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La RDC au Conseil des droits de l’homme: contradiction onusienne ?

octobre 17, 2017

© Damien Glez

 

L’élection de la République démocratique du Congo au Conseil des droits de l’Homme des Nations unies fait grincer des dents. Son régime est-il légitime pour donner des leçons en matière de droits humains ?

D’un côté, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) indiquait, début septembre, que plus de 440 cas de violations des droits de l’Homme avaient été recensés au mois d’août pour l’ensemble de la République démocratique du Congo. Violations largement attribuées au régime – police, armée, justice, responsables de l’information. Le Conseil des droits de l’homme a même ouvert récemment deux enquêtes, suite aux violences dans le Kasaï.

De l’autre côté, l’Assemblée générale de l’ONU vient de donner son feu vert à l’entrée de cette même RDC à ce même Conseil des droits de l’homme. Sans surprise, les défenseurs des droits humains expriment leur désapprobation, un porte-parole de Human Rights Watch évoquant « une gifle pour les nombreuses victimes ». Avant le vote, 157 associations congolaises avaient appelé les États membres de l’ONU à faire barrage à Kinshasa. Au-delà de la « bulle » activiste, des États membres de l’ONU, comme les États-Unis, ont évoqué une perte de « crédibilité » du Conseil des droits de l’Homme.

On fait avec ce que l’on a, indiquent certains observateurs

Comment une telle incongruité, fortement dénoncée, est-elle possible ? Primo, la République démocratique du Congo a recueilli 151 voix, alors qu’elle n’en avait besoin que de 97. Secundo, certains observateurs indiquent, en « off », que « l’on fait avec ce que l’on a ».

Le Conseil des droits de l’Homme est un organe intergouvernemental qui fonctionne avec 47 États aux mandats à durée déterminée. Dans une logique de répartition géographique équitable, il réserve au continent africain 13 sièges, dont quatre devaient être cédés cette année. Aux côtés de la RDC, le Sénégal, le Nigeria et l’Angola font leur entrée…

« Si tu n’as pas la force du voleur, aide-le à porter le butin »

Y a-t-il, dans le monde, suffisamment de pays irréprochables pour que les 47 sièges soient occupés sans débat ? Membre du Conseil des droits de l’homme jusqu’en 2018, le Burundi a fait l’objet, le mois passé, d’un rapport de l’ONU qui évoque notamment « des arrestations et des détentions arbitraires, des actes de torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants, des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées, des viols et d’autres violences sexuelles ».

Et les « brebis galeuses » présumées ne sont bien sûr pas toutes africaines. Des pratiques jugées « divergentes du concept de l’État de droit » par l’organisation Freedom House ont valu de nombreuses critiques à une Arabie saoudite pourtant membre du Conseil jusqu’en 2019.

Quant au continent américain, il héberge un autre membre controversé du Conseil : le Venezuela sur lequel l’ONU souhaita, le 11 septembre dernier, une enquête sur de possibles crimes contre l’Humanité. C’est bien connu, quand on se regarde, on se désole, mais quand on se compare, on se console.

La RDC serait-elle « moins pire » que d’autres ? Un ultime argument populaire plaide pour son intégration : « Si tu n’as pas la force du voleur, aide-le à porter le butin ». Si tu n’arrives pas à corriger les actes autocratiques, intègre l’autocrate au Conseil des droits de l’Homme et il se convertira…

Jeuneafrique.com par Damien Glez, dessinateur et éditorialiste franco-burkinabé

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RDC: Kabila a « déclaré la guerre au peuple congolais » (chef de l’opposition)

octobre 12, 2017

 

Kinshasa – Le leader de l’opposition en République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a déclaré jeudi que le président Joseph Kabila et le président de la Commission électorale avaient « déclaré la guerre au peuple congolais », en annonçant qu’il n’y aurait pas d’élection présidentielle avant 2019.

« Devant cette énième forfaiture, Joseph Kabila et son serviteur Corneille Nangaa ont déclaré la guerre au peuple congolais et se sont de ce fait disqualifiés », a affirmé Félix Tshisekedi, à l’issue d’une réunion à Kinshasa du Rassemblement, le regroupement de la majeure partie de l’opposition, qui exige le départ de M. Kabila.

