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Guinée : purge à la tête de l’armée, Mamadi Doumbouya place ses hommes

octobre 13, 2021
Lors de l’investiture du colonel Mamadi Doumbouya, le 1er octobre 2021. © DR

Le président de la transition a mis à la retraite une quarantaine d’officiers généraux. Parmi eux, l’ancien président de la transition Sékouba Konaté et plusieurs anciens proches d’Alpha Condé.

Après avoir dissous le gouvernement, l’Assemblée nationale et la plupart des institutions dans la foulée de son arrivée au pouvoir par la force, le 5 septembre dernier, le colonel Mamadi Doumbouya a annoncé une importante purge au sein de l’armée. Le président de la transition a mis à la retraite d’office quarante généraux et deux amiraux. Une décision rendue publique par un décret lu à la télévision nationale, mardi 12 octobre.

Le général Sékouba Konaté, qui fut président de la transition par intérim en 2010, a fait les frais de ce coup de balai au sein de la Grande Muette. L’officier s’était pourtant publiquement réjoui du putsch qui a renversé Alpha Condé. Moussa Dadis Camara, qui fut son binôme à la tête de la transition entre décembre 2008 et décembre 2010, s’était pour sa part déjà « volontairement retiré » de l’armée en 2015, qu’il avait quittée avec le grade de capitaine, avant d’annoncer sa volonté de se présenter à l’élection présidentielle de la même année.

Plusieurs proches d’Alpha Condé ont été écartés. Parmi eux, le général Namory Traoré, qui était jusque-là chef d’état-major général des armées, a été remplacé à son poste par le colonel Sadiba Koulibaly, considéré par certains comme la deuxième personnalité de la junte au pouvoir – laquelle n’a, pour l’heure, pas publié de liste officielle de ses membres.

Mises à l’écart et promotions

Autre « retraité d’office », le général Ibrahima Baldé, qui a été débarqué de son poste de Haut commandant de la gendarmerie et directeur de la justice militaire. Nommé par Moussa Dadis Camara, il avait été maintenu à son poste par Alpha Condé. Ironie du sort, c’est l’un de ses subordonnés, avec lequel il avait des relations difficiles, qui prend sa suite : le colonel Balla Samoura, qui est également un proche et un ami personnel de Mamadi Doumbouya.

Deux anciens ministres d’Alpha Condé, qui avaient déjà fait les frais de la dissolution du gouvernement, ont également perdu leur poste au sein de l’armée : les généraux Bouréma Condé, ancien ministre de l’Administration du territoire, et Rémy Lamah, ancien ministre de la Santé.

Autre général mis au placard, le général Mathurin Bangoura, l’ancien gouverneur de la ville de Conakry, qui avait déjà été remplacé à ce poste par la générale de brigade à la retraite M’mahawa Sylla, première femme à occuper cette position. Également démis et retraité, le général de division Siba Lohalamou, qui occupait les mêmes fonctions de gouverneur à Boké, dans le nord-ouest du pays. Plusieurs généraux qui avaient été nommés à des postes d’attachés de défense dans les ambassades ont également été appelés à faire valoir leurs droits à la retraite : Boundouka Condé (Berlin), Aboubacar Biro Condé (Paris) et Bachir Diallo (Alger).

HUIT AFFIDÉS DE MAMADI DOUMBOUYA ONT ÉTÉ PROMUS GOUVERNEURS DANS LES HUIT RÉGIONS ADMINISTRATIVES DU PAYS

Cette mise à l’écart d’une partie de la haute hiérarchie militaire qui tenait les rênes de l’armée sous l’ère Alpha Condé s’est accompagnée d’une soudaine montée en grade de plusieurs affidés de Mamadi Doumbouya. Huit d’entre eux ont été promus gouverneurs dans les huit régions administratives du pays.

Les directions des trois grandes composantes de l’armée sont également renouvelées. Le colonel Balla Koïvogui, qui commandait jusque-là le bataillon spécial de Conakry, est nommé chef d’état-major de l’armée de terre ; le colonel Yacouba Touré, qui était en mission de maintien de la paix au Soudan du Sud, devient chef d’état-major de l’armée de l’air, et le capitaine de vaisseau Amadou Sow, chef d’état-major de l’armée de mer.

Lots de consolation

Vingt-huit des 42 « retraités » ont été nommés membres du Conseil supérieur de la défense nationale (CSDN), un organe créé en 2016 par Alpha Condé. Sous l’autorité directe du président de la République, le CSDN est supposé être « l’organe suprême qui traite de l’orientation stratégique des questions de défense et de sécurité ». Mais la nomination des officiers fraîchement retraités apparaît en réalité comme un lot de consolation, tant ce Conseil n’a « jamais réellement fonctionné », souligne une source de Jeune Afrique au sein du ministère de la Défense.

À noter enfin que le général Aboubacar Sidiki Camara – alias « Idi Amin » – , est également mis à la retraite, mais sans être nommé au CSDN. Réputé proche de Mamadi Doumbouya, dont il fait figure de mentor, le militaire semble être appelé à assumer dans les prochaines semaines un rôle plus important.

Pour Mamadi Doumouya, qui place ses hommes aux plus hautes fonctions militaires, il s’agit avant tout de consolider son pouvoir. Un grand jeu de chaises musicales qui peut néanmoins faire peser un risque sur la chaîne de commandement, en particulier en raison du vide laissé dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, tant les hommes du Groupement des forces spéciales sont désormais pour une large part accaparés par la gestion des affaires de l’État. « Le bataillon de sécurité présidentielle a été démantelé, ses éléments affectés à l’intérieur du pays. Ceux du groupement des forces spéciales assurent désormais la sécurité présidentielle, la police judiciaire et font des patrouilles. Toute chose qui ne relève pas de leur domaine », relève un cadre de l’ancien régime.

Avec Jeune Afrique par Diawo Barry

Angola: la purge anti-Dos Santos se poursuit

janvier 14, 2018

Le président angolais Joao Lourenço à Abidjan pour le sommet Union européenne – Afrique, le 29 novembre 2017. © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Après la fille, le fils ! Cent jours à peine après son investiture, le président angolais Joao Lourenço a mis sur la touche les proches de son prédécesseur Jose Eduardo dos Santos, symboles d’un régime corrompu avec lequel il affirme vouloir rompre.

Ouvert en novembre avec l’éviction d’Isabel dos Santos de la compagnie publique pétrolière Sonangol, ce grand ménage s’est conclu cette semaine avec celui de son demi-frère, Jose Filomeno, du fonds d’investissement souverain du pays.

Attendue depuis des semaines, la chute du fils de l’ex-chef de l’État, surnommé « Zenu », n’a surpris personne.

Coup de balais

Depuis son arrivée au pouvoir dans la foulée des élections d’août dernier, M. Lourenço a remanié à sa main tout ce que l’Angola compte d’institutions et d’entreprises publiques en s’y débarrassant des fidèles de l’ancien régime.

« Lourenço a mis de côté toutes les personnalités sur lesquelles il n’a pas de contrôle », résume l’analyste Benjamin Augé, de l’Institut français pour les relations internationales (Ifri). « Les membres de la famille Dos Santos font partie de cette catégorie, ils ont donc été un à un écartés. »

Comme sa soeur Isabel, Jose Filomeno dos Santos incarnait l’empire politico-financier bâti par son père, qui a profité de son règne de trente-huit ans pour mettre l’économie du pays en coupe réglée au profit d’une poignée de proches.

« Personne ne sera au-dessus des lois »

Longtemps un pilier de ce régime, Joao Lourenço avait promis pendant sa campagne électorale de prendre ses distances avec ce système et de combattre la corruption, où qu’elle soit. « Personne ne sera au-dessus des lois », avait-il martelé.

Jusque-là intouchable, la famille Dos Santos s’est très vite retrouvée sur le banc des accusés.

À la suite de plusieurs articles de presse, la nouvelle direction de la Sonangol a annoncé enquêter sur des mouvements de fonds jugés « suspects » ordonnés par son ancienne patronne. « Zenu » est, lui, mis en cause dans le scandale des « Paradise Papers ».

Un contrat très généreux

La télévision publique TPA a de son côté récemment révélé les détails d’un contrat très généreux, aujourd’hui annulé, qui a fait pendant des années la fortune d’une société de production d’une autre fille Dos Santos, Welwitschia.

Studio dernier cri, personnel, véhicules, le tout pour un montant annuel de 17,5 millions de dollars, entièrement aux frais du contribuable angolais, un des plus pauvres de la planète…

« Ce contrat était défavorable à l’État », a justifié M. Lourenço devant la presse. « La TPA l’a donc rompu ».

L’époux d’Isabel, le collectionneur d’art et homme d’affaires congolais, Sindika Dokolo, n’a pas non plus échappé à la purge. La société angolaise de commercialisation des diamants a cédé ses parts d’un joaillier suisse dont M. Dokolo est actionnaire.

« Une campagne de diffamation »

La famille Dos Santos a peu goûté ce vent du changement. Considérée par le magazine américain Forbes comme la femme la plus riche d’Afrique, Isabel a nié toute malversation et dénoncé une « campagne de diffamation » et de « fausses nouvelles ».

Toujours chef du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) au pouvoir, Jose Eduardo dos Santos s’est lui-même ému du ménage ordonné par son successeur.

« Les changements sont nécessaires mais ne devraient pas être aussi radicaux », a-t-il lancé le mois dernier lors d’une de ses très rares apparitions publiques.

L’opposition réclame des sanctions pénales

Une fois n’est pas coutume, l’opposition a salué l’offensive du gouvernement contre le « népotisme » d’un système qu’elle dénonce depuis longtemps. Elle réclame désormais des poursuites.

« Tous ces limogeages ne seront politiquement pertinents que s’ils sont suivis de sanctions pénales », a déclaré le vice-président d’un des deux principaux partis d’opposition, la Casa-CE, Lindo Bernardo Tito, « le président doit ordonner sans délai des enquêtes judiciaires ».

Peu estiment toutefois que Joao Lourenço s’aventurera jusque-là.

« Je doute fort qu’un dossier judiciaire sérieux puisse émerger contre la famille. Même si l’enquête interne de la Sonangol constitue clairement un avertissement », juge Alex Vines, du centre de réflexion britannique Chatham House.

 « Nous ne persécutons pas ces gens »

Par souci d’apaisement, Joao Lourenço a tenu lui-même à démentir toute « vendetta » contre le clan dos Santos.

« Je ne vois aucune tension dans nos relations », a assuré lundi le chef de l’État lors d’une conférence de presse donnée à l’occasion de ses cent premiers jours à la tête du pays. « Nous ne persécutons pas ces gens », a-t-il insisté.

« Lourenço doit faire en sorte que la transition se poursuive en douceur », analyse M. Vines. « Dos Santos a prévu de quitter la présidence du MPLA en 2018. S’il a le sentiment qu’une chasse aux sorcières est en cours contre sa famille et ses proches, il pourrait bien traîner les pieds ».

Emprisonné, le Dr Muray, le médecin de Michael Jackson, est très malade

mars 20, 2012

Au fond du trou

Le médecin de Michael Jackson, le docteur Murray purge actuellement une peine de quatre ans de prison à Los Angeles et a fait savoir qu’il était très malade.

Le Dr Murray est au plus mal depuis son incarcération en novembre dernier. Être derrière les barreaux, le Dr Murray le vit mal. Très mal, d’après TMZ. En quatre mois, il a perdu quinze kilos et serait atteint de diarrhée chronique. Une maladie due, selon lui, à l’eau de mauvaise qualité et à la nourriture (qu’il paie lui-même). Pour lui, sa santé serait en péril.

« Je suis le seul humain qu’on force à manger du maquereau en boite, de la nourriture pour chat », s’est plaint le médecin à son entourage.

Du côté des autorités de la prison, le porte-parole, Steve Whitmore, affirme que « tous les prisonniers reçoivent toute la nourriture correcte et les soins médicaux dont ils ont besoin ».

D’après TMZ, les avocats de Conrad Murray seraient même en train d’essayer de le faire sortir de prison en arguant du fait que sa santé est compromise. Mais ces appels répétés semblent vains puisque plusieurs ont déjà été rejetés et un autre est en cours.

En attendant, on ne saurait que trop conseiller au Dr Murray de manger des carottes et du riz.

Voici.fr par A.R