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RDC: une commission instituée pour les funérailles de l’opposant Étienne Tshisekedi

avril 22, 2018

 

Cérémonie d’hommage à Étienne Tshisekedi à Bruxelles, le 5 février 2017. © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Le gouvernement, le parti de l’opposant historique défunt Étienne Tshisekedi et sa famille ont mis en place samedi une commission pour organiser ses funérailles en République démocratique du Congo, 14 mois après sa mort à Bruxelles, selon un communiqué conjoint.

« Une commission spéciale (de 9 personnes) chargée de l’organisation des funérailles est mise en place« , présidée par le ministre congolais de l’Intérieur, assistée d’un représentant de la famille et celui du parti (UDPS), lit-on sur le communiqué conjoint signé à Kinshasa par les trois parties. Mais aucune date des funérailles n’a pour l’instant été avancée.

Le gouvernement était représenté par le ministre de l’Intérieur et le gouverneur de Kinshasa, Jean-Marc Kabund, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a engagé le parti et Mgr Gérard Mulumba, jeune frère de l’opposant défunt a signé au nom de la famille.

Le palais du peuple, siège du parlement congolais est retenu comme lieu d’exposition de la dépouille pour les hommages officiels et populaires dont la durée est fixée à « environ 48 heures ».

Un avion spécial sera dépêché à Bruxelles pour ramener la dépouille et les membres de la famille.

« Trêve politique »

Les trois parties ont décidé que le corps d’Étienne Tshisekedi sera enterré « dans la concession familiale » située dans la périphérie de Kinshasa, dans la commune de Nsele, le parti et la famille ayant renoncé à leur exigence de l’enterrer à Limeté dans le centre de Kinshasa.

Elles ont enfin convenu d’observer « une trêve politique », pendant la période du deuil. Chaque partie est invitée à éviter « toute récupération politique ».

Plus de quatorze mois après sa mort à Bruxelles le 1er février 2017, le corps de l’opposant historique attend toujours en Belgique son rapatriement et son inhumation en RDC où son fils Félix Tshisekedi lui a succédé à la tête du parti.

Le gouvernement, la famille et le parti ne s’accordaient pas jusque là sur le lieu de l’enterrement de l’opposant décédé.

Jeuneafrique.com avec AFP

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RDC: tout débat sur les massacres à Beni étouffé, accuse un groupe d’élus

avril 20, 2018

Kinshasa – Un groupe d’élus de la province troublée du Nord-Kivu a accusé l’Assemblée nationale d’étouffer tout débat public, sur les massacres des civils dans la région de Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo, dans un communiqué transmis vendredi à l’AFP.

Le 16 avril, une plénière avait été convoquée à la chambre basse pour débattre d’une motion contre le ministre de la Défense congolais sur « l’incapacité du gouvernement de la République à mettre fin aux massacres des populations civiles à l’Est du pays », selon ce communiqué signé par douze députés d’opposition et un de la majorité présidentielle.

L’examen de cette question avait alors été bloqué par l’intervention d’une élue de la majorité, soutenue par ses collègues, évoquant le « secret défense ».

« Le fait pour l’Assemblée nationale d’étouffer tout débat public sur le massacre des populations congolaises notamment à Beni, Lubero, Rutshuru, renforce le sentiment d’abandon total d’une partie du peuple congolais livré à l’holocauste des tueurs sans foi ni loi par les plus hautes institutions de la République », ont écrit les 13 élus.

Comme sur les réseaux sociaux et dans quelques médias congolais, ces élus accusent également le président Joseph Kabila d’avoir épinglé les membres de la communauté Nande – tribu majoritaire dans la région de Beni – d’être responsable de l’incendie, en décembre, de sa résidence de Musienene dans cette zone.

« Faux! », a rétorqué Yvon Ramazani, l’un des conseillers en communication du président Kabila « présent à cette rencontre » entre le chef de l’État et des députés de la majorité du début de semaine, interrogé par l’AFP.

« Il n’était pas question d’attaque contre les Nande, le président a plutôt dit: +Nous nous battons contre les ADF et vous voulez vous-mêmes créer vos milices pour vous défendre, au lieu de laisser l’armée faire son travail, vous compliquez la situation+ », a poursuivi M. Ramazani.

Pour le président Kabila, « les miliciens qui ont brulé Musiemeni ne sont pas venus d’ailleurs » mais sont bien des enfants de la ville, a cependant ajouté M. Ramazani.

