Posts Tagged ‘Présidentielle’

Au Venezuela, Nicolas Maduro sans opposition à la présidentielle

février 21, 2018

Angel Oropeza, le coordinateur du principal parti de l’opposition vénézuélienne, la MUD, lors d’une conférence de presse, le 21 février 2018 à Caracas / © AFP / FEDERICO PARRA

L’opposition vénézuélienne a exclu de participer au scrutin présidentiel du 22 avril en dénonçant un « simulacre d’élection », laissant la voie libre à une réélection du chef de l’Etat socialiste Nicolas Maduro, à la tête d’un pays au bord de l’implosion.

« Ne comptez pas sur l’Unité démocratique ni sur le peuple pour valider ce qui, jusqu’à présent, n’est qu’un simulacre frauduleux et illégitime d’élection présidentielle », a annoncé dans un communiqué la MUD, la principale coalition opposition.

Le scrutin du 22 avril « n’est qu’un show du gouvernement pour simuler une légitimité dont il ne dispose pas, tandis que les Vénézuéliens souffrent et agonisent », a ajouté Angel Oropeza, le coordinateur de la MUD au cours d’une conférence de presse.

Parmi les principales exigences des adversaires du gouvernement figurent la présence d’observateurs internationaux « indépendants », la tenue du scrutin au « deuxième semestre 2018 », la désignation d’un Conseil national électoral « équilibré « , le vote des Vénézuéliens de l’extérieur et un égal accès aux médias, selon le texte.

La MUD laisse la porte ouverte à une participation si ces conditions venaient à être acceptées par le camp présidentiel.

Nicolas Maduro, élu en 2013, fait face à un taux d’impopularité de 75%, en raison notamment de l’effondrement économique du Venezuela, un pays pétrolier frappé par de graves pénuries de médicaments et d’aliments.

Mais en avançant la date de l’élection présidentielle, qui s’était tenue jusqu’ici en fin d’année, le chef de l’Etat a réussi à déstabiliser l’opposition, déjà affaiblie et divisée. Désormais sans adversaire de poids, il semble assuré de décrocher un second mandat, jusqu’en 2025, selon les analystes.

Sous son air bonhomme et son imposante moustache brune, cet ancien chauffeur d’autobus de 55 ans, moqué et critiqué à ses débuts, tient fermement depuis 2013 les rênes de ce qui fut un riche pays pétrolier.

– ‘Coup de grâce’ –

L’héritier politique du défunt Hugo Chavez a réaffirmé mercredi qu’il cherchera la réélection avec ou sans opposition. Pour l’heure, il n’a face à lui que deux « petits » candidats déclarés: le pasteur évangélique Javier Bertucci et l’opposant Claudio Fermin, qui ne fait pas partie de la MUD.

« Maduro se trouve sans doute au moment où il est le plus faible, mais il puise sa force dans l’affaiblissement, les erreurs et le manque de cohésion et de cohérence de l’opposition. C’est ce qui lui donne de l’oxygène », déclare à l’AFP Félix Seijas, directeur de l’institut de sondage Delphos.

La décision de la coalition d’opposition de boycotter l’élection présidentielle intervient après deux semaines de débats et de consultations entre la vingtaine de partis qui la composent.

Une partie de la communauté internationale, notamment l’Union européenne et la Colombie, a prévenu qu’elle ne reconnaîtrait pas les résultats de cette élection, que Washington juge « ni libre, ni juste ».

Mais l’unité qui avait fait la force de la MUD aux législatives de fin 2015, lui permettant de remporter une victoire historique qui avait mis fin à une hégémonie chaviste de près de vingt ans, n’est plus.

Certaines figures de l’opposition, comme l’ex-président du Parlement Henry Ramos Allup, ne cachent pas leurs ambitions présidentielles, tandis qu’un dissident du chavisme, Henri Falcon, semble décidé à participer au scrutin. Aucun des deux n’était présent mercredi à la conférence de presse.

« Si la MUD n’a pas de plan, si dans les deux prochains mois elle échoue à mobiliser la société civile, je pense qu’elle va disparaître », tranche M. Seijas.

Le camp présidentiel pourrait porter le « coup de grâce » à l’opposition, selon l’expression de Félix Seijas. Le chef de l’Etat a en effet appelé mercredi à avancer les législatives de 2020 au 22 avril prochain, alors que le Parlement est le seul organe de pouvoir contrôlé par l’opposition dans ce pays en crise.

Ce nouveau bouleversement du calendrier électoral devrait être proposé prochainement à l’Assemblée constituante, institution dotée de pouvoirs élargis et uniquement composée de fidèles du président.

