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Côte d’Ivoire : l’avant-projet de loi sur la Constitution adopté par l’Assemblée

octobre 8, 2016

Lors de la relecture de l’avant-projet de loi relatif à la nouvelle Constitution, le 7 octobre à l’Assemblée nationale. © Vincent Duhem pour J.A.

La Commission des affaires générales et institutionnelles de l’Assemblée nationale ivoirienne a adopté à l’unanimité vendredi soir l’avant-projet de loi sur la nouvelle Constitution. Le texte sera voté par l’ensemble des députés mardi. Que faut-il retenir des débats qui se sont tenus hier ?

Des réécritures présidentielles

Par le biais de ses émissaires, Sansan Kabilé (garde des Sceaux), Hamed Bakayoko (ministre de l’Intérieur et de la Sécurité) et Ahoussou Jeannot (ministre chargé des Relations avec les institutions et l’Assemblée), Alassane Ouattara a lui-même proposé une dizaine de réécritures lors de la relecture des 184 articles, vendredi 7 octobre à l’Assemblée nationale. Le préambule a lui aussi été légèrement reformulé.

Aucune modification fondamentale n’a néanmoins été apportée par le président de la République, à ce projet de loi dont il est le principal instigateur.

Peu d’amendements acceptés

Lors de l’adoption de l’examen des motifs qui a précédé celle de l’avant-projet, plusieurs députés avaient exprimé leur souhait d’apporter des modifications au texte. Ils n’auront été que très peu entendus. L’avant-projet de loi adopté vendredi dans la soirée ne comporte que trois amendements proposés par les députés, tous mineurs. Un quatrième, qui ajoutait à l’article 60 l’obligation pour le chef de l’État de publier un bulletin de santé annuel, a d’abord été accepté avant que le ministre de la Justice ne décide de le retirer.

Motif : il ne satisfaisait pas certains députés qui demandaient à ce que le paragraphe soit intégré à l’article 55 qui fixe les conditions d’éligibilité. Tous les autres ont été refusés par les émissaires d’Alassane Ouattara.

Une nouvelle Constitution en question

Si aucun amendement important n’a été accepté, quelques députés ont exprimé à leur inquiétude, voire leur opposition, à plusieurs dispositions du texte. Les plus actifs ont été notamment Kayo Clarisse et Mamadou Dély, députés de l’UDPCI du ministre Mabi Toïkeuse (membre du RDHP), l’ancien candidat à la présidentielle, Gnangbo Kacou, Alain Lobongon (député-maire de Frescro et ancien ministre des Sports), ou encore le maire de Bonoua, Djon Wan Teke.

L’article 55, qui porte principalement sur la suppression de la limite d’âge et l’absence de question relative à la santé, a donc suscité l’incompréhension de certains députés. « Comment peut-on demander à un jeune qui passe un concours un examen de santé et pas à un candidat à la présidentielle ? », s’est inquiété une député de l’UDPCI.

Les contours du poste de vice-président ont eux aussi été largement discutés. Le PDCI a notamment demandé que sa nomination soit validée par l’Assemblée nationale et non par le conseil Constitutionnel, comme c’est le cas dans le projet de loi. L’UDPCI s’est opposé à ce qu’il soit nommé par le chef de l’État en attendant l’élection de 2020. « Pas question qu’un dirigeant non élu occupe les fonctions de président de la République », a déclaré un député de ce groupe parlementaire.

Enfin, la nomination d’un tiers des membres du futur Sénat et les conditions de modifications de cette nouvelle Constitution ont été débattus. Djon Wan Teke a notamment regretté que le président de la République ait la possibilité de ne pas soumettre le projet de modification à un référendum comme l’article 177 l’indique. « Est-ce que la Constitution porte les indicateurs de sa révision ? », a-t-il demandé.

Jeuneafrique.com par Vincent Duhem, envoyé spécial

Centrafrique : début de la transition dans une ambiance tendue à Bangui

avril 7, 2013
Des rebelles Séléka en patrouille le 1er avril 2013 à Berengo. Des rebelles Séléka en patrouille le 1er avril 2013 à Berengo. © AFP

Le nouvel homme fort de la Centrafrique, Michel Djotodia, a ordonné la création samedi d’un Conseil supérieur de transition, qui devrait désigner un nouveau président, première étape de taille dans l’ère post-Bozizé.

Dans la nuit de vendredi à samedi, des troubles ont de nouveau éclaté dans un quartier de Bangui. De nombreux tirs ont été entendus malgré un couvre-feu et se sont prolongés dans le centre-ville samedi.

Dans la matinée, les nouvelles autorités ont annoncé la création de la nouvelle institution de transition, conformément aux recommandations des chefs d’Etat d’Afrique centrale réunis en sommet à N’Djamena mercredi. « Il est créé un organe constituant et législatif dénommé Conseil supérieur de transition (CST) », selon les termes d’une ordonnance signée par Michel Djotodia.

Le CST, selon le document, « a pour mission d’élire le président de la République pour un mandat de 18 mois, rédiger un avant-projet de Constitution à soumettre au peuple par voie de référendum, et assumer les prérogatives législatives ordinairement dévolues à un organe législatif ».

Au total, le Conseil sera composé de 97 membres, dont 20 qui représenteront les partis politiques avec notamment neuf sièges pour l’ex-opposition démocratique, six pour l’ex-majorité présidentielle et cinq pour d’autres partis. Dix sièges reviennent à la coalition rebelle Séléka au pouvoir, les autres étant occupés entre autres par des représentants de la société civile, des confessions religieuses, des syndicats ou encore de la magistrature.

Le mode de fonctionnement du CST n’a pas encore été défini mais il devra composer un bureau de 6 membres comprenant un Président et un vice-Président. Les divers partis politiques représentés dans le nouveau conseil vont maintenant devoir désigner les membres qui les représenteront.

Djotodia toujours au centre du jeu

Le nouveau gouvernement centrafricain, formé il y a une semaine par le Premier ministre reconduit Nicolas Tiangaye, ne devrait pas être dissous, a-t-on appris de source proche du gouvernement.

La rébellion Séléka avait renversé le 24 mars le président centrafricain François Bozizé, au pouvoir depuis dix ans, et qui s’est réfugié au Cameroun voisin.

Puis le 30 mars, M. Djotodia s’était autoproclamé président en annonçant qu’il « remettrait le pouvoir » en 2016, au terme d’une transition de trois ans. Mais le président du Tchad, Idriss Deby Itno, très influent en Centrafrique, avait refusé mercredi « de reconnaître un président autoproclamé ».

Les nouvelles dispositions pour la transition pourraient cependant permettre à M. Djotodia de rester au centre du jeu s’il devenait le président désigné, des élections n’étant prévues qu’en 2015. Pour un ancien proche du régime Bozizé ayant requis l’anonymat, le « Séléka a gagné et on ne peut pas le faire disparaître comme ça ».

Pillages et viols

Selon le bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU vendredi, plus de 35.000 Centrafricains se sont réfugiés dans le nord de la République Démocratique du Congo depuis le début de la crise en Centrafrique.

Dans l’arrière-pays centrafricain, des scènes de vols sont régulièrement rapportées dans des villes de l’ouest, tandis que le Séléka mène une offensive depuis plusieurs jours contre le groupe rebelle dissident du Front démocratique du peuple centrafricain d’Abdoulaye Miskine dans le nord-ouest, à la frontière camerounaise.

Dans la localité de Berberati (nord-ouest), les populations ont manifesté vendredi contre ces pillages avant d’être dispersées par le Séléka, a-t-on appris auprès d’un Banguissois qui a joint ses proches sur place.

Jeuneafrique.com avec AFP

Égypte : manifestation au Caire pour un retour de l’armée au pouvoir

mars 16, 2013
 

Des manifestants hostiles aux Frères musulmans au Caire le 15 mars 2013. Des manifestants hostiles aux Frères musulmans au Caire le 15 mars 2013. © AFP

Des centaines d’Égyptiens ont manifesté vendredi au Caire leur soutien à un retour de l’armée au pouvoir dans un pays qui n’est toujours pas sorti d’une transition politique chaotique émaillée de violences, deux ans après la chute de Hosni Moubarak.

Des centaines d’Égyptiens ont manifesté vendredi au Caire leur soutien à un retour de l’armée au pouvoir dans un pays qui n’est toujours pas sorti d’une transition politique chaotique émaillée de violences, deux ans après la chute de Hosni Moubarak.

La manifestation a eu lieu dans l’est du Caire à l’appel d’un collectif de militaires à la retraite et de groupes opposés aux Frères musulmans, dont est issu le président Mohamed Morsi, selon un photographe de l’AFP.

Les manifestants ont notamment scandé des slogans appelant l’armée à « ne pas les abandonner », brandissant des portraits du ministre de la Défense, le général Abdel Fattah al-Sissi. D’autres criaient « l’armée doit revenir » (au pouvoir) ou « A bas le pouvoir du guide », en référence à Mohammed Badie, guide suprême des Frères musulmans. Des manifestations de soutien à l’armée ont également été organisées à Damiette, dans le nord du pays, selon le site internet du journal Al-Ahram.

L’armée est un acteur capital dans le jeu politique en Egypte depuis 60 ans. La chute de Hosni Moubarak en février 2011 avait amené le Conseil suprême des forces armées (CSFA), dirigé par le maréchal Hussein Tantaoui, à prendre les rênes du pays jusqu’à l’investiture de M. Morsi fin juin 2012.

Restée plus au moins discrète depuis l’accession de M. Morsi au pouvoir, elle s’était manifestée en décembre dernier pour appeler au dialogue et rappeler son rôle de garante de la stabilité du pays, lors d’une vive crise liée à l’adoption d’un projet de Constitution controversé.

Après une vague de troubles fin janvier, l’armée avait mis en garde contre un « effondrement de l’Etat » appelant « toutes les forces politiques » à trouver une issue aux « problèmes politiques, économiques, sociaux et de sécurité » au pays

Jeuneafrique.com

Égypte : démission du vice-président Mahmoud Mekki

décembre 22, 2012

Le vice-président égyptien Mahmoud Mekki a annoncé samedi sa démission, alors que les Egyptiens votaient sur un projet de Constitution controversé en pleine crise politique.

« J’ai réalisé depuis un moment que la nature du travail politique ne convient pas à ma formation professionnelle de juge », a-t-il indiqué dans un communiqué obtenu par l’AFP. L’annonce intervient alors que la moitié des Egyptiens sont appelés à voter pour le référendum sur la Constitution.

Jeuneafrique.com avec AFP

Egypte: opposants et partisans du référendum en campagne dans un pays divisé

décembre 13, 2012
Egypte: opposants et partisans du référendum en campagne dans un pays divisé Egypte: opposants et partisans du référendum en campagne dans un pays divisé © AFP

Opposants et partisans du projet de Constitution en Egypte faisaient campagne jeudi, à moins de deux jours d’un référendum crucial sur ce texte contesté, après le report sine die d’une rencontre convoquée par l’armée pour tenter d’apaiser les tensions.

Après avoir débattu de sa position vis-à-vis du vote dont elle exigeait l’annulation, l’opposition a finalement appelé à y participer en votant « non », tout en exigeant des garanties, comme la présence d’un juge pour chaque urne ou d’observateurs locaux et internationaux.

Le Front du salut national, une coalition de mouvements en majorité de gauche et libéraux, prévoyait notamment d’organiser un meeting dans la grande banlieue du Caire jeudi, après en avoir tenu deux la veille à Alexandrie (nord) et Mansoura (delta du Nil), selon l’un de ses responsables.

Les deux camps ont aussi investi l’internet, à grand renfort de vidéos et communiqués.

« Dans la Constitution il y a un poison mortel », « C’est toi qui paieras le prix si tu votes oui. Non à la Constitution », dit ainsi le mouvement du 6-Avril, membre du FSN, qui a contribué à lancer la révolte de l’an dernier contre Hosni Moubarak.

