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États-Unis : Joe Biden choisit la sénatrice Kamala Harris comme colistière pour la présidentielle

août 11, 2020

La sénatrice sera la première femme noire à occuper la place de colistière lors d’une élection américaine.

Kamala Harris a été choisi par Joe Biden pour être sa colistière.
Kamala Harris a été choisi par Joe Biden pour être sa colistière. JEFF KOWALSKY / AFP

De Washington,

Joe Biden a choisi Kamala Harris comme candidate à la vice-présidence. « J’ai le grand honneur d’annoncer que j’ai choisi… une combattante en faveur de l’homme de la rue, et l’un des meilleurs hauts fonctionnaires du pays, comme colistière », a annoncé Joe Biden sur son compte twitter. « Ensemble, avec vous, nous allons battre Trump ».

Élue Sénateur de Californie en 2016, ancien procureur de l’État de Californie, Kamala Harris devient ainsi la troisième femme sélectionnée comme vice-présidente potentielle. Elle est aussi la première d’origine non-européenne, facteur qui semble lui avoir donné l’avantage sur les autres candidates. Cette annonce intervient une semaine avant la tenue de la convention démocrate, virtuelle cette année en raison de la pandémie de Covid-19. Elle met fin à un long suspense, même si Harris était donnée parmi les favorites.

Biden avait annoncé dès sa nomination acquise au mois de mars qu’il prendrait une femme comme colistière. Il a fallu plusieurs mois de réflexion au candidat du parti démocrate pour se décider. Dans un parti démocrate dont l’aile radicale est obsédée par les questions d’identité, et notamment raciale, le choix de l’actuelle sénatrice de Californie apparaît comme l’un des plus prudents pour Biden. Il espère apaiser ainsi la frustration de l’aile gauche du parti qui regimbe à voter pour un homme blanc septuagénaire.

Âgée de 55 ans, d’origine indo-caraïbe (son père est originaire de la Jamaïque et sa mère indienne), cette juriste diplômée de l’université de Howard à Washington et de l’Université de Californie n’a pas grandi dans un ghetto. Ses parents sont des universitaires de haut niveau, son père a été professeur d’économie à Stanford et sa mère diplômée en endocrinologie à Berkeley.

Mais Kamala Harris se considère comme afro-américaine, et a fait campagne en mettant cette caractéristique pendant les primaires démocrates. Elle avait notamment lancé une attaque virulente contre Joe Biden, l’accusant de s’être opposé à la déségrégation des écoles publiques dans les années 1970, expliquant qu’elle avait elle avait été l’une des élèves à avoir bénéficié de cette politique.

Mais l’aile radicale du parti avait critiqué Kamala Harris pour avoir été peu sensible à la question raciale quand elle était procureur général de Californie et procureur de district à San Francisco, et l’avait accusée de ne pas avoir assez pris en compte le racisme et la brutalité policière. Harris avait essayé de se défendre en se déclarant « progressiste » et favorable aux réformes des forces de l’ordre.

Harris avait finalement soutenu Biden et a fait campagne pour lui, après avoir suspendu sa propre campagne présidentielle à la fin de 2019. « On prend beaucoup de décisions importantes en tant que président », a dit Biden. « Mais la première est celle de choisir son vice-président… J’ai décidé que Kamala Harris était la meilleure personne pour m’aider à mener le combat contre Donald Trump et Mike Pence, puis à diriger ce pays à partir de janvier 2021 ».

« Nous ne sommes pas dans un moment normal », a-t-il ajouté. « J’ai besoin à mes côtés de quelqu’un d’intelligent, solide, et prêt à commander. Kamala est cette personne ».

Le choix de Harris comme colistière de Biden est un peu le reflet du tandem qu’il formait avec Barak Obama en 2008, à l’époque lui aussi un jeune sénateur récemment propulsé sur la scène politique nationale.

Donald Trump a aussitôt commenté l’annonce de ce choix en qualifiant Kamala Harris de « fausse ». « Avec Harris comme testament politique vivant de Joe Biden, il vient de donner le contrôle de notre pays aux émeutiers radicaux qui promettent d’augmenter les impôts, de couper les budgets de la police, de détruire les emplois dans l’énergie et d’ouvrir nos frontières ».

Avec Le Figaro par Adrien Jaulmes

 

Guinée : élection présidentielle le 18 octobre

août 11, 2020

Le président guinéen Alpha Condé a annoncé mardi à la télévision nationale que l'élection présidentielle aura lieu le 18 octobre.

