Posts Tagged ‘Présidentielle’

Hery Rajaonarimampianina : « Je n’ai jamais été en faveur d’un report de la présidentielle malgache »

novembre 1, 2018

 

Le président malgache Hery Rajaonarimampianina, en 2014 à Paris. © Sandra ROCHA pour Jeune Afrique

 

Le 7 septembre, Hery Rajaonarimampianina a officiellement démissionné de la présidence de la République de Madagascar, une condition sine qua non pour pouvoir briguer un second mandat, le 7 novembre.

À une semaine du premier tour des élections présidentielles malgaches, annoncé pour le 7 novembre, les principaux candidats fourbissent leurs slogans de campagne. Après avoir démissionné pour pouvoir se représenter, comme le lui imposait la constitution, l’ancien président Hery Rajaonarimampianina parcourt le pays pour présenter le plan de développement qu’il entend mettre en œuvre d’ici 2030. Il en profite aussi pour défendre son bilan devant les journalistes. Entretien.

Jeune Afrique : Cela n’a pas été trop difficile de quitter le pouvoir début septembre pour pouvoir vous représenter ?

Hery Rajaonarimampianina : J’ai démissionné dans le respect de la constitution, de la démocratie et de l’alternance, à travers les élections. La démocratie est toujours fragile à Madagascar. Je ne veux surtout pas la fragiliser davantage.

Ce légalisme semble vous avoir rapporté quelques points auprès de l’opinion publique.

Ce n’était pas mon objectif. J’ai pris mes responsabilités et j’invite les politiques du pays à en faire de même. Leur seul but est d’accéder au pouvoir et de s’y maintenir le plus longtemps possible, parfois en utilisant des moyens extraconstitutionnels. Il est donc difficile pour eux de comprendre que l’on puisse démissionner lorsqu’on est légitimement à la présidence. Mais pour moi, cela n’a jamais fait l’ombre d’un doute.

Avez-vous été surpris par la décision de la Haute cour constitutionnelle ordonnant la nomination d’un gouvernement d’union nationale fin mai ? L’avez-vous comprise ?

Je l’ai respecté.

Que pensez-vous de la démarche de nombreux autres candidats qui souhaitent un report de ces élections, le temps d’apaiser le contexte ?

Je n’ai jamais été en faveur d’un report, car rien ne garantit qu’il apporterait des conditions plus favorables au bon déroulé des scrutins. Pour apaiser le contexte, je reste persuadé que nous devons accepter ce qui a été définit pour que les élections puissent se dérouler comme convenu.

Pourquoi avez-vous décidé de vous représenter ?

Pour terminer ce que nous avons commencé et poursuivre la réalisation de ma vision pour le pays. À mon arrivée au pouvoir, Madagascar était dans une situation très difficile. Tout était à reconstruire. Durant ma première primature, je me suis donc efforcé à remettre le pays sur les rails, en proposant une véritable stratégie en matière de développement, en installant les institutions, en réalisant d’importants projets dans les domaines sociaux et économiques.

La cohérence en politique, c’est de savoir faire marche-arrière pour garder le cap que l’on s’est fixé à la base

Pensez-vous avoir commis certaines erreurs lors de ces cinq années ?

Non. J’arrive dans une situation d’urgence et le choix évident aurait été de mettre l’accent sur le social pour tenter de satisfaire la population et éteindre les contestations. Mais c’est cela qui aurait été une erreur. Nous devons sortir du quotidien, pour travailler sur le long terme, sur des projets structurants. Et c’est ce que j’ai essayé de faire durant mon mandat.

On vous reproche pourtant votre indécision persistante durant ces cinq ans…

Ce n’était pas de l’indécision. J’ai voulu jouer la carte de la pédagogie et il faut du temps pour cela. Nous avions des priorités qui ont pu changer au fil du temps et des circonstances. Mais c’est aussi cela la cohérence en politique, de savoir faire marche-arrière pour garder le cap que l’on s’est fixé à la base. Il faut également se souvenir que je n’ai pas pu commencer à travailler dès le jour de mon investiture. Certaines institutions comme le Sénat n’existaient pas, les relations avec les bailleurs de fonds étaient au point mort et à cause des blocages liés à notre culture politique, j’ai dû attendre quatre mois, avant de pouvoir nommer un Premier ministre. Hors, le temps est le meilleur allié du politique. C’est pour cela que je me représente, pour avoir le temps de réaliser mon ambition pour Madagascar.

On vous accuse de ne pas avoir fait assez pour lutter contre l’insécurité qui règne ces dernières années dans le pays. Que répondez-vous ?

Ce n’est pas vrai. Nous avons combattu les réseaux de banditismes. Nous avons fait le maximum de ce que nous pouvions. J’ai rapidement été conscient du problème, mais il y a des choix à faire et des moyens à répartir. D’où la difficulté d’atteindre certains objectifs. Maintenant, il faut chercher les causes de cette insécurité. Surtout que l’ennemi vient de l’intérieur. Les kidnappeurs, les voleurs de zébus sont malgaches. Il ne fait aucun doute que la pauvreté est l’une des principales causes de cette insécurité, attisée également par l’absence de paix sociale.

Votre entourage est également montré du doigt dans plusieurs affaires de corruption. Qu’avez-vous fait dans ce domaine ?

Cela fait partie des stratégies d’affaiblissement du pouvoir par les opposants. Je pense au contraire avoir maîtrisé ce dossier, en sanctionnant autour de moi, pour que chacun assume ses responsabilités.

Avez-vous l’impression de vous être endurci durant ces cinq dernières années ?

Je sors personnellement renforcé par cette expérience. Les bouleversements politiques que nous avons connus m’ont permis de mieux comprendre l’environnement, de mieux connaître les gens. Bref, de trier le bon grain de l’ivraie.

