Posts Tagged ‘Produits’

Boycott des produits français : le Maghreb aussi ?

octobre 26, 2020
Les appels au boycott des produits français se sont multipliés à la suite du discours d'Emmanuel Macron du 21 octobre 2020.

Alors que les appels au boycott des produits français se multiplient dans le monde musulman à la suite du discours du président Emmanuel Macron, le mouvement ne prend que timidement au Maghreb.

Le mouvement est parti des pays du Golfe. De Koweït et du Qatar surtout, où le 23 octobre plusieurs enseignes de grande distribution ont retiré les produits alimentaires français — fromages, confitures, etc. — de leurs étals.

En cause : le discours du président français Emmanuel Macron promettant de ne pas renoncer aux caricatures du prophète Mohammed, lors de la cérémonie d’hommage à Samuel Paty le 21 octobre.

« Atteinte délibérée à l’islam et ses symboles »

L’Université du Qatar a également annoncé le report de la semaine culturelle française après « l’atteinte délibérée à l’islam et ses symboles ». L’Organisation de la coopération islamique a, elle, dénoncé « les propos de certains responsables français (…) susceptibles de nuire aux relations franco-musulmanes », quand Nayef Falah Mubarak Al-Hajraf, le secrétaire général koweïtien du Conseil de Coopération du Golfe, a pointé les « déclarations irresponsables » du président français sur « l’islam et les musulmans ».

Le ministère français des Affaires étrangères a, lui, a appelé les gouvernements des pays concernés à faire « cesser » les appels au boycott, lesquels « dénaturent les positions défendues par la France en faveur de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, de la liberté de religion et du refus de tout appel à la haine ». Sur les réseaux sociaux, le hashtag #Boycott_France_Products a ainsi beaucoup circulé ces trois derniers jours.

AU MAGHREB, LES AUTORITÉS ONT VERTEMENT RÉAGI AUX PROPOS DE MACRON, ET À LA REPUBLICATION DES CARICATURES DU PROPHÈTE

Au Maghreb, les autorités ont également vertement réagi aux propos d’Emmanuel Macron. Ou plus précisément à la republication des caricatures en question. Le ministère marocain des Affaires étrangères a publié un court communiqué le 25 octobre dans lequel il « condamne vigoureusement la poursuite de la publication des caricatures outrageuses à l’islam et au Prophète ».

Pour le ministère, ces caricatures « reflètent l’immaturité de leurs auteurs, et réaffirme que la liberté des uns s’arrête là où commencent la liberté et les croyances des autres ». Le chef du gouvernement Sâadeddine el-Othmani a lui aussi publié le communiqué sur son compte Twitter. Pour autant, rien à signaler pour l’instant du côté du boycott des produits français.

« Nos clients français sont en alerte, mais le mouvement est pour le moment limité au Moyen-Orient », explique Moncef Belkhayat, l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports qui se consacre maintenant exclusivement à ses affaires, notamment comme président du groupe de communication WB Africa.

Dans plusieurs filiales marocaines de marques françaises, la consigne est « de ne pas bouger pour le moment », nous explique une cadre, « vu que le mouvement n’a pas encore pris d’ampleur ici [au royaume]. Rien ne sert de s’affoler et de communiquer maladroitement. »

« Je suis Mohammed, je ne suis pas Charlie Hebdo »

Les appels au boycott, bien sûr, circulent sur les réseaux sociaux marocains. Les sympathisants du Comité commun de défense des détenus islamistes, groupe de tendance salafiste qui avait organisé des manifestations sous le slogan « Je suis Mohammed, Je ne suis pas Charlie Hebdo » en 2015, font par exemple tourner les appels.

Boycott des cosmétiques français, à Koweït City, le 25 octobre 2020.

Au Maroc, les appels au boycott des entreprises françaises résonnent avec les événements de 2018. Un mouvement de protestation contre la vie chère lancé sur les réseaux sociaux avait incité les consommateurs à viser des marques accusées de profiter de leur situation de leaders dans leur marché pour pratiquer des prix élevés. Parmi elles, Centrale Danone, une filiale marocaine du groupe français Danone. Cette année-là, le boycott avait coûté un point de croissance au français.

En Tunisie, à part la justification de l’assassinat de Samuel Paty faite par le député radical Rached Khiari, la position sur le séparatisme adoptée par le président français Emmanuel Macron n’ont eu que peu d’écho. Mais la gronde couvait : il a suffi qu’un autre élu conservateur, Yacine Ayari, allume la mèche en proposant un boycott du sommet de la Francophonie pour qu’une grande majorité de l’opinion lui emboîte le pas et crie haro sur la France.

EL KARAMA A COMMUNIQUÉ EN CONDAMNANT « FORTEMENT LE RACISME ENVERS LES ARABES ET LES MUSULMANS »

Dans un post Facebook, l’élu de la circonscription France Nord en 2019 fustige la France qu’il accuse de « ridiculiser et de mépriser nos croyances et d’imposer des restrictions sur les diverses cultures sur son sol pour des raisons politiques et électorales, loin du respect mutuel».

La coalition islamiste El Karama a, elle, communiqué en condamnant « fortement le racisme envers les Arabes et les musulmans, qui évolue de jour en jour, et qui a atteint son paroxysme en republiant les caricatures françaises insultantes envers le Saint Prophète ».

Pays interconnectés

L’historienne Kmar Bendana dédramatise : « Ce n’est qu’une énième éruption. Alors que nos situations sont différentes, on transpose en Tunisie une problématique française. Nos pays sont interconnectés ; mondialisés avec chacun sa réalité. La crise est dans le retard des élites dans nos pays », estime-t-elle. Les chiffres imposent aussi une réalité : avec des échanges commerciaux de 7,8 milliards d’euros et une communauté de près de 800 000 Tunisiens, la Tunisie est dans une large mesure dépendante de l’Hexagone.

Pour la France, le pays est un allié stratégique dans la région qui justifie, le déblocage, lors de la visite du ministre de la Défenses, Jean-Yves Le Drian à Tunis le 22 octobre d’un plan d’aide de 300 millions d’euros et la fourniture de 500 000 euros d’équipements sanitaires pour lutter contre le Covid-19.

Pour ce qui est de l’Algérie, le Mouvement de la société pour la paix, d’obédience islamiste, a appelé, le 24 octobre « les institutions officielles algériennes, notamment la présidence, à dénoncer les déclarations de Macron et de prendre une position diplomatique, politique et économique adéquate, conformément au serment de respect envers la religion musulmane et sa gloire et dans un esprit de cohésion avec les sentiments des Algériens ». Sans être entendu pour le moment.

Avec Jeune Afrique par Frida Dahmani et Jules Crétois

La Chine va taxer 75 milliards de dollars de produits américains

août 24, 2019

CHINA-COLOMBIA-DIPLOMACY

Le président chinois Xi Jinping à réagi aux nouvelles taxes douanières du président américain Donald Trump ce vendredi 23 août. WANG ZHAO / AFP

Pékin riposte aux taxes douanières américaines sur les produits d’importation chinois décidées par Donald Trump.

La Chine a annoncé ce vendredi son intention de relever les droits de douane à l’importation sur environ 75 milliards de dollars (68 milliards d’euros) de produits américains, amorçant une nouvelle escalade dans le conflit commercial entre les deux premières économies du monde.

Le ministère du Commerce chinois a déclaré dans un communiqué qu’il imposerait des droits de douane supplémentaires de 5% ou 10% sur un total de 5078 produits provenant des États-Unis, parmi lesquels des produits agricoles, le pétrole brut, les petits avions et les voitures.

Les droits sur certains produits prendront effet dès le 1er septembre, les autres le 15 décembre. Des mesures qui répondent aux taxes américaines : alors que 250 milliards de dollars de bien chinois sont déjà taxés à 25%, 112 autres milliards le seront à 10% le 1er septembre, et encore 160 milliards le 15 décembre.

La Chine n’en est pas à ses premières mesures de riposte : le pays a cessé d’acheter des produits agricoles américains depuis le 3 août, ciblant ainsi les agriculteurs, et donc un électorat important pour Donald Trump à l’approche de la nouvelle campagne présidentielle. Pékin applique également depuis le 1er juin des droits de douane plus élevés sur 5400 produits américains.

Marchés en baisse

La plupart des grands marchés boursiers européens reculaient en début d’après-midi après l’annonce chinoise. Vers 12h35 GMT, l’indice large européen Stoxx 600, qui était orienté à la hausse à mi-séance, abandonne 0,31%. A Paris, le CAC 40 cède 0,51% et à Francfort, le Dax recule de 0,65%.

L’indice Stoxx du secteur automobile, l’un des plus exposés aux tensions commerciales internationales, perd 1,68% et celui des matières premières 1,12%.

La décision chinoise se traduit aussi par une baisse des rendements obligataires, les investisseurs se reportant sur les actifs jugés les plus sûrs: celui du Bund allemand à dix ans est retombé sous -0,65% contre -0,638% environ avant l’annonce de Pékin.

Enfin, le pétrole, qui évoluait en légère baisse, a brusquement chuté quand la Chine a annoncé son intention d’imposer de nouveaux droits de douane. Vers 13H10 GMT (15H10 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre valait 58,97 dollars à Londres, en nette baisse de 1,59% par rapport à la clôture de jeudi. Sur la semaine, il a gagné 0,53%. À New York, le baril américain de WTI pour la même échéance s’échangeait à 54,07 dollars, 2,31% de moins que la veille. Sur la semaine, il a perdu 1,35%.

Par Le Figaro.fr avec Reuters

200 milliards de dollars de produits chinois frappés à leur tour par Washington

septembre 17, 2018

Le président américain Donald Trump, le 17 septembre 2018 à Washington / © AFP / NICHOLAS KAMM

Donald Trump agitait la menace depuis des semaines. Il a fini par la mettre à exécution: 200 milliards de dollars d’importations chinoises supplémentaires vont être taxés à 10% pour punir la Chine de ne pas corriger ses pratiques commerciales jugées « déloyales ».

« Les tarifs douaniers prendront effet le 24 septembre et s’élèveront à hauteur de 10% jusqu’à la fin de l’année. Le 1er janvier, les taxes douanières seront portées à 25% », a-t-il expliqué dans un communiqué transmis par la Maison Blanche.

Pékin ne devrait pas manquer de riposter dans la foulée.

« Si la Chine venait à prendre des mesures de représailles contre nos agriculteurs ou autres industries, nous mettrions en œuvre immédiatement la phase 3, à savoir des tarifs douaniers sur quelque 267 milliards de dollars d’importations supplémentaires », a d’ores et déjà prévenu le président américain.

Si ce montant de marchandises était à son tour surtaxé, ce serait la totalité des importations chinoises qui seraient frappées de mesures protectionnistes américaines.

L’administration Trump, qui a achevé début septembre les consultations publiques, a décidé d’épargner certains produits de grande consommation des taxes de 10% tels que les montres connectées, des produits textiles et agricoles ou encore les chaises hautes et les sièges automobiles pour enfants ainsi que les casques de protection pour les cyclistes, ont expliqué des responsables américains au cours d’une conférence téléphonique.

« Depuis des mois, nous exhortons la Chine à changer ses pratiques déloyales, et à traiter les entreprises américaines de manière équitable et réciproque », a justifié Donald Trump. « Mais, jusqu’à présent, la Chine n’est pas encline à changer ses pratiques », a-t-il déploré.

Dans la matinée, il avait lui-même menacé de « Tariffer! » les pays refusant de pratiquer un commerce équitable avec les Etats-Unis, dans un de ces néologismes dont il a le secret.

Selon lui, les nouvelles taxes vont « faire entrer beaucoup d’argent dans les caisses des États-Unis ».

Le président américain estime que les tarifs douaniers –pas seulement avec la Chine– placent « les États-Unis dans une posture de négociation très forte, avec des milliards de dollars et des emplois qui affluent dans notre pays ».

Son conseiller économique Larry Kudlow a toutefois assuré que les États-Unis étaient ouverts au dialogue « à tout moment ».

Les responsables américains ont par ailleurs souligné que l’objectif n’était pas de limiter la croissance économique chinoise.

– Négocier de « bonne foi » –

Les échanges Chine – Etats-Unis / © AFP / Gal ROMA

Donald Trump exige de Pékin qu’il réduise de 200 milliards le déficit commercial américain en ouvrant davantage son marché aux produits américains.

Imposer une taxe de 10% dans un premier temps –plutôt que les 25% que Donald Trump avait demandé à son administration d’étudier– pourrait être perçu comme un geste d’ouverture tout relatif après que le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a contacté ses homologues chinois pour reprendre les négociations.

Outre les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium de respectivement 25% et 10% imposés au nom de la protection de la sécurité nationale, Washington a taxé à hauteur de 25% quelque 50 milliards de dollars de produits chinois pour compenser cette fois le « vol » de la propriété intellectuelle.

L’administration Trump déplore qu’en contrepartie d’un accès au marché chinois, les entreprises américaines sont contraintes de partager avec des partenaires locaux une partie de leur savoir-faire technologique.

Pour faire changer cette pratique, Donald Trump avait déjà menacé de taxer la totalité des plus de 505 milliards de dollars d’importations chinoises. Sans effet pour le moment sur son partenaire commercial.

« Si les États-Unis adoptent de nouvelles mesures sur les droits de douane, la Chine n’aura d’autre choix que de prendre des mesures de rétorsion pour défendre ses droits et intérêts légitimes », a même prévenu lundi Geng Shuang, porte-parole de la diplomatie chinoise, exhortant Washington à négocier de « bonne foi ».

Pékin avait déjà indiqué envisager de nouvelles taxes sur 60 milliards de dollars de biens américains après les 25% sur 50 milliards de dollars de marchandises en juillet/août.

« Espérons que cette situation commerciale soit résolue, en dernier ressort par moi-même et par le président Xi (Jinping) pour lequel j’ai un profond respect et affection », a déclaré Donald Trump.

Ce conflit semble pour l’heure avoir peu d’effet sur la première économie mondiale qui tourne à plein régime même si les mesures de rétorsion ciblées des partenaires des États-Unis se font sentir dans certaines régions et certains secteurs d’activités.

La banque centrale américaine a, elle, mis en garde à plusieurs reprises qu’une guerre commerciale représentait pour l’heure la plus grande menace pour la croissance américaine.

Romandie.com avec(©AFP / (18 septembre 2018 03h58)

L’Afrique, toujours accro aux produits pour se blanchir la peau

août 9, 2018

Une publicité pour des cosmétiques blanchissants à Abdijan en Côte d’Ivoire, le 15 mars 2018 / © AFP/Archives / ISSOUF SANOGO

Lorsque, sur les bancs de la fac de médecine, Isima Sobande avait entendu parler de mères décolorant la peau de leurs bébés, elle avait cru à une légende urbaine. Mais elle ne tarda pas à le voir de ses propres yeux.

Peu de temps après son affectation dans un centre médical de Lagos, capitale économique du Nigeria, un nourrisson de deux mois, se tordant de douleurs, a été admis « avec de très gros furoncles sur tout le corps ».

La jeune médecin découvre alors que sa mère lui appliquait une crème de stéroïdes mélangée à du beurre de karité, une « recette de base » connue de nombreux Nigérians.

« J’étais horrifiée », raconte-t-elle. « Cela m’a vraiment atterrée. »

« Notre société est conditionnée par le fait qu’avoir la peau claire est une manière de trouver un bon travail, d’avoir une relation amoureuse,… et pour beaucoup, c’est très important », poursuit la jeune femme de 27 ans avec une voix douce. « Ca nous ronge de l’intérieur. »

En Afrique, le blanchiment de la peau n’a rien de nouveau. Les experts médicaux mettent en garde contre les risques pour la santé de ces méthodes d’éclaircissements cutané depuis de nombreuses années.

Les experts médicaux mettent en garde contre les risques pour la santé de ces méthodes d’éclaircissements cutané depuis de nombreuses années / © AFP/Archives / GULSHAN KHAN

Les chantres de la conscience noire s’indignent depuis bien longtemps contre cet héritage néfaste et ce lavage de cerveau du à des siècles d’esclavage et de colonisation.

Mais paradoxalement, ils ont sans doute plus d’échos et d’influence dans le reste du monde que sur le continent africain et le phénomène ne cesse d’amplifier.

« L’utilisation de produits pour se blanchir la peau est croissante, en particulier chez les adolescents et les jeunes », explique à l’AFP Lester Davids, professeur de biologie humaine à l’Université de Pretoria en Afrique du Sud.

« L’ancienne génération utilisait des crèmes, la nouvelle génération utilise des pilules et des injections », note-t-il.

Des nouveaux modes d’administration encore plus inquiétants: « Nous ne savons même pas ce que ces produits, encore plus concentrés, vont avoir comme conséquence sur le long terme. »

Rien qu’au Nigeria, géant de quelque 180 millions d’habitants, 77% des femmes – soit plus de 60 millions de personnes – utilisent régulièrement des produits éclaircissant / © AFP/Archives / STEFAN HEUNIS

– pilules et injections –

Avec une population en pleine expansion et très jeune, le marché africain est en pleine expansion. Deuxième spécificité du continent, le marché est très peu réglementé et n’importe quelle compagnie, artisanale ou multinationale peut y accéder.

« De plus en plus de nos clients (marques cosmétiques, ndlr) veulent avoir des informations sur le marché du blanchiment de la peau », confie Rubab Abdoolla, analyste chez Euromonitor International, cabinet de conseil en consommation.

Rien qu’au Nigeria, géant de quelque 180 millions d’habitants, 77% des femmes – soit plus de 60 millions de personnes – utilisent régulièrement des produits éclaircissant (OMS, 2011).

Si les consommateurs les plus aisés peuvent se permettre d’acheter des produits testés, les autres achètent des crèmes qui contiennent des niveaux dangereux de produits freinant la production de mélanine.

Un homme se fait masser le visage avec un masque contenant des produits blanchissants, dans un salon de beauté de Johannesbourg, en Afrique du Sud, le 03 juillet 2018 / © AFP/Archives / GULSHAN KHAN

Ceux-ci incluent l’hydroquinone (dérivé du glucide interdit dans les produits cosmétiques dans l’Union européenne), les stéroïdes, et même le plomb, qui a d’ailleurs tué nombre de courtisans de la reine Elizabeth, adeptes en leur temps des poudres blanches et du teint blême.

Les autorités peinent souvent à encadrer les innovations en matière de blanchiment, qui sont de plus en plus souvent prises sous forme d’injections ou de pilules.

L’organisme de surveillance pour les consommateurs américains Food and Drug Administration n’a autorisé aucune de ces injections aux Etats-Unis, arguant que ces produits « sont potentiellement dangereux et pourraient contenir des ingrédients nocifs inconnus ».

Le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Kenya ont totalement interdit ceux à forte concentration d’hydroquinie et de mercure, et l’Etat sud-africain du Kwazulu-Natal a demandé à ses habitants de « rejeter toute forme de la beauté coloniale ».

En juillet, le gouvernement du Ghana a également publié un message préventif pour avertir des dangers que courent les foetus lorsque les femmes enceintes prennent ces traitements, notamment pour que la peau de l’enfant soit plus claire à la naissance.

La dernière tendance en matière de blanchiment de la peau consiste à s’injecter du glutathion, ici dans un cabinet médical de Lagos au Nigeria, le 17 juillet 2018 / © AFP/Archives / STEFAN HEUNIS

– Liz Taylor et Cléopâtre –

Mais les traitements restent facilement accessibles et peu contrôlés dans les marchés, sur internet ou dans des cliniques spécialisées et les consommateurs deviennent « totalement accro sans même s’en rendre compte ».

Dabota Lawson, icône nigériane des réseaux sociaux, a monté sa propre marque de cosmétique et vante les mérites de ses crèmes et injections qui soignent également l’acné.

« En fait c’est comme la chirurgie esthétique… Ce n’est jamais assez », reconnaît-elle.

De son côté, Pela Okiemute, ou « le roi de la Beauté » tel qu’il se surnomme lui-même, est devenue la grande star des produits de blanchiment de peau sur Internet avec sa crème « Blancheur russe », promettant une « meilleure tenue de la peau, une beauté infinie et un teint de métisse ».

La mannequin kenyanne Ajuma Nasenyana, le 16 novembre 2006 lors d’un défilé Victoria’s Secret à Los Angeles / © Getty Images North America/Getty Images/AFP/Archives / Mark Mainz

Sa crème « Royale Cléopâtre », qui est présentée par la photo d’Elizabeth Taylor dans le rôle de la reine d’Egypte, rend la peau « claire et radieuse » avec des résultats visibles dès deux semaines.

« Beaucoup de mes clients ont utilisé de mauvais produits avant », raconte-t-il, assurant que ses produits ne sont pas nuisibles pour la santé, bien que très efficaces. « Ils viennent vers nous parce qu’ils ont des problèmes, et nous leur offrons des solutions », poursuit-il en faisant glisser des photos « avant-après » sur son téléphone.

Aranmolate Ayobami est lui, chirurgien esthétique. « Maître es. fessiers » plus exactement. Mais dans sa clinique à la périphérie de Lagos, derrière un restaurant chinois abandonné, il propose également un traitement de cinq semaines à base d’injections de glutathion pour 150.000 nairas (350 euros).

Il est catégorique: le produit qu’il utilise, importé des Emirats Arabes Unis et des Etats-Unis, n’est pas dangereux pour la santé, et surtout, il ne dépasse jamais les cinq semaines de traitement.

« Parfois, les clients me ramènent des produits de moins bonne qualité et me supplient de leur inculquer », dit-il. « Ils me disent ‘mais Docteur, je suis prêt à prendre ce risque!’. Nous tentons vraiment de décourager ces pratiques », assure la médecin.

L’Afrique, toujours accro aux produits pour se blanchir la peau / © AFP / Jordi Perdigo, Sam Olukoya, Saawmiet Moos, Florian Plaucheur

– #Melaninpoppin –

« Le blanchiment de la peau est une manière d’accéder au pouvoir et aux privilèges associés aux Blancs », analyse Yaba Blay, professeure auxiliaire en sciences politiques à l’Université centrale de Caroline du Nord, et spécialiste de la question.

« Les gens veulent être perçus comme ayant plus de valeur, et cela passe par la couleur de la peau », poursuit-elle. En Afrique, au-delà de la comparaison avec l’ancien colon, la peau claire suggère un travail dans un bureau, non exposé au soleil, et est donc un signe de richesse.

Les récents mouvements de « conscience noire » tentent de changer ces perceptions. Le hashtag #Melaninpoppin (‘La mélanine, c’est tendance’) célèbre la peau noire sur les réseaux sociaux, le film « Black Panther » avec son casting presque exclusivement noir, avec des costumes inspirées des tenues traditionnelles et des cheveux afro naturels, a fait évoluer les consciences et sont des signes de recul de la vision très euro-centrée des canons de beauté.

Mais nous sommes encore loin d’un phénomène de masse.

« La vérité c’est que ma beauté était davantage acceptée à l’étranger que dans mon propre pays », regrette Ajuma Nasenyana, mannequin kényane, qui a représenté les marques de Victoria’s Secret ou encore Vivienne Westwood.

« Dans l’univers de la mode en Afrique, plus ta peau est claire, plus tu es considérée comme jolie », se confie-t-elle à l’AFP. « Mais heureusement, les choses sont un peu en train d’évoluer. »

La jeune médecin Dr Sobande, perçoit aussi ce changement « positif » de l’autre côté du continent, au Nigeria.

« Mais il va falloir faire beaucoup d’efforts pour changer les mentalités. »

Romandie.com avec(©AFP / (09 août 2018 14h20)

L’UE menace de taxer 20 millions de dollars de produits américains en représailles

juillet 25, 2018

L’Union européenne se prépare à taxer, en représailles, des produits américains pour une valeur de 20 milliards de dollars au cas où Washington appliquerait sa menace de taxer les automobiles européennes, a affirmé mercredi la Commissaire au Commerce.

« Nous espérons que cela n’arrivera pas et que nous parviendrons à une solution. Sinon, la Commission européenne préparera une longue liste de produits américains d’une valeur proche de 20 milliards de dollars », a déclaré Cecilia Malmström au quotidien suédois Dagens Nyheter (DN).

Elle a précisé que parmi les produits américains visés, figureraient entre autres des produits industriels, agricoles et de haute technologie.

Ces propos interviennent au moment où le président américain, Donald Trump, s’apprête à rencontrer à Washington le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour des discussions visant à résoudre le conflit commercial entre les deux grandes puissances économiques.

Donald Trump, qui a menacé d’imposer de nouvelles taxes douanières sur les automobiles et pièces détachées importées d’Europe, a affirmé que c’est grâce à sa position intransigeante que les dirigeants européens ont été amenés à la table de négociation.

Jean-Claude Juncker, qui a répété que Bruxelles riposterait si Trump appliquait ces taxes, a souligné dans une déclaration mercredi à la chaîne publique allemande que l’Union européenne « n’était pas au banc des accusés et qu’elle n’avait pas besoin de se défendre ».

« Nous n’avons aucune autre stratégie que celle du dialogue », a affirmé Mme Malmström, qui accompagne Juncker à Washington.

« Nous allons expliquer que l’Union européenne n’est pas un ennemi mais un ami et un allié. Les Américains et nous partageons la même approche sur le fait que l’Organisation mondiale du commerce doit être modernisée », a-t-elle déclaré sur CNN.

Romandie.com avec(©AFP / 25 juillet 2018 18h27)                                                        

Bénin : trois jeunes entrepreneurs plein d’avenir

avril 26, 2017

De jeunes entrepreneurs africains. © Youri Lenquette/JA

Ils ont des idées, de l’ambition et l’esprit d’initiative. Portrait de trois patrons fonceurs et inventifs.

Ulrich Sossou 29 ans, cofondateur de TekXL, directeur général de Botamp

Ulrich Sossou photo Charles Placide pour JA © Charles Placide pour JA

À 29 ans, Ulrich Sossou a déjà mis sur orbite une fort belle constellation numérique qui compte quelques pépites, comme l’incubateur TekXL et le magazine en ligne Ecce Africa. « Aujourd’hui, grâce au numérique, tu peux être n’importe où et avoir des clients aux quatre coins du monde, explique l’ingénieur. Pour ma part, je forme des gens aux nouveaux métiers du numérique, j’aide des créateurs à se faire mieux connaître sur la Toile et je soutiens de jeunes entrepreneurs qui veulent créer leur boîte sur le web. »

Fils d’une commerçante et d’un médecin cotonois, ce bon petit génie a grandi dans un milieu plutôt ouvert, cultivé et privilégié. « Ma mère vendait, entre autres, des boissons qui, malgré les coupures de courant, étaient toujours fraîches parce qu’elle gérait bien son processus, de A à Z, raconte-t-il. Je m’en suis toujours inspiré. »

L’année de son baccalauréat, Ulrich Sossou commence comme beaucoup de jeunes par chercher une école à l’étranger, de préférence aux États-Unis ou au Canada. « Je ne voulais pas que mes parents s’endettent pour moi, j’ai donc décidé de rester à Cotonou. » Il obtient un master en génie industriel à l’Institut régional du génie industriel, des biotechnologies et sciences appliquées (Irgib-Africa).

Pour financer mes études, j’ai travaillé à mon compte en conseillant des entrepreneurs dans leurs projets numériques.

« Parallèlement, pour financer mes études, j’ai travaillé à mon compte en conseillant des entrepreneurs dans leurs projets numériques. » Parmi ses clients, l’université américaine Stanford, qui lui commande la conception d’une plateforme de cours en ligne. Montant du contrat : 5 millions de F CFA (7 600 euros), qu’il réinvestit dans de nouveaux développements.

Il crée notamment Takitiz, une société de solutions numériques qu’il revend en 2011 et, trois ans plus tard, FlyerCo, un site d’édition de flyers destiné aux agents immobiliers, qui, à sa vente, en avril 2016, affichait plus de 10 000 utilisateurs et un chiffre d’affaires annuel de 60 millions de F CFA.

En 2014, avec son compatriote Senam Beheton, Ulrich Sossou fonde TekXL, dont il est directeur technique : 11 start-up y sont actuellement incubées. En août 2015, c’est le lancement du magazine en ligne Ecce Africa, consacré à l’innovation sur le continent, à la conception duquel Ulrich Sossou a travaillé avec, entre autres, Marie-Cécile Zinsou.

