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Au Gabon, la fronde des chrétiens face aux mesures anti-Covid

octobre 21, 2020
Une église de Libreville, au Gabon.

Les tensions s’accentuent entre les chrétiens et le gouvernement gabonais autour de la date de réouverture des lieux de culte. Prêtres et pasteurs s’affirment déterminés à célébrer les offices dès le 25 octobre, malgré le risque d’amendes.

Les âpres négociations menées depuis plusieurs mois entre le gouvernement et les principaux responsables chrétiens du Gabon pour l’ouverture des lieux de culte vont-elles déboucher sur un conflit ouvert ?

Après six mois de fermeture des temples et églises en raison des contraintes sanitaires liées au coronavirus dans ce pays majoritairement chrétien, les prêtres catholiques et les pasteurs protestants semblent bel et bien décidés à reprendre les offices religieux à compter du 25 octobre – contre l’avis du gouvernement qui, lui, a fixé la réouverture des lieux de culte au 30 octobre.

« Quitter la peur »

L’archevêque de Libreville a encore enfoncé le clou, ce dimanche 18 octobre, dans une homélie filmée et diffusée sur internet à l’intention des fidèles qui ne peuvent plus se rendre dans les églises. « Le 25 octobre, aucune porte de nos paroisses ne restera fermée », a lancé Mgr Jean-Patrick Iba-Bâ, chasuble verte sur les épaules, alors qu’il célébrait l’office dans la cathédrale Sainte-Marie.

Un discours dans la droite ligne de celui de Mgr Jean-Vincent Ondo Eyene, évêque d’Oyem. « Il vaut mieux mourir martyr que de laisser Dieu se faire insulter. Je nous le redis, quittons la peur ! Un évêque reste un serviteur de Dieu. Il ne doit pas se laisser berner par le pouvoir », avait-il lancé lors de la conférence épiscopale du Gabon, le 4 octobre.

C’est cependant Mgr Jean-Patrick Iba-Bâ, qui a remplacé Mgr Basile Mvé Engone à la tête du diocèse de Libreville en mars dernier, qui semble mener la fronde. Dans un courrier daté du 13 octobre dans lequel il détaille son « décret », il avait déjà annoncé « l’ouverture de toutes les paroisses de l’archidiocèse de Libreville » pour le 25 octobre et promis la célébration des messes « dans toutes les paroisses, aux heures habituelles ».

Pas avant le 30 octobre

Trois jours plus tard, Lambert-Noël Matha, le ministre de l’Intérieur, était revenu à la charge pour réitérer l’intention du gouvernement de fixer la date de réouverture des lieux de culte au 30 octobre.

Ce dernier a par ailleurs précisé les conditions dans lesquelles pourraient être célébrés les cultes : « la délivrance d’une autorisation spéciale par le ministre de la Santé et celui de l’Intérieur » sera nécessaire, un maximum de 30 fidèles sera accepté par office religieux, la distanciation physique devra être respectée – les accolades seront donc interdites – et, pour les catholiques, la communion est suspendue.

« La durée maximale de chaque célébration doit varier entre 45 minutes et une heure », et les lieux de culte ne sont autorisés à ouvrir qu’un seul jour par semaine, a en outre précisé le ministre. Ensuite, « le paiement de la dîme se fera par voie électronique, transfert, ou dans une enveloppe fermée. En outre, les fidèles [devront] également remplir un fichier électronique pour donner les renseignements personnels qui permettraient de prévenir ou de retrouver des cas contacts [s’il y avait] contamination ».

« Deux poids, deux mesures »

Les catholiques ne sont pas les seuls responsables religieux que le gouvernement peine à convaincre. Depuis des mois, la Fédération libre des assemblées et ministères évangéliques (Flame), emmenée par le révérend Louis Mbadinga, demande la réouverture des Églises de réveil.

Le pasteur protestant Pierre Bongolo, qui officie à Libreville, s’étonne ainsi de constater « deux poids, deux mesures » entre les contraintes imposées aux lieux de culte et celles, plus légères, qui pèsent sur les marchés et supermarchés, les écoles ou encore les administrations. « Qu’on demande au secteur publique de travailler une fois par semaine, on verra bien ! »

CELA RESSEMBLE À UNE VOLONTÉ DE TOUT CONTRÔLER, UNE PRIVATION DE LIBERTÉS

« Cela ressemble à une volonté de tout contrôler, une privation de libertés », se plaint le pasteur Georges Bruno Ngoussi, de l’église Nazareth. Figure de la société civile gabonaise, le pasteur évoque même une « arnaque ». « J’ai entendu qu’il faut des tests de dépistage, or ceux-ci coûtent 5 000 F CFA [7,6 euros]. Comment un Gabonais qui a parfois du mal à gagner 1 000 F CFA par jour va-t-il faire pour payer son test ? » s’interroge-t-il. Le pasteur se dit prêt à braver l’interdiction d’ouvrir les lieux de culte, le 25 octobre, sans craindre les sanctions prévues, parmi lesquelles une amende de 5 millions de F CFA.

La communauté musulmane, de son côté, n’est pas montée au créneau, saluant au contraire la réouverture des lieux de culte à la fin du mois. « C’est un grand pas d’avoir ouvert nos mosquées. Nous remercions les autorités pour cette évolution », a déclaré sur la télévision nationale l’imam Youssouf Nziengui, membre du Conseil supérieur des affaires islamiques.

Enfin, les pratiquants du bwiti, la spiritualité traditionnelle du Gabon, sont toujours soumis, officiellement, aux limitations des rassemblements fixées à 30 personnes. Ils ne se sont pas exprimés ouvertement pour demander un allègement des mesures barrières.

Avec Jeune Afrique par Caroline Chauvet

Célibat des prêtres : le cardinal Sarah approuve l’analyse d’Andrea Tornielli

janvier 15, 2020

"Des profondeurs de nos coeurs" @ Fayard

« Des profondeurs de nos cœurs » @ Fayard

Comment Benoît XVI a contribué au livre

« Le livre Des profondeurs de nos cœurs ne s’oppose rigoureusement pas au Pape. Le texte publié ce matin par @Tornielli est juste. » C’est la déclaration du cardinal Robert Sarah dans un tweet le 13 janvier 2020 en fin de journée.

Le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements réagit ainsi aux polémiques lancées après l’annonce de la parution d’un livre auquel a collaboré Benoît XVI, défendant le célibat sacerdotal (publication le 15 janvier). D’après la presse italienne, le pape émérite a demandé le lendemain que son nom soit retiré des co-signataires de l’ouvrage.

Démentant les accusations à son encontre, le cardinal Sarah confirme l’analyse du directeur éditorial du Dicastère pour la Communication du Saint-Siège, Andrea Tornielli : « Nous avons réellement travaillé dans un esprit filial. Il est malsain de vouloir sans cesse opposer les hommes d’Église. »

Dans son éditorial, Andrea Tornielli évoque « une contribution sur le célibat sacerdotal, en filiale obéissance au Pape ». Rappelant que « le célibat sacerdotal n’est pas et n’a jamais été un dogme », il cite la position du pape François à ce sujet, exprimée notamment en janvier dernier sur le vol de retour du Panama : « Personnellement, je pense que le célibat est un don pour l’Eglise… Je ne suis pas d’accord pour permettre le célibat optionnel, non… C’est le mien, personnel, je ne le ferai pas, cela reste clair. Je suis un ‘fermé’ ? Peut-être. Mais je n’ai pas envie de me mettre devant Dieu avec cette décision. »

Le cardinal Sarah a également publié divers autres tweets, dont l’un pour annoncer que le pape émérite ne sera pas co-auteur : « Considérant les polémiques qu’a provoquées la parution de l’ouvrage Des profondeurs de nos cœurs, il est décidé que l’auteur du livre sera pour les publications à venir : Card Sarah, avec la contribution de Benoît XVI. En revanche, le texte complet demeure absolument inchangé. »

Il donne par ailleurs des détails sur la contribution de Benoît XVI en publiant les images de trois lettres d’une correspondance avec le pape émérite. Dans la première, datée du 20 septembre 2019, ce dernier confie qu’il avait « commencé à écrire quelques réflexions sur le sacerdoce » mais que, sentant ses forces faiblir, il avait interrompu son travail.

Benoît XVI annonce qu’il reprend la plume après la demande « inattendue » du cardinal Sarah concernant « un texte sur le sacerdoce, avec une attention particulière au célibat ». « Je vous laisse le soin de voir si ces notes dont je sens fortement l’insuffisance, ajoute-t-il, peuvent avoir quelque utilité. »

Le pape émérite a ensuite transmis son texte le 12 octobre 2019. Puis le 25 novembre, il écrit à nouveau en remerciant le cardinal : « J’ai été profondément touché par la façon dont vous avez compris mes intentions ultimes. J’avais écrit sept pages d’éclairage méthodologique sur mon texte et je suis heureux de dire que vous avez su dire l’essentiel en une demi-page. » Benoît XVI autorise à publier son texte, vraisemblablement sans savoir que son nom serait indiqué en co-auteur de l’ouvrage.

