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Qatar : la statue du « coup de tête » de Zidane de retour au musée

juin 6, 2022

La statue géante de bronze va être réinstallée dans un musée à Doha. Elle avait été retirée après une campagne dénonçant une idolâtrie interdite par l’islam.

La statue du « coup de de tête » de Zinedine Zidane, exposée à Doha en 2013

Retirée en 2013, moins d’un mois après son installation en bord de mer dans le centre de Doha, la statue géante de Zinédine Zidane adressant un « coup de tête » à Marco Materazzi en finale du Mondial 2006 sera réinstallée au nouveau musée du Sport, a annoncé une responsable lundi. Cette statue de bronze, de plus de cinq mètres de hauteur et de plusieurs tonnes, est l’œuvre de l’artiste français Adel Abdessemed. Elle avait été achetée par l’Autorité des musées du Qatar dans le cadre des préparatifs de la Coupe du monde de football organisée du 21 novembre au 18 décembre 2022. Cette représentation du footballeur français s’était retrouvée au cœur d’une campagne dénonçant une idolâtrie interdite par l’islam, avant d’être retirée.

« On avait l’impression qu’elle n’était pas au bon endroit et elle va être réinstallée. Nous prévoyons de le faire au 3-2-1 Qatar Olympic and Sports Museum » qui a ouvert fin mars, a déclaré la présidente des musées du Qatar, cheikha Al Mayassa AlThani, sans donner de date précise. « Avec la sculpture de Zinédine Zidane, nous parlerons du stress chez les athlètes lors des grands tournois et de l’importance de parler des questions de santé mentale », a précisé cheikha Al Mayassa, lors d’une conférence de presse.

« L’art, comme toute autre chose, est une histoire de goût », a-t-elle estimé, ajoutant que « les sociétés évoluent ». « Les gens, a-t-elle ajouté, peuvent commencer par critiquer une chose avant de la comprendre et de s’y faire. » Quatorze sculptures géantes en bronze de l’artiste britannique Damien Hirst, représentant les étapes de la croissance d’un fœtus de la fécondation à la naissance, avaient dû rester couvertes devant un hôpital en construction au Qatar entre 2013 et 2018. Le calendrier culturel de l’émirat prévoit, entre autres choses, une exposition consacrée au football au musée du Sport à partir d’octobre. Le musée des Arts islamiques, rénové, doit aussi rouvrir ses portes en octobre.

Par Le Point avec AFP

Mondial 2022 au Qatar : Amnesty exhorte la Fifa à indemniser les ouvriers

mai 18, 2022

L’ONG demande à la Fifa de verser 440 millions de dollars aux migrants « maltraités » afin de « réparer les dommages », notamment les accidents de travail.

Le centre d'entrainement du club sportif Al-Shamal, dans la ville portuaire d'Al Ruwais au Qatar, pays hote du Mondial 2022.
Le centre d’entraînement du club sportif Al-Shamal, dans la ville portuaire d’Al Ruwais au Qatar, pays hôte du Mondial 2022. 
 © CHRISTIAN CHARISIUS / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Jeudi 19 mai, l’ONG Amnesty International a demandé à la Fifa de verser une compensation d’au moins 440 millions de dollars aux ouvriers migrants « maltraités » au Qatarpays hôte du Mondial 2022 de football, accusé de ne pas suffisamment respecter leurs droits.

Soutenue par d’autres organisations de défense des droits humains, la demande d’Amnesty intervient à la suite de critiques répétées contre la lenteur de l’instance dirigeante du football à réagir contre les mauvaises conditions de travail des ouvriers qui ont afflué sur les chantiers liés au Mondial dans le riche État du Golfe. « La Fifa devrait consacrer au moins 440 millions de dollars (environ 418 millions d’euros) à la réparation des dommages subis par les centaines de milliers de travailleurs migrants victimes de violations des droits humains au Qatar pendant les préparatifs de la Coupe du monde 2022 », a déclaré l’ONG dans un communiqué.