Les partisans du « oui », menés par la puissante confrérie des Frères musulmans, ont commencé à faire campagne bien plus tôt, en distribuant des prospectus dans la rue et en mettant en ligne des vidéos explicatives en dialecte égyptien.

Une chanson a même été composée pour appeler à appuyer le texte, « afin que les choses se calment et pour la stabilité ». « Cette Constitution n’est pas mal, elle a été écrite par une commission de héros », lance même le chanteur.

Vote en cours pour les expatriés

Les islamistes ont aussi posté des partisans, hommes et femmes, sur plusieurs centaines de mètres le long de certaines routes, brandissant des pancartes disant « Oui à la Constitution ».

Selon un responsable du ministère de l’Intérieur, près de 130. 000 policiers seront déployés en collaboration avec l’armée pour assurer la sécurité pendant ce vote, au coeur de la pire crise en Egypte depuis l’élection en juin de Mohamed Morsi, premier président islamiste et civil du pays.

Le référendum, initialement prévu sur la seule journée du 15 décembre, aura finalement lieu les 15 et 22 décembre dans deux zones distinctes du pays, ce qui pourrait permettre de surmonter le boycott de la supervision du vote par de nombreux magistrats.

L’opposition, qui réclame toujours que le scrutin se tienne sur un seul jour, estime que le texte ouvre la voie à une islamisation accrue de la législation et manque de garanties pour les libertés.

Le camp présidentiel assure en revanche que le texte permettra de doter le pays d’un cadre institutionnel stable, la précédente loi fondamentale ayant été suspendue il y a près de deux ans, après la chute du régime Moubarak.

L’armée a tenté d’apaiser les tensions, qui ont fait huit morts la semaine dernière dont un journaliste, en appelant à une rencontre mercredi entre les forces politiques de tous bords.

Mais « les réactions (n’ayant) pas rempli les attentes », les militaires ont reporté ce dialogue sine die. L’opposition avait annoncé qu’elle y participerait.

Dix gouvernorats doivent voter dès samedi, notamment Le Caire et la deuxième ville du pays, Alexandrie, ainsi que la région très instable du Sinaï.

Dix-sept autres gouvernorats sont appelés aux urnes une semaine plus tard, parmi lesquels les trois grandes villes du canal de Suez (Ismaïliya, Port-Saïd, Suez), ou la célèbre cité touristique de Louxor.

Le vote des Egyptiens vivant à l’étranger s’est quant à lui ouvert mercredi pour quatre jours. Près de 600. 000 expatriés inscrits sur les listes peuvent voter dans 150 représentations diplomatiques.

Jeuneafrique.com avec  AFP

Egypte: rencontre entre le pouvoir et l’opposition patronnée par l’armée

décembre 12, 2012
 

Des milliers d'opposants au président égyptien Mohamed Morsi se sont pressés mardi devant son palais, à quelques kilomètres d'une manifestation de partisans du chef de l'Etat, dans un climat de tensions qui a amené l'armée à convoquer une réunion mercredi entre les protagonistes.(c) Afp

Des milliers d’opposants au président égyptien Mohamed Morsi se sont pressés mardi devant son palais, à quelques kilomètres d’une manifestation de partisans du chef de l’Etat, dans un climat de tensions qui a amené l’armée à convoquer une réunion mercredi entre les protagonistes. (c) Afp

LE CAIRE (AFP) – Pouvoir et opposition devaient se rencontrer mercredi après-midi au Caire à l’initiative de l’armée égyptienne, dans un contexte d’impasse politique totale à quelques jours d’un référendum sur un projet de Constitution controversé.

Ce référendum sera organisé sur deux jours -les 15 et 22 décembre- au lieu de la seule journée du 15, a fait savoir la commission électorale via la télévision d’Etat.

Cette mesure pourrait permettre de faire face à une pénurie de juges chargés de la surveillance du vote, que de nombreux magistrats entendent boycotter.

La rencontre pouvoir-opposition, convoquée par le ministre de la Défense et commandant des forces armées, le général Abdel Fattah al-Sissi, doit se tenir dans un club militaire.

