Posts Tagged ‘Présidentielle’

Nigeria: succès électoral du parti au pouvoir à l’approche de la présidentielle

juillet 15, 2018

Lagos – Le candidat du parti au pouvoir au Nigeria a remporté dimanche une élection très disputée au poste de gouverneur de l’Etat d’Ekiti, dans le sud-ouest du pays, un succès pour le camp du président Muhammadu Buhari à un peu plus de six mois du scrutin présidentiel.

Kayode Fayemi, du Congrès des progressistes (APC) et ancien ministre, a battu le gouverneur sortant Olusola Eleka, du Parti démocratique populaire (PDP) d’opposition, a déclaré la commission électorale dans un communiqué.

« Je veux féliciter le Dr John Kayode Fayemi pour avoir gagné l’élection au poste de gouverneur » de l’Ekiti, s’est réjoui le président Buhari dans un communiqué posté sur Twitter.

« Ces louanges s’adressent également à notre grand parti, l’APC, pour sa victoire remportée de haute lutte après un campagne digne », ajouté le chef de l’Etat.

L’élection s’est déroulée sans incident dans un pays où les violences électorales ne sont pas rares mais des voix ont été achetées, ont rapporté des observateurs.

« Il y a eu une pluie d’argent en Ekiti où le PDP et l’APC attirent les électeurs avec du liquide », selon le journal Vanguard. « Je pense malheureusement que cela fait partie du système », a commenté Sentell Barnes, du groupe américain pro-démocratie International Republican Institute.

« Avant les gens bourraient les urnes. Mais c’est devenu plus difficile et maintenant certains recourent à l’argent pour influencer les gens », a-t-il ajouté.

L’élection était considérée comme ayant valeur de test pour la popularité du président Buhari et la santé de la démocratie au Nigeria où la prochaine présidentielle doit avoir lieu en février 2019.

L’ancien général élu en 2015 est le premier opposant de l’histoire du Nigeria à l’emporter sur le président sortant dans un scrutin largement considéré comme libre et honnête.

Mais après une période d’optimisme initiale, il a déçu ne parvenant pas à mettre un point final à l’insurrection jihadiste de Boko Haram, ni à endiguer les vagues de violences qui surgissent aux quatre coins du pays.

Romandie.com avec(©AFP / 15 juillet 2018 12h21)                                                        

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Cameroun: Paul Biya officiellement candidat à la présidentielle

juillet 14, 2018

Paul Biya à Yaoundé, lors du scrutin présidentiel de 2011. © Sunday Alamba/AP/SIPA

 

Le président camerounais Paul Biya, 85 ans dont trente-cinq au pouvoir, a annoncé vendredi sa candidature à un septième mandat pour la présidentielle du 7 octobre prochain.

« Conscient des défis que nous devons, ensemble, relever pour un Cameroun encore plus uni, stable et prospère, j’accepte de répondre favorablement à vos appels pressants. Je serai votre candidat à la prochaine élection présidentielle ». Ce message, posté le 13 juillet sur le compte Twitter du président camerounais, est venu mettre fin au suspense. Paul Biya briguera bien un nouveau mandat lors de la présidentielle du 7 octobre prochain. Depuis plusieurs mois, des soutiens du président le présentaient comme le « candidat naturel » de la majorité.

Cette déclaration fait suite à l’annonce, le 9 juillet par décret, de la date du scrutin présidentiel. La clôture du dépôt des candidatures aura lieu le 19 juillet. La liste définitive sera ensuite officialisée le 8 août.

Parmi les principaux concurrents du président Biya figurent Joshua Osih, candidat du Social democratic front (SDF), Maurice Kamto, du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) et l’avocat et ancien vice-président de Transparency International, Akere Muna.

Crise en zone anglophone

Quatre scrutins étaient initialement prévus pour cette année 2018. Après les sénatoriales, largement remportées par le parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le gouvernement devait également organiser les élections législatives et municipales d’ici la fin de l’année. Le 2 juillet, les députés ont voté un projet de prorogation de leur mandat d’un an avant que le président Biya ne décide de reporter, par décret, les municipales.

