Posts Tagged ‘RDC’

Ce qu’il faut retenir des nouvelles conclusions de l’UE sur la RDC et de la réaction de Kinshasa

décembre 12, 2017

Joseph Kabila, président de la RDC, le 23 septembre 2017, à New-York. © Craig Ruttle/AP/SIPA

Reconduction des sanctions contre les proches du président congolais Joseph Kabila, appel au respect du calendrier électoral… Réuni lundi à Bruxelles, le Conseil de l’UE s’est une nouvelle fois prononcé sur la situation politique et sécuritaire en RDC.

Pas d’appui au processus électoral sans garantie du respect par Kinshasa de la Constitution et de l’accord de la Saint-Sylvestre. C’est ce qui ressort de 10 conclusions adoptées, le lundi 11 décembre à Bruxelles, par les ministres des Affaires étrangères du Conseil de l’UE. De fait, ces résolutions ont plus concerné le processus électoral en cours en RDC.

« L’UE estime [en effet] qu’il est déterminant, notamment pour la légitimité des institutions chargées de la transition, de garantir que la date des élections désormais fixée du 23 décembre 2018 soit respectée. » Mais en publiant le calendrier électoral début novembre, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) avait prévenu que plusieurs contraintes financières, techniques et juridiques pourraient rendre difficile le respect de ce délai.

Des mises en garde balayées par l’UE qui rappelle qu’il est de la « responsabilité première du gouvernement et des institutions en charge de l’organisation des élections, en particulier la Ceni » de tout mettre en oeuvre pour garantir le respect du calendrier électoral.

Mesures de décrispation …

Prolongeant pour un an les sanctions prises à l’encontre de certains proches du président Joseph Kabila, l’UE appelle également le régime de Kinshasa à respecter la Constitution et a considéré « l’urgence de la mise en œuvre intégrale par le gouvernement de l’ensemble des mesures de décrispation politique prévues par l’accord de la Saint Sylvestre, nécessaires pour réunir les conditions d’élections crédibles et inclusives, rétablir la confiance entre les acteurs concernés et apaiser les tensions politiques, notamment la libération de tous les prisonniers politiques, la fin des poursuites judiciaires injustifiées, la fin de la duplication des partis politiques, la liberté de la presse et la réouverture des médias fermés. »

… contre financement du processus électoral

Avant d’apporter son appui financier au processus électoral, l’UE indique qu’elle « évaluera » la mise en oeuvre de ces mesures prévues par l’accord politique de la Saint-Sylvestre conclu entre le camp du président Kabila et l’opposition. Un compromis politique « sur lequel se fonde la légitimité de la transition », rappellent les ministres européens.

Autres préalables avant le décaissement des fonds européens : « Le respect des droits de l’homme et la réouverture de l’espace politique, ainsi que les mesures nécessaires pour garantir un processus électoral transparent et inclusif, l’application scrupuleuse du nouveau calendrier électoral, la publication d’un budget crédible et un plan de décaissement réaliste, l’adoption de la législation électorale requise et la fiabilisation du fichier électoral. »

Dans la foulée, les autorités belges ont « salué » les conclusions adoptées par le Conseil de l’UE. Celles-ci « soulignent la nécessité d’organiser des élections libres et crédibles en RDC et rappellent la volonté de l’UE de contribuer au processus électoral pour autant que des mesures nécessaires soient prises afin de garantir la crédibilité du processus tant sur le plan technique qu’en ce qui concerne l’ouverture de l’espace démocratique », ont ainsi déclaré le Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Didier Reynders et son collègue en charge de la Coopération au développement Alexander De Croo.

En clair, « la Belgique a décidé de réserver dans un premier stade 5 millions d’euros en appui aux élections, qui pourront être libérés dès que ces conditions seront réunies et elle encourage ses partenaires à agir dans le même sens, en restant très attentifs aux engagements des autorités congolaises ».

