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RDC : à Anvers, Félix Tshisekedi renoue avec l’ex-puissance coloniale

septembre 19, 2019

Le Premier ministre belge Charles Michel accueille son homologue congolais Félix Tshisekedi sur la place Egmont à Bruxelles, le mardi 17 septembre 2009 © AP Photo/Virginia Mayo 

Plusieurs accords économiques ont été conclus mercredi 18 septembre à Anvers entre la Belgique et la RDC, à l’occasion de la visite d’État de quatre jours du président congolais.

Après l’accueil avec les honneurs militaires et la réception par le couple royal mardi à Bruxelles – marquant « la fin de l’ère glaciaire », selon la presse belge -, le déplacement de Félix Tshisekedi en Belgique s’est poursuivi mercredi au port d’Anvers.

Classé au deuxième rang européen pour le trafic de fret maritime (après Rotterdam), le grand port belge a annoncé la signature d’un protocole d’accord « pour intensifier la coopération existante » avec le port de Matadi, sur le fleuve Congo.

« Le port d’Anvers apportera son expertise pour établir une autorité portuaire en République démocratique du Congo « , ajoute le communiqué publié après la visite de Félix Tshisekedi.

« Accroître les flux commerciaux »

Dans la matinée, le président congolais a également rendu visite au Centre mondial du diamant d’Anvers (AWDC), où un autre accord de coopération a été signé.

Quatrième producteur mondial de diamants en volume, la RDC pourra bénéficier, grâce à cet accord, de l’expertise du Centre sur la « transparence et la traçabilité des minéraux », selon la partie belge.

Il est aussi question d’« accroître les flux commerciaux directs entre les deux pays » et de « former les fonctionnaires de la RDC à Anvers ».

Anvers est une des plus grandes plateformes mondiales pour le commerce de diamants, qui représentent 49% des importations congolaises en Belgique, selon l’AWDC.

Mardi, c’est dans les secteurs diplomatique, des finances et de la coopération que trois protocoles d’accord avaient été conclus entre les deux pays.

Réinstallation d’ambassadeurs

Parlant de « redynamisation » de la relation, la diplomatie belge a annoncé la réinstallation d’ambassadeurs dans les deux pays, et la réouverture des consulats généraux de la RDC à Anvers et de la Belgique à Lubumbashi.

Alors que la Belgique est actuellement privée d’un gouvernement de plein exercice, il s’agit de reprendre la relation « étage par étage, sans brusquer les choses », selon le ministère belge des Affaires étrangères, Didier Reynders. De faire preuve d’« un volontarisme prudent », selon un proche du dossier.

« Nous sommes un partenaire avec beaucoup d’exigences par rapport aux résultats sur le terrain », a déclaré à la chaîne RTBF le ministre des Finances et de la Coopération, Alexander De Croo, appelant Félix Tshisekedi à être « un président pour les Congolais ». « Après une élection qui a quand même été assez mouvementée, il faut prouver tous les jours qu’on est président pour sa population », a-t-il ajouté.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC-Rwanda : le chef militaire des FDLR, Sylvestre Mudacumura, tué dans le Nord-Kivu

septembre 18, 2019

Des soldats des Forces armées de la RDC, lors d’une opération contre les rebelles rwandais des FDLR, en février 2015 dans le Sud-Kivu. © Photo MONUSCO/Abel Kavanagh

 

Visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) depuis 2012, le chef militaire des rebelles hutus des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), Sylvestre Mudacumura, a été tué dans la nuit de mardi à mercredi dans la chefferie de Bwito, dans le Nord-Kivu, selon plusieurs sources sécuritaires congolaises.

Fin de cavale pour Sylvestre Mudacumura. Visé par un mandat d’arrêt internationale de la CPI depuis le 13 juillet 2012 pour des crimes de guerre commis entre janvier 2009 et septembre 2010 dans les Kivus, la mort du chef militaire des rebelles FDLR a été confirmée par des sources sécuritaires congolaises.

