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Kenya: L’opposition à la Cour suprême pour obtenir l’annulation de la présidentielle

août 18, 2017

Des militants pro-Odinga manifestent devant la Cour Suprême à Nairobi, le 18 août 2017 au Kenya / © AFP / SIMON MAINA

La coalition du leader de l’opposition au Kenya, Raila Odinga, a saisi vendredi la Cour suprême pour contester les résultats de l’élection présidentielle du 8 août, qu’elle estime entachée de nombreuses fraudes.

Le 11 août, le président sortant Uhuru Kenyatta avait été déclaré vainqueur avec 54,27% des voix contre son adversaire Raila Odinga, (44,74%), une annonce qui avait déclenché des manifestations implacablement réprimées par la police dans plusieurs bastions de l’opposition – bidonvilles de Nairobi et ouest du pays. Au moins 17 personnes sont mortes et 177 blessées.

Pour l’opposition, le scrutin présidentiel a été « si mal conduit et entaché de tellement d’irrégularités flagrantes qu’il importe peu de savoir qui a gagné ou qui a été déclaré vainqueur », selon un communiqué publié vendredi soir.

Devant les caméras des principales chaînes de télévision du pays, une équipe d’avocats de l’opposition, ensuite rejointe par M. Odinga et son colistier, a déposé une requête de quelque 9.000 pages au greffe de la Cour suprême, moins de deux heures avant l’expiration du délai légal.

La Cour suprême du Kenya, composée de sept juges, dispose de 14 jours pour rendre son arrêt, qui est définitif. Le premier examen au fond du dossier n’interviendra pas avant six jours au minimum. Le parti au pouvoir, Jubilee, ainsi que la commission électorale (IEBC) ont la possibilité d’ici là de déposer des contre-arguments.

Soit la cour valide l’élection et M. Kenyatta, 55 ans, sera investi une semaine plus tard pour un second mandat de cinq ans à la tête de l’économie la plus dynamique d’Afrique de l’Est.

Soit elle annule le scrutin, et la commission électorale disposera de 60 jours pour organiser une nouvelle élection présidentielle.

Dans un communiqué diffusé vendredi soir, la coalition de M. Odinga (Nasa) a passé en revue les principales irrégularités qu’elle a, selon elle, détectées, notamment un piratage du système électronique de l’IEBC, des bureaux de vote non officiellement enregistrés et des écarts de participation entre la présidentielle et les autres scrutins conduits le même jour (législatives, sénatoriales, etc.)

– ‘Que justice soit faite’ –

« Tout le processus de compilation, de transmission, de vérification et de confirmation des résultats a été fondamentalement défectueux au point qu’on ne peut en aucun cas parler de résultats reflétant la réalité », a déclaré la Nasa dans son communiqué.

« Cette requête vise à demander à la Cour et par extension au peuple kényan d’annuler l’exercice dans son ensemble (…) afin d’ouvrir la voie à de nouvelles élections légitimes », a-t-elle conclu.

A l’extérieur de la Cour suprême, dans le centre-ville de Nairobi, quelque 200 partisans de l’opposition ont patienté une bonne partie de la journée pour apercevoir leur champion.

« Nous voulons que la Cour suprême annonce que Raila Odinga est le vainqueur de l’élection », a déclaré Victor Yugi à l’AFP.

« C’est pour la Cour suprême la dernière chance de nous rendre justice. C’est la troisième fois qu’on nous vole l’élection, nous voulons tout simplement que justice soit faite », a déclaré le jeune homme de 35 ans, brandissant une pancarte proclamant: « La justice sera notre bouclier et défenseur ».

Déjà trois fois candidat malheureux à la présidentielle (1997, 2007 et 2013), M. Odinga, 72 ans, avait saisi la Cour suprême lors du scrutin de 2013, en vain. Ce précédent avait d’abord incité sa coalition à rejeter un nouveau recours en justice avant de finalement s’y résoudre mercredi.

Soulignant que la Constitution de 2010, dont il fut l’un des principaux artisans, protégeait le droit de manifester, de faire grève et de recourir à la désobéissance civile, M. Odinga a également appelé à diverses formes de manifestations pacifiques dans les jours et semaines à venir.

Dès le lendemain de l’élection, Nasa a multiplié les accusations de fraude, pointant du doigt le système électronique de transmission et de comptage des voix, qu’elle avait pourtant tant fait pour promouvoir.

En 2013, ce système électronique avait largement failli et la commission électorale avait dû revenir au comptage manuel, ce qui aux yeux de l’opposition avait facilité les fraudes.

(©AFP / 18 août 2017 23h19)                

Angola – Isaías Samakuva: « Si je suis élu, Isabel dos Santos devra partir »

août 16, 2017

Isaias Samakuva, l’opposant angolais qui défend une démocratisation pacifique © AFP

 

À moins d’une semaine des élections générales, Isaías Henriques Ngola Samakuva, le candidat de l’Unita, espère convaincre les Angolais qu’il est une alternative crédible au MPLA – au pouvoir. Interview.

À 71 ans, Isaías Henriques Ngola Samakuva, le président de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita, premier parti d’opposition) se présente pour la troisième fois aux élections générales (législatives et présidentielle). Cette année, elles sont prévues le 23 août.

Face à lui – et là, c’est une première – se trouvera João Lourenço, le candidat du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), dirigé par José Eduardo dos Santos, le chef de l’Etat sortant au pouvoir depuis presque 38 ans, qui a décidé de passer la main.

Avec ce départ, mais aussi sur fond d’une des pires crises économiques qu’a connu le pays, l’ancien compagnon de route de Jonas Savimbi, fondateur de l’Unita, pense pouvoir faire mieux qu’en 2012, où il n’avait recueilli que 18,33% des voix – huit points de plus qu’en 2008 lors des premières élections du pays depuis la fin de la guerre civile en 2002. Entre deux meetings, il a répondu à nos questions par téléphone.

Jeune Afrique : Nous sommes à moins d’une semaine du scrutin. Comment s’est passée votre campagne ?

Isaías Henriques Ngola Samakuva : La tendance est bonne. Partout où nous passons, nous recevons énormément de soutien, ce qui nous donne bon espoir.

Votre parti a traversé des crises internes, comme la démission en 2011 de plusieurs cadres, dont votre ancien responsable de campagne, Abel Chivukuvuku, qui a créé le Casa Ce. Ne craignez-vous pas une dispersion des voix ?

Absolument pas. D’abord, ils sont nombreux parmi ces cadres à être revenus dans le giron de l’Unita. Ensuite, je pense que la création d’un nouveau parti est une bonne chose pour la démocratie. On ne pourra plus accuser l’Unita d’hégémonie sur l’opposition.

Le MPLA travaille pour s’enrichir

En 2012, vous étiez tout aussi optimiste. Et pourtant vous n’avez remporté que 18,33% des voix…

Beaucoup de choses ont changé depuis. Par exemple, tout le monde a compris que les accusations contre l’Unita, rendu responsable de la guerre civile et qui voudrait enflammer le pays, sont infondées, et qu’en réalité nous travaillons vraiment pour la paix. Quand le MPLA, lui, travaille pour s’enrichir.

Que ferez-vous de mieux que José Eduardo dos Santos, en poste depuis presque 38 ans ?

Nous répondrons aux besoins de tous les Angolais, en leur fournissant de l’eau potable, de l’électricité, des médicaments, de l’emploi… Ce dont ils sont actuellement privés.

Comment vous y prendrez-vous concrètement alors que le pays traverse l’une des pires crises économiques de son histoire ?

Il faut réellement diversifier notre économie. Mais pour cela nous avons besoin d’attirer les investisseurs étrangers dans d’autres secteurs que celui du pétrole. Ils n’ont actuellement pas accès aux opportunités et ne sont pas totalement libres d’investir. Rien que pour obtenir un visa, c’est pour eux une épreuve !

Quelle sera votre première mesure si vous êtes élu président ?

Réviser la loi qui encadre les investissements étrangers, car actuellement elle ne les protège pas. Nous devons donner des garanties.

Vivez-vous comme une aubaine le départ de José Eduardo dos Santos ?

En quelque sorte. Car le candidat João Lourenço n’apportera aucun changement, et les Angolais le savent. Notamment parce que dos Santos sera toujours à la tête du MPLA, et que c’est ce parti qui dirige en sous-main.

Si l’Unita remporte l’élection, qu’adviendra-t-il d’Isabel dos Santos, la fille du président nommée en novembre 2016 à la tête de la Sonangol, la compagnie pétrolière nationale ?

Nous pensons que sa nomination n’était pas éthique. Elle a été beaucoup contestée par le peuple angolais. Si je suis élu, elle devra partir.

Même si elle est compétente ?

A-t-elle vraiment bien géré ? Nous étudierons cela. Mais d’autres qu’elle sont compétents également.

J’accepterai le résultat des urnes si celui-ci exprime la volonté du peuple

L’Unita n’a jamais dirigé le pays. N’est-ce pas un handicap ?

Ce n’est pas compliqué de diriger un pays si la volonté politique existe et si nous agissons de manière transparente pour répondre aux besoins des citoyens. Le MPLA s’y prend mal, nous avons aujourd’hui un pays désorganisé, plongé dans la misère.

Accepterez-vous sans histoire le résultat des urnes, quel qu’il soit ?

Oui, si celui-ci exprime la volonté du peuple.

Comment jugerez-vous cela ?

Nous nous assurerons que l’élection a respecté la loi et les procédures. Si c’est le cas, nous accepterons le choix du peuple, quel qu’il soit.

À 71 ans, il s’agit de votre troisième campagne électorale. Est-ce la dernière ?

Oui, je me présente pour la dernière fois.

Jeuneafrique.com par Michael Pauron

Kenya: trois morts au lendemain de la réélection de Kenyatta

août 12, 2017

Un homme blessé est transporté dans le bidonville de Kibera à Nairobi, le 12 août 2017 / © AFP / PATRICK MEINHARDT

Au moins trois personnes ont été tuées au Kenya depuis l’annonce vendredi soir de la réélection du président Uhuru Kenyatta, le gouvernement assurant que les violences restaient localisées et que l’essentiel du pays était calme.

