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Génocide des Tutsi : un rapport rwandais met en cause François Mitterrand

avril 19, 2021
Le président du Rwanda Juvenal Habyarimana reçu au Palais de l’Elysée par le président Francois Mitterrand, le 17 juillet 1992 à Paris.

Le rapport rwandais sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi, en 1994, a été remis officiellement au gouvernement ce 19 avril. Réalisé par un cabinet d’avocats américain, il documente l’implication française tout en s’efforçant de ne pas jeter de l’huile sur le feu, dans un contexte d’apaisement entre les deux pays.

Ceux qui s’attendaient à un tir de mortier lourd en seront pour leurs frais. Rendu public ce lundi 19 avril, le rapport d’enquête sur le rôle de la France au « pays des mille collines » durant la période 1990-1994 – avant et pendant le génocide contre les Tutsi – s’abstient de toute conclusion tapageuse susceptible de raviver les plaies, anciennes, autour d’un contentieux tragique qui aura dissuadé tout rapprochement diplomatique durable entre Kigali et Paris durant un quart de siècle.

En guise de slogan, nulle phrase-choc mais ce constat laconique, digne de l’understatement dont les Rwandais sont coutumiers : « La France a rendu possible un génocide prévisible. » Un verdict cryptique où les mots-clés tant attendus – « responsabilités », « complicité » françaises… – sont délibérément absents. « Nous n’abordons pas la question de la complicité, que d’ailleurs nous ne comprenons pas vraiment. Nous nous sommes surtout focalisés sur les faits », résume un officiel rwandais, sans plus d’explication.

Offense diplomatique

L’eau de la Kagera a coulé sous les ponts depuis la publication, en août 2008, du rapport de la Commission Mucyo, dont l’intitulé, à lui seul, sonnait comme une offense diplomatique faite à la France : « Commission nationale indépendante chargée de rassembler les éléments de preuve montrant l’implication de l’État français dans la préparation et l’exécution du génocide perpétré au Rwanda en 1994 ».

Outre des conclusions au vitriol, associant directement les autorités françaises de l’époque à la préparation puis à la mise en œuvre du génocide, cette commission de sept membres, présidée par feu Jean de Dieu Mucyo, ancien procureur général et ancien ministre de la Justice, avait en outre dressé une liste de treize personnalités politiques et de vingt militaires français dont l’implication personnelle était soulignée, ouvrant la voie à de possibles poursuites judiciaires. En France, cette première tentative rwandaise d’écrire l’histoire d’une aventure néo-coloniale sujette à controverse depuis tant d’années avait provoqué un tollé parmi les principaux protagonistes impliqués dans le dossier.

« Ce nouveau rapport constitue un acte d’accusation historique mais pas judiciaire. Il ne dédouane personne mais ne reprend pas la logique accusatoire du rapport Mucyo », résume aujourd’hui une source à la présidence rwandaise, indiquant à mots couverts que Kigali a eu le souci, dans un contexte d’apaisement diplomatique qui fait suite à l’élection d’Emmanuel Macron, en 2017, de ne pas jeter inconsidérément de l’huile sur le feu. Un parti pris qui se reflète dans la neutralité du titre du rapport : « Un génocide prévisible. Le rôle de l’État français en lien avec le génocide contre les Tutsi au Rwanda ».

DEPUIS TROP LONGTEMPS, L’ÉTAT FRANÇAIS SE DÉTOURNE DE LA VÉRITÉ

Autre innovation, et non des moindres : confier cette longue investigation (qui a débuté au début de 2017) au cabinet d’avocats américain Levy, Firestone & Muse, basé à Washington, DC. Un choix qui peut sembler paradoxal dès lors qu’une mise en cause devant la justice des protagonistes français impliqués dans ce dossier n’était pas l’objectif recherché par le gouvernement rwandais.

À Kigali, on rappelle que ce cabinet a une longue expérience en matière d’enquêtes complexes impliquant des États. Bob Muse a notamment été chargé de l’enquête du Sénat américain sur les responsabilités relatives à la gestion de l’ouragan Katrina, en 2005. Parmi les diverses références alignées sur le site du cabinet, d’autres dossiers sensibles sont mentionnés, en particulier dans le cadre d’investigations conduites par le Congrès des États-Unis : le Watergate ; l’opération Fast & Furious (des exportations d’armes illégales vers le Mexique pour lutter contre les cartels de la drogue) ; l’affaire Iran-Contra ; le « Bloody Sunday », en Irlande du Nord…

Des millions de pages

« Cette enquête a sollicité des centaines de témoins et de dépositaires de documents sur trois continents, elle a donné lieu à des entretiens avec 250 témoins en anglais, en français et en kinyarwanda, à la collecte et à l’analyse de millions de pages de documents, transcriptions et articles de journaux de l’époque, principalement dans ces trois langues », écrivent les rapporteurs. Parmi les témoins entendus « off-the-record » figurent d’ailleurs une poignée de militaires français en désaccord avec la ligne officielle alors défendue par Paris. Et le président Paul Kagame a lui-même été interviewé par les enquêteurs du cabinet d’avocats américain.

En revanche, en dépit du réchauffement diplomatique intervenu depuis plus de trois ans, les enquêteurs ont trouvé porte close à Paris. « L’État français, bien qu’ayant connaissance de cette enquête, n’a pas coopéré. (…) L’État rwandais lui a transmis plusieurs demandes de documents établissant les faits. L’État français a accusé réception de ces demandes les 29 décembre 2019, 10 juillet 2020 et 27 janvier 2021 mais n’y a pas donné suite », peut-on lire dans le rapport.

Responsabilités politiques

À l’arrivée, ce pavé de 580 pages offre un complément utile à celui rendu public le 26 mars par la commission d’historiens présidée, en France, par Vincent Duclert (qui en totalisait près de 1 000). « Même s’il n’y a eu aucune coordination entre les deux commissions, le contenu de leurs rapports respectifs va globalement dans le même sens », résume une source à la présidence rwandaise.

Une appréciation qui est toutefois partiellement contredite dans la préface du rapport livré à Kigali : « La conclusion de la commission Duclert laisse entendre que l’État français était « aveugle » face au génocide à venir. Ce n’est pas le cas. (…] L’État français n’était ni aveugle ni inconscient au sujet de ce génocide prévisible. »

UNE OPÉRATION MILITAIRE SECRÈTE AVAIT ÉTÉ LOGÉE DANS L’OPÉRATION TURQUOISE

Revendiquant leur volonté de se focaliser sur les responsabilités politiques de Paris, avant comme après le génocide, les autorités rwandaises assument n’avoir pas cherché à documenter de manière pointilleuse certains épisodes, pourtant hautement sensibles, comme l’opération Turquoise (juin-août 1994), abusivement présentée comme humanitaire mais qui a servi par ricochet à différer la défaite du camp génocidaire tout en lui offrant un corridor sécurisé pour fuir impunément vers l’ex-Zaïre. Un choix qui sera certainement considéré comme discutable par les observateurs critiques du rôle de la France, d’autant que la même source précise aussitôt que « Turquoise n’était pas monolithique : une opération militaire secrète avait été logée dans cette opération présentée comme humanitaire ».

Des miliciens hutus et des militaires français de l’opération Turquoise à Gisenyi, au Rwanda, le 27 juin 1994.

En revanche, le rapport rwandais innove en repoussant la limite de son enquête bien au-delà de la fin du génocide, en juillet 1994. « Au cours des années qui ont suivi, de nombreuses actions ont été conduites par Paris pour tenter de saboter de manière occulte l’action du nouveau régime rwandais, résume notre source à la présidence. Ces tentatives de dissimulation ont notamment impliqué les présidents Jacques Chirac et François Hollande. »

L’engagement néocolonial de Mitterrand

Mais en toute logique, c’est leur prédécesseur, François Mitterrand, qui est désigné comme le principal inspirateur de la politique anachronique et mortifère conduite au Rwanda entre 1990 et 1994 : « L’arrogance de l’engagement néocolonial du président Mitterrand au Rwanda s’est exprimée dans le fait de promouvoir les intérêts géopolitiques de l’État français en se moquant des conséquences que cela pouvait avoir pour les Tutsi au Rwanda. »

« Pour la politique française au Rwanda, le nœud du problème n’était pas le génocide qui se profilait mais plutôt le fait d’empêcher le FPR [Front patriotique rwandais] d’établir ce que le président Mitterrand a appelé, en juin 1994, un « Tutsiland » », ajoutent les avocats américains.

Normalisation

Les 18 et 19 mai, Paul Kagame est attendu à Paris où il doit participer successivement au sommet sur le financement des économies d’Afrique subsaharienne et à une rencontre portant sur le Soudan. De son côté, Emmanuel Macron devrait effectuer en mai une visite officielle à Kigali dont les dates ne sont toujours pas arrêtées officiellement.

L’occasion, pour les deux hommes, de pousser un peu plus loin la normalisation engagée depuis 2017 ? D’ores et déjà, certains se mettent à espérer que le président français pourrait, à cette occasion, sortir du déni qui a cadenassé depuis près de 27 ans toute parole de repentance de la part des représentants de l’État français. « Nous n’exigeons pas d’excuses », indique une source officielle à Kigali – jusque-là, seuls la Belgique, les États-Unis, le Vatican et l’ONU en ont présenté.

Et la même source d’ajouter qu’« Emmanuel Macron souhaite faire à cette occasion un geste solennel ».

Avec Jeune Afrique par Mehdi Ba

Canada/COVID-19: 146 nouveaux cas sont rapportés au Québec dans le plus récent bilan

août 2, 2020

 

MONTRÉAL — La progression de la pandémie au Québec tend à se stabiliser.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux a rapporté samedi 146 nouveaux cas dans la province, ce qui porte le nombre total de personnes infectées à 59 458.

On ignore pour le moment le nombre de cas actifs. L’Institut national de Santé publique dit ne pas pouvoir le donner en raison de la mise en place d’un nouveau système d’information «afin d’informatiser le formulaire d’enquête des cas COVID-19».

Les autorités ont signalé quatre décès, tous survenus avant le 24 juillet. On a déploré 5678 décès depuis le début de la pandémie.

Le recul du nombre des hospitalisations s’est poursuivi. Celui-ci a diminué de 12, pour un total de 177. Toutefois, on compte trois personnes de plus aux soins intensifs, pour un total de 18.

La région montréalaise demeure la plus touchée par la progression du virus. On a signalé 71 nouveaux cas sur l’île de Montréal par rapport au relevé précédent pour un total de 28 843 depuis le début de la pandémie. La Montérégie a recensé 27 nouveaux cas, pour un total de 8806, les Laurentides 20 pour un total de 3897, et Lanaudière 11 pour un total de 4508.

Laval a dénombré 6057 cas (+5), l’Outaouais 678 (+6), la Capitale-Nationale 1956 (+2), l’Estrie 1058 (+3), la Mauricie-Centre-du-Québec 2082 (+1). On compte toujours 367 cas au Saguenay-Lac-Saint-Jean et 206 en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

Au Canada

Jusqu’à maintenant, on a recensé 116 599 cas confirmés ou probables dans l’ensemble du pays. La COVID-19 a provoqué la mort de 8941 Canadiens.

Les autorités sanitaires canadiennes ont indiqué samedi que 87 % des personnes atteintes se sont jusqu’à maintenant rétablies.

Les laboratoires canadiens avaient soumis plus de 4 millions de personnes à un test de dépistage de la COVID-19. Au cours de la semaine dernière, 40 665 personnes en moyenne par jour ont subi un test de dépistage, dont 1 % ont obtenu un résultat positif, avaient indiqué les autorités par communiqué.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux : 59 458 cas au Québec, dont 5678 décès; 39 333 cas en Ontario, dont 2777 décès; 10 843 cas en Alberta, dont 196 décès; 3641 cas en Colombie-Britannique, dont 195 décès; 1334 cas en Saskatchewan, dont 18 décès; 1069 cas en Nouvelle-Écosse, dont 64 décès; 417 cas au Manitoba, dont huit décès; 266 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès; 170 cas au Nouveau-Brunswick, dont deux décès; 36 cas à l’Île-du-Prince-Édouard; 14 cas au Yukon, cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.

Avec La Presse canadienne

Canada: L’armée décrit l’horreur dans les CHSLD en Ontario

mai 27, 2020

«C’est le rapport le plus dur que j’ai lu de toute ma vie», a déclaré le premier ministre ontarien, Doug Ford.

© Nathan Denette La Presse canadienne «C’est le rapport le plus dur que j’ai lu de toute ma vie», a déclaré le premier ministre ontarien, Doug Ford.
Agressivité du personnel soignant, médicaments périmés, présence de coquerelles : le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a dévoilé mardi après-midi un rapport accablant des Forces armées canadiennes sur les cinq résidences ontariennes pour aînés où des soldats ont été déployés.« C’est le rapport le plus dur que j’ai lu de toute ma vie », a déclaré Doug Ford en point de presse, qualifiant les informations contenues dans le rapport d’« horribles » et de « choquantes ». Le premier ministre canadien Justin Trudeau a, quant à lui, parlé d’un rapport « extrêmement dérangeant ».

« J’ai eu de la tristesse, j’ai été choqué, j’ai été déçu, j’ai été fâché, a-t-il mentionné. Je pense qu’on voit une situation qui évidemment est une réalité liée actuellement à la COVID, mais qui est là depuis longtemps et que nous devons entreprendre en tant que pays à améliorer. »

L’armée a également préparé un rapport sur son déploiement dans 25 CHSLD du Québec, qui a été expédié au gouvernement provincial mardi en fin de journée. On ignore si les constats des soldats canadiens y ont été aussi dramatiques qu’en Ontario. Mais une source fédérale a confié au Devoir que les conclusions n’étaient pas reluisantes. Une autre personne a expliqué que le fait que le rapport ait été préparé en cours de mission, plutôt qu’après la fin du déploiement des Forces armées, suggère qu’il y avait un « enjeu sanitaire ».

Depuis plusieurs semaines, les témoignages faisant état d’une qualité de soins déficiente, de patients laissés à eux-mêmes et de conditions hygiéniques déplorables dans certains CHSLD et résidences pour aînés du Québec se bousculent dans les médias. Le bureau du coroner a en outre ouvert une enquête sur la mort suspecte de 51 résidents de la résidence Herron dans l’ouest de l’île de Montréal.

Des résidences en crise

En point de presse, le premier ministre Doug Ford a plaidé pour que « cette tragédie serve de prise de conscience [wake-up call] pour tout le pays ». La crise de la COVID a mis au jour les failles profondes du réseau de soins de longue durée qui a été négligé pendant des années, a-t-il argué. La voix nouée par l’émotion, le premier ministre Ford a assuré qu’il allait « remuer ciel et terre pour réparer ce système, peu importe ce qu’il faudra et combien ça coûtera ».Le rapport de l’armée dresse point par point les défaillances notées dans les cinq résidences de la région de Toronto qui étaient « en situation de crise » lorsque l’armée est arrivée en renfort. Des soldats ont rapporté avoir été témoins de patients criant à l’aide parfois pendant deux heures avant d’obtenir du soutien ou encore de résidents s’étant étouffés après avoir été nourris ou abreuvés sans que leur tête ait été adéquatement soulevée. Certains aînés n’avaient pas pris de bains depuis des semaines et plusieurs avaient des escarres. D’autres étaient en détresse après avoir été coupés de contacts avec leur famille sans pour autant bénéficier d’un soutien psychologique. Certains résidents ne recevaient pas trois repas par jour.

L’armée rapporte également de nombreuses défaillances dans la prévention et le contrôle des infections : des patients ayant contracté la COVID-19 circulaient à leur guise dans la résidence, du personnel passait des zones chaudes aux zones froides et du matériel médical souillé était utilisé.

Multiples enquêtes
« Il est choquant que cela puisse se produire ici au Canada », a regretté le premier ministre Ford, ajoutant que la lecture du rapport l’avait hantée une partie de la nuit. « Il y aura justice pour ces résidents et leur famille », a-t-il dit.Déjà, le gouvernement ontarien a ouvert une enquête pour faire la lumière sur les allégations rapportées par l’armée. Le Bureau du coroner en chef enquête sur un décès. Et la Direction de l’inspection du ministère des Soins de longue durée va enquêter sur certains incidents graves rapportés par l’armée.

Queen’s Park avait en outre déjà annoncé le lancement en septembre d’une commission indépendante sur le système de soins de longue durée. « Nous avons besoin de réponses », a dit Doug Ford.

Les cinq centres de soins de longue durée visés par le rapport de l’armée sont : Eatonville Care Centre à Etobicoke, Hawthorne Place Care Centre à North York, Orchard Villa à Pickering, Altamount Care Community à Scarborough et Holland Christian Homes’Grace Manor à Brampton.

À Ottawa, le premier ministre Justin Trudeau a réitéré plusieurs fois qu’il fallait que les choses changent et qu’Ottawa aiderait les provinces. « Le gouvernement fédéral sera là pour appuyer les provinces dans le travail qu’elles devront faire », a-t-il mentionné.

Le rapport sur les abus constatés dans les résidences pour aînés en Ontario est daté du 14 mai. Les bureaux des ministres de la Sécurité publique et de la Défense, Bill Blair et Harjit Sajjan, affirment en avoir obtenu copie seulement le 22 mai. Le gouvernement ontarien a été alerté cette fin de semaine.

Prolongement de la mission
Les gouvernement québécois et ontarien ont par ailleurs demandé à Ottawa de prolonger le déploiement de soldats dans leurs résidences de soins de longue durée. Le premier ministre ontarien Doug Ford a indiqué souhaiter que l’armée prête main-forte 30 jours de plus en Ontario, au-delà de la date prévue de la fin de la mission le 12 juin.Justin Trudeau a indiqué que les gouvernements discuteraient de cette demande. « Mais bien sûr, nous allons être là pour aider », a-t-il assuré.

Le Devoir et La Presse canadienne par Marie Vastel avec Hélène Buzzetti

Le Brexit : Londres publie un rapport révélant des risques de pénurie

septembre 11, 2019

FILE PHOTO: Britain's PM Johnson meets with Ireland's PM (Taoiseach) Varadkar in Dublin

Le rapport «Operation Yellowhammer» accroît la pression sur le Premier ministre Boris Johnson, qui a promis de mener à bien le Brexit d’ici le 31 octobre. Phil Noble/Reuters

Le rapport de l’«Opération Yellowhammer» souligne l’état d’impréparation du royaume face aux périls qui le guettent le 31 octobre, en cas de sortie de l’UE sans accord : inflation, pénuries et tensions sociales.

Le gouvernement britannique a publié ce mercredi 11 septembre les conclusions du dossier «Opération Yellowhammer», qui évalue les conséquences les plus brutales d’un Brexit sans accord. Les députés britanniques avaient voté la semaine dernière pour forcer leur gouvernement à publier les détails de ce rapport, mis au point dans l’éventualité d’un Brexit sans accord, ce qu’il a fait mercredi.

Des extraits avaient dejà fuité au mois d’août et faisaient état d’un risque de pénuries de nourriture, de carburants et de médicaments, de blocage des ports et du rétablissement de la frontière physique en Irlande. L’état de préparation du public et du secteur marchand en cas de Brexit sans accord reste « faible » au Royaume-Uni, confirment les documents officiels rendus publics ce mercredi.

La traversée de la Manche risque d’être singulièrement perturbée en cas de no-deal. Jusqu’à 85% des poids-lourds britanniques pourraient ne pas être en mesure de franchir les contrôles douaniers français, entraînant une baisse de «40 à 60% du niveau actuel» de circulation. Ces délais devraient affecter non seulement le trafic entre Douvres et Calais, mais aussi Gibraltar, territoire britannique au sud de l’Espagne, en raison de la mise en place de contrôles douaniers à sa frontière avec l’Union européenne.

Ces perturbations pourraient durer trois mois et « avoir un impact sur l’approvisionnement en médicaments et matériel médical », ainsi qu’en produits frais. Ils pourraient même à terme entraîner d’importants mouvements de mécontentement dans le pays, voire des émeutes. Des accrochages pourraient également éclater dans les zones de pêche entre pêcheurs britanniques et étrangers, indique le rapport, qui met aussi en garde contre «une possible augmentation des désordres publics et des tensions communautaires.»

Pénurie, inflation et tensions

Si le rapport ne prévoit de grave pénurie alimentaire, il prédit en revanche que les consommateurs britanniques auront moins de choix sur les étals et que l’inflation qui ne manquera pas de s’ensuivre risque d’affecter en premier lieu les populations les plus vulnérables.

Une pénurie de médicaments vétérinaires risque en outre de limiter la capacité du pays à prévenir et contrôler des épizooties dans le futur, prévient le rapport, qui souligne le risque accru pour la santé publique et l’auto-suffisance alimentaire du pays.

Certaines régions, notamment Londres et le sud-est du pays, pourraient également être affectées par des pénuries de carburant. Ailleurs, les réflexes de stockage des consommateurs pourraient rendre la situation tendue. Si l’augmentation des prix à la pompe devrait concerner tous les Britanniques, elle impactera en premier lieu le niveau de vie des plus pauvres.

Le projet britannique de suppression des contrôles à la frontière irlandaise « s’avérerait probablement non viable en raison d’importants risques sur les plans économique, juridique et de biosécurité », selon ce document, qui évoque la possibilité de l’émergence d’un marché noir dans les communautés frontalières.

Le gouvernement a souligné qu’il était en train de «mettre à jour» le document, dont un paragraphe a été purement et simplement caviardé. «Il décrit ce qui pourrait se passer dans le pire des cas», a insisté le ministre en charge du Brexit, Michael Gove.

Mais ces mises en garde accroissent la pression sur le Premier ministre Boris Johnson, qui a promis de mener à bien le Brexit d’ici le 31 octobre, avec ou sans accord avec l’Union européenne. Il a essuyé mercredi un nouveau revers, lorsque la justice écossaise a déclaré «illégale» la suspension controversée du Parlement jusqu’au 14 octobre, soit deux semaines seulement avant la date prévue pour le Brexit.

Par Le Figaro.fr avec Reuters

L’Onu redoute de nouveaux attentats d’ici la fin de l’année

août 4, 2019

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Paris lors des attentats du 13 novembre 2015. MIGUEL MEDINA / AFP

 

Un rapport de l’organisation révélé par le Guardian estime que la menace n’a pas disparu avec la chute des derniers bastions de l’Etat islamique en Syrie.

Selon un récent rapport des Nations-Unies cité par le quotidien britannique The Guardian, la menace du terrorisme islamiste ne s’est pas éteinte avec le califat et la chute des derniers bastions de Daech en Syrie. Au contraire, il constitue toujours une menace sérieuse et importante. Les rapporteurs estiment que la raréfaction des attaques sur le sol européen n’est qu’une trève, et que de nouvelles vagues d’attentats sont à craindre d’ici la fin de cette année.

Les auteurs estiment notamment que jusqu’à 30.000 combattants étrangers venus rejoindre le «califat», et dont la mort n’a jamais été officialisée, pourraient en fait toujours être en vie, et vouloir rejoindre Al-Qaïda ou d’autres groupes islamistes radicaux émergents. «Ils pourraient en être des leaders ou des recruteurs», écrivent les rapporteurs, qui estiment que la menace qui pèse sur l’Europe reste «élevée».

Ce rapport a été rédigé sur la base des informations fournies par les services de renseignements de plusieurs pays membres des Nations unies. Il met notamment en avant le fait que bien que Daech n’existe plus de fait sous la forme de proto-Etat, les facteurs qui ont contribué à son avènement existent toujours. Les auteurs estiment ainsi qu’un des problèmes aux sources du mal est la radicalisation en prison de «détenus frappés par la pauvreté, la marginalisation, la frustration, une faible estime de soi et la violence».

«Les programmes de déradicalisation n’ont pas prouvé leur pleine efficacité… Les combattants les plus endurcis qui ont écopé de longues peines de prison ne sont pas près d’en sortir. Ils continuent d’être dangereux et de constituer une menace à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du système pénal», est-il écrit dans le rapport.

Les Etats Européens estiment que quelque 6.000 de leur ressortissants ont rejoint l’Irak ou la Syrie pour y rejoindre Daech ou un autre groupe islamiste. Environ un tiers aurait été tué, tandis qu’un autre tiers serait actuellement détenu dans la région ou aurait fui vers une destination inconnue. Selon le rapport, les 2.000 individus restants pourraient bel et bien être rentrés en Europe.

Le rapport ajoute que Daech, s’il n’existe plus que sous la forme d’un califat virtuel, continue de jouir d’une manne estimée entre 50 millions et 300 millions de dollars, grâce à laquelle il poursuit sa propagande et parvient à entretenir sa réputation de «marque de référence du terrorisme mondial». Selon les auteurs, tous ces éléments portent à croire que les États devront redoubler de vigilance afin de prévenir une nouvelle attaque avant le début de l’année 2020.»

Par Le Figaro.fr

RDC: Maître Georges Kapiamba s’insurge contre le dépôt d’un rapport non consensuel

juillet 13, 2018

 

Me Georges Kapiamba

Coordonnateur mixte CEM 2131

Intelligence artificielle: le rapport Villani rendu public mercredi

mars 27, 2018

Paris – Le rapport de Cédric Villani, mathématicien et député LREM de l’Essonne, sur l’intelligence artificielle, qui doit éclairer le gouvernement sur sa stratégie en la matière, sera rendu public mercredi soir, a-t-on appris auprès de son entourage.

Depuis septembre, le lauréat 2010 de la médaille Fields – le « prix Nobel des maths » – a mené une large réflexion sur l’intelligence artificielle (IA) qui, en donnant aux machines de nouvelles capacités d’analyse et d’apprentissage, promet de bouleverser la manière dont fonctionnent bon nombre d’industries et de services. Son rapport était initialement attendu jeudi.

Emmanuel Macron doit dévoiler jeudi un plan pour faire de la France un champion de l’intelligence artificielle.

Le chef de l’Etat accueillera mercredi soir 15 sommités mondiales du secteur, dont le Français Yann Le Cun (scientifique en chef de l’IA chez Facebook), la Japonaise Noriko Araï, qui a conçu un robot capable de réussir un examen d’entrée à l’université, ou le Britannique Demis Hassabis, fondateur de la société DeepMind rachetée par Google en 2014.

Jeudi, après avoir reçu le président du géant sud-coréen Samsung, Young Sohn, Emmanuel Macron visitera un centre de recherche sur le cancer à l’Institut Curie à Paris qui est en pointe dans les nouvelles technologies de dépistage. Puis il présentera la « stratégie nationale » pour l’IA au Collège de France, où se tiendra le « Sommet de l’intelligence artificielle ».

Romandie.com avec (©AFP / 27 mars 2018 17h32)                                            

Corruption au Nigeria: nouveau rapport accablant contre Shell

avril 10, 2017

Corruption au Nigeria: un rapport accablant contre Shell et Eni / © AFP/Archives / SHAUN CURRY

L’ONG Global Witness et Finance Uncovered ont publié lundi un rapport accablant contre les groupes pétroliers Eni et Shell, accusant ce dernier d’avoir « su » que l’argent versé pour l’acquisition d’un gros contrat pétrolier n’irait pas au gouvernement nigérian, mais à des individus.

« Notre enquête (basée essentiellement sur la fuite d’emails envoyés entre les dirigeants de Shell, ndlr) a réuni les preuves que ses principaux patrons ont participé à une vaste opération de corruption en toute connaissance de cause », dénonce le rapport intitulé « Shell savait ».

Ce rapport, publié par l’ONG britannique Global Witness et Finance Uncovered, un réseau de journalistes d’investigation à travers une soixantaine de pays dans le monde, est un nouvel épisode dans l’une des plus importantes et anciennes affaire de l’histoire du Nigeria.

Elle remonte à 2011, avec l’arrivée au pouvoir au Nigeria de Goodluck Jonathan, qui reprend les négociations pour vendre un bloc de pétrole off-shore extrêmement convoité, OPL 245, d’une capacité de production de plus de 9 milliards de barils (soit une valeur de 500 milliards d’euros environ au prix actuel du baril).

OPL 245 était alors aux mains de l’ancien ministre du Pétrole sous le régime du dictateur Sani Abacha, Dan Etete, qui se l’était attribué à lui-même dans le plus grand secret, en le vendant à la société Malabu Oil & Gas, dont il était le seul actionnaire.

L’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, à Abuja le 29 mai 2015 / © AFP / PIUS UTOMI EKPEI

« En 2011, (le britannique) Shell et la société italienne Eni ont payé 1,1 milliard de dollars dans un contrat douteux pour acquérir ce bloc particulièrement lucratif », explique le rapport, faisant référence à une affaire sur laquelle se penche également la justice italienne.

Le directeur général d’Eni, Claudio Descalzi, a toujours affirmé que « Eni n’a rien fait d’illégal », assurant que « Eni et Shell ont payé le gouvernement nigérian, et n’ont pas été impliqués dans la décision du gouvernement sur la manière d’utiliser cet argent ».

En 2012, Shell assurait également ne pas avoir su que le bloc appartenait à l’ex-ministre du Pétrole, qui aurait reçu une part importante de la commission, selon la justice italienne: près de 800 millions d’euros.

Pourtant, dans les échanges de mails entre deux dirigeants de Shell auxquels le rapport fait référence et que l’AFP a pu consulter, les liens entre le gouvernement nigérian et l’ex-ministre du Pétrole sont identifiés: « Le président (Goodluck Jonathan) veut régler l’affaire 245 rapidement, compte tenu des conséquences pour Malabu et des contributions politiques qui s’en suivront », écrit un conseiller pour Shell International. « +Ete+ sent l’argent venir », ajoute-t-il.

Le patron d’Eni, Claudio Descalzi, le 4 avril 2016, lors d’une journée investisseurs à Milan / © AFP/Archives / GIUSEPPE CACACE

Cité dans le rapport sous le couvert de l’anonymat, un porte-parole de Shell n’a pas souhaité faire de commentaires face à ces nouvelles accusations « étant donné qu’une enquête de justice est en cours ». « Toutefois, si l’on regarde le dossier du procureur de Milan (où l’affaire est portée), nous ne pensons pas qu’il y ait quelconque information ou preuves permettant de poursuivre Shell », estime-t-il.

La Commission nigériane pour les crimes économiques et financiers (EFCC) mène une enquête parallèle sur cette affaire, et a mis en accusation le mois dernier 11 hommes d’affaires et politiciens nigérians, dont Dan Etete.

L’actuel président nigérian, Muhammadu Buhari, a promis de mener un combat sans répit contre la corruption, qui gangrène le principal producteur de pétrole du continent africain avec l’Angola.

Toutefois, malgré de nombreuses enquêtes ouvertes par l’EFCC ces deux dernières années, personne n’a pour l’instant été condamné par la justice.

Romandie.com avec(©AFP / 10 avril 2017 15h27)

Le pays le plus heureux du monde est… la Norvège

mars 20, 2017

 

Une jeune norvégienne lors du 9ème Championnat d’Europe féminin de handball, le 10 décembre 2010, dans la salle de sport Hakons du parc olympique de Lillehammer / © AFP/Archives / ATTILA KISBENEDEK

La bonne nouvelle devrait permettre d’affronter plus facilement les rigueurs du climat : la Norvège est officiellement le pays le plus heureux du monde, selon un très officiel rapport de l’ONU publié lundi.

La Norvège, 4e l’an dernier, détrône le Danemark (2e), suivi de l’Islande et de la Suisse, selon le classement 2017 du « World Happiness Report », dont la publication coïncide avec la journée mondiale du bonheur, établie par l’ONU et célébrée le 20 mars.

La Première ministre norvégienne Erna Solberg, confrontée à des législatives incertaines en septembre, a salué « une belle validation un lundi matin ».

« Même si nous sommes maintenant à la tête du classement, nous devons continuer à donner la priorité aux soins pour les maladies mentales, à améliorer le suivi des enfants et des jeunes parce que beaucoup sont encore en difficulté », a-t-elle réagi sur Facebook.

La Finlande (5e), ??les Pays-Bas (6e), le Canada (7e), la Nouvelle-Zélande (8e), l’Australie et la Suède à égalité au 9e rang, complètent le classement des dix pays où les habitants se disent les plus heureux.

L’objectif de ce rapport annuel est de rendre compte du bien-être des populations au-delà des seuls indicateurs économiques et de parvenir à intégrer ce critère dans les statistiques publiques.

Premier producteur d’Europe occidentale, la Norvège est un pays prospère qui, malgré le récent recul du prix des hydrocarbures, dispose d’un État-providence très généreux.

Une rue de Bergen, le 11 septembre 2014 / © AFP / ERIC PIERMONT

« On a tiré le ticket gagnant », a déclaré à l’AFP Arne Larsen, ex-fonctionnaire à la retraite, rencontré à Oslo. « Le pétrole y est pour quelque chose mais il ne faut pas exagérer son importance parce qu’il faisait aussi bon vivre en Norvège avant. Je pense donc que cela a trait à des facteurs sociétaux plus profonds : la Norvège est assez homogène, un pays où l?écart entre gouvernants et administrés n’est pas très grand, et où la confiance règne ».

Même son de cloche chez Thea Sofie Rusten Grastveit. Enceinte à 30 ans de son premier enfant, cette conseillère politique d’une ONG s’apprête à partager avec son mari un congé parental de 16 mois… à 50-50.

« Une des principales raisons pour lesquelles on peut faire tout ça, c?est la rente pétrolière », confie-t-elle. « On a certes bien géré nos ressources pour la collectivité mais on a aussi eu un maximum de chance d?avoir ces ressources ».

– Santé mentale, bonne gouvernance –

Même si les pays qui caracolent en tête sont tous développés et riches, le rapport souligne que l’argent n’est pas le seul ingrédient de la recette du bonheur.

Il énumère notamment « la compassion, la liberté, la générosité, l’honnêteté, la santé, les filets sociaux et la bonne gouvernance » comme étant les critères fondamentaux pour favoriser le bonheur.

Des touristes reviennent de l’île de Hovedoya dans le fjord d’Oslo, le 24 août 2012 / © AFP/Archives / ODD ANDERSEN

La méthodologie utilisée consiste à demander à un échantillon d’environ 1.000 personnes de répondre à une série de questions sur la perception de leur qualité de vie sur une échelle de 1 à 10.

Parmi les pays les plus riches, les différences de niveau de bonheur ont beaucoup à voir avec « les différences de santé mentale, de santé physique et de relations personnelles : la plus grande source de misère est la maladie mentale », selon le rapport.

« Les différences de revenu importent davantage dans les pays pauvres, mais même leur maladie mentale est une source majeure de misère », ajoutent les auteurs.

Les États-Unis glissent de la 13e à la 14e place en raison notamment d’un moindre soutien social, d’une confiance en berne dans les institutions gouvernementales et d’une corruption perçue en hausse. Alors que le discours politique se focalise dans ce pays sur la croissance économique, le niveau de satisfaction des Américains sur l’échelle du bonheur n’a pas progressé depuis les années 1960, relève le rapport.

Un autre grand pays, la Chine (79e), a fait des progrès économiques importants ces dernières années. Mais son peuple n’est pas plus heureux qu’il y a 25 ans, constate également le World Happiness Report.

La France est à la traîne des pays développés, progressant légèrement dans ce nouveau classement de la 32e à la 31e place.

Sans surprise, les pays touchés par les guerres et les catastrophes sont en bas de classement. La Syrie se place à la 152e place de cette liste de 155 pays, fermée par la Centrafrique.

Romandie.com avec(©AFP / 20 mars 2017 16h45)

Fin du second mandat de Kabila : l’armée de la RD Congo a « tiré pour tuer », selon l’ONU

février 28, 2017

Des soldats congolais à Kinshasa, le 20 septembre 2016. © John bompengo/AP/SIPA

Dans un rapport publié mardi, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) revient sur les événements sanglants ayant marqué la fin constitutionnelle du mandat du président Joseph Kabila. Et accuse l’armée d’avoir délibérément tué des civils en RDC. Ce que Kinshasa conteste.

Le bilan macabre n’a pas changé. En 16 jours, au moins 40 personnes ont été tuées en RD Congo, dont cinq femmes et deux enfants, « dans le contexte des événements du 19 décembre », marquant la fin théorique du second mandat du président Joseph Kabila. C’est ce qui ressort du rapport rendu public, le 28 février, par le BCNUDH et la Monusco.

Le document de 24 pages accable les forces de l’ordre et de sécurité de la RD Congo. S’appuyant sur des « preuves crédibles » collectées sur le terrain, le BCNUDH accuse les soldats congolais, y compris les membres de la Garde républicaine et ceux de la police militaire, d’avoir tué par balle au moins 28 personnes.

La structure onusienne dit également avoir « reçu des informations crédibles selon lesquelles au moins six personnes ont été tuées par des agents de la police nationale congolaise, dont cinq par balle, à Matadi et Lubumbashi, et une [autre] après avoir été renversée par un camion de la police à Kinshasa ».

À bout portant

« Les six autres victimes ont été tuées par balle lors d’opérations conjointes de la police et des Forces armées de la RDC (FARDC), mais le BCNUDH n’a pas été en mesure d’attribuer les responsabilités à une institution spécifique », précise le texte.

L’armée avait une intention délibérée de tirer pour tuer

Et de souligner : « À Boma [dans l’ouest du pays], les 8 personnes tuées ont été abattues par des balles tirées à bout portant dans les parties supérieures de leur corps par des militaires des FARDC du régiment de Boma, des Forces navales et de la Garde républicaine venant de Muanda. » Ce qui démontre, selon le rapport, que l’armée congolaise avait une « intention délibérée de tirer pour tuer ».

Mais aucune mesure n’a été prise, jusqu’ici, par les autorités congolaises pour « enquêter et poursuivre de manière efficace les auteurs de violations des droits de l’homme commises non seulement en décembre 2016, mais également lors d’incidents antérieurs (…) », déplore le Bureau conjoint des Nations unies.

Ce dernier dénonce par ailleurs des violences perpétrées par des manifestants pendant la même période, notamment le meurtre d’un policier à Kinshasa, le 20 décembre. « À Matadi, le 20 décembre 2016, un militaire des FARDC aurait été blessé par des manifestants qui avaient réussi à lui ravir sa machette », peut-on également lire dans le rapport.

Réaction de Kinshasa

De leur côté, les autorités congolaises, qui ont reçu le document avant sa publication, dénoncent un « rapport partisan » et pointent une « partie de l’opposition » d’être les commanditaires des violations des droits de l’homme décriées.

« Cette opposition a donc planifié les violences en ne laissant rien au hasard : des pillages aux tueries, en passant par les viols et les attaques des symboles de l’État », écrit Marie-Ange Mushobekwa, ministre des Droits humains, dans une correspondance envoyée au BCNUDH. « Certains leaders de cette opposition ont préparé leurs partisans pour ces sales besognes et leur ont donné un mot d’ordre clair de s’attaquer à la police pour pousser cette dernière à la faute », ajoute-t-elle.

« Le rapport insiste abondamment sur le fait qu’il s’agit du deuxième et dernier mandat du président Joseph Kabila. Le gouvernement rappelle que cette question relève de la souveraineté nationale et concerne uniquement le peuple congolais, et non pas les organisations internationales », conclut la ministre.

Arrivé au terme de son second mandat le 19 décembre, Joseph Kabila a pu se maintenir au pouvoir, l’élection de son successeur n’ayant pas été organisée dans les délais. Une prolongation qui pourrait s’étendre au moins jusqu’à fin 2017.

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula