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RDC : l’envoyée spéciale permanente de RFI privée d’accréditation

juin 23, 2017

Lambert Mende, ministre congolais des Médias, lros d’une conférence de presse à Kinshasa le 19 septembre 2016. © Gwenn Dubourthoumieu pour JA

L’envoyée spéciale permanente de Radio France international en RDC est privée d’accréditation depuis début mai. La demande avait pourtant été formulée trois mois auparavant. La direction de RFI a officiellement protesté, ce jeudi 22 juin, contre ce qu’elle considère comme « un refus ». Le gouvernement affirme de son côté que le dossier est en cours.

Après trois mois de démarches auprès des autorités congolaises pour obtenir la reconduction de l’accréditation de son envoyée spéciale permanente à Kinshasa, Sonia Rolley, la direction de RFI a publié ce jeudi 22 juin un communiqué prenant acte de l’impasse.

« La demande de renouvellement avait été faite cinq semaines avant la date d’expiration, début mai, de l’autorisation », lit-on dans le communiqué. Près de trois mois plus tard, «la Direction de RFI n’a toujours aucune réponse. (…) RFI ne peut qu’interpréter le silence des autorités de RDC comme un refus et regrette cette décision qui nuit gravement au pluralisme de l’information. »

La direction de la radio rappelle également que « ce refus intervient alors que l’émetteur de RFI à Kinshasa, coupé depuis le début du mois de novembre dernier, n’est toujours pas rétabli et que celui de Brazzaville est brouillé depuis Kinshasa ».

Le gouvernement congolais affirme pour sa part que l’instruction de la demande d’accréditation est toujours en cours. « Une commission gouvernementale travaille sur les demandes de visa d’une catégorie de journalistes. Nous répondrons en temps voulu et cela ne veut pas dire qu’on a refusé le visa », a affirmé jeudi Lambert Mendé, ministre des Médias.

Des relations de plus en plus tendues

Les relations entre le pouvoir congolais et la presse se sont largement tendues au cours de l’année qui vient de s’écouler. Lors des manifestations des 19 et 20 septembre 2016, à Kinshasa, huit journalistes de la presse congolaise et de la presse internationale avaient été arrêtés. Plusieurs d’entre eux avaient été victimes de violences commises par les forces de l’ordre. Parmi eux, Sonia Rolley, l’envoyée spéciale de RFI désormais privée d’accréditation, qui avait dû être rapatriée en France pour soigner des blessures au bras. Reporters Sans Frontières avait alors demandé l’ouverture d’une enquête et dénoncé une « vague de violence gratuite infligée aux journalistes congolais et étrangers dans l’exercice de leur profession ».

Plus récemment, ce sont trois journalistes correspondants de TV5 Monde qui avaient été arrêtés et molestés par les forces de l’ordre alors qu’ils couvraient la spectaculaire évasion massive de la prison de Makala du 17 mai dernier.

Les règles d’accréditation pour les journalistes de la presse étrangère semblent d’ailleurs se durcir. Là où, auparavant, les accréditations étaient délivrées pour des périodes d’un an, impossible désormais pour les journalistes d’obtenir une accréditation de plus de trois mois.

Tensions politiques et violences dans le Kasaï

Les tensions nées du report des élections présidentielles et du maintien de Joseph Kabila après la fin théorique de son mandat, le 19 décembre 2016, ont pu contribuer à ce que les relations se tendent entre les pouvoirs et les médias. Et dans le cas spécifique de l’envoyée spéciale de RFI actuellement privée d’accréditation, il convient de rappeler que Sonia Rolley était l’une des seules journalistes internationales présente dans le Kasaï au moment du meurtre des deux experts des Nations unies, en mars dernier. RFI et Reuters ont également été les premiers médias internationaux à apporter des preuves de l’existence de fosses communes dans cette région meurtrie du centre de la RDC.

Jeuneafrique.com par

RD Congo: 3.000 morts en huit mois dans les violences au Kasaï

juin 20, 2017

Des personnes déplacées ayant fui les violences au Kasaï, le 6 juin 2017 à Gungu en République démocratique du Congo / © AFP/Archives / JOHN WESSELS

L’ONU a de nouveau accusé mardi les autorités congolaises de fortes responsabilités dans les violences au Kasaï, dénonçant mutilations d’enfants, viols et femmes enceintes éventrées. Des violences qui, selon l’Église catholique, ont fait plus de 3.000 morts en huit mois.

« Je suis consterné par la création et l’armement d’une milice, Bana Mura, qui soutiendrait les autorités dans la lutte » contre la rébellion Kamwina Nsapu a déclaré mardi à Genève le Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein. Cette milice « a mené des attaques horribles contre des civils des groupes ethniques luba et lulua »

« Mon équipe a vu des enfants aussi jeunes que deux ans dont les membres avaient été amputés. De nombreux bébés avaient des blessures de machette et de graves brûlures (…) Au moins deux femmes enceintes ont été éventrées et leurs fœtus mutilés », a-t-il expliqué.

« De graves violations des droits de l’homme par des membres des forces de sécurité – dont des exécutions sommaires et des viols – ont été rapportées lors de plusieurs opérations contre des villages soi-disant contrôlés par Kamwina Nsapu », a ajouté M. Zeid.

D’après l’ONU, de nombreuses victimes et des témoins ont déclaré que la milice Bana Mura « était organisée et armée par les autorités locales ».

La Nonciature apostolique en RDC évoque dans une note technique le chiffre de 3.383 « décès signalés » depuis octobre dans le Kasaï. L’ONU avançait jusqu’à présent un bilan estimé à « plus de 400 morts ».

Le document de l’Église, daté du 19 juin, présente un « résumé des dommages soufferts par les institutions ecclésiastiques » dont plusieurs dizaines de paroisses, écoles, centres de santé et maisons religieuses endommagés ou fermés.

Selon l’Église, 20 villages ont été « complètements détruits » dont « 10 par les FARDC (armée congolaise), 4 par les miliciens, 6 par des auteurs inconnus ».

Elle mentionne aussi 30 fosses communes. L’ONU parle de 42 fosses communes.

Depuis septembre 2016, la région du Kasaï est secouée par la rébellion de Kamwina Nsapu, chef traditionnel tué en août dernier lors d’une opération militaire après s’être révolté contre le pouvoir de Kinshasa.

– « Un État néant » –

Les violences qui impliquent miliciens, soldats et policiers au Kasaï ont causé le déplacement de 1,3 million de personnes. Deux experts onusiens, missionnés par le secrétaire général de l’ONU pour enquêter sur ces violences, y ont été assassinés en mars.

M. Zeid a redemandé l’ouverture d’une enquête internationale, alors que le Conseil des droits de l’Homme devrait se prononcer jeudi ou vendredi sur un projet de résolution en ce sens, à la demande de l’Union européenne. Kinshasa y est fermement opposée.

La RDC « n’est pas disposée à accepter l’idée du déploiement sur son territoire d’une commission d’enquête internationale qui travaillerait en vase clos et parallèlement aux instances judiciaires nationales comme si elle était devenue un État néant », a déclaré mardi à Kinshasa le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, lors d’une conférence de presse.

La ministre congolaise des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa, a néanmoins indiqué mardi à Genève que le gouvernement « accepte d’accueillir sur son sol une équipe d’enquêteurs des Nations unies, venant en appui à la justice congolaise », accusant les Kamwina Nsapu de commettre des « véritables boucheries humaines ».

Mme Mushobekwa a évoqué un bilan de « 1.333 civils et 289 policiers tués à ce jour, dont 10 civils et 39 policiers tués par décapitation par le groupe terroriste Kamwina Nsapu ».

« Les victimes ont également signalé que des membres des unités locales de l’armée et de la police congolaises, ainsi que des chefs traditionnels, étaient présent lors des attaques des Bana Mura, et ont déclaré que des agents de l’État étaient impliqués dans l’armement et la direction de la milice », a affirmé le Haut commissaire.

Depuis des mois, l’ONU accuse les Kamwina Nsapu d’enrôler des enfants-soldats et d’avoir commis des atrocités, tout en dénonçant l’usage disproportionné de la force par l’armée congolaise.

Romandie.com avec(©AFP / 20 juin 2017 18h04)                

RDC: l’ONU accuse les autorités d’armer une milice menant d' »horribles attaques »

juin 20, 2017

Le Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, le 6 juin 2017 à Genève / © AFP/Archives / Fabrice COFFRINI

Le Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a accusé mardi les autorités de la République démocratique du Congo d’armer une milice menant d' »horribles attaques » contre les civils dans le Kasaï, une région du centre de la RDC en proie à des troubles.

« Je suis consterné par la création et l’armement d’une milice, Bana Mura, qui soutiendrait les autorités dans la lutte » contre la rébellion Kamwina Nsapu, « mais qui a mené des attaques horribles contre des civils des groupes ethniques luba et lulua », a déclaré M. Zeid, devant le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU réuni à Genève.

Un porte-parole de l’ONU a indiqué à l’AFP qu’il n’était pas clair quelles étaient les autorités qui avaient apporté leur soutien à cette milice.

Le Haut commissaire a redemandé l’ouverture d’une enquête internationale, alors que le Conseil des droits de l’Homme devrait se prononcer jeudi ou vendredi sur un projet de résolution en ce sens, à la demande de l’Union européenne. Un représentant des Etats-Unis a apporté mardi son soutien à la création d’une telle enquête.

Alarmé par les rapports faisant état d’atrocités et étant donné les difficultés d’accès pour aller dans le Kasaï, le Haut-Commissaire a décidé, la semaine dernière, d’envoyer dans la région une équipe d’enquêteurs pour rencontrer des réfugiés ayant fui les violences.

« Les réfugiés de plusieurs villages du territoire de Kamonya ont indiqué que les Bana Mura ont au cours des deux derniers mois tués, mutilés ou brûlés à mort des centaines de villageois et ont détruit des villages entiers », a affirmé M. Zeid.

Dans le village de Cinq, la milice aurait été mise sur place par un « chef local bien connu, qui a fourni des machettes, des fusils de chasses et du carburant », a-t-il dit, assurant que « des attaques similaires semblent avoir eu lieu dans plus de 20 villages à Kamonya au cours des deux derniers mois ».

D’après l’ONU, de nombreuses victimes et des témoins ont déclaré que la milice « était organisée et armée par les autorités locales ».

« Les victimes ont également signalé que des membres des unités locales de l’armée et de la police congolaises, ainsi que des chefs traditionnels, étaient présent lors des attaques des Bana Mura, et ont déclaré que des agents de l’Etat étaient impliqués dans l’armement et la direction de la milice », a affirmé le Haut commissaire.

Romandie.com avec(©AFP / 20 juin 2017 14h10)                

RDC : plus du tout de dollars pour les banques congolaises ordonne Washington

juin 17, 2017
Selon le journal Les Afriques – siège en Suisse, filiales au Maroc et en France – à la suite d’un rappel à l’ordre de la Réserve fédérale américaine, les banques européennes ont procédé à l’arrêt des transactions en dollars à destination des banques congolaises qui ne se conformeraient pas à la législation américaine en matière de transparence des capitaux.
« C’est effectivement un mouvement en marche », confirme à La Libre Afrique.be, une source bancaire. « La crainte de sanctions américaines l’emporte en effet sur les intérêts commerciaux des correspondants bancaires européens des banques congolaises » et ces derniers sont en train d’arrêter d’exécuter les opérations en dollars pour les banques congolaises concernées.
Un levier extraordinaire
« Les Américains ont la chance exceptionnelle d’avoir leur devise, le dollar, utilisé pour 80% des transactions dans le monde », a expliqué à La Libre Afrique.be une source professionnelle. « Cela leur donne le pouvoir extraordinaire de punir les banques dans le monde entier parce que toutes, à un moment ou à un autre, doivent travailler en dollars ». Ce levier a déjà été utilisé contre l’Iran ou le Soudan, par exemple. Il l’est aujourd’hui contre la RDC.
« Concrètement, poursuit cette source professionnelle, cela veut dire qu’une série de banques qui voulaient financer des projets en RDC, si elles ont une dimension internationale, doivent désormais se soumettre à l’injonction américaine. Maintenant, il faut savoir que les opérations avec ce pays sont toujours un peu difficiles. Depuis un an ou deux, il y avait une petite reprise et il y avait même eu des missions économiques belges. Mais tout a ralenti avec l’incertitude créée par l’absence d’élections », bien qu’elles soient exigées par la Constitution congolaise, et la fin du dernier mandat légal du président Joseph Kabila en décembre 2016.
La mesure constitue une forte pression sur le régime car elle est une lourde menace dans un pays comme la RDC où les trois quarts des grosses transactions sont effectuées en dollars et où beaucoup de biens – y compris alimentaires – sont importés.
Lalibreafrique.be par Marie-France Cros

RDC : les miliciens de Kamuina Nsapu derrière l’évasion de la prison de Matete ?

juin 16, 2017

Dans le Kasaï, en août 2007. © Lionel Healing/AP/SIPA

Dans la nuit du 10 au 11 juin, une vingtaine de personnes cagoulées ont attaqué le commissariat et le parquet de la commune de Matete, au sud de Kinshasa. Si les autorités congolaises n’ont pas encore mis la main sur les assaillants, des témoignages indiquent la piste Kamuina Nsapu.

Le commissariat du district de Mont-Amba et le parquet de Matete, distants de 50 mètres, ont été attaqués par une vingtaine de personnes non identifiées dans la nuit du 10 au 11 juin. Blessé par balle, un seul de ces assaillants a pu être arrêté par la police, juste avant de succomber à sa blessure. Au total, 17 détenus se sont enfuis, dont 14 qui se trouvaient dans les cellules du commissariat et trois au parquet. D’après un responsable local, les assaillants chantaient et dansaient en citant le nom de Kamuina Nsapu : « Après avoir vu plus d’une fois le mode opératoire de la bande de Kamuina Nsapu [milice active dans le Kasaï et en proie à une forte répression des autorités, NDLR], tout laisse à croire que ces sont ses adeptes qui se sont pointés à Matete cette nuit-là ».

Contacté par Jeune Afrique, la police congolaise n’exclut pas cette hypothèse. » Ils nous a été rapporté que les assaillants entonnaient des chants à la gloire de Kamuina Nsapu mais, pour l’instant, nous ne pouvons affirmer que ce sont eux les auteurs de l’attaque », a précisé son porte-parole, le colonel Pierre Rombaut Mwanamputu Empung, soulignant que « l’enquête [était] en cours ».

Pourquoi pas les Kuluna ?

La commune est connue à Kinshasa pour être mouvementée. C’est notamment dans ce secteur que les Kuluna, ces gangs de jeunes criminels, faisaient régner la terreur il y a quelques années. Mais aux yeux du bourgmestre Thierry Gaibene Bayllon, les auteurs de l’attaque ne sont pas issus de leurs rangs : « Ces jeunes ne font plus parler d’eux en mal et je doute fort que ce soit eux. À ce stade, laissons la police militaire mener l’enquête. »

Ces incidents sont extrêmement graves

Du coté des politiques, ça grogne. « Ces incidents sont extrêmement graves », s’exclame le député et membre du Rassemblement de l’opposition, Claudel Lubaya, contacté par Jeune Afrique. « Les prisons sont des lieux de haute sécurité, poursuit-il. Si les prisons sont attaquées assez régulièrement, que les agents de l’ordre ne parviennent pas à rattraper les assaillants et que les autorités chargées de s’en occuper ne sont pas démises de leurs fonctions, cela prouve à suffisance la défaillance et la complaisance du système militaro-sécuritaire du pays. »

Le 17 mai dernier, c’était la grande prison de Makala qui était attaquée par les combattants de Ne Mwanda Nsemi, le chef de la secte Bundu Dia Kongo, occasionnant ainsi sa sortie de prison, avec dans son sillage plus de 4 000 autres détenus. Les autorités congolaises, qui s’étaient exprimées par la voix d’Alexis Tambwe Muamba, ministre d’État en charge de la Justice, n’avaient fourni aucun bilan sur cet incident dans lequel au moins huit personnes ont trouvé la mort.

Jeuneafrique.com par

RDC : Kofi Annan et neuf anciens présidents africains lancent un appel pour la tenue d’élections en 2017

juin 16, 2017

Kofi Annan, en mars 2016. © UN Photo/Elma Okic

Dans un communiqué publié jeudi sur le site de sa fondation, l’ex-Secrétaire général des Nations unies et neuf anciens chefs d’État du continent ont lancé un appel à la tenue d’élections d’ici la fin de l’année, comme le prévoit l’accord politique de la Saint-Sylvestre, conclu entre l’opposition et le camp présidentiel.

«Des élections intègres représentent (…) la seule issue pacifique possible pour résoudre la crise de légitimité dont souffrent aujourd’hui les institutions politiques congolaises », plaide le communiqué publié sur le site de la Fondation Kofi Annan, jeudi 15 juin.

Dans leur déclaration, Kofi Annan et les neufs chefs d’État signataires, parmi lesquels l’ex-président béninois Thomas Boni Yayi ou encore l’actuel médiateur dans la crise burundaise, Benjamin Mkapa, condamnent vigoureusement le non-respect de l’accord politique signé le 31 décembre à Kinshasa entre la majorité et l’opposition sous l’égide des évêques.

Cet accord «a permis d’éviter un désastre, mais sa mise en oeuvre rencontre des difficultés croissantes qui mettent en péril le processus censé conduire à des élections pacifiques d’ici la fin de cette année », poursuit le communiqué.

Crise politique

Fin avril, le camp de Joseph Kabila a décidé de conclure les tractations politiques par la signature de « l’arrangement particulier », document additif de mise en oeuvre du compromis politique de décembre, avec des dissidents du Rassemblement, la principale plate-forme de l’opposition congolaise, et d’autres opposants. Dénonçant une «forfaiture », le Rassemblement a décidé de boycotter la séance.

«L’avenir de la RDC est en grave danger », conclut le communiqué, soulignant les conséquences continentales de la crise actuelle en RDC.

Crise humaine

Depuis plus de huit mois, la province du Kasaï-central est frappée par une vague de violences meurtrières impliquant miliciens de la rébellion Kamwina Nsapu, soldats et policiers, qui ont fait plusieurs centaines de morts. Selon l’ONU, le conflit aurait causé le déplacement de 1,27 million de personnes.


La liste des ex-présidents signataires de l’appel :

Thomas BONI YAYI
Ancien prés. de la République du Bénin

John KUFUOR
Ancien prés. de la République du Ghana

John MAHAMA
Ancien prés. de la République du Ghana

Thabo MBEKI
Ancien prés. de la Répub. d’Afrique du Sud

Benjamin MKAPA
Ancien prés. de la Répub. unie de Tanzanie

Festus MOGAE
Ancien prés. de la République du Botswana

Olusegun OBASANJO
Ancien prés. de la Répub. fédérale du Nigeria

Pedro PIRES
Ancien prés. de la République du Cap-Vert

Cassam UTEEM
Ancien prés. de la République de Maurice

 

Avec Jeuneafrique.com

 

RDC: Kinshasa doit permettre à Katumbi de participer à la présidentielle, selon le Haut-commissariat aux droits de l’Homme des Nations unies

juin 16, 2017

Moïse Katumbi à Paris, le 5 juillet 2016. © Vincent Fournier/JA

Dans une lettre rendue publique le 16 juin, le Haut-commissariat aux droits de l’Homme des Nations unies demande à l’État congolais de prendre les « mesures nécessaires » pour permettre à l’opposant Moïse Katumbi de participer au scrutin présidentiel prévu avant la fin de l’année.

Dans la salle du cabinet de Me Dupont-Moretti, rue de la Boétie, dans le 8e arrondissement parisien, les proches de Moïse Katumbi savourent l’instant. Une lettre venue de Genève et datant du 13 juin, dont Jeune Afrique a pu obtenir une copie ce vendredi 16 juin, apporte une bonne nouvelle : leur champion, poursuivi pour atteinte à la sûreté nationale et condamné à trois ans de prison dans une autre étrange affaire de spoliation immobilière, pourrait enfin mettre fin à son exil forcé pour rentrer en homme libre en RDC.

Devant plusieurs journalistes qui lui tendent micros et enregistreurs, son avocat, Me Dupond-Moretti, lit l’intégralité de la lettre, émanant du Haut-commissariat aux droits de l’Homme des Nations unies (HCDH). Moïse Katumbi, assis à droite, esquisse un sourire. Et pour cause : l’opposant avait sollicité, le 2 juin, des mesures provisoires auprès du Comité des droits de l’homme des Nations à la suite de sa plainte contre l’État congolais. Moins de deux semaines plus tard, il en obtient une réponse satisfaisante.

Kinshasa doit permettre le retour de Katumbi en RDC

« Il est demandé à l’État partie [la RDC] de prendre toutes les mesures nécessaires de manière à prévenir tout risque de préjudice irréparable en lien avec l’exercice par l’auteur [Moïse Katumbi] des droits garantis par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. » En effet, l’État congolais est « notamment tenu de prendre toutes les mesures nécessaires en vue d’assurer que l’auteur puisse rentrer en RDC et puisse participer librement et en toute sécurité, en tant que candidat, à l’élection présidentielle prévue pour la fin de 2017. »

« À cette fin, l’État partie est également tenu de prendre toutes les mesures pour garantir à l’auteur son droit à la liberté et à la sécurité en le protégeant contre toute forme d’arrestation ou de détention arbitraire pendant toute la durée de l’examen de sa communication par le comité » des droits de l’Homme des Nations unies.

Une « mesure provisoire » du HCDH

Autrement dit, cette « mesure provisoire » adoptée par le Haut-commissariat aux droits de l’Homme affirme que « Moïse Katumbi ne peut pas être arrêté en RDC et peut se présenter à la présidentielle », décrypte Me Dupont-Moretti, saluant « la célérité » réservée à la requête de son client.

Trois mois plus tôt, un rapport de la commission ad hoc mise en place par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) avait déjà demandé à Kinshasa de permettre à Moïse Katumbi de rentrer en « homme libre » en RDC, qualifiant de « règlement de comptes purement politique » les affaires attribuées à l’ex-gouverneur du Katanga. Mais lors de sa dernière sortie médiatique, le président Joseph Kabila a rétorqué en substance que les évêques catholiques ne pouvaient pas remplacer les juges congolais. Traduction : si Katumbi rentre, il sera arrêté.

Des actions vont reprendre à partir de juillet si le calendrier électoral n’est pas publié

Après la publication de la lettre du Haut-commissariat aux droits de l’Homme des Nations unies, Katumbi semble décidé, cette fois-ci, à rentrer « le plus vite possible » au pays. Il confie qu’il ne lui reste qu’à « faire ses valises et à remercier quelques amis qui l’ont aidé » durant son exil. « J’ai ma conscience tranquille », répète le candidat à la présidentielle. Son porte-parole Olivier Kamitatu, acquiesce.

Katumbi prévient : « Des actions vont reprendre à partir de juillet si le calendrier électoral n’est pas publié. » S’accrochant à l’accord de la Saint-Sylvestre qui est selon lui « en train d’être violé par Kabila », il réfute toute idée d’un « troisième dialogue » avec le pouvoir de Kinshasa. « Si la présidentielle n’est pas organisée d’ici fin 2017, le peuple va recourir l’article 64 de la Constitution », tranche-t-il. Une disposition qui donne le devoir à tout Congolais de « faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution ».

Jeuneafrique.com par

RDC : la justice belge ouvre une enquête visant Alexis Thambwe Mwamba

juin 14, 2017

Le ministre de la Justice de la RDC, Alexis Thambwe Mwamba, le 4 mars 2015, à New York. © UN Photo / Jean-Marc Ferré / Flickr

Une plainte pour crime contre l’humanité a été introduite en Belgique contre le ministre d’État congolais en charge de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba. Bruxelles a décidé d’ouvrir une enquête.

Selon la Libre Belgique, le juge Michel Claise a été récemment désigné par le parquet de Bruxelles pour se charger de l’instruction dans un dossier visant Alexis Thambwe Mwamba, ministre de la Justice de la RD Congo, sur la base d’une plainte pour crime contre l’humanité introduite par l’avocat Alexis Deswaef il y a près d’un mois. L’avocat représente plusieurs familles de victimes d’un drame pouvant être assimilé à un acte terroriste : le crash d’un avion en 1998 dont le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) avait revendiqué l’attaque, par la voix d’un de ses leaders, Alexis Mwamba lui-même, sur les antennes de RFI, précise le quotidien belge.

À l’époque, la rébellion affrontait dans l’est du Zaïre les troupes de Laurent-Désiré Kabila, qui venait de prendre le pouvoir après la fuite de Mobutu. Alexis Thambwe aurait justifié le tir du missile sur l’avion par le fait que ce dernier était sur le point d’atterrir à Kindu avec des militaires pro-Kabila à son bord. Mais plusieurs témoins des faits confirment que l’avion avait décollé de Kindu avec des civils. Alexis Thambwe Mwamba qui séjournerait actuellement à Genève, était injoignable pour réagir à cette information.

Une autre plainte aux États-Unis

Le ministre congolais de la Justice est également poursuivi aux États-Unis avec Kalev Mutond, chef de l’Agence nationale de renseignement (ANR), dans le cadre d’une plainte pour « torture » déposée le 29 juillet devant la Cour du district de Washington D.C. par Darryl Lewis, l’ancien conseiller américain en sécurité de l’opposant congolais Moïse Katumbi, qui était accusé d’être un « mercenaire » par la justice congolaise et avait été détenu en RD Congo pendant plus d’un mois avant d’être relâché et de regagner les États-Unis.

Par ailleurs, en RD Congo, une cinquantaine de députés ont mis en cause mardi 13 juin la responsabilité d’Alexis Thambwe Mwambe dans une série d’évasions de plusieurs prisons du pays. La motion de défiance transmise à l’Assemblée nationale a été initiée par le député Muhindo Nzangi, un élu de Goma, dans le Nord-Kivu, mais elle ne devrait pas être soumise au vote du Parlement avant plusieurs mois.

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Évasion de prisons en RDC : 51 députés réclament la tête du ministre de la Justice

juin 13, 2017

Le ministre de la Justice de la RDC, Alexis Thambwe Mwamba, le 4 mars 2015, à New York. © UN Photo / Jean-Marc Ferré / Flickr

Une cinquantaine de députés mettent en cause la responsabilité du ministre d’État en charge de la Justice, Alexis Thambwe-Mwamba, dans une série d’évasions de prisons en RD Congo. Conduite par le député Muhindo Nzangi, un élu de Goma, dans le Nord-Kivu, une motion de défiance a été déposée mardi au bureau de l’Assemblée nationale.

C’est la première fois que Alexis Thambwe-Mwamba est interpellé de la sorte au Parlement depuis la série d’évasions de prison qu’a connu la RDC depuis le 17 mai dernier. Une motion de défiance signée ce mardi 13 juin par 51 députés demande à l’Assemblée nationale de se prononcer en faveur de la déchéance de l’actuel ministre d’État en charge de la Justice et de permettre au gouvernement de se doter d’un vrai homme d’État capable d’assurer ses fonctions à la tête de ce portefeuille. »

Pour les signataires de cette motion, « le ministre aurait menti et maquillé les chiffres concernant le nombre des évadés dans les prisons, affichant ainsi une attitude indigne d’un membre du gouvernement méprisant ainsi l’opinion en traitant d’idiots ceux qui n’ont pas cru aux faits tels qu’il les racontait ». Selon le texte du document, consulté par Jeune Afrique, il est également reproché au ministre son manque de considération envers l’Assemblée nationale et sa volonté de vouloir l’instrumentaliser en y présentant un projet de loi portant modification de la loi organique sur l’organisation et le fonctionnement de la Cour constitutionnelle.

Des milliers de détenus évadés en moins d’un mois

Plusieurs milliers de détenus se sont évadés récemment de prisons congolaises, une première dans l’histoire récente d’un pays qui a pourtant connu bien des soubresauts. Après l’évasion de près de 5 000 détenus, le 17 mai dernier, à la prison centrale de Makala dans la capitale congolaise, c’est dans la ville de Kasangulu, à 40 km au sud-ouest de Kinshasa, que quelque 70 détenus ont aussi parvenu à s’échapper suite à une attaque dans des circonstances troubles. Puis à Matete au sud de Kinshasa, le 10 juin, 17 détenus ont également réussi à s’évader. Enfin, rebelote le lendemain, à l’est de la RD Congo, dans la ville de Beni, où 930 détenus du centre pénitentiaire Kangbayi ont eux aussi profité d’une attaque par des hommes armés jusqu’aux dent pour se faire la belle.

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RDC: 11 morts, 900 évasions dans l’attaque d’une prison dans l’est (officiel)

juin 11, 2017

Goma (RD Congo) – Onze personnes ont été tuées et plus de 900 détenus se sont évadés dimanche dans l’est de la République démocratique du Congo pendant l’attaque d’une prison par des « assaillants » non identifiés, a-t-on appris de source officielle.

« La prison de Kangwayi de la ville de Beni a été attaquée par des assaillants dont l’identité n’est pas encore connue. Lors des échanges de tirs entre les forces de l’ordre et les assaillants, nos services ont [comptabilisé] 11 morts dont 8 éléments des forces de l’ordre », a déclaré à la presse le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku. « Pour l’instant, sur 966 prisonniers, il ne reste que 30 détenus dans la prison ».

Selon M. Paluku, un couvre feu est établi sur la ville et le territoire de Beni mais également sur la ville voisine de Butembo à partir de 18H30 locales (16H30 GMT): « Seuls les policiers et les militaires doivent être visibles à partir de cette heure ».

La ville et le territoire de Beni sont situés dans le nord de la province troublée du Nord-Kivu. Depuis octobre 2014, plusieurs centaines des personnes y ont été tuées dans une série de massacres attribués aux Forces démocratiques alliées (ADF), une rébellion musulmane ougandaise.

Plusieurs dizaines des présumés ADF étaient incarcérés à la prison de Kangwayi.

L’attaque de ce pénitencier intervient au lendemain de celle ayant visé un commissariat et un parquet de Kinshasa où une policière congolaise a été tuée et quatre grièvement blessées. Et des attaques similaires se sont succédées depuis trois semaines.

Le 17 mai, la prison de Makala, la grande prison de Kinshasa, avait été attaqué et s’en était suivi une évasion massive de détenus et d' »importants dégâts matériels », selon les autorités.

Le 19 mai, plusieurs dizaines de détenus s’étaient également échappés d’une prison située à 40 km au sud-ouest de Kinshasa.

Ces différentes attaques et évasions interviennent alors que la RDC est minée par une crise politique profonde liée au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila dont le mandat a échu le 20 décembre dernier.

Âgé de 46 ans, M. Kabila a succédé à son père en janvier 2001. Élu président en 2006, il a été réélu en 2011, lors d’un scrutin entaché de fraudes massives.

Son mandat s’est achevé en décembre et la Constitution lui interdit de se représenter, mais il se maintient à la tête du pays en vertu d’un arrêt controversé de la Cour constitutionnelle, entérinée par un accord signé le 31 décembre 2016 entre la majorité et l’opposition.

L’est de la RDC est déchiré par des violences de groupes armés depuis plus de vingt ans.

Romandie.com avec(©AFP / 11 juin 2017 19h48)