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Cameroun : nouveau scandale autour des primes des Lions indomptables

juin 18, 2022

La fuite du montant des rémunérations versées aux joueurs, au staff technique et à l’encadrement de la sélection nationale pour la qualification à la Coupe du Monde 2022 n’en finit pas de provoquer la polémique.

L’équipe du Cameroun lors du troisième tour de qualification pour la Coupe du Monde 2022, à Douala, le 25 mars 2022. © DANIEL BELOUMOU OLOMO/AFP

Le football camerounais a toujours su se réinventer. La preuve : pendant des années, il faisait essentiellement parler de lui pour des affaires de primes non versées ou détournées, et de préférence avant – et même pendant, sens du spectacle oblige – une grande compétition, comme la Coupe du Monde ou la CAN.

Les journalistes chargés de suivre l’actualité des Lions indomptables se souviennent encore des innombrables crises de nerfs et prises de tête entre les joueurs, leur fédération et le gouvernement chargé de payer les primes, des menaces de grèves, des palabres qui s’éternisent jusqu’au bout de la nuit, et des porteurs de valises envoyés par Yaoundé afin d’apaiser les conflits.

Un total de 807 000 euros

Cette fois-ci, alors que tout avait été négocié dans les règles de l’art entre toutes les parties concernées, et que le montant des primes devait être gardé secret, celui-ci a –opportunément ? – fuité sur les réseaux sociaux. On y apprend ainsi que Rigobert Song, le sélectionneur, a empoché 31 175 euros, et ses quatre adjoints (Sébastien Migné, Augustine Simo, Souleymanou Hamidou, Raphaël Fèvre) 19 000 euros chacun. Soit autant que la prime accordée à chacun des 27 joueurs retenus pour la double confrontation avec l’Algérie (0-1, 2-1) en mars dernier et au médecin de l’équipe. Bill Tchato, l’ancien international, a pour sa part touché un peu moins : son compte en banque a été crédité de 17 580 €.

Raymond Kall, « team manager », a de son côté été gratifié de 14 900 €, un peu plus que l’analyste vidéo (12 185 €), le kinésithérapeute (10 150 €), les deux agents de sécurité, l’officier de presse et les deux intendants en charge du matériel (9 480 €). Enfin, tout en bas du document qui n’aurait jamais dû se retrouver sur les réseaux sociaux, une prime de présence, attribuée à deux personnes à ce jour non identifiées, et d’un montant total de 29 100 €. Au final, la qualification des Lions indomptables aura coûté 807 630 € au budget de l’État.

CEUX QUI SONT À L’ORIGINE DE CE DÉBALLAGE PUBLIC ONT RÉUSSI LEUR COUP

La divulgation de ce document a évidemment produit son petit effet. La Fédération camerounaise de football (Fecafoot) a rapidement publié un communiqué pour déplorer la fuite d’un document dont le seul ministère des Sports devait être le destinataire. Certains Camerounais y voient la main du pouvoir politique, lequel aurait fort peu goûté la spectaculaire sortie de Samuel Eto’o, président de la Fecafoot, le 9 juin dernier après la victoire face au Burundi (1-0) à Dar es Salaam, lors des qualifications pour la CAN 2023.

« Son discours dans le vestiaire était prémédité, puisqu’il portait un micro-cravate. Et il n’y a pas une seule fois fait référence au rôle de l’État auprès des Lions. Je peux vous assurer que cela a déplu à une partie des responsables politiques, souffle un proche de la sélection. Ici, beaucoup de gens pensent que cette fuite a été organisée par le milieu politique. Ceux qui sont à l’origine de ce déballage public ont réussi leur coup : bien rappeler à tout le monde que c’est l’État qui paye, pas la fédération. » Ce scénario n’a rien de farfelu, tant Samuel Eto’o s’est attiré l’inimitié de certains hauts responsables politiques.

Deux bénéficiaires non identifiés

Journaliste à CRTV-Radio, Raphaël Nkoa se fait quant à lui l’écho d’une autre polémique soulevée par la divulgation de ces paiements : « Concernant cette prime de présence, deux bénéficiaires n’ont pas été identifiés. Cela fait parler, les gens cherchent à savoir de qui il s’agit. » Un autre débat porte sur l’utilité des primes perçues par les joueurs camerounais évoluant en Europe, dans le Golfe persique ou aux États-Unis, pour qui ces sommes ne représentent qu’une infime partie de leurs confortables salaires.

Cette question sensible devrait resurgir à l’approche de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, puisque la Fifa versera 8,6 millions d’euros à chacune des 32 fédérations concernées. Un montant qui augmentera en fonction du parcours des sélections. Lors de son intervention dans les vestiaires de Dar es Salaam, Eto’o a expliqué aux Lions qu’il ambitionnait de remporter la compétition. Le vainqueur du Mondial devrait empocher 40 millions d’euros, versés par la Fifa. Si le Cameroun parvient à se hisser sur le toit du football mondial, cela promet de joyeuses – et juteuses – négociations.

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Côte d’Ivoire-Ghana : « l’Opep du cacao » doit-elle croire aux primes de Nestlé ?

février 1, 2022
Un homme se penche sur des petits cacaotiers au Ghana. © Mile 91 / robertharding / ANDBZ / ABACAPRESS.COM.