Une « moquerie » selon Kinshasa

De nouvelles sanctions n’ont pas pas été adoptées, comme le souhaitaient certains pays de l’UE

À Kinshasa, l’on s’étonne de cette annonce des autorités belges. « Cinq millions d’euros et des conditions ? C’est une moquerie. Savez-vous combien le gouvernement congolais donne à la Ceni chaque mois ? 30 millions de dollars. » Barnabé Kikaya Bin Karubi, conseiller diplomatique du président Kabila, regrette aussi que les partenaires européens de la RDC « n’écoutent pas » Kinshasa.

« Ils sont souverains », lâche-t-il, dépité. Mais « de nouvelles sanctions n’ont pas pas été adoptées, comme le souhaitaient certains pays de l’UE. C’est une bonne chose », nuance-t-il aussitôt.

Quant aux mesures de décrispation, Kikaya Bin Karubi dit que les autorités congolaises en ont déjà prises. « Nous libérons des soi-disant prisonniers politiques, mais l’UE en trouve toujours d’autres », tance-t-il.

[Moïse Katumbi] peut rentrer quand il le veut pour faire face à la justice

Quid du retour de l’opposant Moïse Katumbi en homme libre en RDC comme l’avait demandé en juin le Haut-conseil des Nations unies aux droits de l’homme ? « Pour nous, c’est quelqu’un qui a quitté le pays pour aller se soigner. Il peut rentrer quand il le veut pour faire face à la justice. Spolier un immeuble n’est pas une affaire politique mais judiciaire », poursuit le conseiller de Kabila.

En juin 2016, alors qu’il se trouvait toujours en exil, Moïse Katumbi était en effet condamné à trois ans de prison ferme dans un litige immobilier avec un Grec. Un « procès politique », selon l’entourage de l’ex-gouverneur du Katanga désormais candidat déclaré à la présidentielle.

Abondant dans le même sens, un rapport confidentiel des évêques destiné à Kabila dénonçait également des « mascarades » dans les procès engagés contre Moïse Katumbi et Jean-Claude Muyumba, un autre opposant politique détenu et condamné à Kinshasa dans une affaire de spoliation d’immeuble l’opposant au même sujet grec.

Jeuneafrique.com par

Publicités

RDC: Olenghankoy refuse l’élection de Tsibala à la tête des frondeurs de l’UDPS

décembre 11, 2017
 

Bruno Tshibala et Joseph Olenghankoy, respectivement Premier ministre et président du CNSA en RDC. © Vincent Fournier/Gwenn Dubourthoumieu/Montage J.A.

Le Premier ministre congolais Bruno Tshibala a été plébiscité dimanche président de l’aile de l’UDPS qui s’est rapprochée du pouvoir de Joseph Kabila. Une désignation que ne cautionne pas Joseph Olenghankoy, président du Conseil national de suivi de l’accord de la Saint-Sylvestre.

« C’est un dédoublement [de l’UDPS] ! » Joint au téléphone par Jeune Afrique, Joseph Olenghankoy, président du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA), refuse de considérer Bruno Tshibala comme le nouveau chef de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) dont le « Líder Máximo » est décédé en février à Bruxelles. Dimanche 10 décembre, pourtant, à l’issue du congrès organisé par les frondeurs de ce principal parti de l’opposition congolaise, l’actuel Premier ministre a été « élu par acclamation » président de la formation politique. Lui qui est considéré comme « auto-exclu » du parti pour s’être opposé début mars au tandem Félix Tshisekedi – Pierre Numbi porté à la tête du Rassemblement de l’opposition congolaise.

On ne se déclare pas leader d’un parti par des cris, il faut un acte juridique

« Il faudrait normalement qu’un congrès rassemblant l’UDPS dans son ensemble soit organisé pour que la mémoire de ce grand homme que fut Étienne Tshisekedi ne soit pas offensée », préconise Joseph Olenghankoy qui – en « [sa] qualité de président du CNSA » s’empresse-t-il de souligner -, ne reconnaît aujourd’hui « pas d’autre chef à la tête de l’UDPS qu’Étienne Tshisekedi ».

« Sur le plan administratif, on ne se déclare pas leader d’un parti par des cris, il faut un acte juridique. Tant que je n’ai pas vu de document dans ce sens sur mon bureau, je ne peux pas considérer M. Tshibala comme le nouveau président de l’UDPS », explique-t-il.