Sa dernière création ? Botamp. Le service en ligne, qu’il a lancé en septembre 2016, permet d’automatiser et de personnaliser les techniques de marketing digital via les applications de messagerie comme Messenger ou WhatsApp.

Odile Gnonwin 25 ans, fondatrice et directrice générale du Centre de transformation des noix tigrées (CTNT)

Odile Gnonwin, fondatrice et directrice générale du Centre de transformation des noix tigrées. © Charles Placide pour JA

«On parle beaucoup de grands patrons au Bénin, rarement de grandes femmes d’affaires. Je serai cette femme-là ! » assure Odile Gnonwin. Travailleuse, fonceuse et inventive, cette fille de mécanicien semble avoir tout pour relever le défi qu’elle s’est fixé de devenir « la reine de la noix tigrée », une plante herbacée cultivée dans le nord du pays, également appelée souchet, ou plus communément fio, en langue fon.

« J’ai commencé par vendre du souchet grillé à la fac, explique la jeune femme. Ça marchait tellement bien que je me suis rapidement fait de l’argent et me suis demandé si je pouvais apporter quelque chose en plus. »

En 2015, son master en droit des affaires obtenu, elle crée la première unité de transformation de souchet du pays, installée sur le lopin de terre familial du quartier de Tankpè, à Abomey-Calavi, et fonde sa marque, Norée, sous laquelle elle commercialise une dizaine de produits (ensachés sous vide et parfaitement étiquetés) : farines, biscuits, croquettes craquantes, crème hydratante, huile purifiante, tisanes et même whisky de souchet…

J’ai commencé par vendre du souchet grillé à la fac.

Outre leur saveur (noisette), ces tubercules sont réputés pour leurs qualités nutritionnelles : riches en minéraux, ils réduisent « le mauvais cholestérol » et auraient même des vertus aphrodisiaques.

Avec un chiffre d’affaires mensuel d’environ 300 000 F CFA (460 euros), Odile Gnonwin emploie désormais quelques ouvriers et compte embaucher prochainement un représentant qui sillonnera le pays pour faire connaître sa marque et ses produits. À la mi-décembre 2016, elle a remporté le premier trophée Benin Young Business Award (Byba), prix créé l’an dernier par plusieurs opérateurs présents au Bénin afin de distinguer de jeunes entrepreneurs.

Éric Mêtinhoué, 30 ans, PDG de Btech

Erick METINHOUE © Charles Placide pour JA

Depuis qu’il a créé son entreprise, en 2015, tout est allé très vite. « J’ai commencé seul, avec juste un ordinateur portatif et une page Facebook pour faire la promotion de mes produits, que je livrais moi-même à la demande. Aujourd’hui, j’en vends 3 000 par an », se félicite Éric Mêtinhoué.

Sa PME, Btech, emploie désormais 15 collaborateurs et a réalisé en 2016, pour sa première pleine année d’exercice, un chiffre d’affaires d’environ 100 millions de F CFA (152 500 euros). Ses produits ? Des tablettes numériques conçues au Bénin et produites en Chine. Déclinées en quatre versions (Primaire, Collège, Université et Business), elles sont commercialisées sous la marque Kova (« Je suis arrivé ») à partir de 50 000 F CFA (76 euros) l’unité, dans une quinzaine de points de vente à travers le pays (principalement dans la région de Cotonou et de Porto-Novo, où le réseau internet est le plus performant) et sur deux sites d’e-commerce.

J’ai commencé seul, avec juste un ordinateur portatif et une page Facebook pour faire la promotion de mes produits

« Pour me différencier des autres marques, j’ai imaginé une tablette avec des logiciels de gestion, des suites d’applications spécifiques adaptées à différents âges et aux utilisateurs ouest-africains », explique Éric Mêtinhoué, qui espère pouvoir inaugurer la première chaîne de production Btech à Cotonou dès 2018.

Le jeune patron aime voyager aux États-Unis, « pour se rapprocher du high-tech », dit-il, mais aussi dans la sous-région, notamment à Lomé, au Togo, et à Niamey, au Niger, où il se rend régulièrement en voiture « pour se rapprocher de [ses] clients de demain ».

 

Jeuneafrique.com par