Posts Tagged ‘RDC’

Classement Fifa : la RDC descend à la 60e place mondiale

novembre 28, 2020

Les Léopards de la RDC

La Fédération internationale de football association (Fifa) a actualisé son classement mensuel pour le mois de novembre. Et la République démocratique du Congo a perdu une place au niveau mondial, quittant la 59e place en octobre pour la 60e en novembre 2020. Cependant, elle garde sa 11e position au niveau de l’Afrique. Ce petit décalage au classement est certainement dû aux deux derniers matchs contre l’Angola à Kinshasa le 14 novembre (nul de zéro but partout) et à Luanda le 17 novembre (victoire d’un but à zéro), en troisième et quatrième journées des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) reportée en 2022 au Cameroun.

Notons que le Sénégal (20e rang mondial) garde la première position continentale, devant la Tunisie (26e rang mondial), l’Algérie (31e rang mondial et championne d’Afrique en titre), le Nigéria et le Maroc (ex aequo au 35e rang mondial) qui ferment le top 5 en Afrique. L’Egypte est 49e rang mondial, devant le Cameroun (50e rang mondial), le Ghana (52e rang mondial), le Mali (57e rang mondial) et le Burkina Faso (58e rang mondial) clôturant le top 10.

Avec Adiac-Congo par Martin Enyimo

RDC : vers une évacuation sanitaire de Vital Kamerhe ?

novembre 25, 2020
Vital Kamerhe, le 11 novembre 2018 à Genève.

Le gouvernement évalue la possibilité d’évacuer à l’étranger l’ancien directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi. Condamné à 20 ans de prison pour détournement de fonds publics et corruption aggravée, Vital Kamerhe est actuellement soigné au centre hospitalier Nganda.

La santé de Vital Kamerhe, emprisonné depuis bientôt huit mois, s’est détériorée ces deux derniers jours. Au point que, pour la première fois, un membre de l’exécutif a évoqué son état. « Nous venons de voir M. Kamerhe, il n’est pas dans une situation très confortable », a alerté Bernard Takaïshe, vice-ministre de la Justice et membre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, le parti de Félix Tshisekedi), après avoir rendu visite à l’ancien président de l’Assemblée nationale au centre hospitalier Nganda, à Kinshasa.

Évacuation « si nécessaire »

« Il est sérieusement malade, et ça nécessite qu’il puisse bénéficier de soins appropriés pour que sa situation s’améliore. Sinon, ça risque d’être une catastrophe, a-t-il mis en garde. Nous allons devoir étudier les choix possibles. S’il est nécessaire de le faire évacuer, on n’hésitera pas, compte tenu de son état de santé ».

Le parti de Vital Kamerhe, l’Union pour la nation congolaise (UNC), n’a pas souhaité commenté ces déclarations. Le secrétaire général du parti, Aimé Boji, a cependant insisté pour que les autorités agissent « vite ».

Victime de plusieurs malaises alors qu’il était en cellule à la prison centrale de Makala, Vital Kamerhe a été admis le 23 août au centre hospitalier Nganda. Dans un rapport du 20 avril auquel Jeune Afrique a eu accès, les soignants de la clinique Médecins de nuit, qui ont examiné Kamerhe après sa mise en détention, le 8 avril, ont noté que leur patient, « tabagique » depuis une trentaine d’années, devait être classé dans la catégorie des personnes à risque très élevé face au Covid-19.

Ils y précisent notamment que Vital Kamerhe souffre d’une forme grave d’hypertension artérielle : la cardiopathie hypertensive. Celle-ci vient s’ajouter à une maladie respiratoire chronique, un « esyndrome post-phlébitique unilatéral du membre inférieur gauche », des « palpitations non tolérées » et un « syndrome vertigineux » que les soignants conseillent d’« investiguer ».

En attente du procès en appel

Vital Kamerhe, qui est toujours formellement le directeur de cabinet du chef de l’État congolais – Désiré-Cashmir Kolongele Eberande est directeur de cabinet intérimaire – a été condamné à 20 ans de travaux forcés et 10 ans d’inégibilité pour détournement de fonds publics et corruption aggravée par le tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe, en juin dernier.