Par Anne Kurian janvier 14, 2020 13:08

France: Des enfants de prêtres bientôt reçus par des évêques

mai 18, 2019

 

Plusieurs évêques français vont rencontrer en juin des enfants de prêtres, a annoncé samedi le secrétaire général de la Conférence des évêques de France (CEF), Olivier Ribadeau-Dumas, un geste d’ouverture inédit sur un sujet hautement tabou dans l’Eglise catholique.

En amont de cette rencontre, Mgr Ribadeau-Dumas a expliqué à l’AFP avoir reçu trois enfants de prêtres en février, confirmant une information du quotidien Le Monde.

Ces trois personnes étaient membres de l’association Les Enfants du silence, qui fédère des enfants d’ecclésiastiques, et doivent prochainement livrer leurs témoignages à d’autres évêques.

«Ils rencontreront les évêques de la Cemoleme (Commission épiscopale pour les ministères ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale, ndlr) à la mi-juin», a précisé Mgr Ribadeau-Dumas, en se refusant à tout commentaire.

Selon Le Monde, la rencontre de février a permis d’aborder la «question du sort réservé aux prêtres ayant un enfant au cours de leur sacerdoce» et celle de «la reconnaissance de ces enfants dans les communautés paroissiales».

Le sujet est extrêmement sensible dans l’Eglise catholique, l’existence de ces enfants étant une preuve des manquements à la règle du célibat des prêtres imposée depuis le XIe siècle. En janvier, le pape François avait clairement rejeté toute remise en cause générale du célibat des prêtres, qu’il considère comme un «don pour l’Eglise», qui ne peut pas devenir «optionnel».

Par Le Figaro.fr avec AFP

 

États-Unis/Prêtres pédophiles: New York et New Jersey prêts à convoquer des diocèses

septembre 6, 2018

New York – Les Etats américains se mobilisent face aux abus sexuels commis par des prêtres: New York et le New Jersey ont lancé jeudi des appels à témoins et annoncé des enquêtes, avec convocations de diocèses, sur ces abus et leur gestion par la hiérarchie catholique, après un rapport accablant sur l’Eglise de Pennsylvanie.

Trois semaines après la publication de ce rapport, qui a détaillé des abus impliquant plus de 300 prêtres et plus de 1.000 enfants, la procureure générale de l’Etat de New York, Barbara Underwood, a annoncé l’instauration d’un numéro vert et d’une page internet pour recueillir les témoignages de victimes potentielles, dans un communiqué.

Plus spectaculaire, ses services ont aussi « convoqué ou sont en train de convoquer » les responsables des huit diocèses de l’Etat de New York –qui revendiquent une population totale de 7 millions de catholiques– pour savoir s’il y a eu des tentatives pour dissimuler les abus, a confirmé Dennis Poust, porte-parole de l’organisation qui représente les diocèses de New York, la New York State Catholic Conference.

« Le rapport de Pennsylvanie a révélé des actes particulièrement troublants et dépravés du clergé catholique, aidés par une culture du secret et de dissimulation dans les diocèses », a indiqué Mme Underwood, citée dans le communiqué.

« Les victimes de New York méritent aussi d’être entendues et nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour qu’elles obtiennent la justice qu’elles méritent », a-t-elle ajouté.

Dans la foulée, le procureur général de l’Etat voisin du New Jersey, a annoncé lui aussi jeudi l’instauration d’un numéro vert pour les victimes et la création d’un groupe de travail, emmené par un ancien procureur spécialisé dans les crimes sexuels, pour enquêter sur les abus du clergé catholique.

Ce groupe aura autorité, par l’intermédiaire d’un « grand jury », pour convoquer tous les témoins – y compris les responsables des diocèses – qu’il jugera nécessaire et les obliger à fournir des documents, a précisé le procureur, Gurbir Grewal, dans un communiqué.

M. Grewal s’est dit lui aussi « profondément troublé » par l’ampleur des abus sexuels révélés en Pennsylvanie.

« Nous devons à la population du New Jersey de savoir si la même chose s’est produite ici », a-t-il déclaré.

L’association SNAP de défense des victimes de prêtres s’est réjouie des enquêtes indépendantes menées par ces deux Etats, estimant que le rapport de Pennsylvanie avait provoqué un « tsunami ».

L’association a évoqué une « douzaine d’Etats ou plus » qui auraient « secrètement lancé une enquête ou envisageraient cette possibilité », et appelé les autres Etats américains à entreprendre des démarches similaires.

Même si la justice parvient à réunir des preuves de nouveaux abus ou de tentatives de dissimulation, la procureure générale de New York a reconnu que son champ d’action était limité par les délais de prescription: les victimes ayant été agressées sexuellement pendant leur enfance doivent, en l’état actuel de la loi new-yorkaise, avoir porté plainte avant leurs 23 ans pour avoir une chance d’obtenir réparation devant les tribunaux, au civil comme au pénal.

La publication mi-août d’un volumineux rapport sur les abus commis en Pennsylvanie, ajoutée à la démission en juillet du cardinal Theodore McCarrick, accusé d’abus sexuels, ont secoué l’Eglise catholique américaine, révélant de profondes divisions entre évêques, certains d’entre eux critiquant ouvertement le pape François.

Romandie.com avec(©AFP / 07 septembre 2018 02h11)                                                        

Deux envoyés du pape au Chili pour « demander pardon » aux victimes de prêtres pédophiles

juin 12, 2018

Santiago du Chili – Deux émissaires du pape François sont arrivés mardi au Chili pour une nouvelle mission auprès d’une Eglise chilienne en crise à la suite d’un énorme scandale de pédophilie.

Le pape a accepté lundi la démission de trois évêques chiliens, dont le controversé Mgr Juan Barros qu’il avait d’abord défendu, sanctionnant ainsi une hiérarchie de l’Église accusée d’omerta par des victimes de prêtres pédophiles.

 Le souverain pontife a par ailleurs demandé à l’archevêque de Malte Charles Scicluna et au prêtre espagnol Jordi Bertomeu, déjà dépêchés en février au Chili, de revenir dans le pays pour recueillir de nouveaux témoignages de victimes et leur exprimer la compassion du Vatican.

« Nous sommes venus demander pardon en son nom », a brièvement déclaré à son arrivée à Santiago le père Bertomeu, un proche du pape François, qui avait reconnu de « graves erreurs » de jugement dans cette affaire.

Interrogé sur la possibilité de nouvelles démissions dans le clergé chilien, le père Bertomeu a déclaré que cette décision était « dans les mains » du pape.

L’ensemble de l’épiscopat chilien avait présenté sa démission en bloc le 18 mai dernier après une série de dures rencontres avec le pape argentin au Vatican, une démarche inédite dans l’histoire récente de l’Eglise catholique.

Au Chili, les envoyés du pape doivent également apporter aux membres du clergé « une aide technique et juridique » pour que ces derniers répondent de manière « adéquate à chaque cas d’abus sexuel de mineurs commis par des prêtres ou des religieux », a ajouté l’archevêche de Malte.

Ils se rendront aussi en fin de semaine dans le diocèse d’Osorno, à quelque 900 kilomètres au sud de Santiago, dont Mgr Juan Barros était l’évêque.

C’est le pape François lui-même qui l’avait nommé à cette fonction en janvier 2015, alors que Mgr Barros était déjà soupçonné d’avoir fermé les yeux sur les abus sexuels répétés d’un vieux prêtre dont il était proche.

Envoyés une première fois au Chili en février dernier pour enquêter sur les accusations portées contre des prêtres, les deux émissaires avaient remis au pape un rapport décrivant « une culture d’abus » au sein de l’Eglise chilienne.

Romandie.com avec(©AFP / 12 juin 2018 22h14)                                                        

Le pape François se dit en « liste d’attente » avant d’être fait saint

février 17, 2018

Le pape François conduit la messe du mercredi des Cendres, début du Carême, à l’église Santa Sabina de Rome, 14 février 2018 / © AFP / Filippo MONTEFORTE

Le pape François, plaisantant devant des prêtres, s’est dit samedi en « liste d’attente » avant que l’église catholique ne fasse de lui un de ses saints, après avoir donné, plus sérieusement, quelques conseils pour affronter « le démon de midi ».

Deux papes, Jean XXIII et Jean Paul II, sont « déjà des saints, Paul VI le sera cette année, la béatification de Jean-Paul I est en cours, quant à Benoît XVI et moi-même, on est sur liste d’attente », a déclaré samedi le pape François, à la fin d’une rencontre avec le clergé de Rome, diocèse dont il est aussi l’évêque.

Ces prêtres lui ont posé plusieurs questions, réclamant notamment son avis sur la crise de la quarantaine, qui perturbe les prêtres de 40 à 50 ans, selon l’un d’entre eux.

« Eh, le démon de midi ! », a répondu le pape argentin, en français, avant d’évoquer « el cuarentazo », la traduction en argentin. « A quarante, entre quarante et cinquante ans, ça te tombe dessus, c’est une réalité. J’ai entendu certains l’appeler +c’est maintenant ou jamais+. On repense à tout et on se dit +c’est maintenant ou jamais+ », a ajouté Jorge Bergoglio.

Alors que faut-il faire ?, s’interroge le pape, avant de préconiser d’aller « chercher de l’aide, tout de suite ».

« Si tu n’as pas un homme prudent, un homme de discernement, un sage qui t’accompagne, cherche le, parce qu’il est dangereux de continuer seul, à cet âge », a averti le souverain pontife. « Il y en a tant qui ont mal fini. Cherche de l’aide tout de suite », a-t-il martelé.

Car, a-t-il encore ajouté dans ce langage direct qui est sa marque de fabrique, « on a de mauvaises tentations dans ces moments là, des tentations qu’on n’aurait jamais pensé avoir avant ».

« Il ne faut pas en avoir honte, mais il faut les éradiquer tout de suite », a encore averti le pape argentin, car c’est aussi le moment des « gamineries » (ragazzate): quand un prêtre commence à faire ce genre de gamineries ». « Elles sont le germe de la double vie », a-t-il encore averti.

En réponse à une question émanant de prêtres plus âgés, ayant largement dépassé la cinquantaine, François se montre solidaire de leur désarroi, parfois, devant la modernité et ses technologies.

A cet âge, a-t-il reconnu, « on peut ne pas trouver le langage du monde d’aujourd’hui. Moi, je ne sais pas utiliser les réseaux et toutes ces choses, non, je n’ai même pas de téléphone portable, je n’en ai pas », a-t-il insisté.

Quant à internet, le pape argentin, âgé de 81 ans, reconnaît ne peut savoir l’utiliser.

« Internet et toutes ces choses, je ne sais pas les utiliser. Quand je dois envoyer un mail, je l’écris à la main et un secrétaire me l’envoie », a-t-il ajouté.

Romandie.com avec (©AFP / 17 février 2018 17h51)                

RDC: deux prêtres enlevés par des hommes armés dans le Nord-Kivu

juillet 17, 2017

Des soldats des FARDC, à Beni, dans la province du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC, en janvier 2014. © Joseph Kay/AP/SIPA

 

Deux prêtres ont été enlevés dans la nuit de dimanche à lundi par des hommes armés dans l’est de la République démocratique du Congo. Si l’évêque du diocèse de Beni-Butembo évoque la piste d’un groupe de Maï-Maï, les autorités locales ne privilégient aucune piste pour l’instant.

« Le curé Charles Kipasa et le vicaire Jean-Pierre Akili de la paroisse Marie reine des Anges de Bunyuka ont été enlevés dans la nuit de dimanche à lundi par des Maï-Maï qui les ont conduits vers le graben [les montagnes, NDLR]. Ils ont emporté aussi deux véhicules et deux motos », a affirmé à l’AFP Mgr Paluku Sikuli, évêque du diocèse de Beni-Butembo dont dépendaient les deux prêtres catholiques.

Les autorités civiles locales confirment l’enlèvement, mais restent plus prudentes sur l’identité supposée des ravisseurs. « Je confirme l’enlèvement de deux prêtres de la paroisse catholique de Bunyuka par des personnes armées inconnues », a déclaré Amisi Kalonda, administrateur du territoire de Beni, qui assure que les « services de défense et de sécurité sont à pied d’œuvre pour les retrouver ». Il a par ailleurs précisé que les ravisseurs ont abandonné deux véhicules derrière eux.

Violences intercommunautaires

L’identité des ravisseurs n’est pour l’instant pas officiellement connue, et aucune revendication de l’enlèvement n’a été faite. Cependant, les deux prêtres enlevés dans la nuit de dimanche à lundi sont de l’ethnie Nande, ce qui pourrait accréditer la thèse d’un nouvel épisode dans les violences intercommunautaires récurrentes dans cette région de l’est de la RD Congo entre Nande, Kobo et Hunde d’une part, et Hutu de l’autre.

Cet enlèvement intervient alors que la province du Nord-Kivu est le théâtre d’un regain de violences armées depuis la mi-juin. Plusieurs attaques meurtrières ont été menées dans la région, notamment contre les forces armées congolaises, par un groupe armé non identifié formellement.

L’ampleur et la multiplicité des attaques récentes menées par ces hommes armés a même poussé le gouverneur de la province à lancer un véritable cri d’alarme, le 28 juin dernier. « Une nouvelle guerre se profile à l’horizon », avait alors prévenu Julien Paluku, gouverneur de la province du Nord-Kivu, qui jugeait alors que les attaques répétées, jusque dans les faubourgs de la ville de Beni, « dépassent de loin la capacité des présumés Maï-Maï ».

Les enlèvements sont un phénomène courant dans cette province de l’est de la RD Congo. Mais l’enlèvement de religieux reste relativement rare. En 2012, trois prêtres assomptionnistes avaient été enlevés près de Beni par des hommes armés, désignés alors comme des membres des ADF, l’Alliance des Forces démocratiques, un groupe armé venu d’Ouganda au milieu des années 1990.

France : quand l’Église couvre les agissements pédophiles de certains prêtres en Afrique

mars 21, 2017

Le pape François, entouré d’évêques et de cardinaux africains, le 23 octobre 2016, au Vatican, en marge du synode sur la famille. © PIERPAOLO SCAVUZZO/AGF/SIPA

Pour échapper aux poursuites de la justice, des prêtres impliqués de pédophilie ont été exfiltrés du continent avec le concours de leur hiérarchie, ont révélé lundi le site Mediapart et l’émission Cash investigation.

L’enquête, qui doit être diffusée mardi 21 mars à 20h55 sur France 2, met notamment l’accent sur les Frères de Saint-Jean, dont les membres sont surnommés les « petits-gris » en raison de leur vêtement sobre. Créée en 1975, cette communauté dépendante de l’évêque d’Autun, en France, est très influente en Afrique, où elle dispose de six prieurés. Pourtant, en 2014, les frères de celui de Bertoua, au Cameroun, où ils avaient élu domicile en 1987, ont dû précipitamment plier bagages.

Selon Mediapart, cette fermeture n’aurait rien de fortuit. Elle ferait suite à une série d’agressions sexuelles envers de jeunes adolescents au sein même du monastère. Des agissements qui auraient donné lieu à plusieurs plaintes, vite étouffées par la hiérarchie ecclésiastique et la justice camerounaise…

« Les prêtres ne sont pas des justiciables »

Ainsi, l’archevêque du diocèse de Bertoua, Mgr Joseph Atanga, a adressé une missive – reproduite par le site Mediapart – au frère Thomas Joachim, le supérieur des petits-gris, dans laquelle il reconnaît « avoir pesé de tout son poids » pour éviter que « les frères mis en cause (soient) traînés devant les tribunaux au risque de ternir l’image de notre Église ». À l’une des victimes présumées d’un frère, le substitut du procureur aurait répété que « les prêtres ne sont pas des justiciables ».

Autre affaire mise en évidence : celle du frère Jean-François Régis, également membre de la Communauté des Frères de Saint-Jean, qui se serait rendu coupable de plusieurs agressions envers des adolescents ivoiriens en 2007. Malgré des aveux circonstanciés à son supérieur, ce dernier ne l’aurait pas dénoncé aux autorités judiciaires. Du coup, le prêtre récidive dès son retour en France, en 2009. Et il faudra attendre encore six ans pour qu’il soit condamné en avril 2016 après avoir livré ses aveux aux policiers.

Jeuneafrique.com

Pédophilie/France: le cardinal Barbarin reconnaît des erreurs concernant certains prêtres

avril 25, 2016

Lyon – Le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon (centre-est) confronté à un scandale de pédophilie et d’agressions sexuelles dans son diocèse, a reconnu lundi des erreurs dans la gestion et la nomination de certains prêtres, selon un communiqué.

Cette déclaration est intervenue à l’issue d’une réunion à huis-clos du clergé lyonnais, à laquelle participaient deux cent vingt prêtres.

Une victime du père Preynat, mis en examen (inculpé) fin janvier pour des agressions sexuelles commises il y a plus de 25 ans sur des scouts qu’il encadrait dans la banlieue de Lyon, est venue apporter son témoignage, selon la même source.

Figure influente et médiatique de l’Eglise catholique en France, le cardinal Barbarin, 65 ans, est visé par plusieurs plaintes pour non-dénonciation d’agressions sexuelles, la plupart en marge de l’affaire du père Preynat. Le prélat nie vigoureusement avoir couvert de tels faits.

Cinq autres affaires d’agressions sexuelles ou de pédophilie ayant un lien avec le diocèse de Lyon ont émergé depuis, en cours d’enquête ou déjà jugées dans le passé. Et d’autres cas ont été signalés en Guyane et dans le Loiret (centre).

Le cardinal a notamment reconnu que le diocèse avait commis des erreurs dans la gestion et la nomination de certains prêtres, a souligné le communiqué publié lundi.

Il est apparu que, dans la connaissance de certains faits, on n’avait pas tous les éléments. Nous avons manqué à nos obligations d’investigation, de recherche de la vérité, a souligné lors d’une conférence de presse à l’évêché Yves Baumgarten, vicaire général modérateur du diocèse.

Interrogé sur d’éventuels appels à la démission du cardinal, le vicaire a répondu que certains prêtres étaient favorables à une mise en retrait le temps des enquêtes judiciaires, mais que la grande majorité d’entre eux était favorable à la poursuite de la mission de l’archevêque.

Le diocèse a annoncé la mise en place d’une cellule d’écoute et d’un collège d’experts, déclinaison locale d’une série de mesures lancées mi-avril par l’Église catholique de France.

Face au scandale, l’Église catholique de France avait annoncé une série de mesures pour mieux écouter les victimes et faire la lumière sur la pédophilie dans ses rangs, y compris sur les faits les plus anciens.

Romandie.com avec(©AFP / 25 avril 2016 20h31)

Déclaration des prêtres et des laïcs de Pointe-Noire: De la forfaiture, la démocratie au Congo en berne

avril 15, 2016

De la forfaiture, la démocratie au Congo en berne.

Nous sommes un groupe de prêtres et de militants chrétiens de l’Eglise catholique au Congo. Il nous Semble nécessaire que la Semaine Africaine notre journal publie notre témoignage concernant les derniers événements de la vie politique Congolaise. Nous vivons au milieu des gens, nous sommes témoins de ce qui a été vécu au niveau de nos quartiers.

L’évènement dans sa simplicité tragique se résume en deux courtes phrases : les autorités de notre pays ont convoqué à deux reprises le peuple Congolais pour qu’il s’exprime souverainement sur le changement de la constitution d’abord et sur la réélection du Président de la République pour un troisième mandat ensuite. A deux reprises le peuple s’est exprimé très clairement et à deux reprises on a fait semblant de croire qu’il approuvait ce qu’en fait est massivement refusé.

La frustration populaire est considérable, la crise de confiance dans les Institutions de la République est radicale. Celles-ci ne reposent plus désormais sur la volonté souveraine du Peuple Congolais mais sur ce qu’il faut bien appeler un mensonge d’Etat dont le cynisme et la technicité laissent pantois tous les observateurs de notre vie politique nationale. Notre pays est sorti de l’Etat de droit. Quand bien même nos Evêques  en décembre 2014, dans leur adresse au peuple de Dieu  et  au monde politique appelaient au non changement de la constitution et à  alternance pacifique et démocratique. Cf. Message de Noel 2014.

Deux chiffres officiels illustrent cette imposture. Selon les résultats publiés par la Commission Electorale Indépendante, la participation au référendum à Pointe Noire aurait été de 75 % des électeurs inscrits et leur participation à l’élection présidentielle n’aurait été que de 40%. Or il est de notoriété publique que la population de Pointe Noire s’est abstenue massivement au référendum ; laissant déserts les bureaux de vote, alors que l’engouement populaire pour la présidentielle a été tout aussi massif. Beaucoup d’électeurs sont même revenus assister au dépouillement et on attendu la publication du procès-verbal de leur bureau avant de se disperser dans le calme et rentrer chez eux en chantant la victoire de leur candidat qui n’était certes pas Denis Sassou NGUESSO.

Les méthodes de mobilisation d’électeurs acquis à la cause du pouvoir en place ont également été de notoriété publique ; la distribution des pagnes et des t-shirts et la négociation sur le montant des per diem aux « militants » ainsi que les récompenses après vote se sont effectuées sur la voie publique.

Les montants ainsi dépensés ont été considérables, au grand dam et au détriment de la population. Certains « militants » conscients de cette hostilité générale jugeaient même plus prudent de retirer ses signes d’allégeance au pouvoir avant de rentrer dans leurs quartiers respectifs.

Nous avons été à même de comparer à la veille de la présidentielle, la mobilisation artificielle au meeting du Président de la République avec la mobilisation populaire au meeting du Général Jean Marie Michel MOKOKO. Celui-ci a vu le rassemblement spontané d’une foule immense, venue de tous les faubourgs de la capitale économique. Des gens qui ont patienté de 08 heures du matin à 18 heures et ont fait un accueil  triomphal à leur candidat  avant de se disperser dans le calme. Comment justifier le maigre compte rendu de ces évènements populaires dans la Semaine Africaine? N’avions-nous pas des reporters sur place ? Comment concilier ces faits vécus par tous au grand jour avec les résultats publiés par la CNEI, trois jours après le déroulement du Scrutin ?

Au cours de ces évènements troubles, nous voulons rendre témoignage à un mouvement qui mobilise sur des objectifs citoyens de qualité des militants chrétiens sous le label  « Tournons la page ». Les actions bénévoles qu’ils ont menées à la base en vue de promouvoir en cette occasion la transparence électorale, sont celles qui doivent être encouragées et célébrées dans notre journal. Elles démontrent la possibilité de faire advenir à terme sur notre continent une démocratie authentique.

Nous observons, qu’à aucun moment, les opposants au Président de la République n’ont appelé à l’insurrection, ni à aucune action illégale. Les arrestations de personnalités ayant en toute légalité participé aux campagnes des candidats est à nos yeux une grave atteinte à la démocratie.

Aussi, nous comprenons pourquoi, le gouvernement de la République a-t-il refusé l’accréditation à l’observation de la dernière élection présidentielle à la Conférence Episcopale du Congo, bien que celle-ci ait fait la demande depuis le 23 février 2016.

De même, rien à notre avis ne saurait justifier les massacres des populations dans le département du Pool, et l’énormité des moyens utilisés pour ce que l’on appelle une opération de police suscite l’émoi et l’indignation. Un abîme est en voie de se creuser entre, d’une part, une pseudo légalité qui ne repose que sur la violence d’un Etat en passe d’abolir le principe de la séparation des pouvoirs, et d’autre part la légitimité qui ne saurait résulter que d’institutions républicaines fonctionnant effectivement selon les règles du droit. Cette situation menace désormais gravement la paix dans notre pays.

Cette paix, nous entendons la préserver en s’abstenant de toute action susceptible de dégénérer en affrontements violents. Mais nous en appelons à la responsabilité des élites intellectuelles de notre pays. La documentation disponible pour le rétablissement de la vérité ne fait pas défaut. C’est un devoir pour toutes les compétences, scientifiques, littéraires, morales et techniques nationales de contribuer avec méthode et rigueur, par toutes voies légales au rétablissement de la vérité. Elle seule nous rendra libres.  Un livre blanc de notre entrée en 5ème  République serait au bénéfice de la jeunesse de notre pays l’acquittement d’une véritable dette de notre génération ; une lampe allumée sur le chemin de notre avenir.

Nous souhaitons également nous adresser à ceux de nos amis et de nos parents qui ont œuvré à la mise en scène de cette ténébreuse entreprise électorale et tout particulièrement aux personnalités qui, aujourd’hui prennent la parole pour célébrer l’avènement au Congo d’une 5ème  République. Les conséquences d’un mensonge d’Etat aussi manifeste sur les personnalités qui participent à sa construction sont dramatiques. Quand vous prenez le micro, le mensonge s’affiche sur votre visage. L’arnaque est si universellement connue qu’il n’y a plus aucun lieu sur la terre où l’auditoire le moins hostile à votre aventure ne puisse hocher la tête en vous écoutant disserter sur votre conception africaine de la démocratie. L’Eglise apprécie le système démocratique, comme système assurant la participation des citoyens au choix politique et garantit aux gouvernés la possibilité de choix et de contrôler leurs gouvernants, ou de les remplacer de manière politique lorsque cela s’avère opportun. Cf. Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise n° 406. Il y a dans le mensonge un ridicule qui tue et, nous avons grande pitié de vous. Mais l’humiliation infligée à la Cour Constitutionnelle en point d’orgue de ce scénario électoral rejaillit, croyons-nous sur l’ensemble des élites intellectuelles de notre pays. Il fallait pour l’honneur de notre Nation que cela soit dit.

Que faire pour l’avenir ?

  • Ouvrir un dialogue politique franc et sincère entre les différents hommes politiques sous le parrainage de l’Union Africaine, de la France, de l’Union Européenne et de l’Organisation Internationale de la Francophonie ;
  • Créer un fichier électoral crédible biométrique avant tout autre scrutin ;
  • Libérer tous les détenus politiques, garantir les libertés publiques ;
  • Arrêter immédiatement les massacres injustifiés des populations innocentes dans le département du Pool ;
  • Retirer immédiatement les éléments de la Force Publique déployés dans les quartiers et artères de nos villes et villages.
  •                                                    Fait à Pointe Noire, le 13 avril 2016

Le Collectif des prêtres et Laïcs de Pointe Noire.