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RDC : Vidiye Tshimanga face à ses juges

novembre 15, 2022

Deux mois après avoir été contraint à la démission, l’ancien conseiller spécial de Félix Tshisekedi a comparu ce lundi 14 novembre. Piégé par de faux investisseurs, il est accusé de « corruption passive », de « trafic d’influence » et d’« offense au chef de l’État ».

Capture d’écran de la vidéo diffusée par le journal « Le Temps », et mettant en cause Vidiye Tshimanga. © YouTube/ « Le Temps »

Ancien conseiller spécial du président Félix Tshisekedi pour les questions stratégiques, Vidiye Tshimanga, 46 ans, est poursuivi pour « corruption passive », « trafic d’influence » et « offense au chef de l’État », selon l’acte d’accusation.

Dans la tourmente depuis la publication, le 15 septembre, par le journal suisse Le Temps, de vidéos qui le montrent en train de négocier de l’argent auprès de pseudo-investisseurs dans le secteur minier, Vidiye Tshimanga a comparu en personne, assisté de huit avocats, lors de la première audience devant le tribunal de paix de Kinshasa-Gombe.

« Sans plainte, ni victime »

À l’ouverture du procès, la défense a souligné des exceptions de procédure, dont « l’inconstitutionnalité » de « l’offense au chef de l’État » et « l’incompétence territoriale » du tribunal à juger des actes qui, selon elle, se sont passés en dehors de la RDC. « Sans plainte, ni dénonciation », « sans victime », Vidiye Tshimanga a été déféré devant le tribunal pour « des faits prétendument commis à l’extérieur du territoire », a déclaré Me Arthur Bomana, président du collectif des avocats de l’accusé. L’ex-conseiller est victime d’un « acharnement » du parquet, a insisté sa défense, qui a appelé le tribunal à se déclarer incompétent.

Le procureur, lui, a soutenu que les faits de corruption avaient été commis par vidéoconférence alors que Vidiye Tshimanga se trouvait bel et bien sur le territoire national. « La victime, c’est l’État congolais, c’est la société congolaise. [Avec cette affaire], tous les Congolais ont vu le népotisme au sommet de l’État », a réagi Raymond Kalonda. Dans la vidéo, l’ex-conseiller insiste sur sa proximité avec Félix Tshisekedi, indiquant notamment avoir participé au financement de sa campagne électorale en 2018.

Au terme des débats, l’affaire a été mise en délibéré. Le tribunal a prévu de rendre sa décision dans les dix jours à venir.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

RDC : au procès du meurtre de l’ambassadeur d’Italie, le premier accusé nie en bloc

octobre 27, 2022

Le premier accusé de l’assassinat de Luca Attanasio entendu ce mercredi par le tribunal militaire de Kinshasa a affirmé que ses aveux avaient été arrachés sous la torture.

Lors des funérailles de l’ambassadeur italien en RDC Luca Attanasio, le 25 février 2021 à Rome. © Vincenzo PINTO / AFP

Au procès de l’assassinat – début 2021 dans l’est de la RDC – de l’ambassadeur d’Italie Luca Attanasio, le premier accusé entendu ce mercredi 26 octobre à Kinshasa par le tribunal militaire a tout nié en bloc. Il affirme que ses aveux, consignés sur procès-verbal, ont été arrachés sous la torture.

La mort de l’ambassadeur italien le 22 février 2021 au nord de Goma ? « Je l’ai apprise par la télévision », a déclaré au micro et en lingala Issa Seba Nyani, la trentaine, vêtu de la vareuse bleue et jaune des prisonniers.

Avec quatre autres accusés, il comparaît depuis le 12 octobre, à raison d’une audience par semaine, devant le tribunal militaire de la garnison de Kinshasa-Gombe, siégeant dans l’enceinte de la prison militaire de Ndolo, à Kinshasa. Un sixième prévenu, en cavale, est jugé par défaut.

Tués par balles

Tous sont poursuivis pour l’assassinat de Luca Attanasio, de son garde du corps italien, le carabinier Vittorio Iacovacci, et d’un chauffeur congolais du Programme alimentaire mondial (PAM), Mustapha Milambo. Les trois hommes avaient été tués par balles après être tombés dans une embuscade aux abords du parc national des Virunga, dans le Nord-Kivu, à l’est du pays.

Selon la police congolaise, qui avait annoncé en janvier dernier l’arrestation des auteurs présumés de l’attaque, ces derniers seraient des « criminels », qui au départ n’avaient pas l’intention de tuer l’ambassadeur, mais de le kidnapper et de demander un million de dollars (près de 998 000 euros) pour sa libération.

LE TRIBUNAL A REJETÉ LA DEMANDE DE LIBÉRATION

À l’audience de ce mercredi, le tribunal a commencé par rendre sa décision sur des questions soulevées la semaine dernière par la défense. Celle-ci contestait la compétence du tribunal, estimant que les accusés, tous civils, ne relevaient pas de la justice militaire, et réclamait leur remise en liberté provisoire car, disait-elle, ils clament tous leur innocence.