Sitôt la proclamation par la Commission électorale (IEBC) de la réélection de M. Kenyatta, 55 ans, pour un second mandat de cinq ans, des violences ont éclaté dans les bastions de l’opposition, qui a dénoncé « une mascarade » électorale.

Persuadés que la victoire leur a une nouvelle fois été volée, ses supporteurs ont laissé éclater leur colère dans l’ouest du pays et dans plusieurs bidonvilles de Nairobi, tels Kibera, Mathare ou Kawangware.

Depuis vendredi soir, au moins trois personnes, dont un enfant de neuf ans, ont été tuées. Deux décès ont été rapportés près de Kisumu (ouest) et dans le comté voisin de Siaya, de sources hospitalières et policières.

L’enfant a été tué par balle samedi matin à Mathare, alors qu’il se trouvait sur un balcon au quatrième étage d’un immeuble, selon un journaliste de l’AFP.

Selon un décompte de l’AFP, les violences liées à l’élection ont fait au moins 9 morts depuis mercredi dans ce pays de quelque 48 millions d’habitants.

La nuit a été agitée, marquée par des émeutes à Kisumu et des scènes de pillage à Kibera de commerces supposés appartenir à des sympathisants du pouvoir.

Les troubles ont continué dans la matinée à Kisumu et ses environs, où les manifestants ont bloqué des axes routiers. A Kibera, des jeunes munis de pierres ont allumé des feux et bloqué des rues, avant d’être pourchassés par la police. La même scène a été observée à Mathare par un journaliste de l’AFP.

– Des violences circonscrites –

Mettant ces incidents sur le dos « d’éléments criminels qui ont tenté de prendre avantage de la situation, en pillant et détruisant des propriétés », le ministre de l’Intérieur, Fred Matiangi, a assuré que « la sécurité prévaut complètement dans le reste du pays ».

La réponse de la police a été implacable, même si le ministre a certifié que « la police n’a pas fait d’usage disproportionné de la force contre un quelconque manifestant où que ce soit dans le pays ».

Un photographe de l’AFP a toutefois vu la police tirer des coups de feu en direction d’émeutiers dans la nuit à Kibera. A Kisumu, un témoin interrogé par l’AFP, Truphena Achieng, dont le frère a été blessé, a accusé la police d’avoir fait feu sur des personnes qui manifestaient « pacifiquement ».

Crédité de 54,27% des voix, M. Kenyatta, au pouvoir depuis 2013, avait tendu vendredi soir la main à son principal rival Raila Odinga (44,74%), dans une adresse à la Nation.

« Nous devons travailler ensemble (…) nous devons ensemble faire grandir ce pays », avait-il lancé, appelant l’opposition à ne pas « recourir à la violence ».

Il y a dix ans, plus de 1.100 personnes avaient été tuées et 600.000 déplacées en deux mois de violences post-électorales, les pires depuis l’indépendance en 1963, après la réélection fin décembre 2007 de Mwai Kibaki, déjà contestée par M. Odinga.

Ce souvenir ne signifie cependant pas forcément que le pays se dirige dans la même direction. Même si elles remettent en lumière de vieilles divisions tribales, les violences sont pour l’instant circonscrites aux bastions de l’opposition.

Le calme régnait dans une bonne partie de Nairobi, dans le centre du pays, ainsi qu’à Mombasa, sur la côte. Et seule l’ethnie Luo, celle de M. Odinga, semblait se mobiliser, les autres composantes de la coalition d’opposition (Nasa), les Luhya et Kamba, restant pour l’heure à l’écart des violences.

– L’opposition s’en remet au peuple –

Le contexte politique est également différent. En 2008, l’essentiel des violences avaient alors opposé les Kikuyu de M. Kenyatta aux Kalenjin. Or ces deux ethnies sont désormais alliées, le vice-président William Ruto étant un Kalenjin.

Reste que l’opposition dénonce des élections entachées de fraudes massives. « Je pense que tout ça relève d’une mascarade totale, c’est un désastre », avait déclaré vendredi James Orengo, l’un de ses principaux leaders.

L’opposition a écarté l’éventualité d’un recours en justice alors qu’en 2013, M. Odinga avait saisi la Cour suprême, en vain, pour contester la victoire de M. Kenyatta.

La Nasa a préféré s’en remettre au « peuple » sans explicitement lui demander de descendre dans la rue. M. Odinga est resté silencieux depuis vendredi et ses premières déclarations pourraient décider de l’avenir de la contestation.

Jeudi soir, M. Odinga, 72 ans, qui jouit d’une influence énorme sur sa communauté Luo, avait appelé au calme, non sans prévenir: « Je ne contrôle personne. Les gens veulent la justice ».

Les pressions internationales seront certainement intenses dans les jours à venir sur celui qui vient d’essuyer une nouvelle défaite dans la lutte dynastique qui oppose sa famille à celle de M. Kenyatta.

Human Rights Watch a par ailleurs appelé les forces de sécurité « à faire baisser et non augmenter la violence ».