La multinationale a présenté un nouveau système pour accroître les revenus des planteurs de cacao, lutter contre le travail des enfants et améliorer la traçabilité des fèves. Salué par Abidjan et Accra, le dispositif doit faire ses preuves sur le terrain.

Nestlé a-t-il trouvé la solution miracle pour améliorer les revenus des planteurs de cacao ivoiriens ? C’est la question qui se pose après la présentation, le 27 janvier, par la multinationale basée en Suisse d’un ambitieux système de primes. Ce dernier doit profiter à quelque 10 000 familles de cultivateurs cette année en Côte d’Ivoire, avant d’être étendu à partir de 2024 au Ghana.

Les deux pays africains assurent près de 70 % de la production mondiale de fèves, avec un volume d’environ 2 millions de tonnes par an pour Abidjan et d’un million de tonnes pour Accra. Nestlé a réalisé 84,3 milliards de francs suisses de chiffre d’affaires en 2020 (76,2 milliards d’euros au taux de change en vigueur lors de la publication des résultats annuels), dont 8,3 % via les ventes de confiserie (marques Nestlé, KitKat, Smarties, Aero…).

Présenté par le PDG du géant agroalimentaire, Mark Schneider, lors d’une conférence virtuelle à laquelle a pris part le Premier ministre ivoirien, Patrick Achi, le nouveau système est intégré à un plan plus global visant à « lutter contre les risques de travail des enfants » et à « atteindre une traçabilité intégrale du cacao ». Le recours à une main d’œuvre mineure et le manque de transparence de l’approvisionnement sont deux critiques récurrentes adressées aux chocolatiers.

Plus d’un milliard d’euros d’ici à 2030

Dans le détail, Nestlé a fixé quatre pratiques vertueuses qu’il veut encourager : la scolarisation des enfants, l’utilisation de techniques agricoles performantes (dont l’élagage), l’agroforesterie (dont la plantation d’arbres d’ombrage) et la diversification des cultures (combiner la production de cacao à celle de manioc et/ou à des activités d’élevage, d’aviculture, d’apiculture). Pour chacune d’entre elles, le groupe prévoit de verser 100 francs suisses (96 euros) par an aux paysans qui les adoptent avec un bonus de 100 francs en cas de mise en œuvre des quatre.

LA PRIME DE 500 FRANCS REPRÉSENTE UNE AUGMENTATION DE PRÈS DE 20 % DU REVENU ANNUEL

La prime maximale, qui se monte donc à 500 francs suisses par an (482 euros), doit être versée pendant deux ans, avant d’être réduite de moitié les années suivantes. Ce qui représente un engagement total de « 1,3 milliard de francs suisses d’ici à 2030 » (1,25 milliard d’euros), soit le triple de « son investissement annuel actuel », souligne le groupe, avec l’objectif de toucher au total 160 000 familles.

« Les agriculteurs qui sont membres du Plan cacao de Nestlé [le plan développement durable du groupe lancé en 2009] ont un revenu annuel d’environ 3 000 francs suisses par an, ce qui est déjà plus élevé que le revenu moyen d’un cultivateur, situé autour de 2 000 francs », met en avant un porte-parole de Nestlé, sollicité par Jeune Afrique.

« La prime de 500 francs, qui représente une augmentation de près de 20 % du revenu annuel, constitue un accélérateur de changement », reprend-il, rappelant que cette enveloppe s’ajoute aux primes de certifications et au différentiel de revenu décent – ce bonus de 400 dollars par tonne a été mis en place depuis la campagne 2020-2021 sous la pression des autorités ivoiriennes et ghanéennes.

Le paiement mobile comme gage de transparence

Sur le papier, le plan de Nestlé coche beaucoup de cases. Présenté à grand renfort de communication, il adopte une approche globale et responsable et s’inscrit dans la droite ligne des efforts faits ces dernières années par les acteurs de la chaîne du cacao – chocolatiers, acheteurs et transformateurs de fèves, certificateurs et États – pour rééquilibrer le rapport en faveur des planteurs. Ces derniers ne touchent que 6 % des 100 milliards de dollars générés chaque année dans le monde par la vente de chocolat, selon l’organisation non gouvernementale (ONG) Public Eye.

LE PROJET ENTEND CRÉER UN NOUVEAU MODÈLE AGRICOLE BASÉ SUR LA DIVERSIFICATION DES REVENUS DU PRODUCTEUR

Saluée par la Côte d’Ivoire et le Ghana, le projet du groupe suisse bénéficie aussi du soutien de plusieurs partenaires internationaux, dont le KIT Royal Tropical Institute, l’Initiative internationale sur le cacao, l’Initiative pour le commerce durable et l’ONG Rainforest Alliance. En outre, le système proposé a déjà été testé auprès de 1 000 producteurs ivoiriens en 2020.

« Les avis et suggestions des agriculteurs et coopératives agricoles, ainsi que la collecte et l’évaluation en continu de données par des tiers seront utilisés pour renseigner, réajuster et améliorer le programme au fur et à mesure qu’il sera étendu à d’autres communautés », précise Nestlé.

Un acteur du secteur a salué « les bonnes bases » du projet, qui « entend créer un nouveau modèle agricole basé sur la diversification des revenus du producteur, tant en ce qui concerne les sources de revenus que les cultures ». Il cite également comme point positif le recours au paiement mobile pour verser la prime, un gage de transparence.