Selon Amnesty, cette somme, qui correspond à la dotation que se partageront les 32 équipes participantes, est le « minimum nécessaire » pour indemniser les travailleurs et les protéger de futurs abus. L’organisation cite notamment les salaires impayés, le paiement de frais de recrutement « illégaux » et « exorbitants » ainsi que les dommages causés par les accidents du travail. L’ONG basée à Londres a exhorté la Fifa à « travailler avec le Qatar » pour mettre en place un programme de réparation complet avec la participation des ouvriers, des syndicats, de l’Organisation internationale du travail (OIT) et la société civile.

Les réformes sociales du Qatar

Depuis 2010, date à laquelle la Fifa a attribué le Mondial 2022 au Qatar, une « litanie d’abus » entache les préparatifs sans que l’instance n’ait exigé « la moindre amélioration des conditions de travail », selon Amnesty. L’ONG a néanmoins salué les réformes sociales décidées par le Qatar depuis 2018 et l’amélioration des conditions sur les chantiers officiels de la Coupe du monde initiée en 2014. Mais selon l’ONG, ces règles ne sont pas toujours respectées et les abus persistent.

Dans un commentaire envoyé à l’Agence France-Presse, la Fifa a dit « procéder actuellement à l’évaluation de la proposition d’Amnesty » et d’autres ONG, affirmant qu’elle « implique un large éventail d’infrastructures publiques construites (au Qatar) depuis 2010 qui ne sont pas nécessairement liées à la Coupe du monde ». Critiqué depuis qu’il s’est vu attribuer le premier Mondial de football dans un pays arabe, le Qatar a mené d’importantes réformes, abolissant le système de parrainage faisant des salariés des quasi propriétés de leur employeur et instaurant un salaire minimum horaire. Le pays rejette fermement les bilans des morts sur les chantiers avancés par des médias internationaux.

Par Le Point avec AFP

Tirage de la Coupe du monde 2022 au Qatar

avril 2, 2022

Avec Brazzanews

Enquête sur le Mondial au Qatar : Sepp Blatter entendu comme témoin

novembre 26, 2021

L’ex-président de la Fifa a été entendu par les enquêteurs français qui travaillent sur les investigations concernant l’attribution du Mondial 2022 au Qatar.

Sepp Blatter a ete president de la Fifa pendant 17 ans.
Sepp Blatter a été président de la Fifa pendant 17 ans.© SEBASTIEN BOZON / AFP

Les conditions d’attribution du Mondial 2022 au Qatar sont toujours sous le coup d’une enquête. Au fur et à mesure que l’on se rapproche du début de la compétition – qui se tiendra au Qatar du 21 novembre au 18 décembre 2022 –, la controverse prend de l’ampleur. Jeudi et vendredi, les enquêteurs français ont entendu Sepp Blatter, ancien président de la Fédération internationale de football (Fifa), à Zurich (Suisse), a-t-on appris auprès de la police, confirmant une information du Monde.

Président de la Fifa entre 1998 et 2015, Sepp Blatter, 85 ans, a été entendu comme « témoin » par les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières (OCLCIFF) dans les locaux du ministère public de la confédération helvétique (MPC), dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en France par le Parquet national financier (PNF).

Un déjeuner réunissant Nicolas Sarkozy et Michel Platini au cœur de l’enquête

L’enquête menée en France sur l’attribution du Mondial au Qatar pour « corruption active et passive » s’intéresse à un déjeuner le 23 novembre 2010. Ce déjeuner aurait réuni le président français de l’époque, Nicolas Sarkozy, deux hauts dirigeants qataris et Michel Platini, alors patron de l’UEFA.

Michel Platini est soupçonné par les enquêteurs d’avoir voté en faveur du Qatar à la demande de Nicolas Sarkozy lors du vote d’attribution le 2 décembre 2010.

