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France-Attentats et présidentielle: Mélenchon suscite l’indignation, attaque l’extrême droite

juin 7, 2021
Attentats et presidentielle: Melenchon suscite l'indignation, attaque l'extreme droite
Attentats et présidentielle: Mélenchon suscite l’indignation, attaque l’extrême droite© AFP/Archives/Lionel BONAVENTURE

Jean-Luc Mélenchon renoue avec la polémique: les propos du chef de file de LFI liant terrorisme et élection présidentielle ont suscité l’indignation. L’insoumis a réagi en dénonçant une « ambiance violente » entretenue par ses détracteurs, braquant les projecteurs sur « l’appel au meurtre » d’une vidéo d’extrême droite.

Après son « la République, c’est moi » lancé lors d’une perquisition houleuse au siège de La France Insoumise en 2018, le candidat à l’Élysée se retrouve de nouveau dans la tourmente, accusé d’avoir tenu dimanche des propos « indécents » voire « complotistes », à moins d’un an de la présidentielle.

« Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre. Ça a été Merah en 2012 (auteur jihadiste des tueries de Toulouse et de Montauban), ça a été l’attentat la dernière semaine sur les Champs Élysées (en 2017, un jihadiste assassine le policier Xavier Jugulé). Avant on avait eu Papy Voise (un retraité agressé chez lui à Orléans en avril 2002), dont plus personne n’a jamais entendu parler après. Tout ça, c’est écrit d’avance », a déclaré le chef des Insoumis sur France Inter.

Ces propos ont aussitôt provoqué l’indignation, dans la classe politique mais aussi auprès de proches de victimes d’attentats, tels Latifa Ibn Ziaten, dont le fils militaire a été tué par Mohammed Merah, et qui a dénoncé des propos « inadmissibles ».

Plusieurs membres du gouvernement, à l’image de Marlène Schiappa, l’ont accusé de tenir « des propos complotistes » et « honteux » qui « manquent de respect aux familles de victimes » des attentats terroristes. A droite, mais aussi côté socialiste et écologiste, plusieurs voix se sont élevées pour critiquer « des propos irresponsables, pas dignes d’un homme d’État ».

« Il est en pleine dérive », a taclé la présidente du RN, Marine Le Pen. « Je suis malheureuse pour ses propres électeurs qui très certainement ne doivent pas le reconnaître », a-t-elle ajouté.

« Ambiance morbide »

En guise de réaction à la polémique, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une « odieuse manipulation » de ses propos et braqué les projecteurs sur une vidéo postée dimanche après-midi – et depuis supprimée – par le youtubeur d’extrême droite « Papacito », qui simule le meurtre d’un électeur insoumis, représenté par un mannequin.

D’abord depuis le siège de LFI, drapeau tricolore en arrière plan, puis à la tribune de l’Assemblée nationale, l’Insoumis, le visage fermé et le verbe lent, a clamé: « Je mets en garde contre le fait que cette vidéo est parue en fin de journée dimanche, alors même que commençait à s’orchestrer une odieuse manipulation de mes propos à propos des attentats qui ont eu lieu au cours des précédentes élections, et à propos desquels je veux renouveler l’expression de ma compassion pour les victimes ».

Selon Jean-Luc Mélenchon, la vidéo est l’aboutissement de « l’ambiance morbide et violente » entretenue par ses détracteurs. Il a donc appelé à « faire redescendre le niveau de violence verbale et en images qui règne dorénavant, à l’initiative de groupes dont le danger n’est plus à signaler », tout en annonçant son intention de porter plainte contre le youtubeur.

Le candidat PCF à la présidentielle Fabien Roussel a également annoncé « saisir le procureur » parce que les communistes sont aussi désignés comme cibles.

« Que ce genre de vidéo circule librement sur internet est effroyable », a tweeté le maire de Grenoble et potentiel candidat EELV à la présidentielle Éric Piolle.

Jean-Luc Mélenchon a également reçu le « soutien républicain » des députés LREM Sacha Houlié et Fabien Matras. « Cette vidéo est abjecte », a dénoncé le secrétaire d’État au Numérique Cédric O, interrogé sur LCP, qui au nom du gouvernement, « condamne » ces images.

L’épisode de la vidéo n’a fait que resserrer les rangs des Insoumis, qui avaient déjà fait bloc derrière leur chef, comme l’a démontré le soutien de la députée LFI Clémentine Autain, qui n’a pas hésité à exprimer ses désaccords par le passé.

« Ce qu’il a voulu dire, c’est que nous n’acceptons pas l’instrumentalisation de ces faits gravissimes qui arrivent la dernière semaine d’un scrutin important », a-t-elle défendu.

La candidate à la présidence de la région Île-de-France a toutefois concédé un « propos ramassé » qu’il était aisé de « mal interpréter ».

Le chef des Insoumis est coutumier des controverses, qu’il dit considérer à chaque fois comme la défense d’un « système » contre sa candidature.

Par Le Point avec AFP

Présidentielle au Pérou: duel serré au 2e tour entre Keiko Fujimori et Pedro Castillo

juin 6, 2021
Presidentielle au Perou: duel serre au 2e tour entre Keiko Fujimori et Pedro Castillo
Présidentielle au Pérou: duel serré au 2e tour entre Keiko Fujimori et Pedro Castillo© AFP/OSCAR DEL POZO

Les Péruviens ont commencé à se rendre aux urnes dimanche pour élire leur nouveau président parmi les deux vainqueurs surprise du premier tour: la candidate de droite populiste Keiko Fujimori ou le représentant de gauche radicale Pedro Castillo.

Les bureaux de vote ont ouvert à 07H00 locales (12H00 GMT) et le resteront 12 heures, quatre de plus qu’habituellement en raison de la pandémie. L’organisme électoral (ONPE) publiera les premiers résultats officiels à 23H30 (04H30 GMT lundi).

Dans un pays où le vote est obligatoire sous peine d’amende, une majorité se rend dans les centres de vote à contrecoeur.

Ecartelés par deux extrêmes dans lesquels ils ne se reconnaissent pas, ils sont surtout préoccupés par les chiffres alarmants de l’épidémie de coronavirus qui a déjà fait plus de 184.000 morts, faisant du pays andin le 5e le plus endeuillé au monde et le premier par rapport à son nombre d’habitants (33 millions).

Après le soulèvement populaire de novembre 2020 pour protester contre les agissements du Parlement et la succession de trois présidents en 10 jours, cette présidentielle était attendue pour mettre fin à une instabilité politique chronique dans le pays qui a aussi connu six ministres des Affaires étrangères en un an.

Mais le futur président n’aura pas les coudées franches pour gouverner. Lors des législatives organisées début avril lors du 1er tour, aucune majorité ne s’est détachée. Le parti Peru Libre de Pedro Castillo est arrivé légèrement en tête devant Fuerza Popular de Keiko Fujimori.

3e second tour pour Fujimori

Et au lieu d’apaiser les tensions ambiantes, la campagne du second tour les aura alimentées entre deux camps fortement antagonistes et au coude à coude dans les sondages: 42 % des intentions de vote pour Pedro Castillo, contre 40 % pour Keiko Fujimori, selon une enquête de l’Institut Ipsos réalisée à une semaine du scrutin.

Mme Fujimori, 46 ans, et ses partisans n’ont eu de cesse d’agiter le chiffon rouge par rapport au candidat de la gauche radicale, affirmant qu’il allait transformer le Pérou en une sorte de Corée du Nord ou de Venezuela, et mener le pays à la ruine et à la dictature.

L’instituteur syndicaliste de 51 ans a, lui, répété à l’envi qu’avec sa rivale ce sera « plus de pauvres dans un pays riche » et que perdurera la corruption.

Il fait référence au scandale Odebrecht, du nom du géant brésilien du bâtiment qui a reconnu avoir versé des pots-de-vin dans plusieurs pays latino-américains. L’affaire a éclaboussé de déshonneur la classe politique péruvienne.

Pas moins de quatre ex-présidents, dont un s’est suicidé, ont été impliqués dans ce scandale.

Et Keiko Fujimori, qui a déjà passé 16 mois en détention provisoire pour blanchiment d’argent présumé dans cette affaire, a vu le parquet requérir contre elle 30 années de prison.

En cas de victoire, après deux échecs au second tour en 2011 et 2016, elle deviendra la première femme présidente du Pérou et ne pourra être jugée qu’à l’issue de son mandat de cinq ans.

Economie dégradée

Si les deux candidats ont des programmes politiques à l’extrême opposé, étatisme et nationalisations d’un côté, libre concurrence et réduction des impôts de l’autre, ils s’accordent cependant sur certaines questions de société.

Dans ce pays très catholique, tous deux sont contre l’avortement, défendent la famille traditionnelle et n’accordent pas d’importance aux droits de la communauté LGTBI.

Le vainqueur devra aussi faire face à une situation économique dégradée: après avoir connu pendant des années une croissance supérieure à la moyenne latino-américaine, celle-ci s’est contractée de 11,12 % en 2020, le pire chiffre depuis trois décennies.

Deux millions de Péruviens ont perdu leur emploi pendant la pandémie et trois millions ont basculé dans la pauvreté. Un tiers des habitants sont classés comme pauvres, selon les chiffres officiels.

M. Castillo promet du changement en cas de victoire avec l’élection d’une Assemblée constituante. Tandis que Mme Fujimori défend l’actuelle loi fondamentale qui garantit le libéralisme économique, promulguée en 1993 par son père Alberto, président de 1990 à 2000 et qui purge une peine de 25 ans de prison pour corruption et crimes contre l’humanité.

Elle a répété son intention de lui accorder une grâce présidentielle.

Avec Le Point avec AFP

Russie: Vladimir Poutine s’autorise à faire deux mandats de plus

avril 5, 2021
Vladimir Poutine s'autorise a faire deux mandats de plus
Vladimir Poutine s’autorise à faire deux mandats de plus© Sputnik/AFP/Archives/Mikhail KLIMENTYEV

Le président russe Vladimir Poutine, 68 ans, a signé lundi la loi lui permettant de se présenter pour deux nouveaux mandats présidentiels, ouvrant la voie à son maintien au Kremlin jusqu’en 2036.

Le texte avait été définitivement adopté par le Parlement en mars, après un référendum constitutionnel organisé à l’été 2020.

Aux commandes du pays depuis 2000, Vladimir Poutine a en deux décennies éliminé toute réelle concurrence politique en Russie, jugulant l’opposition et les médias indépendants. Il s’est toujours refusé à évoquer sa succession.

L’homme fort de la Russie aurait dû en théorie se retirer à la fin de son mandat actuel en 2024, la législation russe n’autorisant pas un président à faire plus de deux mandats consécutifs.

Mais selon le texte qu’il a promulgué lundi, « cette restriction ne s’applique pas à ceux qui occupaient le poste de chef de l’État avant l’entrée en vigueur des amendements à la Constitution » approuvés par référendum en 2020.

Vie éternelle

En 2036, nouvelle date théorique à laquelle il devra quitter le Kremlin, Vladimir Poutine aura 83 ou 84 ans.

« Qu’ils passent dans la foulée une loi octroyant au président la vie éternelle », a ironisé dès lors sur Twitter, Evguéni Roïzman, un détracteur du Kremlin et ancien maire de Ekaterinbourg, l’une des plus grandes villes de Russie.

L’équipe de l’opposant emprisonné, Alexeï Navalny, a réagi en publiant une vidéo datant des années 2000 et dans laquelle Vladimir Poutine disait qu’il était opposé à ce qu’un président puisse rester au pouvoir plus de deux mandats.

La réforme, validée par référendum en juillet dernier et promulguée lundi après un long chemin législatif, intervient alors que le chef de l’Etat russe peut se targuer d’une popularité toujours supérieure à 60 % selon les sondages, cela malgré la pandémie, une économie au ralenti et des réformes sociales impopulaires en 2018.

Ce n’est en outre pas la première fois que M. Poutine est en passe d’atteindre la limite de deux mandats consécutifs.

En 2008, il avait pris le poste de Premier ministre et laissé le Kremlin à son dernier chef de gouvernement Dmitri Medvedev. Après cet intermède de quatre ans, il avait été réélu président en 2012 malgré un grand mouvement de contestation.

Puis, la durée du mandat présidentiel avait été prolongée de quatre à six ans et Vladimir Poutine fut réélu sans surprise président en 2018 avec 76 % dès le premier tour, sans réelle opposition.

Principes conservateurs et immunité

La loi promulguée lundi contient également de nouvelles exigences pour les candidats à la présidentielle. Ils doivent désormais être âgés d’au moins 35 ans, résider de façon permanente en Russie depuis au moins 25 ans et n’avoir jamais eu une citoyenneté étrangère ou un permis de séjour permanent d’un autre Etat que la Russie.

La révision constitutionnelle votée à l’été 2020 introduit aussi dans la Constitution des principes conservateurs chers au président – foi en Dieu, mariage réservé aux hétérosexuels, enseignement patriotique .

Elle donne aussi une immunité à vie garantie aux présidents russes, même une fois qu’ils ont quitté leurs fonctions.

Etalé sur une semaine en raison de la pandémie de coronavirus, le référendum de l’année passée et dont l’issue ne faisait aucun doute s’était conclu sur une victoire du « oui » à 77,92 % et une participation de 65 %, selon les chiffres officiels.

Alexeï Navalny, dont les équipes avaient filmé à travers la Russie nombre de violations présumées, a qualifié ce référendum d' »énorme mensonge » et l’ONG Golos, spécialisée dans l’observation des élections, a dénoncé une atteinte « sans précédent » à la souveraineté du peuple russe.

Par Le Point avec AFP

Congo: Réactions du candidat Mathias Dzon après les résultats de la présidentielle du 21 mars 2021

mars 26, 2021

Avec Ziana TV

CONGO : La mort du principal candidat-opposant à la présidentielle la nuit du vote

mars 24, 2021

Comme quasiment toutes les consultations électorales organisées par Sassou-Nguesso depuis son retour criminel et sanglant au pouvoir en 1997, la présidentielle de ce 21 mars, très critiquée par l’épiscopat national et d’autres forces sociales et politiques, s’est déroulée dans la confusion, avec la mort du principal candidat-opposant, tombé gravement malade deux jours auparavant, le jour du vote.

Anticipé par presque toutes les Constitutions, « l’empêchement définitif » d’un des candidats à la présidentielle, déjà validé par la juridiction constitutionnelle donc, reste un cas rare. C’est pourtant ce qui est arrivé au Congo-Brazzaville, où Parfait Kolélas, principal candidat-opposant, déclaré très gravement malade deux jours auparavant,  est décédé la nuit du vote du premier tour. Et c’est aussi ce qui va mettre à l’épreuve, une fois de plus, la justice constitutionnelle, après le triste feuilleton de la présidentielle précédente. Ici, après que la Cour constitutionnelle ait grossièrement et indécemment violé la Constitution en vigueur (notre réflexion à ce propos: « Cauchemar constitutionnel: comment des juristes ont étranglé le droit constitutionnel au Congo!« , in Mediapart, 17 septembre 2020), le principal candidat et opposant de circonstance, Jean Marie Michel Mokoko, avait été arrêté et sanctionné à vingt ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’État » contre un pouvoir arrivé lui-même aux affaires à la suite d’un sanglant coup d’État n’ayant pas fait moins de dix mille morts !

En l’occurrence, et précisément, avec l’empêchement sans équivoque du challenger officiel de Sassou Nguesso en 2016 et principal candidat-opposant au moins deux jours auparavant, au point qu’il n’a pas réussi à participer à son dernier grand meeting avant la fin de la campagne le vendredi 19 mars, et que de surcroît il est décédé la nuit du jour du vote, la juridiction constitutionnelle, comme en 2015-2016, s’alignera-t-elle sur la position et les intérêts exclusifs du pouvoir, confirmera-t-elle l’idée fort répandue d’une élection-formalité qui se gagne toujours au premier tour comme en 2002, 2009 et 2016, ou dira-t-elle le droit lorsqu’il lui sera donné d’apprécier les résultats de ce vote, faute d’avoir été saisie en amont par les intéressés? 

C’est sur les suites constitutionnelles de ce décès qu’il nous a été demandé notre point de vue par la chaîne de télévision TV5 Monde ce 22 mars. Les circonstances de ce décès restent insolites , au point que le parquet de Bobigny, Section criminelle, en France où le candidat est décédé tout juste à son à son arrivée dans la capitale française, a ouvert une enquête pour rechercher les causes réelles de la mort de l’opposant congolais.

Entre temps, Sassou Nguesso, égal à lui-même, vautré dans son éternel et morbide solipsisme, y compris dans la lecture des textes, se dit une fois de  plus victime d’un complot selon lequel  l’opposition veut exploiter un article de la Constitution selon lequel et selon lui, « le président de la République était autorisé à proroger son mandat et à renvoyer les élections à plus tard »! Au point d’appeler à la rescousse son incontournable complice, François Soudan pour, autant sa propagande qu’initier ses manipulations au regard des suites incertaines de « cet incident » (selon lui). Pour ceux qui n’auraient pas le fil de son esprit, suite à l’enclenchement  des terribles événements de l’été 1997, « coup d’État de Sassou Nguesso » et qui se confirmera par la suite selon le pouvoir d’alors, « résistance à l’agression du pouvoir dont il est l’objet » selon lui, et à deux mois de la présidentielle, le Conseil constitutionnel congolais avait alors décidé la prorogation du mandat présidentiel jusqu’à l’élection du nouveau président de la République, tout en pressant explicitement pouvoir et opposition de se retrouver pour fixer la date de l’élection. Cela conformément au principe antérieurement posé par l’historique Conférence nationale de 1991 selon lequel le pouvoir ne saurait plus jamais se prendre que par les urnes pour en finir avec les ruptures constitutionnelles constantes dans ce pays. Cette décision avait été farouchement critiquée par l’actuel dirigeant congolais, avant que sa Constitution imposée en 2015 (article 65, alinéa 2) mais aussi d’autres États comme la RDC ne la consacrent. En s’expliquant comme il le fait à l’occasion de ce qu’il appelle « incident », l’homme d’État congolais, manipulateur, veut signifier que c’est dans la logique ou la continuité de ce qu’il avait critiqué alors, par le refus de cette jurisprudence pourtant aujourd’hui consacrée, qu’il devrait ne pas faire comme le pouvoir d’alors !  La réalité est qu’il a toujours fait une lecture des situations et des textes selon ce qui l’arrange, comme ce fut le cas sur la crise politique et constitutionnelle de l’automne 1992. À cette occasion il faisait une lecture subjective de la Constitution dans laquelle il interprétait la majorité parlementaire de façon clairement anti-constitutionnelle, comme se tissant au sein de l’hémicycle, dans un régime semi-parlementaire (ou semi-présidentielle) où il est pourtant établi qu’elle est le monopole du souverain, et prenait « la communauté internationale à témoin contre la violation de la Constitution par le président Lissouba » qui avait opté pour la dissolution de l’assemblée et la consultation du souverain! (cf. nos réflexions: « Une expérience politique congolaise: Pascal Lissouba l’éternel accablé », Mediapart, 31 août 2020.

