Posts Tagged ‘Prison’

Roumanie: décès en prison du commandant de « l’enfer du silence » communiste

novembre 5, 2018

Un ancien chef de prison communiste, Alexandru Visinescu, premier Roumain condamné à 20 ans de réclusion pour « crimes contre l’humanité », est mort derrière les barreaux lundi à l’âge de 93 ans, a annoncé l’administration pénitentiaire.

M. Visinescu avait été reconnu coupable en 2016, plus de 25 ans après la chute du régime communiste et du dictateur Nicolae Ceausescu, d’avoir soumis à un « régime d’extermination » les détenus politiques de l’un des pénitenciers les plus terribles de la Roumanie communiste, à Ramnicu Sarat (est).

Au moins quatorze détenus sont morts pendant qu’il dirigeait l’établissement, entre 1956 et 1963, dans cette prison surnommée l' »enfer du silence », où chaque prisonnier était enfermé seul dans une cellule, soumis à des sanctions cruelles et interdit d’adresser la parole à qui que ce soit.

Décrit comme une « brute » lors du procès, le premier du genre en Roumanie, M. Visinescu n’avait jamais exprimé de regrets ou demandé pardon aux victimes, affirmant avoir simplement « obéi aux ordres » de ses supérieurs et respecté les lois en vigueur.

Un autre ancien tortionnaire communiste, Ioan Ficior, pour sa part condamné en 2017 à 20 ans de réclusion pour « crimes contre l’humanité », est mort en prison en septembre.

La justice roumaine avait longtemps rechigné à se pencher sur les crimes du communisme avant d’accepter les premières plaintes visant des commandants de prison, plus de 20 ans après la chute de ce régime.

Au total, plus de 600.000 Roumains ont été condamnés et emprisonnés pour des motifs politiques entre 1945 et 1989, selon le Musée mémorial des victimes du communisme de Sighet.

Romandie.com avec(©AFP / (05 novembre 2018 16h36)                                                        

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USA: l’ex-parrain de la pègre de Boston retrouvé mort dans sa cellule

octobre 30, 2018

Washington – L’ancien parrain de la mafia de Boston, James « Whitey » Bulger, inspiration de nombreux films, a été retrouvé mort mardi dans une prison de Virginie occidentale, plusieurs médias américains affirmant qu’il avait été assassiné.

Selon le ministère américain de la Justice, Bulger est mort dans sa cellule de la prison fédérale de haute sécurité de Hazelton, à Bruceton Mills, où il venait d’être transféré.

James Bulger, 89 ans, a été « retrouvé inanimé dans sa cellule vers 08H20 » (12H20 GMT), a indiqué le Bureau fédéral des prisons dans un communiqué.

Le FBI a ouvert une enquête, a-t-il ajouté, sans donner d’indication sur les causes de la mort.

Selon plusieurs médias américains, l’homme qui fut longtemps l’un des criminels les plus recherchés par le FBI, avec une prime de 2 millions de dollars pour quiconque aiderait à le retrouver, a été assassiné.

Les enquêteurs soupçonnent un co-détenu lui aussi lié à la mafia, selon des sources citées par le Boston Globe.

Parrain tout-puissant de Boston entre les années 1970 et 1990, avec la complicité d’autorités corrompues, Bulger avait été arrêté près de Los Angeles en 2011 après seize ans de cavale.

Il été jugé à l’été 2013, reconnu coupable de onze meurtres et condamné à la réclusion à perpétuité.

« Nous avons appris, ce matin, la mort de James +Whitey+ Bulger. Nos pensées vont à ses victimes et à leurs familles », a réagi dans un communiqué Andrew Lelling, procureur fédéral du Massachusetts.

Le pénitencier USP Hazelton, où était détenu James Bulger, est situé à 300 km environ au sud-est de Washington et abrite près de 1.300 détenus.

Personnage complexe, à la fois gangster et informateur du FBI, cruel et charismatique, Bulger a fait l’objet de dizaines de livres, et a inspiré le personnage incarné par Jack Nicholson dans le film « Les Infiltrés » de Martin Scorsese (2006), ou celui joué par Johnny Depp dans le polar « Strictly criminal » (2015).

Américain aux racines irlandaises, Bulger régnait sur les quartiers sud de Boston à une époque où ils n’avaient pas encore été embourgeoisés. Les environs du port fourmillaient encore de bars aux personnages louches, où aucune personne de bonne famille n’osait s’aventurer.

A l’époque, le FBI peinait tant face à la mafia qu’il aidait même Bulger à tuer ses rivaux, lui permettant ainsi d’assurer sa prééminence sur la ville, soulignait le Boston Globe.

C’est aussi un agent du FBI qui préviendra Bulger en 1995 de son inculpation imminente, lui permettant de prendre la fuite avant l’arrivée de la police.

Lors de son arrestation en 2011, il vivait avec sa petite amie dans un appartement à deux pas de la plage de Santa Monica.

Sa cruauté et son cynisme étaient légendaires. Son procès avait révélé qu’il pouvait tuer ses ennemis à la pioche, leur tirer une balle entre les yeux, étrangler les femmes qui menaçaient de le trahir en arrachant leurs dents pour empêcher leur identification. Et aller faire une sieste juste après avoir assassiné froidement des rivaux.

Il se présentait également comme le protecteur de ces quartiers, assurant les préserver de la drogue alors même que son procès avait révélé qu’il en avait inondé les quartiers sud.

Si le film « Les Infiltrés » présentait Bulger comme un monstre, « Strictly Criminal », avec également Kevin Bacon et Benedict Cumberbatch en co-stars, s’attardait sur la relation de Bulger avec un ami d’enfance devenu agent du FBI. Bulger l’aidera à arrêter ses rivaux italiens en échange de son emprise renforcée sur un territoire élargi.

Romandie.com avec(©AFP / 30 octobre 2018 20h13)                                                        

Le médecin de la secte d’un nazi au Chili n’ira pas en prison en Allemagne

septembre 25, 2018

Photo d’Hartmut Hopp prise au Chili le 12 août 1997 après son arrestation par la police chilienne / © AFP/Archives / STRINGER

La justice allemande a annoncé mardi son refus d’emprisonner un ancien médecin allemand de la Colonia Dignidad, la secte d’un vétéran nazi au Chili, malgré sa condamnation dans ce pays pour complicité de viols d’enfants.

Le tribunal régional de Düsseldorf a annulé ainsi le jugement d’une juridiction inférieure qui avait estimé en août 2017 que Hartmut Hopp, 74 ans, devait purger en Allemagne, où il s’est enfui, la peine de cinq de prison à laquelle il a été condamné en 2011 au Chili pour complicité de viols et de sévices sexuels sur des mineurs.

« Les faits constatés dans le jugement chilien ne suffisent pas, malgré l’ampleur des motifs de la décision, à remplir les conditions requises en droit allemand pour justifier de poursuites pénales contre Hopp », a estimé la cour, qui statuait en dernier ressort, selon un communiqué détaillant un arrêt rendu le 20 septembre.

Selon les juges, son « rôle dirigeant » et de médecin dans la secte de l’ancien caporal nazi Paul Schäfer, fondateur en 1961 de cette « colonie de la dignité », ne suffit pas à le rendre complice des crimes commis par Schäfer.

Pour la justice chilienne, à l’inverse, c’est grâce « au soutien de Hopp » que Schäfer a pu commettre ces sévices sexuels.

– Complice de Pinochet –

La justice chilienne avait condamné en 2011 le médecin allemand, réfugié dans son pays natal peu avant le verdict, à cinq ans et un jour de prison pour complicité dans quatre viols d’enfants de moins de 12 ans et d’abus sexuels à l’encontre de 16 mineurs.

Hartmut Hopp était le bras droit de l’ancien caporal nazi dans la « colonie de la dignité ». Ce lieu était présenté comme un village familial idyllique.

En réalité, Paul Schäfer a régné avec brutalité sur cette communauté allemande de quelques centaines de personnes, les soumettant à un traitement allant jusqu’à l’esclavage et multipliant les sévices sexuels sur les enfants.

Ce n’est qu’après sa fuite en 1997 que les Chiliens ont découvert que l’enclave allemande avait aussi été un enfer pour les opposants à la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990), nombre d’entre eux y ayant été torturés ou ayant disparu là-bas.

Arrêté en 2005 en Argentine, Paul Schäfer est mort en prison en 2010. Et Colonia Dignidad a été transformé en un centre touristique et agricole, sous le nom de Villa Baviera.

– L’Allemagne a ‘détourné le regard’ –

L’histoire a été portée à l’écran en 2015 avec la Britannique Emma Watson (Harry Potter) et l’Allemand Daniel Brühl (Goodbye Lenin) en tête d’affiche.

Berlin a de son côté admis avoir fermé les yeux sur les agissements dans cette communauté et a ouvert les archives du ministère des Affaires étrangères pour la justice chilienne qui continue d’enquêter sur le sujet.

De longues années durant, des années 60 aux années 80, des diplomates allemands « ont au mieux détourné le regard », avait regretté en 2016 le chef de la diplomatie Frank-Walter Steinmeier, devenu depuis président de l’Allemagne.

Même après la fin des exactions, les autorités allemandes n’ont pas fait preuve « de la détermination et de la transparence nécessaires pour identifier ses responsabilités et en tirer des leçons », avait-il jugé.

D’une manière générale, l’Allemagne a été critiquée pour le manque de zèle dont elle a fait preuve après la guerre pour pourchasser et traduire en justice les nazis qui avaient trouvé refuge en nombre en Amérique latine juste après la Seconde guerre mondiale.

Romandie.com avec(©AFP / (25 septembre 2018 15h12)

Birmanie: sept ans de prison pour avoir critiqué Aug San Suu Kyi sur Facebook

septembre 19, 2018

Rangoun – Un ancien commentateur politique proche de la junte birmane a été condamné à sept ans de prison pour avoir critiqué sur Facebook la dirigeante Aung San Suu Kyi, a-t-on appris mercredi auprès du tribunal.

Ngar Min Swe a été reconnu coupable mardi de « sédition » pour « avoir écrit des posts abusifs sur Facebook contre la Conseillère d’Etat Aung San Suu Kyi, donnant aux gens des idées fausses sur elle », a déclaré à l’AFP Htay Aung, un porte-parole du tribunal.

Celui qui écrivait dans le journal officiel Global New Light of Myanmar à l’époque de la junte militaire est connu depuis des années pour ses prises de position contre l’ancienne dissidente Aung san Suu Kyi, au pouvoir depuis début 2016.

Sur Facebook, il s’est notamment emporté contre le fait que le président américain de l’époque Barack Obama avait embrassé lors de sa visite en 2014 Aung San Suu Kyi, dénonçant son accolade comme un outrage à la culture birmane, très pudique. Aung San Suu Kyi apparaît sur les photos de l’époque très gênée, et l’histoire avait à l’époque fait couler beaucoup d’encre.

« Obama est venu deux fois. Donald Trump pas encore. Attendez-vous à un baiser… Venez avant 2020 », écrit-il notamment. En 2020, des élections législatives risquent de remettre en jeu la domination du parti d’Aung San Suu Kyi au Parlement. Selon les commentateurs politiques, le parti des anciens dirigeants de la junte pourrait bien créer la surprise.

Cette affaire survient alors que la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi est empêtrée dans la gestion de la crise des Rohingyas, dénoncée par l’ONU comme un génocide par l’armée birmane.

Elle a justifié la semaine dernière à Hanoï l’emprisonnement de deux journalistes de Reuters après leur enquête sur un massacre de Rohingyas. Elle avait évoqué « l’Etat de droit » en Birmanie, mais l’indépendance de la justice est largement sujette à caution.

Romandie.com avec(©AFP / 19 septembre 2018 11h18)                                                        

Congo: Pourtant libéré par le juge, Paulin Makaya croupit toujours en prison

septembre 14, 2018

Paulin Makaya: « l’espoir d’un sourire victorieux? »

 

Libéré hier après sa condamnation d’un an d’emprisonnement, du fait qu’il eu déjà purgé cette peine, le président d’Unis Pour le Congo, M. Paulin MAKAYA est actuellement pris en otage à la maison d’arrêt centrale de Brazzaville.


Ce matin son avocat, Me. Yvon Éric IBOUANGA qui s’est rendu à la maison d’arrêt pour le rendre visite a été chassé par les éléments de l’administration pénitentiaire y compris le chef de détention de l’établissement pénitentiaire, lui interdisant de visiter son client , sous prétexte de l’expiration de son permis de communiquer, alors qu’il est resté avocat de M. Paulin MAKAYA depuis 34 mois.

A cet effet, l’avocat de l’opposant Paulin MAKAYA s’est rendu dans le bureau du procureur général, pour lui faire état de la situation, et ce dernier étonné du fait que M. Paulin MAKAYA ne soit pas encore libéré, a donc contacté le parquet audiencier, malheureusement personne n’a décroché son téléphone, même le Procureur de la République, M. Oko NGAKALA. Jusque-là, le parquet est vide.

Cependant, pour avoir déjà purgé sa peine, la troisième chambre correctionnelle de la Cour d’appel a ordonné jeudi 13 septembre, sa mise en liberté et la levée du mandat de dépôt. Paulin Makaya a été condamné à payer un franc symbolique à l’Etat à titre de dommages et intérêts pour préjudice subi.

Cette libération serait une simple farce ou une escroquerie judiciaire de l’administration congolaise ?

Sacer-infos,com par Stany Franck

Japon: la peine capitale cruelle aussi pour les gardiens de prison

septembre 7, 2018

L’ancien gardien de prison Toshio Sakamoto à Tokyo, le 1er août 2018 / © AFP/Archives / Martin BUREAU

Quand il est devenu gardien de prison, Toshio Sakamoto ne s’était « jamais vraiment interrogé sur le bien-fondé ou non de la peine de mort au Japon ».

Mais tout a changé lorsqu’il fut confronté aux condamnés et au système des exécutions, dénoncé par les ONG comme opaque et cruel, surtout après la pendaison en juillet de 13 membres de la secte Aum, responsable de l’attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995.

« J’ai commencé à avoir des doutes en voyant ces prisonniers. Si on s’en tient aux reportages TV, ce sont tous d’horribles criminels, mais ils sont différents. Ce sont souvent des personnes plutôt faibles, qui ont été discriminées, alors qu’il y a des gars vraiment dangereux qui, eux, ont écopé de peines moins lourdes », témoigne M. Sakamoto dont le père était directeur de prison et qui a pris lui aussi le chemin de l’univers carcéral.

Entre emplois dans les centres de détention et au ministère de la Justice, il aura passé 27 ans à côtoyer des condamnés à mort.

– Monde du secret –

Pour lui, c’est l’ensemble du système judiciaire qui dysfonctionne.

Au Japon, seul pays riche avec les Etats-Unis à ne pas avoir aboli la peine capitale, 99% des personnes renvoyées devant le tribunal sont jugées coupables. « L’aveu a longtemps tenu lieu de preuve, même si le suspect est revenu dessus par la suite », insiste Nobuhiro Terazawa, qui soutient ou a soutenu plusieurs condamnés à mort.

« Il y a forcément des erreurs judiciaires », estime M. Sakamoto.

De fait, au cours des dernières décennies, quatre condamnés à mort ont bénéficié d’un nouveau procès au terme duquel ils ont été innocentés et libérés après des années à l’isolement.

L’ancien gardien de prison Toshio Sakamoto à Tokyo, le 1er août 2018 / © AFP / Martin BUREAU

Pourtant, environ 80% des Japonais considèrent la peine capitale comme nécessaire dans l’arsenal juridique.

Pour Mai Sato, chercheuse à l’Institut de recherche pour la politique criminelle à Londres, une telle majorité s’explique par l’omerta qui entoure le système.

« D’un côté le gouvernement explique qu’il faut garder la peine de mort parce que la grande majorité de l’opinion est pour, mais de l’autre, très peu d’informations sont données au public pour qu’il se forge un véritable avis, c’est contradictoire », dénonce-t-elle.

« C’est un monde du secret », confirme M. Sakamoto, qui a démissionné pour pouvoir parler, enquêter, recueillir des témoignages et écrire des livres sur la réalité des prisons et des exécutions.

– Parler aux insectes –

A l’instar de groupes abolitionnistes, il dénonce la cruauté du dispositif. Alors même que la loi précise que les condamnés à la sentence capitale doivent être exécutés six mois après confirmation de leur peine, les condamnés passent en moyenne 5 ans et 2 mois dans l’antichambre de la mort.

Quelque 110 prisonniers s’y trouvent actuellement, dont 52 depuis plus de dix ans. Ils ignorent quand ils seront exécutés.

Chaque matin, ils redoutent le bruit des pas dans le couloir.

Iwao Hakamada: un condamné à mort libre, pour l’instant / © AFP / Quentin Tyberghien

« Naturellement, ces condamnés, qui ont très très peu de contact avec les humains, finissent par parler aux insectes dans leurs cellules », écrit le scientifique Anthony T. Tu qui a recueilli les confidences d’un des condamnés à mort de la secte Aum, dans le cadre de travaux de recherches sur le gaz sarin.

« Les exécutions au Japon sont secrètes et les prisonniers ne sont généralement avertis que quelques heures auparavant, mais pas toujours. Leurs familles, leurs avocats et le public ne sont informés qu’après. Plusieurs détenus souffrant de handicaps mentaux et intellectuels ont également été exécutés ou restent dans le quartier des condamnés à mort », assure Amnesty International.

– Gardiens bourreaux –

Le système est dur aussi pour ceux qui exécutent. Ce ne sont pas des bourreaux professionnels convoqués le jour J: ce sont les gardiens de prison eux-mêmes qui se voient ordonner de procéder à l’exécution ou d’y assister.

« Impossible de répondre +je ne peux pas+, c’est un ordre, il faut le respecter », assure M. Sakamoto.

Sept centres de détention au Japon sont équipés spécialement. Depuis 1873, les exécutions sont effectuées par pendaison dans une pièce spéciale. La corde est passée au cou du condamné et un système électrique ouvre une trappe sous lui pour qu’il chute violemment plusieurs mètres dessous. Son corps encore brinquebalant est ensuite recueilli.

Le dispositif est déclenché par pression sur un bouton. Dans le but d’alléger la charge mentale, 3 ou 5 boutons similaires sont fixés au mur d’une pièce adjacente, un seul est fonctionnel mais 3 ou 5 gardiens appuient en même temps si bien qu’on ne sait pas lequel a effectivement entraîné la mort.

« Il n’y a pas de soutien psychologique pour ceux qui ont procédé à l’exécution: leur hiérarchie attend d’eux qu’ils soient assez forts pour digérer cette épreuve », explique Toshio Sakamoto. Ils reçoivent pour leur peine une petite prime de 150 euros.

Romandie.com avec(©AFP / (07 septembre 2018 15h55)

Indonésie: une femme en prison après s’être plainte du bruit de la mosquée

août 21, 2018

Medan (Indonésie) – Une femme indonésienne a été condamnée mardi à 18 mois de prison après s’être plainte du bruit de la mosquée de son quartier au moment de l’appel à la prière, dernière condamnation en date en vertu d’une loi controversée sur le blasphème.

Meiliana, bouddhiste d’origine chinoise habitant dans ce pays à majorité musulmane, a été reconnue coupable d’insulte à l’Islam pour avoir demandé à la mosquée locale de baisser le volume des haut-parleurs diffusant l’appel à la prière car ceux-ci étaient trop bruyants et « faisaient mal » à ses oreilles.

Le tribunal de la ville de Medan, sur l’île de Sumatra, a estimé que les commentaires de celle-ci il y a deux ans avaient déclenché des émeutes qui ont mené au pillage de plusieurs temples bouddhistes. Certaines personnes d’origine chinoise avaient alors fui la zone.

La défense a indiqué vouloir faire appel de la décision, et Amnesty International a exhorté les tribunaux de plus haute instance à annuler la décision.

« Condamner quelqu’un à 18 mois de prison pour quelque chose de si trivial est une flagrante démonstration de l’application de plus en plus arbitraire et répressive de la loi sur le blasphème », a estimé le directeur de la branche indonésienne de l’organisation non-gouvernementale, Usman Hamid, précisant que ce verdict est « une violation flagrante de la liberté d’expression ».

Quelque 800.000 mosquées diffusent l’appel à la prière cinq fois par jour dans les plus grandes villes comme les plus petits villages de l’archipel, qui abrite la plus importante population de musulmans au monde.

Romandie.com avec(©AFP / 21 août 2018 15h12)                                                        

Oleg Sentsov « veut vivre » mais « n’a pas l’intention de s’arrêter » (militante russe)

août 15, 2018

Le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov dans sa prison du grand nord russe (transmise le 09 août 2018 par le haut commissariat aux droits de l’homme de Russie) / © AFP/Archives / HO

Le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, en grève de la faim depuis plus de trois mois dans une prison russe, « veut et espère vivre » mais « n’a pas l’intention de s’arrêter » malgré la détérioration de son état de santé, a indiqué mercredi une militante des droits de l’Homme qui l’a rencontré.

« Ce n’est pas un suicidaire, il veut et espère vivre. Il m’a fait penser à un malade du cancer persuadé qu’il vaincra la tumeur et qu’il vivra », a indiqué mercredi à l’AFP Zoïa Svetova, qui a pu s’entretenir deux heures avec le cinéaste mardi dans sa prison du Grand Nord russe.

« J’ai compris qu’il n’avait pas l’intention de s’arrêter avant la libération des prisonniers politiques ukrainiens. Cette force d’esprit lui donne la force de supporter ces conditions de détention et l’espoir que ses exigences seront entendues tôt ou tard », a-t-elle poursuivi.

Opposé à l’annexion de la Crimée par Moscou en 2014, Oleg Sentsov a été condamné à 20 ans de détention pour « terrorisme » et « trafic d’armes » à l’issue d’un procès dénoncé par Kiev, l’Union européenne et les États-Unis.

En grève de la faim depuis le 14 mai, le cinéaste de 42 ans exige la libération de « tous les prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie.

La semaine dernière, sa cousine, Natalia Kaplan, avait indiqué qu’Oleg Sentsov lui avait écrit dans une lettre sentir que la fin était « proche ». Son avocat a déclaré de son côté que le réalisateur était « prêt à mourir ».

Selon Zoïa Svetova, M. Sentsov dit être dans un « état pré-critique » et prend « des compléments alimentaires » destinés habituellement aux malades incapables de se nourrir.

« Il m’a dit avoir perdu 13 kilos. Les médecins de la prison parlent de 11 kilos », a-t-elle poursuivi, tout en disant craindre une défaillances de ses reins ou de son coeur.

« S’il se sent mal, ils l’emmèneront à un hôpital qui se trouve à 15 minutes de route. Ce n’est pas loin, mais s’il va vraiment très mal, ce n’est pas sûr qu’ils auront le temps de le sauver », a-t-elle affirmé.

D’après Mme. Svetova, le prisonnier se tient debout et marche, regarde la télévision, écrit et reçoit « beaucoup de lettres ».

Les ambassadeurs du G7 à Kiev, ainsi que de nombreuses personnalités du monde culturel ont appelé à sa libération.

Vendredi, le président français Emmanuel Macron a fait « plusieurs propositions » à Vladimir Poutine, lors d’un appel téléphonique afin de « trouver de façon urgente une solution humanitaire » pour Oleg Sentsov.

Sa mère Lioudmila avait écrit fin juin à Vladimir Poutine pour lui demander de le gracier mais le Kremlin, selon des médias russes, lui a opposé une fin de non-recevoir.

Mercredi, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a répété qu’une grâce ne pouvait être accordée qu’à la demande du prisonnier. Oleg Sentsov s’y refuse.

A Kiev, la vice-présidente du Parlement Iryna Guerashenko a rappelé que la pilote ukrainienne Nadia Savtchenko, emprisonnée en Russie puis libérée à l’issue d’un échange de prisonniers en 2016, n’avait jamais demandé à être graciée.

Vladimir Poutine et le président ukrainien Petro Porochenko avaient évoqué en juin au téléphone un éventuel « échange de prisonniers » entre les deux pays, mais cela ne s’est pas concrétisé.

Romandie.com avec(©AFP / (15 août 2018 18h14)

Brésil: depuis sa prison, Lula en lice pour un troisième mandat

août 4, 2018

Des militants du Parti des Travailleurs à la convention chargée de désigner le candidat à la présidentielle, le 04 août 2018 à Sao Paulo / © AFP / NELSON ALMEIDA

Le Parti des Travailleurs du Brésil (PT) a décidé de faire front derrière l’ex-président Lula malgré son incarcération en officialisant samedi sa candidature à l’élection d’octobre, la plus incertaines de l’histoire récente du pays.

L’officialisation de la candidature de Luiz Inacio Lula da Silva, favori des sondages malgré son incarcération, est une façon « d’affronter un système pourri », a affirmé Gleisi Hoffmann, présidente du PT, lors de la convention du parti, à Sao Paulo.

Lula, 72 ans, qui brigue un troisième mandat huit ans après avoir quitté le pouvoir avec une popularité record, n’était pas présent physiquement, mais a envoyé un message depuis la prison de Curitiba (sud), à 400 km de là où il purge une peine de 12 ans et un mois de prison pour corruption.

« Aujourd’hui, la démocratie est menacée. Nous sommes en présence d’une élection aux dés pipés, qui exclue celui qui est en tête dans les sondages. Ils veulent inventer une démocratie sans le peuple », a affirmé l’icône de la gauche, dans ce message lu par un acteur, devant près de 2.000 militants survoltés.

Quelques minutes plus tôt, ces militants réunis pour la convention du PT à Sao Paulo arboraient des masques en carton à l’effigie de l’icône de la gauche à la barbe grisonnante en criant « Je suis Lula ».

Cette journée était un « super samedi » électoral, trois candidats de poids étant officiellement nommés par leur parti, un jour avant la date limite des conventions, sortes de grands meetings qui permettent aux formations d’adouber leurs champions devant les militants.

L’écologiste Marina Silva, arrivée en troisième position lors des deux derniers scrutins, a été intronisée par le parti Rede (centre-gauche), au côté de son colistier Eduardo Jorge, le 4 août 2018 à Brasilia / © AFP / Sergio LIMA

L’écologiste Marina Silva, arrivée en troisième position lors des deux derniers scrutins, a été intronisée par le parti Rede (centre-gauche) à Brasilia, dans une salle peuplée de militants vêtus de t-shirts verts.

Toujours dans la capitale, l’ex-gouverneur de Sao Paulo Geraldo Alckmin, principal représentant de l’establishment, a été déclaré officiellement candidat du Parti Social Démocrate Brésilien (PSDB, centre-droit).

– « Faire front » –

Mais c’est sur le PT et Lula qu’étaient braqués tous les projecteurs.

Même derrière les barreaux, l’ex-président demeure largement en tête des intentions de vote, crédité de plus de 30% par tous les instituts de sondage au premier tour, qui aura lieu le 7 octobre. C’est près du double de ses principaux concurrents.

Le candidat à la présidentielle pour le Parti social démocrate brésilien, Geraldo Alckim, le 18 juillet 2018 à Brasilia / © AFP/Archives / EVARISTO SA

Bien que le parti se défende – du moins ouvertement – de préparer un plan B, en coulisses personne n’ignore que la candidature de Lula sera vraisemblablement invalidée par la justice électorale.

Une loi brésilienne intitulée « Ficha limpa » (casier vierge, en portugais) stipule en effet que toute personne condamnée en appel, ce qui est le cas de Lula, devient de fait inéligible.

« Il n’y a pas de plan B, la situation est imprévisible. Ils pensaient que le peuple allait abandonner Lula, mais c’est le contraire, il est plus fort que jamais et notre rôle est faire front pour qu’il puisse se présenter parce qu’il est innocent », a affirmé à l’AFP Paulo Henrique Barbosa Mateus, chômeur de 27, ans, lors de la convention du PT.

– L’épouvantail Bolsonaro –

A Brasilia, Geraldo Alckmin a été accueilli par un millier de militants aux cris de « Brésil, en avant, Alckmin président ».

Brésil: le PT nomme Lula candidat à la présidentielle / © AFP / FERNANDO MARRON

Candidat du PSDB, parti qui a gouverné le Brésil de 1995 à 2002 avec Fernando Henrique Cardoso, présent samedi lors de la convention du parti, M. Alckmin avait déjà eu sa chance en 2006, mais avait été battu au second tour par un Lula en état de grâce.

« Je suis candidat en quête d’un mandat qu’on peut résumer en une phrase: nous allons changer le Brésil et rendre au Brésil la dignité qui lui a été volée », a affirmé le candidat de centre-droit.

Cette fois, il a décidé de brasser large, tissant une alliance avec plusieurs partis du centre. L’ex-gouverneur de Sao Paulo a également choisi pour son ticket, en tant que vice-présidente, la sénatrice Ana Amélia Lemos, censée lui permettre d’attirer un électorat plus conservateur qui penche actuellement pour Jair Bolsonaro, sulfureux député d’extrême droite favori du premier tour dans un scénario sans Lula.

Marina Silva, de son côté, a placé sa candidature sous le signe de « l’union plutôt que de la haine ».

Lors des deux derniers scrutins, cette ancienne ministre du gouvernement Lula qui a depuis rompu avec la gauche avait échoué aux portes du second tour, près de 20 millions de voix en 2010 et 22 millions en 2014.

Romandie.com avec(©AFP / 04 août 2018 23h02)

Cameroun: 160 détenus s’évadent pendant l’attaque de leur prison du Nord-Ouest

juillet 29, 2018

Des habitants fuient les violences dans la région anglophone camerounaise, Buea, 15 juillet 2018 n / © AFP / STRINGER

Au moins 160 détenus se sont évadés dans la nuit de samedi à dimanche à la faveur de l’attaque de leur prison dans la région anglophone du Nord-Ouest par des hommes armés, a appris l’AFP de sources officielles.

« Plus de 160 prisonniers de la prison de Ndop (Nord-Ouest) se sont enfuis » après l’attaque du pénitencier où ils se trouvaient qui a été incendié par un groupe armé, a affirmé une source proche des autorités régionales.

L’attaque a été confirmée par la radio d’Etat CRTV.

L’attaque par « un groupe d’assaillants » s’est « soldée par l’évasion de la majorité des 163 détenus » de le prison, selon la CRTV. Le groupe était constitué d' »une cinquantaine de personnes », a déclaré à la radio William Benoît Emvoutu Mbita, préfet du département du Ngoketunjia où se trouve Ndop.

Les assaillants qui « tiraient de partout », ont pu « défoncer les portes de la prison » avant de « mettre le feu à tous les bâtiments », a ajouté le préfet, précisant qu’ils avaient apporté du carburant pour provoquer l’incendie.

Les détenus « qui reviennent volontairement » seront transférés à la prison de Bamenda, le chef-lieu de la région, selon le préfet qui a ajouté que des opérations étaient en cours pour retrouver les évadés.

C’est la première fois depuis le déclenchement de la crise anglophone fin 2016 qu’un nombre aussi important de prisonniers réussissent à s’évader à la suite de l’attaque d’un établissement carcéral.

La sécurité dans les deux régions anglophones du Cameroun, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, s’est considérablement dégradée depuis fin 2017.

Les combats y sont devenus quotidiens entre les forces de sécurité et des séparatistes armés réclamant la création d’un Etat anglophone indépendant.

Ce conflit armé de plus en plus violent en zone anglophone et celui contre le groupe jihadiste Boko Haram dans le nord du pays risquent de perturber le scrutin présidentiel prévu le 7 octobre.

Le président Paul Biya, 85 ans dont 35 au pouvoir, est candidat à un septième mandat consécutif.

Ses partisans estiment qu’il est le mieux à même de répondre à la crise anglophone, ses opposants l’accusent d’en être responsable.

Romandie.com avec(©AFP / 29 juillet 2018 16h37)