Il a été tué dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 septembre au cours d’un raid dont les circonstances restent floues. « Il a été neutralisé avec ses lieutenants par les forces armées », affirme à Jeune Afrique le général Richard Kasonga, porte-parole de l’armée congolaise, niant par la même occasion des rumeurs faisant état de l’intervention de la milice NDC-R (Nduma Defense of Congo-Rénové) du général Guidon Shimiray Mwissa dans cette opération.

Né au Rwanda, cet ex-garde du président Juvénal Habyarimana et ancien gradé des Forces armées rwandaises (FAR) , impliquées dans les massacres commis lors du génocide des Tutsi au Rwanda, a été tué dans la chefferie de Bwito, territoire de Rutshuru proche du Parc National des Virungas, fief depuis plusieurs années des FDLR.

Les FDLR en difficulté

Après la mort en avril dernier, en Allemagne, de son chef politique Ignace Murwanashyaka, où encore l’extradition vers Kigali de deux de ses cadres arrêtés en RDC en décembre, le mouvement rebelle, en difficulté depuis plusieurs mois dans les Kivus, subit là un nouveau coup dur, qui intervient après plusieurs affrontements avec les FARDC et des mouvements rebelles locaux.

« La neutralisation de Sylvestre Mudacumura est une bonne nouvelle pour l’armée Congolaise, car il était à la tête de la branche radicale [des FLDR] qui s’est opposée au rapatriement volontaire au Rwanda. Sa neutralisation est un signal fort pour les autres rebelles qui hésitent à se rendre », s’est félicité le général Richard Kasonga, porte-parole de l’armée congolaise.

Fin novembre 2018, les autorités congolaises avait annoncé la fin du rapatriement des combattants rwandais du FDLR cantonnés depuis quatre ans dans des camps en RDC, et la fermeture de tous les camps de transit. La capacité de force de frappe des FDLR et le nombre de combattants restant actifs est incertain, alors que plusieurs dissidences ont éclaté au sein du mouvement.

Kigali accuse toujours les FDLR de mener des attaques sur son territoire, notamment celle qui a frappé le district de Rubavu, le 9 décembre 2018, et d’entretenir des contacts à Kampala. Un discours alimenté par Kinshasa qui, dans un lettre adressée à Leïla Zerrougui en janvier dernier, avait accusé les rebelles du FDLR de « comploter avec d’autres groupes rwandais, dont le parti de l’opposition Rwanda National Congress (RNC) du général Kayumba Nyamwasa, pour déstabiliser le pouvoir de Paul Kagame depuis le territoire congolais ».

Jeuneafrique.com par Romain Gras 

 

RDC : la présidente de l’Assemblée appelle à une « politique budgétaire prudente »

septembre 17, 2019

Jeanine Mabunda, en octobre 2016, lorsqu’elle était conseillère spéciale de Joseph Kabila sur la lutte contre les violences faîtes aux femmes. © Photo/MONUSCO Michael Ali.

 

La présidente de l’Assemblée nationale a invité lundi le gouvernement de coalition en République démocratique du Congo à la prudence budgétaire, sur fond de baisse du cours des matières premières, à l’ouverture de la session parlementaire.

La présidente de l’Assemblée, Jeanine Mabunda, a mis en garde contre « des déficits susceptibles de perturber les équilibres macro-économique encore fragiles ». La session de septembre « sera consacrée à l’examen et au vote du projet de loi de finances de l’exercice 2020 », a-t-elle rappelé, invitant le gouvernement à déposer rapidement ce texte au bureau de l’Assemblée nationale.

Le budget doit entre autres tenir compte de la grande promesse du président Félix Tshisekedi : la gratuité de l’enseignement primaire public. Le chef de l’État a promis la semaine dernière que la part de l’éducation passerait de 8 à 20% du budget en 2020.

