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RDC – Recul du Droit ou acharnement ? : Un député jugé dans sa chambre d’hôpital pour « offense au chef de l’État Joseph Kabila »

février 22, 2018

 

Jugement dans sa chambre d’hôpital pour «offense au chef de l’État Joseph Kabila»
Un tribunal au grand complet s’est rendu mardi 20 février 2018 dans la chambre d’hôpital du député de l’opposition Gérard «Gecoco» Mulumba, poursuivi par la justice congolaise pour «offense au chef de l’État Joseph Kabila».

Le député provincial de Kinshasa Gérard Mulumba a comparu mardi « devant un tribunal qui a siégé dans son lieu d’hospitalisation », a déclaré à l’AFP son avocat, Me Léon Ngombwa.

«C’est un acharnement du pouvoir qui veut le faire condamner par tous les moyens à travers un procès qui n’en est pas un », a-t-il ajouté.

Membre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti historique de l’opposition en RDC, Gecoco Mulumba « souffre de complications rénales ».

«Lors de cette audience, il n’a pu ni parler ni bouger de son lit d’hôpital », a-t-il ajouté.

Gérard Mulumba a été arrêté le 10 novembre à l’aéroport de Kinshasa, détenu au secret puis transféré le 19 janvier dans une clinique de Kinshasa à cause de la dégradation de son état de santé. Il risque au maximum une peine de deux années de prison, selon son avocat.

Le tribunal a promis de se prononcer ce jeudi.

Edwige KISSINGER / Les Echos du Congo Brazzaville

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RDC: Mova Sakanyi nommé à l’intérieur, Kabila repositionne ses lieutenants

février 21, 2018

 

Henri Mova Sakanyi, le nouveau vice-Premier ministre congolais en charge de l’Intérieur et de la Sécurité. © Vincent Fournier/J.A.

Joseph Kabila a nommé mardi soir Henri Mova Sakanyi, jusqu’ici secrétaire général du parti au pouvoir, au poste de vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur. Ce dernier succède à Emmanuel Ramazani Shadary, un cacique de la formation politique du président de la RDC.

C’est un très léger remaniement du gouvernement qui a été annoncé, le 20 février au soir, en RDC. Henri Mova Sakanyi, dont le poste de secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) a disparu de nouveaux statuts de cette principale formation politique de la coalition au pouvoir, débarque à la vice-primature en charge de l’Intérieur et de la Sécurité.

L’ancien ambassadeur de la RDC à Bruxelles (près le Benelux et l’Union européenne) sera ainsi resté près de trois ans à la tête du parti du président Joseph Kabila. Le diplomate retrouve l’exécutif après avoir été ministre des Transports et des Voies de communication au sein du premier gouvernement de l’après Mobutu Sese Seko, puis ministre de l’Information sous Joseph Kabila.

Mova Sakanyi a fait véritablement ses premiers pas en politique avec l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), la coalition politico-militaire soutenue par le Rwanda et l’Ouganda, qui porta au pouvoir Laurent-Désiré Kabila, père de l’actuel chef de l’État congolais, en mai 1997.

Quid de Ramazani Shadary ?

Du côté de Ramazani Shadary, on se veut « serein ». Dans l’entourage de ce cacique du parti au pouvoir, on assure que le désormais ex-vice Premier ministre de l’Intérieur « a toujours la confiance du chef » et que son départ du gouvernement n’est nullement « pas une révocation ».

D’après nos informations, Joseph Kabila voudrait placer cet élu de Kabambare, dans le Maniema, au poste stratégique de secrétaire permanent du PPRD. Si cela se confirme, c’est donc Ramazani Shadari qui va « supervise[r] et coordonne[r] » les activités du parti de Kabila dans la perspective des élections programmées au 23 décembre.

Ramazani Shadary fait toutefois partie de hauts responsables congolais sanctionnés par l’Union européenne pour « entraves au processus et violation des droits de l’homme ».

Jeuneafrique.com par

Nouveau code minier en RDC: la Gécamines et Glencore à couteaux tirés

février 16, 2018

 

Un ouvrier sur le site d’une mine de cobalt gérée par Gécamines près de Lubumbashi en 2006. (Archives) © REUTERS/David Lewis/Files

Alors que le gouvernement congolais s’apprête à lancer son nouveau code minier, rien ne va plus entre le président de la Gécamines, la société d’État qui exploite le cuivre et le cobalt de la RDC, et le directeur général de Glencore, son partenaire suisse pour les mines de Kamoto et de Mutanda.