Jeuneafrique.com par

Publicités

Présidentielle en RDC : un sondage contesté par le camp Kabila donne Félix Tshisekedi favori

octobre 31, 2018

 

Les candidats Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe et Emmanuel Ramazani Shadary. © Capture d’écran du sondage de GEC et de Berci, octobre 2018.

Les résultats du nouveau sondage du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), rendus publics ce mardi 30 octobre, placent l’opposant Félix Tshisekedi loin devant Emmanuel Ramazani Shadary, dont l’entourage dénonce une « volonté de conditionner l’électorat ». Au point d’influer sur le choix du candidat unique de l’opposition ?

Est-ce cette fulgurante percée de Félix Tshisekedi qui l’a incité à violer l’embargo ? Toujours est-il que c’est un diplomate, selon nos informations, qui a partagé le contenu du nouveau sondage du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), à la veille de la date prévue pour sa divulgation – mercredi 31 octobre. Dès ce mardi, en effet, ce document de 16 pages circulait déjà sur WhatsApp, obligeant ses auteurs à le rendre public avant l’heure.

Réalisé entre le 29 septembre et le 15 octobre 2018 auprès de 1179 personnes âgées de 18 ans et plus, réparties dans les 26 provinces du pays, ce cinquième « sondage d’opinion publique » du GEC, en association avec le Bureau d’études, de recherches et de consulting international (Berci), s’est penché sur la « redistribution des rapports de force politique » après la publication de la liste définitive des candidats en lice pour la présidentielle du 23 décembre en RDC.

Félix Tshisekedi loin devant

« La principale leçon à tirer, c’est le changement de statut de Félix Tshisekedi », décrypte Jason Stearns, le directeur du GEC, basé à New York, que Jeune Afrique a joint par téléphone. Avec 36% d’intentions de vote, le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) profiterait ainsi des invalidations de candidatures de Jean-Pierre Bemba et de Moïse Katumbi pour devancer tous les autres candidats de l’opposition encore en lice : Vital Kamerhe (17%), Martin Fayulu (8%) et Freddy Matungulu (5%). Mais ce n’est pas tout.

Félix Tshisekedi devancerait Ramazani Shadary d’au moins sept millions de suffrages.

A en croire ce sondage, Félix Tshisekedi se placerait en effet loin devant Emmanuel Ramazani Shadary, le dauphin désigné in extremis par le président Joseph Kabila. « Les résultats de notre sondage font état d’un écart de 20 % entre les deux hommes : Félix Tshisekedi est crédité de 36 % alors que Ramazani Shadary ne parvient qu’à rassembler les quelque 16 % qui revenaient jadis collectivement aux anciens prétendants à la succession de Joseph Kabila », poursuit Jason Stearns.

Pour cet ancien expert onusien, expulsé de RDC en avril 2016, « si on le calque sur le taux de participation à la présidentielle de 2011 [58,81%], cet écart signifie surtout que Félix Tshisekedi devancerait aujourd’hui Ramazani Shadary d’au moins sept millions de suffrages ». En conséquence, selon Jason Stearns, « l’échelle de la fraude devra être énorme » pour garantir une victoire du candidat de la coalition au pouvoir.

« Ils veulent conditionner l’électorat »

Dans les rangs du Front commun pour le Congo (FCC, majorité présidentielle), on s’interroge sur l’opportunité de ce sondage. « Pourquoi les auteurs de cette prétendue enquête d’opinion n’ont-ils pas tenu compte de l’engouement constaté lors de la présentation de notre candidat, samedi 27 octobre, au stade Tata Raphaël, à Kinshasa ? » lance le professeur Adolphe Lumanu, l’un des stratèges de la « Kabilie », très proche d’Emmanuel Ramazani Shadary.

Au FCC, nous ne croyons pas à cette mise en scène concoctée depuis l’étranger.

Pour celui qui est aussi l’un des vice-présidents du Conseil national de suivi de l’accord de la Saint-Sylvestre (CNSA), « ce sondage n’est qu’une façon de préparer l’opinion ». « Ils veulent conditionner l’électorat, mais ça ne marchera pas ! » jure-t-il, revendiquant le « contrôle de la situation à plus de 80 % ».

« Au sein du FCC, nous sommes sereins et confiants. Nous ne croyons pas du tout à cette mise en scène concoctée depuis l’étranger. Je n’ai pas vu, par exemple, les enquêteurs du GEC chez moi, à Idiofa », tacle Adolphe Lumanu.

« Les répondants ont été recrutés à partir d’une liste de 2000 numéros de téléphone cellulaire obtenus lors du sondage de BERCI/GEC de 2016, réalisé [à leur] domicile, à l’échelle nationale, dans plus de 400 sites d’enquête urbains et ruraux (…). Les interviews ont été téléchargées directement sur un serveur hébergé à distance par le site Web Ona.io, accessible à tous les partenaires en temps réel », répond-on par avance dans le rapport.

Adieu candidat unique de l’opposition ?

Au sein de l’opposition, le résultat engrangé par Félix Tshisekedi en termes d’intentions de vote risque de compliquer davantage le choix d’un candidat unique, analyse Jason Stearns. En tout cas, « cela ne va pas aider », estime-t-il, craignant que le fils de l’opposant historique, fort de ses 36 %, soit incité à faire cavalier seul, considérant qu’il n’a besoin de personne pour l’emporter lors d’un scrutin à un tour.

Et pourtant… Dans l’est du pays, « Vital Kamerhe consolide sa position auprès des électeurs du Nord Kivu, du Sud Kivu et de l’ex-Province Orientale ». De son côté, « Martin Fayulu fait une percée significative dans l’ancienne province du Bandundu ».

Dans l’entourage de Félix Tshisekedi, les choses sont désormais claires. « Ce sondage va permettre à chacun des candidats en lice de se regarder dans le miroir et il nous aidera dans le choix du candidat unique de l’opposition », soutient Peter Kazadi, directeur de cabinet adjoint du chef de l’UDPS.

À ses yeux, « les résultats de cette enquête d’opinion de GEC et de Berci reflètent la réalité sociopolitique du pays. Ils démontrent que la population considère l’UDPS comme l’alternative : la population verrait ainsi d’un mauvais œil que quelqu’un d’autre que Félix Tshisekedi soit désigné comme candidat unique de l’opposition. Car cela risquerait de nous conduire à l’échec ».

Katumbi, Kabila, Ceni… Ces autres leçons à tirer

Un nouveau sondage est annoncé avant l’échéance fatidique du 23 décembre. Et à ceux qui soupçonnent toujours le partenaire du GEC, le Berci, d’être proche de certains opposants dont Olivier Kamitatu, le directeur de cabinet de Moïse Katumbi, le GEC estime que « ces accusations ne sont pas fondées et que des garde-fous ont été pris pour assurer la transparence et garantir la crédibilité de son enquête, notamment par le recrutement de consultants indépendants qui publiaient leurs résultats directement dans le cloud ». Une autre société de sondage indépendante sera à l’avenir associée à cette démarche pour « écarter toute suspicion », promet Jason Stearns.

Derniers enseignements du sondage : Moïse Katumbi, exclu du scrutin, resterait, d’après les estimations publiées ce mardi, le politique le plus populaire en RDC (82%), alors que la côte de Joseph Kabila ne ferait que chuter. Ainsi, 76% des personnes interrogées se font une « mauvaise opinion » du président sortant.

Idem pour Corneille Nangaa, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), sachant qu’ « une majorité des répondants (64%) ne fait pas confiance à la Ceni pour organiser des élections libres et transparentes », selon le sondage.

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

 

Nigeria: Buhari sera candidat à sa propre succession

octobre 7, 2018

Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, le 1er octobre 2018 à Abuja. / © AFP / Sodiq ADELAKUN

Le président Muhammadu Buhari, candidat à sa propre succession, a été désigné samedi par son parti, le All Progressives Congress (APC) pour le représenter à l’élection présidentielle de février 2019 au Nigeria, lors de primaires où il était seul en lice.

Le Parti démocratique du peuple (PDP), principal parti de l’opposition, a également ouvert en début de journée sa convention de primaires pour choisir celui qui affrontera l’actuel chef de l’Etat.

Quelque 7.000 délégués de l’APC s’étaient rassemblés à Eagle Square, dans la capitale fédérale Abuja, pour officialiser la nomination du président Buhari, une simple formalité puisqu’il n’avait pas d’adversaire.

Cette primaire directe sans enjeu a toutefois attiré près de 15 millions de votants à travers le pays, a affirmé le gouverneur d’Ekiti, Kayode Fayemi, après l’annonce des résultats.

Selon la Constitution nigériane, le président a droit à deux mandats de quatre ans maximum.

Son porte-parole, Garba Shehu, avait affirmé plus tôt à l’AFP qu’il n’y a « rien d’extraordinaire » au fait d’accorder la priorité au président sortant s’il désire briguer un nouveau mandat.

« Toutefois, notre parti, dans une tradition de vraie démocratie, a ouvert la compétition (…), ceux qui souhaitaient concourir face au président étaient libres de le faire », avait-il dit.

Les Nigérians seront appelés aux urnes en février et mars 2019 pour élire un nouveau président, mais aussi leurs gouverneurs et députés.

Le président Buhari, un ancien général de 75 ans, est aujourd’hui très critiqué, notamment pour ses politiques économiques et son incapacité à enrayer les violences dans le pays le plus peuplé d’Afrique, avec 180 millions d’habitants.

– Serré –

Tous les regards sont désormais tournés vers la ville pétrolière de Port Harcourt (Etat de Rivers), dans le sud-est du pays, où une douzaine de candidats s’affrontent pour le ticket présidentiel du PDP.

Le PDP avait été évincé par l’APC de Buhari en 2015, après 16 ans au pouvoir, lors de la première alternance politique au Nigeria depuis le retour à la démocratie en 1999.

Selon des responsables sur place, au moins 4.000 délégués des 36 Etats et du territoire de la capitale fédérale Abuja devraient voter lors de cet événement qui s’achèvera dimanche. Le vote a démarré tard samedi, vers 21h15 locales, après l’accréditation des délégués.

Sans surprise, le vainqueur sera probablement issu du nord à majorité musulmane, selon une règle tacite au Nigeria selon laquelle la présidence doit alterner tous les deux mandats entre un candidat du nord et un candidat du sud.

Les principaux candidats en lice sont l’ancien vice-président Atiku Abubakar, 71 ans, qui s’est déjà présenté quatre fois à la présidentielle, le président du Sénat Bukola Saraki, le gouverneur de l’Etat de Sokoto (nord) Aminu Tambuwal, et Rabiu Kwankwaso, un ancien gouverneur de l’Etat de Kano (nord).

Le cabinet de conseil Eurasia a affirmé dans une note samedi que la compétition serait sans doute serrée entre Abubakar et Tambuwal, les plus à même de remporter la primaire du PDP.

Le gouverneur de Sokoto « offre la meilleure chance d’attirer l’électorat stratégique du nord-ouest et du nord-est, et sera l’adversaire le plus fort contre Buhari », a ajouté le cabinet.

« Nous attendons une très bonne convention, nous travaillons dur pour mettre en place un processus crédible, libre, juste et acceptable », a déclaré à la presse le gouverneur de l’Etat du Delta, Ifeanyi Okowa, qui préside le comité d’organisation des primaires.

Plus de 12.000 policiers ont été déployés à Port-Harcourt pour s’assurer qu’il n’y ait pas d’incident, selon le porte-parole de la police de l’Etat, Nnamdi Omoni.

Romandie.com avec(©AFP / (07 octobre 2018 05h16)

Présidentielle au Cameroun: Paul Biya favori, conflit en zone anglophone

octobre 7, 2018

Préparation des urnes avant l’élection présidentielle au Cameroun, le 6 octobre 2018 à Buea / © AFP / MARCO LONGARI

Le Cameroun vote dimanche à une présidentielle à un tour dont Paul Biya, tout-puissant chef de l’Etat depuis 1982 qui brigue un 7e mandat consécutif, est le favori malgré un conflit armé sans précédent dans les régions anglophones.

Quelque 6,5 millions d’électeurs – sur 25 millions d’habitants – sont appelés à voter à partir de 08H00 (07H00 GMT) jusqu’à 18h00 (17H00 GMT) et auront à choisir entre huit candidats.

Parmi eux, le président sortant Paul Biya, qui, invisible physiquement durant la campagne hormis un meeting dans l’Extrême-Nord, a été omniprésent dans les débats et sur les affiches collées par milliers partout dans le pays.

Grâce à un maillage territorial imposant et sans pareil de son parti, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), les soutiens du président-candidat ont sillonné le pays durant la campagne d’une élection qui lui semble acquise.

Mais, à 48 heures du vote, un coup de théâtre a surpris le monde politique camerounais: pour la première fois depuis la présidentielle de 1992, deux opposants de poids ont formé une coalition contre Biya.

Akere Muna, ancien bâtonnier du Cameroun, s’est désisté en faveur de Maurice Kamto, candidat majeur de l’opposition, ancien ministre délégué à la Justice (2004-2011) et transfuge du parti au pouvoir.

Un partisan du président camerounais Paul Biya, candidat à la présidentielle, le 5 octobre 2018 à Yaoundé / © AFP / ALEXIS HUGUET

Deux autres candidats sortent du lot et peuvent espérer un score significatif: Joshua Osih, candidat du Social democratic front (SDF, principal parti d’opposition) malgré une campagne timorée, et Cabral Libii, benjamin de l’élection à 38 ans, qui a fortement mobilisé dans ses meetings.

Cette présidentielle se tient dans un contexte sécuritaire inédit au Cameroun: dans trois des dix régions du pays, l’armée est déployée.

Dans la région de l’Extrême-Nord, d’abord, où les jihadistes de Boko Haram lancent des assauts répétés depuis 2014 sur les populations camerounaises, et dans les régions anglophones de l’ouest du pays.

Dans ces deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la guerre s’est installée depuis fin 2017, après plus d’un an de crise socio-politique qui a lentement dégénéré en conflit armé.

Des centaines de séparatistes armés, regroupés en groupes éparses dans la forêt équatoriale, combattent désormais violemment et quotidiennement l’armée camerounaise.

Cameroun : principaux candidats à la présidentielle / © AFP /

Ils réclament l’indépendance des deux régions anglophones, revendication inacceptable pour Yaoundé qui a répondu par la force, qualifiant les combattants de « terroristes ».

– La « guerre » promise –

De nombreuses exactions ont été commises par les deux camps, dans une escalade permanente de la violence.

Plus de 175 membres des forces de défense et sécurité camerounaises ont été tués ainsi que plus de 400 civils, selon les ONG. Aucun bilan n’est disponible du côté séparatiste.

Jeudi et vendredi, quatre personnes dont un prêtre ont encore été tuées dans des violences dans cette zone anglophone. Tous les jours, des échanges de tirs se font entendre dans les deux capitales régionales, Bamenda et Buea.

Des partisans de Joshua Osih, candidat du SDF à la présidentielle, lors d’un meeting de campagne, le 5 octobre 2018 à Yaoundé, au Cameroun / © AFP / ALEXIS HUGUET

La tenue du scrutin paraît très incertaine dans ces régions où plus de 300.000 personnes ont dû fuir leur domicile.

L’insécurité y a pris le pas sur la campagne: aucun candidat ne s’est rendu à Buea ou à Bamenda, et les coups de feu y ont remplacé les traditionnels avertisseurs de voitures et sonos de meetings.

Vendredi, il y avait « quasiment autant de militaires, policiers et agents de renseignement que de civils » à Buea, en grande partie désertée de ses 100.000 habitants, selon une source proche des services de sécurité.

Les séparatistes ont promis « la guerre » dimanche dans ces deux régions quadrillées par l’armée.

7Vendredi, le camp de M. Kamto a accusé le pouvoir de préparer une « fraude massive » et appelé à des « réactions fermes ».

Le gouvernement a vite réagi: « En tentant d’organiser le chaos, ils risquent d’être désagréablement surpris », a prévenu le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary. Yaoundé « ne tolérera aucun désordre avant, pendant et après l’élection présidentielle ».

Romandie.com avec(©AFP / (07 octobre 2018 07h24

Élection au Cameroun: Kamto et Muna, deux opposants, forment une coalition(porte-parole de Muna)

octobre 5, 2018

L’opposant camerounais Maurice Kamto lors d’un meeting à Yaoundé le 30 septembre 2018n / © AFP/Archives / MARCO LONGARI

Deux candidats d’opposition camerounais ont formé vendredi soir une coalition, à moins de 48h de l’élection présidentielle prévue dimanche, a annoncé le porte-parole de l’un d’eux, Akere Muna, dans un communiqué reçu vendredi soir.

« Akere Muna accepte de retirer sa candidature à la Présidence de la République (…) et de soutenir Maurice Kamto », indique un communiqué signé du porte-parole d’Akere Muna, Paul Mahel.

M. Muna faisait partie des huit candidats qui affronteront dimanche le président sortant, Paul Biya, 85 ans, en poste depuis 1982 et qui brigue un 7ème mandat consécutif.

C’est la première fois depuis l’élection présidentielle de 1992 que deux opposants à Paul Biya forment une coalition contre le président sortant.

« Ce ralliement, intéressant pour la vitalité de la vie politique camerounaise, pourrait arriver trop tardivement pour créer une dynamique de fond », a déclaré à l’AFP Hans de Marie Heungoup, chercheur au centre d’analyses International Crisis Group (ICG).

Maurice Kamto, ancien ministre délégué à la Justice entre 2004 et 2011, a fondé son parti politique en 2012. Il fait figure d’opposant de poids selon les analystes.

Avocat au barreau de Paris, il a notamment négocié avec succès pour son pays le contentieux territorial avec le Nigeria sur la presqu’île de Bakassi.

Ses partisans estiment que son expérience au sein de l’appareil d’Etat est un atout quand ses détracteurs n’hésitent pas à critiquer son soutien passé à Paul Biya.

Akere Muna est l’ancien bâtonnier du Cameroun et fondateur de la branche camerounaise de l’ONG de lutte contre la corruption Transparency International.

Il faisait aussi figure d’opposant de poids à Paul Biya, malgré une campagne plus timorée.

/ © AFP/Archives / Reinnier KAZE

Le président Biya, invisible physiquement durant la campagne hormis un meeting dans la région de l’Extrême-Nord samedi, est néanmoins omniprésent : des milliers d’affiches à son effigie ont été collées partout dans le pays depuis le début de la campagne.

Cela faisait plusieurs jours que des rumeurs couraient sur la formation d’une coalition de plusieurs candidats de l’opposition.

D’autres candidats à l’élection présidentielle ont évoqué l’idée d’une coalition, notamment le candidat du principal parti d’opposition Joshua Osih, sans que cela se concrétise pour l’heure.

Vendredi matin, le camp de Kamto a accusé le pouvoir en place de préparer une « fraude massive » en vue du scrutin de dimanche.

« Nous n’accepterons aucun résultat si ce type de fraude continue », a indiqué le directeur de campagne de Maurice Kamto, Paul-Eric Kingue.

« En tentant d’organiser le chaos, ils risquent d’être désagréablement surpris », a réagi le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary.

L’élection présidentielle se tiendra dans un contexte sécuritaire tendu, avec un conflit armé dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et les assauts répétés des jihadistes de Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord.

Romandie.com avec(©AFP / (06 octobre 2018 02h13)

Élections en RDC: la liste des candidats officialise l’exclusion de Bemba et Katumbi

septembre 19, 2018

Kinshasa – Le processus électoral en République démocratique du Congo aborde sa dernière ligne droite avec la publication mercredi de la liste définitive des candidats qui doit officialiser l’exclusion de deux poids lourds de l’opposition, Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba.

Deux autres opposants, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, et le « dauphin » du président Joseph Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary, sont les principales figures de la liste d’une vingtaine de noms que la Commission électorale nationale indépendante (Céni) doit publier dans la journée, à 94 jours du scrutin.

Cette liste ouvre la voie à la campagne électorale (à partir du 22 novembre) puis aux élections présidentielle, législatives et provinciales prévues le 23 décembre pour désigner le successeur du président Kabila, qui ne pouvait pas constitutionnellement se représenter.

Enjeu: une première transition pacifique dans le plus grand pays d’Afrique sub-saharienne, où les défis politiques et logistiques pour des élections « crédibles, transparentes, apaisées » sont encore immenses.

Le calendrier électoral se déroule toujours au jour près, malgré les tensions suscitées par la mise à l’écart de MM. Katumbi et Bemba.

Allié du président Kabila passé à l’opposition fin 2015 et qui vit en exil à l’étranger depuis 2016, M. Katumbi affirme avoir été empêché de rentrer en RDC où il est poursuivi par la justice début août quand il s’est présenté au poste-frontière avec la Zambie.

Ex-chef rebelle et vice-président, la candidature de M. Bemba a été invalidée en raison de sa condamnation pour subornation de témoins par la Cour pénale internationale (CPI) qui l’avait acquitté de sa peine pour crimes de guerre et contre l’humanité.

« Kabila a eu peur de moi », a lancé M. Bemba.

Privée de deux de ses leaders, l’opposition cherche un candidat commun pour défier le « dauphin » du président Kabila, mais n’exclue pas le boycott des élections sur fond du refus de « machines à voter » controversées.

Jean-Pierre Bemba a résumé la situation en affirmant que « si l’opposition s’unit derrière un candidat, alors oui, je pourrai faire abstraction de ma personne. Je soutiendrai quelqu’un et je le ferai gagner ».

Un boycott des élections « ne serait pas ma décision personnelle, mais celle de l’opposition. Nous n’en sommes pas là », a ajouté le chef du Mouvement de Libération du Congo (MLC), l’un des principaux partis d’opposition.

– « Des actes qui rassurent » –

L’opposition en dira plus sur sa stratégie d’ici une réunion publique qu’elle annonce pour le 29 septembre à Kinshasa, après de récents conciliabules à Bruxelles, et une rencontre à Johannesburg avec le parti au pouvoir en Afrique du Sud, l’ANC.

Ce rassemblement sera un test sur le climat politique en RDC où la plupart des manifestations sont interdites sous prétexte que la campagne n’a pas encore commencé.

Les élections ont déjà été reportées deux fois, fin 2016 et fin 2017.

« Après avoir été roulé en décembre 2016 et 2017, le peuple craint de revivre les mêmes travers et les mêmes mésaventures qui éloignent l’alternance au sommet de l’État », écrivait mercredi le quotidien Le Potentiel, à l’unisson de ceux qui craignent un nouveau report.

« Chaque jour qui passe, la commission électorale pose des actes qui rassurent sur la tenue effective des scrutins tant attendus par l’ensemble du peuple congolais », a assuré au contraire mardi la Céni en annonçant l’arrivée d' »un premier lot de 17.944 isoloirs » et « la fin de la production en Corée du Sud des 105.257 machines à voter ».

Acheminées vers la RDC via Matadi ou Dar es Salaam, les machines « seront déployées sans attendre la configuration définitive des bulletins de vote », selon la Céni.

Pour cette tâche titanesque, la commission électorale refuse toute aide extérieure, même celle de la Mission des Nations unies (Monusco) présente depuis 20 ans en RDC, au nom de la souveraineté nationale.

L’opposition et la société civile demandent l’abandon de ces machines qu’elles surnomment « machines à tricher, à voler ou à frauder ».

Des experts britanniques ont énuméré « quinze risques à atténuer » dans son utilisation.

L’opposition critique également les millions d’électeurs sans empreintes digitales sur le fichiers électoral qui comprend 40 millions de noms et qui a déjà été nettoyé de ses doublons.

A l’instar de l’ANC mardi, les « partenaires » de la RDC redoutent « le chaos, l’instabilité et la violence » en cas d’échec du processus électoral dans cet immense pays au coeur du continent.

Romandie.com avec(©AFP / 19 septembre 2018 10h41)                                                        

États-Unis: Trump sous pression, son ex-directeur de campagne va collaborer à l’enquête russe

septembre 14, 2018

Paul Manafort, le 15 juin 2018 à Washington / © AFP/Archives / MANDEL NGAN

L’ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, a accepté vendredi, dans un revirement inattendu, de coopérer dans l’enquête russe, faisant encore monter d’un cran la pression sur la Maison Blanche.

S’il y a eu collusion entre Moscou et l’équipe du candidat républicain pendant la campagne présidentielle de 2016, l’ancien lobbyiste qui l’a dirigée pendant cinq mois et qui avait auparavant travaillé pour des Ukrainiens pro-russes, a toutes les chances d’avoir été au courant.

Poursuivi pour des activités frauduleuses antérieures à la campagne, Paul Manafort, 69 ans, a accepté vendredi un accord avec l’équipe du procureur spécial Robert Mueller chargée de l’enquête russe, la bête noire de Donald Trump qui l’accuse de mener une injuste « chasse aux sorcières ».

M. Manafort a accepté de plaider coupable d’association de malfaiteurs contre les Etats-Unis et d’obstruction à la justice, dans l’espoir d’une peine amoindrie. Mais surtout, il a accepté de coopérer à l’enquête, ce qu’il s’était toujours refusé à faire.

Preuve d’une certaine nervosité, la Maison Blanche s’est empressée d’assurer que sa décision concernait des faits n’ayant « absolument rien à voir avec le président ou sa campagne présidentielle victorieuse de 2016 ».

« Il n’y a absolument aucun lien », a martelé Sarah Sanders, porte-parole de l’exécutif.

Paul Manafort est en effet mis en cause pour des faits antérieurs à 2014, le procureur spécial ayant autorité pour poursuivre tout délit découvert pendant ses investigations.

L’ancien consultant a reconnu vendredi avoir dissimulé aux autorités et au fisc ses activités de conseil en faveur de l’ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch, puis d’avoir tenté de corrompre des témoins.

Il a été reconnu coupable de fraude bancaire et fiscale en lien avec ces activités, dans un premier procès en août en Virginie. Il attend le prononcé de sa sentence.

En plaidant coupable, il s’évite un nouveau procès embarrassant. Il a pris cette décision pour « protéger sa famille », a commenté son avocat Kevin Downing à l’issue de l’audience à Washington.

– Bosquet en forme de M –

Dans le tribunal, Paul Manafort a affiché une mine impassible, se contentant de répondre par l’affirmative ou la négative aux questions de procédure de la juge Amy Berman Jackson.

Son visage s’est toutefois allongé quand celle-ci a énuméré les propriétés qui allaient être saisies dans le cadre de son accord de plaider-coupable, notamment une villa avec piscine, tennis et terrain de golf sur l’île de Long Island.

Connu pour ses goûts de luxe –il a un jour déboursé 15.000 dollars pour une veste en peau d’autruche et a fait tailler un bosquet en forme de M–, Paul Manafort a perdu de sa superbe depuis qu’il est en prison. Il a été arrêté en juin, après avoir tenté de contacter des témoins.

Selon l’accord, il va rester détenu jusqu’à ce que la juge Jackson fixe sa peine, qui pourrait aller jusqu’à 10 ans de prison.

En attendant, dans quelle mesure va-t-il aider les enquêteurs?

« S’il coopère pleinement, il pourrait fournir des informations importantes », a relevé le représentant démocrate Adam Schiff, membre de la commission du Renseignement, en saluant une « victoire importante » pour le procureur Mueller.

« Il était impliqué ou avait connaissance des principaux développements dans la campagne de Trump, notamment la rencontre à la Trump Tower lors de laquelle l’équipe pensait recevoir des informations compromettantes sur Hillary Clinton », a-t-il rappelé.

Cette réunion entre plusieurs membres de l’équipe de campagne, dont le fils aîné de Donald Trump et son gendre Jared Kushner, avec une avocate russe est au coeur de l’enquête de Robert Mueller.

Celui-ci a lancé à ce stade des poursuites à l’encontre d’une trentaine d’individus, dont une majorité de Russes. Paul Manafort était jusque-là le seul Américain à refuser de plaider coupable. Certains commentateurs en avaient conclu qu’il espérait une grâce présidentielle.

Romandie.com avec(©AFP / (14 septembre 2018 21h19)

Tidjane Thiam entend rester au Crédit Suisse et exclut de se présenter à la présidentielle en Côte d’Ivoire

septembre 7, 2018

 

Le Franco-Ivoirien Tidjane Thiam a vu sa carrière décoller après son arrivée à Londres en 2002. © Michel Buholzer/AFP

 

Tidjane Thiam, directeur général du Credit Suisse, a déclaré qu’il excluait de se lancer dans une carrière politique en Côte d’Ivoire, son pays natal, où la prochaine élection présidentielle aura lieu en 2020. Il affirme vouloir rester à la tête de la banque suisse.

Interrogé sur les appels lancés en Côte d’Ivoire en faveur de sa candidature à la présidentielle de 2020, Tidjane Thiam, 56 ans, a dit au quotidien suisse Le Temps être « touché et honoré » par ces marques de soutien. Avant d’ajouter : « J’ai dit à plusieurs reprises et depuis de nombreuses années ma détermination à ne pas avoir d’activité politique. »

Dans cette déclaration, Tidjane Thiam insiste par ailleurs sur son « engagement à long terme » en tant que patron du Credit Suisse. Un engagement réaffirmé dans un communiqué publié le 6 septembre par la banque et signé par le Franco-Ivoirien.

J’entends continuer dans mon rôle de CEO du Credit Suisse

« Après trois années passées à la direction du Credit Suisse, ma tâche n’est pas achevée et j’ai bien l’intention de la poursuivre. (…) J’entends donc continuer dans mon rôle de CEO du Credit Suisse, en dirigeant le développement de nos activités après une phase de profonde restructuration. »

Né en 1962 en Côte d’Ivoire et lié par sa mère à la famille de Félix Houphouët-Boigny, Tidjane Thiam a dirigé le Bureau national d’études techniques et de développement (BNETD) dans les années 1990. Ancien ministre du Plan de Côte d’Ivoire sous la présidence d’Henri Konan Bédié et jusqu’au coup d’État de Noël 1999, il est à la tête du Credit Suisse depuis juillet 2015. En 2016, déjà, il avait démenti une rumeur lui attribuant des vues sur la direction du FMI.

Jeuneafrique.com

Brésil: Bolsonaro, candidat d’extrême droite à la présidentielle, poignardé

septembre 6, 2018

Le député d’extrême droit brésilien Jair Bolsonaro, candidat à la présidentielle, en campagne à Ceilandia le 5 septembre 2018 / © AFP / EVARISTO SA

Le député d’extrême droite Jair Bolsonaro, favori du premier tour de la présidentielle le mois prochain au Brésil, a été opéré d’urgence jeudi après avoir été poignardé à l’abdomen en faisant campagne.

L’un de ses fils, Flavio Bolsonaro, député de l’Etat de Rio de Janeiro, qui a annoncé l’attaque et avait d’abord évoqué sur Twitter « des blessures superficielles », a ensuite écrit sur son compte: « Malheureusement, c’est plus grave que nous ne le pensions ».

« Il a eu le foie, un poumon, et une partie de l’intestin perforés. Il a perdu beaucoup de sang », a-t-il expliqué. Son état paraît maintenant s’être stabilisé. Prions pour lui ».

L’hôpital de la ville de Juiz de Fora, une localité de 700.000 habitants dans l’Etat du Minais Gerais (sud-est) où le candidat a été attaqué, a toutefois démenti peu après que le foie de M. Bolsonaro ait été touché.

Selon l’hôpital Santa Casa, cité par le site G1, Jair Bolsonaro, 63 ans, a été atteint à l’intestin, mais pas au foie, et son état a été jugé « stable ». L’établissement a annoncé que le patient était opéré en urgence.

Les médecins devaient faire une déclaration à 20H30 locales (23H30 GMT).

Un porte-parole de la police militaire du Minas Gerais a annoncé à l’AFP que le suspect, un homme de 40 ans, avait été immédiatement arrêté. Il a précisé que l’auteur de l’attaque « portait un couteau enveloppé dans un tissu ».

Selon plusieurs sites d’information, l’agresseur serait un ancien militant du parti de gauche PSOL et aurait dit avoir agi « au nom de Dieu ».

Des images télévisées ont montré M. Bolsonaro, juché sur les épaules de sympathisants, recevant un coup violent sous le thorax. Il s’est effondré en arrière avec une grimace de douleur, avant d’être évacué.

Il était en pleine campagne, vêtu d’un tee-shirt jaune et saluant la foule dans une rue bondée de Juiz de Fora, à trois heures de route de Rio de Janeiro, quand il a été agressé, un événement rare dans une campagne présidentielle au Brésil.

M. Bolsonaro avait une protection policière, en tant que candidat à la présidence.

Grand admirateur de la dictature militaire (1964-85) et habitué des dérapages racistes, misogynes ou homophobes, il arrive largement en tête des intentions de vote du premier tour de la présidentielle (22%).

C’est ce qu’a indiqué le premier sondage réalisé après l’invalidation de la candidature de l’ex-président Luis Inacio Lula da Silva, jusque-là grand favori malgré sa condamnation à plus de 12 ans de prison pour corruption.

M. Bolsonaro, du petit Parti social libéral (PSL), serait toutefois battu par la quasi totalité de ses adversaires au second tour, selon l’enquête d’opinion publiée tard mercredi.

– « Punition exemplaire » –

L’ancien capitaine de l’armée est par ailleurs le candidat suscitant le plus de rejet, surtout parmi les femmes, 44% des personnes interrogées affirmant qu’elles ne voteraient jamais pour lui.

Le président Michel Temer et les candidats les plus en vue pour le scrutin ont rapidement condamné l’attaque contre le député d’extrême droite.

« Il est intolérable de voir que dans un Etat démocratique il n’est pas possible d’avoir une campagne normale », a dit le chef de l’Etat.

L’écologiste Marina Silva, en 2e position dans les sondages derrière M. Bolsonaro (12% des intentions de vote) pour le premier tour, a jugé cette attaque « inadmissible » et a évoqué « un double attentat, contre son intégrité physique et contre la démocratie ».

Le candidat du PSDB (centre droit) Geraldo Alckmin a réagi sur Twitter en estimant que « la politique se fait par le dialogue, et jamais avec la haine ».

L’ex-gouverneur de Sao Paulo a espéré que « l’enquête sur l’attaque subie par le député Jair Bolsonaro sera rapide, et la punition exemplaire », tout en souhaitant un « prompt rétablissement au candidat ».

Un autre candidat, Ciro Gomes (centre gauche), a rejeté dans un tweet également « la violence comme langage politique » et a exprimé sa « solidarité » au député. Il a exigé que « les autorités punissent les responsables de cette barbarie ».

L’attaque contre M. Bolsonaro pourrait modifier le cours de la campagne, mais elle risque aussi d’accentuer la très grande polarisation du pays à un mois de la présidentielle la plus incertaine de son Histoire récente.

Romandie.com avec(©AFP / (07 septembre 2018 01h15)

Présidentielle au Brésil: la candidature de Lula entre les mains des juges

août 31, 2018

L’ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, à Sao Paulo le 3 juillet 2014 / © AFP / NELSON ALMEIDA

Le Tribunal supérieur électoral (TSE) du Brésil doit prendre vendredi une décision très attendue, en rejetant ou en validant la candidature à la présidentielle d’octobre de Lula, ex-chef de l’Etat incarcéré pour corruption et grand favori du scrutin.

Après des mois de conjectures et d’incertitudes, le plus grand pays d’Amérique Latine devrait enfin y voir plus clair dans l’élection la plus imprévisible de son histoire récente, même si des recours sont encore possibles.

L’incertitude sur le sort de l’icône de la gauche emprisonnée depuis avril suscite de nombreuses interrogations au Brésil, même si la plupart des analystes considèrent que sa candidature sera invalidée.

Cette incertitude a notamment agité les marchés et accéléré la dépréciation du real, la monnaie brésilienne, qui a chuté depuis janvier de quelque 20% face au dollar.

« L’enregistrement (de la candidature de Lula) et toutes les réclamations (contre cette candidature, ndlr) seront jugés aujourd’hui », a annoncé le service de presse du TSE à l’AFP.

– Spots de campagne –

La question de la validité de la candidature de l’ex-président (2003-2010) ne figurait pas initialement à l’ordre du jour de la session extraordinaire qui a commencé en début d’après-midi : elle a été ajoutée au dernier moment.

L’ex-juge du TSE Henrique Neves da Silva a expliqué que « quel que soit le résultat du jugement » de vendredi, « des recours sont encore possibles », notamment auprès de la Cour suprême.

Le Tribunal électoral doit également décider si Lula a le droit d’apparaître dans les spots de campagne qui ont commencé à être diffusés à la télévision vendredi.

En attendant cette décision, le Parti des Travailleurs (PT) n’a pas manqué d’inclure des nombreuses images de l’ex-président sur les spots des candidats locaux pour les postes de sénateur et de gouverneur, désignés également le 7 octobre.

Marcia Tiburi, qui brigue le poste de gouverneure de Rio de Janeiro, a par exemple promis de « gouverner Rio comme Lula a gouverné le Brésil ».

Des images de son spot de campagne montraient notamment des extraits du dernier discours de Lula avant qu’il ne se rende aux autorités pour purger sa peine de 12 ans et un mois de prison à Curitiba (sud).

L’ancien ouvrier métallurgiste est accusé d’avoir reçu un appartement en bord de mer de la part d’une entreprise du bâtiment en échange de faveurs dans l’attribution de marchés publics.

Lula et la justice / © AFP / Gustavo IZUS

Il rejette farouchement ces accusations et se dit victime d’un complot politique visant à l’empêcher de briguer un troisième mandat.

– Grand favori des sondages –

Sa défense considère que Lula ne peut être empêché de se présenter dans la mesure où des recours contre sa condamnation n’ont toujours pas été examinés par des instances judiciaires supérieures.

Le 18 août, le Comité des droits de l’homme de l’ONU a demandé au Brésil de prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre à Lula (…) d’exercer ses droits politiques de sa prison, en tant que candidat à l’élection présidentielle » d’octobre 2018.

Ce comité d’experts rend des avis mais n’a pas de pouvoir de contrainte.

Le dernier sondage de l’institut Datafolha crédite Lula de 39% des intentions de vote au premier tour, 20 points de plus que le deuxième, le député d’extrême droite Jair Bolsonaro.

Au second tour, il l’emporterait largement contre tous les autres candidats.

Dans le cas probable où Lula serait déclaré inéligible, le Parti des Travailleurs (PT) devrait se choisir pour candidat l’ex-maire de Sao Paulo Fernando Haddad, qui brigue actuellement la vice-présidence.

Le PT a lancé sur Tweeter un appel à tous les partisans de Lula à soutenir sur ce réseau social sa candidature avec le hashtag #LulaNasUrnasTSE (Lula dans les urnes/TSE) rapidement devenu viral.

Premier chef d’Etat issu de la classe ouvrière, Lula avait quitté le pouvoir en 2010 avec une cote de popularité record.

Sous ses deux mandats, près de 30 millions de Brésiliens sont sortis de la misère, à la faveur d’ambitieux programmes sociaux et d’une forte croissance portée par le boom des matières premières.

Romandie.com avec(©AFP / (31 août 2018 21h17)