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Côte d’Ivoire – Massacre de Duékoué : Amadé Ouérémi condamné à la prison à vie

avril 16, 2021
Amadé Ouérémi, ici lors de l’audience du 1er avril 2021, a été condamné à la perpétuité pour sa participation au massacre de Duékoué.

Amadé Ouérémi a été condamné à la prison à vie pour sa participation au massacre de plusieurs centaines de personnes à Duékoué en 2011. Mais en l’absence à la barre d’autres mis en cause, le procès, tant attendu et nécessaire par les victimes, semble incomplet.

Six jours de débats, 84 victimes parties civiles, 24 chefs d’accusation. À l’issue d’un procès qui s’est ouvert le 24 mars à Abidjan, Amadé Ouérémi a été condamné mercredi par le tribunal criminel à l’emprisonnement à vie pour son rôle dans l’attaque de la ville de Duékoué, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, les 28 et 29 mars 2011. Il a notamment été reconnu coupable de « crimes contre les populations », « pillages », « séquestrations », « coups et blessures volontaires » et « destructions de biens ».PUBLICITÉ

Selon la Croix-Rouge, plus de 800 habitants ont péri lors de cette charge sanglante sur fond de conflit politique et communautaire. Les témoins à la barre, des civils, ont décrit des scènes souvent insoutenables d’exécutions sommaires, de viols, de mutilations et d’incendies de leurs habitations.

Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur contre cet ancien réparateur de vélo né en 1964 dans le centre-ouest du pays, reconverti en planteur puis en trafiquant redouté, à la tête d’un groupe d’une centaine d’hommes basé dans la forêt du mont Péko. « Un signal fort pour qui voudrait s’adonner à des choses pareilles à l’avenir », a prévenu le magistrat.

Dix ans après la promesse d’Alassane Ouattara de faire toute la lumière sur les crimes commis pendant la crise postélectorale, c’est la première fois qu’un homme considéré par la justice ivoirienne comme le chef d’une milice impliquée directement dans un massacre est jugé.

Comme un aveu de culpabilité

Tout au long des débats et à plusieurs reprises, Adamé Ouarémi a désigné l’ancien comzone de Man Losseni Fofana, dit « Loss », et l’ancien commandant des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) pro-Ouattara de Kouibly, le lieutenant Coulibaly,  dit « Coul », comme ses supérieurs hiérarchiques, ceux lui ayant ordonné de fondre avec ses hommes sur le quartier Carrefour, où se trouvaient des combattants pro-Gbagbo. « Je n’ai pas commandé, dirigé, donné d’ordres. Je n’ai pas sorti les fusils, pas donné les balles, pas demandé aux [chasseurs] Dozos de m’aider », a-t-il soutenu à la barre, dans un français souvent très difficile à saisir.

Un Casque bleu à Duékoué protège des civils réfugiés près de l’église, le 18 mai 2011.

PLUSIEURS TÉMOINS ONT ASSURÉ L’AVOIR VU PENDANT L’ATTAQUE, CE QU’IL A TOUJOURS NIÉ

« Pour toute défense, [l’accusé] a demandé pourquoi il est le seul à être jugé alors qu’il avait répondu à des ordres de Coulibaly et du grand patron “Loss”. Ces accusations sont pour nous un aveu, il reconnait avoir pris une part active dans ce massacre », a plaidé Me Mohamed Sanogo Pongathie, l’avocat de trois organisations de défense des droits humains et de 82 victimes, décrivant Adamé Ouérémi comme un « brigand du mont Péko » devenu « un soldat du FRCI ». Plusieurs témoins ont assuré l’avoir vu pendant l’attaque, ce qu’il a toujours nié, assurant n’être arrivé sur les lieux que plus tard.

