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Burkina Faso : Le procès du putsch manqué de 2015 à nouveau reporté

juillet 23, 2019

 

Le procès du putsch manqué de septembre 2015 au Burkina Faso a de nouveau été renvoyé au 29 juillet, dans l’attente d’une décision du Conseil constitutionnel saisi par les avocats du général Gilbert Diendéré, un des principaux accusés.

C’est le deuxième renvoi depuis le 15 juillet, date à laquelle devaient commencer les plaidoyers de la défense. Les avocats du général Diendéré ont informé avoir déposé une «question prioritaire d’inconstitutionnalité». «Le tribunal doit, sans chercher à apprécier, surseoir à appliquer les dispositions qui posent problème et saisir le conseil constitutionnel qui doit statuer dans un délai maximum d’un mois», avait expliqué Me Mathieu Somé, un des avocats du général Gilbert Diendéré.

Le 16 septembre 2015, des soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) avaient tenté en vain de renverser le gouvernement de transition mis en place après la chute du président Blaise Compaoré, chassé le 31 octobre 2014 par une insurrection populaire après 27 ans au pouvoir.

Au total, 84 accusés sont jugés depuis février 2018, dont le général Gilbert Diendéré, principal accusé et cerveau présumé du coup de force manqué, qui avait fait 14 morts et 270 blessés. Lors du putsch, le général Diendéré avait pris la tête du Conseil national pour la démocratie, organe dirigeant des putschistes, avant de rendre le pouvoir face à la pression populaire et à l’armée loyaliste.

Le procureur du tribunal militaire de Ouagadougou a requis la prison à vie à l’encontre des généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, les deux principaux accusés du procès du putsch manqué de 2015, après avoir demandé la reconnaissance de leur culpabilité pour «attentat à la sûreté de l’état», «trahison», «meurtres et coups et blessures».

Par Le Figaro.fr avec AFP

Congo-Diaspora: Procès Ambassadeur Rodolphe Adada contre le site Sacer-info à Paris

mai 20, 2019

 

Publiée le 18 mai 2019 par Brazzanews.fr

Israël: ouverture du procès de Sara Netanyahu pour des frais de bouche

octobre 7, 2018

Sara Netanyahu, l’épouse du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au Parlement israélien à Jérusalem, le 31 janvier 2017 / © AFP/Archives / GALI TIBBON

Sara Netanyahu, l’épouse du Premier ministre israélien, est jugée à partir de dimanche sous l’accusation d’avoir fait passer pour plus de 80.000 euros de repas aux frais du contribuable, alors que la résidence officielle disposait d’un cuisinier.

La mise en cause de Mme Netanyahu ne semble pas de nature à avoir un effet politique immédiat sur son mari, Benjamin Netanyahu, étranger au dossier. Mais elle s’ajoute aux différentes affaires de corruption présumée qui menace le long règne du Premier ministre, au pouvoir depuis 2009.

Mise en examen pour « fraude » et « abus de confiance » présumés, Mme Netanyahu, 60 ans en novembre, est soupçonnée d’avoir commandé entre septembre 2010 et mars 2013, pour elle-même, les membres de sa famille et des invités, des centaines de repas pour « plus de 350.000 shekels » (83.000 euros), selon le ministère de la Justice.

La justice lui reproche d’avoir menti en invoquant l’absence de cuisinier à la résidence du Premier ministre pour faire livrer, jusqu’à des dizaines de fois un même mois, des repas de différents restaurants de Jérusalem.

Ezra Saidoff, ancien directeur général adjoint au bureau du Premier ministre, est lui aussi mis en examen.

Selon les médias israéliens citant l’acte d’accusation, il aurait agi de concert avec Mme Netanyahu pour créer l’impression qu’aucun cuisinier n’était employé à la résidence.

Le procès doit débuter dimanche à 10H30 GMT au tribunal de première instance de Jérusalem et pourrait durer des mois.

Supervisé par un panel de trois juges en raison de la « sensibilité publique » de l’affaire, il devait initialement commencer en juillet mais a été reporté pour des raisons n’ayant pas été rendues publiques.

Des Israéliens manifestent devant la résidence officielle du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, accusé de corruption dans plusieurs affaires, le 2 mars 2018 / © AFP/Archives / AHMAD GHARABLI

– « Poursuites délirantes » –

Lors de l’annonce de sa mise en examen en juin, les avocats de Mme Netanyahu avaient qualifié les poursuites d' »absurdes et délirantes », estimant que « pour la première fois en Israël et dans le monde, l’épouse du dirigeant en place est poursuivie pour des plateaux repas ».

Cette affaire braque à nouveau les projecteurs sur une figure omniprésente et réputée influente auprès de Benjamin Netanyahu, et dont la presse israélienne éclaire régulièrement d’une lumière peu favorable les agissements personnels.

Les détracteurs des Netanyahu se gaussent depuis des mois des affaires de la résidence, où il a été question non seulement de plats de traiteurs, mais aussi de meubles de jardin achetés sur les fonds publics, de détournement du revenu de bouteilles consignées et de maltraitance du personnel.

Les médias ont déjà suivi avec avidité la bataille devant les tribunaux entre Mme Netanyahu et un ancien homme de confiance de la résidence, Meni Naftali, qui l’avait accusée de comportement tyrannique. Il avait obtenu quelque 40.000 euros en 2016 pour mauvais traitements.

Les Netanyahu ont dénoncé une campagne de calomnie. Sara Netanyahu, qui se présente régulièrement comme une victime de l’acharnement médiatique, avait déjà dit dans le passé que « son sang avait été versé publiquement ».

– Corruption présumée –

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et sa femme Sara dans leur résidence officielle à Jérusalem, le 6 juin 2017 / © AFP/Archives / Gali TIBBON

Au delà des atteintes à son image, l’affaire des frais de bouche paraît moins lourde de risques pour M. Netanyahu que les dossiers de corruption présumée qui, depuis des mois, le visent directement et suscitent des interrogations sur sa faculté à se tirer à nouveau d’affaire.

En février, la police a recommandé son inculpation dans deux enquêtes touchant l’une à des cadeaux qu’il aurait indûment reçus de riches personnalités, l’autre à un accord secret qu’il aurait tenté de conclure avec un quotidien populaire pour une couverture favorable.

Il a de nouveau été entendu par la police vendredi à Jérusalem pendant plusieurs heures. Selon les médias, il était interrogé pour la 12e fois par les enquêteurs en tant que suspect.

Une autre enquête a été ouverte dans l’affaire Bezeq, le principal groupe de télécommunications israélien. La police cherche à savoir si le couple Netanyahu a tenté de s’assurer une couverture propice de la part du site d’informations Walla en contrepartie de faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des centaines de millions de dollars à Bezeq.

Le principal actionnaire du groupe, Shaul Elovitch, et six autres personnes dont deux proches collaborateurs de M. Netanyahu, ont été arrêtés en février dans cette affaire.

Malgré ces enquêtes, M. Netanyahu reste en bonne position dans les sondages et pourrait, après 12 ans au pouvoir -en deux fois- battre le record de longévité de l’historique David Ben Gourion.

Romandie.com avec(©AFP / (07 octobre 2018 07h25)

À la CPI, l’accusation tente de défendre son dossier contre Laurent Gbagbo

octobre 3, 2018

Depuis le 1er octobre, la demande d’acquittement de l’ex-président ivoirien et de Charles Blé Goudé est débattue devant la Cour pénale internationale.

Des Ivoiriens regardent, depuis Abidjan, une retransmission de l’audience de la Cour pénale internationale dans le procès de l’ex-président Laurent Gbagbo, le 1er octobre 2018. Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP

Au soir d’une longue journée d’audience, une jeune femme habille le panneau d’entrée de la Cour pénale internationale (CPI) d’un drapeau ivoirien, s’agenouille, mains lancées vers le ciel, et récite quelques incantations. « C’est bien ici qu’ils sont ? », demande-t-elle, comme pour s’assurer que sa prière n’est pas vaine.

 

« Ils » ? Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, jugés par la CPI depuis janvier 2016. Pendant deux ans, le procureur a appelé 82 témoins à la barre et déposé ses pièces à conviction. Mais les avocats de l’ex-président ivoirien et du chef des Jeunes patriotes assurent que son dossier est vide, qu’il n’y a rien à contester. La première phase du procès, consacrée à l’accusation, a révélé la faiblesse des éléments de preuve sur les points essentiels : l’élaboration d’un plan criminel par Laurent Gbagbo, sa mise en œuvre par « un cercle » d’initiés et le choix délibéré de cibler des civils. Les avocats jugent dès lors inutile d’appeler des témoins à décharge. Ils réclament dès maintenant l’acquittement ou, à défaut, le non-lieu. Lundi 1er et mardi 2 octobre, le procureur ne « requiert » donc plus vraiment. Il doit défendre son dossier contre les deux hommes qu’il accuse de « crimes contre l’humanité » commis lors des violences ayant suivi l’élection présidentielle de 2010 durant lesquelles quelque 3 000 personnes avaient été tuées, selon l’ONU, et plus de 150 femmes violées, d’après l’organisation Human Rights Watch.

A La Haye, pour cette étape clé du procès, plusieurs centaines de partisans des deux accusés ont installé chaises pliantes et réchauds à gaz face à la prison de la CPI. « C’est la dernière fois que je viens ici ! », assure une militante drapée dans les couleurs orange-blanc-vert du pays. Les pro-Gbagbo de la diaspora sont venus en nombre, comme à chaque grand-messe de ce procès-fleuve. Cette fois, ils croient dur comme fer assister aux funérailles du dossier de l’accusation. Que leur champion sera bientôt libéré.

Pendant un rassemblement de la coalition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté, favorable à l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, le 28 juillet 2018 à Yopougon, un quartier d’Abidjan.

Pendant un rassemblement de la coalition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté, favorable à l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, le 28 juillet 2018 à Yopougon, un quartier d’Abidjan. Crédits : SIA KAMBOU / AFP

Un mobile, un moyen, un ennemi

Selon la thèse du procureur, l’ex-président aurait élaboré une politique d’Etat visant des civils ivoiriens, partisans de son concurrent à la présidentielle de 2010, Alassane Ouattara. C’est l’existence d’une telle politique d’Etat qui fait que les meurtres, les viols, les persécutions et les actes inhumains perpétrés par les Forces de sécurité ivoiriennes (FDS) et les miliciens peuvent être qualifiés de « crimes contre l’humanité ». Et c’est le volet le plus délicat du dossier de l’accusation.

En décembre 2010, au terme d’un vote contesté, Laurent Gbagbo avait refusé de laisser le pouvoir à Alassane Ouattara, dont l’élection fin novembre était reconnue par les Nations unies. Barbe de deux jours et armé d’un solide accent canadien, le substitut du procureur, Eric Macdonald, tente : « S’il s’était retiré, M. Gbagbo aurait changé de façon radicale le cours des événements. Les crimes n’auraient pas été commis, ou d’une façon différente. »

Il assure donc que l’ex-président avait un mobile : conserver le pouvoir à tout prix. Un moyen : la mobilisation des FDS, de groupes de jeunes et de mercenaires, notamment libériens. Un ennemi : les partisans d’Alassane Ouattara, ciblés parce qu’assimilés à la rébellion des Forces nouvelles qui s’était emparée d’une partie du pays en 2002 et avançait vers la capitale. « Les discours assimilant les civils à des partisans d’Alassane Ouattara montrent bien que la population civile était ciblée », assure le substitut. Le pays était menacé par une rébellion, lui rétorque la défense. Il était du devoir du chef de l’Etat d’agir.

Aux premières heures du procès, il y a plus de deux ans, Eric Macdonald assurait détenir les preuves de cette politique d’Etat. Mais cette fois, il doit demander aux juges de « déduire ». Déduire d’une multitude d’actes que les civils étaient délibérément ciblés. Un tel plan est « très rarement prouvé par des ordres écrits directs ». « Point n’est besoin qu’il soit explicite », lance-t-il pour se dédouaner, le dossier étant moins solide que promis.

Il évoque donc plusieurs réunions, mais demande aux juges de déduire le contenu de celle qui, le 16 décembre 2010, a suivi la répression d’une manifestation de l’opposition vers la Radio-Télévision ivoirienne (RTI). « On peut raisonnablement en déduire que M. Gbagbo a discuté avec ses ministres de la répression du 16 décembre », argue-t-il. Depuis son pupitre, regard perplexe, Laurent Gbagbo relève la tête en direction du juge présidant, Cuno Tarfusser, souvent prompt à tacler le substitut. Mais l’Italien ne dit mot.

Partisans dans la galerie du public

A côté, Charles Blé Goudé noircit des lignes. Il est, pour le procureur, « un intermédiaire essentiel entre M. Gbagbo et les jeunes ». Devenu ministre aux premiers jours de la crise, le patron des Jeunes patriotes recrute, instruit, incite. « Posez-vous ces questions, bataille Eric Macdonald face aux trois juges : pourquoi les jeunes ont-ils été autorisés à ériger des barrages routiers ? Que faisaient-ils là ? » M. Gbagbo, « le président, commandant supérieur, était conscient que cela allait aboutir à des crimes ». Des crimes que le procureur lui reproche de ne pas avoir prévenus ou punis, mais d’avoir au contraire encouragés.

Aux suspensions d’audience, comme un rituel, les accusés saluent leurs partisans assis dans la galerie du public, qui surplombe la salle. Des enfants de Laurent Gbagbo, son ancien directeur de cabinet et quelques représentants de l’opposition sont venus à La Haye.

Les audiences ont été suspendues, mercredi 3 octobre, jusqu’au 12 novembre à la demande des avocats des deux accusés qui doivent préparer leur réponse au procureur. Rien ne dit que la prière des partisans de Laurent Gbagbo sera exaucée. A ce stade, les juges doivent déterminer si les preuves, ou une partie d’entre elles, méritent d’être contestées. Ils prononceront l’acquittement s’ils estiment que le dossier est vide. Dans le cas contraire, les avocats devront appeler leurs témoins à décharge. La décision ne sera pas rendue avant décembre, au plus tôt. La défense comme l’accusation pourront faire appel.

Lemonde.fr par Stéphanie Maupas (La Haye, correspondance)

CPI: déclarations finales dans le procès de l’ex-chef de guerre Ntaganda

août 27, 2018

Le chef de guerre congolais Bosco Ntaganda dit « Terminator » comparait devant la Cour pénale internationale, La Haye, 2 September 2015.nn / © POOL/AFP / MICHAEL KOOREN

Les déclarations finales dans le procès de l’ancien chef de guerre congolais Bosco Ntaganda s’ouvriront mardi devant la Cour pénale internationale (CPI) pour la présentation des derniers arguments de l’accusation et de la défense.

Surnommé « Terminator », Ntaganda doit répondre de 13 crimes de guerre et de cinq crimes contre l’humanité, pour lesquels il a plaidé non coupable en septembre 2015.

Les déclarations finales se dérouleront de mardi à jeudi, près de trois ans après l’ouverture du procès devant la Cour qui siège à La Haye, où l’ex-chef de guerre est actuellement détenu.

L’ancien rebelle est accusé d’avoir commandité des meurtres, pillages et viols commis par ses troupes en 2002-2003 en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).

Le chef de guerre, aujourd’hui âgé de 44 ans, aurait donné les ordres, planifié et programmé les opérations, coordonné la logistique et fourni les armes.

Selon les ONG, plus de 60.000 personnes ont perdu la vie dans ce conflit.

– « Un être humain » –

Lors de sa prise de parole en tant que premier témoin pour sa propre défense en juin 2017, Bosco Ntaganda avait tenté de lisser sa réputation de chef de guerre opportuniste et sans pitié.

Le procureur de la CPI Fatou Bensouda l’avait présenté comme « un des commandants les plus importants » pendant ces crimes « ethniques ».

Devant la Cour, Ntaganda avait affirmé avoir aidé à mettre fin au génocide rwandais de 1994, où il a « vu des horreurs », et cherché à se présenter comme « un être humain », selon son avocat, le Canadien Stéphane Bourgon.

Né en 1973 au Rwanda, l’ex-rebelle est issu d’une famille tutsie de six enfants. Face aux juges, il a expliqué avoir « perdu beaucoup de membres de (sa) famille » restés au Rwanda.

« Et je me suis dit: +Je ne veux plus qu’aucune autre communauté puisse vivre ce que ma communauté a vécu+ », avait-il dit d’une voix faible.

– Au coeur de l’attention –

L’ex-chef rebelle devrait présenter les mêmes arguments cette semaine.

« Il est prévu que M. Ntaganda fasse une déclaration non assermentée vers la fin des plaidoiries finales », a indiqué M. Bourgon à l’AFP.

Général dans l’armée congolaise de 2007 à 2012, Ntaganda était le fugitif le plus recherché dans la région des Grands Lacs jusqu’à ce qu’il se rende de manière inopinée en 2013 pour demander son transfèrement à la CPI.

Selon des observateurs, il est probable qu’il craignait pour sa vie sous la menace d’une faction rivale.

Bosco Ntaganda avait fait ses premières armes avec le Front patriotique rwandais (FPR) après avoir vécu dans le Masisi, territoire de la province congolaise du Nord-Kivu où vit une importante communauté rwandophone.

Son jugement sera au coeur de l’attention après l’acquittement surprise par la chambre d’appel de la CPI, en juin, du Congolais Jean-Pierre Bemba, condamné en première instance à 18 ans de prison pour des crimes commis par ses troupes en Centrafrique.

Romandie.com avec(©AFP / (28 août 2018 05h12)

France: un jihadiste présumé libéré après l’erreur d’un juge

août 22, 2018

Paris – Un jihadiste présumé, qui était en détention provisoire avant son procès en France prévu en novembre, a été libéré de prison en avril après une erreur d’un juge d’instruction, a indiqué mercredi à l’AFP le ministère de la Justice.

Ce jihadiste présumé, Oualid B., doit être jugé à Paris aux côtés de Reda Bekhaled et de ses frères, soupçonnés d’être impliqués dans un projet d’attentat en 2014 dans la métropole lyonnaise, dans le centre-est de la France, et dans une filière d’acheminement de combattants en Syrie.

Oualid B. est sorti le 3 avril, un juge d’instruction ayant oublié de renouveler sa détention provisoire. Il est depuis en liberté, mais sous « contrôle judiciaire très strict », selon le ministère de la Justice, confirmant ainsi une information de l’hebdomadaire Le Canard enchainé.

L’affaire a eu « un retentissement très important en interne », reconnaît une source proche du dossier.

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a déploré mercredi un « dysfonctionnement grave » et insisté que « la priorité est de retrouver cet individu ».

Une inspection mandatée par la ministre de la Justice Nicole Belloubet « est en cours » pour « comprendre comment un acte ayant potentiellement des conséquences graves, eu égard au profil lourd de l’intéressé, a pu se produire », indique la Chancellerie.

Selon Le Canard enchaîné, le juge d’instruction a été convoqué par sa hiérarchie qui lui a demandé, en vain, de quitter ses fonctions. Interrogée, la présidence du tribunal de Paris n’a pas souhaité faire de commentaire.

Le magistrat n’a pas pour le moment été sanctionné, selon une source proche du dossier.

En mai, Oualid B. a de nouveau été interpellé, car il se trouvait hors de la zone autorisée dans le cadre de son contrôle judiciaire. Selon Le Canard enchaîné, il conduisait sans permis et son téléphone portable contenait des images de jihadistes armés et un film de propagande de l’organisation Etat islamique.

Jugé en comparution immédiate, Oualid B. est ressorti libre du tribunal, alors que le parquet avait requis dix mois de détention. Le parquet a fait appel et Oualid B. devrait être jugé en appel pour ces faits le 13 septembre à Paris.

Au total, 15 personnes sont accusées dans ce dossier antiterroriste, dont un mineur au moment des faits. Ils seront jugés par la cour d’assises des mineurs du 12 au 30 novembre. Cependant, huit d’entre eux partis en zone irako-syrienne, parmi lesquels trois des frères Bekhaled, font l’objet d’un mandat d’arrêt.

« Si projet d’attentat il y a, la cible n’a jamais été éclaircie », a commenté auprès de l’AFP un avocat de la défense. « Il a été évoqué un temps qu’il s’agisse d’un rendez-vous annuel à Lyon du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France, ndlr), mais rien n’est jamais venu étayer ce soupçon », a-t-il ajouté.

Romandie.com avec(©AFP / 22 août 2018 13h14)                                                        

États-Unis: double coup dur pour Trump, directement mouillé par son ex-avocat

août 22, 2018

Michael Cohen, ex-avocat personnel de Donald Trump, a plaidé coupable de huit chefs d’accusation, ici à sa sortie du tribunal à New York, le 21 août 2018 / © AFP / Don Emmert

Le président des Etats-Unis Donald Trump a essuyé mardi un double coup dur judiciaire, avec son ancien avocat qui l’a personnellement impliqué devant un juge et, simultanément, son ex-chef de campagne qui a été déclaré coupable à son procès.

Deux juridictions différentes pour deux affaires distinctes, mais une même ombre planait au-dessus des tribunaux d’Alexandria et de New York: celle du milliardaire républicain, dont le mandat à la Maison Blanche est empoisonné par les affaires judiciaires qui impliquent plusieurs de ses proches et menacent de l’atteindre directement.

A New York, devant un juge fédéral de Manhattan et dans une salle d’audience bondée, Michael Cohen, son ex-avocat personnel, a plaidé coupable de huit chefs d’accusation, pour fraude fiscale et bancaire et pour violation des lois sur le financement des campagnes électorales.

Surtout, le juriste, visiblement abattu, la voix parfois mal assurée, a reconnu avoir versé 130.000 et 150.000 dollars à deux femmes affirmant avoir eu une liaison avec Donald Trump en échange de leur silence, et ce « à la demande du candidat ». Objectif: éviter l’ébruitement d’informations « qui auraient porté préjudice au candidat ».

Cet aveu est une réelle bombe pour celui qui a finalement remporté la présidentielle de 2016, car il sous-entend qu’il pourrait avoir lui-même commis un délit. Si les versements à l’actrice porno Stormy Daniels et à Karen McDougal, une ex-playmate du magazine Playboy, qui affirment toutes deux avoir eu une liaison avec Donald Trump au milieu des années 2000, étaient connus, le locataire de la Maison Blanche a jusqu’ici nié tout acte contraire à la loi dans ces affaires.

Le coup est d’autant plus spectaculaire qu’il vient d’un ancien fidèle du président, gardien d’une partie de ses secrets, qui a travaillé pendant plus de dix ans pour le magnat de l’immobilier new-yorkais. Parfois surnommé le « pitbull » de Donald Trump, celui qui s’était dit un temps prêt « à prendre une balle » pour son puissant client a finalement décidé de le lâcher.

Un manifestant tient à bout de bras une pancarte « coupable » devant le tribunal d’Alexandria en Virginie où l’ex-chef de campagne de Donald Trump a été reconnu coupable de fraude bancaire et fiscale, le 21 août 2018 / © AFP / Jim WATSON

– « Chasse aux sorcières » –

Michael Cohen s’est résolu à « dire la vérité au sujet de Donald Trump », et a donc « témoigné sous serment » que le président américain « lui avait demandé de commettre un crime », a expliqué dans un communiqué son avocat Lanny Davis. « Si ces versements constituent un crime pour Michael Cohen, pourquoi ne constitueraient-ils pas un crime pour Donald Trump? », a-t-il demandé.

Les chefs d’inculpation retenus contre Michael Cohen, bientôt 52 ans, sont passibles de peines cumulées pouvant atteindre 65 ans de prison. Sa peine, probablement allégée après son plaider coupable, sera prononcée le 12 décembre.

« Ce sont des accusations très graves, qui reflètent un mode de fonctionnement fait de mensonges et de malhonnêteté, sur une longue période », a déclaré le procureur fédéral de Manhattan Robert Khuzami à la sortie du tribunal.

Quasiment au même moment, dans un parallélisme judiciaire saisissant, le tribunal d’Alexandria, près de Washington, a reconnu Paul Manafort, un ancien directeur de campagne de Donald Trump, coupable de fraude bancaire et fiscale. Le jury n’a prononcé qu’un verdict partiel, ne parvenant pas à s’accorder sur dix des 18 chefs d’accusation pesant contre l’ancien sulfureux lobbyiste.

Paul Manafort / © AFP / John SAEKI

Mais cette décision est symbolique, car il s’agissait du premier procès émanant de l’enquête russe, cette tentaculaire investigation conduite par le procureur spécial Robert Mueller sur l’ingérence de la Russie dans la présidentielle de 2016 et sur des soupçons de collusion entre l’équipe de campagne de Donald Trump et le Kremlin de Vladimir Poutine.

