Posts Tagged ‘Racisme’

Canada/couleur de peau: une députée taxe Maxime Bernier d' »ignorant »

mai 28, 2018

La député libérale Celina Caesar-Chavannes... (PHOTO JUSTIN TANG, LA PRESSE CANADIENNE)

La député libérale Celina Caesar-Chavannes, Photo Justin Tang

 

La députée libérale Celina Caesar-Chavannes taxe d’« ignorant » le commentaire émis par Maxime Bernier sur la couleur de sa peau.

Dans un message publié en anglais sur Twitter, samedi, l’élu de Beauce avait reproché à l’élue noire de penser que « le monde gravite autour de la couleur de [sa] peau ».

La cible de cette attaque n’a pas voulu dire si elle considérait qu’il s’agissait de propos racistes, lundi, mais elle a affirmé qu’ils n’avaient « aucun sens » et que le gazouillis était « ignorant ».

« Je ne crois pas que tout tourne autour de la couleur de ma peau », a soutenu Celina Caesar-Chavannes en mêlée de presse avant la période des questions en Chambre.

« Je pense qu’il existe des enjeux de nature raciale que nous devons régler, et qu’une personne comme Maxime Bernier ne puisse le réaliser relève de la sottise », a-t-elle ajouté.

La députée libérale ontarienne a dit vouloir laisser au chef conservateur Andrew Scheer le soin de déterminer si un rappel à l’ordre s’impose.

Mais Celina Caesar-Chavannes a promis qu’elle ne se laisserait pas réduire au silence.

« Je vais continuer à dénoncer [la discrimination] quand j’en verrai, et les gens n’aimeront pas cela. Et c’est correct », a-t-elle martelé.

La réalité « est qu’il existe des barrières significatives pour les groupes vulnérables dans notre société », et que cette réalité, les législateurs doivent en tenir compte, a-t-elle insisté.

Le député Maxime Bernier était à Ottawa, lundi, mais il ne souhaitait pas accorder d’entrevue, a-t-on indiqué à son bureau.

Son collègue Gérard Deltell ne croit pas qu’on puisse accoler l’étiquette de raciste au gazouillis de samedi.

« À mon point de vue, non », a-t-il répondu lorsque la question lui a été posée.

Leur camarade de caucus Erin O’Toole a invité les élus à discuter de ce genre d’enjeu dans un forum plus approprié.

« Les gens des deux côtés devraient pouvoir débattre s’ils ont des désaccords. Mais ne le faites pas juste sur Twitter. Faites-le à la Chambre des communes », a-t-il offert en mêlée de presse.

Au bureau du chef conservateur Andrew Scheer, la porte-parole Virginie Bonneau a signalé lundi qu’il n’y aurait « pas de réaction aujourd’hui ».

Il n’y en avait pas eu dimanche non plus, lorsque La Presse canadienne en avait sollicité une.

Le Beauceron réagissait à un article du Globe and Mail dans lequel l’auteure écrit que la libérale « se concentre moins sur les politiques et davantage sur les enjeux de nature personnelle ».

Il a mis en exergue ce passage de l’article dans son gazouillis. Il est parti de cet extrait pour noter que son approche était fondamentalement différente de celle de la libérale.

Pas le premier accrochage

Ce n’est pas la première fois que les députés se livrent à une guerre de mots sur le réseau social.

Il y a eu prise de bec entre les deux en mars dernier après que le Beauceron eut critiqué la décision du gouvernement de mettre des sommes de côté au budget pour des programmes destinés aux Canadiens issus de minorités culturelles.

La députée Caesar-Chavannes lui avait conseillé « d’admettre son état de privilégié et de se taire ». Elle lui a ensuite présenté ses excuses, reconnaissant avoir eu tort de lui avoir dit de se taire, et lui a proposé d’en discuter en personne – une invitation que Maxime Bernier avait déclinée.

Dans l’article du Globe and Mail, l’élue est revenue sur cet incident et a expliqué que le « privilège » de Maxime Bernier est qu’il ne saura jamais ce que représente le fait de « vivre avec la couleur ».

« Alors tu restes assis là et tu dis que tu ne le vois pas. Eh bien tant mieux pour toi, parce que tu n’as jamais eu à le vivre, chéri », a-t-elle affirmé, selon le quotidien torontois.

Le député conservateur n’a pas apprécié le qualificatif employé par sa vis-à-vis libérale.

« En passant, je ne suis pas ton chéri », a-t-il écrit en conclusion de son gazouillis de samedi.

La Presse Canadienne

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GB: le prince Harry et Merghan Markle destinataires d’un courrier « raciste »

février 22, 2018

Londres – La police britannique a annoncé jeudi enquêter sur un courrier « raciste » contenant de la poudre blanche adressé au prince Harry et à sa fiancée Meghan Markle.

Le courrier, reçu le 12 février au Palais Saint James, l’une des résidences de la famille royale britannique, « est traité comme une infraction raciste haineuse », a annoncé Scotland Yard.

Les policiers tentent d’établir si cet envoi tombe sous le coup de la loi sur les « communications malveillantes » (Malicious Communications Act), qui réprime les envois à caractère menaçant ou insultant, ainsi que les commentaires racistes.

La police a précisé que la substance retrouvée dans le courrier a été examinée, et « n’est pas suspecte ».

Contacté par l’AFP, le service de presse du prince Harry, au palais de Kensington, s’est refusé à toute déclaration.

Les enquêteurs cherchent également à remonter jusqu’à l’expéditeur du courrier. Selon le quotidien Evening Standard, une autre lettre contenant de la poudre aurait été reçue au Palais de Westminster, le Parlement britannique, adressée à la ministre de l’Intérieur Amber Rudd.

La poudre ne poserait là non plus pas de menace mais la police cherche à établir si les deux envois présentent un lien.

Le mariage du prince Harry et de l’actrice américaine Meghan Markle doit se dérouler le 19 mai à la chapelle Saint-George, au château de Windsor, à l’ouest de Londres.

Des commentaires racistes contre la jeune femme métisse exprimés par la compagne du chef du parti europhobe Ukip avaient provoqué en décembre 2017 un scandale et conduit à la révocation de ce dernier.

Lors de la révélation de leur relation, le prince Harry avait mis en garde les médias contre tout comportement de harcèlement ou commentaire raciste visant son couple.

Romandie.com avec(©AFP / 22 février 2018 17h55)                                            

États-Unis: Trump est visé par un déluge de condamnation après ses propos « racistes »

janvier 13, 2018

Donald Trump à la Maison Blanche le 12 janvier 2018 / © AFP / Brendan Smialowski
                

« Racistes », « abjects » et « blessants », les propos de Donald Trump sur l’immigration en provenance de « pays de merde » ont continué à provoquer un torrent d’indignation à travers le monde qui ne tarissait pas samedi, l’Afrique entière réclamant des excuses.

Les paroles attribuées à Donald Trump sur les pays africains qualifiés de « pays de merde » sont inacceptables, a déclaré samedi le président ghanéen Nana Akufo-Addo.

M. Akufo-Addo estime que ces propos sont « extrêmement malheureux », ajoutant : « Nous ne sommes certainement pas un +pays de merde+ ». « Nous n’accepterons pas de telles insultes, même de la part du dirigeant d’un pays ami, quelle que soit la puissance (de ce pays) ».

La Namibie a pour sa part estimé que les remarques du président « n’avaient pas leur place dans un discours diplomatique ». Le langage de M. Trump « est contraire aux normes de la civilité et du progrès humain », selon son ministère des Affaires étrangères.

Les 15 pays membres de la Communauté des Caraïbes (Caricom) ont condamné un « langage méprisant et répugnant ».

Le New York Times et le magazine New Yorker ont tous deux qualifié M. Trump de raciste, présentant ses commentaires et insistant sur sa conduite qui montrent que le président avait un « point de vue sectaire du monde ».

Mais un éditorial ne va sans doute pas faire tarir la polémique: c’est celui d’une publication suprémaciste américaine qui donne son soutien à M. Trump. Pour The Daily Stormer, les propos attribués à M. Trump sont « encourageants et rafraîchissants, puisqu’ils indiquent que Trump est plus ou moins sur la même longueur d’onde que nous en ce qui concernent la race et l’immigration ».

D’une même voix, dans un langage d’une rare dureté, les 54 ambassadeurs du groupe africain à l’ONU ont exigé vendredi une « rétractation » au président, condamnant des « remarques scandaleuses, racistes et xénophobes ». Ils se sont dits préoccupés par la tendance « grandissante » de l’administration Trump « à dénigrer le continent, et les gens de couleur ».

