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Procès Kamerhe en RDC : décès du président du tribunal, Raphael Yanyi

mai 27, 2020

Le juge Raphael Yanyi, ici lors de l'une des audiences du procès Kamerhe.

Le juge Raphael Yanyi, ici lors de l’une des audiences du procès Kamerhe. © Capture d’écran RTNC

 

Le magistrat qui présidait le tribunal de grande instance en charge du procès de Vital Kamerhe, poursuivi pour détournement de fonds, est décédé subitement dans la nuit de mardi à mercredi à Kinshasa.

« Vers 02H00 (01H00 GMT), il a eu des malaises et on l’a conduit au centre hospitalier Nganda. Il a succombé des suites d’une crise cardiaque », a indiqué à l’AFP le colonel Miguel Bagaya, chargé des opérations de la Police nationale congolaise (PNC). « Il y a quelques échauffourées près de sa résidence. Des jeunes gens du quartier ont tenté de provoquer des désordres dans la rue. Les forces de l’ordre sont en train d’intervenir », a-t-il ajouté.

Le magistrat, âgé d’une cinquantaine d’années, avait présidé lundi la deuxième audience du retentissant procès Kamerhe, directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi. Avec deux co-accusés, Vital Kamerhe est poursuivi pour le détournement présumé de quelque 50 millions de dollars de fonds publics destinés à la construction de logements sociaux sous forme de 4 500 maisons pré-fabriquées à partir de matériaux importés de Turquie.

Le magistrat avait renvoyé le procès au 3 juin, à l’issue de cette audience retransmise en direct sur la chaîne d’État RTNC. La défense, qui clame son innocence, avait demandé au tribunal d’inviter plusieurs témoins à la barre, dont le gouverneur de la Banque centrale et plusieurs ministres.

Les deux premières audiences ont eu lieu dans l’enceinte de la prison centrale de Makala où Vital Kamerhe et un de ses co-accusés, l’entrepreneur libanais Jammal Samih, sont en détention préventive depuis début avril.

Par Jeune Afrique avec AFP

 

RDC/Procès 100 jours : la prochaine audience fixée au 3 juin 2020

mai 26, 2020

 

Le deuxième jour d’audience à la prison centrale de Makala s’est déroulé sans incident majeur, permettant à toutes les parties de se prononcer pour soutenir les accusations ou pour les réfuter.

 

Vital Kamerhe et ses avocats

La deuxième audience dans le cadre du procès sur le programme des 100 jours du chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, a eu lieu le 25 mai à la prison centrale de Makala. Le directeur de cabinet « empêché » Vital Kamerhe et l’homme d’affaires libanais, Sammih Jamal, ont été confronté à la partie civile.

Pendant tout le déroulement de l’audience, les deux hommes, principaux accusés, jusque-là, dans cette affaire, ont continué à clamer leur innocence. Vital Kamerhe, dont les avocats ont, une fois de plus, sollicité sa liberté provisoire, dit ne pas comprendre pourquoi il se trouve à la prison centrale de Makala. « Comment, père de famille que je suis, directeur de cabinet du chef de l’État, je me retrouve à Makala ? Comment suis-je co-détourneur avec Jammal ? À quel moment ai-je dévalisé la banque ? » Telles sont les principales questions pour lesquelles Vital Kamerhe veut avoir des réponses de l’accusation. Le leader de l’Union pour la nation congolaise (UNC), qui se dit déjà victime expiatoire dans cette affaire, déclare attendre des « réponses fermes et précises et non de supputations ».

De son côté, le Libanais Sammih Jamal, qui insiste sur son innocence, se voit opposé un avenant, le document modifiant le contrat initial, de 57 millions de dollars non signé alors que la somme a été décaissée. Ici, la partie civile relève que la direction générale de contrôle de marchés publics n’avait jamais autorisé sa signature, le document n’étant qu’un projet. Jamal, qui reconnaît tout de même avoir perçu 57 millions de dollars américains dans le cadre de ce contrat, la somme globale du projet, et dont la défense de conteste le document brandi, accuse, lui, le ministère public de « jalousie », quand cette dernière veut savoir le coût unitaire de ces deux différents types de maisons préfabriquées livrées à la RDC.

Les avocats de la République, eux, insistent sur la nécessité d’entendre toutes les personnes citées ou sollicitées dans cette affaire, étant donné que « le détournement est une infraction d’intellectuels qui nécessite un assemblage des actes isolés à examiner pour démontrer le processus criminel ». Ici, ils visent la comparution de l’épouse de Vital Kamerhe, Hamida Shatur, et de sa fille, Soraya Mpiana, qu’elle a eue avec l’artiste musicien Jean-Bedel Mpiana. En attendant, c’est au tribunal de décider si les personnes sollicitées pourront comparaître lors des prochaines audiences dont la plus proche est fixée au mercredi 3 juin.

 

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC : Vital Kamerhe maintenu en détention, son procès reporté

mai 11, 2020

L'ouverture du procès de Vital Kamerhe, lundi 11 mai, a été retransmise sur la RTNC, la chaîne nationale congolaise.

L’ouverture du procès de Vital Kamerhe, lundi 11 mai, a été retransmise sur la RTNC, la chaîne nationale congolaise. © Stanis Bujakera pour JA

 

Le procès dans lequel Vital Karmehe est soupçonné de détournements de deniers publics de près de 50 millions de dollars a été reporté au 25 mai. Le tribunal a annoncé qu’il se prononcera sous 48 heures sur la demande de remise en liberté du directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi.

Le visage en partie mangé par une barbe naissante, le regard sombre mais la mine décidée. C’est sous les objectifs des caméras de la télévision nationale, seules admises à retransmettre l’ouverture du procès dans un dossier qui tient en haleine tout le pays depuis plusieurs semaines, que Vital Kamerhe a fait son entrée, lundi matin, dans la salle de la prison de la Makala qui accueille pour l’occasion le tribunal de grande instance Kinshasa Gombe.

Depuis son placement en détention provisoire, le 8 avril dernier, c’est la première apparition publique de celui qui est, toujours, le directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi. Principal allié politique du président congolais, Vital Kamerhe n’a en effet pas démissionné de son poste. Et n’a, pour l’heure, pas été révoqué.

Mais celles et ceux qui attendaient des éclaircissements sur les soupçons qui pèsent à son encontre – le détournement présumé de près de 50 millions de dollars dans le cadre du Programme des cent jours – devront attendre encore.

Au terme de deux heures d’une courte audience, le procès de Vital Kamerhe et de ses deux co-accusés a en effet été reporté au 25 mai, « pour la poursuite de l’instruction », a indiqué le président du tribunal.

Restait ensuite à statuer sur la demande de remise en liberté déposée par les avocats de Vital Kamerhe. Une décision sur laquelle les juges n’ont finalement pas tranché, ce lundi, annonçant que leur décision sur ce point interviendra sous 48 heures.

Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

 

RDC : il y aura bien un procès contre Vital Kamerhe

avril 25, 2020

Vitk

VitalKamerhe

 

Le procureur général près de la cour d’appel de Kinshasa-Matete a clos son instruction sur le volet des maisons préfabriquées et a transmis le dossier au tribunal de grande instance de la Gombe. Une date pour la première audience pourrait être fixée dans les tous prochains jours, selon une source judiciaire. Dans le cadre de l’enquête sur le programme des 100 jours, le procureur a estimé qu’il existait des indices sérieux de culpabilité contre Vital Kamerhe, le directeur de cabinet du président Tshisekedi, et Jammal Samih, patron des sociétés Samibo et Husmal, chargé de livrer 4500 maisons préfabriquées, suspectés d’avoir surfacturé et détourné une partie des fonds. Les avocats de Vital Kamerhe avaient pourtant transmis le 13 avril au procureur 26 documents relatifs à cette affaire, ainsi qu’une note d’explication signée par Vital Kamerhe lui-même. Des documents que RFI a pu en partie consulter.

Premier argument de Vital Kamerhe : ce n’est pas lui qui a passé le premier contrat d’achat de maisons préfabriquées signé avec Samibo. C’est l’ancien ministre du Développement rural et depuis 2018 et il l’affirme contrat à l’appui. En l’inscrivant dans le programme des 100 jours, il n’a « qu’agi suivant le principe de continuité de l’État ». Le gouvernement a effectué huit paiements entre mars et mai 2019 soit 57 millions de dollars, le montant total du contrat, détaille le directeur de cabinet. Samibo a déjà livré, assure-t-il, 80% de la commande… Mais pour les provinces du Kasaï central et du Sud-Kivu, le gouvernement n’aurait pas payé l’acheminement. Résultat : 600 maisons seraient bloquées aux ports de Lobito et de Dar es-Salaam.

Pour ce qui est des 3000 maisons commandées à la société Husmal, qui a le même propriétaire, Vital Kamerhe reconnait avoir été à la manœuvre : c’est lui-même qui a demandé l’autorisation de passer ce marché de gré à gré. Le directeur de cabinet ne parle plus cette fois de continuité de l’État, d’un « gouvernement démissionnaire » et d’une « délégation de pouvoir ». Pas de contrat présenté mais un peu plus de deux millions dollars ont été décaissés en août 2019 et 37 containeurs auraient été livrés, selon lui à Matadi.

Par Brazzanews avec RFI

 

France/Procès du «faux Le Drian» : 14 ans de prison requis contre le «roi de l’arnaque»

février 12, 2020

Gilbert Chikli ainsi que six autres hommes sont soupçonnés d’avoir soutiré des dizaines de millions d’euros à de riches personnalités en usurpant l’identité du ministre Jean-Yves Le Drian.

Gilbert Chilki, surnommé le «seigneur de l’escroquerie» par Me Bruno Quentin, un des avocats de partie civile.
Gilbert Chilki, surnommé le «seigneur de l’escroquerie» par Me Bruno Quentin, un des avocats de partie civile. SERGEI SUPINSKY / AFP 

Ce mercredi, au cinquième jour du procès du «faux Le Drian», la représentante du ministère public a réclamé des peines allant de 18 mois de prison dont 6 mois avec sursis à 14 ans de prison à l’encontre des sept hommes poursuivis pour cette arnaque.

Entre 2015 et 2017, un gang d’escrocs usurpant l’identité du ministre de la Défense de l’époque, Jean-Yves Le Drian, avait approché 150 personnalités ou entités en réclamant une aide financière, prétendument pour payer la rançon d’otages français. La bande avait ainsi réussi à amasser plus de cinquante millions d’euros.

A l’issue d’un réquisitoire long de plus de deux heures et demi, la procureure a notamment requis une peine de 14 ans de prison et de 2 millions d’euros d’amende à l’encontre de Gilbert Chilki, surnommé le «seigneur de l’escroquerie» par Me Bruno Quentin, un des avocats de partie civile. Déjà condamné à sept ans de prison en 2015 pour «escroquerie en bande organisée», Gilbert Chilki nie catégoriquement les faits qui lui sont reprochés. Son avocat, Me Stephane Sebag, devrait donc plaider la relaxe dans sa plaidoirie de ce mercredi soir.

Avec Le Figaro.fr par Aude Bariéty

CPI/Procès Gbagbo : la procureure a l’intention de demander un nouveau procès

février 7, 2020

Laurent Gbagbo, à la CPI, après l'annonce de son acquittement, le 15 janvier 2019.

Laurent Gbagbo, à la CPI, après l’annonce de son acquittement, le 15 janvier 2019. © Peter Dejong/AP/SIPA 

Les avocats de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ont croisé le fer avec ceux de l’État de la Côte d’Ivoire, jeudi, lors de l’audience du procès en appel portant sur le réexamen des conditions de la liberté conditionnelle des deux hommes, acquittés il y a plus d’un an. L’accusation a pour sa part annoncé son intention de « demander un nouveau procès ».

La CPI « fait droit aux demandes d’acquittement » des avocats de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé et « ordonne la mise en liberté »  de l’ancien président ivoirien et de son ex-ministre de la Jeunesse. Le 15 janvier 2019, cette décision de la Cour pénale internationale (CPI), trois ans après le début du procès de Laurent Gbagbo pour crimes contre l’humanité, avait provoqué une vague d’espoirs chez les partisans de l’ancien président ivoirien.

Un an après, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont cependant toujours en Europe, soumis au régime de la liberté conditionnelle. Et jeudi, une nouvelle bataille judiciaire s’est ouverte à La Haye : le procès en appel portant sur la demande de « mise en liberté immédiate et sans condition » portée par les avocats de la défense.

L’audience qui s’est tenue devant la chambre d’appel de la CPI a donné lieu à une nouvelle passe d’armes entre les avocats de la défense, l’accusation, et les avocats de l’État ivoirien qui, pour la première fois, intervenaient dans le procès.

Questions de principes et attaques politiques

Face au juge nigérian Chile Eboe-Osuji, les avocats de Gbagbo ont sonné la charge sur le front des principes. Une personne acquittée « doit pouvoir exercer l’intégralité de ses droits, y compris ses droits civils et politiques. Ce principe est reconnu par toutes les juridictions internationales des droits de l’homme », a plaidé Me Dov Jacobs.

Citant une jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), il affirme qu’ « une fois qu’une personne est acquittée, il n’existe aucune base juridique qui permet d’imposer des mesures restrictives à sa liberté sur la base de suspicion de trouble à l’ordre public se fondant sur de simples allégations ».

Plus offensive, Me Jennifer Naouri a pour sa part attaqué sur le front politique, s’appuyant pour l’occasion sur la présence des avocats de l’État ivoirien, mandatés par le ministre ivoirien de la Justice, Sansan Kambilé, admis pour la première fois à intervenir au procès. « La véritable intention des avocats de l’État est de s’opposer au retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara veut empêcher tous les opposants de se présenter à l’élection. C’est pourquoi des députés sont arrêtés et jetés en prison. Même Guillaume Soro Guillaume, ex-allié de Ouattara est pourchassé », a lancé l’avocate.

Un procès récurrent a été fait au gouvernement ivoirien d’être dans les coulisses de ce procès, son instigateur, ce qui est inexacte, pénible et dangereux

Une thèse du complot politique qui fait écho aux slogans entendus à l’extérieur du tribunal, où des partisans de l’ancien président ivoirien s’étaient rassemblés, contre laquelle les avocats de l’État ivoirien se sont inscrit en faux.

Si la liberté de Laurent Gbagbo doit continuer d’être strictement encadrée, c’est pour qu’il « reste présent à ce procès », a plaidé Me Jean-Pierre Mignard, porte-parole des avocats de Côte d’Ivoire dans cette procédure, invoquant par ailleurs le risque de fuite de l’ancien chef d’État. « Un procès récurrent a été fait au gouvernement ivoirien d’être dans les coulisses de ce procès, son instigateur, ce qui est inexacte, pénible et dangereux », a-t-il déploré.

Les avocats de l’État accusent Gbagbo

Surtout, l’avocat français a tenu à pointer la responsabilité présumée de Laurent Gbagbo, acquitté par la CPI, dans la crise postélectorale qui a causé la mort d’au moins 3 000 personnes. « C’est le refus de Laurent Gbagbo et de ses partisans de prendre acte de leur défaite électorale de décembre 2010, de se plier ainsi à la légalité constitutionnelle ivoirienne, [qui a] entraîné de violents conflits en Côte d’Ivoire », a affirmé l’avocat.

Fatou Bensouda à la Cour pénale internationale (CPI), le 28 août 2018.
Fatou Bensouda à la Cour pénale internationale (CPI), le 28 août 2018. © Bas Czerwinski/AP/SIPA

La procureure a l’intention de continuer la procédure contre Laurent Gbgabo et Charles Blé Goudé

« Qu’est-ce qui justifierait que la liberté de Laurent Gbagbo soit restreinte pendant l’appel ? », s’est interrogé Me Jacob, soulignant qu’« en l’état des demandes actuelles des parties, le procès va s’arrêter ». Sauf que Reinhold Gallmetzer, substitut de la procureure Fatou Bensouda, a annoncé à l’audience que « la procureure a l’intention de continuer la procédure contre Laurent Gbgabo et Charles Blé Goudé » et, si l’appel venait à être accepté, le bureau du procureur de la CPI « demandera ensuite un nouveau procès » contre les deux hommes.

