Posts Tagged ‘Prison’

Au Japon, deux Américains condamnés à de la prison pour avoir aidé Carlos Ghosn à fuir

juillet 19, 2021

Les deux hommes, un père et son fils, avaient été arrêtés en mai 2020 aux Etats-Unis, puis extradés au Japon en février 2021. Ils ont respectivement été condamnés à vingt-quatre et vingt mois de prison.

Michael Taylor photographié à l’aéroport d’Istanbul, le 17 janvier 2020
Michael Taylor photographié à l’aéroport d’Istanbul, le 17 janvier 2020 HANDOUT / AFP

Deux Américains ont été condamnés, lundi 19 juillet, à deux ans de prison pour le premier, un an et huit mois pour le second, par un tribunal à Tokyo. Il leur est reproché d’avoir aidé Carlos Ghosn à fuir le Japon fin 2019.

Michael Taylor, soixante ans, qui a écopé de la peine la plus lourde, et son fils Peter Taylor, vingt-huit ans, étaient jugés depuis le mois dernier à Tokyo dans cette affaire retentissante, ayant ridiculisé les autorités japonaises. Tous deux avaient reconnu les accusations pesant contre eux et s’étaient excusés devant la cour, disant regretter leurs actes. Ils avaient aussi assuré n’avoir pas agi par appât du gain.

Carlos Ghosn avait réussi à fuir le Japon, caché dans un caisson de matériel audio. Au début du mois de juillet, le parquet avait requis deux ans et dix mois de prison contre Michael Taylor, ancien membre des forces spéciales américaines, et deux ans et demi pour son fils. Leurs avocats avaient plaidé pour des peines avec sursis, arguant notamment que Carlos Ghosn était le principal instigateur de toute l’opération, et que les Taylor avaient déjà passé dix mois en détention provisoire aux Etats-Unis avant d’être extradés au Japon.

500 000 dollars en bitcoins

Résidant en permanence au Liban depuis sa fuite, l’ancien grand patron de Nissan et Renault est hors de portée de la justice japonaise car le pays n’extrade pas ses ressortissants. Les Taylor avaient été arrêtés aux Etats-Unis en mai 2020, puis extradés au Japon en mars de cette année pour y être jugés. Un autre complice présumé, un homme d’origine libanaise du nom de George-Antoine Zayek, est toujours recherché.

Le juge principal, Hideo Nirei, a souligné lundi qu’il s’agissait d’un « crime grave », car la perspective de voir un jour M. Ghosn jugé au Japon s’est évaporée. « Les deux accusés ont mené à bien une fuite à l’étranger sans précédent » et ont joué un rôle proactif dans cette opération, a poursuivi le juge. M. Nirei a aussi estimé que les complices avaient été motivés par de l’argent, et non parce que Michael Taylor a, via son épouse, de lointaines relations de parenté avec la famille de M. Ghosn au Liban.

Les Taylor avaient reçu de l’entourage de M. Ghosn plus de 860 000 dollars pour préparer et financer l’opération, la moitié environ ayant servi à louer des jets privés. Ils avaient ensuite touché l’équivalent de 500 000 dollars en bitcoins pour payer leurs frais d’avocats, selon les enquêteurs.

Procès en cours

A la fin de l’année 2019, Carlos Ghosn était en liberté sous caution à Tokyo. Il avait l’interdiction de quitter le Japon dans l’attente d’un procès pour malversations financières présumées quand il était à la tête de Nissan. M. Ghosn a toujours clamé son innocence sur ce dossier.

Le 29 décembre 2019, après avoir voyagé incognito de Tokyo à Osaka en shinkansen, le train à grande vitesse japonais, il s’était caché dans un gros caisson percé de petits trous discrets pour lui permettre de respirer. M. Ghosn avait ainsi échappé aux contrôles à l’aéroport international du Kansai. Les contrôles de bagages n’étaient à l’époque pas obligatoires pour des passagers embarquant à bord d’un jet privé.

Dans la foulée, le Franco-libano-brésilien avait rejoint Beyrouth via Istanbul à bord de jets privés loués pour l’occasion. En février, trois personnes avaient été condamnées à plus de quatre ans de prison chacune par un tribunal d’Istanbul, en Turquie, dans cette affaire : un responsable d’une société turque de locations de jets, ainsi que deux pilotes.

La fuite de M. Ghosn n’a pas empêché l’ouverture, en septembre 2020, d’un procès pénal à Tokyo au sujet de rémunérations différées totalisant plusieurs dizaines de millions de dollars. Il était censé les toucher ultérieurement, mais sans que cela soit mentionné dans les rapports boursiers du groupe.

Un ancien responsable juridique de Nissan, Greg Kelly, qui avait été arrêté au Japon le même jour que M. Ghosn en novembre 2018, est toujours jugé dans cette affaire et encourt dix ans de prison, voire davantage. Cet Américain de soixante-quatre ans clame son innocence depuis le début, tandis que Nissan, jugé en tant que personne morale, a plaidé coupable. Les réquisitions dans ce procès sont programmées pour le 29 septembre, puis les plaidoiries de la défense pour le 27 octobre.

Par Le Monde avec AFP

Gabon : quinze ans de prison pour les auteurs du putsch raté de janvier 2019

juillet 1, 2021
Une capture d’écran de la vidéo dans laquelle le lieutenant Kelly Ondo Obiang appelle à la mise en place d’un « Conseil national de restauration » au Gabon, le 7 janvier 2019.

Trois militaires impliqués dans la tentative de coup d’État contre le président Ali Bongo Ondimba, qui avait rapidement échoué en janvier 2019, ont été condamnés, jeudi 1er juillet, à quinze ans de prison au Gabon.

Le lieutenant Kelly Ondo Obiang, membre de la Garde républicaine (GR), l’unité d’élite et garde prétorienne du président, ainsi que deux autres militaires qui avaient brièvement appelé en direct sur la télévision d’État au « soulèvement populaire », ont écopé de quinze ans de réclusion criminelle. Le procureur avait requis la prison à vie. Cinq gendarmes et un civil, co-accusés, ont été acquittés.

Ce verdict, relativement clément au regard des réquisitions et des chefs d’accusations, a été rendu au milieu de la nuit par la Cour spéciale militaire de Libreville. « Mes clients sont heureux, ils ont fait le V de la victoire à l’audience, c’est un juste milieu », a déclaré à l’AFP un de leurs avocats, Jean-Pierre Moumbembé, qui a tout de même déposé un pourvoi en cassation.

« Soldat de base »

Tôt dans la matinée du 7 janvier 2019, un petit groupe de militaires avait fait irruption dans les locaux de la Radio Télévision gabonaise (RTG) pour diffuser un message sur les ondes de la radio d’État et annoncer la mise en place d’un « Conseil national de restauration » dont le but était de « sauver la démocratie, préserver l’intégrité du territoire national et la cohésion nationale ». Mais ils n’avaient été suivis par personne et la tentative de putsch, menée pendant la convalescence d’Ali Bongo Ondimba, avait rapidement tourné court.

Deux putschistes avaient été abattus par les forces de sécurité. Peu connu par la présidence avant de mener cette tentative de putsch, Ondo Obiang, décrit comme un « soldat de base » relativement discret, avait pour sa part été arrêté avec les deux autres militaires condamnés.

Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire : Guillaume Soro condamné à la prison à perpétuité

juin 23, 2021
Guillaume Soro, le 28 janvier 2020 à Paris lors d’une intervention devant des journalistes.

L’ancien président de l’Assemblée nationale a été reconnu coupable d’« atteinte à la sûreté de l’État » et condamné par contumace à la prison à perpétuité.

Le tribunal criminel d’Abidjan a donc suivi les réquisitions du parquet. Ce mercredi 23 juin, Guillaume Soro a été condamné à une peine de prison à perpétuité pour « atteinte à la sûreté nationale », comme l’avait réclamé Richard Adou, le procureur de la République, une semaine plus tôt.

« Complot »

L’ancien Premier ministre et 19 de ses partisans étaient accusés de « complot », « tentative d’atteinte contre l’autorité de l’État » ainsi que de « diffusion et publication de nouvelles fausses jetant le discrédit sur les institutions et leur fonctionnement, ayant entraîné une atteinte au moral des population ».

En avril 2020, l’ancien président de l’Assemblée nationale avait déjà été condamné à vingt ans de prison ferme, 4,5 milliards de francs CFA d’amende et à la privation de ses droits civiques pour une période de cinq ans après avoir été reconnu coupable de recel de deniers publics détournés et de blanchiment de capitaux.

Le parquet l’accusait d’avoir acquis une villa à Marcory résidentiel, un quartier huppé d’Abidjan, en 2007, alors qu’il était Premier ministre, grâce à des fonds du trésor public ivoirien.

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

Canada-Québec: Un pasteur et sa femme en prison pour avoir maltraité leurs enfants

mai 19, 2021

Au palais de justice de Longueuil, mercredi, Carole Van Houtte et Mario Monette ont été respectivement condamnés à 4 et 5 ans d’emprisonnement pour voies de fait armées, séquestration et menaces exercées à l’encontre de six de leurs huit enfants, sur une période de 25 ans.

Mario Monette se cachait le visage à la veille de sa comparution, en février 2019.

© SPAL Mario Monette se cachait le visage à la veille de sa comparution, en février 2019.

Le juge Marc-Antoine Carette a imposé ces peines d’emprisonnement strictes au couple de sexagénaires afin qu’elles soient dissuasives» et qu’elles servent à dénoncer la maltraitance à l’encontre des enfants.

En rendant sa décision, le juge Carette a décrit que Mario Monette avait exercé un contrôle presque total» sur ses enfants, et qu’il leur a asséné jusqu’à quarante coups à la fois sur une période s’étendant sur un quart de siècle. Les coups étaient donnés à l’aide d’un bâton de bois tel qu’on en utilise pour brasser la peinture.

Certaines des victimes n’avaient que 3 ans lorsqu’elles ont commencé à être maltraitées.

Mario Monette disait recourir à une formule de correction éducative» pour punir ses enfants à la suite d’impolitesse ou de comportements jugés inappropriés, durant un service religieux, par exemple.

L’un des enfants a été séquestré dans le garage de la maison familiale des mois durant, ne sortant que pour aller à l’école, aux services religieux ou encore lorsque des visiteurs venaient à la maison.

Le juge Carette a noté que, durant son témoignage, Mario Monette a tenté de préserver son image de bon père de famille et de pasteur respecté». Une version que n’a pas retenue le magistrat, qui a plutôt jugé que M. Monette tentait de minimiser à la fois ses gestes et la fréquence des châtiments infligés à ses enfants.Le pasteur Mario Monette et son épouse, Carole Van Houtte.© Église biblique baptiste métropolitaine sud (site web) Le pasteur Mario Monette et son épouse, Carole Van Houtte.

Atroce, un enfer»

Le procès s’est déroulé simultanément dans deux salles d’audience du palais de justice de Longueuil parce que la famille est scindée en deux clans : l’un soutient encore les parents, tandis que l’autre, qui a témoigné durant les procédures judiciaires, les dénonce.

Pour décrire son enfance, Micaël Monette, l’un des enfants du couple a eu ces mots : ça a été atroce, un enfer».

M. Monette dit qu’il aurait préféré que ses parents reconnaissent d’eux-mêmes les faits. À la place, cela aura été un juge qui a pesé et soupesé pour arriver à une conclusion évidente», a-t-il dit.

Le fait d’avoir été entendu et cru par le tribunal est l’une des parties qui fait le plus de bien», a reconnu M. Monette.

Questionné sur le message qu’il aimerait transmettre à des personnes ayant vécu de la maltraitance et qui songent à révéler ce qu’elles ont vécu, M. Monette a répondu : une personne qui croit que ça peut lui apporter quelque chose, lui permettre de cheminer et d’avancer, je lui dirais :  »faites-le »».

M. Monette reconnaît qu’il garde des séquelles psychologiques de cette période de sa vie. Je fais un suivi et j’essaie de m’améliorer en tant qu’humain», a-t-il expliqué, la gorge nouée par l’émotion.

Une ex-fidèle remercie la justice

Lyne Sévigny dit avoir fréquenté l’église de M. Monette pendant 20 ans. Je remercie la justice au Québec, je remercie le travail des enquêteurs», a-t-elle déclaré avec fermeté en commentant les peines d’emprisonnement du pasteur et de sa conjointe.

Mme Sévigny affirme qu’elle n’était pas dupe du jeu de dictateur et de manipulateur» de Mario Monette. Mais, pendant des années, j’étais prise au piège», a-t-elle affirmé.

Elle précise que, si elle avait su que des sévices étaient perpétrés au sein de la famille du pasteur, elle aurait agi avant».

Par Radio-Canada avec les informations de Geneviève Garon

CPI : Dominic Ongwen, l’ex-enfant soldat devenu chef de guerre, condamné à 25 de prison

mai 6, 2021
Dominic Ongwen à la Cour pénale internationale de La Haye le 6 décembre 2016.

La Cour pénale internationale a rendu son verdict, le 6 mai. Reconnu coupable de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, l’Ougandais purgera une peine de 25 ans de prison.

Les souvenirs d’Hellen sont encore très précis. C’était le 29 avril 2004. La nuit commençait à tomber lorsque des rebelles ont attaqué. Une trentaine d’éléments de l’Armée de résistance du Seigneur (la LRA de Joseph Kony) ont fait irruption dans le camp d’Odek, dans le nord de l’Ouganda, où vivaient entre 2 000 et 3 000 personnes déplacées. Certains des assaillants avaient moins de 15 ans.

Dès qu’elle a entendu les premiers coups de feu, Hellen Adong s’est réfugiée dans sa maison avec ses enfants. Mais un soldat de la LRA parvient à enfoncer la porte et la force à quitter le camp. Enlevée pendant 24 heures, elle finira par rentrer chez elle. L’un de ses enfants, un nouveau-né trop éprouvé par l’absence, mourra quelques jours plus tard.

Au total, dix civils seront tués au cours de cette attaque, et une quarantaine enlevés. Certains sous les yeux d’Hellen Adong, qui fait partie des quelque 130 personnes qui ont témoigné au procès de Dominic Ongwen devant la Cour pénale internationale (CPI). Celui-ci s’était ouvert le 6 décembre 2016 à La Haye.

Commandant du groupe rebelle

Les hommes qui ont attaqué le camp d’Odek, ont établi les juges de la CPI, agissaient sous les ordres de Dominic Ongwen, alors âgé de 29 ans. C’est lui qui a organisé l’assaut, ordonnant à enlèvements et pillages. Selon la Cour, il obéissait lui-même aux ordres de Joseph Kony, qui estimait que les habitants d’Odek devaient être punis « pour leur manque de soutien de la LRA ».

L’Ougandais purgera une peine de 25 années de prison pour cette attaque et celles d’autres camps de réfugiés. Le 4 février dernier, la chambre de première instance de la Cour l’avait reconnu coupable de 61 crimes au total pour des faits commis entre le 1er juillet 2002 et le 31 décembre 2005, alors qu’il était le commandant de la brigade Sinia de la LRA. Il a notamment été reconnu coupable de crimes sexuels et du crime de grossesse forcée, une première dans l’histoire de la CPI.

Le procès aura aussi permis de démontrer que Dominic Ongwen a recruté et utilisé des enfants soldats. Lui-même avait été kidnappé par la LRA sur le chemin de l’école alors qu’il n’était qu’un enfant. Sa mère aurait été tuée au cours de son enlèvement. Ongwen s’était finalement enfui du groupe rebelle en 2014, avant de se rendre aux membres de la Seleka, en Centrafrique, qui l’avait elle-même remis aux Américains. Il avait ensuite été transféré à La Haye en janvier 2015.

Victime et bourreau

La défense de ses avocats a précisément reposé sur l’histoire si particulière de l’accusé, à la fois victime de la LRA et responsable de crimes commis par la LRA. « La condamnation qui sera prononcée fera jurisprudence dans la manière dont la justice sera rendue pour les anciens enfants soldats », affirmait à Jeune Afrique l’un de ses conseils, Charles Taku, à quelques jours du verdict.

Le chef de guerre Joseph Kony, le 31 juillet 2006.

« Dominic Ongwen a souffert pendant des années de l’emprise de Joseph Kony, avait eu soin d’ajouter l’avocat. Son transfert à La Haye n’est que la continuation de tout ce qu’il a subi. » Pour ses défenseurs, les problèmes de santé mentale dont souffre leur client sont également à prendre en compte. Dominic Ongwen, qui a plusieurs fois menacé de se suicider au cours de son incarcération et qui souffre de stress post-traumatique, demeure très fragile psychologiquement, affirme Charles Taku, qui avait affirmé qu’il n’était pas en état d’assister au procès.

Les juges ont toutefois décidé que l’enfance de Dominic Ongwen ne l’exonérait pas de sa culpabilité, tout en reconnaissant qu’il avait «  beaucoup souffert ». « Nous ne nions pas que Dominic Ongwen a été victime d’un enlèvement lui-même, avait déclaré le premier substitut de la procureure, Benjamin Gumpert. Mais il ne peut être exonéré de ses crimes pour autant. » Le substitut avait alors dressé un parallèle avec les victimes de crimes sexuels qui se rendaient coupables, par la suite, de crimes similaires.

Dans une déclaration adressée à la Cour, l’accusé avait nié les crimes dont on l’accusait. « Je ne peux pas demander pardon à quiconque dans le nord de l’Ouganda alors que d’autres que moi étaient corrompus et encourageaient [cette guerre] », avait-il lancé.

Pouvoirs surnaturels

Autant d’arguments rejetés par les victimes. « Dans son jugement, la chambre indique clairement que Dominic Ongwen était capable de savoir ce qu’il faisait et l’implication de ses ordres », rappelle Paolina Massidda, qui représente plus de 1 500 victimes. Elle insiste sur la « cruauté » dont Dominic Ongwen a fait preuve : « Bien sûr, les traumatismes vécus enfant peuvent affecter les personnes adultes, mais chacun peut choisir d’y répondre d’une certaine manière. La gravité des crimes qu’il a commis doit être le seul élément pris en compte par la chambre. »

Pour ses avocats, Dominic Ongwen peut d’autant moins être reconnu coupable des crimes dont on l’accuse qu’il était persuadé, comme nombre de combattants de la LRA, que Joseph Kony disposait de pouvoirs surnaturels. « Il croyait que son chef était un esprit, qu’il pouvait lire les pensées des autres hommes ou entendre certaines conversations. Parfois, on lisait la peur dans ses yeux, j’imagine qu’il se disait alors que son chef était capable d’entendre ce qu’il nous racontait », a relevé l’un des experts chargé de l’analyse psychiatrique de l’accusé au cours du procès.

Charismatique, tout-puissant, Joseph Kony, qui exerçait une réelle emprise sur ses hommes, affirmait être possédé par des esprits supérieurs, lui permettant de prévoir le futur ou de guérir les malades. Selon les Nations unies, la LRA aurait tué plus de 100 000 personnes en Afrique centrale et enlevé plus de 60 000 enfants. Dominic Ongwen est le seul membre du groupe rebelle à avoir été jugé.

Joseph Kony est, quant à lui, considéré comme étant toujours en fuite et il fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI. Dans le cas d’Ongwen, la défense a déjà annoncé qu’elle allait faire appel.

Avec Jeune Afrique par Marième Soumaré

Côte d’Ivoire – Massacre de Duékoué : Amadé Ouérémi condamné à la prison à vie

avril 16, 2021
Amadé Ouérémi, ici lors de l’audience du 1er avril 2021, a été condamné à la perpétuité pour sa participation au massacre de Duékoué.

Amadé Ouérémi a été condamné à la prison à vie pour sa participation au massacre de plusieurs centaines de personnes à Duékoué en 2011. Mais en l’absence à la barre d’autres mis en cause, le procès, tant attendu et nécessaire par les victimes, semble incomplet.

Six jours de débats, 84 victimes parties civiles, 24 chefs d’accusation. À l’issue d’un procès qui s’est ouvert le 24 mars à Abidjan, Amadé Ouérémi a été condamné mercredi par le tribunal criminel à l’emprisonnement à vie pour son rôle dans l’attaque de la ville de Duékoué, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, les 28 et 29 mars 2011. Il a notamment été reconnu coupable de « crimes contre les populations », « pillages », « séquestrations », « coups et blessures volontaires » et « destructions de biens ».PUBLICITÉ

Selon la Croix-Rouge, plus de 800 habitants ont péri lors de cette charge sanglante sur fond de conflit politique et communautaire. Les témoins à la barre, des civils, ont décrit des scènes souvent insoutenables d’exécutions sommaires, de viols, de mutilations et d’incendies de leurs habitations.

Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur contre cet ancien réparateur de vélo né en 1964 dans le centre-ouest du pays, reconverti en planteur puis en trafiquant redouté, à la tête d’un groupe d’une centaine d’hommes basé dans la forêt du mont Péko. « Un signal fort pour qui voudrait s’adonner à des choses pareilles à l’avenir », a prévenu le magistrat.

Dix ans après la promesse d’Alassane Ouattara de faire toute la lumière sur les crimes commis pendant la crise postélectorale, c’est la première fois qu’un homme considéré par la justice ivoirienne comme le chef d’une milice impliquée directement dans un massacre est jugé.

Comme un aveu de culpabilité

Tout au long des débats et à plusieurs reprises, Adamé Ouarémi a désigné l’ancien comzone de Man Losseni Fofana, dit « Loss », et l’ancien commandant des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) pro-Ouattara de Kouibly, le lieutenant Coulibaly,  dit « Coul », comme ses supérieurs hiérarchiques, ceux lui ayant ordonné de fondre avec ses hommes sur le quartier Carrefour, où se trouvaient des combattants pro-Gbagbo. « Je n’ai pas commandé, dirigé, donné d’ordres. Je n’ai pas sorti les fusils, pas donné les balles, pas demandé aux [chasseurs] Dozos de m’aider », a-t-il soutenu à la barre, dans un français souvent très difficile à saisir.

Un Casque bleu à Duékoué protège des civils réfugiés près de l’église, le 18 mai 2011.

PLUSIEURS TÉMOINS ONT ASSURÉ L’AVOIR VU PENDANT L’ATTAQUE, CE QU’IL A TOUJOURS NIÉ

« Pour toute défense, [l’accusé] a demandé pourquoi il est le seul à être jugé alors qu’il avait répondu à des ordres de Coulibaly et du grand patron “Loss”. Ces accusations sont pour nous un aveu, il reconnait avoir pris une part active dans ce massacre », a plaidé Me Mohamed Sanogo Pongathie, l’avocat de trois organisations de défense des droits humains et de 82 victimes, décrivant Adamé Ouérémi comme un « brigand du mont Péko » devenu « un soldat du FRCI ». Plusieurs témoins ont assuré l’avoir vu pendant l’attaque, ce qu’il a toujours nié, assurant n’être arrivé sur les lieux que plus tard.

Lors de leurs auditions, lues par le président du tribunal, Fofana et Coulibaly ont affirmé qu’il ne connaissait pas l’accusé avant son arrestation, le 18 mai 2013, par les troupes du bataillon de sécurisation de l’Ouest (BSO), dirigé alors par Fofana. Ce dernier a été inculpé en 2015 par la justice ivoirienne, avec d’anciens chefs rebelles, pour son rôle supposé dans les crimes commis pendant la crise, sans que cela ne débouche sur la tenue d’un procès. En 2018, une amnistie a permis à plusieurs anciens comzones d’échapper à la justice.

« Un procès en catimini »

« J’ai espéré, tant espéré, pour la manifestation de la vérité dans cette affaire, pour que les responsabilités pénales soient clairement établies, que ces hommes comparaissent. Je suis désolée que l’on veuille ici faire porter le chapeau à ce monsieur frêle et analphabète pour ce qu’il s’est passé comme atrocités le 28 et 29 mars. (…) Des ombres planent sur cette affaire. Il a été instrumentalisé, lui est tous les membres de sa communauté [Amadé Ouérémi est né de parents burkinabé et a vécu au Burkina Faso]. (…) On l’a laissé faire, on l’a laissé accomplir les choses, car telles étaient les intentions des Forces républicaines de Côte d’Ivoire et des commanditaires tapis dans l’ombre », a martelé son avocate, Me Roselyne Aka Sérikpa, lors d’une plaidoirie très musclée.

D’AUTRES AUTEURS DE CRIMES EXISTENT, IL FAUT LES POURSUIVRE

« Le procès Ouérémi donne l’impression d’un petit procès fait dans un coin, en catimini, alors qu’il devrait être le premier d’une longue chaine pour raconter la crise postélectorale et non l’impunité en Côte d’Ivoire », estime un observateur avisé qui suit ce dossier depuis longtemps. Se pose désormais d’après lui «un problème de timing » : « À l’heure où le pays fait face à un défi sécuritaire majeur dans le nord, personne ne prendra le risque de déstabiliser l’armée».

Si Issiaka Diaby, le président du Collectif des victimes de Côte d’Ivoire (CVCI) se réjouit de « cette décision [qui] va permettre de soustraire un auteur de crimes à la société ivoirienne », il souhaite maintenant que « la lutte contre l’impunité continue » : « Cette décision prouve que la justice ivoirienne peut mieux agir que la Cour pénale internationale, qui a acquitté l’ancien président Laurent Gbagbo. Mais d’autres auteurs de crimes existent, il faut les poursuivre. 

Avec Jeune Afrique par Florence Richard – à Abidjan

Plus de 1800 détenus s’échappent après l’attaque d’une prison dans le sud-est du Nigeria

avril 5, 2021

Plus de 1800 détenus se sont échappés lundi 5 avril d’une prison de l’Etat d’Imo, dans le sud-est du Nigeria, après une attaque perpétrées par «des hommes armés», ont déclaré les services pénitentiaires nigérians.

«La prison d’Owerri (…) a été attaquée vers 02h15 du matin, lundi 5 avril, par des hommes armés non-identifiés et ont libéré de force 1.844 détenus», a indiqué Francis Enobore, le porte-parole des services pénitentiaires nigérian dans un communiqué, indiquant que les assaillants avaient utilisé des explosifs.

Par Le Figaro avec AFP

RDC : le pasteur Daniel Ngoy Mulunda condamné à trois ans de prison ferme

janvier 27, 2021
Daniel Ngoyi Mulunda, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni)

L’ancien président de la Ceni, par ailleurs proche de Joseph Kabila, a été condamné à trois ans de prison ferme pour incitation à la haine tribale.

Le verdict a été rendu le mardi 26 janvier, tard dans la soirée, en l’absence des avocats de l’accusé. Daniel Ngoy Mulunda, l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), a écopé de trois ans de prison ferme et été condamné au paiement d’une amende de 500 000 franc congolais pour « incitation à la haine tribale, propagation de faux bruits et atteinte à la sûreté intérieure de l’État ».

Ses avocats, dont Me Jean Mbuyu, ancien conseiller en matière de sécurité de Joseph Kabila, dénoncent une décision rendue « en catimini ».

« Vous devez arrêter avec les humiliations »

Mulunda était jugé par le tribunal de grande instance de Lubumbashi, mais son procès, qui s’est ouvert le 18 janvier, s’est déroulé dans l’enceinte de la prison de Kasapa. Ses défenseurs ont, à plusieurs reprises, soulevé des exceptions de procédure.

La justice congolaise reprochait à Ngoy Mulunda des propos tenus le 16 janvier devant des fidèles réunis en la Cathédrale John-Wesley de la Nouvelle église méthodiste, à Lubumbashi.
« S’ils ne veulent pas que le Katanga se coupe, ils doivent respecter nos dirigeants, et plus particulièrement notre leader, le président honoraire et sénateur à vie, Joseph Kabila », avait-il lancé, alors que la RDC rendait hommage à Laurent-Désiré Kabila, assassiné le 16 janvier 2001. « Vous devez arrêter avec les humiliations, vous ouvrez les valises d’un ancien chef de l’État à l’aéroport et vous publiez sur les réseaux sociaux », avait-il ajouté.

En tant que président de la Ceni, c’est Daniel Ngoy Mulunda qui avait organisé les élections générales de 2011. Plusieurs organisations avaient à l’époque déploré des irrégularités ayant entaché le scrutin qui avait abouti à la réélection de Joseph Kabila pour un second mandat de cinq ans.

Avec Jeune Afrique Stanis Bujakera Tshiamala

Quatre ans de prison pour une journaliste-citoyenne chinoise ayant couvert l’épidémie à Wuhan

décembre 28, 2020

QUATRE ANS DE PRISON POUR UNE JOURNALISTE-CITOYENNE CHINOISE AYANT COUVERT L'ÉPIDÉMIE À WUHAN

© Reuters/TYRONE SIU

SHANGHAI (Reuters) -Une journaliste-citoyenne chinoise qui a couvert l’épidémie de coronavirus au début de l’année à Wuhan, dans le centre de la Chine, a été condamnée lundi à quatre ans de prison pour « provocation de troubles », a annoncé son avocat.

Zhang Zhan, qui est âgée de 37 ans, est la première personne à avoir été jugée pour avoir informé de la situation au plus fort de la crise sanitaire, en début d’année.

Elle fait partie d’un petit groupe d’individus dont les récits sur les hôpitaux surchargés et les rues vides de Wuhan ont décrit une situation plus dramatique que ce que les autorités chinoises disaient à l’époque.

« Nous ferons probablement appel », a ajouté son avocat, Ren Quanniu. « Mme Zhang estime qu’elle est persécutée pour avoir exercé sa liberté d’expression », avait-il dit avant son procès qui s’est tenu à Shanghai sept mois après son arrestation.

Les journalistes étrangers n’ont pas eu le droit d’accéder à l’intérieur du tribunal « en raison de l’épidémie », selon l’explication officielle qui leur a été fournie.

Kenneth Roth, directeur exécutif basé à Genève de l’ONG Human Rights Watch, a souligné pour sa part que le calendrier choisi par la Chine pour ce procès était révélateur.

« Le choix de cette période assoupie entre Noël et le Nouvel An laisse entendre que Pékin est gêné de condamner la journaliste-citoyenne Zhang Zhan à quatre ans de prison pour avoir tenu la chronique d’une version non censurée de l’épidémie de coronavirus à Wuhan », a-t-il tweeté.

Ancienne avocate vivant à Shanghai, Zhang Zhan est arrivée à Wuhan, épicentre de la pandémie dans la province du Hubei, le 1er février dernier.

Elle a mis en ligne sur YouTube de courtes interviews avec des habitants mais aussi des commentaires et des images d’un crématorium, d’hôpitaux et de l’Institut de virologie de la ville.

Arrêtée à la mi-mai, elle a observé une grève de la faim à la fin du mois de juin mais, selon son avocat, a été nourrie de force. Son état de santé est préoccupant: elle souffre notamment de maux de tête, de vertiges, de douleurs au ventre et sa pression artérielle est basse.

D’autres journalistes-citoyens ont également été portés disparus en Chine, parmi lesquels Fang Bin, Chen Qiushi et Li Zehua.

Aucune information concernant Fang Bin n’est disponible. Li Zehua est réapparu en avril dans une vidéo mise en ligne sur YouTube dans laquelle il dit avoir été placé de force en quarantaine. Chen Qiushi a été libéré de prison mais selon un de ses amis vit sous surveillance et n’a plus parlé en public.

Les autorités chinoises ont censuré les témoignages et récits critiques sur leur réaction initiale à la crise sanitaire, et des avertissements ont été adressés à des médecins et à des lanceurs d’alerte.

Les médias officiels soulignent quant à eux que la Chine, sous la conduite du président Xi Jinping, a réussi à endiguer le virus.

Avec Reuters par (Brenda Goh avec Yew Lun Tian à Pékinversion française Henri-Pierre André, édité par Blandine Hénault)

Canada-Ontario: La COVID-19 se répand comme un feu de paille dans un pénitencier fédéral

décembre 17, 2020

  Les visites sont suspendues dans les pénitenciers ontariens depuis mercredi.

© /Shutterstock Les visites sont suspendues dans les pénitenciers ontariens depuis mercredi.

Le Service correctionnel du Canada a annoncé jeudi que 80 détenus et 4 employés de l’Établissement de Joyceville, près de Kingston, avaient contracté le coronavirus.

L’éclosion s’est par ailleurs répandue ailleurs : cinq détenus de l’Établissement de Collins Bay à Kingston et trois autres de l’Établissement de Warkworth, à 130 kilomètres de là, ont aussi été déclarés positifs.

Un porte-parole du Service correctionnel a précisé dans une déclaration écrite qu’ils avaient séjourné précédemment à Joyceville, où ils auraient vraisemblablement été infectés.

Tous les détenus qui ont été récemment transférés de Joyceville vers un autre établissement sont placés en quarantaine, pour surveiller l’apparition de symptômes.

Des tests de dépistage sont proposés à tous les employés et détenus de ces prisons.

Le Service correctionnel avait suspendu mercredi les visites dans tous ses établissements en Ontario. Les appels téléphoniques et les vidéoconférences sont toujours autorisés.

Avec CBC/Radio-Canada d’après les informations de Sarh Kester