Posts Tagged ‘raila odinga’

Kenya: incertitude à deux jours d’une élection boycottée par l’opposition

octobre 24, 2017

Le président kenyan Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto arrivent à un meeting électoral le 23 octobre 017 à Nairobi / © AFP / SIMON MAINA

Les Kényans sont à nouveau appelés aux urnes jeudi pour une présidentielle à hauts risques, en raison du boycott annoncé par l’opposition et de l’organisation dans la hâte du scrutin après l’invalidation en justice de la réélection du chef de l’Etat Uhuru Kenyatta.

Dans un climat politique délétère, marqué par de nombreuses manifestations de l’opposition implacablement réprimées par la police, la Commission électorale (IEBC) assure être prête d’un point de vue technique et logistique, après avoir été accablée par la Cour suprême pour sa gestion du scrutin invalidé.

Mais son président Wafula Chebukati, de plus en plus isolé au sein de la commission, a publiquement émis des doutes sur sa capacité à garantir la crédibilité du scrutin.

Parallèlement, les appels se multiplient en faveur d’un report de l’élection au-delà de la date limite du 31 octobre, prévue par la Constitution. Mardi, la Cour suprême a convoqué en urgence une audience mercredi matin, après avoir été saisie par trois militants des droits de l’homme qui souhaitent un report pouvant aller jusqu’à 90 jours.

Cette période d’incertitude et de tension, qui affecte durement l’économie la plus dynamique d’Afrique de l’Est, avait paradoxalement débuté par une décision historique de cette même Cour suprême, le 1er septembre. Saisie par l’opposition, elle évoque alors des irrégularités dans la transmission des résultats et invalide contre toute attente la présidentielle du 8 août, une première en Afrique.

Le jugement est salué comme une opportunité pour les politiciens kényans de renforcer la démocratie, mais ces derniers n’auront finalement redoublé d’efforts que dans leurs invectives, faisant sonner bien creux leurs appels à la paix.

– Au moins 40 morts –

L’IEBC a depuis entrepris certaines réformes, mais l’opposition estime que l’institution est toujours partiale et majoritairement acquise au parti au pouvoir. Dans ces conditions, l’opposant Raila Odinga, 72 ans, a annoncé le 10 octobre son retrait de l’élection, sans pour autant le formaliser.

L’opposition a depuis envoyé des messages contradictoires sur la marche à suivre le jour du scrutin, qu’elle a promis de communiquer en temps utile à ses partisans.

En attendant, elle a organisé de nouvelles manifestations mardi, malgré une interdiction du ministre de l’Intérieur.

A Kisumu, un des bastions de M. Odinga, quelque 2.000 manifestants ont défilé dans le centre-ville avant que n’éclatent des échauffourées avec la police dans le principal bidonville de la cité. A Nairobi, quelques centaines de personnes ont été dispersées au gaz lacrymogène.

Au moins 40 personnes ont été tuées depuis le 8 août, la plupart dans la répression brutale des manifestations par la police dans des bastions de l’opposition, selon les organisations de défense des droits de l’homme.

Après s’en être pris verbalement aux juges de la Cour suprême, qualifiés d' »escrocs », Uhuru Kenyatta, 55 ans, n’a lui cessé de répéter que le scrutin devait avoir lieu le 26.

Son gouvernement a également entrepris d’amender la loi électorale dans l’urgence, officiellement pour corriger les erreurs évoquées par la Cour suprême. Mais l’opposition estime que les amendements offrent de nombreuses possibilités pour truquer l’élection.

Le texte, adopté par le parlement, n’a pas encore été signé par le président Kenyatta, enjoint par la communauté internationale de s’en abstenir.

– ‘Avide de pouvoir’ –

Mardi, le quotidien Daily Nation a une nouvelle fois appelé les responsables politiques « à la raison ». « Le Kenya est un acteur crucial du commerce régional et un membre respecté de la communauté des nations, et cela ne doit pas être souillé par des politiciens avides de pouvoir », a prié le journal dans son éditorial.

Lundi, vingt ambassadeurs occidentaux avaient eux parlé d’une voix pour dénoncer la « détérioration de l’environnement politique » kényan.

Car dans un pays où le vote se joue plus sur des sentiments d’appartenance ethnique et géographique que sur des programmes, cette crise politique a une nouvelle fois mis en lumière les profondes divisions sociales, géographiques et ethniques qui traversent le Kenya et ses quelque 48 millions d’habitants.

M. Odinga, déjà trois fois candidat malheureux à la présidence (1997, 2007, 2013), plaide pour l’organisation d’un tout nouveau processus électoral. Selon lui, l’élection de jeudi se résumera à un « sondage d’opinion » au sein du parti au pouvoir.