La justice française s’intéresse aussi à un contrat conclu avant l’attribution. Ce contrat a accordé les droits de diffusion TV des Mondiaux 2018 à 2022 à la chaîne qatarie Al Jazeera contre 300 millions de dollars.

Par Le Point avec AFP

Qatar: Vanessa Umba, la pilote congolaise(RDC ) qui excelle au Moyen-Orient

janvier 12, 2020

La belgo-congolaise de 39 ans est actuellement pilote de ligne et type rating instructor (Instructrice) chez Qatar Airways. En 2011, à l’âge de 31 ans, elle était devenue la première femme capitaine chez Gulf Air, la compagnie aérienne nationale du Bahreïn.

Jusqu’à l’âge de 16 ans, Vanessa Umba n’avait aucune idée du métier qu’elle souhaitait exercer. Son père souhaitait qu’elle devienne médecin ou avocate, mais elle n’était pas intéressée par ces professions. Un jour, son école a organisé une « Career day », où les élèves pouvaient rencontrer différentes personnes évoluant dans plusieurs domaines, afin de les inspirer. C’est en lisant la longue liste de professions, mise à leur disposition, que ses yeux sont tombés sur le mot « Pilote ». Ce métier, auquel elle n’avait jamais pensé auparavant, s’est pourtant révélé comme une évidence pour elle.

VANESSA_UMBA.jpg BELGISCHE PILOTE GULF AIR

Vanessa Umba a débuté sa carrière dans l’aviation en 1999 en intégrant la SABENA Flight Academy, devenue aujourd’hui « centre de formation de CAE », basé à Bruxelles. Après avoir terminé sa formation, elle a été recrutée par Brussels airlines, où, à l’âge de 23 ans, elle est devenue « First Officer » (Co-pilote) sur BAe 146, un avion commercial de taille moyenne.

Carrière au Moyen-Orient

Trois ans plus tard, en 2006, Vanessa Umba a rejoint Gulf Air, la compagnie aérienne nationale du Bahreïn qui exploite des vols internationaux sur trois continents, depuis son hub à l’aéroport international de Bahreïn à Manama. Elle y a évolué pendant 5 ans comme « Senior Officer » sur Airbus A330 / 340, des avions long-courrier, avant de devenir capitaine en 2011, à 31 ans, pilotant l’Airbus A 320. Bien que deuxième femme pilote de Gulf Air, elle est néanmoins la première femme capitaine de l’histoire de la compagnie aérienne, en 61 ans d’existence de cette entreprise créée en 1950.

Le 22 octobre 2015, Vanessa Umba est de nouveau entrée dans l’histoire, en devenant la première femme capitaine d’un vol de Gulf Air avec un personnel entièrement féminin. Le vol s’est déroulé entre le Bahreïn et Karachi au Pakistan. Au cours de ce vol, Vanessa Umba avait comme co-pilote la senior first officer Waed Al Dosery. « Le vol s’est déroulé sans incident et nous sommes arrivés 20 minutes plus tôt que prévu. Cela démontre un haut niveau de professionnalisme », avait déclaré Vanessa Umba au journal « Gulf Daily », ajoutant que c’était « une autre étape importante pour les femmes dans le secteur difficile du secteur de l’aviation, dominé par les hommes ».

Par ailleurs, Vanessa Umba a fait évoluer les politiques en faveur des femmes au sein de Gulf Air car, en 2007, lorsqu’elle est tombée enceinte, la compagnie aérienne a dû élaborer une politique spécialement conçue pour les femmes pilotes.

Capitaine et Instructrice chez Qatar Airways

Après 10 ans passés chez Gulf Air, en mars 2017, Vanessa Umba a rejoint Qatar Airways comme capitaine pour Airbus A320. En mai 2018, elle est devenue instructrice au sein de la même compagnie aérienne. « Voler est un défi pour tout pilote professionnel. Cela demande beaucoup d’engagement, de temps et de passion. Aujourd’hui, une femme pilote fait toujours exception… Et faire partie d’une minorité implique de toujours faire ses preuves un peu plus que les autres. Néanmoins, je n’ai jamais rencontré de difficulté d’adaptation dans cet environnement où le stéréotype du seul pilote homme persiste. Je sais que certaines personnes sont surprises la première fois qu’elles me voient commander. Puis, lorsqu’ils réalisent que je fonctionne exactement comme tout autre pilote, ils se détendent », a déclaré Vanessa Umba dans son témoignage à la section arabe de « The 99s », organisation internationale des femmes pilotes qui offre des opportunités de réseautage, de mentorat, de bourses de vol et de loisirs aux femmes pilotes du monde entier.

« Ma plus grande fierté dans la vie n’est pas d’être un capitaine, mais d’être une « mère volante ». Je suis mère de 3 enfants extraordinaires. Combiner une carrière exigeante à une vie de famille n’est pas facile tous les jours. Cela nécessite une organisation poussée, mais je bénéficie du soutien inconditionnel de mon mari, même s’il a une carrière à plein temps dans l’industrie du bois », a-t-elle ajouté.

Vanessa Umba est également Freelance web-designer notamment pour le compte de la section arabe de « The 99s ». Elle parle couramment le français, l’anglais et le néerlandais. Elle suit également un Master en « Air Transport Management » à la City University of London.

African Shaper avec Sacer-infos.com par Stany Franck

Accusations de travail forcée au Qatar: une enquête contre Vinci classée sans suite

février 6, 2018

Un travailleur employé par le groupe de BTP vinci sur un chantier au Qatar, le 24 mars 2015 / © AL-WATAN DOHA/AFP/Archives / KARIM JAAAFAR

L’enquête préliminaire visant le géant du BTP Vinci, ouverte après une plainte de l’association Sherpa pour « travail forcé » et « réduction en servitude » sur les chantiers du Mondial-2022 au Qatar, a été classée sans suite, a indiqué le parquet de Nanterre à l’AFP mardi.

L’ONG, qui s’est fixée pour but de défendre les populations victimes des crimes économiques, avait déposé en mars 2015 une plainte contre Vinci Construction Grands Projets et sa filiale au Qatar pour « travail forcé », « réduction en servitude » et « recel » sur les chantiers du Mondial-2022.

Assurant avoir réalisé une enquête sur place, Sherpa avait fait état de confiscations de passeports et de menaces proférées à l’encontre de ces travailleurs migrants pour les dissuader de réclamer une amélioration de leurs conditions de travail.

Le groupe Vinci s’est félicité de la décision du parquet intervenue le 31 janvier, rappelant qu’il « s’attache non seulement à respecter le droit local du travail et les droits fondamentaux, mais aussi à faire progresser en permanence les conditions de travail et de vie de ses salariés, au Qatar comme partout dans le monde ».

Vinci a également souligné que les divers experts et observateurs ayant eu accès aux chantiers « ont pu constater que les collaborateurs de sa filiale Qatari Diar Vinci Construction (QDVC) bénéficient d’un libre accès à leur passeport et (que) les temps de travail et de repos sont strictement observés ».

L’association Sherpa, jointe par l’AFP, n’a pas réagi dans l’immédiat.

Face aux accusations portées par Sherpa, Vinci avait déposé plainte pour diffamation et entamé une autre procédure pour atteinte à la présomption d’innocence. Dans ce dernier volet, le géant du BTP a été débouté en février 2016.

En novembre 2017, Vinci et QDVC ont annoncé avoir signé un accord garantissant un minimum de droits aux travailleurs étrangers employés dans le bâtiment et les travaux publics au Qatar.

L’émirat est depuis des années dans le viseur des ONG et des syndicats au sujet des conditions de travail des quelque 2 millions de travailleurs immigrés.

