Posts Tagged ‘Professeurs’

Canada-Rentrée sous tension sur les campus universitaires montréalais

septembre 4, 2021

Les frictions sont vives en ce moment entre la direction de l’Université de Montréal, qui a exigé un retour en classe cet automne, et le syndicat qui représente ses professeurs. Certains d’entre eux aimeraient avoir l’option d’enseigner à distance. Les membres du Syndicat général des professeures et professeurs de l’Université de Montréal (SGPUUM) ont adopté plus tôt cette semaine des résolutions formulées sur un ton des plus durs envers leur employeur.

Les professeurs de l'Université de Montréal demandent davantage de flexibilité et une meilleure protection pour la rentrée scolaire au moment où la quatrième vague de la pandémie sévit.

© Marc Bruxelle/Getty Images Les professeurs de l’Université de Montréal demandent davantage de flexibilité et une meilleure protection pour la rentrée scolaire au moment où la quatrième vague de la pandémie sévit.

Le SGPPUM condamne vivement l’intransigeance de l’Université de Montréal en matière de gestion de la pandémie», peut-on lire dans le document adopté à l’unanimité lors d’une assemblée générale extraordinaire convoquée pour discuter des enjeux liés à cette rentrée pas comme les autres.

Son intransigeance face à toute forme de compromis, d’adaptation ou d’accommodement quant à l’organisation de l’enseignement est un manque de respect inacceptable envers les appréhensions justifiées de plusieurs membres de son corps professoral».

Le Syndicat presse la direction de changer de cap» et de respecter la volonté des professeurs qui préféreraient enseigner de manière virtuelle en raison de la situation sanitaire actuelle.

Il demande aussi l’ajout de détecteurs de dioxyde de carbone dans les classes afin d’évaluer la qualité de l’air dans ces salles où parfois des centaines d’élèves se rassembleront.

Les professeurs sont très frustrés et ne comprennent pas l’obstination de l’université à vouloir à tout prix faire comme si la pandémie n’existait plus», explique Audrey Laplante, la présidente du SGPPUM. Ils ont l’impression que leur santé psychologique et physique n’est pas considérée.»

La présidente du Syndicat général des professeures et professeurs de l’Université de Montréal, Audrey Laplante.

© Fannie Bussières McNicoll/Radio-Canada La présidente du Syndicat général des professeures et professeurs de l’Université de Montréal, Audrey Laplante.

Ce n’est pas très rassurant pour la plupart des professeurs», ajoute-t-elle.

La présidente du syndicat déplore que la direction décide de s’aligner avec les directives du ministère de l’Enseignement supérieur alors même qu’elle perçoit des contradictions dans le discours du gouvernement du Québec, qui vient de reporter le retour au bureau de ses fonctionnaires au début octobre.

Elle souligne que d’autres universités dans la province, dont l’Université Concordia et l’Université Laval, ont opté pour des formules hybrides» ou flexibles» où l’enseignement virtuel et en présentiel» cohabitent.

Loin d’un consensus

Mais la question du retour en classe, alors que le Québec est plongé dans la quatrième vague de la pandémie en cours, est loin de faire consensus. Il y a ceux qui prônent la prudence et préféreraient éviter les rassemblements dans les salles de cours. Et il y a une autre portion de la communauté universitaire qui est emballée de voir leur campus reprendre vie.

Le professeur d’histoire Carl Bouchard fait partie de ce groupe. Il s’était ennuyé de ses étudiants. Je suis absolument ravi. L’ambiance est super! Je suis très très heureux de revenir en classe avec les jeunes», dit-il.

Le professeur d'histoire de la première guerre mondiale Carl Bouchard était tout sourire après avoir enseigné son premier cours en «présentiel» depuis près de deux ans.

© Fannie Bussières McNicoll/Radio-Canada Le professeur d’histoire de la première guerre mondiale Carl Bouchard était tout sourire après avoir enseigné son premier cours en «présentiel» depuis près de deux ans.

