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Irak: pourquoi Ramadi est tombée aux mains du groupe Etat islamique

mai 18, 2015
Des milliers d'habitants de Ramadi ont fui la ville pour se réfugier dans la banlieue de Bagdad, dimanche 17 mai, après l'arrivée des combattants du groupe Etat islamique.REUTERS/Stringer

Des milliers d’habitants de Ramadi ont fui la ville pour se réfugier dans la banlieue de Bagdad, dimanche 17 mai, après l’arrivée des combattants du groupe Etat islamique.REUTERS/Stringer

L’organisation Etat islamique a pris le contrôle de la ville de Ramadi, en Irak, ce dimanche 17 mai. Il s’agit de la capitale de la plus grande région du pays, al-Anbar, dans l’Ouest, une zone qui échappe en grande partie au contrôle de l’Etat irakien depuis 18 mois, avant même d’ailleurs l’apparition de l’EI. Pour la reconquérir, une campagne de libération a été lancée par le Premier ministre irakien, mais la prise de Ramadi est un sérieux revers.

Ce sont les mêmes images qu’il y a un an, lors de la chute de Mossoul : des soldats irakiens partent à pied ou dans des véhicules légers, fuyant la ville de Ramadi. L’armée irakienne a ainsi abandonné une base militaire et quitté la ville. L’organisation Etat islamique, de son côté, avait promis de laisser la vie sauve à ceux qui partiraient.

Les jihadistes sont entrés dans Ramadi depuis plus d’un mois et la débâcle de l’armée irakienne a commencé vendredi 15 mai, lorsque les combattants insurgés ont pris le contrôle du quartier du gouvernement régional au cœur de la cité. Désorganisée, mal équipée et démotivée, l’armée irakienne subit de lourdes pertes humaines depuis le début de la campagne pour reprendre al-Anbar.

Les raisons de la débâcle

  • Al-Anbar est le cœur de la rébellion sunnite depuis 2003. Le gouvernement irakien ne contrôle pas vraiment cette région et à l’ouest de l’Irak, ce sont les tribus qui font la loi.
  • Les tribus d’al-Anbar qui veulent combattre le groupe EI ne sont toujours pas équipées ou le sont mal.
  • Les milices chiites, mobilisation populaire forte de 80 000 hommes, ne sont pas présentes à al-Anbar. En effet, les élus sunnites des zones contrôlées par le groupe Etat islamique ne veulent pas de ces milices dans leurs régions, arguant qu’elles sont contrôlées par Téhéran.

Le fond du problème irakien est donc cette forte division entre les communautés chiites et sunnites. Mais la chute de Ramadi a apparemment changé la donne. Des milices chiites se dirigeraient vers al-Anbar pour soutenir l’armée irakienne ce lundi.

Rfi.fr par Angélique Férat, correspondante en Jordanie

Assaut des forces irakiennes contre l’université de Ramadi, prise par des jihadistes

juin 7, 2014

Ramadi (Irak) – Les forces de sécurité irakiennes ont lancé samedi un assaut contre l’université de Ramadi, capturée dans la matinée par des jihadistes qui ont pris en otages des étudiants et des membres du personnel, a constaté un correspondant de l’AFP.

Ce sont les forces spéciales qui mènent cette attaque, et de violents coups de feu étaient entendus, a-t-il ajouté.

Des combattants de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), un groupe jihadiste ultra-radical, se sont emparés de l’université de Ramadi, à 100 km à l’ouest de Bagdad, après avoir tué les gardes et fait sauter un pont menant à l’établissement, selon la police.

Une étudiante se trouvant à l’intérieur du bâtiment a expliqué à l’AFP par téléphone qu’elle avait été regroupée avec les autres femmes, puis que le chef des insurgés était venu leur parler. Nous allons vous donner une leçon que vous n’oublierez jamais, a-t-il lancé.

Les forces de sécurité encerclent le bâtiment, selon un journaliste de l’AFP. Environ 1.000 étudiants sont parvenus à s’enfuir avant l’assaut, et d’autres ensuite.

Les violences dans la province d’Al-Anbar ont débuté fin décembre quand les forces de sécurité ont démantelé un camp de protestation anti-gouvernemental près de Ramadi.

Peu après, des insurgés, dont des membres de l’EIIL, et des tribus hostiles au gouvernement ont pris le contrôle de quartiers de Ramadi et de la totalité de Fallouja, situées respectivement à 100 et 60 km de Bagdad, un développement inédit depuis l’insurrection ayant suivi l’invasion américaine de 2003.

Depuis, l’armée a repris la majorité de Ramadi, mais l’assaut contre l’université souligne l’impuissance des autorités à rétablir totalement leur contrôle sur la ville.

La démonstration de force samedi des jihadistes intervient au lendemain de violents combats entre insurgés et forces de sécurité dans la province de Ninive, qui ont fait 36 morts, et deux jours après un assaut mené par des insurgés contre Samarra, où ils se sont emparés de quelques quartiers avant que l’armée ne reprenne la ville.

L’insécurité est l’un des problèmes majeurs de l’Irak, où les violences tuent chaque jour en moyenne plus de 25 habitants.

Au total, plus de 4.300 personnes sont mortes dans des attaques depuis le début de l’année, dont plus de 900 durant le seul mois de mai.

Les autorités imputent cette escalade à des facteurs extérieurs, au premier rang desquels la guerre en Syrie voisine. Mais diplomates et experts affirment que les violences sont surtout alimentées par la colère de la minorité sunnite, qui s’estime marginalisée et maltraitée par les autorités.

Romandie.com avec(©AFP / 07 juin 2014 12h49)