Ces propos « plantent le décor d’un amalgame ethniciste dangereux qui peut avoir des conséquences génocidaires dramatiques sur terrain », ont noté les députés de la région de Beni.

Ils « opposent l’armée nationale à une communauté ethnique » et « sont de nature à susciter une révolte de l’opinion congolaise contre [les] Nande », ont-ils craint, alors que le « peuple meurtri de Beni a toujours eu l’impression de faire l’objet d’une action punitive et destructive de la part du régime en place ».

L’est de la RDC est déchiré par des conflits armés depuis 23 ans, des dizaines de groupes armés locaux et étrangers y sont encore actifs.

Parmi eux, les ADF, rebelles ougandais musulmans. Ils sont accusés par la Mission de l’ONU en RDC et le gouvernement congolais d’être responsables d’une série de massacres de plusieurs centaines de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014.

Cette version a été remise en cause en 2015 par un rapport du Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New York, selon lequel les responsabilités sont partagées entre les ADF, mais aussi d’autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l’armée régulière.

Romandie.com avec(©AFP / 20 avril 2018 19h13)                                            

RDC: qui est Néhémie Mwilanya Wilondja, le vice-président de Joseph Kabila

avril 18, 2018
Néhémie Mwilanya Wilondja, directeur de cabinet de Joseph Kabila, en 2016 lors d’une réunion du PPRD © Copie d’écran Twitter / DR Henri Mova Sakanyi / Secrétariat général PPRD

Ces derniers mois, le directeur de cabinet du chef de l’État a dû affronter bien des tempêtes. Mais Néhémie Mwilanya Wilondja en est ressorti plus puissant que jamais, y gagnant même le surnom de « vice-président ».

Ceux qui le côtoient décrivent un homme austère et froid, mais jamais désobligeant. À Kinshasa, le directeur de cabinet du président Kabila traîne une réputation de « dur parmi les durs ». « Néhémie Mwilanya Wilondja n’a pas d’état d’âme. Il a une âme d’État », concède Kodjo Ndukuma, qui fut son assistant.

Les deux hommes se connaissent depuis plus de dix ans. Ils se sont rencontrés sur les bancs de l’université de Kinshasa, où ils suivaient un troisième cycle de droit public, puis recroisés dans les couloirs de la présidence de la République et de l’Assemblée nationale, deux institutions au sein desquelles ils ont longtemps – mais chacun de leur côté – agi dans l’ombre sur des questions juridiques.

C’est en effet loin des projecteurs que Mwilanya, 50 ans, s’est fait un nom. Avocat au barreau de Kinshasa depuis 1996, ce juriste méticuleux débute en politique en 2001 dans le cabinet de son ancien professeur de droit, Alphonse Ntumba Luaba, alors ministre des Droits humains. « Il n’avait pas 25 ans quand je l’ai connu. Il fait partie de ces jeunes que j’ai pris en main, confirme l’ancien ministre. Il était réservé et intelligent. »

En 2004, Mwilanya rejoint le cabinet du chef de l’État comme conseiller du collège administratif et juridique, placé alors sous la direction d’un influent et discret stratège, Me Norbert Nkulu. En coulisses, Mwilanya écrit des notes, apprend et gravit un à un tous les échelons. Cinq années plus tard, le voici devenu conseiller principal. Au palais de la Nation, il côtoie plusieurs directeurs de cabinet, dont Adolphe Lumanu et Gustave Beya Siku, deux proches d’Augustin Katumba Mwanke, éminence grise au service de Joseph Kabila, décédé dans un accident d’avion en 2012.

L’oreille et la bouche du président

Joseph Kabila, lors d’une conférence de presse à Kinshasa le vendredi 26 janvier. © REUTERS/Kenny Katombe

 

Kabila a trouvé en Mwilanya certaines des qualités qu’il appréciait chez Katumba Mwanke

À sa mort, Kabila se tourne vers Mwilanya. Il le consulte, et ce natif de Tabora, en Tanzanie, se retrouve propulsé au cœur du pouvoir, jusqu’à sa nomination au poste de directeur de cabinet du raïs, en mai 2015.

« Kabila a trouvé en Mwilanya certaines des qualités qu’il appréciait chez Katumba Mwanke : la discrétion, la réserve et l’intelligence stratégique. Il sait garder les secrets », affirme Ntumba Luaba. Ses origines kivutiennes (il est un bembe de Fizi, dans le Sud-Kivu) n’ont fait que faciliter le rapprochement entre les deux swahiliphones.

