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Football – Pierre Achille Webo : « J’ai déjà été la cible de racisme, mais pas venant d’un arbitre »

décembre 20, 2020
Pierre Achille Webo, le 9 décembre 2020.

Le 8 décembre, l’entraîneur-adjoint d’Istanbul Basaksehir, le Camerounais Pierre Achille Webo, a été la cible de paroles racistes de la part du quatrième arbitre roumain, Sebastian Coltescu, lors d’un match contre le PSG. Il a accepté de se confier à JA.

L’enchaînement des matches du championnat de Turquie ne lui a pas permis de beaucoup souffler depuis cette longue soirée parisienne. Entre deux matches et un entraînement, le Camerounais Pierre Achille Webo, entraîneur-adjoint du club turc Istanbul Basaksehir, a tout de même trouvé le temps de revenir pour Jeune Afrique sur l’incident qui a entraîné l’arrêt du match de Ligue des champions PSG-Istanbul Basaksehir, le 8 décembre dernier. Sur ce jour pas comme les autres, où un arbitre roumain, Sebastian Coltescu, l’a désigné en des termes (« le noir ») que Pierre Webo n’a pas acceptés.

Jeune Afrique : Comment allez-vous, plus d’une semaine après les faits ?

Pierre Achille Webo : Je me sens bien. J’ai le soutien de ma famille, de mes proches, de mon club, de beaucoup d’autres personnes. Bien sûr, je reçois encore beaucoup de demandes d’interview d’un peu partout, mais je ne peux pas répondre à tout le monde. Et puis, comme on joue tous les trois jours, avec les matches à préparer, les entraînements, les déplacements, je ne pense pas qu’à cette affaire. D’ailleurs, j’espère que cela s’arrêtera bientôt, et qu’on reparlera de football.

Il y a eu les paroles de cet arbitre roumain, le match qui n’a pas repris le soir même, et qui s’est joué le lendemain, beaucoup de réactions…

En fait, il y a eu deux phases. D’abord, quand j’entends l’arbitre me désigner comme le mec noir… Je suis choqué, tellement surpris, que cela vienne d’un arbitre ! J’avais déjà eu droit à des paroles racistes, en Espagne, mais ça venait des tribunes.

SEBASTIAN COLTESCU N’A PAS DIT UN MOT. JE VOULAIS JUSTE QU’IL M’EXPLIQUE »

Je suis descendu sur le terrain, avec une seule question : « Pourquoi il a dit « noir » ? Il aurait pu me désigner autrement, par exemple comme le gars assis au troisième rang, je ne sais pas… Oui, j’étais en colère.

En vous voyant, certains ont craint une confrontation physique avec Sebastian Coltescu…

Jamais je ne me serais permis d’être violent. J’étais énervé, j’avais la rage, mais j’étais en self-control. Je suis quelqu’un de calme, mais c’est peut-être mon expression corporelle qui a pu faire croire à certains que j’étais prêt à le frapper. J’ai été joueur, je suis aujourd’hui éducateur, et je sais que je dois donner le bon exemple. Je ne suis pas quelqu’un de violent, il n’y avait aucun risque de confrontation physique.

Sebastian Coltescu vous a-t-il parlé ?

Non, il n’a pas dit un mot. Pas un seul. Je voulais juste qu’il m’explique. D’ailleurs, aucun autre arbitre ne m’a parlé.

JE CROIS QUE CELA N’ÉTAIT JAMAIS ARRIVÉ. CE GESTE DE SOUTIEN EST TRÈS FORT SYMBOLIQUEMENT

Très rapidement, les joueurs des deux équipes ont fait savoir qu’ils ne voulaient pas reprendre le match…

Oui, et je tiens encore à remercier les joueurs, les staffs techniques et les dirigeants des deux clubs pour ce geste de soutien, de solidarité, d’union. Je crois que cela n’était jamais arrivé. D’habitude, quand un match est arrêté, c’est parce que l’arbitre le décide. C’est très fort symboliquement, cela prouve que les joueurs, dans ce genre de situation, ont aussi leur mot à dire.

J’ai été offensé par les paroles de l’arbitre, et je crois que tous ceux qui étaient sur ou en dehors de la pelouse ont estimé que c’était inacceptable. C’est pour cela que le match n’a pas repris mardi soir.

L’intervention de Demba Ba a-t-elle été décisive quant à l’arrêt du match ?

C’est un tout. Les deux équipes ne voulaient pas reprendre. Demba est allé parler à l’arbitre (Ovidiu Hategan) et au quatrième arbitre de façon calme et posée. Il n’a jamais été dans l’agressivité. Moi-même, quand je suis descendu sur la pelouse, je ne me suis pas montré impoli. Avec Demba, on a beaucoup parlé, je sais que c’est quelqu’un qui n’hésite pas à prendre position, et il a eu une réaction intelligente. Son soutien est important.

Il a, depuis, échangé avec Sebastian Coltescu, qui se serait excusé. Aimeriez-vous parler avec ce dernier ?

Je lui ai posé une question plusieurs fois, il ne m’a pas répondu, ni sur le terrain, ni dans les couloirs. Ni depuis. Je ne demande pas des excuses, seulement des explications. Peut-être qu’un jour, il demandera à me parler. On verra. En tout cas, pour moi, ce n’est pas vraiment le moment.

SEULES DES SANCTIONS PLUS DISSUASIVES, PLUS FORTES, PEUVENT AVOIR DE L’IMPACT

Certaines personnes ont estimé que ce qu’avait dit Coltescu n’était pas raciste, mais qu’il s’agissait plutôt de paroles malheureuses et maladroites…

Oui, j’ai entendu cela. Chacun a le droit d’avoir son opinion. Moi, je ne suis pas dans la tête de cet arbitre, je ne sais pas ce qu’il pense au fond. Ce que je sais, c’est que je me suis senti offensé, que ce qu’il a dit n’est pas acceptable, et qu’il y a d’autres façons de désigner quelqu’un.

Quelles mesures faudrait-il prendre pour lutter plus efficacement contre le racisme dans le football ?

Il y a des campagnes de sensibilisation de la part de la FIFA, de l’UEFA, de la CAF… C’est bien, mais il faut aller plus loin, pour mieux lutter contre ce fléau. Je pense que les fédérations des pays où sont commis des actes de racisme doivent également aller plus loin. Seules des sanctions vraiment plus dissuasives, plus fortes, que ce soit sportivement ou financièrement, peuvent avoir de l’impact. La réaction des deux équipes à Paris en a eu. Car quand les équipes quittent le terrain, il n’a plus de spectacle. Et symboliquement, c’est très marquant…

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Canada-Québec: «Tolérance zéro» pour le racisme, dit le Groupe d’action gouvernemental

décembre 14, 2020

Six mois après sa création, le Groupe d’action contre le racisme (GACR) du gouvernement du Québec dévoile une panoplie de recommandations touchant à l’emploi, à la sécurité publique, au logement et à l’éducation.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant

© Fournis par Journal Métro Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant

Le premier ministre François Legault avait mandaté le GACR pour qu’il identifie des actions efficaces et concrètes pour lutter contre le racisme, ciblant la sécurité publique, la justice, le milieu scolaire, le logement et l’emploi comme des secteurs prioritaires.

Le GACR est co-présidé par le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant, et la ministre aux Relations internationales, Nadine Girault. Le ministre aux Affaires autochtones, Ian Lafrenière y est aussi, tout comme les députés Sylvie D’Amours, Denis Lamothe, Christopher Skeete et Isabelle Lecours.

Le «Groupe des sept» a consulté plus de 50 groupes et experts pour formuler ses recommandations.

L’une d’elles est de nommer un ministre responsable de la lutte contre le racisme. Cela assurerait la mise en place des actions et un suivi auprès des ministères et des organismes, a précisé Mme Girault.

Selon le directeur du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), Fo Niemi, cette action est la plus prometteuse.

«C’est quelque chose de très concret et porteur de résultats, a-t-il dit. Mais là encore, il faut voir quel pouvoir, quelles ressources et quels moyens ce ministre-là va avoir.»

Fin des interpellations aléatoires

Tout d’abord, l’action prioritaire proposée par le groupe d’action est de mettre fin aux interpellations policières aléatoires sans fondement.

«Afin d’améliorer les relations entre les policiers et les citoyens, le groupe souhaite interdire toute interpellation fondée sur la race, la couleur, l’origine ethnique ou nationale, la religion et la condition sociale», a déclaré Lionel Carmant.