Divergence de stratégies

Au cours de l’audience, une divergence de stratégie est apparue entre les avocats de Gbagbo et ceux de Blé Goudé. Alors que ceux du premier demandent l’annulation pure et simple des restrictions fixées à Gbagbo, ceux du second ont plutôt plaidé pour une révision de ces restrictions.

« Il serait important que la Cour lui [Blé Goudé] impose des mesures qui garantiraient ses droits à participer à toute procédure d’appel sans aucune interférence des autorités de son pays », a ainsi plaidé Me Geert-Jan Alexander Knoops, dans une allusion à la condamnation par contumace de son client à vingt ans de prison pour  « actes de torture, homicides volontaires et viol », le 31 décembre dernier.

Ni Laurent Gbagbo, ni Charles Blé Goudé n’ont pris la parole au cours des débats, qui se sont clôt définitivement jeudi en fin de journée. Le président de la Chambre d’appel a ordonné que les parties déposent leurs conclusions écrites ce vendredi, « après quoi, nous vous communiquerons la date de l’arrêt ». Celui-ci pourrait ne pas intervenir avant la présidentielle d’octobre 2020, ce qui écarterait de fait les deux personnalités de cette échéance électorale.

 Jeuneafrique.com par André Silver Konan – à Abidjan

Côte d’Ivoire : le procès de Charles Blé Goudé reporté

décembre 18, 2019

Charles Blé Goudé, le 15 janvier 2019 à La Haye.

Charles Blé Goudé, le 15 janvier 2019 à La Haye. © ICC-CPI

 

Le procès de Charles Blé Goudé qui devait s’ouvrir mercredi a été reporté, un pourvoi en cassation ayant été déposé.

Le président du tribunal criminel d’Abidjan a décidé de « retirer l’affaire du rôle » dans l’attente de l’examen du pourvoi par la cour de cassation, qui pourrait prendre plusieurs mois, a expliqué l’avocat. Charles Blé Goudé est accusé par la justice ivoirienne d’ »actes de torture, homicides volontaires et viol », selon ses avocats, qui dénoncent une « violation flagrante » de ses droits.

Bloqué à La Haye

En effet Charles Blé Goudé, acquitté en première instance par la Cour pénale internationale de crimes contre l’humanité, est en liberté conditionnelle aux Pays-Bas, dans l’attente de l’examen de l’appel de la procureure. Il ne peut pas rentrer en Côte d’Ivoire tant que la procédure n’est pas terminée.

L’audience qui programmée mercredi constituait « une violation flagrante » du « droit élémentaire (de Charles Blé Goudé) à un procès équitable, qui requiert la présence de l’accusé », avait estimé mardi Me Ndry Claver, un autre de ses avocats, lors d’une conférence de presse.

Charles Blé Goudé n’est pas en fuite, il ne se soustrait pas à la justice ivoirienne

Le pourvoi en cassation est fondé sur l’absence de Blé Goudé et sur d’autres vices de forme dans la procédure, a indiqué Me Suy Bi Gohoré. « Charles Blé Goudé n’est pas en fuite, il ne se soustrait pas à la justice ivoirienne. Il est à la CPI par l’action des autorités ivoiriennes », avait souligné Me Ndry Claver.

Charles Blé Goudé avait été transféré à la CPI en 2014 par les autorités ivoiriennes. Son parti, le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples, a dénoncé un « harcèlement politique contre son président ».

L’ancien « général de la rue », ainsi surnommé pour sa capacité à mobiliser les partisans de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, a annoncé avoir des ambitions présidentielles à long terme, après la prochaine élection d’octobre 2020.

Par Jeuneafrique.com avec AFP

Massacre du 28 septembre en Guinée : l’ONU appelle à l’organisation rapide d’un procès

septembre 28, 2019

Le 28 septembre 2009, des manifestants se dirigent vers le Stade du 28-Septembre, à Conakry, en Guinée. © IDRISSA SOUMARE/AP/SIPA

Dix ans après l’attaque perpétrée par l’armée dans une stade de Conakry, la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a appelé les autorités à « accélérer » l’organisation du procès des responsables.

« L’impunité règne depuis trop longtemps en Guinée et empêche les cicatrices des victimes de guérir. La paix et la réconciliation durables ne seront pas atteintes tant que justice et responsabilité ne seront pas maintenues », a déclaré Michelle Bachelet dans un communiqué.

Le 28 septembre 2009, les forces de défense et de sécurité et des militaires avaient battu, poignardé et tué par balles des opposants au régime militaire, rassemblés dans le plus grand stade de Conakry pour réclamer que le président autoproclamé depuis décembre 2008, Moussa Dadis Camara, ne se présente pas à la prochaine élection présidentielle.

« Crime contre l’humanité »

L‘instruction sur le massacre est clôturée depuis fin 2017, mais la date du procès n’a toujours pas été fixée. Une Commission d’enquête internationale nommée par l’ONU a établi en décembre 2009 que l’attaque « a fait au moins 156 morts et disparus, dont un certain nombre de femmes décédées des suites de violentes agressions sexuelles », a rappelé le Haut-Commissariat dans un communiqué.

Ce rapport a accablé les autorités de l’époque, expliquant qu’elles ont modifié les lieux du crime. Des détenus ont par ailleurs été torturés, au moins 109 filles et femmes ont été victimes de violences sexuelles et des cadavres ont été enterrés dans des fosses communes.

La Commission a également conclu que ce massacre constitue un « crime contre l’humanité », et a conclu à la responsabilité pénale individuelle de plusieurs responsables guinéens, dont Moussa Dadis Camara.

Hauts fonctionnaires toujours en poste

« Bien que la Commission d’enquête ait recommandé il y a près de dix ans aux autorités guinéennes de poursuivre les responsables et d’indemniser les victimes, peu de progrès tangibles ont été enregistrés jusqu’à présent », a déploré Michelle Bachelet, appelant les autorités à « accélérer l’organisation du procès ».

« Ces procédures judiciaires tant attendues – si et quand elles auront réellement lieu – devraient garantir la responsabilité à la fois dans l’intérêt des victimes et renforcer l’état de droit dans l’ensemble du pays », a-t-elle souhaité.

La Haut-Commissaire a souligné que les efforts pour engager des poursuites et organiser une procédure judiciaire « ont été extrêmement lents et n’ont pas abouti à un procès ni à des condamnations réelles des responsables ». « Il est particulièrement préoccupant qu’un certain nombre de hauts fonctionnaires mis en accusation soient toujours en poste et ne soient pas encore traduits en justice », a-t-elle conclu.

Par Jeune Afrique avec AFP

 

Algérie: Algérie : début du procès de Saïd Bouteflika, des généraux Toufik et Tartag et de Louisa Hanoune

septembre 23, 2019

Saïd Bouteflika en avril 2009 lors de la réélection de son frère à la présidence de l’Algérie (image d’illustration). © AP/SIPA

 

Le procès de Saïd Bouteflika, frère et conseiller du président déchu Abdelaziz Bouteflika, ainsi que de deux anciens chefs du renseignement, les généraux Toufik et Tartag, et de Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs, a débuté lundi à Blida, au sud d’Alger.

La police et les gendarmes ont interdit l’accès aux deux entrées du tribunal militaire à tous les véhicules et piétons, a constaté un photographe de l’AFP sur place. Saïd Bouteflika, Mohamed Mediène – dit « Toufik », directeur des puissants services secrets algériens pendant 25 ans – , son successeur Athmane Tartag et la cheffe du Parti des travailleurs (PT, trotskiste) Louisa Hanoune, comparaissent devant le tribunal.

L’ex-président du Conseil constitutionnel Tayeb Belaïz, fidèle de Bouteflika, est également arrivé à la cour pour témoigner, d’après la même source.

Saïd Bouteflika et les deux ex-patrons du renseignement ont été incarcérés le 5 mai, tandis que Louisa Hanoune a été placée en détention provisoire quatre jours plus tard. La justice militaire les avait inculpés pour « atteinte à l’autorité de l’armée » et « complot contre l’autorité de l’État », des crimes pour lesquels ils encourent de lourdes peines, selon le code de justice militaire et le code pénal.

Réunions pour « comploter » contre Gaïd Salah

Un mouvement de contestation inédit débuté le 22 février a contraint Abdelaziz Bouteflika à renoncer à un 5e mandat puis à démissionner le 2 avril, après deux décennies au pouvoir. Depuis, la justice a ouvert une série d’enquêtes sur des faits présumés de corruption visant des ex-hauts responsables politiques et militaires ainsi que des hommes d’affaires, accusés d’avoir profité de leurs liens privilégiés avec l’entourage de Bouteflika.

Lors de l’instruction, la défense de Louisa Hanoune avait admis qu’elle avait participé à une réunion avec Saïd Bouteflika et « Toufik » le 27 mars, au lendemain d’une déclaration du chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, demandant publiquement le départ du pouvoir d’Abdelaziz Bouteflika. Quelques jours plus tard, le général Gaïd Salah avait accusé, sans les nommer, Saïd Bouteflika et les généraux Mediène et Tartag de se réunir pour comploter contre l’armée.

Entendu comme témoin le 14 mai dans l’enquête visant le frère de l’ex-président, le général Khaled Nezzar – ancien homme fort de l’Algérie dans les années 1990 – avait affirmé que Saïd Bouteflika lui avait dit envisager d’instaurer l’état de siège et de démettre le général Gaïd Salah, afin de mettre un terme à la contestation contre son frère. Saïd Bouteflika était considéré comme le véritable homme fort du palais présidentiel, mais il ne disposait d’aucun pouvoir constitutionnel.

Également accusés de « complot », Nezzar et sont fils Lotfi sont depuis le 6 août sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par le tribunal militaire de Blida. Selon des médias algériens, ils ont fui en Espagne au début de l’été.

Par Jeune Afrique avec AFP

Canada-Québec/Délit de fuite mortel à Trois-Rivières: Amosi Niyonkuru cité à procès

septembre 16, 2019

 

Accusé de conduite dangereuse causant la mort, Amosi Niyonkuru est cité à procès à Trois-Rivières
Le jeune homme, un Drummondvillois de 22 ans, est accusé de conduite dangereuse ayant causé la mort, de fuite d’un agent de la paix causant la mort et de délit de fuite.

La date de son procès sera fixée le 5 décembre prochain.

Un agent reconstitutionniste de la Sûreté du Québec et deux témoins civils ont témoigné lors de l’enquête préliminaire, qui a pris fin lundi.

Les procédures ont requis la présence d’un interprète qui parle swahili, une langue d’Afrique de l’Est dans laquelle s’exprime principalement l’accusé.

La tenue de l’enquête préliminaire avait d’ailleurs dû être retardée faute de traducteur disponible en juillet dernier.

Le 19 juillet 2018, alors qu’un policier tentait de l’intercepter dans le cadre après le déclenchement de son lecteur de plaques, Amosi Niyonkuru aurait pris la fuite.

Un des deux véhicules qui sont entrés en collision était poursuivi par un policier de Trois-Rivières au moment de l'accident.

© Gabrielle Proulx
Un des deux véhicules qui sont entrés en collision était poursuivi par un policier de Trois-Rivières au moment de l’accident.
À toute vitesse, il aurait alors heurté trois véhicules sur son passage au bas de la côte Plouffe, dont celui de Jeannot Beaupré, 63 ans, qui a succombé à ses blessures.
CBC/Radio-Canada avec les informations de Sébastien St-Onge