L’accord signé concerne « les droits de l’homme sur le lieu de travail, le logement, l’équité des conditions de recrutement et les droits des travailleurs » et s’applique à « tous les travailleurs » de QDVC, filiale détenue à 49% par Vinci et à 51% par le groupe local Qatari Diar.

Créée en 2007, QDVC emploie en direct 3.300 salariés de 65 nationalités au Qatar, dont 2.000 ouvriers, surtout des Indiens, des Népalais et des Sri-Lankais. Les contrats décrochés par le groupe sur les chantiers du Mondial représentent un montant global de 2,2 milliards d’euros, qui vont jusqu’en 2019.

Romandie.com avec(©AFP / 06 février 2018 14h34)                

Les Émirats accusent le Qatar d’avoir intercepté un avion de ligne émirati

janvier 15, 2018

Vue aérienne d’une partie du Pearl Lagoon à Doha, le 3 décembre 2017 au Qatar / © AFP/Archives / Yasser Al-Zayyat

Les Emirats arabes unis ont affirmé que des avions de chasse du Qatar, leur rival dans le Golfe, avaient « intercepté » lundi matin un avion de ligne émirati en route vers Bahreïn, une annonce aussitôt démentie par Doha.

Cet incident aérien est une « menace flagrante pour la sécurité de l’aviation civile et une claire violation de la loi internationale », a affirmé l’Autorité générale de l’aviation civile émiratie dans une déclaration.

« Il s’agissait d’un vol régulier qui disposait de tous les documents requis », a ajouté l’Autorité émiratie dans cette déclaration relayée par l’agence officielle WAM.

Doha qui n’a plus de relations diplomatiques avec Abou Dhabi a démenti un peu plus tard.

« L’Etat du Qatar déclare que les affirmations selon lesquelles des avions de chasse qataris ont intercepté un avion civil des Emirats (sont) totalement fausses », a dit Lulwa Al Khater, porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, sur son compte Twitter.

A deux reprises ces derniers jours, le Qatar a affirmé que des avions militaires émiratis avaient violé son espace aérien, une première fois le 21 décembre, une deuxième fois le 3 janvier, entraînant des plaintes auprès des Nations unies.

Les relations entre les deux pays –« frères ennemis » du Golfe– sont au plus bas.

Dimanche, la chaîne de télévision Al Jazeera basée au Qatar a diffusé une vidéo montrant un membre de la famille royale qatarie affirmant être retenu contre son gré aux Emirats.

Abou Dhabi a démenti, affirmant que cette personnalité, cheikh Abdallah ben Ali Al-Thani, était libre de ses mouvements et qu’elle pouvait quitter les Emirats quand bon lui semble.

Le 5 juin 2017, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont brusquement rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar en l’accusant de soutenir des groupes extrémistes, notamment la confrérie des Frères musulmans, et de se rapprocher de l’Iran, le grand rival régional des Saoudiens.

Ces quatre pays ont fermé leurs liaisons aériennes, maritimes et terrestres avec le Qatar. Doha a rejeté les accusations de soutien à des groupes extrémistes en affirmant que le Quartet arabe cherchait en fait à mettre sa politique étrangère « sous tutelle ».

Plusieurs tentatives de médiation pour mettre fin au conflit ont échoué depuis.

Romandie.com avec(©AFP / 15 janvier 2018 13h50)                

Le Qatar paiera 8 milliards de dollars pour24 avions de chasse britanniques

décembre 10, 2017

Le ministre de la Défense britannique, Gavin Williamson (G) avec son homologue qatari Khalid ben Mohamed al-Atiya, le 10 décembre 2017 à Doha / © AFP / STRINGER

Le Qatar paiera huit milliards de dollars (6,8 milliards d’euros) pour l’achat de 24 avions de chasse Typhoon britanniques, a-t-il indiqué dimanche lors de la signature finale de ce contrat à Doha par les ministres de la Défense des deux pays.

Le Qatar, qui est actuellement isolé par l’Arabie saoudite et ses alliés, avait annoncé en septembre un accord avec la Grande-Bretagne pour l’achat de ces 24 avions de chasse, un des plus gros contrats de défense signé par l’émirat depuis le début de la crise du Golfe le 5 juin. Il n’avait jusqu’alors pas précisé le montant de la transaction.

Selon le ministre de la Défense britannique, Gavin Williamson, il s’agit de la plus grosse commande d’avions de chasse Typhoon depuis une décennie.

« Ces formidables avions vont renforcer les moyens militaires du Qatar pour faire face aux défis que nous partageons au Moyen-Orient », a-t-il déclaré lors de la signature avec son homologue qatari Khalid ben Mohamed al-Atiya.

Les deux ministres ont également signé un accord sur la mise en place d’un escadron aérien conjoint pour garantir la sécurité lors de la Coupe du monde 2022 de football organisée dans l’émirat gazier, selon un communiqué de l’armée qatarie.

L’émirat a par ailleurs exprimé son intention d’acheter d’autres équipements militaires auprès de la Grande-Bretagne, des contrats bienvenus pour ce pays négociant actuellement une sortie de l’Union européenne avec une facture estimée à des dizaines de milliards d’euros.

Le 7 décembre, Doha avait signé un contrat pour l’achat de 12 avions de chasse Rafale français lors d’une visite du président Emmanuel Macron.

Le 5 juin, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont coupé toutes leurs relations diplomatiques ainsi que leurs liaisons aériennes avec le Qatar en l’accusant de soutenir des mouvements extrémistes et de se rapprocher de l’Iran, grand rival régional de Ryad. Doha nie soutenir des mouvements extrémistes.

Romandie.com avec(©AFP / 10 décembre 2017 21h44)                

Unesco: la candidate française sera opposée au Qatari

octobre 13, 2017

L’ex-ministre française de la Culture Audrey Azouley à Cannes le 23 mai 2017 / © AFP/Archives / Anne-Christine POUJOULAT

Le dernier tour de l’élection très politique du prochain directeur général de l’Unesco opposera vendredi soir à Paris le représentant du Qatar Hamad bin Abdoulaziz Al-Kawari à la française Audrey Azoulay, a-t-on appris de source diplomatique.

Lors d’un vote intermédiaire en début d’après-midi, les 58 membres du Conseil exécutif de l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, ont préféré la candidate française à l’Egyptienne Moushira Khattab, par 31 voix contre 25 (deux votes blancs), pour affronter M. Al-Kawari à l’ultime tour de scrutin.

Ces deux candidates étaient arrivées ex-aequo jeudi soir, avec 18 suffrages chacune, derrière le candidat qatari (22 voix) qui a fait la course en tête depuis le début de processus de sélection lundi.

Ce scénario inédit a contraint l’Unesco, dont le siège est à Paris, à organiser une sorte de vote intermédiaire pour départager les deux candidates.

La bataille fait rage pour savoir qui prendra le leadership d’une organisation déjà fragilisée par ses dissensions et ses difficultés économiques, et à laquelle les Etats-Unis et Israël ont porté « un coup dur » en annonçant jeudi leur départ, selon la directrice générale sortante de l’organisation, la Bulgare Irina Bokova.

Romandie.com avec(©AFP / 13 octobre 2017 15h29)                

Hissein Brahim Taha, ministre tchadien des Affaires étrangères : « Le Qatar doit cesser de soutenir Timan Erdimi »

août 25, 2017

Hissein Brahim Taha, le chef de la diplomatie tchadienne, lors d’une conférence à Oslo, en Norvège, en février 2017. © Haakon Mosvold Larsen/AP/SIPA

Le ministre des Affaires étrangères du Tchad précise à Jeune Afrique les raisons de la rupture des relations diplomatiques avec le Qatar.

