Posts Tagged ‘RDC’

RDC: la femme collective des Bashilele

août 14, 2017

Tous les jeunes gens de la tribu vivent sous le même toit, le kumbu, où ils peuvent bénéficier des faveurs d’une épouse commune qu’ils chouchoutent.

Bashilele partageant la même épouse.
Bashilele partageant la même épouse. © DR

RDC: le signal de RFI à Kinshasa rétabli après neuf mois de coupure, mais à quel prix ?

août 11, 2017

Le siège de France Médias Monde à Issy-les-Moulineaux, le 3 novembre 2013. © Jacques Brinon/AP/SIPA

Lambert Mende a approuvé jeudi l’accord de partenariat signé le 26 juillet à Paris entre les représentants de RFI et ceux de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC). En conséquence, le signal de la radio publique française, coupé depuis neuf mois, a été rétabli à Kinshasa.

Il aura fallu des semaines, voire des mois des tractations. Un terrain d’entente a enfin été trouvé entre les autorités congolaises et les dirigeants de RFI. Il s’agit en fait d’un accord de partenariat entre la radio publique française et la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC), signé depuis le mercredi 26 juillet à Paris. Mais le texte ne pouvait entrer en vigueur qu’après avoir reçu le visa de Lambert Mende, ministre congolais de la Communication et des Médias. « Il l’a approuvé hier [jeudi 10 août] », confie un membre du cabinet de ce dernier.

Que contient cet accord de partenariat ? Pour l’instant, le document n’a pas été rendu public. D’après nos informations, le dernier round de discussions entre RFI et la RTNC a eu lieu entre le 24 et le 26 juillet à Paris. La délégation congolaise était alors conduite par Zéphyrin Mamoko, président du conseil d’administration de la RTNC, accompagné de Nicole Dibambu Kitoko, directrice générale de la RNTC, et par Ivan Vangu, représentant le ministre Mende qui ne peut plus séjourner dans l’espace Shengen à cause des sanctions de l’Union européenne.

Kinshasa a dû revoir sa copie

En coulisses, plusieurs contacts diplomatiques ont également été nécessaires pour lever le blocage du signal de RFI à Kinshasa, décidé depuis le 5 novembre. C’est ainsi que « lors de leur rencontre avec le président Joseph Kabila fin juin à Lubumbashi, Franck Paris, conseiller Afrique de l’Élysée, et Rémi Maréchaux, directeur Afrique du Quai d’Orsay, avaient mis également cette question au menu des échanges », confie une source diplomatique congolaise.

La RTNC attirera désormais l’attention de son nouveau partenaire chaque fois qu’il y a des problèmes avec sa ligne éditoriale

Entre-temps, Lambert Mende a pris un « arrêté portant réglementation de l’exploitation de la radiodiffusion sonore et de la télévision par des personnes physiques et morales étrangères ». Désormais, les stations de radio ou de télévision étrangères non installées en RDC « [ne] peuvent diffuser des émissions et programmes [que] par intermittence dans le cadre d’un partenariat avec une chaîne de diffusion sonore et de télévision du pays », dit le texte. RFI ne pouvait ainsi plus émettre sur la bande FM sans passer par une chaîne congolaise. « Il n’y a pas d’autre option », nous confirmait mi-juillet un proche du ministre.

Ces conditions semblent pourtant ne plus figurer dans le document final signé par les deux parties. Dans la nuit du jeudi 10 au vendredi 11 août en effet, RFI a émis directement sur la bande FM en continu et sans passer par la RTNC. Le partenariat entre les deux chaînes publiques se limite à la formation et à la fourniture d’équipements techniques. « Comme ce fut déjà le cas dans le passé. Nous avons ce genre de partenariat avec d’autres pays africains », précise-t-on du côte de RFI.

« La RTNC servira aussi de témoin : c’est elle qui attirera désormais l’attention de son partenaire chaque fois qu’il y a des problèmes avec sa ligne éditoriale », soutient une source congolaise proche du dossier.

Quid de l’envoyé spécial de RFI en RDC ?

Kinshasa a déjà indiqué par ailleurs que des correspondants étrangers n’obtiendraient plus que des « accréditations par site ». Autrement dit, tous « leurs déplacements en dehors de la ville » pour laquelle ils sont accrédités seront soumis à une « autorisation préalable » du ministre de la Communication.

De fait, le sort de l’envoyé spécial de RFI en RDC constituait l’autre gros enjeu de ce partenariat. La demande de renouvellement du visa de Sonia Rolley, expiré début mai, n’a toujours pas reçu une suite favorable. Au ministère congolais de la Communication et des Médias, on dit attendre un « nouveau correspondant ». « Et il serait souhaitable qu’il y ait une rotation tous les deux mois, pour éviter tout glissement vers l’activisme », ajoute-t-on. Une disposition qui viserait, selon les autorités congolaises, à « susciter des vocations et encourager l’emploi de main d’œuvre locale ».

Jeuneafrique.com par

RDC: « Les Congolais debout », Sindika Dokolo lance un « mouvement citoyen » pour « l’alternance en 2017 »

août 10, 2017

Page d’accueil du « mouvement citoyen » « les Congolais debout », lancé par l’homme d’affaire Sindika Dokolo. © DR

L’homme d’affaires congolais et gendre du président angolais José Eduardo dos Santos lance, ce jeudi, un « mouvement citoyen » pour « sauver la RDC en 2017 ».

Il apparaît sur fond blanc, et avec une musique allant crescendo. Avec une vidéo de deux minutes taillée pour les réseaux sociaux, l’homme d’affaires congolais Sindika Dokolo a lancé ce jeudi 10 août un « mouvement citoyen » baptisé « Les Congolais debout », pour « l’alternance en 2017 ». « Si, comme nous, vous pensez que la RDC souffre d’avoir été trahie par ses dirigeants, devenez un Congolais debout », clame-t-il encore.

« L’objectif est de créer un mouvement non-violent capable de conscientiser les Congolais, explique Cédric Mala, un de ses coordonnateurs, qui apparaît dans la vidéo. À terme, nous organiserons des manifestations pacifiques et des sit-in à Kinshasa. Le mouvement a mis en ligne une plateforme pour recueillir les adhésions. « Nous comptons nous appuyer sur notre maîtrise des nouvelles technologies et du marketing en ligne », ajoute Cédric Mala.

Ce mouvement se veut ouvert aux membres de tous les partis politiques et à toutes les organisations de la société civile. Sur la vidéo de lancement, on peut notamment reconnaître le député d’opposition André-Claudel Lubaya ou encore l’abbé Joseph Lukelu.

Sindika Dokolo est, depuis le début de l’année 2017, ouvertement critique envers le président Joseph Kabila, dont le dernier mandat constitutionnel a expiré en décembre 2016, sans que des élections n’aient été organisées pour lui désigner un successeur.

Initiatives citoyennes

Il est également l’époux d’Isabel dos Santos, considérée comme la femme la plus riche d’Afrique. Fille du président angolais José Eduardo dos Santos, elle dirige la société pétrolière d’Etat Sonangol. Mais Sindika Dokolo assure que son militantisme se fait indépendamment de sa famille. Il ne cache pas, en revanche, sa proximité avec l’homme d’affaire et opposant Moïse Katumbi, candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle congolaise.

Ce n’est pas la première initiative du genre en RD Congo : les mouvements citoyens Lucha, fondée à Goma, et Filimbi, créé à Kinshasa, tentent déjà de mobiliser les Congolais dans une mouvance non-partisane pour mettre la pression sur le pouvoir. Confronté à la répression des autorités, ils ont pour l’instant eu un succès limité.

Jeuneafrique.com par

RDC/ « Ndika bombe » de Ne Mwanda Nsemi: mythe ou réalité ?

août 9, 2017

« Ndika bombe » une arme redoutable des ancêtres utilisée par les adeptes de Ne Mwanda Nsemi, le lundi 7 août à Kinshasa.

 

Avec Congomikili.com

« Ville morte » en RDC: pas d’incident signalé, l’ONU « regrette » les restrictions

août 9, 2017

Kinshasa – Aucun incident majeur n’a été signalé mardi et mercredi en République démocratique du Congo pendant les journées « ville morte » organisées par l’opposition au président Joseph Kabila, une mobilisation diversement suivie et marquée par un accès restreint aux réseaux sociaux.

L’opposition a qualifié de « réussite totale » cette première d’une série d’actions prévue jusqu’en octobre, tandis que la majorité pro-Kabila a stigmatisé un « coup dur à notre fragile économie ».

Avant ces deux journées, les cinq opérateurs de téléphonie mobile avaient été priés lundi de prendre des « mesures techniques préventives susceptibles de réduire au strict minimum la capacité de transmission des images » par l’Autorité de régulation des postes et télécommunications du Congo (ARPTC).

A Kinshasa, la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) a « regretté » cette décision: « La limitation de l’accès à l’information est toujours un signe négatif pour les libertés publiques et individuelles », a déclaré sa porte-parole Fabienne Pompey dans son point-presse hebdomadaire.

L’activité a timidement repris mercredi à Kinshasa où, contrairement à la veille, magasins et banques avaient quasiment tous ouvert dans la mégapole aux 10 millions d’habitants.

« Il n’y a pas d’acheteurs », a cependant déclaré Christophe Kinzozi du marché de la Libération (est).

D’habitude dense, la circulation restait comme la veille très fluide. Les passagers « sont très rares », regrettait un chauffeur de taxi-moto Gilbert Kangudia, fustigeant « ces mots d’ordre qui ignorent ce que les Congolais vivent au jour le jour ».

A Goma, dans le sud-Kivu (est) sous tensions depuis plus de 20 ans, les transport en commun, magasins, marchés et administrations ont fonctionné normalement dès le matin. A Beni, les activités n’ont repris normalement que dans l’après-midi, après avoir tourné au ralenti.

La vie était normale à Lubumbashi (sud-est), capitale économique du pays.

« Ces deux journées ville morte sont une réussite totale », a déclaré à l’AFP Augustin Kabuya, porte-parole du parti d’opposition l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), à l’origine du mouvement avec sept autres formations d’opposition.

Ces actions « n’ont apporté que de la douleur à la population et porté un coup dur à notre fragile économie », a réagi auprès de l’AFP Me Tunda Wa Kasende, l’un des responsables de la Majorité présidentielle (MP).

L’opposition prévoit des réunions publiques le 20 août puis un appel à la désobéissance civile à partir du 1er octobre pour obtenir la publication d’un calendrier électoral, des élections et le départ du président Kabila.

Le chef de l’Etat est toujours au pouvoir bien que son deuxième mandat a pris fin le 20 décembre 2016. Il ne peut pas se représenter d’après l’actuelle Constitution.

Des élections devaient avoir lieu d’ici fin 2017, d’après un accord pouvoir-opposition. Les autorités avancent que le scrutin sera sans doute retardé en raison des violences dans la région du Kasaï (centre), où le recensement des électeurs n’a pas encore commencé.

Romandie.com avec(©AFP / 09 août 2017 21h08

Olivier Kamitatu: « Joseph Kabila cherche à décréter l’état d’urgence en RDC »

août 8, 2017
  
Olivier Kamitatu, porte-parole de l’opposant Moïse Katumbi, le 16 mai 2016, à Washington. © Jacquelyn Martin/AP/SIPA

Porte-parole de l’opposant Moïse Katumbi, l’ancien ministre congolais Olivier Kamitatu voit une « main noir du régime de Kinshasa » derrière les violences à répétition observées récemment dans la capitale et plusieurs autres villes de la RDC. Le but de cette main, selon lui : décréter l’état d’urgence.

L’état d’urgence en RDC, fantasme ou réalité ? Côté Majorité présidentielle (MP), on tente de rassurer. « Pour l’instant, la question ne se pose pas », répètent plusieurs proches du président Joseph Kabila. Mais, côté opposition, on craint de plus en plus l’instauration de cet état de crise, qui permettrait au régime en place à Kinshasa de repousser sine die les échéances électorales au nom de la sécurité. Et on voit dans la série des violences répétées dans le pays, à l’instar de la nouvelle attaque de la prison de Makala le 7 août, une stratégie déployée pour maintenir Kabila au pouvoir.

Un point de vue partagé par nombre d’opposants congolais dont Olivier Kamitatu, l’une des figures du regroupement politique G7 et ancien président de l’Assemblée nationale. Également porte-parole de Moïse Katumbi, l’ancien ministre Olivier Kamitatu a soutenu lundi 7 août, dans une vidéo relayée sur les réseaux sociaux, que la stratégie de Joseph Kabila consistait en effet à « imposer l’état d’urgence au prix du sang des innocents ».

Jeune Afrique : Vous accusez le président Joseph Kabila de « faire régner le chaos dans le pays afin d’instaurer l’état d’urgence ». Avez-vous des preuves de l’implication du chef de l’État dans la série de violences observée récemment en RDC ?

Olivier Kamitatu : Chaque que l’opposition annonce une manifestation, le pouvoir répond par un sur-déploiement militaire à travers la capitale et les autres villes du pays. Il y a toujours une volonté manifeste de brimer le droit de manifester, de s’exprimer. Aujourd’hui par exemple, le régime de Kinshasa a restreint l’utilisation des réseaux sociaux parce que nous avons appelé à des journées « villes mortes » les 8 et 9 août à travers le pays. Pourtant, ce lundi, nous avons vu des policiers très coopératifs, en train d’encadrer les adeptes de Bundu dia Kongo (BDK) alors que le guide spirituel de cette secte annonçait un mouvement de violences. On comprend tout de suite qu’il y a une main noire derrière ces manifestations.

Il en est de même dans le Kasaï, avec le déploiement des Bana Mura dont personne n’ignore la complicité avec le régime. Cette région est aujourd’hui incontrôlable à cause de la flambée de violence qui a été créée. Car la stratégie du régime de Kabila consiste en effet à mettre en place les conditions du chaos dans le pays pour pouvoir, à tout moment, décréter l’état d’urgence. Cela lui permettrait de repousser les échéances électorales.

Kabila profite de ces situations de violence pour les retourner en sa faveur

Insinuez-vous que le président Kabila est derrière les agissements des miliciens Kamuina Nsapu au Kasaï ou des adeptes de BDK, auteurs présumés de récentes attaques à Kinshasa ?

Je ne dirais pas que Joseph Kabila est derrière ces récentes attaques, mais il a l’intelligence de profiter de ces situations de violence pour les retourner en sa faveur, en créant les conditions de la répression sauvage. Depuis un an, des dizaines de milliers de Congolais sont morts du fait de cette répression. Il appartient aux enquêtes des Nations unies d’établir les liens entre celle-ci et le régime de Kinshasa.

Des journées « villes mortes », comme celles annoncées les 8 et 9 août, suffiront-elles pour obtenir le départ de Kabila ?

Une journée « ville morte » n’est ni chômée ni payée. Il s’agit d’un sacrifice pour chaque famille congolaise. Elle est massivement suivie à travers le pays, malgré la répression, parce que c’est aussi le sentiment d’une cohésion nationale contre un régime qui est vomi par les Congolais. De gré ou de force, Joseph Kabila quittera le pouvoir.

Quand je parle de « force », il n’agit nullement de violence mais de force pacifique, de détermination de la part d’une majorité de Congolais. Quatre-vingt millions de personnes, qui ont assez souffert à cause d’une famille ayant fait main basse sur les richesses de la RDC et désireuse de conserver le pouvoir à tout prix.

Votre ancien allié du Rassemblement Joseph Olenghankoy, aujourd’hui président du CNSA, estime que « l’ascenseur du succès de l’opération ville morte est hors d’usage ». Que lui répondez-vous ?

Joseph Olenghankoy n’a aucune leçon à donner à personne, surtout pas dans les conditions dans lesquelles il a quitté l’opposition pour rallier un pouvoir qui est manifestement à bout de course.

Nous exigeons de la Ceni la publication du calendrier électoral

La tenue des élections au plus tard en décembre 2017 devient hypothétique. Que va-t-il se passer ?

Il est clair que Joseph Kabila et ses partisans veulent garder le pouvoir. Et les éléments des scandales financiers qui émaillent le pays constituent aujourd’hui le mobile du crime. Mais, sur les bases de la non-violence, nous allons continuer à mobiliser les Congolais de l’extérieur et de l’intérieur du pays. Nous exigeons de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) la publication du calendrier électoral qui fixe les échéances jusqu’à décembre 2017, conformément à l’accord de la Saint-Sylvestre et à la Constitution.

En attendant, malgré la lettre du bureau de Haut-commissariat aux droits de l’Homme et le rapport des évêques adressé au président Kabila, Moïse Katumbi, candidat à la présidentielle, ne peut toujours pas rentrer au pays en homme libre. Ses chances de briguer la magistrature suprême en RDC sont-elles toujours intactes ?

Moïse Katumbi est un citoyen congolais qui est victime d’une « mascarade judiciaire » comme l’ont rappelé les évêques. Il rentrera dans son pays pour se présenter devant le peuple congolais. Aujourd’hui il n’est nul besoin d’avoir un nouveau martyr en RDC. Nous en avons déjà bien assez de tous nos amis qui sont enfermés dans les geôles de Joseph Kabila : Jean-Claude Muyambo, Franck Diongo, Huit Mulongo et autres activistes arrêtés à Lubumbashi et ailleurs.

Autrement dit, pour l’instant, les conditions d’un retour de votre champion au pays ne sont pas encore garanties…

À quoi servirait-il que Moïse Katumbi aille en prison aujourd’hui, alors que nous sommes en train de mobiliser tous les Congolais contre une dictature ? Je n’ai qu’une certitude : Katumbi ne va pas livrer sa tête au régime de Kabila, qui est sanguinaire, fait fi de la justice, instrumentalise les institutions et crée le chaos.

Il est utile à notre combat que Moïse Katumbi puisse être libre de ses mouvements. Il rentrera en homme libre dans son pays tel que les Nations unies l’ont demandé, tel que les évêques l’ont proposé. Il faut savoir raison garder : le pouvoir ne pourra s’entêter indéfiniment dans une posture de défi face à la justice, à la communauté internationale.

Jeuneafrique.com par

RDC: Manifestations du lundi 7 août 2017 à Kinshasa

août 7, 2017

 

Avec John.imagesnews.com

RDCongo: douze morts dans les violences à Kinshasa

août 7, 2017

Des policiers à Kinshasa le 28 novembre 2006 / © AFP/Archives / LIONEL HEALING

Douze personnes ont été tuées lundi par des « balles perdues » dans une vague de violences à Kinshasa, a indiqué un porte-parole de la police nationale.

« Au titre de bilan provisoire, il a malheureusement été déploré à ce stade quelques pertes en vies humaines, douze personnes fauchées par balles perdues », a déclaré Pierrot Rombaut Mwanamputu dans un flash interrompant les émissions de la télévision publique.

Des coups de feu et violences dans plusieurs quartiers de Kinshasa

Des coups de feu ont été entendus lundi près de la prison centrale de Kinshasa et dans d’autres quartiers de la capitale de la République démocratique du Congo, selon plusieurs témoignages d’habitants à l’AFP qui font état de victimes.

Des tirs ont été entendus près de la prison de Makala, cible d’une attaque qui avait conduit à l’évasion de plus de 4.000 détenus en mai, ainsi que dans les communes de Matete et Ndjili vers l’aéroport de la mégapole de 10 millions d’habitants, selon ces témoignages.

« Depuis environ une heure, ça tire autour de la prison de Makala, il n’y a plus de circulation, les avenues sont vides ici à Selembao », le quartier de la prison, a déclaré en début de matinée Emmanuel Cole, un militant des droits des prisonniers.

Une source de la société civile a fait état d' »au moins sept policiers » tués et de « deux assaillants tués à bout portant par les PM (police militaire). Leurs corps ont été emportés ». « J’ai vu un autre corps », sur une autre avenue du quartier de Selembao, a indiqué cette source.

« Ça tire à l’arme légère (…), le marché est fermé », a témoigné un habitant de Selembao, Philemon Mboko, selon lequel le commandant de la police aurait été tué.

« Il se passe quelque chose du côté de Selembao. Nous cherchons à comprendre ce qui se passe exactement », a déclaré à l’AFP le colonel Pierrot-Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police vers 09h00 GMT, sans autre précision depuis malgré des relances téléphoniques.

Des coups de feu ont également été entendu dans les quartiers populaires de Matete (centre est) et de Ndjili vers l’aéroport, selon des témoignages qui évoquent au moins cinq morts dans cette dernière commune.

« J’ai vu la Croix-Rouge transporter un corps ensanglanté vers l’hôpital Biamba Marie-Mutombo alors que je me rendais vers l’aéroport de Ndjili », a témoigné à l’AFP le caricaturiste Tembo Cash, qui a souligné qu’une importante présence militaire était visible sur la route de l’aéroport international.

Des violences auraient aussi éclaté du côté de l’Université pédagogique nationale (UPN) dans la commune de Ngaliema.

Personne n’a revendiqué ces attaques qui interviennent à la veille de deux journées « ville morte » à l’appel de l’opposition.

Outre la prison de Makala, les commissariats de police de Limete, Matete et Kalamu ainsi que le marché central de Kinshasa, ont été aussi attaqués ces dernières semaines.

Ces attaques ont lieu au moment où la RDC se trouve dans une impasse politique liée au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, dont le mandat a échu le 20 décembre. L’opposition demande son départ et des élections.

Romandie.com avec(©AFP / 07 août 2017 15h33)                              

RDC: présentation des auteurs présumés d’attaques de prison et commissariats à Kinshasa

juillet 29, 2017

Des policiers en patrouille à Kinshasa, le 19 octobre 2016, en RDC. © Eduardo Soteras/AFP

La police nationale congolaise (PNC) a présenté vendredi une quinzaine de personnes comme auteurs présumés de cinq attaques contre une prison de Kinshasa, trois commissariats de police et la marché central de Kinshasa.

« Ces quinze assaillants, dont deux venus de Kananga pour assurer les rites initiatiques Kamuina Nsapu, sont des présumés responsables des attaques qui ont endeuillé la ville de Kinshasa, ciblant les prisons et cachots, les commissariats de la police nationale et le grand marché de Kinshasa », a déclaré le colonel Pierrot-Rombaut Mwanamputu.

Parmi eux figurent des membres du parti historique d’opposition l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), des membres présumés du mouvement Kamuina Nsapu engagé dans des violences meurtrières au Kasaï dans le centre de la RDC avec les forces de sécurité, selon le colonel Mwanamputu.

« Provocation pure et simple », selon l’UDPS

L’UDPS a démenti toute implication. « C’est de la provocation pure et simple que d’impliquer l’UDPS dans ces montages. L’UDPS a toujours prôné les méthodes pacifiques. Ces déclarations de la police sont l’oeuvre de la famille politique » du président Kabila, a réagi auprès de l’AFP Augustin Kabuya, porte-parole du parti.

Les présumés assaillants présentés « ont été remis » au parquet pour la suite de la procédure jusqu’à des procès, selon l’officier.

Entre mai et juillet la série d’attaques et des évasions à Kinshasa a touché la prison de Makala, la grande prison de Kinshasa, et plus de 4.000 détenus en avaient profité pour s’évader. Les commissariats de police de Limeté, Matete et Kalamu ainsi que le marché central de Kinshasa ont été aussi attaqués.

Ces différentes attaques et évasions sont intervenues alors que la République démocratique du Congo est minée par une crise politique profonde liée au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, dont le mandat a échu le 20 décembre dernier.

Âgé de 46 ans, M. Kabila a succédé à son père en janvier 2001. Élu président en 2006, il a été réélu en 2011, lors d’un scrutin entaché de fraudes massives.

Son mandat s’est achevé en décembre et la Constitution lui interdit de se représenter, mais il se maintient à la tête du pays en vertu d’un arrêt controversé de la Cour constitutionnelle, entérinée par un accord signé le 31 décembre 2016 entre la majorité et l’opposition.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC : un véhicule pour chacun des 500 députés en fin de mandat, pot-de-vin ou tradition parlementaire ?

juillet 28, 2017

 

Le Palais du peuple, siège du Parlement congolais, à Kinshasa. © Gwenn Dubourthoumieu pour Jeune Afrique.

En lieu et place de 37 500 dollars chacun, les députés congolais recevront, pour ceux qui le souhaitent, un véhicule en guise d’indemnité de sortie. Pot-de-vin ou pratique parlementaire congolaise ? Trois questions pour comprendre ce procédé.

À quand la pratique remonte-t-elle ?

Proposer aux députés congolais des véhicules à la fin de leur mandat, ce n’est pas nouveau. Selon plusieurs sources parlementaires consultées par Jeune Afrique, le gouvernement de la RDC avait recouru au même procédé pour s’acquitter des indemnités de sortie des élus nationaux lors de deux précédentes législatures.

De tous les bords, les élus sont unanimes sur la question. « Ce n’est pas un pot-de-vin, encore moins une gratification. C’est un droit », répètent-ils. « En fait, aucun gouvernement n’a été capable de débloquer les sommes dues aux 500 députés nationaux dans le cadre de leurs indemnités de sortie, explique Christophe Lutundula, député (G7, opposition) et ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale congolaise (2006-2009). C’est pourquoi l’on a toujours opté pour cette solution ». En 2011, par exemple, vers la fin de la première législature de la troisième République, l’élu de Katako-Kombe, dans le centre du pays, avait pu se procurer une Toyota Fortuner auprès du distributeur automobile CFAO grâce à ce mécanisme.

Le gouvernement recourt à un mécanisme déjà utilisé dans le passé

En quoi le procédé consiste-t-il ?

Il s’agit d’une « traite bancaire », précise-t-on dans l’entourage d’Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale. « C’est un montage financier mis en place entre le gouvernement congolais, agent payeur des députés, une banque privée et trois concessionnaires, parmi lesquels CFAO et Congo Motors », souligne une source proche du dossier.

« En ces temps difficiles, pour ne faire souffrir davantage le Trésor public, le gouvernement n’a fait que recourir à un mécanisme déjà utilisé lors de précédentes législatures : c’est la banque privée qui finance l’opération, le gouvernement ne paye rien. Il remboursera plus tard de manière échelonnée », explique notre source. Pour les 500 députés dont le mandat est arrivé à échéance en février – mais qui restent en fonction jusqu’à l’organisation des législatives -, les indemnités de sortie s’élèvent, au total, à l’équivalent en francs congolais de 17 750 000 dollars, soit six mois d’indemnités parlementaires pour chacun (6 250 dollars mensuels par député). Une somme de 37 500 dollars par personne qui ne peut, en l’état actuel des finances, être versée.

D’après nos informations, une « commission de suivi » de l’Assemblée nationale a été mise en place il y a six mois pour suivre le dossier auprès du gouvernement. Celui-ci a donné son feu vert lorsque Samy Badibanga était Premier ministre (décembre 2016-avril 2017). Depuis, des députés sont contactés par des concessionnaires retenus par le gouvernement pour qu’ils souscrivent, ou non, au « montage financier ».

C’est une manière de faire gagner de l’argent à la BGFI-Bank », selon Christophe Lutundula

Pourquoi certains élus grondent-ils ?

Mais la recette ne semble pas faire l’unanimité. Certains élus dénoncent le choix de la BGFI-Bank, qui participe à l’opération. « C’est une banque suspecte qui a été récemment décriée pour sa gestion opaque des fonds publics alloués à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) », relève Christophe Lutundula. Est-ce à cause de ses liens avec la famille présidentielle que la BGFI a été choisie pour pré-financer cette transaction ? En tout cas, « c’est une manière de lui faire gagner de l’argent, notamment à travers les intérêts et autres commissions », note Lutundula.

Des agios, TVA et autres frais seront en effet déduits de l’indemnité de sortie de chaque député. « Ces coupes peuvent atteindre 7 000 dollars », croit savoir un élu, offusqué de voir son dû être « grignoté ». Car même un député qui n’accepte pas de souscrire au montage financier ne pourra plus percevoir l’intégralité des 37 500 dollars, « le processus [étant] déjà enclenché ». Congo Motors par exemple est prêt à proposer à certains élus un 4×4 Nissan double cabine… et trois motos si le coût du véhicule s’avère inférieur à l’indemnité de sortie après déduction de tous les frais de la transaction.

«  S’il faut accepter un véhicule à la place de l’argent, sa valeur doit être exactement égale à la somme de l’indemnité de sortie », prévient le député Juvénal Munubo, cadre de l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe. « Il s’agit d’un droit constitutionnellement garanti. Je dois être convaincu des raisons de sa diminution », conclut-il.

Cette affaire se retrouve sur la place publique alors que le pays traverse une crise politique mais surtout économique. Les caisses de l’État sont vides, le franc congolais se déprécie jour après jour. Un contexte marqué également par les révélations ces dernières semaines de la fortune colossale amassée par la famille présidentielle.

Jeuneafrique.com par