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Les propos de DSK gênent Martine Aubry

septembre 19, 2011

L’ex-directeur du FMI a confirmé dimanche soir sur TF1 l’existence d’un pacte entre lui et la maire de Lille.

Drôle de façon de ne pas s’immiscer dans la primaire du PS. Si Dominique Strauss-Kahn ne sera «évidemment pas» candidat à l’élection présidentielle, comme il l’a assuré dimanche soir, ses propos sur Martine Aubry sont toutefois apparus extrêmement ambigus. Suffisamment en tout cas pour que, dès l’émission terminée, les soutiens de François Hollande relancent l’idée d’une Martine Aubry «candidate de substitution» de DSK.

Qu’a-t-il dit? Deux choses. D’abord: «Oui, je voulais être candidat.» Ensuite: «Nous ­avions en effet un pacte.» En vertu de son accord avec la maire de Lille, le pacte de Marrakech passé en 2008 pour le congrès de Reims, l’un ou l’autre devait être candidat, pas les deux. S’il l’avait été, Martine Aubry ne se serait donc pas lancée. Et François Hollande a donc raison de voir dans sa rivale des primaires une «candidate par défaut». Avant l’intervention de DSK sur TF1, il avait d’ailleurs rappelé que, contrairement à Martine Aubry, il n’avait pas d’accord avec Dominique Strauss-­Kahn.

«Il a dit toute sa vérité»

«Au moins on sait qui devait et voulait être candidat dans le pacte. La volonté, l’envie ça ne s’improvise pas après un empêchement», a très vite commenté Bruno Le Roux, l’un des lieutenants de François Hollande sur Twitter. Le coup, de pied de l’âne de DSK à son alliée qui avait donné l’impression de le lâcher en assurant sur Canal+ qu’elle n’avait pas apprécié son attitude à l’égard des femmes?

Proche de Dominique Strauss-Kahn, aujourd’hui rallié au député de Corrèze, Jean-Marie Le Guen minimise la portée des propos de DSK. «Peut-être que sa concentration sur la manière dont il s’exprimait à ce moment-là était moins précise», a-t-il estimé dimanche sur LCI, ne voulant voir dans ses propos «ni une attaque contre Martine Aubry, ni un soutien». Dans l’entourage de l’ancien directeur général du FMI, on minimise aussi la portée des propos. «Il était dans un moment où il voulait dire sa vérité, il a dit toute sa vérité», explique-t-on.

«Un coup de pied de l’âne formidable»

Lundi, d’autres soutiens de François Hollande ont réagi. «Quand on entre dans une élection comme la primaire, on doit être déterminé par soi-même et par ses convictions», a glissé Pierre Moscovici, le directeur de la campagne de François Hollande, à l’endroit de la maire de Lille. Il a rappellé que François Hollande avait toujours «critiqué le pacte». Le député PS André Vallini, membre de l’équipe de campagne de François Hollande, assuré qu’après l’intervention :«Si Martine Aubry est aujourd’hui candidate, c’est donc parce que DSK ne peut pas l’être. Tous ceux qui, depuis trois mois, nous disent le contraire ne disent pas la vérité»

A gauche encore, Benoît Hamon, porte-parole du PS et soutien de Mme Aubry, a répliqué que cela faisait «quelques semaines» que la maire de Lille «démontrait qu’elle était tout sauf une candidate par défaut». Sollicitée sur RTL sur ce qu’elle pensait du pacte dévoilée avec Martine Aubry, Ségolène Royal a refusé de commenter: «je ne me disperse pas sur les motivations des autres candidats».

A droite, Jean-François Copé a estimé qu’il était «troublant» que le pacte entre Aubry et DSK se soit produit à Marrakech. Hervé Morin, président du Nouveau Centre, a quant à lui pointé «in fine, pour Martine Aubry» de la part de DSK «un coup de pied de l’âne formidable en expliquant qu’il y avait un accord» et qu’elle «est simplement une roue de secours». Tandis que Bernard Debré, député UMP de Paris, a parlé à propos de la maire de Lille de «candidat de carence». Il a jugé que DSK, «très égocentrique», «gêne fortement Martine Aubry».

Lefigaro.fr par François-Xavier Bourmaud

Hollande reste sourd aux attaques

septembre 9, 2011

En déplacement jeudi à Liévin sur les traces de François Mitterrand, le candidat à la primaire socialiste s’est refusé à répondre aux piques de ses rivales.

Des attaques ? Vraiment ? En visite jeudi dans le bassin minier à Liévin (Pas-de-Calais), Hollande refuse de répondre aux critiques formulées tant par Royal que par Aubry, ses deux rivales dans la primaire du PS. «J’ai cette qualité : je n’entends rien», esquive le favori des sondages en tentant de se placer au-dessus du lot. «J’essaie de toujours dire du bien de mes concurrents dans la primaire», assure-t-il avant de lancer une mise en garde : «Je ne voudrai jamais que l’on puisse utiliser un propos que j’aurais pu tenir qui puisse amoindrir les chances de celui ou celle qui sera désigné. Le respect conditionne le rassemblement.»

Dans cette terre du Nord-Pas-de-Calais sur laquelle François Mitterrand rendit l’une de ses dernières visites de terrain en 1994 en tant que président de la République, François Hollande tente de se placer dans le droit fil de l’héritage du grand homme des socialistes. Pour conquérir l’Élysée, il avait appliqué une stratégie en trois étapes. D’abord le rassemblement des socialistes, ensuite le rassemblement de la gauche, enfin le rassemblement de tous les Français. Hollande rappelle tout cela à qui veut l’entendre dans la mairie de Liévin. «Il nous avait délivré ses conseils, ses jugements, ses prophéties», dit-il dans la grande salle de la mairie, sous une gigantesque peinture murale représentant justement Mitterrand. Et pour ceux qui n’auraient pas compris, une affiche le souligne à gros trait : on y voit Mitterrand sur la gauche et Hollande sur la droite. En arrière-plan, les reflets de leurs photos se rejoignent pour presque se confondre. «La France en avant. 1981… 2012. Avec François pour la victoire», proclame l’affiche.

«Je suis ici pour agir»

Côté style de campagne, cela ressemble en revanche à du Jacques Chirac. À peine débarqué à Liévin, Hollande s’engouffre dans un centre culturel et social et visite, en moins de trois quarts d’heure, un atelier cuisine, un atelier couture, un club du troisième âge, une salle où se tient une réunion du comité de pilotage du centre, une garderie, une salle où se déroulent des cours de step et de dance country, un atelier de modelage et une salle de jeu d’échecs. Serrage de mains, «bonjour, bonjour, ça va ? bonjour, bonjour, tout se passe bien dans le quartier ? bonjour, bonjour, ça va ?» Au passage, il engloutit un gâteau, plaisante avec les couturières, sourit aux enfants, discute avec le maire et répond aux questions des journalistes qui, inlassablement, le ramènent à Royal et Aubry.

Mais Hollande n’est pas las, pas trop. «Je suis ici pour agir dans les cinq ans qui viennent, pas pour faire un retour sur les trente ans qui viennent de s’écouler et qui étaient de belles années», esquive-t-il à nouveau. Il ne s’attarde pas, son programme est chargé. Il lui faut encore visiter le Louvre de Lens, déposer une gerbe sur un mémorial de la Première Guerre mondiale et une autre en hommage aux victimes du travail dans les houillères, rendre visite à la veuve de l’un des 42 mineurs tués dans la catastrophe minière de Liévin, visiter un ancien site minier reconverti en écopôle et enfin participer à un meeting public. Inactif, François Hollande ?

Lefigaro.fr par François-Xavier Bourmaud