La promesse de la gratuité est évalué à 2,6 milliards de dollars. Le budget 2019 est de cinq milliards de dollars pour 80 millions d’habitants. Entre 2018 et 2019, la croissance du PIB devrait ralentir de 5,8 à 4,3%, « dans un contexte d’affaiblissement des prix du cobalt », avait indiqué début septembre le Fonds monétaire international (FMI). « À moyen terme, la croissance globale avoisinerait 4% », ajoute le FMI.

L’enjeu sécuritaire

Outre l’éducation, la présidente de l’Assemblée espère que le budget 2020 tiendra compte « des exigences liées à la relance de l’agriculture, à la lutte contre le chômage des jeunes et à la lutte contre les groupes armés dans l’est du pays ». La Monusco a par ailleurs annoncé lundi un renforcement de leur présence militaire dans le Sud-Kivu.

Ouverte lundi dans les deux chambres, la session parlementaire sera clôturée le 15 décembre. L’Assemblée doit aussi examiner le rapport de la Commission électorale (Céni) sur le processus électoral de fin 2018 .

Par Jeuneafrique.com avec AFP

RDC: tensions dans le Sud-Kivu où l’ONU renforce sa présence

septembre 16, 2019

 

Les Nations unies ont annoncé ce lundi un renforcement de leur présence militaire dans une zone de l’est de la République démocratique du Congo en proie à des violences communautaires et où s’est récemment rendu un de leurs hauts responsables.

Les violences agitent le territoire de Minembwe (Sud-Kivu), dans une région de hauts plateaux. Le 4 septembre, le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, avait plaidé sur place en faveur de «la prévention et la résolution des conflits intercommunautaires». «Les Nations unies n’abandonneront pas le peuple congolais», avait lui-même déclaré le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres le 2 septembre à Kinshasa.

Quelques jours plus tard, le 7, des rebelles de la communauté bembe ont lancé une attaque contre un village de «Banyamulenge», ces Congolais éleveurs aux très lointaines ascendances rwandaises. «Les miliciens ont incendié toutes les maisons, les populations ont fui vers le centre de Minembwe», a rapporté à l’AFP Gadi Mukiza, bourgmestre de la commune rurale de Minembwe. La Mission des Nations unies au Congo (Monusco) «renforce ses moyens de protection des civils dans cette zone pour soutenir les autorités congolaises et appelle les acteurs de ce conflit à mettre fin à la violence», a déclaré sa cheffe, Leila Zerrougui, dans un communiqué. La Monusco a déployé ses hélicoptères d’attaque en soutien à l’armée congolaise, a-t-elle détaillé.

La Monusco note par ailleurs que entre 500 et 600 personnes se rassemblent chaque jour autour de ses bases à Minembwe et à Mikenge pour recevoir assistance et protection. La région est le théâtre de violences depuis début mai après la mort d’un notable des Banyamulenge, tués par des membres d’une communauté rivale. Les rumeurs d’intervention du Burundi et surtout du Rwanda (deux pays voisins de la RDC) dans ce conflit n’ont jamais été démontrées. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), 34.000 déplacés seraient directement affectés par ces nouveaux affrontements et de multiples villages auraient été brûlés

Par Le Figaro.fr avec AFP

RDC : l’ex-ministre de la Santé Oly Ilunga placé en garde à vue

septembre 14, 2019

L’ancien ministre de la Santé à Béni (RDC), le 20 décembre 2018. © Al-aHadji Kudra Maliro/AP/SIPA

 

Le Dr Oly Ilunga Kalenga, ancien ministre de la Santé, a été placé en garde à vue ce samedi. Visé par une enquête judiciaire concernant l’utilisation de fonds publics dans la lutte contre Ebola, il est soupçonné d’avoir voulu prendre la fuite malgré une interdiction de sortie du territoire.

Le Dr Oly Ilunga Kalenga avait été entendu le 27 août dans le cadre d’une enquête préliminaire portant sur l’allocation, présumée frauduleuse, de fonds publics destinés à la riposte contre la maladie à virus Ebola. Quelques jours plus tard, il avait fait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire.