Le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) Corneille Nangaa a discrètement annoncé que la Commission ne serait pas en mesure d’organiser une élection avant 2019 pour remplacer Joseph Kabila, dont le second et dernier mandat a pris fin le 19 décembre 2016.

Cette déclaration enterre définitivement l’accord entre le pouvoir et l’opposition du 31 décembre 2016. Conclu sous l’égide de l’Eglise catholique, le texte prévoyait des élections présidentielle, législative et locale au plus tard fin 2017.

« Le Rassemblement entreprend des démarches auprès de la communauté internationale, à travers l’ONU, pour une implication directe dans l’organisation des élections » en République démocratique du Congo, a souligné Félix Tshisekedi, qui a de nouveau demandé « une courte transition sans Joseph Kabila et une Céni recomposée ».

Félix Tshisekedi, fils de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, décédé en février 2017, a aussi a annoncé qu’il rendrait visite aux militants du Rassemblement dans tout la RDC, en commençant par Lubumbashi (sud-est), la deuxième ville du pays, et l’est.

Les Nations unies et les grands pays-partenaires continuent de réclamer l’application intégrale de l’accord du 31 décembre 2016.

« A l’heure actuelle, la publication d’un calendrier électoral réaliste, l’établissement d’un budget pour la tenue des élections, la mise en oeuvre des mesures de décrispation et la garantie du respect des droits et libertés fondamentales sont les principales conditions à remplir pour faire avancer le processus politique », a déclaré jeudi le représentant de l’ONU en République démocratique du Congo Maman Sidikou devant le Conseil de sécurité à New York.

Romandie.com avec(©AFP / 12 octobre 2017 21h20)                                            

RDC-Bruno Tsibala: « L’UDPS n’appartient pas une famille ! « 

octobre 12, 2017
Bruno Tshibala lors de sa visite à Jeune Afrique, le 15 septembre. © Vincent Fournier/JA

De l’audace, Bruno Tshibala en a à revendre. Devenu Premier ministre, cet ancien compagnon de route de Tshisekedi rêve de reprendre les rênes du premier parti d’opposition. Peu lui importe qu’il en ait été exclu.

Bruno Tshibala connaît bien la prison de Makala, à Kinshasa. Au cours de sa longue carrière d’opposant, il y a fait plus d’une quinzaine de séjours, ainsi qu’il aime à le rappeler. Le dernier, c’était il y a moins d’un an, pour avoir été l’un des organisateurs des violentes manifestations de septembre 2016. À l’époque, il s’agissait de protester contre le maintien au pouvoir de Joseph Kabila, dont il devenait évident que, contrairement à ce que prévoyait la Constitution, il ne quitterait pas son fauteuil de président le 19 décembre 2016.

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La répression avait fait plusieurs dizaines de morts (56, selon Human Rights Watch) et des dizaines de personnes avaient été arrêtées. Interpellé à l’aéroport de Ndjili le 9 octobre 2016 alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays, Bruno Tshibala avait passé sept semaines en détention.

Depuis, le destin de cet homme de 61 ans a radicalement changé. Nommé Premier ministre le 7 avril dernier, l’ancien détenu parcourt désormais le monde escorté par la police. Joseph Kabila n’est plus ce président honni qu’il voulait renverser il y a encore quelques mois : « Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, c’est un homme de parole qui m’a étonné par son humilité et sa sincérité », explique-t‑il à Jeune Afrique, tout sourire derrière ses lunettes noires, lors d’une visite à Paris mi-septembre. Lui qui a tant de fois eu à subir les foudres de la justice de son pays estime même que celle-ci est « digne de confiance ».

Militant de l’UDPS

Le pouvoir congolais, qui cherchait depuis longtemps à l’attirer dans ses filets, peut se réjouir. Car l’homme qui tient désormais ce discours fut l’un des plus proches collaborateurs d’Étienne Tshisekedi, le charismatique leader de l’opposition décédé le 1er février. Juriste de formation, diplômé de l’université Marien-Ngouabi de Brazzaville, Bruno Tshibala fut un militant de la première heure de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Je crois que Tshisekedi me préparait à lui succéder

Originaire du Kasaï, comme Tshisekedi, il gagne la confiance du « Vieux » dès les années 1980, à une époque où personne n’ose encore défier le dictateur Mobutu Sese Seko dans la rue. En janvier 1988, c’est lui qui a l’idée d’organiser le premier ­meeting public du parti, au pont Kasa-Vubu, à Kinshasa, pour rendre hommage aux premiers « martyrs » du mobutisme, exécutés non loin de là en 1966. Tshisekedi et plusieurs de ses lieutenants – dont Tshibala – sont arrêtés, ce qui contribuera grandement à sa réputation de courage et à sa popularité.

Ces dernières années, alors qu’Étienne Tshisekedi s’isolait de plus en plus et que sa santé déclinait, il était l’un des rares cadres du parti à conserver un accès direct au chef. Il n’y avait guère que sa famille qui pouvait alors en dire autant. Bruno Tshibala y voit une marque de confiance, et même un signe pour l’avenir : « Je crois que Tshisekedi me préparait à lui succéder », dit-il. « Tshisekedi n’a jamais désigné de successeur, tempère Tharcisse Loseke, un ancien de l’UDPS pourtant proche de Tshibala. Il a toujours laissé les cadres se neutraliser entre eux. »

Une prise de choix

Quoi qu’il en soit, pour le pouvoir, qui cherche à désorganiser la maison Tshisekedi, Tshibala est une prise de choix. Il est encore dans une cellule à Makala, en fin d’année dernière, lorsque Joseph Kabila envoie un de ses représentants lui proposer la primature. « J’ai décliné parce que je n’avais pas de mandat pour accepter, explique l’intéressé. Il n’y avait pas [encore] eu d’accord entre le pouvoir et l’opposition. »

Je sais qu’Étienne Tshisekedi n’aurait jamais désigné son fils Félix comme son dauphin

Cette rencontre, vite ébruitée, trouble ses camarades, mais Tshibala est toujours fidèle à Tshisekedi lorsque est enfin trouvé un terrain d’entente, le 31 décembre 2016. L’accord signé ce jour-là prévoit que le chef de l’État reste en fonction malgré l’expiration de son mandat, mais qu’une élection devra être rapidement organisée pour lui trouver un successeur. Quant au poste de Premier ministre, il doit revenir à l’opposition, alors regroupée au sein du « Rassemblement ».

Le pouvoir traîne les pieds, mais c’est la mort d’Étienne Tshisekedi qui achève le fragile édifice. Pour le remplacer, un tandem est désigné : Pierre Lumbi, un proche de l’ambitieux opposant Moïse Katumbi, la bête noire du régime, et Félix Tshisekedi, le fils du défunt chef de l’opposition. Tshibala, qui n’a pas été consulté, s’insurge. « Un groupe de gens proches de M. Katumbi s’est permis d’opérer une réforme inappropriée, illégale et inopportune du Rassemblement, clame-t‑il. Quant à Félix, je sais que son père, que j’ai côtoyé pendant plus de trente ans, ne l’aurait jamais désigné comme son dauphin. L’UDPS n’appartient pas à une famille ! »

Menace du « doyen de l’opposition »

Tshibala fonde alors une nouvelle faction du Rassemblement, ce qui lui vaut d’être exclu de l’UDPS par ses anciens camarades. Ces divisions font le jeu du pouvoir, qui s’empresse de nommer Tshibala à la primature. Son investiture, au Palais du peuple, le 16 mai, se fait sous les protestations assourdissantes des élus de l’opposition. Les Occidentaux – les Belges en tête – déplorent aussi ce choix et dénoncent le dévoiement d’un accord sur lequel ils avaient beaucoup misé.

Mais il en faut plus pour doucher l’enthousiasme du nouveau Premier ministre. Malgré la grave crise économique que connaît la RD Congo, il se targue d’avoir fait revenir le pays à un « apaisement général ». « La situation est sous contrôle, y compris dans les Kasaïs, où les milices Kamwina Nsapu ont été démantelées », assure-t‑il.

Son prochain défi ? Organiser un congrès de l’UDPS, dont il continue de se revendiquer, pour en reprendre le contrôle. Pour l’instant, les militants fidèles à Félix Tshisekedi lui interdisent tout accès au siège du parti, dans le quartier de Limete, à Kinshasa. Qu’à cela ne tienne. Tshibala, le « doyen de l’opposition », comme il aime à se définir, menace d’utiliser les pouvoirs de l’État pour mater ses alliés d’hier.


Un budget très serré

Avec 50 % d’inflation et une monnaie qui a perdu 30 % de sa valeur depuis le début de l’année, Bruno Tshibala n’a pas la tâche facile. « Nous avons hérité d’une situation économique très compliquée, reconnaît le Premier ministre congolais. C’est la conséquence directe de la baisse des cours des matières premières. » Pour faire face à cette situation, il dit miser avant tout sur la lutte contre la corruption et contre « ceux qui thésaurisent la monnaie ».

On voit mal, cependant, comment le pays pourrait sortir de cette mauvaise passe sans l’appui budgétaire des bailleurs étrangers, comme le Fonds monétaire international (FMI). Or, en cette période sensible, ceux-ci sont peu enclins à faire confiance à Kinshasa, d’autant que la date des élections n’est pas connue. « Le scrutin à venir devrait coûter 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros), affirme Bruno Tshibala. Ce n’est pas une sinécure. Le gouvernement entend tout faire pour financer cette enveloppe. Mais si nous n’y arrivons pas, nous nous tournerons vers nos partenaires traditionnels. »


Gouvernement présidentiel

Depuis le départ de Matata Ponyo Mapon, en novembre 2016, Bruno Tshibala est le deuxième Premier ministre issu des rangs de l’opposition. Son prédécesseur, Samy Badibanga, n’avait pas réellement eu le temps de gouverner : à peine plus d’un mois après sa nomination, l’accord du 31 décembre était signé et prévoyait son remplacement. Ni Badibanga ni Tshibala n’ont eu les coudées franches pour former leur gouvernement : les postes clés ont été confiés à des membres du clan présidentiel.

Jeuneafrique.com par

RDC: pas d’élection pour remplacer Kabila avant début 2019 (Commission électorale)

octobre 11, 2017

Kinshasa – La République démocratique du Congo ne pourra pas organiser d’élection pour remplacer le président Joseph Kabila avant « 504 » jours, soit début 2019, a annoncé mercredi la commission électorale, alors qu’une présidentielle devait initialement avoir lieu fin 2017.

« La CENI (commission électorale, ndlr) a besoin de 504 jours après la fin du recensement pour arriver au jour du scrutin », explique la commission sur son site internet.

Ce recensement est encore en cours dans la région troublée du Kasaï.

Le délai peut être réduit « si on accepte d’utiliser la machine à voter et si l’on change la loi électorale », a indiqué à l’AFP un porte-parole de la commission électorale.

Le deuxième et dernier mandat du président Kabila a pris fin en décembre 2016, la Constitution lui interdisant de se représenter.

Un accord pouvoir-opposition sous l’égide de l’église catholique conclu le 31 décembre 2016 prévoyait « l’organisation des élections en une seule séquence présidentielle, législatives nationale et provinciale au plus tard en décembre 2017 ».

Ce délai était devenu légalement impossible à tenir le 1er octobre, la loi prévoyant une convocation du corps électoral trois mois avant la fin du scrutin.

Romandie.com avec(©AFP / 11 octobre 2017 23h04)                                            

Élections en 2018: les « grands lignes » d’un calendrier électoral (très attendu) en RDC

octobre 9, 2017

Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), le 26 juin 2016 à Kinshasa. © Gwenn Dubourthoumieu pour JA.

Après son passage la semaine dernière au siège d’Atlantic Council à Washington, Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), a regagné dimanche soir Kinshasa où il compte publier incessamment le calendrier électoral tant attendu en RDC. En voici les « grandes lignes ».

Visiblement serein et imperturbable, Corneille Nangaa est rentré dimanche 8 octobre à Kinshasa après un échange très musclé au centre Afrique de l’Atlantic Council à Washington. Il s’agissait d’un « briefing » sur les prévisions de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) en RDC, organisé le jeudi 5 octobre par ce think tank pro-républicain.

En face du président de la Ceni congolaise, une vingtaine de personnalités triées sur le volet : responsables politiques américains, Elizabeth Jaffee du bureau Afrique du département d’État américain et Gregory Simpkings, directeur du sous-comité de la chambre des représentants sur l’Afrique, la santé globale et les droits de l’Homme, entres autres, mais aussi des personnalités de la société civile américaine (surtout) et congolaise.

Tripartite d’abord, calendrier électoral ensuite

Lors des discussions modérées par Bronwyn Bruton, directeur des programmes et études au centre Afrique d’Atlantic Council, Corneille Nangaa, accompagné de François Balumuene, ambassadeur congolais aux États-Unis, est revenu sur les enjeux du processus électoral en cours en RDC et les contraintes techniques, logistiques et financières – 528 millions de dollars pour les scrutins présidentiel, législatif et provincial – auxquelles la Ceni est confrontée. Mais « il n’a jamais indiqué que le calendrier électoral sera publié cette semaine », comme on a pu le lire sur le site d’Atlantic Council, souligne-t-on dans l’entourage du président de la Ceni.

D’après nos informations, le calendrier électoral ne pourra être rendu public avant la deuxième réunion d’évaluation du processus électoral. Celle-ci est programmée ce jeudi 12 octobre entre la Ceni, le gouvernement et le Conseil national de suivi de l’accord (CNSA).

L’accord dont la mise en oeuvre en cours est dénoncée par le Rassemblement de l’opposition et les évêques catholiques, médiateurs des pourparlers, avait prévu cette tripartite pour « unanimement apprécier le temps nécessaire pour le parachèvement [des] élections ».

De janvier à novembre 2018 ?

En attendant, quelques « grandes lignes » de ce calendrier tant attendu en RDC ont été révélées à la réunion d’Atlantic Council. Après recoupement avec des sources au sein de la Ceni, il en ressort que l’enrôlement des électeurs sera « clôturé en janvier [2018] au Kasaï ». Mais, « entre-temps, la consolidation des données du fichier électoral est déjà enclenchée », rassure-t-on du côté de la Ceni. Mais cette vérification pourrait s’étendre jusqu’au mois de février.

Ce n’est qu’après que pourraient intervenir les « activités critiques du processus », celles qui nécessitent la fin de l’une pour déclencher le début de l’autre. À commencer par l’examen et l’adoption de la proposition ou du projet de loi sur la répartition des sièges.

À ce stade, le président de la Ceni souhaite que tous les acteurs politiques, parlementaires compris, s’impliquent réellement pour l’aboutissement du processus. « Corneille Nangaa a effet expliqué qu’en réalité la plupart de ceux qui, à Kinshasa, exigent des élections n’en veulent pas », rapporte un autre participant à la réunion d’Atlantic Council.

Viendra ensuite l’étape de l’ouverture des candidatures. « Avec plus de 600 partis, il faudra s’attendre à environ 28 000 candidats pour la députation nationale et un peu plus pour les élections provinciales », fait savoir à Jeune Afrique le président de la Ceni. C’est pourquoi, pour ce dernier, « la machine à voter n’est pas une proposition mais une option prise » pour faire face à cette situation. Une fois les candidatures enregistrées, la Ceni procédera à la « commande des matériels sensibles », notamment des bulletins de vote.

Je ne suis pas allé à Washington pour convaincre qui que ce soit

Nangaa a enfin rappelé ses trois options présentées aux politiques pour la tenue des scrutins : une seule élection – la présidentielle – en décembre 2017, deux élections – présidentielle et législatives – en mai 2018 ou trois élections – présidentielle, législatives et provinciales – en novembre 2018.

L’accord de la Saint-Sylvestre, on le sait, a choisi le troisième cas de figure, mais en ramenant l’échéance « au plus tard en décembre 2017 ». Ce qui est « techniquement impossible » jure-t-on à la Ceni qui semble s’accrocher à son schéma initial. Le Rassemblement de l’opposition a déjà indiqué que si les élections n’ont pas lieu cette année, une « transition sans Kabila » doit être mise en place.

Corneille Nangaa peine à convaincre sur le Kasaï

À Washington, Corneille Nangaa s’est également évertué à « [démentir] les allégations selon lesquelles la violence actuelle [notamment dans le Kasaï, dans le centre du pays, NDRL] serait liée au processus électoral et à l’impossibilité d’organiser les élections », rapporte un autre participant à la réunion.

Mais, à en croire le compte rendu publié sur le site internet d’Atlantic Council, pendant les échanges, les explications de Corneille Nangaa n’ont pas convaincu la plupart des invités.

