Posts Tagged ‘Racisme’

Législatives allemandes: un député noir en lutte contre le racisme

septembre 17, 2017

Karamba Diaby, premier député noir d’Allemagne élu dans une circonscription d’ex-RDA, le 6 septembre à Halle en Allemagne, tentera de retrouver son siège. © AFP / JOHN MACDOUGALL

En campagne pour sa réélection, Karamba Diaby, premier député noir d’Allemagne élu dans une circonscription d’ex-RDA, aspire à la normalité malgré les injures racistes qui pleuvent sur lui dans cette région où prospère la xénophobie.

« À tous les racistes : I’m not your negro! » (« Je ne suis pas votre nègre! »): sur Facebook, Karamba Diaby, né au Sénégal il y a 55 ans, a tapé du poing sur la table pour répondre aux néo-nazis qui l’agonissent d’injures alors qu’il bat le pavé pour se faire réélire lors des législatives du 24 septembre.

Car derrière l’apparente quiétude de la campagne et d’une élection qui paraît promise à Angela Merkel, la colère aux marges de l’échiquier politique gronde. Et avec lui le ressentiment à l’égard des étrangers.

Le candidat social-démocrate de la ville de Halle dénonce ceux qui déversent leur fiel sur lui à coup de « singe noir » et de « ce mot en n » qu’il refuse désormais de prononcer. Il a porté plainte contre le parti néo-nazi NPD à l’origine de cette campagne.

« Les commentaires sont devenus très, très agressifs » sur les réseaux sociaux, affirme à l’AFP ce docteur en chimie élu député pour la première fois il y a quatre ans.

Avec un autre Allemand d’origine sénégalaise, ils sont les deux premiers noirs de l’Histoire à siéger au Bundestag.

Karamba Diaby, qui a reçu des centaines d’emails injurieux et des menaces de mort dans le passé, considère que « c’est un devoir de toute la société » de faire front. Car « il n’y a pas de liberté d’opinion quand on insulte quelqu’un ».

Dignité d’une personne

« La dignité d’une personne est inscrite dans notre Constitution », martèle cet homme qui parle parfaitement l’allemand, le français et le mandinka. Et « je ne me laisse pas intimider par qui que ce soit ».

Le député né en Casamance aimerait qu’on ne le renvoie plus sans cesse à sa couleur de peau. « Si le fait que quelqu’un qui vit ici depuis plus de 31 ans, qui a étudié ici, qui a sa famille ici (…) pose sa candidature au parlement est un événement extraordinaire et une sensation, c’est très dommage », juge-t-il.

Mais sur les terres désindustralisées de l’ancienne RDA communiste, le racisme fait florès. Halle, ville de 230 000 habitants qui ne compte que quelque 7% d’étrangers et accueille 4 000 réfugiés, est considérée comme un fief néo-nazi.

En outre, le jeune parti nationaliste et anti-migrants Alternative pour l’Allemagne (AfD) a enregistré dans sa région un score record de plus de 24% l’an dernier.

Sur la place principale de Halle, Karamba Diaby enchaîne ce matin-là les échanges chaleureux. Très loin de la haine sur internet. « Karamba! », lance un jeune poing levé en signe de victoire. « Tu viens au match samedi? », lui demande un autre alors que grimpé sur un escabeau, le député se débat avec une affiche de campagne qu’il faut accrocher au lampadaire.

Naturalisé en 2001

« Je dis toujours aux étrangers que quand tu es en Allemagne, tu dois la considérer comme ton pays », reprend Karamba Diaby naturalisé allemand en 2001.

Malgré tout, pour lui « l’Allemagne est un pays ouvert » qui a beaucoup changé depuis qu’il a débarqué, un jour d’octobre 1985, dans la RDA communiste. Pour seul bagage, le jeune Sénégalais disposait d’une bourse d’études décrochée grâce à ses activités dans une organisation estudiantine de gauche dans son pays natal.

« Je savais seulement deux mots, ‘Bundesliga’ et ‘BMW’ » en arrivant, sourit Karamba Diaby qui a fréquenté au lycée l’actuel président sénégalais, Macky Sall. Et « les conditions n’étaient pas faciles » dans ce régime dictatorial.

Les Allemands de l’Est vivaient en vase clos, les Africains, essentiellement des étudiants venus de pays socialistes, n’étaient guère intégrés.

Quand le Mur de Berlin s’effondre en 1989, le racisme à l’Est se déchaîne. Un soir de 1991, descendant d’un bus, le jeune doctorant est agressé physiquement. Karamba Diaby n’aime guère évoquer ce souvenir.

Marié à une Allemande, il reste dans le pays, s’engage au SPD où il veut aujourd’hui se battre pour l’éducation, « l’un des grands défis » du pays.

Sa thèse de doctorat, il l’a consacrée à la pollution de sols dans les jardins ouvriers. Ces lopins de terre typiques de son pays d’adoption.