Le centre d’analyse International Crisis Group (ICG) estime lui qu’un report « aiderait à éviter une crise au Kenya », dix ans après les pires violences post-électorales de l’histoire du pays (1.100 morts). « Les institutions et les dirigeants politiques devraient envisager un court report, et de son côté, Odinga devrait s’engager à participer », dit-il.

Romandie.com avec(©AFP / 24 octobre 2017 19h34)                

Kenya: un manifestant tué par balle dans un fief de l’opposition

octobre 16, 2017

Manifestation le 16 octobre 2017 à Kisumu, à l’ouest du Kenya / © AFP / YASUYOSHI CHIBA

Un jeune manifestant a été tué par balle lundi dans l’ouest du Kenya, a-t-on appris auprès de témoins, alors que des centaines de partisans de l’opposition sont à nouveau descendus dans les rues pour demander des réformes en vue de la présidentielle du 26 octobre.

La police a encore utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule à Kisumu, sur les rives du lac Victoria (ouest), un fief du principal opposant, Raila Odinga.

Les manifestants avaient auparavant bloqué des routes, mis le feu à des pneus et lancé des pierres vers les policiers, pour marquer le passage à des manifestations désormais quotidiennes.

L’un des manifestants, Michael Odiambo, 21 ans, a raconté avoir vu la police tuer par balle un jeune homme dont un photographe de l’AFP a pu voir le corps.

« Il courait pour se cacher de la police. Un policier a juste pointé son pistolet vers lui et a tiré sur lui à distance. Il a été touché au cou », a-t-il déclaré.

Le jeune homme tué était un étudiant de 18 ans, Michael Okoth, a indiqué sa mère, Caroline Okello. « Il ne manifestait pas. Il était parti acheter une glace quand il a reçu une balle. Ils ont tué mon enfant. Un garçon innocent qui n’était pas dans la manifestation ».

Le président Uhuru Kenyatta a observé que la police avait décidé à Kisumu de laisser les manifestants avancer jusqu’au centre-ville, ce que le gouvernement a normalement interdit depuis la semaine passée.

« Ils ont été autorisés à manifester dans toute la ville. Et quand ils se sont rendu compte que les policiers n’intervenaient pas, ils ont commencé à leur lancer des pierres. Qu’attendre de tout ça? Les policiers ne sont-ils pas autorisés à se protéger », a-t-il argué.

Vendredi, deux manifestants avaient été tués par la police à Bondo, la ville d’origine de Raila Odinga, à environ 50 km à l’ouest de Kisumu.

« Pendant combien de temps ces meurtres insensés de la police (vont-ils continuer)? La police ne peut pas à chaque fois tirer sur des manifestants. Manifester est-il un crime? », a demandé Margaret Akinyi, une vendeuse de légumes à Kisumu. Le jeune manifestant tué lundi « a été abattu par une balle juste à côté de moi et nous nous sommes tous mis à courir. Il est mort », a-t-elle ajouté.

A Nairobi, un petit groupe de manifestants a été rapidement dispersé par la police.

Au moins 37 personnes avaient été tuées, dont 35 par la police, dans les jours qui ont suivi les élections générales du 8 août, selon la Commission nationale kényane des droits de l’Homme (KNCHR).

Dans un rapport conjoint publié lundi, Human Rights Watch et Amnesty International ont indiqué avoir confirmé la mort de 33 personnes des mains de la police.

Le chef de la police kényane, Joseph Boinnet, a qualifié ce rapport de « complètement trompeur et basé sur des mensonges », affirmant que la police n’était informée que de 12 morts sur lesquels elle dit enquêter.

Le climat politique est particulièrement tendu au Kenya depuis la décision le 1er septembre de la Cour suprême d’invalider la réélection du sortant Uhuru Kenyatta à la présidentielle du 8 août, face à M. Odinga, pour des irrégularités dans la transmission des résultats.

M. Odinga a annoncé la semaine passée son retrait de la présidentielle du 26 octobre, arguant que la Commission électorale, qui est très critiquée, n’était pas en mesure d’organiser une élection crédible.

L’opposant estime que son retrait entraîne l’annulation du scrutin et l’organisation d’un tout nouveau processus électoral, solution rejetée par M. Kenyatta.

Romandie.com avec(©AFP / 16 octobre 2017 17h31)                

Kenya: deux manifestants de l’opposition tués par balle

octobre 13, 2017

Des policiers dispersent une manifestation de l’opposition à Nairobi au Kenya le 13 octobre 2017 / © AFP / TONY KARUMBA

Deux opposants, qui participaient vendredi à une manifestation dans la ville de Bondo, dans l’ouest du Kenya, ont été tués par balle au cours d’affrontements avec la police, selon plusieurs témoins.

« L’un d’entre eux a une large blessure à la tête et l’autre à la poitrine. Ils reposent dans une mare de sang », a déclaré l’un des témoins, Charleston Okelo.

Quelque 500 personnes ont manifesté à Bondo, la ville d’où est originaire le leader de l’opposition, Raila Odinga. Les manifestants s’opposaient à la police, juste devant le poste de police local, quand des coups de feu ont été tirés, selon les témoins.

Les gens ont commencé à courir dans plusieurs directions, y compris à l’intérieur du poste, et c’est alors que les deux manifestants ont été tués.

La situation restait chaotique en milieu d’après-midi, alors que la police tentait de disperser la foule en colère.

« Pourquoi tirent-ils sur des gens qui manifestent pacifiquement? Pourquoi ont-ils provoqué les gens en tirant? Maintenant ils ont tué deux personnes », a déclaré un autre témoin, Wilfred Ojwang.

Le chef de la police locale, John Kiarie, a refusé de commenter l’incident « jusqu’à ce (qu’il ait) reçu un rapport circonstancié sur ce qui s’est réellement passé ».

Ces décès sont les premiers depuis les violences qui avaient marqué les jours suivant les élections générales du 8 août, lesquelles avaient fait au moins 37 morts, dont 35 tués par la police, selon la Commission nationale kényane des droits de l’Homme (KNCHR).

Des centaines de personnes ont manifesté vendredi dans les principales villes du Kenya, malgré l’interdiction du gouvernement, pour faire entendre les revendications de l’opposition en vue de la présidentielle du 26 octobre.

Le climat politique est particulièrement tendu au Kenya depuis la décision, le 1er septembre, de la Cour suprême d’invalider la réélection du sortant Uhuru Kenyatta à la présidentielle du 8 août, face à M. Odinga.

Saisie par l’opposition, la Cour avait mis en avant des irrégularités dans la transmission des résultats pour justifier cette décision, une première en Afrique, qui avait été saluée pour son courage à travers le monde.

M. Odinga a annoncé mardi son retrait de la présidentielle du 26 octobre, arguant que l’IEBC n’avait pas entrepris sa refonte nécessaire pour organiser une élection crédible, dont l’éviction de certains de ses responsables.

Romandie.com avec(©AFP / 13 octobre 2017 15h41)                

Kenya: l’opposition manifeste au lendemain du retrait de Raila Odinga de la présidentielle

octobre 11, 2017

 

Des partisans de l’opposition kényane manifestent le 11 octobre 2017 à Nairobi, au Kenya. © Khalil Senosi/AP/SIPA

Des milliers de partisans de l’opposition manifestaient ce mercredi 11 octobre à Nairobi et dans l’ouest du Kenya. Le pays semble s’enfoncer dans l’instabilité politique au lendemain du retrait du leader politique Raila Odinga de l’élection présidentielle du 26 octobre.

Ce mercredi 11 octobre, dans le centre de la capitale Nairobi, des manifestants de l’opposition kényane commençaient à se rassembler sous le regard de nombreux policiers anti-émeute. À Kisumu et Homa Bay, bastions de l’opposition dans l’ouest du pays, quelques milliers de partisans du leader politique Raila Odinga chantaient « Pas de réformes, pas d’élection », au lendemain de l’annonce surprise de leur champion de se retirer de la course à la présidentielle.

Raila Odinga estime que son retrait implique l’annulation du scrutin du 26 octobre, prévu après l’invalidation en justice de la réélection du président sortant Uhuru Kenyatta le 8 août. Le chef de l’État soutient lui que l’élection doit avoir lieu, avec ou sans son principal rival.

Saisie par l’opposition, la Cour suprême du Kenya a invalidé le 1er septembre la réélection d’Uhuru Kenyatta. Pour justifier sa décision, la plus haute juridiction du pays a évoqué des irrégularités dans la transmission des résultats et accablé la Commission électorale (IEBC) pour sa gestion du scrutin.

Plus d’un mois plus tard, l’opposition a multiplié les ultimatums et le parti au pouvoir a engagé une procédure accélérée pour modifier la loi électorale. Les députés de la majorité présidentielle ont approuvé aujourd’hui ce texte transmis depuis au Sénat, également dominé par le parti Jubilee du président Kenyatta.

Rebondissements électoraux

Raila Odinga avait conditionné sa participation au nouveau scrutin à une réforme en profondeur de l’IEBC, dont l’éviction de plusieurs de ses responsables. Face au refus de l’IEBC, Raila Odinga a préféré jeter l’éponge. Selon lui, « tout indique que l’élection prévue le 26 octobre sera pire que la précédente ».

Son retrait risque surtout d’aggraver la crise politique au Kenya. Au moins 37 personnes ont été tuées dans les violences qui ont suivi les élections générales du 8 août, dont une écrasante majorité dans la répression de manifestations de l’opposition par la police.

« La grande question est de savoir ce qui va se passer ensuite pour le Kenya, estime le quotidien Daily Nation dans un éditorial. Uhuru Kenyatta va-t-il être déclaré président et prêter serment ? Et que cela va-t-il signifier pour sa légitimité étant donné que la Cour suprême a invalidé son élection ? »

Preuve que le Kenya n’en a pas fini avec les rebondissements électoraux, la Haute Cour de Nairobi a jugé ce mercredi que les huit candidats à la présidentielle du mois d’août devaient pouvoir se représenter le 26 octobre.

L’IEBC, qui se basait sur un jugement de la Cour suprême de 2013, avait limité l’élection du 26 octobre à un duel Kenyatta-Odinga. À deux semaines du scrutin, cet affrontement semble cependant de moins en moins probable.

Jeuneafrique.com avec AFP

Kenya: Raila Odinga se retire de la présidentielle

octobre 10, 2017
Raila Odinga, leader de l’opposition kényane. © Sven Torfinn/PANOS-REA

Raila Odinga a annoncé le retrait de sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 26 octobre prochain au Kenya. L’opposant a expliqué avoir pris cette décision « dans l’intérêt des Kényans ».

Raila Odinga a annoncé ce retrait surprise lors d’une conférence de presse ce mardi 10 octobre. « Dans l’intérêt des Kényans, de la région et plus largement du monde, nous estimons que le mieux sera que la National Super Alliance (la Nasa, coalition de l’opposition, ndlr) soit absente de l’élection présidentielle prévue pour le 26 octobre 2017 », a-t-il déclaré.

Le 1er septembre dernier, la Cour suprême kényane avait invalidé les résultats de l’élection présidentielle du 8 août ayant donné Uhuru Kenyatta vainqueur et exigé l’organisation d’un nouveau scrutin. Ces résultats, délivrés par la Commission électorale indépendante (IEBC), donnaient gagnant Uhuru Kenyatta dès le premier tour avec 54,27% des suffrages, contre 44,74% pour Odinga.

Raila Odinga et ses partisans avaient remis en cause ces résultats dès leur proclamation. « Nous sommes arrivés à la conclusion que l’IEBC n’a pas l’intention d’entreprendre les changements au niveau de ses opérations et de son personnel pour garantir que les illégalités et irrégularités qui ont conduit à l’invalidation du scrutin du 8 août ne se reproduisent pas », a-t-il martelé ce mardi en annonçant son retrait.

Jeuneafrique.com avec AFP

Au Kenya, la confusion règne dans l’organisation de la nouvelle présidentielle

septembre 17, 2017

Le candidat Raila Odinga, principal opposant du président sortant Uhuru Kenyatta, le 3 septembre 2017, en campagne à Nairobi. © AFP / Tony Karumba

Le Kenya sera-t-il en mesure d’organiser une nouvelle élection présidentielle dans un mois ? Les experts en doutent, alarmés par les querelles et la confusion qui ralentissent le lancement du nouveau processus électoral.

Le temps presse, les Kényans doivent de nouveau se rendre aux urnes le 17 octobre après que la Cour suprême eut annulé le résultat de la présidentielle du 8 août, mais les principaux acteurs ne parviennent pas à s’accorder sur la manière de procéder.

L’opposition a déjà prévenu qu’elle boycotterait le scrutin d’octobre si ses exigences présentées à la Commission électorale (IEBC) – dont la démission de plusieurs de ses membres – ne sont pas remplies.

« Les défis à relever sont assez extraordinaires », a mis en garde le militant anticorruption John Githongo, qui estime que la nouvelle date « ne semble pas plausible parce que nous demandons à des personnes qui ont déjà effroyablement échoué d’organiser une élection après un court laps de temps ».

Un des points de blocage provient du fait que les explications du jugement de la Cour suprême sont encore attendues. Sans elles, impossible de savoir quelles sont les irrégularités qui ont entaché le scrutin du 8 août, qui avait vu le président sortant Uhuru Kenyatta réélu avec 54%,27 des voix, contre 44,74% à l’opposant Raila Odinga.

Le président de la Cour suprême, David Maraga, s’était contenté d’évoquer des « illégalités et irrégularités », notamment dans la transmission des résultats des bureaux de vote.

La Cour a jusqu’au 22 septembre pour rendre le jugement complet, ce qui laissera peu de temps à l’IEBC pour éventuellement corriger le tir.

« Tout cela est très incertain », a déploré le professeur de politique africaine de l’université de Birmingham (Grande-Bretagne), Nic Cheeseman.

« On ne sait pas si la Cour suprême va dire quelque chose sur la technologie (employée), on ne sait pas si elle va directement pointer du doigt quelqu’un de l’IEBC », a-t-il expliqué. Cette personne « devra-t-elle être remplacée? Si c’est le cas, comment pourront-ils le faire dans les délais? »

En attente de réforme

Malgré l’absence de ce jugement, l’IEBC a avancé dans l’organisation d’une nouvelle élection, refusant de céder aux appels de l’opposition qui exige le départ de ses dirigeants. On s’attendait à ce que l’IEBC s’empresse de faire des réformes de fond. On attend encore », a fustigé samedi un éditorialiste du Daily Nation, mettant en cause une « impasse qui a paralysé (le processus) et créé la confusion dans l’esprit du public ».

Jeudi, la coalition d’opposition Nasa a envoyé une lettre à l’IEBC où elle demande notamment le renvoi de certains responsables, un changement de fournisseur de matériel électoral ainsi que la diffusion en direct des résultats de chaque circonscription. Sans quoi, a-t-elle redit, elle boycottera les élections.

Selon l’opposition, le système de transmission des résultats avait été piraté, et ceux émanant des bureaux de vote avaient été modifiés électroniquement en faveur de M. Kenyatta.

L’entreprise française OT Morpho, qui avait fourni à l’IEBC le système de transmission des résultats, a assuré vendredi qu’un audit du système électronique utilisé pour compter les votes lors du scrutin présidentiel a prouvé qu’aucune donnée n’avait été manipulée ou piratée.

Toutefois, malgré une injonction de la Cour suprême, l’IEBC n’a toujours pas donné l’accès à ses serveurs.

En outre, selon un mémorandum interne où le président de la commission électorale, Wafula Chebukati, demande à son directeur exécutif, Ezra Chiloba, des explications, certaines défaillances dans la conduite de l’élection présidentielle ont été mises au jour.

Pour Nic Cheeseman, l’IEBC ayant perdu sa légitimité, une solution pourrait venir de la négociation entre les camps rivaux afin qu’ils décident comment organiser une nouvelle élection.

Mais les invectives se multiplient entre pouvoir et opposition, ce qui rend cette solution peu plausible.

Le président sortant Kenyatta a pour sa part insisté pour que l’élection ait lieu comme prévu, accusant son rival, Raila Odinga, de vouloir bloquer la situation afin que soit mis en place un gouvernement de coalition.

Aux termes de la Constitution, l’IEBC a jusqu’au 31 octobre pour organiser une nouvelle élection.

Jeuneafrique.com avec AFP

Kenya: Uhuru Kenyatta à l’offensive face à un Parlement déserté par l’opposition

septembre 13, 2017
Uhuru Kenyatta, lors d’un rassemblement électoral à Nairobi le 9 septembre 2017. © Ben Curtis/AP/SIPA

L’opposition kényane a boycotté mardi le discours d’Uhuru Kenyatta devant le Parlement, marquant l’ouverture officielle de la nouvelle législature. Les partisans de Raila Odinga considèrent que le président kényan, dont la victoire à l’issue des élections du 8 août dernier a été invalidée par la Cour suprême, n’avait pas la légitimité pour prononcer ce discours.

C’est devant un Parlement tout entier acquis que Uhuru Kenyatta s’est exprimé, ce mardi 12 septembre. Un discours traditionnel qui marque le début officiel de la nouvelle législature, dont les députés sont issus des élections du 8 août dernier, qui prenait cette fois un relief particulier, tant le contexte de crispation est grand.

La Constitution kényane impose en effet au président nouvellement élu de convoquer le Parlement dans les 30 jours suivant l’élection législative. Sauf que la victoire d’Uhuru Kenyatta – crédité par la Commission électorale (IEBC) de 54,27% des voix, contre 44,74% à l’opposant Raila Odinga – a été invalidée par la Cour suprême le 1er septembre. De nouvelles élections sont programmées pour le 17 octobre prochain dans le pays, où la campagne électorale bat à nouveau son plein.

L’opposition et les juges absents

Les députés de la Nasa, la coalition de partis d’opposition rangés derrière la candidature de Raila Odinga, récusant la légitimité d’Uhuru Kenyatta, ont donc boycotté le discours. Les sept juges de la Cour suprême, qui sont habituellement présents à ce discours d’ouverture, étaient eux aussi absents.


Lire aussi >>> Raila Odinga : « La communauté internationale doit s’impliquer, sinon le Kenya va glisser vers une grave crise »


« Peu importe que le bruit politique soit plus fort pendant les élections, je veux assurer chaque Kényan, et le monde, que chaque branche de ce gouvernement est en place et opérationnelle. Il n’y a pas de vide, pas de lacune », a lancé Uhuru Kenyatta devant les députés.

Même si je suis en désaccord profond avec cette décision, je l’ai acceptée

Mais là où, traditionnellement, le président élu livre un véritable discours de politique générale, Uhuru Kenyatta s’est contenté de considérations générales et de commentaires sur la situation inédite dans laquelle se trouve le pays. « Même si je suis en désaccord profond avec cette décision [de la Cour suprême], je l’ai acceptée », a-t-il assuré.

Des propos en contradiction avec ceux qu’il avait tenu au lendemain de la décision de la plus haute juridiction kényane, considérant alors que les juges avaient « décidé qu’ils avaient plus de pouvoirs que plus de 15 millions de Kényans qui ont fait la queue pour voter » et qu’il faudrait « régler le problème » une fois les nouvelles élections terminées.

Bras de fer Kenyatta-Odinga

Uhuru Kenyatta s’en est également pris directement à l’opposition, notamment concernant les accusations de la Nasa sur un piratage informatique des serveurs lors du décompte des voix. « Une marque sur un bulletin vaut plus que la technologie, plus qu’un système informatique », a-t-il lancé. « Cette marque est le choix du peuple souverain. Son choix est sacré et ne doit plus jamais être ignoré. »

Au même moment, l’opposition tenait un nouveau grand meeting dans son bastion de Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi. Raila Odinga a raillé la cérémonie au Parlement, la qualifiant de « réunion électorale de Jubilee », le parti d’Uhuru Kenyatta. « Le Parlement ne peut être ouvert que par un président validement élu. Ce qu’il n’est pas », a martelé l’opposant.

Dans une interview accordée à Jeune Afrique, Raila Odinga a réitéré ses critiques à l’encontre de l’IEBC, dont il demande une refonte totale avant le scrutin du 17 octobre sous peine de boycotter le scrutin. « La communauté internationale doit s’impliquer, sinon le pays va glisser vers une grave crise », a-t-il également plaidé, pointant par ailleurs la responsabilité présumée de l’entreprise française OT-Morpho dans les dysfonctionnements du processus électoral. « Nous désapprouvons l’attitude de OT-Morpho au cours du processus électoral. Selon nos informations, il y a eu des collusions entre cette entreprise et le gouvernement kényan pour faciliter la fraude », a-t-il accusé.

Jeuneafrique.com avec AFP

Kenya: Odinga pose ses conditions pour participer à la présidentielle

septembre 5, 2017

Le leader de l’opposition au Kenya Raila Odinga lors d’un meeting à Nairobi, le 3 septembre 2017 / © AFP/Archives / TONY KARUMBA

Le leader de l’opposition kényane Raila Odinga a engagé mardi les hostilités autour de la date de la nouvelle élection présidentielle, fixée au 17 octobre, après l’invalidation du scrutin d’août, en posant certaines conditions à sa participation.

La Commission électorale (IEBC) a décidé lundi que le nouveau scrutin présidentiel aurait lieu le 17 octobre, soit dans la limite des deux mois imposée par la Constitution, en raison de l’invalidation par la Cour suprême pour irrégularités de la réélection le 8 août du sortant Uhuru Kenyatta.

Mais M. Odinga, en position de force après avoir gagné son recours en justice, a jeté une ombre sur cette date. « Il n’y aura pas d’élection le 17 octobre, sauf à ce que les termes et conditions que nous avons énumérés dans ce communiqué soient remplis par l’IEBC », a-t-il prévenu.

Le vétéran de l’opposition, 72 ans, qui depuis l’annulation vendredi du premier scrutin ne cesse de s’en prendre à la Commission électorale, a d’abord reproché à celle-ci d’avoir choisi cette date unilatéralement.

Il a ensuite listé ses desiderata, parmi lesquels un audit du système électronique de l’IEBC, la démission de plusieurs de ses membres et la possibilité pour toute personne éligible de se présenter à la nouvelle élection.

La Commission avait décidé lundi que seuls MM. Kenyatta et Odinga figureraient cette fois-ci sur les bulletins de vote et que les six autres candidats, qui avaient réuni moins de 1% des voix lors de la première élection, ne pourraient pas se représenter.

L’un d’eux, Ekuru Aukot, a immédiatement contesté cette décision et devait présenter mardi devant la Cour suprême une motion lui demandant de clarifier qui serait autorisé à concourir ou non le 17 octobre.

– Aucune confiance dans l’IEBC –

Saisie par l’opposition, la Cour suprême avait annulé contre toute attente le résultat du scrutin du 8 août, à l’issue duquel M. Kenyatta avait été proclamé vainqueur avec 54,27% des voix, contre 44,74% à M. Odinga.

La Cour avait justifié cette décision, inédite sur le continent africain, en estimant que l’élection n’avait « pas été conduite en accord avec la Constitution », et que des « illégalités et irrégularités (en avaient) affecté l’intégrité ».

La Commission électorale a été très critiquée pour les irrégularités commises dans la transmission des résultats. La Cour suprême a ainsi observé qu’elle avait « échoué, négligé ou refusé » de conduire les élections conformément à la loi.

Candidat malheureux en 1997, 2007 et 2013, M. Odinga ne lui accorde aucune confiance. « La Commission, telle qu’elle est constituée en l’état, ne devrait pas conduire cette élection », a-t-il répété mardi, accompagné des principaux leaders de sa coalition d’opposition Nasa.

« Nous disons qu’il y a un certain nombre de responsables électoraux qui devraient être renvoyés chez eux et que d’autres devraient faire l’objet d’une enquête et être inculpés pour les crimes odieux qu’ils ont commis lors des dernières élections », a-t-il poursuivi.

Le président Kenyatta a pour sa part exclu que l’IEBC soit remaniée en profondeur.

– Audit du système électronique –

M. Odinga a également réclamé mardi un audit approfondi du système électronique de la Commission, qui selon lui, « ne nous a pas donné accès à ses serveurs », malgré une injonction en ce sens de la Cour suprême.

L’opposition affirme que le système de transmission des résultats a été piraté, et que ceux émanant des bureaux de vote ont été modifiés électroniquement en faveur de M. Kenyatta.

M. Odinga a notamment mis en cause l’entreprise française Safran, dont l’ex-filiale Morpho avait fourni les kits de reconnaissance biométrique des électeurs. Morpho est depuis devenue OT Morpho, après avoir été rachetée en mai par le groupe Oberthur Technologies.

« La compagnie française Safran devrait expliquer ce qui s’est exactement produit. Le gouvernement français devrait mener une enquête sur cette compagnie », a plaidé l’opposant.

Sollicitée par l’AFP, OT Morpho a défendu la fiabilité de son système « qui fait appel à des technologies éprouvées », « n’a pas été piraté » et « n’a pas fait l’objet de tentative d’intrusion ».

La Cour suprême doit publier d’ici au 22 septembre les motivations de son jugement. L’IEBC a dit attendre cette date pour savoir ce qui lui est exactement reproché et quelles améliorations elle doit apporter pour la prochaine élection.

Les menaces de l’opposition de ne pas prendre part au scrutin du 17 octobre, si elle n’obtient pas gain de cause pour ses revendications, risquent de raviver les tensions.

La proclamation de la victoire de M. Kenyatta le 11 août avait été suivie de violences qui avaient fait au moins 21 victimes, pour la plupart tuées par la police, dans plusieurs bastions de l’opposition dans l’Ouest et à Nairobi.

Romandie.com avec(©AFP / 05 septembre 2017 17h45)                

Kenya: l’opposition maintient la pression sur les « hyènes » de la Commission électorale

septembre 3, 2017

Nairobi – Le leader de l’opposition kényane, Raila Odinga, a réclamé une nouvelle fois dimanche le départ des dirigeants de la controversée Commission électorale (IEBC), qu’il a qualifiés de « hyènes », après l’annulation historique par la Cour suprême de la réélection du président Uhuru Kenyatta.

« Ces voleurs de l’IEBC doivent s’en aller, nous ne leur permettrons pas de conduire les nouvelles élections », qui doivent être organisées avant le 31 octobre, a déclaré M. Odinga à des partisans après avoir assisté à une messe à Nairobi.

« Ceux qui ont planifié le vol de notre victoire doivent s’en aller », a ajouté M. Odinga, qui avait saisi la Cour suprême après la proclamation de la victoire de M. Kenyatta par l’IEBC avec 54,27% des voix. Le vote des partisans de l’opposition ne peut être « protégé par des hyènes ».

Vendredi, la Cour suprême a relevé des irrégularités dans la transmission des résultats de la présidentielle du 8 août, sans pour autant détailler comment ceux-ci avaient été affectés, et ordonné la tenue d’un nouveau scrutin présidentiel. Le jugement complet de la Cour doit être publié d’ici au 22 septembre.

Epinglée par les juges, l’IEBC a été attaquée par l’opposition, qui a réclamé dès vendredi le départ de ses dirigeants, alors que le président Kenyatta a exclu tout remaniement en profondeur. Des prises de position qui donnent le ton d’une campagne qui s’annonce de nouveau acrimonieuse et d’une bataille féroce autour de l’IEBC.

Le président de l’IEBC, Wafula Chebukati, s’était défendu vendredi d’avoir commis la moindre faute, mais il n’était pas parvenu à apaiser les nombreuses critiques à son encontre.

M. Odinga a par ailleurs démenti dimanche chercher à éviter une élection et forcer un accord de partage du pouvoir, une des accusations formulées depuis des mois par le camp Kenyatta. « Après les élections, nous aurons toutes les parts du gâteau », a-t-il dit.

Dimanche après-midi, M. Odinga s’est rendu dans le bidonville de Mathare, à Nairobi, un des bastions de l’opposition, et un des foyers des manifestations et émeutes violemment réprimées (au moins 21 morts) qui avaient suivi l’annonce de la victoire de M. Kenyatta, le 11 août.

« Tout a été révélé maintenant », a-t-il lancé, debout sur un podium, à des milliers de partisans. « Ce n’était pas une élection ».

M. Kenyatta avait dans un premier temps adopté un ton conciliant face au verdict de la Cour suprême, assurant l’accepter malgré son désaccord. Mais il a rapidement durci le ton, qualifiant d' »escrocs » des juges qui ont selon lui « décidé qu’ils avaient plus de pouvoirs » que les plus de 15 millions de Kényans ayant voté.

« Cela ne peut pas durer, et nous nous pencherons sur ce problème, après les élections. Il y a un problème et nous devons le régler », a-t-il mis en garde, des remarques dénoncées comme « menaces voilées » par l’Association des juges et magistrats du Kenya.

Le Kenya a une longue histoire d’élections contestées. En 2007-2008, M. Odinga avait rejeté la victoire de Mwai Kibaki et le pays avait plongé dans les pires violences politico-ethniques depuis son indépendance en 1963 (plus de 1.100 morts et 600.000 déplacés).

A l’issue de la présidentielle 2013, la Cour suprême avait débouté M. Odinga.

Romandie.com avec(©AFP / 03 septembre 2017 16h25)                   

Kenya: une foule d’opposants en liesse célèbre « le visage de la justice »

septembre 1, 2017

Des sympathisants de Raila Odinga célèbrent la décision de la Cour Suprême d’annuler l’élection du 8 août à Nairobi au Kenya , le 1er septembre 2017 / © AFP / YASUYOSHI CHIBA

« Baba! Baba!: des Kényans scandent le surnom du chef de l’opposition kényane Raila Odinga, tout en dansant et brandissant des affiches électorales avec l’une des photos de leur candidat, quelques moments après la décision de la Cour Suprême d’annuler la présidentielle du 8 août.

Debout à l’arrière d’une moto, un homme portant un costume de gorille, mobilise la foule en klaxonnant dans le bidonville de Kibera à Nairobi, l’un des bastions de l’opposition acquise à Odinga.

Dansant et chantant, une nuée de sympathisants d’Odinga converge vers ce centre névralgique de l’opposition, où des violences meurtrières avaient éclaté après l’annonce de la victoire du président sortant Uhuru Kenyatta à l’élection du 8 août, que l’opposition estimait entachée de multiples irrégularités.

Vendredi, dans ce même bidonville de misère criante, des sympathisants d’Odinga brandissent des branches d’arbres et célèbrent la décision de la Cour Suprême, saisie par Odinga, et qui a ordonné en raisons d’irrégularités une nouvelle élection présidentielle dans un délai de 60 jours.

Mais dans ce paysage de pauvreté, l’homme du moment n’est pas tant Odinga que David Maraga, un homme qui affiche souvent une expression amusée, et qui est le juge président de la Cour Suprême kényane.

– ‘Le visage de la justice

« C’est un héros africain »!, lance Joseph Omullo, un jeune diplômé de 25 ans au chômage, écrasé par la foule et qui hurle pour se faire entendre. « Le chef de la justice est exemplaire! Tous ce que nous voulons c’est que le justice soit rendue ».

A proximité, une femme âgée esquisse des mouvements de danse, tout en tenant sur sa tête un journal vieux de cinq jours, avec une photo de Maraga en Une. « C’est la première fois que nous voyons le visage de la justice au Kenya » », crie un Kényan.

Esther Osimbo, âgée de 33 ans, mariée à un pêcheur, se fraye un chemin tant bien que mal vers le coeur de la foule : « C’est historique. Maraga est un grand, grand homme », dit-elle, notant avec une pointe de regret qu’il soit déjà marié.

C’est la première fois en Afrique que la Cour Suprême annule le résultat d’une élection présidentielle, selon l’opposition kényane. La décision, aussi dramatique qu’inattendue, a été rendue à la majorité, deux juges sur un total de sept – dont un absent pour cause de maladie – ayant exprimé des opinions différentes.

Au Kenya, cette décision a surpris de nombreuses personnes estimant que la justice est inféodée à la présidence.

« Dans le monde entier, tous les yeux étaient tournés vers cette Cour Suprême et le juge a pris la bonne décision », déclare Frederick Oyieng, un gardien de nuit âgé de 36 ans.

« C’était une surprise (…) il était temps que la justice soit rendue », lance Donna Abongo, âgée de 39 ans. « Félicitations aux juges! ».

Des scènes semblables étaient visibles dans d’autres quartiers à Nairobi tout comme à Kisumu, l’autre grand bastion de l’opposition dans l’ouest du pays, au bord du lac Victorioa, où des Kényans arpentaient les rues en brandissant des branches et en criant « Uhuru doit partir ».

« Ils ont volé les élections depuis si longtemps », déclare Lynette Akello, une vendeuse de poissons faisant allusion au fait qu’Odinga se soit déclaré convaincu que la victoire à la présidentielle lui a été volée par trois fois. « C’est la justice pour Baba! ».

Romandie.com avec(©AFP / 01 septembre 2017 16h41)