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Corée du Nord: Depardieu aperçu à Pyongyang avant le 70e anniversaire du régime

septembre 7, 2018

Pyongyang – L’acteur français Gérard Depardieu a été vu vendredi dans un hôtel de Pyongyang par un journaliste de l’AFP, au moment où la capitale nord-coréenne se prépare à célébrer le 70e anniversaire de la fondation de son régime.

On ignore les raisons de la présence du monstre sacré du cinéma français dans un bar du lobby de l’Hôtel international Yanggakdo, principal établissement pour touristes de Pyongyang.

Visiblement contrarié, il a refusé toute demande d’interview des journalistes qui l’avaient reconnu.

La République populaire et démocratique de Corée (RPDC) – le nom officiel de la Corée du Nord – a été proclamée le 9 septembre 1948, trois ans après que les Etats-Unis et l’Union soviétique divisèrent la péninsule en deux à l’issue de la Seconde Guerre mondiale.

Ce genre d’anniversaire est toujours un événement clé du calendrier politique nord-coréen et le régime ne lésine jamais sur les festivités, souvent marquées par un grand défilé militaire.

Ces grandes parades, généralement supervisées par le leader Kim Jong Un lui-même, sont cruciales pour les observateurs du régime qui cherchent toujours à déceler dans les armes exhibées les avancées militaires nord-coréennes.

Le programme des réjouissances, cette année, n’a pas été communiqué. Mais les experts estiment que la Corée du Nord pourrait ne pas montrer cette année les missiles balistiques qu’elle a exhibés lors de précédents défilés, et ce afin de ne pas nuire au climat d’apaisement.

Après des années de montée des tensions en raison des programmes balistiques et nucléaire du Nord, la péninsule connaît depuis le début de l’année une remarquable détente.

Certaines sources font état de répétitions d’un défilé militaire dans un camp en périphérie de la ville, et ces dernières nuits, dans le centre de la capitale.

Et sur l’artère accueillant traditionnellement les grandes manifestations militaires, les portraits du fondateur du régime Kim Il Sung, et de son fils et successeur Kim Jong Il ont été recouverts, probablement pour les protéger pendant les répétitions.

Beaucoup d’observateurs pensent que la Corée du Nord pourrait renouer lors de cette date symbolique, pour la première fois en cinq ans, avec un « spectacle de masse », ces impressionnants spectacles chorégraphiés qui peuvent rassembler 100.000 participants.

Des répétitions ont lieu depuis plusieurs mois dans le Stade du Premier-Mai.

Tous les jours, des centaines de jeunes habillés en blanc et portant des tambours sont aperçus quittant cette enceinte monumentale. Et la nuit, le son des répétitions résonne dans toute la ville.

Le spectacle sera intitulé « Le pays glorieux », rapporte l’agence officielle KCNA. Des invitations officielles sont parties dans le monde entier, mais peu de dirigeants ont confirmé leur présence.

Certains avaient avancé que le président chinois Xi Jinping pourrait faire le voyage. Mais la délégation du voisin et plus grand allié sera emmenée par Li Zhanshu, un des sept membres du comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois.

KCNA rapporte que le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz sera présent. Plus de 120 journalistes étrangers ont été autorisés à venir couvrir l’événement.

Pyongyang accueillera par ailleurs dans la deuxième quinzaine de septembre son festival international du film, un événement qui a lieu tous les deux ans.

Romandie.com avec(©AFP / 07 septembre 2018 11h15)                               

Pyongyang critique « l’impatience » des États-Unis, nouvelle lettre de Trump à Kim

août 4, 2018

Singapour – La Corée du Nord a critiqué samedi l’appel du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo à continuer à appliquer les sanctions envers Pyongyang et reproché à Washington son « impatience » face à la lenteur des avancées diplomatiques.

Dans le même temps, M. Pompeo a fait savoir dans un tweet que la délégation au forum de Singapour avait remis une lettre du président Donald Trump au chef de la diplomatie nord-coréenne, à l’intention au leader nord-coréen Kim Jong Un.

M. Trump avait déjà reçu une nouvelle lettre de son homologue nord-coréen plus tôt cette semaine.

En dépit des « mesures de bonne volonté » prises par la Corée du Nord, Washington « donne de la voix pour maintenir les sanctions », trahissant « des mouvements aux Etats-Unis voulant revenir en arrière, loin des intentions de leur dirigeant », a déclaré dans un communiqué le ministre nord-coréen des Affaires étrangères Ri Yong Ho.

« L’impatience n’aide pas du tout à construire la confiance. Et surtout quand on avance des exigences unilatérales qui ne vont faire que saper la confiance au lieu de la renouveler », a-t-il ajouté.

« Tant que les Etats-Unis ne montreront pas dans la pratique leur volonté d’éliminer ce qui nous pose problème, il n’y aura aucune possibilité que nous avancions de notre côté », a conclu le chef de la diplomatie.

Un peu plus tôt à Singapour, où il se trouvait pour un forum de l’ASEAN (l’Association des nations d’Asie du Sud-Est), Mike Pompeo avait appelé à « maintenir la pression » sur la Corée du Nord, stigmatisant notamment la Russie pour d’éventuelles violations des sanctions internationales.