Ainsi fonctionnent les despotes

Avec Congo-Liberty par Felix Bankounda Mpele

Enseignant-Chercheur, Juriste et Politologue, consultant, Constitutionnaliste

Congo/Denis Sassou N’Guesso : « Mes premières pensées vont vers Guy Brice Parfait Kolelas qui a été rappelé à Dieu »

mars 24, 2021

Réélu à 88,57% des suffrages exprimés selon les résultats provisoires rendus publics le 23 mars par le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Zéphirin Mboulou, le président Denis Sassou N’Guesso a, au cours d’une conférence de presse, rendu hommage à Guy Brice Parfait Kolelas qui est arrivé en deuxième position mais décédé le 22 mars dernier.

« Au moment où nous nous retrouvons au bout de cette marche, mes premières pensées vont vers Guy Brice Parfait Kolelas qui a été rappelé à Dieu. Là où il se trouve, il sait que je l’ai toujours considéré comme mon fils. Ses frères et ses sœurs le savent aussi. Bien évidemment, il a poursuivi son combat jusqu’au dernier souffle. Il n’y a pas de doute qu’il a toujours recherché le développement de ce pays et le bonheur de son peuple. Croyez-moi, au-delà des divergences politiques et peut-être même idéologiques, la perte de ce fils me bouleverse profondément », a déclaré Denis Sassou N’Guesso dans la foulée de sa réélection, observant une minute de silence en sa mémoire.

Le président sortant a aussi exprimé sa reconnaissance à l’endroit du peuple congolais qu’il a profondément remercié. « C’est aussi un sentiment de grande responsabilité surtout à l’endroit de la jeunesse que j’ai vue fortement mobiliser au cours des tournées que j’ai effectuées dans tous les douze départements. Je remercie le peuple qui, par le suffrage, vient d’approuver l’orientation que nous voulons donner à notre pays à un moment délicat de son histoire. Par ce suffrage, le peuple dans sa majorité a répondu et dit que nous avons la capacité de rebondir, de redresser notre économie et d’aller vers le développement », a-t-il poursuivi, soulignant la nécessité de conjuguer les énergies pour atteindre le but escompté.

Denis Sassou N’Guesso a rassuré les Congolais même ceux qui n’ont pas voté pour lui qu’il ne laissera personne sur le bord de la route. Ainsi, il restera toujours le président du peuple tout entier. Il a, par ailleurs, tendu la main aux candidats malheureux qui, d’après lui, sont des Congolais et parties prenantes du processus de développement du pays. « Pendant la campagne électorale, ils se sont déclarés comme amis du peuple et désireux d’obtenir son bonheur. Nous allons travailler ensemble, il faut que tous nous disons qu’après tout c’est le Congo d’abord. Je pense qu’ils répondront à cet appel aussitôt pour l’avenir du Congo qui est notre bien commun », espère le chef de l’Etat.

Interrogé sur ses priorités, Denis Sassou N’Guesso a rappelé que les actions sont déclinées dans son projet de société : « Ensemble, poursuivons la marche » qu’il a présenté à la population au cours de la campagne électorale. « Globalement, nous devons tout mettre en œuvre pour le redressement de l’économie nationale. Au cours de ma campagne, j’ai beaucoup insisté sur le développement de l’agriculture au sens large. Nous pensons qu’en développant l’agriculture nous irons aussi vers l’agro-industrie, vers la création de nombreux emplois pour la jeunesse. Dans ma campagne, j’ai rencontré de nombreux jeunes qui ont déjà adhéré à cette vision et qui sont sur le terrain », a-t-il poursuivi.

 Outre la modernisation de l’agriculture considérée comme l’axe principal, Denis Sassou N’Guesso entend également poursuivre la construction des infrastructures ainsi que les actions engagées dans les zones économiques spéciales et développer le tourisme.      

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Congo/Décès du Président Guy Brice Parfait KOLELAS : Déclaration de Mathias DZON

mars 22, 2021

« Peuple Congolais la Situation est grave.


La démocratie que nous appelons et souhaitons de tous nos vœux va t-elle encore se heurter aux anti-valeurs du PCT qui n’accepte jamais sa défaite

A 5h30 ce matin, après une longue nuit sous pression, de longue attente et de compilation sur compilation, nous pouvons vous affirmer que le CONGO doit repartir aux urnes.

En effet, malgré le bourrage des urnes par le PCT, les congolais ont placé très loin devant Guy Brice Parfait Kolelas et Mathias Dzon.

35, 3% pour le premier et 31, 5% pour le second.

Les votes des militaires du 17 mars et l’arrivée des résultats de Djambala, Lekana et Ngo ont permis au second de remonter son retard par rapport aux résultats que nous avons eu à 21h et qui plaçaient le premier avec une avance de 10 points.

Le tripatouillage n’aurait donc pas profité au candidat du pouvoir.

Mais hélas c’est avec consternation que nous apprenons le décès de Parfait Kolelas.

Il serait donc impossible d’organiser un second tour de la présidentielle et conformément à l’article 70 de la constitution, l’élection doit être annulée.

Covid 19 ou autre chose nous souhaitons et demandons que toute la lumière soit établie sur le décès de Parfait Kolelas. Ce n’est qu’après que nous pourrions reparler élection. Car c’est inédit dans notre histoire politique qu’un candidat décède le jour même d’une élection. »

Avec Brazzanews

Présidentielle au Congo : Denis Sassou Nguesso veut l’emporter dès le premier tour

mars 21, 2021
Une affiche du président sortant, Denis Sassou Nguesso, et une autre de l’opposant Guy-Brice Parfait Kolelas, le 12 mars 2021 à Brazzaville.

Les opérations de vote pour la présidentielle ont commencé timidement ce dimanche au Congo-Brazzaville, où six candidats affrontent le président sortant, Denis Sassou Nguesso.

L’accès à internet était coupé depuis plusieurs heures à l’ouverture officielle des bureaux de vote à 07H00 (heure locale). Contrairement au précédent scrutin de 2016, les communications téléphoniques et par SMS restaient toutefois possibles.

Dans plusieurs bureaux à travers le pays, où l’affichage des listes d’électeurs n’était pas terminé à 07H00, le vote a commencé avec retard. En début de matinée, l’affluence était encore timide. 

« Nous sommes venus voter pour apporter le changement dans notre pays et accomplir notre devoir civique […]. On avait dit que ça devait commencer à 07H00 et je suis là qu’il pleuve, qu’il neige », a expliqué Simon Mountandi, 50 ans, devant un bureau de vote de la capitale, où il s’est rendu malgré la pluie annoncée.

« Un coup, K-O »

« Un coup, K-O », promettait sur ses affiches de campagne le président-candidat, 77 ans dont trente-six ans au pouvoir, cumulés en deux séquences séparées par une alternance de cinq ans, tout à sa volonté d’obtenir dès ce dimanche un nouveau quinquennat ans. L’ancien officier a déjà été réélu trois fois depuis 2002.

Son principal adversaire est l’opposant Guy-Brice Parfait Kolelas. Malade, il est apparu affaibli dans une vidéo diffusée ce samedi.

« Mes chers compatriotes, je me bats contre la mort, mais cependant, je vous demande de vous lever. Allez voter pour le changement. Je ne me serai pas battu pour rien », a déclaré Guy-Brice Parfait Kolelas, alité, après avoir retiré un masque d’assistance respiratoire qu’il a remis à la fin de son message.

Testé positif au Covid-19 vendredi après-midi, Guy-Brice Parfait Kolelas, 60 ans, doit être évacué dans la journée vers la France, d’après son directeur de campagne, Cyr Mayanda.

Le message du candidat est daté de vendredi, jour où il n’avait pas pu tenir son dernier meeting de campagne à Brazzaville.

Opposition

Autre candidat de l’opposition, l’ancien ministres des Finances, Mathias Dzon, a prévenu qu’il n’accepterait sans doute pas les résultats officiels car « la commission électorale actuelle est une commission partisane, qui ne prévoit que la victoire du candidat au pouvoir ».

Les adversaires du président sortant ont dénoncé le vote anticipé, organisé ce jeudi, des membres des forces de sécurité (entre 55 et 60 000), source de fraude potentielle selon eux.

À la tête d’un régime de parti unique, Denis Sassou Nguesso a dirigé le Congo entre 1979 et 1992. Il a été battu lors d’élections pluralistes en 1992 par Pascal Lissouba, puis est revenu au pouvoir en 1997, à la fin de la guerre civile.

En 2015, la Constitution, qui imposait une limite d’âge et restreignait à deux le nombre de mandats présidentiels, a été modifiée.

Appels à la paix

Cette année, les autorités ont refusé de délivrer à la conférence épiscopale – qui a émis des réserves sur la transparence du scrutin – l’accréditation lui permettant d’envoyer des observateurs dans les bureaux de vote. 

Le climat semble toutefois moins lourd qu’en 2016, lorsque la réélection de Denis Sassou Nguesso avait déclenché une rébellion dans la région du Pool. Frédéric Bintsamou, alias le pasteur Ntumi, qui en avait pris la tête, a souhaité cette année que le scrutin se déroule « dans la paix, la transparence et le respect des règles du jeu ».

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé « toutes les parties prenantes à œuvrer en faveur d’un processus électoral apaisé ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Congo : le principal opposant, positif au Covid-19, évacué en France

mars 21, 2021

PRÉSIDENTIELLE. Son absence lors de son meeting à Brazzaville avait secoué ses partisans, Guy-Brice Parfait Kolelas est apparu malade, mais motivé dans une vidéo.

Guy-Brice Parfait Kolelas est le fils de Bernard Kolelas, ancien Premier ministre en 1997, en pleine guerre civile.
Guy-Brice Parfait Kolélas est le fils de Bernard Kolélas, ancien Premier ministre en 1997, en pleine guerre civile.© MARCO LONGARI / AFP

L’opposant Guy-Brice Parfait Kolelas, principal rival du président sortant Denis Sassou Nguesso ce dimanche à l’élection au Congo-Brazzaville, a été testé positif au Covid-19 et affirme « se battre contre la mort » dans un message vidéo diffusé samedi, la veille du scrutin. « Mes chers compatriotes, je me bats contre la mort, mais cependant, je vous demande de vous lever. Allez voter pour le changement. Je ne me serais pas battu pour rien », affirme Kolelas ou (« Pako », pour les intimes), alité, affaibli, juste après avoir retiré un masque d’assistance respiratoire. « Levez-vous comme un seul homme. Faites-moi plaisir. Je me bats sur mon lit de mort. Vous aussi, battez-vous, pour votre changement. Il y va de l’avenir de vos enfants », ajoute-t-il, avant de remettre son masque, à la fin de cette vidéo datée de vendredi.

« Levez-vous comme un seul homme »

Guy-Brice Parfait, 60 ans, « a été testé positif au Covid-19 hier (vendredi) après-midi », a indiqué son directeur de campagne Cyr Mayanda. Un avion a décollé de France pour son évacuation vers Paris qui devrait avoir lieu « dimanche matin », a-t-il ajouté. Vendredi, le candidat n’avait pas pu animer son dernier meeting de campagne à Brazzaville, avait constaté des journalistes sur place dont l’AFP.

Opposant historique, Guy-Brice Parfait Kolelas, 60 ans, économiste entré en politique sur les conseils de son père, Bernard Kolélas, disparu en 2009 après avoir lutté contre le colonialisme et tous les régimes qui ont dirigé le Congo après son indépendance en 1960, est arrivé deuxième du scrutin de 2016 derrière le président Sassou Nguesso, selon des résultats contestés par une violente rébellion dans son fief du Pool (sud de Brazzaville) à l’époque. Il est apparu cette année comme le seul vrai rival du président sortant, 77 ans, dont 36 au pouvoir, qui ne cache pas sa volonté de se faire réélire dès le premier tour dimanche. Ses adversaires et la société civile ont déjà mis en cause la transparence du scrutin, même si la campagne s’est déroulée dans le calme. Kolélas s’est largement appuyé sur sa « base électorale » constituée des membres de la communauté lari habitant la région du Pool (Sud) et les quartiers sud de Brazzaville.

Kolélas, l’opposant qui rêve d’ « alternance » au Congo

Parfait Kolélas a fait de hautes études et a obtenu en 1987 un diplôme de troisième cycle d’études supérieures spécialisées (DESS) en économie et gestion des transports internationaux à Mulhouse-Colmar (université de Mulhouse) en France. En 1993, il obtient un doctorat en économie. Il a ensuite enseigné dans les universités françaises avant de rentrer au pays où il a travaillé au ministère de l’Administration du territoire. En 1997, son père Bernard Kolélas est nommé Premier ministre par Pascal Lissouba, et sa milice prête main-forte à celle du chef de l’État qui affronte dans Brazzaville les miliciens de Denis Sassou Nguesso. Soutenu notamment par l’Angola, Sassou Nguesso remporte la guerre et s’installe au pouvoir. Bernard Kolélas est contraint à l’exil au Mali avec sa famille, dont Guy-Brice Parfait Kolélas, son quatrième fils. « C’est en plein exil que mon père m’a demandé de poursuivre le combat politique. Il ne l’a dit qu’à moi, pas aux autres, alors que nous [étions] douze frères et sœurs », a affirmé Parfait Kolélas lors d’un récent meeting.

Parfait Kolélas retourne au pays en 2005 après la mort de sa mère, dont le pouvoir de Denis Sassou Nguesso a autorisé l’inhumation à Brazzaville. En 2007, le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCCDI), parti créé par Kolélas père en 1990, signe un accord de gouvernement avec le Parti congolais du travail (PCT) de Denis Sassou Nguesso. Profitant de cet accord, Parfait Kolélas intègre le gouvernement en 2009 comme ministre de la Pêche avant d’occuper le portefeuille de la Fonction publique et de la Réforme de l’État jusqu’en 2015.

Les prises de position du ministre Parfait Kolélas dérangent ses partenaires du pouvoir lorsqu’il s’oppose publiquement en 2015, mais en vain, à la réforme de la Constitution qui permet au président de se représenter après deux mandats. Sassou Nguesso est proclamé vainqueur de la présidentielle contestée de 2016, à laquelle Parfait Kolélas avait pris part après avoir créé son parti, l’Union des démocrates humanistes (UDH-Yuki). Soutenu par l’ancien chef rebelle Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi, M. Kolélas est officiellement classé deuxième avec 15 % de suffrages.

« J’ai juste pris acte des résultats de l’élection, mais je ne les ai jamais reconnus. Parce qu’il y avait logiquement un deuxième tour entre moi et le général Jean-Marie Michel Mokoko », autre candidat malheureux, répète souvent Kolélas qui a promis, en cas de victoire dimanche, de libérer celui-ci, condamné à 20 ans de travaux forcés au côté de l’ex-ministre André Okombi Salissa – également battu – pour « pour atteinte à la sécurité de l’État », après avoir contesté la victoire électorale du président Sassou Nguesso. L’élection est « sans espoir d’alternance », estiment cependant des analystes politiques. Quant à la conférence épiscopale du Congo, elle a émis de sérieuses réserves sur la transparence du scrutin.

Rappelons que la Constitution congolaise stipule dans son article 70 qu’une élection peut être reportée si un candidat décède ou est incapable de participer au vote.

Par Le Point Afrique (avec AFP)

Congo-Brazzaville: Guy-Brice Parfait Kolélas hospitalisé à la veille de la présidentielle

mars 20, 2021

Guy-Brice Parfait Kolelas, leader de l'Union des démocrates humanistes (UDH-Yuki) lors d'un point de presse le 3 janvier 2021 à Brazzaville
Guy-Brice Parfait Kolelas, leader de l’Union des démocrates humanistes (UDH-Yuki) lors d’un point de presse le 3 janvier 2021 à Brazzaville © Loïcia Martial / RFI

Guy-Brice Parfait Kolélas hospitalisé au Congo-Brazzaville, à la veille de l’élection présidentielle à laquelle il est candidat. Selon son directeur de campagne, il a été diagnostiqué positif au Covid 19, vendredi 19 mars. Il est l’un des principaux adversaires du président Denis Sassou-Nguesso dans cette élection. Ses proches travaillent ce samedi soir à sa possible évacuation vers la France.

Guy-Brice Parfait Kolélas est apparu affaibli au cours de ses meetings de campagne cette semaine. Son entourage évoquait alors une crise de paludisme aigu.

Vendredi, il était même absent de son meeting de clôture, contraint d’être hospitalisé dans une clinique privée de Brazzaville. Et c’est donc là qu’il a été diagnostiqué vendredi après-midi au Covid-19 selon Cyr Mayanda son directeur de campagne.

Dans une vidéo qui circule ce soir sur les réseaux sociaux, et dont cette même source confirme à RFI l’authenticité, l’opposant apparaît sur son lit d’hôpital. Il est assisté d’un respirateur qu’il éloigne de sa bouche pour dire  quelques mots : « Je suis en difficulté, je me bats contre la mort… », dit-il, avant d’appeler les Congolais à se rendre aux urnes ce dimanche.

De sources concordantes, il est question que Guy-Brice Parfait Kolélas soit évacué ce samedi soir vers la France pour y être soigné. Aucune confirmation ni réaction officielle des autorités congolaises pour le moment.

Avec RFI