de la loi. Je veux que cela soit clair. »

Début décembre, l’ONG Human Rights Watch (HRW) avait appelé le gouvernement ivoirien à « enquêter de toute urgence sur les meurtres de plus de 50 personnes lors des violences politiques et intercommunautaires ».

Pas de réconciliation sans dialogue, a affirmé le président ivoirien. « J’ai instruit le Premier ministre, Hamed Bakayoko, de reprendre les discussions avec les partis politiques pour mettre en œuvre les recommandations de la Cedeao relatives à la Commission électorale indépendante (CEI) dans la perspective de la tenue des élections législatives dans le courant du premier trimestre 2021, a-t-il déclaré. J’invite l’ensemble des partis politiques à saisir cette nouvelle opportunité qui s’offre à tous pour aboutir à une décrispation du climat par le dialogue, afin de renforcer la paix et la stabilisé de notre pays ».

L’opposition réclame une refonte de la CEI, qu’elle estime inféodée au pouvoir. Officiellement, les négociations entamées le 11 novembre au Golf-hôtel d’Abidjan entre Alassane Ouattara et l’ancien président et opposant Henri Konan Bédié sont rompues. Le 9 décembre, ce dernier a annoncé la fin du Conseil national de transition (CNT) et appelé lui aussi à un dialogue national réunissant les forces vices de la nation sous l’égide de facilitateurs indépendants. Il maintient cependant une condition : la libération des opposants.

Un parterre de chefs d’État

Alassane Ouattara a prêté serment devant un parterre de chefs d’État de « pays frères », membres de la Cedeao, qu’il a remerciés de leur présence en les désignant chacun par des surnoms « affectueux ». « Mon jeune frère » pour Patrice Talon, Macky Sall et George Weah ; « mon neveu » pour le Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré ; « l’empereur » pour le Congolais Denis Sassou Nguesso ; « ma chère sœur » concernant la présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde ; « double excellence » à propos de Nana Akufo-Addo, fraîchement réélu au Ghana ; « mon fils » pour le président de la transition malienne, Bah N’Daw ; « l’émir du Sahel » au sujet du Nigérien Mahamadou Issoufou et enfin « notre jeune doyen » pour le Togolais Faure Gnassingbé.

Le président mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani, ainsi que le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat et l’ancien président français Nicolas Sarkozy avaient aussi fait le déplacement. La France était officiellement représentée par son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

« J’ai une pensée toute particulière pour celui que j’aurais tant souhaité voir à ma place aujourd’hui, mon fils, feu le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly (décédé le 8 juillet 2020), candidat désigné le 12 mars 2018 par le RHDP pour l’élection présidentielle », a enfin souligné Alassane Ouattara à la fin de cette longue séquence de remerciements.

Par Florence Richard – à Abidjan

Mauritanie : « Sidi » s’en est allé

novembre 23, 2020
Sidi Ould Cheikh Abdallahi restera dans les mémoires comme le premier président civil élu démocratiquement en Mauritanie.

Premier président civil élu démocratiquement en 2007, Sidi Ould Cheikh Abdallahi est décédé le 22 novembre à Nouakchott.

Avec lui, c’est un morceau de l’histoire de la Mauritanie qui s’en va. Le 22 novembre, Sidi Ould Cheikh Abdallahi a rendu son dernier souffle dans une clinique de Nouakchott. Il avait 82 ans.

« Honnête » et « pieux »

Unanimement salué comme un homme « cultivé », « honnête » et « pieux », il restera dans les mémoires comme le premier président civil élu démocratiquement du pays. Cet économiste de formation (il avait officié au Koweït et au Niger), ancien ministre de Mokhtar Ould Daddah (Développement industriel, Économie), était arrivé au pouvoir avec le soutien de l’armée, à l’issue de la transition menée par le colonel Ely Ould Mohamed Vall (2005-2007), après la chute de Maaouiya Ould Taya.

Les militaires et notamment le général Mohamed Ould Abdelaziz, qui sera son chef d’état-major particulier, ont toujours exigé, en vain, un retour d’ascenseur. « On attendait de lui qu’il soit docile, mais il était fort, dit un proche. Attaché à la démocratie et aux droits de l’homme, il comprenait parfaitement les problèmes de la Mauritanie et pensait pouvoir gouverner avec de très bonnes intentions, mais cela n’était pas suffisant. »

Sidi Ould Cheikh Abdallahi n’a en effet pas su, ou pu, prendre le contrôle de deux importants leviers du pouvoir mauritanien, l’armée et le Parlement. Toute la sécurité était concentrée entre les mains du général Aziz, lequel a renvoyé les militaires en désaccord avec son autorité. « Avec son Premier ministre, Yahya Ould Ahmed El Waghf, ils ne pouvaient plus se parler car ils se savaient écoutés. Lorsqu’ils se voyaient, ils s’écrivaient pour communiquer », dit-on dans son entourage.

Le président, qui avait ouvert son gouvernement à l’opposition et notamment aux islamistes de Tawassoul, a été déposé dans la matinée du 6 août 2008, avant d’être emprisonné jusqu’au 21 décembre. Très calme, il se serait endormi, le jour de son arrestation, dans une chambre du Bataillon pour la sécurité présidentielle (Basep).