Le président guinéen Alpha Condé a annoncé mardi à la télévision nationale que l’élection présidentielle aura lieu le 18 octobre. CELLOU BINANI / AFP

Le président guinéen Alpha Condé a annoncé mardi à la télévision nationale que l’élection présidentielle, très attendue, aura lieu le 18 octobre.

Le président Condé a fait passer en mars une réforme constitutionnelle qui était, selon l’opposition, un subterfuge pour lui permettre de se présenter une troisième fois à la présidentielle. Son parti politique l’a désigné comme candidat présidentiel la semaine dernière, mais il n’a pas encore indiqué s’il allait ou non se présenter.

Par Le Figaro avec AFP

La diaspora burkinabè soutient Roch Marc Christian Kaboré

août 9, 2020

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré.

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré. © Présidence du Burkina Faso

 

La diaspora burkinabè a lancé samedi à Abidjan son premier mouvement politique pour peser sur l’élection présidentielle de novembre au Burkina.

Quelque milliers de délégués venus de 18 pays ont lancé dans un grand hôtel de la capitale économique ivoirienne, un mouvement politique dénommé « C’est le moment! »

« Nous avons décidé de porter notre choix sur le président Roch Marc Christian Kaboré qui brigue un deuxième mandat parce qu’il a permis à la diaspora de prendre part aux élections, d’obtenir dix sièges au parlement (dans la prochaine législature) et de disposer d’un ministère des Burkinabè de l’étranger », a aussitôt déclaré Moumouni Pograwa, son porte-parole.

Bouclier face au terrorisme

Pour Moumouni Pograwa, « le président Kaboré a fait front contre le terrorisme et constitue un bouclier face à ce fléau ».

La diaspora burkinabè représente une communauté de sept millions de personnes, dont plus de la moitié vit en Côte d’Ivoire. Elle transfère chaque année l’équivalent de 58 milliards de FCFA (environ 88 millions d’euros) au Burkina.

Roch Marc Christian Kaboré a été investi le 11 juillet par le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), son parti, pour briguer un second mandat, alors que le pays a sombré dans les violences jihadistes en cinq ans.

Rassemblement pro-Compaoré à Ouagadougou

Par ailleurs, samedi, à Ouagadougou, un rassemblement des partisans de l’ex-président burkinabè Blaise Compaoré pour réclamer son retour au pays a été empêché.

Un imposant dispositif policier dressé aux abords de la Maison du peuple dans la capitale Ouagadougou, où devait se tenir la manifestation, a empêché des milliers de personnes de se rassembler. Aucune raison officielle n’a été donnée par les forces de l’ordre, certains policiers se contentant d’indiquer que le rassemblement est « reporté ».

Blaise Compaoré, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international, vit actuellement en Côte d’Ivoire d’où il ne peut être extradé en raison de sa double nationalité ivoirienne obtenue grâce à son épouse.

Par Jeune Afrique avec AFP

Présidentielle en Guinée : le RPG vote Alpha Condé

août 7, 2020

  Alpha Condé, lors de la convention du RPG, le 6 août 2020 à Conakry

Alpha Condé, lors de la convention du RPG, le 6 août 2020 à Conakry © Cellou Binani / AFP

 

Alors que son parti le pressait de se présenter une troisième fois lors de la présidentielle d’octobre, le président guinéen a préféré « prendre acte » et réserver sa réponse.

Ce devait être la fin du suspense. Mais finalement, Alpha Condé a réservé sa réponse. « Pour le moment je prends acte », a-t-il répondu aux cadres de son parti qui, à l’issue de deux journées de convention au Palais du Peuple, à Conakry, lui ont demandé d’être le candidat du Rassemblement pour la Guinée (RPG, au pouvoir).

Arrivé en début d’après-midi sous un tonnerre d’applaudissements, le président guinéen a pris place sur un siège installé face à la scène. Le cérémonial avait été scénarisé dans les moindres détails. Hadja Diakhagbè Camara, une militante du parti, a d’abord pris la parole pour présenter le « rapport final de la convention ». « Nous exprimons notre soutien indéfectible au président de la République », a-t-elle assuré, avant de lancer : « Nous vous choisissons comme l’unique candidat du RPG ! ».

« Pour le moment, je prends acte »

Dans la salle, c’est l’explosion. Alpha Condé, lui, reste serein. Hadja Nantou Chérif, coordinatrice nationale du RPG vient lui apporter le texte de la résolution finale en mains propres. Et l’interpelle, à nouveau, dans toutes les langues du pays : « Notre choix s’appelle Alpha Condé : accepte notre choix ! » Le chef de l’État se lève enfin, les bras levés, monte sur l’estrade, avec l’hymne national en fond sonore. Il adresse quelques remerciements aux partis alliés du RPG, au Premier ministre, aux militants « sans lesquels je ne serai pas à cette place ».

