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France: Eric Zemmour condamné à 10 000 euros d’amende pour provocation à la haine raciale

janvier 17, 2022

Le candidat à la présidentielle avait qualifié sur CNews les migrants mineurs isolés de « voleurs », d’« assassins », de « violeurs ». Il va faire appel de la décision, selon son avocat.

Eric Zemmour lors d’une réunion publique à Saint-Quentin, dans les Hauts-de-France, le 14 janvier 2022.
Eric Zemmour lors d’une réunion publique à Saint-Quentin, dans les Hauts-de-France, le 14 janvier 2022. CYRILL BITTON / DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Le candidat à la présidentielle Eric Zemmour a été condamné à 10 000 euros d’amende pour provocation à la haine raciale par le tribunal correctionnel de Paris, lundi 17 janvier, pour avoir qualifié sur CNews les migrants mineurs isolés de « voleurs », d’« assassins » et de « violeurs » en septembre 2020.

M. Zemmour va faire appel de cette décision, a annoncé son avocat, Olivier Pardo. Sur Twitter, le candidat d’extrême droite a dénoncé « une condamnation idéologique et stupide ». « Ce système fabrique du délit d’opinion de manière industrielle. Il est urgent de chasser l’idéologie des tribunaux », a-t-il écrit.

« La vérité est que ces mineurs isolés, qui ne sont bien souvent ni mineurs, ni isolés, se caractérisent par leur présence irrégulière sur notre territoire et leur forte propension à la délinquance, voire à la criminalité. En tant que citoyens français, nous devons exiger le droit d’aborder cette question (…) sans risquer d’être inquiétés par la justice », a poursuivi le candidat.

Estimant que le polémiste s’était rendu coupable de provocation à la haine et injure raciale, le parquet avait requis une peine de 100 jours-amende à 100 euros, soit 10 000 euros d’amende avec possibilité d’emprisonnement en cas de non-paiement. Le parquet de Paris avait par ailleurs requis 5 000 euros d’amende à l’encontre du directeur de publication de CNews, jugé au côté d’Eric Zemmour comme c’est l’usage dans les procès de presse.

Le candidat à la fonction suprême, qui avait boudé l’audience le 17 novembre, n’était pas présent lundi devant la 17e chambre correctionnelle pour la lecture du jugement. Déjà poursuivi à de nombreuses reprises pour injure raciale, provocation à la haine ou contestation de crime contre l’humanité, M. Zemmour était cette fois cité à comparaître par le parquet pour ses propos sur les migrants mineurs isolés.

Une trentaine d’associations parties civiles

Le 29 septembre 2020, lors d’un débat dans l’émission « Face à l’info » sur CNews après un attentat devant les ex-locaux de Charlie Hebdo, le polémiste affirmait : « Ils n’ont rien à faire ici, ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont, il faut les renvoyer et il ne faut même pas qu’ils viennent. »

« C’est une invasion permanente »« c’est un problème de politique d’immigration », avait-il ensuite vociféré dans cette émission dont il était chroniqueur. Des « propos méprisants, outrageants », qui montrent « un rejet violent » et une « détestation » de la population immigrée et qui ont franchi « les limites de la liberté d’expression », avait estimé la représentante du ministère public.

« Il n’y a pas une once de racisme chez Eric Zemmour », qui ne fait que dire « la réalité », parfois de « manière brutale, avec ses mots », avait soutenu Me Olivier Pardo, évoquant « une position politique ». Pour le conseil, la citation pour provocation à la haine raciale ne se tenait pas : « Les mineurs isolés ne sont ni une race, ni une nation, ni une ethnie. »

Une trentaine d’associations se sont constituées parties civiles, dont SOS-Racisme, la Ligue des droits de l’homme (LDH), la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) et la Maison des Potes, ainsi qu’une vingtaine de conseils départementaux – les mineurs non accompagnés étant pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, gérée par les départements.

Responsabilité de la chaîne d’information

Dans leurs plaidoiries, les parties civiles avaient insisté sur la responsabilité de la chaîne d’information, dont le « discours de haine » est « le fonds de commerce ». Les sorties controversées d’Eric Zemmour, 63 ans, contraint à la mi-septembre de quitter CNews en raison de ses ambitions présidentielles, lui ont valu depuis une dizaine d’années une quinzaine de poursuites en justice. Plusieurs fois relaxé, il a été condamné à deux reprises pour provocation à la haine.

Le candidat d’extrême droite doit être jugé en appel jeudi pour contestation de crime contre l’humanité après avoir soutenu en octobre 2019 sur CNews que le maréchal Philippe Pétain avait « sauvé » les juifs français. Il avait été relaxé en février 2021, le tribunal estimant que les propos avaient été prononcés « à brûle-pourpoint lors d’un débat sur la guerre en Syrie ».

Son avocat va demander le renvoi de cette audience, à moins de trois mois du premier tour de l’élection présidentielle et « parce qu’il s’agit d’un délit d’opinion », estime Me Pardo auprès de l’AFP. La justice a par ailleurs fixé vendredi une nouvelle échéance pour Eric Zemmour : il sera jugé en mai 2023 pour diffamation aggravée, pour des propos tenus en 2019 sur le « mouvement féministe » et le « mouvement LGBT ».