Jeuneafrique.com

Publicités

États-Unis: les deux présidents Bush appellent à rejeter « le racisme, l’antisémitisme et la haine »

août 16, 2017

Washington – Les deux anciens présidents américains George H.W Bush et son fils George W. Bush ont appelé mercredi les Etats-Unis à « rejeter le racisme, l’antisémitisme et la haine sous toutes ses formes », après les violences à Charlottesville.

Ce bref communiqué des 41e et 43e présidents américains, au ton très solennel, vient un peu moins de 24 heures après le tollé déclenché par Donald Trump qui a renvoyé dos à dos les groupuscules suprémacistes blancs –dont un sympathisant a tué une jeune femme samedi à Charlottesville– et les manifestants antiracistes.

Le président Trump, très remonté, a affirmé mardi au cours d’une conférence de presse chaotique que la responsabilité des violences dans la ville universitaire de Virginie devait être recherchée « des deux côtés ».

« Alors que nos prières vont à Charlottesville, nous nous remémorons ces vérités fondamentales couchées dans la Déclaration d’indépendance par le plus éminent des citoyens de cette ville (Thomas Jefferson, NDLR): ‘tous les hommes sont créés égaux; ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables' », écrivent les deux Bush.

« Nous savons que ces vérités sont éternelles parce que nous sommes les témoins de la décence et de la grandeur de notre pays », ont-ils conclu.

Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, avait réagi dès dimanche au drame de Charlottesville dans un tweet citant le grand résistant à l’apartheid Nelson Mandela.

Ce tweet est devenu le plus « aimé » de l’histoire du réseau social avec 3,4 millions de « likes » mercredi.

Les deux autres présidents américains toujours en vie, Jimmy Carter et Bill Clinton, n’avaient pas encore réagi publiquement mercredi à ces événements qui ont choqué une partie de l’Amérique.

Romandie.com avec(©AFP / 16 août 2017 18h08)                                            

États-Unis: La Maison Blanche tente d’éteindre la polémique née des silences de Trump

août 13, 2017

Donald Trump, le 12 août 2017 à Bedminster / © AFP / JIM WATSON

La Maison Blanche tentait dimanche d’apaiser la controverse née des propos – et plus encore des silences – de Donald Trump, accusé de complaisance à l’égard des militants d’extrême droite ayant endeuillé Charlottesville.

Une femme de 32 ans est morte samedi quand une voiture a foncé sur la foule de contre-manifestants venus dénoncer dans cette petite ville de Virginie la présence de groupuscules identitaires et néo-nazis, dont des membres du Ku Klux Klan (KKK).

Le président américain, en vacances dans son golf du New Jersey, a fini par faire savoir dimanche, par la voix d’un porte-parole, qu’il condamnait « bien sûr » toutes les formes de violence, y compris celles des suprémacistes blancs.

Samedi, les Américains qui attendaient de leur président une condamnation claire, forte et rapide de ces mouvements radicaux prônant la suprématie de la race blanche avaient été déçus: M. Trump s’était contenté de renvoyer les deux camps dos à dos, en pointant une « violence venant de diverses parties ».

Environ 19 heures plus tard et la polémique enflant, la Maison Blanche a tenté de rectifier le tir.

« Le président a dit avec force hier qu’il condamnait toutes les formes de violence, de sectarisme et de haine », a dit un porte-parole de l’exécutif américain. « Cela inclut, bien sûr, les suprémacistes blancs, le KKK, les néo-nazis et tous les groupes extrémistes ».

La fille et conseillère du président, Ivanka Trump, avait elle auparavant dénoncé sans ambages « le racisme, la suprématie blanche et les néo-nazis », estimant qu’il n’y avait « pas de place dans la société » américaine pour de telles idées.

– Critiques chez les républicains –

Les critiques du milliardaire républicain avaient dès samedi effectué des rapprochements entre sa tiédeur après les violences de Charlottesville et l’ambiguïté qu’il cultive vis-à-vis de l’extrême droite depuis sa campagne.

Une bonne partie de la droite alternative, ou « Alt Right », avait en effet soutenu Donald Trump dans sa course à la Maison Blanche, et celui-ci a plusieurs fois refusé de prendre clairement ses distances avec certains de ses groupes ou de ses leaders.

M. Trump a été vivement critiqué dans son propre camp républicain, à l’image du sénateur de Floride Marco Rubio, qui a notamment souhaité « entendre le président décrire les événements de Charlottesville pour ce qu’ils sont, une attaque terroriste menée par des suprématistes blancs ».

« Si j’étais président des Etats-Unis et que ces personnes témoignaient leur sympathie vis-à-vis de ma personne et de mon programme, cela me poserait problème », a commenté de son côté Lindsey Graham, un sénateur qui s’inscrit de plus en plus dans l’opposition interne à Donald Trump au sein de la famille républicaine.

A Charlottesville, la journée de samedi a été encore été alourdie par la mort de deux policiers, qui se sont écrasés en hélicoptère.

L’enquête de la police fédérale devrait rapidement établir les motivations de James Fields, interpellé au volant de la voiture qui a percuté les militants antiracistes. Cet homme de 20 ans a été photographié plus tôt samedi porteur d’un bouclier aux côtés de miliciens néo-nazis.

– Climat ‘d’intimidation’ –

Le suspect, originaire de l’Ohio, a été inculpé de meurtre, de violences volontaires ayant causé des blessures et de délit de fuite. Il devrait être présenté à un juge lundi.

Les événements de Charlottesville vont être étudiés à l’aune d’une question centrale: par sa rhétorique, ses mesures ciblant les étrangers et ses appels répétés à donner la priorité à l’Amérique, le président Trump a-t-il enhardi de façon dangereuse les extrémistes de droite ?

Le maire de démocrate de Charlottesville, Michael Signer, a clairement répondu par l’affirmative, jugeant qu’il avait contribué à créer un climat de « vulgarité, de cynisme et d’intimidation ».

« Il a fait le choix durant sa campagne présidentielle (…) de jouer sur nos pires préjugés », a-t-il déclaré sur CBS. « Je pense que ce que ce qui s’est passé ce week-end a un lien direct avec ces choix ».

Cette affaire de Charlottesville évoque le long délai pris pendant la campagne par Donald Trump pour désavouer le soutien que lui avait apporté publiquement David Duke, un ancien leader du Ku Klux Klan.

Romandie.com avec(©AFP / 13 août 2017 20h59

États-Unis: violents heurts à un rassemblement de la droite radicale

août 12, 2017

Photo de Twitter fournie par la police de l’Etat de Virginie montrant des arrestations lors d’échauffourées entre militants antiracistes et groupuscules de l’extrême droite américaines réunis à Charlottesville, le 12 août 2017 / © Virginia State Police/AFP / Virginia State Police

De violentes échauffourées ont éclaté samedi entre militants antiracistes et groupuscules de l’extrême droite américaine réunis à Charlottesville, en Virginie, conduisant le président Donald Trump à dénoncer la « haine » exprimée, la police interdisant finalement le rassemblement.

Dans un air chargé en gaz lacrymogène, les heurts opposant manifestants de la droite radicale et contre-manifestants se sont multipliés avant même le début prévu de l’événement, donnant lieu à des rixes, des jets de projectiles et des échanges de coups de bâton, selon une journaliste de l’AFP sur place.

Dans ce climat de haute tension, les craintes de débordements plus graves étaient avivées par la présence d’armes portées ouvertement par les manifestants, ainsi que le permet la loi dans l’Etat de Virginie.

Des membres de milices d’extrême droite s’étaient positionnés en tenue paramilitaire, fusil semi-automatique en bandoulière, non loin des forces de l’ordre très sollicitées.

Face aux incidents, la police en tenue anti-émeute a donc décidé peu avant midi (16H00 GMT) d’interdire la manifestation prévue et a procédé à l’évacuation du parc public où elle se tenait. Les forces de l’ordre ont procédé à un nombre inconnu d’interpellations.

Le gouverneur démocrate de la Virginie, Terry McAuliffe, a de son côté déclaré à la mi-journée un état d’urgence, une mesure permettant de mobiliser davantage de moyens policiers.

Les groupes de la droite radicale et identitaire américaine présents, dont le Ku Klux Klan et des néo-nazis, entendaient dénoncer de façon unitaire le projet de Charlottesville de déboulonner dans ce jardin municipal la statue d’un général sudiste favorable à l’esclavagisme.

– Les époux Trump réagissent –

« Nous devons TOUS nous unir et condamner tout ce qui représente la haine. Il n’y a pas de place en Amérique pour ce type de violences », a tweeté le président Donald Trump, à l’issue de la manifestation avortée.

D’habitude relativement avare en commentaires publics, la Première dame des Etats-Unis, Melania Trump, l’avait précédé en condamnant le sectarisme. « Rien de bon n’émerge de la violence », a-t-elle écrit sur Twitter.

Certains militants rassemblés, professant la suprématie de la race blanche, étant venus munis de drapeaux confédérés, un symbole considéré comme raciste par une bonne partie des Américains. D’autres arboraient des symboles nazis.

Le gouverneur McAuliffe avait appelé vendredi les habitants à éviter de se rendre à ce rassemblement, pour lequel un détachement de la Garde nationale de l’Etat avait été mis en alerte.

« De nombreuses personnes attendues (samedi) à Charlottesville veulent exprimer des idées considérées par beaucoup de gens, y compris moi-même, comme abjectes. Tant qu’ils le font pacifiquement, c’est leur droit », avait souligné Terry McAuliffe.

Les autorités redoutaient que des milliers de militants nationalistes et de militants antifascistes se retrouvent face-à-face à ce rassemblement, baptisé « Unite the Right Rally ».

– ‘Vitrine de haine’ –

« Cet événement pourrait offrir une vitrine historique de haine, en rassemblant en un seul lieu un nombre d’extrémistes inédit depuis au moins une décennie », avait averti Oren Segal, directeur du Centre sur l’extrémisme de l’Anti-Defamation League (ADL), une association de lutte contre l’antisémitisme.

