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Agroalimentaire : le Togo à l’assaut du défi de la transformation

octobre 14, 2021

REPORTAGE. Ces dernières années, producteurs et politiques cherchent les voies et moyens d’engager une transformation locale des matières premières. Illustration.

A travers quelques produits agricoles cles comme le cacao, le soja ou le coton, le Togo veut impulser de nouveaux schemas pour faire de la transformation locale une realite.
À travers quelques produits agricoles clés comme le cacao, le soja ou le coton, le Togo veut impulser de nouveaux schémas pour faire de la transformation locale une réalité.© GODONG/DELOCHE / BSIP via AFP

Au Togo, comme dans la plupart des pays d’Afrique, l’agriculture occupe une très large portion des actifs et contribue énormément à l’économie, dont elle est d’ailleurs le moteur, avec pas moins de 40 % du produit intérieur brut (PIB). Mais la transformation in situ des matières premières pour avoir une plus-value en est le talon d’Achille. Aujourd’hui encore, c’est l’exportation sous forme brute vers l’Occident qui prime. Résultat : malgré l’abondance des ressources, le continent continue à importer chaque année des milliards de dollars d’aliments transformés et de produits raffinés. Les produits agricoles qui illustrent assez bien ce schéma sont la noix de cajou, le café et le cacao. Alors que le continent africain concentre 70 % de la production mondiale de fèves de cacao et que la transformation du chocolat est à l’origine de 100 milliards de dollars à travers le monde, selon l’International Cocoa Organization, seuls 6 % de cette somme reviennent aux pays exportateurs de la matière brute, comme la Côte d’Ivoire et le Ghana.

Le soja comme vitrine

Depuis quelques années, il y a une véritable prise de conscience sur le besoin de développer les infrastructures de transformation sur place. Ananas, mangues, papayes, soja, légumes frais, café, cacao. Choco Togo, d’Éric Agbokou, spécialisée dans la transformation du cacao – en plus de la production locale, elle importe le bio du Ghana et de la Côte d’Ivoire, des plus grands pays producteurs d’Afrique et du monde – en chocolat, fait partie des têtes de pont. Ses chiffres d’affaires montant crescendo depuis 2013, la diversité des pays d’exportation du chocolat de Choco Togo, les prix glanés un peu partout pour sa qualité sont assez parlants. L’ambition d’Éric Agbokou est de s’approprier le marché ouest-africain et de passer le cap des 10 000 tonnes annuelles de production.

Kanyi Group, de Kanyi Koffi Anoumou, est aussi une référence dans le secteur dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, notamment pour la transformation des fruits séchés, aux côtés d’Ecocert. Agrokom, de Daniel Komlan ,fait dans la trituration du soja, tout comme Mama Soja.

Le Togo rêve de devenir un champion du soja bio dans le monde (image d’illustration).© WIKUS DE WET / AFP

Concrètement, le soja « made in Togo » est le porte-étendard de cette nouvelle stratégie. La filière est très porteuse, de la production à la transformation de la graine jusqu’à sa commercialisation. Le petit pays en a produit jusqu’à 176 000 tonnes à l’été 2021, contre 40 000 tonnes en 2018. Le soja constitue une matière première de choix pour une multitude d’industries sur le marché mondial des huiles et des protéines végétales. Il représente plus de 50 % en masse de la production mondiale d’oléagineux. Le Togo ne veut plus se contenter d’exporter. Il veut transformer localement et exploiter son immense potentiel pour en faire de l’huile, bien sûr, mais aussi de la farine, des savons et même du fromage.

Les politiques en place et les chiffres

Cet essor du secteur de la transformation in situ des produits agricoles bio tient en partie au cadre institutionnel et politique tracé par l’État togolais. En effet, bien des structures ont été créées dans la perspective de la promotion agricole de façon générale. Projet de transformation agroalimentaire du Togo (PTA-Togo) dans le cadre du plan stratégique de développement des agropoles au Togo (2017-2030) et de l’initiative Nourrir l’Afrique (2016-2025), visant à accroître de 19 à 40 % la part des produits agricoles transformés sur place, Programme national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire (PNIASA) et ses dérivés, mécanisme incitatif de financement agricole (MIFA), etc. De nombreux programmes, projets ou mécanismes ont permis de faire un grand pas vers la transformation des produits agricoles sur place. Manifestation ultime ces derniers temps de cette volonté politique, la mise en place de la plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) et la promotion du volet transformation des produits.

