Les États-Unis s’attendent à une contre-offensive de l’Ukraine au printemps, a déclaré vendredi le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin, soulignant qu’il s’agissait pour les alliés d’aider Kiev à s’y préparer. « Nous avons ici une fenêtre d’opportunité entre maintenant et le printemps… dès qu’ils commencent leur opération, leur contre-offensive », a-t-il déclaré aux journalistes lors d’une réunion des alliés de l’Ukraine en Allemagne. « Ce n’est pas une longue période et nous devons réunir les bonnes capacités », a-t-il ajouté.
Interrogé sur l’allié allemand et son refus, à ce stade, de donner un feu vert à la livraison de tanks Leopard 2, Lloyd Austin a assuré que l’Allemagne est un « allié fiable » malgré ses réticences à livrer des tanks à l’Ukraine, mais « nous pouvons tous faire plus » pour aider Kiev. « Ils sont fiables et ils l’ont été pendant très longtemps et je crois sincèrement qu’ils continueront à être un allié fiable dans le futur », a répondu à la presse le secrétaire américain à la Défense.
L’armée russe « très difficile » à expulser
Il sera « très difficile » de déloger d’ici à la fin de l’année l’armée russe du territoire ukrainien, a affirmé le chef d’état-major américain, lors d’une conférence de presse sur la base américaine de Ramstein, en Allemagne. « D’un point de vue militaire, je maintiens encore qu’il sera très très difficile d’expulser les forces russes de toutes les zones d’Ukraine occupées », a déclaré le général Mark Milley, chef d’état-major américain, lors d’une réunion des alliés sur le soutien militaire à Kiev.
Des blindés russes à la frontière ukrainienne. Photo : Radio-Canada/Alexey Sergeev
Le facteur climatique pourrait jouer un rôle décisif dans l’invasion russe de l’Ukraine, avec l’arrivée attendue de la « raspoutitsa » , phénomène saisonnier qui voit la terre ferme se muer en boue collante redoutable pour les véhicules militaires, selon des spécialistes.
Ce terme russe, qui signifie le temps des mauvaises routes, est une réalité bien connue en Ukraine, en Russie et au Bélarus, où le radoucissement des températures et la fonte des neiges au printemps, tout comme les fortes pluies de l’automne, se traduisent par plusieurs semaines de gadoue, deux fois par an.
Avant même que la raspoutitsa n’ait commencé, les images de chars et de véhicules militaires russes embourbés en Ukraine pullulent sur les réseaux sociaux.
Il y a déjà eu beaucoup de situations dans lesquelles des chars russes et d’autres véhicules sont passés par les champs et ont été bloqués. Les soldats ont été obligés de les abandonner et de continuer à pied, affirme à l’AFP l’analyste militaire ukrainien Mykola Beleskov.
Ce problème existe, et il va s’aggraver, ajoute-t-il, au sujet de l’arrivée de cette débâcle des fameuses terres noires, ou tchernozioms, qui ont fait la richesse agricole de l’Ukraine et des régions voisines entre le Don et la Volga.
L’expérience de Napoléon et d’Hitler
Les troupes de Napoléon en ont fait la pénible expérience, retardées lors de leur retraite de Russie fin 1812 au point d’être rattrapées par les rigueurs de l’hiver.
Sur le front Est pendant la Deuxième Guerre mondiale, si les grandes opérations mécanisées étaient presque complètement arrêtées pendant les grandes pluies d’automne ou lors des dégels du printemps à cause de la célèbre raspoutitsa, la boue des plaines russes, elles reprenaient en hiver, lorsque les sols avaient à nouveau durci, expliquait l’historien Laurent Henninger dans la revue Défense nationale en 2015.
C’est avec l’arrivée de l’hiver 1941 que Hitler put lancer sa grande offensive – ratée – destinée à prendre Moscou, soulignait-il dans un article au sujet de l’impact du facteur climatique sur la guerre.
Dans le sens inverse, la raspoutitsa a freiné la contre-offensive soviétique en 1943.
Rappels historiques : le dégel engendre une saison des boues (raspoutitsa) qui dure 3-4 semaines, et remonte du sud (Crimée) vers le nord en quelques jours jusqu’au Bélarus. En 1942, elle a débuté vers le 21 mars. En 1943, le 18 mars. En 1944, le 17 mars, indique sur Twitter l’historien militaire Cédric Mas.
Le temps ne joue pas en faveur de Poutine, estimait-il dimanche, relevant, outre les sanctions et l’isolement diplomatique de la Russie, que la météo va se dégrader prochainement avec la raspoutitsa.
Le début du printemps est un mauvais moment pour envahir l’Ukraine, écrivait le professeur en stratégie de sécurité nationale Spencer Meredith dans un article publié à quelques jours du début de l’invasion par le Modern War Institute de la prestigieuse académie militaire américaine de West Point.
Normalement, à la mi-février, les routes sont recouvertes de couches de glace et de neige compactes, qui fondent ensuite pour révéler un champ de mines de nids-de-poule, soulignait-il.
Le climat, atout pour l’Ukraine
Cette année, selon les dernières prévisions, le phénomène devrait se manifester à partir de la mi-mars.
Pour les troupes russes, la situation va empirer à mesure que le temps se réchauffe et que les pluies commencent, confirme Mykola Beleskov. Elles vont se retrouver clouées au sol, poursuit-il.
La raspoutitsa, rendant les sols boueux, canalise les opérations sur le bitume des routes et des rues, relevait la semaine dernière l’historien militaire Michel Goya dans la revue LeGrandContinent. Une configuration qui contraint les forces d’invasion à progresser en colonnes sur les axes routiers, plus exposées aux problèmes logistiques ou aux attaques.
Le facteur climatique est un des principaux atouts de l’Ukraine face à la supériorité militaire russe, approuve Jason Lyall, spécialiste de la violence politique dans les guerres civiles et conventionnelles et enseignant à l’université américaine de Dartmouth.
Les quatre cavaliers de l’armée ukrainienne : le Javelin, le Stinger, la raspoutitsa et TikTok, résume-t-il sur Twitter, en référence aux lance-missiles antichars Javelin, aux missiles antiaériens Stinger et au réseau social largement utilisé pour rendre compte de la guerre.
Les cinq grands magasins parisiens (Galeries Lafayette, Printemps, BHV, Le Bon Marché et la Samaritaine) vont instaurer le contrôle du pass sanitaire à partir de lundi, a annoncé samedi la préfecture de police.
A ces enseignes très prisées des touristes s’ajoutent les centres commerciaux parisiens Italie 2, Centre Beaugrenelle et Vill’upmais aussi le centre commercial Aéroville à proximité de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, tous disposant d’une surface de plus de 20.000 m2.
Ces 9 centres commerciaux « devront exiger un passe sanitaire valide auprès de leurs clients ainsi que le port du masque », précise le communiqué.
La mesure est prise, selon la préfecture de Paris, « dans un souci de cohérence et d’harmonisation sur l’agglomération parisienne » et « en concertation avec les préfets de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et des Hauts-de-Seine ».
Dans le Val-de-Marne, huit centres commerciaux dont Belle Epine (Thiais), ainsi que deux magasins Ikéa, seront également concernés, selon un arrêté du préfet. Mais pas le centre Créteil Soleil.
Dans le Val-d’Oise, où « la situation s’est de nouveau dégradée ces dernières semaines », le pass sanitaire et le port du masque seront obligatoires à compter de lundi dans six centres commerciaux dont Les Trois Fontaines à Cergy, ainsi que dans les magasins Ikéa de Franconville et de Gonesse, détaille la préfecture du département.
Les préfets de Seine-Saint-Denis et des Hauts-de-Seine n’avaient pas encore publié d’arrêté samedi soir.
Mercredi le gouvernement a étendu l’usage du pass sanitaire aux commerces de plus de 20.000 m2 aux départements ayant un taux d’incidence supérieur à 200 pour 100.000 habitants sur une semaine.
« A Paris, si le taux d’incidence global reste légèrement en-deçà de 200 pour 100.000 habitants, il est largement supérieur dans les classes d’âge de 10 à 39 ans (343 dans la tranche d’âge de 20 à 29 ans) », justifie la préfecture.
Au total, 112 établissements de plus de 20.000 m2 seront concernés par le contrôle du pass sanitaire à partir de lundi en métropole, selon un décompte établi samedi par l’AFP sur la base d’arrêtés préfectoraux, quasiment tous dans la moitié sud de l’Hexagone et en région parisienne.
La décision d’instaurer un pass sanitaire reste entre les mains des préfets qui, selon la loi validée la semaine dernière par le Conseil constitutionnel, ne peuvent le faire si cela compromet « l’accès des personnes aux biens et services de première nécessité ainsi qu’aux moyens de transport ».
Le répit sera de courte durée puisque dans la nuit de jeudi à vendredi, une dépression en provenance du Colorado viendra visiter le Québec. Contrairement aux dépressions de l’Ouest canadien, dont l’air plus froid contient moins d’humidité, celle-ci risque d’apporter plus de précipitations.
La perturbation a de fortes probabilités d’amener des précipitations conséquentes, dépassant les 25 centimètres de neige par endroits, même s’il est encore trop tôt pour parler, avec certitude, de quantités. De son côté, le sud devrait recevoir de la pluie.
Mercure en yo-yo
Au passage de la première perturbation de la semaine, le front froid fera chuter les températures sous les normales de saison. Mais avec la remontée de la seconde dépression, l’influx d’humidité et les vents du sud-ouest feront grimper le thermomètre…
La remontée sera toutefois éphémère puisque la masse d’air froid fera une nouvelle descente pour cette fin de semaine. Pour les amateurs de températures positives, il s’agira probablement de la dernière descente de mars.
Quand la douceur est au rendez-vous en hiver, peut-on espérer qu’elle le soit également au printemps ? À en croire les liens entre ces saisons depuis 1942, on pourrait croire que oui !
« La meilleure recette pour connaître une saison douce ou chaude, c’est d’avoir au préalable un contexte de douceur : autrement dit, le chaud entraîne le chaud », commence Réjean Ouimet, expert météorologue à MétéoMédia.
Depuis 1990, le Québec a connu quatorze hivers doux. À neuf reprises, les printemps qui ont suivi furent également anormalement doux et ne furent froids que cinq fois. Toujours parmi ces quatorze hivers doux, dix d’entre eux ont laissé arriver le printemps plus hâtivement, tandis qu’il a fallu l’attendre plus longtemps qu’à l’accoutumée à quatre reprises.
Depuis 1942, les printemps suivants les hivers les plus doux de l’histoire ont été plus hâtifs. « Dans un cas sur deux, ils ont également été plus chauds », selon M. Ouimet. Notre expert souligne le cas de l’année 2010 : « cette année-là, l’hiver fut le 8e le plus chaud jamais enregistré ; et Montréal a vécu par la suite son printemps le plus chaud jamais enregistré ».
Pour Gaspé, les anomalies de douceur en hiver ont un peu moins d’impacts sur la tendance du printemps : la ville compte un peu plus d’une chance sur deux de connaître un printemps chaud après un hiver plus doux, soit 60 %.
En conclusion, à l’échelle de la province, un hiver doux est un bon présage pour le printemps… Mais, pour Réjean Ouimet, « la météo peut toujours nous surprendre : nous ne sommes pas à l’abri d’une mauvaise surprise de la part de mère Nature ».
Du soleil, un moral retrouvé, des étrangers qui reviennent alors que l’impact des attentats s’estompe, et un zest d' »effet Macron »: c’est le cocktail réussi du printemps touristique français.
