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La clé de la cellule de Mandela bientôt restituée à l’Afrique du Sud ?

janvier 14, 2022
Damien Glez © Damien Glez

Pause ou conclusion dans la polémique qui a suivi la programmation de la vente aux enchères de la clé de la prison de Madiba ? La séance new-yorkaise prévue le 28 janvier est ajournée…

Peut-on faire feu de tout bois ? Peut-on de feu Madiba faire objet de tout marchandage ? À l’heure où son Congrès national africain (ANC) préparait un 110e anniversaire aux flagrances de corruption, de dissidence et d’échec électoral, les Sud-Africains se désolaient que la clé de sa cellule à la prison de Robben Island soit programmée à la vente, le 28 janvier prochain, à New York. Dans le même lot aux enchères, figuraient une chemise ayant appartenu à Nelson Mandela, des lunettes de soleil, des stylos protocolaires, un vélo d’appartement et une copie de la Constitution signée par l’ancien président sud-africain.

C’est le tabloïd britannique The Daily Mail qui avait annoncé, dès la semaine de Noël, que la clé aurait été cédée par Christo Brand, un ancien gardien du prisonnier politique devenu son ami. Sans se poser plus de questions, la salle des ventes Guernsey’s avait annoncé un prix de réserve de 250 000 dollars et son président, Arlan Ettinger, avait anticipé une liquidation potentielle à plus d’un million de dollars…

Indignation populaire

Le scoop britannique avait provoqué une indignation populaire en Afrique du Sud, la condamnation du gouvernement et la menace d’une plainte contre Christo Brand par l’association sud-africaine des anciens prisonniers politiques. Ironiquement, pour le secrétaire adjoint de l’association, Mpho Masemola, l’objet qui servait à séquestrer est devenu « le symbole de la liberté », associé qu’il est à la libération des détenus politiques de Robben Island, l’île prison où vécut Mandela durant 18 de ses 27 ans d’incarcération par le régime d’apartheid. Un communiqué du gouvernement explique, lui, que « la clé (…) représente le triomphe de l’esprit humain sur le mal ».

L’événement du 28 janvier s’inscrivait-il dans une saine « mandelamania » ou dans une dérive mercantile si souvent redoutée, au regard du merchandising parfois macabre et incongru élaboré depuis la mort du premier président noir d’Afrique du Sud ? Selon la salle des ventes, l’ancien geôlier aurait accepté de renoncer à la quasi-relique – que les autorités lui avaient cédée il y a 30 ans – pour permettre à l’une des filles de Mandela de financer, avec le fruit de la vente, un jardin commémoratif consacré à Mandela, dans son village natal, non loin de sa sépulture.

Le 7 janvier, Guernsey’s annonçait que la vente était « ajournée sine die », « en attendant des vérifications » de l’Agence du patrimoine d’Afrique du Sud (Sahra) quant aux autorisations nécessaires à la sortie de la clé du pays. Le même jour, plus catégorique, le ministre sud-africain de la Culture Nathi Mthethwa affirmait que le passe-partout carcéral serait restitué au pays de Madiba. Un front commun autour d’une vieille clé serait-il la clé d’une réconciliation nationale enfin aboutie ?

Damien Glez

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Bénin : Reckya Madougou condamnée à 20 ans de prison

décembre 11, 2021
Reckya Madougou, à Paris, en juin 2015. © Vincent Fournier/JA

L’opposante à Patrice Talon, reconnue coupable de « financement du terrorisme », a été condamnée à 20 ans de prison. Elle dénonce un procès politique et un « virage autocratique ».

Vingt ans de prison ferme. Le verdict est tombé au petit matin, ce samedi 11 décembre, au terme de l’audience qui s’était ouverte la veille. Reckya Madougou, ancienne ministre de la Justice de Thomas Boni Yayi, qui avait vu sa candidature à la présidentielle d’avril dernier écartée faute de parrainages, a été reconnue coupable de « financement du terrorisme ».

Les juges de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), qui ont suivi les réquisitions du procureur spécial, Mario Metonou, l’ont en outre condamnée à une amende de 50 millions de francs CFA. « Cette cour a délibérément décidé de clouer au pilori une innocente, avait-elle déclaré avant que le verdict ne tombe. Je n’ai jamais été et je ne serai jamais une terroriste. »

Trois des coaccusés de l’ancienne garde des sceaux – Bio Dramane Tidjani, Sacca Zimé Georges et Mama Touré Ibrahim – ont écopé de la même peine. Le policier Mohamed Gbassiré Mora, poursuivi pour « abus de fonction », a pour sa part été condamné à cinq ans de prison et à une amende de deux millions de francs CFA. Un quatrième prévenu a été acquitté au bénéfice du doute.

Une cible « mal choisie » ?

Devant les juges de la juridiction spéciale, l’ancienne ministre de Thomas Boni Yayi, incarcérée depuis le 5 mars, s’est employée à nier en bloc les arguments de l’accusation. Reckya Madougou est accusée d’avoir financé un projet d’assassinat de deux personnalités politiques proches du pouvoir, dans le but de perturber l’élection présidentielle d’avril dernier.

LA PREMIÈRE PERSONNE À RIGOLER DE CETTE AFFAIRE EST CHARLES TOKO

Première personnalité ciblée par ce « plan », selon l’accusation : Charles Toko, ancien maire de la ville de Parakou. Réputé proche de Patrice Talon, il est aussi à la tête du groupe de presse Le Matinal. Niant avoir voulu attenter à sa vie, Reckya Madougou a affirmé qu’elle avait au contraire de bonnes relations avec lui, malgré les divergences politiques.

« La première personne à rigoler de cette affaire est Charles Toko, a-t-elle déclaré à la barre. Charles Toko a été mal choisi dans cette affaire. C’est l’une des personnalités dont je suis la plus proche dans le régime de la rupture. » Assurant qu’elle échangeait avec lui le jour de son arrestation, Reckya Madougou a ajouté que l’ancien maire de Parakou la « taquinait même sur (sa) candidature ».

Autre cible supposée de l’opération de déstabilisation que Reckya Madougou est accusée d’avoir financé : Rachidi Gbadamassi.

L’opposante a cependant assuré qu’un tel projet aurait été « contraire à ses intérêts ». Elle affirme en effet lui avoir remis 70 millions des francs CFA, dans le but que ce député du Bloc républicain, l’un des deux principaux partis de la majorité présidentielle, lui apporte son soutien. À en croire la défense, le député aurait changé d’avis in extremis. « J’ai besoin de Gbadamassi vivant pour qu’il me rembourse », a lâché Madougou à la barre.

Interrogée sur les 15 millions de francs CFA remis à son conseiller politique, Georges Saka, que l’accusation considère comme une preuve de sa volonté de financer une opération de déstabilisation, les fonds devaient servir « à l’organisation de la campagne électorale », a balayé l’accusée.

Un ancien colonel « troublé »

Le seul prévenu qui aura, au cours de l’audience devant la Criet, reconnu l’existence d’un projet d’assassinat de personnalités politiques est Ibrahim Mama Touré, un ancien colonel de l’armée. Il affirme notamment avoir reçu de l’argent de la part de Georges Saka, en vue d’assassiner une personnalité politique de premier plan. Mais il aurait finalement « pris peur » en découvrant que Charles Toko était l’une des cibles.

À la barre, l’ancien colonel est aussi revenu sur plusieurs de ses déclarations lors de l’instruction. Au procureur, qui lui demandait pourquoi il a, dans une de ses premières versions, affirmé que l’argent devait servir à acheter des armes au Togo, l’ancien militaire a peiné à répondre, assurant qu’il s’agissait alors de faire croire au commanditaire que l’assassinat était possible. Lors de l’instruction, il avait également affirmé avoir été en contact avec Reckya Madougou, avant de revenir sur ses déclarations, assurant avoir été « troublé » par le juge lors de l’audition.

Des « incohérences » et « contradictions » que n’ont pas manqué de relever les avocats de la défense. « Toutes les réquisitions du ministère public ne reposent que sur les déclarations d’Ibrahim Mama Touré. Si l’on retire ces déclarations, Reckya Madougou, Georges Saka et les autres n’ont plus rien à faire dans ce dossier », a notamment plaidé Me Nadine Dossou Sakponou, l’une des avocates de Madougou.

Tribune politique

L’avocat français Me Antoine Vey, qui avait fait le déplacement à Cotonou pour l’audience, a pour sa part claqué la porte de la salle d’audience après avoir demandé l’annulation pure et simple du procès. « Cette procédure n’est qu’un coup politique. Avant même son arrestation, tout a été orchestré », a estimé l’avocat.

« Tout le monde aura compris que dans ce procès, l’on a protégé des collaborateurs, alliés politiques, mais cloué au pilori l’innocente que je suis », a lancé l’opposante, qui a fait du prétoire une tribune politique contre ce qu’elle a qualifié de « virage autocratique ». « Je m’offre pour la démocratie, a-t-elle lancé. Si mon sacrifice peut permettre à la justice de retrouver son indépendance, alors je n’aurais pas souffert inutilement de cette terreur ».

Cette condamnation intervient quelques jours seulement après celle qui a frappé Joël Aïvo, autre opposant condamné par la même Criet à dix ans de prison pour blanchiment de capitaux et complot contre l’autorité de l’État.

Avec Jeune Afrique par Maurice Thantan

Algérie : l’ex-Premier ministre Abdelmalek Sellal condamné à 39 ans de prison

décembre 2, 2021
L’ancien Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal. © Ryad Kramdi

Premier ministre de Bouteflika à deux reprises, entre 2012 et 2017, Abdelmalek Sellal ne devrait cependant pas rester plus de douze ans en détention. Explications.

Ce 29 novembre, il a fallu que sa défense lui répète trois fois le verdict pour que l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal, réalise qu’il vient pour la première fois d’être acquitté par la justice algérienne dans une affaire de corruption et d’octroi d’avantages indus.

La veille, dans sa cellule, il ne s’attendait certainement pas à un tel dénouement, alors qu’il a été condamné à des peines de prison à l’issue de chacun de ses procès pour divers chefs d’accusation : abus de fonction, corruption, malversations dans la conclusion de marchés publics et octroi d’avantages indus aux hommes d’affaires proches de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika.

Depuis son placement en détention préventive le 13 juin 2019, à la demande de la Cour suprême, l’ex-Premier ministre (2012-2017) comptabilise à ce jour une vingtaine de comparutions devant le juge d’instruction et six procès pour corruption, pour un cumul de peines de 39 ans de prison.

Âgé de 73 ans, l’ancien haut responsable devra purger au moins 12 ans de prison, la législation algérienne ne prévoyant que l’exécution de la peine la plus lourde prononcée à l’épuisement des procédures de recours.

975 millions d’euros

Dans l’affaire pour laquelle il a été acquitté, Abdelmalek Sellal comparaissait pour avoir signé en décembre 2015 une dérogation autorisant la reprise des travaux, onze ans après leur lancement, d’un hôtel cinq étoiles de 14 étages dans le centre-ville de Bejaïa pour un coût estimé à 4 millions de dollars.

ABDELMALEK SELLAL A ÉCOPÉ DE DOUZE ANS DE PRISON DANS L’AFFAIRE DES USINES DE MONTAGE D’AUTOMOBILES

L’ex-Premier ministre avait ainsi passé outre l’opposition de la protection civile et de la Direction de l’énergie de cette wilaya qui mettaient en garde contre la proximité de la bâtisse avec un pipeline plongeant dans le terminal du port pétrolier de la ville.

Selon son chef de cabinet de l’époque Mustapha Rahiel, condamné lui à trois ans de prison dans cette affaire, « l’intervention du premier ministère dans ce projet local à l’époque s’inscrivait plutôt dans le cadre des facilités accordées aux investisseurs pour créer de nouveaux emplois ».

Le tribunal de Sidi M’hamed n’a pas été convaincu par les preuves justifiant les charges retenues contre Sellal durant l’instruction et a donc prononcé son acquittement.

En janvier 2021, Abdelmalek Sellal a écopé de douze ans de prison dans l’affaire des usines de montage d’automobiles. L’ex-Premier ministre était accusé d’avoir octroyé des avantages financiers et fiscaux aux hommes d’affaires alors proches du pouvoir pour la construction de ces unités. Un projet qui aura coûté au Trésor public la bagatelle de 128 milliards de dinars (975 millions d’euros), selon les chiffres officiels.

Dans le deuxième volet de ce procès, l’ancien Premier ministre était poursuivi en tant que directeur de campagne de Boutefilka. Sept milliards de dinars (52 millions d’euros), ainsi qu’une vingtaine de bons de caisse ont été récupérés par les services de sécurité.

Selon l’enquête, le clan présidentiel se serait livré à un véritable racket d’hommes d’affaires pour financer la campagne pour le cinquième mandat de Bouteflika.

Haddad, Tahkout et les autres

Dans le dossier de l’ex-président du Forum des chefs d’entreprise, Ali Haddad, poursuivi pour dilapidation de deniers publics et corruption dans la conclusion de marchés publics, Sellal a également écopé de 12 ans de prison.

Sellal a comparu en tant qu’accusé lors du procès de l’homme d’affaires Mahieddine Tahkout, poursuivi pour corruption et perception d’avantages indus accordés par d’ex-hauts fonctionnaires de l’État, dont un crédit bancaire de 27 milliards de dinars (171,7 millions d’euros) pour la création de son usine de montage de voitures Hyundai. L’ex-Premier ministre a été condamné dans cette affaire, en janvier 2021, à une peine de cinq ans de prison.

Abdelmalek Sellal a également été reconnu coupable de complicité avec Hamid Melzi, ex-Directeur général de la résidence d’État « Sahel », surnommée « la boîte noire » du régime Bouteflika, et condamné pour « blanchiment d’argent et de transferts de fonds issus de revenus criminels » et « d’incitation de fonctionnaires à l’abus de fonction », ainsi que de « conclusion  de marchés en dehors des réglementations en vigueur ».

J’AI TRAVAILLÉ PENDANT 46 ANS POUR LE COMPTE DE L’ÉTAT, C’EST NORMAL D’AVOIR UNE MAISON ET UNE VOITURE », S’EST-IL JUSTIFIÉ POUR TENTER DE SENSIBILISER LA COUR

Son implication est particulièrement pointée dans la conclusion d’un marché pour l’acquisition de 380 chalets destinés aux résidents du Club des Pins en favorisant une entreprise chinoise, pourtant classée troisième lors de  l’appel d’offres. Le préjudice causé au Trésor public est de l’ordre de 3 milliards de dinars (19 millions d’euros). Abdelmalek Sellal a été condamné en septembre, dans cette affaire, à cinq ans de prison.

Difficultés à s’exprimer

Enfin, le 30 novembre 2020, l’ex-Premier ministre a écopé de cinq nouvelles années de prison pour « octroi de privilèges injustifiés » à une filiale du groupe Condor causant un préjudice financier à l’État de l’ordre de 140 millions de dinars. En tout, Abdelmalek Sellal a donc été condamné à 39 ans de prison.

Au fil des audiences ininterrompues durant trois ans, l’ancien bras droit d’Abdelaziz Bouteflika a semblé de plus en plus amaigri, flottant dans ses costumes invariablement sombres.

Tantôt il clamait d’une voix fébrile qu’il n’était que le coordinateur de l’action du gouvernement pour la bonne exécution du programme présidentiel, réclamant la présence à la barre de l’ex-président Bouteflika, tantôt il priait le magistrat de reconsidérer son jugement et de le « laisser rentrer chez lui, mourir tranquillement ». Il a souvent éprouvé des difficultés à s’exprimer et a demandé à plusieurs reprises l’autorisation de ne pas être présent à l’audience.

En plus des condamnations à des peines de prison, Abdelmalek Sellal a écopé à chaque fois d’amendes – entre 1 million et 8 millions de dinars –, assorties de la confiscation de tous ses biens. Durant sa comparution dans le cadre du procès de Hamid Melzi, il a supplié le juge de lever la saisie sur sa maison et sur le compte de sa femme malade. « J’ai travaillé pendant 46 ans pour le compte de l’État, c’est normal d’avoir une maison et une voiture », s’est-il justifié pour tenter de sensibiliser la cour.

Avec Jeune Afrique par Rania Hamdi

Affrontements entre détenus dans une prison en Equateur: 58 morts

novembre 13, 2021
Affrontements entre detenus dans une prison en Equateur: 58 morts
Affrontements entre détenus dans une prison en Equateur: 58 morts© AFP/Fernando Mendez

Des affrontements entre gangs de prisonniers dans une prison de Guayaquil (sud-ouest de l’Equateur), théâtre fin septembre d’un des pires massacres de détenus en Amérique latine avec 119 tués, ont fait au moins 58 morts, a annoncé samedi la commandante de la police.

Le général Tannya Varela a indiqué lors d’une conférence de presse que « jusqu’à présent », les affrontements entre détenus qui ont commencé vendredi ont fait « 58 prisonniers tués et douze blessés ».

L’intervention de la police pour tenter de rétablir l’ordre dans la prison a « sauvé des vies », a déclaré Pablo Arosemena, gouverneur de la province de Guayas (dont la capitale est Guayaquil).

Le 28 septembre, 119 personnes sont mortes dans la prison de Guayas 1, le plus grand massacre de l’histoire carcérale de l’Équateur et l’un des pires en Amérique latine.

Certains détenus avaient été démembrés ou brûlés dans de violents affrontements entre gangs liés aux narcotrafics et aux cartels mexicains.

Dans cette prison, qui abrite 8.500 détenus et dont la surpopulation atteint 60 % selon les chiffres officiels, la violence n’a pas cessé depuis.

Après les incidents de septembre, 15 autres détenus ont été tués, ce qui porte le total à 134. Les émeutes dans les prisons équatoriennes ont fait plus de 250 morts depuis le début de l’année.

En février, 79 détenus sont morts dans des émeutes simultanées dans quatre prisons.

Le massacre de septembre a incité le gouvernement équatorien à déclarer l’état d’urgence pour le système pénitentiaire pendant soixante jours, l’armée épaulant la police pour tenter de faire régner l’ordre dans les 65 prisons du pays.

Elles peuvent accueillir 30.000 personnes mais sont occupées par 39.000 détenus, soit une surpopulation de 30 %.

Avec Le Point avec AFP

France: Alexandre Benalla condamné à trois ans de prison, dont un ferme, pour les violences du 1er mai 2018

novembre 5, 2021

Le tribunal est allé au-delà des réquisitions : dix-huit mois de prison avec sursis avaient été requis contre l’ancien chargé de mission de l’Elysée, dont la peine d’emprisonnement ferme pourra être effectuée à domicile, sous bracelet électronique.

Alexandre Benalla à son arrivée au tribunal, le 5 novembre 2021.
Alexandre Benalla à son arrivée au tribunal, le 5 novembre 2021. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Il a été au cœur d’une tempête politique majeure du quinquennat Macron. Le tribunal de Paris a condamné, vendredi 5 novembre, Alexandre Benalla à trois ans de prison, dont un an ferme, sous bracelet électronique.

L’ex-chargé de mission de l’Elysée était notamment poursuivi pour « violences en réunion » et « immixtion dans la fonction de policier » lors de la manifestation de la Fête internationale des travailleurs de 2018 dans la capitale. Le jugement va bien au-delà des réquisitions du parquet : lors du procès, en septembre, le procureur avait demandé dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis contre l’ancien proche collaborateur d’Emmanuel Macron, désormais reconverti dans le privé.

M. Benalla était en outre mis en cause pour avoir porté un pistolet sans autorisation en 2017 à Poitiers, ainsi que pour avoir utilisé, après son licenciement, deux passeports diplomatiques lors de onze voyages et réalisé un faux document afin d’obtenir un passeport de service. Lors de l’audience, le parquet avait requis des peines complémentaires de 500 euros d’amende, une interdiction de toute fonction publique pendant cinq ans et de port d’arme pendant dix ans.about:blank

Trois autres prévenus étaient poursuivis : deux policiers, Maxence Creusat et Laurent Simonin, ainsi que Vincent Crase, ami d’Alexandre Benalla et ancien employé de La République en marche. Vincent Crase, qui était absent au tribunal vendredi, a été condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis, assortis de l’interdiction de porter une arme durant dix ans et de 500 euros d’amende, selon les mêmes sources. Le ministère public avait requis en septembre un an de prison avec sursis à son encontre. Maxime Creusat est condamné à 5 000 euros d’amende, et Laurent Simonin écope de trois mois d’emprisonnement avec sursis ; ces deux peines ne seront pas inscrites à leur casier judiciaire.

Passeports diplomatiques

Décrivant un « raz-de-marée médiatique », un « cataclysme » pour un homme qui a été « diabolisé », la défense de l’ancien membre du cabinet d’Emmanuel Macron avait plaidé la relaxe pour toutes les infractions, à l’exception de l’utilisation frauduleuse – reconnue – des passeports diplomatiques.

Ses avocats ont soutenu que lui et M. Crase avaient « aidé à interpeller » les auteurs d’un délit « flagrant », comme la loi l’autorise dans certaines circonstances, arguant que leurs gestes étaient « proportionnés ». Prolixe à la barre, Alexandre Benalla a assuré avoir été « réglo, loyal, honnête » et a contesté toute « violence volontaire », affirmant avoir voulu « interpeller » des « agresseurs de policiers ».

Le chargé de mission avait été identifié par Le Monde, le 18 juillet 2018, sur une vidéo dans laquelle il apparaissait, coiffé d’un casque des forces de l’ordre, en train de brutaliser une femme et un homme, place de la Contrescarpe à Paris, à l’issue d’une journée du 1er-Mai émaillée de violences.

Membre du cabinet présidentiel, le jeune homme de 26 ans avait été intégré ce jour-là dans le dispositif policier en tant que simple observateur. L’article avait déclenché un séisme politique dont les répliques avaient secoué pendant de longs mois le sommet de l’Etat, de révélations de la presse en commissions parlementaires.

Avec Le Monde avec AFP

Gabon : Brice Laccruche Alihanga condamné à cinq ans de prison ferme

octobre 29, 2021

Brice Laccruche Alihanga (BLA), l’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba (ABO). © DR

L’ancien directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba a été condamné, ce 29 octobre, à cinq ans de prison ferme pour obtention de document administratif sur la base d’une fausse déclaration.

L’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba connaît désormais le verdict : le tribunal correctionnel de Libreville l’a condamné, vendredi 29 octobre, à cinq ans de prison ferme, la peine requise par le parquet trois jours plus tôt, pour obtention de document administratif sur la base d’une fausse déclaration.

Selon l’accusation, Brice Laccruche Alihanga (BLA) se serait fait établir en 2004 un certificat de nationalité précisant qu’il était gabonais d’origine. Or il est né en France en 1980 et ses parents, Norbert Fargeon et Elizabeth Dupont, sont français. Il avait plaidé coupable et espérait la clémence du tribunal.

D’autres condamnations à venir ?

L’homme qui avait régenté Libreville alors qu’Ali Bongo Ondimba était en convalescence est en détention depuis le 3 décembre 2019. Il avait à l’époque était arrêté notamment pour des soupçons de détournement de fonds publics et de blanchiment d’argent en relation avec le secteur pétrolier et la Gabon Oil Company.

Il a réclamé à plusieurs reprises – en vain – une libération provisoire et a même tenté de se suicider le 21 mai 2020, après six mois de privation de liberté et de maintien à l’isolement. Ses avocats gabonais, Anges Kevin Nzigou et Jean-Paul Moubembé, ont d’ores et déjà saisi l’ONU pour dénoncer une détention arbitraire et devraient faire appel de la condamnation prononcée ce 29 octobre.Ondimba

Surtout, un autre épisode judiciaire est encore à venir dans « l’affaire BLA ». Les accusations de détournement de fonds publics et de blanchiment d’argent – émises depuis décembre 2019 – sont en effet toujours en cours d’instruction et les charges n’ont, selon nos informations, pas été abandonnées.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

France: Huit ans de prison requis contre Koffi Olomidé pour agressions sexuelles

octobre 26, 2021

Huit ans de prison ferme ont été requis lundi 25 octobre au soir contre la star de la rumba congolaise Koffi Olomidé, jugé en appel à Versailles pour agressions sexuelles et séquestration sur quatre de ses ex-danseuses.

Face au chanteur franco-congolais, présent à l’audience, le parquet a demandé de revenir sur le «naufrage» du premier jugement et de reconnaître coupable cet «homme puissant», star internationale qui vit désormais en France. En première instance, le tribunal de Nanterre l’avait condamné en mars 2019 à deux ans de prison avec sursis pour «atteinte sexuelle» sur l’une de ces jeunes femmes, déclarée mineure au moment des faits. Le ministère public, qui avait requis sept ans d’emprisonnement ferme, avait fait appel de cette condamnation. Le chanteur star de la République démocratique du Congo (RDC) avait été relaxé des poursuites concernant trois des danseuses.

Le jugement sera mis en délibéré à une date ultérieure.

Quatre femmes congolaises, qui ont déposé plainte entre 2007 et 2013 et sont parties civiles au procès, accusent Koffi Olomidé de les avoir enfermées dans un pavillon gardé près de Paris, lors de ses tournées françaises, et de les avoir forcées à avoir des relations sexuelles avec lui, de façon régulière pour certaines. Depuis, aucune n’est retournée au Congo par «peur» des conséquences face à une star internationale qu’elles surnommaient avant l’affaire le «président». L’une a déclaré avoir fait au moins une tentative de suicide.

De son vrai nom Antoine Agbepa Mumba, Koffi Olomidé, pull clair sous une grande veste marron, s’est pour la première fois exprimé publiquement sur l’affaire, dénonçant les «mensonges» des parties civiles de sa voix grave. «Ce sont des récits concertés», un «complot» pour «casser ma carrière», a-t-il dit. La séquestration ? Elles «allaient sur les Champs-Élysées» librement, assure-t-il. Elles ne pouvaient sortir qu’escortées? «Elles demandaient qu’on les accompagne», poursuit le chanteur. Koffi Olomidé a cependant reconnu qu’il avait un «droit de regard» sur leurs sorties car «au Congo, ils ont tous le rêve français». Il a plaidé qu’il devait vérifier qu’elles ne cherchaient pas à rester illégalement en France à l’issue de la tournée parisienne.

Deux autres hommes, proches du chanteur qui vit désormais en France, sont également rejugés, accusés de complicités. L’un d’eux – qui évoque aussi des «mensonges» des parties civiles afin de rester en France – a reconnu qu’il était «obligé» de les suivre lorsqu’elles sortaient du pavillon, car «elles ne connaissaient pas la route», pour faire les courses par exemple, a-t-il dit.

C’est dans ce contexte que, selon les plaignantes, le chanteur les aurait agressées sexuellement. «Ça s’est passé dans des hôtels, parfois dans la voiture (…) dans des studios d’enregistrement…», a raconté l’une d’elles, en larmes à la barre. «C’est faux, c’est tout faux», s’est auparavant écrié Koffi Olomidé, «à aucun moment je n’étais seul avec ces filles», s’est-il évertué à répéter. Lors de l’enquête, il avait initialement été mis en examen pour viol, avant une requalification. «Comment vous pouvez faire l’amour dans un studio ? J’hallucine! Il y a des ingénieurs du son, il y a des assistants… Ça n’existe pas!», a-t-il lancé avant le témoignage des parties civiles.

Celles-ci ont déclaré avoir été forcées à subir des relations sexuelles «plusieurs fois» puis «trois fois par semaine» pour l’une ou «trois ou quatre fois dans le mois» pour une autre. «Je me suis laissée faire, mais je n’avais pas envie», a expliqué l’une d’elles à la barre, son avocat Me David Desgranges parlant d’«emprise» du chanteur sur ses troupes. Koffi Olomidé a déjà été condamné, en RDC en 2012, pour violence, et avait été expulsé du Kenya en 2016 pour avoir donné un coup de pied à l’une de ses danseuses.

Avec Sacer-infos par Stany Frank

Congo: Mokoko vit avec des graffitis, tags, rats, cafards et autres insectes qui pullulent dans sa cellule

octobre 16, 2021

La Maison d’arrêt de Brazzaville, la capitale congolaise, est de nouveau pointée du doigt pour les conditions déplorables de détention. Surpopulation carcérale, graffitis, tags, rats, cafards, délabrement… le constat est accablant. Un phénomène qui n’est pas nouveau mais massif, durable et particulièrement indigne. Cette promiscuité provoque des problèmes sanitaires et une hygiène désastreuse. Les conditions de détention violent gravement les droits fondamentaux des détenus. Le général Jean-Marie Michel Mokoko vit chaque jour avec des graffitis, tags, rats, cafards et autres insectes qui pullulent dans sa cellule, a-t-on appris auprès d’un surveillant pénitentiaire.

Sur tout ce que l’enfermement et la solitude sont capables de féconder au-delà des graffitis, tags, rats, moustiques, vétusté ou délabrement de la Maison d’arrêt de Brazzaville, les prisons congolaises, loin d’être des lieux de grande créativité, d’imagination artistique, d’épanouissement intellectuel et de réinsertion, sont uniquement des véritables lieux de sanction , des lieux de souffrance.

Les détenus n’ont rien d’autre pour les distraire. La prison dope leur imaginaire.

Les conditions de détention sont «effroyables» dans les prisons du Congo-Brazzaville où la répression se déroule «à huis clos», a dénoncé en mai 2019 l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) dans un rapport qui fait état de la mort d’une trentaine de détenus entre 2017 et 2018.

«Ces conditions sont difficiles et assimilables à des maltraitances. Il y a des décès en prison. Nous en avons enregistré une trentaine entre 2017 et 2018», la période couverte par le rapport d’une centaine de pages, avait indiqué Trésor Nzila, directeur exécutif de l’OCDH.

«L’exemple le plus récent, c’est la prison d’Ouesso (au nord) où nous avons enregistré 9 décès. Leur mort serait due à la malnutrition selon les responsables pénitentiaires», avait déploré le membre de l’OCDH. «Quand les gens meurent de malnutrition en prison, (c’est) une illustration parfaite de la torture», selon lui.

Le rapport souligne le «difficile accès aux prisonniers de haut profil». L’ONG fait allusion au général Jean-Marie Michel Mokoko, chef d’état-major de l’armée entre 1987 et 1993. Cet officier de 74 ans a défié le Président Denis Sassou N’Guesso à la présidentielle contestée de 2016.

En 2018 il a été jugé pour «atteinte à la sécurité intérieure de l’État» et condamné à 20 ans de prison. «Nous avons eu des alertes inquiétantes : les conditions de détention du général Mokoko ont été durcies. Il est interdit aux ONG de le voir. Il faut craindre qu’on enregistre un drame en prison», avait dénoncé Trésor Nzila.

Les avocats de Jean-Marie Michel Mokoko ont eux aussi interdiction de le voir sous prétexte qu’il a été «définitivement condamné».

«La doctrine du gouvernement congolais sur la question des droits de l’homme se résume par la duplicité manipulatrice: d’un côté vous avez des discours d’un État promoteur des droits de l’homme, qui ratifie les traités. De l’autre côté, la violation des droits fondamentaux est systématique, la terreur et la répression se poursuivent à huis clos», avait relevé Trésor Nzila.

Suite à des plaintes déposées en 2020 et 2021 par les familles de prisonnier, Trésor Nzila a affirmé que « Les cellules sont infestées de cafards, de rats, de puces, de moustiques et autres insectes. Tous les détenus qui y sont dorment à même le sol. Lorsque vous arrivez là-bas, si vous êtes un homme, automatiquement on vous déshabille avant l’entrée en cellule. La lumière, y compris naturelle, est très faible. La chaleur est intense. Les conditions sont très inhumaines et dépassent le seuil de gravité ».

Trésor Nzila a demandé au gouvernement congolais d’agir au plus vite : « Nous interpellons le gouvernement de prendre des mesures urgentes pour humaniser les conditions de détention ».

Par Satny Frank avec Sacer-infos

Canada-Québec: Tentative de livraison par drone interceptée à la prison de Trois-Rivières

septembre 29, 2021

Deux individus ont été interpellés par les forces de l’ordre alors qu’ils s’apprêtaient à faire entrer de la drogue dans la prison de Trois-Rivières au moyen d’un drone. C’est une opération de filature qui a mené à leur arrestation, peu avant qu’ils ne mettent leur plan à exécution, rapporte la Direction de la police de Trois-Rivières.

La police de Trois-Rivières a déjoué les plans de deux individus qui s’apprêtaient a faire entrer de la drogue dans la prison de Trois-Rivières au moyen d’un drone.

© André Dumont La police de Trois-Rivières a déjoué les plans de deux individus qui s’apprêtaient a faire entrer de la drogue dans la prison de Trois-Rivières au moyen d’un drone.

Les suspects, Guy Pellerin, 61 ans, et Samuel Dumont-Grenier, 29 ans, font face à des accusations en lien avec le trafic de stupéfiants et demeurent détenus jusqu’à leur enquête sur détention, annonce la Direction de la police de Trois-Rivières.

Les deux individus avaient été pris en filature par les enquêteurs de la police de Trois-Rivières. Ces derniers avaient été mis sur leur piste par un renseignement qui leur avait été transmis quant aux plans des deux suspects d’introduire des stupéfiants dans l’établissement de détention du boulevard Parent au moyen d’un drone, indique-t-on.

La livraison devait avoir lieu le vendredi 24 septembre dernier. Or, une équipe de surveillance physique de la Sûreté du Québec a interpellé les individus aux abords de la prison en début d’après-midi avant qu’ils ne commettent leur méfait.

Les suspects ont été arrêtés sur-le-champ. Les enquêteurs ont saisi le drone qui se trouvait dans le véhicule, 200 grammes de haschich, 25 grammes de cannabis, une dizaine de comprimés de métamphétamine, des timbres de nicotine, ainsi qu’un mini téléphone cellulaire, rapporte la Direction de la police de Trois-Rivières. On souligne que le plus jeune des deux suspects, Samuel Dumont-Grenier, était également recherché pour liberté illégale dans un autre dossier.

Avec Sébastien Houle – Le Nouvelliste

Équateur: une émeute en prison fait 30 morts et 47 blessés

septembre 29, 2021

QUITO, Équateur — Un violent affrontement entre bandes rivales a fait au moins 30 morts et 47 blessés dans une prison de Guayaquil, une ville côtière de l’Équateur, ont annoncé des responsables mercredi.

© Fournis par La Presse Canadienne

Un commandant de la police, Fabian Bustos, a dit aux journalistes que des policiers et des soldats ont repris le contrôle des lieux après cinq heures. Plusieurs armes auraient été saisies.

Les détenus se seraient affrontés avec des armes à feu, des couteaux et des explosifs. Une querelle aurait éclaté entre deux bandes, «Los Lobos» et «Los Choneros», à l’intérieur des murs du pénitencier.

Des images diffusées par la télévision locale montrent des détenus tirant par les fenêtres de la prison enfumée. Des tirs et des détonations sont entendus. Des photos mises en ligne par le gouvernement de l’État de Guayas font voir six cuisiniers étant évacués d’une des ailes de la prison.

Le président équatorien Guillermo Lasso avait décrété en juillet un état d’urgence dans les prisons du pays, après que plusieurs éclosions de violence aient coûté la vie à plus de 100 détenus.

La journée la plus sanglante s’est produite en février, quand 79 prisonniers ont été tués lors d’émeutes simultanées dans trois prisons. En juillet, 22 autres détenus ont été tués au pénitencier Litoral.

Par La Presse canadienne avec The Associated Press