« Difficile d’en être autrement lorsque chacun a déjà ses appréhensions », commente un proche du président de la Ceni. Et Nangaa lui-même de conclure : « Je ne suis pas allé à Washington pour convaincre qui que ce soit, mais pour présenter les faits. »

Jeuneafrique.com par

RDC: Une base de la Monusco attaquée dans le Nord-Kivu après des combats entre armée congolaise et rebelles ADF

octobre 9, 2017

Image mise à disposition par la Monusco présentant des Casques bleu du Guatemala en opération à Sake, dans le Nord-Kivu, le 5 juillet 2017. © Photo : MONUSCO

 

Un Casque bleu a été tué ce lundi dans l’attaque d’une base de la Monusco à Beni. L’attaque survient au lendemain de combats ayant opposé dimanche 8 octobre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aux Forces démocratiques alliés (Allied Democratic Forces, ADF), accusée par les autorités d’être à l’origine de la disparition, samedi, d’une vingtaine de civils.

Un Casque bleu a été tué et douze autres blessés ce lundi 9 octobre dans l’attaque par les ADF d’une base des Nations unies située dans le territoire de Beni, a fait savoir la Mission des nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco).

La veille, dimanche 8 octobre, des combats à l’arme lourde et légère ont opposé les Forces armées de la RDC aux Forces démocratiques alliés dans le même territoire de Beni, l’une des entités administratives du Nord-Kivu.

Rebelles islamistes ougandais présents dans l’est de la RDC depuis 1995, les ADF sont accusés par le gouvernement congolais et la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) d’être responsables de tueries qui ont fait plus de 700 morts dans la région de Beni depuis octobre 2014.

Une vingtaine de disparus

Samedi 7 octobre, les ADF avaient attaqué une dizaine de taxis-motos sur la route entre les localités de Kamango et de Mbau. Une vingtaine de personnes sont depuis portées disparues sans que l’on sache si elles sont décédées ou toujours détenues par les ADF.

Un représentant de la société civile, Teddy Kataliko, évoque précisément le chiffre de 22 personnes portées disparues, plus dix rescapés dont sept femmes et trois hommes sur cet axe Mbau-Kamango. Selon RFI, ces vingt-deux personnes, parmi lesquelles une femme, auraient été égorgées par les ADF.

Jeuneafrique.com

 

RDCongo: crash d’un avion de transport militaire, aucun survivant

septembre 30, 2017

Un avion de transport Antonov de l’armée congolaise s’est écrasé samedi à une centaine de kilomètres à l’est de Kinshasa, faisant « plusieurs dizaines » de morts parmi les passagers, a-t-on appris de sources concordantes.

L’appareil, qui venait de décoller en direction du Kivu (est), transportait « plusieurs dizaines de personnes », selon une source aéroportuaire qui a requis l’anonymat, et s’est écrasé dans la commune de N’sélé, qui fait partie du grand Kinshasa, à une centaine de km du centre de la capitale congolaise.

Sur place, un périmètre de sécurité a été bouclé par la Garde républicaine, a constaté une équipe de journalistes de l’AFP. L’appareil s’est abîmé sur une zone non habitée, composant un ancien domaine agro-industriel dépendant de la présidence.

Il n’y a eu « aucun survivant », selon une source municipale sur place jointe par l’AFP et s’exprimant également sous couvert d’anonymat.

L’avion, piloté par un équipage russe, transportait « deux véhicules et des munitions » ainsi que les personnels militaires d’accompagnement, selon une source à l’état-major de l’armée, s’exprimant sous couvert d’anonymat.

Selon cette source, il y avait « entre 20 et 30 personnes » à bord de l’appareil, qui avait décollé de l’aéroport de Ndolo, dans le centre de la capitale.

Un témoin joint sur les lieux du crash par l’AFP a indiqué que l’accident s’était produit vers 08h50 (07H50 GMT) et affirmé avoir vu l’avion qui « tombait », mais sans dégagement de fumée apparent.

Selon un autre témoin, un lieutenant de l’armée congolaise, l’appareil aurait au contraire pris feu dans le ciel avant de s’écraser et de provoquer une série d’explosions.

Un officier supérieur en charge des opérations de secours a indiqué à l’AFP que la carcasse de l’avion n’était plus qu’un « amas de ferraille » et que le site était jonché de « corps déchiquetés ».

L’accident aurait fait « entre une dizaine et une quinzaine » de morts, dont certains « Occidentaux », selon lui.

Au moins trois accidents d’avions de transport militaires ont déjà été enregistrés en RD Congo depuis 2000, dont un, celui d’un Illiouchine 76 qui avait perdu sa porte ventrale en plein vol le 8 mai 2003 entre Kinshasa et Lumumbashi, aurait fait quelque 200 victimes.

Romandie.com avec(©AFP / 30 septembre 2017 14h56)                

RDC: une trentaine de détenus s’évadent d’une prison du Sud-Kivu

septembre 25, 2017
Une route dans le territoire de Mwenga, en RDC, en 2010. © Flickr/Creative Commons/Aide humanitaire et protection civile de la Commission européenne

Un total de 34 prisonniers se sont évadés le 24 septembre d’une prison de l’est de la République démocratique du Congo.

En République démocratique du Congo, on ne compte plus les évasions : le 24 septembre dans la matinée, ce sont encore 34 prisonniers qui se sont fait la belle de la prison centrale de Mwenga, au Sud-Kivu. Selon les autorités, ils ont troué le mur avec des barres de fer.

Parmi eux, 27 détenus avaient été condamnés pour viol et les autres pour vols et assassinat. Si trois des évadés ont été rattrapés, les 31 autres sont toujours dans la nature.

« Explosion de l’insécurité dans les jours à venir »

Dans cette prison, « les conditions carcérales sont déplorables à cause du manque de nourriture et de médicaments qui ne sont plus fournis », explique Désiré Masumbuko, l’administrateur de Mwenga.

« Nous craignons l’explosion de l’insécurité dans les jours à venir », déplore l’influent chef coutumier Mwami Kalenga Riziki qui a qualifié ces évadés « d’extrêmement dangereux ».

Début juin dans la province voisine du Nord-Kivu, plus de 900 prisonniers s’étaient évadés de la prison de la ville de Beni, après une attaque lancée par des inconnus. Le 17 mai, plus de 4 000 prisonniers s’étaient par ailleurs évadés de la prison de Makala dans la capitale Kinshasa après un assaut.

Jeuneafrique.com avec AFP

Constitution, Kabila, accord du 31 décembre…Ce qu’il fallait retenir de la réunion organisée à New York sur la RDC

septembre 21, 2017
Le président Joseph Kabila en juin 2016 à Kindu. © John Bompengo/AP/SIPA

Une réunion de « haut niveau » consacrée à la situation en RDC a eu lieu mardi à huis clos, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Voici point par point ce qu’il fallait en retenir.

Le respect de la Constitution

D’après le compte-rendu publié à l’issue de la rencontre, les participants ont d’emblée « salué l’engagement exprimé par les autorités de la République démocratique du Congo à respecter la Constitution ». Une allusion à l’article 71 de la Constitution, qui dispose que « le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois », et qui interdit de facto au président Joseph Kabila de concourir pour un troisième mandat.

Autrement dit, la communauté internationale, à travers les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne, la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC), la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL), l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et les représentants de cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité qui ont pris part à cette réunion dite de « haut niveau », s’inscrit en faux contre toute idée de prolongement du mandat de Joseph Kabila. Ceux qui, autour du chef de l’État congolais, avancent la piste d’un référendum constitutionnel sont ainsi prévenus. Petit bémol : les participants restent muets sur la proposition de l’opposition d’imposer une « transition sans Kabila » pour conduire le pays vers des élections.

Le rôle incontournable de l’accord de la Saint-Sylvestre

Les participants ont également réaffirmé le « rôle incontournable de l’accord de la Saint Sylvestre et la nécessité de sa mise en œuvre totale afin de baliser la voie pour la tenue d’élections libres, justes, pacifiques et crédibles ». D’après le texte, les scrutins présidentiels, législatifs et provinciaux doivent également se tenir « dans les délais prescrits, conformément à l’accord de la Saint-Sylvestre ». Une formulation qui se garde d’évoquer directement la fin décembre 2017 comme date butoir, ce que continue de réclamer une partie de l’opposition, laissant ainsi ouverte l’éventualité d’un report – prévu d’ailleurs par l’accord du 31 décembre.

En effet, « nous ne sommes pas partisans d’un quelconque fétichisme de date. Si la Ceni publie un calendrier réaliste qui renvoie les élections au premier trimestre de l’année prochaine et qu’il y a un consensus de la classe politique congolaise, nous ne nous y opposerons pas », explique une source occidentale basée à Kinshasa.

Des mesures de décrispation supplémentaires

Autre point saillant de cette réunion : la nécessité selon ses membres « de prendre des mesures de décrispation supplémentaires ». Déjà prévues dans l’Accord de la Saint-Sylvestre, ces mesures prévoyaient entre autres la libération des prisonniers politiques et le retour des exilés politiques. Mais le chemin à parcourir reste long : le Bureau conjoint des Nations unies aux Droits de l’Homme (BCNDH) avait recensé en juillet dernier « plus de 170 personnes détenues du fait de leurs opinions politiques ou d’activités citoyennes légitimes ». Le rapport des évêques catholiques et une lettre du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a beau demander le retour au pays, en « homme libre », de l’opposant Moïse Katumbi, Kinshasa continue de faire la sourde oreille.

Le soutien apporté à la Ceni

Les participants ont également reconnu « les progrès réalisés par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), notamment dans l’enrôlement des électeurs », sans faire mention toutefois de la polémique autour des chiffres dans certaines provinces. Sur son fil Twitter, le député du Rassemblement de l’opposition Martin Fayulu s’était ainsi étonné fin août de l’augmentation exponentielle du nombre d’électeurs inscrits dans la province du Sankuru.

Des incongruités qui n’ont pas empêché les membres de la réunion d’encourager « les bailleurs à financer le Fond multipartenaires consacré au Projet d’Appui au Cycle Électoral au Congo (PACEC) afin d’appuyer le processus électoral ». Le communiqué évoque également la mise en place « d’une équipe de coordination d’experts » afin « d’assister la Ceni et d’appuyer les préparatifs des élections ». « Mais, jusqu’ici, la Ceni ne nous a toujours pas transmis le budget détaillé des élections à venir, encore moins la chaîne des dépenses des fonds qui auraient été débloqués par l’État congolais », déplore un diplomate belge.

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RDC: Félix Tsisekedi et Moïse Katoumbi demandent une transition sans Joseph Kabila

septembre 19, 2017
Les opposants congolais Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi. © John bompengo/AP/SIPA et Vincent Fournier/Jeune Afrique-REA

Les deux figures de l’opposition congolaise Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi ainsi que trois représentants de la société civile et de mouvement citoyens ont signé lundi à New York un communiqué dans lequel ils demandent une transition sans le président Joseph Kabila pour préparer des élections en République démocratique du Congo.

Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi ont co-signé un communiqué lundi 18 septembre à New York, où les Nations unies tiennent mardi une réunion sur la crise en RDC liée au maintien au pouvoir du président Kabila, dont le second mandat a pris fin le 20 décembre 2016, la Constitution ne lui permettant pas de briguer un nouveau mandat.

Dans leur communiqué, signé également par André Mbata Mangu (directeur exécutif de l’Institut pour la démocratie, la gouvernance, la paix et le développement en Afrique), Paul Nsapu (secrétaire général de la FIDH en charge de l’Afrique) et Floribert Anzuluni (coordonnateur du mouvement citoyen Filimbi), les deux opposants pointent la responsabilité de Joseph Kabila « dans le non-respect de la Constitution et de l’accord du 31 décembre 2016 » qui prévoyait des élections d’ici décembre 2017.

« Pour prévenir le vide juridique et le chaos dans la perspective de la non-tenue des élections le 31 décembre 2017 au plus tard, (nous) exigeons une transition sans M. Kabila, devenu illégal et illégitime », écrivent les deux leaders du Rassemblement de l’opposition et leurs cosignataires.

Cette transition sera « conduite par des personnalités éminentes consensuelles chargées de préparer les élections démocratiques, libres, transparentes et paisibles qui ne sont pas possibles, ni avec M. Kabila ni avec la commission électorale (Céni) dans sa configuration actuelle », ajoutent-t-ils.

Les signataires rejettent d’avance « tout projet de référendum constitutionnel » qui modifierait la Constitution sur la question du nombre et de la durée du mandat du président de la République.

Jeuneafrique.com avec AFP