Posts Tagged ‘Racisme’

Racisme : Thierry Henry quitte les réseaux sociaux pour dénoncer leur laxisme

mars 26, 2021

Le champion du monde 1998 souhaite voir les plateformes « rendre des comptes » pour leur passivité vis-à-vis de la haine en ligne, relate « Le Figaro ».

L'ancienne gloire tricolore Thierry Henry.
L’ancienne gloire tricolore Thierry Henry.© EZEQUIEL BECERRA / AFP

Thierry Henry tacle encore, mais en dehors des stades. Dans un tweet fracassant publié vendredi 26 mars 2021, le champion du monde 1998 a annoncé qu’il se retirerait des réseaux sociaux dès ce week-end, comme le relatent nos confrères du Figaro. La raison du courroux de l’ancien international tricolore ? Le laxisme supposé des Twitter, Instagram et autres Facebook vis-à-vis de la haine en ligne, et plus particulièrement du racisme. 

« À partir de demain [samedi, NDLR], je me mettrai en retrait des réseaux sociaux jusqu’à ce que leurs décideurs soient en mesure de réglementer leurs plateformes avec la même énergie et férocité qu’ils le font dès que l’on touche aux droits d’auteurs. L’importance considérable du racisme, du harcèlement et de la torture mentale qui en découlent est trop toxique pour être ignorée  », a lancé l’ex-attaquant d’Arsenal.

Thierry Henry, qui dit abhorrer les foules d’anonymes qui déversent leur haine sur les réseaux sociaux, dénonce le silence coupable des plateformes. « Il FAUT rendre des comptes. Il est trop simple de créer un compte et de s’en servir pour aller harceler sans aucune conséquence, tout en restant anonyme », persifle-t-il dans un tweet déjà « aimé » par 82 000 internautes vendredi en début de soirée. Sa vie numérique ne reprendra que lorsque les mentalités 2.0 changeront. « En espérant que cela arrive rapidement. »

Avec Le Point

Canada: Au moins une personne racialisée sur deux a subi du racisme sur internet

mars 21, 2021

VANCOUVER — Sept Canadiens sur dix s’inquiètent du degré de racisme au pays, selon un sondage réalisé par la firme Léger pour l’Association d’études canadiennes. Cette préoccupation est partagée par les trois quarts des répondants âgés de 18 à 34 ans.

Plus inquiétant: un membre des minorités visibles sur deux dit s’être senti attaqué par des commentaires haineux sur les médias sociaux. Près de 60 % disent avoir été lu des propos haineux en ligne.

La publication de ce sondage coïncide avec la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale.

Selon le président de l’Association d’études canadiennes, Jack Jedwab, les gens exposés à des commentaires haineux sur internet sont plus susceptibles de s’inquiéter du racisme. 

«Ce ne sont pas tant les incidents violents observés au cours de la dernière année ayant attiré une attention médiatique considérable qui alimentent les inquiétudes des gens face au racisme, dit-il. C’est aussi le fait que les gens sont témoins de l’ampleur croissante de ce phénomène sur les médiaux sociaux.»

Le sondage indique qu’un répondant sur trois reconnaît avoir une opinion négative des musulmans, un sur cinq n’estime pas les Autochtones et un sur sept pense du mal des Chinois, des Juifs ou des immigrants.

Les personnes qui n’ont jamais rencontré de membres de ces groupes sont plus susceptibles d’avoir une mauvaise opinion d’eux, ce qui laisse sous-entendre que les médias sociaux jouent un rôle dans ce racisme, croit M. Jedwab.

«Elles obtiennent des informations sur les médias sociaux concernant ces groupes. Le résultat, malheureusement, est qu’ils ont des opinions négatives ou préjudiciables.»

Le sondage auprès de 1514 Canadiens a été mené en ligne du 12 au 14 mars. On ne peut pas lui attribuer de marge d’erreur, car les sondages sur l’internet ne sont pas considérés comme des échantillons aléatoires.