« Je me sens très triste », a réagi le président américain en marge d’un déplacement en Virginie occidentale, au sujet de Paul Manafort, un « homme bien ». Il a en revanche soigneusement éludé toutes les questions sur Michael Cohen.

– « Rien à voir » –

Donald Trump a tenu a rappeler que cette décision judiciaire n’avait en soi « rien à voir » avec une éventuelle collusion, qu’il nie farouchement depuis des mois, dénonçant une « chasse aux sorcières ».

« Où est la collusion? », a-t-il demandé à ses supporters lors d’un meeting de campagne pendant la soirée.

Coup dur pour Trump après les révélations de son ex-avocat / © AFP / Alara Bordier, Mathieu Champeau

« Ils cherchent toujours une collusion, où est la collusion? Trouvez de la collusion! »

A Alexandria, Paul Manafort, 69 ans, est resté silencieux à l’énoncé du verdict. Le lobbyiste « est déçu » et « évalue toutes ses options », a déclaré son avocat Kevin Downing.

Il encourt une peine maximale de 80 années de prison. Mais le juge, s’il suit les directives fédérales, « pourrait opter pour une peine entre sept et près de neuf ans », a expliqué à l’AFP un ex-procureur fédéral, Jacob Frenkel. La date du prononcé reste à fixer.

Après deux semaines de débats très suivis aux Etats-Unis, l’issue de l’audience représente néanmoins une victoire, bien qu’incomplète, pour le procureur spécial Robert Mueller, et affaiblit là aussi la position du président.

D’autant que l’enquête russe se poursuit, malgré les appels incessants de la Maison Blanche qui souhaite y voir mettre un terme.

Romandie.com avec(©AFP / (22 août 2018 12h29)

Procès de l’ex-chef de campagne de Trump: menteur invétéré ou professionnel trahi ?

août 15, 2018

Paul Manafort, ex-chef de campagne de Donald Trump, à Washington le 15 juin 2018 / © AFP/Archives / Brendan Smialowski

Menteur invétéré aux millions de dollars cachés au fisc ou consultant politique honorable trompé par un proche? Accusation et défense ont dépeint deux visages bien différents de l’ex-chef de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, lors des déclarations finales de son procès mercredi.

Après le réquisitoire et le plaidoyer, au tribunal d’Alexandria, près de Washington, le juge T.S. Ellis a donné ses instructions aux douze jurés, puis les a convoqués à 09H30 jeudi (13H30 GMT). Ils devraient se retirer peu après pour délibérer sur les 18 chefs d’accusation pesant contre Paul Manafort, 69 ans.

« M. Manafort a menti pour garder son argent quand il en avait, puis M. Manafort a menti pour obtenir de l’argent quand il n’en avait plus », a martelé le procureur Greg Andres, à propos des millions de dollars tirés principalement de ses activités de conseil auprès de l’ex-président ukrainien Viktor Ianoukovitch, soutenu par Moscou.

La défense a contre-attaqué en tentant de convaincre les jurés que le dossier de l’accusation est chancelant.

Les avocats ont aussi laissé entendre que les enquêteurs s’étaient acharnés sur leur client sous les ordres du « procureur spécial » Mueller, honni du président américain. Deux mots qu’ils ont répétés à plusieurs reprises, au grand dam de l’accusation, car ils pourraient influencer les jurés.

Ancien lobbyiste de renom, Paul Manafort est en effet le premier à faire face à un procès découlant de l’enquête explosive de Robert Mueller, le procureur spécial chargé du dossier russe. Une « chasse aux sorcières », tempête Donald Trump depuis des mois, s’en prenant dernièrement directement à Robert Mueller, ex-chef du FBI pourtant respecté chez les républicains.

Si les faits reprochés à Paul Manafort sont antérieurs et non-liés à l’élection présidentielle de novembre 2016, ce procès ultra-médiatique n’en reste pas moins embarrassant pour le président américain.

– 31 comptes à l’étranger –

Veste en python, maisons luxueuses, massif de fleurs formant son initiale, « M »: l’accusation a fait pendant le procès la description colorée de dépenses exorbitantes.

« Ce n’est pas un crime dans ce pays d’être riche », a souligné M. Andres. Mais « nous sommes dans cette salle d’audience parce qu’il n’a pas (…) déclaré des revenus » qui ont payé les « voitures, les costumes, les appartements » en question.

Entre 2010 et 2014, M. Manafort « possédait » et « contrôlait » 31 comptes bancaires à l’étranger, par lesquels sont passés « plus de 60 millions de dollars », a-t-il expliqué. Sur ce total, 15 millions de dollars ont servi à financer « ses dépenses et celles de sa famille ».

En plus de fraude fiscale, il est accusé d’avoir caché l’existence de ces comptes à l’étranger –la plupart à Chypre– et d’avoir menti à des banques pour obtenir des prêts, une fois que Viktor Ianoukovitch –sa « poule aux oeufs d’or », selon les procureurs– a fui l’Ukraine en 2014.

M. Manafort rejette toutes ces accusations. Il risque de passer le restant de ses jours en prison.

Soulignant sa formation d’avocat, M. Andres a affirmé que « M. Manafort connaissait la loi mais l’a quand même violée ».

Etats-Unis: les avocats de Manafort arrivent au tribunal / © AFP / Katie Schubauer

– « Pas suffisant » –

« Nous estimons que le gouvernement n’a pas établi la charge de la preuve » au-delà du doute raisonnable, a rétorqué l’un des avocats de M. Manafort, Richard Westling. Puis, face aux jurés, il a ajouté: « Ce n’est pas suffisant de penser que quelqu’un est probablement coupable ».

Pendant le procès, la défense n’a appelé personne à la barre, alors que les procureurs ont fait défiler plus de vingt témoins.

Selon Jacob Frenkel, ex-procureur fédéral américain et associé du cabinet juridique Dickinson Wright, « ses avocats et (Paul Manafort) ont estimé qu’ils avaient laissé assez de place au doute » dans l’esprit des jurés lors des contre-interrogatoires.

Notamment lors de celui de Richard Gates, ancien associé qui a reconnu s’être entendu avec Paul Manafort pour frauder le fisc américain et lui avoir volé des centaines de milliers de dollars.

Richard Gates, 46 ans, coopère avec Robert Mueller depuis qu’il a accepté de plaider coupable en février.

« Si le jury décide que Rick Gates est responsable ou si le doute s’est installé dans l’esprit d’un seul juré, cela suffira pour qu’il ne condamne pas M. Manafort », avance Jacob Frenkel.

Comme à l’ouverture du procès, la défense s’est donc attachée mercredi à démolir la crédibilité de ce témoin, évoquant son besoin d’argent à cause d’une liaison secrète et lui rejetant la responsabilité des fraudes.

« Paul Manafort lui faisait confiance », s’est désolé Kevin Downing.

Le procureur Andres a défendu de nouveau farouchement la crédibilité de son témoin.

« La défense vous demande d’ignorer votre propre bon sens”, a-t-il lancé aux jurés. « Toutes les preuves montrent que M. Manafort est coupable ».

Romandie.com avec(©AFP / (16 août 2018 01h26)

États-Unis/Enquête: l’ex-chef de campagne de Donald Trump devant la justice

juillet 31, 2018

Paul Manafort, ex-chef de campagne de Donald Trump, à Washington le 15 juin 2018 / © AFP/Archives / MANDEL NGAN

Accusé de fraude fiscale et de blanchiment, l’ex-chef de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, comparaît mardi devant un juge en ouverture du premier procès découlant de l’explosive enquête russe, cible des foudres du président américain qui dénonce sans relâche une « chasse aux sorcières ».

Traits creusés, tempes blanchies: signe de sa chute brutale en disgrâce, l’ancien influent lobbyiste montrait en juillet un visage radicalement différent de la silhouette tirée à quatre épingles, mèche soigneusement coiffée sur le côté, qu’il présentait depuis des années à Washington.

Ancien collaborateur des républicains Ronald Reagan et Bob Dole, ex-représentant de sulfureux dirigeants étrangers, il a pris la tête de la campagne de Donald Trump entre mai et août 2016.

Mais si c’est le procureur spécial Robert Mueller, chargé d’enquêter sur les soupçons d’ingérence russe dans la présidentielle américaine, qui l’a mené sur le banc des accusés, la question cruciale d’une possible collusion entre des membres de la campagne Trump et Moscou ne devrait pas être abordée pendant ce procès.

Il porte en effet sur des faits antérieurs au passage de Paul Manafort à la tête de l’équipe Trump.

– Tenu loin de Trump –

A 69 ans, Paul Manafort est accusé de blanchiment ainsi que de fraudes fiscale et bancaire liés à ses activités de lobbyiste pour l’ex-président ukrainien Viktor Ianoukovitch, soutenu par Moscou, et deux partis pro-Ianoukovitch, jusqu’en 2015. Des faits mis à jour par Robert Mueller à la faveur de son enquête russe.

Paul Manafort rejette toutes ces accusations.

Son procès doit démarrer avec la sélection des douze jurés à 10H00 (14H00 GMT) mardi à Alexandria, près de Washington et devrait durer trois semaines.

Mardi matin, une poignée de manifestants anti-Trump étaient réunis devant le tribunal. « Trump ne passerait pas une seconde en prison pour toi », disait l’un des panneaux brandis.

Alors que l’ire du président va crescendo contre les investigations de Robert Mueller, ce procès ultra-attendu embarrasse la Maison Blanche.

Paul Manafort « n’a aucune information incriminant le président », a martelé lundi l’avocat de Donald Trump, Rudy Giuliani, sur CNN. Puis d’ajouter, en soulignant la courte durée de son passage à la tête de la campagne: « C’est juste… quatre mois, ils ne vont pas se mettre à comploter sur les Russes ».

– Espoir d’une grâce ? –

L’ex-chef de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, sur une photo fournie par la police d’Alexandria le 12 juillet 2018 / © ALEXANDRIA SHERIFF’S OFFICE/AFP/Archives / HO

Les procureurs devraient appeler à la barre plus de trente témoins, dont son ancien associé Richard Gates qui coopère avec Robert Mueller depuis qu’il a accepté de plaider coupable en février.

Parmi la trentaine d’individus déjà visés par le procureur spécial, dont une majorité de Russes, Paul Manafort est le seul Américain à avoir refusé de passer un accord avec la justice pour éviter un procès.

« Manafort est resté loyal » à Donald Trump, souligne Jonathan Turley, professeur de droit à l’université George Washington.

Il estime peut-être que ce procès lui permet de préserver « ses chances d’obtenir une grâce » présidentielle, explique-t-il à l’AFP. En attendant cette perspective encore improbable, l’ancien lobbyiste fait face à un procès « extrêmement difficile », poursuit-il.

« Manafort, avec l’aide de Gates, a blanchi plus de 30 millions de dollars de revenus », écrivait Robert Mueller dans son acte d’accusation en février. Fraudant le fisc, le lobbyiste « a dépensé des millions de dollars dans des biens et services de luxe pour lui et sa famille ».

Même si seulement l’un des chefs était retenu, Paul Manafort pourrait être envoyé en prison « pendant jusqu’à une décennie », selon Jonathan Turley.

Face à un jury qui ne risque pas d’être attendri par le récit de ses dépenses exorbitantes, l’accusation « apportera le coup de grâce » avec le témoignage à charge de Richard Gates, prévoit le professeur.

– « Conflits d’intérêt »-

Paul Manafort doit faire face à un second procès en septembre, à Washington, toujours dans le cadre de l’enquête Mueller qui l’accuse cette fois, notamment, de blanchiment d’argent et de ne pas avoir déclaré ses services de lobbyiste en faveur d’un gouvernement étranger.

Il avait été écroué en juin pour tentative de subornation de témoin. A l’époque, Donald Trump avait dénoncé une « peine sévère ».

Mardi matin, le président américain a une nouvelle fois affirmé sur Twitter qu’il n’y avait pas eu de collusion et que de toute façon ce n’était pas un crime. Une ligne de défense utilisée la veille par Rudy Giuliani.

Romandie.com avec(©AFP / 31 juillet 2018 15h21)

RDC: renvoi du procès Katumbi au 10 octobre

juin 27, 2018

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Kabila contre Katumbi

 

Kinshasa – Le procès de l’opposant congolais en exil Moïse Katumbi pour recrutement présumé de mercenaires a été renvoyé au 10 octobre, a indiqué mercredi à Kinshasa la Cour suprême de justice de la République démocratique du Congo.

« La cour estime qu’elle n’est pas saisie à cette date », a déclaré le juge-président Tuka Ika à l’ouverture de ce procès, qualifié de « politique » par les 200 à 300 partisans de M. Katumbi réunis à l’extérieur du tribunal.

L’ex-gouverneur du Katanga et riche homme d’affaires est candidat déclaré à la présidentielle du 23 décembre supposée organiser le départ du président Joseph Kabila.

En exil de fait à Bruxelles depuis mi-2016, M. Katumbi affirme qu’il va venir déposer sa candidature entre le 24 juillet et le 8 août.

Les autorités répètent qu’il doit toujours répondre de sa condamnation à trois ans de prison dans une autre affaire dont il conteste tout fondement.

Dans cette affaire de recrutement de mercenaires, M. Katumbi est poursuivi pour « atteinte à la sûreté intérieure de l’État » avec six co-accusés dont un Américain.

« L’exploit (la citation à comparaître) est irrégulier à l’égard de monsieur Moïse Katumbi », a argumenté le juge-président pour justifier le renvoi au 10 octobre.

« Rien n’empêche Moïse Katumbi de déposer dans le délai sa candidature à la présidentielle », veut croire Delly Sesanga, secrétaire général de la plate-forme électorale Ensemble lancé en mars par M. Katumbi depuis l’Afrique du Sud.

Les avocats ont contesté son renvoi devant une juridiction dont les jugements sont sans appel. « Nous avons compris que ce sont des manoeuvres. Ils savent que la Cour suprême de justice juge en premier et en dernier ressort, justement pour accélérer la procédure de sa condamnation afin que son casier judiciaire soit entaché », selon l’un d’eux, Me Papy Mbaki.

« A cause de la précipitation pour empêcher Moïse Katumbi de se présenter à la présidentielle, des irrégularités criantes ont été enregistrées dans la procédure », selon Me Joseph Mukendi, du collectif d’avocats de la défense qui a « félicité » la Cour pour sa décision de renvoi.

Dans le Haut-Katanga, région d’origine de M. Katumbi, ses partisans ont affirmé qu’ils avaient été empêchés de se réunir mercredi matin à Kasumbalesa à la frontière zambienne.

« La police a brûlé des portraits de Moïse et saisi des polos portant la marque du parti », a déclaré à l’AFP un porte-parole d’Ensemble.

« Le meeting a été interdit par les autorités de Kasumbalesa », a expliqué le commandant de la police du Haut-Katanga Paulin Kyungu Banza.

Un proche de M. Katumbi et figure historique du Congo, Gabriel Kyungu wa Kumwanza, affirme avoir été contraint de rebrousser chemin.

Romandie.com avec(©AFP / 27 juin 2018 16h10)