La chargée de cours Françoise Guay penche dans la même direction. Elle appuie la directive stricte, mais sans ambages de l’université. Selon moi, c’est important que l’université envoie le message clair à tous les étudiants qu’il faut rentrer en classe», dit-elle. Sinon ça va se faire à moitié et ça va faire des classes avec une atmosphère désagréable.»

Elle a donné son premier cours devant une classe pleine, à sa grande satisfaction. Mes étudiants se sont presque tous présentés, avec des masques, et ils étaient franchement contents d’être là», assure-t-elle.

Entre soulagement et crainte chez les étudiants

La Fédération des associations étudiantes de l’Université de Montréal (FAECUM) refuse de prendre position sur les demandes que les professeurs formulent à la direction. Sa présidente, Marie-Hélène Rivest, affirme toutefois que le retour en présentiel est libérateur pour la santé mentale des étudiants.

Les étudiants rencontrés sont d’ailleurs nombreux à montrer leur enthousiasme à l’idée de réintégrer les salles de cours.

Satisfait, soulagé, c’est le bon mot!» lance Étienne Théberge en souriant. Je peux comprendre l’inquiétude des professeurs, mais en même temps, j’ai l’impression que beaucoup de nos professeurs avaient hâte de nous retrouver», ajoute l’étudiant en cinéma.

Je suis tellement content! Pour la première fois depuis deux ans, je suis vraiment motivé», explique pour sa part Andres Frias, qui entame sa deuxième année à la Faculté de droit, mais sa première dans les salles de classe.

Ses collègues de classe sont sur la même longueur d’onde. Je crois que les professeurs doivent prendre en compte ce que les étudiants veulent. Si les étudiants veulent revenir en classe, il faut respecter ça. En personne, tu apprends mieux!», estime William Houle.

Je trouve ça un peu décevant de la part du syndicat des professeurs. Je trouve que la qualité de l’enseignement diminue quand on est à distance», ajoute Kanitha Marcoux, elle aussi étudiante en droit. Ça fait un an qu’on subit ça, je suis tannée!»

Ces trois étudiants en droit sont ravis d'enfin rencontrer leurs camarades de classe.

© Fannie Bussières McNicoll/Radio-Canada Ces trois étudiants en droit sont ravis d’enfin rencontrer leurs camarades de classe.

D’autres étudiants se montraient pour leur part très sensibles aux arguments des professeurs craintifs.

Moi, je ne comprends pas quelle était l’urgence de retourner sur le campus», lance Félix Ducharme, qui étudie en relations industrielles. On a beau porter des masques, on est entassé comme des sardines en classe», déplore-t-il.

Un avis que partage sa collègue Maude Martin : C’est difficile d’être à l’aise avec la situation lorsqu’on ne sait pas ce qui va arriver si un de nos camarades contracte la COVID-19», souligne-t-elle. Est-ce qu’on va perdre des heures de formation importantes? Est-ce qu’on va retomber en ligne en milieu de session? Il faut arrêter de jouer avec l’anxiété des étudiants», demande l’étudiante.

Certains d’entre nous ont une santé fragile, d’autres fréquentent des gens à risque», précise-t-elle. Il y avait certainement une autre façon de faire que celle d’exiger le retour sur les bancs d’école.»

Ces deux étudiants en relations industrielles auraient préféré avoir la possibilité de choisir entre un retour partiel ou complet en classe.

© Fannie Bussières McNicoll/Radio-Canada Ces deux étudiants en relations industrielles auraient préféré avoir la possibilité de choisir entre un retour partiel ou complet en classe.

Invitée à réagir aux résolutions adoptées par le SGPPUM, l’Université de Montréal dit avoir entendu les inquiétudes exprimées par certains professeurs», mais aussi les préoccupations des étudiants qui sont majoritaires à souhaiter un retour en classe». Elle ajoute que des mesures d’accommodement ont été offertes aux professeurs dont la condition médicale présente un risque particulier».

Concernant la ventilation des classes, la direction indique que des tests récents montraient une qualité de l’air adéquate dans tous les bâtiments testés» et qu’elle a confiance en la qualité de l’air de [ses] campus.»

