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Un an de prison ferme pour la profanation d’un cimetière juif au Danemark

octobre 16, 2020
La justice danoise a condamné vendredi 16 octobre à un an de prison un homme de 39 ans aux sympathies néonazies pour la profanation du cimetière juif de Randers, dans l’ouest du pays. Son complice, âgé de 28 ans, a également été condamné pour racisme mais sa peine n’a pas encore été rendue publique dans l’attente d’examens complémentaires.

«Les deux hommes ont été reconnus coupables de profanation de sépulture et de vandalisme aggravé au cimetière juif de Randers», a indiqué la police dans un communiqué. En novembre 2019, 81 ans après la Nuit de cristal, durant laquelle synagogues et magasins juifs ont été détruits par les nazis en Allemagne, plus de 80 pierres tombales avaient été peintes de graffitis verts et certaines pierres tombales renversées.

Les deux hommes sont également reconnus coupables de vandalisme à deux autres occasions: ils avaient, d’une part, recouvert de peinture un bâtiment dont la façade est décorée de deux étoiles de David et, d’autre part, d’avoir repeint un banc aux couleurs de l’arc-en-ciel en y ajoutant des autocollants du logo du groupuscule néonazi du Mouvement de la résistance nordique (NMR).

Membre dirigeant d’une organisation «nationale-socialiste révolutionnaire»

Ces «actions étaient un message dont l’objectif était de menacer, insulter ou dégrader certains groupes en raison de leur foi, de leur origine ethnique et de leur orientation sexuelle», a indiqué la procureure Cathrine Brunsgaard Jacobsen, citée dans le communiqué.

L’homme de 39 ans est considéré par le Parquet comme un membre dirigeant de la branche danoise du NMR, fondée en 2017 d’après leur site internet. Cette organisation «nationale-socialiste révolutionnaire», née en Suède en 1997, est présente dans l’ensemble des pays nordiques mais a été récemment interdite en Finlande car ses activités constituaient un «abus de droit» face à la protection de la liberté d’expression ou de réunion en vigueur dans le pays.

Au Danemark, le nombre d’actes antisémites a augmenté de 50% entre 2017 et 2018, selon des chiffres de la communauté juive en 2019. En 2015, la grande synagogue de Copenhague avait été la cible d’un attentat qui avait fait un mort. Un Danois d’origine palestinienne de 22 ans, Omar El-Hussein, avait tué deux personnes et blessé cinq policiers le 14 février 2015 en attaquant une conférence sur la liberté d’expression, puis la synagogue.

Par Le Figaro avec AFP

Angola: le fils de l’ex-président dos Santos condamné à 5 ans de prison pour fraude

août 14, 2020

José Filomeno Dos Santos lors de l'ouverture de son procès, le 9 décembre 2019 à Luanda.

José Filomeno dos Santos, fils de l’ancien président angolais José Eduardo dos Santos, a été condamné vendredi 14 août à cinq ans de prison pour «fraude» dans le cadre de ses activités à la tête d’un fonds souverain angolais entre 2013 et 2018, a-t-on appris de source judiciaire. «Pour le chef de fraude et celui de trafic d’influence, le prévenu est condamné à une peine cumulée de cinq ans de prison», a annoncé le juge Joao da Cruz Pitra, de la Cour suprême de Luanda.

En juin, le parquet avait requis sept ans de prison contre lui et un autre accusé, et dix ans pour les deux autres coprévenus, dont l’ex-patron de la Banque centrale Valter Filipe da Silva. Les trois complices présumés de José Filomeno dos Santos, 42 ans, ont été condamnés à des peines de quatre à six ans de prison.

Ils étaient accusés d’avoir transféré illégalement 500 millions de dollars de la Banque centrale vers le compte londonien d’une agence du Crédit suisse, dans le cadre d’une fraude qui leur aurait permis, selon le parquet général, de détourner jusqu’à 1,5 milliard de dollars. Les quatre hommes, qui ont toujours clamé leur innocence, ont en revanche été acquittés du chef de blanchiment d’argent.

Un «nettoyage»

Depuis le départ en 2017 de José Eduardo dos Santos, après 38 ans au pouvoir, son successeur Joao Lourenço a limogé, au nom de la lutte contre la corruption, tous les proches que l’ancien président avait placés à la tête des institutions, des entreprises publiques et de l’appareil sécuritaire du pays. Les symboles de ce «nettoyage» sot José Filomeno dos Santos et sa demi-sœur Isabel, qui a été évincée en novembre 2017 du poste de PDG de la compagnie pétrolière nationale, la Sonangol.

Présentée comme la femme la plus riche d’Afrique, elle est soupçonnée par la justice et les autorités angolaises d’importants détournements de fonds publics, récemment évalués à 5 milliards de dollars. Ses comptes bancaires ont été gelés en Angola et au Portugal.

Par Le Figaro avec AFP

Venezuela: deux Américains condamnés à 20 ans de prison pour une «incursion armée»

août 8, 2020

Deux ex-soldats américains arrêtés au Venezuela pour avoir tenté une «invasion» armée du pays sud-américain par la mer en mai ont été condamnés à 20 ans de prison par un tribunal vénézuélien, a annoncé le procureur général.

Luke Alexander Denman, 34 ans, et Airan Berry, 41 ans, «ont avoué» s’être rendus coupables de «conspiration, d’association (de malfaiteurs, ndlr), de trafic d’armes et de terrorisme», a indiqué Tarek William Saab sur Twitter dans la nuit de vendredi à samedi. «Ils ont été condamnés à 20 ans de prison», a-t-il précisé.

En mai dernier, cette affaire avait de nouveau crispé les relations déjà très tendues entre Washington et le gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro. Il avait accusé son homologue américain Donald Trump d’avoir «dirigé directement» cette «incursion armée» tuée dans l’oeuf le 3 mai dernier à laquelle avaient participé Denman et Berry, deux anciens soldats des forces spéciales américaines.

Selon le gouvernement vénézuélien, ce jour-là, l’armée et la police vénézuéliennes étaient parvenues à stopper la «tentative d’invasion par la mer» fomentée par des «mercenaires venant de Colombie» sur le rivage de Macuto, à moins d’une heure de route de Caracas, sur la côte caraïbe. Denman et Berry avaient été arrêtés le lendemain dans le village côtier de Chuao, à 80 km à l’ouest de Caracas.

Un «remake de la baie des cochons»

Huit «terroristes» avaient été tués dans l’opération et plusieurs dizaines d’autres personnes arrêtées. Selon Caracas, les «terroristes» comptaient renverser Nicolas Maduro pour «installer» à sa place Juan Guaido, le chef de file de l’opposition vénézuélienne que près de soixante pays reconnaissent comme président par intérim.

«C’est un remake de la Baie des Cochons», l’opération ratée montée par des exilés cubains et la CIA en 1961 pour renverser Fidel Castro, avait alors tonné Nicolas Maduro.

Nicolas Maduro accuse Juan Guaido d’avoir monté toute l’opération avec un ancien soldat américain, Jordan Goudreau, et un Vénézuélien de Miami, Juan José Rendon, pour fomenter ce «coup d’Etat» à son encontre.

Washington et Bogota ont nié toute participation dans cette entreprise et le secrétaire d’Etat Mike Pompeo a affirmé que les Etats-Unis feraient tout pour rapatrier Luke Denman et Airan Berry. L’administration Trump tente à tout prix d’évincer le «dictateur» Nicolas Maduro auquel elle nie toute légitimité.

Par Le Figaro avec AFP

Ouganda: 11 ans de prison pour avoir tué un gorille des montagnes

juillet 30, 2020

Felix Byamukama, habitant d’un village voisin, avait été arrêté et avait reconnu avoir tué le singe, assurant avoir agi en état de légitime défense.

Un Ougandais a été condamné jeudi 30 juillet à une peine de prison de 11 ans, notamment pour avoir tué un rare gorille des montagnes dans le parc de la forêt de Bwindi (sud-ouest). Le gorille au dos argenté, nommé «Rafiki» (ami en swahili), était âgé d’environ 25 ans. Il avait été tué en juin avec une lance.

Felix Byamukama, habitant d’un village voisin, avait été arrêté et avait reconnu avoir tué le singe, assurant avoir agi en état de légitime défense, selon l’Autorité ougandaise de la faune (UWA). L’UWA a annoncé que M. Byamukama avait écopé d’une peine de prison de 11 ans pour avoir tué le gorille et «d’autres animaux» dans le parc.

Il avait plaidé coupable de trois chefs d’inculpation: être entré illégalement dans une zone protégée, et avoir tué une antilope et un potamochère. «Nous sommes soulagés que justice ait été rendue pour Rafiki et cela devrait servir d’exemple aux autres personnes qui tuent des animaux», a déclaré le directeur exécutif de l’UWA, Sam Mwandha.