Le secteur a par ailleurs bénéficié des appuis des partenaires en développement aussi. « Si nous appuyons les acteurs de la transformation, alors cela va agir sur toute la chaîne de valeur. Donc nous appuyons les transformateurs dans la démarche qualité, mais également pour obtenir les équipements nécessaires pour pouvoir répondre aux besoins du marché », a déclaré Isaac Nyuito, chargé de programme à la délégation de l’Union européenne au Togo.

Avant Choco Togo, la quasi-intégralité des fèves togolaises était exportée.© Choco Togo

L’un des pays européens actifs dans l’appui aux transformateurs des produits bio est sans doute l’Allemagne, qui, avec des programmes, projets et autres appuis aussi bien financiers que matériels, logistiques et techniques, aura contribué à booster cette activité au Togo, avec son bras armé, la GIZ.

En l’espace de quelques années, le Togo est parvenu à rattraper son retard et à occuper le rang de second exportateur africain de produits bio à destination des pays de l’Union européenne, derrière l’Égypte, selon des données statistiques rendues publiques en juin 2020. Passant de 22 000 tonnes à près de 45 000 tonnes, soit une hausse de 102 % enregistrée, le pays avait plus que doublé ses exportations de produits biologiques vers cet espace entre 2018 et 2019. Ce chiffre faisait du Togo le 14exportateur mondial (contre la 31place pour 2018), et de nouveau le premier plus gros exportateur de la Cedeao vers l’UE dans le domaine.

Outil de création d’emplois et de valeur ajoutée

Certains acteurs l’ont compris depuis bien longtemps, la transformation locale des produits agricoles apporte une plus-value énorme aussi bien aux producteurs qu’au pays puisqu’elle permet la création d’emplois de meilleure qualité. « Si nous devons développer l’Afrique, ça ne peut qu’être par la voie de l’entrepreneuriat. Et nous n’allons pas produire sans transformer. La transformation sur place apporte une grande valeur ajoutée. Aller travailler dans une fonction publique, ce n’est pas mal, mais ça ne vous permet pas spécifiquement de contribuer au développement de votre pays », estime Kanyi Koffi Anoumou.

« J’étais dans la transformation des épices et farine et j’employais 2 personnes, mais, depuis que je me suis tourné vers les fruits séchés, ce nombre oscille désormais entre 10 et 14 en fonction de la production », explique Solim Kpemissi, la directrice générale de Futur of Africa SAS.

Défis et perspectives

Les défis ne maquent pas, cependant : entre la disponibilité des matières premières, les équipements pour ce faire, l’absence de débouchés locaux pour consommer ces produits, entre autres. Mais les acteurs du secteur, grâce à leurs diverses approches, tentent de surmonter de plus en plus ces écueils. « Les défis sont énormes : défis en termes de production, défis en termes de disposition de machines, défis en termes de personnel, de formation adéquate pour le personnel en matière de transformation », liste Kanyi Koffi Anoumou. « Mais nous arrivons à apporter des solutions, souligne-t-il. Je ne dirai pas que j’ai cherché une matière première pendant une ou deux semaines sans trouver. Parce qu’au fur et à mesure qu’on avance nous essayons de former nos coopératives à produire beaucoup plus en quantité pour que nous ne manquions de rien. »

Des produits transformés et commercialisés directement sur place trouvent leur place sur les étals des marchés et des principaux commerces du Togo.© DR

L’autre défi de grande portée à relever, c’est la consommation locale des produits bio. « Le marché d’écoulement, au début, c’était extrêmement difficile. Mais maintenant, je dirais que ça va mieux, pas totalement à 100 %. Avec le temps, on espère vivement que ça changera. (…) Il y a la concurrence qui est un peu rude, ce qui fait que parfois les productions locales deviennent plus chères que les produits importés. Nous sommes en train de régler ce côté-là pour que nos produits soient accessibles à tout le monde », ajoute le patron de Kanyi Group.

