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Côte d’Ivoire: Le FPI de Gbagbo et le PDCI de Bédié confirment leur rapprochement

juin 4, 2020

Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié.

Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié. © © ICC-CPI – Vincent Fournier/JA

 

Les partis de Laurent Gbagbo et de Henri Konan Bédié appellent leurs militants respectifs à collaborer en vue de la présidentielle d’octobre 2020.

C’est un nouveau pas dans leur rapprochement. Après avoir signé, le 30 avril, un « accord-cadre de collaboration » portant sur un projet commun de réconciliation nationale, le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) de Henri Konan Bédié ont lancé, mercredi 3 juin, un appel solennel à leur militants pour qu’ils préparent ensemble la prochaine élection présidentielle.

À l’issue d’une réunion du Comité national paritaire de collaboration (CNPC) mis en place par les deux partis, à laquelle ont participé Assoa Adou, le secrétaire général du FPI, et Maurice Kakou Guikahué, le secrétaire exécutif du PDCI-RDA, les deux principaux partis d’opposition ivoiriens ont appelé leurs militants « à travailler de concert sur toute l’étendue du territoire pour la réconciliation et le retour de la paix » afin de « traduire en actions communes » les engagements pris dans l’accord-cadre de collaboration du 30 avril.

Pour la première fois, les dirigeants du FPI et du PDCI-RDA demandent surtout à leurs adhérents de collaborer pour préparer la prochaine présidentielle, dont le premier tour est programmé le 31 octobre. Dans leur déclaration, ils demandent notamment à tous les responsables de base de leurs partis de « mettre l’accent dès maintenant » sur la nécessité pour leurs militants d’acquérir leurs cartes nationales d’identité et de s’inscrire massivement sur les listes électorales.

Rapprochement progressif

Après des années de rivalité, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié se sont revus pour la première fois à Bruxelles en juillet 2019. Depuis, les deux ex-présidents et leurs partis respectifs se sont progressivement rapprochés, avec pour objectif de faire front face au Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) de leur ennemi commun, le président sortant Alassane Ouattara.

En attendant la formation d’une éventuelle alliance électorale face au pouvoir, notamment en cas de second tour, le FPI et le PDCI ont annoncé leur intention de présenter leurs propres candidats à la magistrature suprême.

Dans les rangs du FPI, ce choix dépendra largement du sort de Laurent Gbagbo, qui a récemment vu son régime de liberté conditionnelle allégé par la Cour pénale internationale (CPI) et qui ambitionne de rentrer en Côte d’Ivoire dès que possible. Dans ceux du PDCI-RDA, tout laisse penser que Henri Konan Bédié, 86 ans, sera investi candidat lors de la prochaine convention du parti, prévue le 12 juin à Abidjan.

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger 

 

 

USA-Russie: Poutine discute avec le conseiller de Trump des « premiers pas » d’un rapprochement

juin 27, 2018

Le président russe Vladimir Poutine (gauche) reçoit John Bolton (droite), conseiller du président américain Donald Trump, le 27 juin 2018 au Kremlin / © POOL/AFP / Alexander Zemlianichenko

Vladimir Poutine a discuté mercredi avec le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, des « premiers pas » à effectuer pour améliorer des relations au plus bas depuis la Guerre froide, avant un possible sommet entre les deux présidents.

Empoisonnées par le conflit syrien, la crise ukrainienne et les accusations d’ingérence russe dans la présidentielle américaine de 2016, les relations entre Moscou et Washington n’ont cessé de se dégrader ces dernières années et les deux chefs d’Etat ne se sont plus vus depuis novembre 2017.

Donald Trump, qui a évoqué la semaine dernière une possible rencontre en juillet, a mandaté son conseiller à la réputation de « faucon » à Moscou pour tenter d’en poser le cadre.

La visite du conseiller américain, reçu sous les ors du Kremlin, « donne l’espoir que nous pouvons faire ne serait-ce que des premiers pas pour rétablir des relations complètes entre nos Etats », a déclaré M. Poutine au début de l’entretien, retransmis à la télévision.

