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RDC/Meurtre des experts de l’ONU : la Cour militaire autorise la comparution de Sonia Rolley

mars 2, 2021

Cette Cour dit attendre de la journaliste de la Radio France internationale (RFI), d’«aider l’humanité en mettant à la disposition de la justice congolaise des éléments dont elle aurait des preuves » au sujet de cet assassinat.

Sonia Rolley /RFI

La Cour militaire de l’ex-Kasaï-Occidental vient d’autoriser la comparution de la journaliste du service Afrique de RFI, Sonia Rolley, comme renseignant dans le procès des présumés meurtriers des experts de l’ONU au Kasaï. Cette autorisation, note radiookapi.net, a été demandée par le ministère public, qui pense que la journaliste pourrait « éclairer » la Cour militaire sur ce qu’elle sait de ce meurtre.

Dans sa sollicitation, le ministère public, le général Muwau a, en effet, rappelé que le journaliste de RFI, accréditée à Kinshasa au moment du meurtre des deux experts de l’ONU, de Zaida Catalan et Michael Sharp, tués en mars 2017 au Kasaï, avait réalisé beaucoup de reportages relatifs à ce meurtre.

Et de faire savoir que la journaliste avait également discuté avec l’une des personnes accusées d’avoir participé à ce meurtre, Jean Bosco Mukanda. «Sonia Rolley a fait beaucoup de reportages sur ce meurtre. Elle a parlé avec Jean Bosco Mukanda. Au lieu de dire des choses en dehors du prétoire, qu’elle vienne le dire ici », a-t-il argumenté. Pour lui, « ne pas vérifier ce que Sonia Rolley dit, on dira que la justice militaire a évité d’affronter la vérité ».

Accédant à la demande du ministère public, le président de céans a indiqué que la Cour s’était fait le devoir d’inviter la journaliste « afin qu’elle puisse aider l’humanité en mettant à la disposition de la justice congolaise des éléments dont elle aurait des preuves ». La source indique qu’en plus de Sonia Rolley, la Cour a également autorisé la comparution de Gabriel Ilunga et  pasteur Charles Boniface, responsable d’une radio émettant de Kananga.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza 

RDC-Diplomatie : les dépouilles de Luca Attanasio et de son garde du corps rapatriés en Italie

février 24, 2021

Les corps inertes de l’ambassadeur italien et de son garde du corps, tués le 22 février, lors d’une attaque à Nyrangongo au Nord-Kivu, sont arrivés à Rome en Italie, le  24 février par l’aéroport militaire de Ciampino. Elles ont été réceptionnées par le Premier ministre italien Mario Draghi. 

mediacongo.net - Actualités - Attaque d'un convoi du PAM à Nyiragongo :  l'ambassadeur italien Luca Attanasio est décédé des suites de ses blessures

L’ambassadeur italien Luca Attanasio

Auparavant, une délégation du cabinet du chef de l’État s’était rendue quelques heures plus tôt à Goma pour rendre les derniers hommages à l’ambassadeur Luca Attanasio. Ce dernier et son aide de camp, Vittorio Lacovacci, ont reçu les hommages des autorités congolaises au cours d’une sobre cérémonie non autorisée aux médias.

Le gouverneur du Nord-Kivu, Carly Nzanzu Kasivita, et le conseiller principal du chef de l’Etat au collège diplomatique, M. Boshiri, se sont recueillis devant les  deux cercueils enveloppés de drapeaux italiens exposés sous une tente au cœur du dispositif militaire de la Monusco à leur terminal de l’aéroport international de Goma. Après  avoir déposé deux gerbes de fleurs au nom du chef de l’Etat, Felix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, les deux personnalités ont échangé quelques mots avec les délégués du gouvernement italien venus pour assurer le rapatriement de leurs compatriotes. Le gouverneur de province a remis le message de condoléances de sa province aux officiels italiens.

Un gros porteur de l’armée de l’air italienne a atterri en milieu de la journée à Goma avec, à son  bord, une dizaine d’officiers militaires. Visiblement émus, les  délégués italiens se sont opposés à toute cérémonie d’hommage aux deux illustres disparus. Aucune prise d’images n’a été autorisée et le lieu de l’exposition des dépouilles mortelles n’a pas été accessible aux autres autorités provinciales civiles et militaires. L’avion militaire de l’armée de l’air italienne a décollé le même jour en direction de  Rome.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC-Retombées du décès de Luca Attanasio : les déplacements des diplomates soumis à une autorisation préalable

février 24, 2021

Désormais, tout déplacement d’un diplomate en poste à Kinshasa dans l’arrière-pays est dorenavant soumis à une autorisation préalable du gouvernement. 