Depuis l’arrivée de l’opposition aux manettes de l’Assemblée nationale, en janvier 2016, les chocs avec les autres pouvoirs – de l’exécutif au judiciaire en passant par l’autorité électorale – ce sont multipliés, accentuant la crise politico-économique dans ce pays au bord du gouffre. Une vague de manifestations quasi-quotidiennes entre avril et juillet s’est soldée par plus de 125 morts.

Romandie.com avec(©AFP / 21 février 2018 22h31)                

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Russie: une vidéo antigay pour appeler à voter Poutine

février 19, 2018

Arrestation d’une militante des droits des homosexuels à Moscou, le 25 septembre 2013 / © AFP/Archives / ALEXANDER NEMENOV

Une vidéo appelant les électeurs russe à voter pour Vladimir Poutine à l’élection présidentielle du 18 mars, sous peine d’affronter un « cauchemar » dans lequel ils devront héberger des gays chez eux, était devenue virale en Russie lundi.

Cette vidéo dont les auteurs sont inconnus, diffusée dès vendredi sur les réseaux sociaux, totalisait déjà plus de trois millions de vues lundi.

Affichant au casting une brochette d’acteurs connus, cette vidéo commence par montrer un père de famille qui, après avoir affirmé ne pas aller voter, se retrouve en rêve dans un monde sans Vladimir Poutine.

Il se voit alors obligé de partager son toit avec un homosexuel peu sympathique, installé dans sa cuisine en train de se faire les ongles, puis de manger une banane dans une pose très suggestive.

Ce passage fait référence à la candidate libérale Ksenia Sobtchak, qui s’est prononcée pour la légalisation du mariage homosexuel en Russie, une perspective peu probable dans ce pays très conservateur.

Lundi, Ksenia Sobtchak a condamné cette vidéo, ajoutant sur sa page Instagram que « présenter la communauté LGBT comme une menace n’est pas une plaisanterie ».

La vidéo, également accessible sur YouTube, a été particulièrement regardée sur la page Facebook d’un analyste politique soutenant le Kremlin, Alexandre Kazakov, qui se présente comme un conseiller des séparatistes prorusses installé à Donetsk (est de l’Ukraine).

Contacté par l’AFP, Alexandre Kazakov a dit « ignorer qui a commandé et qui a fabriqué » la vidéo en question.

Deux autres vidéos, visant à mobiliser l’électorat avant l’élection présidentielle sans surprise organisée le 18 mars, ont été simultanément diffusées.

Dans la première, qui porte le titre de « Sexe et vote : réservés aux adultes » et a été visionnée sur YouTube plus de 700.000 fois, une jeune fille fait la connaissance d’un jeune homme dans une boîte de nuit. Avant de l’embrasser, elle lui demande s’il a bien 18 ans et, après sa réponse affirmative, s’il a bien été voter à la présidentielle

Sa réponse étant cette fois négative, elle disparaît en lui lançant : « Et tu dis que tu es un adulte ? ».

La deuxième vidéo montre la course effrénée d’un chauffeur de taxi pressé par sa cliente enceinte, qui le fait s’arrêter devant un bureau de vote où elle peut voter à la dernière minute.

Le taux de participation est la principale préoccupation du Kremlin, l’opposant numéro 1 Alexeï Navalny ayant été écarté de la présidentielle et appelant à boycotter le scrutin.

Romandie.com

Venezuela: sonné, l’opposition hésite à participer à la présidentielle

février 8, 2018

Le député de l’opposition Julio Borges, le 7 février 2018 à l’issue d’une réunion avec des représentants du gouvernement vénézuélien à Saint-Domingue, en République dominicaine / © afp/AFP / Erika SANTELICES

L’opposition vénézuélienne, ébranlée par l’annonce de la date de l’élection présidentielle anticipée, fixée au 22 avril, doit décider de la stratégie à suivre, entre boycott du scrutin et participation pour contrer une possible réélection de Nicolas Maduro.

« Nous sommes comme ces boxeurs qui ont reçu tant de coups qu’ils sont étourdis », a admis jeudi le principal négociateur du camp antigouvernemental Julio Borges, au lendemain du coup de massue asséné par le Conseil national électoral (CNE), accusé de servir le pouvoir.

« Ces élections n’ont pas l’assentiment de tous les partis politiques et limitent la possibilité d’y concourir », a dénoncé le département d’Etat américain, accusant M. Maduro de « continuer à démanteler la démocratie vénézuélienne ».

L’annonce de la date du scrutin par les autorités électorales, quelques heures après l’échec des négociations en République dominicaine entre gouvernement et opposition, est le dernier épisode d’une série de déconvenues qui ont affaibli la MUD, principale coalition des adversaires du président socialiste.

La MUD a ainsi été interdite de participation à la présidentielle par les autorités, de même que ses deux principales figures, Henrique Capriles, qui s’est déjà présenté deux fois, et Leopoldo Lopez, actuellement en résidence surveillée.