Romandie.com avec(©AFP / 12 août 2017 13h54)

Kenya/présidentielle: scènes de violence dans les fiefs de l’opposition

août 11, 2017

Nairobi – Des scènes de violence ont éclaté dans des fiefs de l’opposition dès l’annonce vendredi soir de la réélection d’Uhuru Kenyatta comme président du Kenya, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Dans le bidonville de Kibera à Nairobi, des partisans en colère du principal candidat de l’opposition Raila Odinga ont attaqué et pillé des commerces appartenant visiblement à des membres de l’ethnie kikuyu, celle du président Kenyatta, selon un photographe de l’AFP.

La police a tiré des coups de feu en direction des émeutiers, selon la même source.

Des violences ont également éclaté dans les quartiers populaires de Kariobangi, Mathare et Dandora, dans la capitale, des groupes de jeunes allumant des feux dans les rues.

Dans la ville de Kisumu (ouest), un groupe d’une centaine de personnes a également déclenché des émeutes dans le quartier de Kongele, où des échauffourées avaient déjà eu lieu mercredi, a constaté un journaliste de l’AFP.

Ce même journaliste a entendu des coups de feu tirés par la police pour tenter de disperser ces manifestants.

« Ils sont venus nous tuer comme en 2007 », a déclaré un manifestant dans le bar d’un quartier de Nyalenda à Kisumu, où il avait trouvé refuge avec quelques personnes, après que la police eut ouvert le feu en direction d’un groupe d’un groupe qui tentait de manifester.

« Pourquoi tirent-ils sur des innocents qui expriment leur opinion? Pourquoi imposent-ils Uhuru aux gens? », a-t-il ajouté, s’identifiant seulement par le surnom Odhis.

Dans le même temps, dans certains quartiers de Narobi et dans les villes de Nakuru, Eldoret et Nyeri, des milliers de personnes chantaient et dansaient en liesse dans les rues pour fêter la victoire de leur champion, M. Kenyatta.

Ce dernier a été réélu avec 54,27% des voix, contre 44,74% à M. Odinga, selon les résultats officiels.

La réélection de M. Kenyatta laissait présager un vif ressentiment chez les partisans de M. Odinga, dix ans après les pires violences post-électorales de l’histoire du pays, qui avaient fait 1.100 morts.

Romandie.com avec(©AFP / 11 août 2017 22h44)                                            

Kenya: l’opposition exige que raila Odinga soit proclamé vainqueur

août 10, 2017

Malgré un appel à la paix peint en swahili sur la chaussée, les manifestations contre les résultats de la présidentielle ont tourné à la violence dans les rues de Kibera, à Nairobi, le 9 août 2017 / © AFP / TONY KARUMBA

L’opposition kényane a exigé jeudi que son candidat Raila Odinga soit déclaré vainqueur de l’élection présidentielle, après avoir remis en cause les résultats provisoires de la Commission électorale qui créditent le dirigeant sortant Uhuru Kenyatta d’une très large avance.

Sur la foi de résultats obtenus « de sources confidentielles » au sein de la Commission électorale (IEBC), « nous exigeons que le président de l’IEBC (…) déclare Raila Amolo Odinga président dûment élu de la République du Kenya », a déclaré à la presse le numéro 3 de l’opposition, Musalia Mudavadi.

Cette déclaration, au lendemain de violences sporadiques qui ont fait quatre morts, pourrait raviver les tensions dans un pays encore profondément marqué par les violences post-électorales de 2007-2008, qui avaient fait au moins 1.100 morts et plus de 600.000 déplacés.

M. Mudavadi, disant se fonder sur des résultats figurant dans la base de données de l’IEBC, a affirmé que Raila Odinga avait obtenu un peu plus de 8 millions de voix contre 7,75 millions pour M. Kenyatta.

Cette revendication contredit les résultats provisoires publiés sur le site de l’IEBC, qui donnent 54,27% des suffrages à M. Kenyatta, contre 44,84% à M. Odinga, sur un total de 15 millions de votes comptabilisés dans près de 99% des bureaux de vote.

La requête de l’opposition a été rejetée par le président de l’IEBC, Wafula Chebukati, qui a indiqué que le nom du vainqueur serait annoncé une fois que les résultats complets auront été compilés au niveau des 290 circonscriptions du pays, ce qui devrait être le cas d’ici vendredi midi.

Dans une réponse détaillée, l’IEBC a souligné que les documents sur lesquels l’opposition prétend s’appuyer sont truffés d’erreurs arithmétiques et proviennent d’une base de données Microsoft, quand la Commission utilise Oracle.

Avec cette auto-proclamation de victoire, Raila Odinga, qui est apparu le visage fermé en conférence de presse et n’a pas souhaité répondre aux journalistes, donne l’impression de jouer son va-tout.

– Un processus ‘donnant confiance’ –

Mercredi, il avait déjà rejeté les résultats provisoires, en affirmant que le serveur de l’IEBC avait été piraté au profit de M. Kenyatta par des hackers ayant utilisé les codes d’accès d’un responsable informatique de la commission sauvagement assassiné fin juillet.

M. Odinga, 72 ans, qui se présentait pour la quatrième fois à une présidentielle, avait dénoncé « une fraude d’une gravité monumentale ».

L’IEBC, dont l’opposition n’a cessé de mettre en cause l’impartialité pendant la campagne, a reconnu une tentative de piratage mais expliqué que celle-ci avait échoué.

Organe indépendant chargé de garantir l’équité du scrutin, l’IEBC a reçu le soutien prononcé des missions d’observation internationales, qui ont loué un processus incitant, selon elles, à la confiance.

Imités par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, ces observateurs ont aussi plaidé pour qu’on laisse à la Commission le temps d’achever sa tâche.

L’ex-secrétaire d’État américain John Kerry, chef de la mission de l’influente fondation Carter, a qualifié de « détaillé et transparent » le processus de vote et estimé qu’il pouvait « donner confiance quant aux résultats ».

L’ex-président ghanéen John Dramani Mahama, chef de la mission du Commonwealth, a de son côté jugé que tout désaccord devrait être « résolu par l’intermédiaire des voies légales prescrites ».

A Washington, le département d’Etat a appelé les Kényans à « attendre pacifiquement et patiemment » les résultats officiels, demandant aux candidats d’éviter tout recours aux « menaces » ou à la « violence ».

La déclaration de victoire de l’opposition a déclenché des scènes de liesse dans ses fiefs, où des violences isolées avaient éclaté la veille.

– ‘Uhuru doit partir’ –

A Kisumu (ouest), où des centaines de manifestants avaient érigé des barricades et brûlé des pneus avant d’être dispersés par la police mercredi, des centaines de personnes sont descendues dans les rues pour fêter cette annonce.

« Nous sommes heureux (…) Nous voulons la paix et nous voulons les résultats corrects », a déclaré à l’AFP Anthony Karaba, 35 ans.

Plusieurs centaines de personnes ont également parcouru les rues de Mathare, un bidonville de Nairobi, où la police avait abattu deux manifestants mercredi, en scandant: « Uhuru doit partir ».

Interviewé en soirée sur CNN, M. Odinga a affirmé « ne pas vouloir de violences au Kenya ». « Nous connaissons les conséquences de ce qui s’est passé en 2008 et nous ne voulons pas voir cela se répéter », a-t-il dit. Avant d’ajouter: « je n’ai de contrôle sur personne. Les gens veulent la justice ».

Chaque prise de parole de M. Odinga est attentivement écoutée au sein de son ethnie luo, le vote se jouant avant tout sur des sentiments d’appartenance ethnique.

En 2007, il avait rejeté la réélection de Mwai Kibaki, lors d’un scrutin entaché de nombreuses fraudes selon les observateurs. En 2013, il avait aussi contesté sa défaite et s’était tourné vers la justice, qui lui avait donné tort.

L’enjeu est capital pour M. Odinga, qui joue la dernière bataille d’une longue rivalité dynastique avec la famille de M. Kenyatta, 55 ans.

Son père, Jaramogi Oginga Odinga, fut brièvement vice-président, avant de perdre la lutte post-indépendance pour le pouvoir au profit du premier chef d’État Jomo Kenyatta, le père d’Uhuru.

Romandie.com avec(©AFP / 10 août 2017 22h07)   

Élections kenyanes: les observateurs étrangers appellent à la patience

août 10, 2017

Nairobi – Les observateurs étrangers déployés au Kenya pour les élections générales ont appelé le pays à la patience alors que la commission électorale (IEBC) est en train de compiler les résultats définitifs sur fond d’accusations de fraude électorale formulées par l’opposition.

Mercredi, l’opposition avait évoqué un piratage informatique et rejeté les résultats provisoires créditant le président sortant Uhuru Kenyatta d’une confortable avance. Ces accusations avaient été suivies d’échauffourées principalement dans des fiefs de l’opposition. Au total, quatre personnes ont été tuées dans deux incidents distincts.

L’ex-secrétaire d’Etat américain John Kerry, qui dirige la mission d’observation électorale de l’influente Fondation Carter, a exprimé sa confiance dans l’intégrité du système mis en place par la commission électorale, qualifiant de « détaillé et transparent » le processus de vote et de comptage, qui, « s’il est suivi jusqu’à la fin, peut donner confiance quant aux résultats ».

Pour que les résultats provisoires puissent être validés, ils doivent être corroborés par les procès-verbaux venus des 40.883 bureaux de vote. La commission espère recevoir les procès-verbaux dont elle ne dispose pas d’ici à vendredi midi.

« Nous avons observé ci et là des variations mineures témoignant d’une déviation par rapport à la procédure établie, mais nous avons le sentiment jusqu’à présent qu’aucune d’entre elles n’a affecté l’intégrité du processus dans son ensemble », a déclaré John Kerry lors d’une conférence de presse à Nairobi.

Il a notamment évoqué des irrégularités liées au système biométrique de reconnaissance des électeurs, ainsi que des assesseurs donnant de mauvaises instructions aux électeurs.

Dans une apparente référence aux accusations de piratage informatique de l’opposition, M. Kerry a par ailleurs soutenu que « le système judiciaire et les lois électorales kényanes disposent de provisions tout à fait adéquates en vue de rendre des comptes dans le cadre de cette élection, mais pas la rue ».

« Il faut donner le temps à l’IEBC de poursuivre sa tâche, ils travaillent 24 heures sur 24 », a pour sa part déclaré la députée européenne Marietje Schaake, qui dirige la mission d’observation de l’Union européenne (UE). « Nous continuons d’appeler tout le monde à rester calme, résilient et pacifique ».

Elle a également indiqué que les observateurs de l’UE, présents dans des bastions du pouvoir et de l’opposition, n’avaient remarqué le jour du vote « aucun signe de manipulation, localisée ou centralisée ».

Environ 400 observateurs étrangers ont été déployés au Kenya, par l’UE et la Fondation Carter, mais aussi par l’Union africaine et l’organisation du Commonwealth. Des milliers d’observateurs locaux ont également été déployés.

L’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, à la tête de la mission de l’UA, s’est dit surpris du nombre important de bulletins de vote invalidés (397.200 selon les résultats provisoires, soit 2,67% du total).

Il a estimé que certains bulletins avaient été trop sévèrement écartés, mais aussi que les électeurs, dont beaucoup ont voté pour la première fois, devaient être mieux informés sur la manière de remplir un bulletin.

Romandie.com avec(©AFP / 10 août 2017 14h43)                                            

La tension monte au Kenya, où l’opposition crie à la fraude électorale

août 9, 2017

Des habitants marchent près de barricades en flammes dans le bidonville de Mathare à Nairobi, le 9 août 2017. Ils protestent contre les résultats de l’élection présidentielle au Kenya. / © AFP / MARCO LONGARI

La tension montait mercredi au Kenya où l’opposant Raila Odinga rejette en bloc les résultats provisoires d’une élection présidentielle manipulée selon lui par piratage informatique, le sortant Uhuru Kenyatta étant crédité d’une confortable avance.

Au lendemain de l’élection, la police a tiré des grenades lacrymogènes en direction de plusieurs centaines de manifestants dans des fiefs de l’opposition coutumiers de ce genre d’échauffourées en période électorale: un quartier de Kisumu (ouest) ainsi qu’à Nairobi, dans le bidonville de Mathare et le quartier adjacent Huruma.

La Commission électorale (IEBC) a publié mercredi à la mi-journée les résultats transmis électroniquement par plus de 95% des bureaux de vote, créditant M. Kenyatta de 54,35% des suffrages, contre 44,78% pour Raila Odinga, sur un total de 14,4 millions de votes comptabilisés. Ces résultats provisoires doivent encore être validés sur la foi des procès-verbaux des bureaux de vote.

« Il s’agit d’une fraude d’une gravité monumentale, il n’y a pas eu d’élection », a déclaré à la presse Raila Odinga, le candidat de la coalition d’opposition Nasa, des accusations qui, combinées aux manifestations, faisaient ressurgir le spectre des violences de la présidentielle de 2007.

Selon le rival de M. Kenyatta, des pirates informatiques ont « manipulé » l’élection à l’avantage du président sortant en prenant le contrôle du système de comptage des voix grâce aux codes d’accès d’un responsable informatique de la Commission électorale assassiné un peu plus d’une semaine auparavant.

« Uhuru doit rentrer chez lui », a lancé celui qui avait également contesté ses défaites en 2007 et 2013. M. Odinga a soutenu être en tête de l’élection, et a également appelé les Kényans au calme avant toutefois d’ajouter: « Je ne contrôle pas le peuple ».

Le président n’a lui pas encore réagi aux résultats provisoires publiés par l’IEBC, alors que son parti a rejeté les accusations de l’opposition.

Le président de l’IEBC, Wafula Chebukati, a qualifié l’élection de « libre et juste » et souligné que les résultats publiés en ligne, sur la base de transmissions électroniques depuis les bureaux de vote, ne sont pas « définitifs ». La collecte des copies originales des procès-verbaux de chacun des bureaux de vote, en vue de la publication des résultats définitifs, pourrait prendre plusieurs jours, a-t-il dit.

« Pour l’instant, je ne peux pas dire si ce système a été piraté ou non », a en outre déclaré M. Chebukati au sujet du piratage informatique évoqué par l’opposition.

– Déploiement sans précédent –

Pendant ce temps, à Kisumu (ouest), un des bastions de l’opposition, des centaines de partisans de M. Odinga avaient érigé des barricades et mis le feu à des pneus. « Si Raila n’est pas président, nous ne pouvons pas avoir la paix », a vitupéré l’un d’eux avant que les gaz lacrymogènes de la police ne dispersent la foule.

Mercredi matin, les rues de Nairobi étaient anormalement calmes. La police anti-émeute a été déployée dans plusieurs bidonvilles de la capitale, est intervenue à Mathare et Huruma, dans le nord-est de la ville, notamment en tirant des coups de semonce vers le ciel.

Candidat pour la quatrième fois à la présidentielle, M. Odinga avait crié à la fraude en 2007 à l’annonce de la réélection du président Mwai Kibaki. Le Kenya avait alors plongé dans deux mois de violences politico-ethniques et de répression policière ayant fait 1.100 morts et plus de 600.000 déplacés.

En 2013, M. Odinga avait dénoncé des fraudes après la victoire dès le premier tour de M. Kenyatta. Il avait saisi la Cour suprême, qui avait tout de même validé les résultats.

En amont du scrutin, qui a donné lieu au déploiement sans précédent de plus de 150.000 membres des forces de sécurité, de nombreux observateurs avaient exprimé leur crainte de troubles à l’annonce des résultats. La campagne 2017 a été acrimonieuse, l’opposition accusant le pouvoir de préparer des fraudes.

– Problèmes localisés –

Les opérations de vote s’étaient pourtant déroulées sans encombre mardi dans la plupart des 41.000 bureaux. Surtout, malgré quelques problèmes localisés, le système d’identification biométrique des électeurs a semble-t-il fonctionné normalement, contrairement à quatre ans plus tôt.

Les quelque 19,6 millions d’électeurs Kényans devaient aussi élire leurs députés, gouverneurs, sénateurs, élus locaux et représentantes des femmes à l’Assemblée.

Le vote au Kenya se joue plus sur des sentiments d’appartenance ethnique que sur des programmes, et MM. Kenyatta (un Kikuyu) et Odinga (un Luo) avaient mis sur pied deux puissantes alliances électorales.

M. Kenyatta, 55 ans, et son vice-président William Ruto (un Kalenjin) avaient mis en avant leur bilan économique, notamment avec une croissance à plus de 5% par an et le développement des infrastructures. Raila Odinga a dénigré ce bilan, critiquant la hausse du prix des denrées alimentaires et se posant en garant d’une croissance économique mieux partagée.

Romandie.com avec(©AFP / 09 août 2017 15h31)                

Kenya: l’opposition rejette les résultats provisoires

août 8, 2017

Après une journée de vote largement suivie par la population, les résultats provisoires attribuaient 55 % des suffrages au président sortant, Uhuru Kenyatta.

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Le leader de l’opposition, Raila Odinga, candidat à l’élection présidentielle du parti National Super Alliance (NASA)devant une école à Kibera , bidonville de Nairobi. Crédits : STRINGER / REUTERS

Le chef de file de l’opposition au Kenya, Raila Odinga, a rejeté les résultats provisoires de l’élection publiés mardi 8 août au soir par la commission électorale, qui attribuent au président sortant Uhuru Kenyatta 55 % des suffrages.

« Ils sont fictifs, ils sont faux », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Pas de formulaires de certification

La commission électorale est dans l’obligation de fournir les formulaires de certification des résultats, signés par les observateurs des partis dans chaque bureau de vote, mais elle ne l’a pas fait, a-t-il poursuivi.

Lire aussi :   Au Kenya, « l’une des élections les plus réussies de notre histoire »

Jusque-là, les Kényans s’étaient déplacés en masse. Dix-neuf millions d’électeurs avaient été appelés aux urnes pour élire leur président, mais aussi leurs parlementaires, gouverneurs de comtés et représentants locaux.

Le Monde.fr avec Reuters

Les Kenyans ont voté en masse pour des élections âprement disputées

août 8, 2017

Des Kényans font la queue pour aller voter à Gatundu, le 8 août 2017 / © STR/AFP / SIMON MAINA

Les Kényans, enthousiastes, se sont déplacés en nombre mardi pour des élections générales qui se sont déroulées sans incident notable, chacun attendant maintenant de connaître le résultat d’un scrutin présidentiel serré entre le sortant Uhuru Kenyatta et son opposant Raila Odinga.

Les bureaux de vote ont commencé à fermer à 17H00 (14H00 GMT). Mais la commission électorale (IEBC) a annoncé que les personnes déjà dans les files d’attente seraient autorisées à voter.

Quant aux bureaux qui avaient ouvert tardivement, ils resteront ouverts pour une durée équivalente au retard pris. De premiers résultats provisoires ont commencé à tomber en fin d’après-midi.

L’IEBC dispose de sept jours pour déclarer le vainqueur, une étape redoutée par de nombreux observateurs car susceptible de déboucher sur des troubles, 10 ans après les pires violences électorales enregistrées dans cette ex-colonie britannique depuis son independance en 1963.

« Le bureau de vote est maintenant fermé », a expliqué à l’AFP Benedict Obiero, assesseur en chef à l’école Saint–Georges, à Nairobi, après avoir scellé les urnes.

« Nous allons maintenant nous reposer un peu, 30 minutes au maximum, et ensuite nous commencerons à compter les bulletins », a-t-il ajouté. « Nous avons besoin d’avoir l’esprit clair quand nous comptons les bulletins. Je m’attends à ce que nous allions tard dans la nuit. »

Concepta, 54 ans, était encore dans une file d’attente dans un bureau de vote voisin. « Je vais voter, puis rentrer chez moi et attendre les résultats », a-t-elle confié, reconnaissant qu’elle n’avait pas encore décidé pour qui elle voterait.

Priant pour qu’il n’y ait pas de violences dans les prochains jours, elle était encouragée par le fait que « tout le processus était bien plus ordonné qu’avant ». « La dernière fois, il y avait des gens qui criaient dans les files d’attentes, cette fois c’est beaucoup plus calme. »

Dans la nuit même ou aux premières heures du jour s’étaient formées des files d’attentes parfois longues de plusieurs centaines de mètres, attestant d’une ferveur démocratique que les accusations de fraudes lors des précédentes élections n’ont pas entamée.

– Bon déroulement –

Quelques uns des 41.000 bureaux de vote ont bien ouvert avec un peu de retard, suscitant la grogne de certains électeurs. Dans le comté du Turkana (nord), frappé par les pluies, une vingtaine de bureaux n’avaient pas ouvert à la mi-journée.

Deux employés de la commission électorale ont été interpellés pour avoir distribué trop de bulletins de vote. Mais le scrutin s’est globalement déroulé dans le calme.

Surtout, malgré quelques problèmes localisés liés à l’identification biométrique des électeurs, le système électronique a semblé fonctionner normalement.

Lors du scrutin de 2013, il avait failli à la mi-journée, ce qui avait obligé la commission à basculer sur le système manuel, alimentant les accusations de fraude électorale.

Pour de nombreux observateurs, la crédibilité du scrutin repose sur la fiabilité du système biométrique et de transmission électronique des résultats.

Le bon déroulement du scrutin a valu à l’IEBC les félicitations de la coalition d’opposition (Nasa). Celle-ci, qui n’avait pourtant pas ménagé ses critiques à son encontre lors de la campagne, s’est dite « largement impressionnée » par son travail.

– Déploiement sécuritaire –

Quelque 19,6 millions d’électeurs étaient appelés à départager Uhuru Kenyatta, fils du premier président du Kenya indépendant, et Raila Odinga, vétéran de la politique kényane, candidat pour la quatrième et probablement dernière fois à la présidentielle.

Les deux hommes se sont dit confiants dans leur victoire. Pendant ce temps, les rues habituellement bondées de Nairobi étaient désertes, les magasins et restaurants pour la plupart fermés.

M. Odinga, 72 ans, a accusé le pouvoir de vouloir truquer l’élection tout au long d’une campagne acrimonieuse qui a fait ressurgir le spectre des violences électorales de 2007-2008 qui avaient fait au moins 1.100 morts et plus de 600.000 déplacés.

Les Kényans devaient aussi élire leurs députés, sénateurs, gouverneurs, élus locaux et représentantes des femmes à l’Assemblée. Mais c’est bien la présidentielle, réédition de l’affiche de 2013, qui suscitait le plus de passions. Les sondages, quelque peu discordants, augurent d’un duel serré.

Un second tour entre les deux hommes est techniquement possible mais jugé peu probable, les instituts de sondages créditant les six autres petits candidats d’à peine 1% des voix au total.

Le vote au Kenya se joue plus sur des sentiments d’appartenance ethnique que sur des programmes, et MM. Kenyatta (un Kikuyu) et Odinga (un Luo) ont mis sur pied deux puissantes alliances électorales.

M. Kenyatta, 55 ans, et son vice-président William Ruto (un Kalenjin) ont mis en avant leur bilan économique: depuis 2013, le pays a aligné des taux de croissance à plus de 5% et développé ses infrastructures, dont la nouvelle ligne ferroviaire entre Nairobi et le port de Mombasa, sur l’océan Indien.

Raila Odinga a dénigré ce bilan et s’est de nouveau posé comme le garant d’une croissance économique mieux partagée.

Le scrutin a donné lieu au déploiement sans précédent de plus de 150.000 membres des forces de sécurité. A Nairobi, les bureaux de vote étaient solidement encadrés et des petits groupes de policiers étaient visibles aux carrefours des grands axes.

Romandie.com avec(©AFP / 08 août 2017 17h40)                

Rwanda: Paul Kagamé réélu président avec près de 98% des voix

août 4, 2017

Kigali – Le président rwandais sortant Paul Kagame a été réélu pour un troisième mandat de sept ans avec près de 98% des voix, selon des résultats partiels publiés samedi par la Commission électorale.

Avec environ 80% des bulletins dépouillés, M. Kagame, qui dirige le Rwanda depuis le génocide de 1994, obtient 98,66 des suffrages exprimés, ces deux adversaires recueillant chacun moins de 1%.

La Commission électorale estime que 97% des 6,9 millions d’électeurs inscrits ont voté.

« Nous pensons qu’à ce niveau, nous aurons les mêmes résultats demain (samedi matin, ndlr). Il n’y aura pas de changement après que nous ayons compté 100% des votes », a déclaré le président de la Commission électorale, Kalisa Mbanda.

Selon ces résultats partiels, l’indépendant Philippe Mpayimana obtenait 0,72% des suffrages exprimés, et Frank Habineza, leader du Parti démocratique vert, le seul parti d’opposition au Rwanda, recueillait 0,45% des voix.

Paul Kagame est l’homme fort du Rwanda depuis que le Front patriotique rwandais (FPR) a renversé en juillet 1994 le gouvernement extrémiste hutu ayant déclenché un génocide qui a fait 800.000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi.

Il a d’abord été vice-président et ministre de la Défense, dirigeant de facto le pays, avant d’être élu président en 2000 par le Parlement. En 2003 et 2010, il a été reconduit au suffrage universel avec plus de 90% des voix.

Romandie.com avec(©AFP / 05 août 2017 01h41)