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Côte d’Ivoire: conditions de détention améliorées pour les pro-Gbagbo (ONU)

juin 23, 2011

ABIDJAN – Les conditions de détention s’améliorent pour les personnalités proches de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo actuellement privées de liberté, a affirmé jeudi l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci).

« Les conditions sont en train de s’améliorer », « il faut encourager les efforts du gouvernement », a déclaré lors d’un point presse Guillaume Ngefa, chef de la Division des droits de l’Homme de l’Onuci.

Plusieurs dizaines de personnalités, dont M. Gbagbo et son épouse Simone, ont été placées en résidence surveillée à Abidjan et dans plusieurs villes du nord du pays après l’arrestation de l’ex-chef de l’Etat le 11 avril par les Forces républicaines (FRCI) du nouveau président Alassane Ouattara.

A Bouna (nord-est), « certains éléments des FRCI s’étaient introduits dans la prison et avaient imposé des mauvais traitements à certaines personnes. Nous avons parlé au gouvernement et des mesures correctives ont été prises », a raconté M. Ngefa.

Il a toutefois regretté que l’Onuci n’ait pas encore pu accéder aux lieux de détention de Laurent et Simone Gbagbo, à Korhogo et Odienné (nord). Amnesty International a dénoncé mercredi la détention sans aucune charge de dizaines de partisans de l’ex-président, et affirmé que certains avaient été « battus » par les FRCI dans un hôtel d’Abidjan devant lequel sont postés des Casques bleus.

Dans l’hôtel La Pergola cité par Amnesty, aucun détenu n’a fait état de « mauvais traitements » ou de « torture », a assuré M. Ngefa.

Comme le gouvernement ivoirien, il a évoqué des mesures de résidence surveillée et non des détentions arbitraires, et a expliqué que la sécurité des détenus était de « la responsabilité de l’Etat ivoirien », non de l’Onuci.

Mais conformément à son mandat, l’Onuci veille à ce que « les personnalités qui sont en résidence surveillée en ces lieux ne fassent pas l’objet d’exactions et que leur vie ne soit pas mise en danger », a-t-il expliqué.

AFP

Tueries des pro-Gbagbo à Yopougon/Des corps enterrés dans des mosquées

juin 14, 2011

Le président du Conseil supérieur des imams(Cosim) a découvert, hier, le drame vécu par des communautés musulmanes de Yopougon au plus fort de la crise post-électorale.

N’Guessan Ali, Traoré Ahmed (30 ans), Loua Ismaël (26 ans) et le jeune Azim (20 ans), reposent sous la terre de la mosquée du Camp militaire à Yopougon. Le jour de leur inhumation, le chemin du cimetière pouvait être celui de la mort pour les rescapés de leur communauté. Les tueurs, des miliciens et des agents de police à la solde de Laurent Gbagbo, régnaient encore dans cette partie de la commune. Les quatre victimes ont été ensevelies dans l’enceinte du lieu de culte, avec l’intention de les transférer dans une nécropole, au moment propice. Ali, Ahmed, Ismaël et Azim ont été froidement abattus dans la soirée du 4 avril au sein de leur mosquée. Membres du comité de veille des musulmans du quartier, ils passaient la nuit sur place avec l’espoir de pouvoir dissuader toute attaque contre le lieu de prière. C’était mal connaître les ‘’fau­ves’’ de Laurent Gbagbo arrivés cette nuit-là avec les moyens et la monstrueuse détermination de tout anéantir. Lourdement armés, ils se signalent par des tirs de mitrailleuses qui vont immédiatement effrayer les veilleurs. Ceux-ci, au nombre de cinq, tentent de prendre la fuite. D.A. est le seul qui pourra s’en tirer vivant. « Nous avons couru à la recherche de cachettes. Mes amis ont été retrouvés par les miliciens et les policiers qui étaient en grand nombre. Quant à moi, j’ai eu la vie sauve grâce à des nattes qui étaient entassés devant le magasin de la mosquée. Je me suis caché sous ces nattes. Ils ne m’ont pas vu », relate-t-il. C’est de ce lieu de camouflage qu’il vivra en direct les dernières minutes de ses compagnons. Ils ont été conduits vers la sortie et mitraillés à bout portant. Les hommes en armes venaient de finir leur part du massacre. Le lendemain, poursuit le miraculé, des visiteurs moins armés mais aussi excités que les premiers vont faire irruption. « Ce sont des jeunes patriotes arrivés du quartier Koweït… », précise D.A. Venus avec les moyens nécessaires, ils vont emballer les cadavres pour les enflammer.

Des musulmans tués et enterrés dans leur mosquée

Se servant de nattes comme combustibles, les pyromanes ont aussi mis le feu à la salle de prière et aux autres bâtiments. Cinq véhicules que des fidèles avaient placés à l’abri dans la cour ont été également calcinés. Trois jours durant, il fut impossible à tout membre de la communauté de s’aventurer sur les lieux. C’est le 4e jour que les premiers venus découvrent l’horreur. « Quand nous avons décidé d’inhumer provisoirement les corps dans l’enceinte de la mosquée, des personnes mal intentionnées (d’autres partisans de l’ex-président) s’y sont opposés. Il a fallu une longue négociation pour que nous puissions enterrer nos frères calcinés », a regretté, hier, le président de la communauté islamique du camp militaire, el hadj Yacouba Traoré. C’était devant le président du Conseil supérieur des imams(Cosim) Cheickh Boikary Fofana qui, comme bien d’autres guides, a dû se mettre à l’abri des assassinats d’imams en cette période de feu, était ce dimanche, à Yopougon, pour visiter les mosquées sinistrées et témoigner sa solidarité à leurs communautés. Après le Camp militaire, sa délégation s’est rendue aux Toits rouges où les partisans de Laurent Gbagbo ont mis le feu à une mosquée encore en chantier. C’était le vendredi 29 avril. La veille, deux fidèles qui se réfugiaient là ont été eux aussi froidement abattus par des miliciens. Quelques jours plus tôt, l’une des victimes, M. Sarr, de nationalité sénégalaise, avait perdu l’économie de toute une vie dans le pillage, puis l’incendie de sa boutique. N’ayant plus de toit, il espérait pouvoir survivre dans la maison d’Allah en attendant l’accalmie. Les communautés musulmanes de Sicogi-Lem, vers l’ex-cinéma Saguidiba, et de Selmer, ont eu plus de chance. En ces lieux, les dégâts sont uniquement matériels. Cependant, une situation macabre préoccupe ces derniers jours les fidèles de la mosquée Lem. Les eaux de ruissellement sont en train de faire découvrir des dizaines de corps enterrés à quelques mètres du lieu de culte. Ce sont des personnes, tuées, encore, dit-on, par des miliciens. La présence de ce charnier devient de plus en plus gênante pour le quartier.

Nord-Sud Cissé Sindou