Insatisfaction sur d’autres campus

Le président de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU), Jean Portugais, confirme que les tensions sont présentes sur d’autres campus montréalais présentement.

On observe que dans les grands centres, notamment les universités montréalaises, les inquiétudes sont plus vives, sans doute parce que la concentration d’étudiants par classe est plus grande», indique-t-il. Après plus d’un an de pandémie, les gens sont étonnés, à juste titre, qu’il y ait encore du laxisme et de l’improvisation de la part des directions d’université et du gouvernement.»

Geneviève Hervieux, du Syndicat des professeurs de l’UQAM (SPUQ) affirme recevoir beaucoup de questions pratico-pratique» de la part de ses membres qui se demandent une clarification des règles sanitaires.

Mme Hervieux s’inquiète par ailleurs d’avoir observé bien peu d’ouverture de la part de l’UQAM pour des accommodements pour des enseignants. Elle indique avoir vu plusieurs collègues se faire refuser une exemption d’enseignement en classe malgré des problèmes de santé sévères et attestés. Les personnes dites à risque» ou qui ont un membre de leur entourage particulièrement vulnérable sont laissées pour compte selon elle.

Un passeport vaccinal pour aller à ses cours?

À l’Université McGill, la décision d’imposer le retour en classe pour tous, sauf pour les très grands groupes, fait aussi grincer des dents dans le corps professoral.

Dans un mémo interne obtenu par Radio-Canada, l’Association des professeurs de l’Université McGill (MAUT) écrit que l’administration nous dise que la seule façon approuvée d’enseigner est de le faire 100 % en personne ne repose sur aucune base pédagogique solide et ne respecte pas la liberté académique de l’enseignant».

Janine Mauzeroll, ex-présidente de l’Association, ne parle pas de tensions franches avec la direction, mais la MAUT lance un pavé dans la mare en demandant ce que bien d’autres hésitent à faire : l’imposition du passeport vaccinal pour les activités d’enseignement assorti d’une possibilité de se faire dépister.

Si la FQPPU ne se positionne pas pour la vaccination obligatoire sur les campus, son président demande toutefois au gouvernement d’uniformiser les directives en matière de mesures sanitaires, de vaccination et d’accommodements.

Les mesures sanitaires sont laissées à la discrétion de chaque institution en ce moment» , déplore Jean Portugais. Nous demandons au gouvernement du Québec de dicter des règles de fonctionnement claires pour l’ensemble des universités. Il ne le fait pas. Il doit le faire maintenant! La rentrée est commencée!»

Avec CBC/Radio-Canada

Canada: Les professeurs et les étudiants de l’Université de Victoria se disent surmenés

janvier 11, 2021

Une enquête interne révèle que beaucoup d’étudiants et de membres du personnel de l’Université de Victoria se sentent débordés de travail alors qu’ils se dirigent vers un autre semestre affecté par la pandémie.

Les étudiants et les professeurs de l'Université de Victoria disent avoir trop de travail.

© /iStock Les étudiants et les professeurs de l’Université de Victoria disent avoir trop de travail.

Comme de nombreux établissements postsecondaires, l’Université de Victoria est presque entièrement passée à l’apprentissage en ligne en raison de la COVID-19.

Mais selon les 5242 étudiants et 217 instructeurs interrogés dans le cadre de l’enquête effectuée du 29 octobre au 18 novembre 2020, cette transition n’est pas idéale.

«[L’enquête] reflétait à peu près à la lettre ce dont les étudiants se plaignent depuis le début de cette transition, et c’est un manque d’accessibilité à leurs cours et la quantité de travail qu’ils ont à accomplir», explique Sarina de Havelyn, directrice de la sensibilisation et relations universitaires pour la Société étudiante de l’université.

Mme de Havelyn indique que de nombreux professeurs ont ajouté des tâches quotidiennes ou hebdomadaires et des forums auxquels les étudiants doivent contribuer. Du travail supplémentaire plus difficile pour les étudiants qui ne peuvent pas trouver un espace d’étude adéquat à la maison ou pour les 10 % d’étudiants qui n’ont pas accès régulièrement à un ordinateur, selon elle.

Les instructeurs ressentent aussi la tension, dit Lynne Marks, présidente de l’Association des professeurs de l’université et professeure d’histoire.

«Ils sont totalement débordés. Ils font au moins une fois et demie plus de travail, sinon deux fois plus, et il n’y a pas assez d’heures dans une journée», soutient Mme Marks.

D’après elle, tout le monde fait de son mieux compte tenu des circonstances, d’autant plus qu’il n’y a pas de précédent solide sur lequel se baser : «Cela a été une courbe d’apprentissage pour les professeurs, pour les étudiants, mais aussi pour les personnes du centre d’apprentissage et d’enseignement qui nous disent comment enseigner.»

6 millions de dollars pour la transition

Susan Lewis, vice-présidente associée de la planification académique à l’Université de Victoria, dit qu’elle savait que la transition serait difficile. Elle note que l’université a dépensé 6 millions de dollars pour des efforts de transition, comme le financement de plus d’auxiliaires d’enseignement et d’experts en technologie, et le renforcement du soutien en santé mentale pour les étudiants.

Mme Lewis affirme que l’université compte aussi améliorer la communication entre l’administration, les étudiants et les professeurs.

«Je tiens à reconnaître la frustration ressentie par les gens lorsqu’ils ont l’impression de ne pas avoir toutes les informations ou toutes les réponses tout de suite», dit-elle. «Notre objectif est de fournir aux étudiants autant d’informations que nous pouvons leur fournir lorsque nous l’avons.»

Les cours à l’Université de Victoria reprennent lundi.

Avec  CBC/Radio-Canada avec les informations de All Points West

Canada-Québec: La tricherie aux examens préoccupe les profs de l’UQTR

décembre 7, 2020

Trois-Rivières — Si la plupart des cours se donnent à distance cette session à l’UQTR, à cause de la pandémie, il en est de même pour les examens de fin de session. Or, beaucoup de professeurs sont inquiets pour la tricherie qui semble être facilitée par l’absence physique des étudiants des salles d’examen. «Ça se discute beaucoup. Il y a en effet une grosse problématique», confirme le président du Syndicat des professeur(e)s de l’UQTR, Gilles Bronchti, qui est aussi directeur du département d’anatomie.

Gilles Bronchti, président du SPPUQTR et directeur du département d’anatomie de l’UQTR.

© ARCHIVES Gilles Bronchti, président du SPPUQTR et directeur du département d’anatomie de l’UQTR.

«On a eu un conseil syndical où ces points ont été abordés», dit-il. «Et comme directeur du département d’anatomie, c’est quelque chose dont je discute beaucoup avec mes collègues. Les universités (puisque l’UQTR n’est pas la seule à vivre cette situation) sont au courant», dit-il.

Le sujet a été traité lors de réunions de différents comités et réunions officielles avec l’Université dès le début de la pandémie, précise M. Bronchti.

Du côté de l’UQTR, le porte-parole, Jean-François Hinse, indique que «ces inquiétudes sont partagées par la direction. Présentement, nous déployons les meilleurs moyens possibles. C’est une situation qui est nouvelle pour tout le monde. C’est normal qu’on ait des défis devant nous et ça en est un. Une fois que la période d’examens sera finie, nous aurons cette expérience-là qui va nous emmener peut-être à déployer de nouveaux moyens tous ensemble, à l’Université, pour améliorer les processus», dit-il.

Gilles Bronchti indique qu’on avait évoqué, lors de réunions où ce phénomène a été soulevé, la possibilité d’utiliser des logiciels de surveillance. Toutefois, «il y a des limites à ce qu’on peut faire, car c’est vu comme des intrusions», explique-t-il.

La situation complique énormément la vie aux professeurs lorsque les examens doivent être faits à distance pour des questions sanitaires. Des professeurs interviewés par Le Nouvelliste, qui préfèrent garder l’anonymat, constatent que les étudiants usent de divers stratagèmes pour tricher en créant, par exemple, des groupes Facebook pour se donner les réponses.