C’est l’une des grandes décisions prises par le Conseil de sécurité présidée, le 23 février, par le chef de l’Etat, Felix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à la suite du meurtre de l’ambassadeur d’Italie en RDC, Luca Attanasio.  L’autre décision  est le ferme engagement  du gouvernement congolais de renforcer la sécurité dans les zones rouges. Tous les responsables des services de défense et sécurité réunis autour du commandant suprême des forces armées ont également pris l’engagement de tout mettre en œuvre,  afin de rechercher, trouver et traduire devant la justice les coupables  de ce crime.

Ces décisions résultent de plus de deux heures d’analyse de la situation dramatique  survenue à Kibumba, dans le Nord-Kivu. Depuis lundi, le chef de l’Etat a ordonné  des recherches approfondies des responsables du meurtre du diplomate italien. Une délégation est arrivée à Goma, le même mardi, pour suivre de près les instructions du chef de l’Etat.

Un autre émissaire du chef de l’Etat était attendu le  24 février à Goma. Le mardi en matinée, le couple présidentiel est allé exprimer sa compassion et réconforter la famille éplorée de l’ambassadeur  Luca Attanasio.

Enfin, il est à préciser que la délégation du PAM se rendait de Goma, à Nyrangongo (Nord-Kivu) pour visiter un programme d’alimentation scolaire de cet organisme à Rutshuru, une route qui avait auparavant été autorisée à voyager sans escorte de sécurité. Cet axe routier avait, en effet, été déclaré  « ligne verte » par le département des Nations unies chargé de la sécurité et la sûreté pour l’ensemble des organismes des Nations unies.

A en croire maints observateurs, il s’agit-là d’un acte criminel, dont les auteurs sont à rechercher ailleurs, plutôt que dans les seuls rangs des groupes armés, car on n’y trouve presque plus sur cette zone. Toutefois, les enquêtes sont en cours pour déterminer les vrais auteurs de l’assassinat du diplomate italien.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso: 

[Chronique] Joseph Kabila privé de sa Garde républicaine : un ex-roi nu ?

février 24, 2021
Damien Glez

Est-ce l’ultime passe d’armes entre l’ancien président et son successeur ? Alors que la Garde républicaine qui assurait la sécurité de Joseph Kabila est remplacée par des policiers, certains dénoncent une désacralisation de l’ex-chef de l’État.

Machiavel machiavelisé ? Au jeu du « je te tiens, tu me tiens par la barbichette », le clan du président Félix Tshisekedi excelle et assène des coups symboliques à l’ancien régime. Beaucoup d’observateurs riaient pourtant sous cape quand le Medvedev congolais décida de s’émanciper de son Poutine local. À l’issue de la dernière présidentielle, le chef de l’État élu apparaissait comme le bénéficiaire d’une alternance en trompe-l’œil, tout comme le candidat de l’ancien régime, Emmanuel Ramazani Shadary, ressemblait, a posteriori, à un dauphin en carton-pâte.

Dans l’ombre, aux manettes d’une majorité censément solide, confortablement installé dans son fauteuil de sénateur à vie, l’impénétrable Joseph Kabila attendait que le pouvoir lui revienne comme un boomerang.

Cheval de Troie

Mû par un regain d’orgueil, l’élu déploya patiemment sa stratégie : un cheval de Troie dans le cheval de Troie d’une majorité kabiliste qu’on croyait verrouillée. Deux ans après son accession à la magistrature suprême, au tournant de l’année 2020 et au début de 2021, « Fatshi » a fissuré patiemment le clan de son allié de circonstance.

Après avoir obtenu le départ de la présidente de l’Assemblée nationale, une majorité d’« Union sacrée de la nation » de 391 députés et le changement de Premier ministre, il restait à Tshisekedi quelques mesures symboliques à prendre, qui frisent l’humiliation de son prédécesseur…

CELUI QUI RÉGNA SUR LA RDC PENDANT DIX-HUIT ANS SERA DÉSORMAIS GARDÉ PAR 75 « SIMPLES » POLICIERS…

Quelques jours auparavant, plusieurs centaines de Gardes républicains qui protégeaient Joseph Kabila et l’ensemble des lieux où évoluait sa famille proche ont été rapatriés dans leur unité d’origine.