Forcément, être l’oreille et la bouche d’un chef de l’État qui parle peu confère de l’influence. Nommé moins de deux ans avant le terme constitutionnel du second mandat de Kabila, il soutient un président sommé de quitter le pouvoir. Et quand Kabila lui-même et ses diplomates – Raymond Tshibanda, Léonard She Okitundu ou Barnabé Kikaya Bin Karubi – s’emploient à rallier les chefs d’État africains à leur cause, le « dircab » a la charge d’amadouer une opposition très remontée.

Mais Mwilanya ne faiblit pas et milite même pour qu’un accord soit passé avec l’indomptable opposant historique, Étienne Tshisekedi (décédé depuis). Des négociations secrètes sont menées en septembre 2015 à Venise et à Ibiza. Puis à Paris, à l’hôtel Raphaël, en février 2016, en présence d’Edem Kodjo, le facilitateur de l’Union africaine, et de Mwilanya, chef de la délégation du camp présidentiel.

Un « cabinet dans le cabinet »

Bruno Tshibala, Premier ministre de la République démocratique du Congo, dans les locaux de Jeune Afrique, le 15 septembre 2017 © Vincent Fournier pour Jeune Afrique

 

C’est lui qui exerce véritablement les fonctions de Premier ministre, bien plus que Bruno Tshibala

Quinze mois après sa signature, en décembre 2016, l’accord de la Saint-Sylvestre, censé conduire le pays vers des élections apaisées, n’est toujours pas intégralement appliqué. Mais Mwilanya est ressorti de ce round de négociations plus puissant que jamais.

Depuis août 2017, et sur instruction du chef de l’État, c’est lui qui préside les réunions quasi hebdomadaires du « comité mixte stratégique » chargé de la mise en œuvre des mesures destinées à juguler la crise économique. « C’est lui qui exerce véritablement les fonctions de Premier ministre, bien plus que Bruno Tshibala, résume un proche collaborateur de Kabila. C’est le vrai vice-président du pays [le poste n’existe pas en RD Congo] ! »

Sur le terrain

Au Palais, Mwilanya a éclipsé la plupart des conseillers du président et s’est fait des ennemis. Ses détracteurs affirment que la quarantaine de collaborateurs qui l’entoure – « véritable cabinet dans le cabinet du chef de l’État » – empiète sur leurs prérogatives, mais l’intéressé n’en a cure et continue à pousser son avantage. Des ministres lui sont désormais redevables, tout comme ceux qu’il a placés à la tête d’entreprises publiques comme l’Office congolais de contrôle (OCC), l’Office de gestion du fret multimodal (Ogefrem) et l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances (Arca) – un ancien assistant, Alain Kaninda, a été bombardé directeur général adjoint en 2017.

Même l’opposition s’inquiète de sa montée en puissance. Ainsi, dans l’entourage de Moïse Katumbi, on le soupçonne d’avoir « favorisé l’installation de magistrats prompts à obéir aux ordres pour traquer et condamner des opposants à travers le pays ».

Ces dernières semaines, le « vice-président », comme on le surnomme parfois, a troqué son costume pour des chemisettes à l’effigie de Kabila. Il s’affiche à toutes les réunions du Parti du peuple pour la reconstruction et le développement (PPRD). Certains caciques en prennent ombrage, mais pas Emmanuel Ramazani Shadary, le nouveau secrétaire permanent du parti au pouvoir : « C’est un bosseur. Il respecte la consigne du président : être là. Aujourd’hui, il faut préparer les élections du 23 décembre, et tout se joue sur le terrain. »

La bataille du Sud-Kivu

Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale en RDC et leader de l’Union pour la nation congolaise (UNC), le 20 août 2013 à Paris. © Vincent Fournier/J.A.

 

Depuis Kinshasa, Néhémie Mwilanya Wilondja travaille à étendre son influence dans le Sud-Kivu, sa province d’origine. Mais il se heurte à deux autres personnalités bien ancrées localement : Vital Kamerhe, l’ancien président de l’Assemblée nationale, et Modeste Bahati, actuel ministre du Plan et chef de l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC, membre de la coalition au pouvoir).

Dans cette lutte de leadership, le « dircab » du chef de l’État peut compter sur le gouverneur Claude Nyamugabo, dont il est proche. Son épouse, Irène Wasso-Wabiwa, hissée à la tête de l’Alliance des femmes du Grand Kivu, balise également le terrain.

Problème : le nom de cette dernière, directrice d’une société de consulting enregistrée au Royaume-Uni en 2011 mais en cours de radiation, apparaît dans un « contrat de collaboration » passé entre la Coopération minière pour la reconstruction de Fizi (Comiref), dont elle est présidente, et Kun Hou Mining, une entreprise chinoise soupçonnée d’entretenir des liens avec une milice active dans le Sud-Kivu.

Jeuneafrique.com par

RDC: quatre hauts dirigeants en football en garde à vue à Kinshasa

avril 18, 2018

Constant Omari, le deuxième vice-président de la CAF, soutient que le Cameroun est en mesure de relever le défi. © A.Hassenstein/FIFA via Getty Images

Quatre personnalités du football congolais, dont le président de la Fédération nationale Constant Omari, sont en garde à vue depuis mardi soir à Kinshasa. La justice doit les entendre dans le cadre d’une enquête sur des soupçons pesant sur l’organisation de matchs de l’équipe nationale.

Constant Omari, le président de la Fédération congolaise de football association (Fecofa), est apparu assis, visiblement faible, sur une chaise dans un bureau du parquet situé dans le quartier kinois de Limete, a rapporté un journaliste de l’AFP. Selon un magistrat du Parquet, s’exprimant sous couvert d’anonymat, Constant Omari a été placé en garde à vue mardi, avec trois autres hauts dirigeants du football congolais – Barthélémy Okito, le secrétaire général aux Sports de la RDC, ainsi que Roger Bondembe et Théobad Binamungu, deux vice-présidents de la Fecofa. Tous « sont en instance d’être entendus », indique la même source.

« Un million de dollars »

« Ils seront interrogés sur l’utilisation des fonds publics dans l’organisation des rencontres sportives des équipes nationales de football et des clubs engagés aux compétitions africaines », a indiqué ce magistrat, insistant sur le « caractère secret » de l’instruction.

Les quatre hommes sont « entendus sur des présumés détournements d’un million de dollars destiné à l’organisation de quatre matches de football », indique pour sa part Me Alain Makengo, un défenseur des sportifs congolais.

« Cette somme avait été demandée par la Fédération au ministère des Sports, qui l’a considérée comme excessive, explique à Jeune Afrique l’avocat. Luzolo Bambi, le conseiller spécial de la présidence en charge de la lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux, s’est saisi du dossier avant de le transmettre au parquet pour déterminer s’il y a eu ou non des détournements. »

Suspension du championnat

Âgé de 60 ans, Constant Omari Selemani cumule les casquettes de vice-président de la Confédération africaine de football et de membre du comité exécutif de la Fifa. Il a été réélu en décembre dernier à la tête de la Fecofa pour un quatrième mandat.

Suite au placement en garde à vue des quatre hommes, la Commission de gestion de la ligue national de football « Linafoot » a annoncé dans un communiqué la « suspension de toutes ses activités jusqu’à nouvel ordre », notamment la bonne tenue des rencontres du championnat congolais, pour protester contre « l’humiliation et la privation injuste de leur liberté ».

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC: deux soldats rwandais interpellés près l’aéroport de Goma

avril 17, 2018

 

Un soldat des Forces armées (FARDC), près de Goma en 2013, lors des combats contre le M23. © REUTERS/Kenny Katombe

Les autorités congolaises ont arrêté deux militaires rwandais dans la nuit de dimanche à lundi. Les deux hommes s’étaient aventurés près de l’aéroport de Goma, dans la province du Nord-Kivu.

« Nous allons remettre les deux militaires rwandais arrêtés sur notre sol au mécanisme conjoint de vérification des frontières qui les remettra à leur tour au Rwanda », a déclaré à l’AFP le major Guillaume Ndjike, l’un des porte-parole de l’armée congolaise dans le Nord-Kivu.

« Ces soldats rwandais portaient sur eux deux armes, du matériel de transmission et de communication » au moment de leur arrestation dans le principal cimetière de Goma, à environ 500 mètres de l’aéroport, non loin de la frontière entre la RDC et le Rwanda, a ajouté l’officier.

Nous demandons au Rwanda d’agir de la même manière quand il s’agit des soldats congolais

« Nous avons agi ainsi pour montrer à la communauté internationale que nous sommes respectueux du droit humanitaire international et nous demandons au Rwanda d’agir de la même manière quand il s’agit des soldats congolais qui se retrouvent sur le sol rwandais », a-t-il ajouté.

Cet incident survient deux mois après des affrontements entre forces congolaises et rwandaises, qui se sont soldés par la mort de six militaires congolais. En cause : des divergences sur la limitation de la frontière entre les deux pays.

Autorités congolaises, Nations unies et ONG accusent régulièrement Kigali de soutenir les groupes armés locaux et étrangers qui se disputent le contrôle des matières premières dans l’est de la RDC.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC: sécurité, élections, double nationalité…Joseph Kabila devant des députés de la majorité

avril 16, 2018

 

Joseph Kabila, président de la RDC, à Kinshasa, le 29 juin 2010. © Dirk Waem/AP/SIPA

Le président Joseph Kabila a reçu lundi les députés de la Majorité présidentielle (MP) et du Parti lumumbiste unifié (Palu), pour évoquer la situation sécuritaire dans le pays et la question du processus électoral.

Pendant près de 1 h 40, le président Joseph Kabila s’est exprimé lundi 16 avril devant un parterre de députés de la Majorité présidentielle (MP) et du Parti lumumbiste unifié (Palu). La rencontre, qui n’a pas fait l’objet d’un échange avec les parlementaires, a surtout été l’occasion pour le chef de l’État congolais de revenir longuement sur la situation sécuritaire dans le pays.

« Il est apparu assez marqué, notamment au moment d’évoquer les pertes humaines lors des opérations militaires », précise à Jeune Afrique le député Patrick Muyaya, membre du Palu et présent lors de la rencontre. Sur les quatre provinces présentant des troubles à ses yeux, Joseph Kabila s’est tout particulièrement attardé sur le cas du Nord-Kivu, où « les tribus veulent chacune leur milice pour se défendre ».

« Le processus des élections sur les rails »

En revanche, le président congolais ne s’est pas épanché sur les questions relatives au processus électoral. Il n’a ainsi pas fait mention de ses intentions en vue des élections prévues le 23 décembre prochain – et pour lesquelles la Constitution l’empêche de concourir – ni même fait allusion à un éventuel dauphin.

Tout juste s’est-il contenté de réaffirmer la souveraineté de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), sans faire de commentaire sur la vive polémique autour des machines à voter. « Le processus des élections est sur les rails », a-t-il souligné, en demandant aux députés de la majorité de « ne pas avoir peur ».

« Ma position, c’est de défendre la Constitution »

Joseph Kabila a également fait mention du débat autour de la double nationalité, qui agite la scène politique congolaise depuis les révélations de Jeune Afrique sur la nationalité italienne de Moïse Katumbi pendant près de 17 ans.

« Ma position, c’est de défendre la Constitution », a-t-il déclaré en référence à l’article 10 qui dispose que « la nationalité congolaise est une et exclusive ». Cible privilégiée du régime, Moïse Katumbi fait l’objet d’une information judiciaire ouverte pour « faux et usage de faux » dans ce dossier.

Dernier point soulevé par Joseph Kabila : la tenue vendredi 13 avril de la conférence des donateurs à Genève, pour laquelle « le gouvernement n’a jamais été consulté ni sur la date ni sur l’ordre du jour ».

Jeuneafrique.com par

RDC- Affaires Katumbi: Me Dupond-Moretti va saisir de nouveau le Comité des droits de l’homme

avril 16, 2018

 

Me Éric Dupond-Moretti, avocat de l’opposant congolais Moïse Katumbi, le 2 novembre 2017, à Paris. © Christophe Ena/AP/SIPA

Me Éric Dupond-Moretti, avocat de l’opposant Moïse Katumbi, a indiqué lundi à JA qu’il s’apprêtait à ressaisir « dans les jours qui viennent » le Comité des droits de l’homme des Nations unies. Objectif : « dénoncer les nouvelles persécutions judiciaires » à l’encontre de son client.

Me Éric Dupond-Moretti en est convaincu : « Le pouvoir de M. [Joseph] Kabila veut exclure à tout prix Moïse Katumbi du processus électoral en RDC. » Mais pour ce redoutable avocat français qui a rejoint la défense de l’opposant congolais en mai 2016, il n’est pas question de rendre les armes.

Lors d’un mini-briefing organisé ce lundi 16 avril dans son cabinet du 8e arrondissement parisien, Me Dupond-Moretti a annoncé l’offensive imminente de la défense. « Nous allons ressaisir le Comité des droits de l’homme des Nations unies mais aussi la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples », a-t-il confié aux journalistes présents.

Pour l’instant, aucune date de cette double saisine n’a été communiquée. Cela interviendra « dans les jours qui viennent », s’est contenté d’avancer l’avocat de Moïse Katumbi. Il s’agira, pour la défense du candidat déclaré à la présidentielle congolaise à venir, de faire un « complément de communications » pour « dénoncer les nouvelles persécutions judiciaires » à l’encontre de son client.

Kabila cherche des poux dans la tête de Katumbi », affirme l’avocat

Début juin 2016, Moïse Katumbi avait déposé une plainte contre l’État congolais devant le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Deux semaines plus tard, celui-ci avait alors demandé aux autorités congolaises de « prendre toutes les mesures nécessaires en vue d’assurer que [Moïse Katumbi] puisse rentrer en RDC et puisse participer librement et en toute sécurité, en tant que candidat, à l’élection présidentielle ».

Me Dupond-Moretti à Kinshasa ?

Près d’une année plus tard, la recommandation du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, à travers son Comité des droits de l’homme, basé à Genève, est restée lettre morte. « Une décision importante jetée à la poubelle par le régime de M. Kabila », dénonce aujourd’hui Me Dupond-Moretti. « Mais le droit international est avec Moïse Katumbi », maintient-il avant de qualifier de « bidouillages », voire de « mascarades », toutes les affaires auxquelles son client est confronté en RDC : de la condamnation au premier degré à trois ans de prison pour spoliation immobilière, à l’ouverture d’une information judiciaire pour usurpation de la nationalité congolaise, en passant par l’affaire dite des mercenaires.

« La vérité est simple, croit-il savoir. Le pouvoir a peur de Katumbi : c’est pourquoi il ne cesse de lui chercher des poux dans la tête. » Allusion entre autres à la récente demande de fixation de la date d’audience dans le dossier du recrutement de présumés mercenaires étrangers. Le procès pourrait intervenir le 26 ou le 27 juin devant la Cour suprême de justice. « Ils sont en train de griller un degré de juridiction, en voulant replaçer l’affaire du moment où M. Katumbi était gouverneur, pour le condamner sans possibilité de faire appel et ainsi l’écarter du scrutin présidentiel », poursuit Me Dupond-Moretti.

L’avocat français n’exclut pas de se rendre « avec des observateurs étrangers » à Kinshasa, pour assister à l’instruction de cette affaire. Et « espère » que les autorités congolaises lui délivreront un Visa.

« Katumbi n’a jamais perdu la nationalité congolaise », selon son avocat

Quant à l’ouverture d’une information judiciaire fin mars à l’encontre de son client, intervenue après les révélations de Jeune Afrique sur la détention de la nationalité italienne par l’opposant Katumbi entre 2000 et 2017, Me Dupond-Moretti promet d’apporter « tous les éclaircissements au moment opportun ». En attendant, « le droit dit que Moïse Katumbi est Congolais, le régime de Kinshasa dit qu’il ne l’est pas », soutient-il.

En RDC, la législation en vigueur interdit de détenir « concurremment » la nationalité congolaise avec une autre. Mais « Katumbi n’a jamais perdu la nationalité congolaise », conclut Me Dupond-Moretti, promettant des « documents » pour soutenir sa thèse.

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Crise humanitaire en RDC: l’ONU et l’UE persistent face à Kinshasa

avril 14, 2018

 

Le secrétaire général des Nations unies Antoni Guterres à New York le 28 septembre 2017. © Bebeto Matthews/AP/SIPA

Au total 528 millions de dollars d’aide humanitaire ont été promis vendredi à Genève pour l’aide humanitaire en République démocratique du Congo lors d’une conférence des donateurs boycottée par Kinshasa, ont annoncé les trois organisateurs.

Le montant est bien inférieur aux attentes des organisateurs (Nations unies, Union européenne, Pays-Bas), qui espéraient entre 1,7 et 2,2 milliards de dollars pour aider 13 millions de Congolais dont 4,5 millions de déplacés, selon les Nations unies (230.000 selon Kinshasa).

L’ONU et les ONG font aussi état de « 7,7 millions de personnes touchées par l’insécurité alimentaire et plus de deux millions d’enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ».

« Nous sommes déçus que trop peu de pays envoient un vrai message d’espoir aux millions de Congolais qui ont désespérément besoin d’aide », a réagi le secrétaire général d’une ONG présente en RDC, Jan Egeland (Conseil norvégien pour les réfugiés).

Le patron de la branche humanitaire des Nations unies, Marck Lowcock, s’est cependant déclaré « content » du résultat de cette conférence à laquelle ont participé 54 pays.

La communauté internationale a maintenu que « la République démocratique du Congo expérimente l’une des plus graves crises humanitaires » au monde, selon les mots du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, dans un message vidéo envoyé à Genève.