Qui soutient Bruno Tshibala ?

Une prise de position qui confirme les rapports désormais tendus entre les deux alliés d’hier. Au mois de mars, Bruno Tshibala et Joseph Olenghankoy avaient en effet mené ensemble la fronde contre la restructuration du Rassemblement après la mort d’Étienne Tshisekedi.

Le premier a été fait chef du gouvernement le mois suivant et le second est devenu président du CNSA. Des nominations considérées par les évêques catholiques, médiateurs des pourparlers, comme une « entorse » au compromis politique conclu fin décembre 2016 entre le régime de Joseph Kabila et l’opposition.

Bruno Tshibala bénéficie également du soutien des organes de l’UDPS

Malgré les réserves de Joseph Olenghankoy, le camp de Bruno Tshibala ne compte pas faire machine arrière. « Le congrès que nous avons organisé était une assise de refondation du parti », argumente Patrick Mutombo, fils et conseiller politique du Premier ministre qui dénonce par ailleurs la politique consistant à « mettre de côté » certains cadres de l’UDPS déclarés « auto-exclus » de la formation politique.

À en croire celui qui est également conseiller technique spécial chargé de mission à la primature, « la plupart de représentants de l’UDPS à l’extérieur du pays » mais aussi « 95 % des fédéraux venus de l’intérieur de la RDC » ont participé au congrès pour marquer leur adhésion à la démarche.

« Bruno Tshibala bénéficie également du soutien des organes de l’UDPS, comité de discipline, les exécutifs compris, et a été désigné président parce qu’il a rempli les critères définis par les congressistes : avoir au moins 15 ans d’ancienneté au parti, détenir au minimum un diplôme de graduat (bac + 3), avoir une moralité irréprochable, être fédérateur », poursuit Patrick Mutombo.

Et d’ajouter : « Il [Bruno Tshibala] s’est dit prêt, à l’instar de Nelson Mandela, de marcher à pied ou à vélo pour aller à la rencontre de tous les enfants de l’UDPS. »

Non à l’explosion de l’UDPS

Dans les conditions actuelles, la tâche de Tshibala s’annonce difficile. D’autant que le statut du nouveau leader du parti qu’il s’est octroyé hérisse même certains de ses potentiels alliés.

« Nous le soutenons comme Premier ministre, mais nous ne le suivons pas dans une dynamique de l’explosion du parti », fait savoir à Jeune Afrique Corneille Mulumba, porte-parole des Pionniers de l’UDPS, structure qui rassemble « les personnes qui ont milité au sein de l’UDPS avant sa reconnaissance officielle en avril 1990 ».

Nommé début octobre conseiller technique en charge des stratégies politiques et prospectives à la primature, Corneille Mulumba qui dit n’avoir « toujours pas de bureau », plaide en faveur de la « constitution d’un grand ensemble politique ».

L’idée serait de considérer l’UDPS-aile Tshibala comme un courant politique au même titre que les autres groupes au sein de l’UDPS dans la perspective de mettre en place un regroupement politique en vue des élections à venir.

Bruno Tshibala a entamé une spirale qui ressemble à la diagonale du fou

« Bruno Tshibala a choisi Joseph Kabila comme son nouveau patron. Il doit s’assumer », tranche Augustin Kabuya, porte-parole de l’UDPS. « Il ne peut pas remercier Étienne Tshisekedi de cette manière, ce n’est pas correct », renchérit-il.

« Bruno Tshibala a entamé une spirale qui ressemble à la diagonale du fou [sur un échiquier] », complète Raph Kabengele. Depuis Londres où il séjourne, ce conseiller politique et diplomatique de Félix Tshisekedi estime que « Bruno Tshibala s’accroche à l’étiquette UDPS pour justifier sa présence au gouvernement », l’accord de la Saint-Sylvestre ayant attribué le poste de Premier ministre au Rassemblement de l’opposition. « Mais ce phénomène Tshibala va se dégonfler de lui-même », promet-il.

En attendant, l’UDPS annonce la tenue de son congrès au mois de janvier 2018. Un comité préparatoire a été mis en place et présenté le jeudi 7 décembre à Limete, fief du parti.

Prochaine étape : désignation de Tshisekedi fils comme le chef de la formation politique ? « Pour l’instant, Félix n’est candidat à rien », répond Raph Kabengele. Même si l’éventualité de la succession du père par le fils parait aujourd’hui comme la plus plausible.

Jeuneafrique.com par

Sécurité: tripartite RDC-Congo-Angola à Brazzaville

décembre 9, 2017

Congo Politics © Le président Joseph Kabila à Kindu, en République démocratique du Congo, le 30 juin 2016.

Les présidents de la RDC, du Congo et de l’Angola se sont retrouvés samedi à Brazzaville pour une réunion tripartite avec notamment à l’ordre du jour la sécurité en Afrique centrale, a-t-on appris de source diplomatique.

Les présidents Denis Sassou Nguesso (Congo), Joao Lourenço (Angola) et Joseph Kabila (République démocratique du Congo) doivent aborder des questions « de paix, de sécurité, d’échanges commerciaux », a-t-on ajouté de source diplomatique à Kinshasa.

Jeudi, le ministre congolais des Affaires étrangères, Jean-Claude Gakosso, avait fait la courte traversée de Brazzaville à Kinshasa pour rencontrer le président Kabila.

La crise en RDC suivie de près

Voisins de la RDC, le Congo et l’Angola suivent de près les différentes crises qui agitent leur grand voisin.

Avant l’élection de Joao Lourenço, l’Angola avait annoncé en mai qu’elle fermait sa frontière avec la RDC alors que des milliers de Congolais fuyaient les violences dans le Kasaï.

Des élections sont prévues en RDC le 23 décembre 2018. Le deuxième et dernier mandat du président Kabila a pris fin le 20 décembre 2016, aux termes de la Constitution qui autorise le président à rester en fonctions jusqu’à l’installation de son successeur élu.

Un calendrier électoral rejeté

Le Rassemblement de l’opposition, qui rejette ce calendrier, demande le départ de Joseph Kabila dès la fin de l’année. Toute manifestation de l’opposition reste interdite et réprimée.

La réunion de Brazzaville intervient au lendemain de la mort de 15 Casques bleus tanzaniens dans l’est de la RDC, tués dans une offensive attribuée aux miliciens ougandais musulmans des ADF.

Jeuneafrique.com

Le président tanzanien « choqué » par la mort des Casques bleus en RDC

décembre 9, 2017

Nairobi – Le président tanzanien John Magufuli s’est dit « choqué » et « attristé » par l’attaque en République démocratique du Congo contre une base de Casques bleus tanzaniens qui a fait au moins 15 morts et 53 blessés, dans un communiqué publié dans la nuit de vendredi à samedi.

Le président « a reçu avec un grand choc et une profonde tristesse la nouvelle de la mort de 14 membres des Forces de défense du peuple tanzanien qui participaient à une opération de maintien de la paix en République démocratique du Congo », a indiqué ce communiqué en swahili. »En plus de ceux qui ont sont morts, 44 autres ont été blessés tandis qu’on est sans nouvelles de deux autres », a ajouté ce communiqué.

L’ONU avait d’abord évoqué un bilan de 14 morts, avant de le faire évoluer dans la nuit à au moins 15 morts et 53 blessés, en précisant que tous les morts étaient tanzaniens.

« Je suis très choqué et très attristé d’apprendre la mort de nos jeunes, de braves soldats et des héros qui ont perdu leur vie dans l’accomplissement de leur mission de paix chez nos voisins de la RDC », a insisté M. Magufuli, cité dans le communiqué.

La Tanzanie fêtait samedi le 56e anniversaire de son indépendance vis-à-vis du Royaume. Lors d’une cérémonie à Dodoma (centre), la capitale administrative du pays, le chef de l’État a demandé la tenue d’une minute de silence.

Cette attaque est la pire subie par des Casques bleus depuis 24 ans. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’est déclaré « indigné » face à ce « crime de guerre ».

D’après les archives de l’AFP, une force onusienne n’avait pas subi une opération aussi meurtrière depuis la mort de 24 Casques bleus pakistanais à Mogadiscio le 5 juin 1993.

