Posts Tagged ‘RDC’

Covid-19: la RDC entre dans la sixième vague de la pandémie

novembre 26, 2022

Depuis quelques semaines, la République démocratique du Congo (RDC) connaît une augmentation de cas de covid-19, même si la létalité est légère. Pour la ministre de la Santé, Hygiène et Prévention, le Dr Jean-Jacques Mbungani, le pays est en pleine sixième vague de cette pandémie.

La présence de la sixième vague de la pandémie de la covid 19 se justifie par le fait qu’à l’approche des fêtes de fin d’année, l’on observe une affluence de personnes qui ne respectent pas toujours les gestes barrières. Un tour dans les différents lieux publics de la ville de Kinshasa l’atteste. Pour juguler cette sixième vague, le ministre Jean-Jacques Mbungani a lancé un appel aux médecins pour lever leur mouvement de débrayage en vue d’assurer la prise en charge des malades. Ce qui permettra d’éviter l’explosion des cas de personnes atteintes de la covid-19 dans les hôpitaux. La population, pour sa part, devra respecter les mesures barrières, à savoir le lavage des mains avec du savon ou l’usage du gel hydroalcoolique, le port correct de masque et le respect de la distanciation sociale.

Rappelons que depuis le début de l’épidémie déclarée le 10 mars 2020, le cumul des cas, à la date du 25 novembre, a été de 94 364, dont 94 362 cas confirmés et deux cas probables. Au total, il y a eu 83 680 personnes guéries et 1 366 décès. Il est à noter qu’à la même date, 17 nouveaux cas confirmés ont été rapportés dans deux provinces, dont 16 à Kinshasa et un à Lualaba, sur les 660 échantillons testés. Cette pandémie touche toutes les vingt-six provinces du pays et la ville de Kinshasa demeure toujours l’épicentre avec 50 451 cas positifs.

Avec Adiac-Congo par Blandine Lusimana

RDC : l’élection présidentielle fixée au 20 décembre 2023

novembre 26, 2022

Le président Félix Tshisekedi, arrivé au pouvoir en janvier 2019, a déjà exprimé son intention de se représenter.

Le siège de la Commission électorale nationale indépendante à Kinshasa. Photographie d’illustration. © JOHN WESSELS/AFP

La prochaine élection présidentielle en RDC est fixée au 20 décembre 2023, selon le calendrier annoncé officiellement samedi 26 novembre par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Après les prochaines élections, la prestation de serment du président élu aura lieu le 20 janvier 2024, a précisé l’organisation.

L’insécurité, l’un des « défis »

Cette annonce intervient alors que l’est du pays reste en proie aux violences de groupes armés, dont la rébellion du M23 qui contrôle une partie d’un territoire du Nord-Kivu. « L’insécurité persistante dans certaines parties du territoire » est un des « défis » à relever par la Ceni pour organiser un scrutin qu’elle veut « libre, démocratique, transparent », a déclaré son président, Denis Kadima, lisant le calendrier électoral au siège de la commission.

Des experts ont en outre manifesté leurs doutes sur un processus qui, selon eux, a pris « un mauvais départ ». En RDC, la présidentielle est une élection à un seul tour, couplée aux législatives, ainsi qu’aux élections des députés provinciaux et des conseillers communaux.

Tshisekedi en lice

Félix Tshisekedi a déjà exprimé son intention de se représenter. « J’ai une vision pour ce pays, je veux la concrétiser. Si le peuple veut bien m’accorder ce second mandat, je poursuivrai ma mission. Et après, je passerai la main »,déclarait-il à Jeune Afrique en août 2021.

Parmi les autres candidats possibles figure Martin Fayulu, qui continue d’affirmer avoir remporté le scrutin de 2018 et été privé de sa victoire.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

RDC – M23 : William Ruto attendu à Kinshasa alors que les combats reprennent

novembre 21, 2022

Plusieurs initiatives diplomatiques ont été lancées pour faire taire les armes. Le président kényan William Ruto doit s’entretenir ce 21 novembre à Kinshasa avec son homologue congolais Félix Tshisekedi.

Le président kényan William Ruto et le président congolais Félix Tshisekedi lors d’une visite officielle à Kinshasa, le 21 novembre 2022. © Photo by Arsene Mpiana / AFP

Signe des tensions, les offices religieux ont été brusquement écourtés ce dimanche 20 novembre dans plusieurs villages du nord-est de la RDC par l’irruption des rebelles du M23 toujours à l’offensive. Les lignes de front étaient restées calmes samedi, laissant croire que les appels à cesser-le-feu pouvaient avoir été entendus. Mais l’accalmie n’a duré qu’une journée.

« Nous étions à l’église pour le culte et le M23 a surgi en tirant beaucoup de coups de feu », a déclaré à l’AFP par téléphone un pasteur de Katwiguru, agglomération du territoire de Rutshuru située sur le front nord-est des combats entre l’armée congolaise et le « Mouvement du 23 mars ».

« Les combats font rage »

Selon Jean Bosco Bahati, un responsable de la société civile locale, les rebelles se sont emparés de plusieurs villages de la région, à quelque 35 km d’Ishasha, localité frontalière de l’Ouganda située non loin du Lac Édouard. « La population est en débandade », a-t-il témoigné. Selon un autre habitant, l’armée s’est repliée vers le Nord.

Plus au Sud, les combats ont aussi repris dimanche matin à une vingtaine de km au nord de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, au niveau de Kibumba, qui marque depuis plusieurs jours la ligne du front sud.À LIRECrise entre la RDC et le Rwanda, coups d’État… Au cœur des premiers débats du sommet de l’OIF

« Depuis ce matin les combats font rage » dans la région, a indiqué un habitant. « Trois officiers dont un colonel viennent d’être blessés dans les combats », a précisé une source sécuritaire sous couvert d’anonymat.

Il y a vingt ans jour pour jour, le 20 novembre 2012, le M23 s’était emparé de la ville de Goma, qu’il avait occupée pendant une dizaine de jours avant de se retirer et d’être vaincu l’année suivante.

William Ruto à Kinshasa

Reprochant à Kinshasa de ne pas avoir respecté ses engagements sur la démobilisation et la réinsertion de ses combattants, le mouvement a repris les armes en fin d’année dernière et étend depuis son territoire.

Sa résurgence a provoqué un regain de tension entre la RDC et le Rwanda, accusé de soutenir cette rébellion. Kigali conteste, en accusant en retour Kinshasa de collusion avec des rebelles hutu rwandais implantés en RD Congo depuis le génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda.

Plusieurs initiatives diplomatiques ont été lancées pour tenter de surmonter la crise. Le président kényan William Ruto doit avoir lundi à Kinshasa un entretien avec son homologue congolais Félix Tshisekedi.

Rencontre Tshisekedi et Kagame à Luanda

Sa visite fait suite à celle de son prédécesseur, l’ex-président Uhuru Kenyatta, désormais facilitateur de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC) pour la RDC, venu préparer une nouvelle session de pourparlers de paix prévus dans les prochains jours à Nairobi.

Vendredi soir, Uhuru Kenyatta a indiqué que le président rwandais Paul Kagame s’était joint aux appels demandant aux rebelles du M23 de cesser les combats et de se retirer des territoires qu’ils occupent.

L’EAC a par ailleurs décidé de créer une force régionale pour tenter de ramener la paix dans l’est de la RDC, en proie depuis près de trente ans aux violences de multiples groupes armés, dont le M23.

Le Kenya devrait contribuer à cette force à hauteur de 900 hommes, dont les premiers sont arrivés à Goma, où se situe le quartier général de la force.

Une autre initiative diplomatique est conduite en parallèle par le chef de l’État angolais João Lourenço, qui prévoit une nouvelle rencontre dans les prochains jours entre les présidents congolais et rwandais à Luanda.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

RDC-Présidence de la République : un numéro de téléphone pour atteindre la Maison civile du chef de l’Etat

novembre 19, 2022

Ouvert 24 heures sur 24, le numéro de téléphone spécial vise à permettre au public la vérification de certaines informations et la dénonciation des faits imputés aux pseudo  membres de la maison civile du président de la République ou de sa famille à travers le pays.

Dans un communiqué du 17 novembre signé par le chef de la Maison civile du chef de l’Etat, le Dr Bruno Miteyo Nyenge, il est mis à la disposition du public un numéro de téléphone ouvert 24 heures sur 24. Le +243 89 411 22 22 devra permettre au public, selon la Maison civile du chef de l’Etat, de dénoncer, à travers tout le territoire national, tout acte d’escroquerie, d’usurpation d’identité, de trafic d’influence, de faux en écriture commis par des pseudo membres de ladite maison ou de la famille présidentielle. Ce numéro, a indiqué le Dr Bruno Miteyo Nyenge, devra également permettre de vérifier l’identité de toute personne qui s’attribuerait l’une de ces deux qualités.

Il est, en effet, rappelé que certaines personnes, s’attribuant faussement l’identité de membre de la Maison civile du chef de l’Etat ou de sa famille mènent, à travers le pays, des activités qui n’honorent pas ces qualités. C’est donc pour mettre hors d’état de nuire à la réputation de la famille présidentielle que le chef de la Maison civile du chef de l’Etat a pris cette option de donner la possibilité au public de vérifier l’identité de quiconque se présenterait sous ces deux qualités. Ces actes décriés se commettent plus dans le domaine des affaires et dans des mines.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC : Vidiye Tshimanga face à ses juges

novembre 15, 2022

Deux mois après avoir été contraint à la démission, l’ancien conseiller spécial de Félix Tshisekedi a comparu ce lundi 14 novembre. Piégé par de faux investisseurs, il est accusé de « corruption passive », de « trafic d’influence » et d’« offense au chef de l’État ».

Capture d’écran de la vidéo diffusée par le journal « Le Temps », et mettant en cause Vidiye Tshimanga. © YouTube/ « Le Temps »

Ancien conseiller spécial du président Félix Tshisekedi pour les questions stratégiques, Vidiye Tshimanga, 46 ans, est poursuivi pour « corruption passive », « trafic d’influence » et « offense au chef de l’État », selon l’acte d’accusation.

Dans la tourmente depuis la publication, le 15 septembre, par le journal suisse Le Temps, de vidéos qui le montrent en train de négocier de l’argent auprès de pseudo-investisseurs dans le secteur minier, Vidiye Tshimanga a comparu en personne, assisté de huit avocats, lors de la première audience devant le tribunal de paix de Kinshasa-Gombe.

« Sans plainte, ni victime »

À l’ouverture du procès, la défense a souligné des exceptions de procédure, dont « l’inconstitutionnalité » de « l’offense au chef de l’État » et « l’incompétence territoriale » du tribunal à juger des actes qui, selon elle, se sont passés en dehors de la RDC. « Sans plainte, ni dénonciation », « sans victime », Vidiye Tshimanga a été déféré devant le tribunal pour « des faits prétendument commis à l’extérieur du territoire », a déclaré Me Arthur Bomana, président du collectif des avocats de l’accusé. L’ex-conseiller est victime d’un « acharnement » du parquet, a insisté sa défense, qui a appelé le tribunal à se déclarer incompétent.

Le procureur, lui, a soutenu que les faits de corruption avaient été commis par vidéoconférence alors que Vidiye Tshimanga se trouvait bel et bien sur le territoire national. « La victime, c’est l’État congolais, c’est la société congolaise. [Avec cette affaire], tous les Congolais ont vu le népotisme au sommet de l’État », a réagi Raymond Kalonda. Dans la vidéo, l’ex-conseiller insiste sur sa proximité avec Félix Tshisekedi, indiquant notamment avoir participé au financement de sa campagne électorale en 2018.

Au terme des débats, l’affaire a été mise en délibéré. Le tribunal a prévu de rendre sa décision dans les dix jours à venir.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

M23 en RDC : violents combats à l’artillerie sur fond d’initiatives diplomatiques

novembre 12, 2022

L’armée congolaise et les rebelles du M23 continuaient de s’affronter ce vendredi dans l’est du pays, tandis que le président angolais, João Lourenço, attendu ce samedi à Kinshasa, arrivait au Rwanda pour rencontrer Paul Kagame.

Patrouilles dans la zone de Kibumba attaquée par les rebelles du M23 lors d’affrontements avec l’armée congolaise, près de la ville de Goma dans l’est de la RDC, en juin 2022. © Guerchom Ndebo / AFP

Le président angolais, João Lourenço, est arrivé ce vendredi au Rwanda pour rencontrer son homologue Paul Kagame. Il est attendu samedi à Kinshasa pour y rencontrer le président de la RDC, Félix Tshisekedi, a annoncé la présidence congolaise. Alors que João Lourenço continue de chercher une solution diplomatique à la crise entre Kinshasa et Kigali, de violents combats ont opposé, ce vendredi 11 novembre, l’armée congolaise aux rebelles du M23 dans l’est du pays.

Dès le matin, des habitants du territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu, se sont réveillés au son des tirs d’artillerie de l’armée congolaise contre des positions du M23, trois jours après des frappes menées par des avions Sukhoï-25 et des hélicoptères de combat Mi-24. L’un de ces habitants a fait état de combats à Rugari, localité située à environ 30 km au nord de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, qui marque depuis quelques jours la ligne de front entre les forces armées et le M23.

Selon lui, les combats ont encore une fois provoqué la fuite de la population. « Je suis à Rumangabo [à 10 km au nord de Rugari], d’où nous entendons le bruit des bombes », a-t-il dit. Les tirs d’artillerie partaient du sud, de Kibumba, également sur la route nationale 2 desservant Goma, a précisé un autre habitant. Un char de combat et un camion de l’armée transportant des munitions ont été vus à la sortie de la ville, se dirigeant vers la zone des combats. « Les combats continuent à Rugari, nous progressons vers Rumangabo », a confirmé une source sécuritaire.

Des sources hospitalières ont fait état d’au moins 5 civils tués, dont deux jeunes enfants, et 11 blessés par les combats de ce vendredi 11 novembre. Dans l’après-midi, la fourniture en électricité de Goma, cité de plus d’un million d’habitants, a été perturbée après qu’une ligne reliant la ville à la centrale hydroélectrique de Matebe a été touchée par les combats, a indiqué son exploitant, Virunga Energies. Par ailleurs, le Programme alimentaire mondial (PAM) a déploré le pillage de cantines scolaires qu’il soutient dans des écoles de Rutshuru-centre et Kiwanja, deux localités sous contrôle rebelle.

Feuille de route

Le Mouvement du 23 mars (M23), qui a repris les armes fin 2021, a conquis plusieurs localités du territoire de Rutshuru, dont Bunagana, à la frontière avec l’Ouganda. Après plusieurs semaines d’accalmie, les rebelles ont repris l’offensive le 20 octobre et étendu leur emprise vers l’ouest, occupant des localités sur la route nationale 2, que l’armée tente maintenant de reprendre.

Sa résurgence a provoqué un regain de tension entre la RDC et le Rwanda, accusé par Kinshasa depuis le début de l’année de soutien actif à cette rébellion. Un rapport confidentiel de l’ONU pointait une implication du Rwanda auprès du M23 et des dirigeants américains ont également évoqué l’aide des Forces de défense rwandaises au M23. Mais le Rwanda dément et accuse en retour la RDC – qui nie elle aussi – de collusion avec les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), un mouvement de rebelles rwandais.

Plusieurs initiatives diplomatiques ont été lancées pour tenter de surmonter la crise. L’une d’elles est conduite par le chef de l’État angolais, João Lourenço, qui préside la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Celui-ci est arrivé vendredi au Rwanda pour rencontrer son homologue Paul Kagame, et est attendu samedi à Kinshasa pour y rencontrer le président Félix Tshisekedi, suivant la feuille de route qui avait été établie lors d’un sommet négocié par l’Angola entre Paul Kagame et Félix Tshisekedi en juillet pour mettre fin aux hostilités.

Le parlement kényan a par ailleurs approuvé mercredi le déploiement de quelque 900 soldats dans le cadre d’une force régionale est-africaine pour stabiliser l’est la RDC, en proie depuis près de trois décennies aux violences de groupes armés, dont le M23. L’ancien président kényan Uhuru Kenyatta, facilitateur désigné par la Communauté des États d’Afrique de l’Est, est quant à lui attendu à Kinshasa dimanche pour « une visite de travail de 48 heures », a également annoncé la présidence de RDC.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

RDC : le football congolais secoué par une vaste affaire de pédophilie

novembre 8, 2022

C’est une investigation menée par un journaliste indépendant qui a révélé l’existence d’un système pédocriminel. La Fédération congolaise de football a annoncé l’ouverture d’une enquête.

Image d’illustration. Au centre sportif de Red Eagles Joli Site, à Lubumbashi, le 12 juin 2022. © Nicolas Maeterlinck / Belga Mag / Belga via AFP

Si les faits sont avérés, c’est un vaste système pédocriminel qui vient d’être mis à jour en RDC. Les accusations sont en tous cas suffisamment sérieuses pour que la Fédération congolaise de football (Fecofa) annonce l’ouverture d’une enquête et décide, le 7 novembre, de suspendre à titre préventif six personnes concernées – des entraîneurs ou des membres du personnel encadrant pour la plupart.

Tout a commencé avec l’enquête menée par le journaliste français Romain Molina. En février dernier, il avait déjà révélé des faits similaires dans les colonnes du quotidien britannique The Guardian. À l’époque, c’est la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) qui avait été visée et le scandale avait conduit à l’incarcération de Pierre-Alain Mounguengui, le président de la fédération, soupçonné d’avoir couvert des actes de pédophilie. 

Cette fois-ci, direction la RDC, donc. Notre confrère a bouclé une nouvelle enquête, publiée début novembre par Sport News Africa. Il a recueilli les propos de nombreuses victimes, mais aussi de joueurs, d’anciens joueurs ou d’entraîneurs, dont certains ont d’ailleurs tenté d’alerter les plus hautes instances du football congolais, sans succès. Ces témoignages esquissent les contours d’un vaste système qui a perduré pendant près d’une vingtaine d’années.

Lanceur d’alerte

Pourtant, selon Romain Molina, la Fecofa a été informée dès décembre 2020. C’était lors d’un tournoi disputé par la sélection des moins de 20 ans en Guinée équatoriale. À en croire le journaliste, Papy Kimoto, un ancien international congolais devenu l’entraîneur de l’équipe de Saint Éloi Lupopo, a interpellé Théo Binamungu, l’ex-secrétaire général de la Fecofa, après avoir appris que des jeunes joueurs étaient victimes d’abus sexuels. Mais sans que cela ne suscite de réaction à la fédération.

IL Y A DES GENS QUI ONT ACCEPTÉ DE PARLER ET DES VICTIMES QUI SONT PRÊTES À ALLER PLUS LOIN ET À PORTER L’AFFAIRE EN JUSTICE

Le journaliste s’attarde notamment sur le cas de Bertin Kisamba Makuzueto, l’ancien entraîneur du RC Kinshasa, toujours influent dans le football congolais. Selon l’une des sources citées dans son enquête, Makuzueto avait pour habitude d’exercer un chantage sexuel sur les joueurs. « Il fallait coucher pour jouer », résume l’un d’entre eux, cité dans l’enquête. Le club de Saint Éloi Lupopo, où Bertin Kisamba Makuzueto était coach adjoint, aurait été prévenu, mais n’aurait pas pris la moindre décision.

Bertin Kisamba Makuzueto fait partie des personnalités suspendues en début de semaine par la Fecofa, tout comme Cédric Dongo Epapa. Lui aussi est soupçonné de s’être rendu coupable d’actes de pédophilie, comme le révèlent des messages envoyés à un mineur de 16 ans sur Facebook. Deux entraîneurs de la ville de Lemba sont également épinglés : Jonathan Buka et Alain Kandudi – eux avaient déjà été incarcérés pour des faits d’agression sexuelle sur des mineurs mais avaient pu reprendre leurs activités dans le football une fois libérés.

ON PARLE D’UN SYSTÈME TENTACULAIRE, ET ENCORE ON NE SAIT PAS TOUT !

Guy Roger Limolo, qui a dirigé des clubs de Ligue 1, est également cité, ainsi que Tifo Miezi. « Ce qui est ahurissant, c’est que ces individus, dont tout le monde dans le football congolais connaît les pratiques, puissent encore exercer, résume Romain Molina. J’ai enquêté pendant un an et demi et j’ai compris que beaucoup de gens savaient, mais que cela devait rester secret. Heureusement, il y a des gens qui ont accepté de parler et des victimes qui sont prêtes à aller plus loin et à porter l’affaire en justice. On parle d’un système tentaculaire, et encore on ne sait pas tout ! »

Sanctions

La Fecofa a confié l’enquête à une commission indépendante. « Nous avons décidé également d’ouvrir une ligne téléphonique, si des victimes souhaitent se faire connaître », a confirmé Belge Situtala, son secrétaire général. Devant l’ampleur du scandale, le ministre congolais des Sports, Serge Nkonde, a tenu le lundi 7 novembre une séance de travail avec la Fecofa et la Ligue nationale de football (Linafoot) sur la question de la pédophilie dans le milieu sportif. Trois jours plus tôt, il avait assuré que des sanctions sévères seraient prises en cas de culpabilité avérée.

ON PEUT IMAGINER QUE LE NOMBRE DE VICTIMES EST COLOSSAL

« Il y a une volonté étatique de bouger et de s’impliquer, c’est plutôt positif, réagit Romain Molina. On peut imaginer que le nombre de victimes, et pas seulement dans le football, est colossal. Pendant des années, les instances n’ont pas réagi. Et qu’on ne vienne pas dire que la Fecofa n’était pas au courant. »

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Est de la RDC : des centaines de jeunes prêts à intégrer l’armée pour combattre le M23

novembre 5, 2022

Des centaines de jeunes Congolais se sont portés volontaires pour s’enrôler dans l’armée et combattre les rebelles du M23 qui gagnent du terrain dans l’est de la RDC.

Des centaines de personnes déplacées ont fui l’avancée de la rébellion du M23 et marchent le long de la route nationale à Kanyaruchinya, le 2 novembre 2022. © ALEXIS HUGUET / AFP

Dans un message à la nation, le président Félix Tshisekedi avait renouvelé jeudi 3 novembre son appel aux jeunes Congolais qui en ont la vocation « à s’enrôler massivement » dans l’armée pour combattre la rébellion du « Mouvement du 23 mars »(M23).

« Depuis ce matin (samedi), nous sommes au-delà de 800 jeunes garçons et filles qui ont répondu présents à l’appel du chef de l’État », a déclaré à l’AFP le colonel Ndakala Faustin, directeur chargé du recrutement au sein de l’armée dans la province du Nord-Kivu.

« Mobilisation générale »

L’officier confirmait une information partagée sur les réseaux sociaux avec des images montrant des centaines de jeunes rassemblés dans un centre de recrutement, en train de faire des exercices physiques.

« C’est une mobilisation générale de la jeunesse du Nord-Kivu », s’est-il félicité, indiquant que dans la partie nord de la province, « 2 018 jeunes » ont rejoint un camp de formation à Beni et « attendent leur enregistrement ». « Ceux qui seront aptes vont aller au centre d’instruction, s’il veulent devenir militaires, ils vont servir après l’agression (du M23), parce que je suis sûr que nous allons bouter l’ennemi dehors » d’ici-là, a-t-il ajouté.

Vives tensions entre la RDC et le Rwanda

La tension est vive entre Kinshasa et Kigali depuis la résurgence, fin 2021, du M23, une ancienne rébellion tutsi qui a repris les armes en reprochant à la RDC de ne pas avoir respecté des accords sur la démobilisation de ses combattants. Kinshasa accuse Kigali de soutenir cette rébellion, ce que le Rwanda conteste.

Après plusieurs semaines d’accalmie, le M23 est à l’offensive depuis le 20 octobre et a gagné du terrain tandis que les Forces armées congolaises (FARDC) tentent de lui barrer la route vers Goma, ville de plus d’un million d’habitants et chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

Ce regain des tensions entre les deux pays des Grands Lacs inquiète la communauté internationale, qui a appelé à l’arrêt immédiat des combats et au retrait du M23 des zones occupées. Samedi, les ministres des Affaires étrangères de RDC et du Rwanda sont arrivés à la présidence angolaise pour une nouvelle médiation.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

RDC : Félix Tshisekedi appelle la jeunesse à la mobilisation face au M23

novembre 4, 2022

Dans une allocution télévisée, le président congolais a appelé ce jeudi 3 novembre la jeunesse de son pays à « s’organiser en groupes de vigilance » face au M23 qui, a-t-il réaffirmé, bénéficie de « l’appui du Rwanda ».

Le président Félix Tshisekedi (ici le 8 avril 2022) a fait une allocution télévisée ce jeudi soir. © Tchandrou Nitanga/AFP

Dans un message à la nation diffusé par la télévision nationale, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a appelé ce jeudi soir « la jeunesse » de son pays à « s’organiser en groupes de vigilance » face à la rébellion du M23.

« La guerre qui nous est imposée […] exige des sacrifice », a-t-il déclaré, en appelant ses compatriotes à « taire [leurs] divergences » pour faire front. « La nation a besoin de l’engagement de toutes ses filles et de tous ses fils », a poursuivi le président.

« En réponse à la forte demande de la jeunesse, a-t-il continué, j’invite celle-ci à s’organiser en groupes de vigilance en vue d’appuyer, d’accompagner et de soutenir nos forces armées ». Il a aussi « renouvelé » son appel aux jeunes qui en ont la vocation « à s’enrôler massivement » dans l’armée.

Tension entre Kinshasa et Kigali

Le Rwanda a « des velléités expansionnistes, avec comme intérêt principal l’appropriation de nos minerais », a-t-il accusé lors de cette même allocution.

« Pour ce faire, il s’active à déstabiliser l’est du Congo pour créer une zone de non-droit en vue d’assouvir ses appétits criminels », a poursuivi le président, déplorant que les différentes initiatives diplomatiques engagées pour apaiser les tensions n’aient abouti à « aucun résultat tangible ».

La tension est particulièrement vive entre Kinshasa et Kigali depuis la résurgence, fin 2021, du M23 (Mouvement du 23 mars), qui a repris les armes en reprochant à Kinshasa de ne pas avoir respecté des accords sur la démobilisation de ses combattants.

Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir cette rébellion, ce que Kigali conteste en accusant en retour la RDC de collusion avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda. « Fallacieuse accusation », a martelé Félix Tshisekedi.

Ambassadeur expulsé

Il a cependant demandé aux Congolais de « ne pas céder aux propos xénophobes et autres discours de haine ou de stigmatisation des communautés rwandophones ».

Après plusieurs semaines d’accalmie, la rébellion du M23 est à l’offensive depuis le 20 octobre dans le territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu, où elle s’est emparée de plusieurs localités sur un axe routier stratégique desservant Goma.

L’ambassadeur du Rwanda vient d’être expulsé par la RDC, qui a aussi annoncé en début de semaine le rappel de son chargé d’affaires à Kigali.

Par Jeune Afrique (avec AFP

RDC-Kinshasa/Tragédie au concert de Fally Ipupa : à peine le deuil, les accusations

novembre 3, 2022

Cinq jours seulement après une dizaine de décès au stade des Martyrs de Kinshasa, la police et les organisateurs se rejettent la responsabilité.

© Damien Glez

Décontenancé face à n’importe quel décès inopiné, chacun est particulièrement désorienté lorsque les circonstances de la tragédie étaient censées être festives. Les réjouissances collectives offrent le charme de la communion, mais convoquent également le risque des bousculades mortelles, comme à la dernière Coupe d’Afrique des nations – 8 morts au stade d’Olembe à Yaoundé – ou à la dernière fête d’Halloween – plus de 150 morts à Séoul. Pas besoin de confrontation de supporters antagonistes ni de l’envie de se faire peur : les grand-messes musicales n’échappent pas toujours au pire…

Ce samedi 29 octobre, à l’occasion d’un concert de Fally Ipupa à Kinshasa, une bousculade provoquait directement la mort de neuf civils par étouffement, dans une enceinte a posteriori tristement bien nommée : le stade des Martyrs. À cette macabre statistique, les autorités ont ajouté le décès de deux policiers. Un agent était retrouvé dans l’enceinte du stade, suite à son suicide. Après un malaise, un commissaire supérieur adjoint trouvera la mort, à son domicile, le lendemain du concert dont on lui avait confié la sécurisation.

Plus de 10 000 faux billets

Après les « plus sincères condoléances » exprimées par Fally Ipupa et bien avant que le temps du deuil ne soit strictement expiré, les différents acteurs du drame « devancent l’iguane dans l’eau ». Avant que les enquêteurs ne rendent les conclusions de leurs premiers procès-verbaux, chacun semble déjà se dédouaner.

Trop de spectateurs ou pas assez de forces de l’ordre ? Le chef de la police de Kinshasa évoque plus de 120 000 mélomanes dans un stade d’une capacité de 80 000 places assises. Un trop-plein qui aurait été encore plus problématique si la police n’avait pas ordonné l’interdiction d’accès à ce « Joola » à sec, vers 18 heures, après constatation que l’enceinte était déjà saturée…

DES POLICIERS AURAIENT LAISSÉ ENTRER DES SPECTATEURS SANS BILLETS, MOYENNANT UNE RÉTRIBUTION SOUS LE TREILLIS

La justice a donc ouvert un dossier judiciaire contre les organisateurs. Mais ces derniers tentent de détourner le doigt accusateur, d’abord vers des contrefacteurs qui auraient disséminé plus de 10 000 faux billets, ensuite vers les policiers eux-mêmes. Les programmateurs du concert accusent non seulement les forces de l’ordre d’avoir mobilisé moins d’agents qu’initialement prévu, mais aussi certains policiers d’avoir contribué à la saturation en laissant entrer des spectateurs sans billets, moyennant une rétribution sous le treillis. Procédure judiciaire contre procédure judiciaire, les organisateurs ont porté plainte contre X.

Triste marche funèbre en conclusion d’un concert d’ « ambiance facile », dans une République démocratique du Congo déjà largement endeuillée dans l’Est de son territoire…

Avec Jeune Afrique

Damien Glez

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.