En réponse, Julio Borges a appelé son camp, fracturé par de graves divisions, à faire front uni.

La MUD, qui réunit une trentaine de partis, n’arrive pas à s’entendre sur la stratégie pour chasser Nicolas Maduro du pouvoir, une lutte qui a connu une période particulièrement dramatique en 2017 avec quatre mois de protestations violentes au cours desquelles 125 ont été tuées.

« Sans unité, nous sommes morts », a déclaré M. Borges dans un entretien diffusé à la radio, expliquant que l’opposition hésite encore à participer au scrutin.

Deux scénarios sont envisagés: « s’enfermer complètement et que les partis politiques et la société vénézuélienne » refusent d’aller aux urnes, ou présenter un candidat unique de l’opposition afin de montrer au grand jour « toutes les irrégularités » du processus.

– ‘Fraude si nécessaire’ –

M. Borges a ajouté que des réunions étaient prévues entre les dirigeants de la MUD et différents représentants de la société en vue d’étudier la marche à suivre.

Une nouvelle tournée internationale pour dénoncer la situation au Venezuela est également à l’étude.

Au pouvoir depuis 2013 et très impopulaire dans un contexte de grave crise économique, Nicolas Maduro cherche à obtenir un nouveau mandat.

Dans le scénario actuel, « c’est clairement la victoire de Maduro qui se dessine », estime la politologue Francine Jacome, « à moins que l’opposition ne réussisse à s’unir ».

Pour sa part, le président Maduro a déclaré jeudi être prêt à reprendre le dialogue avec l’opposition si elle accepte de signer le document issu des négociations de Saint-Domingue, pour le moment suspendues sine die.

« J’ai signé l’accord de Saint-Domingue », a dit M. Maduro. « J’invite tous les partis politiques de la MUD à signer l’accord. S’il y a de nouveaux sujets, nous continuerons à en discuter ».

Face au risque de nouvelles divisions et devant la perspective d’une réélection de M. Maduro qui semble courue d’avance, l’expert Leandro Area déconseille aux opposants de participer au scrutin. « Il ne s’agit pas de s’abstenir, mais de ne pas participer à une fraude », fait-il valoir.

« Le président Nicolas Maduro va fortement manipuler les règles du jeu afin de s’assurer de sa réélection, même en ayant recours à la fraude si nécessaire, faisant de la rue le moyen le plus sûr pour un changement de régime », abonde le cabinet Eurasia Group.

D’autres experts, comme Luis Salamanca, jugent au contraire que les adversaires du président ne doivent pas lui laisser le champ libre, malgré des « conditions injustes ».

« C’est sur le terrain électoral que se trouvent les principales opportunités de provoquer des (changements) politiques majeurs », souligne-t-il.

Une partie de la communauté internationale, dont l’Union européenne et la Colombie, a déjà dit qu’elle ne reconnaîtrait pas les résultats de ce scrutin, dénoncé par Washington comme n’étant « ni libre, ni juste ».

Jeudi, par 480 voix pour, 51 contre et 70 abstentions, les eurodéputés, réunis en session plénière à Strasbourg, ont « demandé que ces sanctions soient étendues aux principaux responsables de l’aggravation de la crise politique, sociale, économique et humanitaire (au Venezuela), à savoir le président (Maduro), le vice-président (Tareck El Aissami) » et les principaux responsables militaires.

Les Etats-Unis ont déjà pris des sanctions individuelles contre de hauts responsables du gouvernement et interdit aux citoyens et banques américains toute transaction de dette vénézuélienne. Washington envisage de sanctionner aussi les exportations pétrolières du pays.

Romandie.com avec(©AFP / 09 février 2018 04h03)

Présidentielle au Costa Rica: un pasteur évangélique en tête du 1er tour

février 5, 2018

Le pasteur évangélique Fabricio Alvarado, le 4 février 2018 à San José, au Costa Rica / © AFP / Jorge RENDON

Le pasteur évangélique Fabricio Alvarado est arrivé en tête dimanche du premier tour de l’élection présidentielle au Costa Rica, selon des résultats partiels, et poursuivra sa croisade anti-mariage gay lors du second tour le 1er avril.

Selon ces résultats portant sur 86,6% des bureaux de vote, Fabricio Alvarado, du parti Restauration nationale (évangélique), a remporté 24,78% des voix, suivi de l’ancien ministre Carlos Alvarado (sans lien de parenté avec Fabricio), du parti au pouvoir Action citoyenne (centre), avec 21,74%, au terme d’une campagne marquée par le débat sur le mariage homosexuel.

Comme aucun candidat n’a dépassé les 40% au terme de ce premier tour à la forte participation (65,7%), un second tour sera organisé le 1er avril.

Arrivé troisième avec 18,6% des suffrages, l’ex-député Antonio Alvarez, 59 ans, du parti Libération nationale (PLN, social démocrate), a admis sa défaite en fin de soirée.

La campagne avait été dominée par la question du mariage entre personnes du même sexe, à laquelle Fabricio Alvarado, député et pasteur évangélique de 43 ans, s’est dit farouchement opposé.

Le thème est devenu central à partir du 9 janvier, quand la Cour interaméricaine des droits de l’homme (CourIDH), institution émanant de l’Organisation des Etats américains (OEA), a exhorté les pays de la région à reconnaître le mariage gay: une évolution majeure en Amérique latine, où les homosexuels souffrent souvent de discrimination ou de violence.

Bien que non contraignant, cet appel exerce une pression sur les législations locales.

– ‘Choc religieux’ –

Au Costa Rica, petit pays d’Amérique centrale connu comme un havre de démocratie et de stabilité politique, il « a provoqué un choc religieux, ce qui s’est répercuté dans les intentions de vote », selon le Centre de recherche et études politiques (CIEP).

« La religion a joué un rôle très fort dans cette élection », renchérit l’analyste politique Carlos Chinchilla.

Pour le politologue Felipe Alpizar, directeur du CIEP, cela a réveillé la fibre conservatrice des habitants, dont les deux tiers (autour de 65%) rejettent tout à la fois le mariage homosexuel, l’usage récréatif de la marijuana, un Etat laïc, et l’avortement, même en cas de viol.

« C’est peut-être conjoncturel (…) mais cela explique en grande partie la percée d’Alvarado », commente-t-il à l’AFP.

L’incertitude avait toutefois régné jusqu’à l’issue du scrutin, avec encore 36,5% d’indécis à quelques jours du vote, auquel se présentaient 13 candidats pour succéder au centriste Luis Guillermo Solis. Les 57 députés du Parlement monocaméral devaient aussi être choisis dimanche par les 3,3 millions d’électeurs.

Etudiante de 20 ans exerçant son devoir pour la première fois, Nelia Araya a confié à l’AFP se sentir « un peu nerveuse » au moment d’entrer dans son bureau de vote à San José.

Inquiète face au « discours homophobe », elle a raconté avoir convaincu « tout le monde chez (elle) de voter pour que ne gagne pas un candidat qui voudrait enlever des droits aux gens », une claire référence à Fabricio Alvarado, qui a grimpé dans les sondages ces dernières semaines.

« Enfin nous avons un candidat qui partage nos valeurs », a témoigné Delfina Reyes, enseignante à la retraite venue l’applaudir à son bureau de vote, saluant sa campagne axée sur la défense de « la famille » et des « valeurs et principes » chrétiens.

A l’étranger, près de 32.000 Costariciens étaient appelés à s’exprimer, parmi eux le gardien de but du Real Madrid, Keylor Navas, dont l’arrivée au consulat de la capitale espagnole a provoqué une grande effervescence.

Jusqu’ici, dans ce petit pays vivant de l’écotourisme et réputé un des champions mondiaux des énergies renouvelables, les préoccupations des électeurs tournaient autour de la corruption et la hausse de la criminalité, dans un climat d’essor du trafic de drogue.

Romandie.com avec(©AFP / 05 février 2018 14h54)                

Égypte: des personnalités appellent au boycott de la présisentielle

janvier 28, 2018

Des signatures en faveur de la candidature du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pour un deuxième mandat, le 24 janvier 2018 / © AFP / MOHAMED EL-SHAHED

Cinq personnalités égyptiennes ont appelé dimanche au boycott de la présidentielle prévue en mars pour laquelle le chef de l’Etat sortant Abdel Fattah al-Sissi est candidat à sa propre succession, accusant le régime « d’empêcher toute compétition loyale ».

M. Sissi, au pouvoir depuis 2014, est actuellement le seul candidat officiellement en lice pour l’élection dont le premier tour est prévu entre les 26 et 28 mars. Les aspirants à la présidence ont jusqu’à lundi pour déposer leur candidature.

L’appel de ces personnalités a été lancé alors que la course à la présidentielle, où M. Sissi part largement favori, a vu depuis quelques semaines plusieurs prétendants écartés par les autorités. D’autres se sont dits découragés, dénonçant des pressions sur leurs partisans.

Les signataires condamnent « toutes les mesures administratives et sécuritaires prises par le régime actuel pour empêcher toute compétition loyale lors de la prochaine élection » présidentielle.

Le texte, signé entre autres par deux anciens candidats à la présidentielle de 2012, Mohamed Anouar El-Sadate, le neveu de l’ancien président Sadate, et Abdel Moneim Aboul Foutouh, ancien dirigeant des Frères musulmans, appelle « notre grand peuple à boycotter totalement cette élection ».

Il dénonce aussi « le climat de peur » ayant accompagné le processus électoral ainsi qu' »un calendrier électoral ne donnant pas aux candidats une réelle chance de se présenter ».

Hicham Geneina, ex-président de l’Autorité de contrôle des comptes publics et grand pourfendeur de la corruption, a aussi signé le texte. Démis de ses fonctions en 2016 par le président Sissi, il était le responsable de campagne d’un candidat récemment écarté de la présidentielle, l’ex-chef d’Etat-major Sami Anan.

Il a été blessé samedi à l’arme blanche au Caire, son entourage évoquant un « motif politique » pour cette « attaque ». Sami Anan a été écarté de la présidentielle et selon des membres de sa campagne, ni sa famille, ni ses avocats n’ont pu le joindre depuis sa comparution mardi devant un procureur militaire.

Le texte appelant au boycott a également été signé par Hazem Hosni, professeur de sciences politiques à l’université du Caire et Essam Heggy, un éminent scientifique égyptien.

Mercredi, l’avocat défenseur des droits de l’Homme Khaled Ali avait annoncé qu’il renonçait à se présenter à la présidentielle de mars.

D’autres adversaires potentiels ont été ces dernières semaines écartés ou découragés comme l’ancien Premier ministre Ahmed Chafiq.

Romandie.com avec(©AFP / 28 janvier 2018 21h50)

Venezuela: l’opposition déboussolée après son exclusion de la présidentielle

janvier 26, 2018

Le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores (d), lors d’un rassemblement, le 23 janvier 2018 à Caracas / © AFP/Archives / JUAN BARRETO

Déjà divisée et affaiblie, l’opposition vénézuélienne se voit contrainte de se réorganiser après la décision de justice l’écartant de la course à la présidentielle, prévue d’ici fin avril, ouvrant la voie à la réélection de Nicolas Maduro.

Avec cette décision surprise, tombée dans la nuit de jeudi à vendredi, la Cour suprême de justice ordonne à l’autorité électorale d' »exclure la +Table de l’Unité démocratique+ (MUD) » du scrutin. La coalition de la MUD rassemble une trentaine de partis allant de la droite dure au centre.

La plus haute autorité judiciaire, accusée de servir le président socialiste, autorise en outre le Conseil national électoral (CNE) à repousser de six mois, soit après l’élection, l’inscription des principaux partis d’opposition. Ce processus était initialement prévu samedi et dimanche.

Parmi les formations écartées figurent D’abord la justice de l’ex-candidat à la présidentielle Henrique Capriles, Volonté populaire de la figure de l’opposition Leopoldo Lopez et Action Démocratique de l’ancien président du Parlement Henry Ramos Allup.

Capriles et Lopez ont été privés de leurs droits civiques et le second est également assigné à résidence, accusé d’avoir encouragé des manifestations antigouvernementales en 2014 qui ont fait 43 morts.

Impopulaire, à la tête d’un pays ruiné et cerné par les sanctions internationales, Nicolas Maduro avait déjà pris de court mardi l’opposition en avançant la date du scrutin, prévu fin 2018, et en se disant prêt à y participer.

« On va gagner l’élection présidentielle et on va le faire haut la main! », s’est félicité mercredi le chef de l’Etat lors d’un discours, fixant un objectif de 10 millions de voix. Le Venezuela compte quelque 19 millions d’inscrits sur les listes électorales.

– ‘Atteinte à l’équité’ –

« Le TSJ annule le ticket d’entrée de la MUD, la plus populaire de l’histoire du pays », a souligné auprès de l’AFP l’analyste politique Eugenio Martinez. Il faisait référence à la victoire de la coalition d’opposition aux élections législatives de fin 2015, qui avait déclenché une crise politique dans ce pays où toutes les institutions étaient jusqu’alors aux mains des chavistes, du nom de l’ex-président socialiste Hugo Chavez (1999-2013).

La France a condamné vendredi le sort réservé au camp antigouvernemental.

« En décidant d’exclure (..) la coalition d’opposition « Mesa de Unidad Democratica » (MUD), les autorités vénézuéliennes ont une nouvelle fois porté atteinte à l’équité de ces élections, après avoir modifié le calendrier électoral sans concertation avec l’opposition », a déploré le ministère français des Affaires étrangères.

La crise politique au Venezuela s’est doublée d’une grave crise économique, déclenchant des manifestations violentes contre le président Maduro qui ont fait 125 morts d’avril à juillet 2017. A la pénurie de médicaments et d’aliments, s’ajoute une inflation totalement hors de contrôle, attendue à 13.000% en 2018, selon les dernières prévisions du FMI, publiées jeudi.

Le 18 janvier, les 28 pays de l’UE ont donné leur feu vert à de nouvelles sanctions en réponse à la répression de l’opposition au Venezuela, les premières visant des responsables du régime de Nicola Maduro, dont le numéro deux du pouvoir et le ministre de l’Intérieur.

Qualifiant Maduro de « dictateur », les Etats-Unis, suivis par le Canada, ont gelé ses avoirs et interdit à leurs banques et à leurs citoyens d’acheter de nouvelles obligations ou de négocier des accords avec le gouvernement vénézuélien.

En Amérique latine, le Venezuela, autrefois soutenu par les gouvernements de gauche, tels que l’Argentine, le Brésil et le Pérou, apparaît bien seul après le virage régional à droite.

Cependant, malgré la levée de boucliers internationale et des voyants économiques au rouge vif, Maduro, 55 ans, tient bon, en partie grâce au soutien de puissants alliés, la Russie et la Chine, et à sa manne pétrolière.

Divisée et sans leader, l’opposition vénézuélienne se trouve désormais dos au mur avec la décision de la Cour suprême. La MUD, qui n’avait pas encore réagi vendredi, va devoir se réorganiser et de choisir sa stratégie, dans les urnes ou dans la rue.

« Le contrôle institutionnel de Maduro et son habilité à façonner le résultat des élections font des mouvements sociaux le principal catalyseur d’un éventuel changement de régime », souligne le cabinet d’analyse Eurasia group.

Romandie.com avec(©AFP / 26 janvier 2018 17h27)                

Le parti de Lula l’adoube pour la présidentielle au Brésil

janvier 25, 2018

Les ex-présidents brésiliens Luis Inacio Lula da Silva (à droite) et Dilma Rousseff (à gauche) et la senatrice Gleisi Hoffman (au centre) pendant un meeting du Parti des travailleurs pour lancer la candidature de Lula, le 25 janvier 2018 à Sao Paulo / © AFP / Nelson Almeida

Le Parti des travailleurs, loin de désarmer après le grave revers subi par son leader Lula en justice, a confirmé jeudi son intention d’en faire son candidat à la présidentielle d’octobre au Brésil tout en tentant de remobiliser ses troupes.

La direction nationale du parti de gauche (PT) a commencé à se réunir à Sao Paulo en fin de matinée pour adouber Luiz Inacio Lula da Silva comme son candidat à un scrutin dont il est le grand favori, alors même que l’ex-président a perdu son appel mercredi.

« Nous sommes ici pour réaffirmer la candidature de Lula. Il sera notre candidat », a annoncé la présidente du PT Gleisi Hoffmann.

Cette réunion se déroule au siège de la CUT, le plus grand syndicat du Brésil, en présence de Lula et de l’ex-présidente Dilma Rousseff.

« Lula guerrier du peuple brésilien! » scandaient des militants au début de la réunion de l’exécutif du PT.

Trois magistrats de Porto Alegre ont rendu mercredi un jugement aussi unanime qu’implacable en confirmant que Lula était coupable de corruption passive et de blanchiment d’argent pour avoir accepté un triplex d’une entreprise de construction. Ils ont également aggravé sa peine de prison, à 12 ans et un mois.

Mais Lula est resté libre, et libre de faire campagne. Le couperet de la justice n’a pas réduit à zéro ses chances de se présenter pour un troisième mandat à la présidence: ses avocats ont diverses possibilité de recours. Ce n’est qu’après épuisement de tous ces recours qu’il pourrait être déclaré inéligible et éventuellement emprisonné.

« Les deux semaines à venir seront cruciales », a estimé jeudi l’avocat Eugenio Aragao, alors qu’il expliquait la stratégie de la défense de Lula au début de la réunion du PT.

– Troupes démoralisées –

« Maintenant je veux être président de la république », avait lancé Lula après le jugement décrit comme une « mascarade judiciaire » par le PT et qui faisait l’objet de nombreux commentaires dans la presse brésilienne jeudi.

O Globo estimait que « Lula a subi la pire défaite de son parcours politique » et « est plus proche de la prison que du Palais du Planalto », siège de la présidence à Brasilia. Sa « candidature est presque un mirage », ajoutait une éditorialiste.

Pour le quotidien Estado de S. Paulo « le résultat de 3-0 (des juges de Porto Alegre) devrait être suffisant pour convaincre les sympathisants du PT d’arrêter enfin de voir Lula-le-corrompu comme un martyr de la démocratie brésilienne ».

Le PT a seulement annoncé sa décision d’adouber Lula, sans le faire officiellement, la loi électorale ne l’y autorisant pas avant le 20 juillet.

Cette réunion doit aussi permettre au parti de gauche qui était à son apogée lors des années de présidence Lula (2003-2010) de tenter de remobiliser des troupes démoralisées.

La destitution brutale en 2016 –« un coup d’Etat » pour le PT– de Dilma Rousseff, qui avait succédé à son mentor Lula, la claque subie aux municipales la même année, les affaires de corruption autour de Lula (neuf procédures au total) ont ébranlé la foi des militants.

Le PT dispose de 57 députés sur les 513 de la chambre basse et est le deuxième parti dans un hémicycle très atomisé avec des dizaines de formations, après le PMDB de Michel Temer au pouvoir (61). Au Sénat, il n’est que le troisième parti avec neuf sièges sur 81.

Tous les espoirs du PT reposent sur les épaules de Lula, seule figure émergente à gauche, et seul candidat pour lequel, selon les sondages, un tiers des Brésiliens seraient prêts à voter.

Mais Lula est aussi un homme de 72 ans condamné et menacé de prison.

Le PT serait en coulisses en train de réfléchir à un plan B, selon certains analystes. Et peut-être à une candidature de l’ancien ministre Jacques Wagner ou de Fernando Haddad, ex-maire de Sao Paulo.

Romandie.com avec(©AFP / 25 janvier 2018 14h56)                

Égypte/présidentielle: l’ex-Premier ministre Chafiq dit qu’il ne sera pas candidat

janvier 7, 2018

Le Caire – L’ancien Premier ministre égyptien Ahmed Chafiq a indiqué dimanche qu’il ne serait pas candidat à l’élection présidentielle prévue cette année, contrairement à ce qu’il avait annoncé fin novembre.

Dans un communiqué publié sur son compte Twitter, M. Chafiq a affirmé qu’après son expulsion début décembre des Emirats arabes unis, où il était en exil, et son retour au Caire, il s’était « rendu compte » qu’il n’était « pas la meilleure personne » pour le poste.

Le fait d’avoir vécu aux Emirats arabes unis depuis 2012 ne « m’a peut-être pas permis de suivre attentivement ce qu’il se passait de nouveau (en Egypte), ses progrès et ses succès », a expliqué cet ex-Premier ministre de Hosni Moubarak, qui avait été nommé peu de temps avant la chute de ce dernier en 2011.

Candidat à l’élection présidentielle de 2012 et défait par l’islamiste Mohamed Morsi, M. Chafiq avait ensuite dû faire face à la justice pour corruption. Acquitté, il s’était alors réfugié aux Emirats arabes unis.

L’actuel président égyptien Abdel Fattah al-Sissi n’a pas encore officiellement annoncé son intention de briguer un second mandat.

Romandie.com avec(©AFP / 07 janvier 2018 16h40)

Cuba: des élections le 11 mars, un nouveau président le 19 avril

janvier 6, 2018

Le président cubain Raul Castro (G) parle avec le premier vice-président Miguel Diaz-Canel lors d’une session semestrielle de l’Assemblée nationale le 21 décembre 2017 à La Havane / © AFP / Jaime Blez

Le Conseil d’Etat cubain a fixé au dimanche 11 mars les élections générales sur l’île pour désigner les délégués des provinces et les députés à l’Assemblée nationale, un processus qui aboutira le 19 avril à l’élection d’un nouveau président pour remplacer Raul Castro.

Ces élections, qui se tiennent traditionnellement tous les cinq ans en février, ont été reportées cette fois-ci au mois de mars par l’Assemblée nationale, qui a mis en avant les dégâts causés par l’ouragan Irma en septembre. Le cataclysme a fait 10 morts et disparus.

Les électeurs cubains éliront au Parlement les délégués des quinze provinces et un peu plus de 600 députés.

Les députés investiront la nouvelle Assemblée nationale le 19 avril, avec un président, un vice-président et un secrétaire. Ils éliront parmi leurs rangs les 31 membres du Conseil d’Etat.

Le Conseil d’Etat se réunira à son tour immédiatement pour désigner son président, qui remplacera Raul Castro, le frère de Fidel Castro, qui a rempli ces fonctions pendant deux mandats de cinq ans.

Le Parti Communiste cubian (PCC, parti unique) ne désigne pas de candidats, mais supervise le processus électoral.

Romandie.com avec(©AFP / 06 janvier 2018 15h26)

Les premiers résultats de la présidentielle au Liberia attendus jeudi

décembre 27, 2017

George Weah, candidat à la présidentielle, dépose son bulletin de vote lors du 2e tour, le 26 décembre 201 à Monrovia / © AFP / SEYLLOU

Les premiers résultats, encore provisoires, du second tour de la présidentielle au Liberia qui a opposé mardi la légende du foot et sénateur George Weah et le vice-président sortant, Joseph Boakai, sont attendus jeudi.

La Commission électorale nationale (NEC), qui l’a indiqué sur Facebook mercredi soir, n’a pas précisé d’horaire pour cette annonce attendue avec impatience mais sans signe apparent de tension par tout un pays.

Près de trois décennies après le début d’une guerre civile qui a fait 250.000 morts en 14 ans, le Liberia s’apprête à vivre sa première alternance démocratique entre une présidente élue, Ellen Johnson Sirleaf, et son successeur, qui entrera en fonctions le 22 janvier.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et le chef des observateurs de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’ancien président du Ghana John Dramani Mahama, ont tous deux salué « la tenue pacifique » du scrutin, tout comme l’a également fait l’Union européenne.

Organisé au lendemain de Noël, après avoir été reporté de sept semaines en raison de contestations des résultats du premier tour le 10 octobre par plusieurs candidats, le second tour a vu la participation augmenter tout au long de la journée, pour atteindre « environ 55% », selon M. Mahama.

Si elle salue la bonne tenue des opérations jusqu’ici, sans les problèmes d’organisation rencontré début octobre, la Cédéao encourage la NEC à publier rapidement des résultats « afin d’éviter de créer de l’anxiété parmi la population ».

Le dépouillement des bulletins de vote – le pays compte 2,1 millions d’électeurs – devrait se poursuivre pendant un jour ou deux.

Des médias locaux donnaient toutefois en tête George Weah, l’ancien attaquant du PSG et du Milan AC, vainqueur du premier tour avec 38% des voix.

Dans un pays qui n’a pas connu d’alternance démocratique depuis 1944, « cette transition est cruciale. Si le Liberia la réussit, ce sera une victoire pour lui, pour l’Afrique de l’Ouest et pour l’Afrique en général », a déclaré mardi à l’AFP l’ancien président du Nigeria, Goodluck Jonathan, chef des observateurs du National Democratic Institute (NDI), dont le siège est aux Etats-Unis.

– ‘Personne ne veut de problèmes –

« Ne fais pas de bruit. Tu vois bien que j’écoute la radio », lance Samuel Nuahn à son fils de 12 ans. Tout en travaillant dans son garage de la banlieue nord de Monrovia, ce mécanicien de 46 ans, partisan du vice-président Joseph Boakai, garde l’oreille collée à son poste, branché sur une station locale égrenant des résultats partiels.

« C’est du provisoire. Ca ne va pas dans mon sens mais je reste optimiste », a-t-il expliqué à l’AFP. « Quel que soit le résultat, nous l’accepterons sans faire de problèmes. Plus personne ne veut de problème dans ce pays, on n’en a pas besoin ».

« Quelles que soient les provocations, nous ne répondrons pas par la violence », a expliqué le chef de la branche jeunesse de la Coalition pour le changement démocratique (CDC) de George Weah, Jefferson Kotchie, à un groupe de jeunes supporteurs de l’ancien attaquant vedette.

– Atrocités –

Le Liberia est un pays anglophone d’Afrique de l’Ouest, meurtri par quatorze ans d’une guerre civile particulièrement atroce – 250.000 morts entre 1989 et 2003 -, puis par l’épidémie d’Ebola, dont il peine à se redresser.

Il vit encore dans le souvenir de Charles Taylor, 69 ans, ancien chef de guerre puis président (1997-2003), condamné par la justice internationale à 50 ans de prison, qu’il purge en Grande-Bretagne, pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre perpétrés en Sierra Leone voisine.

Sénateur depuis 2014 de la province la plus peuplée du pays, George Weah a choisi comme colistière Jewel Howard-Taylor, ex-femme de Charles Taylor et influente sénatrice de Bong, autre important réservoir de voix. Mais tout deux affirment ne pas entretenir de lien avec l’ancien président.

« C’est un jour historique. Je sais que je vais gagner », a déclaré mardi Weah, qui, à 51 ans, reste très populaire auprès des jeunes. « Nous allons gagner! Parce que le peuple croit en nous et sait que nous sommes les meilleurs », a quant à lui lancé Joseph Boakai, 73 ans.

Dans leurs locaux situés sous les tribune du stade Samuel Kanyon Doe, au coeur de Monrovia, les membres de la NEC ont commencé à comptabiliser, sous le regard d’observateurs et de représentants des partis, les résultats de la province de Montserrado, la plus peuplée du pays, où se trouve la capitale.

Selon un rituel bien rôdé et dans un silence monacal, un responsable exhibe une enveloppe pour montrer qu’elle est bien scellée. Puis il lit le nombre de voix remporté par chacun des candidats, qu’un assistant inscrit dans un programme informatique projeté sur un grand écran, aux yeux de tous. Comme dans n’importe quelle démocratie.

Romandie.com avec(©AFP / 27 décembre 2017 20h37)