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RDC/Union Africaine : lancement d’une académie temporaire pour encadrer la jeunesse

juillet 29, 2021

L’Académie des jeunes agents de changement a été lancée, le 29 juillet, à Kinshasa par le panel chargé d’accompagner le mandat de la République démocratique du Congo à la présidence de l’Union Africaine(UA). Mission : encadrer les jeunes Congolais en vue de les préparer à postuler à des postes au sein de l’UA et d’autres institutions internationales, indique le communiqué de presse du panel.

L’affiche annonçant la formation en faveur des jeunes

La cérémonie de lancement de cette académie s’est déroulée en présence du ministre de la Jeunesse, de l’Initiation à la nouvelle citoyenneté et de la Cohésion nationale, Dr Yves Bunkulu Zola, du coordonnateur du panel, le Pr Ntumba Luaba et de la commissaire chargée des Ressources humaines, des Sciences, Techniques et Innovations à l’UA, Pre Sarah Anyang Agbor.

Pour sa première session de formation, annonce le communiqué, l’Académie des jeunes agents de changement accueille cent cinquante jeunes Congolais âgés de 25 à 35 ans, dont cent onze hommes et trente-neuf femmes. Ces jeunes ont été retenus à l’issue d’un appel à candidatures qui a été diffusé au courant du mois de juin 2021 sur plusieurs plateformes numériques. A la clôture de l’appel à candidatures, indique-t-on, 1891 jeunes ont répondu sur le formulaire en ligne. Après vérification des critères d’éligibilité, c’est-à-dire l’âge, le contenu des dossiers, y compris les pièces complémentaires demandées, le comité de pré-sélection a mis de côté les candidatures ne répondant pas aux critères de base. Ce premier tri a abouti à un vivier d’environ trois cents dossiers que le comité de sélection a minutieusement examinés, pour retenir finalement cent cinquante candidats, souligne le communiqué.

Cursus et parcours variés

Les candidats retenus, explique-t-on, ont des cursus académiques et des parcours professionnels très variés, mais ils possèdent tous au moins un diplôme de graduat. Les candidats, précise-t-on, ont été retenus uniquement sur la base de leurs qualifications et expériences professionnelles, sans égard à leurs provinces d’origine. La plupart des candidats retenus résident à Kinshasa, mais 30% d’entre eux résident en provinces. Quinze Congolais de la diaspora font également partie de la liste des candidats retenus.

Formation en ligne

Du 29 juillet au 5 août, indique-t-on, ces cent cinquante jeunes et le comité organisateur vont participer à une formation en ligne organisée par la division jeunesse de la commission de l’UA. Les thèmes abordés sont : l’Union africaine et la Commission de l’Union africaine, le Panafricanisme ; Cadre de développement du rôle des jeunes (Agenda 2063, AYC, APAYE, MOCAAP, 4As) ; rôle des jeunes : cadre de développement  des jeunes (Intégration des jeunes) ; responsabilité des jeunes : AUC Programmes (AUYVC, YPP, Programme de stage et d’échange), développement de CV et technique d’entretien ; nouvelle plateforme de carrière de l’UA et exigences de recrutement.

Jeunesse, une opportunité pour le présent et une garantie pour le futur

L’Académie des jeunes agents de changement, explique-t-on, est mise en place grâce à l’appui de la division jeunesse de la commission de l’UA, en collaboration avec le ministère de la Jeunesse, l’équipe du panel chargé de l’éducation, jeunesse, science, technologie et innovation, des jeunes défenseurs de la Charte africaine de la jeunesse, du Conseil national de la jeunesse ainsi que du réseau africain des adolescents et jeunes en population et développement (AfriYAN). « Cette première initiative à l’Union africaine marque la présidence qu’assure son Excellence Monsieur le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo  avec comme thème « Arts, culture et patrimoine : leviers pour l’édification de l’Afrique que nous voulons », qui se base sur une vision stratégique d’« une union africaine au service des peuples africains », se déclinant en neuf piliers prioritaires, dont le pilier 6 qui vise à promouvoir le développement du capital humain africain pour une Afrique émergente. Investir dans le capital humain, c’est investir dans la jeunesse qui est mis au centre des actions du chef de l’Etat et président en exercice de l’UA. Dans sa vision, la jeunesse est une opportunité pour le présent et une garantie pour le futur », dit le panel.P

Avec Adiac-Congo par Patrick Ndungidi

RDC : tensions à Kinshasa après la mort d’un étudiant lors d’une bavure policière

juillet 26, 2021
Des policiers déployés dans les rues de Kinshasa en janvier 2019 (illustration).

Honoré Shama Kwete, un étudiant de l’Université de Kinshasa, a été tué samedi par un policier à la suite d’un contrôle qui a mal tourné. Deux jours après le drame, la tension est montée d’un cran ce lundi à Kinshasa.

La tension était forte ce lundi au sein du campus de l’Université de Kinshasa (Unikin), où plusieurs étudiants se sont rassemblés pour protester contre la mort de leur camarade Honoré Shama Kwete, tué le 24 juillet après une bavure policière. Des affrontements avec les forces de l’ordre, qui ont usé de gaz lacrymogènes pour repousser les manifestants, ont eu lieu dans la matinée du 26 juillet sur le site de l’Unikin.

Le jour du drame, Honoré Shama Kwete, qui suivait un cursus à la faculté des lettres à l’Université de Kinshasa, était, avec un groupe d’étudiants, en train de réaliser un film dans le cadre de travaux pratiques en comédie. « Nous étions en plein tournage quand un policier est arrivé et a demandé de l’argent. Nous lui avons donné 3 000 francs congolais et il est parti », explique Rachel Malonda, l’une des camarades de classe de la victime, dans un enregistrement audio que Jeune Afrique s’est procuré.

« Quinze minutes après, le même policier est revenu avec ses collègues et, cette fois-ci, ils ont commencé à récupérer notre matériel avant d’arrêter l’assistant qui surveillait le tournage. Nous nous sommes décidés à aller aider notre camarade. Arrivée sur place, la police nous a sommé de quitter l’endroit en nous disant que, sinon, ils allaient tirer sur nous. Face à notre résistance, ils ont tiré une balle au sol et deux autres sur notre camarade, qui est décédé sur place », poursuit l’étudiante.

Policier en fuite

Dans un communiqué rendu public le 25 juillet, la police congolaise écarte de son côté l’hypothèse d’une tentative de corruption de la part des agents impliqués dans le contrôle. « Les éléments de la police ont exigé du groupe de brandir un document légal autorisant le tournage. Ne l’ayant pas, l’assistant ou l’enseignant qui encadrait les étudiants dans ce travail a été emmené par les policiers, ce qui a provoqué la colère des étudiants qui, en exigeant la libération de leur encadreur, se sont mis à lancer des projectiles sur les policiers », explique le communiqué signé du chef de la police de Kinshasa, le général Sylvano Kasongo.

Selon ce dernier, la mort du jeune étudiant aurait été accidentel. « C’est alors en voulant tirer une balle de sommation par terre, par imprudence selon les collègues du policier, que l’étudiant Honoré Shama Kwete sera atteint au ventre et mourra sur place », poursuit le communiqué de la police. Une version que conteste donc les étudiants.

Toujours selon la police, l’agent à l’origine de la bavure, employé dans un sous-commissariat de quartier, serait actuellement en fuite. Plusieurs de ses collègues présents au moment du contrôle ont été arrêtés.

Avec Jeune Afrique

RDC : le parc de la Salonga sauvé ? L’arbre ne doit pas cacher la forêt

juillet 23, 2021
Glez

En RDC, alors que le parc national de la Salonga a été retiré de la liste du patrimoine mondial en péril, des militants écologistes invitent à ne pas s’arrêter en si bon chemin…

Il y a, en matière de classification, des changements censément encourageants qui invitent à l’inquiétude, comme lorsqu’une nation quitte le décompte des pays pauvres très endettés (PPTE), signe de développement qui peut annoncer la fin de certaines aides juteuses. Depuis le 19 juillet dernier, le parc national congolais de la Salonga, créé en 1970 par Mobutu Sese Seko, ne figure plus sur la liste du patrimoine mondial en péril, grâce aux « améliorations apportées à son état de conservation ».PUBLICITÉ

Manifeste bonne nouvelle pour la plus grande réserve de forêt tropicale humide d’Afrique, qui s’étend sur 36 000 km2. La zone joue un rôle déterminant dans la régulation du climat –notamment par la séquestration du carbone– et dans la préservation d’espèces menacées comme le bonobo, l’éléphant de forêt, le crocodile africain au museau effilé et le paon du Congo.

Satisfecit

Si cette annonce de l’Unesco constitue un satisfecit pour la RDC, c’est que les dangers qui planaient sur le parc étaient en partie imputés au gouvernement, en particulier du fait de la délivrance controversée de licences de forage pétrolier empiétant sur la zone protégée. Or, les bonnes nouvelles à proclamer au monde ne sont pas légion dans une zone d’Afrique centrale où les cousins des bonobos –les humains– subissent régulièrement les affres des violences dévastatrices, de la malnutrition aiguë et d’épidémies diverses comme celle du choléra ou de la maladie à virus Ebola.

Pour autant, tout va-t-il pour le mieux dans le meilleur des Congo boisé ? Pour le ministère congolais de l’Environnement, l’annonce que le parc de la Salonga n’est plus en péril est « une occasion de mieux penser la gestion de la tourbière », cet ensemble de zones humides qui garantissent, dans le bassin du Congo, la biodiversité sur une superficie totale de 145 000 km2. Trente milliards de tonnes de carbone y seraient actuellement stockées, selon l’ONG Greenpeace. Un service environnemental à l’échelle de l’humanité toute entière.

Prenant au mot les autorités et à son compte la sagesse africaine qui enseigne qu’on ne doit pas « enterrer un cadavre en laissant ses pieds dehors », Greenpeace Afrique exhorte les autorités à prendre des mesures similaires  et à annuler les blocs pétroliers dans le parc des Virunga et le reste de la Cuvette Centrale. « Ce sont de vastes zones riches en biodiversité qui fournissent de l’eau potable, la sécurité alimentaire et des médicaments aux communautés locales et qui rendent des services environnementaux à l’humanité », plaide pour l’ONG Irene Wabiwa Betoko, cheffe de projet international pour la forêt du bassin du Congo.

Par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

RDC-Disparition : le cardinal Laurent Monsengwo inhumé aux côtés de ses prédécesseurs

juillet 21, 2021

La cathédrale Notre-Dame du Congo, à Kinshasa, a reçu, dans son sépulcre, un troisième cardinal en la personne de Laurent Monsengwo Pasinya, cardinal émérite de l’archidiocèse de Kinshasa, décédé le 11 juillet à Versailles, en France.

Des gerbes de fleurs devant la dépuoille du cardinal Monsengwo

L’illustre disparu a été inhumé le 21 juillet dans les nouvelles cryptes aménagées au sein du temple de l’eucharistie pour accueillir un plus grand nombre de corps, en présence de deux chefs d’Etats, en l’occurrence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo de la République démocratique du Congo et Denis Sassou N’Guesso  du Congo voisin, à la tête d’une forte délégation de son pays. Laurent Monsengwo Pasinya rejoint ainsi Joseph Albert Malula et Frédéric Etsou Bamungwabi qui reposent, pour l’éternité, au même lieu.

Au troisième et dernier jour de ces cérémonies funéraires, les deux chefs d’Etats ont assisté à la messe de suffrages dite avant l’inhumation. Remplie de l’intérieur et de l’extérieur, la Cathédrale Notre-Dame n’a jamais connu autant d’affluence comme celle constatée le mercredi matin. Calicots, banderoles et autres gadgets à l’effigie du défunt cardinal ont servi de décor aux alentours de l’église qui a connu un dispositif de sécurité maximal. Les fidèles catholiques de Kinshasa et d’autres venus d’ailleurs sont venus nombreux rendre un dernier hommage à cet éminent pasteur qui a dévoué toute sa vie au service des autres.

Après le dépôt des gerbes de fleurs par les ecclésiastiques et d’autres personnalités, une messe a été dite. L’homélie du jour prononcé par l’archevêque de Ouagadougou, Philippe Ouédraogo, a tourné autour de l’œuvre de ce chrétien qui a lutter toute sa vie pour l’épanouissement de l’Eglise du Christ et a contribué à la vulgarisation de l’Evangile pour le bien des peuples du monde. Les témoignages des différents princes de l’Eglise et ceux de plusieurs politiques ont présenté Laurent Monsengwo comme l’exemple vivant de la société moderne et un fervent défenseur des valeurs positives. « Il a consacré sa vie à l’œuvre pastorale pour sauver les âmes et faire profiter à d’autres chrétiens son expérience de la foi », a-t-on révélé.

La veille de cette inhumation, une cérémonie grandiose a eu lieu au parvis du Palais du peuple où une grande messe a été célébrée par le Cardinal Ambongo. Au cours de cette cérémonie solennelle, le cardinal Monsengwo a reçu, à titre posthume, la médaille de Grand Cordon des ordres nationaux Kabila-Lumumba décernée par le président Félix-Antoine Tshisekedi en présence de son homologue congolais Denis Sassou N’Guesso. Salué au superlatif par tous les dirigeants du monde, Laurent Monsengwo Pasinya, avec sa biographie digne d’une brochure, aura marqué son existence par son sens élevé de patriotisme et de serviteur de Dieu. Outre la présence de deux chefs d’Etats, plusieurs officiels des deux rives du fleuve Congo ont assisté à cette circonstance solennelle. L’on peut citer, entre autres, le Premier ministre RD-congolais, Sama Lukonde Jean Michel et les présidents de deux chambres législatives, Mboso Nkodia et Bahati Lukwebo respectivement de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Le cardinal Fridolin Ambongo avait, dans son intervention, la dernière de la cérémonie, remercié les uns et les autres pour leur implication à ce triste évènement. Les deux chefs d’Etats ont été, par ailleurs, retenus parmi les quinze personnalités sélectionnées pour assister à la descente du corps de l’illustre disparu dans la crypte en dehors des caméras, après les absoutes dites par l’archevêque de Kigali, le cardinal Antoine Kambanda.

Rappelons que l’abbé Laurent Monsengwo Pasinya a été ordonné évêque en 1980, il y a quarante et un an, par le Pape Jean-Paul II, à l’esplanade du Palais du peuple, à Kinshasa. Il fut le tout premier exégète africain choisi parmi les neufs cardinaux nommés au sein de la Curie romaine par le pape François. Laurent Monsengwo Pasinya a été archevêque de Kisangani puis Archevêque de Kinshasa.

Avec Adiac-Congo par AD

RDC : la dépouille du cardinal Monsengwo de retour à Kinshasa devant une foule en pleurs

juillet 19, 2021
Le cardinal Laurent Monsengwo, décédé le 11 juillet 2021, ici devant la cathédrale Notre-Dame du Congo après une messe pour les citoyens tués lors de manifestations, à Kinshasa, en RDC, le 9 février 2018.

La dépouille du cardinal Laurent Monsengwo, influent archevêque émérite de Kinshasa, a été rapatriée dimanche dans la capitale de la RDC où prélats, officiels et une foule en larmes étaient venus l’accueillir.

L’émotion était palpable lorsque le corbillard est entré dans l’enceinte de la cathédrale Notre-Dame du Congo, dans le nord de Kinshasa, vers 16h25, amenant le corps du prélat décédé le 11 juillet près de Paris à 81 ans.

Escorté par la police congolaise, le cercueil en bois était accompagné par le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, des religieux et officiels, dont le Premier ministre et les présidents des deux chambres du Parlement, mais également de nombreux fidèles.

« Gardien vigilant et intrépide de la vérité »

Trois mille policiers ont été mobilisés, selon les autorités. Une grande foule a pris d’assaut les abords de la cathédrale où le corps a été exposé pour les cérémonies religieuses. Habillés des tissus frappés à l’effigie du prélat défunt, hommes et femmes de tous âges pleuraient au passage du cercueil.

LA MORT VIENT DE NOUS RAVIR UN MONUMENT DONT KINSHASA ET LA RDC AVAIENT ENCORE BESOIN »

Dans son mot de condoléances prononcé à la fin de la messe, le gouverneur de Kinshasa, Gentiny Ngobila, a évoqué « un moment douloureux », alors que « le corps de Mgr Laurent Monsengwo vient de rejoindre la terre de ses ancêtres ». « La mort vient de nous ravir un monument dont Kinshasa et la RDC avaient encore besoin (…), une figure paternelle, gardien vigilant et intrépide de la vérité », a-t-il ajouté.

Porté par huit prêtres, le cercueil du cardinal Monsengwo a été réintroduit dans le corbillard sous le coup de la fanfare, au rythme d’un cantique marial repris en choeur par la foule. Escorté par la police, le cortège s’est ébranlé vers la morgue de l’hôpital Saint Joseph, à Limete (centre de Kinshasa).

Hommage du pape

Né le 7 octobre 1939 dans la province de Mai-Ndombe (Ouest), Mgr Monsengwo fut l’une des voix critiques à l’égard des différents régimes qui se sont succédé en RDC, celui de Mobutu Sese Seko, Laurent-Désiré Kabila (1997-2001), Joseph Kabila (2001-2019), puis Félix Tshisekedi. Ordonné prêtre en 1963, évêque en 1980 par le pape Jean-Paul II à Kinshasa, fait cardinal par Benoît XVI en 2010, cette grande figure de l’Église catholique africaine avait cédé son fauteuil à la tête de l’archidiocèse de Kinshasa à Mgr Ambongo en novembre 2018. Mgr Monsengwo avait été évacué dans la capitale française pour suivre des « soins appropriés », selon son diocèse.

Mardi, le pape François a rendu un hommage appuyé au prélat défunt, évoquant le « courage » et la « contribution significative » d’un « homme épris de justice, de paix et d’unité » très impliqué dans la vie politique et sociale de la RDC. Exprimant sa tristesse dans un message de condoléances, le souverain pontife a décrit le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya comme un « exégète », un « homme de science » et un « grand homme spirituel (…) attentif aux besoins des fidèles, rempli de courage et de détermination ». Le cardinal Monsengwo avait notamment été un des proches conseillers du pape François jusqu’en décembre 2018.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC : Matata Ponyo placé sous mandat d’arrêt

juillet 14, 2021
Augustin Matata Ponyo, en avril 2015 à Kinshasa.

L’ancien Premier ministre, entendu depuis deux jours dans le cadre d’une affaire de présumé détournement de fonds, a été placé sous mandat d’arrêt provisoire.

Entendu depuis lundi au parquet général près la Cour constitutionnelle dans le cadre d’une affaire de présumé détournement de fonds destinés à l’indemnisation de victimes de la « Zaïrianisation », l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo a été placé sous mandat d’arrêt provisoire, ce mardi, ont confirmé plusieurs sources à Jeune Afrique. Escorté par la police, il a été placé en résidence surveillée. À l’issue de plusieurs heures d’audition, la veille, « l’homme à la cravate rouge » avait pu regagner son domicile kinois.

« Zaïrianisation »

Visé par une demande d’autorisation de poursuites du parquet général, Matata Ponyo a vu ses immunités de sénateur levées le 5 juillet. Dans le réquisitoire transmis au président de la chambre haute du Parlement, Modeste Bahati Lukwebo, le 24 juin, le procureur général avait expliqué que Matata Ponyo était soupçonné d’avoir conclu en 2011, lorsqu’il était ministre des Finances, un protocole d’accord en vue de permettre au gouvernement congolais d’indemniser 300 anciens propriétaires de biens « zaïrianisés » au début des années 1970, sous Mobutu.

Nommé Premier ministre un an plus tard, ce cadre de la majorité présidentielle de l’époque aurait alors décaissé plus de 110 millions de dollars, selon le réquisitoire du parquet. Les enquêtes menées au sein de la Direction de gestion de la dette publique (DGDP) n’avaient trouvé aucune trace de l’existence de ces 300 personnes, qui auraient perdu leurs biens meubles et immeubles du fait de la « Zaïrianisation ».

C’est ce qui avait poussé le procureur général près la Cour de cassation à ouvrir un dossier contre Matata Ponyo, mais la procédure n’avait pas connu de suite. « Il s’est avéré que les fonds décaissés à cette fin par le Trésor Public ont bénéficié aux personnes complètement étrangères à ce processus [d’indemnisation]», peut-on lire dans le réquisitoire adressé au Sénat.

Déjà mis en cause dans un rapport de l’Inspection générale des finances pour son rôle présumé dans le projet agro-industriel de Bukanga Lonzo, mis en place pendant son passage à la primature, Augustin Matata Ponyo avait échappé de justesse à la levée de ses immunités le 15 juin, malgré le mot d’ordre de Félix Tshisekedi qui avait appelé les sénateurs à ne pas faire obstruction à la justice.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras et Stanis Bujakera Tshiamala

RDC-Obsèques du cardinal Monsengwo : le recueillement commence le 13 juillet au chapiteau de GB

juillet 13, 2021

Les funérailles de l’archevêque émérite de Kinshasa, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, pourront se dérouler officiellement à partir du 19 juillet. Le rapatriement de sa dépouille mortelle est également prévu le même jour.

Visite du lieu d’inhumation du cardinal Monsengwo dans la cathédrale Notre-Dame

A l’issue d’une réunion préparatoire de ces obsèques tenue le 12 juillet au centre Lindonge et dirigée par le cardinal Fridolin Ambongo, à laquelle ont pris part le gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila Mbaka, la famille du défunt cardinal ainsi que certains membres du comité d’organisation des obsèques, il a été convenu que le cardinal Laurent Monsengwo sera inhumé au sein de la cathédrale Notre-Dame de Lingwala, aux côtés de ses prédécesseurs dont les cardinaux Frédéric Etsou Nzabi et Joseph-Albert Malula.

Juste après, cette réunion du centre Lindonge, le gouverneur Ngobila, le cardinal Ambongo et quelques membres du comité organisateur se sont rendus à la cathédrale pour inspecter le lieu prévu pour l’inhumation du cardinal Monsengwo. Il a été indiqué que les travaux de construction du caveau où reposera l’archevêque émérite pour l’éternité vont débuter dès l’approbation du plan.

Alors que l’Hôtel de ville avait mis à la disposition de la famille du cardinal Monsengwo le chapiteau de l’hôtel Pullman à Gombe, pour le recueillement qui devrait commencer le 13 juillet, ladite famille, après une autre concertation avec l’autorité urbaine, a proposé à l’Hôtel de ville de Kinshasa une relocation de ce lieu de recueillement. A cet effet,  le lieu désigné est le chapiteau de GB dans la concession qui abrite le Super marché Shoprite, sur l’Avenue OUA, à côté de Mino-Congo.

Dans un communiqué de la Cellule de communication du gouverneur Ngobila, il a été indiqué que l’Hôtel de ville de Kinshasa avait rappelé que ce chapiteau a été mis à la disposition des membres de famille, amis et connaissances de l’illustre disparu, en vue de « permettre le recueillement à partir de ce mardi 13 juillet 2021 de 8h à 20h jusqu’à l’arrivée à Kinshasa de la dépouille mortelle de l’archevêque émérite, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, et cela dans le strict respect des gestes barrières ».

Avec Adiac-Congo par Blandine Lusimana

Mort à Paris du cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque émérite de Kinshasa

juillet 11, 2021

Il avait été l’une des voix critiques à l’égard des différents régimes qui se sont succédé en RDC (ex-Zaïre) : ceux du dictateur Mobutu Sese Seko, de Laurent-Désiré Kabila (1997-2001), de Joseph Kabila (2001-2019) puis de Félix Tshisekedi.

Ordonné prêtre en 1963, fait cardinal par Benoît XVI en 2010, Laurent Monsengwo Pasinya – ici le 21 septembre 2016 – avait cédé son fauteuil à la tête de l’archidiocèse de Kinshasa à Mgr Ambongo en novembre 2018.
Ordonné prêtre en 1963, fait cardinal par Benoît XVI en 2010, Laurent Monsengwo Pasinya – ici le 21 septembre 2016 – avait cédé son fauteuil à la tête de l’archidiocèse de Kinshasa à Mgr Ambongo en novembre 2018. EDUARDO SOTERAS / AFP

C’est une figure importante de la République démocratique du Congo (RDC) qui s’en va. L’influent archevêque émérite de Kinshasa, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, est mort, dimanche 11 juillet, à Paris à l’âge de 81 ans, six jours après son évacuation dans un « état critique ». Les causes de sa mort n’ont pas été révélées.

« Vaillant soldat du Christ, repose en paix. En attendant les dispositions officielles de la chancellerie de Kinshasa, nous prions pour l’âme de notre archevêque émérite de Kinshasa », a écrit sur Twitter l’abbé Jean-Marie Konde, chargé de la communication de l’archidiocèse de Kinshasa.

Sur place, vers 16 h 15, des cloches de la cathédrale Notre-Dame du Congo ont retenti. Un sacristain est venu installer l’effigie du prélat défunt à l’autel alors que des femmes, en pleurs, ont commencé à affluer dans l’enceinte de l’église.

Un rôle majeur pour l’ouverture démocratique de la RDC

Avec la conférence épiscopale et sous l’influence de Laurent Monsengwo, l’Eglise catholique a joué un rôle majeur pour l’ouverture démocratique pendant les dernières années de la dictature du président Mobutu Sese Seko (1965-1997). Mgr Monsengwo avait été l’une des voix critiques à l’égard des différents régimes qui se sont succédé en RDC (ex-Zaïre) : ceux du dictateur Mobutu Sese Seko, de Laurent-Désiré Kabila (1997-2001), de Joseph Kabila (2001-2019) puis de Félix Tshisekedi.

Ordonné prêtre en 1963, fait cardinal par Benoît XVI en 2010, cette grande figure de l’Eglise catholique africaine avait cédé son fauteuil à la tête de l’archidiocèse de Kinshasa à Mgr Ambongo en novembre 2018. L’Eglise catholique en RDC, seule institution réellement présente sur l’ensemble du territoire et dont se revendiquent environ 40 % de la population, jouit d’une audience sur les questions politiques et sociales qui dépasse largement le cercle de ses fidèles.

Par Le Monde avec AFP

RDC/Processus électoral : Martin Fayulu exhorte les confessions religieuses à ne pas désigner leurs représentants à la Céni

juillet 10, 2021

Le leader de Lamuka en appelle à la mise en place d’une Commission électorale neutre dont le Bureau serait exclusivement constitué des membres de la société civile.  

Dans un entretien accordé, le 9 juillet, à une radio locale, le leader de Lamuka et président du parti politique Ecidé a réfuté la loi organique portant organisation et fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) récemment promulguée par le chef de l’Etat. Il considère que les modifications apportées à la loi ne garantissent pas l’organisation des élections crédibles, transparentes et démocratiques en 2023.

L’évolution actuelle du processus électoral marquée essentiellement par la promulgation de la loi sur le fonctionnement de la Céni ne serait, pour Martin Fayulu, qu’un stratagème pour justifier le report de la date de l’élection présidentielle. « On n’est en train de nous distraire pour convoquer des négociations pour postposer les élections », a-t-il précisé. A cet effet, l’intéressé a rappelé que la centrale électorale ne peut pas aller au-delà du 23 octobre 2023 pour la convocation de l’électorat au scrutin présidentiel. Ce qui permettra, a-t-il dit, d’organiser l’investiture du nouveau président de la République le 23 janvier 2024.

Pour éviter le dépassement du délai constitutionnel, le président de l’Ecidé propose, l’adoption d’un texte consensuel de la loi organique portant organisation et fonctionnement de la Céni qui consacrerait la neutralité de ladite institution. Il invite, par conséquent, les confessions religieuses en général et les catholiques et les protestants, en particulier, à faire obstacle au processus en cours en refusant de désigner leurs représentants à la Céni. «Si toutes les confessions religieuses sont proches du peuple et entendent ce que le peuple dit, ils ne peuvent pas cautionner cette forfaiture », a dit Martin Fayulu.
 
Sans pour autant manifester une quelconque intention de boycotter les prochaines élections, en cas de maintien de la réforme actuelle, le leader de Lamuka  a tenu à marquer son opposition face une loi qui plante le décor de la tricherie aux prochaines élections.  Il en appelle à une Commission électorale neutre dont le bureau serait exclusivement constitué des membres de la société civile. 

Avec Adiac-Congo par Jules Tambwe Itagali

RDC-Violation de l’intimité de Monsengwo : le cardinal Ambongo s’indigne

juillet 8, 2021

L’archevêque métropolitain de Kinshasa exige des enquêtes pour sanctionner les coupables qui ont publié les images intimes de l’archevêque émérite sur son lit de malade en pleine évacuation en France pour des soins.

L’archevêque émérite de Kinshasa, Laurent Mosengwo Pasiny /DR

Le chef des communautés chrétiennes catholiques, en particulier, ainsi que plusieurs Congolais, se sont indignés de la publication sur le Net des photos violant l’intimité du cardinal Laurent Monsengwo Pasinya sur son lit de malade avant son évacuation en France.

Réagissant à cette diffusion dans les réseaux sociaux d’une image très choquante de Laurent Monsengwo en pleine évacuation dans l’avion pour Paris, l’archevêque métropolitain de Kinshasa, le Cardinal Fridolin Ambongo, exige des enquêtes afin que les coupables subissent la rigueur de la loi. « C’est pourquoi son Éminence Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, exige que des enquêtes soient menées pour que les auteurs de cette violation de l’intimité de l’intéressé soient sanctionnés », indique un communiqué signé le 7 juillet par le chancelier, l’abbé Georges Njila. Ce document fait savoir que le cardinal Ambongo invite la communauté à poursuivre ses prières jusqu’au rétablissement de l’archevêque émérite de Kinshasa, qui suit des soins à Paris.

Il est, en effet, rappelé que Laurent Monsengwo a été évacué le 5 juillet dans la soirée par un avion médicalisé. Et c’est depuis le 6 juillet que ces images violant son intimité et le montrant allongé sur son lit de malade à l’aéroport international de N’djili ont été partagées dans les réseaux sociaux. Alors que le 3 juillet, le cardinal Fridolin Ambongo avait invité tous les fidèles à soutenir et accompagner l’archevêque émérite malade par des prières ferventes et intenses.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza