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Burkina Faso : Le procès du putsch manqué de 2015 à nouveau reporté

juillet 23, 2019

 

Le procès du putsch manqué de septembre 2015 au Burkina Faso a de nouveau été renvoyé au 29 juillet, dans l’attente d’une décision du Conseil constitutionnel saisi par les avocats du général Gilbert Diendéré, un des principaux accusés.

C’est le deuxième renvoi depuis le 15 juillet, date à laquelle devaient commencer les plaidoyers de la défense. Les avocats du général Diendéré ont informé avoir déposé une «question prioritaire d’inconstitutionnalité». «Le tribunal doit, sans chercher à apprécier, surseoir à appliquer les dispositions qui posent problème et saisir le conseil constitutionnel qui doit statuer dans un délai maximum d’un mois», avait expliqué Me Mathieu Somé, un des avocats du général Gilbert Diendéré.

Le 16 septembre 2015, des soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) avaient tenté en vain de renverser le gouvernement de transition mis en place après la chute du président Blaise Compaoré, chassé le 31 octobre 2014 par une insurrection populaire après 27 ans au pouvoir.

Au total, 84 accusés sont jugés depuis février 2018, dont le général Gilbert Diendéré, principal accusé et cerveau présumé du coup de force manqué, qui avait fait 14 morts et 270 blessés. Lors du putsch, le général Diendéré avait pris la tête du Conseil national pour la démocratie, organe dirigeant des putschistes, avant de rendre le pouvoir face à la pression populaire et à l’armée loyaliste.

Le procureur du tribunal militaire de Ouagadougou a requis la prison à vie à l’encontre des généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, les deux principaux accusés du procès du putsch manqué de 2015, après avoir demandé la reconnaissance de leur culpabilité pour «attentat à la sûreté de l’état», «trahison», «meurtres et coups et blessures».

Par Le Figaro.fr avec AFP

Un an après, la Turquie commémore le putsch maté par Erdogan

juillet 15, 2017

La Turquie commémore la sanglante tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016 contre le président Recep Tayyip Erdogan, le 15 juillet 2017 à Istanbul / © AFP / OZAN KOSE

La Turquie commémorait samedi la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016 contre le président Recep Tayyip Erdogan, dont la riposte musclée a ébranlé un pays qui vit au rythme des purges massives.

« Cela fait un an qu’une épopée a été écrite pendant la plus sombre des nuits », a déclaré le Premier ministre Binali Yildirim lors d’une session parlementaire spéciale à Ankara à laquelle M. Erdogan assistait, première étape d’un programme chargé de commémorations.

M. Erdogan devait se rendre à Istanbul pour participer à plusieurs cérémonies, comme l’inauguration d’un mémorial, avant de retourner à Ankara pour y prononcer un discours à 23h32 GMT, heure précise à laquelle les putschistes ont bombardé l’Assemblée nationale.

Dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016, des militaires factieux ont semé la mort à travers le pays à l’aide d’avions de chasse, d’hélicoptères et de chars. Près de 250 militaires et civils anti-putsch ont été tués, et sont élevés aujourd’hui au rang de « martyrs ».

Dans tout le pays, des statues ont été érigées à leur gloire tandis que leurs portraits s’affichent en posters dans le métro d’Istanbul. Des vidéos sponsorisées par le gouvernement racontant l' »épopée du 15 juillet » étaient diffusées à la télévision.

Si la déroute des militaires factieux est saluée par Ankara comme une victoire démocratique, les purges lancées depuis par les autorités ont suscité l’inquiétude de pays européens et d’organisations de défense des droits de l’Homme.

Accusant le prédicateur Fethullah Gülen d’être derrière le putsch, ce que nie l’intéressé, Ankara traque inlassablement ses sympathisants depuis un an: 50.000 personnes ont été arrêtées, plus de 100.000 limogées par vagues successives.

Vendredi encore, plus de 7.000 militaires, policiers et employés de plusieurs ministères ont été radiés par décret-loi.

– ‘Chasse aux sorcières’ –

Le même jour, M. Gülen, un ancien allié de M. Erdogan qui vit en exil aux Etats-Unis, a de nouveau rejeté tout lien avec le « putsch abject » et dénoncé une « chasse aux sorcières » contre ses partisans. Ankara réclame depuis un an à Washington son extradition, sans succès.

Les opposants du président turc l’accusent de dérive autocratique depuis la tentative de coup d’Etat, la plus violente et spectaculaire forme de contestation contre lui depuis qu’il a accédé au pouvoir en 2003.

L’un des épisodes les plus marquants s’est déroulé sur l’un des ponts qui enjambent le Bosphore, rebaptisé depuis le « pont des Martyrs du 15 juillet », où des putschistes ont tiré sur des civils. M. Erdogan doit y inaugurer samedi soir un « mémorial des martyrs ».

Plus puissant que jamais à la faveur d’une révision constitutionnelle controversée, M. Erdogan a balayé les critiques, dénonçant un « manque d’empathie » de l’Occident, avec lequel les relations se sont tendues.

« Plus rien ne sera comme avant le 15 juillet », a déclaré jeudi M. Erdogan lors d’une cérémonie d’hommage aux victimes du coup d’Etat manqué à Ankara, qualifiant la tentative de putsch de « tournant » dans l’histoire de la Turquie.

– ‘Justice anéantie

Les purges lancées après le putsch ont en tout cas bouleversé les institutions: 4.000 magistrats ont été radiés et l’armée turque, la deuxième de l’Otan, est affaiblie, avec le limogeage d’au moins 150 généraux.

Le gouvernement turc affirme que de telles mesures d’exception, prises dans le cadre de l’état d’urgence en place depuis un an, sont nécessaires pour nettoyer l’Etat des éléments gulénistes qui l’ont méthodiquement infiltré pendant des décennies.

Mais, dépassant le cadre des partisans présumés de M. Gülen, cette traque a aussi touché les milieux prokurdes, dont les principaux dirigeants politiques ont été écroués, des journalistes critiques ou encore des ONG.

Ces développements ont profondément polarisé la société entre pro et anti-Erdogan. Alors que tous les partis politiques avaient fait voeu d’unité après le traumatisme du 15 juillet, un an après, le paysage politique est plus fracturé que jamais.

Un mouvement de protestation pour défendre « la justice » conduit par le leader du principal parti d’opposition (CHP), Kemal Kiliçdaroglu, est ainsi parvenu à mobiliser des centaines de milliers de mécontents.

« Au cours de l’année écoulée, (…) les poursuites sont sorties du cadre du droit, la justice a été anéantie », a déploré samedi M. Kiliçdaroglu s’exprimant au Parlement.

Romandie.com avec(©AFP / 15 juillet 2017 17h40)

Burkina : 107 personnes inculpées pour le putsch raté du général Diendéré

avril 12, 2017

Le général Gilbert Diendéré à l’aéroport de Ouagadougou, le 18 septembre 2015. © Theo Renaut/AP/SIPA

Selon nos information, 107 personnes ont été inculpées par le juge d’instruction en charge de l’enquête sur le putsch raté de mi-septembre 2015 du général Gilbert Diendéré. Le procès concernant ce dossier n’est toutefois pas attendu avant la fin de l’année.

Depuis l’ouverture de l’enquête sur le coup d’État manqué de septembre 2015 du général Diendéré et du Régiment de sécurité présidentielle, la justice militaire burkinabè a inculpé 107 personnes pour leur implication présumée, a appris Jeune Afrique ce mercredi 12 avril.

« Le juge d’instruction veut clôturer l’enquête, et va convoquer  incessamment les avocats des accusés pour recueillir leurs observations avant de transmettre le dossier au parquet militaire pour clôture car il n’y a plus d’acte à poser », a confié sous couvert de l’anonymat une source proche de l’enquête.

En décembre dernier, le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, Alioune Zanré avait fait état de l’inculpation de 90 personnes pour leur participation présumée à la tentative de putsch de 2015. Parmi ces dernières, plus de 40 sont détenues à la Maison d’arrêt et de correction des armées. Il s’agit pour la plupart des militaires de l’ex-garde de l’ancien président  Blaise Compaoré, en exil en Côte d’Ivoire depuis sa chute en octobre 2014.

Alioune Zanré avait également précisé qu’une dizaine de civils étaient poursuivis pour complicité avec les auteurs présumés du putsch parmi lesquels Léonce Koné, connu pour avoir dirigé le directoire du  Congrès pour la démocratie et le Progrès (CDP) au lendemain de l’insurrection populaire ou encore l’homme d’affaires et ex-président du parti de Compaoré, Eddie Komboigo. Me Hermann Yaméogo, patron de l’UNDD est aussi mis en cause à l’instar des journalistes Adama Ouédraogo dit Damiss et Caroline Yoda.

Un procès avant la fin de l’année

Depuis donc, de nouveaux noms sont venus gonfler la liste des personnes mises en cause dans ce dossier. Celui du député Salif Sawadogo −membre du CDP − par exemple. D’après nos informations,  l’ex députée et par ailleurs épouse du général putschiste, Fatou Diendéré, et l’ancien ministre des Sports, René Émile Kaboré, tous deux en fuite, font l’objet de poursuite pour complicité.

Le général Diendéré, le principal accusé − il est accusé de crimes contre l’humanité et d’atteinte à la sûreté de l’État − a vu son temps de détention prolongé de six mois par la justice militaire. Idem pour le général Djibrill Bassolé, poursuivi lui aussi pour atteinte à la sûreté de l’État.

Pour l’instant, la justice militaire n’avance aucune date pour les premières audiences de ce procès. « Nous devons  forcément juger l’affaire avant la fin de cette année », a toutefois assuré à Jeune Afrique une source judiciaire. Et de conclure : « Notre souhait était de juger l’affaire en juin mais ça m’étonnerait que l’on puisse tenir ce délai à présent. »

Jeuneafrique.com par

Turquie: 149 généraux et amiraux limogés après le putsch raté

juillet 27, 2016

Istanbul – Cent quarante-neuf généraux et amiraux ont été limogés de l’armée turque pour leur implication dans le coup d’Etat raté du 15 juillet, a annoncé mercredi soir un responsable turc.

Ils ont été limogés pour leur complicité dans la tentative de coup d’Etat, a déclaré ce responsable, précisant qu’il s’agissait de 87 hauts gradés de l’armée de terre, 30 de l’armée de l’air et 32 de la marine.

Ces limogeages en nombre sont intervenus à la veille d’un Conseil militaire suprême qui doit se tenir jeudi à Ankara en présence du Premier ministre turc Binali Yildirim et des plus hauts responsables de la hiérarchie militaire, afin de procéder à un ample remaniement de l’armée.

Depuis le coup d’Etat raté du 15 juillet, 178 généraux avaient été placés en garde à vue, soit la moitié des généraux et amiraux de l’armée, selon des chiffres donnés par le ministère de l’Intérieur.

Si d’après des chiffres officiels, une petite partie de l’armée turque –la deuxième plus importante en nombre de soldats après celle des Etats-Unis– a été impliquée dans le coup, le ministre de l’Energie et gendre du président Recep Tayyip Erdogan a précisé que les partisans de Fethullah Gülen, le prédicateur en exil qu’Ankara accuse d’avoir fomenté le coup, avaient infiltré la haute hiérarchie militaire.

Romandie.com avec(©AFP / 27 juillet 2016 22h07)

Le Burkina dans l’attente d’une sortie de crise après le putsch

septembre 20, 2015

Les protagonistes de la crise au Burkina Faso discutaient dimanche à Ouagadougou d’un plan de sortie de crise après le coup d’Etat de mercredi, mené par le général Gilbert Diendéré. La tension reste cependant vive dans la capitale.