« Prendre au sérieux la crise humanitaire »

Le ministre belge de la Coopération, Alexander De Croo, a lancé un appel aux « leaders congolais pour qu’ils prennent au sérieux la crise humanitaire qui sévit dans leur pays et s’attaquent aux causes intrinsèques de celle-ci ».

Une injonction qui risque de tendre un peu plus les relations entre Bruxelles et son ancienne colonie, voire ses « partenaires extérieurs » en général.

En cette année électorale, le gouvernement congolais du président Joseph Kabila, supposé quitter le pouvoir dans moins d’un an, accuse la communauté internationale d’exagérer la crise humanitaire et de faire fuir les investisseurs.

Kinshasa a très mal supporté que les Nations unies déclenche en octobre pour six mois le niveau d’alerte humanitaire 3 dans trois régions du pays (Kasaï, Sud-Kivu, Tanganyika).

Pour Kinshasa, cette classification assimile la RDC à des pays en guerre sous le feu de bombardements quotidiens comme la Syrie et le Yémen.

Le gouvernement congolais a récemment promis 100 millions de dollars pour aider sa population en détresse.

Arme de la faim

« L’ONU travaille en étroite collaboration avec le gouvernement de la RDC et des discussions sont en cours quant à l’organisation d’un événement de suivi de la conférence », assurent les organisateurs dans leur communiqué final.

En RDC, le boycott du gouvernement congolais, qui entend aussi refuser toute aide extérieure pour financer le processus électoral, aiguise les tensions.

« Cette attitude est irresponsable et criminelle. Elle relève d’un cynisme absolu (…) Kabila utilise l’arme de la faim pour maintenir son peuple sous la dictature », a accusé dans un communiqué jeudi l’opposant en exil Moïse Katumbi, candidat à l’élection présidentielle du 23 décembre.

Autre candidat de l’opposition, Félix Tshisekedi avait encouragé « les donateurs potentiels à libérer un maximum de ressources ».

Le puissant épiscopat congolais a demandé vendredi que « le soulagement de la souffrance du peuple congolais soit mis au-dessus des revendications politiques ».

Outre les quelques 1,7 milliard de dollars attendus par les organisateurs, le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) avait aussi demandé 504 millions pour les réfugiés congolais dans les pays voisins (800.000 d’ici la fin de l’année selon le HCR).

La RDC accueille aussi plusieurs centaines de milliers de réfugiés (Centrafrique, Sud-Soudan, Burundi…) en raison des déplacements croisés de population fuyant les conflits.

« Moins de 50 centimes par jour »

Ces sommes réprésentent « moins de 50 centimes par jour pour chacune des personnes dont nous essayons de protéger et sauver la vie », selon le responsable onusien Marck Lowcock.

L’immense RDC (2,3 millions de km2, neuf frontières) subit en certains points de son territoire des conflits nourris par les milices et les groupes armés, que l’armée régulière ni la mission onusienne la plus importante du monde (Monusco) ne parviennent pas à enrayer.

Dans les deux Kivus (est), des groupes armés congolais ou étrangers tuent, enlèvent et pillent. Au Tanganyika (sud-est), un conflit entre milices bantous et pygmées en 2016-2017 a fait des centaines de milliers de déplacés.

Au Kasaï (centre), la région se relève avec peine des violences entre forces de sécurité et milices politico-religieuses Kamuina Nsapu (au moins 3.400 morts et 1,4 millions de déplacés). Des tueries ont repris en Ituri.

Cette insécurité aggrave la situation des Congolais qui vivent en grande majorité dans la pauvreté, dans ce pays débordant d’énergie où la richesse des sous-sols fait la fortune de quelques-uns.

Jeuneafrique.com

Crise humanitaire en RDC: Kinshasa met en garde les ONG qui accepteraient l’aide de la Belgique

avril 13, 2018

Léonard She Okitundu, vice-Premier ministre congolais en charge des Affaires étrangères. © Vincent Fournier/JA

Refusant toujours de participer à la conférence des donateurs pour la RDC, prévue le 13 avril à Genève pour financer les actions humanitaires dans le pays, Léonard She Okitundu, ministre congolais des Affaires étrangères, menace les ONG qui accepteraient cet argent de se voir interdire de travailler dans le pays.

Le gouvernement congolais refuse toujours de participer à la conférence des donateurs sur la RDC, qui doit se tenir le 13 avril à Genève, au motif qu’il n’a pas été associé à son organisation. Il rejette en outre la quote-part d’aide humanitaire de la Belgique, qui a déjà débloqué plus de 11,6 millions de dollars sur les 18 millions promis à ce jour (sur un total de 1,68 milliard de dollars attendu à l’issue de la conférence avec les autres donateurs).

« Les ONG qui recevront cet argent ne seront pas autorisées à travailler dans notre pays », prévient Léonard She Okitundu, le chef de la diplomatie congolaise. « La Belgique a décidé de rompre de manière unilatérale sa coopération bilatérale avec nous, nous devons aller au bout de cette logique », poursuit le vice-Premier ministre. She Okitundu précise toutefois qu’il n’y a « aucune inimitié avec le peuple belge qui pourrait être compatissant envers le peuple congolais ».

Refuser de sacrifier la population congolaise serait la meilleure réponse des donateurs aux dirigeants congolais », espère un membre de l’organisation de la conférence

Principaux destinataires de la contribution belge, plusieurs agences du système onusien sont directement concernées par cette mise en garde du gouvernement congolais. Il s’agit entre autres de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), du Programme alimentaire mondial (PAM) et du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

La Belgique dans le top 10 des donateurs

À la veille de la conférence internationale des donateurs sur la RDC, 12,6 % du total attendu (1,68 milliard de dollars, soit 1,37 milliard d’euros) est déjà débloqué ou promis. Et la Belgique se retrouve bien, pour l’instant, dans le top 10 des contributeurs.

À l’inverse de Kinshasa qui appelle au boycott de la conférence de Genève – les Émirats arabes unis ont entendu l’appel des autorités congolaises -, les organisateurs de cette réunion de récolte de fonds pour la RDC espèrent que des bailleurs répondront présents et surtout mettront la main à la poche.

« Refuser de sacrifier la population congolaise sur l’autel des combats politiques serait en effet la meilleure réponse des donateurs aux dirigeants congolais », espère un membre de l’organisation de la conférence, contacté par Jeune Afrique.

RDC: un prêtre catholique assassiné après la messe par de présumés miliciens

avril 9, 2018

 

Des soldats des FARDC, à Beni, dans la province du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC, en janvier 2014. © Joseph Kay/AP/SIPA

Dans l’est de la République démocratique du Congo, des présumés miliciens ont assassiné dimanche un prêtre catholique, qui venait de célébrer la messe à Kitchanga. Il était âgé de 38 ans.

« L’abbé Étienne Sengiyumva, curé de la paroisse de Kitchanga, a été tué ce dimanche par les ‘Maï-Maï Nyatura’, à Kyahemba où il a célébré la grande messe de baptême et un mariage », a déclaré à l’AFP l’abbé Louis de Gonzague Nzabanita, vicaire général du diocèse de Goma dans la province du Nord-Kivu.

Les « Maï Maï » (groupe d’auto-défense) Nyatura sont supposés défendre les Hutus rwandophones du Nord-Kivu.

« Une balle dans la tête »

D’après le vicaire général, l’abbé Sengiyumva avait « partagé un repas avec les chrétiens et c’est juste après qu’on lui a logé une balle dans la tête », alors qu’il se préparait à retourner à Goma. La dépouille du religieux se trouve encore à Kitchanga, selon la même source.

Kyahemba est une localité du territoire de Masisi située à 87 km au sud-ouest de Goma, capitale du Nord-Kivu. En l’absence de toute présence policière et de l’armée congolaise, la zone est contrôlée par les miliciens Nyatura.

En proie à la guerre, puis à l’activité des groupes armés depuis 23 ans, le Nord-Kivu enregistre une reprise des violences depuis fin 2016-début 2017

Enlèvement d’un autre prêtre

L’assassinat du prêtre intervient après l’enlèvement vendredi d’un autre religieux, l’abbé Célestin Ngango, enlevé par des hommes armés non identifiés, avant d’être libéré contre rançon dans le territoire voisin de Rutshuru. Dans cette zone, trois autres civils enlevés ont été exécutés par leurs ravisseurs.

Une équipe de Médecins sans frontières (MSF) affirme traiter une moyenne de 57 cas de violences sexuelles par mois dans le territoire de Masisi, contre 23 en 2017.

Pour les deux Kivus, 106 meurtres, 80 enlèvements et 52 accrochages entre belligérants ont été enregistrés en février d’après le « Baromètre sécuritaire » tenu par les experts du Groupe d’études sur le Congo (GEC) de l’Université de New York.

Jeuneafrique.com avec AFP