Le gouvernement haïtien a dénoncé des propos « odieux et abjects » qui, s’ils étaient avérés, seraient à tous égards « inacceptables car ils reflèteraient une vision simpliste et raciste ».

Pas les mots utilisés

Le président américain a réagi à cette nouvelle polémique qui le met en difficulté au moment où il tente de trouver un compromis au Congrès sur le dossier sensible de l’immigration.

« Le langage que j’ai utilisé lors de la réunion était dur mais ce ne sont pas les mots utilisés », a affirmé sur Twitter le milliardaire dans une formule alambiquée.

Quelques minutes plus tard, le sénateur démocrate Dick Durbin, présent lors de la réunion, assurait pourtant que le président avait bien utilisé « plusieurs fois » l’expression injurieuse.

« Les mots utilisés par le président tels qu’ils m’ont été rapportés directement par ceux qui ont participé à la rencontre n’étaient pas +durs+, ils étaient abjects et répugnants », a ajouté le sénateur républicain Jeff Flake, un conservateur opposé à Donald Trump.

Sollicitée jeudi soir, la Maison Blanche n’avait pas contesté ou démenti, se bornant à souligner que M. Trump se battrait « toujours pour le peuple américain ».

Louanges pour Martin Luther King

Dans un étrange télescopage, le président américain a signé vendredi une déclaration en l’honneur de Martin Luther King, qui sera célébré à travers les Etats-Unis lundi, jour férié.

Au cours d’une cérémonie, il a loué « le rêve d’égalité, de liberté, de justice et de paix » du militant noir des droits civiques. Saluant un homme qui a « changé le cours de l’histoire », il a ignoré les questions qui lui ont été posées ensuite.

Presque simultanément, à quelques kilomètres de là, le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, faisait l’éloge de la « diversité » et défendait les « valeurs américaines » lors d’un discours sur le « respect ».

Au coeur des débats de la réunion désormais célèbre de jeudi: la régularisation de centaines de milliers de clandestins arrivés jeunes aux Etats-Unis, et dont le statut temporaire accordé sous Barack Obama a été supprimé en septembre.

Quand M. Trump a abrogé le programme Daca, qui a permis à 690.000 jeunes sans-papiers de travailler et d’étudier en toute légalité, il avait donné jusqu’à mars au Congrès pour trouver une solution pérenne pour ces clandestins, les « dreamers » (rêveurs).

Mais il a lié toute régularisation à son projet de mur à la frontière avec le Mexique, auquel les démocrates se sont jusqu’à présent opposés fermement.

Agression

Outre la réalisation de cette promesse de campagne, M. Trump exige aussi la suppression de la loterie annuelle de cartes vertes et une réforme de l’immigration légale pour réduire le rapprochement familial.

« Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ? », a demandé le président Trump lors des discussions jeudi, selon le Washington Post, qui cite plusieurs sources anonymes.

Selon elles, M. Trump faisait référence à des pays d’Afrique ainsi qu’à Haïti et au Salvador, expliquant que les Etats-Unis devraient plutôt accueillir des Norvégiens.

« Pourquoi avons-nous besoin de plus d’Haïtiens ? », aurait demandé le président.

Vendredi, il a tenté de donner une version différente de ses propos : « Je n’ai jamais dit quelque chose d’insultant sur les Haïtiens outre le fait que, et c’est une évidence, Haïti était un pays très pauvre et en difficulté ».

Le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés a déploré des propos « racistes », « choquants et honteux ».

L’ancien vice-président démocrate Joe Biden a lui aussi donné de la voix : « Ce n’est pas comme cela qu’un président devrait parler et se comporter. Mais surtout, ce n’est pas comme cela qu’un président devrait penser ».

En Amérique latine, le président vénézuélien Nicolas Maduro a appelé à la solidarité avec les pays « agressés » par Donald Trump. Cuba a de son côté « condamné fermement » des déclarations « racistes, dénigrantes et grossières ».

Romandie.com avec(©AFP / 13 janvier 2018 23h17

Allemagne/fils de Boris Becker: l’AFD sanctionne un de ses députés pour un tweet raciste

janvier 8, 2018

Noah Becker, le 6 juillet 2011 à Berlin / © AFP/Archives / CARSTEN KOALL

Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a adressé lundi un avertissement à un de ses députés pour un tweet à caractère raciste contre le fils de l’ancienne star du tennis Boris Becker.

Les instances dirigeantes du mouvement ont pris à l’unanimité cette décision mais ont en revanche écarté une exclusion de l’intéressé, qui nie avoir lui-même écrit le message.

Jens Maier, un ancien magistrat député de l’AfD depuis les législatives du 24 septembre, avait qualifié la semaine dernière dans un tweet Noah Becker, dont le grand-père maternel est noir américain, de « petit demi-nègre » en mal « d’attention ».

Le message posté sur son compte officiel a suscité l’indignation en Allemagne et de vives critiques au sein même de l’AfD, dont les responsables sont pourtant des habitués des tweets polémiques. Il a été effacé par Twitter.

Dans une « déclaration personnelle » rendue publique lundi par l’AfD, l’élu a affirmé ne pas être l’auteur de ce tweet, posté selon lui par un collaborateur, limogé depuis.

« Je regrette beaucoup ce dérapage verbal dans le tweet et m’excuse en bonne et due forme auprès de Noah Becker » et de l’AfD, écrit-il. « Ce tweet ne correspond pas à mon style ».

Les explications de l’élu d’extrême n’ont toutefois pas convaincu Boris Becker. « C’est ce qu’ils font en règle générale à l’AfD, toujours la même combine. Ils lancent quelque chose et ensuite prennent leurs distances avec », a jugé l’ex-star du tennis dimanche dans le quotidien Die Welt.

Le message de l’élu se voulait un commentaire d’une interview du fils de Boris Becker, âgé de 23 ans, dans laquelle ce dernier avait qualifié Berlin de « ville blanche », comparée à Londres ou Paris. Il avait aussi affirmé avoir déjà été attaqué dans la capitale allemande en raison de sa couleur de peau.

Noah Becker, fils de l’ex-champion resté très célèbre en Allemagne, et de Barbara Becker, a depuis porté plainte contre M. Maier.

Dans le passé, l’ancien juge avait fait scandale pour avoir exprimé de la sympathie envers le néo-nazi Anders Behring Breivik, qui a tué 77 personnes en 2011 en Norvège, estimant qu’il avait agi « par désespoir » face au multiculturalisme. Il s’était aussi inquiété de « la création de peuples de sangs-mêlés ».

Le tweet incriminé avait été posté peu après celui de la députée et figure de premier plan du parti d’extrême droite Beatrix von Storch, qui avait évoqué lors du Réveillon de la Saint-Sylvestre les « hordes d’hommes barbares, musulmans et violeurs », dans une référence explicite aux agressions racistes commises dans la nuit du Nouvel An il y a deux ans à Cologne et attribuées à des migrants.

A l’issue des législatives de septembre, plus de 90 députés de l’AfD sont entrés à la chambre basse du Parlement, provoquant un choc considérable dans une Allemagne où l’extrême droite a longtemps été taboue en raison du passé nazi.

L’AfD joue sur une certaine défiance envers les responsables politiques des partis traditionnels et sur les inquiétudes, voire le rejet d’une partie de la population face au million de migrants arrivés depuis 2015 en Allemagne.

Romandie.com avec(©AFP / 08 janvier 2018 13h49)                

États-Unis: Trump plaide contre le racisme à une inauguration boycottée par des personnalités noires

décembre 10, 2017

Le président américain Donald Trump lors de l’inauguration d’un musée des droits civiques à Jackson (Mississippi, sud), le 9 décembre 2017. © Susan Walsh/AP/SIPA

Donald Trump a plaidé samedi contre le racisme et pour l’égalité des chances lors de l’inauguration d’un musée des droits civiques à Jackson (Mississippi, sud), événement qui avait été boycotté par plusieurs personnalités noires, dont le maire.

« Nous voulons que notre pays soit un endroit où chaque enfant, quelles que soient ses origines, puisse grandir sans peur, sans connaître la haine et entouré d’amour, d’opportunités et d’espoir », a déclaré le président, après avoir visité le tout nouveau musée des droits civiques du Mississippi.

Législatives allemandes: un député noir en lutte contre le racisme

septembre 17, 2017

Karamba Diaby, premier député noir d’Allemagne élu dans une circonscription d’ex-RDA, le 6 septembre à Halle en Allemagne, tentera de retrouver son siège. © AFP / JOHN MACDOUGALL

En campagne pour sa réélection, Karamba Diaby, premier député noir d’Allemagne élu dans une circonscription d’ex-RDA, aspire à la normalité malgré les injures racistes qui pleuvent sur lui dans cette région où prospère la xénophobie.

« À tous les racistes : I’m not your negro! » (« Je ne suis pas votre nègre! »): sur Facebook, Karamba Diaby, né au Sénégal il y a 55 ans, a tapé du poing sur la table pour répondre aux néo-nazis qui l’agonissent d’injures alors qu’il bat le pavé pour se faire réélire lors des législatives du 24 septembre.

Car derrière l’apparente quiétude de la campagne et d’une élection qui paraît promise à Angela Merkel, la colère aux marges de l’échiquier politique gronde. Et avec lui le ressentiment à l’égard des étrangers.

Le candidat social-démocrate de la ville de Halle dénonce ceux qui déversent leur fiel sur lui à coup de « singe noir » et de « ce mot en n » qu’il refuse désormais de prononcer. Il a porté plainte contre le parti néo-nazi NPD à l’origine de cette campagne.

« Les commentaires sont devenus très, très agressifs » sur les réseaux sociaux, affirme à l’AFP ce docteur en chimie élu député pour la première fois il y a quatre ans.

Avec un autre Allemand d’origine sénégalaise, ils sont les deux premiers noirs de l’Histoire à siéger au Bundestag.

Karamba Diaby, qui a reçu des centaines d’emails injurieux et des menaces de mort dans le passé, considère que « c’est un devoir de toute la société » de faire front. Car « il n’y a pas de liberté d’opinion quand on insulte quelqu’un ».

Dignité d’une personne

« La dignité d’une personne est inscrite dans notre Constitution », martèle cet homme qui parle parfaitement l’allemand, le français et le mandinka. Et « je ne me laisse pas intimider par qui que ce soit ».

Le député né en Casamance aimerait qu’on ne le renvoie plus sans cesse à sa couleur de peau. « Si le fait que quelqu’un qui vit ici depuis plus de 31 ans, qui a étudié ici, qui a sa famille ici (…) pose sa candidature au parlement est un événement extraordinaire et une sensation, c’est très dommage », juge-t-il.

Mais sur les terres désindustralisées de l’ancienne RDA communiste, le racisme fait florès. Halle, ville de 230 000 habitants qui ne compte que quelque 7% d’étrangers et accueille 4 000 réfugiés, est considérée comme un fief néo-nazi.

En outre, le jeune parti nationaliste et anti-migrants Alternative pour l’Allemagne (AfD) a enregistré dans sa région un score record de plus de 24% l’an dernier.

Sur la place principale de Halle, Karamba Diaby enchaîne ce matin-là les échanges chaleureux. Très loin de la haine sur internet. « Karamba! », lance un jeune poing levé en signe de victoire. « Tu viens au match samedi? », lui demande un autre alors que grimpé sur un escabeau, le député se débat avec une affiche de campagne qu’il faut accrocher au lampadaire.

Naturalisé en 2001

« Je dis toujours aux étrangers que quand tu es en Allemagne, tu dois la considérer comme ton pays », reprend Karamba Diaby naturalisé allemand en 2001.

Malgré tout, pour lui « l’Allemagne est un pays ouvert » qui a beaucoup changé depuis qu’il a débarqué, un jour d’octobre 1985, dans la RDA communiste. Pour seul bagage, le jeune Sénégalais disposait d’une bourse d’études décrochée grâce à ses activités dans une organisation estudiantine de gauche dans son pays natal.

« Je savais seulement deux mots, ‘Bundesliga’ et ‘BMW’ » en arrivant, sourit Karamba Diaby qui a fréquenté au lycée l’actuel président sénégalais, Macky Sall. Et « les conditions n’étaient pas faciles » dans ce régime dictatorial.

Les Allemands de l’Est vivaient en vase clos, les Africains, essentiellement des étudiants venus de pays socialistes, n’étaient guère intégrés.

Quand le Mur de Berlin s’effondre en 1989, le racisme à l’Est se déchaîne. Un soir de 1991, descendant d’un bus, le jeune doctorant est agressé physiquement. Karamba Diaby n’aime guère évoquer ce souvenir.

Marié à une Allemande, il reste dans le pays, s’engage au SPD où il veut aujourd’hui se battre pour l’éducation, « l’un des grands défis » du pays.

Sa thèse de doctorat, il l’a consacrée à la pollution de sols dans les jardins ouvriers. Ces lopins de terre typiques de son pays d’adoption.

Jeuneafrique.com

États-Unis: les deux présidents Bush appellent à rejeter « le racisme, l’antisémitisme et la haine »

août 16, 2017

Washington – Les deux anciens présidents américains George H.W Bush et son fils George W. Bush ont appelé mercredi les Etats-Unis à « rejeter le racisme, l’antisémitisme et la haine sous toutes ses formes », après les violences à Charlottesville.

Ce bref communiqué des 41e et 43e présidents américains, au ton très solennel, vient un peu moins de 24 heures après le tollé déclenché par Donald Trump qui a renvoyé dos à dos les groupuscules suprémacistes blancs –dont un sympathisant a tué une jeune femme samedi à Charlottesville– et les manifestants antiracistes.

Le président Trump, très remonté, a affirmé mardi au cours d’une conférence de presse chaotique que la responsabilité des violences dans la ville universitaire de Virginie devait être recherchée « des deux côtés ».

« Alors que nos prières vont à Charlottesville, nous nous remémorons ces vérités fondamentales couchées dans la Déclaration d’indépendance par le plus éminent des citoyens de cette ville (Thomas Jefferson, NDLR): ‘tous les hommes sont créés égaux; ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables' », écrivent les deux Bush.

« Nous savons que ces vérités sont éternelles parce que nous sommes les témoins de la décence et de la grandeur de notre pays », ont-ils conclu.

Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, avait réagi dès dimanche au drame de Charlottesville dans un tweet citant le grand résistant à l’apartheid Nelson Mandela.

Ce tweet est devenu le plus « aimé » de l’histoire du réseau social avec 3,4 millions de « likes » mercredi.

Les deux autres présidents américains toujours en vie, Jimmy Carter et Bill Clinton, n’avaient pas encore réagi publiquement mercredi à ces événements qui ont choqué une partie de l’Amérique.

Romandie.com avec(©AFP / 16 août 2017 18h08)                                            

États-Unis: La Maison Blanche tente d’éteindre la polémique née des silences de Trump

août 13, 2017

Donald Trump, le 12 août 2017 à Bedminster / © AFP / JIM WATSON

La Maison Blanche tentait dimanche d’apaiser la controverse née des propos – et plus encore des silences – de Donald Trump, accusé de complaisance à l’égard des militants d’extrême droite ayant endeuillé Charlottesville.

Une femme de 32 ans est morte samedi quand une voiture a foncé sur la foule de contre-manifestants venus dénoncer dans cette petite ville de Virginie la présence de groupuscules identitaires et néo-nazis, dont des membres du Ku Klux Klan (KKK).

Le président américain, en vacances dans son golf du New Jersey, a fini par faire savoir dimanche, par la voix d’un porte-parole, qu’il condamnait « bien sûr » toutes les formes de violence, y compris celles des suprémacistes blancs.

Samedi, les Américains qui attendaient de leur président une condamnation claire, forte et rapide de ces mouvements radicaux prônant la suprématie de la race blanche avaient été déçus: M. Trump s’était contenté de renvoyer les deux camps dos à dos, en pointant une « violence venant de diverses parties ».

Environ 19 heures plus tard et la polémique enflant, la Maison Blanche a tenté de rectifier le tir.

« Le président a dit avec force hier qu’il condamnait toutes les formes de violence, de sectarisme et de haine », a dit un porte-parole de l’exécutif américain. « Cela inclut, bien sûr, les suprémacistes blancs, le KKK, les néo-nazis et tous les groupes extrémistes ».

La fille et conseillère du président, Ivanka Trump, avait elle auparavant dénoncé sans ambages « le racisme, la suprématie blanche et les néo-nazis », estimant qu’il n’y avait « pas de place dans la société » américaine pour de telles idées.

– Critiques chez les républicains –

Les critiques du milliardaire républicain avaient dès samedi effectué des rapprochements entre sa tiédeur après les violences de Charlottesville et l’ambiguïté qu’il cultive vis-à-vis de l’extrême droite depuis sa campagne.

Une bonne partie de la droite alternative, ou « Alt Right », avait en effet soutenu Donald Trump dans sa course à la Maison Blanche, et celui-ci a plusieurs fois refusé de prendre clairement ses distances avec certains de ses groupes ou de ses leaders.

M. Trump a été vivement critiqué dans son propre camp républicain, à l’image du sénateur de Floride Marco Rubio, qui a notamment souhaité « entendre le président décrire les événements de Charlottesville pour ce qu’ils sont, une attaque terroriste menée par des suprématistes blancs ».

« Si j’étais président des Etats-Unis et que ces personnes témoignaient leur sympathie vis-à-vis de ma personne et de mon programme, cela me poserait problème », a commenté de son côté Lindsey Graham, un sénateur qui s’inscrit de plus en plus dans l’opposition interne à Donald Trump au sein de la famille républicaine.

A Charlottesville, la journée de samedi a été encore été alourdie par la mort de deux policiers, qui se sont écrasés en hélicoptère.

L’enquête de la police fédérale devrait rapidement établir les motivations de James Fields, interpellé au volant de la voiture qui a percuté les militants antiracistes. Cet homme de 20 ans a été photographié plus tôt samedi porteur d’un bouclier aux côtés de miliciens néo-nazis.

– Climat ‘d’intimidation’ –

Le suspect, originaire de l’Ohio, a été inculpé de meurtre, de violences volontaires ayant causé des blessures et de délit de fuite. Il devrait être présenté à un juge lundi.

Les événements de Charlottesville vont être étudiés à l’aune d’une question centrale: par sa rhétorique, ses mesures ciblant les étrangers et ses appels répétés à donner la priorité à l’Amérique, le président Trump a-t-il enhardi de façon dangereuse les extrémistes de droite ?

Le maire de démocrate de Charlottesville, Michael Signer, a clairement répondu par l’affirmative, jugeant qu’il avait contribué à créer un climat de « vulgarité, de cynisme et d’intimidation ».

« Il a fait le choix durant sa campagne présidentielle (…) de jouer sur nos pires préjugés », a-t-il déclaré sur CBS. « Je pense que ce que ce qui s’est passé ce week-end a un lien direct avec ces choix ».

Cette affaire de Charlottesville évoque le long délai pris pendant la campagne par Donald Trump pour désavouer le soutien que lui avait apporté publiquement David Duke, un ancien leader du Ku Klux Klan.

Romandie.com avec(©AFP / 13 août 2017 20h59

États-Unis: violents heurts à un rassemblement de la droite radicale

août 12, 2017

Photo de Twitter fournie par la police de l’Etat de Virginie montrant des arrestations lors d’échauffourées entre militants antiracistes et groupuscules de l’extrême droite américaines réunis à Charlottesville, le 12 août 2017 / © Virginia State Police/AFP / Virginia State Police

De violentes échauffourées ont éclaté samedi entre militants antiracistes et groupuscules de l’extrême droite américaine réunis à Charlottesville, en Virginie, conduisant le président Donald Trump à dénoncer la « haine » exprimée, la police interdisant finalement le rassemblement.

Dans un air chargé en gaz lacrymogène, les heurts opposant manifestants de la droite radicale et contre-manifestants se sont multipliés avant même le début prévu de l’événement, donnant lieu à des rixes, des jets de projectiles et des échanges de coups de bâton, selon une journaliste de l’AFP sur place.

Dans ce climat de haute tension, les craintes de débordements plus graves étaient avivées par la présence d’armes portées ouvertement par les manifestants, ainsi que le permet la loi dans l’Etat de Virginie.

Des membres de milices d’extrême droite s’étaient positionnés en tenue paramilitaire, fusil semi-automatique en bandoulière, non loin des forces de l’ordre très sollicitées.

Face aux incidents, la police en tenue anti-émeute a donc décidé peu avant midi (16H00 GMT) d’interdire la manifestation prévue et a procédé à l’évacuation du parc public où elle se tenait. Les forces de l’ordre ont procédé à un nombre inconnu d’interpellations.

Le gouverneur démocrate de la Virginie, Terry McAuliffe, a de son côté déclaré à la mi-journée un état d’urgence, une mesure permettant de mobiliser davantage de moyens policiers.

Les groupes de la droite radicale et identitaire américaine présents, dont le Ku Klux Klan et des néo-nazis, entendaient dénoncer de façon unitaire le projet de Charlottesville de déboulonner dans ce jardin municipal la statue d’un général sudiste favorable à l’esclavagisme.

– Les époux Trump réagissent –

« Nous devons TOUS nous unir et condamner tout ce qui représente la haine. Il n’y a pas de place en Amérique pour ce type de violences », a tweeté le président Donald Trump, à l’issue de la manifestation avortée.

D’habitude relativement avare en commentaires publics, la Première dame des Etats-Unis, Melania Trump, l’avait précédé en condamnant le sectarisme. « Rien de bon n’émerge de la violence », a-t-elle écrit sur Twitter.

Certains militants rassemblés, professant la suprématie de la race blanche, étant venus munis de drapeaux confédérés, un symbole considéré comme raciste par une bonne partie des Américains. D’autres arboraient des symboles nazis.

Le gouverneur McAuliffe avait appelé vendredi les habitants à éviter de se rendre à ce rassemblement, pour lequel un détachement de la Garde nationale de l’Etat avait été mis en alerte.

« De nombreuses personnes attendues (samedi) à Charlottesville veulent exprimer des idées considérées par beaucoup de gens, y compris moi-même, comme abjectes. Tant qu’ils le font pacifiquement, c’est leur droit », avait souligné Terry McAuliffe.

Les autorités redoutaient que des milliers de militants nationalistes et de militants antifascistes se retrouvent face-à-face à ce rassemblement, baptisé « Unite the Right Rally ».

– ‘Vitrine de haine’ –

« Cet événement pourrait offrir une vitrine historique de haine, en rassemblant en un seul lieu un nombre d’extrémistes inédit depuis au moins une décennie », avait averti Oren Segal, directeur du Centre sur l’extrémisme de l’Anti-Defamation League (ADL), une association de lutte contre l’antisémitisme.

Le 8 juillet dernier, quelques dizaines de membres du Ku Klux Klan s’étaient déjà rassemblés dans cette ville paisible et pittoresque, très largement surpassés en nombre par les manifestants antiracistes. Mais les images de ces extrémistes en robe traditionnelle avaient été diffusées dans le monde entier.

Cette fois-ci, la droite nationaliste espérait attirer nettement plus de partisans, grâce à la présence de différents responsables de la mouvance Alt-Right, qui avait soutenu Donald Trump pendant sa campagne.

Les experts doutent toutefois d’un véritable rapprochement entre ces différents groupes très disparates.

Les participants, censés venir de tous les Etats-Unis, ont rencontré des difficultés à se loger: la plateforme de location d’appartements Airbnb a annulé un nombre inconnu de comptes liés à l’extrême droite, en mettant en avant ses principes d’accueil indépendamment des origines ethniques.

Jason Kessler, l’organisateur du rassemblement, avait estimé sur Twitter que cette mesure équivalait à une « attaque contre la liberté d’expression et les droits civiques ».

De son côté, Paul Ryan, le leader républicain au Congrès, a dénoncé ce rassemblement de l’extrême droite comme un « spectacle répugnant » fondé sur un « sectarisme vil ».

Romandie.com avec(©AFP / 12 août 2017 20h02)                

Italie : le Ghanéen Muntari (Pescara) quitte le terrain après des cris racistes

mai 1, 2017

Sulley Muntari (Pescara) à la lutte avec Stephan El-Shaarawy de l’AS Rome, au stade Adriatico, le 24 avril 2017. © Filippo Monteforte / AFP

Le milieu de terrain ghanéen de Pescara, Sulley Muntari a quitté de son plein gré la pelouse de Cagliari lors du match opposant dimanche les deux équipes de Serie A après avoir, selon son entraîneur, été la cible d’insultes racistes.

« Muntari a entendu des cris racistes et il a demandé à ce que quelqu’un intervienne. Je pense qu’il a eu raison, il a bien fait de quitter le terrain », a déclaré Zdenek Zeman, entraîneur de Pescara, après le match, remporté 1-0 par Cagliari.

Sur les images diffusées par les chaînes sportives italiennes, on voit Muntari parler à l’arbitre du match, se plaignant manifestement de l’attitude de certains supporters de Cagliari.

« Basta »

L’arbitre semble écouter ses protestations puis lui adresse un carton jaune. Muntari quitte alors le terrain, répétant à plusieurs reprises « stop » ou « basta » (ça suffit, NDLR).

A sa sortie du terrain, il s’adresse à des supporters en leur montrant son bras et en disant « C’est ma couleur, c’est ma couleur ».

Muntari, âgé de 32 ans et international à plus de 80 reprises, a fait l’essentiel de sa carrière en Italie, passant notamment par l’AC Milan et l’Inter Milan.

Jeuneafrique.com avec AFP