Plusieurs manifestations se sont déroulées ces derniers jours. Selon un dernier bilan hospitalier samedi, les violences qui ont accompagné le coup d’Etat ont fait au moins 10 morts et 113 blessés.

Dimanche matin, une centaine de sympathisants du général Diendéré ont fait irruption dans l’hôtel où les médiateurs négociaient. Ils ont saccagé le mobilier du hall et chassé à coups de cordelettes des anti-putschistes et des journalistes rassemblés devant l’établissement.

La médiation dure depuis plus de 48 heures. Elle est dirigée le président sénégalais Macky Sall, lequel préside aussi la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Il est assisté du représentant de l’ONU en Afrique de l’Ouest Mohamed Ibn Chambas. Le général Diendéré -proche du président déchu Blaise Compaoré- et des représentants de la classe politique et la société civile ont pris part aux pourparlers.

Propos rassurants
La présidence sénégalaise avait annoncé samedi travailler sur un scénario « qui pourrait très fortement conduire au retour » du président de la transition Michel Kafando.

Le président béninois Boni Yayi, également médiateur, a promis « une bonne nouvelle ». Il a laissé entendre qu’il pourrait s’agir d' »un retour » aux institutions en place avant le coup de force du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP).

Le général Diendéré s’est aussi montré rassurant samedi, déclarant: « Je n’ai jamais dit que j’allais conserver le pouvoir ». Rien n’a filtré en revanche sur les éventuelles garanties ou contreparties offertes aux putschistes.

Elections prévues en octobre
Le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) commandé par le général Diendéré a renversé le gouvernement de transition. Il a annoncé jeudi la création d’un « conseil national pour la démocratie ».

Gilbert Diendéré est un proche de Compaoré, dont il fut le chef des renseignements. Il a affirmé que l’ex-président n’a joué aucun rôle dans le renversement du pouvoir.

Le coup d’Etat, a-t-il expliqué, a été mené pour empêcher le démantèlement de la garde présidentielle et parce que plusieurs anciens alliés de Compaoré n’étaient pas autorisés à se présenter aux élections. Celles-ci sont prévues le 11 octobre et sont censées parachever la transition.

Nombreux précédents
Le putsch a été condamné notamment par les Etats-Unis et par la France, ancienne puissance coloniale. Les Nations unies ont réclamé la reprise du processus de transition démocratique.

Le Burkina Faso a connu depuis son indépendance en 1960 de nombreux coups d’Etat militaires. Le général Diendéré avait joué un rôle clé dans le putsch de 1987 qui avait porté au pouvoir Blaise Compaoré et s’était soldé par la mort du président Thomas Sankara.

Romandie.com

Burundi : putsch ou piège ?

juin 2, 2015

Le général Cyrille Ndayirukiye (au centre), à Bujulbura, le 13 mai.
Le général Cyrille Ndayirukiye (au centre), à Bujulbura, le 13 mai. © Jean Pierre Aime Harerimana/Reuters

Le président Nkurunziza aurait-il délégué à ses hommes de confiance l’organisation d’un « vrai-faux » coup d’État pour faire sortir ses détracteurs du bois ?

Depuis l’échec du coup d’État contre le président Pierre Nkurunziza, le scénario d’un vrai-faux putsch orchestré en sous-main par le régime circule avec insistance. Simple rumeur à l’origine, il s’est nourri des fausses notes constatées pendant ces deux jours où le Burundi a failli basculer : deux généraux putschistes (Godefroid Niyombare et Cyrille Ndayirukiye) qui annoncent prématurément, sur les ondes des radios privées, le renversement du président (absent du pays, pour cause de réunion de la Communauté est-africaine en Tanzanie), alors qu’ils ne sont pas encore maîtres de la capitale ; un conseiller de la présidence (Willy Nyamitwe) qui, aussitôt, qualifie l’opération de « blague » ; et un chef d’état-major (Prime Niyongabo) qui, le soir même, invite les putschistes à déposer les armes. Il n’en fallait pas plus pour voir émerger l’hypothèse d’un coup d’État commandité par sa supposée victime afin de purger les forces armées de leurs éléments dissidents, tout en permettant, dans la confusion générale, le saccage des médias privés.

Hypothèse crédible

Depuis, divers témoignages incitent à prendre l’hypothèse au sérieux. « Fin avril, les généraux Niyombare et Ndayirukiye ont participé à une réunion avec le ministre de la Défense, Pontien Gaciyubwenge, le chef d’état-major des armées (cema), Prime Niyongabo, mais aussi les responsables régionaux et chefs d’unité de l’armée », assure à Jeune Afrique Me Onésime Kabayabaya, avocat de Ndayirukiye, lequel est aujourd’hui aux arrêts. « Leur principale préoccupation était de savoir comment la Défense allait se positionner face à l’obstination présidentielle à briguer un troisième mandat, au risque de plonger le pays dans le chaos. »

Selon l’avocat, l’hypothèse d’un coup de force aurait été évoquée à mots couverts, sans faire tousser ni le ministre ni le cema. Aujourd’hui, Ndayirukiye demande à être confronté à ses deux anciens supérieurs, qu’il désigne implicitement comme complices du putsch.  Selon plusieurs sources burundaises, rwandaises et belges, le scénario serait le suivant : face à la fronde populaire et à la dissidence de cadres politiques et militaires issus de son propre parti, le CNDD-FDD, Nkurunziza aurait délégué à ses hommes de confiance l’organisation d’un « vrai-faux » putsch destiné à faire sortir ses détracteurs du bois, tout en torpillant le sommet régional où il craignait d’être critiqué par ses pairs.

Cheval de troie

Au coeur du dispositif, un cheval de Troie : le général Niyongabo, qui aurait assuré aux conjurés que l’armée les suivrait. Au matin du 13 mai, selon une source proche des putschistes, ce dernier indique à Niyombare qu’il peut annoncer la réussite du coup d’État sur les ondes des radios privées, tandis que lui-même se charge de prendre le contrôle de la radio nationale (RTNB). Au même moment, le ministre de la Défense, qui pense que le putsch est appuyé par le cema, informe le militant des droits de l’homme Pierre-Claver Mbonimpa du coup d’État. « Il m’a dit que les choses allaient se dérouler sans problème », témoignera l’intéressé.

Croyant bénéficier de l’appui du cema, Niyombare et Ndayirukiye se jettent dans la gueule du loup. Mais ils se retrouvent confrontés à une forte résistance des unités loyalistes. « Niyongabo a joué double jeu », analyse Bob Rugurika, directeur de la radio privée RPA. En comprenant que Niyongabo est resté fidèle à Nkurunziza, le ministre Gaciyubwenge se fait tout petit. Deux jours après le putsch, il est limogé. Selon nos informations, il a fui vers l’Europe, où il se trouverait aujourd’hui. Quant à Niyombare, introuvable depuis le 15 mai, lui aussi aurait quitté le Burundi. Leurs témoignages sur les circonstances du putsch devraient bientôt permettre de cerner si celui-ci a été, pour Nkurunziza, une désagréable surprise… ou une bonne nouvelle.

Jeuneafrique.com par Mehdi Ba

Burundi : craintes de représailles au lendemain de la tentative de putsch

mai 17, 2015

La façade du siège de la radio RPA à Bujumbura, le 15 mai 2015. La façade du siège de la radio RPA à Bujumbura, le 15 mai 2015. © AFP

Journalistes contraints de se « mettre à l’abri », craintes de représailles contre les manifestants opposés à Pierre Nkurunziza : le pouvoir burundais était accusé samedi de vouloir étouffer toute contestation après le putsch manqué, dont certains meneurs ont été entendus par le parquet.

Dix-sept putschistes ont été conduits samedi devant le parquet, dont trois meneurs arrêtés vendredi à l’aube : le numéro deux du mouvement le général Cyrille Ndayirukiye, et les commissaires Zénon Ndabaneze et Herménégilde Nimenya. Ils n’ont pas encore été inculpés mais sont « accusés de tentative de renversement des institutions », selon l’un de leurs avocats, Me Anatole Miburo.

Ces hommes ont été « sérieusement tabassés, particulièrement le général Cyrille Ndayirukiye », a ajouté l’avocat, affirmant que les services de renseignements ont forcé le général à enregistrer des aveux publics diffusés sur les ondes de la Radio et télévision nationale burundaise.

Par ailleurs, on est toujours sans nouvelles du chef des putschistes, le général Godefroid Niyombare.

Signe d’une situation toujours tendue à Bujumbura, des ONG européennes ont évacué leur personnel expatrié vers le Rwanda voisin samedi, selon un diplomate et des journalistes de l’AFP. Les Etats-Unis avaient conseillé la veille à leurs ressortissants de quitter le pays le plus rapidement possible.

Selon un défenseur burundais des médias, Innocent Muhozi, le patron de la très populaire radio privée RPA Bob Rugurika, visé par des menaces d’emprisonnement et même de mort en provenance du camp Nkurunziza, a « dû se mettre à l’abri à l’étranger momentanément ».

La RPA, mais aussi Radio-Télé Renaissance que M. Muhozi dirige par ailleurs, et les deux autres principales radios privées Bonesha et Isangarino, qui avaient diffusé les messages des putschistes, ont été attaquées par les forces loyales au président Nkurunziza pendant la tentative de coup, parfois à la roquette et au point de ne plus pouvoir émettre.

Liste de » journalistes à arrêter »

Selon M. Muhozi, le cas de M. Rugurika est extrême — sa radio, la plus écoutée, est la plus menacée. Mais les patrons de Bonesha et Isangarino sont aussi allés « se planquer ».

« Le pouvoir est en train de casser les radios », a poursuivi M. Muhozi, qui lui refuse de se cacher. « Il les a d’abord cassées physiquement (…) Maintenant ils veulent casser les journalistes, moralement, judiciairement », parlant d’une liste de « journalistes à arrêter ».

Sollicité par l’AFP, la présidence burundaise n’a pas réagi à ces accusations dans l’immédiat.

Accusés de soutenir l’opposition, les médias privés sont dans la ligne de mire du pouvoir.

Leurs relations avec le gouvernement s’étaient encore sérieusement détériorées depuis le début de manifestations d’opposition à un très controversé troisième mandat du président Nkurunziza — le chef de l’État a été désigné par son parti le Cndd-FDD comme son candidat à la présidentielle du 26 juin — et se sont encore dégradées avec la tentative avortée de coup d’État lancée mercredi par le général Godefroid Niyombare.

La protestation populaire anti-troisième mandat, émaillée depuis son début le 26 avril de heurts parfois violents entre manifestants et policiers ou jeunes du parti au pouvoir (les Imbonerakure) qui ont fait une vingtaine de morts, a été interdite par le gouvernement.

Signe de sa volonté de briser le mouvement, Pierre Nkurunziza, officiellement rentré à Bujumbura mais qui n’est toujours pas apparu en public depuis l’annonce de l’échec du putsch, a lié ces manifestations à la tentative de coup d’État, dans un discours publié sur le site de la présidence.

« On a tous peur »

Le mouvement contre sa candidature à la présidentielle, jugé inconstitutionnelle par ses opposants, avait été présenté par Godefroid Niyombare, ex-compagnon d’armes du président pendant la guerre civile (1993-2006) burundaise, comme une justification du putsch: il avait accusé Nkurunziza, déjà élu en 2005 et 2010, de se représenter « au mépris » du peuple.

Dans les quartiers périphériques de Bujumbura foyers de la contestation populaire récente, les manifestants réfutaient tout « lien » avec les putschistes, mais craignaient de faire les frais de leur débâcle.

« Nous et le coup d’État, ça n’a aucun rapport », a lancé Martin, comptable de 34 ans, à Nyakabiga (est).

Le jeune homme est convaincu que les manifestations, interrompues pendant la tentative de putsch, reprendront de plus belle lundi. Mais pour l’heure, dans le quartier, quelques dizaines de manifestants seulement tentaient difficilement de mobiliser une population encore timorée.

« On a tous peur, depuis qu’ils ont détruit nos radios, on ne sait pas ce qu’il se passe, on craint qu’il ne viennent pendant la nuit et qu’ils nous tuent », a renchéri Ghislaine, jeune maman, évoquant à demi-mot les Imbonerakure, accusés de campagnes d’intimidation contre les opposants au président et qualifiés de « milice » par l’ONU.

Le centre de Bujumbura était très animé contrairement aux dernières semaines: les habitants profitaient de la fin des combats entre putschistes et loyalistes et de la levée des barricades dans les quartiers périphériques pour s’approvisionner en nourriture, retirer de l’argent ou alimenter leurs comptes prépayés pour l’eau et l’électricité.

« Dans ce pays, ce n’est pas la première fois qu'(une crise) arrive », explique Alexandre, cadre bancaire de 56 ans. « Les gens sont habitués à faire des stocks ».

L’histoire post-coloniale du petit pays d’Afrique des Grands Lacs est jalonnée de massacres. Terrorisés par le climat pré-électoral — des législatives et communales ont aussi lieu le 26 mai — plus de 100.000 Burundais, selon l’ONU, ont récemment fui dans les pays voisins.

Jeuneafrique.com :

Burundi: Nkurunziza remercie les forces de sécurité et défense pour leur efficacité à stopper le putsch

mai 15, 2015

Bujumbura (Burundi) – Le président burundais Pierre Nkurunziza, sorti vendredi victorieux d’une tentative de coup d’Etat, a remercié les forces de défense et de sécurité pour leur efficacité et leur rapidité à stopper le putsch et annoncé la réouverture des frontières du pays.

A l’occasion de ce jour mémorable, nous voulons remercier du fond du coeur les corps de défenses et de sécurité pour l’efficacité et la rapidité dont ils ont fait preuve pour stopper le projet macabre de détruire les institutions démocratiquement élues, a-t-il dit dans un discours publié sur le site de la présidence en kirundi, la langue nationale, et qui devait aussi être diffusé sur la radio et télévision nationale.

Nous annonçons à la population et la communauté internationale que toutes les frontières du pays sont ouvertes et sont sous bonne garde et que la vie est redevenue normale, a-t-il ajouté.

Le chef de l’Etat a aussi établi un lien entre le groupe de putschistes et les soulèvements en cours, une référence aux manifestations d’opposants à sa candidature à un troisième mandat présidentiel qui ont immédiatement repris après l’échec du putsch.

Il est évident que les soulèvements en cours sont liés au groupe qui voulait renverser les institutions, a-t-il poursuivi, demandant avec force que le soulèvement soit arrêté immédiatement et que ceux qui ont des doléances à présenter passent par la voie du dialogue et de la concertation et non par la voie de la violence.

La tentative de coup d’Etat lancée mercredi par le général Godefroid Niyombare s’est soldée vendredi par un échec, la reddition de certains des meneurs et la fuite d’autres.

Dès vendredi matin, les manifestations d’opposition à un troisième mandat du président Nkurunziza, qui avaient été interrompues au lancement de la tentative de putsch mais dont Bujumbura avait été presque quotidiennement le théâtre depuis la désignation du chef de l’Etat comme le candidat du parti au pouvoir Cndd-FDD au scrutin du 26 juin, ont repris dans la capitale.

Ces manifestations ont dès le début été interdites par le gouvernement burundais, qui assimile les protestataires à des terroristes.

Romandie.com avec(©AFP / 15 mai 2015 18h57)

Mali : le capitaine Sanogo promu au grade de général

août 14, 2013

Le capitaine Amadou Sanogo, auteur du coup d’État du 22 mars 2012 qui avait déstabilisé le Mali, a été promu général, mercredi 14 août, en Conseil des ministres. Une promotion qui intervient trois jours après le second tour de l’élection présidentielle remportée par l’ex-Premier ministre Ibrahim Boubacar Keïta.

Le Conseil des ministres « a validé la nomination du capitaine Amadou Sanogo, au grade de général de corps d’armée », a indiqué à l’AFP le porte-parole du ministère malien de la Défense, Diarran Koné, mercredi 14 août. Une belle promotion – et une formidable revanche – pour ce capitaine qui fut renvoyé du prytanée militaire de Kadiogo, au Burkina, puis de l’école militaire de Koulikoro, au Mali.

Sa promotion du grade de capitaine à celui de général intervient trois jours après le second tour de l’élection présidentielle remportée par l’ex-Premier ministre Ibrahim Boubacar Keïta qui était resté très discret au moment du coup d’État, à l’inverse de son adversaire au scrutin, Soumaïla Cissé. M. Cissé, un ex-ministre des Finances, a été un farouche opposant au putsch.

Amadou Sanogo, 40 ans, dispose déjà, depuis le 20 mai 2012 par un accord conclu in extremis avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), du statut d’ancien chef d’État. Il avait justifié le coup d’État de mars 2012 ayant renversé le président élu Amadou Toumani Touré par « l’incapacité d’un État corrompu à lutter contre la montée des périls en tous genres dans le nord du Mali, groupes jihadistes et criminels, rébellion touarègue ».

Mais ce putsch avait précipité la chute de cette vaste région aux mains de groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda qui l’ont occupée pendant neuf mois, avant d’en être chassés par une intervention militaire internationale initiée par la France.

Le capitaine Sanogo, qui gardait une capacité de nuisance à Bamako, avait été installé en février dernier à la tête d’une structure chargée de réformer l’armée malienne qui avait été laminée dans le Nord.

Jeuneafrique.com avec AFP

Mali : le front anti-putsch réclame l’intervention militaire de la Cedeao « sans délai »

septembre 4, 2012
La coalition du Front uni pour la défense de la République et de la démocratie (FDR) a publié à Bamako un communiqué exhortant les autorités maliennes à demander officiellement l’intervention de la Cedeao pour reconquérir le nord du pays, occupé par des islamistes.

Alors que les islamistes du Nord-Mali progressent sensiblement vers le sud du pays – ils occupent depuis le 1er septembre la ville de Douentza (dans la région de Mopti, Centre) – le front anti-putsch est monté au créneau à Bamako pour réclamer l’intervention d’une force africaine afin de libérer le pays. Dans un communiqué daté de lundi 3 septembre, le Front uni pour la défense de la République et de la démocratie (FDR), qui regroupe 40 partis politiques, « demande instamment au président de la République d’adresser, sans délai, à la Cedeao [Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest], à l’Union africaine et aux Nations unies la requête tant attendue aux fins d’interventions des forces africaines pour aider « l’armée malienne » à libérer le territoire national ».

En apparence, le problème est simple. La Cedeao se déclare prête à envoyer au Mali une force de quelque 3 300 soldats, mais souhaite auparavant obtenir un mandat de l’ONU. Laquelle organisation attend une demande officielle de Bamako, ainsi que des plans détaillés de la Cedeao – ce qui n’est toujours pas le cas. Par ailleurs, des négociations ont été entamées avec les islamistes d’Ansar Eddine et du MNLA, sans succès jusqu’à présent.

« Affront intolérable »

« Il est temps, grand temps de mettre fin aux tergiversations sur la question de la requête qui est la jauge de notre volonté politique et de notre détermination à nous engager dans la voie du recouvrement de l’intégrité de notre territoire », ajoute le FDR, qui s’indigne de la prise de Douentza par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

« La prise de Douentza par le Mujao, à la barbe des forces armées et de sécurité massivement cantonnées à Sévaré (à environ 15 km à l’est de Mopti) » est un « affront intolérable » à l’armée. Il « exige du gouvernement des actions appropriées et immédiates pour sécuriser les zones non encore occupées et procéder sans délai à la récupération des zones occupées par les islamistes armés », indique encore le FDR.

Jeuneafrique.com avec AFP