D’après la police judiciaire congolaise, cet ex-ministre de la Santé sera déféré lundi 16 septembre devant le Parquet général près la cour de cassation.

Échapper à la justice ?

Dans un communiqué, la police affirme que Oly Ilunga entendait quitter le pays clandestinement en vue d’échapper à la justice. Contactés par Jeune Afrique, ses avocats n’ont pas souhaité réagir.

Oly Ilunga avait démissionné en juillet de son poste de ministre de la Santé. Il s’était notamment opposé à l’emploi d’un deuxième vaccin dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola « par des acteurs qui ont fait preuve d’un manque d’éthique manifeste », avait-il écrit dans sa lettre de démission.

Il n’avait pas non plus apprécié le fait que Félix Tshisekedi ait décidé de confier la conduite de la riposte contre l’épidémie à un secrétariat technique dirigé par le Dr Jean-Jacques Muyembe.

 « Cacophonie préjudiciable »

« Tirant les conséquences de votre décision (…) et anticipant la cacophonie préjudiciable à la riposte qui découlera inévitablement de cette décision, je viens par la présente vous présenter ma démission de mes fonctions de ministre de la Santé », avait annoncé Ilunga, ajoutant qu’« il ne peut y avoir plusieurs centres de décision, au risque de créer des confusions et une cacophonie préjudiciable ».

Durant de nombreuses années, Oly Ilunga Kalenga a travaillé comme médecin à Bruxelles. Il est notamment l’un des médecins traitants d’Étienne Tshisekedi, décédé en février 2017.

Nommé ministre de la Santé dans le gouvernement de Samy Badibanga, en décembre 2016, il avait conservé son poste lors du remaniement de mai 2017.

Jeuneafrique.com par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

RDC-Congo: Séjour de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à Brazzaville

septembre 10, 2019

Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO séjourne depuis lundi dans la soirée à Brazzaville pour participer au 5ème Forum Investir en Afrique.

En effet, c’est dans le Centre International de Conférence de Kintele que se tiendront ces assises du 10 au 12 Septembre 2019. Plusieurs Chefs d’états et de délégation sont attendus à Brazzaville pour cet événement

La Banque Mondiale, la Banque Chinoise de Développement, le Ministère des finances de la République populaire de Chine sont les co-organisateurs de ce forum économique.

 

Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews.fr

RDC: Liste complète des membres du gouvernement

août 26, 2019

 

►Sont nommés vice-Premiers ministres et ministres aux fonctions :

Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, sécurité et affaires coutumières, M. Gilbert Kankonde Malamba

Vice-Premier ministe, ministre de la Justice et garde des Sceaux, M. Célestin Tunda Ya Kasende

Vice-Premier ministre, ministre du Budget, M. Jean Baudouin Mayo Manbeke

Vice-Premier ministre, ministre du Plan, Mme. Elysée Munembwe Tamukumwe

Vice-Premier ministre, ministre des Infrastructures et travaux publics, M. Willy Ngoopos Sunzhel

►Sont nommés ministres d’État et ministres aux fonctions :

Ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Mme. Marie Tumba Nzeza

Ministre d’État, ministre de la Coopération internationale, intégration régionale et Francophonie, M. Pépin Guillaume Manjolo Buakila

Ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, M. Rubens Mikindo Muhima

Ministre d’État, ministre de la Décentralisation et réformes institutionnelles, M. Azarias Ruberwa Manywa

Ministre d’État, ministre des Ressources hydrauliques et de l’électricité, M. Eustache Muhanzi Mubembe

Ministre d’État, ministre de l’Emploi, travail et prévoyance sociale, Mme. Nene Nkulu Ilunga

Ministre d’État, ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique, M. Willy Bakonga Wilima

Ministre d’État, ministre du Genre, famille et enfant, Mme. Béatrice Lomeya Atilite

Ministre d’État, ministre de l’Urbanisme et habitat, M. Pius Muabilu Mbayu Mukala

Ministre d’État, ministre de la Communication et médias, M. David Jolino Diwanpovesa Makelele ma-Muzingi

