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Canada/Ralentissement à Immigration Québec : de nouveaux arrivants s’inquiètent

mai 24, 2020
Rémy et Christelle craignent de devoir retourner en France en l'absence d'un traitement rapide de leur dossier d'immigration.
© /Radio-Canada Rémy et Christelle craignent de devoir retourner en France en l’absence d’un traitement rapide de leur dossier d’immigration.
Plusieurs familles immigrantes du Québec se demandent si elles devront quitter le pays en raison d’un ralentissement des opérations au ministère de l’Immigration. Les retards causés par la pandémie s’accumulent pour obtenir l’autorisation de travailler dans la province.

Pour Rémy Masdéu et sa conjointe Christelle Carulla, c’est tous leurs plans d’avenir qui sont désormais remis en question. Établi à Sherbrooke il y a un an, le couple originaire de la France a rapidement intégré le marché du travail.

Rémy qui est pilote de drone était la perle rare pour son employeur, Pixel Nord, qui l’a aidé à s’installer dans la région.

Le caméraman et pilote de drone Rémy Masdéu pourrait être forcé de retourner en France en raison du ralentissement à Immigration Québec.

© Pixel Nord Le caméraman et pilote de drone Rémy Masdéu pourrait être forcé de retourner en France en raison du ralentissement à Immigration Québec.
«Il peut un jour être caméraman, un autre jour, il peut être réalisateur, il peut piloter le drone donc cette polyvalence-là pour nous ça vaut de l’or», souligne Willam Levasseur, le copropriétaire de Pixel Nord.

50 jours sans nouvelles

Comme tous leurs projets s’enchaînaient avec facilité, l’obtention d’un certificat de sélection du Québec leur semblait être une simple formalité. En mars dernier, ils en font la demande du CSQ, un document qui leur permet de continuer à travailler jusqu’à l’obtention de leur résidence permanente.

La consultante indépendante en immigration canadienne, Caroline Morin, confirme que ce genre de démarche prend en moyenne 20 jours ouvrables pour être complétée.

Toutefois, 50 jours plus tard, le couple n’a toujours aucune nouvelle de leurs démarches. Travailler leur est maintenant interdit. Par courriel, le ministère de l’Immigration indique que les délais de traitement ont augmenté avec la pandémie.

Avec la crise sanitaire actuelle et les contraintes qu’elle exerce (télétravail, nombre limité de personnel sur le plancher, etc.) nos délais d’ouverture de dossiers ont augmenté de plusieurs semaines, indique le ministère par écrit.

Avec ces délais, le rêve de Rémy et Christelle s’effondre. Le couple a maintenant deux choix :  Repartir en France ou rester au Québec en tant que visiteur. Mais s’ils restent, ils renoncent à leurs avantages sociaux.

Une décision déchirante, puisque Christelle a récemment reçu un diagnostic de sclérose en plaques. «C’est quelque chose qu’on voulait traiter assez rapidement. Et là tout s’arrête parce qu’on n’a plus de couverture sociale», se désole Rémy.

L’attente est intenable et le couple est inquiet. «Je suis dans l’attente depuis maintenant le mois de mars de pouvoir recevoir un traitement et là ça va être très très compliqué par rapport aux délais», souligne Christelle.

Des dizaines de cas semblables au Québec

Rémy et Christelle sont loin d’être les seuls dans cette situation au Québec. Selon Andrès Fontecilla, le porte-parole en matière d’immigration de Québec Solidaire, des dizaines de personnes vivent un tel dilemme. «On a des gens qui attendent depuis trois mois, six mois, même avant la pandémie et ces gens-là ne reçoivent aucune réponse», dénonce-t-il.

Leur dernier espoir de ces demandeurs serait de tomber dans les bonnes grâces du ministère de l’Immigration. La consultante indépendante Caroline Morin souligne qu’elle tentera de plaider la cause de Rémy et Christelle auprès de Québec. «On va leur expliquer qu’à cause des délais de la COVID on n’a pas reçu le CSQ, mais on vous demande s’il vous plait de considérer la demande étant donné des circonstances», illustre Caroline Morin.

Rémy espère que cette stratégie portera ses fruits afin de poursuivre son rêve au Québec. «On espère qu’il y a des gens humains derrière l’immigration qui vont entendre notre histoire», dit-il.

Le ministère de l’Immigration demande au couple d’être patient. Dans leur cas, la patience a toutefois ses limites, surtout quand la santé et leurs économies sont en jeu.D’après le reportage de Marion Bérubé

Avec CBC/Radio-Canada

Le ralentissement économique se confirme dans la zone euro

octobre 31, 2019

 

La croissance de la zone euro stagne mais reste faible avec une augmentation de 0,2% au troisième trimestre annoncée ce jeudi.

Le ralentissement économique mondial se ressent de plus en plus à travers le continent européen. Au lendemain de la publication des chiffres de la croissance du troisième trimestre, en France, Eurostat vient de dévoiler trois séries d’indicateurs : le taux d’inflation, le taux de chômage et l’évolution du PIB dans la zone euro. La croissance dans la zone euro atteint 0,2%, et 0,3% dans l’Union européenne, selon une première estimation d’Eurostat ce jeudi, signe d’une stagnation de l’activité en Europe.

Ces derniers trimestres, la croissance a fléchi, passant de 0,4 point au début de l’année à 0,2 point sur les deux dernières périodes. Dans l’Union, le ralentissement est encore plus sensible : le PIB a augmenté de son côté de 0,4% et 0,5% fin 2018 et début 2019, puis 0,2% et 0,3% sur les deuxième et troisième trimestre de cette année. L’estimation de la croissance au troisième trimestre reste toutefois supérieure au consensus de Factset, qui anticipait une hausse de 0,1% pour la zone euro.

L’inflation et le chômage en baisse

Autre motif d’inquiétude, le taux d’inflation, également annoncé jeudi par Eurostat, a ralenti en octobre à 0,7%, bien en deçà de l’objectif de la Banque centrale européenne (BCE), qui vise un niveau légèrement inférieur à 2%. En septembre, le taux annuel était estimé à 0,8%. Ce chiffre est conforme aux attentes des analystes interrogés par le fournisseur de services financiers Factset, mais il s’agit cependant du taux d’inflation le plus bas depuis novembre 2016 (0,6%).

Plus positif, le taux de chômage de la zone euro a poursuivi sa décrue, atteignant 7,5% en septembre, stable par rapport à août, mais en baisse par rapport aux 8% de septembre 2018. Dans l’ensemble des pays membres de l’Union, il s’est fixé à 6,3% à la même date, contre 6,7% un an plus tôt. Ces taux de chômage sont les plus bas depuis respectivement juillet 2008 et janvier 2000. Au total, 15,63 millions de personnes étaient au chômage dans l’Union, estiment les statisticiens.

Dans le détail, les taux les plus faibles sont enregistrés en République tchèque (2,1%), en Allemagne (3,1%) et en Pologne (3,3%), bien en deçà des chiffres français (8,4%), italien (9,9%), espagnol (14,2%) et grec (16,9%). Sur un an, le chômage a baissé dans 22 États sur 28 : la Belgique, le Portugal et la Roumanie ont connu une stagnation, quand la Lituanie, la Suède et le Danemark l’ont vu augmenter.

Les conflits commerciaux, ainsi que l’incertitude liée au Brexit, se répercutent depuis plusieurs mois sur l’activité, en particulier chez les puissances exportatrices comme l’Allemagne, dont l’industrie manufacturière entre dans une phase de récession. La France est moins frappée par ce ralentissement, son activité étant encore soutenue par une consommation accrue des ménages grâce aux gains de pouvoir d’achat décidés fin 2018 par l’exécutif.

Mercredi, la future patronne de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, s’est prononcée en faveur d’investissements renforcés de la part des pays disposant d’un excédent budgétaire, afin de relancer la croissance. Les politiques de relance étaient «bien coordonnées dans l’immédiate après-crise» mais «depuis, les pays et en particulier ceux qui ont de l’espace budgétaire n’ont pas vraiment fait les efforts nécessaires, on pense évidemment à des pays qui sont de manière chronique en excédent budgétaire comme les Pays-Bas, l’Allemagne, un certain nombre d’autres dans le monde», a notamment déclaré la nouvelle patronne de la BCE.

Le Figaro.fr par Vladimir Garin-Berson