Avec Le Monde

France: Christiane Taubira annonce sa candidature à l’élection présidentielle

janvier 15, 2022

L’ancienne garde des sceaux de François Hollande a promis de se soumettre au résultat de la Primaire populaire, une initiative citoyenne transpartisane à gauche.

Christiane Taubira salue ses supporteurs après sa déclaration de candidature à l’élection présidentielle, sur l’esplanade de la Grande-Côte, dans le quartier de la Croix-Rousse, à Lyon, le 15 janvier 2022.
Christiane Taubira salue ses supporteurs après sa déclaration de candidature à l’élection présidentielle, sur l’esplanade de la Grande-Côte, dans le quartier de la Croix-Rousse, à Lyon, le 15 janvier 2022. HUGO RIBES / ITEM POUR  » LE MONDE »

Elle avait promis de clarifier sa position à la mi-janvier. Christiane Taubira a annoncé, samedi 15 janvier, qu’elle se lançait à son tour dans la course à la présidentielle. « Il nous faut revigorer notre démocratie, en réhabilitant le Parlement, en contrôlant l’action du gouvernement et en veillant à la séparation réelle [des pouvoirs]. (…) Nous sommes trop éduqués, trop cultivés, trop actifs pour nous accommoder plus longtemps encore d’un possible usage des institutions comme instrument d’un pouvoir personnel, a-t-elle déclaré. Pour toutes ces exigences d’un gouvernement qui nous respecte et qui vous respecte (…), je suis candidate à la présidence de la République ».

Mme Taubira a promis de se soumettre au résultat de la Primaire populaire, une initiative citoyenne transpartisane à gauche rassemblant au moins 120 000 électeurs potentiels. Les autres principaux candidats de gauche dont les noms seront aussi proposés à ce scrutin ont tous refusé de s’y soumettre.

Quatre priorités

Depuis le quartier de la Croix-Rousse à Lyon, connu pour avoir été le lieu de travail des Canuts, les ouvriers de la soie lyonnais au XIXe siècle, Mme Taubira a listé les principaux axes de son projet, à commencer par « la jeunesse ». La candidate guyanaise a notamment annoncé qu’elle souhaitait que les « 46 % des jeunes (…) obligés de travailler pendant leurs études » reçoivent « un revenu de 800 euros par mois pendant cinq ans » afin « qu’ils soient en capacité de se consacrer à leurs études ».

Deuxième axe de son projet : « la justice sociale ». L’ancienne députée de la Guyane aborde ainsi la question des « bas salaires » et promet de revaloriser le smic « à 1 400 euros net » par moisElle promet ensuite de taxer davantage le patrimoine « à partir de 10 millions d’euros ». « Nous allons puiser [dans ces fortunes] et recueillir chaque année environ 10 milliards de recettes fiscales supplémentaires », fait-elle valoir.

Concernant l’écologie, son troisième grand axe de campagne, la candidate de gauche affirme qu’il s’agit de « l’affaire du siècle », en référence explicite à la pétition et au recours en justice porté par le collectif du même nom en 2018, afin d’interpeller l’opinion publique et le gouvernement sur l’urgence climatique. Mme Taubira déclare ainsi notamment vouloir une TVA à taux zéro pour les produits issus de l’agriculture biologique au niveau européen et propose d’augmenter le bonus écologique sous conditions de ressources.

Enfin, le quatrième grand axe de priorités déroulé par la candidate est « la République » dont l’école est pour elle « le cœur battant ». « L’école, qui est un lieu de reproduction des inégalités sociales et familiales [doit participer] à la mixité sociale. Pour les écoles hors contrat, nous allons veiller à ce qu’elles respectent les valeurs et les principes de la République et prendre les dispositions nécessaires en cas de constat de non-respect de ces valeurs », a notamment affirmé la candidate.

Gauche fragmentée

L’ex-garde des sceaux de François Hollande, connue notamment pour la loi reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’humanité et son combat pour l’ouverture du mariage aux couples homosexuels, met ainsi un terme à l’attente qu’elle avait suscitée chez une partie des électeurs de gauche le 17 décembre, lorsqu’elle avait dit « envisager » d’être candidate face à « l’impasse » d’une gauche fragmentée.

Cinq autres candidats de gauche sont déjà en lice : l’« insoumis » Jean-Luc Mélenchon, l’écologiste Yannick Jadot, la socialiste Anne Hidalgo, le communiste Fabien Roussel et le chantre de la « remontada » de la France Arnaud Montebourg, proche de l’abandon.

A moins de trois mois de l’élection présidentielle, Christiane Taubira peut-elle réussir à faire l’union qui a jusqu’à présent échoué, alors que certains socialistes la regardent encore comme ayant contribué, par sa candidature, à l’éviction de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle de 2002 ? Elle n’avait alors recueilli que 2,32 % des suffrages. La candidate guyanaise a cependant déjà réussi à convaincre la présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté, la socialiste Marie-Guite Dufay. Et le maire de Marseille, Benoît Payan (PS), a annoncé qu’il soutiendrait le vainqueur de la Primaire populaire.

En déplacement à Nantes avant son grand meeting « immersif » de dimanche, Jean-Luc Mélenchon a réagi auprès du Monde à l’annonce de cette nouvelle candidature à gauche. « Ils s’agitent parce qu’ils sont concurrents tous les trois, Yannick Jadot, Anne Hidalgo et Christiane Taubira. Comme je m’y attendais, ils ne disent rien d’autre que ce qui est déjà dans mon programme : smic à 1 400 euros, allocation étudiante… », a déclaré le candidat de La France insoumise, en référence aux propositions de l’ancienne garde des sceaux. Il a ajouté : « Si j’arrive au second tour, je demanderai à ceux qui veulent rejoindre une majorité et gouverner d’entrer en dialogue avec moi. Ça m’intéresse de voir qu’ils commencent à converger. »

La déclaration de candidature de Mme Taubira s’inscrit dans le cadre d’un week-end politique bien rempli. Sa rivale Anne Hidalgo, en déplacement à Villeurbanne, a d’ailleurs lancé : « Chacun est libre de faire ce qu’il entend, et maintenant, projet contre projet » ; Jean-Luc Mélenchon est lui à Nantes ; Valérie Pécresse se trouve en Grèce, pour une séquence sur le contrôle des migrants ; Marine Le Pen donne une « déclaration solennelle » depuis l’esplanade du Louvre, et Eric Zemmour se rend à Château-Thierry.

Par Le Monde avec AFP

France: Le Pen accuse Zemmour de servir de « marchepied » à Pécresse pour le second tour

janvier 12, 2022
Le Pen accuse Zemmour de servir de "marchepied" a Pecresse pour le second tour
Le Pen accuse Zemmour de servir de « marchepied » à Pécresse pour le second tour© AFP/Archives/Pascal GUYOT

Marine Le Pen a accusé mercredi son rival à l’extrême droite Eric Zemmour de servir de « marchepied » à la candidate de la droite Valérie Pécresse pour le second tour de la présidentielle, avant que celui-ci ne taxe Mme Le Pen « d’Arlette Laguiller de la droite nationale » avec une « candidature de routine ».

« Est-ce qu'(Eric Zemmour) a l’ambition d’être au second tour, ce que je ne crois pas, ou est-ce qu’en réalité il sert de marchepied pour permettre à Valérie Pécresse d’être au second tour à la place de Marine Le Pen ? », a interrogé la candidate du Rassemblement national sur BFMTV et RMC.

« Si Eric Zemmour est là pour faire gagner Valérie Pécresse, alors il faut qu’il l’admette. Valérie Pécresse, c’est son actionnaire majoritaire », a ajouté Mme Le Pen, qui avait dit dimanche préférer « débattre avec le patron (Valérie Pécresse), plutôt qu’avec les sous-fifres » comme Eric Zemmour.

« Il y a une problématique de sincérité derrière cette candidature » d’Eric Zemmour, selon la candidate RN, en référence à des propos tenus par son concurrent sur C8 le 16 décembre, à propos des 500 parrainages nécessaires à une candidature à la présidentielle.

Eric Zemmour avait estimé que « si les LR font cette bêtise tactique » d’empêcher leurs élus de le parrainer, « Mme Le Pen sera à 25 % et Mme Pécresse ne sera pas au second tour ».

Les LR devraient-ils encourager les parrainages en sa faveur ? « S’ils (Les Républicains) étaient malins tactiquement, c’est ce qu’ils feraient », avait ajouté l’ancien éditorialiste.

Depuis, Marine Le Pen accuse la candidate LR de laisser des élus LR parrainer Eric Zemmour pour diviser l’extrême droite.

Eric Zemmour a vertement répondu à Mme Le Pen mercredi soir sur BFM. « Peut-être que Madame Le Pen a l’habitude de ce genre de combines politiciennes, moi, c’est pas mon truc », a-t-il souligné.

« Je n’ai pas vraiment de leçons à recevoir de Madame Le Pen. C’est quand même à cause d’elle et de son débat calamiteux que nous avons eu cinq ans d’Emmanuel Macron. C’était déjà d’ailleurs à cause d’elle, parce qu’elle avait refusé d’appeler à voter pour Nicolas Sarkozy, qu’on avait eu François Hollande », a ajouté le candidat Reconquête !.

« Marine Le Pen ne m’intéresse pas beaucoup, c’est une candidature de routine. Elle était là la dernière fois, elle était là l’avant-dernière fois, elle sera là la prochaine fois », a-t-il poursuivi.

« J’ai une pensée émue pour les électeurs du Rassemblement national. Est-ce qu’ils sont prêts à perdre avec Marine Le Pen en 2032 ? C’est un peu notre Arlette Laguiller de la droite nationale », a-t-il lancé, dans un parallèle avec l’ancienne porte-parole de Lutte ouvrière à l’extrême gauche, six fois candidate à l’élection présidentielle de 1974 à celle de 2007, un record.

Du côté de Valérie Pécresse, son directeur de la communication Geoffroy Didier a affirmé dimanche que les maires LR qui donneraient leur parrainage à Eric Zemmour « s’excluraient d’eux-mêmes » du parti mais qu’ils restaient « libres de leurs choix » et qu' »aucune consigne n’est donnée » par LR.

Par Le Point avec AFP

Christiane Taubira « envisage » une candidature à la présidentielle française

décembre 17, 2021
Christiane Taubira devant un drapeau français

L’ex-ministre de la Justice Christiane Taubira Photo : Reuters/Christian Hartmann

L’ex-ministre de la Justice Christiane Taubira a annoncé vendredi, dans un message vidéo diffusé sur Facebook, envisager une candidature à l’élection présidentielle française d’avril prochain.

Cette annonce de candidature intervient alors que toutes les enquêtes d’opinion sur les intentions de vote donnent la gauche éliminée dès le premier tour.

Il y a des candidatures de personnes de grande valeur, pour qui j’ai de l’estime et de l’amitié. Mais je constate l’impasse, déclare-t-elle dans son message. J’ai toujours dit que je prendrais mes responsabilités. Pour cela, j’envisage d’être candidate à l’élection présidentielle de la République française.

Je ne serai pas une candidate de plus, je mettrai toutes mes forces dans les dernières chances de l’union, a-t-elle ajouté en donnant rendez-vous à la mi-janvier.

La candidate soutenue par le Parti socialiste (PS), Anne Hidalgo, a lancé le 8 décembre un appel à l’organisation d’une primaire, vite rejeté par ses principaux rivaux à gauche, l’écologiste Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon, soutenu par la France insoumise (LFI), et le communiste Fabien Roussel.

Parallèlement, l’initiative de la primaire populaire, lancée par des militants de gauche en vue de désigner la personnalité la plus à même de porter les valeurs écologiques, démocratiques et sociales et de rassembler autour d’elle, revendique à ce jour près de 300 000 inscriptions en vue d’un scrutin en ligne prévu du 27 au 30 janvier. Christiane Taubira, 69 ans, avait été candidate du Parti radical de gauche (PRG) à l’élection présidentielle de 2002, lors de laquelle elle avait obtenu 2,32 % des suffrages exprimés au premier tour.

Devenue ministre de la Justice après l’élection de François Hollande à l’Élysée en 2012, elle a notamment piloté le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe. Elle est depuis restée l’une des personnalités de gauche les plus populaires dans l’opinion française.

Selon une récente enquête de l’institut Odoxa, elle est jugée, à gauche, la plus compétente, convaincante et proche des Français.

Par Le Point avec Reuters

France-Sondage : Valérie Pécresse passerait au 1er tour face à Marine Le Pen

décembre 16, 2021

D’après OpinionWay, la candidate LR supplante l’ex-présidente du RN, tout en restant derrière Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle.

Valerie Pecresse et Marine Le Pen lors du salon du Made in France, le 12 novembre 2021.
Valérie Pécresse et Marine Le Pen lors du salon du Made in France, le 12 novembre 2021.© Thomas Padilla / MAXPPP / /MAXPPP

Valérie Pécresse poursuit sa percée dans les sondages. D’après OpinionWay, la candidate LR arrive en deuxième position derrière Emmanuel Macron dans les intentions de vote pour le 1er tour de la présidentielle. Pour autant, la présidente de la région Île-de-France reste battue par le président au second.

Pour rappel, les intentions de vote ne constituent pas une prévision du résultat du scrutin. Elles donnent une indication des rapports de force et des dynamiques au jour de la réalisation du sondage. Selon cette enquête pour Les Échos, CNews et Radio Classique, l’actuel chef de l’État recueillerait 24 % (= par rapport à novembre) au 1er tour, devant Valérie Pécresse (17 %, + 6), Marine Le Pen (16 %, – 4) et Éric Zemmour (12 %, = ). À gauche, Jean-Luc Mélenchon est stable à 9 %, tout comme Yannick Jadot à 8 %, tandis qu’Anne Hidalgo (PS) perd deux points à 4 %.

Plus de la moitié des Français intéressés par la présidentielle

Au second tour, Emmanuel Macron serait réélu avec 54 % des suffrages face à Valérie Pécresse (46 %), mais 40 % des personnes interrogées n’expriment pas d’intention de vote. Il gagnerait avec 57 % face à Marine Le Pen (43 %). À la question « selon vous, qui sera élu en avril ? », 41 % (- 2) répondent Emmanuel Macron et 17 % (+ 15) Valérie Pécresse. Pour la première fois, une majorité de personnes interrogées se disent intéressées par la présidentielle (54 %), tandis que 46 % ne s’y intéressent pas encore. Le pouvoir d’achat (53 %) reste l’enjeu principal de l’élection, devant la protection sociale (45 %) et la sécurité (44 %).

Par Le Point avec AFP

France: Primaire de la gauche : malgré les refus, Hidalgo persiste et signe

décembre 12, 2021

L’édile a proposé une primaire cette semaine. Jadot, Mélenchon, Roussel… Tous ont décliné. Mais la socialiste ne lâche rien, comme elle le dit au « JDD ».

Anne Hidalgo

« Unissez-vous, sinon on n’y arrivera pas. » C’est afin de répondre à cette inquiétude qu’Anne Hidalgo a lancé son idée, mercredi sur TF1, d’une primaire de la gauche. Le hic ? Depuis, elle n’a reçu aucune réponse positive de la part des autres grandes figures lancées dans la course à l’Élysée. L’Insoumis Jean-Luc Mélenchon, l’écologiste Yannick Jadot, le communiste Fabien Roussel… Tous ont largement décliné cette idée d’une seule et même personnalité à gauche pour 2022. Seul Arnaud Montebourg avait déjà annoncé qu’il y était favorable. Mais cela ne semble pas décourager l’édile parisien. Dans les colonnes du Journal du dimanche du 12 décembre, elle tend une nouvelle fois la main… au candidat écologiste, surtout.

« La réaction de Yannick Jadot est un peu trop rapide. C’est davantage une réaction d’état-major », analyse-t-elle après le refus d’EELV. « Je l’invite à continuer d’y réfléchir, d’autant plus qu’il avait lui-même déclaré qu’il s’y inscrirait si le nombre de participants dépassait les 300 000 et si j’y étais favorable », ajoute-t-elle en référence à la primaire. Selon elle, toutes les conditions sont réunies pour que Yannick Jadot accepte sa proposition, d’autant qu’il y a « urgence » : « Un constat s’impose : la seule manière d’y parvenir aujourd’hui, c’est l’union. »

Une « hypocrisie totale », selon Jean-Luc Mélenchon

Anne Hidalgo reconnaît qu’elle avait, dans un premier temps, refusé de participer à la primaire populaire. Mais, après réflexion, son opinion a changé. Elle dit avoir « pris ses responsabilités » et juge que l’union est le seul moyen de parvenir à « mobiliser les électeurs de gauche ». « Les Français doivent être les seuls arbitres de ces différentes gauches (…) Et si la gauche veut être au second tour, il faut une primaire en amont du premier tour », insiste-t-elle. Toujours selon elle, la France est à « un moment critique pour la démocratie ». Ses craintes ne sont nullement voilées : « La gauche est menacée de disparition. »

Mais ses appels ne semblent pas recevoir d’écho à gauche. Invité de France Inter et de France Info, dimanche 12 décembre, Jean-Luc Mélenchon a une nouvelle fois rejeté l’idée d’une primaire de la gauche, évoquant des désaccords sur des « questions fondamentales ». Selon lui, « c’est aux électeurs de trancher ». « Tout cela est, à mes yeux, assez pitoyable. Je n’en pense pas beaucoup de bien, car je n’ai toujours pas compris qui devait s’allier avec qui (…) Je devrais renoncer à tout parce que, tout à coup, nous aurions la formule magique ? » a-t-il ajouté, non sans ironie. Dénonçant au passage une « hypocrisie totale ». « Ces gens-là ne cherchent pas l’union mais une sortie de secours », a-t-il également lancé.

Côté centre, on tance également la proposition d’Anne Hidalgo. Présent, dimanche, sur BFMTV, François Bayrou a lui aussi comparé l’idée d’une primaire à une « porte de sortie à une situation qui est une impasse absolue » pour la maire de Paris. « Ce sont trois gauches antagonistes et qui ne disent pas la même chose », estime-t-il par ailleurs. Et le centriste de poser un constat implacable sur le camp de la rose : « Quand on pense que c’est le Parti socialiste, cela donne une idée d’une espèce de dévitalisation que ce courant connaît. »

Un appel au sursaut, depuis Perpignan

La primaire populaire, entreprise par des militants indépendants afin de désigner un seul et unique candidat à gauche en vue du scrutin d’avril prochain, aura lieu le 27 janvier. Auprès du JDD, Anne Hidalgo confirme qu’elle y sera candidate et tend une longue perche à Yannick Jadot qui, selon elle, doit y participer. « Nous ne pouvons pas dire aux jeunes générations : nous avons vu les nuages menaçants s’amonceler et nous avons préféré rester dans notre zone de confort », justifie-t-elle. Le temps est venu, dit-elle, de se mettre en ordre de bataille, en dépit des critiques : « Le train est parti. La primaire populaire aura lieu et j’y participerai. »

En déplacement à Perpignan, dimanche, la candidate socialiste a une nouvelle fois appelé à l’union de la gauche. Lors de son meeting, elle a ainsi scandé : « Comment ne pas entendre les Français et les Françaises qui nous appellent à l’union ? Sans union, il n’y a pas de destin pour la gauche. » Anne Hidalgo a ainsi renouvelé son appel à une primaire de la gauche, avant le premier tour du scrutin présidentiel, « parce que la division c’est la résignation, c’est l’impuissance, c’est l’abstention ». Auprès des militants socialistes présents, comme aux autres candidats de gauche, l’édile a appelé au sursaut : « Réveillez-vous ! Mesurez le danger qui nous guette. »

Avec Le Point

Présidentielle : Lagarde invite Pécresse à discuter rassemblement

décembre 7, 2021

Le président de l’UDI, qui a exclu de se présenter à l’Élysée, propose à la candidate de LR de discuter d’un rassemblement de la droite et du centre.

Valerie Pecresse, candidate LR a la presidentielle, a Saint-Martin-Vesubie, lundi 6 decembre 2021.
Valérie Pécresse, candidate LR à la présidentielle, à Saint-Martin-Vésubie, lundi 6 décembre 2021.© CHRISTOPHE SIMON / AFP

La candidate des Républicains à la présidentielle répondra-t-elle à cet appel du pied ? Mardi 7 décembre, Jean-Christophe Lagarde, président de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), a invité Valérie Pécresse à converser pour « créer les conditions du rassemblement de la droite et du centre ». « Elle est aujourd’hui la candidate de la droite et elle a la responsabilité, pour avoir une alternance, de parvenir à rassembler droite et centre », a-t-il clamé lors du point de presse hebdomadaire de son groupe parlementaire au Palais-Bourbon.

Le responsable de la formation de centre droit avait annoncé début novembre qu’il ne serait pas candidat à l’élection présidentielle, souhaitant qu’un « rassemblement puisse se faire » avec le candidat qui serait choisi par LR. M. Lagarde a rappelé mardi avoir émis une objection à une alliance avec Éric Ciotti, tenant de la ligne la plus droitière parmi les postulants au congrès LR, mais qu’il n’y avait « pas d’incompatibilité » avec la patronne de la région Île-de-France.

« Nous sommes disponibles »

Avant la primaire, « elle nous a dit qu’elle souhaitait notre soutien si elle était désignée par LR et qu’elle était à notre disposition pour qu’on discute du projet, et que celui-ci pouvait être incrémenté, ou corrigé ou enrichi », a indiqué M. Lagarde en déclarant : « Nous sommes disponibles. » L’absence de candidat UDI « ne veut pas dire que nous avons décidé de faire disparaître les idées ou les projets que nous portons. Donc il va y avoir une discussion sur comment on gouverne la France si effectivement on rend possible cette alternance », a-t-il poursuivi.

M. Lagarde a évoqué « plus d’une cinquantaine de points » ouverts à discussion dans tous les domaines, souhaitant en particulier une « clarification » des positions de Mme Pécresse « sur l’Europe quand elle parle d’identité ou d’exception constitutionnelle ». « Pour l’instant, elle est occupée à rassembler sa famille, et c’est normal, mais les premiers signes que j’ai montrent qu’elle souhaite avoir cette discussion et nous sommes disponibles », a-t-il ajouté.

Par Le Point avec AFP

France-Présidentielle: dans le fief de Ciotti, Pécresse clame « l’unité »

décembre 6, 2021
Presidentielle: dans le fief de Ciotti, Pecresse clame "l'unite"
Présidentielle: dans le fief de Ciotti, Pécresse clame « l’unité »© AFP/Christophe SIMON

« Maintenant, c’est le temps de l’unité ! »: Valérie Pécresse a multiplié les signes de rassemblement lundi dans les Alpes-Maritimes lors de son premier déplacement de candidate à la présidentielle, dans le fief d’Eric Ciotti à qui elle a promis une « place singulière » dans sa campagne.

« Ici commence une campagne d’espoir, avec un pilier: Éric Ciotti », a lancé lors d’une réunion publique la candidate qui vient de gagner (avec 61 % des voix) la primaire LR.

Eric Ciotti a de son côté martelé son « total et entier soutien » en l’assurant: « Je suis convaincu que Valérie Pécresse va remporter la présidentielle » en avril 2022.

Ces soutiens réciproques intervenaient au terme d’une journée où les deux rivaux du second tour de la primaire ont multiplié les signes de concorde: accueil de Valérie Pécresse par Eric Ciotti à l’aéroport, déjeuner privé dans un restaurant cossu de Nice, avant un long trajet dans la même voiture jusqu’au village d’enfance d’Eric Ciotti, à Saint-Martin-Vésubie.

Après un dépôt de gerbe au monument aux morts de ce village reconnu comme « Juste parmi les Nations » pour avoir protégé des juifs pendant l’Occupation et sinistré par la tempête Alex de 2020, tous deux ont fini la journée par un discours dans l’air glacial de la fin d’après-midi, occasion de mettre les pendules à l’heure de l’unité après le coup de chaud du week-end.

Fort de ses 39 % au congrès et comptant bien voir ses valeurs de droite représentées dans la campagne, Eric Ciotti avait reproché dimanche à Valérie Pécresse de ne pas envoyer un « bon message » aux électeurs. En cause: une interview où la candidate refusait de reprendre certaines de ses propositions, comme la création d’un « Guantanamo à la française ».

Lundi, l’heure était à l’explication: « Il va plus loin que moi sur certains thèmes, je vais regarder si mon projet peut être pimenté par un certain nombre de suggestions », a assuré la présidente de la région Ile-de-France, « notamment sur la transmission des patrimoines » où le député veut une exonération totale des successions.

« Je sais à quel point la victoire d’un Jacques Chirac ou d’un Nicolas Sarkozy doit à cette droite forte qui s’est toujours tenue à côté des grands candidats gaullistes », a-t-elle ajouté, en promettant une « place singulière » au très droitier président de la fédération LR ds Alpes-Maritimes.

« Une cheffe »

Eric Ciotti sera donc un « pilier » de la campagne, a expliqué la candidate, sans aller jusqu’au « tandem » espéré par le finaliste de la primaire. Car « dans le parti gaulliste, il y a un chef, en l’occurrence une cheffe » et à côté « des personnalités » qui portent « des valeurs très fortes », a-t-elle affirmé.

« Je serai totalement à ses côtés », a promis Eric Ciotti, en répétant sa conviction que « pour gagner, Valérie Pécresse aura besoin de ces valeurs d’autorité, d’identité, de liberté que nous avons défendues ensemble ».

Car dans cette bataille Valérie Pécresse aura fort à faire, alors qu’Eric Zemmour a fait une entrée fracassante dans la course à l’Elysée, avec dans le viseur l’aile droite de LR – il n’a pas manqué dimanche lors de son meeting à Villepinte de leur tendre la main.

Dans la foulée, l’ex-numéro deux de LR Guillaume Peltier a jeté le trouble dans un tweet où il s’est demandé « comment rester insensible au discours pour la France d’Eric Zemmour ».

Le défi, pour Valérie Pécresse, sera d’entendre cette demande tout en convainquant aussi le centre-droit passé ou tenté par la macronie.

« Il faut qu’elle trouve une place à Eric Ciotti sans qu’il croie qu’il l’a remplacée », expliquait dimanche le politologue Pascal Perrineau, pour qui « avec un Eric Zemmour fragilisé, Ciotti peut servir d’aimant pour ramener les brebis au bercail ».

Pour poursuivre cette semaine dédiée au « rassemblement », Valérie Pécresse rendra visite à chacun de ses concurrents battus: Philippe Juvin mardi, Michel Barnier en Savoie jeudi et Xavier Bertrand vendredi dans les Hauts-de-France. Elle sera aussi mardi auprès des parlementaires LR au siège du parti à Paris.

Par avec Le Point avec AFP

France: Zemmour et Le Pen à l’assaut de l’électorat de Ciotti

décembre 4, 2021

Après la victoire de Valérie Pécresse lors du congrès LR, les deux candidats à la présidentielle ont appelé les électeurs « déçus » à les rejoindre.

Dans la foulee de la victoire de Valerie Pecresse lors du congres LR, Eric Zemmour et Marine Le Pen tentent de seduire les electeurs d'Eric Ciotti.
Dans la foulée de la victoire de Valérie Pécresse lors du congrès LR, Eric Zemmour et Marine Le Pen tentent de séduire les électeurs d’Eric Ciotti.© Quentin reix / MAXPPP / PHOTOPQR/ECHO REPUBLICAIN/MAXPPP

Le malheur des uns fait-il le bonheur des autres ? Quelques heures après la victoire de Valérie Pécresse, désignée samedi comme candidate du parti Les Républicains à l’élection présidentielle, Marine Le Pen puis Éric Zemmour ont appelé les adhérents LR partisans de son rival malheureux à les rejoindre.

À l’annonce des résultats du second tour, samedi, le député des Alpes-Maritimes a immédiatement rallié Valérie Pécresse, mais parmi les milliers d’adhérents qui lui ont apporté leur suffrage, certains pourraient s’en détourner. Avec un peu plus de 39 % des suffrages exprimés : Éric Ciotti dispose d’un joli butin qui a immédiatement attiré les convoitises de Marine Le Pen et d’Eric Zemmour, tous deux bien déterminés à chasser sur les terres du député, à la ligne plus « dure » que Valérie Pécresse sur les questions de sécurité et d’immigration notamment.

Samedi en fin d’après-midi, Eric Zemmour a donc adressé une lettre aux sympathisants d’Éric Ciotti, sur les réseaux sociaux. « Je partage la déception d’Eric [Ciotti] et de ses sympathisants », écrit l’ancien journaliste, qui salue dans le candidat battu « un indiscutable patriote (…) droit, fiable et sincère » dont il « s’enorgueillit d’entretenir avec lui une réelle amitié ». Surtout, le candidat souligne partager toutes les valeurs portées par Éric Ciotti : « la fierté nationale, la sauvegarde des piliers essentiels de notre civilisation, la liberté d’esprit, la grandeur de notre culture, la profondeur du legs chrétien, la puissance de notre armée, de notre industrie, de notre paysannerie, de notre commerce (…) ».

Un large tronc commun de valeurs, selon Eric Zemmour, qui le pousse à appeler les militants LR à le rallier : « Nous sommes si proches et avons tant en commun ! (…) Nous pouvons faire ensemble des choses inoubliables. (…) Vous pouvez compter sur moi et je sais que c’est réciproque. Je vous attends, demain [une référence au meeting que tiendra le candidat dimanche 5 décembre], bientôt ».

Pécresse, « la plus macroniste »

Quelques heures plus tôt, la candidate du RN à la présidentielle Marine Le Pen a également appelé samedi les électeurs LR « déçus » par la désignation de Valérie Pécresse, « la plus macroniste », à la rejoindre.

« Je suis malheureuse pour les électeurs LR » car Valérie Pécresse, qui a remporté la compétition interne face à Éric Ciotti au second tour, est « la plus macroniste » des prétendants de la droite dans la course à l’Élysée, a affirmé Mme Le Pen devant la presse, en marge d’une réunion à Varsovie des partis européens souverainistes d’extrême droite et conservateurs.

Selon elle, Mme Pécresse a « quasiment exactement le même profil qu’Emmanuel Macron » et a « très certainement sur un nombre considérable de sujets les mêmes positions », à tel point que se posait la question qu’elle devienne son Premier ministre, a-t-elle accusé.

« C’est triste pour les électeurs LR » qui « ont exprimé leur souhait de sortir de ce côté Macron compatible » et « n’auront pas réussi à faire cela », d’après la candidate du Rassemblement national. « Ils ont toujours la possibilité de venir participer à ma campagne où ils trouveront une défense assumée, décomplexée, de la Nation, de l’identité, des frontières », a-t-elle enchaîné.

« Le positionnement qu’a exprimé Éric Ciotti sur beaucoup de points correspond à la fermeté que nous souhaitons voir mettre en œuvre dans le domaine de l’insécurité et de l’immigration », a-t-elle appuyé au sujet du très droitier député des Alpes-Maritimes, qui a été défait avec 39 % des voix contre 61 % à la présidente de l’Ile-de-France.

Par Le Point

Les Gambiens élisent leur président pour panser les plaies de la dictature et du Covid

décembre 4, 2021
Les Gambiens elisent leur president pour panser les plaies de la dictature et du Covid
Les Gambiens élisent leur président pour panser les plaies de la dictature et du Covid© AFP/JOHN WESSELS

Les Gambiens se sont rendus en masse samedi dans les bureaux de vote pour élire leur président, vote crucial pour une jeune démocratie qui cherche à surmonter son passé dictatorial et les effets du Covid-19 sur une économie fragile.

Des files de centaines de personnes s’étaient déjà formées devant les bureaux de vote de la capitale Banjul et de ses environs avant même leur ouverture à 8H00 (locales et GMT).

Alice Jarjue, 27 ans, qui travaille dans la restauration, est arrivée à 5H00 au marché de Manjakunda. Quatre heures plus tard, son tour est venu alors que plus de 500 personnes, hommes, femmes, jeunes et personnes âgées, faisaient la queue sans impatience sous les halles vidées de leurs vendeurs, mais où couraient encore poules et poussins.

Après vérification de son identité, les agents de vote en tee-shirt blanc lui ont fait tremper l’index dans une encre violette indélébile plusieurs heures pour qu’elle n’aille pas voter ailleurs, et lui ont remis une bille puisée dans un sac en tissu. Elle est entrée dans l’isoloir drapé de noir et a glissé la bille à travers un tuyau dans un des bidons aux couleurs et à l’effigie de chacun des candidats, technique de vote propre à la Gambie instituée sous la colonisation à cause d’un illettrisme répandu.

Comme les autres, elle souligne l’importance du vote et espère surtout qu’il se déroulera dans le calme. « La Gambie est un pays pacifique. Il faut qu’elle le reste. Si c’est un autre qui gagne (que votre candidat), il faut le respecter ».

Environ un million de Gambiens, sur une population de deux millions, étaient appelés à choisir parmi six candidats, tous des hommes, celui qui dirigera pendant cinq ans le plus petit pays d’Afrique continentale, qui est aussi un des plus pauvres au monde.

Il n’y a qu’un tour. Les premiers résultats pourraient être connus dès dimanche.

Des dizaines d’électeurs s’alignaient encore 30 minutes avant la fermeture devant les isoloirs de l’école préélémentaire de Kololi à Serekunda près de Banjul, où l’on votait encore passé l’horaire prévu.

Le sortant Adama Barrow a affirmé sa foi dans la victoire en votant près du palais présidentiel. « Ce sera le plus grand raz de marée électoral dans l’histoire de ce pays (…) Dans 24 heures, nos électeurs feront la fête dans les rues ».

Celui qui est présenté comme son principal concurrent, Ousainou Darboe, 73 ans, venu voter appuyé sur un déambulateur à Serekunda, près de Banjul, a remercié Dieu de lui avoir « donné la force de diriger ce pays ».

Il y a cinq ans, Adama Barrow, ancien promoteur immobilier aujourd’hui âgé de 56 ans et alors quasiment inconnu, avait déjoué les pronostics et battu le dictateur Yahya Jammeh après plus de vingt ans de régime caractérisé par une multitude d’atrocités commises par l’Etat et ses agents: assassinats, disparitions forcées, viols, actes de torture…

M. Jammeh, qui refusait de reconnaître sa défaite, a finalement été forcé à s’exiler en Guinée équatoriale sous la pression d’une intervention militaire ouest-africaine.

La présidentielle de 2021 est la première sans lui depuis 1996.

L’éventualité qu’il ait à rendre des comptes est un des enjeux de l’élection, avec la crise économique.

Adama Barrow revendique le retour des libertés, la construction de routes et de marchés, et la pacification des relations avec la communauté internationale.

Eternel second

Ousainou Darboe, avocat défenseur des droits humains, quatre fois deuxième derrière Yahya Jammeh à la présidentielle, accuse M. Barrow d’avoir manqué à tous ses engagements pour rester au pouvoir.

M. Barrow est revenu sur sa promesse initiale de ne rester que trois ans au pouvoir. Il a beaucoup atténué ses engagements passés à faire rendre justice aux responsables des crimes des années Jammeh.

Son parti nouvellement créé a au contraire noué une alliance avec celui de l’ancien autocrate.

Le prochain président devra décider s’il suit ou non les recommandations d’une commission chargée d’enquête sur la période Jammeh, qui a demandé que les responsables des crimes commis à cette époque soient jugés.

Les Gambiens interrogés samedi exprimaient l’espoir que les résultats du vote soient acceptés et que leur démocratie s’en trouve consolidée. D’autres évoquaient une autre préoccupation.

Près de la moitié des Gambiens vivent sous le seuil de pauvreté. Le pays a été durement touché par le Covid-19. En dehors de l’agriculture, le pays, avec ses plages sur l’Atlantique, vivait du tourisme, dont les flux se sont taris. Les Gambiens souffrent du chômage, de l’augmentation des prix du riz, du sucre ou de l’huile, mais aussi des coupures d’eau et du manque d’accès aux soins.

Babacar Diallo, 48 ans, commerçant, est lui aussi allé voter très tôt. « C’est très important, parce que nous voulons le changement. Les temps sont très durs ».

Par Le Point avec AFP