« Nous avons fait un très, très, très bon mois d’avril », se réjouit Xavier Bailly, administrateur de l’abbaye du Mont Saint Michel, l’un des sites culturels les plus visités de France.
Sa fréquentation avait souffert après les attentats de novembre 2015 à Paris et juillet 2016 à Nice. Elle progresse de près de 7% depuis le début de l’année.
Le parc d’attraction du Futuroscope sur le thème des technologies, près de Poitiers, qui fête ses 30 ans, a battu « un record depuis l’an 2000 » en franchissant la barre des 20.000 visites en une journée, lors du vendredi de l’Ascension. « La météo est très favorable », souligne Dominique Hummel, le président du parc, qui enregistre une fréquentation en hausse de « 10% environ sur les quatre semaines des vacances scolaires d’avril ».
Aux Galeries Lafayette à Paris, on constate que « toute la clientèle étrangère -chinoise, russe, japonaise notamment- est revenue ».
Pour Christian Mantei, directeur général d’Atout France, l’agence de développement touristique du pays, « on est dans une dynamique très bonne » après l’année 2016 très difficile. « Il y avait eu un mieux en novembre-décembre, puis une accélération au premier trimestre », assure-t-il.
« Pour le deuxième trimestre, on peut dire qu’on sera au moins sur des scores de 2015, voire de 2014, en termes de fréquentation globale », soit un retour aux performances d’avant les attentats.
Il rappelle que les demandes de visas touristiques ont progressé de 32% de janvier à mars.
Les hôteliers français retrouvent le sourire. « La Côte d’Azur a fait le plein au pont de l’Ascension, avec un taux d’occupation de 90%, Paris a également bien marché, avec un taux de 80% », explique Laurent Duc, président de l’hôtellerie au sein de l’organisation professionnelle Umih.
« Les choses vont mieux » mais l’activité reste « en dents de scie », nuance cependant Philippe Leboeuf, directeur général du Mandarin Oriental, un palace parisien qui lui n’a « pas retrouvé les niveaux d’avant novembre 2015 ».
– « Effet Macron » –
Le redressement touche logiquement les locations entre particuliers. « Les ponts sont un vrai succès cette année (…) Quand on a un début de saison aussi dynamique c’est de très bon augure » pour l’été, assure Timothée de Roux, directeur général France de Abritel-HomeAway. « Les résultats de l’industrie du tourisme étaient très bons au premier trimestre et la bonne nouvelle c’est que cela se poursuit », commente Emmanuel Marill, directeur France de Airbnb.
Pour Didier Arino, directeur du cabinet d’études Protourisme, outre l’effet beau temps, on assiste à « un effet de rattrapage »: il y a des Français « qui partent cette année alors qu’ils n’étaient pas partis l’an dernier », aidés par une légère amélioration du pouvoir d’achat et un moral qui s’est redressé.
Quant au retour des étrangers, il est favorisé selon M. Arino par « une forme de fatalisme qui s’installe » quant au risque d’attentat, mais aussi par un « effet Macron ».
Le président Emmanuel Macron « n’a aucune politique touristique mais il a une bonne image à l’étranger et, à la limite, c’est peut-être plus efficace même si ce serait mieux d’avoir les deux », s’amuse-t-il.
L’expert se réjouit des « images extraordinaires » véhiculées par le président de la République depuis son élection le 7 mai. « Macron devant le Louvre ou qui reçoit Poutine à Versailles, ce sont les images d’une France glorifiée », souligne-t-il, en relevant le contraste avec les images relayées l’an dernier à la même période: pluie et inondations, grèves et manifestations contre la loi travail…
Le PDG de Voyageurs du monde, Jean-François Rial, perçoit « très clairement » un « effet Macron ». « Depuis que Macron a gagné, ça a repris encore plus fort qu’avant, comme si un vent d’optimisme très fort était ressenti par les gens », dit-il. « Il suffit de lire la presse internationale, c’est comme si la France avait retrouvé son lustre ».