Il s’agit aussi de l’attaque la plus meurtrière contre la force onusienne dans l’ex-Zaïre (Monusco) depuis son déploiement en 1999.

L’ONU attribue la responsabilité de l’attaque aux ADF (Allied Defense Forces, Forces démocratiques alliées), un groupe armé ougandais musulman actif dans le Nord-Kivu, un État de la RDC frontalier de l’Ouganda.

Les assaillants ont visé la base de la Monusco tenue par un contingent tanzanien jeudi à la tombée de la nuit à Semuliki, dans l’est de la RDC, selon des sources onusiennes.

Repliés en forêt, les ADF combattent depuis le Nord-Kivu le pouvoir du président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 27 ans.

Romandie.com avec(©AFP / 09 décembre 2017 13h59)                                            

RDC: un mort jeudi lors des manifestations interdites

décembre 1, 2017

Kinshasa – Au moins une personne est morte en République démocratique du Congo jeudi lors des marches de l’opposition contre le président Joseph Kabila interdites et réprimées par les autorités, a-t-on appris vendredi de sources policière et civile.

Un jeune homme est mort à Butembo dans la province agitée du Nord-Kivu, selon ces sources.

« Un jeune homme a trouvé la mort hier dans les troubles. Jusque là, nous ne savons pas comment il a été tué », a déclaré le commandant de police Richard Mbambi à l’AFP.

« Ce jeune garçon a été tué d’un tir à bout portant par les militaires déployés pour tenter d’étouffer la marche des opposants. Nous condamnons cet acte. Il n’était pas armé: pourquoi tirer sur lui? », a affirmé pour sa part un responsable de la société civile, Edgar Mateso.

Il s’agit jusqu’à présent du seul décès enregistré jeudi en RDC dans la dispersion systématique des manifestations contre le calendrier électoral, qui renvoie au 23 décembre 2018 le scrutin pour désigner le successeur du président Kabila.

Plusieurs personnes ont été blessées, dont un policier lapidé à Lubumbashi, selon la police. Le Rassemblement de l’opposition (Rassop) affirme qu’un de ses responsables dans le Kasaï-oriental (centre), Me John Mbombo, a été « enlevé, tabassé, torturé ».

D’autres manifestants ont été arrêtés, dont des élus et des cadres de l’opposition à Kinshasa, relâchés après plusieurs heures de détention. Certains ont été maltraités pendant leur détention, comme le secrétaire général de l’UDPS Jean-Marc Kabund, ont-ils dénoncé.

L’association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj) a avancé vendredi un bilan de 78 blessés dont 15 graves, et 235 arrestations.

« Au moins 100 personnes restent en détention, dont 45 à Goma et 12 dans la capitale Kinshasa », a ajouté l’ONG de défense des droits Amnesty international dans un communiqué en anglais.

Le Rassemblement de l’opposition demande le départ du président Kabila dès la fin de l’année. Son deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016 selon la Constitution, qui prévoit que le président reste en fonction jusqu’à l’installation de son successeur élu.

Le Rassemblement a appelé vendredi les Congolais à « continuer à harceler le régime Kabila ».

Vendredi, le porte-parole de la Majorité présidentielle (MP), André-Alain Atundu, a accusé l’opposition de vouloir « détruire l’économie du pays et déstructurer la pensée démocratique » du peuple congolais.

La MP « déplore et condamne la propension morbide » de ces politiques à « exploiter de façon malsaine » la situation des Congolais, a-t-il dit lors d’un point de presse.

Romandie.com avec (©AFP / 01 décembre 2017 21h23)                                            

RDC: 19 détenus poursuivis pour viol s’évadent

décembre 1, 2017

 

Plusieurs détenus poursuivis pour viol se sont évadés d’une prison dans l’est de la République démocratique du Congo cette nuit, suscitant des craintes de représailles parmi leurs victimes, selon de sources locales.

« Dix-neuf détenus, sur les 20 d’une cellule de la prison de Kalehe, se sont évadés », a indiqué à l’AFP Gérard Nkwana, administrateur du territoire de Kalehe dans la province du Sud-Kivu. « La plupart sont poursuivis pour viol et vol(…). Ils ont profité de la distraction des agents de l’ordre commis à cette prison pour creuser un trou dans le mur sur la façade de derrière pour parvenir à s’échapper », a-t-il expliqué.