Augmentation des cas de braconnage

Rafiki était le mâle dominant d’une famille de 17 gorilles, la première à avoir été habituée à la présence humaine dans le parc, pour permettre aux touristes de venir l’observer. L’UWA avait décrit la mort de Rafiki comme un «coup dur», après que des efforts intensifs ont permis de faire passer le gorille des montagnes de la catégorie «en danger critique» à celle de «en danger» sur la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). La population de gorilles des montagnes, présents en Ouganda, au Rwanda et en République démocratique du Congo (RDC), est estimée par l’UICN à environ 1000 individus, contre 680 en 2008.

La mort de Rafiki est intervenue alors que la fréquence des cas de braconnage a augmenté en Ouganda depuis l’instauration d’un confinement strict pour lutter contre le nouveau coronavirus. «Nous avons observé une hausse des cas de braconnage dans nos parcs nationaux après la fermeture de nos pôles touristiques à cause du Covid-19», a déclaré à l’AFP M. Mwandha.

«Nous cherchons qui est derrière ça. Est-ce qu’à cause du confinement, les communautés près des parcs s’en prennent aux animaux pour survivre? Est-ce qu’un réseau criminel est derrière la hausse du braconnage? Est-ce que l’absence du tourisme dans les parcs facilite la tâche des braconniers?», s’est-il interrogé. «Quelle que soit la réponse, les cas de braconnage sont une source d’inquiétude et nous avons intensifié les patrouilles dans les parcs».

Par Le Figaro avec AFP

France: Un détenu meurt après avoir mis le feu à sa cellule

juillet 18, 2020

 

Un détenu de 27 ans est décédé dans la nuit de vendredi à samedi après avoir allumé un incendie dans sa cellule du quartier disciplinaire de la prison de Roanne (Loire), a-t-on appris auprès du parquet de cette ville.

Le détenu, qui avait fait l’objet récemment d’une mesure d’hospitalisation d’office selon son avocat, est décédé peu avant minuit à l’hôpital de Roanne où il avait été transporté dans un état grave, a-t-on ajouté de même source, confirmant une information du quotidien régional Le Progrès. D’après les premiers éléments de l’enquête sur les circonstances du décès, qui s’apparente à un suicide, «l’inhalation de la fumée provoquée par la combustion de son matelas aurait provoqué un arrêt cardiaque», a précisé à l’AFP le procureur de la République à Roanne, Abdelkrim Grini, ajoutant que le corps ne porte par de traces de brûlure et qu’une autopsie doit avoir lieu lundi.

Les parents du défunt «veulent savoir si une faute a été commise», a indiqué à l’AFP l’avocat du détenu, Me Thomas Fourrey. Vers 22h, selon le parquet, des surveillants du centre pénitentiaire sont intervenus pour maîtriser l’incendie, extraire le détenu de sa cellule et lui prodiguer les premiers soins avant l’arrivée des pompiers et du Samu.

En détention, selon la même source, la victime s’était fait remarquer à plusieurs reprises pour des outrages, violences et menaces de mort envers le personnel, ce qui lui avaient notamment valu de comparaître devant le tribunal correctionnel de Roanne. Selon l’avocat du défunt, une audience pour des faits d’outrage a bien eu lieu le 13 mars. Mais «le tribunal n’avait pas condamné mon client, l’ayant déclaré irresponsable pénalement, et avait ordonné son hospitalisation immédiate», a précisé Me Fourrey à l’AFP.

Son client était cependant resté en détention jusqu’au 23 avril, date de son transfèrement au centre hospitalier de Roanne, après relance de l’avocat. Il en était ressorti fin juin dans la perspective d’un placement au service médico-psychologique régional de l’hôpital du Vinatier, près de Lyon, a ajouté l’avocat.

Par Le Figaro avec AFP

RDC: Le Kivu en feu à cause de la condamnation de Vital Kamerhe à 20 ans de prison ferme

juin 20, 2020

 

À dix jours du 30 juin, de la fête de l’indépendance nationale, de la République démocratique du Congo, après l’électricité dans l’air durant le procès de Vital Kamerhe, c’est maintenant le tour du feu dans l’atmosphère au KIVU.

Les images du Kivu des partisans en colère de Vital Kamerhe condamné à 20 ans de prison dans le procès des 100 jours.

 

Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.

Avec FKM Vision TV publiée le 20 juin 2020

RDC : Vital Kamerhe condamné à 20 ans de prison

juin 20, 2020

Vital Kamerhe, devant les juges à la prison de Makala, le 20 juin 2020

Vital Kamerhe, devant les juges à la prison de Makala, le 20 juin 2020 © Capture d’écran/RTNC

 

Vital Kamerhe a été condamné à 20 ans de prison et 10 ans d’inéligibilité pour « détournement de fonds » et « corruption ». Un verdict qui marque la fin d’une procédure hors norme et acte la mise à l’écart d’un rouage clé du pouvoir.

Après un mois d’une procédure historique, retransmise en direct à la RTNC entre le 11 mai et le 11 juin, le « procès des 100 jours » a livré son verdict. Accusé du détournement de plus de 50 millions de dollars destinés dans le cadre de la gestion du programme d’urgence des 100 jours, de blanchiment de capitaux et de corruption, Vital Kamerhe a été condamné à 20 ans de travaux forcés par le tribunal de grande instance de Kinshasa la Gombe. La peine de travaux forcés n’étant pas appliquée en RDC, elle équivaut à une peine de 20 ans de prison ferme.

Les juges l’ont aussi condamné à 10 ans d’inéligibilité, qui démarreront après exécution de la peine.

Ses co-accusés, l’homme d’affaires libanais Jammal Samih, patron d’Husmal et de Samibo, deux sociétés impliquées dans la construction de logements sociaux pour le programme des 100 jours, et Jeannot Muhima Ndoole, chargé du service import-export à la présidence de la République – qui était absent lors du prononcé du verdict – ont également été reconnus coupables des faits qui leur étaient reprochés. Jammal Samih a, comme Vital Kamerhe, écopé de 20 ans de prison et Jeannot Muhima Ndoole à 2 ans.

La justice a également ordonné la confiscation des fonds placés sur les comptes d’Hamida Shatur, Daniel Massaro et Soraya Mpiana ainsi que des propriétés immobilières acquises avec les fonds détournés.

Vers un appel de la défense

Après avoir rappelé le contexte qui a mené au procès, les juges ont d’abord rejeté les différentes exceptions de forme soulevées par la défense, avant de détailler leur jugement.

Concernant l’infraction de détournement, le tribunal a notamment reconnu dans son jugement que Jammal Samih « n’avait pas été en mesure de justifier la destination prise par la somme de 48,8 millions de dollars », montant issu des 57 millions de dollars décaissés par le trésor public en faveur de Samibo pour la construction de 1 500 logements sociaux prévus dans le programme des 100 jours.

Sur ce dossier, les juges ont estimé que l’homme d’affaires libanais n’aurait pas pu arriver à ses fins « s’il n’avait pas reçu une aide indispensable » de Vital Kamerhe, identifié par le tribunal comme « l’unique superviseur » de ce programme d’urgence.

À l’issue de son exposé, la justice a donc estimé que « la participation de Vital Kamerhe, en tant que co-auteur, à la commission de l’infraction du détournement de deniers publics ne fait l’ombre d’un moindre doute ». Vital Kamerhe, Jammal Samih et Jeannot Muhima Ndoole ont désormais la possibilité de faire appel.

« C’est une violation grave des droits de l’homme »

Vital Kamerhe, devant les juges à la prison de Makala, le 20 juin 2020
Vital Kamerhe, devant les juges à la prison de Makala, le 20 juin 2020 © RTNC

« Il s’agit d’une violation grave des droits de l’homme, de la procédure, et l’application malveillante des textes sélectionnés à dessein », a réagi Me Jean-Marie Kabengela Ilunga, l’un des avocats de Vital Kamerhe.

« Le jugement met dans le lien de condamnation l’épouse, les enfants des personnes qui ne sont pas parties au procès. Daniel Massaro attend son jugement, mais le juge est allé au-delà de sa saisine, pour pouvoir atteindre les personnes non concernées par le procès. C’est une violation grave des droits de l’homme », a-t-il ajouté, annonçant l’intention de la défense de faire appel.

Me Pierre-Olivier Sur, ancien bâtonnier de Paris qui défend aussi Vital Kamerhe, a annoncé qu’il exercera « toutes les voies de recours possibles : en République démocratique du Congo, devant les cours régionales africaines et devant les Nations Unies ». Pour rappel, Me Sur a saisi le 9 juin le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire.

« Nous sommes consternés et choqués, parce qu’on s’attendait à ce que les juges puissent tenir compte des éléments pertinents soulevés par les avocats. Nous constatons que le tribunal est même allé au-delà de la réquisition du ministère public », déplore auprès de Jeune Afrique Aimé Boji, secrétaire général de l’Union pour la nation congolaise (UNC) présidé par Kamerhe.

Dysfonctionnements

Au cours d’une série d’audiences marquées par la mort suspecte, dans la nuit du 26 au 27 mai, du juge Raphaël Yanyi, chargé de mener les premiers débats, les magistrats avaient tenté d’établir les responsabilités politiques dans l’élaboration du programme des 100 jours et dans la chaîne de décaissement des fonds qui lui étaient alloués.

Les auditions de nombreux membres de la commission des 100 jours ont permis de lever le voile sur les dysfonctionnements qui ont émaillé la mise en place de ce programme, dans sa conception comme dans son exécution. La majorité des participants ont ainsi souligné la responsabilité du directeur de cabinet de Félix Tshisekedi dans le choix des contrats et le processus de décaissement des fonds qui leur était destiné. Certains d’entre eux ont même assuré ne pas avoir été informés qu’il faisait parti de la commission de supervision.

Tout au long du procès, l’accusé, lui, n’a eu de cesse de clamer son innocence, rejetant la faute sur d’anciens ministres et affirmant à plusieurs reprises qu’il avait agi avec l’aval du chef de l’État.

« Ces auditions ont permis de confirmer qu’il y a eu de multiples violations de la loi. C’est un projet qui a été monté en dehors de la loi de finances de l’année en cours, qui a violé le cadre de la loi de la passation de marché, et qui n’a pas respecté la chaîne normale de décaissement des fonds », résume Florimond Muteba, président du conseil d’administration de l’ODEP (Observatoire de la dépense publique).

Précipitation

Le président Félix Tshisekedi aux côtés de Vital Kamerhe, le 23 novembre 2018.
Le président Félix Tshisekedi aux côtés de Vital Kamerhe, le 23 novembre 2018. © Ben Curtis/AP/SIPA

Le procès a notamment démontré le contexte particulier dans lequel a été lancé le programme en question, entre une population impatiente de voir des changements dans la gouvernance et un pouvoir tout juste élu, déterminé à marquer une rupture avec son prédécesseur, au risque de pécher par précipitation.

En effet, lorsque le contenu du « programme d’urgence des 100 jours » est annoncé le 2 mars 2019 par le président Tshisekedi, la RDC n’a ni Parlement ni gouvernement. Les équipes en place sont celles de Bruno Tshibala, dernier Premier ministre de Joseph Kabila, et elles se contentent d’expédier les affaires courantes.

La méfiance de Félix Tshisekedi et de son directeur de cabinet est grande, et justifie alors de passer par d’autres canaux pour mettre en place et financer son programme, comme le Fonds national d’entretien routier (Foner) et le Fonds de promotion de l’Industrie (FPI).

Une commission de suivi, composée notamment de conseillers de la présidence, sera mise sur pied mais n’entrera officiellement en fonction qu’en juin. Qu’il s’agisse du choix des projets concernés ou de celui des exécutants retenus, le contexte semble déjà propice à l’opacité.

Celle-ci sera très vite dénoncée par plusieurs organisations de la société civile, dont l’Odep, qui assurera dans l’un de ses rapports que 84,61 % des marchés compris dans le cadre du « programme des 100 jours » ont été passés sans appel d’offres. En dépit de nombreuses alertes, il faudra attendre début février 2020 pour qu’un audit soit lancé et une enquête ouverte. La mécanique judiciaire est alors enclenchée.

Rivalité
Vital Kamerhe, le controversé directeur de cabinet du président congolais Felix Tshisekedi, au Palais de la Nation, à Kinshasa, le 18 février 2020.
Vital Kamerhe, le controversé directeur de cabinet du président congolais Felix Tshisekedi, au Palais de la Nation, à Kinshasa, le 18 février 2020. © Caroline Thirion pour JA

Mais le procès a aussi mis en lumière des querelles internes dans les arcanes mêmes de la présidence entre les proches du chef de l’État et ceux de Vital Kamerhe.

Elle trouve son origine au lendemain des élections. La majorité parlementaire étant allée au camp Kabila, Kamerhe s’est rabattu sur le poste – en apparence bien plus modeste et sans ancrage constitutionnel – de directeur de cabinet.

Mais il a rapidement su en faire l’un des postes les plus stratégiques de ce début de mandat, éclipsant plusieurs conseillers et proches du président, et suscitant parfois des réticences. « Kamerhe est un allié, pas un ami, glissait ainsi un très proche du chef de l’État six mois après le début de son mandat. Nous avançons une main devant, une main derrière. »

Pourquoi une telle méfiance ? Peut-être parce qu’en trente ans de vie politique, Vital Kamerhe a toujours assumé une certaine liberté de mouvement au gré de ses ambitions.

Passé par une douzaine de cabinets ministériels sous Mobutu, avant de connaître une réelle ascension sous Kabila père puis fils, Kamerhe fut un rouage-clé du pouvoir du prédécesseur de Tshisekedi, avant de rompre avec lui en 2009. C’est le début alors d’une longue traversée du désert au côté d’une opposition qui le soupçonne de ne pas avoir rompu avec ses anciens amis de la majorité. Habitué des coups de poker, Kamerhe gagne son ticket pour un retour au cœur du pouvoir en s’associant à Tshisekedi en novembre 2018. La suite est connue.

A-t-il voulu brûler les étapes ? En 2009, un câble diplomatique de l’ambassadeur des États-Unis à Kinshasa attribuait à Kamerhe « une ambition aveugle de devenir un jour président [qui] altère son jugement. »

Dans les jours qui suivent son arrestation, le 8 avril dernier, une folle rumeur fait son chemin. Les semaines précédentes, Vital Kamerhe aurait sollicité le soutien des présidences angolaise, tanzanienne et brazzavilloise dans l’optique de la présidentielle de 2023.

Une information qui sera réfutée par nos sources au sein de deux de ces présidences. Kamerhe et ses proches n’ont, en tout cas, pas cessé de dénoncer une procédure « politique ». Reste à savoir désormais si pour cet homme passé maître dans l’art du rebond, cette condamnation signe son départ de l’arène politique congolaise.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras et Stanis Bujakera Tshiamala

RDC : 20 ans de prison requis contre Vital Kamerhe

juin 12, 2020

Vital Kamerhe, directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi.

Vital Kamerhe, directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi. © Vincent Fournier/J.A.

Une peine de 20 ans de prison a été requise jeudi par la justice congolaise contre l’ancien président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe, allié politique et directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi.

Vital Kamerhe, 61 ans, est le principal des trois accusés d’un procès sans précédent pour détournement et blanchiment présumés de quelque 50 millions de dollars d’argent public.

Le jugement sera rendu le 20 juin, a indiqué en soirée le président du tribunal de grande instance, au terme d’une cinquième audience retransmise en direct, très suivie par les Congolais.

Le procès se tient dans l’enceinte de la prison centrale de Kinshasa, où Vital Kamerhe est en détention préventive depuis le 8 avril. Comme ses deux co-accusés, il a clamé son innocence, dénonçant un « procès politique » et la « brutalité et l’acharnement » du tribunal contre lui. Le procureur avait demandé 20 ans de « travaux forcés » à son encontre, ainsi que dix ans de privation du droit de vote et d’éligibilité.

La même peine de 20 ans a été requise contre le premier de ses deux coaccusés, l’entrepreneur libanais Jammal Samih, 78 ans, dont plus de 50 au Congo.

Le Parquet a également demandé la « confiscation des fonds » bancaires de l’épouse de Vital Kamerhe, de la fille de celle-ci et d’un cousin de l’accusé, ainsi que « la confiscation des propriétés immobilières acquises avec les fonds détournés pendant la période allant de janvier 2019 à ce jour ».

Dans la plaidoirie de la partie civile, un avocat de la République démocratique du Congo (RDC) a affirmé que le couple, qui s’est marié en février 2019, avait acquis et rénové un hôtel particulier en France pour plus d’un million d’euros.

« La vraie justice viendra de Dieu »

« C’est comme si vraiment on voulait abattre toute la famille », s’est défendu Vital Kamerhe, en parlant d’une maison « à 45 minutes de Paris ». « La vraie justice viendra de Dieu, quand les juges humains s’écartent de la vraie justice », a-t-il ajouté, affirmant avoir prévenu sa femme avant l’audience que « la messe est dite » concernant son sort judiciaire.

Originaire de la province du Sud-Kivu (Est), Vital Kamerhe est une figure centrale de la vie politique congolaise depuis les années 2000.

Candidat déclaré à la présidentielle du 30 décembre 2018, il s’était désisté au profit de Félix Tshisekedi un mois avant le scrutin.  Les deux hommes avaient alors conclu un accord prévoyant que Vital Kamerhe devienne Premier ministre puis candidat à la présidentielle suivante, en 2023.

Une fois au pouvoir, Félix Tshisekedi l’avait finalement nommé directeur de cabinet, devant réserver le poste de Premier ministre à un proche de son prédécesseur Joseph Kabila, en vertu d’un autre accord politique.

L’argent public que Vital Kamerhe est accusé d’avoir détourné devait financer un volet des travaux d’urgence du programme des « 100 jours » lancé par le chef de l’État début mars 2019.

Ce volet portait sur la construction de logements sociaux pour militaires, sous la forme de 1 500 maisons préfabriquées et importées de Turquie. Le marché avait été passé avec Jammal Samih, qui a également demandé son acquittement: « Je suis innocent », a-t-il dit.

Vital Kamerhe et Jammal Samih sont jugés avec un troisième accusé, Jeannot Muhima, en charge du service import-export à la présidence de la République, et du dédouanement des marchandises importées.

Décès soudain de Raphaël Yanyi

Depuis Paris, un collectif d’avocats de Vital Kamerhe a affirmé avoir saisi un « groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire » en « sollicitant une intervention urgente pour garantir le respect des droits fondamentaux de Vital Kamerhe ».

« Il n’y a aucune preuve de flux financiers coupables », écrivent dans un communiqué Me Jean-Marie Kabengela et Me Pierre-Olivier Sur. Les deux avocats reviennent également sur la mort soudaine du magistrat Raphaël Yanyi dans la nuit du 26 au 27 mai, soit deux jours à peine après avoir présidé la deuxième audience du procès.

Dans l’attente d’un compte-rendu d’autopsie, « plusieurs sources » avancent que le magistrat a été « empoisonné et désignent monsieur Vital Kamerhe comme responsable ». « Dans ce contexte tendu, les autorités pénitentiaires congolaises ne sont pas en mesure de garantir la sécurité » de Vital Kamerhe, estiment les avocats.

Vital Kamerhe n’a pas officiellement démissionné de son poste de directeur de cabinet, mais un intérimaire – son adjoint – a été nommé.

Vital Kamerhe est le président de l’Union pour la Nation congolaise (UNC), parti qui compte plusieurs ministres au sein du gouvernement de coalition de Félix Tshisekedi. Aucun n’a démissionné à ce jour.

Par Jeune Afrique avec AFP

Congo-diaspora: André Okombi-Salissa rend hommage au chevalier Marc Mapingou-Mitoumbi

mai 15, 2020

Le 5 mai 2020 du fond de notre cellule, nous avons appris le décès de Marc Mapingou Mitoumbi, représentant et porte parole du Général Jean Marie Mokoko, figure de proue dans la lutte pour la démocratie et l’alternance démocratique dans notre pays.

La disparition tragique et inopinée de Marc Mapingou en France, fait suite à celle de Paul Kaya, Moudileno Massengo, le président Jacques Joachim Yhomby Opango etc, d’illustres hommes d’Etat, qui nous quittent au moment ou notre pays, le Congo Brazzaville traverse l’une des périodes les plus sombres dans l’histoire politique, sociale, économique et financière contemporaine et le plus grand besoin de leurs contributions inestimables.

Le destin vient d’arracher à notre affection, celle du Congo fraternelle et libre , en exil de surcroit, l’un de ses fils les plus valeureux et dignes, homme de conviction.

Au côté de mon représentant en France Guy Mafimba, mon frère Marc Mapingou à militer avec ardeur et convictions pour l’alternance politique pacifique au Congo.
Héroïque et noble lutte qui l’a emmenée dans les salons feutrés des décideurs, les plateaux télé et réunions en salles pour plaider notre cause, celle qui à ce jour nous prive de liberté depuis plus de 4 ans.

Véritable autorité morale de la diaspora, médiateur naturel, Marc Mapingou à su imprimer son empreinte, celle de la modération et la fraternité en travaillant avec acharnement et convictions à l’établissement et la construction de ponts entre congolais afin de concilier les contraires . Convaincu par ailleurs que la renaissance du Congo n’est possible qu’au prix de la tolérance assumée et de l’unité de ses fils et filles.

Hélas, lui qui a tant rêvé d’un autre Congo ne le verra plus.

Notre réconfort se trouve aujourd’hui dans le chemin que tu as montré et qui est accepté de plusieurs.

Les hommages qui te sont rendus venant de tout horizon mon cher ami montre la justesse de ton combat.

Mon cher Marc tu as combattu le bon combat et tu as achevé ta course accomplissant pleinement la sagesse populaire à savoir « SOUVIENS TOI QU’AU MOMENT DE TA NAISSANCE TOUT LE MONDE ÉTAIT DANS LA JOIE ET TOI DANS LES PLEURS. VIT DE MANIÈRE QU’AU MOMENT DE TA MORT TOUT LE MONDE SOIT DANS LES PLEURS ET TOI DANS LA JOIE ».

Eh oui cher Marc aujourd’hui beaucoup de nos compatriotes te le rendent bien au delà de ce que même tu aurai pensé.

Pourtant ils savent tous que L’avenir de la vie c’est la mort et que la mort est un vêtement que tout le monde portera, mais ta disparition laisse un goût d’inachevé, bien que par de nombreux souvenirs tu seras toujours présent dans notre mémoire.

Ce que nous savons avec Saint Augustin pour certains et Henry Scott pour d’autres que « tu es juste de l’autre côté du chemin ».

Notre réconfort mon cher Marc se trouve chez Victor Hugo qui nous parle de la beauté de la mort, « la beauté de la mort c’est la présence. Présence inexprimable des âmes aimées, souriant à yeux en larmes. L’Etre pleuré est disparu, non parti. Nous n’appercevons plus son doux visage, nous nous sentons sous ses ailes ».

Enfin la consolation nous viens de celui qui est JÉSUS, à qui nous confions ton âme, car désormais tu nous parleras par l’éveil des oiseaux dans le calme du matin, par les mille vents qui soufflent, par la douce pluie.

A la grande famille de la diaspora j’adresse toutes mes condoléances.
Toutes mes condoléances à la famille de l’illustre disparu, son épouse et ses enfants.

Repose en paix cher Marc.

André OKOMBI SALISSA

Avec Congo-liberty

Sierra Leone: un gardien de prison tué lors d’une émeute après un cas de coronavirus

avril 29, 2020

Plusieurs dizaines de policiers et de détenus ont été blessés, un incendie s’est même déclaré.

Des policiers se tiennent devant les portes de la prison où la mutinerie à eu lieu mercredi.
Des policiers se tiennent devant les portes de la prison où la mutinerie à eu lieu mercredi. COOPER INVEEN / REUTERS

Un gardien d’une prison de la capitale de la Sierra Leone, Freetown, a été tué mercredi 29 avril lors d’une émeute de détenus, qui ont déclenché un incendie, a indiqué un porte-parole de de l’établissement pénitentiaire.

Les causes de la mutinerie des détenus de la prison de Pademba Road n’ont pas été établies, mais elle s’est produite après l’annonce lundi par le ministère de la Justice que l’un d’entre eux avait été testé la veille positif au nouveau coronavirus. «Ce matin, nous avons constaté qu’un incendie était en cours à l’intérieur de la prison et entendu les détenus crier à l’aide», a déclaré à l’AFP un porte-parole de l’établissement, Cecil Cole Showers.

Un gardien a été tué et plusieurs dizaines de ses collègues et de détenus ont été blessés pendant l’émeute, a-t-il expliqué. Un riverain a indiqué à l’AFP avoir entendu des coups de feu. Les forces de l’ordre ont bouclé le quartier et ordonné aux habitants de rester chez eux. À la suite de l’apparition d’un cas dans la prison, les autorités ont fermé à des fins de désinfection la section par laquelle il était passé avant d’être dirigé vers un hôpital. Les autres détenus de cette section ont été déplacés et mis sous surveillance sanitaire, selon le ministère.

Le ministère de la Justice a également suspendu pour un mois les activités des tribunaux afin d’éviter les contaminations lors des transferts de prisonniers.

La Sierra Leone, pays pauvre d’Afrique de l’Ouest au système de santé très fragile a enregistré 104 cas de coronavirus, dont quatre décès. Ses prisons sont vétustes et généralement surpeuplées. Des ONG locales ont récemment appelé le gouvernement à libérer les détenus emprisonnés pour des délits mineurs afin de lutter contre la propagation du Covid-19.

Par Le Figaro avec AFP