« Il faut malheureusement constater que les relations russo-américaines ne sont pas au meilleur de leur forme », a regretté le président russe, estimant qu’il s’agit du « résultat d’une âpre lutte politique interne aux Etats-Unis ».

« La Russie n’a jamais aspiré à la confrontation », a-t-il affirmé, répétant vouloir rétablir des « relations complètes sur la base de l’égalité et du respect mutuel ».

« J’espère que nous pourrons, comme lors des discussions avec vos collègues, discuter de la possibilité d’améliorer la coopération entre la Russie et les Etats-Unis », a répondu M. Bolton, qui donnera une conférence de presse à 16H30 GMT pour faire le bilan de sa visite.

« Même dans le passé, lorsque nos pays connaissaient des divergences, nos dirigeants et leurs conseillers se rencontraient et je pense que c’était bénéfique pour les deux pays, bénéfique pour la stabilité mondiale et le président Trump a cela à coeur », a-t-il ajouté.

Donald Trump, en fonctions depuis début 2017, et Vladimir Poutine ne se sont rencontrés jusqu’à présent qu’en marge de réunions internationales, la dernière fois en novembre dernier au Vietnam.

– Où et quand? –

Le conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump, John Bolton (gauche), et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le 27 juin 2018 au Kremlin. / © Russian Ministry of Foreign Affairs/AFP / Eduard Pesov

Au cœur de toutes les spéculations, cette éventuelle rencontre des deux dirigeants sera scrutée avec une attention particulière, notamment en raison des accusations d’ingérence russe dans la présidentielle américaine de 2016, que la Russie dément.

Le tête-à-tête entre Vladimir Poutine et Donald Trump pourrait avoir lieu dans une capitale européenne juste avant ou après le sommet de l’Otan prévu les 11 et 12 juillet à Bruxelles, selon des médias russes et étrangers.

Début juin, Vladimir Poutine avait indiqué qu’il était prêt à rencontrer Donald Trump, précisant que beaucoup de pays, dont l’Autriche, étaient disposés à accueillir cet événement.

Cette semaine, le quotidien américain en ligne Politico a cependant rapporté que la rencontre pourrait être organisée à Helsinki, la capitale finlandaise, au lieu de Vienne.

Le Kremlin a répété mercredi qu’il était trop tôt pour annoncer une date et un lieu pour ce sommet très attendu.

Avant de rencontrer Vladimir Poutine, M. Bolton s’est entretenu pendant une heure et demi avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, avec qui il a évoqué, outre les relations bilatérales, les dossiers syrien et ukrainien, d’après un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

La détérioration des relations entre Moscou et Washington n’a pas pu être enrayée par l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, qui avait pendant la campagne électorale assuré vouloir réconcilier l’Amérique avec la Russie de Vladimir Poutine. En avril, Washington a une nouvelle fois durci ses sanctions contre Moscou.

Romandie.com avec(©AFP / 27 juin 2018 15h48)

Cuba: Trump veut freiner le rapprochement initié par Obama

juin 14, 2017

Des Cubains saluent un paquebot qui quitte le port de La Havane, le 20 février 2017 / © AFP/Archives / ADALBERTO ROQUE

Donald Trump avait promis un réexamen du rapprochement historique avec Cuba initié par son prédécesseur démocrate Barack Obama: il devrait annoncer vendredi, depuis Miami, des ajustements, dont la portée reste à déterminer, en particulier dans le secteur du tourisme.

Si le président américain veut envoyer des signaux à une base anti-castriste qui lui a apporté un soutien réel en Floride, il est aussi conscient que la main tendue à l’île communiste après un demi-siècle de tensions héritées de la Guerre froide fait l’objet d’un large soutien aux Etats-Unis, en particulier de la part du monde des affaires.

La Maison Blanche est, pour l’heure, restée muette sur ses projets.

Personne n’évoque des mesures radicales telles que la remise en cause du rétablissement des relations diplomatiques, effectives depuis juillet 2015. Parmi les pistes à l’étude: imposer de nouvelles restrictions sur les voyages d’Américains sur l’île, et limiter les possibilités de partenariats entre les entreprises américaines et certaines entités cubaines.

Interrogé mardi par des sénateurs, le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, a souligné sa volonté de permettre « autant que possible » la poursuite du développement des échanges commerciaux.

Mais il a aussi insisté sur la nécessité de remettre la « pression » sur La Havane: « En développant les échanges économiques et en tirant des bénéfices, n’apportons-nous pas, directement ou indirectement, un soutien au régime? Nous pensons que la réponse est +oui+ ».

Le sénateur Marco Rubio, fils d’immigrés cubains anticastristes, qui a toujours dénoncé des concessions excessives au régime de La Havane sans réelles contreparties, espère un message clair.

« Je suis confiant dans le fait que le président tiendra ses engagements sur Cuba en faisant des changements ciblés et stratégiques qui feront avancer les aspirations du peuple cubain », a-t-il déclaré à l’approche de cette rencontre.

La Maison Blanche martèle un message: La Havane doit faire des progrès en matière de respect des droits de l’Homme. « Le peuple cubain mérite un gouvernement qui fait respecter les valeurs démocratiques », lançait Donald Trump fin mai, à l’occasion de la fête de l’indépendance cubaine.

Nombre d’observateurs soulignent l’ironie de la mise en avant de cet argument tant, à l’égard d’autres pays – Turquie, Egypte et Arabie saoudite -, l’exécutif américain a délibérément et ostensiblement décidé de mettre en sourdine ses critiques sur ce thème.

– Lettre de Cubaines à Ivanka –

Au-delà des comparaisons, un possible retour en arrière a déjà provoqué une levée de boucliers parmi les ONG de défense des droits de l’Homme.

Pour Human Rights Watch, Cuba reste un pays « très répressif », mais mettre en place de nouvelles restrictions frapperait d’abord les Cubains les plus démunis sans provoquer de changements d’ampleur.

« Le fait que l’approche d’Obama n’ait pas entraîné des réformes politiques à Cuba après quelques années seulement n’est pas une raison valable pour revenir à une politique qui a échoué – au prix fort – pendant des décennies », résume l’un de ses responsables, Daniel Wilkinson.

Sur le front économique, des voix se sont élevées des deux côtés du détroit de Floride, qui sépare les deux pays, pour mettre en garde contre un retour en arrière.

Une cinquantaine de femmes cubaines entrepreneurs ont envoyé un courrier à Ivanka Trump, fille et conseillère du président américain, l’invitant sur l’île pour constater par elle-même l’impact positif du rapprochement spectaculaire initié fin 2014.

Dans ce texte, rendu public par l’organisation Engage Cuba, qui milite pour la fin de l’embargo, elles soulignent que « des millions de Cubains » ont bénéficié de la croissance du secteur privé – hôtellerie, restauration, programmation informatique – et soulignent les conséquences potentiellement dévastatrices d’un coup de barre en sens inverse.

L’administration Obama a assoupli nombre des restrictions qui étaient imposées aux Américains souhaitant se rendre sur cette île aux infrastructures touristiques en plein développement.

Avec quelque 285.000 visiteurs en 2016 (+74% par rapport à 2015), ils sont devenus le troisième plus important groupe à la visiter, derrière les Canadiens et les Cubains installés à l’étranger. Selon des chiffres portant sur les trois premiers mois de l’année, la tendance s’est encore accélérée (+118% selon la télévision d’Etat cubaine).

Dans un rapport publié début juin, Engage Cuba estimait qu’une remise en cause du rapprochement engagé pourrait mettre en danger plus de 10.000 emplois américains dans le secteur du transport (aviation, croisières).

Romandie.com avec(©AFP / 14 juin 2017 12h14)                

Côte d’Ivoire: Des pro-Gbagbo responsables des attaques meurtrières d’Abidjan(ministre)

août 7, 2012

ABIDJAN – – Des miliciens et militaires fidèles à l`ex-président ivoirien Laurent Gbagbo sont responsables des attaques ayant tué dix soldats depuis ce week-end à Abidjan, a affirmé le ministre de l`Intérieur Hamed Bakayoko dans un entretien mardi sur Radio France Internationale (RFI).

« Ce sont des gens qui proviennent de la galaxie des miliciens pro-Gbagbo et des militaires ex-FDS (Forces de défense et de sécurité, nom de l`ancienne armée, ndlr) nostalgiques du régime Gbagbo », a-t-il déclaré. « Je pense aussi que tout a été ordonné par des ex-FDS pro-Gbagbo à partir du Ghana » voisin, a-t-il indiqué.

Six militaires et un assaillant sont morts dans une attaque lancée lundi par des inconnus contre le camp militaire d`Akouédo, dans le nord d`Abidjan, au lendemain de la mort de quatre soldats dans deux assauts dans un autre quartier.

« Il y avait une complicité » dans le camp, a assuré Hamed Bakayoko, sans plus de détails.
« Cette période autour de la fête de l`indépendance (célébrée mardi, ndlr) a été identifiée comme une période de harcèlement », a-t-il expliqué, faisant aussi un rapprochement avec la date du 13 août, initialement prévue pour l`audience de confirmation des charges de M. Gbagbo devant la Cour pénale internationale (CPI).

L`ex-président est incarcéré à La Haye et soupçonné de crimes contre l`humanité commis durant la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011 ayant fait 3.000 morts. L`audience a été reportée sine die dans l`attente d`une évaluation de son état de santé.

« Il y a toute une série d`actions, d`agressions pour essayer de mettre à mal la confiance des investisseurs qui est en marche, essayer de saper le moral des Ivoiriens », a estimé le ministre de l`Intérieur.

« Nous sommes alertés que cette stratégie de provocation est appelée à se poursuivre, donc nous avons donné des instructions à nos hommes », a-t-il souligné, ajoutant qu` »une partie de l`arsenal » dérobé par les assaillants à Akouédo « a été récupérée ».

Le ministère de la Défense Paul Koffi Koffi avait évoqué lundi soir des « actions de sabotage » à la veille de l`indépendance, sans désigner de responsables.

Le chef de l`Etat Alassane Ouattara préside mardi le défilé militaire marquant le 52e anniversaire de l`indépendance. Il a menacé lundi ceux qui entendent « créer une psychose » et assuré que l`insécurité est désormais limitée à des « poches résiduelles ».

AFP

Mittal, porteur de la flamme olympique, allume l’incendie

juillet 26, 2012
Lakshmi Mittal discute avec des athlètes indiens.
Lakshmi Mittal discute avec des athlètes indiens. Crédits photo : MANAN VATSYAYANA/AFP

Le PDG d’ArcelorMittal et son fils font partie des derniers porteurs de la flamme olympique. Un choix qui indigne les syndicats des sites du groupe mis à l’arrêt, comme Florange.

Si les hauts-fourneaux du site de Florange restent éteints, la flamme olympique, elle, brillera entre les mains de Lakshmi Mittal, PDG d’ArcelorMittal ce vendredi. Le patron du premier producteur d’acier mondial, ainsi que son fils Aditya, directeur financier du groupe, ont en effet été choisis pour porter la flamme dans les très chics quartiers londoniens de Kensington et de Chelsea. Citoyen d’Inde, où il représente la deuxième fortune, selon le magazine Forbes , Lakshmi Mittal est également le plus riche résident britannique, malgré les difficultés de son groupe, qui, face à une faible demande en Europe, a mis à l’arrêt neuf de ses vingt-cinq hauts-fourneaux sur le continent.

Dans ce contexte, le choix de Lakshmi Mittal fait grincer des dents du côté des aciéries d’ArcelorMittal menacées. «Dégoût, amertume et colère»: Édouard Martin, représentant CFDT des salariés du site de Florange, en Lorraine, à l’arrêt jusqu’en décembre, ne mâche pas ses mots.«On avait la naïveté de croire que les Jeux olympiques représentaient le rapprochement des peuples des cinq continents et, là, on fait courir Mittal, qui détruit des familles entières. De qui se moque-t-on?», dénonce-t-il.

Une «contre-flamme» à Florange

Pour prendre le contre-pied du Comité international olympique (CIO) et de ce qu’elle appelle la «flamme de la honte», l’intersyndicale de Florange organise cet après-midi le passage de relais d’une «contre-flamme» sur le site en sursis. Cette «flamme de l’espoir» ou «flamme du peuple», selon les mots des syndicats, sera allumée devant les bureaux de la direction et portée par une centaine d’enfants jusqu’aux hauts-fourneaux, qui seront rallumés symboliquement.

Même indignation en Belgique, où des syndicats du site de Liège ont fait part de leur «plus profond écœurement» dans une lettre au CIO. «Il s’agit d’une véritable insulte» pour les 3000 familles touchées par la fermeture des deux hauts-fourneaux de l’aciérie, écrivent-ils. Les syndicats affirment ne pas comprendre «que l’olympisme puisse récompenser ceux qui broient des vies», rappelant que la charte olympique fait référence aux notions de «responsabilité sociale» et de «respect des principes éthiques fondamentaux universels».

La Tour Orbit d’ArcelorMittal, symbole des Jeux de Londres

«La flamme olympique représente la paix, l’unité et l’amitié», affirme de son côté le CIO sur le site officiel des JO. Depuis que la torche a été allumée en Grèce, le 18 mai, 8000 porteurs se relaient, «choisis pour l’inspiration qu’ils suscitent». Sur le même site, Lakshmi Mittal établit «des parallèles» entre lui-même et un athlète olympique: «Je crois que la réussite dans le monde des affaires est marquée par des principes très similaires de persévérance et de dur labeur.»

Il faut dire qu’ArcelorMittal s’est investi pour ces Jeux olympiques en devenant sponsor. Le groupe a déboursé quelque 16 millions de livres (environ 18 millions d’euros) pour ériger la Tour Orbit, une structure d’acier rouge près du stade olympique, qui devra symboliser les Jeux de Londres.

En courant ce vendredi, Lakshmi Mittal souhaite également «représenter les 270.000 personnes dans le monde qui font partie de la famille ArcelorMittal». Édouard Martin, représentant syndicaliste de Florange, assure quant à lui qu’il laissera son téléviseur éteint lorsque la flamme allumera, demain soir, le chaudron du stade olympique de Londres, marquant le début des Jeux.

Lefigaro.fr par Sophie Amsili

Nucléaire iranien: Le dialogue pour éviter la guerre

avril 13, 2012

La menace de frappes israéliennes planera sur la rencontre d’Istanbul, samedi.

En janvier 2011, les discussions entre l’Iran et ceux que l’on appelle les «5 + 1» (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) avaient tourné court avant même de débuter, faute d’accord sur l’agenda. En se retrouvant samedi à Istanbul, plus d’un an après, l’ambitieux objectif des grandes puissances sera donc, avant tout, de restaurer la confiance et de poser les bases de futurs pourparlers avec Téhéran.

Car le dialogue, au fond, n’a jamais pu s’enclencher depuis que le voile a été levé, il y a près de dix ans, sur le programme nucléaire clandestin mené par l’Iran. Cette fois encore, le simple accord sur le lieu du rendez-vous n’a pas été une mince affaire, l’Iran souhaitant «punir» la Turquie pour son engagement contre le Syrien el-Assad.

Sur les rives du Bosphore, finalement, le négociateur iranien, Saïd Jalili, aura face à lui cinq directeurs politiques (menés par Catherine Ashton, la diplomate en chef de l’Union européenne) unis sur l’objectif mais passablement divergents sur la tactique à employer. Tous s’accordent, ils le rappelleront, à empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique en se conformant au traité de non-prolifération (TNP) et aux résolutions du Conseil de sécurité.

Les «5 + 1» se sont forgé, de haute lutte, une ligne commune: Téhéran sera tenu de fermer sa centrale souterraine de Fordow, près de Qom, sanctuaire de son programme, cesser d’enrichir l’uranium à 20% (le seuil de la capacité militaire) dont le stock (100 kg) devra être transféré hors des frontières de la République islamique.

Rapprochement israelo-américain

À l’approche de la rencontre d’Istanbul, les Iraniens ont soufflé le chaud et le froid, assortissant l’annonce d’«initiatives» de nouvelles menaces. «Toute la difficulté, résume un diplomate occidental, consistera à garder les Iraniens autour de la table sans perdre de vue nos objectifs finaux.» Des «marges de manœuvres» pourront ainsi être dégagées, sur tel ou tel des multiples paramètres d’une négociation complexe, explique cette source, notamment sur les gages de confiance à fournir par l’Iran, le rythme de leur application…

Le rendez-vous d’Istanbul sera surtout dominé par le spectre de frappes israéliennes. Une menace dont les membres des «5 + 1» sont tous conscients mais que chacun interprète tactiquement en fonction de ses contraintes propres. Vu de Washington, l’enclenchement d’une négociation avec Téhéran éloigne la perspective d’une action militaire de Tsahal.

Barack Obama ne peut se permettre de voir une crise faire grimper le prix du pétrole à la pompe et hypothéquer sa réélection. Ces dernières semaines, il a tout fait pour rassurer son allié israélien, épousant le discours de Benyamin Nétanyahou en n’écartant pas l’option militaire. «I don’t bluff» («Je ne bluffe pas»), a dit le président américain qui a présenté le rendez-vous d’Istanbul comme celui de la «dernière chance».

La fenêtre d’opportunité pour d’éventuelles frappes s’amenuisant rapidement, Washington voudrait voir un processus de négociation, quel qu’il soit, s’engager sans délai. C’est donc l’enjeu numéro un des discussions. D’autant plus qu’on ne croit pas, côté américain, contrairement à Israël, à la possibilité pour l’Iran de développer dans l’immédiat l’arme nucléaire.

Derrière un message de fermeté, destiné à Israël, il n’est donc guère impossible que Washington tolère une certaine marge de flexibilité dans les négociations, notamment sur la capacité d’enrichissement de l’Iran, pour peu que celui-ci donne quelques assurances. Hillary Clinton s’est évertuée récemment à rappeler le droit pour l’Iran à développer le nucléaire civil.

Paris «gardien du temple»

Cet état d’esprit inquiète Israël mais aussi certains partenaires des «5+1» comme la France. Paris se veut le «gardien du temple» en rappelant la nécessité d’une «mise en œuvre intégrale» des résolutions de l’ONU et de la ligne «duale» qui les sous-tend: renforcement des sanctions et ouverture au dialogue.

Côté français, comme américain d’ailleurs, on fait l’analyse que les six trains de sanctions imposés à l’Iran depuis 2006 portent leurs fruits. Le sujet a été évoqué jeudi lors de la conversation téléphonique entre Nicolas Sarkozy et Barack Obama. La mise en œuvre par l’UE d’un embargo pétrolier à partir du 1er juillet est censée encore charger la barque.

Enfin, la position russe constitue une autre inconnue de l’équation iranienne. L’été dernier, Moscou a tenté auprès de Téhéran une démarche, restée sans lendemain, qui envisageait une levée préalable de sanctions pesant sur l’Iran. Depuis, apparemment, la Russie joue le jeu des «5 + 1». Mais le contexte, marqué par les tensions autour de la crise syrienne et le différend persistant entre la Russie et les États-Unis, n’est guère propice.

Pour Moscou, comme pour Pékin, il n’est pas question de renforcer les sanctions. Un tableau d’ensemble qui ne prête guère à l’optimisme sur les chances d’aboutir. Pourtant, jamais sans doute le risque d’une conflagration n’aura été aussi grand depuis que le nucléaire iranien a été mis sur la table.

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