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États-Unis: Selon Trump, Soleimani voulait faire exploser l’ambassade américaine en Irak

janvier 9, 2020

Le président a justifié l’assassinat ciblé du général iranien, vendredi dernier, en raison de l’existence d’un «complot» visant à «faire exploser» la représentation américaine à Bagdad.

Le président américain Donald Trump en meeting à Toldeo, dans l'Ohio, le 9 janvier.
Le président américain Donald Trump en meeting à Toldeo, dans l’Ohio, le 9 janvier. Saul Loeb/AFP. 

Donald Trump a déclaré jeudi que les Etats-Unis avaient décidé d’abattre le général iranien Qassem Soleimani peu après son arrivée à Bagdad vendredi dernier en partie à cause d’un complot visant à «faire exploser» l’ambassade américaine dans la capitale irakienne. Cette déclaration pourrait apporter un éclairage sur les renseignements, jusque-là évoqués de manière très vague, ayant conduit Washington à juger que l’assassinat du commandant iranien et l’échec des projets de celui-ci justifiaient de s’exposer à d’éventuelles représailles de Téhéran.

Les Etats-Unis ont eu un aperçu des répercussions de cet assassinat dans la nuit de mardi à mercredi, lorsque l’Iran a tiré plus d’une dizaine de missiles contre des bases en Irak abritant des forces américaines – une attaque destinée à faire de nombreuses victimes, selon le Pentagone, mais qui n’en a fait aucune.

«Nous avons attrapé un monstre absolu et nous l’avons supprimé, et cela aurait dû être fait il y a bien longtemps. Nous l’avons fait parce qu’ils envisageaient de faire exploser notre ambassade», a déclaré Donald Trump à des journalistes à la Maison blanche. Il a ajouté que la frappe ciblée contre l’un des personnages les plus influents du régime iranien était aussi une réponse à l’attaque à la roquette menée en décembre par une milice pro-Téhéran contre une base militaire irakienne dans laquelle un civil américain a été tué, et que Soleimani aurait en partie orchestrée selon des représentants à Washington.

Cette attaque contre la base située près de Kirkouk, dans le nord de l’Irak, a été suivie par de violentes manifestations de partisans de milices chiites pro-Iran devant l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad. Donald Trump a déclaré que Qassem Soleimani souhaitait que le mouvement s’embrase. «Il s’agissait d’un complot parfaitement organisé. Et vous savez qui l’a organisé. Cette homme n’est désormais plus. Et il avait en tête davantage que cette ambassade», a dit le président américain.

Interrogé sur les propos de Trump, un haut représentant du département américain de la Défense a noté que Soleimani avait orchestré les manifestations devant l’ambassade et reconnu qu’il y avait un projet visant à faire exploser le bâtiment diplomatique. S’exprimant sous couvert d’anonymat, le représentant a refusé de fournir des détails sur les renseignements dont disposaient les services américains.

Par Le Figaro.fr avec Reuters

Mort du général iranien Soleimani: une opération sans précédent pour l’armée américaine

janvier 3, 2020
Un slogan en arabe "mort à l'Amérique" est dessiné sur le sol à Bagdad, le 3 janvier 2020
© AHMAD AL-RUBAYE Un slogan en arabe « mort à l’Amérique » est dessiné sur le sol à Bagdad, le 3 janvier 2020
Le raid américain sans précédent dans lequel le général iranien Qassem Soleimani a été tué vendredi à Bagdad ouvre une période d’incertitude pour les Etats-Unis et leurs alliés dans la région, et suscite de nombreuses questions.

Comment l’opération a-t-elle été menée?

Le Pentagone est resté vague sur l’opération elle-même lorsqu’il a reconnu dans un communiqué avoir mené cette action sur ordre du président Donald Trump. Mais selon plusieurs médias américains, elle a été menée par un drone américain qui a frappé deux véhicules convoyant Soleimani, dirigeant des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la république islamique, sur une route d’accès à l’aéroport international de Bagdad.

Mini bio du général Qassem Soleimani, en charge des opérations extérieures de la République islamique, tué à Bagdad dans un raid américain.

© Janis LATVELS Mini bio du général Qassem Soleimani, en charge des opérations extérieures de la République islamique, tué à Bagdad dans un raid américain.
Abou Mehdi al-Mouhandis, numéro deux du Hachd al-Chaabi, coalition de paramilitaires majoritairement pro-Iran désormais intégrés à l’Etat irakien, est également mort dans ce bombardement.

Ce style d’assassinat de militaires étrangers fait davantage penser aux méthodes de l’armée israélienne qu’à celle des militaires américains, qui organisent d’habitude avec précision des opérations de leurs forces spéciales quand ils veulent éliminer des personnes recherchées comme Oussama Ben Laden ou, plus récemment, le leader du groupe Etat islamique Abou Bakr Al-Baghdadi.

Des véhicules des Nations Unies patrouillent dans la région du Golan, frontalier avec le Liban et la Syrie, le 3 janvier 2020

© Ali DIA Des véhicules des Nations Unies patrouillent dans la région du Golan, frontalier avec le Liban et la Syrie, le 3 janvier 2020

 

Pourquoi aujourd’hui?

Les Etats-Unis suivaient depuis des mois les déplacements du général Soleimani de près et auraient pu le tuer bien avant. Le Pentagone a expliqué que le général iranien « préparait activement des plans pour attaquer des diplomates et des militaires américains en Irak et à travers la région ».

Plus tôt, le ministre américain de la Défense Mark Esper avait prévenu que les Etats-Unis n’hésiteraient pas à prendre des mesures « préventives » s’ils avaient vent de nouvelles attaques en préparation.

Il avait prévenu que la mort la semaine dernière d’un sous-traitant américain dans une attaque à la roquette sur une base de Kirkouk (nord) attribuée à une faction pro-iranienne avait « changé la donne ».

Quelles conséquences?

D’ores et déjà, les prix du pétrole ont bondi de plus de 4% après l’annonce de la mort de Soleimani, les marchés craignant une escalade des tensions dans la région.

L’Iran a promis de se venger, de même que le mouvement chiite libanais Hezbollah qui s’est engagé à  « apporter le juste châtiment aux assassins criminels (…) dans le monde entier ».

Les nombreux groupes pro-iraniens de la région, pourraient lancer des attaques contre des bases américaines dans les Etats du Golfe, ou contre des pétroliers ou des navires marchands dans la région du détroit d’Ormuz que Téhéran peut fermer à tout moment

Ils pourraient viser les nombreuses bases où l’armée américaine est déployée en Irak, en Syrie, d’autres ambassades américaines dans la région, ou s’attaquer à des alliés des Etats-Unis comme Israël ou l’Arabie saoudite, voire des pays européens.

Pour Kim Ghattas, du Carnegie Endowment for International Peace, il est difficile de savoir comment la situation va évoluer.

« Une guerre? Le chaos? Des représailles limitées? Rien? Personne ne sait vraiment, ni dans la région, ni à Washington, parce que ceci est sans précédent. »

Quelles mesures de sécurité?

Les Etats-Unis ont envoyé plus de 14.000 militaires en renfort dans la région ces derniers mois, et ils ont annoncé l’envoi de 500 hommes de plus après l’attaque contre leur ambassade à Bagdad.

Jeudi, M. Esper a indiqué qu’un bataillon de 4.000 hommes avait reçu l’ordre de se tenir prêt et qu’ils pourraient être déployés dans les prochains jours.

Les Etats-Unis ont actuellement 5.200 militaires déployés en Irak, officiellement pour « assister et former » l’armée irakienne et pour éviter une résurgence du groupe Etat islamique. Leurs effectifs globaux au Moyen-Orient s’élève à 60.000 personnes.

L’ambassade américaine a appelé les ressortissants américains résidant en Irak à quitter le pays au plus vite.

Israël a fermé une station de ski sur les flancs du Golan, une région annexée à la frontière de la Syrie et du Liban.

Avec AFP