Il y a deux semaines déjà, à Kinshasa, étaient enlevés les barrières, voitures blindées et chars qui empêchaient l’accès au monument érigé en hommage à Laurent-Désiré Kabila et à la rue kinoise où se situe la résidence du « président honoraire » et « sénateur à vie » Joseph Kabila. Celui qui régna sur la RDC pendant dix-huit ans sera désormais gardé par 75 « simples » policiers…

Kabila désacralisé

Bien entendu, les tshisekedistes ont beau jeu de rappeler que la loi affecte la Garde républicaine à la seule protection du chef de l’État en exercice. Il n’empêche. La figure de Kabila est d’autant plus désacralisée que des badauds curieux peuvent désormais faire des selfies à proximité de sa porte d’entrée. Ce week-end, à Lubumbashi, le départ des Gardes républicains affectés aux propriétés de l’ancien président a même suscité des rumeurs…

À MALIN, MALIN ET DEMI ?

Reste à savoir si la guéguerre entre le fils d’Étienne et celui de Laurent-Désiré sera une partie de billard français à trois bandes. À malin, malin et demi ? Toujours jeune pour un dirigeant politique, Joseph Kabila sortira-t-il un ultime tour de sa besace politicienne ? Il aurait quitté sa ferme de Lubumbashi pour chercher l’inspiration en Zambie puis aux Émirats arabes unis. Objectif 2023 ?

Avec Jeune Afrique par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Meurtre de l’ambassadeur de l’Italie en RDC : le Mouvement des Indignés relève l’urgence de la mise en place d’une force neutre

février 22, 2021

Pour ce mouvement citoyen, c’est la présence des armées étrangères et des mouvements rebelles dans cette partie du pays qui y intensifie les tueries, qui vont jusqu’à atteindre les diplomates en visite régulière dans le coin.

Photo: l’ambassadeur Lucca Attanasio/Adiac.

S’appuyant sur le meurtre de l’ambassadeur de l’Italie en République démocratique du Congo (RDC), Luca Attanasio, dans le Nord-Kivu, le Mouvement des indignés de la situation sécuritaire en RDC (Miss-RDC) appelle à la mise en place urgente d’une force neutre dans cette partie du pays.

Ce mouvement dit, par ailleurs, regretter que rien ne soit fait pour mettre fin à l’insécurité dans la région. Le Miss-RDC, qui dénonce l’insécurité et les tueries des populations civiles dans cette partie du pays, rappelle-t-on, mène des plaidoyers qui appellent notamment le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, à réaliser ses promesses de campagne dont l’installation de son Etat-major dans l’est du pays, afin de mettre fin à cette situation chaotique qui dure depuis plus de deux décennies. Ce mouvement citoyen et d’autres  organisations demandent le départ de la mission onusienne, la Monusco, qu’ils accusent de complicité ou de passivité dans la situation d’insécurité dans cette partie de la RDC.

Dans ses plaidoyers, le Miss-RDC recommande également la purge au sein de l’armée afin d’y extirper les officiers affairistes et tous ceux qui sont impliqués dans la situation d’insécurité dans l’est du pays.

Le mouvement s’attend donc à ce que le meurtre de l’ambassadeur d’Italie en RDC conduise les autorités congolaises et la communauté internationale à prendre une fois pour toute, une décision en vue d’enrayer l’insécurité dans cette partie du pays. « Cela doit être la goutte d’eau qui déborde le vase », indique un autre activiste de mouvement citoyen.

Dans une courte vidéo, la ministre congolaise en charge des Affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza, qui s’est rendue à la résidence de l’ambassadeur Lucca Attanasio pour réconforter sa famille, a fait une promesse ferme du gouvernement congolais de tout mettre en œuvre pour découvrir les auteurs de ce meurtre. « C’est avec peine et beaucoup de tristesse que nous venons d’apprendre le décès du jeune ambassadeur Italien ici chez nous en RDC dans un convoi du PAM. Je promets au gouvernement italien que le gouvernement de mon pays mettra tout en œuvre pour découvrir qui est à la base de cet ignoble meurtre », a-t-elle déclaré.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC: l’ambassadeur d’Italie tué dans l’Est, théâtre de conflits oubliés

février 22, 2021

L’ambassadeur d’Italie en République démocratique du Congo (RDC) a été tué lundi lors d’une attaque dans la province orientale du Nord-Kivu, rappelant amèrement à la communauté internationale les conflits souvent oubliés qui ravagent depuis 25 ans l’Est du pays.

L’ambassadeur Luca Attanasio, 43 ans, « est décédé des suites de ses blessures » par balles, a déclaré à l’AFP une source diplomatique de haut rang à Kinshasa. 

Le ministère italien des Affaires étrangères a confirmé peu après, en faisant part de sa « profonde tristesse ».

En visite de terrain avec le Programme alimentaire mondial (PAM) au nord de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, l’ambassadeur et son convoi ont été pris pour cible par des hommes armés non-identifiés vers 10H15 (09H15 GMT), selon le diplomate de haut rang.

Gravement « blessé par balles à l’abdomen », l’ambassadeur a été évacué vers un hôpital à Goma « dans un état critique », avant de succomber à ses blessures, a-t-il précisé à l’AFP.

Deux autres personnes ont également été tuées pendant l’attaque du convoi, a indiqué de son côté à l’AFP le major Guillaume Djike, porte-parole de l’armée dans la région du Nord-Kivu. 

Les deux autres victimes seraient le chauffeur congolais et le garde du corps de l’ambassadeur, d’après plusieurs sources.

L’ambassadeur voyageait en voiture « dans un convoi de la Monusco », la mission des Nations unies présente en RDC depuis plus de vingt ans, précise le communiqué du ministère italien.

Les victimes étaient dans un convoi de deux véhicules du PAM, sans présence de la Monusco, a indiqué pour sa part une source de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco).

Le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, qui se trouvait à Bruxelles pour une réunion avec ses homologues européens, a annoncé son retour anticipé à Rome.

Le président du Conseil européen Charles Michel s’est déclaré « choqué par l’attaque d’un convoi » et « les vies perdues »

« L’UE restera aux côtés de la RDC et sa population » pour la « sécurité et la paix », a-t-il ajouté sur Twitter en présentant en italien ses condoléances à la famille. 

– Dizaines de groupes armés –

Luca Attanasio était ambassadeur en RDC depuis octobre 2019, après être arrivé dans le pays deux ans plus tôt en tant que chef de mission, selon sa biographie officielle.

Il était entré dans la carrière diplomatique fin 2003, après des études de commerce à l’Université milanaise Luigi Bocconi. 

Il avait démarré à la direction des Affaires économiques, avant de travailler sur les questions africaines et la coopération internationale. 

A l’étranger, il fut d’abord chef de la section économique et commerciale auprès de l’ambassade de Berne (2006-2010), puis consul général à Casablanca au Maroc (2010-2013). Après un passage à Rome, il était aussi devenu conseiller à l’ambassade d’Italie au Nigeria en 2015.

L’attaque contre ce convoi du PAM a eu lieu dans le territoire de Nyiaragongo, au nord de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu en proie à la violence de dizaines de groupes armés depuis plus de 25 ans.

A proximité des lieux du drame, se trouvent les fiefs de la rébellion hutu rwandaise FDLR et des milices hutu congolaises Nyatura. Des rebelles congolais du M-23 sont également localisés dans la zone d’après un expert du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST).

Cette région abrite le parc national des Virunga, dont au moins 200 rangers ont aussi été victimes ces dernières années d’embuscades des groupes armés dans l’exercice de leurs fonctions.

Le dernier incident en date remonte à début janvier, quand six rangers ont été tués dans le parc des Virunga.

Les groupes armés affirment défendre leur communauté mais se disputent souvent les ressources d’une région riche en minerais et en bois.

Luca Attanasio est le deuxième ambassadeur européen en fonction tué par balles en RDC, après le Francais Philipe Bernard, tué le 28 janvier 1993 lors d’émeutes qui avaient conduit à des pillages à Kinshasa, sous le règne de l’ex-président Mobutu Sese Seko.

Avec AFP

RDC : résurgence de la peste en Ituri

février 19, 2021
Centre de traitement pour les malades d’Ebola à Beni, en RDC. Photo d’illustration.

Plus de 500 cas de peste ont été détectés en Ituri, dans le nord-est de la RDC, faisant une trentaine de morts.

« Plus de 520 cas de peste » dont « plus de 31 décès » ont été dénombrés, a déclaré le Dr Patrick Karamura, ministre provincial de la Santé de l’Ituri, une région où la peste est endémique. Dans cette « résurgence » des cas, « il n’y a pas que des cas de peste bubonique. Nous avons aussi cinq cas de peste pulmonaire, deux autres cas de peste septicémique », a-t-il indiqué.

Des cas sont apparus entre le 15 novembre et le 13 décembre dans la zone de santé de Biringi, située dans le territoire d’Aru en Ituri, a expliqué la Dr Anne Laudisoit, épidémiologiste à Ecohealth Alliance, une ONG basée à New York, qui séjourne dans la zone avec une équipe des chercheurs. L’âge moyen des personnes touchées est de 13 ans, ajoute-t-elle. Cependant, il y a de grandes divergences : « la personne la plus jeune est âgé de 3 mois et la plus âgée, 73 ans », a expliqué la spécialiste.

« Recrudescence »

Selon la Dr Anne Laudisoit, au moment des premiers cas, « il y a eu une mortalité massive des rats, ce qui est vraiment indicateur de la peste ». Les rats meurent, les puces qui sont sur eux cherchent un autre animal sur lequel se nourrir et l’animal le plus proche, c’est l’homme, a-t-elle expliqué.

« Une recrudescence des cas de peste est constatée depuis juin 2020 dans la zone de santé de Rethy, dans la province de l’Ituri », avait alerté dès le 20 juillet l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’Ituri est la seule zone en RDC où la peste est endémique.

La maladie y a été confirmée dès 1926. Depuis le lac Albert jusqu’à la région d’Aru frontalière du Soudan du Sud, il s’agit d’« une zone où la peste ressurgit fréquemment et de manière imprévisible », selon Dr Laudisoit. La peste est causée par une bactérie, Yersinia pestis, transmise à l’homme généralement par une piqûre d’une puce infectée. La maladie se manifeste par des frissons, des maux de tête et un gonflement douloureux des ganglions.

Par Jeune Afrique avec AFP

Diplomatie : les Nations unies prêtes à travailler avec le nouveau Premier ministre de la RDC

février 17, 2021

La Monusco réitère sa détermination à soutenir les efforts de l’armée engagée dans des combats difficiles dans des zones reculées et à faire tout ce qui est à son pouvoir pour protéger les populations victimes de ces violences, a déclaré David McLachan-Karr.

Au cours du point de presse du 17 février, le représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations unies en RDC, David McLachlan-Karr, a félicité le Premier ministre Sama Lukonde Kyenge pour sa nomination à la tête du gouvernement de l’Union sacrée. Il a déclaré que les Nations unies dans leur ensemble, y compris la Monusco, ont hâte de travailler avec M. Lukonde et le gouvernement qu’il va former pour les soutenir dans leurs efforts pour la stabilisation de la RDC et pour avancer vers un développement durable au bénéfice de tous les Congolais.

« Nous restons mobilisés aux côtés de la population et des autorités congolaises pour améliorer la situation sécuritaire dans les provinces de l’Est et contribuer au renforcement de l’autorité de l’Etat sur tout le territoire », a dit David McLachlan-Karr, quelques jours avant l’arrivée prévue pour début mars de Bintou Keita, nouvelle représentante spéciale du secrétaire général en RDC. Le représentant spécial adjoint chargé de la mission a également exprimé sa préoccupation et son émotion à la suite des dernières attaques contre des populations civiles attribuées aux ADF au Nord-Kivu et en Ituri; des attaques qui ont aussi fait des victimes dans les rangs de l’armée congolaise.Jules

Avec Adiac-Congo par Tambwe Itagali

Belgique : l’avocate Julienne Mpemba renvoyée devant le tribunal correctionnel pour fraude à l’adoption

février 16, 2021

La chambre du conseil de Dinant a rendu, le mardi 16 février, une décision dans l’affaire de la fraude à l’adoption à grande échelle impliquant divers «orphelins» congolais. Sur les huit suspects, seule la Belgo-Congolaise, Julienne Mpemba, doit répondre devant le tribunal correctionnel plus tard cette année, indique le quotidien néerlandophone Het Nieuwsblad.  

Julienne Mpemba/ DR

La chambre du conseil de Dinant a estimé que les sept fonctionnaires de la communauté française, également impliqués dans ce dossier, ne devaient pas répondre devant le tribunal correctionnel, car ils ne peuvent pas être blâmés en vertu du droit pénal. Les parents des familles qui ont adopté un enfant sont très déçus, indique le quotidien, précisant que leur avocat, George-Henri Beauthier, a déclaré qu’il vérifiera prochainement auprès du procureur du parquet fédéral s’il peut faire appel de la décision.

L’affaire de cette fraude à l’adoption remonte à 2015. Cette année-là, plusieurs enfants congolais, rappelle-t-on, se sont  retrouvés dans un orphelinat de Kinshasa dirigé par Julienne Mpemba, juriste à l’époque pour la communauté française et qui avait des contacts avec les plus hautes sphères politiques du Congo et avec des responsables de la Communauté française de la Belgique. Elle devait remettre des enfants adoptés à des familles belges en novembre 2015. L’enquête a démarré en 2016. Julienne Mpemba a été suspectée d’avoir enlevé et détenu onze enfants orphelins et d’avoir demandé en échange le paiement d’une importante somme d’argent. Des allégations rejetées par l’avocate belgo-congolaise. Les enfants avaient été remis aux familles belges concernées après quelques jours et Julienne Mpemba avait été arrêtée. Un dossier avait été ouvert à sa charge pour trafic d’êtres humains commis envers des mineurs. Trois des onze enfants adoptés par des familles belges ne répondaient pas aux conditions légales de l’adoption internationale et auraient été recherchés par les autorités congolaises. « Ces trois enfants sont pris en charge par les sections jeunesse des parquets locaux compétents afin de mettre en œuvre les mesures de protection adéquates », avait, à l’époque, indiqué le parquet fédéral belge.

Accusée de traite des êtres humains, Julienne Mpemba avait déclaré avoir fait adopter entre trente à quarante enfants en Belgique et aux États-Unis.  Après avoir été privée de liberté pendant plusieurs mois, elle avait été remise en liberté sous surveillance électronique en attendant son procès.

Sept fonctionnaires de la communauté française de Belgique avaient également été inculpés. Il leur était reproché d’avoir fermé les yeux sur des manipulations frauduleuses de date de naissance et de photos d’enfants dont certains enfants n’étaient même pas orphelins et auraient été volés à leurs parents biologiques  en RDC. Certains de ces fonctionnaires sont des responsables  politiques, dont l’un, renseigne Het Nieuwsblad, est un proche collaborateur du président de la région Bruxelles-Capitale, Rudi Vervoort (PS.

Des perquisitions avaient notamment eu lieu dans trois centres d’adoption wallons et au Cabinet de Rachid Madrane, ancien ministre de la Jeunesse de la fédération Wallonie-Bruxelles et actuel président du Parlement bruxellois. ). Ces perquisitions avaient été menées car Rachid Madrane avait, à l’époque,  la tutelle sur l’Autorité centrale communautaire (ACC), compétente en matière d’adoption pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. Didier Dehou, directeur de l’ACC a également été jugé

Avec Adiac-Congo par Patrick Ndungidi

RDC – Annie Chebeya : « Le vrai responsable de la mort de mon mari, c’est Joseph Kabila »

février 10, 2021
Enterrement de Floribert Chebeya, activiste des droits de l’homme, chef du groupe « La Voix des sans Voix », au Stade Kintambo.

Annie Chebeya, la veuve de l’activiste Floribert Chebeya assassiné avec son chauffeur Fidèle Bazana en juin 2010, accuse l’ancien président Joseph Kabila d’être derrière le meurtre de son mari et réclame justice.

Le dossier Chebeya pourrait-il être réouvert ? Pour la première fois, deux policiers affirment avoir participé à l’exécution du président de l’ONG La voix des sans-voix et de son chauffeur, Fidèle Bazana, le 1er juin 2010. Plus de dix ans après les faits, ils ont décidé de donner leur version et contacté plusieurs médias.

Hergile Ilunga et Alain Longwa disent avoir fait partie de la cellule mise sur pied par de hauts gradés de la police congolaise pour tuer Floribert Chebeya. À les en croire, l’ordre est venu de John Numbi lui-même, qui était à l’époque l’inspecteur général de la police. Ilunga et Longwa disent avoir ensuite été exfiltrés de Kinshasa et réaffectés dans le Katanga, où ils sont demeurés sous surveillance avant de parvenir à prendre la fuite.

Ces nouveaux éléments vont-ils permettre de rouvrir l’enquête ? Les deux policiers se disent aujourd’hui prêts à témoigner si leur sécurité est assurée. Pour Annie Chebeya, le veuve de l’activiste qui espère la vérité sera enfin faite sur les circonstances du décès de son mari et de Fidèle Bazana, cela constitue indéniablement une source d’espoir.

Jeune Afrique : Que vous inspirent ces nouveaux témoignages ?

Annie Chebeya : Je ressens de la tristesse, mais aussi de la joie parce que je prie depuis longtemps pour que la vérité éclate. Ces témoignages sont-ils authentiques ? J’ai tendance à penser que oui, parce que jusqu’à présent, personne n’avait livré autant de détails sur ce qui s’est passé ce jour-là.

Presque onze années se sont écoulées depuis la mort de votre mari et de son chauffeur. Pourquoi, selon vous, Hergile Ilunga et Alain Longwa ont-ils décidé de rompre le silence ?

Parce que le sang de Floribert continue à réclamer justice. Deux jours avant sa mort, le dimanche 30 mai, il m’avait dit : ‘Annie, si on me tue pour le pays, mon sang va continuer à crier, et que ça ne sera pas comme Mzee Kabila, qui a été assassiné mais dont le sang ne crie pas vengeance’.

CE QUE VEUT MA FAMILLE, C’EST QUE CES GENS SOIENT SANCTIONNÉS. »

Que faisiez-vous le jour de l’assassinat de votre mari ?

J’étais avec lui. Il m’avait dit qu’il comptait se rendre dans les locaux de l’inspection générale de la police. Je lui ai souhaité une bonne discussion [avec John Numbi, avec lequel il avait rendez-vous] et c’est tout. Je suis sortie et, quand je suis rentrée à la maison, il n’était pas là. Je l’ai appelé, mais cela sonnait dans le vide et je ne parvenais pas non plus à joindre Fidèle, son chauffeur. Par la suite, j’ai reçu des SMS peu clairs. C’est à ce moment-là que j’ai prévenu mon grand frère ainsi que les collègues de Floribert. Le jour suivant, je me suis rendue à l’inspection générale de la police. J’ai rencontré François Ngoy Mulongoy, l’inspecteur adjoint de la police nationale [accusé d’avoir effacé les enregistrements vidéo qui prouvaient que Chebeya était bien dans les locaux de la police le jour dit, il a été acquitté en première instance], ainsi que d’autres personnes, et tous m’ont dit qu’ils ne savaient rien.

Avez-vous été surprise que Hergile Ilunga et Alain Longwa désignent John Numbi ?

Le vrai responsable selon moi, c’est l’ancien président Joseph Kabila. Floribert était une menace pour lui parce qu’il dénonçait ce qu’il faisait avec John Numbi. Floribert était en contact avec Aimée Kabila [qui se présentait comme une fille de Laurent-Désiré Kabila]. Il savait des choses. Et puis le fait que tous ces gens ont été maintenus en poste, c’était une manière de les récompenser. Ce que veut ma famille, c’est que ces gens soient sanctionnés.

CE N’ÉTAIT PAS UN PROCÈS, MAIS UNE MASCARADE DONT MES ENFANTS ET MOI NE TENONS AUCUN COMPTE. »

Un premier procès avait eu lieu dès 2011. Justice n’avait pas été faite, selon vous ?

Ce n’était pas un procès, mais une mascarade dont mes enfants et moi ne tenons aucun compte. Nous attendons maintenant que le vrai procès commence et qu’il soit exemplaire.

Christian Ngoy Kenga Kenga, un officier de police condamné lors du procès mais en fuite depuis neuf ans, a été arrêté en septembre dernier ; John Numbi a été démis de ses fonctions… Qu’attendez-vous d’autre ?

Nous attendons que John Numbi soit arrêté et jugé. Nous demandons également au président Tshisekedi de retirer à cet homme qui a du sang sur les mains tous les honneurs qu’il a reçus quand Joseph Kabila était au pouvoir. John Numbi doit savoir que le sang de Floribert le poursuivra jusqu’à sa mort.

Comptez-vous entrer en contact avec Hergile Ilunga et Alain Longwa ?

Jamais je ne les rencontrerai, ma famille non plus. Qu’ils répondent plutôt aux questions de la justice. Nous, nous vivons toujours dans la douleur. Nous continuons à pleurer nos morts. Nous n’avons pas fait notre deuil.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa