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Raymond Tshibanda : « Que n’a-t-on pas fait pour que l’opposition puisse participer au dialogue en RDC ? »

novembre 28, 2016

Raymond Tshibanda, ministre des Affaires étrangères, le 25 février 2015 à Paris. © Camille Millerand/J.A.

Isabel Ruth Tshombe a remporté le morceau. La représentante du président congolais Joseph Kabila pour la francophonie a obtenu que la résolution du sommet de l’Organisation internationale francophonie sur le dialogue politique en RD Congo soit considérablement édulcorée. Le ministre des Affaires étrangères Raymond Tshibanda était lui aussi présent.

La version initiale appelait « à l’approfondissement du dialogue national, dans une démarche véritablement inclusive », manière de dire que l’accord politique conclu par le pouvoir avec une partie de l’opposition était insuffisant. Cette formulation a été abandonnée au profit d’une déclaration beaucoup moins tranchante.

L’OIF se contente finalement d’inviter « toutes les parties prenantes congolaises au sens des responsabilités, afin de surmonter, de manière pacifique, dans une démarche inclusive, les difficultés liées à la gestion du calendrier électoral ».

Présent à Antananarivo, où il représentait la RD Congo, le ministre des Affaires étrangères Raymond Tshibanda s’est confié à Jeune Afrique sur ce sommet où les autorités congolaise auront, finalement, été peu bousculées.

Que pensez-vous des conclusions de ce sommet en ce qui concerne la RD Congo ?

Raymond Tshibanda : Quand la Francophonie se réunit, elle passe en revue la situation politique dans tous les États membres où se déroulent des processus électoraux ou qui peuvent être en situation de crise. Il n’y a pas eu de focalisation sur le cas de la RD Congo, même si son cas a été évoqué.

Nous avons fait remarquer qu’il y a un processus en cours, qui est passé par la tenue d’un dialogue politique inclusif facilité par l’Union africaine (UA), auquel ont participé la majorité présidentielle, l’opposition et la société civile. Cela a donné une feuille de route, qui est la seule voie responsable pour l’organisation d’élections crédibles et apaisées. Nous avons appelé la Francophonie à saluer et soutenir cet accord.

Puisque une solution a été trouvée par les Congolais et qu’elle est appuyée par la région et l’UA, il faut lui faire confiance.

L’Afrique et toutes les institutions régionales auxquelles nous appartenons l’appuient. On ne peut prétendre mieux connaître la situation que les Congolais et leurs voisins, qui seraient exposés à des conséquences négatives chez eux s’il devait y avoir débordement en RDC. Il y a un principe de subsidiarité dans les relations internationales. Puisque une solution a été trouvée par les Congolais et qu’elle est appuyée par la région et l’UA, il faut lui faire confiance.

Est-ce que cet accord est définitif ? La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) continue de mener des médiations.

Nous l’encourageons à continuer pour que ceux qui n’étaient pas inclus dans le dialogue acceptent d’y adhérer. Ils peuvent le faire à tout moment. Mais vous pouvez plaider une cause juste, encore faut-il qu’en face on vous écoute et qu’on soit constructif. Des élections ouvertes à tout le monde, qui se déroulent dans la transparence et la sécurité, avec l’accès de tous aux médias, c’est dans l’intérêt de tout le monde.

Maintenant, vous connaissez comme moi le plan de ceux qui sont contre l’accord. Ils disent : « Attendons le 19 décembre, on chasse le président Kabila, on installe un nouveau Président… ». Il est important que les pays soi-disant partenaires du Congo, qui prétendent lui donner des leçons de respect de la Constitution, disent à ces gens : « Vous êtes dans un schéma insurrectionnel, ce que vous préconisez n’a rien à voir avec la Constitution. »

Certains pays membres de l’OIF, et représentés à ce sommet, ont demandé à ce que ce dialogue soit plus inclusif. Est-ce que cela a donné lieu à des débats ?

Bien sûr, chacun a exprimé son point de vue. Nous avons exprimé le nôtre. On sait que des gens, qui peuvent être encouragés par des forces qui ne sont certainement pas congolaises, veulent contribuer à la déstabilisation de ce pays. Ils veulent faire preuve d’extrémisme et refusent tout. Que n’a-t-on pas fait pour que ces gens puissent participer au dialogue ?

Certains réclament une cessation des poursuites contre l’opposant Moïse Katumbi par exemple…

En Belgique ou en France, un acteur politique dirait que pour participer au processus politique normal, il exige que telle personne passible de poursuites pour des crimes de droit commun soit libérée… Est-ce que cela serait acceptable ? Pouvons-nous dire que nous voulons un État de droit et accepter que des lois s’appliquent à certains et pas à d’autres ?

Nous avons montré par le passé que nous sommes toujours prêts à payer le prix pour parvenir à la paix. Mais que je sache, le dossier qui met M. Katumbi en difficulté n’a rien à voir avec l’État congolais. C’est une personne privée, de nationalité étrangère de surcroît, qui le poursuit pour spoliation de ses biens.

En tant que ministre des Affaires étrangères, je reçois régulièrement des dossiers de représentations étrangères pour des cas similaires. Je les transmets à la justice, pour que les propriétaires légitimes soient rétablis dans leurs droits. Alors, si l’on doit arrêter les procédures contre M. Katumbi, dois-je comprendre qu’il faut aussi arrêter toutes les autres ?

Quelle que soit l’attitude du Rassemblement de l’opposition, les poursuites contre M. Katumbi se poursuivront de toute façon ?

Je ne suis pas le pouvoir judiciaire. Mais je dis simplement que ceux qui soutiennent ce type de demandes doivent quand même réfléchir à deux fois. Il ne peut y avoir une justice pour le commun des mortels et une autre pour ceux qui sont en position acceptable.

Quelle est la raison de l’absence du président Joseph Kabila à ce sommet ?

Comme vous le savez, il est engagé dans la mise en œuvre de l’accord politique, et il y a urgence. Nous ne voulons pas donner l’impression que nous traînons des pieds. Donc, pour lui, c’est la priorité. Mais le pays a été représenté.

Aux Etats-Unis, l’administration Obama a gelé les avoirs de certains responsables congolais. Est-ce que vous vous réjouissez de l’élection de Donald Trump ?

Le peuple américain choisit ses dirigeants. Nous avons des relations d’État à État avec les États-Unis. Nous ne tirons pas de conséquence particulière. Nous travaillerons avec l’administration qui viendra.

Jeuneafrique.com par Pierre Boisselet

RDC: la présidentielle pas avant « avril 2018 »

novembre 27, 2016

La présidentielle qui devait avoir lieu cette année en République démocratique du Congo ne pourra pas se tenir avant « avril 2018 », a déclaré à l’AFP le ministre des Affaires étrangères congolais Raymond Tshibanda, en marge du sommet de la Francophonie à Antananarivo.

M. Tshibanda a par ailleurs estimé qu’il ne pouvait « pas exclure qu’il y ait quelques tentatives de violence » de la part de l’opposition autour du 20 décembre, date de la fin du mandat du président Joseph Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter.

La RDC traverse une crise politique profonde depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011, aggravée par la non-tenue de la présidentielle dans les temps.

En octobre, la majorité et une frange minoritaire de l’opposition ont conclu un accord prévoyant le maintien de M. Kabila à son poste au-delà du 20 décembre et le renvoi de la présidentielle à une date non fixée, en contrepartie de la nomination d’un Premier ministre issu de l’opposition.

Après avoir eu l’occasion d’entendre des experts en matière électorale, non seulement de la RDC mais aussi [de l’ONU, de la Francophonie, et des Etats-Unis], il a été arrêté qu’au 31 juillet 2017 soit terminé l’opération d’enrôlement des électeurs et qu’au mois d’avril 2018 auraient lieu les élections, a déclaré M. Tshibanda.

Avant cela aucun expert ne pense que c’est faisable, a ajouté le ministre.

L’accord d’octobre ne fixe pas de date pour la tenue de la présidentielle et des législatives, qui devront avoir lieu le même jour, mais les éléments [d’un] calendrier global prévoyant la convocation de ces scrutins pas avant le 30 octobre 2017 et leur organisation dans un délai de six mois après leur convocation.

Alliée dans un Rassemblement autour de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, la majeure partie de l’opposition rejette cet accord et exige le départ de M. Kabila le 20 décembre.

Il est clair que tous les acteurs politiques ne sont pas responsables et que quelques uns sont en train d’investir dans la politique du pire, a estimé M. Tshibanda.

Ce qui est clair c’est que l’état congolais prendra ses responsabilités, a prévenu le ministre ajoutant que le peuple n’était pas prêt à se laisser manipuler, par une frange extrémiste de l’opposition.

Les 19 et 20 septembre, 49 civils et 4 policiers – selon l’ONU – ont été tués dans des violences en marge d’une marche du Rassemblement à Kinshasa. Le pouvoir et les organisateurs de la manifestation se sont renvoyé mutuellement la responsabilité de ces violences.

Depuis ce drame, le pouvoir a réussi à empêcher tout rassemblement de l’opposition dans la capitale congolaise, où le signal de la radio française RFI, l’une des plus écoutées du pays, est coupé par les autorités depuis le 5 novembre.

En application de l’accord d’octobre, M. Kabila a nommé mi-novembre au poste de Premier ministre l’opposant Samy Badibanga. Justifiant l’absence du président congolais au sommet de la Francophonie, M. Tshibanda a expliqué que ce n’est pas au moment où le chef de l’Etat est en train de mener des consultations pour la mise en place d’un gouvernement qu’il peut s’éloigner de la capitale.

Par Lefigaro.fr et Romandie.com avec AFP

RDC: le dialogue avec le M23 va à l’échec, selon Kinshasa

octobre 20, 2013

Les négociations de paix en cours à Kampala entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et les rebelles du M23 s’acheminent « vers un échec », a-t-on estimé dimanche soir de source officielle congolaise.

« On s’achemine lentement mais sûrement vers un échec », a déclaré à l’AFP par téléphone un haut responsable congolais présent à Kampala.

« Face aux concessions du gouvernement, le M23 met sur la table de nouvelles revendications », a-t-on ajouté de même source, indiquant que la rébellion avait « refusé la dernière proposition » de la médiation ougandaise, avalisée par le gouvernement.

Selon ce responsable, le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, qui était arrivé mardi à Kampala pour négocier un accord final avec les rebelles, pourrait quitter rapidement la capitale ougandaise.

Les négociations de Kampala avaient repris le 10 septembre, après plusieurs mois d’arrêt, sous la pression des chefs d’Etat de la région des Grands Lacs. Elles étaient censées durer deux semaines.

Parlant de « grandes avancées » dans les discussions, le président de la branche politique du M23, Bertrand Bisimwa, avait affirmé samedi que son mouvement avait consenti « de grandes concessions sur ses revendications politiques pour rendre possible la signature d’un accord de paix à Kampala dans les heures qui suivent ».

Aucun négociateur du M23 présent à Kampala n’avait pu être joint dimanche soir pour faire le point sur la situation.

Jeuneafrique.com avec AFP