Mais bientôt, l’enthousiasme des militants se tempère. Dans son discours, Alpha Condé indexe, sans les nommer, les cadres de son parti. « Il faut que le RPG revienne à sa tradition de solidarité », lance-t-il devant ses partisans. « Les forces intermédiaires entre le peuple et moi ne jouent pas leur rôle », accuse-t-il ensuite, avant de poser une série de conditions.

« Si vous voulez que j’accepte votre proposition, il faudra faire en sorte que le RPG soit comme avant : un parti pour tous », déclare Alpha Condé. « Si vous voulez que je continue, faites en sorte que ceux qui se sont battus pour le parti vivent dignement ». « Pour le moment je prends acte », ajoute-t-il. « Si vous faites tout ce que je viens de dire, je vous donnerai ma réponse. »

« Aucune place pour un dauphin »

Les militants et cadres du RPG avaient pourtant fait les choses en grand, persuadés d’obtenir séance tenante une réponse positive de leur leader.

Dès l’ouverture du congrès, la ligne était toute tracée : « Cette convention se tient à un moment particulier, où le monde est confronté à la pandémie du Covid-19 et où les violences sont récurrentes. L’adversité est menaçante, mais je suis sûr que nous sortirons victorieux sous le leadership du président Alpha Condé », avait ainsi entonné mercredi le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, dans un discours où il dressait un bilan élogieux des deux mandats du président guinéen.

Le président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara, ne faisait pas non plus mystère de l’issue espérée. « Le président sera investi, c’est une certitude. Le professeur Alpha Condé est le meilleur de nous tous. Il n’y avait aucune place pour un dauphin », assurait-il le même jour à Jeune Afrique.

Il leur faudra donc s’armer de patience. Alpha Condé a promis, à compter de demain matin, de recevoir les différentes délégations à tour de rôle : Guinée-Forestière, Haute-Guinée, Foutah et Basse-Guinée.

Avec Jeune Afrique par Diawo Barry et Fatoumata Diallo

Côte d’Ivoire: Alassane Ouattara candidat à la présidentielle du 31 octobre

août 6, 2020

Alassane Ouattara, au palais présidentiel le 29 mai 2020.

Alassane Ouattara, au palais présidentiel le 29 mai 2020. © DR / Présidence de la République ivoirienne.

 

Dans un discours à la nation prononcé ce jeudi, le chef de l’État ivoirien a officialisé son intention de briguer un troisième mandat.

Alassane Ouattara a finalement choisi les célébrations du soixantième anniversaire de l’indépendance de son pays pour se déclarer. « Je suis candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2020 », a annoncé le chef de l’État ivoirien, ce 6 août, lors de son traditionnel discours à la nation. Pour l’occasion, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) avait mobilisé ses militants dans différents endroits d’Abidjan.

Lors de ce discours de 25 minutes, ADO a justifié sa décision de revenir sur son choix initial de ne pas briguer un troisième mandat. « J’avais fait part, le 5 mars dernier, à toute la nation de ma volonté de ne pas faire acte de candidature et de passer la main à une nouvelle génération. J’avais commencé à organiser mon départ, planifier ma vie après la présidence, relancer les activités de ma fondation », a-t-il rappelé.

Cas de force majeur

Mais, a expliqué Alassane Ouattara, le décès soudain le 8 juillet d’Amadou Gon Coulibaly, candidat et dauphin désigné, a tout changé. « Face à ce cas de force majeur, j’ai décidé de répondre favorablement à l’appel de mes concitoyens. Cette décision, mûrement réfléchie, est un devoir que j’accepte dans l’intérêt supérieur de la nation », a-t-il précisé, présentant même ce choix comme « un sacrifice ».

Pour justifier son choix, ADO s’est érigé en garant de la paix et de la sécurité

Écartant tout possible report de la présidentielle – « Il est impératif que l’échéance électorale soit respectée » -, ADO a évoqué « le calendrier serré » et s’est érigé en garant de la paix et de la sécurité pour justifier ce choix controversé.

Cette annonce est loin d’être une surprise, tant elle se dessinait depuis les obsèques d’Amadou Gon Coulibaly à Korhogo, le 17 juillet. Des appels pour réclamer sa candidature ont été suscités, alors que des démarches pour obtenir les parrainages citoyens – désormais nécessaires pour se présenter à la magistrature suprême – étaient entamées.

Plusieurs délégations de rois et de chefs traditionnels ont aussi défilé au domicile d’Alassane Ouattara, dans le quartier de la Riviera Golf, à Abidjan. Le 1er août, le président y a reçu les anciens chefs de guerre de la rébellion qui l’a porté au pouvoir en 2011, leur annonçant sa volonté de briguer un troisième mandat.

Pour les caciques du RHDP, la candidature d’Alassane Ouattara était la seule capable de maintenir l’unité au sein du parti au pouvoir. La seule capable de lui permettre de demeurer aux affaires. La mort d’Amadou Gon Coulibaly a réveillé les appétits et relancé les guerres d’égo.

Réconciliation

Lors de son discours, ADO a annoncé vouloir renforcer ses actions en faveur de la réconciliation. Mais, alors que plusieurs observateurs imaginaient des mesures d’apaisement envers Guillaume Soro, dont plusieurs partisans sont emprisonnés depuis la fin de l’année 2019, le chef de l’État a seulement accordé une grâce collective à quelque 2 000 personnes condamnées pour des infractions mineures.

Alassane Ouattara n’a pas non plus évoqué le cas de Laurent Gbagbo. L’ancien président cherche en effet à regagner la Côte d’Ivoire dans l’attente de la fin de la procédure qui le vise devant la Cour pénale internationale (CPI), mais ses démarches pour obtenir un nouveau passeport sont pour le moment restées lettres mortes.

Jeudi, dans la matinée, des dizaines de jeunes dénonçant le retrait du nom de Laurent Gbagbo de la liste électorale ont manifesté devant la Commission électorale indépendante (CEI). Les manifestants ont brûlé des pneus, la police a fait usage de gaz lacrymogènes et le calme est revenu à la mi-journée. Une dizaine de personnes ont été interpellées. Des incidents qui, selon de nombreux observateurs, risquent de se multiplier d’ici à l’élection, dont le premier tour est prévu le 31 octobre.

Si le chef de l’État et ses partisans estiment que le changement de Constitution en 2016, après sa réélection, lui donne légalement le droit de se présenter, l’opposition soutient que la limite de deux mandats demeure et entend contester bruyamment sa candidature.

Avec Jeune Afrique par Vincent Duhem

[Tribune] Ouattara, Bédié, Gbagbo… Présidentielle 2020, retour vers le futur?

août 4, 2020

Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Guillaume Soro.

Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Guillaume Soro. © Montage JA

 

À trois mois de la présidentielle ivoirienne, les principaux états-majors politiques semblent davantage miser sur leurs leaders historiques, laissant craindre un remake des présidentielles du passé.

Ce mercredi 29 juillet, la grande salle du Sofitel Hôtel Ivoire affiche complet. Les membres du Conseil politique du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, parti présidentiel) convoqués d’urgence par Alassane Ouattara, 78 ans, ont répondu massivement présents.

De la tribune, Adama Bictogo, directeur exécutif du RHDP, multiplie les paroles élogieuses à l’endroit du chef de l’État. « Monsieur le président, vous êtes notre boussole, le bouclier du RHDP, le manteau protecteur de notre pays contre les incertitudes et les aventures », lâche-t-il, salué par un tonnerre d’applaudissements.

ADO appelle à la patience

Après le décès de l’ex-Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, candidat du RHDP, le parti présidentiel est à la recherche d’un nouveau candidat. Tous les regards, au sein de la coalition au pouvoir, sont tournés vers Ouattara. Les instances du parti pressent ce dernier de se porter candidat, invoquant « le cas de force majeure ».

Ouattara prend son temps et appelle à la patience, réclamant pour répondre d’attendre l’issue de la période de deuil musulman, soit après le 18 août. Sauf surprise, cependant, il devrait être le porte-flambeau du RHDP à la présidentielle d’octobre 2020.

De l’autre côté, les deux autres principaux leaders politiques affûtent leurs armes, pour aller, une fois de plus, au combat. Henri Konan Bédié a obtenu l’onction de son parti, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Il était l’unique candidat.

« Les jeunes savent que c’est pour eux que je me présente. C’est pour qu’ils aient accès à tous les postes de gestion de la nation ivoirienne. Donc, ma mandature sera consacrée à mieux les préparer, les former à assumer ces responsabilités, dans tous les secteurs », confie Bédié, 86 ans, à qui veut l’entendre. Une profession de foi qui rappelle ceux qu’il déployait lors de la présidentielle d’octobre 2010, alors qu’il était, avec Francis Wodié, 84 ans, l’un des deux doyens parmi les candidats.

La même affiche électorale qu’en 2010… ?

Autre parti, autre potentiel candidat. La dissidence du Front populaire ivoirien (FPI) est à l’œuvre pour faire de Laurent Gbagbo, 75 ans, son candidat, alors que la branche légale présidée par Pascal Affi N’Guessan a fait de ce dernier son candidat.

L’éligibilité de Gbagbo, qui vit en liberté conditionnelle à Bruxelles depuis qu’il a été acquitté par la Cour pénale internationale (CPI),  semble toutefois hypothétique. D’abord parce que son passeport ivoirien n’a pas encore été renouvelé. En outre, parce que son nom a été retiré de la liste électorale, par la Commission électorale indépendante (CEI).

Condamné en janvier 2018 à vingt ans de prison pour « vol en réunion par effraction, portant sur des caves à l’Agence nationale de la Bceao (Banque centrale des états de l’Afrique de l’ouest), et des numéraires; complicité de vol en réunion, par effraction; destruction d’une installation appartenant à autrui; détournement de deniers publics », Gbagbo, perd, selon le code électoral ivoirien, sa qualité d’électeur et de candidat éligible. Surtout, s’il met le pied à Abdijan, c’est la prison qui l’attend.

S’achemine-t-on vers la même affiche électorale de 2010, qui a vu les « trois Grands » s’affronter au premier tour, avant que Bédié rallie Ouattara contre Gbagbo, au second tour ? Rien n’est moins sûr. Sauf si le chef de l’État ivoirien décidait d’aller à l’apaisement avec ses adversaires, comme il l’avait fait deux ans plus tôt par l’amnistie de plusieurs prisonniers politiques, dont Simone Gbagbo.

« Le président Ouattara pourrait décider d’amnistier tous les politiques condamnés à l’occasion de son discours du 7 août, date commémorative de l’indépendance de la Côte d’Ivoire », espère ainsi Mamadou Traoré, responsable de Générations et peuples solidaires (GPS), le mouvement de Guillaume Soro, candidat déclaré mais en exil en France, après avoir été condamné à vingt ans de prison pour « recel de deniers publics détournés et de blanchiment de capitaux ». Dans un tel scénario, on se dirigerait vers un quasi-remake de la présidentielle d’octobre 2010, avec un Guillaume Soro non plus arbitre – il était alors Premier ministre -, mais acteur.

… Ou le scénario de la présidentielle de 2000 ?

En revanche, dans le cas où les candidatures de Gbagbo et de Soro étaient effectivement rejetées, « nous serions dans un scénario similaire à celui d’octobre 2000, avec d’un côté, un président sortant candidat à sa propre succession après avoir pourtant déclaré sa volonté de ne pas se représenter, comme le chef de la junte militaire Robert Guéï. Et de l’autre, un candidat issu du principal de l’opposition. En 2000, ce rôle avait été tenu par Gabgbo, cette fois, ce serait Bédié », estime l’analyste politique Sylvain N’Guessan.

Dans les deux cas, le spectre du passé hante les esprits. En 2000, la présidentielle qui a vu la victoire de Gbagbo face à Guéï s’est achevée par une crise postélectorale sanglante.

Dix ans plus tard, alors que le pays était divisé en deux depuis huit ans du fait de la rébellion de Guillaume Soro, l’après-second tour de la présidentielle a duré plus de quatre mois. Bilan officiel : plus de 3000 morts.

Une éventualité dont le nouveau Premier ministre Hamed Bakayoko a pleinement conscience : « Nos défis sont, entre autres, de réussir le pari de faire en sorte que nous ayons des élections dans la paix. Une élection qui est une compétition politique (…) Je veux m’investir avec cette génération parce que si nous réussissons, nous aurons mérité de nos aînés et nous aurons travaillé pour nos descendants ».

Par  André Silver Konan, Journaliste et éditorialiste ivoirien, collaborateur de Jeune Afrique depuis Abidjan.

Côte d’Ivoire: Pascal Affi N’Guessan candidat des « rénovateurs » du FPI

août 2, 2020

Pascal Affi N'Guessan, à Abidjan en mars 2016 (archives).

Pascal Affi N’Guessan, à Abidjan en mars 2016 (archives). © Corentin Fohlen/ Divergence pour JA

 

Pascal Affi N’Guessan s’est déclaré candidat à la présidentielle prévue en octobre prochain. L’ancien proche de Laurent Gbagbo s’est prononcé samedi, à l’issue d’un congrès de la branche du FPI qu’il dirige.

« Je suis candidat pour gagner et nous allons gagner parce que le RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix, le parti au pouvoir) a échoué, est exténué, obligé d’appeler ADO (le président Alassane Dramane Ouattara) au secours », a déclaré Pascal Affi N’Guessan, à l’issue d’un congrès extraordinaire d’une branche du Front populaire ivoirien (FPI).

« Rénovateurs » face aux « GOR »

« Mon ambition est de fermer la sanglante parenthèse de l’histoire récente de la Côte d’Ivoire, ponctuée par des crises post électorales depuis 2000 », a poursuivi l’ancien chef de gouvernement (2000-2003) de Laurent Gbagbo.

Depuis le transfèrement de Laurent Gbagbo à la CPI en 2011, le FPI s’est scindé en deux factions. Ancien proche de l’ex-président ivoirien, Pascal Affi N’Guessan, 67 ans, dirige l’une des ailes du parti fondé par son ancien mentor avec qui il entretient de longue date des relations tendues, celle des « rénovateurs », qui participent à la vie politique et qui ont pris le contrôle légal du parti.

En face, les historiques, les « GOR » – « Gbagbo ou rien » – , qui ont boycotté depuis lors les scrutins en l’absence de l’ex-président, dont ils ont le soutien.

Affi N’Guessan était arrivé en deuxième position avec 9,29% des suffrages, lors de la présidentielle de 2015, largement remportée par Alassane Ouattara.

Jeu politique bouleversé

Le jeu politique a été bouleversé en Côte d’Ivoire par la mort inattendue début juillet du candidat du parti au pouvoir, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

Mercredi, pressé par son parti de se présenter à l’élection présidentielle d’octobre pour une troisième mandat, Alassane Ouattara au pouvoir depuis 2011, a différé sa décision, invoquant le temps du deuil après la mort de son dauphin Amadou Gon Coulibaly.

L’ex-président Henri Konan Bédié, 86 ans, a été désigné le 27 juillet avec 99,7% des voix candidat à la présidentielle du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principal mouvement d’opposition.

Près d’une semaine auparavant, l’ex-ministre des Affaires étrangères Marcel Amon Tanoh, ancien proche du président Ouattara, s’est également déclaré candidat à la présidentielle.

Par Jeune Afrique avec AFP

Dans un tweet, Donald Trump évoque, pour la première fois, un report de l’élection présidentielle américaine

juillet 30, 2020

 

Le président américain a mis en avant des risques de fraude liés selon lui à l’épidémie de Covid-19.

Le président américain Donald Trump a évoqué jeudi 30 juillet, pour la première fois, un possible report de l’élection présidentielle, mettant en avant des risques de fraude liés selon lui à l’épidémie de Covid-19.

«Avec le vote par correspondance (…) 2020 sera l’élection la plus inexacte et la plus frauduleuse de l’histoire», a-t-il tweeté. «Ce sera une véritable honte pour les États-Unis. Reporter l’élection jusqu’à ce que les gens puissent voter normalement, en toute sécurité???», a-t-il ajouté. Seul le Congrès a le pouvoir de décider du report d’une élection présidentielle.

Plusieurs États américains veulent rendre le vote par courrier plus accessible afin de limiter autant que possible la propagation du Covid-19. Nombreux d’entre eux autorisent ce système de vote depuis des années et n’ont pas signalé de problèmes majeurs, à part des incidents isolés. Depuis plusieurs semaines, Donald Trump, confronté à des sondages très défavorables, brandit pourtant le spectre de fraudes massives. Ses propos sur ce thème ont poussé fin mai Twitter à signaler pour la première fois l’un de ses tweets comme étant trompeur.

Je pense qu’il va essayer de faire reporter les élections d’une manière ou d’une autre

L’ancien vice-président Joe Biden

Fin avril, son adversaire démocrate, Joe Biden, avait prédit que le milliardaire ferait son possible pour reporter l’élection. «Souvenez vous de ce que je vous dis, je pense qu’il va essayer de faire reporter les élections d’une manière ou d’une autre, trouver des raisons pour lesquelles elles ne peuvent pas avoir lieu», avait-il lancé. Quelques jours plus tard, Donald Trump, interrogé lors d’un point de presse à la Maison-Blanche, avait catégoriquement écarté cette hypothèse. «Je n’ai jamais envisagé de changer la date (…) Pourquoi est-ce que je ferais cela?», avait-il répondu, évoquant «la propagande» du camp démocrate.

Le tweet présidentiel évoquant la possibilité d’un report du scrutin a été envoyé quelques minutes après l’annonce d’une chute historique du PIB américain au deuxième trimestre (-32,09%) sous l’effet de la pandémie de Covid-19.

Par Le Figaro avec AFP

Présidentielle en Côte d’Ivoire: Henri Konan Bédié entre investiture et « atout de l’âge »

juillet 27, 2020

Henri Konan Bédié, à Paris le 10 septembre 2019.

Henri Konan Bédié, à Paris le 10 septembre 2019. © Vincent Fournier pour Jeune Afrique 

L’ancien chef d’État ivoirien Henri Konan Bédié, 86 ans, a été désigné candidat à la présidentielle du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, opposition) avec 99,7% des voix à l’issue d’une convention de ce parti, a-t-il annoncé lundi 27 juillet à Abidjan.

Les résultats des votes des délégués dimanche, «mettent en évidence mon élection avec un score de 99,7%. C’est un véritable plébiscite», a déclaré M. Bédié, lors d’un point de presse à sa résidence d’Abidjan.

Le politicien de 86 ans a qualifié sa victoire de «véritable plébiscite».

« Pour nous au PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire), l’âge c’est un atout. L’âge réunit l’expérience et aussi la compétence », a déclaré Henri Konan Bédié à des journalistes après avoir voté, ce dimanche 26 juillet, au siège du parti à Abidjan lors de la convention d’investiture du parti.

L’ancien président ivoirien (1993-1999), chassé du pouvoir par un putsch, et qui espère retrouver la magistrature suprême après deux candidatures (invalidée en 2000 et infructueuse en 2010, où il était arrivé troisième), affirme « remplir une mission de salut public pour restaurer la Côte d’Ivoire ».

« Si nous nous présentons, c’est surtout pour les nouvelles générations », « les jeunes assaillis par le chômage » (…) pour esquisser avec eux un avenir meilleur », a assuré le dirigeant du PDCI, critiqué par ses adversaires pour son âge avancé et qui sera le doyen du scrutin présidentiel du 31 octobre.

L’issue du vote d’investiture ne fait guère de doute, puisque l’ex-chef d’État ivoirien est candidat unique au PDCI, après l’invalidation d’une candidature rivale.

Sept ans d’expérience à la magistrature suprême

Quelque 9 000 délégués sont inscrits dans 388 bureaux de vote sur tout le territoire et à l’étranger pour la diaspora, pour cette « convention éclatée » pour cause de coronavirus. Le résultat provisoire sera proclamé lundi 27 juillet à midi, a expliqué Maurice Kakou Guikahué, numéro deux du parti.

À la « Maison du PDCI » à Abidjan, militants et militantes portaient chemises, robes, casquettes et même masques anti-coronavirus aux couleurs du parti : un tissu aux motifs verts, avec le sigle frappé d’un éléphant, et la photo en médaillon de Félix Houphouët-Boigny, fondateur du PDCI, premier président ivoirien et « père de l’indépendance », toujours la figure tutélaire du pays 27 ans après sa mort, et mentor revendiqué de Henri Konan Bédié. 

« HKB » est apparu vers 11h30, marchant lentement mais apparemment en forme, vêtu de son traditionnel abacost, pour aller déposer son bulletin dans l’urne. Celui que l’on surnomme, du fait de sa parole rare, le « Sphinx de Daoukro » (la ville où il réside dans l’intérieur du pays), s’est ensuite adressé à quelques journalistes dans son bureau, s’exprimant posément.

« Mon parti estime que je suis le mieux placé, l’homme de la situation. Il ne faut pas oublier que j’ai gouverné ce pays pendant sept ans », a-t-il dit, après avoir dressé un bilan sévère de l’état de la Côte d’Ivoire.

Le PDCI a gouverné de conserve avec le parti du président Alassane Ouattara de 2011 à 2018, avant que l’alliance n’éclate, précisément sur la question du choix du candidat à la présidentielle de 2020.

Une candidature Ouattara se dessine

Ceux qui critiquent mon âge, « c’est leur problème ! Il n’y a pas d’âge limite au regard de la Constitution », a fait valoir Henri Konan Bédié. « Je réunis actuellement toutes mes forces physiques et intellectuelles », a-t-il assuré.

Il affrontera probablement le président Alassane Ouattara, 76 ans, dont la candidature pour un troisième mandat se dessine, après la mort brusque de son dauphin désigné, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, terrassé à 61 ans par une crise cardiaque le 8 juillet.

Alassane Ouattara avait annoncé en mars ne pas se représenter pour laisser la place à la « nouvelle génération », critiquant de manière allusive la volonté de Henri Konan Bédié de se représenter. Mais le décès de son dauphin a bouleversé ses plans, et il va sans doute forcer le président à reprendre le flambeau du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, au pouvoir), faute d’autre candidat consensuel, selon les analystes.

Le troisième grand parti national, le Front populaire ivoirien (FPI, d’opposition) n’a pas encore fait connaître sa position pour la présidentielle. Son fondateur l’ex-président Laurent Gbagbo, 75 ans (au pouvoir de 2000 à 2010) est en liberté conditionnelle depuis son acquittement par la Cour pénale internationale, et la possibilité de son retour en Côte d’Ivoire n’est pas tranchée.

Enfin, l’ex-chef rebelle et ancien Premier ministre Guillaume Soro, 47 ans, ancien allié de Ouattara, s’est déclaré candidat, mais il vit en exil en France après sa condamnation par la justice ivoirienne à 20 ans de prison pour « tentative d’insurrection ».

Par Jeune Afrique avec AFP

 

Burkina : l’opposant Zéphirin Diabré investi candidat à la présidentielle par son parti

juillet 26, 2020

Zephirin Diabré en 2015 à Ouagadougou.

Zephirin Diabré en 2015 à Ouagadougou. © Theo Renaut/AP/SIPA

 

Le chef de file de l’opposition burkinabè, Zéphirin Diabré, a été investi samedi 25 juillet à Ouagadougou par son parti, l’Union pour le progrès et le changement (UPC), candidat à la présidentielle de novembre.

« Les militants de l’UPC réuni en congrès extraordinaire ont procédé à la désignation du candidat Zéphirin Diabré à la présidentielle », a déclaré le vice-président du parti Denis Yaméogo, lisant le procès-verbal, après un vote par acclamation des 5 000 militants rassemblés au palais des sports de Ouagadougou.

« Je jure solennellement ici et maintenant de m’investir en votre nom, corps et âme, dans ce combat pour la renaissance du Burkina Faso », a déclaré Zéphirin Diabré, 61 ans, qui se présente pour la deuxième fois à la magistrature suprême.

À l’élection présidentielle de 2015, il était arrivé deuxième avec 29,65% des voix, battu par l’actuel président Roch Marc Christian Kaboré. Ce dernier se représente pour un deuxième mandat, alors que le Burkina Faso a progressivement sombré dans les violences jihadistes, entremêlées à des conflits intercommunautaires, qui ont fait depuis 2015 au moins 1 100 morts et contraint près d’un million de personnes à fuir leurs foyers.

« Il y a cinq ans, les Burkinabé ont commis la grave erreur de confier leur destinée au MPP (Mouvement du peuple pour le progrès, actuel parti au pouvoir) et à ses alliés (…) Comme tout Burkinabé déçu de la gestion du MPP, nous voulons le changement et le vrai changement », a déclaré Zéphirin Diabré.

« Génération Zeph »

« Ce pays a besoin plus que jamais d’un nouveau départ, d’un nouveau souffle, d’une nouvelle vision », a martelé l’opposant.

Ancien ministre de Blaise Compaoré dans les années 1990, Zéphirin Diabré était passé dans l’opposition en 2011 en fondant l’UPC. Un changement de cap trois ans avant la chute de l’ancien président, chassé par une insurrection populaire fin 2014, après 27 ans au pouvoir.

« C’est une candidature chargée d’espoir pour les militants et tous ceux qui ont soif de changement. Nous ne voulons plus laisser le pays dans le gouffre », a déclaré Abdoul Ouedraogo, responsable des jeunes du parti. La porte-parole de l’union des femmes du parti, Jacqueline Konaté, a appelé Zéphirin Diabré à « sauver le pays des affres de la désolation », l’estimant seul à même « d’unir tous les Burkinabé ».

Sa candidature est soutenue par le mouvement la « Génération Zeph 2020 », un mouvement regroupant une centaine de partis politiques et associations, ainsi que plusieurs coalitions de partis.

L’opposition part cependant divisée au scrutin présidentiel, ce qui fait le jeu du président Kaboré, selon les analystes, malgré son bilan face aux violences jihadistes.

Parmi les autres candidats pressentis à la présidentielle figurent de nombreux autres anciens du régime Compaoré : l’ex-Premier ministre Kadré Désiré Ouédraogo, Gilbert Noël Ouédraogo, dirigeant d’un parti anciennement allié à Compaoré, ou encore Eddie Komboïgo, le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), ex-parti au pouvoir.

Les autres postulants de poids sont Tahirou Barry, un ministre démissionnaire du premier gouvernement de Kaboré, et le juriste Abdoulaye Soma.

Par Jeune Afrique avec AFP