« Pour une bonne administration de la justice » et au vu des risques de fuite, le tribunal a rejeté la demande de libération. Il s’est aussi estimé compétent car, a souligné le président, les accusés sont poursuivis notamment pour « détention illégale d’armes et de munitions de guerre ». Les autres chefs retenus contre eux sont « association de malfaiteurs » et meurtres.

Enlèvements et kidnappings

L’examen du fond du dossier a ensuite démarré, avec l’interrogatoire du premier prévenu. L’accusation présente Issa Seba Nyani comme un ancien militaire déserteur ayant rejoint vers 2012 la rébellion du M23, défaite l’année suivante et qui refait parler d’elle depuis la fin de l’année dernière. Elle l’estime aussi impliqué dans plusieurs enlèvements et tentatives de kidnappings dans l’est du pays, dont l’attaque contre le convoi de l’ambassadeur.

Lui a tout contesté, affirmant n’être qu’un taxi-moto, arrêté au hasard alors qu’il était en train de laver son véhicule, n’ayant rien à voir avec une quelconque bande de kidnappeurs ni avec les armes. Il a même affirmé ne pas savoir à quoi ressemblait un fusil d’assaut AK47, type d’arme utilisée dans l’attaque contre le convoi de l’ambassadeur.

Pour le ministère public, le lieutenant-colonel magistrat Joseph Malikidogo a lu à l’audience des procès-verbaux que l’accusé avait lui-même signés après son arrestation à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, dans lesquels il précise son rôle de guetteur ou transporteur dans des rapts, dénonce ses complices dans l’attaque contre Luca Attanasio et désigne même celui qui a tiré sur le diplomate.

DANS LES LOCAUX DE LA POLICE, ON TORTURE, ON TUE

Issa Seba Nyani a répété de multiples fois avoir avoué et signé sous la torture, ce que l’accusation a fermement contesté. « Dans les locaux de la police, on torture, on tue, ce qui est dans les PV doit être pris avec des pincettes! », a lancé un des avocats de la défense, Me Peter Ngomo. « Ce procès est monté de toutes pièces! », a renchéri son confrère Me Joseph Amzati. Le procès a été suspendu et reprendra mercredi prochain, 2 novembre, avec la suite des interrogatoires des prévenus.

Par Jeune Afrique (avec AFP)

France-Injures homophobes : le procès de Patrice Évra renvoyé au 15 décembre

octobre 17, 2022

En mars 2019, après une défaite du Paris Saint-Germain contre Manchester United, l’ex-capitaine des Bleus avait insulté l’effectif parisien.Source AFP

Patrice Evra, ancien capitaine des Bleus, a annonce sa retraite sportive en 2019.
Patrice Evra, ancien capitaine des Bleus, a annoncé sa retraite sportive en 2019.© LINDSEY PARNABY / AFP

Le procès de l’ancien capitaine de l’équipe de France de football Patrice Évra, jugé devant le tribunal de police de Paris pour des injures homophobes visant le Paris Saint-Germain en 2019, a été renvoyé lundi au 15 décembre. Le tribunal a accédé à la demande de renvoi de Jérôme Boursican, l’avocat de Patrice Évra, désigné « récemment » et ayant eu connaissance des éléments du dossier quelques jours à peine avant l’audience.

« C’est insupportable », a déploré Julien Pontes, porte-parole du collectif anti-homophobie Rouge direct, à la sortie de l’audience. « À quelques semaines du Mondial au Qatar [prévu du 20 novembre au 18 décembre], nous attendions un message de la justice », a-t-il indiqué, estimant que la condamnation d’un ancien capitaine des Bleus serait « un symbole fort ».

Absent du tribunal lundi, Patrice Évra s’était déchaîné sur les réseaux sociaux en mars 2019 après une victoire de Manchester United – son ancien club – contre le PSG en Ligue des champions, invectivant l’ancien joueur parisien Jérôme Rothen puis lançant notamment : « Paris, vous êtes des pédés, vous êtes des PD… Ici, c’est (sic) les hommes qui parlent. » Le joueur, habitué des insultes dans les médias ou les réseaux sociaux, avait ensuite posté un nouveau message pour s’excuser, assurant ne pas être homophobe. Les associations Mousse et Stop Homophobie, soutenues par Rouge Direct, avaient déposé une plainte.

L’ex-joueur risque une amende de 1 500 euros

D’abord mis en examen pour « injure publique envers un groupe de personnes à raison de leur orientation sexuelle », Patrice Évra devait finalement être jugé pour injure non publique, le juge d’instruction ayant estimé que ses propos avaient été tenus « dans un cadre privé pour la réalisation d’une vidéo qui a ensuite été publiée sur Snapchat à son insu ».

L’injure non publique fait encourir à Patrice Évra une contravention, en l’espèce une amende de 1 500 euros. « Ceux qui me suivent savent que j’ai toujours soutenu la communauté LGBTQ+, dans le football et aussi en dehors », s’est défendu Patrice Évra, dans une déclaration transmise à l’AFP par ses avocats avant l’audience de lundi. « Je continuerai de soutenir la cause », a également assuré l’ancien joueur, qui avait annoncé sa retraite sportive en 2019.

Ave Le Point

France-Affaire Bygmalion : le procès de Nicolas Sarkozy s’ouvrira le 8 novembre 2023

octobre 5, 2022

Accusé de financement illégal de sa campagne présidentielle en 2012, Nicolas Sarkozy sera jugé en appel. Il avait été déclaré coupable en première instance.

Nicolas Sarkozy continue d'assurer ponctuellement certaines fonctions diplomatiques, a la demande d'Emmanuel Macron.
Nicolas Sarkozy continue d’assurer ponctuellement certaines fonctions diplomatiques, à la demande d’Emmanuel Macron.© MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

Plus de dix ans après les faits. Accusé d’avoir bénéficié de financement illégal lors de sa campagne présidentielle perdue en 2012, l’ex-président Nicolas Sarkozy sera jugé en appel dans le dossier dit « Bygmalion » à partir du 8 novembre 2023. Un procès qui devrait durer un mois à raison de trois demi-journées par semaine, les mercredis et jeudis après-midi et le vendredi matin, selon la cour d’appel de Paris. Treize autres personnes seront également jugées en appel.

En première instance, Nicolas Sarkozy avait été condamné à un an de prison ferme. En septembre 2021, le tribunal correctionnel de Paris avait déclaré Nicolas Sarkozy coupable de financement illégal de sa campagne de 2012, une peine supérieure aux réquisitions du parquet, qui avait proposé un an dont six mois avec sursis.

Le tribunal avait demandé que la peine soit directement aménagée, à domicile, sous surveillance électronique. « Je demande simplement que le droit soit appliqué pour moi comme pour n’importe quel autre justiciable », or « celui-ci a été une nouvelle fois bafoué », avait réagi l’ancien chef de l’État dans un message sur les réseaux sociaux. « J’irai jusqu’au bout dans cette quête qui dépasse mon cas personnel, car chacun peut un jour se trouver confronté à l’injustice », avait-il assuré.

Jugé coupable de « financement illégal de campagne » en première instance

Dans son jugement, le tribunal avait estimé que l’ancien locataire de l’Élysée (2007-2012) avait « poursuivi l’organisation de meetings » électoraux, demandant « un meeting par jour », alors même qu’il « avait été averti par écrit » du risque de dépassement légal, puis du dépassement effectif. L’ex-chef de l’État « connaissait le montant légal du plafond » des dépenses autorisées. « Il a volontairement omis d’exercer un quelconque contrôle sur les dépenses engagées », avait estimé le tribunal. Les dépenses de campagne s’étaient élevées à un total de 42,8 millions d’euros, près du double du plafond légal à l’époque.

Pendant la campagne pour sa réélection en 2012, Nicolas Sarkozy a été un « candidat désinvolte », et a laissé filer les dépenses sans s’en préoccuper, lui qui demandait des « shows à l’américaine » avait soutenu le parquet dans son réquisitoire. Un montage illégal entre le parti de la majorité d’alors, l’UMP – que Nicolas Sarkozy rebaptisera Les Républicains (LR) par la suite – et la société organisatrice de meetings Bygmalion aurait couvert cette campagne somptuaire.

Par Le Point avec AFP

RDC : Jean-Marc Kabund jugé à partir du 5 septembre

août 24, 2022

Le procès de l’ancien patron de l’UDPS, accusé d’avoir tenu des propos diffamatoires à l’encontre du chef de l’État, Félix Tshisekedi, débutera devant la Cour de cassation le mois prochain.

Jean-Marc Kabund, leader de l’Alliance pour le changement. © DR

Sept semaines. Voilà ce qui sépare le lancement du parti de Jean-Marc Kabund du début de son procès. Pilier de la majorité présidentielle et patron de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, au pouvoir) jusqu’à sa disgrâce, au début de l’année, l’opposant sera jugé à partir du 5 septembre devant la Cour de cassation. Il est notamment poursuivi pour outrage.

Il lui est reproché d’avoir tenu des propos jugés offensants à l’encontre du chef de l’État lors de la conférence de presse de lancement de l’Alliance pour le changement, sa nouvelle formation politique, le 18 juillet. À l’occasion de cette prise de parole musclée, l’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale avait accusé Félix Tshisekedi d’être « un danger public au sommet de l’État ». Il avait également dénoncé « l’incompétence notoire » de son administration et une « mégestion institutionnalisée ».

Selon la citation à comparaître qui lui a été transmise le 23 août, Kabund est aussi accusé d’avoir porté atteinte à l’image du gouvernement congolais, qu’il a comparé, lors de la même conférence de presse, à un « club d’amis où les apprentis sorciers de tous bords exercent leur premier stage au sommet de l’État ». Très en verve, l’ex-patron de l’UDPS s’en était aussi pris au Parlement, qu’il juge « désacralisé » et qu’il accuse d’être devenu « un lieu de règlement de comptes ».

Résidence surveillée

Visé depuis le 22 juillet par un réquisitoire du Parquet général près la Cour de cassation, Kabund a été auditionné à deux reprises avant d’être placé en détention à la prison de Makala, le 9 août. Son immunité de député avait été levée par le bureau de l’Assemblée nationale, dirigée par Christophe Mboso, quelques heures plus tôt. Assigné en résidence surveillée depuis le 12 août sur décision de la Cour de cassation, il est malgré tout toujours détenu dans le pavillon numéro huit du pénitencier kinois.

Ses proches dénoncent une « détention arbitraire ». « Le Parquet se permet de brûler cette étape en violation des droits de Jean-Marc Kabund », s’agace Emmanuel Kahaya, directeur de cabinet et avocat de l’accusé, qui demande la tenue d’un procès « public et équitable ». « Nous avons sollicité des audiences pour obtenir des explications, ajoute-t-il. Mais le procureur nous a dit que le ministère de l’Intérieur devait trouver à Kabund une autre résidence que sa propre demeure avant de le sortir de prison. »

Avec Jeune Afrique par Romain Gras

Procès Depp-Heard : le verdict de TikTok

mai 27, 2022

Le procès opposant les acteurs Johnny Depp et Amber Heard qui tire à sa fin a abondamment été commenté sur les réseaux sociaux depuis six semaines. Un déluge de vidéos satiriques contre l’actrice cumule des millions de vues, en particulier sur TikTok.

Amber Heard, debout, à gauche de l'image. On voit à l'avant-plan, à droite, Johnny Depp.

L’actrice Amber Heard au procès pour diffamation intenté par son ex-mari Johnny Depp. Photo: AFP/Jim Lo Scalzo

Le procès en diffamation de Johnny Depp contre Amber Heard tire à sa fin; il ne manque plus que le verdict des jurés. Mais le tribunal des réseaux sociaux, lui, a déjà tranché. Depuis maintenant six semaines, les images du procès sont décortiquées quotidiennement et la vaste majorité des publications sont en appui à l’acteur de 58 ans.

TikTok a été le réseau social de prédilection pour les fans qui suivaient le procès de près, avec des milliards de vues sur des montages vidéo des images du tribunal. Les témoignages d’Amber Heard sont coupés et remontés, avec l’ajout d’effets sonores et de musique dans le but de la ridiculiser. On se moque de ses mimiques et de son jeu d’actrice. À l’opposé, on met de l’avant l’humour de Johnny Depp lors du procès.

Ce parti pris se ressent aussi dans les mots clés utilisés. #JusticepourJohnnyDepp récolte pas moins de 17 milliards de vues sur la plateforme, soit bien plus que les 53 millions obtenus pour #Justiceforamberheard. L’actrice doit aussi composer avec les 658 millions de vues récoltés pour #Amberheardisguilty, qui ne laisse planer aucun doute sur le peu de crédibilité dont elle dispose auprès de cet auditoire.

Johnny Depp poursuit en diffamation son ex-femme, l’actrice Amber Heard, avec qui il a été marié entre 2015 et 2016, pour une tribune qu’elle a publiée en 2018 dans le Washington Post. Elle y affirmait être devenue une figure publique des violences conjugales, sans toutefois mentionner le nom de Depp. Ce dernier nie fermement les allégations de son ancienne conjointe.

D’après Callum Hood, responsable de la recherche au Center for Countering Digital Hate(Nouvelle fenêtre), ONG qui lutte contre la désinformation en ligne, il est cependant difficile de distinguer le vrai du faux sur TikTok. Sur la plateforme, de très courts extraits du procès sont retenus et présentés avec un gros parti prisexplique-t-il en entrevue à CNN(Nouvelle fenêtre).

Le contenu sur TikTok, plus que sur toute autre plateforme, ajoute-t-il, est sans contexte. Nous avons tendance à en savoir moins sur le compte derrière la publication, le moment où cela a été publié, la provenance du matériel, les motivations de la personne. […] C’est vraiment difficile, avec les informations dont vous disposez dans l’application, de comprendre le contexte et d’évaluer si c’est vrai ou faux.

L’appui à Depp favorisé par les algorithmes?

La viralité du procès est en fait nourrie par les plateformes elles-mêmes, selon Simon Thibault, professeur au Département de science politique de l’Université de Montréal et spécialiste de la désinformation et de la manipulation en ligne. Les algorithmes vont chercher à nous alimenter en contenu de plus en plus spectaculaire, voire incendiaire, pour maintenir notre attention, souligne-t-il.

« Il y a de la satire, avec des mèmes, des montages vidéo et audio qui se moquent des acteurs du procès. Il y aussi beaucoup de commentaires virulents corrosifs, en particulier à l’égard d’Amber Heard. Ce sont des manifestations qui contribuent à orienter le débat en ligne entourant ce procès-là. »— Une citation de  Simon Thibault, professeur au Département de science politique de l’Université de Montréal

D’après Simon Thibault, il ne faut pas non plus minimiser les prises de position de personnalités très influentes au sujet du procès, comme Joe Rogan, animateur du balado The Joe Rogan Experience, l’un des plus populaires sur Spotify.

Il a eu des propos très durs à l’égard d’Amber Heard, explique-t-il. Et ce genre d’intervention là, ça peut contribuer à libérer la parole de certains de ses auditeurs qui vont se permettre ensuite, par émulation, de tenir des propos encore plus virulents sur les réseaux.

Des faux comptes utilisés

Un tel soutien envers Johnny Depp pourrait-il s’expliquer par l’utilisation de comptes automatisés, aussi appelés bots, des campagnes coordonnées en faveur de l’acteur?

L’équipe de Amber Heard y faisait référence en 2019, lorsque l’actrice déposait sa poursuite à la suite de la plainte en diffamation de Johnny Depp contre l’actrice. Il est notamment allégué dans des documents de cour : Dans le cadre de sa campagne de diffamation en cours, M. Depp et/ou ses agents agissant en son nom ont dirigé des comptes de médias sociaux authentiques et non authentiques, et/ou des bots contrôlés par des non-humains, pour cibler Mme Heard sur le compte Twitter et tenter d’interférer avec sa [carrière].

Mais une firme israélienne(Nouvelle fenêtre), spécialisée dans la détection de fausses informations et de faux comptes en ligne, vient en partie déconstruire cet argument. L’entreprise Cyabra a passé au crible les comptes impliqués qui participent aux échanges en ligne dans le cadre de ce procès.

Selon les données récoltées(Nouvelle fenêtre) fin avril, 11 % des 2300 comptes Twitter analysés seraient inauthentiques. Cependant, la majorité de ces faux comptes seraient en soutien à Amber Heard et non à Johnny Depp, selon le PDG de Cyabra Dan Brahmy, dans une entrevue accordée à Fox News Digital(Nouvelle fenêtre)

Pour l’expliquer, le professeur Simon Thibault fait référence à stan culture, contraction entre stalker (harceleur) et fan.

Ces données montrent qu’il y aurait des faux comptes associés à chaque camp, mais que ça serait plus du côté Amber Heard, remarque-t-il. C’est peut-être une illustration de la popularité de Johnny Depp qui, manifestement, a un groupe d’admirateurs prêts à aller très loin pour manifester leur appui et à le faire en ligne de façon très disgracieuse, voire haineuse.

Avec Radio-Canada par Aude Garachon

La Gambie « prête » à juger Yahya Jammeh

mai 25, 2022

Le gouvernement gambien s’est dit disposé à faire juger l’ancien dirigeant, accusé d’une multitude de crimes pendant ses plus de vingt années de règne. Mais la perspective d’un procès semble lointaine.

L’ancien président gambien Yahya Jammeh à Banjul, en novembre 2016. © Thierry Gouegnon/REUTERS

Le gouvernement a accepté les recommandations soumises en novembre 2021 par une commission qui a enquêté sur l’ère Jammeh , « notamment des poursuites contre l’ancien président pour une myriade de crimes commis entre 1994 et 2017″, indique un communiqué du ministère de la Justice.

Mais la comparution de Yahya Jammeh devant des juges semble cependant une perspective lointaine. L’ancien autocrate de 57 ans vit en exil en Guinée équatoriale et il n’y a aucun accord d’extradition entre les deux pays. Le ministre gambien de la Justice, Dawda Jallow, a annoncé lors d’une cérémonie la création d’un parquet spécial chargé des poursuites, et l’intention du gouvernement d’instituer un tribunal au sein du système existant.

Témoignages bouleversants

« Cette cour sera établie en Gambie, avec l’option de tenir des audiences dans d’autres juridictions », a-t-il dit, faisant apparemment référence à l’étranger. Les autorités gambiennes avaient jusqu’à ce mercredi pour répondre au rapport et aux préconisations d’une commission chargée de faire la lumière sur les méfaits perpétrés entre juillet 1994 et janvier 2017, période où Yahya Jammeh, lieutenant arrivé au pouvoir à la faveur d’un coup d’État militaire, a dirigé le pays.

La commission, qui a entendu 393 témoignages accablants ou bouleversants de victimes et de coupables présumés, a dénombré entre 240 et 250 personnes mortes entre les mains de l’État et de ses agents sous Yahya Jammeh. Parmi elles figure le correspondant de l’AFP et grande figure de la presse nationale Deyda Hydara, assassiné par balles le 16 décembre 2004 par les « Junglers », hommes de main du régime. Dans son rapport remis en novembre 2021, la commission a préconisé que Yahya Jammeh et 69 autres personnes, toutes des hommes, soient appelées à rendre des comptes.

Par Jeune Afrique avec AFP 

Burkina Faso : la famille Sankara ne réclame qu’un euro symbolique

avril 29, 2022

Après le verdict au procès de l’assassinat de Thomas Sankara et de ses douze compagnons, les familles des victimes attendent de savoir quels dommages et intérêts leurs seront accordés.

© Glez

« La justice n’est pas une affaire d’argent », semble indiquer la famille Sankara en accueillant, le 6 avril dernier, la condamnation de Blaise Compaoré, Hyacinthe Kafando et Gilbert Diendéré à la prison à perpétuité, 35 ans après l’assassinat de l’ancien président du Conseil national de la révolution burkinabè. Alors que le tribunal militaire décidera, le 10 mai, d’éventuelles compensations financières à l’endroit des parties civiles, les parents du défunt ne demandent qu’un franc symbolique de dommages et intérêts.

Comme pour mieux souligner le caractère politique de la tragédie d’octobre 1987, les avocats souhaitent que l’État soit solidairement responsable des préjudices, les exécutants des faits ayant reçu des ordres de certains dirigeants d’alors.

L’alliance et l’arme

Les ayants droit de Thomas Sankara insistent à ce point sur la primauté de la vérité qu’ils exigent que le certificat de décès soit délivré conformément aux faits, alors que le document de l’époque stipule que le président s’est éteint d’une « mort naturelle ». La famille veut également que ses effets personnels lui soient restitués, notamment son alliance et son arme.

Si le panache des Sankara prend des airs de mansuétude, la vérité et la justice conduiront-elles à la réconciliation qui a largement truffé les discours des régimes successifs ?

N’est pas nation arc-en-ciel qui veut, mais Blaise Compaoré espérerait quitter le quartier abidjanais de Cocody-Ambassades et finir ses jours dans son Faso natal. Évoqué par le nouveau ministre d’État chargé de la Cohésion sociale et de la Réconciliation nationale Yéro Boly – ancien cacique du compaorisme -, un projet d’amnistie gagnerait à être précédé de la bienveillance des familles de victimes.

« Prendre un thé avec Blaise Compaoré ? »

Avant même les dernières conclusions du tribunal, Adama Ouédraogo dit « Damiss » a mis les pieds dans le plat. Dans une tribune s’adressant à la veuve Mariam Sankara, le journaliste-écrivain pose une question directe : « Et si vous partiez à Abidjan prendre le thé avec Blaise Compaoré ? » Et d’invoquer Nelson Mandela rendant visite aux architectes de l’apartheid. Relayée par la presse, la tribune suscite un débat sur les réseaux.

Le thé abidjanais devrait donc refroidir. Tous les acteurs du procès n’affichent pas le même désintéressement que la famille Sankara. Les parents d’autres victimes de la tragédie réclament des centaines de millions de francs d’indemnisation. L’État lui-même a demandé un peu plus d’un milliard cent quarante-cinq millions de francs CFA pour les préjudices financiers, matériels et moraux subis. Requête rejetée par les avocats de la défense…

Damien Glez

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Johnny Depp, tête d’affiche de son procès en diffamation

avril 24, 2022
Johnny Depp en veston-cravate avec des lunettes fumées.

Le procès en diffamation que Johnny Depp intente à son ex-femme Amber Heard a débuté jeudi. Photo: Pool/AFP via Getty Images/Jim Watson

Dans le procès en diffamation qu’il intente à son ex-femme Amber Heard, Johnny Depp a campé cette semaine un rôle qu’il connaît bien : celui de la vedette.

Durant trois jours, l’acteur a cherché, en tant que témoin, à convaincre le jury que les allégations de violences conjugales portées contre lui étaient fausses et lui avaient surtout coûté sa carrière.

Les avocats de l’actrice de 36 ans ont noyé Johnny Depp, 58 ans, de questions sur son passif d’abus de drogues et d’alcool dans l’idée de saper sa crédibilité. Des séquences ont été retransmises en direct sur des chaînes d’information américaines friandes des détails révélés.

Le personnage Johnny Depp

Le pirate des Caraïbes a gardé son calme durant ce contre-interrogatoire mais a eu quelques éclats de colère.

Pressé par Ben Rottenborn, l’avocat de son ex-épouse, de répondre oui ou non à une simple question, Johnny Depp a rétorqué que rien n’était simple dans ce dossier.

La vedette hollywoodienne s’est rapidement familiarisée avec les passes d’armes entre avocates et avocats qui se sont constamment interrompus, son équipe accusant la défense de ne se baser que sur des rumeurs.

Je crois que ce sont des ouï-dire, a commenté Johnny Depp à propos de ses propres déclarations, ce qui a provoqué les rires dans la salle d’audience, où se trouvaient quelques admirateurs de l’acteur.

Bagues argentées aux doigts, Johnny Depp s’est présenté au tribunal de Fairfax, près de la capitale américaine, les cheveux tirés en catogan, laissant voir ses boucles d’oreilles.

Au fil des jours, il a opté pour des costumes trois pièces, arrivant jeudi dans un ensemble intégralement noir.Johnny Depp, les bras près du corps, dans la salle d'audience.

Johnny Depp a montré comment il dit s’être protégé d’une attaque alléguée de la part de son ex-femme Amber Heard. Photo: AFP/Evelyn Hockstein

La défense d’Amber Heard

Amber Heard, qui a joué dans les grosses productions hollywoodiennes Justice League et Aquaman, a choisi des ensembles pantalons en coiffant chaque jour différemment ses longs cheveux blonds.

Elle est restée le plus souvent impassible en écoutant le témoignage de Johnny Depp, chuchotant à l’oreille de ses avocats et prenant des notes.

Toutefois, elle est apparue émue lors de la projection d’une vidéo qu’elle avait filmée à l’insu de son mari de l’époque, qu’on voit violemment claquer des portes de placards de cuisine avant de se servir un grand verre de vin.

Née au Texas, l’actrice a aussi semblé être bouleversée quand ses avocats ont diffusé un enregistrement audio dans lequel on l’entend supplier Johnny Depp de ne pas se couper avec un couteau.

L’équipe d’avocats d’Amber Heard a affirmé qu’il pouvait devenir un monstre, physiquement et sexuellement violent, quand il était saoul ou sous l’emprise de drogues.

Ils l’ont donc longuement interrogé sur sa consommation de substances illicites.Amber Heard cherche des documents sur un bureau lors du procès de Johny Depp.

Amber Heard soutient que Johnny Depp lui a infligé «des violences physiques et sexuelles constantes». Photo: AFP/Evelyn Hockstein

Les virées de Johnny Depp

À propos de ses virées avec la vedette controversée du rock Marilyn Manson, Johnny Depp a répondu qu’ils avaient bu ensemble et pris de la cocaïne ensemble peut-être deux ou trois fois.

Dans un message envoyé à un autre de ses amis, il racontait être sur le point de monter dans un avion en n’ayant pas mangé depuis des jours, bu la moitié d’une bouteille de whisky, deux de champagne, 1000 cocktails vodka-Red Bull, et pris des pilules.

Ces heures d’audience ont égrené plus de détails sur la vie de célébrités qu’il n’en faudrait pour remplir un magazine à sensation.

Johnny Depp a admis devant le jury qu’il soupçonnait l’acteur James Franco d’avoir eu une aventure avec sa femme.

Il a aussi raconté combien Amber Heard était jalouse du tatouage Winona Forever qu’il s’était fait faire sur le bras droit, souvenir de l’époque où il était en couple avec l’actrice Winona Ryder.

Pour apaiser cette jalousie, Johnny Depp a fait gommer les deux dernières lettres du prénom, transformant son ancienne déclaration d’amour en blague argotique, Wino Forever, équivalant à alcoolique pour toujours en français.

La cour a aussi pu lire des messages dans lesquels Johnny Depp traite Amber Heard de sale pute et Vanessa Paradis, mère de ses deux enfants, d’extorqueuse française.Le chanteur prend la pose pour les caméras sur le tapis rouge lors d'une activité publique.

Johnny Depp a raconté ses virées avec la vedette controversée du rock Marilyn Manson. Photo : Reuters/Neil Hall

Un procès à plusieurs dizaines de millions de dollars

La relation toxique entre ces vedettes, mariées pendant deux ans, a été étalée au grand jour, car le procès se focalise sur les allégations de violences dont elles s’accusent mutuellement.

Johnny Depp poursuit Amber Heard en diffamation et lui réclame 50 millions de dollars à la suite d’une tribune qu’elle a fait publier dans le Washington Post en 2018.

Dans ce texte, elle ne le citait pas nommément, mais elle évoquait les accusations de violences conjugales qu’elle avait portées contre son mari en 2016.

Amber Heard a rétorqué par une plainte en exigeant de son côté 100 millions de dollars, assurant qu’il lui avait infligé des violences physiques et sexuelles constantes.

Le procès reprendra lundi.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Burkina-Faso- Assassinat de Sankara : l’ex-président Blaise Compaoré condamné à la perpétuité

avril 6, 2022

Le verdict est tombé dans le procès des assassins de l’ancien président burkinabè. L’ex-président Compaoré, absent du procès, a été condamné à la perpétuité. Tout comme Gilbert Diendéré et Hyacinthe Kafando.

Thomas Sankara, en 1986. © Pascal Maitre/JA

Blaise Compaoré, en exil depuis 2014 en Côte d’Ivoire, a été condamné par contumace, le 6 avril, à la prison à perpétuité pour sa participation à l’assassinat de son prédécesseur Thomas Sankara, tué avec douze de ses compagnons lors d’un coup d’État en 1987. Le tribunal militaire de Ouagadougou a également condamné à la perpétuité le commandant de sa garde Hyacinthe Kafando, en fuite depuis 2016, et le général Gilbert Diendéré, un des chefs de l’armée lors du putsch de 1987.

Dans le détail, Blaise Compaoré, Gilbert Diendéré et Hyacinthe Kafando ont été reconnus coupables d’« attentat à la sûreté de l’État ». Kafando a en outre été reconnu coupable d’« assassinat », Compaoré et Diendere de « complicité d’assassinat ». Ces deux derniers ont cependant été acquittés des faits de « recel de cadavre », pour cause de prescription. Le tribunal a également maintenu les mandats d’arrêt émis à l’encontre de Compaoré et de Kafando.

Idrissa Sawadogo et Nabonssouindé Ouedraogo, reconnus coupables d’assassinat, ont été condamnés à 20 ans de prison ferme. Yamba Élysée Ilboudo, lui aussi reconnu coupable d’assassinat, a écopé de 11 ans de prison. Jean-Pierre Palm et Tibo Ouedraogo ont été condamnés à 10 ans de prison. Nida Tonde, dit « Mang-Baaba », a été condamné à trois ans de prison.

Cinq ans de prison avec sursis ont été prononcés contre Djakalia Dème et Pascal Sidibi Belemlilga. Bossobè Traoré, qui comparaissait pour complicité d’attentat à la sûreté de l’État et de complicité d’assassinat, a été acquitté.

Les différentes parties ont désormais quinze jours pour faire appel.

Grands absents

L’énoncé du verdict est intervenu au terme d’un long procès démarré en octobre dernier devant le tribunal militaire de Ouagadougou. Le jour de la première audience, le 11 octobre, douze des quatorze accusés étaient présents, dont le général Gilbert Diendéré, 61 ans, un des principaux chefs de l’armée lors du putsch de 1987. Tous doivent répondre des chefs d’inculpation suivants : « complicité d’assassinat », « assassinat », « recel de cadavres » et « attentat à la sûreté de l’État ».

Le principal accusé, l’ancien président Blaise Compaoré, porté au pouvoir par ce putsch et ami proche de Sankara, est absent, ses avocats ayant dénoncé « un simulacre de procès » devant « un tribunal d’exception ». Soupçonné d’être le commanditaire de l’assassinat de Sankara – ce qu’il a toujours nié -, il a été chassé du pouvoir en 2014 par la rue et vit depuis en Côte d’Ivoire. Le parquet militaire a requis 30 ans de prison contre lui.

Trente ans ont également été requis contre l’autre grand absent, l’adjudant-chef Hyacinthe Kafando, ancien commandant de la garde de Compaoré, en fuite depuis 2016 et soupçonné d’avoir mené le commando qui a assassiné Thomas Sankara et ses compagnons.

L’écrasante majorité des accusés présents plaide non coupable, dont le général Diendéré qui risque une peine de 20 ans de prison, durée de celle qu’il purge actuellement pour une tentative de coup d’État en 2015. Les prévenus racontent une tentative d’arrestation de Sankara qui a « mal tourné », à la suite de divergences avec Blaise Compaoré « sur la marche de la révolution« .

Complot international

D’anciens collaborateurs du président tué lèvent le voile sur les relations tendues entre Blaise Compaoré et Thomas Sankara et sur l’existence d’un « complot international » ourdi contre un leader progressiste qui voulait bouleverser l’ordre du monde et éradiquer la pauvreté dans son pays. « Le drame du 15 octobre 1987 est arrivé sous la pression de certains chefs d’État, tels que Félix Houphouët Boigny de la Côte d’Ivoire », témoigne Abdoul Salam Kaboré, ministre des Sports de Sankara.

C’EST LA CRÉATION D’UN PARTI POLITIQUE UNIQUE QUI A MIS LE FEU AUX POUDRES

Entendu en visioconférence depuis la France, ancienne puissance coloniale au Burkina, Moussa Diallo, aide de camp du président assassiné, assure que les événements d’octobre 1987 « ont été prémédités » et que le président Houphouët Boigny, grand ami de la France, était « au centre de ce complot ».

Houphouët Boigny avait dit à Thomas Sankara : « Il faut que vous changiez, si vous ne changez pas, nous allons vous changer », selon Serge Théophile Balima, ancien directeur de la télévision burkinabè.

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« Blaise Compaoré voulait le pouvoir. C’est la création d’un parti politique unique qui a mis le feu aux poudres » car Compaoré « ne voulait pas de l’unification des organisations du Comité national de la révolution (CNR) », a expliqué aux enquêteurs Valère Somé, politologue burkinabè dont la déposition a été lue au procès. Selon un commandant militaire, Blaise Sanou, « celui qui était accro au pouvoir, c’était Blaise Compaoré ». « C’est également à cause (de cette soif) du pouvoir qu’il a voulu modifier la constitution après 27 ans de règne », ce qui a provoqué sa chute en 2014.

Coup d’État

Le procès a été interrompu à plusieurs reprises à la suite du coup d’État du 24 janvier mené par le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba qui a renversé le président élu Roch Marc Christian Kaboré. L’une de ces interruptions a été motivée par un requête des avocats de la défense auprès du Conseil constitutionnel qui a investi Damiba le 16 février. Ils estiment qu’on ne peut pas condamner des accusés pour « attentat à la sûreté de l’État » alors que le coup d’État est en lui-même une telle atteinte. Une requête rejetée par le Conseil constitutionnel.

Par Jeune Afrique avec AFAvec AFP