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RDC : à Lusanga, les fantômes d’Unilever au Congo-Zaïre

avril 30, 2017

Dans le camp de Kigangu à Lusanga, l’ex-Leverville, à environ 570 km à l’est de Kinshasa, pris en photo le 22 avril 2017, subsistent des vestiges de villas envahis par des herbes hautes, des bureaux abandonnés, et des usines en ruines. © Junior D. KANNAH/AFP

Souvenirs douloureux des travaux forcés et des brimades, mais aussi nostalgie d’une prospérité perdue s’entrechoquent à Lusanga, ancien foyer de l’empire disparu de la multinationale anglo-néerlandaise Unilever en République démocratique du Congo.

De l’ex-Leverville, à environ 570 km à l’est de Kinshasa, subsistent aujourd’hui des vestiges de villas envahis par des herbes hautes, des bureaux abandonnés, et des usines en ruine.

La cité est apparue après l’attribution, en 1911, dans ce qui était alors le Congo belge, d’immenses concessions de forêts de palmiers sauvages Elaeis à l’entrepreneur anglais William Lever, dont la société Lever Brothers donnera naissance moins de deux décennies plus tard à Unilever, aujourd’hui mastodonte international de l’industrie agroalimentaire et cosmétique.

Si l’entreprise qui « commença à fabriquer du savon à échelle industrielle (…) a pu se développer pour devenir la multinationale Unilever, elle le doit en partie au Congo », rappelle l’historien belge David van Reybrouck dans son livre « Congo, une histoire », mais ce pan du développement de la société est totalement occulté sur les pages du site internet Unilever consacrées à l’histoire de la firme.

Est-ce parce que les Huileries du Congo belge (HCB) – Plantations Lever au Congo (PLC) après l’indépendance de 1960, puis Plantations Lever au Zaïre (PLZ) lorsque le pays changera de nom sous l’impulsion du dictateur Mobutu en 1971 – n’ont pas laissé qu’un bon souvenir ?

Dans cette localité d’environ 15.000 habitants, aujourd’hui dépourvue de la moindre infrastructure, sans électricité ni eau potable, on s’approprie le récit des générations précédentes et de leurs souffrances sous le joug colonial.

Car si William Lever « était réputé pour ses réalisations sociales en Angleterre », écrit le professeur Henri Nicolaï dans la revue géographique belge Belgeo en 2013, le « système huilier » du Congo belge fut « un système de contraintes » qui s’écroulera après l’indépendance, « lorsque l’économie huilière (sera) débarrassée des abus qui l’avaient entachée ».

Révolte 

À l’époque coloniale, « on nous recrutait de force en complicité avec le chef du village pour venir couper les noix de palme », raconte à l’AFP comme s’il l’avait vécu, Séverin Mabanga, ancien des PLZ recruté en 1974. « On mettait le feu au pied du palmier pour que l’apprenti-coupeur ne tente pas de descendre de l’arbre » avant d’avoir achevé sa tâche, ajoute ce chef de quartier de 65 ans reconverti dans la vannerie.

Les ouvriers agricoles, souvent déplacés de leurs villages du fait d’un manque de main-d??uvre sur place, étaient contraints à un travail risqué (grimper sans assurance sur des troncs lisses dépassant dix mètres de haut pour y cueillir de lourds régimes de noix de palme) pour un salaire de misère.

En 1929, la crise économique mondiale fait chuter les cours de l’huile de palme. Unilever répercute une partie des pertes induites sur les salaires. Combinée à un fort ressentiment contre l’administration coloniale, la colère suscitée par cette mesure va donner lieu localement en 1931 à la plus grosse révolte de l’histoire du Congo belge, matée par une répression impitoyable ayant fait des centaines de morts.

Après l’indépendance, les plantations industrielles de Lusanga et de sa région s?essoufflent, du fait d’une baisse de rendement des palmiers, de la concurrence de la production d’Asie du Sud-Est, et surtout de la « zaïrianisation », la politique de confiscation des entreprises étrangères décidée par Mobutu en 1973, relève le Pr. Nicolaï.

À la suite de négociations, Unilever recouvre l’intégralité de son outil de production en 1977. La multinationale décide alors de se concentrer sur le marché intérieur (tant pour l’alimentation que pour la fabrication de savon), mais la concurrence d’une huile artisanale de moins bonne qualité vendue bien moins chère dans un environnement de déliquescence économique finissent par avoir raison de la rentabilité.

Unilever se désengage progressivement et cède l’intégralité de ses actifs restants dans le pays en 2009 après les deux guerres ayant ravagé le Congo entre 1996 et 2003.

« Soins gratuits » 

« À l’époque des PLZ on était très bien, il n’y avait pas autant de souffrance » qu’aujourd’hui, témoigne Nzuzi Mafola, 41 ans, reconverti en agriculteur après 15 ans de salaires impayés comme enseignant.

« Il y avait beaucoup d’activités économiques, la population s’y retrouvait », reconnaît Thomas-Michel Mondenge, responsable administratif de la région.

Le chef Mabanga se souvient que « les soins médicaux étaient gratuits » et qu’on « avait de quoi payer les études des enfants ».

Dans les décennies 1970-1980, les enfants des employés des PLZ envoyés en colonies de vacances à Kinshasa suscitaient la convoitise des habitants de la capitale, mais aujourd’hui, à Lusanga, on construit davantage en torchis qu’en dur.

Certains anciens des PLZ veulent encore croire au miracle. « Nous sommes restés pour faire le gardiennage des biens de la société », dit ainsi Mboma Manzanza, qui s’accroche à une promesse de relance des activités par un énième repreneur, une entreprise colombienne selon M. Mondenge.

À l’absence de boutiques, les habitants de Lusanga doivent se rendre à Kikwit, la grande ville à quelque 45 km pour s’approvisionner en produit de première nécessité… pendant que le Congo importe massivement de l’huile de palme.

Jeuneafrique.com

Dialogue en RDC : signature d’un « arrangement particulier » sans le Rassemblement de l’opposition

avril 28, 2017

Entrée de Joseph Kabila, président de la RDC, dans le palais du Peuple, le 13 octobre 2012 à Kinshasa. © Baudouin Mouanda pour JA.

Près de quatre mois après la signature de l’accord de la Saint-Sylvestre, les parties prenantes ont paraphé ce jeudi à Kinshasa l’ « arrangement particulier », document additif de mise en oeuvre du compromis politique trouvé en décembre. Une « forfaiture », selon le Rassemblement de l’opposition, qui a boycotté la séance.

Cela ressemble bien à un passage en force. Faisant abstraction du Rassemblement, la principale plateforme de l’opposition congolaise, le camp du président Joseph Kabila a décidé, ce jeudi 27 avril, de conclure les tractations politiques en cours par la signature de l’ « arrangement particulier » avec les dissidents de ce regroupement politique et d’autres opposants.

Après quatre mois d’atermoiements, la Majorité présidentielle (MP) s’est en effet approprié le processus. Mercredi, son secrétaire général et président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, avec Léon Kengo wa Dondo, président du Sénat, ont invité les parties prenantes à signer, le lendemain, le document censé définir les modalités pratiques de mise en oeuvre de l’accord de la Saint-Sylvestre.

Un « grand événement », selon le camp Kabila

Un « grand événement […] qui vient ainsi couronner les efforts déployés par toute la classe politique, le chef de l’État en tête », a commenté Aubin Minaku avant la lecture en plénière du fameux « arrangement particulier » par Jean-Lucien Bussa, actuel ministre du Plan.

Le texte prévoit entre autres la formation d’un « gouvernement d’union nationale » de 54 membres, le Premier ministre Bruno Tshibala compris. La procédure de désignation de ce dernier est pourtant considérée comme une « entorse » à l’accord par les évêques catholiques, médiateurs du compromis politique du 31 décembre.

Contacté par Jeune Afrique, l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), a estimé par ailleurs qu’il ne voyait « pas d’inconvénient si toutes les parties prenantes se mettent d’accord pour signer l’arrangement particulier ». Problème : le Rassemblement a boycotté la séance.

Une « forfaiture », selon le Rassemblement

Dans un communiqué publié mercredi, le président de ce regroupement politique, Félix Tshisekedi, a dénoncé une « forfaiture » qui démontre « au vu et au su du monde que Joseph Kabila s’exclut du seul cadre qui lui conférait encore une certaine légitimité et rétablit les conditions d’affrontements dans le pays ».

Le Rassemblement invite le peuple à se prendre en charge

« En conséquence, et pour faire échec à ce nouveau coup de force, le Rassemblement invite le peuple à se prendre en charge conformément à l’article 64 de la Constitution [qui autorise tout Congolais à « faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions » constitutionnelles », NDRL] ».

Cela n’a toutefois pas empêché quelques dissidents du Rassemblement − Joseph Olenghankoy et Lisanga Bonganga − de signer le document pour le compte de la plateforme, sous les applaudissements nourris de l’assistance.

« Pour le Congo et face à l’urgence, nous ne cherchons pas l’unanimité absolue mais plutôt une majorité de Congolais, qui acceptent d’adhérer à l’accord », a expliqué à Jeune Afrique Tryphon Kin-Kiey Mulumba, membre du bureau politique de la MP.

Kamerhe et Kengo parmi les signataires

L’ancien ministre a condamné par ailleurs « le système d’exclusion qui règne au sein des partis politiques congolais, et qui ne vise qu’à ériger des pères fondateurs incontournables ». Allusion aux radiations successives, ces dernières semaines, de plusieurs membres du Rassemblement qui ont contesté le tandem Félix Tshisekedi-Pierre Lumbi, désignés respectivement président et président du Conseil des sages de la plateforme après la mort d’Étienne Tshisekedi.

Quant au poste de président du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA) qui était destiné à l’opposant historique avant son décès, il ne reviendra pas nécessairement à un membre du Rassemblement, comme prévu dans l’accord. L’arrangement particulier prévoit en effet sa « désignation par consensus » par les membres du CNSA réunis autour du chef de l’État.

Présents dans la salle, Vital Kamerhe, chef de l’opposition dite « signataire de l’accord de l’OUA » et Léon Kengo wa Dondo, autorité morale de l’ « opposition républicaine », ont eux aussi apposé leur signature au bas du document.

Quant au Front pour le respect de la Constitution, plateforme regroupant le Mouvement de libération du Congo de l’opposant Jean-Pierre Bemba et ses alliés, son représentant à la plénière, Fidèle Babala, a sollicité un « court délai » avant la signature.

Jeuneafrique.com par

RDC: 20 morts dans des affrontements interethniques au Kasaï

avril 26, 2017

Kinshasa – Vingt personnes ont été tuées dans des affrontements inter-ethniques dans la province du Kasaï, zone du centre de la République démocratique du Congo secouée par des violences meurtrières depuis septembre de l’an dernier, a indiqué l’ONU mercredi.

Ces violences ont eu lieu le 19 avril « dans la localité de Mungamba, située à 30 kilomètres à l’est de Tshikapa », capitale du Kasaï, indique un communiqué de la Mission de l’ONU au Congo (Monusco).

Les affrontements « entre les communautés Lulua-Luba et Chokwe-Pende » ont fait 20 morts parmi ces derniers, ajoute le texte.

Les Chokwe-Pende se considèrent comme autochtones de la région du Kasaï et accusent les Lulua-Luba venus du Kasaï-central voisin, de soutenir les miliciens Kamwina Nsapu.

Ces derniers se réclament du chef coutumier Kamwina Nsapu tué en août 2016 au Kasaï-central par les forces de l’ordre après s’être rebellé contre les autorités congolaises.

Les provinces du centre de la RDC sont depuis secouées par des violences entre forces de sécurité et miliciens qui ont causé la mort de centaines de personnes, dont deux experts étrangers – l’Américain Michael Sharp et la Suédo-chilienne Zaida Catalan – missionnés par le secrétaire général de l’ONU pour enquêter dans la région.

Vendredi, l’ONU a déclaré que le seuil d’un million de déplacés liés aux violences dans la région avait été franchi.

La rébellion Kamwina Nsapu a été accusée par l’ONU de recruter des enfants et d’avoir commis de nombreuses atrocités.

Les forces de l’ordre se voient, quant à elles, reprocher par l’ONU de faire un usage disproportionné de la force contre des miliciens armés essentiellement de bâtons et de lance-pierres. Ces forces de l’ordre ont été mises en cause en février sur internet dans des vidéos montrant des massacres présumés de rebelles.

Dans cette zone, l’ONU a déclaré mercredi avoir documenté un total de 40 fosses communes depuis le début des violences en septembre dernier.

Romandie.com avec(©AFP / 26 avril 2017 16h23)

RDC : Kinshasa dévoile une vidéo présentée comme celle de l’assassinat des experts de l’ONU

avril 24, 2017

Un montage photo de deux experts onusiens, Zaida Catalan et Michael Sharp, tués en mars au Kasaï, dans le centre de la RDC. © Bertil Ericson et Timo Mueller/AFP

Le gouvernement et la police de RDC ont montré ce lundi à la presse une vidéo présentée comme celle de l’assassinat de Michael Sharp et de Zaida Catalan, deux experts de l’ONU tués en mars au Kasaï, dans le centre du pays.

« C’est à titre pédagogique » que cette vidéo d’au moins cinq minutes a été dévoilée, ce 24 avril, à plusieurs responsables de presse à Kinshasa, selon Ivan Vangu, conseiller au ministère congolais de la Communication et des médias.