« Les gens qui comparaissaient en tant que plaignants et témoins risquent d’être à la merci de ces fugitifs qui risquent de se venger », a estimé Pascal Nabulera, président de la société civile de Kalehe.

Cette évasion n’a cependant rien à voir avec les 18 prévenus qui comparaissent actuellement dans un méga-procès pour viol de fillettes à Kavumu, près de Bukavu, également dans la province du Sud-Kivu.

LeFigaro.fr avec AFP

30 novembre 2017: journée sous tension en RDC

novembre 30, 2017

 

A Kinshasa, deux leaders du Rassemblement et quelques militants de l’opposition ont été brièvement  interpellés à la mi-journée par la police alors qu’ils se rendaient à une manifestation.

« La manifestation s’est finalement  transformée en une ville partiellement morte »

Les personnes brièvement interpellées se préparaient à rejoindre la « marche de la colère » contre le maintien au pouvoir du président Kabila et le nouveau projet de loi électorale, examiné actuellement au parlement. La résidence de Felix Tshisekedi, président du RASSOP, était également encerclée par la police. A Kinshasa, la manifestation s’est finalement  transformée en une ville partiellement morte.

Jean Marc-Kabund, secrétaire général de l’UDPS, et Martin Fayulu, président de l’ECIDE, tous deux membres du Rassemblement, ont été interpellés à quelques mètres du siège de l’UDPS dans le quartier de Limite alors qu’ils  se préparaient à rejoindre la « marche de la colère » à laquelle l’opposition avait appelé, mais interdite par le maire de la ville. Ils ont été conduits à un poste de police avant d’être relâchés  en fin d’après – midi.La police a interpellé aussi certains militants de l’opposition à Goma, Beni, Mbujimayi, Kananga, Matadi , Kalemie et Lubumbashi.

La résidence de Felix Tshisekedi, président du RASSOP a été encerclée par la police

Journée ville morte à l’Est

La circulation a été timide dans plusieurs points de la ville de Kinshasa. La marche s’est transformée en journée ville morte, presque tous les magasins, écoles et boutiques étaient fermés. Contrairement à l’accoutumée, la place victoire Matonge  était très peu fréquentée. Sur le boulevard Lumumba, principale artère de la ville, la circulation était très fluidee.  A Limete, fief de l’UDPS, comme dans d’autres points chauds de la ville, on a remarqué une forte présence de la police. Le centre-ville et le quartier d’affaires ressemblaient à un dimanche. A l’appel du président du Rassemblement, la population était invitée à marcher ce jeudi contre le calendrier électoral et pour le départ du président Kabila. Le maire de la ville de Kinshasa, informé de cette manifestation avait déclaré ne pas en prendre acte. Mercredi soir déjà, les forces de l’ordre ont été déployées pour empêcher toute tentative de rassemblement avec plus de cinq personnes.

Goma a tourné au rythme d’une journée «ville morte»

La manifestation de l’opposition prévue jeudi 30 novembre n’a pas eu lieu à Goma au Nord-Kivu. Le dispositif policier déployé dans presque tous les quartiers chauds de la ville aurait dissuadé les organisateurs de cette manifestation. Tout l’avant midi la ville a ressemblé à une journée «ville morte».   Des mouvements spontanés des jeunes ont été observés dans certains coins, notamment sur la route ULGL et devant l’Université « Campus du Lac » dit Kinyumba. Des jeunes barricadaient la route avec des pierres ou des pneus brulés. Quelques coups de feu ont été entendus dans ces endroits. Un jeune étudiant a été arrêté par la police congolaise et il a été amené au cachot PP près de la prison Munzenze.   Les parents n’ont pas laissé leurs enfants se rendre à l’école. Les activités ont tourné au ralenti dans certains quartiers de Goma. Le marché central de Virunga par exemple a été quasi désert. A Birere, au centre commercial de Goma, seuls quelques vendeurs se trouvaient devant leurs magasins et boutiques fermés.   Certaines organisations internationales voire les banques n’ont pas ouvert leurs portes. Le porte-parole du Rassemblement au Nord-Kivu, Jean Baptiste Kasekwa, indique qu’il reste difficile à leurs militants de manifester selon l’itinéraire arrêté.   «Le peuple manifeste dans les quartiers et dans les rues. Nous continuons à organiser la résistance jusqu’à ce qu’un moment donné nous allons vous dire quelle est la stratégie ultime choisie, parce que nous avons annoncé que nous avons un message à livrer au peuple à travers le meeting. Mais si vous arrivez à la tribune de l’ONC, elle est occupée par les militaires qui pourtant devraient nous encadrer», a déploré Jean Baptiste Kasekwa.   Aucun incident majeur n’a été signalé sur toute l’étendue de la ville.

Dw.com avec radiookapi.net et congoactuel.com

RDC: quand Matata Ponyo cultive sa stature internationale

novembre 28, 2017
Augustin Matata Ponyo, alors Premier ministre de la République démocratique du Congo, pose dans son bureau à Kinshasa le 14 octobre 2014. © Gwenn Dubourthoumieu / Jeune Afrique

Depuis qu’il a quitté la primature de la République démocratique du Congo (RDC) fin 2016, Matata Ponyo Mapon multiplie les conférences à l’étranger.

Après les Rencontres économiques d’Aix-en-Provence 2017 au début de juillet, l’ex-chef du gouvernement congolais a fait partie de la cinquantaine de participants triés sur le volet de la 12e Rencontre Europe-Afrique organisée du 24 au 25 novembre à Annecy, par l’Institut Aspen France, en partenariat notamment avec le Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN).

Étaient également au rendez-vous Pascal Lamy, ancien directeur général de l’OMC, le docteur Jean-Claude Brou, ministre ivoirien de l’Industrie, l’économiste franco-béninois Lionel Zinsou, l’ancien Premier ministre sénégalais aujourd’hui consultant international Mamadou Lamine Loum. Au menu des échanges : les « nouveaux partenariats » entre l’Europe, l’Afrique et la Chine.

« C’est en tant que personne-ressource que j’ai été invité », explique à Jeune Afrique Matata Ponyo. Une reconnaissance à l’extérieur du « travail que nous avons fait dans le domaine du développement économique dans notre pays », ajoute celui qui a lancé cette année Congo Challenge, un cabinet de conseil aux particuliers et aux entreprises.

Jeuneafrique.com

RDC: six opposants blessés par la police, selon un député

novembre 18, 2017

Kikwit (RD Congo) – Six opposants au maintien au pouvoir du président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila, ont été blessés samedi par la police au cours d’une manifestation à Kenge, ville située à l’Est de Kinshasa, a affirmé un député d’opposition.

« La police a tiré sur nos militants faisant six blessés alors que nous avions l’autorisation de tenir notre meeting », a déclaré à l’AFP le député Delly Sesanga, président de l’Envol, parti membre du Rassemblement de l’opposition.

Il a affirmé que lui-même avait été « agressé et séquestré pendant plus de 3 heures ».

Mais, selon un communiqué de la police nationale, un seul manifestant a été blessé à la tête, et, de surcroit, par des jets de pierres d’autres manifestants.

La police a simplement « tiré en l’air pour disperser un attroupement qui n’avait pas reçu l’autorisation de la mairie de Kenge », a affirmé Emery Kaputa Vita, vice-gouverneur de la province de Kwango où est située la ville de Kenge, à 270 kilomètres de Kinshasa.

Le Rassemblement de l’opposition et des mouvements citoyens sont opposés au calendrier électoral publié par la commission chargée d’organiser des élections en RDC.

Il prévoit que la présidentielle se tiendra le 23 décembre 2018, prolongeant de fait d’un an le mandat de Joseph Kabila à la tête du pays.

Les partis et mouvements opposés au maintien au pouvoir du président Kabila mobilisent la population en vue d’obtenir son départ au plus tard le 31 décembre 2017.

Jeudi, l’Union européenne, les États-Unis, la Suisse et le Canada s’étaient déclarés « préoccupés » par l’état des libertés d’expression et de réunion en RDC, au lendemain d’une journée de mobilisation fortement contenue par les autorités.

Au pouvoir depuis 2001, élu en 2006 et 2011, M. Kabila ne peut pas se représenter et son mandat a pris fin le 20 décembre 2016 d’après l’actuelle Constitution, qui l’autorise à demeurer au pouvoir jusqu’à l’élection de son successeur.

Romandie.com avec(©AFP / 18 novembre 2017 20h44)                                            

RDC: une fillette arrêtée lors d’une manifestation devient une icône des anti-Kabila

novembre 17, 2017

 

Le 15 novembre, la fillette a été interpellée par la police lors d’une manifestation anti-Kabila dans le Sud-Kivu. © Capture d’écran Twitter

L’image d’une fillette menottée et encadrée de policiers a créé l’émoi sur les réseaux sociaux. Binja Yalala a été arrêtée par la police d’Idjwi, dans le Sud-Kivu, lors des manifestations du 15 novembre. Elle est accusée d’avoir « violenté les forces de l’ordre ».

Les mains dans le dos et entourée de policiers. La photo de l’interpellation de la jeune fille, mineure, est diffusée en masse sur les réseaux sociaux. Et les réactions d’indignation contre les forces de l’ordre se multiplient. Sur Twitter, sous le hashtag « #jesuisyalala », les internautes – pour une bonne part des militants anti-Kabila, mais pas uniquement – saluent le courage de la fillette ou dénoncent les violences policières.

Dans un premier temps, le porte-parole du Commissaire général de la police nationale congolaise (CGPNC)  avait assuré au site d’information congolais Actualite.cd qu’« il n’y avait pas de militantes surtout pas de mineures » parmi les douze personnes arrêtées par la police d’Idjwi lors des manifestations du 15 novembre.

La police évoque des mineurs « utilisés »

Rétropédalage, ce vendredi : « Une cinquantaine de militants se réclamant des mouvements citoyens ont utilisé les mineurs en les plaçant en première ligne », affirme le colonel Mwanamaputu Empung, porte-parole du CGPNC dans un communiqué de presse diffusé aujourd’hui.

Selon ce communiqué, ces jeunes « se sont déversés sur la chaussée en courant , scandant des slogans injurieux à l’endroit des animateurs des institutions légalement établies, exigeant que soient organisées coûte que coûte les élections avant la fin du mois de décembre de l’année en cours ». Évoquant un « attroupement hostile », le colonel précise que « 11 meneurs avaient été appréhendés y compris Binja Yalala qui avait été interpellée pour avoir violenté les forces de l’ordre ».

La veille des rassemblements prévus le 15 novembre contre la prolongation du mandat du président Joseph Kabila, la Monusco avait mis en garde les autorités congolaises contre une éventuelle répression violente, appelant au « droit de manifester dans le calme et la retenue ». Les autorités avaient pour leur part prévenu que tout rassemblement interdit serait dispersé. « Le gouverneur nous a donné l’ordre de disperser toutes les manifestations. Tout attroupement de plus de cinq personnes sera dispersé », avait prévenu dès le mardi 14 novembre le chef de la police de Kinshasa, Sylvano Kasongo – faisant craindre une « répression programmée », pour reprendre les termes de la Lucha.

Nombreuses réactions sur les réseaux sociaux

Au soir du mercredi 15 novembre, aucun incident majeur – à l’exception de celui concernant la jeune Binja Yalala – n’avait été signalé. Un « délinquant » a cependant été blessé par balles à Kinshasa et dix-neuf manifestants arrêtés lors de manifestations dans d’autres villes. La Lucha (Lutte pour le changement) évoque pour sa part une quarantaine de manifestants arrêtés dans tout le pays.

La Majorité présidentielle qui soutient Joseph Kabila a alors salué « la grande maturité du peuple congolais » face à la « mauvaise foi et la supercherie de ces démocrates de façade ». La diffusion massive des images de la fillette vient apporter un bémol à cette posture, et n’a pas manqué d’être largement relayée comme tel sur les réseaux sociaux.

Jeuneafrique.com