Dans la tranquillité des dunes

Sidi Ould Cheikh Abdallahi était arrivé au pouvoir avec le soutien de l’armée, à l’issue de la transition menée par le colonel Ely Ould Mohamed Vall après la chute de Maaouiya Ould Taya.

Il a ensuite été assigné à résidence dans son village natal de Lemden, près d’Aleg (250 kilomètres au sud de Nouakchott), où il vivait toujours avec son épouse, préférant la tranquillité des dunes au tumulte de la capitale.

Après son exil forcé, cet homme très réservé ne s’est exprimé publiquement qu’en 2017, lorsqu’il a pris position, par communiqué, contre l’amendement constitutionnel voulu par Aziz, élu chef de l’État en juillet 2009.

Membre influent de la confrérie tidjane et fils d’un cheikh soufi, il consacrait ses journées à la prière – alors au pouvoir, il avait fait construire une mosquée à la présidence, qui existe toujours – et à sa famille. Il avait également commencé à écrire ses mémoires. Il recevait également ses fidèles amis, dont son ex-Premier ministre Yahya Ould Ahmed El Waghf, par ailleurs président d’Adil, l’ex-parti présidentiel.

Sidi Ould Cheikh Abdallahi était sorti de sa grande réserve le 28 novembre 2019, pour assister à la cérémonie de la Fête de l’indépendance, aux côtés de son prédécesseur Mohamed Khouna Ould Haidalla, à l’invitation du président actuel Mohamed Ould Ghazouani – une reconnaissance, pour celui que les Mauritaniens avaient un peu perdu de vue. Mohamed Ould Abdelaziz avait quant à lui décliné l’invitation.

Le chef de l’État, qui a décrété un deuil national de trois jours, s’est joint ce matin à la prière funéraire célébrée à la mosquée Ibn Abbas de Nouakchott. Sidi Ould Cheikh Abdallahi reposera chez lui, à Lemden.

Avec Jeune Afrique par Justine Spiegel

Côte d’Ivoire : décès du président de la fédération de foot

novembre 22, 2020
Augustin Sidy Diallo (à droite), président de la Fédération ivoirienne de football, lors de la visite à Abidjan d'Ahmad Ahmad, président de la CAF, fin décembre 2017.

Augustin Sidy Diallo, le président de la fédération ivoirienne de football (FIF), est décédé samedi à 61 ans, alors que son poste fait l’objet d’une âpre lutte de succession.

« Le président Sidy Diallo est décédé. Je viens de chez lui », a déclaré Omer Déhoulé, un vice-président de la FIF, se disant « abattu ». La fédération avait annoncé, dans un communiqué le 9 novembre, qu’Augustin Sidy Diallo avait été diagnostiqué positif au Covid-19, mais aucune indication sur la cause du décès n’a été donnée dans l’immédiat.

Élu président de la FIF en 2011, puis réélu quatre ans plus tard, Sidy Diallo avait décidé de ne pas briguer un troisième mandat, même si les textes de la fédération l’y autorisaient. En neuf ans de présidence de la FIF, Sidy Diallo a gagné deux Coupes d’Afrique des Nations, l’une avec les seniors en 2015, l’autre avec les cadets en 2013.

Lutte pour sa succession

Il devait quitter son poste en août dernier, mais assurait depuis les affaires courantes, la Fifa ayant suspendu le processus électoral devant lui désigner un successeur, après le rejet de la candidature de l’ex-joueur star Didier Drogba. 

La FIF connaît une crise autour de la succession du président sortant depuis des mois, qui voit s’affronter trois candidats, Sory Diabaté, Idriss Diallo et Didier Drogba.

Par Jeune Afrique avec AFP

L’ancien Premier ministre Milanovic élu président en Croatie

janvier 5, 2020

L’ancien Premier ministre Zoran Milanovic, candidat des sociaux-démocrates, principale formation d’opposition, a été élu dimanche président de la Croatie.

Il a recueilli 52,7% des voix contre 47,3% à son adversaire, la présidente sortante Kolinda Grabar-Kitarovic, de l’Union démocratique croate (HDZ), formation de centre-droit au pouvoir, selon les résultats complets du second tour organisé dimanche.

La fonction de chef de l’Etat est essentiellement protocolaire en Croatie, pays qui a assume depuis le 1er janvier et pour six mois la présidence tournante de l’Union européenne.

Le président ne peut pas bloquer de loi mais peut intervenir sur les questions de politique étrangère, de défense et de sécurité.

Par Le Figaro avec Reuters

Royaume-Uni : le président du Parlement refuse un nouveau vote sur l’accord de Brexit

octobre 21, 2019

 

Le «speaker» de la Chambre des communes, John Bercow, a refusé de soumettre au vote des députés, ce lundi, l’accord de Brexit conclu entre Londres et l’Union européenne, expliquant que la motion avait déjà été examinée samedi.

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Un accord a finalement été trouvé entre Londres et Bruxelles ce jeudi 17 octobre. HENRY NICHOLLS/REUTERS

L’histoire se répète. Comme Theresa May avant lui, le premier ministre Boris Johnson a trouvé un «deal» avec Bruxelles, mais la Chambre des communes, où il a de facto perdu sa majorité depuis septembre, ne l’a pas approuvé, samedi, préférant le repousser tant que la législation nécessaire à son application n’aura pas été votée au Parlement.

Malgré ce vote qui a permis à l’opposition de gagner du temps, le gouvernement britannique a demandé, ce lundi 21 octobre, à ce que le texte du «deal» soit de nouveau examiné par les «MP» (members of parliamant). Mais le «speaker» de la Chambre, John Bercow, s’y est opposé, estimant que les députés se sont déjà prononcé sur le texte, il y a «moins de 49 heures». Ce serait «répétitif» et «désordonné», a jugé l’europhile John Bercow, qui a en revanche invité le gouvernement de Boris Johnson à soumettre les projets de loi d’application du Brexit à l’examen du Parlement dès ce lundi s’il le souhaite.

Sans l’aval des députés britanniques, le Brexit avec accord ne peut pas avoir lieu tandis que l’heure tourne, la date-butoir étant toujours fixée au 31 octobre. En sait-on plus sur ce qui va se passer ?

Le bref espoir d’une sortie de crise

Jeudi 17 octobre 2019, quelques heures avant l’ouverture d’un sommet européen très attendu, le premier ministre Boris Johnson et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ont affirmé qu’ils étaient parvenus à un «accord de Brexit» qualifié de «juste et équilibré à la fois pour l’UE et la Royaume-Uni» par le Luxembourgeois et d’«excellent» par le Britannique. Le plus difficile restait à obtenir : l’aval des députés britanniques.

Le samedi 19 octobre 2019, Boris Johnson a convoqué la Chambre des communes pour obtenir ce précieux sésame. Un événement : la chambre n’avait pas siégé un samedi – «Big saturday» – depuis la guerre des Malouines en 1982. Las, les députés d’opposition ont voté en faveur d’un report du vote sur l’accord.

Nouveau vote ?

Aussitôt le même jour, le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Jacob Rees-Mogg a déclaré que le gouvernement soumettrait derechef l’accord de Brexit à un débat et à un vote dès ce lundi 21 octobre. Mais c’est au «speaker» (président, NDLR) de la Chambre des communes, John Bercow, de décider de l’ordre du jour. Ce personnage haut en couleur, notoirement défavorable au Brexit et régulièrement critiqué pour le choix des amendements qu’il met en avant, a annoncé, ce lundi après-midi, qu’il refusait un nouveau débat.

Plusieurs parlementaires lui avaient auparavant rappelé qu’il avait lui-même exhumé sous le gouvernement de Theresa May, en mars dernier, une disposition remontant à 1604 et interdisant qu’une même question soit soumise deux fois à un vote lors d’une même session parlementaire. «J’ai été surpris par cette affaire, comme d’autres l’ont été, a commenté Bercow après l’annonce de Rees-Mogg. Le gouvernement n’est pas l’arbitre de ce qui est régulier.»

Nouveau délai ?

Une majorité de députés d’opposition sont opposés tant à l’accord négocié par Boris Johnson qu’à la solution d’un «Brexit sans accord» qui, faute de «deal», se déclencherait automatiquement le 31 octobre, à moins que Londres ne demande à Bruxelles un nouveau report et que l’ensemble des 27 Etats membres l’accepte.

C’est dans cette optique que l’opposition à la Chambre des communes, qui contrôle depuis le début du mois de septembre l’agenda parlementaire, a fait voter la loi Benn dite «anti-no deal», qui force Boris Johnson à demander un report à Bruxelles s’il n’a pas obtenu de nouvel accord ou s’il n’a pas de majorité à la Chambre en faveur d’un Brexit sans accord. Tentant de la contourner, le premier ministre a en réalité envoyé trois lettres au président du Conseil européen, Donald Tusk : une première, non signée, dans laquelle il demande un report ; une deuxième dans laquelle il indique que ce report serait une erreur ; une troisième dans laquelle l’ambassadeur du Royaume-Uni auprès de l’Union européenne précise que cette demande de report est une obligation légale.

Ce lundi, saisie d’une plainte sur le sujet, la plus haute juridiction d’Ecosse, la Court of Session, doit justement se pencher sur la question de savoir si, par ce stratagème des trois lettres, Boris Johnson enfreint la loi Benn, ce que les juristes du gouvernement contestent.

Une majorité pour Boris Johnson ?

Dans la foulée de la décision des députés, samedi, de repousser le vote sur l’accord de Brexit tant que la législation nécessaire à son application n’aura pas été votée, Boris Johnson a déclaré aux parlementaires que son gouvernement soumettrait cette semaine les actes législatifs nécessaires. On s’attend à ce que ce processus parlementaire débute ce mardi 22 octobre. Le ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab, a estimé que le gouvernement pensait disposer du nombre de voix nécessaire pour faire passer ces législations. Les 21 conservateurs frondeurs, exclus le mois dernier pour s’être opposés à Boris Johsnon, pourraient cette fois-ci soutenir le gouvernement. «Il dispose d’une coalition fragile mais sincère», a résumé l’ancienne ministre Amber Rudd, démissionnaire il y a quelques semaines, mais qui devrait aussi s’associer au vote.

Reste que la situation est difficile pour Boris Johnson : vu les équilibres politiques mouvants au sein de la Chambre des communes, l’opposition travailliste pourrait profiter du vote de ces actes législatifs pour tenter de faire passer des amendements, visant, par exemple, à maintenir le Royaume-Uni au sein de l’union douanière européenne voire à introduire un référendum de confirmation de l’accord, ce qui ferait resurgir dans le débat outre-Manche l’hypothèse d’une annulation du Brexit.

Des élections anticipées ?

Si, finalement, l’accord de Brexit n’était pas approuvé avant le 31 octobre, les Européens pourraient décider de se résigner à accorder un nouveau délai au Royaume-Uni, qu’il s’agisse d’un «report technique» de quelques jours (pour achever le travail législatif en cours au sein de la Chambre des communes) ou d’un report plus politique qui pourrait courir jusqu’au 31 janvier 2020 (délai évoqué par Boris Johnson dans sa lettre numéro une). Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé samedi en fin de soirée qu’il allait entamer des consultations avec les dirigeants des Vingt-Sept.

Les Européens pourraient somme toute se satisfaire d’un report de durée raisonnable pour laisser le temps aux Britanniques d’organiser des élections anticipées. Si Boris Johnson les remporte, l’actuel premier ministre disposera d’une nouvelle Chambre des communes, où il disposera d’une majorité pour mettre en oeuvre, finalement, l’accord de Brexit. Un scénario qui pourrait apparaître comme la meilleure solution du point de vue de Londres et Bruxelles, vu le blocage à Westminster qui a déjà causé la chute du gouvernement de Theresa May.

Tant les conservateurs de Boris Johnson que l’opposition travailliste disent vouloir de nouvelles élections. Mais le chef de file du Labour, Jeremy Corbyn, refuse de bouger sur ce front tant que le risque d’un Brexit sans accord ne sera pas écarté. Il sait aussi que les sondages ne lui sont pas favorables. Au contraire, Johnson, dont le parti est en tête dans les études d’opinion, pourrait profiter de l’exaspération des Britanniques envers l’actuelle chambre, une majorité d’entre eux souhaitant en finir avec l’incertitude.

Par Le Figaro.fr par Alexis Feertchak

RDC : Alexis Thambwe Mwamba, un pro-Kabila élu à la tête du Sénat

juillet 27, 2019

Alexis Thambwe Mwamba, ancien ministre congolais de la Justice, le 20 juin 2017 à Paris. © Vincent Fournier/J.A.

 

Alexis Thambwe Mwamba, candidat du Front commun pour le Congo (FCC), la coalition politique de l’ex-président Joseph Kabila, a été élu samedi à la présidence du Sénat en République démocratique du Congo.

L’ancien ministre de la Justice Alexis Thambwe Mwamba n’a cependant obtenu que 65 voix contre 43 pour son adversaire, le dissident Modeste Bahati Lukwebo. Il est le candidat du Front commun pour le Congo (FCC), la coalition politique de Joseph Kabila, qui disposait de 90 sièges sur 108 selon le résultat des élections sénatoriales du mois de mars.

Avant le scrutin, le FCC avait radié de ses rangs Modeste Bahati Lukwebo, pour avoir maintenu sa candidature. Son propre regroupement AFDC-A revendique 13 sièges au Sénat. Certains sénateurs FCC pro-Kabila auraient donc voté pour le candidat dissident Bahati.

Le candidat pro-Kabila au poste de la première vice-présidence, l’ex-ministre de l’Intérieur Evariste Boshab, a, lui, été platement battu par l’ancien Premier ministre Samy Badibanga (60 voix contre 34).

Ancien proche de l’actuel président de la République Félix Tshisekedi, Samy Badibanga a été brièvement Premier ministre sous Joseph Kabila (2016-2017). Il a été candidat à l’élection présidentielle du 30 décembre.

Gouvernement de coalition

Evariste Boshab est l’une des 14 personnalités congolaises toujours sous sanction de l’Union européenne (UE) pour entrave au processus électoral dans les dernières années du régime Kabila (2016-2018).

Sénateur à vie selon la Constitution en tant qu’ancien président de la République, Joseph Kabila n’était pas présent au moment du vote au Sénat. Il a transmis le 24 janvier la charge de chef de l’État à Félix Tshisekedi, proclamé vainqueur de l’élection présidentielle.

Le FCC de Kabila contrôle néanmoins l’Assemblée nationale, le Sénat, et une majorité des 26 Assemblées et gouvernorats provinciaux.

Les forces de Tshisekedi et Kabila ont annoncé vendredi la conclusion d’un accord pour la formation d’un gouvernement de coalition après six mois de pourparlers.

Bolsonaro président, une ère de rupture s’ouvre pour le Brésil

octobre 29, 2018

Des partisans du candidat d’extrême droite célèbrent la victoire de Jair Bolsonaro à la présidentielle à Rio de Janeiro le 28 octobre 2018 / © AFP / Mauro Pimentel

La jeune démocratie brésilienne a basculé dans l’inconnu lundi au lendemain de l’élection de Jair Bolsonaro, son premier président d’extrême droite depuis la fin de la dictature, qui commençait à préparer la transition vers un régime de rupture.

Jair Bolsonaro, qui prendra ses fonctions le 1er janvier après sa victoire contre le candidat de gauche Fernando Haddad, n’a pas eu d’activité publique lundi, mais il a accordé une interview en soirée à la télévision Record où il a légèrement modéré son ton martial.

Il a en effet assuré, à propos du Venezuela dont il a souvent vertement dénoncé le régime chaviste, que le Brésil allait « toujours chercher la voie pacifique pour résoudre ce problème » qu’est « la dictature » de Nicolas Maduro.

Un article du quotidien Folha de Sao Paulo de lundi affirmait que la Colombie serait prête à donner son soutien au Brésil s’il aidait à « renverser Nicolas Maduro à travers une intervention militaire ». Le journal a cité un haut fonctionnaire à Bogota sous couvert d’anonymat, mais le gouvernement colombien a opposé un net démenti lundi soir dans un communiqué.

Présidentielle au Brésil : résultats par commune / © AFP / Dario INGIUSTO

Interrogé là-dessus, Jair Bolsonaro a dit qu’il n’avait pas abordé ce sujet dans sa « discussion protocolaire » avec le président colombien Ivan Duque.

Ses premiers discours — trois au soir de son élection — prononcés sur un ton martial et dans lesquels il n’a pas eu un mot pour son adversaire défait — auguraient d’un virage radical.

Bolsonaro veut une rupture par rapport à tout ce qui a été fait par sa bête noire, le Parti des travailleurs (PT), qui avait remporté les quatre dernières présidentielles et est jugé par des dizaines de millions de Brésilliens responsable des maux du pays.

La victoire de Jair Bolsonaro à la présidentielle en Une des journaux brésiliens le 29 octobre 2018 / © AFP / EVARISTO SA

Haddad, du PT, qui avait rompu avec tous les usages en n’appelant pas son adversaire au soir de sa victoire, a fini par lui souhaiter lundi « bonne chance » dans un tweet.

Bolsonaro va succéder, pour quatre ans, au conservateur Michel Temer, qui lui laissera les rênes d’un pays miné par la violence, le chômage et la corruption.

Jair Bolsonaro devrait se rendre à Brasilia la semaine prochaine pour s’entretenir avec M. Temer, si ses médecins l’y autorisent.

Jair Bolsonaro lors de son vote le 28 octobre 2018 à Rio de Janeiro / © POOL/AFP / RICARDO MORAES

Depuis l’attentat ayant failli lui coûter la vie le 6 septembre, Jair Bolsonaro, qui a subi des perforations de l’intestin, porte une poche de stomie. Il limite les sorties de son domicile et fuit la foule.

– « Changer le modèle économique » –

Le nouveau gouvernement « va changer le modèle économique du pays », a lancé dès dimanche soir Paulo Guedes, futur « super ministre » ultra-libéral, fustigeant le « modèle socio-démocrate » et évoquant les privatisations et la réforme des retraites qui s’annonce épineuse et extrêmement impopulaire.

Bolsonaro élu / © AFP / Aude GENET

Bolsonaro, qui avoue son incompétence en la matière, « devra remettre l’économie en mouvement le plus rapidement possible, car il n’aura une marge que de six mois, ou un an », dit Leandro Gabiati, directeur du cabinet de consultants Dominium, à Brasila.

La Bourse de Sao Paulo a accueilli avec prudence l’élection du candidat fraîchement converti à l’ultra-libéralisme, qu’elle avait déjà anticipée en engrangeant 10% en un mois.

Elle a même perdu 2,24% en clôture sur des prises de bénéfices après avoir ouvert en hausse de plus de 3%. Le réal est momentanément monté à 3,60 pour un dollar, au plus haut face à la devise américaine depuis avril, avant de retomber lui aussi en fin de séance.

Bolsonaro : ce qu’il veut faire / © AFP / Valentina BRESCHI

Les marchés sont dans l’expectative de mesures concrètes et rapides pour redresser une 8e économie mondiale chancelante.

Le président élu, qui n’a fait voter que deux lois en 27 ans de députation, arrive à la tête d’un pays de 208 millions d’habitants sans aucune expérience du pouvoir, comme ses futurs ministres.

Une fois installé dans le palais du Planalto à Brasilia, l’ancien capitaine aura aussi fort à faire pour recoller les morceaux d’un pays qui s’est fracturé profondément.

Haddad félicite Bolsonaro, président élu au Brésil, sur Twitter / © twitter/AFP / –

Les plus optimistes pensent que cet admirateur de la dictature militaire (1964-85) abandonnera sa rhétorique au vitriol une fois au pouvoir. Mais d’autres le voient gouverner d’une manière très idéologique et faire prendre un virage vertigineux au Brésil.

– « Consolider la démocratie  » –

Bolsonaro sera sous la surveillance de la communauté internationale. Il a déjà reçu lundi de l’Union européenne, qui lui a demandé de « consolider la démocratie », le signal qu’il serait sous le radar. A Paris, le président Emmanuel Macron lui a aussi rappelé la nécessité du « respect » des « principes démocratiques ».

Mais à Rome, Matteo Salvini, patron de l’extrême droite italienne et homme fort du gouvernement, s’est félicité qu' »au Brésil aussi les citoyens ont chassé la gauche! ». Steeve Bannon, ex-conseiller de la Maison blanche, s’est réjoui de l’arrivée au pouvoir d’un « leader populiste nationaliste ».

Le président américain Donald Trump avait téléphoné à Bolsonaro, qui l’admire, dès dimanche soir pour le féliciter, ce qu’a fait lundi le président russe Vladimir Poutine dans un communiqué. Lundi, Trump a souhaité dans un tweet « un rapprochement dans les domaines commercial et militaire » avec Brasilia.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu l’a invité en Israël. Bolsonaro veut, comme Trump en mai, faire le transfert hautement polémique de l’ambassade du Brésil de Tel-Aviv à Jérusalem.

Bolsonaro aura-t-il les moyens de mettre en oeuvre sa politique? « Il sera face au Congrès le plus fragmenté de l’Histoire », relève Gaspard Estrada, specialiste de l’Amérique latine à Sciences Po.

Le président « sera tenté de prendre des mesures très dures, sans passer par le Parlement », où il aura beaucoup de mal à former une majorité, dit M. Estrada, qui « craint des dérapages dès le début de son mandat ».

Romandie.com avec(©AFP / (30 octobre 2018 02h34)

Angola: João Lourenço devient président du MPLA

septembre 9, 2018

 

Le président angolais João Lourenço en novembre 2017. © Themba Hadebe/AP/SIPA

Le chef de l’État angolais a été élu président du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) lors du VIe congrès extraordinaire du parti, samedi 8 septembre. Il succède au « camarade » José Eduardo dos Santos, qui aura régné sur le parti pendant trente-neuf ans.

Le chef de l’État angolais, João Lourenço (JLo), a été élu président du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) lors du VIe congrès extraordinaire du parti, qui s’est tenu samedi 8 septembre au centre de conférence de Belas, au sud de Luanda. Il est le troisième président de l’histoire de la formation créée en 1956, après Agostinho Neto et José Eduardo dos Santos (Zedù).

Cet événement, qualifié d’historique, permet au chef de l’État d’achever sa prise de pouvoir,, commencée il y a dix-huit mois, lorsqu’il a été officiellement désigné candidat du MPLA pour l’élection générale d’août 2017. Le parti était dirigé d’une main de fer par son prédécesseur depuis trente-neuf années.

Dos Santos ému et acclamé

L’ancien président a été largement honoré et généreusement acclamé par les centaines de « camarades » présents, tous habillés d’une chemise et d’une casquette aux couleurs du parti – rouge et noir.

« Nous ouvrons aujourd’hui une nouvelle ère dans l’histoire du parti », a-t-il déclaré, d’une voix hésitante, visiblement ému pour son dernier discours. « Il n’existe aucune activité humaine exempte d’erreurs. J’assume celles que j’ai faites car on dit que l’on apprend de ses erreurs », a-t-il aussi reconnu.

La fin de son règne avait été très critiquée, jusque dans les rangs du MPLA. Accusé de népotisme, Zedù s’est résigné à annoncer la fin de sa carrière politique en 2016. Il avait alors indiqué vouloir « quitter la vie politique » en 2018, un an après l’élection générale.

Artisan de la paix et de la reconstruction

Après avoir envisagé de repousser d’un an son départ, dos Santos a finalement tenu parole, et ce dans un contexte difficile pour lui et sa famille : deux de ses enfants, Isabel et José Filomeno, sont aujourd’hui visés par des enquêtes judiciaires et la plupart de ses fidèles ont été écartés par JLo, investi à la tête du pays le 26 septembre 2017

Malgré tout, le « camarade président » demeure, aux yeux d’une partie des Angolais, l’artisan de la paix et de la reconstruction, celui qui a mis fin  à 27 années de guerre civile après la mort au combat, en 2002, de son ennemi Jonas Savimbi, le leader de l’Unita.

Avec la prise du parti, João Lourenço a désormais les mains libres pour écrire sa propre page de l’histoire angolaise.

Jeuneafgrique.com  par

Ukraine: Donetsk rend hommage à son « président » assassiné

septembre 2, 2018

Des dizaines de milliers de personnes se sont recueillies le 2 septembre 2018 sur le cercueil du principal dirigeant séparatiste prorusse de l’est de l’Ukraine Alexander Zakhartchenko, tué dans un attentat. / © AFP / ALEKSEY FILIPPOV

Applaudissements, larmes et des « merci! » lancés en direction du cortège funéraire: des dizaines de milliers de personnes ont rendu hommage dimanche à Donetsk au principal dirigeant séparatiste prorusse de l’est de l’Ukraine, Alexandre Zakhartchenko, tué vendredi dans une explosion.

Zakhartchenko, 42 ans, « président » de la République populaire autoproclamée de Donetsk (DNR), est la personnalité la plus prééminente parmi les insurgés prorusses tués en quatre ans de conflit. « Un héros » et un « frère », selon un proche du président russe Vladimir Poutine.

La foule d’admirateurs, dont de nombreux en larmes, une fleur à la main, s’était massée dans les rues pour voir passer le cercueil, en route vers le cimetière. Il avait été exposé plus tôt, durant quelques heures, dans un théâtre.

Selon les autorités locales, une centaine de milliers de personnes se sont déplacées pour ce dernier hommage. Parmi elles, se trouvait le président de la république séparatiste d’Ossétie du Sud, Anatoli Bibilov, et Alexandre Zaldostanov, patron des « Loups de la nuit », club de motards pro-Poutine dont des membres ont combattu dans l’est de l’Ukraine.

Dans un communiqué diffusé par l’agence de presse officielle de DNR, un proche conseiller de M. Poutine, Vladislav Surkov, a parlé du séparatiste comme d’un « frère ».

« Tu es un vrai héros et c’est un honneur immense d’être ton ami », a également déclaré M. Surkov, appelant Zakhartchenko « Sacha », le diminutif de son prénom.

Des dizaines de milliers de personnes ont assisté aux funérailles d’Alexander Zakharchenko « président » de la République populaire de Donetsk, le 2 septembre 2018. / © AFP / Aleksey FILIPPOV

Vladimir Poutine avait présenté ses condoléances vendredi à la famille de Zakhartchenko et aux habitants de l’est de l’Ukraine.

Les transports publics ont été temporairement suspendus dans la ville, où un deuil de trois jours a été proclamé, et des hommes armés en treillis coordonnaient la circulation dans le centre de Donestk.

D’énormes pancartes ont été érigées avec des portraits de Zakhartchenko et sur l’une d’elles, l’un de ses slogans: « Nous avons une mère patrie: la Russie ».

« Ils nous ont pris une partie de notre âme », lâche Oksana, une femme de 41 ans qui refuse de révéler son nom. « Il était comme un membre de la famille. C’est une perte personnelle pour moi ».

Dans la foule, nombreux sont ceux à accuser l’Ukraine de la mort de leur leader.

Alexander Timofeev, ministre du Revenu de la République autoproclamée de Donetsk le 2 septembre 2018 devant le cercueil du « président » Alexander Zakharchenko, tué dans une explosion / © AFP / Aleksey FILIPPOV

« Nous n’oublierons jamais cette tragédie, nous ne pardonnerons jamais », assure Sergueï Kapustin, 35 ans.

– A Kiev, on célèbre –

A Kiev, plusieurs dizaines de militants politiques ont eux célébré la mort de l’ennemi juré des autorités pro-occidentales, en dressant une table devant l’ambassade de Russie.

Ils y ont bu du vin pétillant et mangé du poulet devant des portraits de Vladimir Poutine, Zakhartchenko, et l’idole de la chanson soviétique, Iossif Kobzon, décédé également cette semaine. Ils leur ont ensuite jeté des os de poulet.

Les autorités rebelles et Moscou soupçonnent Kiev d’être à l’origine de l’explosion, tandis que l’Ukraine attribue cet assassinat aux querelles internes au mouvement rebelle, « pantins soutenus et financés » par Moscou selon les mots d’une porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Ukraine : Donetsk rend hommage à son « président » assassiné / © AFP / Sergey Volskiy

Alexandre Zakhartchenko était devenu un chef de guerre dès le début du conflit entre les séparatistes et l’armée ukrainienne. En novembre 2014, quelques mois après que les territoires rebelles de l’est de l’Ukraine eurent proclamé leur indépendance, il était élu président de la DNR avec plus de 81% des suffrages.

Sa mort marque la fin des dirigeants historiques des territoires séparatistes.

Moscou a qualifié cet assassinat de « provocation », estimant qu’il allait entraîner une aggravation des tensions dans la région.

Le conflit entre séparatistes prorusses et armée ukrainienne a fait plus de 10.000 morts depuis son déclenchement en 2014.

Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir militairement les séparatistes de l’Est de l’Ukraine, ce que Moscou dément avec véhémence.

Romandie.com avec(©AFP / (02 septembre 2018 18h05)

Emmerson Mnangagwa investi président d’un « nouveau  » Zimbabwe

août 26, 2018

Le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa (à gauche) prête serment à Harare le 26 août 2018 à Harare / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

Le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a prêté serment dimanche en appelant ses compatriotes à tourner la page des élections, jugées frauduleuses par l’opposition, et à se mettre au travail pour redresser tous ensemble son économie en ruines.

En signe d’apaisement, le nouveau maître du pays a profité de son discours d’investiture pour annoncer une enquête sur la répression meurtrière, à ses yeux « inacceptable », de la manifestation post-électorale du 1er août, qui a fait 6 morts.

« Voici le nouveau Zimbabwe, l’aube d’une 2e république du Zimbabwe », a lancé M. Mnangagwa devant plusieurs milliers de ses partisans enthousiastes et une brochette de chefs d’Etat africains réunis dans un stade de la capitale Harare.

Emmerson Mnangagwa, 75 ans, a pris la tête du Zimbabwe en novembre dernier après la démission de Robert Mugabe, lâché par l’armée et son parti au pouvoir, la Zanu-PF, au terme d’un règne autoritaire de trente-sept ans.

Candidat de la Zanu-PF, l’ancien vice-président a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle du 30 juillet, crédité de 50,8% des suffrages contre 44,3% à son rival du Mouvement pour un changement démocratique (MDC), Nelson Chamisa.

Arguant de nombreuses fraudes, le MDC a contesté ces résultats devant la Cour constitutionnelle.

Un soldat et sa famille passent devant une banderole félicitant le président du Zimbabwe Emmerson Mnangwga avant sa prestation de serment le 26 août 2018 à Hararen / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

Mais la plus haute instance judiciaire du pays a validé finalement le scrutin vendredi, estimant que l’opposition n’avait pas fait la preuve de ces irrégularités.

Dans son premier discours de président élu, celui qui a été surnommé le « Crocodile », pour son caractère dur et intransigeant, a lancé un appel à l’unité du pays.

– ‘Création d’emplois’ –

« Nous sommes tous zimbabwéens, ce qui nous unit est plus fort que ce qui pourra jamais nous séparer », a-t-il lancé, « maintenant que les élections sont derrière nous, nous devons maintenant nous concentrer sur les défis économiques de notre nation ».

Sorti exsangue de l’ère Mugabe, le Zimbabwe connaît une crise économique et financière catastrophique, avec un taux de chômage estimé à plus de 90% de la population.

Des femmes font la queue pour assister à la cérémonie d’investiture du président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa, le 26 août 2018 à Harare / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

« Nous allons lancer des mesures pour attirer les investissements nationaux et étrangers (…), la créations d’emplois sera au coeur de nos efforts », a-t-il lancé devant la foule.

« Mnangagwa est l’homme qu’il nous faut pour mener le Zimbabwe à la prospérité », s’est réjoui un de ses partisans, Blessing Muvirimi, assis au milieu des banderoles « célébrons un nouveau Zimbabwe » ou « tolérance zéro pour la corruption » déployées dans le stade.

« Nous, nous voulons que le peuple s’unisse et travaille main dans la main », a renchéri un autre, Malvern Makoni.

L’opposition a déjà opposé aux appels à l’union du vainqueur une sèche fin de non-recevoir.

« Je me considère légitimement comme le dirigeant du Zimbabwe (…) nous avons remporté une nette majorité », avait déclaré samedi devant la presse Nelson Chamisa, qui a délibérément boudé la cérémonie d’investiture.

Le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa arrive avec son épouse Auxilia pour prêter serment le 26 août 2018 à Hararen / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

« La voie juridique n’est pas la seule vers la liberté, la Constitution nous donne le droit de manifester pacifiquement », a-t-il dit.

– ‘Inacceptable’ –

La campagne pour les élections générales est apparue plus ouverte que lors des scrutins précédents, systématiquement entachés des violences du pouvoir contre ses adversaires.

Mais les fraudes alléguées par l’opposition et, surtout, la sanglante répression par l’armée de la manifestation du 1er août ont ravivé le spectre du passé. Plusieurs dizaines de partisans de l’opposition ont également été arrêtés ces derniers jours, a accusé le MDC.

M. Mnangagwa a regretté dimanche la répression du rassemblement du 1er août. « L’incident violent isolé et malheureux du 1er août était regrettable et totalement inacceptable », a-t-il dit, « j’annoncerai bientôt la nomination d’une commission d’enquête ».

Le président de Republique démocratique du Congo Joseph Kabila (au centre) arrive à la cérémonie de prestation de serment de son homologue zimbawéen Emmerson Mnangagwa le 26 août 2018 à Harare / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

Les observateurs internationaux ont pour la plupart accordé leur onction au déroulement du scrutin.

L’Union européenne (UE) a exprimé des réserves, notamment sur le libre accès aux médias publics. Plus sévère, une mission américaine a conclu que le Zimbabwe ne disposait « pas encore de la culture démocratique et tolérante » requise.

De nombreux chefs d’Etat africains ont apporté par leur présence dimanche à l’investiture de M. Mnangagwa leur onction au scrutin.

Parmi eux figurent le Sud-Africain Cyril Ramaphosa, le Zambien Edgar Lungu, le Rwandais Paul Kagame et le président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila.

L’ex-président Robert Mugabe s’est excusé et s’est fait représenter par sa fille Bona. Celui qui avait traité son successeur de « traître » après sa chute lui a toutefois envoyé ses « chaleureuses félicitations », selon un message lu par… M. Mnangagwa.

Romandie.com avec(©AFP / (26 août 2018 16h57)