Avec Laura Dhillon Kane, La Presse Canadienne

Canada-Québec/Atikamekw maltraitée : « Zéro tolérance pour ce genre de comportement »

mars 16, 2021

Les réactions fusent au lendemain de la révélation d’une nouvelle affaire de racisme qui secoue cette fois le CLSC de Joliette. Jocelyne Ottawa, une résidente de la communauté atikamekw de Manawan aurait fait face à des commentaires choquants et répréhensibles qui ont mené à la suspension des infirmières impliquées.

Jocelyne Ottawa, une Atikamekw de Manawan, affirme avoir été victime de racisme dans un CLSC de Joliette.

© /Radio-Canada Jocelyne Ottawa, une Atikamekw de Manawan, affirme avoir été victime de racisme dans un CLSC de Joliette.

Il faut «zéro tolérance pour ce genre de comportement », clame Jennifer Brazeau, la directrice générale du Centre d’amitié autochtone de Lanaudière.

«Il faut s’assurer qu’on ait le pouvoir de sortir ce monde-là de ce système parce que c’est très dommageable.»

L’événement aurait eu lieu le vendredi 12 mars au CLSC de Joliette. Jocelyne Ottawa une Attikamek de 62 ans s’y serait rendue pour soigner une blessure au pied.

Sur le ton de la plaisanterie, les deux infirmières qui la prenaient en charge l’auraient appelée Joyce, en référence à Joyce Echaquan, à cause d’une soi-disant proximité de leurs deux prénoms et lui auraient demandé de chanter une chanson en attikamek. «Je me suis sentie humiliée», a confié Jocelyne Ottawa

En entrevue à RDI, elle indique n’avoir pas voulu porter plainte afin de ne pas nuire aux soins qu’elle pourrait recevoir au CLSC par la suite.

Mme Ottawa est la soeur de Paul-Émile Ottawa, chef du Conseil des Atikamekw de Manawan. En entrevue à l’émission Puisqu’il faut se lever, ce dernier s’est dit «pas du tout surpris» d’apprendre cette information-là.

«Depuis le 28 septembre (date de la mort de Joyce Echaquan), J’en ai entendu des mûres et des pas vertes au sujet de l’attitude de certaines personnes qui travaillent dans le système de la santé, principalement dans le centre hospitalier de Joliette et au CLSC de Joliette», a déclaré le chef Ottawa

Il a souligné que même son agent de sécurisation culturelle a dû abandonner son poste au mois de janvier, car «elle n’était plus capable de supporter la pression et l’intimidation qu’elle disait vivre jour après jour à l’hôpital».

Des questions sur la formation

Les deux infirmières mises en cause avaient pourtant suivi récemment, comme 4200 de leurs collègues, une conférence en sensibilisation sur la sécurisation culturelle. Elles ont été suspendues sans solde le temps de l’enquête du CISSS de Lanaudière.

«Je suis profondément choquée depuis que j’ai appris la nouvelle» a mentionné Caroline Barbir, présidente-directrice générale par intérim du CISSS de Lanaudière dans un communiqué de presse.

Le CISSS indique travailler activement avec le Conseil des Atikamekw de Manawan à «la mise en place de mesures nécessaires à la sécurisation culturelle de la communauté autochtone de la région».

Le ministre réagit

Pour Ian Lafrenière, ministre québécois responsable des Affaires autochtones, de tels propos sont à la fois «choquants», «bouleversants», mais aussi «décevants». Depuis le mois en novembre dernier, on a fait beaucoup d’actions a souligné M. Lafrenière en évoquant les annonces en matière de formation de sécurisation culturelle pour l’ensemble du personnel, l’ajout d’agents de liaison, la création de nouveaux postes afin d’offrir plus de transparence aux populations autochtones.

En entrevue à RDI, M. Lafrenière a ajouté qu’il était «fort heureux» de voir comment Mme Barbir hier a pris une décision rapide de suspendre les infirmières le temps de l’enquête. Il a néanmoins convenu «avoir du travail à faire pour trouver un mécanisme qui réponde aux besoins des Premières Nations».

M. Lafrenière a indiqué que même si son gouvernement ne s’entend pas sur la reconnaissance du racisme systémique, ça ne l’empêchait pas de mettre en pratique les grands éléments du principe de Joyce.

Du côté de l’opposition, le porte-parole libéral en matière autochtone Gregory Kelley se demande «comment ça peut arriver encore à Joliette?» , en ajoutant se questionner sur comment les gens sur le terrain n’ont pas compris le message à la suite de l’affaire Echaquan.

Avec Radio-Canada par Anne-Marie Yvon, Mathias Marchal 

Football – Pierre Achille Webo : « J’ai déjà été la cible de racisme, mais pas venant d’un arbitre »

décembre 20, 2020
Pierre Achille Webo, le 9 décembre 2020.

Le 8 décembre, l’entraîneur-adjoint d’Istanbul Basaksehir, le Camerounais Pierre Achille Webo, a été la cible de paroles racistes de la part du quatrième arbitre roumain, Sebastian Coltescu, lors d’un match contre le PSG. Il a accepté de se confier à JA.

L’enchaînement des matches du championnat de Turquie ne lui a pas permis de beaucoup souffler depuis cette longue soirée parisienne. Entre deux matches et un entraînement, le Camerounais Pierre Achille Webo, entraîneur-adjoint du club turc Istanbul Basaksehir, a tout de même trouvé le temps de revenir pour Jeune Afrique sur l’incident qui a entraîné l’arrêt du match de Ligue des champions PSG-Istanbul Basaksehir, le 8 décembre dernier. Sur ce jour pas comme les autres, où un arbitre roumain, Sebastian Coltescu, l’a désigné en des termes (« le noir ») que Pierre Webo n’a pas acceptés.

Jeune Afrique : Comment allez-vous, plus d’une semaine après les faits ?

Pierre Achille Webo : Je me sens bien. J’ai le soutien de ma famille, de mes proches, de mon club, de beaucoup d’autres personnes. Bien sûr, je reçois encore beaucoup de demandes d’interview d’un peu partout, mais je ne peux pas répondre à tout le monde. Et puis, comme on joue tous les trois jours, avec les matches à préparer, les entraînements, les déplacements, je ne pense pas qu’à cette affaire. D’ailleurs, j’espère que cela s’arrêtera bientôt, et qu’on reparlera de football.

Il y a eu les paroles de cet arbitre roumain, le match qui n’a pas repris le soir même, et qui s’est joué le lendemain, beaucoup de réactions…

En fait, il y a eu deux phases. D’abord, quand j’entends l’arbitre me désigner comme le mec noir… Je suis choqué, tellement surpris, que cela vienne d’un arbitre ! J’avais déjà eu droit à des paroles racistes, en Espagne, mais ça venait des tribunes.

SEBASTIAN COLTESCU N’A PAS DIT UN MOT. JE VOULAIS JUSTE QU’IL M’EXPLIQUE »

Je suis descendu sur le terrain, avec une seule question : « Pourquoi il a dit « noir » ? Il aurait pu me désigner autrement, par exemple comme le gars assis au troisième rang, je ne sais pas… Oui, j’étais en colère.

En vous voyant, certains ont craint une confrontation physique avec Sebastian Coltescu…

Jamais je ne me serais permis d’être violent. J’étais énervé, j’avais la rage, mais j’étais en self-control. Je suis quelqu’un de calme, mais c’est peut-être mon expression corporelle qui a pu faire croire à certains que j’étais prêt à le frapper. J’ai été joueur, je suis aujourd’hui éducateur, et je sais que je dois donner le bon exemple. Je ne suis pas quelqu’un de violent, il n’y avait aucun risque de confrontation physique.

Sebastian Coltescu vous a-t-il parlé ?

Non, il n’a pas dit un mot. Pas un seul. Je voulais juste qu’il m’explique. D’ailleurs, aucun autre arbitre ne m’a parlé.

JE CROIS QUE CELA N’ÉTAIT JAMAIS ARRIVÉ. CE GESTE DE SOUTIEN EST TRÈS FORT SYMBOLIQUEMENT

Très rapidement, les joueurs des deux équipes ont fait savoir qu’ils ne voulaient pas reprendre le match…

Oui, et je tiens encore à remercier les joueurs, les staffs techniques et les dirigeants des deux clubs pour ce geste de soutien, de solidarité, d’union. Je crois que cela n’était jamais arrivé. D’habitude, quand un match est arrêté, c’est parce que l’arbitre le décide. C’est très fort symboliquement, cela prouve que les joueurs, dans ce genre de situation, ont aussi leur mot à dire.

J’ai été offensé par les paroles de l’arbitre, et je crois que tous ceux qui étaient sur ou en dehors de la pelouse ont estimé que c’était inacceptable. C’est pour cela que le match n’a pas repris mardi soir.

L’intervention de Demba Ba a-t-elle été décisive quant à l’arrêt du match ?

C’est un tout. Les deux équipes ne voulaient pas reprendre. Demba est allé parler à l’arbitre (Ovidiu Hategan) et au quatrième arbitre de façon calme et posée. Il n’a jamais été dans l’agressivité. Moi-même, quand je suis descendu sur la pelouse, je ne me suis pas montré impoli. Avec Demba, on a beaucoup parlé, je sais que c’est quelqu’un qui n’hésite pas à prendre position, et il a eu une réaction intelligente. Son soutien est important.

Il a, depuis, échangé avec Sebastian Coltescu, qui se serait excusé. Aimeriez-vous parler avec ce dernier ?

Je lui ai posé une question plusieurs fois, il ne m’a pas répondu, ni sur le terrain, ni dans les couloirs. Ni depuis. Je ne demande pas des excuses, seulement des explications. Peut-être qu’un jour, il demandera à me parler. On verra. En tout cas, pour moi, ce n’est pas vraiment le moment.

SEULES DES SANCTIONS PLUS DISSUASIVES, PLUS FORTES, PEUVENT AVOIR DE L’IMPACT

Certaines personnes ont estimé que ce qu’avait dit Coltescu n’était pas raciste, mais qu’il s’agissait plutôt de paroles malheureuses et maladroites…

Oui, j’ai entendu cela. Chacun a le droit d’avoir son opinion. Moi, je ne suis pas dans la tête de cet arbitre, je ne sais pas ce qu’il pense au fond. Ce que je sais, c’est que je me suis senti offensé, que ce qu’il a dit n’est pas acceptable, et qu’il y a d’autres façons de désigner quelqu’un.

Quelles mesures faudrait-il prendre pour lutter plus efficacement contre le racisme dans le football ?

Il y a des campagnes de sensibilisation de la part de la FIFA, de l’UEFA, de la CAF… C’est bien, mais il faut aller plus loin, pour mieux lutter contre ce fléau. Je pense que les fédérations des pays où sont commis des actes de racisme doivent également aller plus loin. Seules des sanctions vraiment plus dissuasives, plus fortes, que ce soit sportivement ou financièrement, peuvent avoir de l’impact. La réaction des deux équipes à Paris en a eu. Car quand les équipes quittent le terrain, il n’a plus de spectacle. Et symboliquement, c’est très marquant…

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Canada-Québec: «Tolérance zéro» pour le racisme, dit le Groupe d’action gouvernemental

décembre 14, 2020

Six mois après sa création, le Groupe d’action contre le racisme (GACR) du gouvernement du Québec dévoile une panoplie de recommandations touchant à l’emploi, à la sécurité publique, au logement et à l’éducation.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant

© Fournis par Journal Métro Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant

Le premier ministre François Legault avait mandaté le GACR pour qu’il identifie des actions efficaces et concrètes pour lutter contre le racisme, ciblant la sécurité publique, la justice, le milieu scolaire, le logement et l’emploi comme des secteurs prioritaires.

Le GACR est co-présidé par le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant, et la ministre aux Relations internationales, Nadine Girault. Le ministre aux Affaires autochtones, Ian Lafrenière y est aussi, tout comme les députés Sylvie D’Amours, Denis Lamothe, Christopher Skeete et Isabelle Lecours.

Le «Groupe des sept» a consulté plus de 50 groupes et experts pour formuler ses recommandations.

L’une d’elles est de nommer un ministre responsable de la lutte contre le racisme. Cela assurerait la mise en place des actions et un suivi auprès des ministères et des organismes, a précisé Mme Girault.

Selon le directeur du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), Fo Niemi, cette action est la plus prometteuse.

«C’est quelque chose de très concret et porteur de résultats, a-t-il dit. Mais là encore, il faut voir quel pouvoir, quelles ressources et quels moyens ce ministre-là va avoir.»

Fin des interpellations aléatoires

Tout d’abord, l’action prioritaire proposée par le groupe d’action est de mettre fin aux interpellations policières aléatoires sans fondement.

«Afin d’améliorer les relations entre les policiers et les citoyens, le groupe souhaite interdire toute interpellation fondée sur la race, la couleur, l’origine ethnique ou nationale, la religion et la condition sociale», a déclaré Lionel Carmant.

Les forces de l’ordre devront informer le citoyen du motif au moment de l’interpellation. «Cette mesure permettra de réduire considérablement, voire éliminer, le profilage racial», a ajouté M. Carmant.

De plus, le groupe souhaite ajouter des intervenants des services sociaux aux corps policiers.

Reconnaissance des qualifications

Afin de réduire le taux de chômage au sein de certaines minorités, le GACR recommande de négocier et de conclure d’ici cinq ans des ententes internationales en matière de reconnaissance des qualifications professionnelles.

«L’intégration dans la société passe par un emploi correspondant à sa compétence et à ses capacités», a souligné Nadine Girault.

Le GACR veut rendre l’évaluation des compétences par les ordres professionnels plus rapides et plus flexibles pour les immigrants concernés par ces arrangements.

En outre, le groupe d’action souhaite augmenter, d’ici cinq ans, le taux de présence des membres de minorités visibles au sein de la fonction publique. L’objectif est qu’il soit représentatif de celui observé au sein de la société québécoise.

Toujours d’ici cinq ans, le GACR veut garantir la présence d’au moins un membre d’une minorité visible au sein de la majorité des conseils d’administration des sociétés d’État.

Éducation, logement et Autochtones

Par ailleurs, Québec compte profiter de la réforme du cours d’Éthique et culture religieuse (ECR), à compter de 2022, pour aborder l’enjeu du racisme.

En matière de logement, le GACR veut mettre fin à la discrimination basée sur la race. Pour ce faire, il recommande de renforcer les guichets de gestion de plaintes, en informant mieux le public au sujet des systèmes de plaintes et en renseignant les locateurs sur les enjeux relatifs à la discrimination.

Certaines recommandations du GACR sont adaptées aux réalités autochtones, a indiqué Ian Lafreniere.

En effet, le personnel de la fonction publique recevra une formation obligatoire spécifique aux enjeux autochtones, a-t-il expliqué.

Un autre exemple du traitement particulier réservé aux Premières Nations et aux Inuits est la mise à jour des notions concernant l’histoire autochtone et son héritage dans le cursus scolaire.

Pas de racisme systémique

Avant même le dépôt du rapport, François Legault avait exclu la possibilité d’y reconnaître une forme de racisme systémique au Québec.

Questionnés à ce sujet, les co-présidents ont dit présenter des «actions concrètes» plutôt que de faire un «débat sémantique».

«Quelle que soit la façon dont on qualifie le racisme, en bout de piste, quand on parle du concret, ça retombe toujours sur les mêmes actions et sur les mêmes secteurs. C’est ça qu’on veut faire. On veut mettre ces actions en place pour vraiment faire bouger les choses», a déclaré Nadine Girault.

Selon Fo Niemi, cela remet en question la crédibilité du rapport. «On dit qu’il n’y a pas de consensus ou de définitions claires du concept de racisme systémique, ce qui est carrément faux», fait-il valoir.

«Nous avons déjà toutes les lois, toutes les mesures et les politiques possibles pour contrer la discrimination. Le problème, c’est qu’elles ne sont pas appliquées et personne n’est tenu responsable», déclare M. Niemi.

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Avec Le Journal Métro par  Naomie Gelper

Les pays africains demandent un débat sur le racisme à l’ONU

juin 14, 2020

Des manifestants demandSuite à la mort de George Floyd aux mains de la police, des manifestants réclament justice dans le Kansas, aux États-Unis, le 13 juin 2020.

Suite à la mort de George Floyd aux mains de la police, des manifestants réclament justice dans le Kansas, aux États-Unis, le 13 juin 2020. © Charlie Riedel/AP/Sipa 

Les pays africains ont appelé vendredi le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à organiser un débat urgent sur le racisme et les violences policières, dans le contexte de la mobilisation mondiale après la mort de George Floyd.

Dans une lettre écrite au nom des 54 pays du Groupe africain dont il est coordonnateur pour les questions des droits humains, l’ambassadeur du Burkina Faso auprès des Nations Unies à Genève (Suisse), Dieudonné Désiré Sougouri, a demandé à l’organe de l’ONU d’organiser un « débat urgent sur les violations actuelles des droits de l’homme d’inspiration raciale, le racisme systémique, la brutalité policière contre les personnes d’ascendance africaine et la violence contre les manifestations pacifiques. »

« Les événements tragiques du 25 mai 2020 à Minneapolis aux États-Unis, qui ont entraîné la mort de George Floyd, ont déclenché des protestations dans le monde entier contre l’injustice et la brutalité auxquelles les personnes d’ascendance africaine sont confrontées quotidiennement dans de nombreuses régions du monde », écrit l’ambassadeur.

Racisme et impunité

« La mort de George Floyd n’est malheureusement pas un incident isolé », ajoute-t-il, précisant s’exprimer au nom des représentants et ambassadeurs du Groupe africain.

La lettre, adressée à la présidente du Conseil des droits de l’homme, l’Autrichienne Elisabeth Tichy-Fisslberger, demande que ce débat ait lieu la semaine prochaine, à la reprise de la 43e session du Conseil, interrompue en mars en raison de l’épidémie de Covid-19.

Cet appel intervient après que la famille de George Floyd, les familles d’autres victimes de violences policières et plus de 600 ONG eurent appelé le Conseil des droits de l’homme à se saisir d’urgence du problème du racisme et de l’impunité dont bénéficie la police aux États-Unis

Par Jeune Afrique avec AFP

Afrique du Sud: la gauche radicale manifeste contre le racisme

juin 8, 2020

 

Plus d’une centaine de partisans de la gauche radicale sud-africaine se sont rassemblés lundi matin devant l’ambassade des Etats-Unis à Pretoria pour protester contre le racisme, les violences policières et le président Donald Trump.

«À bas le racisme», «à bas l’impérialisme», «à bas Donald Trump», ont crié devant l’ambassade les manifestants, emmenés par le «commandant en chef» des Combattants pour la liberté économique (EFF), Julius Malema. Ce rassemblement était le plus important organisé en Afrique du Sud en miroir du mouvement planétaire de protestation né après la mort de George Floyd, ce Noir américain mort étouffé sous le genou d’un policier blanc lors d’une interpellation. Les partisans des EFF ont rendu hommage à la victime en observant, un genou à terre, 8 minutes et 46 secondes de silence, le temps de l’immobilisation qui a abouti à sa mort.

«Il y en a assez de la brutalité policière sur nos corps noirs», a lancé M. Malema à la foule, flanqué de l’épouse d’un homme récemment tué par l’armée sud-africaine chargée de faire respecter le confinement contre le Covid-19. Le dirigeant politique a également étrillé Donald Trump, qualifié de «suprémaciste blanc», et le président sud-africain Cyril Ramaphosa, accusé d’avoir allégé le confinement contre le coronavirus pour satisfaire «l’économie blanche» du pays. «Il ne faut plus écouter le président», a-t-il lancé.

Les EFF, à la rhétorique anticapitaliste et volontiers anti-Blancs, ont rassemblé 11% des voix lors des élections générales de 2019, en nette hausse par rapport au scrutin précédent. Un quart de siècle après la chute de l’apartheid, l’Afrique du Sud reste déchirée par de vives inégalités raciales.

Par Le Figaro avec AFP

France: Vers de nouveaux rassemblements

juin 8, 2020

«Violences policières»: nouveaux rassemblements en France mardi pour les obsèques de George Floyd

Plusieurs syndicats, partis politiques, organisations étudiantes et lycéennes, associations et ONG se sont associés à l’appel à manifester de SOS Racisme.

De nouveaux rassemblements et hommages sont prévus mardi à 18h00 dans plusieurs villes de France pour saluer la mémoire de George Floyd, au moment où auront lieu ses obsèques à Houston (Texas), et «combattre le racisme dans la police».

A Paris, SOS Racisme a appelé à un «rassemblement solennel» sur la place de la République pour rendre hommage à cet Afro-américain de 46 ans, tué le 25 mai à Minneapolis par un policier blanc, un «crime raciste». «Votre présence signifiera aussi un rappel de notre determination à combattre, ici, le racisme dans la police et dans tout autre secteur», souligne l’association, qui demande à chacun de porter un masque et de «respecter les règles sanitaires en vigueur».

Plusieurs syndicats (CGT, FSU, Unsa), partis politiques (EELV, PS, LFI, PCF), organisations étudiantes et lycéennes (Fage, Unef, UNL), associations et ONG (Ligue des droits de l’homme, MRAP, Cran) se sont associés à cet appel. De son côté, la Licra appelle chacun, «là où il se trouve, à cesser toute activité durant 8 minutes et 46 secondes», durée pendant laquelle Derek Chauvin, inculpé de meurtre, a maintenu son genou sur le cou de George Floyd, plaqué au sol et se plaignant de ne plus pouvoir respirer. «Rien ne serait pire que l’indifférence et l’injustice», écrit son président Mario Stasi dans un communiqué.

D’autres rassemblements sont annoncés à Lille, Grenoble, Dijon, Amiens, Bourges, Poitiers et Angers, où la préfecture a pris un arrêté d’interdiction. A Toulouse, la manifestation est prévue mercredi. Les rassemblements contre les violences policières ont rassemblé 23.300 personnes en France samedi, dont 5500 à Paris, selon des chiffres du ministère de l’Intérieur. Le décès de George Floyd a soulevé une indignation mondiale sans précédent et mis dans la rue des dizaines de milliers de personnes qui, de Londres à Sydney en passant par Rome et Madrid, ont bravé les interdits liés à la crise sanitaire pour protester contre le racisme et les brutalités policières.

En France, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement «d’accélérer» dans ses propositions pour améliorer la déontologie des forces de l’ordre, alors que la question des violences policières, déjà dénoncées lors du mouvement des «gilets jaune», ne cesse d’empoisonner l’exécutif. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner donnait lundi après-midi une conférence de presse sur «la question du racisme et de la mise en cause des forces de l’ordre».

Christophe Castaner souhaite que «chaque soupçon avéré de racisme» dans les forces de l’ordre entraîne une suspension

Le ministre de l’Intérieur a fait lundi une série de propositions pour améliorer la déontologie des forces de l’ordre, alors que des manifestations contre les «violences policières» se tiendront demain en France.

«Je veux une tolérance zéro contre le racisme dans les forces de l’ordre», a déclaré lundi le ministre de l’Intérieur qui a annoncé une série de mesures pour lutter contre tout acte raciste commis par des forces de l’ordre.

Christophe Castaner souhaite que «chaque soupçon avéré de racisme» dans les forces de l’ordre entraîne une suspension.

Il a par ailleurs annoncé l’abandon de la méthode «dite de l’étranglement» dans le cadre des interpellations.

Par Le Figaro avec AFP

Canada: Manifestations au Québec contre le racisme et les violences policières

juin 7, 2020

 

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche à Montréal et dans d’autres villes du Québec contre le racisme et les violences policières, dénonçant aussi les discriminations raciales dans la province francophone. Une foule importante – plus de 10.000 personnes selon des estimations non-officielles – a défilé dans le centre de Montréal, en scandant «Black Lives Matter» (les vies noires comptent), «No justice, No peace» (pas de justice, pas de paix), «je ne peux pas respirer», ou «il faut que ça cesse».

La manifestation, la deuxième à Montréal en une semaine, s’inscrivait dans le cadre du vaste mouvement de protestation provoqué par la mort de l’Afro-Américain George Floyd, étouffé sous le genou d’un policier blanc lors d’une interpellation.

Mais des organisateurs, lors d’allocutions avant le départ du cortège, ainsi que des manifestants, ont aussi reproché au premier ministre du Québec François Legault d’avoir estimé il y a quelques jours qu’il n’y avait pas de «racisme systémique» dans la province. «Il y a du racisme systémique qui existe au Québec (…) toutes les preuves ont été faites», a affirmé un des organisateurs, l’ex-boxeur Ali Nestor.

«Au-delà de la manifestation d’aujourd’hui, au-delà des “plus jamais ça”, il faut qu’il y ait des gestes concrets et cela prend de la volonté politique», a pour sa part lancé Dominique Anglade, nouvelle cheffe du parti libéral du Québec (opposition), dont la famille est d’origine haïtienne.

Les manifestants ont été invités à s’arrêter à plusieurs reprises pour mettre un genou à terre en mémoire de George Floyd et le défilé s’est déroulé dans le calme, alors que la manifestation de dimanche dernier à Montréal avait dégénéré en affrontements dans la soirée.

De nombreux manifestants portaient des masques, mais n’ont guère pu respecter la distanciation physique de deux mètres, en particulier lors du rassemblement qui a précédé le départ du cortège.

Par Le Figaro avec AFP

Canada: Le commentateur Stockwell Day démissionne après des propos sur le racisme au Canada

juin 4, 2020
L'ancien ministre conservateur Stockwell Day s'est retiré de son rôle de commentateur politique à CBC News ainsi que de deux postes au sein de conseils d'administration de grandes entreprises canadiennes.
© Michelle Bellefontaine/CBC/Radio-Canada L’ancien ministre conservateur Stockwell Day s’est retiré de son rôle de commentateur politique à CBC News ainsi que de deux postes au sein de conseils d’administration de grandes entreprises canadiennes.
L’ancien ministre conservateur Stockwell Day a démissionné de son poste de commentateur politique à l’émission Power and Politics de CBC News après avoir déclaré que le racisme systémique n’existe pas au Canada.Il a présenté ses excuses pour les propos qu’il a tenus mardi, qu’il juge à présent insensibles et blessants.

L’ancien ministre du gouvernement Harper a réagi aux propos de Justin Trudeau concernant les manifestations qui balaient les États-Unis depuis la mort de l’Afro-Américain George Floyd.

Le premier ministre canadien avait alors affirmé que le Canada compose avec ses propres problèmes de racisme systémique.

En réaction à Justin Trudeau, Stockwell Day a commenté que notre système n’est pas parfait au Canada. «Oui, il y a quelques idiots racistes un peu partout, mais le Canada n’est pas un pays raciste, et la plupart des Canadiens ne sont pas racistes. Et notre système, qui demande à être constamment amélioré, n’est pas systématiquement raciste», a-t-il dit durant un panel.

Il a ensuite comparé l’intimidation qu’il a endurée lorsqu’il était enfant à la situation que subissent les minorités visibles au pays.

«Est-ce que j’aurais dû aller à l’école et qu’on se moque de moi parce que je portais des lunettes et que j’étais appelé le “binoclard” et à cause du métier de mes parents, a-t-il questionné durant son intervention. Est-ce qu’on aurait dû se moquer de moi pour tout ça? Non, évidemment que non. Mais est-ce que la majorité des Canadiens sont racistes? Non, nous ne le sommes pas.»

«Nous célébrons notre diversité autour du monde, a-t-il poursuivi, et que le premier ministre insinue que notre système est systématiquement raciste est erroné.»

Les panélistes Amanda Alvaro et Emilie Nicolas ont répliqué à Stockwell Day en remettant en cause ses assertions au sujet du racisme systémique et la comparaison avec ses expériences d’intimidation.

«Je demande pardon pour avoir mis sur le même pied d’égalité mes expériences aux leurs. Je m’engage envers eux à déployer des efforts incommensurables pour combattre le racisme dans toutes ses formes», a-t-il écrit dans un tweet publié mercredi après-midi.

Il a aussi remis sa démission à ses postes aux conseils d’administration des entreprises McMillan LLP et Telus, qui l’ont acceptée sans délai.

 

Avec CBC/Radio-Canada