Avec son coaccusé, l’entrepreneur libanais Samih Jammal, Vital Kamerhe a été reconnu coupable du détournement de près de 50 millions de dollars destinés au financement de maisons préfabriquées prévu dans le programme d’urgence des 100 jours lancé par le chef de l’État après son investiture début 2019. Son procès en appel devait s’ouvrir le 2 octobre, mais le dossier a été renvoyé sine die, le temps que soit tranché un recours devant la Cour de cassation.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamal

RDC/Assemblée nationale : Jeanine Mabunda conserve son marteau

novembre 23, 2020

Le Conseil d’État, statuant dans l’affaire opposant le bureau de l’Assemblée nationale au député national Albert Fabrice Puela, vient de déclarer irrecevable la requête de cet élu.

La présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda

Le député national Albert Fabrice Puela vient d’être débouté par le Conseil d’Etat, au cours de son audience du 23 novembre. Sa requête sollicitant la démission du bureau de l’Assemblée nationale a été déclarée irrecevable par cette juridiction. À l’en croire, il n’y a pas une décision administrative à attaquer en justice. Le Conseil d’État a, par ailleurs, indiqué que la lettre du 10 juillet 2020 émise par le bureau de la chambre basse du Parlement n’était qu’une opinion.

Il est, en effet, rappelé que le député Albert Fabrice Puela a introduit une requête au Conseil d’Etat par laquelle il voulait obtenir la démission du bureau de l’Assemblée nationale que dirige Jeanine Mabunda dont il a reproché de n’avoir pas présenté son rapport de gestion à la plénière pendant la session de mars. Pour lui, cela viole l’article 139 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Il est relevé que, déjà, des observateurs avaient estimé la démarche du député Fabrice Puela « téméraire et vexatoire ». Avant même que le Conseil d’Etat ne se prononce, le Pr Auguste Mampuya avait noté qu’aucune juridiction, y compris le Conseil d’État, n’était compétente pour connaître les violations du règlement intérieur de la chambre basse du Parlement. Pour lui, ce sont des actes d’Assemblée nationale qui établissent la barrière entre les pouvoirs judiciaire et législatif. « Seule la plénière est compétente pour juger de la violation du règlement intérieur par le bureau de l’Assemblée nationale », avait-il souligné.

Dans les réactions d’après cette sentence, un autre juriste, Me Papy Niango, pense que son collègue Albert Fabrice Puela  « a imprimé une très mauvaise image » de cette chambre du Parlement congolais.  Il n’a jamais compris, a-t-il dit, qu’un contentieux entre un député et ses collègues exerçant des fonctions au bureau se règle au Palais du peuple. Pour ce député membre du Front commun pour le Congo (FCC), Albert Fabrice Puela « a traîné l’Assemblée nationale et son bureau dans un procès sans tête ni queue sachant qu’il n’avait pas en main une décision du bureau qui lui causait grief ». De l’avis de ceux qui partagent cette opinion, l’acte d’Albert Fabrice Puela avait tendance à inféoder le pouvoir législatif au pouvoir judiciaire. Heureusement, a souligné un autre membre du FCC, que le Conseil d’Etat  a  évité de tomber dans ce piège, en déclarant tout simplement irrecevable cette requête. Cette audience qui n’a duré que quelques minutes a donc redonné l’espoir au bureau Mabunda.

Il est, en effet, noté que cette situation créée par la requête du député Puela avait préoccupé le bureau de la chambre basse du Parlement dont l’administration avait déjà été paralysée par la crainte de recevoir un courrier venant du Conseil d’État. On indique que le service courrier du bureau Mabunda ne fonctionnait plus depuis quelques jours sur instructions de la présidente de l’Assemblée nationale. Dans une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux, le député Puela dit prendre acte de la décision rendue par le juge du Conseil d’Etat. Il rappelle, néanmoins, que le bureau Mabunda reste réputé démissionnaire. « Je suis serein, je prends acte de la décision de la justice. Mais je reste convaincu que le bureau Mabunda est toujours réputé démissionnaire. Ce qui est vrai, nous allons continuer avec notre démarche », a-t-il promis. Il dit également espérer que le bureau de l’Assemblée nationale ne va plus se permettre n’importe quoi et va demeurer dans le respect du règlement intérieur. Avec cette décision du Conseil d’Etat, pense-t-on, le ouf de soulagement va pouvoir se faire entendre même en dehors de l’enclos du Palais du peuple.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC/Disparition : Ebengo « Souplesse » et Mungamuni « Asmara » s’en vont

novembre 20, 2020

Longtemps malades et sans être assistés par l’Etat, les champions d’Afrique des nations 1968 avec les Léopards, Léon Mungamuni et Augustin Ebengo Mpeti, sont morts le 17 novembre  à Kinshasa.

Feux Léon Mungamuni « L’homme d’Asmara » et Augustin Ebengo « Souplesse ».

Deux anciens Léopards football ont tiré leur révérence le 17 novembre  alors que les Léopards devraient livrer leur match de la quatrième journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) contre les Palancas Negras d’Angola à Luanda (victoire congolaise d’un but à zéro).

L’ancien portier international Augustin Ebengo Mpeti, alias « Souplesse », et l’ailier droit Léon Mungamuni, alias « L’homme d’Asmara », étaient sérieusement malades à Kinshasa depuis plusieurs semaines. La Ligue sportive pour la promotion et la défense des droits de l’Homme (Lisped) dirigée par Me Alain Makengo Kikandu a lancé quelques jours auparavant une sonnette d’alarme afin de venir en aide à ces deux champions d’Afrique des nations (CAN) Ethiopie 1968. Mais ce SOS n’a jamais eu des échos.

Ancien joueur de l’équipe Nomades et de l’AS V.Club, Léon Mungamuni a été double buteur des Léopards en demi-finale de la CAN 1968 à Asmara, permettant à la sélection congolaise d’accéder en finale aux dépens de l’Ethiopie (victoire par trois buts à deux), pays hôte de la compétition. C’est de là que lui est venu le sobriquet de « L’homme d’Asmara ». La RDC avait alors remporté la finale le 23 janvier 1968, en soumettant le Ghana par un but à zéro, une réalisation du feu Pierre Kalala Mukendi. Mungamuni a aussi fait partie de V.Club successivement vainqueur de la Coupe de l’ex-Zaïre en 1971,  1972 et1973. Il a rendu l’âme le mardi aux cliniques universitaires de Kinshasa où il était interné pendant ses derniers jours.

Ancien gardien de but d’Himalaya et du Daring Faucons (actuel DCMP), Ebengo Mpeti a aussi choisi la journée du mardi 17 novembre pour passer dans l’au-delà. Avant eux, c’est une autre gloire et ancien champion d’Afrique 1968 qui était parti, Nicodème Kabamba wa Kabengu, disparu en février 2020 après avoir été longtemps malade, ainsi que Kilasu Massamba. Cette génération des joueurs champions d’Afrique en 1968 est en train de s’éteindre quasiment dans l’anonymat, pas très pris en charge par l’Etat.

Avec Adiac-Congo par Martin Enyimo

RDC : plus de 30 corps retrouvés dans la région de Beni, le groupe armé ADF accusé

novembre 17, 2020

Plus de 30 corps ont été retrouvés en deux temps dans l’est de la République démocratique du Congo, ont indiqué les autorités provinciales et des experts mardi 17 octobre dans la région de Beni où 811 personnes ont été tuées depuis le 31 octobre 2019.

Vingt-neuf corps «précédemment exécutés en masse» à une date non-précisée ont d’abord été retrouvés dans le parc des Virunga, a indiqué le ministre de l’Intérieur du Nord-Kivu Jean-Bosco Sebishimbo, qui a accusé le groupe armé ADF. Le bilan a été repris par les experts du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST). Six à sept corps de civils tués mardi matin ont été également découverts ailleurs dans la même région, ont rapporté d’autres sources locales.

Par Le Figaro avec AFP

RDC/Musique : Tshala Muana interpellée puis relâchée pour la chanson « Ingratitude »

novembre 17, 2020

« Ingratitude », tel est le titre du dernier opus de la chanteuse Tshala Muana qui lui a valu des ennuis, le 16 novembre, avec l’Agence nationale de renseignement (ANR).

Kinshasa : auteure de la chanson "ingratitude", Tshala Muana a été arrêtée  ce lundi par les agents de l'ANR - CAS-INFO.CA

La chanteuse Tshala Muana

La chanson est présentée, à tort ou à raison, comme un pamphlet dirigé à l’endroit de l’actuel chef de l‘Etat au regard de son contenu à forte saveur polémiste. La « Mamu nationale » qui est d’obédience PPRD, c’est-à-dire, proche de l’ancien président de la République, Joseph Kabila, n’a sûrement pas mesuré les dégâts collatéraux qu’allait provoquer sa chanson dans un contexte de surchauffe politique de ces dernières heures.

En effet, la tension actuelle au sein de la coalition FCC-Cash sur fond des signaux de rupture entre ces deux forces politiques n’aura pas favorisé une bonne réception de la chanson. Chaque camp essaie d’interpréter son contenu à sa manière. « Ni à un examen, encore moins à une compétition tu n’as jamais gagné. Maintenant que le maître t’a montré le chemin, tu as pu t’en sortir. Et après que tu aies franchi, tu le trahis. Fais attention, tu marches avec vitesse, vaille que vaille, tu marches sans prudence », chante l’artiste. A qui s’adresse-t-elle, pourrait-on s’interroger d’autant plus qu’aucun nom n’est cité. Le reste est un déroulé des boutades, des paraboles et des expressions alambiquées difficiles à décoder. L’auteure fait, par ailleurs, recours à la bible, et évoque la rébellion de Satan contre son créateur, ou encore, la trahison de Judas vis-à-vis de Jésus de Nazareth. Se mettant dans la peau d’une victime, elle fustige l’ingratitude, banni tous ceux qui en ont fait leur seconde nature, et professe l’infortune à leur endroit. « Tu ne descendras que sur l’arbre par lequel tu es bien monté », chante-t-elle.

Une certaine récupération politicienne s’est vite cristallisée autour de la chanson, chaque camp politique cherchant à exploiter des bribes des phrases cadrant avec ses aspirations. L’UDPS/Kibassa autant que d’autres formations politiques ont fustigé l’interpellation dont a été l’objet la reine de Mutswashi estimant que le président de la République est mentalement forgé pour subir des critiques de tout genre.

Avec Adica- Congo par Alain Diasso

RDC : manifestation de soutien à Tshisekedi en pleine crise avec le camp Kabila

novembre 15, 2020
Le président congolais Félix Tshisekedi, en octobre 2020 lors de la prestation de serment des nouveaux juges nommés à la Cour constitutionnelle.

Plusieurs milliers de militants du parti présidentiel UDPS ont marché samedi à Kinshasa pour soutenir les consultations initiées par le président Félix Tshisekedi en vue de constituer « une union de la nation » en pleine crise avec le camp de son prédécesseur Joseph Kabila.

Ces milliers de militants du parti présidentiel UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) ont scandé des slogans hostiles à l’ancien président Joseph Kabila. Ils ont aussi appelé, à travers des chansons, à la fin de la coalition Front commun pour le Congo (FCC) de Kabila et Cap pour le changement (Cach) de Tshisekedi qui dirige la RDC en vertu d’un accord.

Effigie de Kabila

Bien qu’encadrés par la police sous un soleil de plomb sur un trajet de près de 5 km, ces manifestants ont tenté de brûler une effigie de l’ancien président Kabila avec un cocktail Molotov. Des policiers ont rapidement éteint le feu.

« Le résultat final de la marche de ce jour est la rupture du mariage FCC-CACH », a déclaré Sylvain Mutombo, l’un des manifestants, ministre délégué à la défense et chef d’un parti allié au parti présidentiel UDPS.

C’EST UN COMPLOT POUR NEUTRALISER NOTRE AUTORITÉ MORALE JOSEPH KABILA

Sur le parcours, aucune banderole ou affiche ne reprend cet appel à la fin de la coalition FCC-Cach. Le camp Kabila voit à travers ces consultations et la marche, une tentative de refaire l’unité de l’ex-opposition dont est issue le président Tshisekedi.

« C’est un complot pour neutraliser notre autorité morale Joseph Kabila, le mettre hors-jeu, avec lui le FCC », a déclaré André-Alain Atundu, l’un des parte-parole des pro-Kabila.

Mais, les marges de Félix Tshisekedi sont cependant étroites. Le FCC fidèle à l’ex-président Kabila, revendique 319 députés sur les 500 à l’Assemblée nationale et plus de 90 sénateurs sur 109.

Le rôle des évêques

Lancées le 2 novembre, les consultations menées par le président Tshisekedi, se poursuivront lundi après la trêve du week-end.

De leur côté, les évêques catholiques ont rendu visite à l’ancien président Kabila, au candidat malheureux à la présidentielle du 30 décembre 2018, Martin Fayulu ainsi qu’au Premier ministre Sylvestre Ilunga.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC – Donatien N’shole (Cenco) : « L’alternance de 2018 ne donne pas les résultats escomptés »

novembre 14, 2020
L'abbé Donatien N'shole, secrétaire général de la Cenco, en janvier 2019 à Kinshasa.

La Conférence épiscopale nationale du Congo tente de jouer les médiateurs entre Tshisekedi et Kabila. Son secrétaire général, l’abbé Donatien N’shole, insiste : les consultations en cours doivent permettre de « changer les choses » en profondeur.

Lundi 9 novembre, au Palais de la Nation. Face à une forêt de micros, entouré des évêques congolais, le cardinal Fridolin Ambongo se fait solennel. Si la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a accepté de participer aux discussions que Félix Tshisekedi a lancées pour tenter de constituer cette « union sacrée » qu’il appelle de ses voeux, c’est parce que « le peuple attend beaucoup de ces consultations ».

« La situation actuelle a démontré ses limites. Le peuple n’est plus au coeur des soucis de ceux qui nous gouvernent. Il faut que quelque chose change », martèle l’archevêque de Kinshasa.

Quelques jours plus tard, une délégation de la Cenco, conduite par son président, Mgr Marcel Utembi, l’archevêque de Kisangani, a rencontré Joseph Kabila, qui a demandé aux cadres du Front commun pour le Congo (FCC) de ne pas participer de manière individuelle aux consultations. Objectif de cette rencontre :  « Lui donner des conseils, en ce moment, et aussi l’écouter afin de continuer à réfléchir », a déclaré à l’issue de l’entretien l’abbé Donatien N’shole, secrétaire général de la Cenco.

La Cenco a également rencontré Martin Fayulu, candidat malheureux à la présidentielle qui a refusé de participer aux consultations, ainsi que le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, membre du FCC de Kabila.

L’abbé Donatien N’shole, qui a reçu Jeune Afrique au au siège de la Cenco, à Kinshasa, insiste sur le fait que la démarche des évêques congolais n’entre pas en concurrence avec les consultations menées par le chef de l’État, mais vise à favoriser l’émergence d’une « solution politique appropriée ». Et pour Donatien N’shole, l’une des principales urgences est de procéder à des réformes électorales consensuelles car « la mauvaise gestion des élections de 2018 est la principale raison de la crise actuelle ».

Jeune Afrique : En quelques jours, les évêques ont rencontré le président Félix Tshisekedi, son prédécesseur Joseph Kabila, l’opposant Martin Fayulu et le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Quel a été le message porté ?

Donatien N’shole : La crise est profonde et les évêques ont voulu dire leur regret face au fait que, malgré leurs multiples interpellations sur les querelles intestines qui déchirent la coalition FCC-Cach [Cap pour le changement], la situation ne fait qu’empirer.

Les Congolais souffrent énormément et il n’y a pas d’avancées sur les réformes attendues. Nous sommes arrivés à la conclusion que, dans la dynamique actuelle, on ne peut pas espérer reconstruire le pays. Il faut donc une solution politique appropriée.À LIRE RDC – Matthieu Kalele : « Nous avons assisté à une régression sociale qui est allée en s’amplifiant »

Que préconisez-vous ?

Nous n’avons pas de recettes politiques à donner.

Votre initiative ne risque-t-elle pas de perturber les consultations lancées par Félix Tshisekedi ?

Pas du tout. Nous ne faisons qu’apporter notre contribution, pour impliquer les acteurs politiques et faire comprendre à tous qu’il faut mener des réformes consensuelles, en particulier en ce qui concerne les élections.

Il faut le dire avec insistance : la mauvaise gestion des élections de 2018 est la principale raison de la crise actuelle. Il faudra donc se préparer pour organiser des scrutins [en 2023] qui nous feront sortir de la crise et donneront des institutions fortes et légitimes.

La dissolution de la coalition au pouvoir vous semble-t-elle inévitable ?

Il faut une nouvelle dynamique politique. La dynamique actuelle, malheureusement, ne peut pas nous offrir de bonnes choses.

À la fin des consultations de Félix Tshisekedi, quelle option vous semble-t-elle préférable ?

Encore une fois, il ne revient pas aux évêques de dicter au président sa conduite. Mais il lui revient de prendre ses responsabilités, tout en privilégiant l’intérêt supérieur de la nation, le respect de la Constitution et l’intégrité du pays.

Comment espérer une solution consensuelle alors que certains des principaux acteurs politiques, dont les alliés de Joseph Kabila ou l’opposant Martin Fayulu, s’opposent à la démarche du président Tshisekedi ?

C’est bien pour cela que nous nous impliquons ! Tout le monde doit comprendre que la raison première de cette crise que nous traversons réside dans la mauvaise gestion des élections passées. La meilleure solution est donc de préparer, dès à présent, de bonnes élections pour 2023. Il faut atteindre le consensus sur ce point.

Pour cela, il n’est pas utile d’organiser un grand dialogue comme celui qui a débouché sur l’accord de la Saint-Sylvestre en 2016. On a surtout besoin que les principaux acteurs politiques se concentrent sur l’essentiel. Il faut plutôt imaginer un mécanisme dans lequel les grandes forces politiques peuvent se retrouver et mettre en place des réformes qui vont protéger les intérêts des uns et des autres et, surtout, répondre aux besoins de la population.

Martin Fayulu, pour avoir échangé avec lui, n’est pas fermé à l’idée échanger avec le président Tshisekedi. Mais c’est le cadre de ces consultations qui lui pose problème.À LIRE Tensions entre Tshisekedi et Kabila en RDC : l’armée appelle à ne pas « opposer les militaires les uns aux autres »

Craignez-vous que la situation actuelle débouche sur une période d’instabilité politique ?

Nous ne le souhaitons évidemment pas, mais c’est possible, si les acteurs politiques ne se montrent pas responsables. Mais l’alternance de 2018 ne donne pas les résultats escomptés. Les éléments positifs qui ont été salués au début [du mandat de Félix Tshisekedi] ne font plus espérer. Il faut changer des choses.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

Tensions entre Tshisekedi et Kabila en RDC : l’armée appelle à ne pas « opposer les militaires les uns aux autres »

novembre 13, 2020

Des soldats des FARDC, à Béni, dans l'est du pays, en décembre 2018 (illustration).

Alors que la tension ne cesse de monter au sommet de l’État entre le président Félix Thsisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila, le porte-parole de l’armée a mis en garde les politiques et appelé les militaires à « ne pas se laisser influencer ».

Le message, le contexte, le ton. Tout, dans la sortie médiatique de l’armée congolaise, s’apparente à une stratégie de communication de crise, alors que les tensions politiques entre le président Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila ne cessent de s’accentuer à mesure que les jours passent.

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), « condamnent avec véhémence la campagne séditieuse concoctée dans des officines rétrogrades mieux identifiés et bientôt détruites, campagne dédiée à la démoralisation des forces armées dans le but d’opposer nos militaires les uns contre les autres », a lancé d’entrée le général Léon Richard Kasonga, porte-parole de l’armée congolaise, devant les journalistes qui avaient répondu à la convocation au quartier général de l’armée ce jeudi 12 novembre.

Si le ton est si offensif, voire alarmiste, c’est, à en croire une source militaire qui s’est confiée à Jeune Afrique, notamment en raison de la polémique qu’ont suscité sur les réseaux sociaux les propos tenus la veille par Augustin Kabuya, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

La charge de Kabuya contre Sele Yalaghuli

Au cours de la « matinée politique » organisée le mardi 10 novembre au siège du parti présidentiel, Augustin Kabuya a notamment accusé le ministre des Finances, José Sele Yalaghuli, de bloquer des fonds destinés aux forces de sécurité. « Vous voulez retourner au pouvoir, mais il faut présenter un bilan. Vous avez commis plusieurs assassinats et crimes économiques. Vos noms sont cités dans les rapports des pillages de ce pays, a alors lancé Kabuya devant des cadres de son parti, dans une diatribe visant les cadres des partis pro-Kabila. Aujourd’hui, vous vous organisez avec le ministre des Finances pour bloquer les paiements en vue de dresser l’armée, la police et les fonctionnaires contre le chef de l’État. »

Alors qu’il évoquait le bras de fer qui oppose Cap pour le changement (Cach), la coalition de Tshisekedi, au Front commun pour le Congo (FCC), de Joseph Kabila, Augustin Kabuya continue sur sa lancée, se montrant même menaçant.  « Nous sommes prêts à les affronter, et certains d’entre eux vont prendre le chemin d’exil, martèle-t-il. Ils ont choisi cette voie sans se rendre compte que, sans l’UDPS, ils auraient subi le sort des Mobutistes le 17 mai 1997. »

José Sele Yalaghuli a, depuis, annoncé avoir saisi le procureur général près la cour d’appel de Kinshasa, auprès duquel il a porté plainte pour « diffamation » et « incitation à attenter à la vie d’autrui ».

« Ne jamais trahir le Congo »

Les propos de Kabuya n’en ont pas moins trouvé un fort écho sur les réseaux sociaux. « Les auteurs de l’appel à la révolte des militaires dans les réseaux sociaux doivent savoir que leur brouhaha ne passera pas », a prévenu le général Léon Richard Kasong, qui a également balayé les allégations portant sur le défaut de paiement de la solde de militaires, évoquée par l’inspection générale des finances dans un courrier adressé à Félix Tshisekedi le 6 novembre. Au contraire, le porte-parole des FARDC assure que « les militaires en opération tout comme ceux en cantonnement perçoivent leurs soldes et divers avantages pécuniaires. »

Appelant les militaires à « demeurer unis, disciplinés et vigilants derrière le commandant suprême », le général Kasonga insiste : « Les militaires ne doivent pas se laisser ni influencer, ni entraînés dans des polémiques qui n’ont aucun rapport avec [leurs] missions constitutionnelles ».

« La discipline impose aux militaires de n’exécuter que les ordres émanant de leur hiérarchie », a encore insisté le général, rappelant aux troupes qu’elles « doivent soumission et loyauté aux institutions légalement établies, car c’est le sens même de notre serment : ne jamais trahir le Congo ».

Quant aux « politiques de tous bords », le général leur a lancé un appel solennel à « s’abstenir d’épiloguer sur les forces armées et d’adresser des invectives au commandement des forces armées ».

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

RDC/Vie des partis. Jacquemin Shabani : « J’espère pour eux que c’est juste un discours politique, sinon c’est de la rébellion »

novembre 12, 2020

Le président de la commission électorale permanente de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a, dans un entretien avec Le Courier de Kinshasa, réagi aux communiqué final de la retraite du FCC tenue à Safari Beach à Kinshasa.

Jacquemin Shabani

Réagissant au communique final qui a sanctionné la dernière retraite des cadres du Front commun pour le Congo (FCC), Jacquemin Shabani, cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et président de la commission électorale permanente du parti (CEP), a, dans un entretien exclusif au Courier de Kinshasa, admis que le dossiers des juges à la Cour constitutionnelle était une page déjà tournée, étant donné que ladite cours fonctionne déjà avec ou sans leur consentement. « Je crois qu’en ce qui concerne les juges constitutionnels, c’est une page tourné. L’affaire des juges est derrière nous ….J’espère pour eux que c’est juste un discours politique sinon, c’est de la rébellion », a-t-il dit.

Quant au refus des membres du FCC de participer aux consultations que le chef de l’état a initiées, ce cacique de l’UDPS s’est voulu tranchant. Il estime que c’est mal poli le fait que les membres du FCC se sont retirés en retraite alors que la première autorité du pays les invite pour discuter sur des questions ayant trait à l’évolution de la vie sociale des Congolais. « J’estime que c’est imprudent et mal appris. Le président de la République vous convie et toutes les autres forces sociales à une consultation, vous, vous allez en retraite », a déclaré Jacquemin ShabaniPour ce dernier, il aurait été mieux que ces membres du FCC fassent des conclusions de leur retraite l’objet de leurs discussions avec Felix Tshisekedi.  Ce cadre de l’UDPS se dit, par ailleurs, confiant et pense qu’avant la fin de ces assises le FCC aussi sera reçu par le président de la République.

Pour l’ex-secrétaire général de l’UDPS, l’accord FCC- Cap pour le changement (Cach), qui lie Félix Tshisekedi et Joseph Kabila ainsi que leurs groupements politiques respectifs, a déjà montré ses limites. De son avis, le président de la République s’est donné beaucoup de peine pendant deux années pour couvrir les failles de cet accord et qu’il s’avère impérieux de requalifier la majorité parlementaire pour un nouveau décollage. « Lorsqu’un groupe politique se rebelle contre le pouvoir judiciaire, c’est clair que la crise est là ! Elle a été couverte par le chef de l’Etat dans l’espoir de trouver une issue favorable mais rien n’est venu. Il est donc temps de requalifier la majorité », a-t-il fait constater. Quant à l’avenir de cet accord, Jacquemin Shabani dit que ce document ne lie pas le pays indéfiniment. Ce document, pense-t-il, a été signé pour le bien du Congo et si ça ne marche pas, on peut s’en passer pour le bien des Congolais.

Pour répondre aux détracteurs de l’UDPS qui présentent aux probables futurs alliés le spectre de la trahison et qui prennent exemple sur l’actuelle situation des alliés tels que le  FCC et Vital Kamerhe, Jacquemin shabani s’indigne et invite ces derniers à considérer le combat de le l’UDPS. «  Il faut  décrypter les comportements de nos différents partenaires à partir du moment où nous avons fait le constat que ceux-ci ne sont plus en mesure de nous accompagner dans notre combat de faire développer le Congo. Là, nous invitons notre partenaire à revisiter les termes du partenariat », a-t-il insisté.

L’UDPS se prépare déjà pour un nouveau mandat de Felix Tshisekedi

Jacquemin Shabani a également réagi à propos de l’audio de Joseph Kabila diffusée par l’hebdomadaire Jeune Afrique, dans laquelle l’ex-chef de l’Etat parlait de l’accord qui le lie au rejeton du sphinx de Limete selon laquelle le Cach dont l’UDPS soutiendrait le candidat du FCC à la présidentielle en 2023. L’ex-secrétaire général de l’UDPS affirme qu’il ignore l’existence d’un tel accord et avoue, par ailleurs, que son parti est déjà à la manœuvre pour mettre en marche toutes les batteries qui vont concourir à la réélection de Felix Tshisekedi pour un nouveau mandat à la tête du pays. « Je ne suis pas au courant de cet accord auquel il a fait allusion. Le peuple et moi avions plutôt suivi cet accord gouvernemental qui est passé en direct à la télévision nationale. Je suis président de la commission électorale du parti ; mon équipe et moi-même travaillions sur la prochaine candidature du chef de l’Etat en 2023 », a-t-il déclaré.

Il est rappelé que, dans les conclusions de leur retraite, les membres du FCC ont dit maintenir leur refus de participer aux consultations que tient le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi. Ils se sont également refusés de reconnaître la récente nomination des juges à la Cour constitutionnelle et invitent, par ailleurs, leur partenaire, le Cach, à la discussion dans un cadre prévu par l’accord de coalition qu’ils ont signé.

Avec Adiac-Congo par Christopher Khonde