Elle doit rassembler « au nom de l’amour de l’Egypte » le président islamiste Mohamed Morsi, le gouvernement et les principales personnalités politiques de tous bords, a annoncé mardi le général Sissi.

La principale formation de l’opposition, le Front du salut national (FSN) devait tenir une réunion mercredi pour décider ou non d’être présent. Selon les médias égyptiens, le président Morsi aurait quant à lui décidé de venir.

Cette crise, la plus grave que connaisse le pays depuis l’élection de M. Morsi en juin, a remis sur le devant de la scène l’influente armée égyptienne, éclipsée au profit du chef de l’Etat ces derniers mois.

Ce référendum est au coeur de nombreuses manifestations rivales et parfois violentes de partisans et d’adversaires du président islamiste qui se sont tenues ces derniers jours.

L’opposition de gauche et libérale estime que le projet constitutionnel ouvre la voie à une islamisation accrue de la législation et manque de garanties pour les libertés.

Le camp présidentiel assure en revanche qu’il permettra de doter le pays d’un cadre institutionnel stable après près de deux ans d’une transition politique chaotique.

Calme dans la matinée

Mardi, des manifestations rivales ont rassemblé des milliers de personnes, devant la présidence dans le quartier d’Héliopolis pour l’opposition, à quelques kilomètres de là pour les islamistes pro-Morsi.

Le calme régnait mercredi matin aux abords du palais présidentiel, près duquel de petits groupes de personnes ont passé la nuit sous des tentes.

Les deux manifestations de mardi se sont déroulées sans incident majeur malgré les tensions des derniers jours, notamment mercredi soir où des affrontements entre partisans des deux camps avaient fait sept morts.

La presse de mercredi reflétait le clivage de l’opinion. Le journal des Frères musulmans, Liberté et Justice, affirmait que l’Egypte « se mobilise en faveur de la légitimité » incarnée par M. Morsi, tandis que al-Watan, indépendant, titrait sur « la révolte d’un peuple contre le clan du président ».

Le vote sur deux jours permettra de faire voter successivement deux zones distinctes du pays, permettant aux juges de se déplacer d’une région à l’autre entre les deux tours. La capitale le Caire voterait dès samedi prochain.

La plus importante association de magistrats du pays, le Club des juges, a indiqué que 90% de ses adhérents entendaient boycotter la supervision du vote.

Le vote des Egyptiens vivant à l’étranger s’est quant à lui ouvert mercredi pour quatre jours.

Selon les chiffres officiels 586.000 Egyptiens expatriés peuvent voter dans 150 représentations diplomatiques. Les taux de participation électorale des Egyptiens de l’étranger sont en général très faibles.

L’armée a été appelée par M. Morsi en renfort de la police pour assurer la sécurité jusqu’à l’annonce des résultats.

Les Etats-Unis ont averti mardi, pour la seconde fois en deux jours, le président égyptien et l’armée qu’ils refuseraient tout « retour aux mauvais jours de l’ère Moubarak », le président déchu début 2011, pour le maintien de l’ordre.

Le département d’Etat américain a exhorté les forces de sécurité égyptiennes à « faire preuve de retenue et à respecter le droit de manifester pacifiquement ».

Le NouvelObs

Égypte: l’opposition veut manifester mardi

décembre 9, 2012
AFP La principale coalition de l’opposition égyptienne, le Front du salut national (FSN), a appelé à manifester mardi contre le référendum voulu par le président islamiste Mohamed Morsi le 15 décembre sur un projet de Constitution, qu’elle rejette.

« Nous ne reconnaissons pas le projet de Constitution car il ne représente pas le peuple égyptien », a indiqué Sameh Achour, porte-parole du FSN, lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion destinée à répondre à la décision de M. Morsi de maintenir le scrutin et d’annuler un décret lui conférant des pouvoirs étendus.

Lefigaro.fr avec AFP

Egypte: Morsi prêt à reporter le référendum

décembre 7, 2012
Egypte: Morsi prêt à reporter le référendum Egypte: Morsi prêt à reporter le référendum © AFP

Le président égyptien Mohamed Morsi « pourrait accepter de reporter le référendum » sur le projet de Constitution qui divise le pays s’il a l’assurance que ce report ne rendra pas le texte caduc, a déclaré vendredi à l’AFP le vice-président Mahmoud Mekki.

M. Morsi est prêt à considérer un report du référendum si l’opposition garantit qu’elle ne remettra pas en cause la consultation à venir sur le motif que le scrutin doit se tenir, selon la loi, deux semaines après la présentation du texte au chef de l’Etat, a expliqué M. Mekki.

Dans une déclaration jeudi soir, le président a maintenu sa décision de tenir le référendum le 15 décembre, bien que l’opposition demande l’annulation pure et simple de cette consultation sur un texte qui offre selon elle peu de garanties pour les libertés d’expression et de religion.

L’opposition réclame également l’annulation du décret du 22 novembre par lequel le président a considérablement élargi ses pouvoirs.

Le pays est plongé depuis sa plus grave crise depuis l’élection de M. Morsi en juin. Elle a dégénéré cette semaine entre affrontements entre pro et anti-Morsi au Caire qui ont fait, selon les autorités, sept morts et plus de 600 blessés autour du palais présidentiel.

Vendredi soir, plus de 10. 000 manifestants étaient réunis sur une place devant le palais présidentiel, scandant en particulier « Nous voulons la chute du régime », un slogan très populaire lors de la révolte qui a provoqué la chute du président Hosni Moubarak en février 2011.

Jeuneafrique.com avec AFP

Egypte: pro et anti-Morsi appellent à manifester devant la présidence

décembre 5, 2012
Egypte: pro et anti-Morsi appellent à manifester devant la présidence Egypte: pro et anti-Morsi appellent à manifester devant la présidence © AFP

Partisans et adversaires du président islamiste égyptien Mohamed Morsi ont appelé mercredi à des manifestations rivales au Caire devant le palais présidentiel, dans un climat de vives tensions entre les deux camps.

Les Frères musulmans, dont est issu M. Morsi, et « d’autres forces populaires » appellent à la mobilisation pour « défendre la légitimité » du chef de l’Etat face à ceux qui veulent « imposer leurs opinions par la force », a déclaré le porte-parole de la confrérie islamiste, Mahmoud Ghozlan, dans un communiqué.

Les opposants, qui avaient déjà mobilisé mardi des dizaines de milliers de personnes devant la présidence, dans le quartier d’Héliopolis, appellent une nouvelle fois à y manifester, a déclaré à l’AFP Mohamed Waked, porte-parole du Front national pour la justice et la démocratie, l’une des composantes de l’opposition.

« Il a été convenu, en coordination avec les forces révolutionnaires, de manifester devant le palais présidentiel. Si les Frères musulmans ne nous attaquent pas, tout se passera bien. Si ce n’est pas le cas, nous tiendrons M. Morsi pour responsable », a-t-il déclaré.

L’opposition, dénonçant une dérive autoritaire du pouvoir, demande le retrait d’un décret par lequel M. Morsi a considérablement élargi ses prérogatives et a mis ses décisions hors du contrôle du pouvoir judiciaire.

Elle proteste également contre un projet de Constitution qui doit être soumis à référendum le 15 décembre, estimant qu’il risque d’ouvrir la porte à une application plus stricte de la loi islamique et n’offre pas les garanties nécessaires en matière de droits fondamentaux.

Les islamistes en revanche mettent en avant que M. Morsi, premier président du pays à ne pas être issu de l’armée, bénéficie d’une légitimité acquise dans les urnes en juin dernier.

Ils soulignent que ces pouvoirs renforcés visent à accélérer la transition du pays vers la démocratie et doivent cesser avec l’adoption d’une Constitution qui sera soumise au verdict des électeurs.

Jeuneafrique.com avec AFP

Egypte: Le président Morsi a quitté le palais après l’assaut des manifestants

décembre 4, 2012
Les anti-Morsi à l'assaut du palais présidentiel, 4 décembre 2012.Les anti-Morsi à l’assaut du palais présidentiel, 4 décembre 2012. © Nasser Nasser / Sipa
Des dizaines de milliers d’opposants au chef de l’État égyptien Mohamed Morsi ont encerclé mardi soir le palais présidentiel au Caire, pour exiger qu’il retire un décret par lequel il a considérablement élargi ses pouvoirs, et qui a provoqué une profonde crise dans le pays. Les manifestants, dont beaucoup font partie de groupes laïques et de gauche, ont pu s’approcher du palais après avoir coupé les barbelés installés à quelques centaines de mètres de là. La police antiémeute a fait usage de gaz lacrymogène pour tenter de les disperser, sans succès, et a battu en retraite.

Une source à la présidence a indiqué que le président Morsi ne se trouvait pas dans le palais. Quelques personnes ont tenté d’escalader les murs du palais, mais en ont été empêchées par d’autres. Les manifestants entourent désormais le palais sur trois côtés. « Dégage ! », « Le peuple veut la chute du régime », slogans phares de la révolte qui a renversé Hosni Moubarak début 2011, ont scandé les protestataires, dont certains cognaient sur des lampadaires. Beaucoup, agitant des drapeaux égyptiens, accusent les Frères musulmans, dont M. Morsi est issu, d’avoir « vendu la révolution ».

Des pouvoirs « dictatoriaux »

Des milliers de personnes continuaient d’affluer vers le palais dans le quartier d’Héliopolis, dans la banlieue du Caire, pour protester contre les nouveaux pouvoirs du président Morsi, que l’opposition qualifie de « dictatoriaux », et contre un projet de Constitution devant être soumis à référendum dans moins de 15 jours. Plusieurs groupes et partis d’opposition avaient appelé à marcher « pacifiquement » sur le palais, dont les jeunes du 6 Avril, qui avaient contribué à lancer le soulèvement de l’an dernier, et le parti de la Constitution du Nobel de la paix Mohamed El Baradei.

Des milliers de personnes manifestent également sur l’emblématique place Tahrir, dans le centre du Caire. L’Égypte vit une profonde crise politique depuis le décret du 22 novembre, par lequel Mohamed Morsi, premier président islamiste du pays, a notamment mis ses décisions et la commission chargée de rédiger la future Constitution à l’abri de tout recours en justice. Opposants et partisans de Mohamed Morsi ont manifesté en masse après le décret, et l’annonce par le président de la tenue d’un référendum sur le projet de Constitution le 15 décembre a creusé le fossé entre les deux camps.

Morsi : un décret « temporaire »

Le pouvoir judiciaire, à qui le président a interdit de contester ses décisions, est aussi divisé. Le Conseil supérieur de la justice, en charge des affaires administratives de la magistrature, a décidé lundi de déléguer des magistrats pour superviser le référendum malgré l’appel au boycott de plusieurs juges, ouvrant la voie à la tenue du scrutin. Les élections doivent en effet être placées sous supervision judiciaire en Égypte. Mais mardi, le Club des juges, un syndicat professionnel en faveur du boycott, a campé sur sa position.

« Nous ne pardonnerons pas » aux juges qui superviseront le vote, a lancé son président, Ahmed al-Zind, en affirmant que le nombre de juges opposés à la supervision du référendum dépassait de loin le nombre de ceux y étant favorables. Mohamed Morsi assure que son décret est « temporaire » et qu’il vise à accélérer les réformes démocratiques et à mettre fin à une tumultueuse période de transition. L’opposition estime qu’il s’engage dans la voie dictatoriale qui a coûté la présidence à Hosni Moubarak, et exige qu’il annule ses décisions.

Pour les autorités, le référendum aura bien lieu et les Égyptiens de l’étranger sont appelés à voter à partir du samedi 8 décembre. Le projet de loi fondamentale, adopté en toute hâte par une instance dominée par les islamistes, est accusé de ne pas protéger certains droits fondamentaux, dont la liberté d’expression, et d’ouvrir la porte à une application plus stricte de la loi islamique. Pour protester, plusieurs quotidiens indépendants et d’opposition ont décidé de ne pas paraître mardi.

LePoint.fr