Posts Tagged ‘Présidentielle 2012’

2012: Morin réaffirme son ambition

septembre 3, 2011

Le président du Nouveau centre Hervé Morin a réaffirmé aujourd’hui son ambition de représenter les couleurs de son camp à la présidentielle, lors de son discours de rentrée, dans l’Eure.

« Mon calendrier est clair, continuer à aller à la rencontre des Français, décliner mon projet (…) me préparer pour la présidentielle dans un cadre politique clair », a lancé Morin, devant un peu plus de 300 sympathisants. « Je considère qu’aujourd’hui il y a deux candidats potentiels à l’élection centriste. Cette question-là sera réglée dans plusieurs semaines », a-t-il ajouté en marge de son discours, en estimant que Jean-Louis Borloo était lui aussi « déterminé ».

Lors de son discours, il a mis l’accent sur la nécessité que le candidat des centristes « soit indépendant de l’UMP », une allusion claire au Parti radical de Borloo, avec lequel il est allié dans l’Alliance républicaine, écologiste et sociale (ARES). « Indépendant financièrement. Indépendant intellectuellement. Mais aussi indépendant politiquement. « Celui qui sera désigné, en clair Jean-Louis Borloo ou moi, devra prendre l’engagement d’aller jusqu’au bout. Quels que soient les sondages », « les pressions » ou les « difficultés » de la campagne, a ajouté l’ex-ministre de la Défense, dont la rentrée devance d’une semaine l’université d’été de l’ARES, à la Grande-Motte.

Besoin d’augmenter les impôts

Dans son discours, qui a pris la forme d’une feuille de route présidentielle, le patron du NC a pris la défense de l’euro mais appelé à « porter un regard sans concession » sur « l’état calamiteux de nos finances publiques ». « Nous aurons besoin d’augmenter les impôts », a-t-il prévenu, tout en appelant à rééquilibrer la fiscalité au profit des PME.

Jugeant trop faible le plan de redressement des finances du gouvernement, il s’est prononcé pour une taxation des hauts revenus à partir de 200.000 euros et non 500.000, comme prévu dans le plan d’austérité du gouvernement.

Quant à l’inscription dans la Constitution de la règle d’or sur l’équilibre des finances publiques, il a appelé à un référendum populaire si le PS maintenait son opposition à l’adopter en Congrès.

Lefigaro.fr avec AFP

Le retour éventuel de Strauss-Kahn, un handicap pour le PS

août 24, 2011

PARIS (Reuters) – Un retour de Dominique Strauss-Kahn sur la scène politique française serait un lourd handicap pour le Parti socialiste dans la course à l’élection présidentielle de 2012, estiment des analystes.

L’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) n’a pas dévoilé ses intentions mardi après l’abandon par un juge de New York des poursuites pour tentative de viol le 14 mai dernier sur Nafissatou Diallo, une femme de chambre avec laquelle il a admis avoir eu un rapport sexuel consenti.

« J’ai hâte de rentrer dans mon pays », a-t-il déclaré devant son domicile provisoire de Manhattan. « Je m’exprimerai plus longuement quand je serai de retour. »

Certes, l’ancien favori des sondages est définitivement hors course pour la candidature à la présidentielle et même l’un de ses lieutenants les plus fidèles, Jean-Christophe Cambadélis, estime dans Libération de mercredi que « la thèse d’un retour à la manière du comte de Monte-Cristo est un peu romanesque ».

Mais Dominique Strauss-Kahn pourrait selon les analystes être tenté par un retour en politique pour faire oublier ce qu’il a qualifié mardi d' »épreuve terrible et injuste ».

« Les hommes politiques qui pensent qu’ils ont subi un déshonneur immérité pensent toujours qu’ils ne peuvent réparer ça qu’en revenant en politique », explique Stéphane Rozès, président de Cap (Conseil analyses et perspectives).

Pour lui, Dominique Strauss-Kahn et son épouse, Anne Sinclair, sont dans cet état d’esprit pour « laver leur honneur ».

Les amis de l’ancien ministre de l’Economie, qui se disent unanimement soulagés, semblent prêts à lui faire une place, même s’ils soulignent que c’est à « DSK » de dire ce qu’il veut faire.

QUE DU BONHEUR ?

Martine Aubry, qui avait conclu un pacte avec Dominique Strauss-Kahn et ne s’est lancée dans la course à la candidature socialiste qu’après son inculpation à New York, est sans doute celle qui a été le plus loin, si l’on excepte les lieutenants de l’ancien directeur général du FMI.

« C’est du bonheur », a-t-elle dit. « Dominique est de toutes façons utile à la France, son pays auquel il est tellement attaché, et il le sera sous les formes qu’il choisira. »

La promesse d’accueillir le fils prodigue de la social-démocratie risque toutefois d’être en contradiction avec l’état de l’opinion publique française, qui semble avoir tiré un trait sur son retour sur la scène politique.

Ainsi, dans le baromètre Ipsos-Le Point publié lundi, il ne recueille que 28% d’opinions favorables.

Pour Stéphane Rozès, il y a une fracture entre les élites, notamment socialistes, et l’opinion française.

« Ça provient de ce que les dirigeants socialistes mésestiment la dimension symbolique de la politique. Ils ne voient pas à quel point on peut judiciairement l’emporter sur les faits et à quel point on peut être politiquement affaibli par tout ce qui s’est passé autour de l’affaire DSK », dit-il.

Pour lui, même si les Français ne sont pas des puritains, « la vie privée de Dominique Strauss-Kahn a été suffisamment étalée pour que dorénavant, lorsqu’il parlera politique (…), ils n’aient pas immédiatement en mémoire ce qu’ils ont appris ».

PAS SUR LA PHOTO

La réputation de « séducteur » de l’ancien directeur général du FMI leur est d’ailleurs rappelée quotidiennement par les humoristes, qui raillent son comportement sur toutes les radios dans la grande tradition gauloise.

Le caricaturiste le plus influent de France, Plantu, représente dans Le Monde « DSK » en homme verdâtre pourchassant les femmes et dont le costume porte des taches douteuses.

En France, les accusations de tentative de viol portées par la journaliste Tristane Banon pour des faits présumés remontant à 2003, sur lesquelles une enquête est en cours, contribueront également à alimenter la chronique judiciaire.

Une partie de la gauche a d’ailleurs rompu avec le concert d’autocongratulation qui a suivi l’abandon des poursuites.

L’ancienne candidate communiste à la présidentielle, Marie-George Buffet, qui a siégé dans le même gouvernement que Dominique Strauss-Kahn en 1997, a qualifié l’abandon des poursuites de « mauvaise nouvelle pour la justice et une mauvaise nouvelle aussi pour les femmes ».

La droite se montre prudente mais certains de ses membres, à l’instar des associations féministes, sont incisifs.

« En montrant le vrai visage de M. Strauss-Kahn, la politique française a été débarrassée d’un individu indigne de toute représentation démocratique », a déclaré la députée UMP François Hostalier, selon laquelle on ne peut pas faire « comme s’il ne s’était rien passé » à New York.

Pour le politologue Dominique Reynié, un retour éventuel de Dominique Strauss-Kahn s’apparenterait à un cadeau empoisonné pour le PS qui s’apprête à désigner en octobre son candidat à la présidentielle dans un climat déjà tendu par les rivalités.

« Je crois que ça compliquera beaucoup la tâche de la gauche et que ça l’embarrassera », a-t-il dit sur France 5.

Stéphane Rozès estime que cela risque surtout de desservir Martine Aubry, qui est selon lui tentée de rechercher son appui, contrairement à son principal rival, François Hollande.

« Dominique Strauss-Kahn et l’affaire de New York ont suffisamment marqué l’opinion pour que le seul fait qu’il soit sur la même photo aux côtés de Martine Aubry vienne complètement brouiller le rapport de Martine Aubry avec les Français », estime-t-il en jugeant que cela peut la faire perdre.

La seule contribution utile que l’ancien ministre puisse apporter à la gauche serait d’aider « ponctuellement à la résolution d’un certain nombre de problèmes des Français sous une forme très particulière, discrète », dit-il.

Reuters par Yves Clarisse

Martine Aubry officiellement candidate pour 2012

juin 28, 2011

MARTINE AUBRY OFFICIELLEMENT CANDIDATE POUR 2012 « J’ai décidé de proposer ma candidature à l’élection présidentielle ». L’annonce est sobre. Elle était attendue. Martine Aubry a annoncé mardi matin, à la gare Saint-Sauveur de Lille (Nord), qu’elle se lançait dans la course à la primaire socialiste. Depuis son fief, elle a énuméré son programme de campagne. « Dans moins d’un an a lieu l’élection présidentielle. La France a rendez-vous avec la démocratie », a-t-elle déclaré. Haut blanc et veste noir, la maire de Lille a affirmé vouloir « plus que tout rassembler ». « Je prends aujourd’hui devant vous l’engagement de la victoire en 2012 », a-t-elle lancé, épinglant au passage la droite qui « veut faire peur avec l’insécurité » alors que la première secrétaire du Parti socialiste dit « vouloir la combattre». « Nous rêvons d’un vrai changement au profit de tous, un changement dont les mots se transforment en acte. Je suis enthousiaste à l’idée d’aller à votre rencontre. » Martine Aubry a également promis de « nouvelles conquêtes comme l’égalité des droits. Et bien sûr je pense déjà à l’égalité entre les hommes et les femmes dans le domaine salarial notamment ».

Soutien de Fabius et Delanoë

Martine Aubry a lancé hier son site internet, tout en faisant son arrivée sur Twitter, par un simple message : « Retrouvons-nous demain à 11h30 sur martineaubry.fr. Je compte sur vous. M.A. » Jusqu’alors, la première secrétaire du Parti socialiste s’était refusée à tout commentaire ou annonce prématurée par volonté de respecter le programme qu’elle avait elle même fixé : pas de déclaration avant le 28 juin, date officielle d’ouverture des candidatures. La dame des 35 heures dispose pourtant du soutien de nombreux « éléphants », à commencer par Laurent Fabius et Bertrand Delanöe. Des alliés utiles pour la fille de Jacques Delhors qui va devoir s’imposer dans son propre camp. Elle va en effet devoir affronter les candidats déjà déclarés que sont Ségolène Royal, François Hollande, Arnaud Montebourg ou encore Manuel Valls.

« Etre utile à mon pays »

Martine Aubry était liée jusqu’à peu à Dominique Strauss-Kahn par le fameux « pacte de Marrakech » – l’un ne devait pas aller contre l’autre. Ils devaient d’ailleurs décider en juin qui des deux étaient le mieux placé pour se déclarer. Mais la mise en examen de DSK, accusé de tentative de viol et agression sexuelle par une femme de chambre, a redistribué les cartes. Ces dernières semaines, le discours de la maire de Lille a progressivement gagné en confiance. « Mon envie, c’est que la gauche gagne, et mon envie c’est d’être utile à mon pays », a-t-elle martelé fin mai sur France 2. Celle que la droite compare à Angela Merkel dit y penser depuis « longtemps », « bien avant » l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn. Aujourd’hui, Martine Aubry est prête à passer de première secrétaire à candidate à la présidentielle.

Les primaires socialistes s’achèveront les 9 et 16 octobre prochains. Le PS espère entre un et quatre millions d’électeurs.

Claire Hache