Certains professeurs ont plus de 200 étudiants dans leur cours. «Je ne peux pas, moi, faire des questions à développement», plaide l’un d’eux. «Dix pages me feraient plus de 2000 pages à corriger», dit-il. Des professeurs essaient de contourner la situation en constituant plus d’une demi-douzaine d’examens différents en présentant des situations différentes qui évalueront la même chose. D’autres y vont d’examens oraux sur Zoom mais doivent eux aussi multiplier le nombre de leurs examens. «On y passe un temps fou», déplore un professeur.

Gilles Bronchti, lui, a divisé ses étudiants en petits groupes pour les soumettre à l’examen en Zoom et en oral. Il lui aura fallu questionner les étudiants sur moins de matière que d’habitude et l’examen aura pris dix heures, dit-il. Au moins, «j’ai sauvé du temps de correction», nuance-t-il.

Jean-François Hinse rappelle que l’Université s’est dotée d’un règlement sur les délits relatifs aux études dans lequel il est bien précisé qu’un étudiant qui commet un délit comme la tricherie peut encourir des sanctions disciplinaires.

«Il y a beaucoup de tricherie», admet le professeur Bronchti. «Je peux vous dire que dans des cours qui sont donnés avec des examens à distance, les notes augmentent souvent de 10 points, en moyenne, pour les mêmes cours qui étaient donnés les années précédentes avec les mêmes groupes d’étudiants ou presque.»

«Plusieurs collègues m’ont rapporté avoir reçu des copiés-collés de leurs notes de cours comme réponses aux examens avec les mêmes fautes de français qui étaient dans la note de cours», illustre le président du SPPUQTR.

Cet automne, dans un cours où il a pu avoir les étudiants en présentiel pour l’examen, Gilles Bronchti a pu constater que les notes étaient de 10 % plus faibles. «On a du mal à évaluer les étudiants. Leur baisse de rendement n’est pas forcément de leur faute. C’est à cause du média, à cause de la façon d’enseigner, à cause de leur solitude aussi», résume-t-il.

Pour Gilles Bronchti, dans les circonstances, la tricherie «n’est pas forcément très grave si ça ne dure pas. Pour des diplômes professionnalisants, on pourrait se questionner au bout d’un an, un an et demi, quelle est la quantité de matière qui a été retenue. Si ça durait deux ans, ce serait vraiment une grosse question pour les professionnels qui sortiraient avec des diplômes de moindre valeur, mais pour l’instant, je dirais que c’est encore rattrapable.»

Le professeur Bronchti rappelle qu’on demande de limiter au maximum les rencontres afin d’éviter la propagation du virus. «Si je ne peux pas justifier et convaincre le comité qui s’occupe de donner les autorisations que l’examen en présence est essentiel, je vais me faire refuser l’examen en présence», indique-t-il.

«On peut le comprendre. Ils sont pris entre l’arbre et l’écorce et personne ne veut qu’il y ait une éclosion dans une université et certainement pas dans la nôtre. On a l’autorisation pour les laboratoires parce qu’on a pu dire que c’est absolument essentiel», ajoute M. Bronchti.

Quand vient le temps de déterminer s’il doit ou non y avoir absolument examen en présence, la question, signale M. Bronchti, suscite parfois des discussions entre les professeurs, «donc le fait que l’administration ne s’y retrouve pas toujours pour autoriser, je dirais, ça peut se comprendre.»

Combien y a-t-il d’étudiants qui trichent aux examens? Gilles Bronchti estime qu’il faudrait étudier la question pour y répondre

Avec  Brigitte Trahan – Le Nouvelliste

Grande-Bretagne: Des élèves envoient des messages à caractère sexuel dès 7 ans

mars 26, 2016

De professeurs britanniques rapportent que certains de leurs élèves, parfois âgés de sept ans, s’envoient ou partagent sur les réseaux sociaux des messages ou clichés à caractère sexuel. Les écoliers utilisent aussi les réseaux sociaux pour insulter les enseignants.

Selon une enquête réalisée par le syndicat enseignant NASUWT auprès de 1300 professeurs et publiée vendredi, 63% des sondés disent avoir dans leur classe des élèves âgés de 14 ans qui utilisent les réseaux sociaux pour envoyer des messages ou photographies à caractère sexuel. Et 45% d’entre eux font état d’enfants de 13 ans s’adonnant à ces activités.

Un petit nombre, non précisé, de professeurs rapportent que certains de leurs élèves plus jeunes – âgés de sept, huit ou neuf ans – sont également concernés. Un quart des 1300 professeurs évoquent pour leur part des enfants de 11 ans.

Plus de la moitié du panel affirme que certains enfants utilisent les réseaux sociaux pour envoyer des messages sexistes ou insultant à d’autres élèves. Le même nombre rapporte l’envoi de messages racistes.

Professeur présenté comme pédophile
Ce sondage révèle également que la moitié des professeurs interrogés ont découvert des commentaires négatifs ou insultant à son encontre, incluant de fausses accusations, postés par des élèves sur les réseaux sociaux.

Parmi les cas rapportés, certains se sont découverts grimés en « Djihadi John », le bourreau de l’Etat islamique (EI), ou présentés en pédophile ou mari violent.

« Sur les trois années où le NASUWT a effectué ce sondage, la situation s’est détériorée », a déclaré le secrétaire général du syndicat.

« Les abus sur Internet ont un effet dévastateur sur la vie des professeurs et des élèves et, pourtant, aucune action sérieuse n’est prise par le gouvernement pour s’assurer que les écoles réagissent à ces abus de manière adéquate », a-t-il regretté.

Il a également jugé « inacceptable » la quantité d’insultes, de menaces ou de commentaires désobligeants, proférés sur Internet par des parents d’élèves à l’encontre des professeurs.

Romandie.com

Bac philo: orphelines, plus de 3000 copies dissertent dans le vide

juin 20, 2011

Ce qui devait arriver est arrivé. Depuis des années, la situation est critique : les professeurs de philosophie étant peu nombreux et tous les candidats au bac passant l’épreuve de philosophie, on donne, à chaque correcteur, un nombre de copies considérable par rapport aux enseignants des autres disciplines. La politique de réduction des postes de professeurs (il y en a par exemple trente de moins dans l’académie de Créteil) et le non-remplacement des professeurs partis à la retraite ne pouvaient guère laisser espérer une amélioration.

Et, de fait, pour ce bac 2011 – l’épreuve de philosophie a eu lieu jeudi – c’est le bug. Le seuil de «faisabilité» est franchi : dans les trois académies de la région parisienne (Versailles, Paris, Créteil), vingt-quatre paquets, soit environ 3 000 copies, restent en rade. Tous les professeurs ont été convoqués, y compris certains professeurs de classes préparatoires qui n’ont pas enseigné en terminale depuis des années, ou des enseignants qui sont à la retraite. Etant donné les défections pour raison impérieuse ou maladie, il n’y a plus aucune «réserve».

Aujourd’hui, lundi, les correcteurs se retrouvent dans trois lycées de la capitale et de la banlieue parisienne pour une «réunion d’entente», au cours de laquelle se discutent les modalités de la correction. Le Service des examens d’Arcueil (SIEC), dans le Val-de-Marne, a fait envoyer les 3 000 copies qui n’ont pas trouvé preneur dans ces lycées : l’idée est de les distribuer (de prime abord, sur le mode du volontariat !) aux professeurs présents, déjà obérés par le poids de leurs propres paquets de copies : 120-130 pour les séries générales, jusqu’à 190 pour les séries technologiques.

Il n’est pas sûr que l’opération se déroule dans la tranquillité. Si les professeurs de philo convoquaient des assemblées générales et décidaient de ne pas se charger de copies supplémentaires, arguant de ce qu’il est impossible de corriger autant de devoirs en aussi peu de temps, c’est tout le fonctionnement du système qui serait bloqué. Actuellement, une campagne publicitaire du ministère de l’Education nationale annonce dans les médias de futurs et nombreux recrutements. Quelle politique aveugle a empêché qu’il ne s’avise avant de stopper la baisse des effectifs de professeurs?

Liberation.fr Par ROBERT MAGGIORI