Posts Tagged ‘Présidentielle’

Tunisie: le premier ministre candidat à la présidentielle

août 8, 2019

 

Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed a annoncé ce jeudi sa candidature à l’élection présidentielle du 15 septembre, un jour avant la clôture des inscriptions. «J’ai bien pensé et j’ai décidé de me présenter pour le poste de président de la République», a annoncé le plus jeune premier ministre de Tunisie lors d’un congrès de son parti Tahya Tounes.

Si l’Instance indépendante chargée des élections (Isie) valide sa candidature, cet ingénieur agronome de 43 ans participera à sa première élection. Par cette candidature, Youssef Chahed dit vouloir «rompre avec l’ancien système et donner l’espoir à tous les Tunisiens notamment les jeunes qu’ils peuvent être dans des postes importants dans l’Etat». Lancé au début de cette année, son parti Tahya Tounes s’est constitué autour de sa personne et représente la deuxième force au Parlement derrière le parti Ennahdha, issu de la mouvance islamiste.

Youssef Chahed a été nommé premier ministre en 2016 par le président tunisien aujourd’hui décédé Beji Caïd Essebsi. Ces derniers mois, sa popularité a chuté face aux luttes de clans et aux difficultés de son gouvernement pour résorber l’inflation et le chômage. Youssef Chahed déposera vendredi sa candidature auprès de l’Isie.

Jusqu’à jeudi, 56 prétendants ont enregistré leur dossier, dont le chef du Parlement par intérim, Abdelfattah Mourou, candidat d’Ennahdha ainsi que l’homme d’affaires controversé et magnat des médias Nabil Karoui. Récemment inculpé pour blanchiment d’argent, ce dernier se présente comme le candidat des plus démunis et pourrait être un adversaire de taille pour Youssef Chahed.

Abir Moussi, pasionaria de l’ancien régime du dictateur déchu Zine el Abidine Ben Ali, s’est également officiellement enregistrée dans la course. Pour la première fois dans l’histoire de la Tunisie, un candidat qui affiche son homosexualité a également fait acte de candidature jeudi. Il s’agit de l’avocat Mounir Baatour qui se présente comme défenseur des droits des LGBTQ même s’il est contesté au sein de cette communauté. Le 31 août, l’Isie annoncera quelles candidatures elle validera pour l’élection du 15 septembre dans ce pays pionnier du Printemps arabe.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Tunisie : la présidentielle avancée au 15 septembre après le décès de Béji Caïd Essebsi

juillet 26, 2019

Béji Caïd Essebsi, lors d’une rencontre avec la presse en marge du 32e sommet de l’UA, le 10 février 2019 (image d’illustration). © Zacharias Abubeker Pour Jeune Afrique

 

L’élection présidentielle en Tunisie aura lieu le 15 septembre, et non plus le 17 novembre, date qui était retenue avant le décès du président Béji Caïd Essebsi, a annoncé jeudi soir la commission électorale indépendante.

Le premier président élu démocratiquement au suffrage universel en Tunisie, Béji Caïd Essebsi, est décédé jeudi à l’âge de 92 ans, ouvrant la voie à une élection présidentielle anticipée qui se tiendra le 15 septembre. Dans l’attente de ce scrutin, c’est le président du parlement, Mohamed Ennaceur, qui assume l’intérim à la tête de l’État.

Béji Caïd Essebsi est mort à quelques mois de la fin de son mandat en décembre, alors qu’un scrutin législatif est prévu le 6 octobre et une présidentielle le 17 novembre. Mais l’Instance supérieure indépendante des élections avait déclaré  jeudi que la date de la présidentielle serait avancée « afin de respecter le calendrier prévu par la Constitution ». « La date la plus probable pour la présidentielle anticipée est le 15 septembre, mais ce n’est pas une date définitive », avait-t-elle ajouté.

De nombreux hommages ont afflué tout au long de la journée. Le président français Emmanuel Macron a rendu hommage à un « dirigeant courageux ». Le patron de l’ONU Antonio Guterres a salué son rôle « déterminant pour mener le pays avec succès vers la démocratie » et la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a déploré la perte d’un des dirigeants tunisiens « les plus compétents et persévérants (…) ». Berlin, Rome, Rabat et plusieurs monarchies du Golfe lui ont également rendu hommage. L’Algérie a décrété un deuil de trois jours.

Enterrement samedi

La dépouille du président doit être transportée de l’hôpital militaire vers la présidence vendredi matin. L’enterrement est prévu samedi, a indiqué le Premier ministre Youssef Chahed qui a décrété un deuil national de sept jours.

« Il y aura des funérailles nationales et un nombre important de présidents seront présents », a-t-il annoncé, sans autre précision. Il s’est félicité de « la transition pacifique du pouvoir (…) ».

Le chef de file du mouvement islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi, a rendu hommage à « un dictionnaire de la sagesse », ajoutant que le pays « est entre de bonnes mains ».

Vétéran de la politique, Béji Caïd Essebsi était le plus vieux chef d’État au monde en exercice après la reine Elizabeth II d’Angleterre. Il a servi aussi bien sous Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie, que sous Ben Ali, avant d’accéder lui-même à la présidence avec la mission de consolider la jeune démocratie.

  Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire: l’ONU appelle à une présidentielle « synonyme de paix » en 2020

juin 27, 2019

Alassane Dramane Ouattara, le président ivoirien, le jour du vote pour le référendum constitutionnel, le 30 octobre 2016 à Abidjan. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

L’émissaire du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mohamed Ibn Chambas, a appelé mercredi les Ivoiriens à « redoubler d’efforts » pour que la présidentielle de 2020, qui s’annonce tendue selon de nombreux observateurs, « soit synonyme de paix ».

« Tout le monde doit redoubler d’efforts pour que le prochain scrutin présidentiel soit synonyme de succès, de paix pour tout le peuple ivoirien », a déclaré l’émissaire du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mohamed Ibn Chambas, à l’issue d’une entretien avec le président Alassane Ouattara. « L’élection est une étape majeure dans la consolidation de la démocratie et le développement », a-t-il ajouté.

Les Nations unies avaient déployé une force (UNOCI) en 2004 lors de la décennie de crise ivoirienne. Sa mission a pris fin en 2017.

Le pays a connu une décennie de troubles entre 2002 et 2011 avec un pays coupé en deux entre pouvoir et rebelles. Les tensions ont culminé avec la crise post-électorale de 2010-2011, née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire de son rival, Alassane Ouattara, qui a fait 3000 morts.

« Paix et sécurité régionale »

Beaucoup craignent une présidentielle difficile en 2020. La coalition, qui avait permis l’élection du président Ouattara en 2010 et sa réélection en 2015, a volé en éclats.
Âgé 77 ans, le président entretient le mystère quant à une éventuelle candidature. S’il aura déjà accompli deux mandats en 2020, il estime avoir le droit de se représenter en raison d’un changement de Constitution en 2016, ce que conteste l’opposition.

L’ancien président Henri Konan Bédié (1993-1999), 85 ans, ancien allié de Ouattara, laisse lui aussi planer le doute sur sa candidature.

Lors de son entretien avec le président, Mohamed Ibn Chambas a aussi évoqué « la sécurité régionale et la nécessité de renforcer la coordination entre acteurs et partenaires régionaux pour faire face aux défis liés à la sécurité et au développement ».

Les deux homme ont également « fait le point de la coopération entre les Nations unies et l’Union du Fleuve Mano (Liberia, Sierra Leone, Guinée, Côte d’Ivoire) car « la Côte d’Ivoire joue un rôle très vital dans la consolidation de la paix et la sécurité dans la sous-région. »

Par Jeuneafrique.com avec AFP

Mauritanie : El-Ghazouani élu président avec 52% des voix

juin 23, 2019

 

Le candidat du pouvoir à l’élection présidentielle en Mauritanie, Mohamed Cheikh El-Ghazouani, a obtenu 52% des suffrages, selon des résultats publiés dimanche par la Commission électorale.

Mohamed Cheikh El-Ghazouani, qui a obtenu précisément 52,01% des suffrages selon ces résultats portant sur la totalité des bureaux de vote, est suivi par les opposants Biram Dah Ould Abeid (18,58%) et Sidi Mohamed Ould Boubacar (17,87%).

Par Le Figaro.fr avec AFP

Hery Rajaonarimampianina : « Je n’ai jamais été en faveur d’un report de la présidentielle malgache »

novembre 1, 2018

 

Le président malgache Hery Rajaonarimampianina, en 2014 à Paris. © Sandra ROCHA pour Jeune Afrique

 

Le 7 septembre, Hery Rajaonarimampianina a officiellement démissionné de la présidence de la République de Madagascar, une condition sine qua non pour pouvoir briguer un second mandat, le 7 novembre.

À une semaine du premier tour des élections présidentielles malgaches, annoncé pour le 7 novembre, les principaux candidats fourbissent leurs slogans de campagne. Après avoir démissionné pour pouvoir se représenter, comme le lui imposait la constitution, l’ancien président Hery Rajaonarimampianina parcourt le pays pour présenter le plan de développement qu’il entend mettre en œuvre d’ici 2030. Il en profite aussi pour défendre son bilan devant les journalistes. Entretien.

Jeune Afrique : Cela n’a pas été trop difficile de quitter le pouvoir début septembre pour pouvoir vous représenter ?

Hery Rajaonarimampianina : J’ai démissionné dans le respect de la constitution, de la démocratie et de l’alternance, à travers les élections. La démocratie est toujours fragile à Madagascar. Je ne veux surtout pas la fragiliser davantage.

Ce légalisme semble vous avoir rapporté quelques points auprès de l’opinion publique.

Ce n’était pas mon objectif. J’ai pris mes responsabilités et j’invite les politiques du pays à en faire de même. Leur seul but est d’accéder au pouvoir et de s’y maintenir le plus longtemps possible, parfois en utilisant des moyens extraconstitutionnels. Il est donc difficile pour eux de comprendre que l’on puisse démissionner lorsqu’on est légitimement à la présidence. Mais pour moi, cela n’a jamais fait l’ombre d’un doute.

Avez-vous été surpris par la décision de la Haute cour constitutionnelle ordonnant la nomination d’un gouvernement d’union nationale fin mai ? L’avez-vous comprise ?

Je l’ai respecté.

Que pensez-vous de la démarche de nombreux autres candidats qui souhaitent un report de ces élections, le temps d’apaiser le contexte ?

Je n’ai jamais été en faveur d’un report, car rien ne garantit qu’il apporterait des conditions plus favorables au bon déroulé des scrutins. Pour apaiser le contexte, je reste persuadé que nous devons accepter ce qui a été définit pour que les élections puissent se dérouler comme convenu.

Pourquoi avez-vous décidé de vous représenter ?

Pour terminer ce que nous avons commencé et poursuivre la réalisation de ma vision pour le pays. À mon arrivée au pouvoir, Madagascar était dans une situation très difficile. Tout était à reconstruire. Durant ma première primature, je me suis donc efforcé à remettre le pays sur les rails, en proposant une véritable stratégie en matière de développement, en installant les institutions, en réalisant d’importants projets dans les domaines sociaux et économiques.

La cohérence en politique, c’est de savoir faire marche-arrière pour garder le cap que l’on s’est fixé à la base

Pensez-vous avoir commis certaines erreurs lors de ces cinq années ?

Non. J’arrive dans une situation d’urgence et le choix évident aurait été de mettre l’accent sur le social pour tenter de satisfaire la population et éteindre les contestations. Mais c’est cela qui aurait été une erreur. Nous devons sortir du quotidien, pour travailler sur le long terme, sur des projets structurants. Et c’est ce que j’ai essayé de faire durant mon mandat.

On vous reproche pourtant votre indécision persistante durant ces cinq ans…

Ce n’était pas de l’indécision. J’ai voulu jouer la carte de la pédagogie et il faut du temps pour cela. Nous avions des priorités qui ont pu changer au fil du temps et des circonstances. Mais c’est aussi cela la cohérence en politique, de savoir faire marche-arrière pour garder le cap que l’on s’est fixé à la base. Il faut également se souvenir que je n’ai pas pu commencer à travailler dès le jour de mon investiture. Certaines institutions comme le Sénat n’existaient pas, les relations avec les bailleurs de fonds étaient au point mort et à cause des blocages liés à notre culture politique, j’ai dû attendre quatre mois, avant de pouvoir nommer un Premier ministre. Hors, le temps est le meilleur allié du politique. C’est pour cela que je me représente, pour avoir le temps de réaliser mon ambition pour Madagascar.

On vous accuse de ne pas avoir fait assez pour lutter contre l’insécurité qui règne ces dernières années dans le pays. Que répondez-vous ?

Ce n’est pas vrai. Nous avons combattu les réseaux de banditismes. Nous avons fait le maximum de ce que nous pouvions. J’ai rapidement été conscient du problème, mais il y a des choix à faire et des moyens à répartir. D’où la difficulté d’atteindre certains objectifs. Maintenant, il faut chercher les causes de cette insécurité. Surtout que l’ennemi vient de l’intérieur. Les kidnappeurs, les voleurs de zébus sont malgaches. Il ne fait aucun doute que la pauvreté est l’une des principales causes de cette insécurité, attisée également par l’absence de paix sociale.

Votre entourage est également montré du doigt dans plusieurs affaires de corruption. Qu’avez-vous fait dans ce domaine ?

Cela fait partie des stratégies d’affaiblissement du pouvoir par les opposants. Je pense au contraire avoir maîtrisé ce dossier, en sanctionnant autour de moi, pour que chacun assume ses responsabilités.

Avez-vous l’impression de vous être endurci durant ces cinq dernières années ?

Je sors personnellement renforcé par cette expérience. Les bouleversements politiques que nous avons connus m’ont permis de mieux comprendre l’environnement, de mieux connaître les gens. Bref, de trier le bon grain de l’ivraie.

Jeuneafrique.com par

Présidentielle en RDC : un sondage contesté par le camp Kabila donne Félix Tshisekedi favori

octobre 31, 2018

 

Les candidats Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe et Emmanuel Ramazani Shadary. © Capture d’écran du sondage de GEC et de Berci, octobre 2018.

Les résultats du nouveau sondage du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), rendus publics ce mardi 30 octobre, placent l’opposant Félix Tshisekedi loin devant Emmanuel Ramazani Shadary, dont l’entourage dénonce une « volonté de conditionner l’électorat ». Au point d’influer sur le choix du candidat unique de l’opposition ?

Est-ce cette fulgurante percée de Félix Tshisekedi qui l’a incité à violer l’embargo ? Toujours est-il que c’est un diplomate, selon nos informations, qui a partagé le contenu du nouveau sondage du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), à la veille de la date prévue pour sa divulgation – mercredi 31 octobre. Dès ce mardi, en effet, ce document de 16 pages circulait déjà sur WhatsApp, obligeant ses auteurs à le rendre public avant l’heure.

Réalisé entre le 29 septembre et le 15 octobre 2018 auprès de 1179 personnes âgées de 18 ans et plus, réparties dans les 26 provinces du pays, ce cinquième « sondage d’opinion publique » du GEC, en association avec le Bureau d’études, de recherches et de consulting international (Berci), s’est penché sur la « redistribution des rapports de force politique » après la publication de la liste définitive des candidats en lice pour la présidentielle du 23 décembre en RDC.

Félix Tshisekedi loin devant

« La principale leçon à tirer, c’est le changement de statut de Félix Tshisekedi », décrypte Jason Stearns, le directeur du GEC, basé à New York, que Jeune Afrique a joint par téléphone. Avec 36% d’intentions de vote, le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) profiterait ainsi des invalidations de candidatures de Jean-Pierre Bemba et de Moïse Katumbi pour devancer tous les autres candidats de l’opposition encore en lice : Vital Kamerhe (17%), Martin Fayulu (8%) et Freddy Matungulu (5%). Mais ce n’est pas tout.

Félix Tshisekedi devancerait Ramazani Shadary d’au moins sept millions de suffrages.

A en croire ce sondage, Félix Tshisekedi se placerait en effet loin devant Emmanuel Ramazani Shadary, le dauphin désigné in extremis par le président Joseph Kabila. « Les résultats de notre sondage font état d’un écart de 20 % entre les deux hommes : Félix Tshisekedi est crédité de 36 % alors que Ramazani Shadary ne parvient qu’à rassembler les quelque 16 % qui revenaient jadis collectivement aux anciens prétendants à la succession de Joseph Kabila », poursuit Jason Stearns.

Pour cet ancien expert onusien, expulsé de RDC en avril 2016, « si on le calque sur le taux de participation à la présidentielle de 2011 [58,81%], cet écart signifie surtout que Félix Tshisekedi devancerait aujourd’hui Ramazani Shadary d’au moins sept millions de suffrages ». En conséquence, selon Jason Stearns, « l’échelle de la fraude devra être énorme » pour garantir une victoire du candidat de la coalition au pouvoir.

« Ils veulent conditionner l’électorat »

Dans les rangs du Front commun pour le Congo (FCC, majorité présidentielle), on s’interroge sur l’opportunité de ce sondage. « Pourquoi les auteurs de cette prétendue enquête d’opinion n’ont-ils pas tenu compte de l’engouement constaté lors de la présentation de notre candidat, samedi 27 octobre, au stade Tata Raphaël, à Kinshasa ? » lance le professeur Adolphe Lumanu, l’un des stratèges de la « Kabilie », très proche d’Emmanuel Ramazani Shadary.

Au FCC, nous ne croyons pas à cette mise en scène concoctée depuis l’étranger.

Pour celui qui est aussi l’un des vice-présidents du Conseil national de suivi de l’accord de la Saint-Sylvestre (CNSA), « ce sondage n’est qu’une façon de préparer l’opinion ». « Ils veulent conditionner l’électorat, mais ça ne marchera pas ! » jure-t-il, revendiquant le « contrôle de la situation à plus de 80 % ».

« Au sein du FCC, nous sommes sereins et confiants. Nous ne croyons pas du tout à cette mise en scène concoctée depuis l’étranger. Je n’ai pas vu, par exemple, les enquêteurs du GEC chez moi, à Idiofa », tacle Adolphe Lumanu.

« Les répondants ont été recrutés à partir d’une liste de 2000 numéros de téléphone cellulaire obtenus lors du sondage de BERCI/GEC de 2016, réalisé [à leur] domicile, à l’échelle nationale, dans plus de 400 sites d’enquête urbains et ruraux (…). Les interviews ont été téléchargées directement sur un serveur hébergé à distance par le site Web Ona.io, accessible à tous les partenaires en temps réel », répond-on par avance dans le rapport.

Adieu candidat unique de l’opposition ?

Au sein de l’opposition, le résultat engrangé par Félix Tshisekedi en termes d’intentions de vote risque de compliquer davantage le choix d’un candidat unique, analyse Jason Stearns. En tout cas, « cela ne va pas aider », estime-t-il, craignant que le fils de l’opposant historique, fort de ses 36 %, soit incité à faire cavalier seul, considérant qu’il n’a besoin de personne pour l’emporter lors d’un scrutin à un tour.

Et pourtant… Dans l’est du pays, « Vital Kamerhe consolide sa position auprès des électeurs du Nord Kivu, du Sud Kivu et de l’ex-Province Orientale ». De son côté, « Martin Fayulu fait une percée significative dans l’ancienne province du Bandundu ».

Dans l’entourage de Félix Tshisekedi, les choses sont désormais claires. « Ce sondage va permettre à chacun des candidats en lice de se regarder dans le miroir et il nous aidera dans le choix du candidat unique de l’opposition », soutient Peter Kazadi, directeur de cabinet adjoint du chef de l’UDPS.

À ses yeux, « les résultats de cette enquête d’opinion de GEC et de Berci reflètent la réalité sociopolitique du pays. Ils démontrent que la population considère l’UDPS comme l’alternative : la population verrait ainsi d’un mauvais œil que quelqu’un d’autre que Félix Tshisekedi soit désigné comme candidat unique de l’opposition. Car cela risquerait de nous conduire à l’échec ».

Katumbi, Kabila, Ceni… Ces autres leçons à tirer

Un nouveau sondage est annoncé avant l’échéance fatidique du 23 décembre. Et à ceux qui soupçonnent toujours le partenaire du GEC, le Berci, d’être proche de certains opposants dont Olivier Kamitatu, le directeur de cabinet de Moïse Katumbi, le GEC estime que « ces accusations ne sont pas fondées et que des garde-fous ont été pris pour assurer la transparence et garantir la crédibilité de son enquête, notamment par le recrutement de consultants indépendants qui publiaient leurs résultats directement dans le cloud ». Une autre société de sondage indépendante sera à l’avenir associée à cette démarche pour « écarter toute suspicion », promet Jason Stearns.

Derniers enseignements du sondage : Moïse Katumbi, exclu du scrutin, resterait, d’après les estimations publiées ce mardi, le politique le plus populaire en RDC (82%), alors que la côte de Joseph Kabila ne ferait que chuter. Ainsi, 76% des personnes interrogées se font une « mauvaise opinion » du président sortant.

Idem pour Corneille Nangaa, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), sachant qu’ « une majorité des répondants (64%) ne fait pas confiance à la Ceni pour organiser des élections libres et transparentes », selon le sondage.

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

 

Nigeria: Buhari sera candidat à sa propre succession

octobre 7, 2018

Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, le 1er octobre 2018 à Abuja. / © AFP / Sodiq ADELAKUN

Le président Muhammadu Buhari, candidat à sa propre succession, a été désigné samedi par son parti, le All Progressives Congress (APC) pour le représenter à l’élection présidentielle de février 2019 au Nigeria, lors de primaires où il était seul en lice.

Le Parti démocratique du peuple (PDP), principal parti de l’opposition, a également ouvert en début de journée sa convention de primaires pour choisir celui qui affrontera l’actuel chef de l’Etat.

Quelque 7.000 délégués de l’APC s’étaient rassemblés à Eagle Square, dans la capitale fédérale Abuja, pour officialiser la nomination du président Buhari, une simple formalité puisqu’il n’avait pas d’adversaire.

Cette primaire directe sans enjeu a toutefois attiré près de 15 millions de votants à travers le pays, a affirmé le gouverneur d’Ekiti, Kayode Fayemi, après l’annonce des résultats.

Selon la Constitution nigériane, le président a droit à deux mandats de quatre ans maximum.

Son porte-parole, Garba Shehu, avait affirmé plus tôt à l’AFP qu’il n’y a « rien d’extraordinaire » au fait d’accorder la priorité au président sortant s’il désire briguer un nouveau mandat.

« Toutefois, notre parti, dans une tradition de vraie démocratie, a ouvert la compétition (…), ceux qui souhaitaient concourir face au président étaient libres de le faire », avait-il dit.

Les Nigérians seront appelés aux urnes en février et mars 2019 pour élire un nouveau président, mais aussi leurs gouverneurs et députés.

Le président Buhari, un ancien général de 75 ans, est aujourd’hui très critiqué, notamment pour ses politiques économiques et son incapacité à enrayer les violences dans le pays le plus peuplé d’Afrique, avec 180 millions d’habitants.

– Serré –

Tous les regards sont désormais tournés vers la ville pétrolière de Port Harcourt (Etat de Rivers), dans le sud-est du pays, où une douzaine de candidats s’affrontent pour le ticket présidentiel du PDP.

Le PDP avait été évincé par l’APC de Buhari en 2015, après 16 ans au pouvoir, lors de la première alternance politique au Nigeria depuis le retour à la démocratie en 1999.

Selon des responsables sur place, au moins 4.000 délégués des 36 Etats et du territoire de la capitale fédérale Abuja devraient voter lors de cet événement qui s’achèvera dimanche. Le vote a démarré tard samedi, vers 21h15 locales, après l’accréditation des délégués.

Sans surprise, le vainqueur sera probablement issu du nord à majorité musulmane, selon une règle tacite au Nigeria selon laquelle la présidence doit alterner tous les deux mandats entre un candidat du nord et un candidat du sud.

Les principaux candidats en lice sont l’ancien vice-président Atiku Abubakar, 71 ans, qui s’est déjà présenté quatre fois à la présidentielle, le président du Sénat Bukola Saraki, le gouverneur de l’Etat de Sokoto (nord) Aminu Tambuwal, et Rabiu Kwankwaso, un ancien gouverneur de l’Etat de Kano (nord).

Le cabinet de conseil Eurasia a affirmé dans une note samedi que la compétition serait sans doute serrée entre Abubakar et Tambuwal, les plus à même de remporter la primaire du PDP.

Le gouverneur de Sokoto « offre la meilleure chance d’attirer l’électorat stratégique du nord-ouest et du nord-est, et sera l’adversaire le plus fort contre Buhari », a ajouté le cabinet.

« Nous attendons une très bonne convention, nous travaillons dur pour mettre en place un processus crédible, libre, juste et acceptable », a déclaré à la presse le gouverneur de l’Etat du Delta, Ifeanyi Okowa, qui préside le comité d’organisation des primaires.

Plus de 12.000 policiers ont été déployés à Port-Harcourt pour s’assurer qu’il n’y ait pas d’incident, selon le porte-parole de la police de l’Etat, Nnamdi Omoni.

Romandie.com avec(©AFP / (07 octobre 2018 05h16)

Présidentielle au Cameroun: Paul Biya favori, conflit en zone anglophone

octobre 7, 2018

Préparation des urnes avant l’élection présidentielle au Cameroun, le 6 octobre 2018 à Buea / © AFP / MARCO LONGARI

Le Cameroun vote dimanche à une présidentielle à un tour dont Paul Biya, tout-puissant chef de l’Etat depuis 1982 qui brigue un 7e mandat consécutif, est le favori malgré un conflit armé sans précédent dans les régions anglophones.

Quelque 6,5 millions d’électeurs – sur 25 millions d’habitants – sont appelés à voter à partir de 08H00 (07H00 GMT) jusqu’à 18h00 (17H00 GMT) et auront à choisir entre huit candidats.

Parmi eux, le président sortant Paul Biya, qui, invisible physiquement durant la campagne hormis un meeting dans l’Extrême-Nord, a été omniprésent dans les débats et sur les affiches collées par milliers partout dans le pays.

Grâce à un maillage territorial imposant et sans pareil de son parti, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), les soutiens du président-candidat ont sillonné le pays durant la campagne d’une élection qui lui semble acquise.

Mais, à 48 heures du vote, un coup de théâtre a surpris le monde politique camerounais: pour la première fois depuis la présidentielle de 1992, deux opposants de poids ont formé une coalition contre Biya.

Akere Muna, ancien bâtonnier du Cameroun, s’est désisté en faveur de Maurice Kamto, candidat majeur de l’opposition, ancien ministre délégué à la Justice (2004-2011) et transfuge du parti au pouvoir.

Un partisan du président camerounais Paul Biya, candidat à la présidentielle, le 5 octobre 2018 à Yaoundé / © AFP / ALEXIS HUGUET

Deux autres candidats sortent du lot et peuvent espérer un score significatif: Joshua Osih, candidat du Social democratic front (SDF, principal parti d’opposition) malgré une campagne timorée, et Cabral Libii, benjamin de l’élection à 38 ans, qui a fortement mobilisé dans ses meetings.

Cette présidentielle se tient dans un contexte sécuritaire inédit au Cameroun: dans trois des dix régions du pays, l’armée est déployée.

Dans la région de l’Extrême-Nord, d’abord, où les jihadistes de Boko Haram lancent des assauts répétés depuis 2014 sur les populations camerounaises, et dans les régions anglophones de l’ouest du pays.

Dans ces deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la guerre s’est installée depuis fin 2017, après plus d’un an de crise socio-politique qui a lentement dégénéré en conflit armé.

Des centaines de séparatistes armés, regroupés en groupes éparses dans la forêt équatoriale, combattent désormais violemment et quotidiennement l’armée camerounaise.

Cameroun : principaux candidats à la présidentielle / © AFP /

Ils réclament l’indépendance des deux régions anglophones, revendication inacceptable pour Yaoundé qui a répondu par la force, qualifiant les combattants de « terroristes ».

– La « guerre » promise –

De nombreuses exactions ont été commises par les deux camps, dans une escalade permanente de la violence.

Plus de 175 membres des forces de défense et sécurité camerounaises ont été tués ainsi que plus de 400 civils, selon les ONG. Aucun bilan n’est disponible du côté séparatiste.

Jeudi et vendredi, quatre personnes dont un prêtre ont encore été tuées dans des violences dans cette zone anglophone. Tous les jours, des échanges de tirs se font entendre dans les deux capitales régionales, Bamenda et Buea.

Des partisans de Joshua Osih, candidat du SDF à la présidentielle, lors d’un meeting de campagne, le 5 octobre 2018 à Yaoundé, au Cameroun / © AFP / ALEXIS HUGUET

La tenue du scrutin paraît très incertaine dans ces régions où plus de 300.000 personnes ont dû fuir leur domicile.

L’insécurité y a pris le pas sur la campagne: aucun candidat ne s’est rendu à Buea ou à Bamenda, et les coups de feu y ont remplacé les traditionnels avertisseurs de voitures et sonos de meetings.

Vendredi, il y avait « quasiment autant de militaires, policiers et agents de renseignement que de civils » à Buea, en grande partie désertée de ses 100.000 habitants, selon une source proche des services de sécurité.

Les séparatistes ont promis « la guerre » dimanche dans ces deux régions quadrillées par l’armée.

7Vendredi, le camp de M. Kamto a accusé le pouvoir de préparer une « fraude massive » et appelé à des « réactions fermes ».

Le gouvernement a vite réagi: « En tentant d’organiser le chaos, ils risquent d’être désagréablement surpris », a prévenu le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary. Yaoundé « ne tolérera aucun désordre avant, pendant et après l’élection présidentielle ».

Romandie.com avec(©AFP / (07 octobre 2018 07h24

Élection au Cameroun: Kamto et Muna, deux opposants, forment une coalition(porte-parole de Muna)

octobre 5, 2018

L’opposant camerounais Maurice Kamto lors d’un meeting à Yaoundé le 30 septembre 2018n / © AFP/Archives / MARCO LONGARI

Deux candidats d’opposition camerounais ont formé vendredi soir une coalition, à moins de 48h de l’élection présidentielle prévue dimanche, a annoncé le porte-parole de l’un d’eux, Akere Muna, dans un communiqué reçu vendredi soir.

« Akere Muna accepte de retirer sa candidature à la Présidence de la République (…) et de soutenir Maurice Kamto », indique un communiqué signé du porte-parole d’Akere Muna, Paul Mahel.

M. Muna faisait partie des huit candidats qui affronteront dimanche le président sortant, Paul Biya, 85 ans, en poste depuis 1982 et qui brigue un 7ème mandat consécutif.

C’est la première fois depuis l’élection présidentielle de 1992 que deux opposants à Paul Biya forment une coalition contre le président sortant.

« Ce ralliement, intéressant pour la vitalité de la vie politique camerounaise, pourrait arriver trop tardivement pour créer une dynamique de fond », a déclaré à l’AFP Hans de Marie Heungoup, chercheur au centre d’analyses International Crisis Group (ICG).

Maurice Kamto, ancien ministre délégué à la Justice entre 2004 et 2011, a fondé son parti politique en 2012. Il fait figure d’opposant de poids selon les analystes.

Avocat au barreau de Paris, il a notamment négocié avec succès pour son pays le contentieux territorial avec le Nigeria sur la presqu’île de Bakassi.

Ses partisans estiment que son expérience au sein de l’appareil d’Etat est un atout quand ses détracteurs n’hésitent pas à critiquer son soutien passé à Paul Biya.

Akere Muna est l’ancien bâtonnier du Cameroun et fondateur de la branche camerounaise de l’ONG de lutte contre la corruption Transparency International.

Il faisait aussi figure d’opposant de poids à Paul Biya, malgré une campagne plus timorée.

/ © AFP/Archives / Reinnier KAZE

Le président Biya, invisible physiquement durant la campagne hormis un meeting dans la région de l’Extrême-Nord samedi, est néanmoins omniprésent : des milliers d’affiches à son effigie ont été collées partout dans le pays depuis le début de la campagne.

Cela faisait plusieurs jours que des rumeurs couraient sur la formation d’une coalition de plusieurs candidats de l’opposition.

D’autres candidats à l’élection présidentielle ont évoqué l’idée d’une coalition, notamment le candidat du principal parti d’opposition Joshua Osih, sans que cela se concrétise pour l’heure.

Vendredi matin, le camp de Kamto a accusé le pouvoir en place de préparer une « fraude massive » en vue du scrutin de dimanche.

« Nous n’accepterons aucun résultat si ce type de fraude continue », a indiqué le directeur de campagne de Maurice Kamto, Paul-Eric Kingue.

« En tentant d’organiser le chaos, ils risquent d’être désagréablement surpris », a réagi le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary.

L’élection présidentielle se tiendra dans un contexte sécuritaire tendu, avec un conflit armé dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et les assauts répétés des jihadistes de Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord.

Romandie.com avec(©AFP / (06 octobre 2018 02h13)

Élections en RDC: la liste des candidats officialise l’exclusion de Bemba et Katumbi

septembre 19, 2018

Kinshasa – Le processus électoral en République démocratique du Congo aborde sa dernière ligne droite avec la publication mercredi de la liste définitive des candidats qui doit officialiser l’exclusion de deux poids lourds de l’opposition, Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba.

Deux autres opposants, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, et le « dauphin » du président Joseph Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary, sont les principales figures de la liste d’une vingtaine de noms que la Commission électorale nationale indépendante (Céni) doit publier dans la journée, à 94 jours du scrutin.

Cette liste ouvre la voie à la campagne électorale (à partir du 22 novembre) puis aux élections présidentielle, législatives et provinciales prévues le 23 décembre pour désigner le successeur du président Kabila, qui ne pouvait pas constitutionnellement se représenter.

Enjeu: une première transition pacifique dans le plus grand pays d’Afrique sub-saharienne, où les défis politiques et logistiques pour des élections « crédibles, transparentes, apaisées » sont encore immenses.

Le calendrier électoral se déroule toujours au jour près, malgré les tensions suscitées par la mise à l’écart de MM. Katumbi et Bemba.

Allié du président Kabila passé à l’opposition fin 2015 et qui vit en exil à l’étranger depuis 2016, M. Katumbi affirme avoir été empêché de rentrer en RDC où il est poursuivi par la justice début août quand il s’est présenté au poste-frontière avec la Zambie.

Ex-chef rebelle et vice-président, la candidature de M. Bemba a été invalidée en raison de sa condamnation pour subornation de témoins par la Cour pénale internationale (CPI) qui l’avait acquitté de sa peine pour crimes de guerre et contre l’humanité.

« Kabila a eu peur de moi », a lancé M. Bemba.

Privée de deux de ses leaders, l’opposition cherche un candidat commun pour défier le « dauphin » du président Kabila, mais n’exclue pas le boycott des élections sur fond du refus de « machines à voter » controversées.

Jean-Pierre Bemba a résumé la situation en affirmant que « si l’opposition s’unit derrière un candidat, alors oui, je pourrai faire abstraction de ma personne. Je soutiendrai quelqu’un et je le ferai gagner ».

Un boycott des élections « ne serait pas ma décision personnelle, mais celle de l’opposition. Nous n’en sommes pas là », a ajouté le chef du Mouvement de Libération du Congo (MLC), l’un des principaux partis d’opposition.

– « Des actes qui rassurent » –

L’opposition en dira plus sur sa stratégie d’ici une réunion publique qu’elle annonce pour le 29 septembre à Kinshasa, après de récents conciliabules à Bruxelles, et une rencontre à Johannesburg avec le parti au pouvoir en Afrique du Sud, l’ANC.

Ce rassemblement sera un test sur le climat politique en RDC où la plupart des manifestations sont interdites sous prétexte que la campagne n’a pas encore commencé.

Les élections ont déjà été reportées deux fois, fin 2016 et fin 2017.

« Après avoir été roulé en décembre 2016 et 2017, le peuple craint de revivre les mêmes travers et les mêmes mésaventures qui éloignent l’alternance au sommet de l’État », écrivait mercredi le quotidien Le Potentiel, à l’unisson de ceux qui craignent un nouveau report.

« Chaque jour qui passe, la commission électorale pose des actes qui rassurent sur la tenue effective des scrutins tant attendus par l’ensemble du peuple congolais », a assuré au contraire mardi la Céni en annonçant l’arrivée d' »un premier lot de 17.944 isoloirs » et « la fin de la production en Corée du Sud des 105.257 machines à voter ».

Acheminées vers la RDC via Matadi ou Dar es Salaam, les machines « seront déployées sans attendre la configuration définitive des bulletins de vote », selon la Céni.

Pour cette tâche titanesque, la commission électorale refuse toute aide extérieure, même celle de la Mission des Nations unies (Monusco) présente depuis 20 ans en RDC, au nom de la souveraineté nationale.

L’opposition et la société civile demandent l’abandon de ces machines qu’elles surnomment « machines à tricher, à voler ou à frauder ».

Des experts britanniques ont énuméré « quinze risques à atténuer » dans son utilisation.

L’opposition critique également les millions d’électeurs sans empreintes digitales sur le fichiers électoral qui comprend 40 millions de noms et qui a déjà été nettoyé de ses doublons.

A l’instar de l’ANC mardi, les « partenaires » de la RDC redoutent « le chaos, l’instabilité et la violence » en cas d’échec du processus électoral dans cet immense pays au coeur du continent.

Romandie.com avec(©AFP / 19 septembre 2018 10h41)