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Canada-Québec: Prix littéraires du Gouverneur général: un doublé mauricien

juin 2, 2021

La Mauricie a été particulièrement choyée dans le cadre de la remise des Prix littéraires du Gouverneur général pour l’année 2020 puisque deux des représentants de la région font partie des lauréats. François Blais, de Charette, l’a emporté dans la catégorie littérature jeunesse – texte pour son roman noir Lac Adélard publié à La courte échelle alors que l’illustrateur trifluvien Guillaume Perreault a remporté le Prix de littérature jeunesse – livres illustrés pour son travail sur Pet et Répète : la véritable histoire chez Fonfon.

Guillaume Perreault

© Stéphane Lessard Guillaume Perreault

Résident trifluvien depuis quelques mois, Guillaume Perreault accueillait l’honneur avec beaucoup de légitime fierté. «C’est un prix prestigieux qui est très connu dans les milieux littéraires et qui a beaucoup de retentissement. C’est une magnifique reconnaissance qui est d’autant plus agréable à recevoir qu’elle est décernée par un jury de pairs et je devine que le processus de sélection est très rigoureux. Je suis vraiment très heureux.»

L’illustrateur avoue que le prix lui soit décerné pour ce livre en particulier est arrivé comme une surprise. «J’avoue que c’est un prix que je rêvais de gagner un jour, mais je suis surpris que ça arrive avec ce livre-ci. Non pas qu’on n’a pas fait du bon travail, bien au contraire, mais avec Katia Canciani, qui a écrit l’histoire, on se disait qu’avec comme base la blague de Pet et Répète, on n’irait pas chercher le Prix du Gouverneur général! Katia a su partir de cette blague et l’amener beaucoup plus loin avec beaucoup d’intelligence. Je trouve que c’est un très beau livre.»

François Blais

© Marie Blais François Blais

Pour sa part, l’illustrateur lui a donné sa touche personnelle faite de son désir d’offrir tout simplement du plaisir au lecteur sans chercher à marteler un message. «Si j’ai une mission comme auteur ou comme illustrateur, c’est de faire sourire les lecteurs. J’ai une approche ludique. J’aime créer un univers visuel dans lequel ils peuvent se plonger. Ça se mariait bien avec la très belle histoire de Katia.»

«On peut toujours reconnaître mon style d’un projet à l’autre mais j’essaie de varier à chaque bouquin, de me réinventer quelque peu en amenant quelque chose de nouveau. Dans celui-ci, on avait convenu de donner un petit côté vieillot au visuel. J’ai notamment inclus une trame dans le dessin, ce que je ne fais que rarement. J’ai aussi cadré chaque image comme on peut le faire dans un conte.»

Surprise

Pour sa part, François Blais accueillait cette récompense avec un mélange d’étonnement et d’humilité. «C’est un très bel honneur, ça ne fait pas de doute. J’avoue que quand j’ai appris que j’avais été mis en nomination, j’ai été très surpris. Je ne savais pas que je pouvais me qualifier pour pareille récompense. Je ne visais assurément pas ça.»

Lac Adélard s’inscrit dans la Collection noire à La courte échelle, une collection dévolue au suspense et à l’horreur. «C’est d’autant plus surprenant pour moi que c’est une catégorie, le livre jeunesse, dans laquelle il y a une grosse production avec beaucoup d’ouvrages de qualité. Quand on m’a proposé d’écrire dans cette collection noire, j’étais incertain parce que je n’en lis pas vraiment. J’y suis allé à l’instinct et il semble que j’ai visé juste.»

On devine que la rédaction a exigé beaucoup de doigté. «C’était difficile parce qu’il faut toujours soutenir l’attention des lecteurs qui sont ici des adolescents et on sait qu’ils sont très sollicités par toutes sortes d’autres plateformes attrayantes. Pour ce qui est de l’horreur, c’est sûr qu’il fallait doser, mais en adoptant une histoire de fantômes, j’avais un bon filon. C’est le type d’horreur que je préfère, personnellement.»

Si l’ensemble de son œuvre s’adresse autant aux adultes qu’aux jeunes, François Blais se dit comblé que ce premier Prix du Gouverneur général lui soit attribué pour de la littérature s’adressant à un jeune public. «Ça me flatte parce que j’ai toujours l’impression que le public des ados est très difficile à accrocher. L’écriture a été exigeante, peut-être plus que dans le cas d’un livre pour les adultes. Ça m’obligeait à beaucoup de réflexion.»

L’écrivain se réjouit évidemment de la bourse de 25 000 $ qui lui vient avec le Prix, mais ne croit pas que l’honneur va changer le cours de sa carrière. «Je ne l’ai jamais vécu alors c’est difficile à dire, mais comme j’écris déjà beaucoup ces temps-ci, j’imagine que ça ne devrait pas changer. C’est sûr que ça fait plaisir à recevoir mais je ne pense pas non plus que ça va transformer ma confiance en moi. Je doute toujours quand j’écris et je pense que ce sera toujours le cas.»

Et ce, malgré le succès de ce Lac Adélard qui s’est vendu à quelque 5000 exemplaires depuis sa parution il y a presque deux ans. Un succès tel qu’un autre roman à paraître dans la même collection est présentement en route.

Avec François Houde – Le Nouvelliste