Le 8 juillet dernier, quelques dizaines de membres du Ku Klux Klan s’étaient déjà rassemblés dans cette ville paisible et pittoresque, très largement surpassés en nombre par les manifestants antiracistes. Mais les images de ces extrémistes en robe traditionnelle avaient été diffusées dans le monde entier.

Cette fois-ci, la droite nationaliste espérait attirer nettement plus de partisans, grâce à la présence de différents responsables de la mouvance Alt-Right, qui avait soutenu Donald Trump pendant sa campagne.

Les experts doutent toutefois d’un véritable rapprochement entre ces différents groupes très disparates.

Les participants, censés venir de tous les Etats-Unis, ont rencontré des difficultés à se loger: la plateforme de location d’appartements Airbnb a annulé un nombre inconnu de comptes liés à l’extrême droite, en mettant en avant ses principes d’accueil indépendamment des origines ethniques.

Jason Kessler, l’organisateur du rassemblement, avait estimé sur Twitter que cette mesure équivalait à une « attaque contre la liberté d’expression et les droits civiques ».

De son côté, Paul Ryan, le leader républicain au Congrès, a dénoncé ce rassemblement de l’extrême droite comme un « spectacle répugnant » fondé sur un « sectarisme vil ».

Romandie.com avec(©AFP / 12 août 2017 20h02)                

Italie : le Ghanéen Muntari (Pescara) quitte le terrain après des cris racistes

mai 1, 2017

Sulley Muntari (Pescara) à la lutte avec Stephan El-Shaarawy de l’AS Rome, au stade Adriatico, le 24 avril 2017. © Filippo Monteforte / AFP

Le milieu de terrain ghanéen de Pescara, Sulley Muntari a quitté de son plein gré la pelouse de Cagliari lors du match opposant dimanche les deux équipes de Serie A après avoir, selon son entraîneur, été la cible d’insultes racistes.

« Muntari a entendu des cris racistes et il a demandé à ce que quelqu’un intervienne. Je pense qu’il a eu raison, il a bien fait de quitter le terrain », a déclaré Zdenek Zeman, entraîneur de Pescara, après le match, remporté 1-0 par Cagliari.

Sur les images diffusées par les chaînes sportives italiennes, on voit Muntari parler à l’arbitre du match, se plaignant manifestement de l’attitude de certains supporters de Cagliari.

« Basta »

L’arbitre semble écouter ses protestations puis lui adresse un carton jaune. Muntari quitte alors le terrain, répétant à plusieurs reprises « stop » ou « basta » (ça suffit, NDLR).

A sa sortie du terrain, il s’adresse à des supporters en leur montrant son bras et en disant « C’est ma couleur, c’est ma couleur ».

Muntari, âgé de 32 ans et international à plus de 80 reprises, a fait l’essentiel de sa carrière en Italie, passant notamment par l’AC Milan et l’Inter Milan.

Jeuneafrique.com avec AFP

Le « bamboula » : histoire d’une injure raciste ancrée dans l’imaginaire français

février 10, 2017

43e bataillon de tirailleurs sénégalais portant l’inscription « Douaumont 1916 ». © Domaine public

Cannibale, sodomite, rigolo… Le terme « bamboula », prononcé jeudi 9 février par un policier sur la chaîne de télévision France 5, renvoie le Noir à la figure caricaturale d’un grand enfant brutal, et nie son humanité. Explications avec la linguiste Marie Treps.

Stupéfaction jeudi 9 février, sur le plateau de l’émission « C’dans l’Air ». Avant d’être vivement repris par la présentatrice, un syndicaliste policier français, Luc Poignant, jugeait que l’insulte « bamboula », « ça ne doit pas se dire, mais ça reste à peu près convenable. »

Il s’agit pourtant bien d’une injure… proférée dans un contexte déjà tendu suite à l’interpellation particulièrement brutale d’un jeune noir de 22 ans, Théodore, alias « Théo », à Aulnay-sous-Bois (Seine-saint-Denis).

Pour comprendre à quel point le terme est dégradant, il faut se plonger dans l’ouvrage Maudits mots, la fabrique des insultes racistes (TohuBohu éditions), de la linguiste Marie Treps. « Bamboula », explique-t-elle, serait issu de « ka-mombulon » et « kam-bumbulu », qui signifient « tambour » dans les langues sara et bola parlées en Guinée portugaise. En 1714, en Côte d’Ivoire, le mot a pris le genre féminin, et désigne cette fois une « danse de nègres »… « il est déjà connoté négativement puisqu’il est associé au « nègre », à l’esclave noir, à un moment où la traite est en pleine expansion », nous précise l’auteur. La bamboula devient synonyme de danse violente et primitive dès la moitié du XIXe siècle (il conserve d’ailleurs ce sens aujourd’hui).

Des « bamboulas » pour sodomiser les « boches »

Mais c’est en 1914, avec l’arrivée des tirailleurs sénégalais sur le front que le terme se charge lourdement de mépris. « Le mot renvoie alors à une imagerie alliant sauvagerie, cannibalisme, sexualité animale et rire, naïveté enfantine supposée des soldats noirs », souligne Marie Treps. On la retrouve dans des caricatures du magazine français L’Illustration, alors abondamment diffusé. Le tirailleur sénégalais, personnage à la fois violent et « rigolo » dans les dessins de l’époque, menace par exemple les soldats allemands de sodomie.

« Le terme a beaucoup été utilisé au moment des grandes expositions coloniales, remarque la linguiste. Il flatte le paternalisme du colon. Derrière le terme « bamboula », il y a l’idée que les Noirs sont des grands enfants qu’il faut civiliser. Et finalement, ce qui est commode à l’époque c’est que l’être humain disparaît derrière sa caricature. Ainsi, en 1914, ce ne sont pas des humains que l’on envoie au front se faire tuer, seulement des « bamboulas ». On occulte la violence qui est faite à une population. La maladresse du syndicaliste sur France 5 est troublante : c’est ce terme ancien qui lui vient spontanément pour dénoncer les insultes qui sont également faites aux policiers, preuve que le mot est toujours présent dans l’inconscient post-colonial français. Et c’est une manière, encore une fois, de dissimuler les violences subies par les Noirs. »

Libération de la parole raciste

Pour la linguiste, les injures racistes sont de plus en plus présentes dans la sphère publique. Certes, une loi, celle du 1er juillet 1972, a créé un délit nouveau de provocation à la haine, à la discrimination ou à la violence. Elle pénalise les discours de haine.

« Cependant les ténors racistes de certains partis politiques ou des amuseurs publics parlent aujourd’hui par insinuation ou utilisent des euphémismes, remarque Marie Treps. On met du sucre autour d’un poison, mais le poison est toujours là. De plus, une parole raciste souvent anonyme se libère sur internet. On peut aujourd’hui dire à peu près tout à n’importe qui et n’importe quand. »

Paradoxalement, à l’ère du politiquement correct, les noms d’oiseaux permettant de stigmatiser la différence n’ont jamais été aussi virulents.

Jeuneafrique.com par Léo Pajon

Racisme en Tunisie : « On nous donne l’impression d’être des sous-hommes »

décembre 29, 2016

Des étudiants, Tunisiens et étrangers, témoignent du racisme qui sévit en Tunisie © Elvert Barnes/Flickr

La violente attaque de trois personnes d’origine congolaise samedi à Tunis a choqué une partie de la population et relancé le débat autour du racisme anti-noir en Tunisie. Contactés par Jeune Afrique, quatre étudiants noirs témoignent.

Le président de l’Assemblée des représentants du peuple (APR), Mohamed Ennaceur, a reçu le 27 décembre au Bardo des proches des étudiants congolais agressés au couteau trois jours plus tôt dans le centre-ville de Tunis, condamnant un « acte raciste » et rejetant « toutes les formes de discrimination raciale ». La veille, journée nationale contre la discrimination raciale, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, avait appelé à l’examen « en urgence » par le Parlement d’un projet de loi pénalisant le racisme. « Il faut une stratégie nationale afin de changer les mentalités, [et] une loi qui criminalise la discrimination », a-t-il déclaré.

Doit-on pour autant faire de ce racisme une généralité ? Jusqu’où peuvent aller ces actes et mots discriminatoires ? Paul Laurent, Imen, Corneil et Rania nous font part de leurs expériences et leur ressenti à ce sujet.

  • Paul Laurent Nyobe Lipot, 24 ans, étudiant camerounais à Sfax

« Étudiant en génie pétrolier dans une école d’ingénieurs à Sfax, je suis également vice-président de l’association des étudiants et stagiaire camerounais en Tunisie (AESCT) et je souffre malheureusement régulièrement  d’actes, d’agressions et de paroles racistes à cause de ma couleur de peau. Ceux-ci peuvent aller de l’injure publique (« guira-guira » en référence au singe, « kahlouch » qui signifie « noir » au sens péjoratif, et j’en passe) à l’humiliation (pincement du nez pour signifier qu’on sent mauvais, moqueries gratuites, refus de s’asseoir à côté « du noir », des chauffeurs de taxis qui ne veulent pas faire monter de noirs, etc.)

Tout cela nous donne l’impression d’être des sous-hommes en Tunisie.

Un matin, alors que j’allais en cours, des jeunes sur une moto se sont mis à m’insulter. Habitué à ces mots, je n’ai pas daigné répondre aux provocations. Ils sont alors revenus vers moi et m’ont lancé des œufs pourris. Je n’ai pas eu la force d’aller en cours ce jour-là… Et ce racisme se fait aussi parfois ressentir dans le domaine de la santé. Un jour par exemple, j’ai dû conduire une jeune étudiante camerounaise dans un centre spécialisé pour interrompre une grossesse non désirée – l’interruption volontaire de grossesse est légale en Tunisie depuis 1973. Les médecins ont refusé de lui prescrire des pilules abortives pour la simple raison qu’elle n’était pas, je cite, « arabe ».