Le Tchad a annoncé mercredi 23 août la fermeture de l’ambassade du Qatar à N’djamena en raison des « tentatives (de l’émirat) de déstabilisation du Tchad à partir de la Libye », selon un communiqué des Affaires étrangères. La décision a été signifiée à l’ambassadeur du Qatar le même jour. Ce dernier a dix jours pour quitter le pays avec l’ensemble du personnel diplomatique qatari.

Les autorités tchadiennes ont par la suite précisé leurs motivations : selon elles, le Qatar soutient le rebelle Timan Erdimi de l’Union des forces de la résistance (UFR), qui réside à Doha. Le mouvement a pour sa part nié être soutenu par le Qatar. Le ministre tchadien des Affaires étrangères, Hissein Brahim Taha, précise son point de vue à Jeune Afrique.

Des militants de l’Union des forces de la résistance (UFR) ont assuré que leur leader Timan Erdimi n’était pas soutenu par le Qatar. Qu’en dites-vous ?

C’est de bonne guerre. Personne n’aime reconnaître un soutien étranger. Encore moins du Qatar j’imagine par les temps qui courent. Pourtant les faits sont là : Erdimi est hébergé à Doha depuis sept ou huit ans, il y vit dans un grand hôtel. Et il y a plusieurs semaines, il a clairement démontré qu’il était bien le leader d’un mouvement qui appelle à se réorganiser en vue de mener une lutte armée. Il ne le cache pas. Partant de là, je crois que nous sommes en droit de prendre les mesures que nous jugeons adéquates.

Vous parlez d’incursion depuis la Libye. Selon vous, la situation dans ce pays représente un danger pour la sécurité du Tchad ?

La situation libyenne représente un danger pour tous les pays de la région, en premier lieu pour notre pays qui dispose d’une frontière commune avec la Libye. Il y a une dizaine de jours, une opération d’infiltration de notre territoire a été menée depuis la Libye et selon nos renseignements, les personnes qui ont mené cette attaque répondent à Erdimi. Dans ce pays par ailleurs, notamment dans les régions et Misrata et Tripoli, le Qatar compte de solides alliés et dispose d’une réelle assise.

Il y a quelques jours, le président Idriss Déby Itno a reçu des représentants tribaux libyens. Cela fait partie d’un processus en vue d’assurer la sécurité du Tchad ?

Non, il s’agit de montrer que le Tchad est un acteur qui compte dans la recherche d’une paix, qui lui sera profitable bien sûr, mais également à tous. Nous sommes prêts à parler avec ceux qui œuvrent à la paix et nous pensons avoir un rôle à jouer, car nous connaissons très bien la Libye. Les chefs tribaux sont à l’aise avec nous, sûrement plus qu’avec des partenaires plus éloignés culturellement. Cette réunion a été un premier pas. Nous avons pu écouter des idées, des doléances, identifier des personnes… C’est un début.

Votre geste de rappeler votre ambassadeur à Doha et de fermer l’ambassade du Qatar au Tchad n’est-il pas lié à la brouille entre ce pays, d’un côté, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis de l’autre ?

Je l’ai dit et je le répète : notre décision concerne nos relations bilatérales avec le Qatar. Cette décision ne s’inscrit pas dans la crise diplomatique qui frappe le Golfe. J’ai d’ailleurs pu le préciser à l’ambassadeur du Qatar lorsque je lui ai signifié notre décision. Nous n’avons pas d’autre exigence que cesse les efforts de déstabilisation contre notre pays. Nous n’avons jamais demandé par le passé que Erdimi, condamné par contumace, soit extradé. Mais là, nous devons dire stop. Il faut que le Qatar cesse de soutenir Erdimi dont mouvement cherche à déstabiliser le pays. Les Qataris savent maintenant ce que nous attendons, ce que nous demandons et ce qu’ils doivent faire pour revenir à de meilleurs sentiments.

Jeuneafrique.com par