Lors de leurs auditions, lues par le président du tribunal, Fofana et Coulibaly ont affirmé qu’il ne connaissait pas l’accusé avant son arrestation, le 18 mai 2013, par les troupes du bataillon de sécurisation de l’Ouest (BSO), dirigé alors par Fofana. Ce dernier a été inculpé en 2015 par la justice ivoirienne, avec d’anciens chefs rebelles, pour son rôle supposé dans les crimes commis pendant la crise, sans que cela ne débouche sur la tenue d’un procès. En 2018, une amnistie a permis à plusieurs anciens comzones d’échapper à la justice.

« Un procès en catimini »

« J’ai espéré, tant espéré, pour la manifestation de la vérité dans cette affaire, pour que les responsabilités pénales soient clairement établies, que ces hommes comparaissent. Je suis désolée que l’on veuille ici faire porter le chapeau à ce monsieur frêle et analphabète pour ce qu’il s’est passé comme atrocités le 28 et 29 mars. (…) Des ombres planent sur cette affaire. Il a été instrumentalisé, lui est tous les membres de sa communauté [Amadé Ouérémi est né de parents burkinabé et a vécu au Burkina Faso]. (…) On l’a laissé faire, on l’a laissé accomplir les choses, car telles étaient les intentions des Forces républicaines de Côte d’Ivoire et des commanditaires tapis dans l’ombre », a martelé son avocate, Me Roselyne Aka Sérikpa, lors d’une plaidoirie très musclée.

D’AUTRES AUTEURS DE CRIMES EXISTENT, IL FAUT LES POURSUIVRE

« Le procès Ouérémi donne l’impression d’un petit procès fait dans un coin, en catimini, alors qu’il devrait être le premier d’une longue chaine pour raconter la crise postélectorale et non l’impunité en Côte d’Ivoire », estime un observateur avisé qui suit ce dossier depuis longtemps. Se pose désormais d’après lui «un problème de timing » : « À l’heure où le pays fait face à un défi sécuritaire majeur dans le nord, personne ne prendra le risque de déstabiliser l’armée».

Si Issiaka Diaby, le président du Collectif des victimes de Côte d’Ivoire (CVCI) se réjouit de « cette décision [qui] va permettre de soustraire un auteur de crimes à la société ivoirienne », il souhaite maintenant que « la lutte contre l’impunité continue » : « Cette décision prouve que la justice ivoirienne peut mieux agir que la Cour pénale internationale, qui a acquitté l’ancien président Laurent Gbagbo. Mais d’autres auteurs de crimes existent, il faut les poursuivre. 

Avec Jeune Afrique par Florence Richard – à Abidjan

Plus de 1800 détenus s’échappent après l’attaque d’une prison dans le sud-est du Nigeria

avril 5, 2021

Plus de 1800 détenus se sont échappés lundi 5 avril d’une prison de l’Etat d’Imo, dans le sud-est du Nigeria, après une attaque perpétrées par «des hommes armés», ont déclaré les services pénitentiaires nigérians.

«La prison d’Owerri (…) a été attaquée vers 02h15 du matin, lundi 5 avril, par des hommes armés non-identifiés et ont libéré de force 1.844 détenus», a indiqué Francis Enobore, le porte-parole des services pénitentiaires nigérian dans un communiqué, indiquant que les assaillants avaient utilisé des explosifs.

Par Le Figaro avec AFP

RDC : le pasteur Daniel Ngoy Mulunda condamné à trois ans de prison ferme

janvier 27, 2021
Daniel Ngoyi Mulunda, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni)

L’ancien président de la Ceni, par ailleurs proche de Joseph Kabila, a été condamné à trois ans de prison ferme pour incitation à la haine tribale.

Le verdict a été rendu le mardi 26 janvier, tard dans la soirée, en l’absence des avocats de l’accusé. Daniel Ngoy Mulunda, l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), a écopé de trois ans de prison ferme et été condamné au paiement d’une amende de 500 000 franc congolais pour « incitation à la haine tribale, propagation de faux bruits et atteinte à la sûreté intérieure de l’État ».

Ses avocats, dont Me Jean Mbuyu, ancien conseiller en matière de sécurité de Joseph Kabila, dénoncent une décision rendue « en catimini ».

« Vous devez arrêter avec les humiliations »

Mulunda était jugé par le tribunal de grande instance de Lubumbashi, mais son procès, qui s’est ouvert le 18 janvier, s’est déroulé dans l’enceinte de la prison de Kasapa. Ses défenseurs ont, à plusieurs reprises, soulevé des exceptions de procédure.

La justice congolaise reprochait à Ngoy Mulunda des propos tenus le 16 janvier devant des fidèles réunis en la Cathédrale John-Wesley de la Nouvelle église méthodiste, à Lubumbashi.
« S’ils ne veulent pas que le Katanga se coupe, ils doivent respecter nos dirigeants, et plus particulièrement notre leader, le président honoraire et sénateur à vie, Joseph Kabila », avait-il lancé, alors que la RDC rendait hommage à Laurent-Désiré Kabila, assassiné le 16 janvier 2001. « Vous devez arrêter avec les humiliations, vous ouvrez les valises d’un ancien chef de l’État à l’aéroport et vous publiez sur les réseaux sociaux », avait-il ajouté.

En tant que président de la Ceni, c’est Daniel Ngoy Mulunda qui avait organisé les élections générales de 2011. Plusieurs organisations avaient à l’époque déploré des irrégularités ayant entaché le scrutin qui avait abouti à la réélection de Joseph Kabila pour un second mandat de cinq ans.

Avec Jeune Afrique Stanis Bujakera Tshiamala

Quatre ans de prison pour une journaliste-citoyenne chinoise ayant couvert l’épidémie à Wuhan

décembre 28, 2020

QUATRE ANS DE PRISON POUR UNE JOURNALISTE-CITOYENNE CHINOISE AYANT COUVERT L'ÉPIDÉMIE À WUHAN

© Reuters/TYRONE SIU

SHANGHAI (Reuters) -Une journaliste-citoyenne chinoise qui a couvert l’épidémie de coronavirus au début de l’année à Wuhan, dans le centre de la Chine, a été condamnée lundi à quatre ans de prison pour « provocation de troubles », a annoncé son avocat.

Zhang Zhan, qui est âgée de 37 ans, est la première personne à avoir été jugée pour avoir informé de la situation au plus fort de la crise sanitaire, en début d’année.

Elle fait partie d’un petit groupe d’individus dont les récits sur les hôpitaux surchargés et les rues vides de Wuhan ont décrit une situation plus dramatique que ce que les autorités chinoises disaient à l’époque.

« Nous ferons probablement appel », a ajouté son avocat, Ren Quanniu. « Mme Zhang estime qu’elle est persécutée pour avoir exercé sa liberté d’expression », avait-il dit avant son procès qui s’est tenu à Shanghai sept mois après son arrestation.

Les journalistes étrangers n’ont pas eu le droit d’accéder à l’intérieur du tribunal « en raison de l’épidémie », selon l’explication officielle qui leur a été fournie.

Kenneth Roth, directeur exécutif basé à Genève de l’ONG Human Rights Watch, a souligné pour sa part que le calendrier choisi par la Chine pour ce procès était révélateur.

« Le choix de cette période assoupie entre Noël et le Nouvel An laisse entendre que Pékin est gêné de condamner la journaliste-citoyenne Zhang Zhan à quatre ans de prison pour avoir tenu la chronique d’une version non censurée de l’épidémie de coronavirus à Wuhan », a-t-il tweeté.

Ancienne avocate vivant à Shanghai, Zhang Zhan est arrivée à Wuhan, épicentre de la pandémie dans la province du Hubei, le 1er février dernier.

Elle a mis en ligne sur YouTube de courtes interviews avec des habitants mais aussi des commentaires et des images d’un crématorium, d’hôpitaux et de l’Institut de virologie de la ville.

Arrêtée à la mi-mai, elle a observé une grève de la faim à la fin du mois de juin mais, selon son avocat, a été nourrie de force. Son état de santé est préoccupant: elle souffre notamment de maux de tête, de vertiges, de douleurs au ventre et sa pression artérielle est basse.

D’autres journalistes-citoyens ont également été portés disparus en Chine, parmi lesquels Fang Bin, Chen Qiushi et Li Zehua.

Aucune information concernant Fang Bin n’est disponible. Li Zehua est réapparu en avril dans une vidéo mise en ligne sur YouTube dans laquelle il dit avoir été placé de force en quarantaine. Chen Qiushi a été libéré de prison mais selon un de ses amis vit sous surveillance et n’a plus parlé en public.

Les autorités chinoises ont censuré les témoignages et récits critiques sur leur réaction initiale à la crise sanitaire, et des avertissements ont été adressés à des médecins et à des lanceurs d’alerte.

Les médias officiels soulignent quant à eux que la Chine, sous la conduite du président Xi Jinping, a réussi à endiguer le virus.

Avec Reuters par (Brenda Goh avec Yew Lun Tian à Pékinversion française Henri-Pierre André, édité par Blandine Hénault)

Canada-Ontario: La COVID-19 se répand comme un feu de paille dans un pénitencier fédéral

décembre 17, 2020

  Les visites sont suspendues dans les pénitenciers ontariens depuis mercredi.

© /Shutterstock Les visites sont suspendues dans les pénitenciers ontariens depuis mercredi.

Le Service correctionnel du Canada a annoncé jeudi que 80 détenus et 4 employés de l’Établissement de Joyceville, près de Kingston, avaient contracté le coronavirus.

L’éclosion s’est par ailleurs répandue ailleurs : cinq détenus de l’Établissement de Collins Bay à Kingston et trois autres de l’Établissement de Warkworth, à 130 kilomètres de là, ont aussi été déclarés positifs.

Un porte-parole du Service correctionnel a précisé dans une déclaration écrite qu’ils avaient séjourné précédemment à Joyceville, où ils auraient vraisemblablement été infectés.

Tous les détenus qui ont été récemment transférés de Joyceville vers un autre établissement sont placés en quarantaine, pour surveiller l’apparition de symptômes.

Des tests de dépistage sont proposés à tous les employés et détenus de ces prisons.

Le Service correctionnel avait suspendu mercredi les visites dans tous ses établissements en Ontario. Les appels téléphoniques et les vidéoconférences sont toujours autorisés.

Avec CBC/Radio-Canada d’après les informations de Sarh Kester

RDC : vers une évacuation sanitaire de Vital Kamerhe ?

novembre 25, 2020
Vital Kamerhe, le 11 novembre 2018 à Genève.

Le gouvernement évalue la possibilité d’évacuer à l’étranger l’ancien directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi. Condamné à 20 ans de prison pour détournement de fonds publics et corruption aggravée, Vital Kamerhe est actuellement soigné au centre hospitalier Nganda.

La santé de Vital Kamerhe, emprisonné depuis bientôt huit mois, s’est détériorée ces deux derniers jours. Au point que, pour la première fois, un membre de l’exécutif a évoqué son état. « Nous venons de voir M. Kamerhe, il n’est pas dans une situation très confortable », a alerté Bernard Takaïshe, vice-ministre de la Justice et membre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, le parti de Félix Tshisekedi), après avoir rendu visite à l’ancien président de l’Assemblée nationale au centre hospitalier Nganda, à Kinshasa.

Évacuation « si nécessaire »

« Il est sérieusement malade, et ça nécessite qu’il puisse bénéficier de soins appropriés pour que sa situation s’améliore. Sinon, ça risque d’être une catastrophe, a-t-il mis en garde. Nous allons devoir étudier les choix possibles. S’il est nécessaire de le faire évacuer, on n’hésitera pas, compte tenu de son état de santé ».

Le parti de Vital Kamerhe, l’Union pour la nation congolaise (UNC), n’a pas souhaité commenté ces déclarations. Le secrétaire général du parti, Aimé Boji, a cependant insisté pour que les autorités agissent « vite ».

