Posts Tagged ‘Présidentielle’

Présidentielle au Liberia: George Weah et Joseph Boakari en tête selon les premiers résultats

octobre 13, 2017

 

George Weah glisse son bulletin dans l’urne à Monrovia le 10 octobre. © Abbas Dulleh/AP/SIPA

48 heures après le vote de mardi pour la présidentielle, le sénateur (et légende du football africain) George Weah et le vice-président Joseph Boakai étaient donnés en tête par les premiers résultats partiels annoncés le 12 octobre par la Commission électorale.

Ces premiers résultats ne permettaient pas de déterminer si George Weah ou Joseph Boakai  pourrait succéder dès le premier tour à Ellen Johnson Sirleaf. Dans la province de la capitale, Monrovia, qui concentre près de 40% des quelque 2,1 millions d’électeurs du pays et où il a été élu sénateur en 2014, George Weah obtenait plus de 50% des suffrages sur seulement 14,8% de bulletins dépouillés, contre 26,6%  en faveur de Joseph Boakai.

L’ancien footballeur était crédité d’une légère avance sur le vice-président dans les provinces densément peuplées de Bong, au nord-est de Monrovia, et de Margibi, dans l’est du pays. Tous deux devancent largement les autres candidats, sur respectivement 48% et 28 % des suffrages.

Joseph Boakai paraissait sans surprise devoir s’imposer sur près de 30 % des bulletins dans sa province natale de Lofa, dans le nord, la seule dans laquelle il semblait faire la course en tête.

Litiges

L’ensemble des observateurs exhortent les candidats à porter tout contentieux devant la justice. La Cour suprême a indiqué cette semaine qu’elle siégerait pendant la période post-électorale pour examiner d’éventuels recours.

Des contestations pourraient notamment venir de l’avocat et vétéran de la politique Charles Brumskine ou d’Alexander Cummings, ancien dirigeant de Coca-Cola pour l’Afrique, entre lesquels devrait se jouer la troisième place.

Le parti de Charles Brumskine s’est dit « profondément troublé par la découverte de nombreuses irrégularités » pendant le scrutin. Il appelle la commission électorale à différer toute annonce de résultats et menace de saisir la justice dans le cas contraire.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a quant à lui « salué la tenue pacifique du scrutin » et félicité les Libériens pour s’être rendus aux urnes « en grand nombre et avec enthousiasme ».

Jeuneafrique.com

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RDC: pas d’élection pour remplacer Kabila avant début 2019 (Commission électorale)

octobre 11, 2017

Kinshasa – La République démocratique du Congo ne pourra pas organiser d’élection pour remplacer le président Joseph Kabila avant « 504 » jours, soit début 2019, a annoncé mercredi la commission électorale, alors qu’une présidentielle devait initialement avoir lieu fin 2017.

« La CENI (commission électorale, ndlr) a besoin de 504 jours après la fin du recensement pour arriver au jour du scrutin », explique la commission sur son site internet.

Ce recensement est encore en cours dans la région troublée du Kasaï.

Le délai peut être réduit « si on accepte d’utiliser la machine à voter et si l’on change la loi électorale », a indiqué à l’AFP un porte-parole de la commission électorale.

Le deuxième et dernier mandat du président Kabila a pris fin en décembre 2016, la Constitution lui interdisant de se représenter.

Un accord pouvoir-opposition sous l’égide de l’église catholique conclu le 31 décembre 2016 prévoyait « l’organisation des élections en une seule séquence présidentielle, législatives nationale et provinciale au plus tard en décembre 2017 ».

Ce délai était devenu légalement impossible à tenir le 1er octobre, la loi prévoyant une convocation du corps électoral trois mois avant la fin du scrutin.

Romandie.com avec(©AFP / 11 octobre 2017 23h04)                                            

Kenya: l’opposition manifeste au lendemain du retrait de Raila Odinga de la présidentielle

octobre 11, 2017

 

Des partisans de l’opposition kényane manifestent le 11 octobre 2017 à Nairobi, au Kenya. © Khalil Senosi/AP/SIPA

Des milliers de partisans de l’opposition manifestaient ce mercredi 11 octobre à Nairobi et dans l’ouest du Kenya. Le pays semble s’enfoncer dans l’instabilité politique au lendemain du retrait du leader politique Raila Odinga de l’élection présidentielle du 26 octobre.

Ce mercredi 11 octobre, dans le centre de la capitale Nairobi, des manifestants de l’opposition kényane commençaient à se rassembler sous le regard de nombreux policiers anti-émeute. À Kisumu et Homa Bay, bastions de l’opposition dans l’ouest du pays, quelques milliers de partisans du leader politique Raila Odinga chantaient « Pas de réformes, pas d’élection », au lendemain de l’annonce surprise de leur champion de se retirer de la course à la présidentielle.

Raila Odinga estime que son retrait implique l’annulation du scrutin du 26 octobre, prévu après l’invalidation en justice de la réélection du président sortant Uhuru Kenyatta le 8 août. Le chef de l’État soutient lui que l’élection doit avoir lieu, avec ou sans son principal rival.

Saisie par l’opposition, la Cour suprême du Kenya a invalidé le 1er septembre la réélection d’Uhuru Kenyatta. Pour justifier sa décision, la plus haute juridiction du pays a évoqué des irrégularités dans la transmission des résultats et accablé la Commission électorale (IEBC) pour sa gestion du scrutin.

Plus d’un mois plus tard, l’opposition a multiplié les ultimatums et le parti au pouvoir a engagé une procédure accélérée pour modifier la loi électorale. Les députés de la majorité présidentielle ont approuvé aujourd’hui ce texte transmis depuis au Sénat, également dominé par le parti Jubilee du président Kenyatta.

Rebondissements électoraux

Raila Odinga avait conditionné sa participation au nouveau scrutin à une réforme en profondeur de l’IEBC, dont l’éviction de plusieurs de ses responsables. Face au refus de l’IEBC, Raila Odinga a préféré jeter l’éponge. Selon lui, « tout indique que l’élection prévue le 26 octobre sera pire que la précédente ».

Son retrait risque surtout d’aggraver la crise politique au Kenya. Au moins 37 personnes ont été tuées dans les violences qui ont suivi les élections générales du 8 août, dont une écrasante majorité dans la répression de manifestations de l’opposition par la police.

« La grande question est de savoir ce qui va se passer ensuite pour le Kenya, estime le quotidien Daily Nation dans un éditorial. Uhuru Kenyatta va-t-il être déclaré président et prêter serment ? Et que cela va-t-il signifier pour sa légitimité étant donné que la Cour suprême a invalidé son élection ? »

Preuve que le Kenya n’en a pas fini avec les rebondissements électoraux, la Haute Cour de Nairobi a jugé ce mercredi que les huit candidats à la présidentielle du mois d’août devaient pouvoir se représenter le 26 octobre.

L’IEBC, qui se basait sur un jugement de la Cour suprême de 2013, avait limité l’élection du 26 octobre à un duel Kenyatta-Odinga. À deux semaines du scrutin, cet affrontement semble cependant de moins en moins probable.

Jeuneafrique.com avec AFP

Kenya: Raila Odinga se retire de la présidentielle

octobre 10, 2017
Raila Odinga, leader de l’opposition kényane. © Sven Torfinn/PANOS-REA

Raila Odinga a annoncé le retrait de sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 26 octobre prochain au Kenya. L’opposant a expliqué avoir pris cette décision « dans l’intérêt des Kényans ».

Raila Odinga a annoncé ce retrait surprise lors d’une conférence de presse ce mardi 10 octobre. « Dans l’intérêt des Kényans, de la région et plus largement du monde, nous estimons que le mieux sera que la National Super Alliance (la Nasa, coalition de l’opposition, ndlr) soit absente de l’élection présidentielle prévue pour le 26 octobre 2017 », a-t-il déclaré.

Le 1er septembre dernier, la Cour suprême kényane avait invalidé les résultats de l’élection présidentielle du 8 août ayant donné Uhuru Kenyatta vainqueur et exigé l’organisation d’un nouveau scrutin. Ces résultats, délivrés par la Commission électorale indépendante (IEBC), donnaient gagnant Uhuru Kenyatta dès le premier tour avec 54,27% des suffrages, contre 44,74% pour Odinga.

Raila Odinga et ses partisans avaient remis en cause ces résultats dès leur proclamation. « Nous sommes arrivés à la conclusion que l’IEBC n’a pas l’intention d’entreprendre les changements au niveau de ses opérations et de son personnel pour garantir que les illégalités et irrégularités qui ont conduit à l’invalidation du scrutin du 8 août ne se reproduisent pas », a-t-il martelé ce mardi en annonçant son retrait.

Jeuneafrique.com avec AFP

Présidentielle Liberia: suspense à Monrovia à quelques jours du scrutin

octobre 6, 2017

Un électeur libérien dans un bureau de vote lors du scrutin de 2011. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Le 10 octobre, des candidats très différents s’affronteront dans les urnes pour succéder à la présidente Ellen Johnson Sirleaf. Un test pour la démocratie, quatorze ans après la fin d’un conflit sanglant.

Un célèbre footballeur, un richissime entrepreneur, un ancien mannequin, un avocat réputé, un chef de milice, un vice-président… tous engagés dans une course effrénée pour le pouvoir. Le scénario pourrait être celui de la dernière série télévisée à la mode. Mais, preuve que parfois la réalité est au moins aussi surprenante que la fiction, l’affiche est bien celle de la prochaine élection présidentielle au Liberia, qui se tiendra le 10 octobre.

De l’aveu même d’Ellen Johnson Sirleaf, le rendez-vous est « historique ». « Pour la première fois depuis soixante-treize ans, le pouvoir politique sera transmis pacifiquement, démocratiquement, d’un président élu à un autre. Cela va montrer la voie à suivre aux futures générations de Libériens », a-t-elle déclaré lors de son dernier discours devant l’Assemblée des Nations unies, le 19 septembre.

Un véritable test pour la démocratie, quatorze ans après la fin de la guerre civile

Douze ans après son arrivée à la tête du pays, la première femme chef d’État d’Afrique s’apprête à rendre les clefs d’Executive Mansion, le palais présidentiel libérien. Une passation qui s’annonce comme un véritable test pour la démocratie, quatorze ans après la fin de la guerre civile.

Crise économique

Pour de nombreux Libériens, la désillusion a peu à peu remplacé l’enthousiasme né de l’arrivée au pouvoir de Johnson Sirleaf. Élue sur les ruines d’un pays ravagé par la guerre civile, elle fait désormais bien plus l’unanimité à l’extérieur qu’à l’intérieur de son pays. Le retour de la paix n’a pas fait oublier les difficultés économiques, aggravées à partir de 2014 par l’épidémie d’Ebola (4 800 morts).

Ces dernières années, la chute des prix du fer et du caoutchouc a été un coup dur, menant le pays à la récession l’année dernière. Pauvreté persistante, chômage très élevé, beaucoup caressent désormais l’espoir d’un changement. Et alors que, conformément à la Constitution, la présidente libérienne ne se représente pas, le scrutin n’a jamais semblé aussi ouvert.

Dans les rues, les sonos crachent des chansons à la gloire des prétendants

Ces dernières semaines, la ferveur s’est peu à peu emparée de Monrovia. La capitale a revêtu les couleurs des différents candidats. Le long des grandes artères, les immenses affiches électorales ont remplacé les traditionnelles publicités. Dans les rues, les sonos crachent des chansons à la gloire des prétendants. Le 19 août, une marée bleue envahit Congo Town, un des quartiers populaires de Monrovia. Danses, prières, incantations… L’heure est à la démonstration de force pour les partisans de « Mister George ».

George Weah, le favori

Star du football, seul Africain à avoir jamais remporté le Ballon d’or, George Weah lance alors sa campagne. « Il est temps que le pouvoir soit au peuple, et non à l’élite », déclare l’enfant prodige face à la foule venue l’acclamer.

Né dans un bidonville de la capitale, formé sur des terrains vagues, celui qui est depuis devenu riche et célèbre fait de sa propre histoire un programme pour faire rêver les électeurs.

Son origine indigène est aussi un avantage dans un pays où la fracture entre les « natifs » et les descendants d’esclaves afro-américains, qui représentent environ 5 % de la population et forment la majorité de l’élite, reste profonde. Alors qu’au Liberia l’appartenance ethnique est au moins aussi importante que le programme politique, Weah est désormais un des favoris du scrutin.

Cela fait des mois que le sportif s’y prépare. À ceux qui lui reprochaient un manque d’éducation et d’entregent, il a répondu en étoffant ses réseaux et en multipliant les tournées.

L’ex-femme de Charles Taylor pour alliée

Après s’être assuré le soutien de plusieurs chefs d’État de la sous-région, dont l’Ivoirien Alassane Ouattara et le Ghanéen Nana Akufo-Addo, il a enchaîné les rencontres à Conakry avec Alpha Condé, à Brazzaville avec Denis Sassou Nguesso, à Ouagadougou avec Roch Marc Christian Kaboré, avant de s’entretenir avec des diplomates à Paris et à Bruxelles.

Car celui qui a troqué le maillot pour les costumes sait que la politique est un jeu bien plus difficile que le football. Candidat à la présidence en 2005 puis à la vice-présidence en 2011, il a à chaque fois été vaincu.

Cette année, il croit avoir trouvé son atout maître en choisissant comme colistière Jewel Howard-Taylor, l’ex-femme de Charles Taylor. Le nom est sulfureux, mais le pari réfléchi. Depuis l’incarcération de l’ancien président, condamné en 2012 à cinquante ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité en Sierra Leone, son électorat est particulièrement convoité.

Paix sous tension

L’ombre de la guerre civile continue de planer sur la politique libérienne. Et ses acteurs restent omniprésents. Point noir du bilan de Johnson Sirleaf, la justice et la réconciliation sont à peine sur les rails. Les conclusions de la Commission Vérité et Réconciliation, rendues en 2009, n’ont jamais été suivies d’effet. L’instance recommandait notamment que les personnalités impliquées dans la guerre ne puissent occuper de poste dans la fonction publique pendant trente ans.

Le personnage emblématique de l’impunité qui sévit au Liberia reste Prince Johnson

Dans cette liste figurait le nom d’Ellen Johnson Sirleaf elle-même, soupçonnée d’avoir financièrement soutenu Charles Taylor au début des années 2000. Autre recommandation : la poursuite de Benoni Urey, soupçonné de crimes économiques.

Accusé d’avoir servi d’intermédiaire entre Taylor et des trafiquants d’armes, il figure néanmoins parmi les candidats à la présidentielle cette année. Dans cette bataille, « Goldfinger », comme il est surnommé pour ses affaires dans les mines d’or, compte sur sa fortune. Il est l’un des hommes les plus riches du pays.

Mais le personnage emblématique de l’impunité qui sévit au Liberia reste Prince Johnson. Sa barbe a tourné poivre et sel, mais il affiche toujours son air suffisant. Lui aussi candidat, cet ancien chef de milice est devenu tristement célèbre le 9 septembre 1990. Ce jour-là, une bière à la main, éventé par une jeune femme, il regarde ses hommes torturer et mutiler l’ancien président Samuel Doe. Un passé qui ne l’a pas empêché d’être facilement élu sénateur, en 2005, dans son comté de Nimba. Il ne devrait cependant pas atteindre le second tour du scrutin.

Défi logistique et sécuritaire

Face à Weah et à son Congrès pour le changement démocratique (CDC), l’ancien avocat de Taylor, Charles Brumskine, du Parti de la liberté (LP), semble être un rival bien plus sérieux. Ce juriste, ancien président du Sénat, était déjà en lice en 2005. Arrivé troisième avec 14 % des voix, il n’avait donné aucune consigne à ses partisans pour le second tour, refusant de choisir entre Weah et Sirleaf. La présidente ne semble pas lui en avoir tenu rigueur.

Selon plusieurs sources, Brumskine aurait sa préférence, même si officiellement son soutien va à Joseph Boakai, son vice-président depuis 2006, bien placé dans cette course à la présidentielle. Choisi par le Parti de l’unité, cet homme du sérail, ministre de l’Agriculture dans les années 1980, incarne la continuité. Le poids et les réseaux du parti au pouvoir sont pour lui un avantage de taille.

 Jamais le Liberia n’avait organisé seul des élections

Weah, Brumskine, Boakai : le prochain président libérien devrait être l’un de ces trois hommes. Peu de chances qu’une femme succède à la première chef d’État africaine : la seule en lice est l’ancien mannequin MacDella Cooper, qui ne fait pas figure de favori.

Le scrutin est donc particulièrement indécis, et les inquiétudes restent fortes. Jamais jusqu’à aujourd’hui le Liberia n’avait organisé seul des élections. En 2005 comme en 2011, le pays avait reçu l’appui logistique et sécuritaire de la mission des Nations unies (Minul). Mais les Casques bleus ont amorcé leur retrait – et auront définitivement quitté le pays en mars 2018 –, et les forces libériennes vont donc devoir assurer la sécurité des électeurs et des urnes.

L’acheminement du matériel de vote en pleine saison des pluies semble déjà compromis dans certains bureaux reculés. Le défi est donc de taille.

Des affrontements entre militants du CDC et du LP, le 20 septembre, à Sanniquellie, dans le nord du pays, ont ravivé les craintes. Tout comme les déclarations de Prince Johnson : « Si George Weah l’emporte, la guerre va s’emparer du pays », a clamé l’ancien milicien. Le 10 octobre, le Liberia devra se prouver qu’il est définitivement débarrassé des fantômes de son passé.

Jeuneafrique.com par

Kenya: Kenyatta accuse la Cour suprême de « coup d’État », la nouvelle élection finalement repoussée

septembre 21, 2017
Le Président Uhuru Kenyatta lors d’un meeting à Ongata Rongai, à quelques kilomètres de Nairobi, le 5 septembre 2017. © Ben Curtis/AP/SIPA

Le président Uhuru Kenyatta a accusé jeudi la Cour suprême d’avoir perpétré un « coup d’État » en invalidant sa réélection. Parallèlement à cette déclaration, la commission électorale, durement étrillée mercredi par la plus haute instance judiciaire du pays, a annoncé que la nouvelle élection, initialement prévue pour le 17 octobre, était repoussée au 26 octobre.

« Ici au Kenya nous avons écrit l’histoire, car un coup d’État a été mené par quatre personnes dans un tribunal », a déclaré ce jeudi 21 septembre Uhuru Kenyatta en référence au jugement rendu le 1er septembre par la Cour suprême, saisie par l’opposition, invalidant sa réélection lors du scrutin du 8 août.

Dans son intervention au palais présidentiel face à des dirigeants du nord du pays, il a estimé que le jugement de la Cour suprême a sapé la démocratie. Une décision qu’il a comparé aux coups d’État militaires menés dans d’autres pays du continent. « Le jugement de quelques personnes a réduit à néant les progrès réalisés au fil des ans », a-t-il ajouté.

Ces critiques virulentes surviennent au lendemain de la publication du jugement complet et détaillé de la Cour suprême, qui accable la Commission électorale pour sa gestion du scrutin. Elle lui reproche notamment d’avoir proclamé les résultats sur la foi de procès-verbaux à l’authenticité parfois « douteuse », et de ne pas avoir permis l’accès à ses serveurs informatiques pour vérifier des accusations de piratages informatiques.

La Cour suprême a précisé que ses reproches visent surtout la transmission des résultats et qu’elle n’a aucune raison de douter des opérations d’enregistrement des électeurs ou des opérations de vote le jour du scrutin, notamment. Elle a également rejeté une requête de l’opposition de poursuivre des responsables de l’IEBC, évoquant plutôt des « problèmes institutionnels systémiques ».

La nouvelle élection reportée au 26 octobre

Les attaques du camp présidentiel contre la Cour suprême ne faiblissent pas. Après l’annonce de la décision d’invalider sa réélection (54,27% des voix), Uhuru Kenyatta avait qualifié les juges d’ « escrocs » et promis de « régler » les problèmes existant selon lui dans le système judiciaire.

David Maraga, le président de la Cour suprême a dénoncé mardi les menaces formulées par des responsables politiques et leurs partisans à l’encontre de son institution. Il s’est également offusqué des manifestations » qui ont clairement pour but de d’intimider les juges ». Une centaine de partisans d’Uhuru Kenyatta s’étaient rassemblés mardi devant la Cour pour réclamer que leur favori puisse prêter serment pour un second mandat.

Alors que de nombreux doutes subsistaient sur la tenue de la nouvelle élections présidentielle le 17 octobre, la Commission électorale a annoncé jeudi qu’elle était finalement reportée au 26 octobre. L’institution a donné les raisons du report dans un communiqué : « Nous souhaitons informer le public (…) que la nouvelle élection présidentielle aura désormais lieu le jeudi 26 octobre afin que la Commission soit pleinement préparée à l’organisation d’une élection répondant aux standards définis par la Cour suprême. »

Jeuneafrique.com avec AFP

Au Kenya, la confusion règne dans l’organisation de la nouvelle présidentielle

septembre 17, 2017

Le candidat Raila Odinga, principal opposant du président sortant Uhuru Kenyatta, le 3 septembre 2017, en campagne à Nairobi. © AFP / Tony Karumba

Le Kenya sera-t-il en mesure d’organiser une nouvelle élection présidentielle dans un mois ? Les experts en doutent, alarmés par les querelles et la confusion qui ralentissent le lancement du nouveau processus électoral.

Le temps presse, les Kényans doivent de nouveau se rendre aux urnes le 17 octobre après que la Cour suprême eut annulé le résultat de la présidentielle du 8 août, mais les principaux acteurs ne parviennent pas à s’accorder sur la manière de procéder.

L’opposition a déjà prévenu qu’elle boycotterait le scrutin d’octobre si ses exigences présentées à la Commission électorale (IEBC) – dont la démission de plusieurs de ses membres – ne sont pas remplies.

« Les défis à relever sont assez extraordinaires », a mis en garde le militant anticorruption John Githongo, qui estime que la nouvelle date « ne semble pas plausible parce que nous demandons à des personnes qui ont déjà effroyablement échoué d’organiser une élection après un court laps de temps ».

Un des points de blocage provient du fait que les explications du jugement de la Cour suprême sont encore attendues. Sans elles, impossible de savoir quelles sont les irrégularités qui ont entaché le scrutin du 8 août, qui avait vu le président sortant Uhuru Kenyatta réélu avec 54%,27 des voix, contre 44,74% à l’opposant Raila Odinga.

Le président de la Cour suprême, David Maraga, s’était contenté d’évoquer des « illégalités et irrégularités », notamment dans la transmission des résultats des bureaux de vote.

La Cour a jusqu’au 22 septembre pour rendre le jugement complet, ce qui laissera peu de temps à l’IEBC pour éventuellement corriger le tir.

« Tout cela est très incertain », a déploré le professeur de politique africaine de l’université de Birmingham (Grande-Bretagne), Nic Cheeseman.

« On ne sait pas si la Cour suprême va dire quelque chose sur la technologie (employée), on ne sait pas si elle va directement pointer du doigt quelqu’un de l’IEBC », a-t-il expliqué. Cette personne « devra-t-elle être remplacée? Si c’est le cas, comment pourront-ils le faire dans les délais? »

En attente de réforme

Malgré l’absence de ce jugement, l’IEBC a avancé dans l’organisation d’une nouvelle élection, refusant de céder aux appels de l’opposition qui exige le départ de ses dirigeants. On s’attendait à ce que l’IEBC s’empresse de faire des réformes de fond. On attend encore », a fustigé samedi un éditorialiste du Daily Nation, mettant en cause une « impasse qui a paralysé (le processus) et créé la confusion dans l’esprit du public ».

Jeudi, la coalition d’opposition Nasa a envoyé une lettre à l’IEBC où elle demande notamment le renvoi de certains responsables, un changement de fournisseur de matériel électoral ainsi que la diffusion en direct des résultats de chaque circonscription. Sans quoi, a-t-elle redit, elle boycottera les élections.

Selon l’opposition, le système de transmission des résultats avait été piraté, et ceux émanant des bureaux de vote avaient été modifiés électroniquement en faveur de M. Kenyatta.

L’entreprise française OT Morpho, qui avait fourni à l’IEBC le système de transmission des résultats, a assuré vendredi qu’un audit du système électronique utilisé pour compter les votes lors du scrutin présidentiel a prouvé qu’aucune donnée n’avait été manipulée ou piratée.

Toutefois, malgré une injonction de la Cour suprême, l’IEBC n’a toujours pas donné l’accès à ses serveurs.

En outre, selon un mémorandum interne où le président de la commission électorale, Wafula Chebukati, demande à son directeur exécutif, Ezra Chiloba, des explications, certaines défaillances dans la conduite de l’élection présidentielle ont été mises au jour.

Pour Nic Cheeseman, l’IEBC ayant perdu sa légitimité, une solution pourrait venir de la négociation entre les camps rivaux afin qu’ils décident comment organiser une nouvelle élection.

Mais les invectives se multiplient entre pouvoir et opposition, ce qui rend cette solution peu plausible.

Le président sortant Kenyatta a pour sa part insisté pour que l’élection ait lieu comme prévu, accusant son rival, Raila Odinga, de vouloir bloquer la situation afin que soit mis en place un gouvernement de coalition.

Aux termes de la Constitution, l’IEBC a jusqu’au 31 octobre pour organiser une nouvelle élection.

Jeuneafrique.com avec AFP

Kenya: Odinga pose ses conditions pour participer à la présidentielle

septembre 5, 2017

Le leader de l’opposition au Kenya Raila Odinga lors d’un meeting à Nairobi, le 3 septembre 2017 / © AFP/Archives / TONY KARUMBA

Le leader de l’opposition kényane Raila Odinga a engagé mardi les hostilités autour de la date de la nouvelle élection présidentielle, fixée au 17 octobre, après l’invalidation du scrutin d’août, en posant certaines conditions à sa participation.

La Commission électorale (IEBC) a décidé lundi que le nouveau scrutin présidentiel aurait lieu le 17 octobre, soit dans la limite des deux mois imposée par la Constitution, en raison de l’invalidation par la Cour suprême pour irrégularités de la réélection le 8 août du sortant Uhuru Kenyatta.

Mais M. Odinga, en position de force après avoir gagné son recours en justice, a jeté une ombre sur cette date. « Il n’y aura pas d’élection le 17 octobre, sauf à ce que les termes et conditions que nous avons énumérés dans ce communiqué soient remplis par l’IEBC », a-t-il prévenu.

Le vétéran de l’opposition, 72 ans, qui depuis l’annulation vendredi du premier scrutin ne cesse de s’en prendre à la Commission électorale, a d’abord reproché à celle-ci d’avoir choisi cette date unilatéralement.

Il a ensuite listé ses desiderata, parmi lesquels un audit du système électronique de l’IEBC, la démission de plusieurs de ses membres et la possibilité pour toute personne éligible de se présenter à la nouvelle élection.

La Commission avait décidé lundi que seuls MM. Kenyatta et Odinga figureraient cette fois-ci sur les bulletins de vote et que les six autres candidats, qui avaient réuni moins de 1% des voix lors de la première élection, ne pourraient pas se représenter.

L’un d’eux, Ekuru Aukot, a immédiatement contesté cette décision et devait présenter mardi devant la Cour suprême une motion lui demandant de clarifier qui serait autorisé à concourir ou non le 17 octobre.

– Aucune confiance dans l’IEBC –

Saisie par l’opposition, la Cour suprême avait annulé contre toute attente le résultat du scrutin du 8 août, à l’issue duquel M. Kenyatta avait été proclamé vainqueur avec 54,27% des voix, contre 44,74% à M. Odinga.

La Cour avait justifié cette décision, inédite sur le continent africain, en estimant que l’élection n’avait « pas été conduite en accord avec la Constitution », et que des « illégalités et irrégularités (en avaient) affecté l’intégrité ».

La Commission électorale a été très critiquée pour les irrégularités commises dans la transmission des résultats. La Cour suprême a ainsi observé qu’elle avait « échoué, négligé ou refusé » de conduire les élections conformément à la loi.

Candidat malheureux en 1997, 2007 et 2013, M. Odinga ne lui accorde aucune confiance. « La Commission, telle qu’elle est constituée en l’état, ne devrait pas conduire cette élection », a-t-il répété mardi, accompagné des principaux leaders de sa coalition d’opposition Nasa.

« Nous disons qu’il y a un certain nombre de responsables électoraux qui devraient être renvoyés chez eux et que d’autres devraient faire l’objet d’une enquête et être inculpés pour les crimes odieux qu’ils ont commis lors des dernières élections », a-t-il poursuivi.

Le président Kenyatta a pour sa part exclu que l’IEBC soit remaniée en profondeur.

– Audit du système électronique –

M. Odinga a également réclamé mardi un audit approfondi du système électronique de la Commission, qui selon lui, « ne nous a pas donné accès à ses serveurs », malgré une injonction en ce sens de la Cour suprême.

L’opposition affirme que le système de transmission des résultats a été piraté, et que ceux émanant des bureaux de vote ont été modifiés électroniquement en faveur de M. Kenyatta.

M. Odinga a notamment mis en cause l’entreprise française Safran, dont l’ex-filiale Morpho avait fourni les kits de reconnaissance biométrique des électeurs. Morpho est depuis devenue OT Morpho, après avoir été rachetée en mai par le groupe Oberthur Technologies.

« La compagnie française Safran devrait expliquer ce qui s’est exactement produit. Le gouvernement français devrait mener une enquête sur cette compagnie », a plaidé l’opposant.

Sollicitée par l’AFP, OT Morpho a défendu la fiabilité de son système « qui fait appel à des technologies éprouvées », « n’a pas été piraté » et « n’a pas fait l’objet de tentative d’intrusion ».

La Cour suprême doit publier d’ici au 22 septembre les motivations de son jugement. L’IEBC a dit attendre cette date pour savoir ce qui lui est exactement reproché et quelles améliorations elle doit apporter pour la prochaine élection.

Les menaces de l’opposition de ne pas prendre part au scrutin du 17 octobre, si elle n’obtient pas gain de cause pour ses revendications, risquent de raviver les tensions.

La proclamation de la victoire de M. Kenyatta le 11 août avait été suivie de violences qui avaient fait au moins 21 victimes, pour la plupart tuées par la police, dans plusieurs bastions de l’opposition dans l’Ouest et à Nairobi.

Romandie.com avec(©AFP / 05 septembre 2017 17h45)                

Kenya: la nouvelle élection présidentielle aura lieu le 17 octobre

septembre 4, 2017

Les juges de la Cour suprême du Kenya annoncent l’annulation de l’éléction présidentielle, le 1er septembre 2017. © Sayyid Abdul Azim/AP/SIPA

La Cour suprême kényane avait invalidé ce 1er septembre l’élection d’Uhuru Kenyatta et ordonné l’organisation de nouvelles élections sous 60 jours. Trois jours plus tard, la plus haute juridiction du pays a donné une nouvelle date pour le prochain scrutin, à savoir le 17 octobre.

Le Kenya organisera une nouvelle élection présidentielle le 17 octobre, après l’invalidation par la Cour suprême du scrutin du 8 août à l’issue duquel le président sortant Uhuru Kenyatta avait été déclaré vainqueur, a annoncé ce lundi 4 septembre la Commission électorale (IEBC). La Commission a été très critiquée pour les irrégularités commises dans la transmission des résultats. La Cour suprême a ainsi observé qu’elle avait « échoué, négligé ou refusé » de conduire les élections conformément à la loi.

L’IEBC a répété ce lundi attendre avec impatience le jugement complet de la Cour suprême, sensé détailler ce qui lui est reproché, et qui doit être publié au plus tard le 22 septembre.

« A la lumière du jugement de la Cour suprême, il est impératif qu’un jugement détaillé soit communiqué pour permettre à la commission d’identifier les secteurs qui nécessitent des améliorations dans l’organisation de cette nouvelle élection, a-t-elle noté. La Commission appelle toutes les parties à la patience et à la compréhension alors que nous travaillons ensemble pour organiser des élections libres, justes, crédibles et pacifiques ».

Selon l’IEBC, un appel d’offre doit d’ailleurs être lancé pour émettre de nouveaux bulletins de vote en vue de ce scrutin, rapporte Laure Broulard, correspondante de Jeune Afrique au Kenya :

Le vendredi 1er septembre, la  majorité des sept juges de la Cour suprême avaient invalidé l’élection du président sortant, Uhuru Kenyatta, donné vainqueur avec 54,27% des voix contre 44,74% à Raila Odinga, 72 ans.

L’opposant, déjà battu en 1997, 2007 et 2013, avait immédiatement remis en cause les résultats et saisi la Cour suprême pour demander l’invalidation du scrutin. Très virulent, Raila Odinga réclame désormais le départ des responsables de la Commission électorale (IEBC), qu’il accuse d’avoir intentionnellement favorisé Uhuru Kenyatta allant jusqu’à traiter les membres de la commission de « hyènes ».

Après avoir déclaré dans un premier temps qu’il respectait le jugement de la Cour, le président a changé de ton le lendemain en s’en prenant à des juges qui avaient « décidé qu’ils avaient plus de pouvoirs que plus de 15 millions de Kényans ayant fait la queue pour voter ». « Il y a un problème et nous devons le régler », avait-il mis en garde.

Le monde judiciaire s’est offusqué de ces remarques du président sortant. Le bâtonnier de l’Ordre des avocats du Kenya, Isaac Okero, les qualifiant de « menaçantes et inappropriées ».

« Un comportement qui honore l’Afrique »

Dans un message posté sur son profil Facebook ce lundi, Raila Odinga, s’est félicité d’avoir entre temps reçu le soutien de Peter Munya, gouverneur du district de Meru. Celui qui est aussi à la tête du Parti de l’unité nationale (PNU) a accepté de rejoindre la NASA, la « Super alliance nationale », nom de la coalition formée autour de Raila Odinga pour contrer Uhuru Kenyatta.

« Nous nous battons pour l’État de droit et trouvons cela normal que tous ceux qui se sont sentis lésés par la mascarade électorale du mois dernier ait choisi de rejoindre nos rangs, écrit l’opposant sur le réseau social. Nous accueillons à bras ouverts tous les Kényans avec le même état esprit qui souhaitent rejoindre la NASA tandis que nous poursuivons avec résolution nos efforts pour libérer notre bien-aimée nation ».

La décision de la Cour suprême a été une surprise pour nombre d’observateurs de la vie politique kényane et a été saluée, notamment, par l’Union africaine, dont le président en exercice, le président guinéen Alpha Condé, a applaudi ce lundi « un comportement qui honore l’Afrique et prouve que désormais la démocratie s’installe sur le continent ».

Jeuneafrique.com

Kenya: l’opposition maintient la pression sur les « hyènes » de la Commission électorale

septembre 3, 2017

Nairobi – Le leader de l’opposition kényane, Raila Odinga, a réclamé une nouvelle fois dimanche le départ des dirigeants de la controversée Commission électorale (IEBC), qu’il a qualifiés de « hyènes », après l’annulation historique par la Cour suprême de la réélection du président Uhuru Kenyatta.

« Ces voleurs de l’IEBC doivent s’en aller, nous ne leur permettrons pas de conduire les nouvelles élections », qui doivent être organisées avant le 31 octobre, a déclaré M. Odinga à des partisans après avoir assisté à une messe à Nairobi.

« Ceux qui ont planifié le vol de notre victoire doivent s’en aller », a ajouté M. Odinga, qui avait saisi la Cour suprême après la proclamation de la victoire de M. Kenyatta par l’IEBC avec 54,27% des voix. Le vote des partisans de l’opposition ne peut être « protégé par des hyènes ».

Vendredi, la Cour suprême a relevé des irrégularités dans la transmission des résultats de la présidentielle du 8 août, sans pour autant détailler comment ceux-ci avaient été affectés, et ordonné la tenue d’un nouveau scrutin présidentiel. Le jugement complet de la Cour doit être publié d’ici au 22 septembre.

Epinglée par les juges, l’IEBC a été attaquée par l’opposition, qui a réclamé dès vendredi le départ de ses dirigeants, alors que le président Kenyatta a exclu tout remaniement en profondeur. Des prises de position qui donnent le ton d’une campagne qui s’annonce de nouveau acrimonieuse et d’une bataille féroce autour de l’IEBC.

Le président de l’IEBC, Wafula Chebukati, s’était défendu vendredi d’avoir commis la moindre faute, mais il n’était pas parvenu à apaiser les nombreuses critiques à son encontre.

M. Odinga a par ailleurs démenti dimanche chercher à éviter une élection et forcer un accord de partage du pouvoir, une des accusations formulées depuis des mois par le camp Kenyatta. « Après les élections, nous aurons toutes les parts du gâteau », a-t-il dit.

Dimanche après-midi, M. Odinga s’est rendu dans le bidonville de Mathare, à Nairobi, un des bastions de l’opposition, et un des foyers des manifestations et émeutes violemment réprimées (au moins 21 morts) qui avaient suivi l’annonce de la victoire de M. Kenyatta, le 11 août.

« Tout a été révélé maintenant », a-t-il lancé, debout sur un podium, à des milliers de partisans. « Ce n’était pas une élection ».

M. Kenyatta avait dans un premier temps adopté un ton conciliant face au verdict de la Cour suprême, assurant l’accepter malgré son désaccord. Mais il a rapidement durci le ton, qualifiant d' »escrocs » des juges qui ont selon lui « décidé qu’ils avaient plus de pouvoirs » que les plus de 15 millions de Kényans ayant voté.

« Cela ne peut pas durer, et nous nous pencherons sur ce problème, après les élections. Il y a un problème et nous devons le régler », a-t-il mis en garde, des remarques dénoncées comme « menaces voilées » par l’Association des juges et magistrats du Kenya.

Le Kenya a une longue histoire d’élections contestées. En 2007-2008, M. Odinga avait rejeté la victoire de Mwai Kibaki et le pays avait plongé dans les pires violences politico-ethniques depuis son indépendance en 1963 (plus de 1.100 morts et 600.000 déplacés).

A l’issue de la présidentielle 2013, la Cour suprême avait débouté M. Odinga.

Romandie.com avec(©AFP / 03 septembre 2017 16h25)