La transaction financière se fera, via un transfert électronique opéré par téléphone, depuis le compte du fournisseur de Nestlé vers les fermiers et leurs épouses afin d’encourager, par la même occasion, l’autonomisation des femmes, détaille le porte-parole de la multinationale. Ainsi, « il est facile de vérifier et tracer tous les paiements depuis le fournisseur vers les bénéficiaires », insiste-t-il.

Un système toujours trop opaque

Reste que plusieurs acteurs de terrain sont beaucoup plus réservés sur l’impact réel du dispositif. Si au niveau du Conseil café-cacao, on salue toute initiative visant à améliorer le revenu des planteurs, on attend de voir les modalités concrètes de mise en œuvre. L’organisme rappelle que Nestlé n’achète pas directement les fèves aux cacaoculteurs mais se fournit auprès d’intermédiaires, dont les broyeurs. Ce qui rend la traçabilité des fèves comme du versement des primes plus compliquée.

SEUL UN PAIEMENT DIRECT AUX PLANTEURS AURAIT UNE CHANCE D’AMÉLIORER LA TRANSPARENCE DE LA FILIÈRE

« L’ensemble des primes et avantages consentis aux producteurs transitent aujourd’hui par les coopératives et les exportateurs. Or, les études menées sur ce système montrent qu’il donne lieu à d’importantes pertes de charge, de l’ordre de 70 % », pointe François Ruf, économiste du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) installé en Côte d’Ivoire et qui travaille avec une équipe d’une dizaine de chercheurs.

Pour lui, seul un paiement direct aux planteurs aurait une chance d’améliorer la transparence de la filière en mettant notamment la pression sur les coopératives pour clarifier leurs pratiques. Or, ce n’est pas la voie choisie par Nestlé qui, en confiant la mission du paiement à ses fournisseurs, prend le risque d’entretenir les pratiques opaques actuelles que les contrôles extérieurs ont bien du mal à combattre.

Quant à la traçabilité totale des fèves, elle demeure un défi. La demande de chocolat étant cyclique et concentrée sur la fin de l’année civile, elle astreint les coopératives à fournir sur une courte période un grand volume de fèves. Cette réalité les conduit bien souvent à recourir aux pisteurs (intermédiaires qui achètent les fèves bord de champs aux paysans et les revendent aux coopératives) pour répondre aux quotas imposés par les acheteurs, sans garantie sur l’origine de l’or brun. Une difficulté identifiée de longue date, mais sur laquelle les multinationales se gardent bien de se positionner.

Avec Jeune Afrique par Estelle Maussion

(Mauricie et du Centre-du-Québec)/Primes aux infirmières à temps plein: «c’est le début de quelque chose»

septembre 23, 2021

L’annonce de plusieurs mesures visant à embaucher et inciter des milliers d’infirmières à travailler à temps plein est bien reçue par le Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (SPSMCQ-FIQ). Mais si elle reconnaît qu’il s’agit d’un pas dans la bonne direction, la présidente du syndicat demeure très inquiète pour les semaines et les mois à venir.

Nathalie Perron, présidente du SPSMCQ-FIQ.

© FRANÇOIS GERVAIS, LE NOUVELLISTE Nathalie Perron, présidente du SPSMCQ-FIQ.

«Je pense que cet argent, c’est une belle façon de ‘’prendre soin des infirmières’’, comme l’a mentionné le premier ministre. C’est bien, on ne peut pas être contre ça. C’est le début de quelque chose», convient Nathalie Perron.

Cette dernière estime toutefois qu’il faudra davantage de mesures «pour garder les gens et arrêter de les faire fuir». Elle salue donc la volonté exprimée par le gouvernement de changer la culture de gestion au sein des CISSS et des CIUSSS, puisqu’il s’agit selon elle du nœud du problème.

«Ça va prendre un gros coup de barre. À court terme, je n’ai pas de grosses attentes: avec la pandémie, les effets ne se feront pas sentir dans les prochains mois. Mais je pense que si la volonté (de changement) est là, les gens seront plus heureux, il y aura moins de départs et un équilibre va se créer. Il y aura moins d’arrêts de travail», avance-t-elle.

Mme Perron abonde dans le même sens que le premier ministre, le ministre de la Santé et la présidente du Conseil du trésor lorsque ceux-ci disent miser sur la nouvelle convention collective des infirmières, «pierre angulaire» de leur «révolution» du réseau public de la santé et des services sociaux.

«Il y a d’excellentes mesures dans la convention, comme la possibilité d’auto confectionner ses horaires. Encore faut-il que ce soit mis en application par les gens qui gouvernent, mais à moyen terme, ça va donner des résultats», estime-t-elle.

Mme Perron déplore toutefois que le gouvernement n’ait pas pensé aux infirmières qui ne peuvent travailler à temps plein, pour diverses raisons. La présidente du syndicat dit également espérer que les primes ne seront pas assorties de conditions aussi strictes que d’autres incitatifs instaurés en raison de la pandémie, ce qui fait en sorte qu’un faible nombre d’infirmières peuvent en bénéficier.

«Difficile d’être positive»

Si les mesures annoncées jeudi devraient avoir un impact positif à moyen terme, Mme Perron demeure extrêmement préoccupée quant aux semaines à venir. Elle redoute particulièrement les conséquences de l’obligation d’être vacciné pour travailler dans le réseau de la santé, mesure qui entrera en vigueur dans trois semaines.

«On sait que dans certains départements, jusqu’à une dizaine de personnes vont partir. C’est inquiétant pour celles qui restent et ça peut faire en sorte que d’autres vont partir parce qu’elles n’arriveront plus à gérer la pression et à concilier travail et famille. Il faut se rappeler que parmi nos membres, la grande majorité sont des femmes. On sait que ce sont les femmes qui assurent la plus grande charge familiale et certaines sont monoparentales. C’est très inquiétant», souligne-t-elle.

Québec estime en effet qu’à partir du 15 octobre, le réseau devra se priver de 7500 membres de son personnel soignant refusant de se faire vacciner. Il n’a pas été possible d’obtenir des données régionales auprès du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec, jeudi.

«C’est un non ferme»

Pour certaines infirmières, manifestement, ces incitatifs ne suffisent pas pour qu’elles acceptent d’allonger leur semaine de travail.

«C’est un non ferme. Je changerais de profession avant d’accepter de faire du temps plein», répond d’emblée Amélie (nom fictif), qui a préféré garder l’anonymat.

Cette dernière précise qu’il y a quelques années encore, la prime offerte par Québec l’aurait peut-être intéressée, mais plus maintenant.

«Ça fait 12 ans que je suis dans le milieu et ça se dégrade vraiment d’année en année, estime-t-elle. Les valeurs (dans le réseau) ne sont plus les mêmes qu’il y a une dizaine d’années.»

Selon Amélie, il y a par ailleurs peu de chances pour que la prime offerte incite des infirmières travaillant dans des agences de placement à retourner dans le réseau public.

«J’ai un ami qui m’a dit: ‘’ce ne sera jamais assez payant pour que je revienne. Je travaille aussi avec des infirmières d’agences et je sais très bien qu’elles ne reviendront pas non plus, parce qu’elles gagnent le triple de mon salaire», évoque-t-elle.

«Le raisonnement n’est pas mauvais»

Émilie Ricard, une infirmière qui a dénoncé à plusieurs reprises au cours des dernières années les conditions de travail éprouvantes du personnel soignant de la santé, est plus nuancée dans ses propos.

«Le raisonnement n’est pas mauvais. Si tout ce que le gouvernement a imaginé fonctionne, ça va avoir un effet positif», croit-elle.Émilie Ricard, infirmière.© TIRÉE DE FACEBOOK Émilie Ricard, infirmière.

L’infirmière craint toutefois qu’une fois la prime empochée, un an plus tard, plusieurs infirmières retournent à leur ancien mode de travail. Elle aurait plutôt espéré une bonification du salaire de toutes les infirmières, qu’elles travaillent à temps plein ou à temps partiel.

«Dans un an, nos salaires vont encore être, excusez le mot, médiocres. On nous dit: oui, mais on va appliquer la nouvelle convention collective. Mais à ce que je sache, elle n’est pas encore signée, le gouvernement travaille encore sur le texte. On attendait de nouvelles conditions, une façon de les améliorer. Mais on n’a pas mis fin au temps supplémentaire obligatoire et tout repose encore sur nous», critique-t-elle.

Même si elle dit vouloir demeurer optimiste, Mme Ricard ne peut s’empêcher de demeurer sceptique quant à l’efficacité des mesures annoncées.

«Au début de l’annonce, je n’étais pas déçue, le discours était très bien. Mais là, la poussière retombe, je fais le calcul et je me dis que c’est peut-être de la poudre aux yeux», avance-t-elle.

La jeune femme craint par ailleurs de ne pas pouvoir bénéficier de la prime. En effet, même si elle occupe un poste à temps plein, elle est considérée à temps partiel, puisqu’elle va à l’université une journée par semaine.

«Il va falloir vérifier que ce n’est pas comme la prime de 1000 $ qu’on perd dès qu’on prend une journée maladie ou qu’on demande une journée de congé. Il va falloir surveiller les petits caractères, les exceptions», prévient Mme Ricard.

«C’est tout le réseau qui s’effondre»

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (APTS-MCQ) a pour sa part crié à l’injustice après l’annonce de Québec.

«Pour le gouvernement, il n’y a que des infirmières dans le réseau de la santé et des services sociaux.

Le gouvernement semble ne pas comprendre que c’est tout le réseau qui s’effondre. Il ne propose aucune solution pour le personnel professionnel et technique qu’il identifie lui-même comme des secteurs prioritaires», déplore Véronique Neth, présidente de l’APTS-MCQ.

Mme Neth indique par ailleurs que son syndicat exige «la parité avec les infirmières pour l’ensemble de nos membres qui vivent les mêmes conditions».

Avec Matthieu Max-Gessler – Le Nouvelliste

Canada: Primes de 4$/heure maintenues au-delà de la pandémie dans les résidences privées

juin 7, 2020

 

Les primes de 4$ de l'heure, pour les préposés aux bénéficiaires du secteur privé, d'abord prévues pour la durée de la pandémie, seront finalement maintenues, selon le RQRA.
© La Presse Les primes de 4$ de l’heure, pour les préposés aux bénéficiaires du secteur privé, d’abord prévues pour la durée de la pandémie, seront finalement maintenues, selon le RQRA.
Trois-Rivières — Il semblerait que le gouvernement se montrera sensible aux inquiétudes des exploitants de résidences privées pour aînés, qui craignent un exode de leurs travailleurs vers le secteur public dans la foulée de l’embauche de 10 000 préposés dans le réseau des CHSLD et de la bonification des salaires qui y est attachée. Dans un courriel envoyé à ses membres, et dont Le Nouvelliste a obtenu copie, le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) soutient avoir reçu l’engagement du président du Conseil du trésor, Christian Dubé, que les primes de 4$ de l’heure, d’abord prévues pour la durée de la pandémie, seront finalement maintenues.

Le président-directeur général du RQRA, Yves Desjardins, déclare que c’est au cours d’une rencontre téléphonique, tenue le 4 juin dernier, avec Christian Dubé et la ministre des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, qu’il aurait obtenu un engagement de la part du gouvernement. «Ils sont très au fait également que sans une aide gouvernementale, les RPA [résidences privées pour aînés] ne peuvent pas rivaliser avec les offres salariales que le gouvernement compte offrir à ces nouveaux préposés», fait-il valoir aux 800 membres du regroupement.

«Le président du Conseil du trésor nous a annoncé que les primes offertes aux RPA pour la durée de la pandémie (4$ l’heure pour les préposés, primes de 8% aux infirmières/infirmières auxiliaires et de 4 % aux autres employés) seront maintenues. Il s’agit d’un investissement de 155,8 millions de dollars», continue Yves Desjardins.

Rappelons que vendredi, plus de 90 000 personnes avaient répondu à l’appel du gouvernement et s’étaient inscrites à la formation accélérée – et rémunérée – pour devenir préposés en CHSLD, moyennant des salaires avoisinant les 50 000$ par année, suivant une embauche par ailleurs garantie. Bien qu’on n’entende retenir que 10 000 candidats en fin de processus, des voix se sont élevées dans différents milieux, évoquant des pénuries de travailleurs dans des secteurs moins bien rémunérés.

Yves Desjardins, président-directeur général du RQRA, appelle ses membres à demeurer mobilisés.

© François Gervais Yves Desjardins, président-directeur général du RQRA, appelle ses membres à demeurer mobilisés.
Si le RQRA accueille l’ouverture du gouvernement en la qualifiant «d’encourageante», il appelle néanmoins ses membres à rester mobilisés. «Notre industrie vit actuellement la plus importante bataille de son histoire», soutient Yves Desjardins. Une étude aurait été commandée à la firme Raymond Chabot Grant Thornton afin d’évaluer une bonification du crédit d’impôt pour le maintien à domicile. Les conclusions de celle-ci doivent être présentées au ministre des Finances dès lundi, dans le cadre d’une autre rencontre, apprend-on. Une modification de la grille d’augmentation des loyers serait aussi envisagée et perçue comme «incontournable dans la solution recherchée pour la survie et la santé financière des RPA», avance encore M. Desjardins.

Avec Le Nouvelliste par Sébastien Houle

Les médecins qui reçoivent des avantages des labos prescrivent plus et moins bien

novembre 5, 2019

 

Les médecins généralistes français qui reçoivent des cadeaux des laboratoires pharmaceutiques ont tendance à faire «des prescriptions plus chères et de moindre qualité», montre une étude publiée mercredi. Inversement, ceux «qui ne reçoivent aucun avantage de la part de l’industrie pharmaceutique sont associés en moyenne à de meilleurs indicateurs établis par l’Assurance Maladie quant à l’efficacité de leurs prescriptions, et celles-ci coûtent globalement moins cher», concluent ses auteurs, médecins, chercheurs et ingénieurs à l’université et au CHU de Rennes.

Ces résultats ne démontrent pas de lien de cause à effet mais «renforcent l’hypothèse selon laquelle l’industrie pharmaceutique peut influencer les prescriptions des médecins généralistes, et offrent un aperçu sur l’étendue de cette influence», soulignent l’université, le CHU et l’Ecole des hautes études en santé publique dans un communiqué. «Cette influence, parfois inconsciente chez les médecins, peut conduire à choisir un traitement qui n’est pas optimal, au détriment de la santé du patient et du coût pour la collectivité», ajoutent-ils.

L’étude, parue dans le British medical journal (BMJ), repose sur le croisement de deux bases de données: la première est le portail Transparence Santé, sur lequel doivent être déclarés tous les «liens d’intérêt» des professionnels de santé, et notamment les équipements, repas, frais de transport ou d’hôtel offerts par des entreprises du secteur (laboratoires pharmaceutiques, fabricants de dispositifs médicaux, etc.), à partir d’un montant de 10 euros.

Selon cette base, «près de 90% des médecins généralistes ont déjà reçu au moins un cadeau depuis 2013», souligne Pierre Frouard, médecin généraliste à Rennes et coordonnateur de l’étude. «C’est la première étude de cette ampleur en France», qui exploite les données de ce portail, souligne Bruno Goupil, premier auteur de l’étude. La seconde base est le Système national des données de santé (SNDS), fusion née en 2017 de deux bases de données pré-existantes et qui recense consultations, actes médicaux, prescriptions de médicaments et hospitalisations remboursés en conservant l’anonymat des assurés.

Les auteurs montrent également que plus le montant total des avantages perçus est élevé, plus le surcoût moyen par prescription augmente, tout comme le déficit de prescription des versions génériques pour les antibiotiques, les antihypertenseurs et les statines. «Les firmes pharmaceutiques dépensent énormément d’argent dans la promotion des médicaments (23% de leur chiffre d’affaire, soit plus que pour la recherche) dont les cadeaux ne sont qu’une partie», souligne le Dr Goupil, citant un rapport de la Commission européenne publié en 2009. «Il semble peu probable que cet argent soit dépensé à perte et les résultats de notre étude concordent avec les études existantes en faveur d’une influence sur les prescriptions», ajoute-t-il.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Côte d’Ivoire: Le ministre ivoirien des Sports, Alain Lobognon, limogé après l’affaire des primes impayées de la CAN

mai 13, 2015

Alain Lobognon, ancien ministre des Sports.
Alain Lobognon, ancien ministre des Sports. © DR

Le ministre ivoirien des Sports, Alain Lobognon, a été démis de ses fonctions mercredi, à la demande du président Alassane Ouattara. Il était sous le feu de la critique dans l’affaire des primes impayées de la CAN 2015.

Alain Lobognon paie l’imbroglio autour des primes impayées de la Coupe d’Afrique des nations 2015. Alors qu’il clamait son innocence, le ministre des Sports a été démis de ses fonctions, mercredi 12 mai, par le premier ministre Daniel Kablan Duncan, sur demande du chef de l’État, Alassane Ouattara. La veille, sa démission avait été réclamée par Pascal Affi N’Guessan, président du FPI reconnu par le gouvernement, qui l’invitait à « tirer les conséquences [de cette affaire] pour l’honneur du sport ivoirien ».

Le Trésor affirme avoir versé à la FIF 2,9 milliards de F CFA censés faire partie des primes. De son côté, la FIF maintient qu’elle n’a pas reçu ces fonds. « Cette affaire est une honte pour le pays. Serge Aurier a par exemple 52 millions de F CFA de primes en suspens, Eric Bally 40 millions, Yaya Toure 21 millions… Ça fait pas joli », explique une source proche du dossier. D’autant qu’il ne s’agirait plus de 700 millions de F CFA disparus, mais de 850 millions. »

« Les primes concernées sont celles de la compétition. La prime de victoire du président, d’un montant de 2 milliards de F CFA, a été intégralement payée et virée sur les comptes des joueurs par mes soins. Dans cette affaire, je suis clean », confiait encore il y a quelques jours Alain Lobognon. Il exigeait alors le relevé de compte de la Banque du Trésor pour avoir des précisions sur les mouvements de fonds en cause, afin de démêler l’imbroglio.

Il devra donc le faire sans le secours de son statut de ministre. « Cette décision salutaire me permet de faire face aux accusations diffamantes visant ma probité, mon monneur et celui de ma famille », a-t-il réagi sur Twitter peu après son éviction.

Jeuneafrique.com par Mathieu Olivier

Côte d’Ivoire : l’État va régler aux Éléphants les primes disparues de la CAN 2015

mai 6, 2015

L'affaire des primes aura réussi à ternir le succès des Éléphants à la CAN 2015.

L’affaire des primes aura réussi à ternir le succès des Éléphants à la CAN 2015. © AFP

Alors que le ministre des Sports, Alain Lobognon, continue de réclamer une confrontation des protagonistes de l’affaire de la disparition des primes de la CAN 2015 (plusieurs centaines de millions de F CFA), Alassane Ouattara a décidé que les fonds manquants seraient prochainement décaissés par l’État. Pour la seconde fois, donc.

Le dossier des primes non payées des Éléphants à la CAN 2015 vient d’enregistrer un rebondissement pour le moins surprenant. L’État ivoirien, première victime dans cette affaire, a décidé de trouver des ressources financières additionnelles pour régler les primes sans même attendre que la vérité éclate sur les responsables de ce détournement de fonds publics. Selon nos informations, la confrontation réclamée par Alain Lobognon, le ministre des Sports, avec les protagonistes – Trésor Public et fédération ivoirienne de football (FIF) – n’a toujours pas eu lieu pour un problème de calendrier du Premier ministre, Daniel Kablan Duncan.

Cependant, Alassane Ouattara a demandé à Hamed Bakayoko, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, de convoquer les différentes parties. Le 30 avril, ce dernier a organisé une réunion avec Alain Lobognon, Sidy Diallo, le président de la FIF, et les responsables du Trésor en charge de la gestion des 3,5 milliards F CFA consacrés à la CAN. « C’était juste une rencontre formelle, il n’y a eu aucune confrontation. Le ministre Hamed Bakayoko s’est contenté de poser des questions », confie un participant.

La FIF a bien reçu 2,9 milliards de F CFA

Le Trésor affirme avoir versé à la FIF 2,9 milliards de F CFA censés faire partie des primes. D’ailleurs, à la fin de la CAN, Sidy Diallo assurait que le budget avait été bien géré et qu’un reliquat de 300 millions de F CFA était disponible. « Les primes concernées sont celles de la compétition. La prime de victoire du président, d’un montant de 2 milliards de F CFA, a été intégralement payée et virée sur les comptes des joueurs par mes soins. Dans cette affaire, je suis clean », a confié le ministre Alain Lobognon, qui continue d’exiger le relevé de compte de la Banque du Trésor pour avoir des précisions sur les mouvements de fonds en cause. Mais Adama Kone, le directeur général, tarde..