Victime de plusieurs malaises alors qu’il était en cellule à la prison centrale de Makala, Vital Kamerhe a été admis le 23 août au centre hospitalier Nganda. Dans un rapport du 20 avril auquel Jeune Afrique a eu accès, les soignants de la clinique Médecins de nuit, qui ont examiné Kamerhe après sa mise en détention, le 8 avril, ont noté que leur patient, « tabagique » depuis une trentaine d’années, devait être classé dans la catégorie des personnes à risque très élevé face au Covid-19.

Ils y précisent notamment que Vital Kamerhe souffre d’une forme grave d’hypertension artérielle : la cardiopathie hypertensive. Celle-ci vient s’ajouter à une maladie respiratoire chronique, un « esyndrome post-phlébitique unilatéral du membre inférieur gauche », des « palpitations non tolérées » et un « syndrome vertigineux » que les soignants conseillent d’« investiguer ».

En attente du procès en appel

Vital Kamerhe, qui est toujours formellement le directeur de cabinet du chef de l’État congolais – Désiré-Cashmir Kolongele Eberande est directeur de cabinet intérimaire – a été condamné à 20 ans de travaux forcés et 10 ans d’inégibilité pour détournement de fonds publics et corruption aggravée par le tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe, en juin dernier.

Avec son coaccusé, l’entrepreneur libanais Samih Jammal, Vital Kamerhe a été reconnu coupable du détournement de près de 50 millions de dollars destinés au financement de maisons préfabriquées prévu dans le programme d’urgence des 100 jours lancé par le chef de l’État après son investiture début 2019. Son procès en appel devait s’ouvrir le 2 octobre, mais le dossier a été renvoyé sine die, le temps que soit tranché un recours devant la Cour de cassation.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamal

Canada-Québec: La plus grosse éclosion en milieu carcéral à Trois-Rivières

novembre 1, 2020
Le centre de détention de Trois-Rivières est actuellement le plus important foyer d’éclosions de cas de COVID-19 de la province en milieu carcéral régie par Québec, avec un total de 33 cas actifs. C’est sept de plus que la veille. Près de 10 % des personnes incarcérées ont contracté la maladie.

Par mesure de sécurité, les nouveaux détenus sont placés en quarantaine quatorze jours avant d'intégrer le reste de la population carcérale.

© JEF/Radio-Canada Par mesure de sécurité, les nouveaux détenus sont placés en quarantaine quatorze jours avant d’intégrer le reste de la population carcérale.Chez les employés, sept agents correctionnels sont toujours infectés par la maladie. Sept employés sont maintenant guéris. Environ 15 employés ont été de retirés de façon préventive et sont présentement en quarantaine.

Un seul autre centre de détention québécois est présentement en éclosion au Québec. La prison de Hull compte actuellement six prisonniers qui sont porteurs de la maladie.

Un détenu avait dénoncé les conditions sanitaires déficientes à l’intérieur de la prison, samedi dernier.

Depuis le reportage de Radio-Canada, du papier brun et du savon seraient maintenant accessibles aux détenus pour augmenter les mesures d’hygiène, nous indique sa famille.

Les détenus ne sont pas retournés travailler dans l’aile problématique.

D’ailleurs, la santé publique compte 94 nouveaux cas dans la région sanitaire depuis 24 heures.

Une autre éclosion prend aussi de l’ampleur dans la région. Le manège militaire de Shawinigan recense 16 cas actifs.

Avec CBC/Radio-Canada

RDC-Kinshasa/Prison centrale de Makala : la FBCP déplore des morts en cascade

octobre 20, 2020

L’ONG accuse les autorités pénitentiaires de ne rien faire pour éviter cette situation catastrophique.

