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Richard Ernst, père de l’IRM et Nobel de chimie en 1991, est mort

juin 8, 2021

Richard Ernst est mort en Suisse à l’âge de 87 ans. Il vivait depuis un an et demi dans une maison de retraite de Winterthour, sa ville natale.

Richard Ernst, laureat 1991 du prix Nobel de chimie, est mort a l'age de 87 ans.
Richard Ernst, lauréat 1991 du prix Nobel de chimie, est mort à l’âge de 87 ans.© MAXPPP / PHOTOPQR/L’ALSACE

Richard Ernst est mort. Le Suisse s’est éteint vendredi à Winterthour, dans le canton de Zürich, ville où il était né le 14 août 1933. Il avait 87 ans. L’ancien professeur à la prestigieuse EPF de Zürich vivait depuis le début de l’année dernière dans une maison de retraite de sa ville natale. Il laisse une femme et trois enfants, précise l’agence d’informations suisse ATS. Richard Ernst est considéré comme le père de l’imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM) et lauréat 1991 du prix Nobel de chimie.

L’Académie royale des sciences de Suède avait attribué le prix Nobel de chimie au professeur suisse pour « d’importants développements de la méthodologie dans le domaine de la spectroscopie à résonance magnétique nucléaire (RMN) », qui ont permis de donner naissance à l’IRM, aujourd’hui indispensable à la médecine moderne.

Le jour de l’annonce de sa récompense, le Pr Ernst, lors d’un point de presse impromptu à New York où il venait d’arriver en provenance de Moscou, avait expliqué qu’avec « cette technique, vous pouvez enquêter sur presque tout : vous pouvez examiner le corps humain, […] les processus physiologiques, l’utiliser pour de nombreuses applications médicales. Et d’autre part, vous pouvez analyser une molécule, son apparence, sa dynamique, comment les différentes molécules se meuvent, comment elles réagissent entre elles ».

Richard Ernst avait du mal à accepter son prix Nobel

Modeste, il avait affirmé que le fait d’avoir eu le prix tout seul lui posait problème, « parce que je ne suis vraiment pas le seul à avoir apporté ma contribution dans (le) secteur » de la résonance magnétique nucléaire.

La RMN est une technique de spectroscopie appliquée à certains noyaux atomiques (en particulier celui d’hydrogène, le proton, présent en grand nombre dans les organismes vivants) qui ont la propriété de se comporter comme de petits aimants. Lorsque ces particules se retrouvent dans un champ magnétique ayant une fréquence déterminée, appelée fréquence de résonance, elles se manifestent par des effets électromagnétiques que l’on peut mesurer.

La RMN a été mise en évidence en 1945 simultanément par le Suisse Felix Bloch et l’Américain Edward Mills Purcell, travaillant tous deux aux États-Unis. Cette découverte leur a valu le prix Nobel de physique en 1952. Toutefois, au début, une difficulté fondamentale fut la sensibilité relativement faible de cette méthode.

En 1966, Richard Ernst, en collaboration avec l’Américain Weston Anderson, a réussi à accroître la sensibilité de la méthode en exposant l’échantillon à de brèves et intenses pulsations de fréquences radioélectriques. Il fallut attendre le début des années 1970, en particulier la mise au point d’aimants supraconducteurs capables de produire des champs magnétiques assez puissants, pour faire de la RMN un instrument d’étude fine des structures moléculaires dans les domaines de la physique, de la chimie et de la biologie. La première image RMN à des fins médicales a été présentée en 1973.

Par Le Point avec AFP

Covid-19: refuser le masque équivaut à conduire en état d’ébriété, selon un prix Nobel

juillet 7, 2020

Refuser de porter un masque pour aider à lutter contre l’épidémie de Covid-19, c’est aussi antisocial que de conduire après avoir bu de l’alcool, selon le président de la Royal Society de Londres et prix Nobel de chimie.

Les propos de Venki Ramakrishnan interviennent alors que deux nouveaux rapports soulignent que le port du masque peut contribuer à réduire considérablement la propagation de virus comme celui du Covid-19.

«Avant, il était tout à fait normal de prendre quelques verres et de rentrer à la maison, et il était également normal de conduire sans ceinture de sécurité», rappelle-t-il mardi dans un communiqué. «Aujourd’hui, ces deux comportements seraient considérés comme antisociaux et le fait de ne pas porter de masque en public devrait être considéré de la même manière». «Si nous en portons tous un, nous nous protégeons les uns les autres et ainsi nous-mêmes», a-t-il poursuivi, rappelant que «le virus n’a pas été éliminé».

L’adoption du port du masque très faible en Grande-Bretagne, très forte en Italie

Le masque a un rôle à jouer, avec le fréquent lavage des mains et la distance physique, car il n’y a pas de «solution miracle» contre ce virus, selon lui. Les masques en tissu réduisent de 50 à 100% la dispersion des particules orales, en fonction d’un certain nombre de facteurs, relèvent des chercheurs des universités de Pennsylvanie et de Cambridge, rédacteurs d’un des deux rapports. «Il y a même aujourd’hui des preuves que les masques pourraient bénéficier directement au porteur», assure Paul Edelstein, professeur émérite de pathologie et de médecine de laboratoire de l’université de Pennsylvanie.

Le deuxième rapport publiée par la Royal Society relève de grandes différences dans les taux de port du masque parmi les pays riches: fin avril, l’adoption du port du masque était de 25% en Grande-Bretagne contre 83,4% en Italie, 65,8% aux États-Unis et 63,8% en Espagne. «Dans des pays comme l’Italie, les États-Unis et l’Espagne, les gens ont rapidement adopté des masques faciaux», notamment car «les autorités leur ont fourni des directives claires», estime Melinda Mills de l’Université d’Oxford, principal auteur de ce document.

Le mois dernier, l’Organisation mondiale de la santé et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) aux États-Unis ont publié des directives actualisées recommandant à tout le monde de porter des masques dans les zones publiques où existe un risque de transmission du Covid-19.

Par Le Figaro avec AFP

Darwin en éprouvette! Le Nobel de chimie à trois « dompteurs » de l’évolution

octobre 3, 2018

Photos des trois lauréats du Nobel de chimie le 3 octobre 2018. TT News Agency / AFP / © TT News Agency/AFP / Jonas EKSTROMER

Les leçons de Darwin dans une éprouvette! Le prix Nobel de chimie a récompensé mercredi deux Américains et un Britannique qui se sont inspirés des principes de l’évolution et de la sélection naturelle pour modifier les propriétés des enzymes à des fins thérapeutiques et industrielles.

Le Nobel récompense pour moitié l’Américaine Frances Arnold, 62 ans, professeure à l’Institut de technologie de Californie (Caltech), cinquième femme seulement à inscrire son nom au palmarès du prix de chimie depuis 1901.

« Je suis en train de sauter au plafond mais j’essaie de faire semblant d’avoir l’air calme », a-t-elle confié à la Fondation Nobel dans une interview, après l’annonce.

L’autre moitié va à l’Américain George Smith, 77 ans, professeur à l’université du Missouri, et au Britannique Gregory Winter, 67 ans, de l’université de Cambridge.

Les chercheurs honorés ont « dompté les principes de l’évolution », ouvrant la voie à la production de nouveaux matériaux ou de biocarburants plus propres, et à des thérapies innovantes, a indiqué l’Académie suédoise royale des sciences qui décerne le prix.

– Pères de l’Humira –

« Les découvertes de Frances Arnold ont permis de créer de meilleures enzymes qui donnent une chimie plus efficace et plus verte », a commenté Göran Hansson, secrétaire général de l’académie, interrogé par l’AFP.

Le prix Nobel de chimie 2018 / © AFP / Kun TIAN

« Les découvertes de George Smith et de Greg Winter ont un effet énorme, en particulier sur la médecine avec des anticorps qui ont beaucoup moins d’effets secondaires et sont plus efficaces », a-t-il ajouté.

L’adalimumab, le médicament le plus prescrit au monde qui lutte contre la polyarthrite rhumatoïde (commercialisé sous le nom d’Humira) est notamment le résultat de leur recherche.

En « répliquant les principes de Darwin dans des éprouvettes », les trois scientifiques « ont mis à profit la compréhension de la molécule que nous tirons des processus de l’évolution pour les recréer en laboratoire », a précisé au cours d’une conférence de presse le président du comité Nobel du prix, Claes Gustafsson.

L’évolution dirigée est un ensemble de technologies permettant d’améliorer une protéine, en reproduisant artificiellement le processus naturel de l’évolution mais en cherchant à l’orienter dans une direction choisie.

Ces techniques ont essentiellement deux avantages: générer de la diversité en agissant sur l’ADN, et cibler le caractère des protéines modifiées, un cocktail révolutionnaire pour constituer des banques d’anticorps plus performants, fabriquer des biomatériaux plus résistants et des détergents plus propres.

« Désormais, nous pouvons exploiter les mécanismes de l’évolution pour produire des choses que l’homme ne sait concevoir », affirmait en 2016 Frances Arnold, lorsqu’elle a reçu le prix Millenium Technology en Finlande.

Le scientifique britannique Gregory Winter reçoit le prix Prince des Asturies le 26 octobre 2012 à Oviedo / © AFP / MIGUEL RIOPA

– Bactériophages –

George Smith est le père de la méthode dite « phage display » qui décortique le fonctionnement des bactériophages – virus naturels des bactéries – et le rôle des protéines dans l’infection.

Gregory Winter a ensuite utilisé ces découvertes en ingénierie génétique pour coder différemment les protéines et produire des anticorps efficaces.

« L’utilisation d’anticorps a entraîné un changement de paradigme dans la façon dont nous traitons maintenant tant de maladies, et apporté des bienfaits significatifs aux patients à travers le monde », s’est félicité Alan Boyd, de l’Université de médecine pharmaceutique à Londres.

« Je suis choqué et content. Mais plus choqué », a réagi Gregory Winter, joint par l’agence de presse suédoise TT. « J’espère qu’ils ont fait le bon choix », a-t-il plaisanté.

« J’étais juste la bonne personne au bon moment », a de son côté déclaré George Smith, désormais retraité.

Donna Strickland celèbre son prix Nobel de physique avec ses collègues et étudiants de l’université de Waterloo, dans l’Ontario, au Canada, le 2 octobre 2018 / © AFP / Geoff Robins

Avant Frances Arnold, Marie Curie (1911), sa fille Irène Joliot-Curie (1935), Dorothy Crowfoot Hodgkin (1964) et Ada Yonath (2009) avaient été distinguées en chimie.

La médecine a ouvert le bal des Nobel 2018 lundi avec le sacre d’un duo de chercheurs nippo-américain, James Allison et Tasuku Honjo, honorés pour leurs travaux sur la capacité du corps à se défendre contre les cancers virulents comme le cancer du poumon et le mélanome.

Le prix de physique est allé mardi au Français Gérard Mourou et à son étudiante canadienne Donna Strickland, ainsi qu’à l’Américain Arthur Ashkin, pour avoir révolutionné la technique des lasers, utilisés notamment aujourd’hui dans l’étude de l’infiniment petit et la chirurgie de l’oeil.

Le lauréat du Nobel de la paix sera dévoilé vendredi à Oslo avant le prix d’économie qui conclura cette saison lundi.

Pour la première fois depuis 1949, l’annonce du prix de littérature a été reportée d’un an par l’Académie suédoise, enferrée dans des divisions internes et le retrait de plusieurs membres l’empêchant de fonctionner normalement.

Les lauréats reçoivent le 10 décembre une médaille en or, un diplôme et un chèque de 9 millions de couronnes suédoises (environ 870.000 euros) qui peut être divisé dans chaque catégorie entre trois gagnants maximum.

Romandie.com avec(©AFP / (03 octobre 2018 17h00)

Le Nobel de chimie récompense la découverte des machines moléculaires

octobre 5, 2016

Stockholm – Le prix Nobel de chimie a été conjointement attribué mercredi au Français Jean-Pierre Sauvage, au Britannique Fraser Stoddart et au Néerlandais Bernard Feringa, pères des minuscules machines moléculaires préfigurant les nanorobots du futur.

Les trois chercheurs à l’honneur ont amené les systèmes moléculaires vers des états où, remplis d’énergie, leurs mouvements peuvent être contrôlés, a expliqué le jury Nobel.

Le moteur moléculaire se trouve aujourd’hui au même stade que le moteur électrique dans les années 1830, lorsque les scientifiques exposaient des manivelles et des roues, sans savoir que cela mènerait aux trains électriques, au lave-linge, aux ventilateurs et aux mixeurs, a-t-il ajouté.

Jean-Pierre Sauvage, 71 ans, professeur à l’Université de Strasbourg, est le premier à penser ces nanomachines, qu’il présente comme un assemblage moléculaire capable de se mettre en mouvement de manière contrôlée en réponse à divers signaux : lumière, changement de température, etc.

De tels systèmes existent en grand nombre dans les cellules vivantes, et interviennent dans tous les processus biologiques importants, avait-il expliqué en 2008.

A la base de sa découverte, il a lié deux molécules en forme d’anneau pour former une chaîne, appelée catenane.

Interrogé mercredi par l’AFP, il s’est dit très surpris par cette distinction et éprouver une grande joie.

Une expérience développée ensuite par Fraser Stoddart, 74 ans professeur à la Northwestern University (États-Unis), qui a créé un rotaxane: il a enfilé une bague moléculaire sur un axe moléculaire fin et a démontré que la bague a été en mesure de se déplacer le long de l’axe.

Cette découverte lui a permis de créer un ascenseur et un muscle moléculaires.

Enfant, Fraser Stoddart, a grandi dans la ferme parentale en Ecosse. Il n’avait ni télévision, ni ordinateur. Il s’occupait en faisant des puzzles, développant ainsi une qualité essentielle pour un chimiste: reconnaître les formes et s’exercer à les assembler, rappelle l’Académie royale des sciences qui décerne le prix.

Stoddart se rêvait alors artiste moléculaire, souligne-t-elle.

Bernard Ben Feringa, 65 ans professeur à l’Université de Groningue (Pays-Bas), est le premier à avoir développé un moteur moléculaire ce qui lui a permis de créer une nanovoiture avec quatre roues motrices.

– Des possibilités infinies-

Interrogé en direct par l’Académie suédoise, il a dit avoir l’impression d’être un peu comme les frères Wright, qui ont volé (en avion) pour la première fois il y a 100 ans. Les gens ont dit : pourquoi aurions-nous besoin de machines volantes’ Et maintenant, nous avons le Boeing 747 et Airbus.

Si vous pensez aux matériaux que nous pouvons créer de nos jours grâce à la chimie, à notre capacité à introduire des fonctions dynamiques et construire des machines, ou produire des matériaux qui peuvent changer de fonction, les possibilités sont infinies, a-t-il ajouté.

Selon le jury, à terme, ces machines miniatures seront très probablement utilisées dans le développement d’objets comme les nouveaux matériaux, les capteurs et les systèmes de stockage d’énergie.

La création d’ordinateurs moléculaires qui permettraient de stocker et traiter l’information au niveau moléculaire, ou des robots microscopiques, capables de remplir une grande variété de fonctions dans la médecine ou la vie quotidienne, comptent parmi les applications potentielles de ces machines.

Le prix s’accompagne d’une récompense de huit millions de couronnes (832.000 euros).

La chimie est le dernier des Nobel en sciences naturelles à être décerné. L’an dernier, il était allé à Aziz Sancar (Turquie/États-Unis), Paul Modrich (États-Unis) et Tomas Lindahl (Suède) pour leurs travaux sur la réparation de l’ADN.

Le Nobel de médecine a récompensé lundi le Japonais Yoshinori Ohsumi, qui a éclairé un aspect de la régénération cellulaire, l’autophagie, tandis que celui de physique mardi est allé à trois Britanniques, David Thouless, Duncan Haldane et Michael Kosterlitz, pour leurs travaux théoriques sur les états exotiques de la matière dans des univers bi- ou unidimensionnels.

Suivront la paix vendredi, seul prix Nobel remis à Oslo, le prix d’économie lundi et la littérature le 13 octobre.

Romandie.com avec(©AFP / 05 octobre 2016 13h09)