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France-Présidentielle : Éric Zemmour gagne du terrain, Marine Le Pen recule

septembre 28, 2021

D’après un sondage Harris Interactive réalisé pour « Challenges », Éric Zemmour récolterait 13 % des voix à la présidentielle, contre 16 % pour Marine Le Pen.

Éric zemmour

Àsept mois de la présidentielle de 2022, le potentiel duel entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron au second tour est des plus incertains. Une nouvelle enquête d’opinion, publiée par Harris Interactive pour Challenges ce mardi 28 septembre, démontre la progression d’Éric Zemmour dans les intentions de vote (entre 13 et 14 % des voix), au détriment de sa rivale d’extrême droite, Marine Le Pen, avec 16 %.

Marine Le Pen baisse dans les intentions de vote

Ainsi, plus les semaines passent, plus il grignote des points à Marine Le Pen. Alors que la candidate RN affichait 18 % la semaine passée, selon l’avant-dernier baromètre de Harris Interactive pour Challenges, Éric Zemmour était à 11 % des intentions de vote. L’écart entre les deux personnalités est donc passé de 7 à seulement 3 points en une semaine seulement, une diminution très significative.

À noter que des sondages plus anciens prédisaient que l’ex-dirigeante du RN obtiendrait 28 % des voix début juin dernier tandis qu’à cette même période Éric Zemmour affichait seulement 5,5 % d’intentions de vote, selon l’Ifop pour Le Point.

Éric Zemmour a également de quoi faire trembler la droite. En effet, Xavier Bertrand, potentiel candidat, obtiendrait, lui, 14 % des voix, juste devant le polémiste controversé. Ce dernier devancerait l’autre potentielle candidate, Valérie Pécresse, qui ne remporterait que 12 % des voix. Dernière possibilité, enfin, celle d’une candidature d’un autre candidat de droite, Michel Barnier, qui ne remporterait que 8 % des voix.

Toutefois, en dépit des rivalités, les deux tiers des électeurs potentiels d’Éric Zemmour (66 %) se rallieraient à Marine Le Pen au second tour, contre 7 % à Emmanuel Macron et 27 % de votes blancs, nuls ou d’abstention, en cas de duel Macron-Le Pen. « Marine Le Pen est donnée au second tour de l’élection présidentielle, ce qui n’est le cas ni du candidat des Républicains ni du candidat (potentiel) Éric Zemmour », s’est défendu Jordan Bardella sur France Inter ce mardi, ajoutant ne pas vouloir « commenter les sondages ».

Ainsi, si Emmanuel Macron distance tous ses concurrents dans ce dernier sondage Harris Interactive, avec entre 23 et 26 % des intentions de vote, la deuxième place est désormais bel et bien disputée entre Marine Le Pen, le candidat LR, Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon, qui affiche 13 % des voix, contre 7 % pour la socialiste Anne Hidalgo, 6 % pour l’écologiste Yannick Jadot, devant Arnaud Montebourg (2 %).

* Enquête réalisée en ligne du 24 au 27 septembre 2021 sur un échantillon de 1 379 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, dont 1 048 personnes inscrites sur les listes électorales. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région et comportement électoral antérieur de l’interviewé(e).

Par Le Point avec AFP

Gambie: Jammeh offrira-t-il un second mandat à Adama Barrow ?

septembre 14, 2021
Adama Barrow est au pouvoir depuis janvier 2017.

Trois mois avant la prochaine présidentielle, le parti du chef de l’État et celui de son prédécesseur ont annoncé qu’ils allaient s’allier.

La politique réserve souvent bien des surprises et, en ce début du mois de septembre, l’inattendu s’est produit à Banjul. Le 5, Fabakary Tombong Jatta, le secrétaire général de l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), a annoncé qu’un accord venait d’être trouvé avec le Parti national du peuple (NPP, au pouvoir).

À trois mois de la prochaine élection présidentielle, dont la date a été fixée au 5 décembre, les formations du président Adama Barrow et de son prédécesseur, Yahya Jammeh, ont donc décidé de s’allier, et l’époque où le second contestait la victoire du premier avant d’être contraint par les troupes de la Cedeao à embarquer dans un avion à destination de Malabo paraît n’être plus qu’un lointain souvenir.

Rester au pouvoir

Faut-il pour autant s’en étonner ? Avant le scrutin de décembre 2016, Barrow avait reçu le soutien de la Coalition 2016, un bloc de huit partis menés par le Parti démocratique unifié (UDP), auquel appartenait Barrow à l’époque. Mais l’UDP lui a retiré son appui en septembre 2019. En cause : les querelles internes qui ont rapidement opposé Barrow à Ousseinou Darboe, opposant historique à Jammeh et figure emblématique du parti, mais aussi la volonté assumée du chef de l’État de se maintenir au pouvoir au-delà des trois années qu’il s’était engagé à effectuer. C’est dans ce contexte que le NPP a vu le jour, en décembre 2019.

IL EST DANS L’INTÉRÊT DE BARROW DE S’ENTENDRE AVEC LE PARTI DE JAMMEH POUR ÉVITER LA DÉBÂCLE

Mais Adama Barrow a besoin de renforcer son assise électorale avant la présidentielle et les législatives, qui auront lieu en avril 2022. « Le président et le NPP ont pressenti la défaite et pensent que le salut pourrait venir d’un accord avec l’APRC, tacle Amadou Scattred Janneh, membre du bureau exécutif de l’UDP. Cette alliance est purement opportuniste. » « Il est dans l’intérêt de Barrow de s’entendre avec le parti de Jammeh pour éviter la débâcle », confirme un bon connaisseur de la politique gambienne, en rappelant que depuis les législatives de 2016, c’est l’UDP qui est majoritaire à l’Assemblée.

Poursuivre Jammeh – ou pas

Cette alliance soulève par ailleurs d’autres questions. Fabakary Tombong Jatta, le porte-parole de l’APRC, a en effet indiqué que le retour de Jammeh à Banjul, « de manière pacifique et dans la dignité », était l’un des points du protocole d’accord. Et que vont devenir les travaux de la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC) ?

Celle-ci a été créée en 2019 pour faire la lumière sur les crimes commis sous la présidence de Jammeh, de juillet 1994 à janvier 2017. À son arrivée au pouvoir, Adama Barrow s’était engagé à lutter contre l’impunité. La TRRC doit lui présenter ses recommandations le 30 septembre prochain, et le chef de l’État aura la responsabilité de décider si Jammeh doit être poursuivi ou non. Prendra-t-il le risque de s’aliéner son allié ? C’est peu probable, répondent les organisations des droits humains, qui rappellent qu’en juillet, Fabakary Tombong Jatta avait dit souhaiter que « le rapport final de la TRRC soit mis à la corbeille ».

CES CRIMES NE PEUVENT PAS ÊTRE AMNISTIÉS

Pourtant, selon un sondage Afrobarometer rendu public au lendemain de l’annonce de l’union APRC-NPP, 73 % des Gambiens interrogés estiment que « les auteurs de crimes et de violations des droits humains pendant le régime de Jammeh devraient être jugés par un tribunal ». « Je peux comprendre le désarroi des Gambiens qui ont été torturés, violés ou qui ont perdu des êtres chers et qui se demandent maintenant si justice sera jamais rendue », réagit Reed Brody, membre de la Commission internationale de juristes. Lui-même insiste sur le fait que « les gouvernements ont l’obligation légale d’enquêter et de poursuivre les actes de torture et les crimes contre l’humanité, et [que] ces crimes ne peuvent pas être amnistiés ».

En mai dernier, Karim Khan avait affirmé sur Twitter, alors qu’il s’apprêtait à devenir le nouveau procureur de la Cour pénale internationale (CPI), que justice devait être faite en Gambie. Le pays est en effet État-parti du statut de Rome. Et ce notamment grâce aux efforts d’Adama Barrow qui est revenu, en février 2017, sur la décision de Jammeh de quitter la CPI. À cette époque, il mettait un point d’honneur à veiller à ce que les “crimes” de son prédécesseur soient punis. Pas sûr que ce soit toujours le cas.

Par Jeune Afrique avec Achraf Tijani

France-Présidentielle : un premier sondage donne Éric Zemmour à 10 %

septembre 14, 2021

Le polémiste, qui n’a pas déclaré sa candidature, rassemblerait plus de voix qu’Anne Hidalgo ou Yannick Jadot, selon le baromètre Harris Interactive.

Malgre l'activation de ses soutiens depuis plusieurs mois, Eric Zemmour n'a pas encore declare sa candidature a la presidentielle.
Malgré l’activation de ses soutiens depuis plusieurs mois, Éric Zemmour n’a pas encore déclaré sa candidature à la présidentielle.© LUDOVIC MARIN / AFP

Il n’est même pas encore candidat, mais il continue de progresser dans les sondages. Éric Zemmour pourrait obtenir 10 % des suffrages s’il se présentait à l’élection présidentielle en avril prochain, selon le baromètre Harris Interactive pour Challenges en kiosque ce jeudi 16 septembre, révélé par un soutien du polémiste sur Twitter.Testé dans un scénario où la candidature de droite serait portée par Xavier Bertrand, il gagne trois points par rapport au précédent sondage, la semaine passée.

Face à lui, la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, rassemblerait 19 % des voix dans l’hypothèse où Éric Zemmour est candidat – 22 % s’il ne l’est pas – et se qualifierait ainsi pour le second tour. Le président sortant Emmanuel Macron est toujours en tête avec 23 % des intentions de vote.

Toujours dans un scénario Bertrand à droite et Zemmour candidat, Jean-Luc Mélenchon récolterait 11 % des suffrages et Anne Hidalgo, déclarée ce week-end, seulement 7 %, soit moins que le polémiste. Yannick Jadot, seul candidat écolo testé – ils sont cinq à s’affronter lors de la primaire en septembre –, ne parviendrait également à rassembler que 7 % des suffrages.

Première victime de l’essor d’Éric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan, leader de Debout la France, est crédité de 2 % contre 5 % dans tous les autres scénarios sans le polémiste. Celui-ci chiperait un point à Xavier Bertrand et un autre à Emmanuel Macron. À noter, sans surprise, que sa candidature ne fait pas varier les intentions de vote pour les candidats de gauche.

Il n’aura fallu qu’un été pour qu’Eric Zemmour, testé à 5 % le 16 juin par « Le Point » et l’Ifop pour doubler son étiage et le mettre à quelques encablures de vieux routiers de la politique et du suffrage universel comme Jean-Luc Mélenchon (11 %) et Xavier Bertrand (14 %).

Challenges précise qu’Eric Zemmour « réunit sur son nom 18 % des électeurs de François Fillon en 2017, en progression de 11 points par rapport à juillet, contre seulement 13 % des électeurs de Marine Le Pen en 2017, en progression de 4 points par rapport à juillet. Conséquence: dans le scénario d’une candidature d’Eric Zemmour, Xavier Bertrand perd un point en une semaine (de 15 % à 14 %) ». 

Enquête Harris Interactive pour Challenges réalisée en ligne du 10 au 13 septembre auprès d’un échantillon de 1 340 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, dont 1 063 inscrites sur les listes électorales, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur entre 1,4 et 3,1 points.

Par Le Point avec Thibaut Déléaz

France-Présidentielle : Arnaud Montebourg entre dans la course à l’Élysée

septembre 4, 2021

L’ancien ministre socialiste s’est déclaré candidat à la présidentielle de 2022. Il se présentera sous la bannière « La Remontada de la France ».

Le socialiste Arnaud Montebourg.
Le socialiste Arnaud Montebourg.© JEFF PACHOUD / AFP

Le suspense a assez duré ! L’ancien ministre socialiste à la fibre économique – au sein des gouvernements Ayrault (2012-2014) et Valls (2014) – Arnaud Montebourg a déclaré ce samedi 4 septembre depuis sa ville natale de Clamecy (Nièvre), sa candidature à l’élection présidentielle, proposant aux Français une « remontada industrielle », démocratique et écologique entre 2022 et 2027. « C’est pour cette tâche difficile mais magnifique, audacieuse mais nécessaire et pour cette tâche seulement que j’ai décidé de présenter aujourd’hui aux Français ma candidature à la présidence de la République », a clamé l’entrepreneur de 58 ans devant plusieurs centaines de partisans réunis dans la mairie de Clamecy, ainsi que sur les réseaux sociaux.

Qu’est-ce que « La Remontada » ?

Le candidat malheureux aux primaires socialistes de 2012 et 2017, et actuel entrepreneur dans l’agroalimentaire, a expliqué que le slogan de sa campagne – « La Remontada (remontée en espagnol, NDLR) de la France » – comprenait la lutte contre la mondialisation néolibérale ainsi que la réindustralisation du pays.

Pour ce faire, l’homme politique veut notamment agir sur l’économie locale : reconstruire « les fleurons industriels disparus dans les secteurs du futur », recréer de l’emploi, revaloriser les salaires et encore faire bénéficier à tous les salariés du privé des profits générés par leur entreprise. Mais aussi, faire de cette économie, un véritable enjeu environnemental : investir dans l’après-pétrole, rendre les régions rurales de nouveau attractives et encore, mettre à disposition les quelque 1 million de biens immobiliers, qui y sont vacants, pour les citoyens désireux de quitter les grandes métropoles. « L’ensemble de ces transformations que je propose pourront s’appeler VIe République » et viseront à combattre « les injustices », termine-t-il.

Malgré l’absence d’appui d’un autre parti politique, Arnaud Montebourg a confié « éprouver de la légitimité à porter au pouvoir » les « idées, combats et projets (qu’il dit avoir) portés dans le passé » et aujourd’hui devenus, selon lui, « le centre de gravité des convictions des Français ». Sa candidature vient ainsi s’ajouter à de nombreuses autres à gauche, de l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon à celle, probable, de la socialiste Anne Hidalgo, en passant par le candidat issu de la primaire écologiste (Delphine Bato, Sandrine Rousseau, Yannick Jadot, Eric Piolle et Jean-Marc Governatori).

Par Le Point avec AFP

Zambie : Hakainde Hichilema élu président

août 17, 2021
Hakainde Hichilema, lors d’une conférence de presse à son domicile, à Lusaka, le 16 août 2021.

Le 16 août, Edgar Lungu, le chef de l’État sortant, a été largement battu par son éternel opposant. À la surprise générale.

Ce lundi 16 août, Hakainde Hichilema, 59 ans, est devenu le septième président zambien démocratiquement élu, devançant Edgar Lungu de près de 1 million de voix.PUBLICITÉ

Candidat pour la sixième fois, Hichilema faisait figure d’éternel second. C’est la troisième fois qu’il faisait face à Lungu, président depuis 2015, dont il était devenu le principal opposant.

En prison pour « trahison »

Cet homme d’affaires autodidacte est, depuis 2006, à la tête de l’Alliance démocratique unie (UPND), qui prône le libéralisme social et économique, à l’encontre des idées du Front patriotique (FP), le parti conservateur du chef de l’État sortant.

Hichilema s’était vivement opposé à la réélection de Lungu en 2016. Il avait alors dénoncé des fraudes et multiplié les recours, ce qui lui avait valu d’être poursuivi en justice, puis incarcéré, d’avril à août 2017, pour « trahison ».

« HH », comme on l’appelle, a fini par s’ imposer comme le candidat du peuple, en particulier durant cette dernière campagne. La population le surnomme aussi « Bally », terme utilisé pour parler d’un aîné, en signe de respect.

Le 15 août dans l’après-midi, Hichilema a rendu visite à l’ancien président Rupiah Banda, avec qui il a évoqué « un large éventail de questions relatives au bien-être [du] peuple [zambien] », comme il l’a ensuite indiqué sur Twitter.

Soutiens étiolés

Entre le président sortant et son opposant, la course était serrée depuis le début de la campagne. Mais c’est l’état du pays, notamment sur le plan économique, qui a desservi Edgar Lungu. Ses soutiens se sont en effet étiolés du fait de l’augmentation du coût de la vie, conséquence d’une hausse du taux de l’inflation de plus de 20% durant son dernier mandat, particulièrement depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Les citoyens mécontents lui ont également reproché ses nombreux emprunts à des créanciers chinois pour financer la création d’infrastructures. La Zambie a été le premier pays africain à faire défaut sur sa dette depuis le début de la pandémie.

Avec un taux de participation supérieur à 70%, la population était au rendez-vous pour cette élection. Les bureaux de vote étaient restés ouverts tard dans la nuit du 12 au 13 août, jusqu’à 5 heures du matin, en raison de l’affluence. Certains électeurs patientaient depuis la fin d’après-midi.

Ce n’est que le 16 août à 2h30 du matin, à l’issue d’un dépouillement qui aura duré plusieurs jours, qu’Esau Chulu, le président de la commission électorale, a déclaré officiellement Hichilema président de la Zambie.

« La victoire est en vue »

Après une campagne au coude-à-coude, l’enthousiasme était palpable dans les rues de Lusaka, où de nombreux partisans de l’UPND, arborant les couleurs de leur parti, fêtaient la victoire avant même l’annonce des résultats.

Dans la soirée du 14 août, le FP avait fait savoir qu’il n’excluait pas de déposer des recours dans trois provinces, bastions historiques de l’opposition, qui, selon lui, auraient été le théâtre de violences lors du scrutin, de nature à invalider ce dernier.

Le matin même, Hichilema avait appelé au calme. « La victoire est en vue . Je demande à nos partisans de se réfréner », avait-il écrit sur son compte twitter. « Nous avons voté pour le changement, pour une Zambie meilleure, libérée de toute violence et discrimination. Incarnons le changement pour lequel nous avons voté », avait-il conclu

Par Jeune Afrique

Présidentielle en Zambie : ambiance fébrile et décompte au coude-à-coude

août 13, 2021
Des partisans du président zambien Edgar Lungu dans les rues de Lusaka, en Zambie, le 10 août 2021.

Le décompte des voix a repris en Zambie vendredi, au lendemain d’un scrutin tendu mais émaillé de peu d’incidents. Le président sortant et son opposant historique sont annoncés au coude-à-coude.

Les résultats de la présidentielle, mais aussi des législatives et municipales dans ce pays à l’économie plombée – la Zambie est le premier État du continent à faire défaut sur sa dette dans la foulée de la pandémie de coronavirus -, devront être connus d’ici dimanche soir.

L’écart entre le président sortant Edgar Lungu, 64 ans, et son infatigable rival qui se présente pour la sixième fois, Hakainde Hichilema, 59 ans, n’était que d’un peu plus de 100 000 voix en 2016. Il pourrait être encore plus serré, croient savoir les sondeurs.

Jeudi, les électeurs se sont mobilisés paisiblement, faisant parfois très longtemps la queue pour exprimer leur choix. Dans ce pays riche en mines de cuivre, les difficultés économiques et la forte inflation semblent avoir entamé le soutien à Edgar Lungu – accusé de se montrer de plus en plus inflexible depuis son arrivée au pouvoir.

Violences

Des violences ont été signalées dans la province du Nord-Ouest, un bastion d’Hichilema, où deux personnes dont un responsable du parti au pouvoir, le Front patriotique (PF), ont été tuées, a annoncé le président jeudi soir, accusant le parti de son rival, le Parti uni pour le développement national (UPND). La commission électorale zambienne a ouvert une enquête sur ces violences et ce meurtre, dont l’UPND s’est distancié, accusant le pouvoir de tenter ainsi de faire diversion. Le PF avance aussi que certains de ses partisans ont été agressés et chassés des bureaux de vote dans le sud du pays.

Edgar Lungu, qui avait déployé l’armée au début du mois pour renforcer l’ordre pendant la période électorale après des violences sporadiques, a annoncé le renfort d’effectifs militaires dans trois provinces. L’opposition craint que le président n’exagère l’ampleur de la violence et de l’instabilité dans les régions d’opposition pour justifier l’invalidation de résultats.

D’importantes perturbations d’accès aux réseaux sociaux, constatées jeudi notamment dans la capitale Lusaka, et coïncidant avec le moment du vote de Hakainde Hichilema – surnommé « HH » ou « Bally », terme affectueux désignant un aîné – suscitent aussi l’inquiétude.

Mise en garde

Le scrutin s’est poursuivi longtemps après la fermeture des bureaux de vote prévue jeudi à 18 heures, pour faire voter tous ceux qui étaient déjà installés dans la queue. Jusqu’à 3 heures du matin, dans certains endroits, a précisé la commission électorale. Des dépouillements partiels seront annoncés régulièrement jusqu’à dimanche soir quand tous les bulletins devraient être comptés.

Edgar Lungu a déjà laissé entendre que les violences du jour de l’élection avaient « empêché », dans trois provinces, les élections d’être « libres et équitables ». Les résultats à Lusaka, bastion traditionnel du parti au pouvoir qui concentre 3,3 millions de Zambiens, et dans la province centrale de Copperbelt, essentielle à l’économie du pays avec ses mines de cuivre, sont particulièrement scrutés, pouvant faire basculer l’élection.

Les observateurs, zambiens et internationaux, ont mis en garde contre d’éventuels troubles lorsque les résultats seront connus. « Le véritable test sera dans le processus de comptage », a commenté l’économiste zambien indépendant Trevor Simumba.

Par Jeune Afrique avec AFP

Présidentielle en Zambie: mobilisation des électeurs, scrutin annoncé serré

août 12, 2021
Presidentielle en Zambie: mobilisation des electeurs, scrutin annonce serre
Présidentielle en Zambie: mobilisation des électeurs, scrutin annoncé serré© AFP/Patrick Meinhardt

Les Zambiens choisissaient jeudi leur président, entre le sortant Edgar Lungu et son grand rival Hakainde Hichilema, après une campagne tendue centrée sur l’économie du premier pays africain à avoir fait défaut sur sa dette depuis le début de la pandémie.

Dès l’aube, des centaines forment des files d’attente impressionnantes devant les bureaux de vote. Dans le township de Matero, Andrew Daka, 20 ans, qui vote pour la première fois, veut du « changement »: « on ne peut plus continuer comme ça », souffle-t-il à l’AFP.

Plus loin, dans ce bureau modeste du sud de Lusaka, le président Lungu, 64 ans, veste en cuir et dents du bonheur, dépasse tout le monde d’une tête. « Les Zambiens sont prêts à voter et ils sont nombreux », dit-il à sa sortie, acclamé par des partisans poings en l’air. « On va gagner ! ».

A la mi-journée, Hichilema, surnommé « HH » ou le terme affectueux « Bally », riche homme d’affaires autodidacte de 59 ans qui se présente pour la sixième fois et promet de redresser l’économie, prend un bain de foule en allant voter.

Des centaines de journalistes et partisans agglutinés le suivent pas à pas. « Nous sommes confiants (dans le fait que) nous allons remporter la mise », dit-il, en costume sobre et col ouvert. « Les gens veulent que ça change, ça se voit sur leurs visages ».

« Ce qui compte, c’est que la décision de qui devient président, qui dirige ce pays, soit déterminée par (…) les électeurs, pas par les gens qui comptent les voix », ajoute-t-il le sourcil froncé. La veille, « HH » avait appelé la commission électorale à garantir un scrutin « libre et équitable ».

L’opposition, qui craint des fraudes, avait aussi accusé le gouvernement de chercher à entraver la campagne de M. Hichilema, ce que le Front patriotique (PF) au pouvoir dément avec véhémence.

Et alors que le gouvernement avait menacé de bloquer internet si certains « colportent des fausses informations pouvant déstabiliser » l’élection, messages Whatsapp et internet étaient ralentis ou bloqués par endroits dans l’après-midi, a-t-on constaté.

Résultats d’ici dimanche

Dans le quartier populaire de Mtendere, plus de 200 électeurs prennent leur mal en patience, papotant dans la queue ou achetant une glace à un vendeur apparu opportunément. Musique à fond, tavernes servant des bières et circulation dense… Pas de tension palpable.

Thomas Wandu, mineur de 41 ans, va voter Lungu, perçu comme un homme fort. « Sous terre, ça ne se passe comme ça devrait », confie-t-il à l’AFP, « les patrons (chinois) ne respectent pas leurs engagements de salaires ».

Mais la hausse du coût de la vie a érodé la base de soutien du président sortant, selon les sondages, et l’élection pourrait être plus serrée qu’en 2016, quand « HH » avait perdu d’un peu plus de 100.000 voix.

M. Lungu, avocat de formation, est critiqué pour avoir emprunté de façon déraisonnable, notamment auprès de créanciers chinois, pour financer une frénésie de projets d’infrastructure.

L’inflation a grimpé à plus de 20 % sous sa présidence et fin 2020, la Zambie a été le premier pays africain à se trouver en défaut de paiement depuis l’apparition du coronavirus.

Des violences sporadiques ont éclaté à l’approche du vote entre partisans des deux principaux candidats, poussant M. Lungu à déployer l’armée. L’opposition a dénoncé cette mesure sans précédent, la qualifiant de tactique d’intimidation.

Le président s’est montré de plus en plus autoritaire face à toute opposition depuis son arrivée au pouvoir en 2015, faisant craindre des tensions en cas de contestation des résultats, qui devraient être connus d’ici dimanche soir, dans les 72 heures après la fermeture des bureaux de vote jeudi (16H00 GMT).

Le gagnant doit obtenir plus de 50 % des voix pour éviter un second tour, ce que les observateurs jugent peu probable.

Pare Point avec AFP

France: Pécresse officialise à son tour sa candidature pour 2022

juillet 22, 2021
Pecresse officialise a son tour sa candidature pour 2022
Pécresse officialise à son tour sa candidature pour 2022© AFP/Archives/JOEL SAGET

Valérie Pécresse, fraîchement réélue à la tête de l’Ile-de-France, s’est lancée jeudi à son tour dans la course à la présidentielle à droite, une façon de ne pas laisser Xavier Bertrand occuper seul le terrain pendant l’été.

L’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy se présente à l’élection présidentielle pour « restaurer la fierté française », a-t-elle dit jeudi dans un entretien au Figaro et le soir sur TF1.

Défendant une droite « ferme sur le régalien, laïque mais aussi écologiste, libérale, pro-entreprise, féministe et sociale », Valérie Pécresse avait pris ses distances avec LR dès 2017 en créant le mouvement Libres !, en opposition au président du parti de l’époque, Laurent Wauquiez, jugé trop populiste.

« Je ne supporte plus qu’on parle au lieu d’agir », affirme l’ex-LR, désireuse de « rompre avec 10 ans de mauvais choix, de demi-mesures, d’indécisions, et en fin de compte l’affaissement de notre pays ».

La candidate à l’Elysée, qui vient d’avoir 54 ans, dit vouloir « faire plutôt que chercher à plaire », après un quinquennat « avec très peu de réformes », et vouloir « remettre le pays en ordre », précisant qu’elle allait maintenant parcourir le pays pendant l’été.

« Sur la sécurité, sur l’ordre sur la justice sur l’immigration, le +en même temps+ ça ne marche pas », a-t-elle affirmé sur TF1 en se présentant comme « plus réformatrice qu’Emmanuel Macron » et ayant « plus d’autorité que Marine Le Pen ».

Réélue en juin à la tête de l’Ile-de-France, elle est la deuxième prétendante à officialiser sa candidature à droite, après son homologue des Hauts-de-France Xavier Bertrand, lui aussi ex-LR, fin mars.

« Equipe »

« Personne ne gagnera la présidentielle 2022 seul. On ne peut gagner qu’avec une équipe rassemblée », a prévenu dans un tweet le président de LR Christian Jacob qui avait réuni mardi Mme Pécresse et quatre autres candidats putatifs à la présidentielle.

Tous étaient convenus d’une « candidature unique » de leur camp pour 2022, alors que Xavier Bertrand, absent de cette rencontre, refuse à ce stade de participer à une primaire. Il entend se poser en rassembleur de sa famille politique, au risque d’un bras de fer avec son ancien parti.

Le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau, qui avait lui fait acte de candidature pour une primaire à droite, a salué dans la candidature de Mme Pécresse un « signe de la vitalité de la droite ». « La primaire est désormais une évidence », a-t-il tweeté.

« La compétition est toujours saine à condition bien sûr qu’à la fin il n’y ait qu’un seul candidat », a affirmé son homologue à l’Assemblée Damien Abad, qui soutient Xavier Bertrand, redisant ne pas vouloir être « pris en otage par une double candidature ».

M. Abad est réservé sur la primaire, synonyme pour la direction du parti de « machine à perdre ».

« L’heure des femmes »

Valérie Pécresse, pour qui la primaire est au contraire la « seule solution démocratique », affirme au Figaro qu’elle n’en a « pas peur » et « fera tout pour gagner et rassembler ». « Je suis vaccinée contre les divisions de la droite » qui « nous ont fait suffisamment souffrir », a-t-elle dit sur TF1.

Elle avait déjà promis de faire « entendre (sa) voix » au cours de l’été. « L’heure des femmes est venue », avait-elle affirmé dans La Provence début juillet.

Florence Portelli, vice-présidente d’Ile-de-France et soutien de la candidate, a affirmé sur BFMTV que Mme Pécresse était candidate « quoi qu’il arrive » et a fait valoir qu’une femme pouvait accéder à la « tête du pays » et pas seulement être Premier ministre.

Valérie Pécresse a fait son annonce juste après avoir lancé mercredi une grande partie de son programme à la tête de la région. « Toutes les promesses que nous avons faites, il faut les mettre en place très vite », s’est-elle justifiée, accusée par ses opposants de « précipitation ».

Sa candidature à l’Elysée « est la démonstration la plus magistrale » que « la région n’est pour elle qu’un marchepied », a réagi auprès de l’AFP Julien Bayou, secrétaire national d’EELV, candidat malheureux face à elle aux régionales et conseiller francilien.

« Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, qui ont respectivement supprimé 12.500 policiers et gendarmes et 5.000 lits d’hôpitaux, se présentent à l’élection présidentielle pour venir contempler l’ampleur des dégâts qu’ils ont commis comme ministres ? » a demandé Jordan Bardella, numéro deux du RN et lui aussi conseiller d’Ile-de-France.

Par Le Point avec AFP

Présidentielle à São Tomé-et-Principe, habitué à l’alternance

juillet 18, 2021
Une électrice vote à São Tomé-et-Príncipe, le 17 juillet 2016. Image d’illustration.

São Tomé-et-Principe élit dimanche son nouveau président de la République, dans un pays considéré comme l’un des modèles de démocratie parlementaire en Afrique, habitué aux alternances politiques pacifiques.

Ils sont 19 candidats – un record pour l’archipel – à tenter de succéder pour cinq ans à Evaristo Carvalho, élu en 2016 au terme d’un scrutin rocambolesque, qui ne se représentait pas. Les bureaux de vote ont ouvert au petit matin dans la capitale São Tomé, a annoncé Fernando Maquengo, le président de la Commission nationale électorale (CEN), pour ce scrutin au suffrage universel direct à deux tours.

Dans ce pays de quelque 210 000 habitants, colonie portugaise jusqu’en 1975, le président n’a qu’un rôle honorifique, de représentation et de promulgation des textes, l’essentiel du pouvoir exécutif dans ce régime parlementaire revenant au Premier ministre. Ce poste est occupé par le social-démocrate Jorge Lopes Bom Jesus depuis qu’une coalition socialiste a remporté les législatives de 2018 contre le parti de centre-droit alors mené par l’ancien Premier ministre Patrice Emery Trovoada.

Nombreux candidats indépendants

Après 15 années d’un régime marxiste au parti unique, São Tomé-et-Principe s’est ouvert au multipartisme en 1991. Après plusieurs tentatives de coups d’État, dont les dernières en 2003 et 2009, le régime parlementaire s’y est affirmé et a permis plusieurs alternances au pouvoir entre les deux grandes forces qui animent la vie politique : l’Action indépendante démocratique (ADI, centre-droit) et le Mouvement pour la libération de São Tomé-et-Principe (MLSTP, centre-gauche, ancien parti unique).

Le MLSTP, au pouvoir depuis 2018 grâce au soutien d’autres partis de gauche ou centre-gauche, présente dimanche aux électeurs Guilherme Posser da Costa, 68 ans, ancien chef du gouvernement et trois fois ministres des Affaires étrangères. Mais cinq autres membres de sa formation se présentent contre lui comme candidats indépendants. Parmi eux, Elsa Pinto, ancienne ministre des Affaires étrangères, Jorge Amado, ancien président du parti ou encore Maria das Neves, ancienne Première ministre qui avait porté les couleurs du parti à la présidentielle de 2016.

Le président de l’Assemblée nationale, Delfim das Neves, dont le Parti de la convergence démocratique (PCD) appartient à la coalition gouvernementale, est également candidat. De l’autre côté de l’échiquier, Carlos Vila Nova porte les couleurs de l’ADI,  devenu principal parti de l’opposition en 2018.

Corruption

Certains candidats ont fait campagne en dénonçant la corruption qui afflige selon eux le pays. Dans son rapport 2020 sur l’Indice de perception de la corruption dans le monde, l’ONG Transparency International a classé São Tomé-et-Principe au 66e rang sur 180 pays.

Le pays dépend à environ 90% de l’aide internationale pour ses investissements d’infrastructures et ses importations de produits finis. Ses principaux revenus propres sont issus des exportations de cacao, de café, ainsi que du tourisme. L’agriculture vivrière sur des terres très fertiles et irriguées par des pluies abondantes, ainsi que la pêche artisanale assurent cependant une grande partie de la nourriture quotidienne.

Par Jeune Afrique avec AFP

Régionales : après la défaite, Le Pen donne « rendez-vous aux Français »

juin 27, 2021

Alors que son parti n’a pas réussi à remporter une région, la présidente du Rassemblement national lance un appel à la mobilisation pour la présidentielle.

Malgré l’échec du Rassemblement national (RN) aux élections régionales, Marine Le Pen, la candidate du RN à la présidentielle, a donné « rendez-vous aux Français, dès demain, pour construire tous ensemble l’alternance dont la France a besoin ». « Ce soir nous ne prendrons pas de région », a-t-elle reconnu, dénonçant des « alliances contre-nature » de la part des présidents sortants et affirmant que le résultat en Paca « démontre que la mobilisation est la clé des victoires à venir ».

« Ce soir nous ne prendrons pas de région », a-t-elle reconnu, dénonçant des « alliances contre-nature » de la part des présidents sortants et affirmant que le résultat en Paca « démontre que la mobilisation est la clé des victoires à venir. » « Je suis plus que jamais déterminée à mettre toute mon énergie et ma volonté à réhabiliter la politique », a-t-elle assuré, s’alarmant d’une « désaffection civique historique ».

« Une organisation désastreuse et erratique des scrutins »

La présidente du RN a expliqué l’abstention quasi record de 66 % notamment par « une organisation désastreuse et erratique des scrutins par le ministère de l’Intérieur » et « un désenchantement à l’égard des élections intermédiaires ».

« Information des électeurs, proportionnelle, référendum d’initiative citoyenne: tout doit être aujourd’hui débattu pour rendre à nos compatriotes le goût de décider de leur avenir », a déclaré Marine Le Pen. « La présidentielle apparaît plus que jamais comme l’élection qui permet de changer de politique et les politiques », a-t-elle analysé, affirmant que « les Français nous apportent leur soutien dans cette mission ».

Par Le Point avec AFP