Dans son communiqué du 20 octobre, la Fondation Bill-Clinton pour la paix (FBCP) indique que la prison centrale de Makala serait devenue un mouroir. Cette ONG de défense des droits de l’homme établie en RDC affirme avoir dénombré, dans son monitoring sur la situation des détenus dans les prisons et maisons carcérales de la RDC, huit décès parmi les prisonniers et détenus préventifs, en moins d’une semaine, au sein de la prison centrale de Makala. «  Après les cinq cas de décès dénoncés il y a trois jours, aujourd’hui encore trois détenus ont succombé a la prison centrale de Makala, qui est devenue un mouroir pour les détenus », a expliqué cette organisation.

Indiquant que deux de ces décès ont été enregistrés dans le pavillon 5, la FBCP annonce que deux autres détenus de ce même pavillon sont entre la vie et la mort. « Ils ont été évacués à l’hôpital sanatorium », a fait savoir l’ONG. Pour la FBCP, les causes de ces décès sont notamment la promiscuité dans laquelle les détenus vivent ces derniers temps ainsi que le manque de nourriture et des soins médicaux. « La prison n’ayant pas des moyens pour la prise en charge des détenus, et les priver en même temps des visites familiales, nous concluons que les autorités pénitentiaires ont une volonté délibérée de tuer les détenus à petit feu », a alerté cette association. Et de noter que l’une des victimes aurait même été en dépassement de sa peine, tout simplement parce que le greffier lui exigeait une somme pour procéder à sa libération.

Les droits de se faire soigner en dehors de la prison

Dans un communiqué précédent, la FBCP a fait savoir qu’après le directeur du cabinet du chef de l’Etat congolais, Vital Kamerhe, qui est hospitalisé au centre Nganda, l’homme d’affaires libanais Jammal Samith venait également d’être évacué, le 19 octobre, à l’hôpital de Kintambo. L’ONG dit estimer que chaque prisonnier ou détenu préventif a le droit de se faire soigner en dehors de sa cellule, selon la recommandation médicale d’un médecin. L’association émet le souhait que cette faveur soit accordée à tous les prisonniers et détenus préventifs sans distinction aucune.

La FBCP, qui fait savoir qu’il y a longtemps que l’ex-ministre provincial chargé de l’Intérieur de Kinshasa, Dolly Makambo, est en dehors de la prison pour raison de santé, regrette que certaines personnes ne bénéficient pas de cette faveur. « Malheureusement, ce n’est pas la cas : alors que nous avons plusieurs cas des malades qui sont encore en prison sans moyens de quitter leurs cellules pour se faire soigner », a souligné la FBCP. Et de faire remarquer que les prisonniers  de l’ancien  régime ne supportent pas d’être détenus en prison. Pourtant ils étaient à la base de la surpopulation des prisons.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC : l’État islamique revendique l’évasion spectaculaire à la prison de Béni

octobre 20, 2020
Des soldats des FARDC à Béni, le 14 décembre 2018.

Plus d’un millier de détenus ont fui la prison centrale de Kangbayi, à Béni, dans l’est de la RDC, après une attaque menée ce mardi qui a été revendiquée par l’organisation État islamique.

Les circonstances de cette spectaculaire évasion restent encore floues. L’attaque a eu lieu vers 4 h du matin, heure locale, ce mardi. « La position militaire installée à proximité de la prison a été attaquée en même temps que les gardes qui se trouvaient à la porte » de celle-ci, a expliqué le maire intérimaire de Béni, Modeste Bakwanamaha, joint par Jeune Afrique. Les assaillants étaient « en grand nombre », a-t-il précisé, affirmant que seulement « une centaine de détenus » n’avaient pas profité de l’attaque pour prendre la fuite.

Selon plusieurs sources officielles, la prison centrale de Kangbayi comptait 1447 détenus au moment de l’attaque. Selon le directeur de la prison, cité par Kivu Security Tracer (KST), les détenus étaient des combattants des Forces démocratiques alliées (ADF), des membres de milices Maï-Maï et des soldats des Forces armées congolaises (FARDC). Selon la même source, « seuls 145 ne se sont pas enfuis », précisent les experts du KST.

Deux prisonniers ont été tués par balles, a précisé la police congolaise sur Twitter, affirmant que l’attaque avait été menée « par des rebelles ADF ».

Revendication de l’EI

Quelques heures après l’attaque, l’organisation État islamique (EI) a revendiqué l’attaque, à travers un communiqué publié par son « agence de presse » Amaq, ont indiqué les experts de SITE Intelligence group.

« Au vu de la nature des personnes qui y étaient retenues et des attaques répétitives contre cette maison carcérale dans le passé, la prison centrale de Béni était une cible privilégiée des assaillants et aurait bénéficiée d’une haute sécurité pour faire face aux attaques de forte ampleur », a dénoncé le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha). Le 11 juin 2017, prison centrale de Kangbayi avait en effet déjà été attaquée par des hommes armés présentés comme des ADF par les autorités. Ce jour-là, 930 détenus s’étaient évadés, et l’attaque avait fait onze morts.

La Lucha regrette en outre que cette évasion « renforce les bandes criminelles dans la région de Béni déjà fortement insécurisée » et souligne qu’elle a permis la fuite d’« auteurs de massacres dont on attendait depuis des années un procès public ».

Les autorités provinciales ont annoncé l’ouverture d’enquêtes sur les circonstances de cette évasion, afin que  « les auteurs soient arrêtés et répondent de leurs actes ». Selon une source sécuritaire qui s’est confiée à Jeune Afrique sous couvert d’anonymat, l’attaque aurait été permise grâce à des « complicités de certains officiers au sein de l’armée »

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

Un an de prison ferme pour la profanation d’un cimetière juif au Danemark

octobre 16, 2020
La justice danoise a condamné vendredi 16 octobre à un an de prison un homme de 39 ans aux sympathies néonazies pour la profanation du cimetière juif de Randers, dans l’ouest du pays. Son complice, âgé de 28 ans, a également été condamné pour racisme mais sa peine n’a pas encore été rendue publique dans l’attente d’examens complémentaires.

«Les deux hommes ont été reconnus coupables de profanation de sépulture et de vandalisme aggravé au cimetière juif de Randers», a indiqué la police dans un communiqué. En novembre 2019, 81 ans après la Nuit de cristal, durant laquelle synagogues et magasins juifs ont été détruits par les nazis en Allemagne, plus de 80 pierres tombales avaient été peintes de graffitis verts et certaines pierres tombales renversées.

Les deux hommes sont également reconnus coupables de vandalisme à deux autres occasions: ils avaient, d’une part, recouvert de peinture un bâtiment dont la façade est décorée de deux étoiles de David et, d’autre part, d’avoir repeint un banc aux couleurs de l’arc-en-ciel en y ajoutant des autocollants du logo du groupuscule néonazi du Mouvement de la résistance nordique (NMR).

Membre dirigeant d’une organisation «nationale-socialiste révolutionnaire»

Ces «actions étaient un message dont l’objectif était de menacer, insulter ou dégrader certains groupes en raison de leur foi, de leur origine ethnique et de leur orientation sexuelle», a indiqué la procureure Cathrine Brunsgaard Jacobsen, citée dans le communiqué.

L’homme de 39 ans est considéré par le Parquet comme un membre dirigeant de la branche danoise du NMR, fondée en 2017 d’après leur site internet. Cette organisation «nationale-socialiste révolutionnaire», née en Suède en 1997, est présente dans l’ensemble des pays nordiques mais a été récemment interdite en Finlande car ses activités constituaient un «abus de droit» face à la protection de la liberté d’expression ou de réunion en vigueur dans le pays.

Au Danemark, le nombre d’actes antisémites a augmenté de 50% entre 2017 et 2018, selon des chiffres de la communauté juive en 2019. En 2015, la grande synagogue de Copenhague avait été la cible d’un attentat qui avait fait un mort. Un Danois d’origine palestinienne de 22 ans, Omar El-Hussein, avait tué deux personnes et blessé cinq policiers le 14 février 2015 en attaquant une conférence sur la liberté d’expression, puis la synagogue.

Par Le Figaro avec AFP