►Sont nommés ministres aux fonctions :

Ministre de la Défense et des anciens combattants, M. Aimé Ngoy Mukena

Ministre de Fonction publique, Mme. Yollande Ebongo Bosongo

Ministre des Finances, M. José Sele Yalaghuli

Ministre de l’Economie nationale, Mme. Acacia Bandubola Mbongo

Ministre du Portefeuille, M. Clément Kuete Nymi Bemuna

Ministre du Commerce extérieur, M. Jean Lucien Bussa Tongba

Ministre des Mines, M. Willy Kitobo Samsoni

Ministre des Postes, télécommunications et nouvelles technologies de l’information et de la communication, M. Augustin Kibassa Maliba

Ministre d’Etat, ministre de la Santé, M. Eteni Longondo

Ministre des Droits humains, M. André Lite Asebea

Ministre des Relations avec le Parlement, M. Déogratias Nkusu Kunzi Bikawa

Ministre de l‘Environnement et développement durable, M. Claude Nyamugabo Bazibuhe

Ministre des Transports et voies de communications, M. Didier Mazengu Mukanzu

Ministre de l’Agriculture, M. Jean Joseph Kasonga Mukuta

Ministre de la Pêche et élevage, M. Jonathan Bialosuka Wata

Ministre du Développement rural, M. Guy Mikulu Pombo

Ministre des Affaires sociales, Mme. Rose Boyata Monkaju

Ministre des Actions humanitaires et solidarité nationale, M. Steve Mbikaki Mabuluki

 

Avec Sacer-infos.com

RDC : le gouvernement enfin nommé, sept mois après l’investiture de Félix Tshisekedi

août 26, 2019

Félix Tshisekedi brandit la Constitution lors de son investiture, le 24 janvier 2019. © REUTERS/Olivia Acland

 

Cette nouvelle équipe de 66 membres, fruit de plusieurs mois de tractations entre le FCC et le Cach, est marquée par la nomination de nouvelles personnalités à des portefeuilles clés comme les Finances, les Mines, la Défense, les Affaires étrangères et le Budget.

L’interminable feuilleton a pris fin ce 26 août au terme d’une nuit blanche. Sept mois après l’investiture de Félix Tshisekedi, le 24 janvier, le président congolais a enfin un gouvernement. Après des mois de négociations entre le Cap pour le changement (Cach), sa coalition, et le Front Commun pour le Congo (FCC), celle de son prédécesseur, Joseph Kabila, majoritaire à l’Assemblée, les deux camps s’étaient initialement mis d’accord le 29 juillet sur une répartition de 65 portefeuilles. On savait déjà que 42 postes reviendraient au FCC et 23 au Cach. On connaît désormais les noms de la première équipe du président Tshisekedi.

Des changements importants ont été opérés notamment à la tête du ministère des Finances, qui sera dirigé par José Sele Yalaghuli, ancien directeur de cabinet de l’ex-premier ministre Matata Ponyo. Celui de la Justice sera dirigé par Célestin Tunda Y’a Kasende, ancien secrétaire général adjoint du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de Joseph Kabila.

17% de femmes

Au portefeuille des Affaires étrangères, on retrouve Marie Tumba Nzeza, cadre de l’UDPS tandis que le très stratégique ministère de l’Intérieur sera dirigé par Gilbert Kankonde lui aussi membre de l’UDPS. Chef de file des négociateurs de l’UNC pendant les tractations, Jean Baudoin Mayo Mambeke a été nommé vice Premier ministre du Budget. Le ministère des Mines revient à Willy Kitobo.

L’ancien gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku Kahongya, a été nommé ministre de l’Industrie, Thomas Luhaka à l’Enseignement supérieur et Universitaire, et Azarias Ruberwa comme vice Premier ministre en charge de la Décentralisation. Aimé Ngoy Mukena a quant à lui été nommé ministre de la Défense.

76,9% des membres de ce gouvernement n’ont jamais pris part à un gouvernement et 17% des portefeuilles ont été attribués à des femmes, selon les déclarations du Premier ministre.

Pas d’ouverture

Les 65 membres qui composent ce premier gouvernement de Félix Tshisekedi sont tous membres, soit de l’UDPS de Félix Tshisekedi, soit de l’UNC de Vital Kamerhe, son directeur de cabinet, ou encore du FCC de Joseph Kabila.

Antipas Mbusa Nyamwisi, qui a quitté la plateforme d’opposition Lamuka, ou encore Tryphon Kin-Kiey Mulumba, qui avait pourtant retiré sa candidature lors de la présidentielle de décembre 2018 en faveur de Félix Tshisekedi, n’ont pas été nommés. Au banc des grands absents, on retrouve également le président de l’AFDC-A, Modeste Bahati Lukwebo et François Mwamba qui faisait parti de l’équipe des négociateurs du Cach.

Cette nouvelle équipe doit désormais être investie devant le Parlement en session extraordinaire jusqu’au 7 septembre. Nommé le 20 mai, Ilunga avait été choisi après d’intenses tractations entre les deux camps qui se partagent les pouvoirs. Des discussions marquées notamment par le refus par Félix Tshisekedi de certains candidats proposés par Joseph Kabila, comme le patron de la Gécamines, Albert Yuma.

Quelques jours plus tôt, Sylvestre Ilunga avait fixé certaines règles censées guider la composition des listes de candidats qui allaient lui être soumises. Les ministrables ne devaient pas avoir fait l’objet d’une « condamnation judiciaire ferme en RDC ou à l’étranger ». Les listes de candidats devaient également « doser anciennes et nouvelles figures et génération montante ». Les équipes du FCC avait à ce titre promis un renouvellement de génération lors d’une ultime conférence de presse organisée le 20 août.

Multiples blocages

Jusqu’au bout, les ultimes détails auront été débattus. L’attribution des portefeuilles des Affaires étrangères, de l’Intérieur, du Budget et de l’Économie ont fait l’objet d’intenses tractations qui ont retardé le processus. En vertu de l’accord de Nairobi, qui actait la naissance du Cach, le poste de Premier ministre devait initialement revenir à Vital Kamerhe. Le poste, finalement pourvu par Sylvestre Ilunga, les dernières négociations devaient permettre de trouver un compromis qui s’est avéré délicat à atteindre, révélant des dissensions au sein de la coalition du président.

Le cas de Modeste Bahati Lukwebo leader l’AFDC-A, deuxième force politique du FCC, exclu de la coalition de Kabila, a aussi occupé les discussions. Ce dernier réclamait, malgré son exclusion, le quota de quatre postes revenant théoriquement à son parti.

Jeuneafrique.com par Romain Gras avec Stanis Bujakera Tshiamala

La RDC face au défi du coût de la gratuité scolaire

août 25, 2019

Une élève dans une salle de classe le 7 septembre 2016 à Kinshasa. © AFP

 

Les autorités congolaises se retrouvent face au défi écrasant du coût de la gratuité de l’école primaire publique, après l’avoir promise pour la rentrée du 2 septembre.

« Le coût gobal de la gratuité pour l’année budgétaire 2020 est estimé à 4 225,346 milliards de francs congolais (2,64 milliards de dollars) », indique le rapport des experts qui ont bouclé samedi à Kinshasa une deuxième « table ronde sur la gratuité dans l’enseignement de base ».

À elle seule, cette somme représente plus de 40% du budget de l’État pour l’année en cours, chiffré à un peu moins de six milliards de dollars pour 80 millions d’habitants. Ce budget 2019 ne prévoit pas de financer la gratuité de l’enseignement primaire public pour les quatre derniers mois de l’année.

Le rapport suggère une mise en oeuvre « de manière progressive » de la gratuité des frais scolaires dans le primaire.

Mais à dix jours de la rentrée, les autorités congolaises veulent vite matérialiser une mesure prévue par la Constitution, et reprise par le nouveau président de la République Félix Tshisekedi lors de son discours d’investiture le 24 janvier.

« Cette gratuité commence avec l’année scolaire 2019-2020. Je vous le confirme, c’est la volonté du président de la République et cela va se faire. Toutes les dispositions sont prises », a dit à l’AFP le ministre par intérim de l’Enseignement primaire, Emery Okundji.

Pour le financement, le rapport suggère « l’instauration d’une taxe sur les ressources naturelles » en RDC, producteur de cobalt, de cuivre, de coltan…

« Il y a des pistes des solutions que nous allons exploiter », a dit le ministre par intérim (dont nul ne sait s’il figurera dans le gouvernement que le nouveau président Tshisekedi prépare depuis sept mois).

Sur le terrain, les parents sont partagés entre l’espoir et la prudence. En août 2016, la première « table ronde » sur la gratuité de l’enseignement primaire dans les écoles publiques n’avait rien donné.

À Kinshasa, les parents ont reçu pendant les vacances scolaires une demande d’acompte allant de 100 000 à 150 000 francs congolais (62,5 à 90 dollars) pour inscrire leur enfant à l’école primaire du quartier résidentiel de la Gombe, a constaté l’AFP.

Le montant total des frais scolaires demandés s’élève à 220 000 fc (137,5 dollars).

Les experts de la table-ronde demandent aux gestionnaires des écoles publiques de « rembourser immédiatement les frais d’acompte et autres frais perçus auprès des élèves dans les établissements publics d’enseignements concernés par la gratuité ».

« Je doute fort pour cette année »

« Je ne veux pas être pessimiste, mais je doute fort pour cette année », assure Patrick Matebeka, grand frère de deux soeurs inscrites à l’école primaire EP1 Gombe, interrogé sur la gratuité de l’enseignement primaire dans le public.

« Si la décision n’est pas respecté, cela me fait mal », poursuit Matthieu Zola, père de quatre enfants dont un inscrit à l’EP1 Gombe. « On me paye 150 dollars: comment je peux faire étudier les enfants ? ».

Les parents doivent aussi payer les fournitures scolaires. Dans son discours d’investiture du 24 janvier, le président avait dénoncé le fait que les parents d’élèves doivent « payer le salaire des enseignants ».

La RDC « reste l’un des pays avec le plus grand nombre d’enfants non scolarisés », notait en mai le Partenariat mondial de l’éducation (PME).

« On estime que 3,5 millions, soit 26,7 % des enfants en âge de fréquenter le primaire, ne sont pas scolarisés », ajoute cette structure d’aide à l’éducation dans les pays pauvres.

La RDC a tout de même progressé, avec 70% d’élèves achevant le primaire en 2014 contre 29% en 2002, d’après le PME

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC: une dizaine de personnes enlevées en Ituri par des miliciens ADF présumés

août 23, 2019

 

Une dizaine de personnes ont été enlevées et des magasins pillés en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, a appris l’AFP vendredi de sources concordantes, dont l’une pointe la responsabilité des rebelles ougandais musulmans des Forces démocratiques alliées (ADF).

Les faits se sont déroulés dans le territoire d’Irumu, dans le sud de l’Ituri près du Nord-Kivu, où sévissent les miliciens ougandais. «Le bilan provisoire fait état de deux rebelles et un militaire blessés pendant les combats et de dizaines de personnes prises en otages», a indiqué le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l’armée dans la région. Les assaillants voulaient «piller l’hôpital général de Boga», a-t-il ajouté. Pour sa part, un chef local, Lorima Pay-Paul, a affirmé que les agresseurs étaient des miliciens ADF. «Un rebelle ADF a été capturé avec son arme par la population et remis aux autorités militaires», a-t-il assuré.

Historiquement opposés au président ougandais Yoweri Museveni, les rebelles musulmans ougandais des ADF, réfugiés dans l’est de la RDC depuis les années 1990, sont les responsables présumés du massacre de plusieurs centaines de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014.

Par Le Figaro.fr avec AFP