Contacté par Jeune Afrique, ses services préfèrent s’en remettre au rapport rédigé à l’Inspection générale du Trésor et adressé à la présidence. Pour le moment, l’imbroglio reste donc total et les Éléphants, de plus en plus dégoûtés par cette situation, continuent de réclamer leurs primes. De son côté, la FIF maintient qu’elle n’a pas reçu les fonds des primes.

« Cette affaire est une honte pour le pays. Serge Aurier a par exemple 52 millions de F CFA de primes en suspens, Eric Bally 40 millions, Yaya Toure 21 millions… Ça fait pas joli », explique une source proche du dossier. D’autant qu’il ne s’agirait plus de 700 millions de F CFA disparus, mais 850 millions. »

Jeuneafrique.com par Baudelaire Mieu, à Abidjan

Côte d’Ivoire : où sont passées les primes de la CAN 2015 ?

avril 24, 2015

Les Éléphants victorieux de la CAN, le 8 février 2015 à Malabo, en Guinée équatoriale.
Les Éléphants victorieux de la CAN, le 8 février 2015 à Malabo, en Guinée équatoriale. © AFP

Gros malaise entre la FIF, le gouvernement et le Trésor public ivoiriens. Une grande partie des primes des Éléphants victorieux de la CAN 2015 se serait volatilisée : plus de 700 millions de F CFA sont dans la nature…

Le chef de l’État ivoirien Alassane Ouattara s’est saisi du dossier des primes non payées des Éléphants de Côte d’Ivoire après leur victoire à la Coupe d’Afrique des nations (CAN) sur saisine d’Alain Lobognon, le ministre de la Promotion de la Jeunesse, des Sports et de Loisirs. « Le président a instruit le Premier ministre d’organiser une confrontation entre la FIF, le Trésor Public et le ministre des Sports. Arguant des questions d’agenda, le Premier ministre fait attendre », explique une source gouvernementale.

Depuis plusieurs jours, une polémique enfle entre le ministère des Sports, la Fédération ivoirienne de football (FIF) et le Trésor public ivoirien. Des joueurs comme Serey Dié (VFB Stuttgart, Allemagne) ou Eric Bally (Villarreal Club de Fùtbol, Espagne) ont confirmé le non règlement de leurs primes malgré la mise à disposition des fonds par l’État. « C’est une tradition à la FIF de traîner dans le règlement des primes. Tous les joueurs ne les ont pas reçues. Par contre, d’autres n’ont pas été réglé en intégralité. Parfois des joueurs subissent des intimidations quand ils réclament leurs du, ils sont menacés de ne plus revenir en sélection », glisse une source proche du dossier.

La FIF à la manoeuvre

Pour le moment, c’est le statu quo à la FIF, même si on admet le problème, personne n’ose expliquer les raisons de cette situation. Avant la CAN, le gouvernement avait pourtant décaissé les fonds de 3,5 milliards de F CFA gérés par le Trésor public, qui exécutait les dépenses sur présentation de factures en provenance de la FIF. Pour les joueurs, la FIF devrait transmettre la liste des joueurs avec leurs RIB pour des virements. Mais, au final, tout semble à refaire et la confusion règne. Les montants des primes non versées sont estimés à 700 millions de F CFA (soit plus d’un million d’euros).

Jeuneafrique.com par Baudelaire Mieu, à Abidjan

Le Yémen affirme avoir déjoué un vaste sabotage d’Al-Qaïda

août 7, 2013

SANAA – Le Yémen a affirmé mercredi avoir mis en échec un plan d’Al-Qaïda consistant à s’emparer de villes du sud et du sud-est ainsi que d’installations pétrolières, à saboter un gazoduc et à prendre en otage des étrangers.

Cette annonce intervient au lendemain de l’évacuation de personnels diplomatiques des Etats-Unis et du Royaume-Uni, à la suite d’une alerte sur un risque imminent d’attentats d’Al-Qaïda, qui a subi mercredi une nouvelle attaque de drone, la cinquième en onze jours.

Le principal objectif du plan était de prendre le contrôle des villes de Moukalla et Bawazir, a déclaré à l’AFP un porte-parole du gouvernement, Rajeh Badi, ajoutant que des installations pétrolières proches de Moukalla étaient également visées.

En cas d’échec de l’attaque, les membres d’Al-Qaïda avaient prévu de prendre en otage les étrangers travaillant sur les installations pétrolières, a-t-il ajouté.

Une partie de ces installations pétrolières est gérée par des Canadiens.

Le plan a été déjoué samedi, deux jours avant le passage à l’action prévu par des membres d’Al-Qaïda. Ils devaient se rendre aux installations en tenues militaires, et en se présentant comme des soldats chargés de la sécurité manifestant pour réclamer des primes.

Ils devaient ensuite attaquer un terminal pétrolier de Dhaba et des installations voisines d’exportations de produits pétroliers près de Moukalla, dans le sud-est du pays, a précisé M. Badi.

Une équipe avait également été mise sur pied pour saboter le gazoduc traversant la province de Chabwa (sud) et débouchant sur le terminal de Balhaf, a-t-il ajouté.

Des attaques de banques étaient aussi prévues dans le centre du Yémen dans le cadre de ce plan, mais n’ont pas été exécutées, a indiqué le porte-parole sans plus d’explications.

L’alerte de sécurité américaine avait entraîné la fermeture dimanche de l’ambassade américaine à Sanaa et dans de nombreux autres pays, essentiellement arabes, ainsi que des missions diplomatiques occidentales dans la capitale yéménite.

Mercredi à l’aube, une nouvelle attaque de drone contre Al-Qaïda a tué sept activistes qui circulaient en voiture dans le sud du pays, a indiqué une source tribale. Les Etats-Unis sont les seuls à disposer d’appareils de ce type dans la région.

Il s’agit de la cinquième attaque par drone depuis le 28 juillet dans le sud, le sud-est et l’est de Sanaa. Au total, ces attaques ont fait 24 morts.

Sanaa a regretté les évacuations de personnels diplomatiques américains et britanniques, estimant qu’elles nuisaient à sa collaboration avec ses alliés internationaux contre la branche locale du réseau Al-Qaïda dans la Péninsule arabique (Aqpa). Aqpa est considérée par les Etats-Unis comme la branche la plus active de la nébuleuse extrémiste.

Dans un communiqué, l’ambassade yéménite à Washington a estimé que ces évacuations servent les intérêts des extrémistes et nuisent à la coopération exceptionnelle du Yémen avec ses alliés internationaux contre le terrorisme.

Les Etats-Unis ont également pressé tous leurs ressortissants au Yémen de partir immédiatement.

Londres a aussi placé sa marine marchande en état d’alerte maximum. La France et l’Allemagne maintenaient mercredi leurs ambassades fermées, et Paris a prolongé la fermeture jusqu’au 11 août inclus.

Les Pays-Bas, tout comme la Belgique, ont conseillé à leurs ressortissants de quitter le Yémen au plus vite, et Rome a mis en garde face au risque particulièrement élevé d’enlèvements d’Italiens.

Le risque d’attentats à Sanaa est pris au sérieux par les autorités yéménites qui disent craindre une infiltration dans la capitale de nombreux affiliés d’Al-Qaïda, qui seraient prêts à entrer en action.

Les services de sécurité sont engagés dans une course contre la montre pour prévenir tout risque d’attentat dans la capitale, a déclaré à l’AFP un responsable des services de sécurité.

Le dispositif de sécurité déployé à Sanaa ne concerne pas seulement les ambassades occidentales mais aussi les principaux bâtiments publics de la capitale, selon la même source.

C’est à la suite de l’interception la semaine dernière de messages entre le numéro un d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, et Nasser Al-Whaychi, le chef d’Aqpa basé au Yémen, contenant des menaces d’attentats, que Washington a décidé de fermer ambassades et consulats, selon les médias américains.

Romandie.com avec (©AFP / 07 août 2013 17h01)

Gabon/Congo: des réfugiés, bloqués à la frontière, de retour au Congo

novembre 5, 2012
Gabon: des réfugiés, bloqués à la frontière, de retour au Congo Gabon: des réfugiés, bloqués à la frontière, de retour au Congo © AFP

Une centaine de réfugiés congolais, expulsés vendredi par les autorités gabonaises et qui avaient refusé de rentrer au Congo, préférant rester dans la zone neutre, ont finalement accepté de retourner dans leur pays, a appris l’AFP lundi.

« Nous sommes à Dolisie (sud du Congo, 200 km de la frontière) depuis dimanche. Samedi, les autorités congolaises nous ont promis des mesures d’accompagnement et nous avons accepté de rentrer au Congo », a affirmé à l’AFP Brice Manzet, un des 100 réfugiés .

« Nous sommes avec un autre groupe de 100 réfugiés » qui avaient été expulsés en même temps et transférés par une autre route », a-t-il ajouté. « Nous attendons les propositions des autorités congolaises. Si elles ne nous satisfont pas nous nous ferons entendre ».

Quelque 20. 000 Congolais, chassés par la guerre civile entre 1997 et 2003, se sont réfugiés au Gabon. Le gouvernement gabonais a définitivement mis fin au statut de réfugié des Congolais en novembre 2011. De nombreux rapatriements volontaires organisés par le Haut commissariat pour les réfugiés des nations unies (HCR) avec des primes au retour ont eu lieu au cours des deux dernières années alors que les Congolais présents avaient aussi la possibilité d’obtenir des cartes de séjour gabonaise, financées à 50% par le HCR.

Le gouvernement congolais a mis en place une assistance aux réfugiés à hauteur de 300 millions de FCFA (500. 000 euros), et a promis aux anciens fonctionnaires encore en âge de travailler de leur rendre leurs postes et leurs grades. En juin 2012, le HCR s’était félicité d’avoir trouvé une « solution durable » pour les réfugiés congolais.

Selon M. Manzet, 300 réfugiés, qui avaient refusé ces deux solutions (retour ou carte de séjour) et étaient au service d’immigration depuis six mois, ont été « raccompagnés de force » vendredi vers la frontière. « Ce n’est pas un retour volontaire », a précisé M. Manzet.

Jeuneafrique.com AFP