Les forces de l’ordre devront informer le citoyen du motif au moment de l’interpellation. «Cette mesure permettra de réduire considérablement, voire éliminer, le profilage racial», a ajouté M. Carmant.

De plus, le groupe souhaite ajouter des intervenants des services sociaux aux corps policiers.

Reconnaissance des qualifications

Afin de réduire le taux de chômage au sein de certaines minorités, le GACR recommande de négocier et de conclure d’ici cinq ans des ententes internationales en matière de reconnaissance des qualifications professionnelles.

«L’intégration dans la société passe par un emploi correspondant à sa compétence et à ses capacités», a souligné Nadine Girault.

Le GACR veut rendre l’évaluation des compétences par les ordres professionnels plus rapides et plus flexibles pour les immigrants concernés par ces arrangements.

En outre, le groupe d’action souhaite augmenter, d’ici cinq ans, le taux de présence des membres de minorités visibles au sein de la fonction publique. L’objectif est qu’il soit représentatif de celui observé au sein de la société québécoise.

Toujours d’ici cinq ans, le GACR veut garantir la présence d’au moins un membre d’une minorité visible au sein de la majorité des conseils d’administration des sociétés d’État.

Éducation, logement et Autochtones

Par ailleurs, Québec compte profiter de la réforme du cours d’Éthique et culture religieuse (ECR), à compter de 2022, pour aborder l’enjeu du racisme.

En matière de logement, le GACR veut mettre fin à la discrimination basée sur la race. Pour ce faire, il recommande de renforcer les guichets de gestion de plaintes, en informant mieux le public au sujet des systèmes de plaintes et en renseignant les locateurs sur les enjeux relatifs à la discrimination.

Certaines recommandations du GACR sont adaptées aux réalités autochtones, a indiqué Ian Lafreniere.

En effet, le personnel de la fonction publique recevra une formation obligatoire spécifique aux enjeux autochtones, a-t-il expliqué.

Un autre exemple du traitement particulier réservé aux Premières Nations et aux Inuits est la mise à jour des notions concernant l’histoire autochtone et son héritage dans le cursus scolaire.

Pas de racisme systémique

Avant même le dépôt du rapport, François Legault avait exclu la possibilité d’y reconnaître une forme de racisme systémique au Québec.

Questionnés à ce sujet, les co-présidents ont dit présenter des «actions concrètes» plutôt que de faire un «débat sémantique».

«Quelle que soit la façon dont on qualifie le racisme, en bout de piste, quand on parle du concret, ça retombe toujours sur les mêmes actions et sur les mêmes secteurs. C’est ça qu’on veut faire. On veut mettre ces actions en place pour vraiment faire bouger les choses», a déclaré Nadine Girault.

Selon Fo Niemi, cela remet en question la crédibilité du rapport. «On dit qu’il n’y a pas de consensus ou de définitions claires du concept de racisme systémique, ce qui est carrément faux», fait-il valoir.

«Nous avons déjà toutes les lois, toutes les mesures et les politiques possibles pour contrer la discrimination. Le problème, c’est qu’elles ne sont pas appliquées et personne n’est tenu responsable», déclare M. Niemi.

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Avec Le Journal Métro par  Naomie Gelper

Les pays africains demandent un débat sur le racisme à l’ONU

juin 14, 2020

Des manifestants demandSuite à la mort de George Floyd aux mains de la police, des manifestants réclament justice dans le Kansas, aux États-Unis, le 13 juin 2020.

Suite à la mort de George Floyd aux mains de la police, des manifestants réclament justice dans le Kansas, aux États-Unis, le 13 juin 2020. © Charlie Riedel/AP/Sipa 

Les pays africains ont appelé vendredi le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à organiser un débat urgent sur le racisme et les violences policières, dans le contexte de la mobilisation mondiale après la mort de George Floyd.

Dans une lettre écrite au nom des 54 pays du Groupe africain dont il est coordonnateur pour les questions des droits humains, l’ambassadeur du Burkina Faso auprès des Nations Unies à Genève (Suisse), Dieudonné Désiré Sougouri, a demandé à l’organe de l’ONU d’organiser un « débat urgent sur les violations actuelles des droits de l’homme d’inspiration raciale, le racisme systémique, la brutalité policière contre les personnes d’ascendance africaine et la violence contre les manifestations pacifiques. »

« Les événements tragiques du 25 mai 2020 à Minneapolis aux États-Unis, qui ont entraîné la mort de George Floyd, ont déclenché des protestations dans le monde entier contre l’injustice et la brutalité auxquelles les personnes d’ascendance africaine sont confrontées quotidiennement dans de nombreuses régions du monde », écrit l’ambassadeur.

Racisme et impunité

« La mort de George Floyd n’est malheureusement pas un incident isolé », ajoute-t-il, précisant s’exprimer au nom des représentants et ambassadeurs du Groupe africain.

La lettre, adressée à la présidente du Conseil des droits de l’homme, l’Autrichienne Elisabeth Tichy-Fisslberger, demande que ce débat ait lieu la semaine prochaine, à la reprise de la 43e session du Conseil, interrompue en mars en raison de l’épidémie de Covid-19.

Cet appel intervient après que la famille de George Floyd, les familles d’autres victimes de violences policières et plus de 600 ONG eurent appelé le Conseil des droits de l’homme à se saisir d’urgence du problème du racisme et de l’impunité dont bénéficie la police aux États-Unis

Par Jeune Afrique avec AFP

Afrique du Sud: la gauche radicale manifeste contre le racisme

juin 8, 2020

 

Plus d’une centaine de partisans de la gauche radicale sud-africaine se sont rassemblés lundi matin devant l’ambassade des Etats-Unis à Pretoria pour protester contre le racisme, les violences policières et le président Donald Trump.

«À bas le racisme», «à bas l’impérialisme», «à bas Donald Trump», ont crié devant l’ambassade les manifestants, emmenés par le «commandant en chef» des Combattants pour la liberté économique (EFF), Julius Malema. Ce rassemblement était le plus important organisé en Afrique du Sud en miroir du mouvement planétaire de protestation né après la mort de George Floyd, ce Noir américain mort étouffé sous le genou d’un policier blanc lors d’une interpellation. Les partisans des EFF ont rendu hommage à la victime en observant, un genou à terre, 8 minutes et 46 secondes de silence, le temps de l’immobilisation qui a abouti à sa mort.

«Il y en a assez de la brutalité policière sur nos corps noirs», a lancé M. Malema à la foule, flanqué de l’épouse d’un homme récemment tué par l’armée sud-africaine chargée de faire respecter le confinement contre le Covid-19. Le dirigeant politique a également étrillé Donald Trump, qualifié de «suprémaciste blanc», et le président sud-africain Cyril Ramaphosa, accusé d’avoir allégé le confinement contre le coronavirus pour satisfaire «l’économie blanche» du pays. «Il ne faut plus écouter le président», a-t-il lancé.

Les EFF, à la rhétorique anticapitaliste et volontiers anti-Blancs, ont rassemblé 11% des voix lors des élections générales de 2019, en nette hausse par rapport au scrutin précédent. Un quart de siècle après la chute de l’apartheid, l’Afrique du Sud reste déchirée par de vives inégalités raciales.

Par Le Figaro avec AFP

France: Vers de nouveaux rassemblements

juin 8, 2020

«Violences policières»: nouveaux rassemblements en France mardi pour les obsèques de George Floyd

Plusieurs syndicats, partis politiques, organisations étudiantes et lycéennes, associations et ONG se sont associés à l’appel à manifester de SOS Racisme.

De nouveaux rassemblements et hommages sont prévus mardi à 18h00 dans plusieurs villes de France pour saluer la mémoire de George Floyd, au moment où auront lieu ses obsèques à Houston (Texas), et «combattre le racisme dans la police».

A Paris, SOS Racisme a appelé à un «rassemblement solennel» sur la place de la République pour rendre hommage à cet Afro-américain de 46 ans, tué le 25 mai à Minneapolis par un policier blanc, un «crime raciste». «Votre présence signifiera aussi un rappel de notre determination à combattre, ici, le racisme dans la police et dans tout autre secteur», souligne l’association, qui demande à chacun de porter un masque et de «respecter les règles sanitaires en vigueur».

Plusieurs syndicats (CGT, FSU, Unsa), partis politiques (EELV, PS, LFI, PCF), organisations étudiantes et lycéennes (Fage, Unef, UNL), associations et ONG (Ligue des droits de l’homme, MRAP, Cran) se sont associés à cet appel. De son côté, la Licra appelle chacun, «là où il se trouve, à cesser toute activité durant 8 minutes et 46 secondes», durée pendant laquelle Derek Chauvin, inculpé de meurtre, a maintenu son genou sur le cou de George Floyd, plaqué au sol et se plaignant de ne plus pouvoir respirer. «Rien ne serait pire que l’indifférence et l’injustice», écrit son président Mario Stasi dans un communiqué.

D’autres rassemblements sont annoncés à Lille, Grenoble, Dijon, Amiens, Bourges, Poitiers et Angers, où la préfecture a pris un arrêté d’interdiction. A Toulouse, la manifestation est prévue mercredi. Les rassemblements contre les violences policières ont rassemblé 23.300 personnes en France samedi, dont 5500 à Paris, selon des chiffres du ministère de l’Intérieur. Le décès de George Floyd a soulevé une indignation mondiale sans précédent et mis dans la rue des dizaines de milliers de personnes qui, de Londres à Sydney en passant par Rome et Madrid, ont bravé les interdits liés à la crise sanitaire pour protester contre le racisme et les brutalités policières.

En France, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement «d’accélérer» dans ses propositions pour améliorer la déontologie des forces de l’ordre, alors que la question des violences policières, déjà dénoncées lors du mouvement des «gilets jaune», ne cesse d’empoisonner l’exécutif. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner donnait lundi après-midi une conférence de presse sur «la question du racisme et de la mise en cause des forces de l’ordre».

Christophe Castaner souhaite que «chaque soupçon avéré de racisme» dans les forces de l’ordre entraîne une suspension

Le ministre de l’Intérieur a fait lundi une série de propositions pour améliorer la déontologie des forces de l’ordre, alors que des manifestations contre les «violences policières» se tiendront demain en France.

«Je veux une tolérance zéro contre le racisme dans les forces de l’ordre», a déclaré lundi le ministre de l’Intérieur qui a annoncé une série de mesures pour lutter contre tout acte raciste commis par des forces de l’ordre.

Christophe Castaner souhaite que «chaque soupçon avéré de racisme» dans les forces de l’ordre entraîne une suspension.

Il a par ailleurs annoncé l’abandon de la méthode «dite de l’étranglement» dans le cadre des interpellations.

Par Le Figaro avec AFP

Canada: Manifestations au Québec contre le racisme et les violences policières

juin 7, 2020

 

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche à Montréal et dans d’autres villes du Québec contre le racisme et les violences policières, dénonçant aussi les discriminations raciales dans la province francophone. Une foule importante – plus de 10.000 personnes selon des estimations non-officielles – a défilé dans le centre de Montréal, en scandant «Black Lives Matter» (les vies noires comptent), «No justice, No peace» (pas de justice, pas de paix), «je ne peux pas respirer», ou «il faut que ça cesse».

La manifestation, la deuxième à Montréal en une semaine, s’inscrivait dans le cadre du vaste mouvement de protestation provoqué par la mort de l’Afro-Américain George Floyd, étouffé sous le genou d’un policier blanc lors d’une interpellation.

Mais des organisateurs, lors d’allocutions avant le départ du cortège, ainsi que des manifestants, ont aussi reproché au premier ministre du Québec François Legault d’avoir estimé il y a quelques jours qu’il n’y avait pas de «racisme systémique» dans la province. «Il y a du racisme systémique qui existe au Québec (…) toutes les preuves ont été faites», a affirmé un des organisateurs, l’ex-boxeur Ali Nestor.

«Au-delà de la manifestation d’aujourd’hui, au-delà des “plus jamais ça”, il faut qu’il y ait des gestes concrets et cela prend de la volonté politique», a pour sa part lancé Dominique Anglade, nouvelle cheffe du parti libéral du Québec (opposition), dont la famille est d’origine haïtienne.

Les manifestants ont été invités à s’arrêter à plusieurs reprises pour mettre un genou à terre en mémoire de George Floyd et le défilé s’est déroulé dans le calme, alors que la manifestation de dimanche dernier à Montréal avait dégénéré en affrontements dans la soirée.

De nombreux manifestants portaient des masques, mais n’ont guère pu respecter la distanciation physique de deux mètres, en particulier lors du rassemblement qui a précédé le départ du cortège.

Par Le Figaro avec AFP

Canada: Le commentateur Stockwell Day démissionne après des propos sur le racisme au Canada

juin 4, 2020
L'ancien ministre conservateur Stockwell Day s'est retiré de son rôle de commentateur politique à CBC News ainsi que de deux postes au sein de conseils d'administration de grandes entreprises canadiennes.
© Michelle Bellefontaine/CBC/Radio-Canada L’ancien ministre conservateur Stockwell Day s’est retiré de son rôle de commentateur politique à CBC News ainsi que de deux postes au sein de conseils d’administration de grandes entreprises canadiennes.
L’ancien ministre conservateur Stockwell Day a démissionné de son poste de commentateur politique à l’émission Power and Politics de CBC News après avoir déclaré que le racisme systémique n’existe pas au Canada.Il a présenté ses excuses pour les propos qu’il a tenus mardi, qu’il juge à présent insensibles et blessants.

L’ancien ministre du gouvernement Harper a réagi aux propos de Justin Trudeau concernant les manifestations qui balaient les États-Unis depuis la mort de l’Afro-Américain George Floyd.

Le premier ministre canadien avait alors affirmé que le Canada compose avec ses propres problèmes de racisme systémique.

En réaction à Justin Trudeau, Stockwell Day a commenté que notre système n’est pas parfait au Canada. «Oui, il y a quelques idiots racistes un peu partout, mais le Canada n’est pas un pays raciste, et la plupart des Canadiens ne sont pas racistes. Et notre système, qui demande à être constamment amélioré, n’est pas systématiquement raciste», a-t-il dit durant un panel.

Il a ensuite comparé l’intimidation qu’il a endurée lorsqu’il était enfant à la situation que subissent les minorités visibles au pays.

«Est-ce que j’aurais dû aller à l’école et qu’on se moque de moi parce que je portais des lunettes et que j’étais appelé le “binoclard” et à cause du métier de mes parents, a-t-il questionné durant son intervention. Est-ce qu’on aurait dû se moquer de moi pour tout ça? Non, évidemment que non. Mais est-ce que la majorité des Canadiens sont racistes? Non, nous ne le sommes pas.»

«Nous célébrons notre diversité autour du monde, a-t-il poursuivi, et que le premier ministre insinue que notre système est systématiquement raciste est erroné.»

Les panélistes Amanda Alvaro et Emilie Nicolas ont répliqué à Stockwell Day en remettant en cause ses assertions au sujet du racisme systémique et la comparaison avec ses expériences d’intimidation.

«Je demande pardon pour avoir mis sur le même pied d’égalité mes expériences aux leurs. Je m’engage envers eux à déployer des efforts incommensurables pour combattre le racisme dans toutes ses formes», a-t-il écrit dans un tweet publié mercredi après-midi.

Il a aussi remis sa démission à ses postes aux conseils d’administration des entreprises McMillan LLP et Telus, qui l’ont acceptée sans délai.

 

Avec CBC/Radio-Canada

États-Unis: L’école new-yorkaise de mode FIT s’excuse pour un défilé jugé raciste

février 19, 2020

 

Le Fashion Institute of Technology, école de mode new-yorkaise, a présenté ses excuses au sujet d’un défilé jugé raciste par plusieurs observateurs et lors duquel des mannequins ont défilé avec d’immenses fausses lèvres rouges et de grandes oreilles noires. Lors de la Fashion Week de New York, le FIT avait organisé son premier défilé destiné à montrer la production de ses étudiants de master, le 7 février.

Durant cet événement, plusieurs des mannequins portaient de fausses lèvres rouges géantes, de faux sourcils touffus et de fausses oreilles imposantes. L’un des modèles qui devait défiler avec ces accessoires, Amy Lefevre, a révélé qu’elle avait refusé de les porter, se disant «très mal à l’aise», et avait attiré l’attention sur le fait qu’ils étaient «clairement racistes».

Selon le New York Post, les organisateurs lui auraient alors expliqué que «ce n’était pas un problème de se sentir mal à l’aise pendant 45 secondes», le temps du passage sur le podium. Plusieurs observateurs ont vu dans l’aspect des mannequins une ressemblance avec le personnage imaginaire Sambo, petit garçon noir souvent représenté aux Etats-Unis avec des traits caricaturaux, notamment des lèvres très rouges et de très grande taille.