Selon l’AFP, qui a visionné ladite vidéo, on y voit un homme et une femme blancs, qui correspondent au signalement des deux experts onusiens, l’Américain Michael Sharp et la Suédo-chilienne Zaida Catalan. Ils sont entourés par sept personnes parlant tshiluba, la langue dominante au Kasaï, coiffés de bandeaux rouges et armés de machettes, de bâtons, et pour l’un, d’un fusil hors d’âge.

Par le biais d’un interprète hors champ, les hommes en armes promettent d’indiquer aux deux experts de l’ONU l’emplacement de fosses communes dans la brousse. Apparemment inquiet, l’homme blanc demande à l’interprète, dans un français avec un fort accent anglophone : « Pourquoi sont-ils armés et nerveux ? »

La vidéo montre l’exécution des deux experts

Rapidement, les deux étrangers sont contraints de s’asseoir par terre. Un coup de feu tiré par une arme hors champ part et atteint l’homme à la poitrine. Une voix ordonne en français « Tirez ! ». La femme se jette vers l’homme comme pour le protéger mais une balle l’atteint dans le dos. La voix hurle « Tirez ! ». Trois autres coups partent.

La même voix hors champ ordonne alors en tshiluba : « Ne gaspillez plus les munitions, coupez la tête. Coupe d’abord les cheveux qui vont renforcer mon pouvoir. » On voit alors un adolescent couper la tête de la jeune femme.

Nous n’avons pas pu voir les visages de ces présumés miliciens Kamwina Nsapu.

« Visiblement, la machette n’était pas bien aiguisée. Sur la vidéo, on voit le bourreau demander une autre [machette] pour continuer son acte », explique à Jeune Afrique un journaliste qui a visionné la séquence. « Mais, nous n’avons pas pu voir les visages de ces présumés miliciens Kamwina Nsapu« , précise-t-il.

Kinshasa accuse les miliciens Kamwina Nsapu

« Voici comment opèrent les hommes de Kamwina Nsapu », a expliqué devant la presse Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais.

Pour les autorités de la RDC, il n’y a donc plus de doute : « Ce sont bien ces terroristes de Kamwina Nsapu qui ont tué les deux experts de l’ONU, mais aussi les 39 policiers congolais tombés, eux, fin mars dans une embuscade dans le Kasaï », soutient Lambert Mende, appelant à l’éradication de ce terrorisme « par tous les moyens ».

Selon le porte-parole du gouvernement, un de quatre accompagnateurs congolais de deux experts de l’ONU a été également tué. « Nous continuons à chercher les trois autres », a-t-il dit à Jeune Afrique, soulignant que certains miliciens ayant participé à ces assassinats ont été arrêtés.

Le colonel Pierre-Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police congolaise, a de son côté indiqué à la presse que les autorités avaient mis la main sur cette vidéo « grâce à la perspicacité de la police scientifique », sans en préciser les modalités.

« La vidéo a été envoyée à un des contacts des terroristes pour qu’elle soit diffusée sur les réseaux sociaux. Nos services l’ont interceptée et, grâce à la géolocalisation, nos services ont pu remonter la filière pour arrêter des terroristes, auteurs de l’assassinat des experts de l’ONU », a ajouté Lambert Mende.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC : l’ONU annonce la découverte de dix-sept nouvelles fosses communes au Kasaï

avril 20, 2017

 

Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme menace Kinshasa de saisir la Cour pénale internationale si aucune enquête n’est rapidement mise en place.

Les Nations unies ont annoncé, mercredi 19 avril, avoir découvert dix-sept nouvelles fosses communes, portant le nombre total de charniers découverts à quarante, dans la région des Kasaï, au centre de la République démocratique du Congo (RDC), en proie depuis septembre 2016 à des violences meurtrières entre une rébellion et les forces de sécurité.

En outre, l’ONU a prévenu qu’elle réclamerait l’ouverture d’une enquête internationale, y compris par la Cour pénale internationale (CPI), si les autorités congolaises n’ouvrent pas immédiatement une enquête sur ces violences.

« Des enquêteurs des Nations unies en RDC confirment l’existence d’au moins 17 nouvelles fosses communes dans la province du Kasaï-Central », écrit le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme dans un communiqué parvenu à l’AFP.

« Cela porte à quarante le nombre total de fosses communes documentées par les Nations unies dans les provinces du Kasaï-Central et Kasaï-Oriental » depuis le début des violences dans ces régions, poursuit le Haut-Commissariat.

Atrocités et massacres

Ces violences, entre les forces de sécurité et les miliciens se réclamant du chef coutumier Kamwina Nsapu, tué le 12 août 2016, ont fait plusieurs centaines de morts, dont deux experts missionnés par le secrétaire général de l’ONU pour enquêter dans la région.

Ces affrontements se déroulent dans les provinces du Kasaï-Central, du Kasaï-Oriental, du Kasaï et du Lomami.

« Il est absolument essentiel que le gouvernement de la RDC prenne les mesures nécessaires, et jusqu’ici manquantes, pour qu’une enquête immédiate, transparente et indépendante, qui établisse les faits et les circonstances des violations et atteintes aux droits de l’homme et à la justice, soit mise en place », souligne l’ONU dans son communiqué.

Si aucune enquête nationale n’est entreprise, le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Zeid Ra’ad Al-Hussein indique qu’il n’hésitera pas à « demander à la communauté internationale de soutenir une enquête menée par un mécanisme international, y compris par la CPI ».

La rébellion Kamwina Nsapu a été accusée par l’ONU de recruter des enfants et d’avoir commis de nombreuses atrocités. Les forces de l’ordre, quant à elles se voient reprocher par l’ONU de faire un usage disproportionné de la force contre des miliciens armés essentiellement de bâtons et de lance-pierres. Elles ont été mises en cause en février sur Internet dans des vidéos montrant des massacres présumés de rebelles.

Le monde.fr

 

RDC : ce qu’on reproche vraiment au général Kanyama, patron de la police à Kinshasa

avril 19, 2017

Célestin Kanyama, alors chef de la police congolaise à Kinshasa, le 2 septembre 2015. © Trésor Kibangula/J.A.

Limogeage, suspension, mis en résidence surveillée… Des versions contradictoires circulent à Kinshasa sur le sort du général Célestin Kanyama, patron de la police dans la capitale de la RDC, depuis sa mise à l’écart ce lundi. Mais que reproche-t-on exactement à « Esprit de mort » ?

« Le téléphone de votre correspondant est éteint. » Depuis 48 heures, c’est sur ce message que tombent ceux qui essaient de joindre le général Célestin Kanyama, commissaire provincial de la police congolaise à Kinshasa.

Depuis la confirmation, lundi 17 avril, de sa mise à l’écart, « Esprit de mort » − ainsi qu’il est surnommé depuis sa décision d’interdire la circulation des minibus Mercedes 207 (eux-mêmes rebaptisés esprits de mort en raison de leur dangerosité) dans le centre-ville de la capitale − ne répond plus.

Le colonel Elvis Palanga Nawej, jusqu’ici adjoint de Kanyama, a été « désigné pour assumer l’intérim », a indiqué dans la foulée le colonel Pierre-Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police. Mais quelle est la nature exacte de la sanction qui a frappé le tout puissant patron de la police à Kinshasa ? L’information relèverait de la « consommation interne » au sein des forces de l’ordre, nous répond-on.

Kanyama limogé ou suspendu ?

Contactée par Jeune Afrique, une source au ministère de l’Intérieur minimise la portée de la sanction qui pèse sur le général Kanyama. « L’opinion publique s’agite parce que c’est un personnage très connu, mais ce type de mesure administrative touche souvent des responsables de la police ailleurs dans le pays », soutient-elle, laissant entendre que « d’ici sept à 15 jours », Kanyama recouvrerait ses fonctions.

Si au ministère de l’Intérieur, on parle d’une suspension de deux semaines au maximum, certaines sources sécuritaires n’excluent pas une prolongation de la sanction jusqu’à 45 jours. Elle pourrait aussi être aggravée. Mais, contrairement aux rumeurs persistantes à Kinshasa et sur les réseaux sociaux, l’officier n’aurait pas été limogé et ne serait pas en résidence surveillée. Plusieurs sources concordantes, interrogées par Jeune Afrique, abondent unanimement dans ce sens.

« C’est une mesure disciplinaire de corps », croit savoir de son côté Jean-Marie Kassamba, à la tête d’une chaîne de télévision réputée proche de la famille présidentielle, et qui se revendique « ami » du général sanctionné. Sous couvert d’anonymat, un responsable de la police congolaise confirme cette thèse, sans trop s’attarder. « Stricte instruction » de la hiérarchie oblige !

Pourquoi Kanyama a-t-il été sanctionné ?

La police fait également l’impasse sur les raisons ayant motivé la sanction. Un véritable black-out est imposé sur le sujet. Mais cela n’empêche pas certains officiers de se confier. Certains parlent de réunions de sécurité tenues à Kinshasa, les 3 et 9 avril, autour de Ramazani Shadary, vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, à la veille des manifestations annoncées par le Rassemblement de l’opposition, comme de la goutte faisant déborder le vase.

Sanctionné par les États-Unis et l’UE notamment pour « usage excessif de la force » contre les manifestants, le général Célestin Kanyama a néanmoins fait observer lors de ces deux rencontres que ses hommes manquaient de matériels non létaux afin de gérer une éventuelle foule pendant la grande marche de l’opposition annoncée le 10 avril (celle-ci n’avait finalement pas eu lieu). Une remarque qui n’aurait pas plu à sa hiérarchie, celle-ci ayant déjà prévu la répartition des armes non létales à travers le pays, si l’on croit une source proche du dossier.

Le général Kanyama se prenait pour un commissaire général bis.

« Dans ces réunions-là, les places sont disposées comme si tous ces officiers étaient des collègues. C’est pourquoi Kanyama se permet parfois de prendre la parole et d’imposer sa voix devant ses supérieurs alors qu’il ne devait intervenir que lorsqu’on le lui demandait », pointe un ancien participant à ces échanges sur la sécurité nationale.

Qui a sanctionné Kanyama ?

« En fait, Kanyama se prenait pour un commissaire général bis », tacle un proche du général Raus Chalwe, numéro deux de la police congolaise. C’est d’ailleurs ce dernier qui a décidé de suspendre le chef de la police à Kinshasa.

« Kanyama s’estimait intouchable car personne n’osait ne serait-ce que lui tirer les oreilles. Il se savait protégé entre autres par le général Charles Bisengimana [le chef de la police nationale, NDLR] et par un réseau de politiciens », conclut-il. Ce qui laisse transparaître, en filigrane, la guerre des chefs qui se trame au sommet de l’appareil sécuritaire de la RDC.

Jeuneafrique.com par

RDC: destitution d’un gouverneur de province dans le Sud-Est

avril 18, 2017

Lubumbashi (RD Congo) – Le gouverneur du Haut-Katanga, province du sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), a été destitué mardi, à la colère de l’opposition qui accuse le pouvoir de manoeuvres pour retarder l’organisation des élections au-delà de la fin 2017.

Lors d’une motion de censure à l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga à Lubumbashi, les « 24 députés présents ont voté à l’unanimité pour la destitution du gouverneur Jean-Claude Kazembe », pour mauvaise gestion, a déclaré son président Dieudonné Mwelua, lors d’une séance publique en l’absence du concerné.

La loi électorale congolaise prévoit l’élection d’un nouveau gouverneur par les députés provinciaux dans les trente jours, lors d’un scrutin que devra organiser la commission chargée des élections en RDC.

« Nous sommes toujours dans la même stratégie de la majorité et du président (de RDC Joseph) Kabila qui font du temps une arme et du glissement du calendrier électoral une finalité », a réagi à l’AFP le député Christophe Lutundula, l’un des dirigeants du Rassemblement, la coalition de la majeure partie de l’opposition congolaise.

Il a qualifié cette destitution « de manoeuvre pour retarder la tenue des élections au-delà de la date convenue dans l’accord du 31 décembre » 2016 entre pouvoir et opposition, destiné à sortir le pays de la crise née du maintien au pouvoir de M. Kabila au-delà de la fin de son mandat le 20 décembre 2016.

L’accord prévoit l’élection d’un successeur à M. Kabila – à qui la Constitution interdit de se représenter – lors d’une présidentielle prévue fin 2017, et la formation d’ici là d’un gouvernement élargi, dirigé par un Premier ministe issu de l’opposition.

Interrogé, un responsable de la majorité a indiqué que d’autres gouverneurs pourraient « être destitués, mais au cas par cas ».

Le Haut-Katanga est issu du découpage de l’ex-Katanga (grand comme l’Espagne) en quatre nouvelles provinces. Fin mars 2016, à l’issue d’un processus contesté de démembrement des provinces, la majorité et ses alliés avaient raflé quasiment tous les postes de gouverneur.

Dans le cadre de l’accord de sortie de crise, M. Kabila a nommé le 7 avril un nouveau Premier ministre, Bruno Tshibala, exclu du Rassemblement quelques jours auparavant.

Romandie.com avec(©AFP / 18 avril 2017 19h39)

RDC: fin de conflit annoncée au Kasaï, nouveau chef coutumier

avril 18, 2017

Kinshasa – Le successeur d’un chef coutumier défunt dont les partisans s’affrontent avec les forces de sécurité congolaises, a été désigné à la suite de déclarations laissant entrevoir la cessation des violences, a-t-on appris mardi de source officielle.

« L’arrêté qui désigne Jacques Kabeya Ntumba, chef coutumier de Bajila Kasanga pour succéder à Jean-Pierre Mpandi est signé. On attend son arrivée à Kananga pour le lui remettre », a déclaré à l’AFP Louis d’Or Balekelayi, conseiller en communication du ministre de l’Intérieur congolais.

Cette annonce intervient après la remise du corps, réclamée par ses partisans, à sa famille samedi du chef défunt Kamwina Nsapu, de son vrai nom Jean-Pierre Mpandi. Kamwina Nsapu avait été tué en août par l’armée, et la non restitution de sa dépouille avait déclenché un conflit entre ses partisans et les forces de sécurité dans la région du Grand Kasai (centre, faisant des centaines de morts).

« Le corps de Kamwina Nsapu a été exhumé et remis samedi à sa famille qui l’a enterré dans son village », a indiqué M. Balekelayi.

Le lendemain, un porte-parole de la famille régnante a déclaré « solennellement la fin de la guerre contre le gouvernement » à la télévision d’État.

Mardi, dans une déclaration sur la télévision d’état, le ministre de l’Intérieur, Ramazani Shadary a estimé que la restitution du corps du chef, son enterrement conformément aux rites coutumiers et la désignation d’un successeur à la tête des Bajila Kasanga, (la communauté de Kamwina Nsapu) marquait la fin du conflit, qui a fait des centaines de morts.

L’ONU a indiqué début avril avoir découvert 23 fosses communes au Kasaï. Le corps de deux enquêteurs missionnés par le secrétaire général de l’ONU dans le Kasaï ont été retrouvés le 28 mars, seize jours après leur enlèvement avec quatre accompagnateurS congolais.

La rébellion Kamwina Nsapu a été accusée par l’ONU de recruter des enfants et d’avoir commis de nombreuses atrocités. En face, les forces de l’ordre se voient reprocher par l’ONU de faire un usage disproportionné de la force contre des miliciens armés essentiellement de bâtons et de lance-pierres. Elles ont été mises en causes en février sur internet dans des vidéos montrant des massacres présumés de rebelles.

Romandie.com avec(©AFP / 18 avril 2017 13h22)

RDC : limogeage du chef de la police de Kinshasa, Célestin Kanyama

avril 18, 2017

Le chef de la police de Kinshasa, le général Kanyama, est sous le coup de sanctions américaines depuis juin. © Trésor Kibangula pour JA

Le général Célestin Kanyama, chef de la police de Kinshasa visé par des sanctions financières européennes et américaines, a été limogé et remplacé par l’un de ses adjoints, a annoncé lundi la police congolaise.

« Le colonel Elvis (Palanga Nawej) a été désigné commissaire provincial ad intérim de la police nationale congolaise (pour la) ville-province de Kinshasa », a précisé à l’AFP le colonel Pierre-Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police congolaise, dans un message laconique.

« Il n’y a pas d’autres communications à faire à ce sujet », a ajouté l’officier, sans préciser les raisons de la disgrâce du général Kanyama, ni si celui-ci avait été relevé définitivement de son poste ou simplement suspendu.

La confirmation de la mesure visant le général Kanyama n’a pu être obtenue de source gouvernementale alors qu’une telle décision relève normalement du pouvoir exécutif.

Le commissaire supérieur principal Palanga Nawej passe pour être plutôt apprécié de la population de Kinshasa, mégapole pauvre de 10 millions d’habitants. Il a une image d’homme de terrain, proche de ses hommes, à l’instar du général Kanyama, habitué à monter en première ligne.

Le général Kanyama a été frappé en décembre par un gel de ses éventuels avoirs en Europe et une interdiction de voyager dans l’Union européenne décidée par les ministres des Affaires étrangères des pays de l’UE, qui l’ont accusé d’être responsable de la « répression violente », en septembre 2016, de manifestations hostiles au président congolais Joseph Kabila.

Le pouvoir avait alors qualifié les manifestants d’insurgés. Selon l’ONU, un cinquantaine de personnes avaient été tuées dans ces violences les 19 et 20 septembre.

En juin 2016, le général Kanyama avait été frappé par des sanctions équivalentes aux États-Unis. Washington lui avait reproché d’être « responsable ou complice d’actes de violences et d’enlèvements (…) ciblant des civils », hommes, femmes et enfants lors de la répression d?émeutes hostiles au pouvoir de M. Kabila en janvier 2015 (plusieurs dizaines de morts au total), et lors d’une opération contre le banditisme armé, au cours de laquelle, selon l’ONU, au moins 41 personnes avaient disparu ou trouvé la mort du fait de bavures policières entre fin 2013 et début 2014.

A la tête du pays depuis 2001, M. Kabila, n’a pas le droit de se représenter et son mandat a expiré en décembre. La RDC traverse depuis 2011 une crise politique profonde, doublée depuis plus d’un an d’une grave crise économique et sociale.

Jeuneafrique.com

Vatican: Le pape implore Dieu pour la paix en Syrie et dans le monde

avril 16, 2017

 

Le pape François lors de sa traditionnelle bénédiction Urbi et Orbi, le 16 avril 2017 Place Saint-Pierre à Rome / © AFP / Tiziana FABI

Le pape François a imploré Dieu dimanche, dans sa traditionnelle bénédiction Urbi et Orbi, pour qu’il ramène la paix au Moyen-Orient, particulièrement en Syrie, pays martyrisé et victime d’un conflit qui sème « horreur et mort ».

Devant 60.000 fidèles rassemblés place Saint-Pierre, selon la gendarmerie vaticane, à l’occasion de la messe de Pâques et de la bénédiction à la ville et au monde (Urbi et Orbi), le pape argentin a réclamé l’aide de Dieu pour en finir avec les conflits et les guerres dans le monde, le trafic d’armes et les souffrances endurées par les plus faibles.
« Qu?il donne la paix à tout le Moyen-Orient, à commencer par la Terre sainte, comme aussi en Irak et au Yémen », a-t-il lancé, après avoir une nouvelle fois dénoncé le drame de la Syrie où la population civile est la « victime d?une guerre qui ne cesse pas de semer horreur et mort ».

Jorge Bergoglio a dénoncé à cette occasion « l’ignoble attaque » qui a eu lieu samedi dans la région d’Alep en Syrie, « contre des réfugiés en fuite », dont le bilan est d’au moins 110 morts.

Le pape François lors de sa traditionnelle bénédiction Urbi et Orbi, le 16 avril 2017 Place Saint-Pierre à Rome / © OSSERVATORE ROMANO/AFP /

Il a encore imploré Dieu pour qu’il « donne aux responsables des nations le courage d?éviter l?expansion des conflits et d?arrêter le trafic des armes ». Dans sa bénédiction, retransmise en mondovision par près de 160 chaînes de télévision, le pape a rappelé que pour les chrétiens, le « Christ ressuscité » se fait « compagnon de route de tous ceux qui sont contraints de laisser leur terre à cause de conflits armés, d’attaques terroristes, de famines, de régimes oppressifs ». Le pape argentin a aussi espéré que Dieu « aide l?Ukraine, encore affligée par un conflit sanglant, à retrouver la concorde ».

– Haute surveillance –

Il a formulé le même voeu pour plusieurs conflits dans le monde, « à commencer par la Terre sainte », au Sud Soudan, au Yemen, en Irak ou en République démocratique du Congo.

Le pape François dans sa papamobile salue la foule de fidèles réunis place Saint-Pierre, le 16 avirl 2017 à Rome / © AFP / Filippo MONTEFORTE

Avant cette bénédiction, le pape avait célébré la traditionnelle messe de Pâques sur le parvis de la basilique Saint-Pierre, placé sous haute surveillance.

Les célébrations de Pâques, qui ont débuté jeudi avec une messe et la cérémonie du lavement des pieds par le pape, ont donné lieu à d’importantes mesures de sécurité, après les attentats il y a une semaine ayant frappé des églises chrétiennes coptes en Egypte.

Tout le quartier autour de la basilique Saint-Pierre avait été bouclé dimanche matin, avec plusieurs points d’accès ouverts pour permettre une première vérification des sacs. L’accès à la place elle-même n’a été rendu possible qu’après le passage sous un portique de détection, à l’instar des mesures de sécurité prises dans les aéroports. Près d’une trentaine de portiques ont ainsi été disposés tout autour de la célèbre colonnade du Bernin entourant la place.

Des centaines de policiers et membres des forces de sécurité surveillaient les alentours, comme ils l’avaient déjà fait samedi pour la messe de la veillée pascale et pour le chemin de croix vendredi près du Colisée.

Lors de cette messe de Pâques, temps fort du calendrier chrétien, le pape a reconnu, dans une homélie improvisée, la difficulté d’associer Dieu et la souffrance dans le monde. Il a ainsi raconté avoir téléphoné samedi à un jeune homme atteint d’une grave maladie pour lui rapporter le message d’espoir de « Jésus ressuscité ». « Il n’y a pas d’explications à ce qui t’arrive, mais regarde Jésus sur la croix, Dieu a fait cela avec son fils », a raconté le pape. Le jeune homme lui a alors répondu: « Oui, mais il a demandé à son fils et il a dit oui. A moi, on ne m’a pas demandé si je voulais ça ». « Cela nous émeut », a alors reconnu le pape, pour qui il faut néanmoins « parier » sur le « Christ ressuscité » même si on ne comprend pas toujours comment va le monde.

Romandie.com avec(©AFP / 16 avril 2017 13h26)