Amana Azotou, à la tête d’Ecocert abonde : « Honnêtement, certains produits transformés localement ont plus de valeur ajoutée à l’exportation que sur le marché local, si l’on pense créer plus de richesse pour l’entreprise et participer au développement de son pays », insiste-t-il. Pour lui, le marché togolais est trop petit. « C’est vrai qu’il faut travailler pour faire connaître localement ses produits car cela vous permet de nouer des contacts avec des partenaires qui peuvent porter votre projet et vous aider à vous faire connaître sur le marché international. L’exportation se prépare et c’est un travail de longue haleine », dit-il.

Comme pour témoigner de la place du bio et encourager sa production au Togo, il a été institué un marché idoine, l’Espace Viva. « On a identifié les producteurs qui font de l’agroécologie, utilisent des techniques comme la permaculture. On leur rend visite avant de les sélectionner pour qu’ils participent au marché des paysans. On les connaît donc très bien, ce sont des personnes engagées depuis très longtemps », a déclaré Aimée Abra Tenou, sa fondatrice.

Avec Le Point par notre correspondant à Lomé, Kouevi Nyidiiku

Vaccin : l’OMS impatiente d’analyser les essais cliniques russes

août 12, 2020

C'est à l'intérieur de ce bâtiment que l'on produit le Spoutnik V, le vaccin russe annoncé par Vladimir Poutine.

C’est à l’intérieur de ce bâtiment que l’on produit le Spoutnik V, le vaccin russe annoncé par Vladimir Poutine. ALEXANDER NEMENOV / AFP

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré mercredi 12 août attendre avec impatience de pouvoir analyser les résultats des essais cliniques du vaccin contre le nouveau coronavirus dont le président Vladimir Poutine a annoncé la veille la mise au point en Russie.

La phase finale des tests sur ce produit, auxquels plus de 2.000 personnes au total participeront, devait commencer mercredi, avait alors déclaré le président russe. «L’OMS est en contact avec les scientifiques et les autorités russes et attend avec impatience d’étudier les détails des essais» cliniques, peut-on lire dans le communiqué diffusé à Genève, où cette organisation a son siège.

«Accélérer la recherche pour (l’obtention d’) un vaccin devrait être fait en suivant des processus établis à chaque étape de la mise au point, pour s’assurer que tout vaccin qui va finalement être produit est à la fois sûr et efficace», poursuit l’OMS, exhortant à «un accès rapide, juste et équitable dans le monde entier à un tel vaccin».

L’Organisation mondiale de la Santé avait prudemment réagi mardi à l’annonce de Vladimir Poutine, rappelant que la «pré-qualification» et l’homologation d’un vaccin passaient par des procédures «rigoureuses». Jusqu’ici, la Russie n’a pas rendu publiques d’études détaillées des résultats de ses essais permettant d’établir l’efficacité des produits qu’elle dit avoir créés.

Par Le Figaro avec AFP

Coronavirus : la Russie espère une production industrielle d’un vaccin dès septembre

juillet 29, 2020

 

En cas de certification, Moscou espère produire 200 millions de doses de vaccin contre le covid-19.

La Russie espère entamer la production industrielle de deux vaccins contre le coronavirus respectivement en septembre et en octobre, a annoncé mercredi 29 juillet la vice-Première ministre russe, Tatiana Golikova. Deux vaccins conçus par des chercheurs russes «sont aujourd’hui les plus prometteurs», a déclaré Mme Golikova, au cours d’une réunion par visioconférence avec le président Vladimir Poutine, consacrée à la pandémie de Covid-19.

Le premier est mis au point par le ministère russe de la Défense et le Centre de recherches en épidémiologie et microbiologie Nikolaï Gamaleïa. Il est déjà testé sur des humains, selon Tatiana Golikova. «Le lancement de sa production industrielle est envisagé pour septembre 2020», après une certification et des essais cliniques supplémentaires sur 1.600 personnes, a-t-elle précisé.

Le deuxième vaccin est conçu au Centre de recherches sibérien Vektor et fait également l’objet d’essais cliniques qui doivent être achevés en septembre, avant une certification le même mois, selon Mme Golikova. De premières doses pourraient en être produites «en octobre 2020», a-t-elle ajouté.

200 millions de doses

Pour sa part, M. Poutine a soutenu qu’il y avait actuellement «beaucoup plus» de vaccins russes en cours de mise au point, mais a souligné que la certitude de leur efficacité devait être «absolue» avant de procéder aux vaccinations.

La Russie, au quatrième rang mondial pour le nombre des contaminations après les États-Unis, le Brésil et l’Inde, a proclamé dès avril sa volonté d’être parmi les premiers pays, voire le tout premier, à créer un vaccin contre le virus.

Avant la fin de l’année, la Russie espère produire avec ses partenaires 200 millions de doses d’un vaccin contre le coronavirus, si les essais cliniques sont réussis, a assuré la semaine dernière Kirill Dmitriev, le président du Fonds souverain russe qui finance la mise au point du vaccin au Centre Nikolaï Gamaleïa. À ce jour, ce pays a officiellement recensé 828.990 cas de coronavirus, dont 13.673 décès.

Par Le Figaro avec AFP

Congo/Bouenza : Le Pam et le Canada lancent la production de Mbala Pinda

juin 19, 2020

 

Le représentant du Pam au Congo, M. Jean-Martin Bauer, et l’ambassadeur du Canada au Congo, M. Nicolas Simard, ont lancé le 16 juin à Madingou, dans le département de la Bouenza, un groupement de femmes expertes dans la fabrication de mbala pinda, dans le cadre du démarrage d’un nouveau projet pour répondre aux conséquences socio-économiques de la crise sanitaire de la Covid-19, indique un communiqué de presse du Pam parvenu à l’Agence congolaise de l’information (Aci).

Selon le communiqué, le projet, dont le but est d’accompagner 16 groupements de femmes de Loudima et de Madingou pendant 10 mois et de leur distribuer des équipements de transformation du manioc, grâce au financement du Canada, va renforcer la capacité de production des groupements féminins qui fabriquent le mbala pinda, un encas nutritifs local à base de manioc et de l’arachide.

Le programme prévoit une répercussion de ses activités sur plus de 8.000 bénéficiaires locaux. Parmi eux, 3.000 élèves de l’école primaire, bénéficiant de cantines scolaires, recevront ces encas nutritifs pour compléter leur repas. Une partie de la production du mbala pinda produit par ces groupements de femmes sera également achetée et distribuée par le Pam pour soutenir l’état de santé nutritionnelle des personnes vulnérables dans les centres de santé, telles que les femmes enceintes et allaitantes et les jeunes enfants, souligne le communiqué.

Intégré au plan de riposte du ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche pour la relance de l’activité agricole post-confinement, ce projet sera mis en œuvre par le Pam, avec l’appui des autorités locales. Il va soulager les impacts de la crise sanitaire sur l’économie, la nutrition et la santé des populations en soutenant l’autonomisation du système alimentaire local. La crise sanitaire de la Covid-19 a déjà eu d’importants impacts sur les producteurs,  notamment les productrices agricoles de la zone, qui représentent 60% des actifs agricoles locaux.
Madi

Le représentant du Pam lors du lancement de cette production

A cette occasion, M. Bauer, qui s’est dit heureux de pouvoir compter sur le gouvernement canadien dans ce projet, a rappelé que son institution travaille depuis 2019 avec de nombreux partenaires pour soutenir la chaîne de valeur du manioc au Congo.

De son côté, M. Simard a fait savoir que pour son pays, l’urgence sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19 doit être traitée en même temps que l’urgence alimentaire qu’elle provoque. «C’est ce que nous faisons en appuyant les autorités congolaises dans les domaines de la santé et de la sécurité alimentaire» a-t-il dit.

Par Sacer-infos par Stany Franck et (Marlyce Tchibinda Batchi avec ACI/)

 

Coronavirus : du gel hydro alcoolique « made in Gabon » pour lutter contre la pandémie

mars 20, 2020

Noureddin Bongo-Valentin (au centre) inspecte une usine de produits pharmaceutiques, le 18 mars.

Noureddin Bongo-Valentin (au centre) inspecte une usine de produits pharmaceutiques, le 18 mars. © Twitter/NBV

 

Avec trois cas de coronavirus avérés à la date du 19 mars, le Gabon se prépare à une aggravation de la pandémie sur son territoire. Il va désormais produire son propre gel hydroalcoolique, afin de limiter sa dépendance à l’importation du produit.

Masque sur le visage, charlotte blanche, combinaison de protection enfilée au dessus du costume. Noureddin Bongo Valentin avait revêtu l’habit de circonstance en ce 18 mars. Alors que son père, le chef de l’État Ali Bongo Ondimba, s’apprêtait à prendre la parole quelques heures plus tard à la télévision gabonaise, le coordonnateur général des affaires présidentielles a annoncé que le Gabon allait produire son propre gel hydroalcoolique.

C’est l’usine « La Santé Pharmaceutique », où Noureddin Bongo-Valentin était en visite, qui lui permettra de le faire. Créée en août 2019 et implantée dans la zone de Nkok, à une vingtaine de kilomètres de Libreville, celle-ci avait jusqu’ici pour mission de produire jusqu’à un million de comprimés par jour pour réduire la dépendance du Gabon à l’égard des médicaments importés de l’étranger et du marché noir.

20 000 bouteilles toutes les huit heures

L’usine, construite grâce des capitaux indiens et dirigée par le directeur général Rajeev Lila « va adapter sa chaîne de production pour produire du gel hydroalcoolique et éviter qu’il y ait une pénurie sur le territoire », explique une source à la présidence gabonaise. Le Gabon ne produisait jusqu’ici aucun gel hydroalcoolique. « La Santé Pharmaceutique » a prévu de produire 20 000 bouteilles toutes les huit heures.

Libreville n’a pas pour autant prévu de modifier son volume d’importation. Les vols commerciaux ont été stoppés en cette période de pandémie, mais le pays compte s’appuyer sur un trafic de vols cargo qui se maintient. « Une grosse livraison de matériel médical est d’ailleurs attendu le 20 mars à Libreville », a confié la présidence à Jeune Afrique.

Avec Jeuneafrique par Mathieu Olivier 

 

Le virus électronique Wannacry a bloqué la production du géant TSMC

août 6, 2018

TSMC est un fournisseur important du géant Apple / © AFP/Archives / SAM YEH

Le géant des puces électroniques TSMC, Taïwan Semiconductor Manufacturing, a affirmé lundi que le virus électronique qui avait bloqué sa production pendant deux jours était une variante du logiciel malveillant WannaCry qui a frappé les utilisateurs du monde entier.

L’année dernière WannaCry a affecté plus de 200.000 utilisateurs dans plus de 150 pays, en cryptant les fichiers des utilisateurs et exigeant des rançons à leurs propriétaires pour les récupérer.

TSMC, fournisseur important du géant Apple, a indiqué que certains de ses systèmes et équipements électroniques dans ses usines de Taïwan avaient été infectés le 3 août lors de l’installation de logiciels, ce qui devrait entraîner des retards de livraison et une baisse de 2% du chiffre d’affaires au troisième trimestre.

Cet événement intervient alors que Apple s’apprête à sortir de nouveaux modèles Iphone cette année.

TSMC a refusé de dévoiler les identités des clients touchés, mais il a souligné qu’aucune information confidentielle n’avait été dévoilée.

Le directeur général de TSMC Wei a indiqué lundi aux journalistes et analystes que le virus avait été éradiqué et que toute la production était de nouveau normale.

M. Wei a écarté l’hypothèse d’un piratage informatique, et assuré que l’incident résultait d’une erreur des employés de l’entreprise.

« C’est purement une négligence de notre part, c’est pourquoi je ne pense pas que ce soit un piratage », a-t-il dit.

Il a ajouté que TSMC allait développer une procédure d’anti-virus plus automatisée.

L’entreprise a déclaré être en contact étroit avec ses clients pour minimiser l’impact de cet incident, et qu’elle maintenait ses prévisions de croissance de sa production pour cette année.

Romandie.com avec(©AFP / (06 août 2018 19h05)

Pétrole: l’Arabie saoudite confirme être prête à augmenter sa production

juillet 3, 2018

Ryad (awp/afp) – L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, a confirmé mardi être prête à utiliser sa capacité de production disponible, estimée à 2 millions de barils par jour, pour augmenter l’extraction de brut dans le but d’équilibrer le marché.

« L’Arabie saoudite est prête à utiliser, au besoin, sa capacité de production pour faire face à l’avenir à toute fluctuation du marché », a indiqué dans un communiqué le Conseil des ministres, à l’issue de sa réunion ordinaire présidée par le roi Salmane. Cette annonce confirme les récents propos en ce sens du président américain Donald Trump et de la Maison blanche.

L’Arabie saoudite s’est dite disposée, selon le communiqué, à travailler à la stabilité du marché « en coordination avec les autres pays producteurs ».

Selon le communiqué, le conseil des ministres a pris connaissance, au cours de sa réunion, de la teneur de la conversation téléphonique du roi Salmane avec le président Trump à ce sujet.

Samedi matin, le président américain avait affirmé dans un tweet que l’Arabie saoudite pourrait augmenter sa production de « peut-être 2.000.000 de barils » par jour.

La Maison Blanche et le royaume se sont efforcés de modérer le message en affirmant que ces deux millions de barils étaient les ressources disponibles qui seraient utilisées « si et quand il sera nécessaire afin d’assurer l’équilibre et la stabilité du marché ».

« Le président pousse l’Arabie saoudite à compenser les baisses de l’offre qui vont peser sur le marché quand les sanctions américaines contre l’Iran vont être appliquées, à partir du 4 novembre », ont expliqué les analystes de RaboBank.

Le département d’État américain avait enjoint mardi tous les pays, y compris la Chine et l’Inde, gros clients de Téhéran, de cesser leurs importations de pétrole iranien d’ici au 4 novembre sous peine de s’exposer aux sanctions américaines rétablies du fait de la décision prise en mai par Washington de sortir de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015.

L’Iran a assuré dimanche qu’il mettrait en « échec » le projet américain visant à l’empêcher de vendre son pétrole à l’étranger, et a mis en garde l’Arabie saoudite contre toute volonté de se substituer à lui sur le marché mondial.

« Nous allons assurément faire quelque chose pour mettre en échec ce slogan des États-Unis selon lequel le pétrole de l’Iran doit être endigué », a dit le premier vice-président iranien, Eshagh Jahangiri, dans un discours retransmis par la télévision d’État.

Romandie.com avec(AWP / 03.07.2018 15h03)                                                        

Le pétrole américain dépasse 75 dollars, inquiétude sur l’offre mondiale

juillet 3, 2018

Londres (awp/afp) – Les cours du pétrole poursuivaient leur ascension mardi en cours d’échanges européens, poussant le WTI américain au dessus de 75 dollars le baril pour la première fois depuis plus de trois ans alors que le marché s’inquiète de perturbations de l’offre mondiale.

Vers 14H00 GMT (16H00 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre valait 75,50 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 1,20 dollar par rapport à la clôture de lundi.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour le contrat d’août prenait 1,07 dollar à 75,01 dollars une heure après son ouverture après avoir touché 75,27 dollars, à son plus haut depuis novembre 2014 quelques instants auparavant.

Lundi, les prix avaient reculé alors que les marchés digéraient un échange entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, le premier consommateur mondial demandant au premier exportateur d’augmenter sa production, de 2 millions de barils par jour, selon un chiffre évoqué par le président Donald Trump.

« Il ne faut pas oublier que l’Arabie saoudite n’a pas promis de déployer la totalité de ses 2 millions de barils quotidiens, et que même s’ils le voulaient il leur faudrait plusieurs mois pour produire à ce rythme », a souligné Tamas Varga, analyste chez PVM.

Après la dernière réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), l’Arabie saoudite avait évoqué une hausse de la production de un million de barils par jour pour l’Organisation et ses partenaires, dont la Russie.

Selon un communiqué du ministère russe de l’Energie publié mardi, le ministre Alexandre Novak et son homologue saoudien Khaled al-Faleh se sont entretenus au téléphone et ont réaffirmé un objectif d’un million de barils par jour de hausse.

Le marché s’inquiète d’un possible manque d’offre alors que la majorité des exportations libyennes sont interrompues et que les Etats-Unis ont durci le ton sur les sanctions qui pourraient être imposées aux importateurs de pétrole iranien à partir de novembre.

« Ces risques viennent s’ajouter à une industrie vénézuélienne en baisse constante tandis que des problèmes d’infrastructures empêchent le pétrole du sud des Etats-Unis et du Canada d’atteindre le marché international », ont noté les analystes de Morgan Stanley, qui préviennent que le marché « épuise ses capacités de production sans augmenter son niveau réel d’extraction ».

Dans ce contexte, les marchés attendront les données hebdomadaires sur les réserves des Etats-Unis. Les chiffres gouvernementaux seront publiés jeudi par l’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA), tandis que la fédération professionnelle de l’American petroleum institute partagera ses données indépendantes mardi soir.

Romandie.com avec (AWP / 03.07.2018 16h10)                                                        

Bulgarie: des roses à profusion mais les producteurs broient du noir

mai 21, 2018

Des producteurs de roses bulgares bloquent une route près de la ville de Kazanlak, le 19 mai 2018 / © AFP / Ivan YANEV

Les distilleries bulgares croulent sous les pétales de rose en raison d’une récolte particulièrement abondante cette année, au grand dam des producteurs locaux qui voient les prix s’effondrer alors que le pays compte parmi les principaux fournisseurs mondiaux.

Des producteurs de la « Vallée des Roses », située au pied du versant sud de la chaîne des Balkans (centre), ont même manifesté samedi, déversant des pétales sur la chaussée et reprochant aux distilleries de s’entendre pour racheter leur production à un prix misérable.

Le kilo de pétales de rose est acheté cette année à 1,3 leva contre 4 à 6 leva (2 à 3 euros) les années précédentes, a déclaré lundi le ministre de l’agriculture Roumen Porojanov.

Avec une production annuelle d’environ 1.500 kilos d’essence de rose, la Bulgarie est l’un des grands producteurs mondiaux d’essence de rose, ou huile essentielle, avec la Turquie, l’Iran et le Maroc. Pas moins de 3.500 kilos de pétales sont nécessaires pour extraire 1 kilo d’huile, vendu environ 6.000 euros.

Selon le ministre de l’Agriculture, la Bulgarie récoltera 16.000 tonnes de pétales cette saison, soit 25% de plus qu’en 2017 en raison d’une augmentation de 22% des surfaces cultivées et de conditions climatiques favorables.

« Cette quantité dépasse la capacité des distilleries dont certaines n’ont pas ouvert, étant saturées depuis l’année dernière », a expliqué M. Porojanov à la télévision publique BNT.

La rose bulgare, essentiellement de type Damascena et prisée des grands parfumeurs mondiaux, est cultivée dans la région de Kazanlak, surnommée la Vallée des Roses.

Le ministère de l’Agriculture s’est engagé à subventionner le rachat de la production et à proposer une « loi sur la rose » pour défendre la marque bulgare. Certains exportateurs mélangent actuellement de l’essence bulgare avec de l’essence importée de Turquie ou d’Iran, ce qui « compromet » la marque bulgare, selon le ministre.

Romandie.com avec (©AFP / 21 mai 2018 14h10)                

Fermiers zimbabwéens expatriés au Nigeria: les derniers vétérans produisent coûte que coûte

août 27, 2017

Des employés de Valentine Chicken Hatchery trient des poussins le 12 juillet 2017 au Nigeria. © AFP/STEFAN HEUNIS

L’agriculture au Nigeria n’est pas pour les coeurs sensibles: l’électricité par intermittence oblige les générateurs à fonctionner la moitié du temps seulement, les nids de poule rendent le transport lent et coûteux, les fertilisants contrefaits ont dévasté les récoltes. Et pourtant, Piet du Toit, est resté.

« Vous voulez un peu de thé? », demande ce fermier zimbabwéen à l’air bourru, en ouvrant la porte de son jardin luxuriant dans l’état de Kwara, dans l’ouest du Nigeria.

Il y a 14 ans, après que le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, eut saisi les fermes tenues par des Blancs dans le cadre d’un programme de réforme agraire, M. du Toit s’est retrouvé sans ferme et sans avenir, expulsé de ses terres sans indemnisation.

Alors il a accepté l’offre du gouvernement local de l’Etat du Kwara au Nigeria voisin, qui souhaitait développer son agriculture et profiter des compétences des fermiers zimbabwéens, réputés notamment pour leur expérience commerciale.

Piet du Toit est parti s’installer au Nigeria pour reconstruire sa vie. « En ce qui concerne l’agriculture, il y a beaucoup de choses à faire ici », affirme cet expatrié de 64 ans, assis dans son patio à l’ombre des palmiers.

« Mais il y a beaucoup de chemin à parcourir et cela ne se fera pas du jour au lendemain. »

Il a créé une ferme de 1.000 hectares au beau milieu de la brousse vierge, à deux heures de route de la capitale de l’Etat, Ilorin.

Parmi les 13 agriculteurs zimbabwéens dépossédés de leur ferme au Zimbabwe et venus comme lui démarrer une nouvelle vie au Nigeria dans les fermes gouvernementales Shonga, seuls cinq vétérans sont encore là.

Comme dans une émission de télé-réalité, les conditions extrêmes -et les combats amers- ont eu raison de la grande majorité d’entre eux, qui ont jeté l’éponge.

Du Toit, qui cultivait du maïs et du soja, a dû se concentrer sur la volaille cette année lorsque le naira en chute libre a fait monter en flèche ses coûts de production.

Pourtant, il assure que son entreprise est en plein essor.

« C’est profitable », dit-il à propos de Valentine Chickens, en montrant ses 21 poulaillers avec fierté. « Assurément, de gros investissements arrivent dans le pays. »

Le réflexe d’importer

Le Nigeria traverse sa pire crise économique depuis 25 ans et essaie de s’affranchir d’importations coûteuses tout en diversifiant son économie pour ne plus avoir à dépendre du pétrole.

Le gouvernement du président Muhammadu Buhari présente l’agriculture comme le moteur qui permettra au Nigeria de s’en sortir. Mais la réalité est beaucoup plus complexe.

Les paysans peinent à accéder au crédit. Les prêts bancaires dans l’agriculture représentent 4% de la totalité des prêts accordés, contre 1% il y a trois ans, selon la firme bancaire d’investissement nigériane FBN Quest.

« Cela ne provoquera pas la croissance rapide de l’agro-industrie qui sous-tend les stratégies gouvernementales de substitution des importations et de diversification économique », expliquait-elle dans une récente note.

L’agriculture est dominée par le secteur informel et les petits paysans, sans véritables prix du marché ni exigences de qualité.

« Tant de maillons de la chaîne de valeur sont chaotiques dans l’agriculture », affirme Edward George, analyste à Ecobank.

La plupart de ce que le Nigeria produit va à la poubelle, faute d’avoir pu accéder au marché, selon lui.

La production alimentaire n’a pas su accompagner la croissance démographique nigériane, tandis que l’industrie pétrolière lucrative a permis aux importations de devenir un réflexe, atrophiant le secteur agricole.

« Il y a des Nigérians qui utilisent leurs portables pour importer des pizzas de Londres », s’est plaint récemment le ministre de l’agriculture Audu Ogbeh.

Poulet de contrebande

« Ne tirez pas! », demande Peter Crouch en sortant les bras en l’air d’une écloserie ultra-moderne, en simulant une arrestation.

L’ancien cultivateur de tabac a lui aussi parié gros sur ses poulets.

Il a ouvert l’écloserie en janvier avec son fils, David, dans l’optique de développer ses activités, de la production des aliments pour animaux à la distribution des poulets.

Au Nigeria, « tu dois contrôler toute la chaîne », dit-il.

Ce qui énerve vraiment M. Crouch, c’est la contrebande de poulets.

Un problème du Nigeria moderne, où le secteur informel représente un pan significatif de l’économie du mastodonte: théoriquement, l’importation de poulets est illégale, mais les volailles continuent d’arriver.

Les agriculteurs accusent le Brésil, premier fournisseur au monde, affirmant qu’il vend d’abord les meilleurs parties – la poitrine et les ailes – puis écoule les restes des carcasses à prix cassés au Nigeria.

« C’est un business sophistiqué », dit Peter Crouch en tirant une bouffée de cigarette Madison, une marque zimbabwéenne. Et « si on stoppait les importations illégales de poulet, nous ne pourrions même pas répondre » à la demande.

Alors que les fermiers zimbabwéens arrivent au crépuscule de leur carrière, la jeune génération s’apprête à reprendre la main dans les fermes Shonga.

Comfort Babajide supervise l’écloserie avec son mari.

« Le Nigeria se tourne vers l’agriculture », dit la jeune femme de 30 ans. Mais « certaines personnes croient encore davantage aux produits importés ou étrangers qu’aux produits locaux. »

« Cet endroit est un exemple, nous pouvons leur montrer que cela est possible ici au Nigeria. »

Jeuneafrique.com avec AFP