Posts Tagged ‘rca’

Le Gabon annonce son retrait de la mission de l’ONU en RCA

mars 9, 2018

Libreville – Le Gabon a annoncé jeudi son intention de retirer ses quelques 450 soldats de la mission de l’ONU en Centrafrique, la Minusca, une décision qui fait suite à des manquements constatés dans ce contingent, selon un responsable à New York.

« Le ministre (de la Défense) a sollicité l’accord du Conseil des ministres pour le retrait des forces gabonaises de la République centrafricaine eu égard au retour progressif de la paix et de la stabilité dans ce pays frère », indique un communiqué officiel du gouvernement. Ce texte précise que le Conseil des ministres a instruit les ministères concernés d’entreprendre les démarches relatives à ce retrait.

Si cette décision, regrettée à New York, était appliquée, elle devrait se concrétiser en juin à l’occasion d’une prochaine rotation de troupes, a indiqué sous couvert d’anonymat un responsable au siège des Nations unies.

Avec le contingent gabonais, il y a eu « des problèmes d’équipement et d’abus sexuels », a ajouté ce responsable sans vouloir élaborer.

La décision du Gabon tombe mal pour l’ONU et sa mission en Centrafrique, qui a été renforcée à l’automne 2017 de 900 hommes par le Conseil de sécurité de l’ONU pour faire face à une dégradation de la situation sécuritaire. La Minusca a besoin « de plus de muscle », selon le même responsable de l’ONU.

Un contingent du Rwanda a été déployé dans le pays mais l’ONU attend toujours une décision politique du Brésil sur l’envoi de troupes.

Des problèmes de « discipline » et de « performance » ont par ailleurs été signalés pour les contingents marocain et mauritanien déployés en Centrafrique, a-t-on précisé de même source.

Le Gabon, qui dispose de 444 soldats au sein de la Minusca, a participé à la force de l’ONU en Centrafrique depuis son lancement en 2014.

« Les Nations unies respectent le choix du gouvernement gabonais et des discussions ont été engagées sur le calendrier du retrait de ce contingent dans des délais raisonnables », a réagi auprès de l’AFP Hervé Verhoosel, directeur de la communication de la mission onusienne, à Bangui.

M. Verhoosel a rappelé que l’engagement des Etats membres dans une opération de maintien de la paix était « un exercice volontaire », et que la contribution gabonaise avait été « très appréciée ».

– Abus sexuels –

Des soldats gabonais en Centrafrique ont été accusés d’avoir commis des abus sexuels. Fin 2016, le gouvernement gabonais avait annoncé l’ouverture d’enquêtes après l’identification par l’ONU d’une quinzaine de soldats gabonais soupçonnés d’avoir commis des agressions sexuelles en 2014 et 2015.

Depuis son déploiement, la Minusca fait face à une avalanche d’accusations d’agressions sexuelles, qui a déjà entrainé le renvoi de plus de 600 soldats du Congo Brazzaville en 2017.

En novembre, le Conseil de Sécurité a acté un renforcement de 900 militaires de la Minusca, déjà forte de 12.500 hommes.

Mais si des négociations ont eu lieu avec plusieurs Etats membres, le Brésil notamment, aucun pays n’a encore annoncé l’envoi de renforts en Centrafrique.

En janvier, une enquête interne de l’ONU avait recommandé un changement de stratégie de la Minusca pour une meilleure protection des civils, dans ce pays embourbé dans un conflit meurtrier depuis 2013.

L’Etat n’y a de contrôle que sur une maigre partie du territoire national. Les groupes armés s’affrontent dans les provinces pour le contrôle du diamant, de l’or et du bétail, dans l’un des pays les plus miséreux au monde.

Romandie.com avec(©AFP / 10 mars 2018 01h03)                                            

Centrafrique: arrivée d’une première livraison d’armes russes à Bangui

janvier 28, 2018

 

Des rebelles de la Séléka à Bria, dans le nord-est de la Centrafrique, en 2013. © Jacob Zocherman/AP/SIPA

Une première cargaison d’armes russes, destinées à l’équipement des forces armées centrafricaines, est arrivée dans la nuit de vendredi à samedi à Bangui, a appris l’AFP de sources onusiennes concordantes.

L’avion, un IL76 opéré par l’armée russe, est arrivé à l’aéroport de Bangui depuis Khartoum le 26 au soir, et est reparti pour Khartoum dans la nuit.

« Il y avait des agents russes pour les accueillir », a indiqué à l’AFP une source de l’ONU.

Mi-décembre, après de longues négociations avec le Conseil de sécurité de l’ONU, la Russie avait été autorisée à donner un stock d’armement conséquent à la RCA, destiné à l’armée centrafricaine en reconstruction, en vertu d’une exemption accordée par l’ONU à Moscou à l’embargo sur les armes décrété à l’égard de ce pays.

Washington, Paris et Londres avaient notamment demandé à leur partenaire russe des mesures renforcées de stockage de ces armes et de les identifier précisément avec des numéros de série, selon des sources diplomatiques.

Moscou doit équiper deux bataillons, soit 1.300 hommes, avec des armes légères (pistolets, fusils d’assaut, de précision et mitrailleuses, mais également lance-roquettes RPGs et armes anti-aériennes).

La Russie va former des militaires centrafricains

La Russie a également reçu l’autorisation de l’ONU d’entraîner les militaires centrafricains à l’utilisation de ces armes.

Des instructeurs militaires russes sont déjà arrivés à Bangui, a appris l’AFP de sources onusiennes et diplomatiques concordantes. Un camp d’entraînement militaire est en cours de réhabilitation à Bérengo, dans le sud-ouest du pays, a appris l’AFP de ces mêmes sources.

La Centrafrique, où de nombreux groupes armés continuent de sévir, est visée par un embargo sur les armes depuis 2013. Les dirigeants centrafricains avaient demandé il y a quelques mois à la Russie de lui fournir des armes pour des unités en cours de formation par l’Union européenne.

Début janvier, les Etats-Unis ont annoncé un don de 12,7 millions de dollars pour des programmes de formation de l’armée centrafricaine.

A terme, la force de paix de l’ONU en Centrafrique, qui vient d’être prolongée pour un an, doit être remplacée sur le terrain par les Forces armées centrafricaines (FACA).

La Centrafrique est embourbée dans un conflit depuis le renversement en 2013 du président François Bozizé par une coalition pro-musulmane (l’ex-Séléka), qui a entraîné une contre-offensive de milices pro-chrétiennes autoproclamées d’ »autodéfense » (anti-balaka, ou anti-machettes). Si la capitale Bangui est désormais épargnée par les violences, ces groupes armés continuent de s’affronter sur une large partie du territoire pour le contrôle des ressources dans ce pays de 4,5 millions d’habitants, l’un des plus pauvres au monde.

Jeuneafrique.com

Centrafrique: le chef de guerre Noureddine Adam menace de « marcher sur Bangui »

décembre 27, 2017

 

Nourredine Adam, ancien numéro 2 de la Séléka, le 14 mars 2013 à Bangui. © Vincent Fournier / J.A.

Il se dit « homme de paix » mais Noureddine Adam, l’un des principaux chefs de groupes armés qui sévissent en Centrafrique, fait la guerre et veut la continuer.

Dans un entretien exclusif à l’AFP ce mardi 26 décembre, Noureddine Adam parle d’une « ligne rouge » dont « le gouvernement s’approche » et qui pourrait le pousser à lancer ses hommes, comme en 2013, sur Bangui.

Leader d’une large coalition de groupes armés impliqués dans de nombreuses exactions ces dernières années en Centrafrique, il sert le thé à ses invités. Parfumé, dans un boubou soigné, Adam arbore un large sourire. Ses paroles restent guerrières.

« Un jour, on va devoir prendre nos responsabilités pour libérer le pays », menace-t-il depuis Birao, capitale de la Vakaga, région du nord de la Centrafrique, et quartier-général de son groupe armé, le Front populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC).

Physique longiligne et lunettes fines, il se dit faiseur de roi dans le pays le moins développé du monde, revendiquant « 5 000 à 8 000 » hommes au FPRC et une myriade de groupes armés sous ses ordres. « Nous en sommes au même point qu’en 2012 », quand la coalition pro-musulmane de la Séléka – dont il est cofondateur – s’apprêtait à prendre le pouvoir, dit-il en pesant ses mots.

Assis dans la cour sablonneuse de la résidence du sultan de la Vakaga, – l’une des rares habitations en dur de Birao – il affirme avoir toujours autorité sur toutes les anciennes factions de la Séléka, et ce malgré de violents affrontements et dissensions entre elles ces derniers mois.

Touadéra le « criminel »

Il s’est allié en 2015 à un groupe armé anti-balaka (milices prétendument créées pour se défendre contre l’ex-Séléka musulmane) et ancien ennemi : « Avant tout, il faut qu’on lave les cœurs. Intégrer ces gens, c’est y participer ». Ce ralliement a des allures de prise de guerre.

L’homme, une pierre précieuse verte au doigt, prétend – comme de nombreux autres chefs de milices et groupes armés – « vouloir la paix avant tout ». Mais Noureddine Adam reste un chef de guerre, et le président Faustin-Archange Touadéra est aujourd’hui sa cible principale.

C’est un criminel. […] Il n’a aucune chance de finir son mandat

Après le départ de la Séléka provoqué par l’intervention militaire française Sangaris, suivi de deux ans de transition, Touadéra a été élu en 2016, soutenu par la France et l’ONU qui ont vu en lui un espoir démocratique dans un pays qui n’a connu depuis son indépendance en 1960 que coups d’État et instabilité politique.

« C’est un criminel », assène Adam. « Il n’a aucune chance de finir son mandat ». Retranché chez lui, dans la Vakaga, aux confins des frontières du Soudan et du Tchad, il répète à l’envie le mal qu’il pense du pouvoir actuel, qui soutiendrait et armerait, selon lui, les anti-balaka à travers tout le pays.

Alors que l’imam de la mosquée voisine appelle à la prière du soir, Noureddine Adam continue sa diatribe guerrière. La force de l’ONU (Minusca, présente dans le pays depuis 2014) est « l’avocate du gouvernement, ce n’est pas son rôle », accuse-t-il.

Je n’ai pas peur d’aller me justifier à Bangui

Seules les sanctions onusiennes et américaines – interdiction de voyager, gel des avoirs – lui semblent « normales » : « Ce n’est pas seulement moi qui a été visé, il y a aussi les ex-présidents Michel (Djotodia) et Bozizé. Il y a des crimes qui ont été commis du côté musulman et du côté chrétien. On ne peut pas contrôler tout le monde. Depuis 2002, on est en train de s’entretuer. »

« Je n’ai pas peur d’aller me justifier à Bangui », dit-il, affirmant néanmoins qu’il faut d’abord rétablir la paix « avant de voir qui a tué qui, et qui a commis des crimes. » Mais « on ne peut pas juger [ces crimes] sans être au pouvoir », ajoute-il d’emblée, laissant paraître une volonté prononcée de revenir à Bangui, où il a été quelques mois chef des renseignements sous Djotodia. Et accusé d’avoir commandité dans ces fonctions des actes de torture selon l’ONU.

La sécession finie

Entouré de son état-major et de sa garde rapprochée, il se voit président : « Si c’est pour amener la paix et la sécurité, pourquoi pas ? » Plus question de la sécession du nord, comme il l’a prôné par le passé après la perte de Bangui par la Séléka, son but est de nouveau la capitale. Et si la communauté internationale s’y oppose ? « Ça sera dommage ».

Alors qu’il se dit victime, il commande depuis son bastion désertique les attaques de ses hommes armés, au nombre généralement estimé à plusieurs centaines. Ceux-ci sont impliqués dans le meurtre de civils et le déplacement de dizaines de milliers d’autres dans le pays.

Nous sommes les fils de ce pays, nous avons un rôle important à jouer

Noureddine Adam réfute les accusations de recrutement de mercenaires étrangers, mais n’hésite pas à menacer : « si les Faca [l’armée centrafricaine] sont déployées dans nos zones, c’est fini, c’est le chaos », martèle-t-il. « Nous sommes les fils de ce pays, nous avons un rôle important à jouer. »

Fin 2017, en Centrafrique, un civil sur deux dépend de l’aide humanitaire et près d’une personne sur cinq a dû fuir son domicile.

Mi-décembre, l’ONU a autorisé la Russie à donner des armes au gouvernement de Touadéra. « Avec cette livraison, on approche de la ligne rouge », prévient, calme, Noureddine Adam.

Jeuneafrique.com avec AFP

Centrafrique: des experts de l’Onu déplorent une « détérioration » de la sécurité

décembre 23, 2017

Un groupe de soldats français de la mission Sangaris passe près d’un enfant à Bangui, en Centrafrique, le 13 juillet 2014 / © AFP/Archives / PACOME PABANDJI

Il y a une « détérioration des conditions de sécurité » en Centrafrique, causée par une expansion des groupes autoproclamés d’autodéfense, une meurtrière lutte d’influence entre groupes armés et le peu de progrès de la restauration de l’autorité de l’Etat en province, estime des experts de l’ONU dans un rapport obtenu samedi par l’AFP.

L’émergence de nouveaux groupes autoproclamés d' »autodéfense » est encouragée en Centrafrique par la « montée d’un discours incendiaire et discriminatoire » de personnalités politiques à Bangui vis-à-vis des communautés musulmanes, estime le panel des experts de l’ONU sur la Centrafrique, chargé par le Conseil de sécurité d’enquêter de façon indépendante sur la crise centrafricaine.

Ces discours « bellicistes » sont « de plus en plus » présents et ont un effet mobilisateur sur les milices antibalaka prétendant défendre la majorité chrétienne et les groupes autoproclamés d’autodéfense, dit le texte, publié vendredi.

Dans le sud-est du pays, et à Bangassou particulièrement, le panel note le recrutement en cours par ces nouveaux groupes de combattants locaux et l’accroissement du trafic d’armes et du matériel militaire avec la RDC voisine.

En mai 2017, Bangassou avait été attaquée par des groupes autoproclamés d’autodéfense ciblant les musulmans de la ville. Ceux-ci sont toujours réfugiés dans l’enceinte du petit séminaire et Bangassou reste aux mains de ces groupes.

Par ailleurs, le panel note que les groupes armés pro-musulmans maintiennent une « emprise sur de nombreuses régions » centrafricaines. Le texte relève la subsistance d’une violente lutte d’influence entre ceux-ci, dans le centre du pays notamment, encouragée par des rivalités économiques liées à l’exploitation illégale des ressources naturelles.

Aussi, « peu de progrès ont été observés s’agissant du rétablissement de l’autorité de l’Etat » en Centrafrique, constate le rapport, alors que le gouvernement tente depuis plusieurs mois d’étendre son autorité hors de Bangui avec notamment une tentative de déploiement de préfets.

Enfin, ce rapport rappelle que la Centrafrique est « l’endroit le plus dangereux au monde pour les acteurs humanitaires » et que l’année 2017 aura été « l’année la plus meurtrière pour les soldats de la paix » (12 morts parmi les Casques bleus de la Minusca, force présente dans le pays depuis 2014).

Romandie.com avec(©AFP / 23 décembre 2017 11h48)

Centrafrique: au moins dix morts dans des affrontements à Ippy (centre)

décembre 7, 2017

Bangui – Au moins dix personnes ont été tuées en Centrafrique depuis dimanche à Ippy (centre) où se déroulent des affrontements meurtriers entre groupes armés, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

« Hier (mercredi) nous avons enterré dix morts », a indiqué une source religieuse à l’AFP, ajoutant que le nombre de morts pourrait atteindre une quarantaine, civils et combattants confondus. Une source onusienne a confirmé le nombre de dix morts à Ippy, ville du centre du pays située sur l’axe Bambari-Bria.

« Pour le moment la population a abandonné les maisons », se réfugiant sur la base à Ippy de la force armée des Nations unies (Minusca), dans la mosquée et dans l’église, a indiqué une source religieuse à l’AFP, jointe par téléphone.

La Minusca a effectué une reconnaissance aérienne en hélicoptère en début d’après-midi, permettant une certaine accalmie, selon la source religieuse et le porte-parole de la Minusca, qui a de son côté « appelé les parties impliquées à cesser immédiatement ces hostilités ».

Les combats opposent depuis dimanche des membres du Front Populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) alliés aux combattants de l’Unité pour la Centrafrique (UPC), à des anti-balaka alliés à une branche dissidente du FPRC, indiquent des sources concordantes.

Les anti-balaka (antimachettes) sont composés de Centrafricains à majorité chrétiens et animistes et s’opposent régulièrement aux combattants et aux civils qu’ils assimilent à des musulmans, arabes, peuls, « des étrangers » selon eux.

Le FPRC est issu du mouvement rebelle de la Séléka, à l’origine de la déstabilisation de la Centrafrique en 2013 mais qui a connu des scissions. Le FPRC compte depuis septembre un membre au gouvernement centrafricain.

Le FPRC de Nourredine Adam est allié à l’UPC d’Ali Darass depuis un accord de cessez-le-feu entre plusieurs groupes armés signé à Ippy mi-octobre.

Selon le porte-parole de l’UPC Hassan Bouba joint par l’AFP et basé à Bangui, la coalition UPC-FPRC aurait perdu sept combattants dans les affrontements.

Les anti-balaka qui s’affrontent depuis dimanche à Ippy avec la coalition FPRC-UPC sont sous le commandement du chef Gaëtan Boade, qui a créé récemment le « Rassemblement des républicains (RDR) », selon des sources concordantes. Ces anti-balakas sont alliés d’une branche dissidente du FPRC.

Le chef de cette branche dissidente, le général Azor, joint par l’AFP et basé à Bria, a dit avoir enregistré un mort et un blessé dans ses rangs à Ippy.

La Centrafrique est en proie depuis 2013 à des violences intercommunautaires après le renversement de l’ex-président François Bozizé par les milices séléka, entraînant une réaction des milices d' »autodéfense » anti-balaka.

Aujourd’hui, les groupes armés en Centrafrique s’affrontent pour le contrôle de ressources naturelles (diamants, or, bétail…) et dans d’intenses luttes politiques dans l’un des pays les plus pauvres du monde.

La Centrafrique compte environ 4,5 millions d’habitants. En raison des violences, plus de 600.000 personnes sont déplacées en Centrafrique et 500.000 sont réfugiées dans des pays voisins.

Romandie.com avec(©AFP / 07 décembre 2017 18h24)                                            

Crise centrafricaine: quelle est la légitimité de la « représentation » de la diaspora en France?

novembre 6, 2017

Lors de la mise en place de la Communauté des Centrafricains de France, samedi 4 novembre 2017 à Paris. © DR

Accusés de passivité face à la situation que traverse le pays, des ressortissants centrafricains résidant en France se sont réunis à Paris pour émettre des « propositions de sortie de crise ». Une démarche qui ne fait pas l’unanimité en RCA : les organisateurs sont en effet soupçonnés d’avoir reçu des financements des proches du président Faustin Archange Touadéra.

Créée le 4 novembre à Paris, une instance qui entend représenter la communauté centrafricaine de France entend peser dans le règlement de la crise qui secoue le pays. Ce nouvel organisme, qui a mis en place un « bureau de représentation », se propose de jouer les médiateurs et de se faire l’ambassadeur de la Centrafrique, notamment dans le domaine économique.

Mais cette instance, à peine née, a fait l’objet de critiques, certains voyant dans cette initiative la main du président Faustin Archange Touadéra, qui voudrait instrumentaliser la diaspora à son profit.

• Quel est l’objectif de la « Communauté centrafricaine de France » ?

La « Communauté centrafricaine de France » a été créée ce samedi 4 novembre, à Paris, avec pour mission, selon ses initiateurs, de « promouvoir la solidarité et le dialogue social au sein de notre communauté [et de] favoriser les investissements et apports de la diaspora centrafricaine pour le relèvement de la Centrafrique ». Elle se veut « le pont et la locomotive des porteurs de projets économiques et d’investissement pour le pays » et espère « constituer un interlocuteur crédible face aux autorités politiques et administratives du pays d’origine et du pays d’accueil », détaille Didier Martial, le porte-parole du bureau de représentation mis en place samedi.

Depuis le début de la crise qui secoue le pays, en 2013, c’est le premier groupe dans lequel tous les Centrafricains de France sont appelés à se rassembler.

• Pourquoi la diaspora française a-t-elle été accusée de passivité ?

Avant la mise en place de ce bureau de représentation, il a existé de nombreuses associations de la diaspora centrafricaine en France. Mais aucune n’a su peser véritablement sur les belligérants.

En outre, certains des dirigeants de groupes armés encore actifs dans le pays sont passés par la France.

« La diaspora centrafricaine dans l’Hexagone a toujours influencé les régimes successifs à Bangui. Paris reste « La Mecque » des présidents centrafricains dans leur prise de pouvoir », explique Bienvenu Guinon, qui vient d’être élu président de la « Communauté centrafricaine de France ».

C’est surtout sur les réseaux sociaux que cette diaspora se fait remarquer. Dans son discours traditionnel du 13 août, à l’occasion de la commémoration de l’anniversaire de l’indépendance, Faustin Archange Touadera a reconnu à demi-mots l’impact de cet activisme sur les réseaux sociaux. Il a également pointé « des gens malintentionnés qui critiquent incessamment » son régime.

« C’est d’ailleurs ce qui a suscité la mise en place d’un bureau représentant toutes les couches sociales et religieuses », indique à Jeune Afrique Bienvenu Guinon, expliquant qu’il s’agit de « mener, cette fois, des actions méthodiques, organisées avec le gouvernement centrafricain, pour apaiser les souffrances de nos compatriotes. »

• La « main invisible » des politiques ?

Les jours précédant la rencontre de samedi, à Paris, plusieurs observateurs centrafricains ont soupçonné une « main invisible » d’être à l’œuvre derrière la création cette organisation.

Des « soupçons infondés », affirme le comité d’organisation. « Ces allégations sont fondées sur les récents voyages à Bangui de l’un des membres fondateurs de notre association, qui a été élu président – Bienvenu Aimard Guinon – et de son accointance supposée avec des membres influents du pouvoir », explique Didier Martial.

Mais il assure aussitôt : « Je puis vous garantir que l’idée germait depuis des années. Le président de la République a simplement usé de son implantation dans le milieu centrafricain, malgré de nombreuses critiques, pour lancer un mouvement associatif regroupant tous les Centrafricains sans distinction de leur ethnie, religion ou convictions politiques. »

Parmi les proches du président Touadera soupçonnés de s’activer derrière cette organisation, Sani Yalo. Ancien libérateur, qui avait soutenu François Bozizé en 2003, cet homme d’affaires s’est ensuite réfugié en France après le coup d’État de la Séléka, en 2013.

Très vite, il est revenu dans le sillage du nouveau président. Mais le comité d’organisation réfute ce soupçon. « L’élection des membres du bureau a été démocratique et nous voulons changer les choses, cette fois, afin de contribuer à résoudre la crise chez nous », soutient Didier Martial.

Jeuneafrique.com par

« Journée de la fille » : 9 des 10 pays où les filles sont le moins éduquées sont africains

octobre 11, 2017
Collégiennes à la sortie des cours à Abidjan, Côte d’Ivoire. © Jacques Torregano / JA

À l’occasion de la journée internationale de la fille, célébrée ce 11 octobre, l’ONG ONE, a publié un rapport interpellant la communauté internationale sur les difficultés que rencontrent les filles pour aller à l’école.

Les 10 pays où les filles ont le moins accès à l’éducation sont également les pays les plus fragiles et  les plus pauvres du monde. On retrouve en tête le Soudan du Sud, la République de la centrafricaine, le Niger, l’Afghanistan, le Tchad, le Mali, la Guinée, le Burkina Faso, le Libéria et l’Éthiopie.

ONE a réalisé ce classement à partir de 11 indicateurs :  le taux de filles non scolarisées en âge de fréquenter l’enseignement primaire, le premier et le deuxième cycle du secondaire ; le nombre moyen d’années de scolarisation des femmes âgées de 25 ans et plus ; le taux d’alphabétisation au sein de la population féminine des 15–24 ans; le pourcentage d’instituteurs qualifiés dans le primaire ; le nombre d’élèves par enseignant dans les écoles primaires et  les dépenses dans l’éducation en pourcentage du total des dépenses publiques.

Plus de 130 millions de filles ne sont pas scolarisées

Les obstacles à l’éducation des filles sont multiples et disproportionnés selon les régions. Chaque année, le mariage précoce prive des millions de filles d’éducation. Dans les 10 pays listés dans le classement de l’ONG ONE, la majorité des filles de moins de dix-huit ans sont déjà mariées.

Les familles font souvent le choix d’envoyer leurs garçons à l’école plutôt que leurs filles. Les tâches ménagères passent avant l’éducation. La probabilité qu’une fille ne soit pas scolarisée est de 57% plus élevée que la même probabilité pour un garçon, et cet écart atteint 83% au lycée.

Dans les zones de conflits, les inégalités entre les filles et les garçons en matière d’éducation sont plus importantes. Au Nigéria, de nombreuses écoles sont fermées à cause des attaques perpétrées par le groupe djihadistes Boko Haram – nom qui signifie en haoussa « l’éducation occidentale est un pêché ». Dans certaines régions de ce pays, plus de la moitié des jeunes filles n’ont pas accès à l’éducation.

Renforcer les moyens alloués à l’éducation

Dans son rapport, l’ONG propose différentes mesures pour améliorer l’accès des filles à l’école et à l’instruction. Elle demande à chaque gouvernement d’accorder 20% du budget national à l’éducation. Le Soudan du Sud par exemple, où seulement 27% des filles vont à l’école primaire, 2,6% du budget national est consacré à l’éducation

L’ONE souhaite que les États réforment les politiques publiques, embauchent plus d’enseignants et favorisent l’accès des élèves à internet. Mais également, que les gouvernements donateurs augmentent les financements du Partenariat mondial pour l’éducation (PME).

Friederike Röder, directrice France de ONE espère que la France « financera à hauteur de 300 000 milliards de dollars les projets du Partenariat mondial pour l’éducation pour la période 2018-2020 ».

Le pays s’est engagé avec le Sénégal à co-parrainer la prochaine reconstitution du Partenariat mondial pour l’éducation qui aura lieu en février 2018 à Dakar.

Jeuneafrique.com par

Centrafrique: plusieurs volontaires de la Croix-Rouge assassinés par des hommes armés

août 9, 2017

Un milicien anti-balaka, en 2014 à Guen,au nord de Bangui. © Jerome Delay/AP/SIPA

D’après un bilan encore non définitif, six volontaires de la Croix-Rouge centrafricaine ont été tués la semaine dernière à Gambo, dans le sud-est du pays, par des hommes non identifiés.

« L’attaque a eu lieu le 3 août à Gambo, dans la préfecture de Mbomou, précise à Jeune Afrique Gérald Bikomdi, responsable de la communication à la Croix-Rouge centrafricaine. Mais nous l’avons appris seulement hier, à cause de l’absence de couverture téléphonique dans cette zone. »

« Nous ne connaissons pas exactement le nombre de victimes parmi les volontaires de la Croix-Rouge, mais il tourne autour de six personnes », a-t-il poursuivi. D’après un communiqué de l’organisation humanitaire, le président du comité local de Gambo et son trésorier général figurent parmi les victimes.

Un deuil de trois jours

Les assaillants n’ont pas encore été formellement identifiés, en raison de l’isolement de cette région qui abrite de nombreux groupes armés. « La presse locale rapporte qu’il y aurait eu au total entre 30 et 50 morts lors de cette attaque, mais nous n’avons pas plus de précisions », a indiqué Ananie Kulimushi, membre du Comité international de la Croix-Rouge à Bangui.

Face au drame, la Croix-Rouge centrafricaine a indiqué dans un communiqué avoir demandé à ses membres d’observer un deuil de trois jours, à compter du 9 août, « en mémoire de leurs vaillants collègues ».

Depuis plusieurs semaines, la Centrafrique est en proie à une recrudescence des violences entre groupes armés. D’après un décompte de l’AFP, au moins 45 personnes ont ainsi été tuées depuis début juillet et 7 000 se sont réfugiées au Cameroun.

Jeuneafrique.com par

Centrafrique: une centaine de morts à Bria

juin 21, 2017

Des casques bleus du Gabon patrouillent à Bria en Centrafrique, le 12 juin 2017 / © AFP / SABER JENDOUBI

Les affrontements de mardi à Bria, dans le centre-est de la Centrafrique, ont fait une centaine de morts, selon un nouveau bilan diffusé mercredi par le maire de Bria Maurice Belikoussou et le curé de la ville, l’abbé Gildas Gbénai.

Ces affrontements entre différents membres d’un groupe armé, proches pour les uns des miliciens anti-balaka et pour les autres d’une mouvance musulmane du groupe, sont survenus au lendemain de la signature à Rome d’un accord prévoyant un cessez-le-feu immédiat entre groupes armés et gouvernement, sous le parrainage de la communauté catholique Sant’Egidio.

Romandie.com avec(©AFP / 21 juin 2017 14h28)                

Centrafrique: à Bangassou, la population replonge dans la terreur

mai 29, 2017

Un hôpital de Médecins sans frontières à Bangassou, le 26 mai 2017 / © AFP / SABER JENDOUBI

Cible d’une des attaques les plus meurtrières en Centrafrique ces derniers mois, Bangassou, dans l’est du pays, a replongé dans la terreur des tueries menées par des bandes armées malgré la présence de Casques bleus.

Les assaillants « nous lançaient des mains et des pieds découpés », se remémore Djamil, réfugié dans un camp proche de la cathédrale, en évoquant l’attaque lancée le 13 mai par des centaines d’assaillants contre le quartier musulman de Bangassou, ville d’environ 35.000 habitants à majorité chrétienne, sur la rivière Mbomou, frontière avec la République démocratique du Congo.

Un bilan provisoire de la Croix-Rouge centrafricaine et du Bureau des Affaires humanitaires des Nations unies en Centrafrique (Ocha) a fait état de 108 morts et de 76 blessés.

Selon la force de l’ONU (Minusca, 12.500 hommes), les coupables sont des miliciens anti-balaka, se revendiquant défenseurs des chrétiens face aux ex-rebelles séléka, majoritairement musulmans.

Plusieurs centaines de personnes avaient trouvé refuge dans la mosquée après l’assaut. « La Minusca nous a dit de nous réfugier dans la mosquée, et c’est ce qu’on a fait… Puis les Casques bleus nous ont abandonnés »,accuse Djamil.

« Devant le nombre d’assaillants, les Casques bleus ont dû reculer », se souvient une source proche de la Minusca.

– Machettes et fusils –

« Dès le départ des Casques bleus, une vague d’anti-balaka a accouru vers la mosquée en hurlant, brandissant machettes et fusils artisanaux », a raconté l’AFP l’évêque de Bangassou, Mgr Juan José Aguirre: « J’ai tenté le dialogue, mais ils ont fini par tirer sur un ami qui voulait me protéger ».

« Ils ont vu l’imam sortir. Ils lui ont tiré dessus », continue l’évêque. « Il est tombé à genoux, blessé à mort. Quand je suis revenu, je l’ai trouvé comme ça, puis l’ai porté pour l’allonger dignement. Les anti-balaka m’ont hurlé dessus pour que je n’y touche pas ».

« Ils étaient drogués, alcoolisés, incontrôlables », se souvient un humanitaire.

Terrorisés par cette nouvelle flambée de violences, les habitants de Bangassou se terrent ou fuient. Seules quelques boutiques du marché central sont désormais ouvertes et les rues sont désertes.

Selon Ocha, le nombre de déplacés de Bangassou s’élève à près de 15.000 depuis le 13 mai et les attaques sporadiques continuent.

Dimanche encore, « des éléments armés présumés anti-balaka, ont interdit aux humanitaires de mener une mission dans la localité. Par ailleurs, des éléments armés ont enlevé une femme et cinq enfants avant de les tuer en brousse », a indiqué lundi la force de l’ONU (Minusca).

– Enterrée vivante –

Mercredi, ces mêmes anti-balaka avaient « enlevé deux femmes soignées à l’hôpital. Une des femmes a été abattue sur place tandis que l’autre a été enterrée vivante », selon la Minusca.

Face à cette spirale de violences, les humanitaires redoutent désormais de nouveaux « assauts de grande ampleur » dans la ville, a indiqué l’un d’entre eux à l’AFP sous couvert d’anonymat.

Les affrontements entre séléka et anti-balaka ont dégénéré en tueries intercommunautaires de masse en 2013, plongeant la Centrafrique dans le chaos.

L’intervention militaire française Sangaris, puis le déploiement de Casques bleus ont réduit le niveau des exactions, mais des bandes armées sévissent toujours dans plusieurs régions du pays.

« Cette chasse aux musulmans, les pillages de leurs boutiques, de leurs maisons, c’est une vengeance contre la séléka », selon l’évêque: « Dans la tête des gens, les musulmans de Bangassou sont alliés à l’ex-séléka ».

L’identité du groupe d’anti-balaka auteur de l’assaut reste floue. « Les gens qui nous ont massacrés sont des inconnus », assure Ali, un commerçant déplacé.

« Ils viennent de Bakouma, Niakari, Kitika et d’autres localités de la Mbomou », préfecture de l’est du pays, précise Mgr Aguirre, sans doute attirés par les richesses minières et forestières de la région de Bangassou.

Le contrôle de ces ressources (diamant, or, bois,…) provoque régulièrement des affrontements meurtriers entre bandes rivales dont les civils sont les premières victimes.

« Ces jeunes sont désoeuvrés (…) Je les ai rencontrés dès le mois de février, car c’est mon diocèse, pour leur demander de ne pas s’en prendre aux écoles, notamment », ajoute le prélat.

Au sein de l’évêché se trouve un autre camp de déplacés constitué, lui, de chrétiens. Entre les deux, un no man’s land, où sont assoupis quelques Casques bleus « épuisés », selon la Minusca, qui rappelle que six Casques bleus sont morts dans la région de Bangassou début mai.

Romandie.com avec(©AFP / 29 mai 2017 12h36)