Leur présence simultanée à l’événement Mining Indaba, organisé du 5 au 8 février, n’y a rien fait. Albert Yuma est resté sourd aux demandes d’entretien des représentants de Glencore. Pour le patron de la Gécamines, bras armé de Kinshasa dans le secteur minier, également président de la Fédération des entreprises du Congo, il est trop tard pour se réconcilier avec Ivan Glasenberg, patron du géant suisse Glencore, opérateur des mines de Kamoto et de Mutanda.

Alors qu’un nouveau code minier imposant une hausse des taxes et des royalties devrait bientôt être promulgué par le président Kabila, Yuma veut en plus revoir tous les partenariats noués autour des projets dans lesquels la Gécamines est minoritaire. « Nous avons apporté à nos 17 partenaires des réserves de 32 millions de t de cuivre et de 3 millions de tonnes de cobalt. Mais sur les 2,6 milliards de dollars de revenus engrangés par ces compagnies en 2016, seuls 88 millions de dollars (83 millions d’euros) sont allés à la Gécamines, ce n’est pas acceptable ! », a-t-il martelé.

Renégociation

Et Glencore, accusé d’optimisation fiscale indue et d’imprécision dans ses déclarations de production, est clairement dans son collimateur. En décembre 2017, Ivan Glasenberg s’était rendu à Kinshasa pour rencontrer le chef de l’État et tenter d’éteindre l’incendie que constitue à ses yeux le nouveau code minier. Mais la démarche du patron sud-africain a plutôt eu pour effet d’en attiser les braises. La renégociation voulue par la Gécamines devrait débuter en avril, et Yuma entend imposer l’obtention de l’approbation de la Gécamines pour toute décision stratégique.

Dans son combat contre le Goliath du négoce, Yuma pourra s’appuyer sur la hausse des cours du cobalt, nécessaire à la fabrication des batteries automobiles, pour trouver d’autres partenaires. Reste que Glencore, impliqué dans un tiers des ventes de ce minerai dans le monde, a la haute main sur ce marché. Vu la situation politique à Kinshasa, pas sûr que les constructeurs automobiles choisissent d’acheter du cobalt à la Gécamines, plutôt qu’à un négociant comme Glencore.

Jeuneafrique.com par – envoyé spécial au Cap

RDC: 200.00 déplacés en Ituri en 2 mois de conflits intercommunautaires (source humanitaire)

février 13, 2018

Kinshasa – Environ 200.000 personnes ont été déplacées en deux mois de conflits intercommunautaires en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris mardi de sources humanitaires.

« Depuis mi-décembre, environ 200.000 personnes ont été déplacées en Ituri, affectées par les violences » qui opposent les communautés Hema (éleveurs) et Lendu (agriculteurs), ont déclaré à l’AFP plusieurs sources humanitaires en RDC.

Les affrontements entre les deux communautés ont fait plusieurs dizaines de morts.

A Genève, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a fait état de plus de 22.000 réfugiés congolais qui ont fui ces violences et traversé le lac Albert la semaine dernière pour rejoindre l’Ouganda.

« La semaine dernière, plus de 22.000 Congolais ont traversé le lac Albert », que se partagent l’Ouganda et la RDC, a indiqué un porte-parole du HCR, Babar Baloch, lors d’un point de presse à Genève.

Des milliers d’autres sont rassemblés sur les rives du lac en attendant de pouvoir effectuer la traversée, a-t-il ajouté.

Ils fuient depuis décembre la reprise des violences intercommunautaires et des affrontements entre groupes armés et l’armée dans la province de l’Ituri dans le nord-est de la RDC, a expliqué à l’AFP Katerina Kitidi, porte-parole du HCR.

Cet itinéraire est à nouveau emprunté par un grand nombre de réfugiés depuis un naufrage tragique en 2014 qui avait causé la mort de plus de 200 personnes, selon le HCR.

En 1999, un conflit foncier avait dégénéré en massacres entre Hema et Lendu, qui avaient alors chacun une branche armée et des miliciens. Les combats, qui portaient sur le contrôle de cette région riche en or, avaient fait plus de 60.000 morts et 600.000 déplacés, selon Human Rights Watch.

En juin 2003, cette violence avait déclenché l’intervention d’une force militaire de l’Union européenne sous commandement français, Artémis.

– canoës et bateaux surchargés –

Le HCR a fait part de sa « tristesse » après des informations sur la mort de quatre réfugiés congolais, noyés après le naufrage de leur embarcation sur le lac Albert et il a indiqué que deux autres ont perdu la vie le 7 février, dans des circonstances indéterminées, alors qu’une dispute avait éclaté au moment où les réfugiés s’apprêtaient à embarquer.

La majorité des réfugiés traversent le lac Albert à bord de petits canoës ou de bateaux de pêche surchargés et ils arrivent après dix heures de voyage à Sebagoro, un village situé à 270 kilomètres au nord-ouest de Kampala, la capitale ougandaise.

Les violences en Ituri représentent l’un des nombreux conflits qui déchirent l’est de la RDC. Des milliers d’autres personnes venus du Nord-Kivu fuient également vers l’Ouganda, par voie terrestre, et arrivent à Kisoro, a signalé la représentante du HCR à Genève.

Au total, depuis le 19 décembre, 39.000 Congolais ont fui vers l’Ouganda, dont environ 34.000 depuis janvier, a précisé Mme Kitidi.

La RDC compte quatre millions de déplacés, dont 1,7 million supplémentaires en 2017, d’après les estimations des humanitaires.

Le HCR travaille avec les autorités ougandaises pour enregistrer les Congolais mais réclame plus de moyens pour faire face à l’arrivée rapide de réfugiés et créer de nouvelles installations d’accueil.

Romandie.com avec(©AFP / 13 février 2018 15h04)                                            

RDC: nouvelle marche anti-Kabila des catholiques

février 11, 2018

 

Lors de la répression de la marche contre Joseph Kabila du 21 janvier 2017, à Kinshasa. © REUTERS/Kenny Katombe

Un collectif proche de l’Église catholique a appelé samedi à une nouvelle marche, le 25 février, contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila en République démocratique du Congo.

Les deux précédentes marches, en décembre 2017 et janvier dernier, avaient été interdites et réprimées à balles réelles.

« Ce 25 février 2018, où que nous soyons, au Congo ou à l’étranger, sans distinction d’appartenances religieuses ou politiques, levons-nous et marchons pour dire non à la dictature », déclare le Comité laïc de coordination (CLC) dans un communiqué parvenu à l’AFP. « Soyons prêts à affronter le pire pour arracher le meilleur », poursuit-il.

Cet appel du CLC intervient 24 heures après une messe à Kinshasa à la mémoire des victimes du 21 janvier, pendant laquelle des voix de l’Église catholique avaient clairement soutenu de prochaines marches.

Au total, une quinzaine de personnes ont été tuées dans la répression des marches du 31 décembre et du 21 janvier, d’après les Nations unies et l’épiscopat. Les autorités ne reconnaissent que deux morts le 21. La Commission nationale des droits de l’Homme de la RDC a fait état vendredi de sept morts le 31 décembre et quatre le 21 janvier.

« Notre peuple ne croit plus en la volonté politique des dirigeants actuels d’assurer une alternance pacifique du pouvoir », ajoute le CLC dans son communiqué.

Des élections sont prévues le 23 décembre pour organiser le départ du président Kabila, dont le deuxième mandat de cinq ans a pris fin le 20 décembre 2016.

« Atrocités et barbaries »

Le CLC interpelle « le Conseil des sécurité des Nations unies, l’Union africaine et l’Union européenne afin qu’ils aillent au-delà des condamnations de principe, parce qu’ils sont témoins non seulement du blocage du processus électoral par le président Kabila, mais aussi des atrocités et de la barbarie ».

« La marche des chrétiens ne s’arrêtera pas », avait déclaré vendredi dans son sermon l’abbé François Luyeye, sous les applaudissements de l’assistance dans la cathédrale Notre-Dame à Kinshasa.

« Les initiatives du Comité laïc de coordination sont à applaudir, et nous en attendons d’autres », avait poursuivi l’abbé lors de la cérémonie célébrée par l’archevêque de Kinshasa, Laurent Monsengwo, 78 ans, très critique envers le régime.

Dans leurs précédents appels, les catholiques demandaient au président Kabila de déclarer publiquement qu’il ne se représentera pas à la présidentielle prévue le 23 décembre, et le respect des libertés fondamentales.

Jeuneafrique.com

RDC: l’épilogue de l’affaire Kabila-Sakombi expliqué à ceux qui ont raté le début

février 10, 2018

 

Des magistrats congolais devant le nouveau Palais de justice, le 20 février 2015 à Kinshasa. © Flickr/John Bompengo/Monusco

La Cour suprême de justice a cassé mercredi l’arrêt qui avait ordonné en 2010 à Dominique Sakombi, aujourd’hui décédé, de quitter son domicile de Kinshasa. La famille de l’ancien ministre crie victoire sur Zoé Kabila, frère du président de la RDC, qui, selon elle, se cachait derrière le nouveau propriétaire déchu. Retour sur cette affaire complexe.

C’est l’histoire d’un feuilleton politico-judiciaire à rebondissements. En toile de fond, un litige immobilier rocambolesque opposant, souvent par acteurs doublés, deux familles bien connues de la scène politique de la RD Congo : les Kabila et les Sakombi. Une affaire de trahison, de « coup de poignard dans le dos » pour les uns, ou d’un dossier purement judiciaire qui n’aurait rien à voir avec la famille présidentielle, prétendent les autres.

Tout tourne autour d’un homme, aujourd’hui décédé. Son nom : Dominique Sakombi Ilongo. Cet as de la communication a été plusieurs fois ministre sous Mobutu Sese Seko. Mais après la chute du maréchal, il parvient non sans souplesse à collaborer avec le nouveau régime. Celui qui avait conçu le jingle musical faisant apparaître depuis le ciel le visage de Mobutu à chaque ouverture de journal de la télévision publique, se retrouve ainsi, très rapidement, dans le sillage des nouveaux maîtres de Kinshasa.

Pourquoi le nom de Zoé Kabila est cité

Dès son arrivée aux affaires en effet, Laurent-Désiré Kabila fait de Dominique Sakombi son conseiller spécial à la communication, avant de le nommer secrétaire général des Comités du pouvoir populaire (CPP), lesquels ont précédé à la création du Parti du peuple pour la reconstruction et le développement (PPRD), actuel parti de Joseph Kabila. « La confiance de Mzee envers Sakombi était telle que le président de la République lui fit honneur de présenter, en son nom, les vœux de l’an 2001 au peuple congolais », se souvient un des enfants de « Domsak ». À l’époque, le paternel est ministre de l’Information, porte-parole du gouvernement.

C’est Zoé Kabila qui a expliqué à mon père que le vrai propriétaire de sa maison était désormais un certain Lungumbu », affirme Molendo Sakombi

Après l’assassinat de Kabila père en 2001, Sakombi quitte le gouvernement. Deux ans plus tard, Kabila fils, le nouveau chef de l’État, le place à la vice-présidence de la Haute autorité des médias. C’est à ce poste qu’il apprend que son domicile, situé dans la commune huppée de Ngaliema, à Kinshasa, aurait été acheté par… Zoé Kabila, frère du président de la République.

Molendo Sakombi, un autre fils de l’ancien ministre et proche de l’opposant Vital Kamerhe, s’en souvient bien : « Courant 2006, mon père a reçu un coup de fil du chef du protocole de la présidence de la République, l’invitant à se présenter à la résidence de M. Zoé Kabila dans le quartier Gulf. Il s’y est rendu et le frère du chef de l’État lui a ainsi expliqué que le vrai propriétaire de sa maison était désormais un certain Elie Lungumbu Milonge, étant en réalité son nom d’emprunt. »

Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux à l’époque, Germaine Sakombi, l’épouse de Sakombi Ilongo, reprend la même version, le 24 avril 2010, lorsque la famille doit quitter les lieux, comme l’a décidé la cour d’appel de Kinshasa/Gombe.

Aux origines de l’affaire Kabila-Sakombi

« Domsak » meurt quelques mois plus tard. Sans emporter l’affaire avec lui. Un dossier politico-judiciaire bien complexe, dont les premiers éléments de compréhension remontent à 1970. Récapitulons.

Cette année-là, Georges Tsolakis, un individu grec, cède sa parcelle à l’entreprise Économat du peuple, « en compensation des marchandises [qu’on] lui fournies à crédit », renseigne un rapport de la Cour suprême de justice consulté par Jeune Afrique.

Problème : la même année, M. Amadou Konan, de nationalité ivoirienne, aurait acheté le même bien immobilier auprès de… l’Économat du peuple. Un certificat d’enregistrement, faisant preuve de l’acquisition d’une propriété immobilière en RDC, lui est ainsi délivré en 1982. S’ouvre alors le premier épisode du feuilleton : l’Économat du peuple conteste l’achat et les propos d’Amadou Konan. La bataille se déroule devant les cours et les tribunaux, mais aussi dans les bureaux des ministres. L’Économat du peuple sort vainqueur, après l’intervention du commissaire d’État des Affaires foncières.

En 1985, l’Économat du peuple vend la parcelle à un Espagnol, qui le cède, à son tour, à Dominique Sakombi. Survient alors dans le dossier M. Thubemona Mbinga Toto. Brandissant une procuration de son beau-frère, l’Ivoirien Amadou Konan, il se revendique également comme étant le propriétaire de la maison. Il obtient gain de cause devant la cour d’appel de Kinshasa/Goma en 2010, après avoir vendu à Elie Lungumbu Milonge, présenté, par la famille Sakombi, comme le nom d’emprunt de Zoé Kabila.

La concession querellée a été vendue après la mort du mandant », extrait de l’arrêt de la Cour suprême de justice rendu le 7 février 2018

C’est cette décision judiciaire qui a été « cassé[e] », le mercredi 7 février, par la Cour suprême de justice. « Il [apparaît] que la concession querellée a été vendue après la mort du mandant [Amadou Konan] tel que confirmé par le mandataire [Thubemona Mbinga Toto] lui-même », peut-on lire dans l’arrêt que JA a pu consulter.

« Durant sept ans de procédure, la partie adverse n’a pas pu contourner cet aveu judiciaire. Pis, l’Ivoirien dont il est question n’a jamais existé », commente Molendo Sakombi, se fondant sur une lettre de l’ambassade de Côte d’Ivoire en RDC.

 

« Une victoire au goût amer, nuance de son côté Germaine Sakombi. J’ai perdu mon mari à cause de cette affaire. Malgré l’immunité honoraire que l’on pouvait lui reconnaître pour avoir tant servi le pays – gouverneur, ambassadeur, ministre entre autres -, il s’était fait déguerpir de son domicile comme un chien. » Sans rancune, elle se refuse néanmoins de « ressasser le passé ». Pas un mot, donc, à l’endroit de la famille présidentielle.

À la présidence de la République, le pasteur Théodore Mugalu, responsable de la Maison civile du chef de l’État, dit « n’avoir pas été informé de l’arrêt prononcé dans cette affaire ». Il reconnaît avoir été impliqué, « il y a quelques temps », dans la recherche d’un compromis à l’amiable. « Je n’avais pas aimé voir Mme Germaine Sakombi parler ainsi de la famille présidentielle. Elle est venue me voir et j’ai essayé de l’assister pour trouver une solution », explique-t-il.

Qu’à cela ne tienne, sur le papier, « ce n’est pas Zoé Kabila qui était en procès contre la famille Sakombi », rappelle celui qui s’occupe des affaires domestiques des Kabila. Quid de Elie Lungumbu Milonge ? Contacté, ce dernier « se réserve de tout commentaire ».

Jeuneafrique.com par

RDC: l’armée affirme avoir « anéanti » les rebelles Yakutumba au Sud Kivu

février 9, 2018

Bukavu (RD Congo) – L’armée congolaise a affirmé vendredi avoir « anéanti » les rebelles d’un des principaux groupes armés actifs ces derniers mois dans l’est de la République démocratique du Congo, au cours d’une offensive dans la province du Sud-Kivu.

L’armée congolaise a affirmé avoir tué 48 rebelles et capturé 150 autres pendant son offensive sur les rives du lac Tanganyika contre les Yakutumba, du nom de l’ex-général William Amuri Yakutumba, déserteur opposé au président Joseph Kabila.

Les Yakutumba avaient attaqué la ville d’Uvira fin septembre -en bombardant leur cible depuis le lac au cours d’une opération navale avec des embarcations motorisées- avant d’être repoussés par la force des Nations unies (Monusco).

Ces derniers jours, des rebelles ont fui l’offensive de l’armée congolaise en se réfugiant sur l’autre rive au Burundi, lequel a remis 34 miliciens à la RDC il y a une semaine.

« L’opération a été un succès, les « Maï Maï » (rebelles) ont été anéantis. Il n’y a plus de combats et nous sommes en train de faire des opérations de ratissage », a précisé à l’AFP un porte-parole de l’armée, le major Louis-Claude Tshiwanga.

« La population qui avait fui les combats commence petit à petit à revenir dans ce secteur », a-t-il ajouté.

« Depuis le lancement de notre offensive le 21 janvier dans le secteur de Fizi, on a dénombré officiellement 48 Yakutumba tués. Et 150 autres capturés dont 34 qui avaient fuit au Burundi à travers le lac Tanganyika et qui nous ont été remis », selon le major, qui avançait précédemment un bilan de 120 captifs.

L’armée congolaise a présenté à la presse 120 des rebelles capturés, des canons, des mitrailleuses et autres armes saisis devant la presse jeudi dans la ville d’Uvira.

Selon des sources concordantes dans la région, le chef rebelle Yakutumba n’a pas été capturé mais aurait été blessé lors des affrontements la semaine dernière, et il se serait replié dans les hauts plateaux surplombant ce secteur.

Cité par la radio onusienne Okapi, le commandant des opérations, le général Philémon Yav, a fait état pour sa part d’un bilan de 83 rebelles et 6 soldats tués,

« D’après le commandant de l’opération, le général Philémon Yav, la quasi-totalité des localités jadis sous contrôle de Yakutumba a été récupérée, y compris l’ensemble de la presqu’ile d’Ubwari ainsi que tout le littoral du lac Tanganyika, partant de Kalémie à Uvira », ajoute le site de radio Okapi.

Au Burundi, la police a arrêté vendredi une trentaine de Congolais soupçonnés d’être des rebelles lors d’une perquisition dans un quartier populaire de la ville de Rumonge, au bord du lac Tanganyika dans le sud, qui a accueilli l’essentiel des 7.000 Congolais qui ont fui depuis le début de ces affrontements, a appris l’AFP de sources sécuritaires et militantes.

Romandie.com avec(©AFP / 09 février 2018 20h36)                                            

RDC: l’Église catholique réclame de « continuer le combat » contre Kabila

février 9, 2018

 

 
Manifestation contre le régime de Joseph Kabila, le 31 décembre 2017 à Kinshsasa, en RDC. © John Bompengo/AP/SIPA

L’Église catholique congolaise a réclamé ce vendredi de nouvelles actions de la part de ses fidèles, lors d’une messe en hommage aux victimes de la répression de la marche du 21 janvier. Depuis plus d’un mois, les manifestants pressent le président Kabila à déclarer publiquement qu’il ne briguera pas un troisième mandat.

« Le Comité laïc [de coordination, CLC, ndlr] est à applaudir. […] L’Église attend d’autres initiatives du CLC, la marche des chrétiens ne s’arrêtera pas. Nous devons continuer le combat pour un Congo nouveau », a lancé ce vendredi 9 février l’abbé François Luyeye, lors d’une messe organisée en hommage aux victimes de la répression policière du 21 janvier dernier en RDC, qui a fait sept morts et plus de 49 blessés.

Cette messe s’inscrivait dans le cadre des protestations initiées par le Comité laïc de coordination (CLC), contre le pouvoir du président Joseph Kabila.

Cette messe a été officiée par l’influent archevêque de Kinshasa, le cardinal Laurent Monsengwo, dans la cathédrale Notre-Dame du Congo. Comme à son habitude le vendredi, celle-ci n’était pas remplie.

Plusieurs figures de l’opposition ont pris part au culte, dont Vital Kamerhe et la députée Ève Bazaiba, aux cotés de plusieurs diplomates occidentaux. Le chef de la principale plateforme de l’opposition, Félix Tshisekedi, n’était pour sa part pas présent.

Ces personnes ont été tuées par des balles de la honte, tirées par ceux qui sont censés nous protéger

À l’intérieur de la paroisse, des photographies de cinq victimes de cette marche, dont la fille d’un officier de police, ont été déposées sur un tréteau.

« Les balles de la honte »

« Ces personnes ont été tuées par des balles de la honte, tirées par ceux qui sont censés nous protéger », a ainsi affirmé l’abbé François Luyeye, applaudi par des centaines de fidèles, opposants et membres de famille des victimes. Celui-ci a également dénoncé « la peur de ceux qui cherchent à faire disparaître les corps de leurs victimes après les avoir assassinés ».

Pour la deuxième fois depuis la fin du mois de décembre, des fidèles catholiques avaient marché le 21 janvier à l’appel du Comité laïc de coordination, pour arracher une déclaration solennelle de la part du président Kabila, afin qu’il affirme qu’il ne se présenterait pas lors de la prochaine présidentielle programmée le 23 décembre 2018.

Interdite par les autorités, cette marche, ainsi que celle du 31 décembre, avait été réprimée par les forces de sécurité, tuant « par balles » sept personnes, selon l’épiscopat, qui dénonçait alors une « barbarie ».

Affirmation du soutien des prêtres « aux actions du Comité laïc »

Durant ces manifestations, des prêtres catholiques ont été « molestés et déshabillés en public », a dénoncé l’abbé Jean-Marie Kande, qui a pris la parole vers la fin de la messe, au nom du clergé de l’archidiocèse.

Après un certain émoi visible sur les visages de l’assistance, l’abbé a solennellement affirmé le soutien des prêtres « aux actions du Comité laïc » pour « un État de droit ».

Plus grande structure sociale dans le plus grand pays francophone au monde, l’Église catholique est à couteaux tirés avec le régime du président Kabila, dont le second mandat a théoriquement pris fin en décembre 2016. Une interprétation controversée de la Constitution lui permet cependant de rester au pouvoir jusqu’à l’investiture de son successeur « élu ».

Jeuneafrique.com

RDC: le général Faustin Munene transféré à Brazzaville « pour des soins »

février 6, 2018
Faustin Munene © DR

Expulsé du Gabon vers le Congo-Brazzaville le 5 janvier, l’ex-chef d’état-major de la RDC, le général Faustin Munene, recherché à Kinshasa, est arrivé ce mardi matin à Brazzaville « pour y subir un examen médical », selon le ministère de l’Intérieur congolais. Mais sa famille craint qu’il ne soit détenu par la DGST.

« Faustin Munene est bien arrivé aujourd’hui [mardi 6 janvier] à Brazzaville, en provenance d’Ewo », dans le centre-ouest du pays. Au ministère de l’Intérieur congolais, on dément « catégoriquement » toute information faisant état de la présence du général Faustin Munene dans le local de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST). « Il est ici pour des soins », martèle-t-on.

Accusé de tentative de putsch en RDC et condamné par contumace à la prison à vie dans son pays par un tribunal militaire pour « complot contre la sécurité de l’État » en 2010, le général Faustin Munene a trouvé refuge au Congo-Brazzaville. Depuis quelques années, il est officiellement assigné à résidence à Ewo. Pour autant, Kinshasa n’a jamais cessé de demander son extradition. Sans succès.

Fin décembre 2017, les autorités du Congo-Brazzaville avaient perdu la trace de cet ancien chef d’état-major de la RDC. Comme nous l’avions indiqué dans les colonnes de Jeune Afrique, un hélicoptère se serait posé dans sa résidence quelques jours plus tôt, les passagers voulant l’emmener à Brazza. Paniqué, il aurait refusé de les suivre.

Que s’est-il vraiment passé ? Difficile de savoir. Toujours est-il que Faustin Munene parvient à entrer au Gabon le 31 décembre. Il sera arrêté dix jours plus tard à Moanda, près de Franceville. Après quelques tractations diplomatico-judiciaires entre le Gabon, le Congo-Brazzaville et la RDC, voire l’Angola, l’officier recherché par Kinshasa est expulsé vers le Congo-Brazzaville.

« Faustin Munene serait à la DGST », selon son fils

« Il a été conduit immédiatement dans une gendarmerie d’Ewo où il a été détenu tous ces derniers jours », croit savoir son fils Fabrice Munene, contacté par Jeune Afrique. « Nous nous inquiétons sérieusement pour sa santé. Selon les dernières nouvelles qui nous sont parvenues par des voies informelles, il [Faustin Munene] est très fatigué », poursuit-il, soulignant qu’il n’était « pas en mesure de confirmer la présence de son père dans un hôpital de Brazzzaville ». « Il serait plutôt à la DGST », lâche-t-il, sans certitude. Et pour cause ? « Nous ne sommes pas entrés en contact avec lui depuis son expulsion au Congo-Brazzaville. »

Aucun événement n’est survenu qui pourrait expliquer l’arrestation de Faustin Munene, assure Thierry Moungalla

Des « affabulations » qui hérissent Thierry Moungalla, porte-parole du gouvernement du Congo-Brazzaville. « Faustin Munene reste et demeure sous notre protection », maintient-il. « C’est un homme âgé et souffrant. Il était donc prévu qu’il soit conduit à Brazzaville pour des examens médicaux appropriés après sa tentative d’escapade au Gabon », explique le ministre. « Entre son expulsion au Congo-Brazzaville et aujourd’hui, aucun événement n’est survenu qui pourrait expliquer son arrestation », assure-t-il.

À l’unanimité, les autorités du Congo-Brazzaville contactées rappellent un autre transfert de Faustin Munene en Namibie, qui se serait déroulé « il y a quelques mois », afin de bénéficier de soins médicaux appropriés « pris en charge par le gouvernement congolais ».

Du côté de la famille de l’officier, on félicite surtout Brazzaville d’avoir tenu sa promesse de ne pas extrader le général vers Kinshasa ». « Malgré les demandes de Kinshasa, papa n’a toujours pas été extradé », se réjouit Fabrice Munene, qui plaide en faveur de « plus de contacts directs » avec les officiers brazzavillois.

Jeuneafrique.com par

RDC: l’épiscopat exige la « libération » du prêtre catholique enlevé à Kinshasa

février 3, 2018

Kinshasa – La conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a exigé samedi la « libération » d’un prêtre catholique enlevé dans la matinée à Kinshasa en République démocratique du Congo où les relations sont tendues entre l’Église et le gouvernement.

Ce matin, « nous avons appris comme tout le monde que le père Sébastien Yebo a été enlevé par des agents en tenue civile. Jusque-là, nous n’avons aucune nouvelle de lui », a déclaré à l’AFP l’abbé Jean-Marie Bomengola, secrétaire de la commission des communications sociales de la Cenco.

« Au niveau de la Cenco, nous condamnons cet enlèvement et exigeons sa libération », a-t-il dit.

« Nous dénonçons et condamnons également l’acharnement qui s’observe actuellement à l’égard des prêtres, religieux et religieuses dont certains sont molestés, battus et arrêtés sans un motif valable », a ajouté l’abbé Bomengola.

Curé de la paroisse Saint Robert dans la périphérie Est de Kinshasa, « le père Sébastien a été enlevé juste après la messe matinale par des policiers », avait déclaré à l’AFP dans la matinée une religieuse de cette paroisse.

Pendant la messe, un homme non identifié « filmait le prêtre » à l’aide d’un téléphone portable et à la sortie, « un véhicule de la police est arrivé, des policiers sont descendus, ils ont commencé à frapper le curé, ils l’ont jeté dans leur jeep et sont partis avec lui », avait rapporté une autre religieuse, témoin de l’événement.

Religieux passioniste, le père Sébastien Yebo est le curé de la paroisse Saint Robert depuis août 2017.

Les autorités congolaises n’ont pas réagi aux sollicitations de l’AFP.

Cet incident a eu lieu alors que Kinshasa et l’Église sont à couteaux tirés depuis des marches interdites de catholiques les 31 décembre et 21 janvier contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

Selon l’ONU, quinze personnes au moins ont été tuées dans la répression de ces marches, dont une aspirante à la vie religieuse. Les autorités congolaises ont fait état d’un nombre de décès bien moindre.

Les catholiques demandent à M. Kabila de déclarer publiquement qu’il ne se représentera pas à un nouveau mandat.

Le climat politique est très tendu en RDC où le deuxième et dernier mandat du président Kabila a pris fin le 20 décembre 2016.

Des élections prévues fin décembre 2017 ont finalement été reportées en décembre 2018.

Romandie.com avec(©AFP / 03 février 2018 20h44)