Tout cela nous donne l’impression d’être des sous-hommes en Tunisie. Il est affligeant d’entendre les Tunisiens parler de l’Afrique comme si la Tunisie était un pays non-africain, ou de percevoir encore l’Afrique subsaharienne comme une zone de pauvreté dans laquelle les habitants n’ont aucun pouvoir d’achat. Loin de moi l’idée d’accabler tous les Tunisiens, et je garde aussi de bons souvenirs de l’hospitalité avec laquelle j’ai été accueilli, je suis fier d’apprendre auprès de ce peuple révolutionnaire.

Aujourd’hui, la Tunisie a le courage de prendre le problème au sérieux et la société civile agit pour tenter de faciliter notre intégration. La récente réaction du gouvernement est à louer, car il a enfin décidé de rompre avec la pratique du mutisme. Mais beaucoup reste encore à faire… »

  • Imen Guenich, 21 ans, étudiante tunisienne à Tunis

« Ma couleur de peau n’a jamais représenté un handicap pour moi, mon quotidien ressemble à celui de toutes les jeunes Tunisiennes de mon âge. On me prend par contre souvent pour une étrangère. Plus petite, je subissais les moqueries de mes camarades de classe sur ma couleur de peau. Je sentais bien que j’étais différente et je trouvais cela injuste. Je reçois aussi parfois des réflexions et des surnoms désagréables dans la rue.

Pourquoi le Tunisien a-t-il une image unidimensionnelle de la Tunisie ?

Mais avec le temps, je m’y suis habituée et j’ai même appris à en rire. Cela m’a poussé à constamment m’interroger : pourquoi le Tunisien a-t-il une image unidimensionnelle de la Tunisie ? Pourquoi, avec mes cheveux frisés et ma peau ébène, je ne peux représenter la beauté tunisienne ou arabe ? La lutte contre la discrimination raciale est principalement une lutte contre des mentalités individuelles et collective (société civile, médias, État). L’État doit d’ailleurs intervenir en premier lieu au niveau de l’éducation, car je me souviens d’ « Amadou », l’unique personnage noir des manuels scolaires désigné comme un « Africain »… comme si la Tunisie faisait partie de l’Union européenne !

La Tunisie doit pénaliser la discrimination raciale car aujourd’hui encore, au nom du racisme, des personnes agressent, volent, braquent, insultent, humilient et ségrèguent des personnes compétentes qui ont du mal à pratiquer certains métiers comme animateur télé ou hôtesse par exemple. »

  • Corneil Bilolo, 25 ans, étudiant congolais à Tunis

« Je viens de Kinshasa et fais des études de génie informatique à l’école polytechnique méditerranéenne de Tunis. Le racisme, c’est mon pain quotidien, je suis habitué à l’injustice à cause de ma couleur de peau. Durant ma première année ici, je me mettais en colère, mais à force je ne réagis plus. Je fais semblant de ne pas entendre car le silence est la meilleure réponse à tout cela. J’ai juste envie de finir mes études pour pouvoir rentrer chez moi. Je n’ai personnellement jamais été victime d’actes physiques, mais j’ai déjà été poursuivi par deux jeunes garçons à moto. Je reçois surtout des insultes, des surnoms (« guerd » -« singe »-, « kahlouch », Shrek, etc.) et des moqueries dans la rue ou dans des magasins. Mais j’ai aussi rencontré des Tunisiens très bons. On doit enseigner dès le plus jeune âge qu’une personne ne se résume pas à sa couleur de peau mais à son cœur.

Je n’ai pas choisi de naître noir.

Le drame qui s’est produit le samedi 24 décembre m’a laissé sans voix. On se dit que nous ne sommes plus en sécurité et qu’on pourrait mourir dans l’indifférence totale devant les forces de l’ordre et d’autres citoyens tunisiens. Ça fait mal… J’aime la Tunisie, je ne serais pas venu sinon. Mais je ne veux plus être condamné pour quelque chose dont je ne suis pas responsable. Je n’ai pas choisi de naître noir.

Dans les saintes écritures du Coran il est mentionné, sourate 35, versets 27-28 : « N’as-tu pas vu que, du ciel, Allah fait descendre l’eau? Puis Nous en faisons sortir des fruits de couleurs différentes. Et dans les montagnes, il y a des sillons blancs et rouges, de couleurs différentes, et des roches excessivement noires. Il y a pareillement des couleurs différentes, parmi les hommes, les animaux, et les bestiaux. »  »

  • Rania Belhaj Romdhane, 21 ans, originaire de Gabès et étudiante à Tunis

Je suis étudiante en anglais et relations internationales à l’Institut supérieur des sciences humaines de Tunis, et activiste au sein de l’association M’nemty pour la lutte contre la discrimination raciale. Je subis des actes et des propos racistes quasi-quotidiennement à cause de ma couleur de peau. Un de mes pires souvenirs remonte à mon enfance, lorsque ma maîtresse à l’école primaire m’asseyait au fond de la classe parce que ma couleur de peau la dérangeait. Elle me l’avait dit franchement, de manière humiliante et blessante, et j’ai dû supporter ce traitement durant tout l’année, à l’âge de neuf ans.

Plus tard, au lycée, une des professeurs m’appelait « oussifa » (esclave en arabe) devant le reste de la classe. Ces événements à l’école ont profondément marqué l’enfant et l’adolescente que j’étais, car les personnes qui étaient supposées me protéger et m’apprendre des choses m’avaient en fait humiliée.

Ma maîtresse à l’école primaire m’asseyait au fond de la classe parce que ma couleur de peau la dérangeait.

Sans oublier la mentalité de certains Tunisiens, qui réduisent les femmes noires à des créatures sexuelles par exemple. Le racisme peut aussi être plus violent, comme ce jour où un enfant  m’a jeté des cailloux en criant « retourne dans ton pays guira-guira ! Retourne en Afrique, la kahloucha (noire) ! » J’étais choquée.

Le rôle du gouvernement est de protéger tous ces citoyens via des lois protégeant les minorités, mais aussi en modifiant les programmes scolaires pour enseigner l’importance de la diversité. Mais c’est surtout un travail sur les mentalités qui doit être fait. Nous devons répandre l’amour et non la haine, et faire comprendre qu’une personne à la peau noire est une citoyenne comme une autre qui a le droit de vivre en paix dans ce pays. A l’attention du gouvernement tunisien : commencez à agir, et assez des fausses promesses ! »

Jeuneafrique.com par Rebecca Chaouch

Tunisie : mobilisation et réaction du gouvernement après l’agression de trois personnes d’origine congolaise

décembre 26, 2016

En Tunisie, la société civile hausse le ton pour mettre fin au racisme. © Tim Pierce/CC/Flickr

Des dizaines de Tunisiens et d’étudiants Subsahariens se sont réunis à Tunis pour dénoncer une « multiplication des agressions racistes », après la violente agression samedi de trois personnes d’origine congolaise.

« Deux ont eu la gorge tranchée et le troisième a été poignardé. […] Nous réclamons justice », a expliqué à l’AFP Rachid Ahmad Souleimane, président de l’Association des étudiants et stagiaires africains en Tunisie (Aesat) lors d’une manifestation organisée dimanche 25 décembre devant le Théâtre municipal de Tunis, sur l’avenue Habib Bourguiba.

Une centaine de personnes était présente pour dénoncer de « multiples cas d’agressions », dont celle subie la veille dans la capitale par trois personnes d’origines congolaise.

Plus largement, il s’agissait pour les personnes rassemblées de dénoncer la situation dont souffrent les étudiants africains depuis des années en Tunisie, a expliqué à l’agence TAP un membre de l’Aesat sur place.

Plaintes sans réponses

« On a longtemps porté plainte dans les postes de police contre des cas récurrents de discrimination et de violence subies sans jamais avoir de réponse », s’est-il indigné. « Il y a eu même des cas de décès. » Autre objectif aussi du rassemblement, selon lui : appeler le gouvernement à « assurer notre protection et garantir nos droits. »

Plusieurs organisations, des militants et de simples internautes tunisiens et étrangers ont exprimé leur colère et leur indignation suite à cette dernière agression, exprimant leur solidarité avec toutes les victimes de racisme dans le pays. À l’instar de Saadia Mosbah, présidente de l’association M’nemti, ou l’association malienne des étudiants et stagiaires en Tunisie (Amest).

 

 

L’agresseur des trois personnes d’origine congolaise a été interpellé et devait être présenté ce lundi 26 décembre à la justice, a indiqué son père sur la radio Mosaïque FM, affirmant que son fils souffrait de « troubles psychologiques ».

Examen en urgence d’un projet de loi

Au lendemain de ces agressions, la ministre Samira Merai s’est rendue au chevet d’une des victimes d’origine congolaises à l’hôpital Charles Nicole, donnant des consignes au staff médical pour « prendre soin de la malade et mettre à sa disposition tous les moyens de confort jusqu’à son rétablissement. »

 

Mehdi Ben Gharbia, le ministre tunisien chargé des droits de l’Homme, a également rendu visite aux victimes hospitalisées et appelé à « briser le silence » autour du racisme. « Un grand travail nous attend afin de changer les mentalités », a-t-il déclaré.

Il faut une stratégie nationale afin de changer les mentalités

À l’occasion de la journée nationale contre la discrimination raciale, organisée le 26 décembre par le ministère des Relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et les droits de l’Homme, le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed a par ailleurs appelé à l’examen « en urgence » par le Parlement d’un projet de loi pénalisant le racisme.

« Il faut une stratégie nationale afin de changer les mentalités, [et] une loi qui criminalise la discrimination », a-t-il déclaré. « L’initiative législative présentée il y a presque deux ans au Parlement est une étape vers […] la poursuite des auteurs de ces crimes : je demande à ce que les députés en débattent en urgence. Il faut aussi lancer des campagnes de sensibilisation », a-t-il ajouté.

 

Selon Youssef Chahed, « il est de notre devoir d’entamer la discussion […] sur ces sujets tabous », car « la discrimination raciale constitue une atteinte aux droits de l’Homme ». Il a par ailleurs indiqué vouloir faire de cette journée nationale du 26 décembre un « rendez-vous annuel ».

En juin, des organisations de la société civile avaient présenté leur propre proposition de loi criminalisant toute forme de discrimination, et obtenu le soutien de députés de la majorité, dans le cadre notamment de la lutte antiraciste. Selon des juristes, la Tunisie ne compte à ce jour aucune loi spécifique à la lutte contre les discriminations ; une seule, dédiée à la liberté de la presse, en fait mention.

Jeuneafrique.com

États-Unis : une parlementaire d’origine somalienne victime d’une agression raciste dans un taxi

décembre 9, 2016

Ilhan Omar, élue parlementaire à la Chambre des représentants du Minnesota, d’origine somalienne et de confession musulmane,, lors d’un rassemblement à Minneapolis, le 29 novembre 2016. © Jim Mone/AP/SIPA

Son élection il y a un mois à peine à la Chambre des représentants du Minnesota était une première aux États-Unis. Ilhan Omar, musulmane pratiquante d’origine somalienne, a été victime mardi soir d’une agression raciste à Washington.

« Je n’ai jamais subi de menaces aussi haineuses, insultantes, islamophobes et sexistes », a déclaré Ilhan Omar sur son compte Facebook, profondément choquée par l’attitude du chauffeur de taxi qui l’a raccompagnée à son hôtel mardi soir après qu’elle a été reçue l’après-midi à la Maison Blanche.

Le chauffeur de taxi l’a accusée d’appartenir au groupe terroriste État islamique (EI) et l’a menacée de lui ôter son hijab, explique la jeune femme de confession musulmane, qui à 33 ans vient tout juste d’être élue à la Chambre des représentants du Minnesota (nord). De peur que l’accrochage ne dégénère, elle raconte s’être précipitée en dehors du taxi, sans donner plus de détails.

« Je suis toujours choquée par cet incident et je n’arrive pas à comprendre comment des personnes osent ainsi afficher leur haine envers les musulmans », confie Ilhan Omar, qui conclut en disant prier « pour tous ceux qui abritent la haine dans leur cœur ».

 

Du camp de réfugiés à la Chambre des représentants

Son élection dans le Minnesota, où vivent près d’un tiers des Somaliens installés sur le territoire américain, représente une première aux États-Unis.

Musulmane pratiquante, arrivé dans le pays à l’âge de onze ans, Ilhan Omar a vécu quatre ans dans un camp de réfugiés au Kenya. Elle fera sa première rentrée politique à la Chambre des représentants du Minnesota le 3 janvier prochain.

Jeuneafrique.com par

Hillary Clinton tente de panser les plaies de la communauté noire

octobre 2, 2016

Dénonçant le racisme et appelant au calme, Hillary Clinton s’est rendue dimanche dans une église noire de Charlotte, en Caroline du Nord. Cette ville était récemment secouée par des manifestations et des incidents après la mort d’un Afro-américain tué par la police.

« Je suis une grand-mère et comme toutes les grands-mères, je suis inquiète pour la sécurité de mes petits-enfants », a déclaré la candidate démocrate à la Maison Blanche. « Mais mes inquiétudes ne sont pas les mêmes que celles des grands-mères noires », a-t-elle ajouté.

« Mes petits-enfants étant blancs, et étant les petits-enfants d’un ancien président et d’une secrétaire d’Etat, nous devons être honnêtes et reconnaître qu’ils n’éprouveront pas la même peur que celle décrite par les enfants ayant témoigné devant le conseil municipal », a-t-elle poursuivi.

Mme Clinton faisait allusion au récent témoignage d’une fillette de 9 ans qui a dit aux élus locaux, en larmes, qu’elle avait l’impression d’être traitée différemment parce qu’elle était noire.

Hillary Clinton est revenue sur la mort d’un Afro-américain de 43 ans tué le 20 septembre dernier à Charlotte dans des circonstances confuses, alors qu’il sortait d’un véhicule et était cerné par des policiers. La police dit avoir trouvé sur place un pistolet chargé. Un couvre-feu avait été décrété durant trois nuits après des manifestations. La visite de Mme Clinton, d’abord prévue dimanche dernier, avait été repoussée à la demande de la maire de Charlotte.

Les souffrances perdurent
« Cela fait 12 jours que cet homme a été tué », a indiqué Hillary Clinton. « Nous ne connaissons pas encore tous les détails de l’incident, mais nous savons que cette communauté et cette famille continuent de souffrir ».

Pendant la campagne pour la présidentielle, la candidate démocrate a maintes fois légitimé les griefs de la communauté noire envers la police, accusée de brutalités et de violences disproportionnées à leur égard. « Nous pouvons admettre qu’il existe une discrimination implicite sans vilipender les policiers », a dit dimanche Mme Clinton.

Elle a dénoncé, sans nommer son adversaire républicain pour la Maison Blanche Donald Trump, ceux « qui exploitent les peurs des gens, quitte à déchirer encore plus notre pays. Ils disent que tous nos problèmes seraient résolus facilement avec plus d’ordre public, comme si le racisme systémique n’existait pas dans notre pays ».

Romandie.com avec(ats / 02.10.2016 19h53)