Lors d’un sommet historique le 12 juin à Singapour avec le président américain Donald Trump, le dirigeant nord-coréen Kim Jong avait réaffirmé son engagement en faveur d’une « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne » – une vague déclaration d’intentions sans calendrier ni modalités, bien loin de la dénucléarisation « complète, vérifiable et irréversible » qu’exigeaient les Etats-Unis.

Selon un rapport d’experts des Nations unies, consulté vendredi par l’AFP, la Corée du Nord « n’a pas stoppé ses programmes nucléaire et balistique et a continué de défier les résolutions du Conseil de sécurité à travers une hausse massive des transferts illicites de produits pétroliers en mer ».

Romandie.com avec(©AFP / 04 août 2018 10h27)                                                        

Les Américains détenus par Pyongyang pourraient avoir été déplacés

mai 2, 2018

Séoul – Trois Américains détenus en Corée du Nord pourraient avoir changé de lieu de détention en amont de leur possible libération à l’occasion du sommet entre le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong Un, ont indiqué plusieurs sources à l’AFP.

« Nous ne sommes pas en mesure de confirmer la validité de ces informations », a toutefois déclaré à l’AFP à Washington un responsable du département d’Etat américain. « Nous continuons de travailler pour faire en sorte que les ressortissants américains détenus en Corée du Nord rentrent à la maison dès que possible », a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis demandent de longue date la libération de Kim Hak-song, Kim Sang-duk et Kim Dong-chul et des médias rapportent que Washington et Pyongyang seraient proches d’un accord sur la question.

« Ils sont dans un hôtel de la banlieue de Pyongyang », a déclaré à l’AFP Choi Sung-ryong, un activiste sud-coréen qui a des contacts au Nord.

Les trois Américains sont détenus séparément, a-t-il ajouté, mais les Nord-Coréens leur organisent des « sorties, ils reçoivent des soins médicaux et mangent de la bonne nourriture ».

Des sources diplomatiques à Pyongyang ont fait état de rumeurs selon lesquelles les trois auraient été déplacés. Mais aucune confirmation n’a été donnée quant à l’endroit où ils se trouveraient.

Le Wall Street Journal avait rapporté que leur cas avait été discuté entre les dirigeants nord-coréens et le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo quand il s’était rendu à Pyongyang le mois dernier.

M. Trump avait également souligné que le retour des trois hommes était une priorité pour son administration.

« Nous avons parlé d’eux. Nous sommes en train de négocier », avait affirmé le président américain lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe.

Kim Dong-chul, un pasteur américano-coréen, a été arrêté pour espionnage et condamné en 2016 à dix ans de travaux forcés.

Kim Hak-song et Kim Sang-duk, également connu sous le nom de Tony Kim, travaillaient tous deux pour l’Université des Sciences et de la Technologie de Pyongyang (USTP), établissement fondé par des chrétiens évangéliques étrangers. Ils ont été arrêtés l’année dernière pour « agissements hostiles ».

Après des années de montée des tensions sur les programmes nucléaire et balistique nord-coréens, la péninsule connaît depuis le début de l’année une remarquable détente, qui a été illustrée par le sommet intercoréen de vendredi dernier.

Il devrait être le prélude à une rencontre encore plus attendue entre MM. Kim et Trump. Ce dernier a affirmé mardi que la date et le lieu de ce sommet seraient annoncés sous peu.

Romandie.com avec(©AFP / 02 mai 2018 22h28)                                            

États-Unis/Corée du Nord: Le patron de la CIA à Pyongyang, le sommet Kim-Trump prend corps

avril 18, 2018

Le directeur de la CIA Mike Pompeo à Washington le 12 avril 2018 / © AFP/Archives / JIM WATSON

Les préparatifs en vue d’un sommet historique entre Donald Trump et Kim Jong Un ont connu une soudaine accélération mercredi avec la confirmation par le président américain que Mike Pompeo, son homme de confiance et directeur de la CIA, avait rencontré secrètement le dirigeant nord-coréen à Pyongyang.

Depuis sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, où il passe deux jours avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe, autre acteur clé du dossier, le président américain a fait souffler un vent d’optimisme.

« Mike Pompeo a rencontré Kim Jong Un en Corée du Nord la semaine dernière. La rencontre s’est bien déroulée et une bonne relation s’est établie », a déclaré Donald Trump sur Twitter. « La dénucléarisation sera un grand événement pour le monde, mais aussi pour la Corée du Nord ».

Les Etats-Unis ont toujours posé la perspective d’une dénucléarisation de la péninsule coréenne comme condition à des discussions directes avec la Corée du Nord.

L’envoi de Mike Pompeo, l’un de ses plus proches collaborateurs qui deviendra son secrétaire d’Etat dans quelques jours, montre à quel point la question nord-coréeenne est devenue la priorité diplomatique de l’administration Trump.

Le président américain avait créé une immense surprise le 8 mars en acceptant une invitation à se rencontrer de Kim Jong Un, transmise par la Corée du Sud.

– Traité de paix –

La mission secrète de Mike Pompeo qui, selon le Washington Post, a eu lieu pendant le week-end de Pâques, intervient dans un contexte de détente entre la Corée du Nord et la Corée du Sud qui a débouché sur une floraison d’initiatives diplomatiques impensables il y a encore quelques mois.

Séoul a ainsi annoncé mercredi étudier des pistes pour un éventuel traité de paix avec le Nord. Les combats sur la péninsule coréenne avaient pris fin en 1953 à la suite d’un armistice mais aucun traité de paix n’a été signé, si bien que les deux Corées sont toujours techniquement en guerre.

La Zone démilitarisée qui divise la péninsule est hérissée de mines et de fortifications.

Le troisième sommet intercoréen depuis la fin de la guerre, prévu le 27 avril, pourrait être l’occasion d’aborder la question d’une déclaration officielle pour clore le conflit sur la péninsule.

« Nous examinons la possibilité de remplacer le régime de l’armistice sur la péninsule coréenne par un régime de paix », a déclaré à la presse un haut responsable de la Maison Bleue, la présidence sud-coréenne.

« Ils ont ma bénédiction pour discuter de la fin de la guerre. Les gens ne réalisent pas que la guerre de Corée n’est pas terminée », avait affirmé mardi Donald Trump, en compagnie de Shinzo Abe.

« La question du traité de paix est un problème très difficile », a commenté Koo Kab-woo, professeur à l’Université des études nord-coréennes.

Pyongyang et Séoul revendiquent tous deux la souveraineté sur la péninsule toute entière. Un traité pourrait vouloir dire que les deux Corées se reconnaissent l’une l’autre.

Le Nord demanderait probablement le retrait des soldats américains déployés sur la péninsule. Le conseiller sud-coréen à la sécurité nationale, Chung Eui-yong, a lui déclaré mercredi que Séoul et Washington voulaient que Pyongyang renonce à ses ambitions atomiques.

– « Nous les respectons » –

Les moments clé du sommet intercoréen, dont la première poignée de main entre MM. Kim et Moon, seront diffusés en direct à la télévision, a annoncé Séoul après une réunion de travail entre les deux parties mercredi.

Mais le monde a déjà les yeux braqués sur le face-à-face qui se dessine entre Donald Trump et Kim Jong Un. Il aura lieu début juin ou peut-être un peu avant, a précisé le président américain mardi.

« Ils nous respectent. Nous les respectons. L’heure est venue de parler, de résoudre les problèmes ». « Il y a une véritable chance de résoudre un problème mondial », a-t-il lancé.

Le président américain a évoqué « cinq lieux » possibles pour ce sommet, sans davantage de précisions. Panmunjom, village situé dans la Zone démilitarisée, fait partie des hypothèses régulièrement évoquées, de même que la Corée du Sud ou la Corée du Nord et la Chine.

Pékin est le principal allié de Pyongyang, mais leurs relations s’étaient rafraîchies avec la multiplication des tirs de missiles balistiques et les essais nucléaires du Nord, Pékin soutenant les sanctions de l’ONU.

Donald Trump doit, de son côté, poursuivre les consultations avec le Premier ministre japonais en Floride. Les deux hommes ont prévu une conférence de presse commune en fin de journée. Une partie de golf, leur sport favori, est aussi au programme.

Romandie.com avec(©AFP / 18 avril 2018 15h20)                

États-Unis: Trump évoque des contacts directs « à très haut niveau » avec Pyongyang

avril 17, 2018

Photo d’archives de la rencontre le 5 novembre 2017 entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre japonais Shinzo Abe près de Tokyo / © AFP/Archives / Jim WATSON

Donald Trump a évoqué mardi la tenue de discussions « à très haut niveau » avec Pyongyang à l’approche de sa rencontre avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, saluant la réelle possibilité de « régler un problème mondial ».

Depuis sa luxueuse propriété de Mar-a-Lago, en Floride, où il a accueilli sous un soleil éclatant le Premier ministre japonais Shinzo Abe, le président américain a parlé de « cinq lieux » possibles pour ce tête-à-tête historique qui aura lieu début juin « si tout se passe bien ».

Abordant les préparatifs en cours, M. Trump a fait preuve d’un certain optimisme.

« Ils nous respectent. Nous les respectons. L’heure est venue de parler, de résoudre les problèmes », a-t-il lancé. « Il y a une véritable chance de résoudre un problème mondial. Ce n’est pas un problème pour les Etats-Unis, le Japon ou un autre pays, c’est un problème pour le monde », a-t-il martelé.

Interrogé peu après sur la possibilité que la rencontre ait lieu aux Etats-Unis, il a répondu « non », sans autres précisions.

Panmunjom, village situé dans la Zone démilitarisée qui divise la péninsule, fait partie des hypothèses régulièrement évoquées.