« La tenue au cours de l’année 2018 des élections présidentielle, législatives et municipales sensiblement aux mêmes périodes rend difficile leur organisation matérielle, à cause du chevauchement des opérations électorales », avait justifié le président camerounais dans une correspondance adressée à la présidence du Parlement.

Mais au-delà d’un calendrier électoral serré, le climat politique actuel au Cameroun complique l’organisation des différentes élections. Le scrutin présidentiel se prépare dans un contexte tendu, avec des tensions à l’Extrême-Nord, toujours sous la menace de Boko Haram, et la crise en zone anglophone où séparatistes armés et forces de défense et de sécurité s’affrontent depuis fin 2017.

Alors que le gouvernement a annoncé fin juin un plan d’urgence humanitaire de 12,7 milliards de francs CFA (près de 20 millions d’euros) pour répondre à la situation dans la région, le ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo, était jeudi 12 juillet en visite officielle dans le Sud-Ouest anglophone.

Jeuneafrique.com avec par

RDC: Kinshasa délivre un passeport diplomatique è Jean-Pierre Bemba

juillet 14, 2018

 

L’ancien vice-président congolais, Jean-Pierre Bemba, devant la Cour pénale internationale à La Haye, le 21 juin 2016. © Michael Kooren/AP/SIPA

Selon nos informations, un passeport diplomatique a été délivré vendredi à l’opposant congolais Jean-Pierre Bemba, acquitté début juin de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité par la CPI.

Après dix ans de détention à La Haye, le ciel s’éclaircit pour Jean-Pierre Bemba. Depuis son acquittement, le 8 juin, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, l’opposant congolais a reçu l’autorisation de séjourner à Bruxelles, en attendant son éventuel retour à Kinshasa. Là-bas, son parti, le Mouvement de libération du Congo (MLC), vient de le désigner, vendredi 13 juillet, comme candidat à la présidentielle, prévue le 23 décembre, à l’issue de son congrès en cours.

Mais personne ne sait encore la date du retour au pays du « Chairman ». Il y a deux semaines, Jean-Pierre Bemba s’était rendu discrètement à l’ambassade de la RDC à Bruxelles pour faire sa demande de passeport diplomatique, en sa qualité de sénateur.

« Plus rien n’empêche le retour de Bemba »

Une source au sein du ministère congolais des Affaires étrangères indique à Jeune Afrique que « le passeport diplomatique demandé a été remis aujourd’hui [vendredi 13 juillet] à Fidèle Babala », le bras droit du leader du MLC. « Plus rien n’empêche désormais son retour en RDC », ajoute notre source.

Jeune Afrique avait annoncé début juillet que la délivrance du passeport de Jean-Pierre était imminente. « Cela a un tout petit peu traîné parce que le vice-Premier ministre des Affaires étrangères [Léonard She Okitundu] était souvent en déplacement ces derniers jours », explique un diplomate congolais proche du dossier.

Condamné dans une autre affaire de subornation de témoins, Jean-Pierre Bemba attend de la première chambre de la Cour pénale internationale une nouvelle décision. Sera-t-il définitivement relaxé, comme le demandent ses avocats, ou de nouveau condamné, comme l’espère le bureau du procureur qui a requis cinq ans de prison à son encontre ?

Jean-Pierre Bemba

Présidentielle à Madagascar les 7 novembre et 19 décembre (officiel)

juin 29, 2018

Antananarivo – Les deux tours de l’élection présidentielle à Madagascar ont été fixés aux 7 novembre et 19 décembre, a annoncé vendredi le Premier ministre Christian Ntsay, mettant fin à des semaines de spéculation sur la date du scrutin sur fond de crise politique.

« La décision prise par le gouvernement est de tenir le premier tour de l’élection présidentielle le 7 novembre et le deuxième tour le 19 décembre », a déclaré M. Ntsay, nommé en juin avec la mission de conduire le pays en douceur vers des élections.

« J’espère que la sortie de ces dates sera un moyen pour renforcer l’apaisement politique et nous mener vers une vraie élection qui va résoudre le problème de Madagascar », a ajouté le Premier ministre à Antananarivo.

La Grande Ile, située dans l’océan Indien, est secouée depuis fin avril par une crise ouverte entre le président Hery Rajaonarimampianina et l’opposition.

La situation semblait s’être apaisée avec la formation mi-juin d’un gouvernement de consensus, auquel participe l’opposition. Les dates de la présidentielle annoncées vendredi ne sont pas toutefois conformes à une récente décision de la Haute cour constitutionnelle (HCC).

Pour tenter de sortir le pays de l’impasse politique, la plus haute instance juridique de Madagascar avait décidé d’accélérer le calendrier électoral et exigé que l’élection présidentielle soit organisée d’ici la fin de la saison sèche, c’est-à-dire d’ici septembre-octobre, et non plus à la fin 2018.

Le président Rajaonarimampianina, élu en 2013, n’a pas encore annoncé s’il briguerait ou non un second mandat cette année.

En revanche, les anciens chefs de l’Etat Andry Rajoelina (2009 -2014) et son prédécesseur Marc Ravalomanana (2002-2004) ont laissé entendre qu’ils se présenteraient.

Romandie.com avec(©AFP / 29 juin 2018 08h38)                                                        

Zimbabwe: 23 candidatures acceptées pour la présidentielle

juin 14, 2018

Harare – Un total de 23 candidatures à l’élection présidentielle du 30 juillet au Zimbabwe ont été formellement enregistrées jeudi, dont celles du chef de l’État en exercice Emmerson Mnangagwa et de son rival de l’opposition Nelson Chamisa.

Dans tout le pays, les prétendants aux scrutins présidentiel, législatifs et municipaux, les premiers depuis la démission de l’ex-président Robert Mugabe en novembre, étaient appelés jeudi à déposer leurs dossiers auprès des tribunaux.

« J’ai soumis le dossier de son excellence l’honorable Emmerson Mnangagwa », 75 ans, a déclaré son représentant, le ministre de la Justice Ziyambi Ziyambi, devant la Haute Cour d’Harare.

Son principal adversaire, le patron du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), Nelson Chamisa, 40 ans, a également fait acte de candidature, selon son agent électoral, Jameson Timba.

Parmi les autres candidats figurent Joice Mujuru, une ancienne vice-présidente de Robert Mugabe limogée en 2014, Thokozani Khupe du MDC, parti en proie à de fortes divisions, Violet Mariyacha, du Mouvement pour la démocratie unie (UDM) ou encore Noah Manyika, de la formation Build Zimbabwe.

La liste définitive des candidatures approuvées par la Commission électorale zimbabwéenne (ZEC) comprend 23 noms, alors que le scrutin de 2013 n’a mis en présence que cinq candidats. Seuls quatre candidats à la présidentielle s’étaient présentés en 2008.

En déposant sa candidature, Violet Mariyacha, 61 ans, a fait part de ses inquiétudes sur la transparence des scrutins, alors que les élections de l’ère Mugabe ont été régulièrement entachées de fraudes et de violences.

« Nous voulons avoir des informations sur les listes électorales, sur la sécurité des bulletins de vote », a-t-elle déclaré.

« La couverture des médias n’est pas juste. Elle est toujours négative quand il s’agit de l’opposition », a-t-elle dénoncé.

Le président Mnangagwa a promis des scrutins « libres, honnêtes et transparents », mais l’opposition reste très méfiante.

Pour être dûment enregistrés pour la course à la présidentielle, les candidats devaient débourser 1.000 dollars et être « parrainés » par au moins 100 électeurs enregistrés sur les listes électorales et issus des dix provinces du pays.

Les élections générales du 30 juillet seront les premières depuis la démission forcée en novembre de Robert Mugabe après trente-sept ans de régime autoritaire. Il avait dû céder sa place sous la pression de l’armée et de son parti, la Zanu-PF, qui a jeté son dévolu sur Emmerson Mnangagwa.

Ce dernier devrait, sauf énorme surprise, remporter la présidentielle face à une opposition divisée et orpheline après la mort en février du chef historique du MDC, Morgan Tsvangirai.

Romandie.com avec(©AFP / 14 juin 2018 20h36)                                                        

Mali: une marée de manifestants pour réclamer des élections « transparentes »

juin 8, 2018

/ © AFP / Michele CATTANI

Des dizaines de milliers de Maliens ont défilé vendredi dans le calme à Bamako, à l’appel de l’opposition, pour réclamer la « transparence » lors de l’élection présidentielle du 29 juillet, une semaine après des marches émaillées d’incidents, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Partie de la place de la Liberté, la marée de manifestants a cheminé sur quelques kilomètres, au son des vuvuzelas, jusqu’à la Bourse du travail, au coeur de la capitale malienne, où des dirigeants de l’opposition ont pris la parole.

Le cortège s’est ensuite dispersé sans incident.

Le 2 juin, les forces de l’ordre avaient dispersé à coups de gaz lacrymogène et de matraque des rassemblements de l’opposition, interdits par les autorités, faisant quelque 25 blessés.

« Il y a au bas mot 300.000 manifestants dans les rues de Bamako pour dire +non aux dérives du pouvoir+, a déclaré à l’AFP un membre de l’opposition, l’ancien ministre Djiguiba Keïta, alors que selon les médias locaux, les manifestants étaient entre 10.000 et 20.000.

« Nous avons manifesté pour effectivement réclamer des élections transparentes et un accès équitable aux médias d’Etat, mais aussi pour dénoncer la gouvernance actuelle », a déclaré à l’AFP le chef de file de l’opposition Soumaïla Cissé.

M. Cissé, 68 ans, battu au second tour en 2013, fait partie de la quinzaine de candidats déclarés qui affronteront le 29 juillet le président Ibrahim Boubacar Keïta, 73 ans, en lice pour un second mandat.

Cette fois, après une réunion de « décrispation » entre majorité et opposition chapeautée par l’ONU et l’Union africaine, la marche de la « Coalition pour l’alternance » avait été autorisée par le gouverneur de Bamako.

« Non à la fraude! », « Non à la mascarade électorale », « Mêmes droits pour tous à la radio et à la télévision nationale », pouvait-on lire sur des pancartes et banderoles des manifestants, dont beaucoup portaient des drapeaux aux couleurs nationales.

« La marche n’est plus seulement pour réclamer des élections transparentes et un égal accès aux médias publics. C’est aussi pour dénoncer l’impopularité du régime, la vie chère, la corruption », expliquait un fonctionnaire de 51 ans, Mahamane Touré.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Malgré un accord de paix signé en mai-juin 2015, les violences ont persisté et se sont propagées du nord vers le centre et le sud, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des tensions ou des conflits intercommunautaires.

La campagne officielle pour la présidentielle doit débuter le 7 juillet.

Romandie.com avec (©AFP / 08 juin 2018 15h50)                

En Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara n’exclut pas un troisième mandat

juin 4, 2018

Le changement de Constitution de 2016 permet au chef de l’Etat de se présenter à la présidence en 2020 et 2025. L’opposition s’insurge.

Le président ivoirien Alassane Ouattara lors d’un meeting de son parti, le Rassemblement des républicains, à Abidjan le 5 mai 2018.
Le président ivoirien Alassane Ouattara lors d’un meeting de son parti, le Rassemblement des républicains, à Abidjan le 5 mai 2018. Crédits : SIA KAMBOU / AFP

Le président ivoirien Alassane Ouattara, dont le deuxième mandat s’achève en 2020, a déclaré, dans un entretien à l’hebdomadaire Jeune Afrique dimanche 3 juin, qu’il n’excluait pas un troisième mandat alors que la bataille pour sa succession a déjà commencé

« La nouvelle Constitution m’autorise à faire deux mandats à partir de 2020. Je ne prendrai ma décision définitive qu’à ce moment-là, en fonction de la situation de la Côte d’Ivoire. La stabilité et la paix passent avant tout, y compris avant mes principes », a déclaré le chef de l’Etat ivoirien, interrogé sur la possibilité de se représenter.

Après avoir longtemps écarté cette possibilité, le président Ouattara estime désormais que le changement de Constitution de 2016 a remis les compteurs à zéro et que les élections de 2010 et 2015 ne comptent pas.

Cette interprétation, souvent diffusée par ses partisans, est largement remise en cause par l’opposition et par une grande partie de la communauté internationale.

« Inacceptable »

« Cette déclaration désormais ouverte n’est que pure provocation contre le peuple ivoirien. L’idée d’un troisième mandat, le chef de l’Etat actuel le sait, est anticonstitutionnelle, inacceptable et irréalisable en Côte d’Ivoire » a déclaré le président de « Ensemble pour la démocratie et la souveraineté » (EDS), le Pr Georges Armand Ouégnin, dans un communiqué.

EDS est une coalition de l’opposition qui regroupe des partis politiques, des associations de la société civile et le Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l’ex-président Laurent Gbagbo. La plateforme, qui a été particulièrement active lors des protestations contre le nouveau Sénat dont l’élection a eu lieu en mars, demande surtout une nouvelle commission électorale (CEI) avant tout nouveau scrutin et notamment avant la présidentielle de 2020.

Pour EDS, M. Ouattara « devrait donc se résoudre, dès maintenant, à la mise en place d’une CEI consensuelle pour des élections libres, justes et transparentes, élections auxquelles il ne peut se présenter en 2020, mais qui doivent être le gage d’une alternance démocratique et pacifique dans notre pays ».

Certains observateurs estiment que le président utilise la « menace » de se représenter pour faire taire les querelles internes nées de la guerre de succession qui a déjà commencé.

Parti unifié

En même temps, le président tente de transformer en parti la coalition au pouvoir, afin d’organiser une primaire pour la présidentielle de 2020.

La transformation en un parti unifié du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) est un serpent de mer de la politique ivoirienne depuis une dizaine d’années.

Lire aussi :   Côte d’Ivoire : les frères rivaux de la majorité montrent les muscles en vue de la présidentielle de 2020

Voulue par le président Ouattara, elle se heurtait à des réticences au sein de son propre parti mais surtout de ses alliés et notamment du principal d’entre eux, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), de l’ancien président Henri Konan Bédié, qui a permis l’élection de Ouattara en 2010 et 2015.

Un des points d’achoppement est justement l’investiture du candidat à la présidentielle de 2020 : une partie des membres du PDCI estime que cette investiture leur revient de droit à leur formation, puisqu’ils ont soutenu celle du Rassemblement des Républicains (le parti de Ouattara) à deux reprises.

« Je considère que les Ivoiriens doivent choisir le prochain président dans la paix et sans violence, comme ils l’ont fait en 2015 (…) La démocratie et la transparence sont mes seuls objectifs », a précisé M. Ouattara à Jeune Afrique.

Le Monde.fr avec AFP

Congo: le général Mokoko garde le silence à l’ouverture du procès à Brazzaville

mai 8, 2018

 

Accusé d’« atteinte à la sûreté de l’Etat », le candidat malheureux à la présidentielle congolaise de 2016 estime bénéficier d’une immunité.

 

Le général Jean-Marie Michel Mokoko à Brazzaville, le 19 mars 2016, à la veille de l’élection présidentielle congolaise à laquelle il était candidat. Crédits : EDUARDO SOTERAS / AFP

Le général congolais Jean-Marie Michel Mokoko a invoqué son immunité, lundi 7 mai, au premier jour de son procès à Brazzaville pour « atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat ». Sa défense qualifie la procédure de « règlement de comptes politiques » monté par le régime du président Denis Sassou-Nguesso.

Le général Mokoko, qui comptait parmi les figures de ce régime jusqu’à sa candidature à l’élection présidentielle de 2016, a comparu devant la cour criminelle de Brazzaville où les journalistes, tenus à l’écart le matin, ont finalement été admis dans l’après-midi. Vêtu d’une large chemise blanche bâillant au-dessus d’un pantalon bleu nuit, il a choisi de ne pas répondre aux questions de la cour.

« Vous outragez la cour »

Ex-chef d’état-major, ex-conseiller du président, le général de 71 ans formé à l’école militaire de Saint-Cyr (France) invoque une immunité qu’il affirme tenir d’un décret de 2001 faisant de lui un « dignitaire de la République », a-t-il fait savoir à l’AFP par le truchement d’un membre de sa famille. « Il est serein », a assuré ce dernier.

« Vous outragez la cour » avec votre silence, lui a lancé le président de celle-ci, Christian Oba. « Ce n’est pas mon interprétation », a répondu l’officier.

« Les avocats de la partie civile pensaient que l’accusé avait une part de vérité à exposer dans cette salle. Il se refuse à toute déclaration. Nous en tirerons toutes les conséquences juridiques mais les débats doivent se poursuivre », a déclaré l’un des avocats de l’Etat, Me Gérald Deviller, un Français inscrit au barreau de Brazzaville. « La cour suprême a statué à deux reprises [en disant] qu’il n’avait pas l’immunité. » L’audience doit reprendre mardi à 10 heures (heure locale).

Désobéissance civile

En mars 2016, le général avait terminé troisième de l’élection présidentielle, recueillant moins de 14 % des voix. Le scrutin avait abouti à la réélection dès le premier tour du président Sassou-Nguesso (avec 60 % des suffrages), qui cumule plus de trente ans au pouvoir. Avec d’autres candidats, le général Mokoko avait alors appelé à la « désobéissance civile ».

Mokoko est aussi accusé de « détention illégale d’armes et munitions de guerre » ainsi que d’« incitation au trouble à l’ordre public ». « S’il avait voulu faire un coup d’Etat, il l’aurait fait depuis longtemps. Jamais le général Jean-Marie Michel Mokoko n’a dit : “Prenez les armes”», a affirmé, jeudi 3 mai, sur Radio France internationale (RFI) l’un de ses avocats, Norbert Tricaud.

La cour criminelle doit aussi juger la semaine prochaine un autre officier, le général Norbert Dabira, arrêté en janvier pour une tentative de coup d’Etat. Jean-Martin Mbemba, ex-ministre d’Etat, comparaîtra par la suite, également pour atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat. Un autre candidat à la présidentielle, André Okombi Salissa, est détenu pour les mêmes motifs depuis janvier 2017. La date de son procès n’est pas connue.

Lemonde.f avec AFP

« Ce que je crois », de Denis Christel Sassou Nguesso: un premier pas vers la présidentielle au Congo ?

mai 4, 2018

Denis Christel Sassou Nguesso, député d’Oyo et fils du président du Congo-Brazzaville. © Couverture du livre « Ce que je crois » de Denis Christel Sassou Nguesso, paru le 2 mai 2018.

Député et fils du chef de l’État congolais, Denis Christel Sassou Nguesso a dévoilé ce mercredi, devant les jeunes, à Brazzaville, les grandes lignes de « Ce que je crois », un livre dans lequel il livre sa « vision du Congo de demain ». Un projet de société en vue d’une prochaine présidentielle ?

Se verrait-il hériter du trône ? Au Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir), tout comme dans les formations politiques de l’opposition, beaucoup estiment que Denis Christel Sassou Nguesso endosserait bien le costume de chef de l’État lorsque son père, Denis Sassou Nguesso, aura décidé de se retirer. Lui-même n’a jamais exclu cette éventualité. « Avant d’être fils du président, je suis un citoyen congolais », affirmait-il à JA il y a quatre ans.

Dans son livre Ce que je crois (clin d’œil implicite aux réflexions hebdomadaires de Béchir Ben Yahmed, fondateur du groupe Jeune Afrique ?),  qu’il présentait au public le 2 mai à Brazzaville (et qu’on trouve en libre téléchargement sur son site), Denis Christel Sassou Nguesso ne laisse pas entrevoir ses intentions. Il se contente de peindre son « Congo de demain ».

Il existe de très nombreux talents dans notre pays qui ne demandent qu’à s’épanouir

« Mon ambition : faire qu’à terme, de moins en moins de personnes restent au bord du chemin, exclues, alors qu’il existe de très nombreux talents dans notre pays qui ne demandent qu’à s’épanouir si on leur donne les moyens », écrit le députéd’Oyo, réélu à près de 100 % lors des législatives de juillet 2017.

« Exemplarité des élites » ?

Déjà très présent dans le secteur économique au Congo-Brazzaville – il est, entre autres, administrateur générale de la Congolaise de raffinage (Coraf) et occupe des postes-clés au sein de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) -, « Kiki le pétrolier », comme on le surnomme, pousse désormais son avantage sur le terrain politique. Court-circuitant quelques caciques du PCT, il est parvenu à faire élire quelques jeunes députés dans l’hémicycle. Et prêche l’« exemplarité des élites » face aux « antivaleurs » : « corruption, détournement, cupidité, concussion, fraude, paresse, vol, ou même incivisme », énumère-t-il dans son livre.

« Je suis convaincu qu’une société qui ne se donne pas les moyens appropriés de vaincre les maux dont elle souffre va inexorablement à sa perte, écrit-il […]. Je m’inscris dans une vision qui est celle du Congo demain ».

Aujourd’hui pourtant, son propre nom est évoqué dans certains scandales financiers qui éclatent au grand jour. En 2016, par exemple, le fils du chef de l’Etat était cité dans l’affaire des « Panama Papers », notamment pour ses liens avec le négociant du pétrole Jean-Philippe Amvame Ndong et le cabinet Mossack Fonseca. Ce que l’intéressé a toujours nié.

Sans nous substituer à l’État, nous avons décidé d’accompagner les jeunes espoirs

Dans les 64 pages de son livre, Denis Christel Sassou Nguesso ne revient pas sur ces affaires. À la tête de la fondation Perspectives d’avenir depuis 2012, il préfère insister sur « l’éducation et la formation permanente ». « On évoque la sortie d’une économie pétrolière et la nécessaire diversification de l’économie. Nous ne pouvons nous résoudre à attendre la hausse des cours du baril sans un changement profond du système de pensée », préconise l’auteur.

Candidat à la présidentielle ?

Ce que je crois, c’est enfin un bilan des réalisations de Perspectives d’avenir. Bourses d’études à l’étranger, « formations qualifiantes », construction d’hôpitaux de campagne, campagne de vaccination contre le cancer du col de l’utérus, en partenariat avec l’Association Solidarité Cancer et l’Organisation mondiale de la santé (OMS)… « Sans nous substituer à l’État […], nous avons décidé d’accompagner les jeunes espoirs, les talents de demain appartenant à des milieux démunis », justifie-t-il.

Et Denis Christel Sassou Nguesso de conclure : « Nous avons encore un long chemin à parcourir pour poursuivre les actions engagées, en finaliser certaines et entreprendre de nouveaux projets. » Un rendez-vous avec ses compatriotes congolais au sommet de l’État ? La question lui a été ouvertement (re)posée mercredi, lors de la présentation de son livre. « Jusqu’à preuve du contraire, je n’ai pas dit quelque part que je faisais acte de candidature pour 2021, mais cela ne veut pas dire que dans l’avenir du Congo, je ne serai jamais candidat à une élection présidentielle », a-t-il répondu. Comme à JA en 2014.

Jeuneafrique.com par

La droite conserve le pouvoir au Paraguay, Mario Abdo élu président

avril 22, 2018

Le candidat à la présidentielle au Paraguay, Mario Abdo Benitez, vote à Asuncion, le 22 avril 2018 / © AFP / EITAN ABRAMOVICH

Le candidat de droite Mario Abdo Benitez a remporté dimanche l’élection présidentielle au Paraguay, poursuivant l’hégémonie de son parti Colorado, qui gouverne le pays sud-américain presque sans interruption depuis 1947, selon les résultats officiels.

« Le président de la République est Mario Abdo Benitez », a déclaré le président du tribunal électoral, Jaime Bestard, précisant que le candidat a obtenu 46,49% des voix contre 42,72% pour son rival Efrain Alegre, porté par une coalition de centre gauche, des résultats qui portent sur 96% des bulletins et sont « irréversibles ».

Son avance est toutefois nettement réduite par rapport à ce qu’anticipaient les sondages, qui lui avaient donné jusqu’à 20 points d’avance ces dernières semaines.

Les autorités électorales ont fait état d’une participation d’environ 65%.

Les 4,2 millions d’électeurs avaient été appelés à choisir le successeur du président sortant Horacio Cartes mais aussi à renouveler leur Parlement et élire les gouverneurs des 17 départements du pays.

Enclavé entre la Bolivie, l’Argentine et le Brésil, le Paraguay, dynamique économiquement mais miné par la pauvreté, la corruption et le trafic de drogue, a été profondément marqué par la longue dictature d’Alfredo Stroessner (1954-1989).

Ce qui n’a pas empêché Mario Abdo Benitez, 46 ans, de l’emporter, malgré les liens de sa famille avec cette époque trouble: le candidat, surnommé « Marito », est le fils de Mario Abdo, secrétaire personnel de Stroessner.

« J’ai gagné mes références démocratiques au cours de ma carrière politique », s’est justifié dimanche « Marito », qui avait pourtant assisté aux funérailles de l’ex-dictateur, en exil au Brésil, en 2006.

– Mécontentement –

Le scrutin a été organisé dans un climat de mécontentement général envers le président sortant, comme en a témoigné Alex Giménez, étudiant de 18 ans votant pour la première fois: « La majorité des gens ont de la rancoeur envers Cartes », a-t-il confié après avoir déposé son bulletin.

Horacio Cartes, patron millionnaire de l’industrie du tabac, a misé pendant son mandat sur la croissance économique, d’environ 4% par an grâce aux exportations de soja, de viande et d’électricité.

Mais il n’a progressé ni sur le front de la pauvreté, à un niveau alarmant de 26,4% officiellement, ni sur celui de la corruption, dans ce pays classé 135e sur 180 par l’ONG Transparency International dans son classement annuel de la perception de la corruption.

Le président sortant a reconnu dimanche, après avoir voté, que « tout reste à faire » au Paraguay: « Nous avons des dettes sociales, ce n’est pas concevable qu’avec toute la richesse que nous avons et en étant 7 millions d’habitants, nous ayons ce niveau de pauvreté ».

Diplômé en marketing aux Etats-Unis, « Marito » promet de réformer le système judiciaire pour le rendre plus vertueux et maintenir la même politique économique que son prédécesseur.

Face à lui, l’avocat Efrain Alegre, 55 ans, affichait des ambitions plus sociales, proposant la santé gratuite pour les plus démunis et un allègement drastique de la facture d’électricité pour stimuler investissements et emplois.

Les deux hommes étaient opposés à la légalisation de l’avortement et au mariage pour tous, dans ce pays très catholique.

L’élection de Mario Abdo Benitez, confirme à quel point la population a tourné la page de la période de la dictature, à la faveur du changement de génération, 43% de l’électorat ayant entre 18 et 34 ans.

« La société paraguayenne change plus vite que ses élites politiques, et il y a une génération, de plus en plus influente, qui ne se souvient pas vraiment du régime non-démocratique.

C’est une première dans l’histoire du Paraguay », souligne Oliver Stuenkel, professeur de relations internationales à la Fondation Getulio Vargas de Sao Paulo, dans un article publié par Americas Quaterly.

Romandie.com avec(©AFP / 23 avril 2018 03h35)