Devant l’émoi qu’a provoqué l’affaire, la présidente du FIT, Joyce Brown, a présenté officiellement ses excuses «à ceux qui ont participé au défilé, aux étudiants et à tous ceux qui ont été choqués par ce qu’ils ont vu», selon une lettre transmise mercredi à l’AFP. La responsable a indiqué que le FIT mettrait en place des «garde-fous» pour éviter qu’une telle situation se reproduise, sans plus de précisions.

Début février, la maison de luxe italienne Prada s’est engagée auprès de la ville de New York à prendre des mesures pour lutter contre le racisme, un peu plus d’un an après une controverse liée à des figurines qu’elle avait mises dans la vitrine de son magasin de Soho. Plusieurs personnes avaient aussi vu dans ces figurines une ressemblance avec Sambo et la maison avait retiré les objets de la vente.

Par Le Figaro avec AFP

Propos racistes contre Miss France 2020 sur internet : une association porte plainte

décembre 26, 2019

 

Le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) a annoncé ce jeudi avoir porté plainte pour les propos racistes postés sur les réseaux sociaux après l’élection de Miss France 2020, remportée par la Guadeloupéenne Clémence Botino.

L’association antiraciste a annoncé dans un communiqué avoir déposé une plainte auprès du parquet de Paris. «Nous portons plainte pour propos racistes», a précisé son président, Ghyslain Vedeux. Depuis son élection mi-décembre, Clémence Botino est victime de nombreux propos racistes sur les réseaux sociaux, Twitter en tête. Le CRAN dénonce également les nombreux tweets racistes qui ont visé le soir de l’élection la Miss Ile-de-France, Évelyne de Larichaudy, originaire de l’île de la Réunion.

«Il faut que ces propos soient sanctionnés, ils sont totalement inacceptables», s’est indigné Ghyslain Vedeux, déplorant «l’inefficacité» de la plateforme Pharos, mise en place par le gouvernement pour lutter contre la haine en ligne. «Il n’y a eu aucune réaction des autorités, ni du gouvernement, ni même de Marlène Schiappa (la secrétaire d’État chargée de la lutte contre les discriminations, ndlr) qui est d’habitude la première à monter au créneau», s’est-il étonné.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Papa John’s bondit après la démission de son fondateur pour des propos racistes

juillet 12, 2018

New York – Le titre de la chaîne de restauration rapide Papa John’s a bondi jeudi à Wall Street après la démission de la tête du conseil d’administration de son fondateur John Schnatter, accusé d’avoir tenu des propos racistes.

A la clôture, le titre a gagné 11,05% à 53,67 dollars dans un marché en hausse.

Le fondateur et ancien PDG de l’entreprise spécialisée dans la pizza, John Schnatter, a démissionné de son poste de président du conseil d’administration, avait indiqué mercredi soir le groupe dans un communiqué.

Un nouveau président sera élu « dans les prochaines semaines », avait précisé l’entreprise.

Cette annonce est intervenue peu après la publication d’un article dans Forbes indiquant que M. Schnatter avait utilisé le très explosif « mot commençant par N », à savoir « Nigger », à l’occasion d’une conférence téléphonique en mai.

Les commentaires jugés discriminatoires de M. Schnatter étaient liés à une précédente prise de parole du fondateur de la chaîne de restauration rapide en décembre, qui avait déjà suscité la controverse.

Il avait alors tenu des propos considérés comme étant racistes à l’encontre des joueurs de football américain noirs qui protestaient contre la multiplication des brutalités policières contre des hommes noirs non armés en ne se levant pas lors du traditionnel hymne national avant les rencontres sportives.

Ces propos avaient à l’époque déjà abouti à la démission de M. Schnatter de son poste de PDG de Papa John’s.

L’utilisation du mot « Nigger » est extrêmement sensible aux Etats-Unis. Elle a également coûté, fin juin, son poste au principal porte-parole de Netflix, Jonathan Friedland, qui l’avait utilisé deux fois lors de réunions avec des employés.

Cette nouvelle polémique autour de M. Schnatter l’a également contraint à quitter le conseil de surveillance de l’université de Louisville, dont il faisait partie, a indiqué mercredi le président de ce conseil, David Grissom.

Romandie.com avec(©AFP / 12 juillet 2018 21h14)