M. Trump a par ailleurs affirmé être résolument favorable aux discussions entre les deux Corées sur la nature de leurs liens, à dix jours d’un sommet entre Kim Jong Un et le président sud-coréen Moon Jae-in

« Ils ont ma bénédiction pour discuter de la fin de la guerre. Les gens ne réalisent pas que la guerre de Corée n’est pas terminée », a-t-il expliqué.

Le président américain a ainsi semblé confirmer que le sommet du 27 avril pourrait être l’occasion d’évoquer la rédaction d’un traité de paix pour remplacer l’armistice qui a mis fin aux hostilités sur la péninsule à l’issue de la guerre (1950-53).

Le locataire de la Maison Blanche a aussi remercié son homologue chinois Xi Jinping pour son rôle sur ce dossier, saluant en particulier sa « fermeté » sur la question des échanges de marchandise avec Pyongyang.

Insistant sur ses excellentes relations avec Shinzo Abe – « Nous nous parlons tout le temps » – M. Trump a promis à ce dernier d’aborder, lors des négociations avec Pyongyang, la question des ressortissants japonais enlevés par la Corée du Nord dans les années 1970 et 1980.

Cette question, très sensible sur l’archipel, est régulièrement mise en avant comme une priorité par le gouvernement japonais.

– Le « courage » de Trump –

A plusieurs reprises, M. Abe a loué la « détermination inébranlable » et le « courage » de M. Trump sur le dossier nord-coréen, louant une fermeté qui a abouti, selon ses termes, à « un changement majeur » dans l’attitude de Pyongyang.

Avec cette visite, Shinzo Abe, en difficulté dans son pays, tentera d’abord de se repositionner au coeur du jeu nord-coréen.

« Le Japon veut sa place à la table au lieu d’assister en spectateur à une série de rencontres de Kim avec les dirigeants chinois Xi Jinping, sud-coréen Moon Jae-in et américain Donald Trump », souligne Mireya Solis, de la Brookings Institution à Washington.

Les deux dirigeants devaient s’exprimer lors d’une conférence de presse commune mercredi soir, à l’issue de leur deuxième journée de discussions mercredi qui devrait débuter par une partie de golf.

Sur la question du commerce, le tête-à-tête pourrait cependant s’avérer plus délicat.

Après la décision de mettre en place des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium, M. Trump a accepté des exemptions pour les principaux alliés des Etats-Unis… à l’exception du Japon.

Pour Abe, qui avait fait dès le début le pari d’une forme de complicité avec ce président atypique qu’il fut le premier à aller saluer dans la Trump Tower après son élection, la pilule est amère.

Il devrait s’employer à souligner la nécessité d’unité, de front commun Japon-Etats-Unis-UE pour contrer les pratiques jugées déloyales de Pékin.

Peu avant la rencontre, la Maison Blanche a par ailleurs jeté un froid sur la possibilité que les Etats-Unis rejoignent le nouvel accord de libre-échange transpacifique alors que M. Trump s’était retiré du traité initial (TPP) à son arrivée au pouvoir.

« Il y a des discussions mais rien de concret, il est beaucoup trop tôt pour se prononcer », a lancé Larry Kudlow, conseiller économique de M. Trump, réaffirmant la conviction de ce dernier que des « accords bilatéraux » étaient préférables à des accords multilatéraux.

Romandie.com avec(©AFP / 18 avril 2018 01h07)                

Kim Jong Un assiste à un concert d’artistes sud-coréens à Pyongyang

avril 1, 2018

Des artistes sud-coréens lors des répétitions du concert à Pyongyang le 1er avril 2018. / © KOREA POOL/AFP / –

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et son épouse ont assisté dimanche au premier concert d’artistes sud-coréens à Pyongyang en plus d’une décennie, selon l’agence de presse sud-coréenne Yonhap citant le ministère de la Culture.

Le concert survient en pleine période de détente sur la péninsule après deux années de tensions dues aux essais nucléaires et balistiques de la Corée du Nord.

Cent-vingt Sud-Coréens, y compris des stars de la K-pop, représentant 11 groupes, des danseurs, des techniciens, sont arrivés samedi à Pyongyang.

Leur concert dimanche soir s’est déroulé dans le grand théâtre de Pyongyang Est, d’une capacité de 1.500 places.

C’est la première fois qu’un dirigeant nord-coréen assiste à un concert d’artistes du Sud. La soeur de Kim Jong Un ainsi que Kim Yong Nam, le chef de l’Etat aux fonctions largement honorifiques, y ont également assisté.

Des athlètes sud-coréens ont pour leur part donné une démonstration de taekwondo devant 2.300 personnes dimanche avant de retrouver des adeptes de ce sport en Corée du Nord lundi.

Mardi, les artistes sud-coréens se produiront ensemble avec des artistes nord-coréens au Gymnase de Ryugyong Jong Ju Yong qui peut accueillir 12.000 spectateurs.

Les jeux Olympiques d’hiver qui se sont déroulés en Corée du Sud ont été le catalyseur d’une détente extrêmement rapide entre le Nord et le Sud.

Kim Jong Un avait dépêché dans le Sud des athlètes, des pom-pom girls et sa soeur cadette.

Ont suivi des contacts diplomatiques tous azimuts, débouchant sur des propositions de sommets, entre les deux Corées mais aussi entre Pyongyang et Washington.

Le sommet intercoréen entre Kim Jong Un et Moon Jae-in, le troisième du genre après ceux de 2000 et 2007, aura lieu le 27 avril à Panmunjom, dans la zone démilitarisée qui divise la péninsule, là où avait été signé l’armistice du 27 juillet 1953 ayant mis fin à la guerre de Corée.

Aucune date n’a en revanche été fixée pour une rencontre entre le président américain Donald Trump et M. Kim, qui a fait ses débuts sur la scène diplomatique internationale la semaine dernière en rencontrant à Pékin le président chinois Xi Jinping.

Autre signe de détente, les exercices militaires annuels conjoints de la Corée du Sud et des Etats-Unis, qui ont débuté dimanche et qui chaque année irritent Pyongyang au plus haut point, ont été raccourcis d’un mois. Cette année, les deux alliés se sont abstenus de déployer des armes stratégiques tandis que Kim Jong Un a affirmé qu’il « comprenait » le besoin de Séoul et de Washington d’effectuer ces manoeuvres militaires.

Dimanche, le groupe le plus en vue à se produire devant le dirigeant nord-coréen est Red Velvet, girls band de la vague K-pop qui enchante l’Asie et au-delà. Red Velvet est connu pour des tubes comme « Ice Cream Cake », « Peek-A-Boo » et « Russian Roulette », mélange d’électro pop, de disco, de R&B et de guimauve.

La Corée du Nord est très isolée. L’accès à la culture en provenance de l’étranger y est sévèrement restreint, peines de prison à l’appui, mais la K-pop y est également populaire grâce aux clés USB importées illégalement de Chine.

Parmi les artistes sud-coréens qui se sont rendus en Corée du Nord figure aussi Cho Yong-pil, 68 ans, un chanteur qui s’était déjà produit à guichets fermés à Pyongyang en 2005.

Romandie.com avec(©AFP / 01 avril 2018 16h27)                

Une délégation d’artistes sud-coréens dont des stars de K-pop à Pyongyang

mars 31, 2018

Les membres du groupe de K-pop « Red Velvet » prennent la pose pour une photo à l’aéroport international de Gimpo à Séoul avant leur départ pour Pyongyang, le 31 mars 2018 / © AFP / Jung Yeon-je

Une délégation d’artistes sud-coréens, dont le girlband de K-pop « Red Velvet », est arrivée samedi à Pyongyang pour de participer pour la première fois depuis 2007 à des concerts dans le Nord, sur fond de multiplication des signes de dégel entre les deux Corées avec un sommet intercoréen prévu fin avril.

Au total, 120 personnes font partie de la délégation, venue à bord d’un avion charter civil parti de l’aéroport international de Gimpo à Séoul via une route aérienne rarement utilisée.

Ces spectacles à Pyongyang vont « donner un élan supplémentaire aux échanges et à la coopération inter-coréens relancés par les jeux Olympiques d’hiver à Pyeongchang » dans le Sud, a déclaré le ministre de la Culture Do Jong-hwan, qui conduit le groupe.

Le groupe a été accueilli à son arrivée dans la capitale nord-coréenne par l’homologue de M. Do, Pak Chun-nam, ainsi que par Hyon Song-wol, fondatrice du groupe pop féminin nord-coréen Moranbong, a rapporté l’agence sud-coréenne Yonhap.

Durant cet événement, intitulé « Le printemps arrive », les artistes sud-coréens se produiront dimanche dans le grand théâtre de Pyongyang Est d’une capacité de 1.500 places et mardi conjointement avec des artistes nord-coréens au Gymnase de Ryugyong Jong Ju Yong qui peut accueillir 12.000 spectateurs. Les spectacles seront filmés par une équipe sud-coréenne pour un programme télévisé commun aux deux pays.

Outre des musiciens traditionnels et une vingtaine de spécialistes du taekwondo, la délégation comprend des célébrités sud-coréennes comme Cho Yong-pil, 68 ans, qui avait donné un concert solo à Pyongyang en 2005, et la chanteuse Choi Jin-hee, 61 ans, qui s’est produite dans le Nord en 1999, 2002 et 2005. Son tube de 1984 « Love Maze » était réputé être la chanson favorite du défunt dirigeant nord-coréen Kim Jong Il.

L’une des cinq membres de « Red Velvet », Joy, n’est pas du voyage en raison de ses engagements dans un tournage pour la télévision, a précisé l’agent du groupe SM Entertainment.

La maîtresse de cérémonie durant les concerts à Pyongyang sera Seohyun du groupe sud-coréen de K-pop Girl’s Generation.

M. Do a précisé qu’à Pyongyang, il s’entretiendrait avec des responsables nord-coréens de futurs échanges culturels et sportifs.

Le Nord avait envoyé sa propre troupe d’artistes en Corée du Sud lors des récents JO d’hiver. Les 140 membres de l’orchestre de Samjiyon s’étaient produits à deux reprises.

Vendredi, les deux Corées ont convenu de la date du 27 avril pour un sommet rarissime, le troisième du genre après ceux de 2000 et 2007, qui se déroulera dans le village frontalier de Panmunjom. Après cette rencontre entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président sud-coréen Moon Jae-in, M. Kim doit s’entretenir d’ici fin mai avec le président américain Donald Trump.

Romandie.com avec(©AFP / 31 mars 2018 12h08)                

Pyongyang, 15h00: le silence de la foule face à la télévision officielle

septembre 22, 2017

Des spectateurs écoutent la lecture d’une déclaration du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un devant un écran géant installé près de la gare de Pyongyang le 22 septembre 2017 / © AFP / Ed JONES

La foule, soudain, devient silencieuse et retient son souffle quand l’écran géant à l’extérieur de la gare principale de Pyongyang noircit. Il est 15H00 (06H30 GMT): le régime va faire une annonce.

Il y a là des travailleurs, des étudiants en uniforme gris, des familles qui sortent de la gare avec leurs bagages, des femmes qui s’abritent sous des parapluies du soleil encore dur de cette fin d’été.

Pendant quelques minutes, tous fixent religieusement le grand écran.

« La foi du révolutionnaire est immuable, même dans la mort », rappelle d’abord un message sur fond rouge.

On peut compter sur la Télévision centrale coréenne quand il s’agit de célébrer les oeuvres du Leader suprême, comme Kim Jong-Un est connu en République populaire et démocratique de Corée (RPDC), le nom officiel de la Corée du Nord.

Mais vendredi matin, le Rodong Sinmun, organe officiel du Parti des travailleurs au pouvoir, et l’agence officielle KCNA avaient déjà rapporté la cinglante envolée de M. Kim contre Donald Trump, le « gâteux américain mentalement dérangé », après les menaces de ce dernier à la tribune de l’ONU.

Alors sur la place de la gare, l’attente du téléspectateur était élevée.

C’est alors qu’est apparue la présentatrice favorite du régime, la septuagénaire Ri Chun-Hee, celle qu’on mobilise pour les grands événements, qu’il s’agisse des essais nucléaires ou des décès dans la dynastie des Kim.

Cette fois, pas d’annonce. Elle a simplement lu la déclaration de Kim Jong-Un, avec en fond une photo du dirigeant à son bureau du Comité central du Parti des travailleurs.

– ‘Trump est un fou’ –

« Un chien effrayé aboie plus fort encore », lit Mme Ri, alors que la foule grossit pour atteindre plusieurs centaines de personnes près de la gare. Le dirigeant nord-coréen explique dans son texte que Donald Trump paiera « cher » pour avoir menacé la Corée du Nord de « destruction totale ».

Sur l’image derrière la présentatrice, Kim Jong-Un, assis à son bureau, fixe l’appareil photo, un micro devant lui, une feuille de papier dans les mains.

Contrairement à la plupart des déclarations à la télévision, qui tendent à se concentrer sur les gouvernements plus que sur les personnes, celle-ci tranche par sa condamnation directe du président, le qualifiant de « néophyte en politique » ou encore d' »hérétique ».

« Trump a rendu le monde nerveux avec ses menaces et son chantage contre tous les pays du monde », attaque M. Kim. « Il est inapte à assurer le commandement suprême d’un pays, et il est certainement un voyou et un gangster qui aime jouer avec le feu, plutôt qu’un homme politique. »

Kim Jong Un a beau être un des dirigeants les plus jeunes au monde et être deux fois plus jeune que Donald Trump, il a une plus longue expérience du pouvoir puisqu’il est aux commandes de la Corée du Nord depuis six ans.

Et « c’est comme s’il l’avait pris de haut en lui expliquant qu’il ne pouvait parler ainsi aux Nations unies », a expliqué John Delury, de l’Université Yonsei à Séoul.

Pour son public à Pyongyang, c’était forcément inspirant.

D’autant que du fait de l’interdiction stricte de toute publication étrangère en Corée du Nord, seules les informations approuvées par le régime ont cours. Or celui-ci s’efforce sans relâche d’ancrer dans la population l’idée que le pays risque à tout moment d’être envahi par les forces américaines et doit, par conséquent, développer son arsenal nucléaire pour se protéger.

« Nous n’avons plus besoin de mots », affirme Kim Kwang-Hyok, un ouvrier du bâtiment, en serrant le poing après avoir écouté la déclaration télévisée. « Il faut traiter ce chien fou à coups de bâton. »

Les Nord-Coréens rencontrés à Pyongyang n’expriment en tant normal que des avis partagés par le régime quand ils parlent aux médias étrangers.

Ryu Ri Hwa, 74 ans, ressent une « colère indescriptible ».

« Nous avons l’arme nucléaire donc je suis très confiante. Nous pouvons gagner 100 fois, 1.000 fois la guerre tant que nous avons notre leader », dit-elle.

« Trump est un fou, un fou, un fou qui ne sait rien. »

Romandie.com avec (©AFP / 22 septembre 2017 18h11)                

États-Unis: Washington fait monter la pression sur Pyongyang et laisse planer l’option militaire

septembre 17, 2017

Washington – L’administration de Donald Trump a martelé dimanche qu’elle profiterait de l’assemblée générale des Nations unies pour exiger la pleine application des sanctions internationales contre la Corée du Nord, menaçant celle-ci de « destruction » si elle continuait de provoquer Washington et ses alliés.

« L’enjeu crucial va être de faire appliquer les sanctions par tous les pays, afin qu’ils fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour résoudre ce problème, sans aller jusqu’au conflit militaire », a expliqué dimanche matin le général H. R. McMaster, conseiller à la sécurité nationale du président Donald Trump, sur la chaîne ABC.

Par « tous les pays », les Américains désignent principalement la Chine et la Russie, deux pays liés économiquement à l’Etat reclus, et avec qui ils partagent une frontière.

« Toutes les options sont sur la table », a aussi prévenu le général, une formule diplomatique utilisée pour qualifier l’action militaire.

L’ambassadrice américaine à l’ONU a pour sa part été encore plus tranchante pour inciter la Corée du Nord à plier.

« Nous savons tous que si la Corée du Nord garde ce comportement agressif, et que si les Etats-Unis doivent se défendre ou défendre leurs alliés, la Corée du Nord sera détruite », a tonné Nikki Haley sur CNN. « Personne ne le souhaite, personne ne souhaite la guerre », a-t-elle ajouté.

L’été a vu Pyongyang procéder à son sixième essai nucléaire et à plusieurs tirs de missiles intercontinentaux. Le dernier tir a eu lieu vendredi, le missile passant au-dessus du Japon. Un acte de défi quelques jours après l’adoption par le Conseil de sécurité d’une huitième volée de sanctions contre le pays.

Donald Trump et son homologue sud-coréen, Moon Jae-In, se sont entretenus sur ce sujet samedi et se sont mis d’accord pour « exercer une pression plus forte et plus concrète » sur la Corée du Nord.

Il faut « maximiser la pression économique et diplomatique », a aussi rendu compte le communiqué officiel de la Maison Blanche.

– Transmettre à Mattis –

La Chine, comme la Russie, a voté lundi dernier en faveur des sanctions visant à restreindre les exportations de pétrole vers la Corée du Nord, qui dépend de la Chine pour l’essentiel de son brut; mais Washington veut que le robinet se ferme concrètement et durablement.

Quant à la Russie, Washington répète que 30.000 nombreux travailleurs nord-coréens expatriés s’y trouvent, ce qui représente une source de revenus pour le régime. Mais selon les experts, Moscou veut absolument éviter un écroulement à Pyongyang, qui risquerait de déstabiliser la région.

Les Américains ont obtenu que l’application des sanctions soit à l’ordre du jour d’une réunion du Conseil de sécurité jeudi, lors de laquelle ce seront les ministres des Affaires étrangères des pays membres qui siégeront.

M. Trump rencontrera le même jour à New York ses homologues japonais et sud-coréen.

A ce jour, l’accumulation de sanctions n’a pas dissuadé Kim Jong-Un, dont l’ambition semble décuplée.

« Le but final est d’établir l’équilibre des forces avec les Etats-Unis et de faire en sorte que les dirigeants américains n’osent même plus envisager une option militaire contre la République populaire démocratique de Corée », a déclaré le dirigeant trentenaire, cité par l’agence locale KCNA, après le tir de vendredi.

Le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, a défini dimanche ce qu’il appelle les « quatre non » de la stratégie de Washington: pas de « changement de régime », pas « d’effondrement du régime », pas de « réunification accélérée de la péninsule », et « nous ne cherchons pas de raison pour envoyer nos forces au nord de la zone démilitarisée ».

« La campagne de pression pacifique consiste à assembler la plus grande coalition internationale possible afin d’envoyer le même message à la Corée du Nord et à ses voisins, Chine et Russie, à savoir que c’est la politique du reste du monde », a dit Rex Tillerson sur la chaîne ABC.

Et l’ambassadrice Nikki Haley de manier la carotte et le bâton: en cas de besoin, elle n’hésitera pas transmettre le dossier au « général Mattis », le secrétaire américain à la Défense.

Romandie.com avec(©AFP / 17 septembre 2017 18h46)

États-Unis: Décès de l’étudiant libéré par Pyongyang, Trump dénonce un « régime brutal »

juin 20, 2017

L’étudiant américain Otto Warmbier (au premier plan), sur une photo diffusée le 1er mars 2016 par l’agence officielle nord-coréenne KCNA / © KCNA/AFP/Archives / Handout

L’étudiant américain Otto Warmbier, rapatrié le 13 juin dans le coma après 18 mois de détention en Corée du Nord, est décédé lundi, le président Donald Trump dénonçant un régime nord-coréen « brutal », dont les relations avec les Etats-Unis sont déjà extrêmement tendues.

« Beaucoup de choses terribles se sont passées. Mais au moins nous l’avons ramené chez lui pour qu’il soit avec ses parents », a déclaré le président américain peu après l’annonce, par la famille, de la mort du jeune homme de 22 ans.

Dans un communiqué, il a souligné sa détermination « à empêcher que des innocents ne subissent de telles tragédies aux mains de régimes qui ne respectent pas l’Etat de droit ou la décence la plus élémentaire ».

Le secrétaire d’Etat Rex Tillerson a lui estimé dans un communiqué que la Corée du Nord était responsable de sa « détention » et a réclamé la libération des trois Américains encore derrière les barreaux du régime communiste.

La Chine a pour sa part déploré mardi la mort d’Otto Warmbier, appelant Washington et Pyongyang au dialogue pour résoudre leurs différends.

« Je crois qu’il s’agit d’une affaire malheureuse », a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Geng Shuang. « Nous espérons que la Corée du Nord et les Etats-Unis la traiteront de manière appropriée ».

M. Tillerson et le chef du Pentagone Jim Mattis doivent recevoir mercredi deux des responsables chinois les plus importants afin d’approfondir le dialogue entre les deux premières puissances mondiales et tester la volonté chinoise sur le dossier nord-coréen.

– ‘Mauvais traitements’ –

« Entouré par sa famille qui l’aime, Otto est décédé aujourd’hui à 14H20 » (18H20 GMT), a écrit la famille d’Otto Warmbier.

Quand le jeune homme est revenu chez lui, à Cincinnati, dans l’Ohio (nord), il présentait de graves lésions cérébrales, selon ses médecins. « Il était incapable de parler, incapable de voir et incapable de réagir à des commandes verbales. Il semblait très mal à l’aise, presque angoissé », a rappelé sa famille lundi.

Mais « bien que nous ne n’allions plus jamais entendre sa voix, en une journée la contenance de son visage avait changé – il était en paix. Il était chez lui et nous pensons qu’il pouvait le sentir », ont ajouté ses parents Fred et Cindy.

Sa famille a dénoncé à nouveau « les mauvais traitements, atroces et barbares » que leur fils a subis selon eux en Corée du Nord, où il avait été arrêté en janvier 2016 pour avoir tenté de voler une affiche de propagande.

Son compagnon de voyage Danny Gratton est le seul Occidental à l’avoir vu être arrêté. « Otto n’a pas opposé de résistance. Il ne semblait pas avoir peur », a-t-il confié au Washington Post lundi.

Présenté à la presse étrangère quelques semaines après son arrestation, Otto Warmbier avait déclaré, en pleurs, avoir fait « la pire erreur de (sa) vie ».

Après l’annonce de son décès, l’agence de voyages Young Pioneer Tours, par laquelle Otto Warmbier s’était rendu à Pyongyang, a annoncé sur Facebook qu’elle renonçait à emmener des Américains en Corée du Nord. « Le risque pour les Américains visitant la Corée du Nord est trop élevé », a déclaré l’agence.

Venu en Corée du Nord dans le cadre d’un voyage organisé pour le Nouvel An, le jeune Américain avait été jugé en moins d’une heure et condamné à 15 ans de travaux forcés en mars 2016.

Peu après son procès, il avait plongé dans un coma dont les causes restent inconnues, selon ses médecins. Le type de lésions neurologiques dont il souffrait résulte d’ordinaire d’un arrêt cardio-respiratoire.

L’équipe médicale avait d’autre part démonté l’explication fournie par le régime nord-coréen en indiquant n’avoir pas relevé de trace de botulisme dans l’organisme du jeune homme.

Portant la veste de son fils sur ses épaules, Fred Warmbier avait exprimé son émotion et son indignation jeudi lors d’une conférence de presse, se disant « fier » de son fils, « qui s’est retrouvé chez un régime paria ces 18 derniers mois, maltraité et terrorisé ».

– Stratégie des otages –

La mort d’Otto Warmbier survient dans un contexte de tensions exacerbées entre les Etats-Unis et la Corée du Nord sur le programme d’armement nucléaire que Pyongyang continue de développer.

Le régime communiste, qui a un piètre bilan en matière de droits de l’homme, est isolé sur la scène internationale en raison de ses ambitions militaires. La Corée du Nord a multiplié les tirs de missiles depuis le début de l’année, suscitant à chaque fois la colère de Washington et les condamnations de l’ONU.

Trois Américains sont toujours détenus en Corée du Nord, deux hommes qui enseignaient dans une université de Pyongyang financée par des groupes chrétiens étrangers et un pasteur Américano-Coréen accusé d’espionnage au profit de Séoul.

D’anciens détenus comme Kenneth Bae ont fait état de longues journées de labeur, de problèmes médicaux et d’abus psychologiques. Mais d’autres ont parlé de conditions de détention tolérables.

Reste à savoir si la mort de l’étudiant va porter un coup fatal à la stratégie nord-coréenne –bien huilée– des otages, qui servent de monnaie d’échange diplomatique.

Des spécialistes ont jugé improbable que Pyongyang ait délibérément fait plonger un ressortissant américain dans le coma.

Romandie.com avec(©AFP / 20 juin 2017 13h40)