Posts Tagged ‘RDR’

Côte d’Ivoire: cinq choses à savoir sur le nouveau gouvernement

juillet 11, 2018

 

Amadou Gon Coulibaly, Premier ministre de Côte d’Ivoire, dans son bureau le 30 juin 2017. © Issam Zejly pour Jeune Afrique

 

Un gouvernement très politique, des tensions au sein du RHDP, des arrivées et départs qui interrogent ou encore de probables conflits de compétence… Voici les cinq choses à savoir sur le nouveau gouvernement d’Amadou Gon Coulibaly, formé mardi 10 juillet.

La Côte d’Ivoire dispose d’un nouveau gouvernement depuis ce mardi 10 juillet. Un changement éminemment politique, qui risque de calmer difficilement les tensions entre alliés. Entre perdants et gagnants, ne faut-il pas craindre de futurs conflits de compétence ? Voici cinq choses à savoir sur ce nouveau gouvernement.

1. Un gouvernement politique

Ce qui frappe immédiatement, c’est son nombre : 36 ministres, dont le Premier ministre, cinq secrétaires d’État et deux ministres auprès du président de la République. Ce « gouvernement pléthorique », dénoncé par des médias proches de l’opposition, est essentiellement politique : il est dominé par le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, mouvance présidentielle).

Le Rassemblement des républicains (RDR d’Alassane Ouattara) se taille la part du lion, avec 25 postes, contre 12 pour le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI d’Henri Konan Bédié), deux pour l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI).

Les petits partis, comme le Mouvement des forces d’avenir (MFA) et le Parti ivoirien des travailleurs (PIT), disposent respectivement d’un poste de secrétaire d’État et de ministre. Quant à la société civile, deux postes lui ont été attribués.

2. Tensions au sein du RHDP

Manifestement, ce nouveau gouvernement ne devrait pas apaiser les tensions entre le président Alassane Ouattara et son grand allié Henri Konan Bédié. « En reconduisant les ministres initiateurs de « Sur les traces d’Houphouët-Boigny », courant politique désapprouvé par Bédié, Ouattara fait un affront à son allié. Par ailleurs, contrairement à ses habitudes, le président de la République n’a pas pris soin, pour la formation de ce gouvernement, de demander une liste de ministrables au président du PDCI. Cela va laisser des traces », commente un proche de Bédié, interrogé par Jeune Afrique.

Selon certaines indiscrétions, le PDCI pourrait soit ne pas commenter la présence de certains de ses cadres au gouvernement, soit prendre acte. Une attitude que pourrait aussi observer Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale, qui n’a auparavant pas adoubé la nomination de Sidiki Konaté, cadre des ex-rebelles des Forces nouvelles.

3. Les gagnants

Albert Toikeusse Mabri, président de l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI), signe son retour au gouvernement. Il hérite néanmoins d’un portefeuille relativement chahuté : l’Enseignement supérieur, secoué depuis des mois par une série de grèves autant de la part d’étudiants que d’enseignants.

Le remaniement a également été bénéfique pour une commune d’Abidjan : Attécoubé. Son maire (PDCI), Paulin Claude Danho, a été nommé ministre des Sports et son député (UDPCI), Laurent Tchagba, ministre de l’Hydraulique.

4. Les perdants

Grand perdant de la dissolution du gouvernement : Amadou Soumahoro. Nommé ministre des Affaires politiques, il y a à peine deux mois, il a été remplacé par Gilbert Koné Kafana, qui est désormais chargé des Relations avec les institutions de la République.

De même, s’il est vrai que Bruno Koné a été personnellement missionné par Ouattara pour mettre de l’ordre au ministère de la Construction, miné par la corruption, dit-on, il a tout de même été évincé de son poste de porte-parole du gouvernement, au profit de Sidi Tiémoko Touré, dont le passage au ministère de l’Emploi des jeunes n’a pas été très convaincant.

5. De futurs conflits de compétence ?

La création de nouveaux postes ministériels soulève également la question des réelles attributions. Certains ministères semblent en effet relativement comparables à ceux déjà existants. Ainsi, quelle sera la mission précise du ministre de la Ville (François Albert Amichia), alors qu’il existe déjà un ministère de l’Assainissement et de la Salubrité (dirigé par Anne Désirée Ouloto), un ministère de l’Environnement et du Développement durable (Joseph Séka Séka) et un ministre chargé de l’Urbanisme (Bruno Nabagné Koné) ?

De même, le citoyen ordinaire a du mal à cerner les nuances entre le ministère chargé de l’Entretien routier et celui des Transports.

Jeuneafrique.com par

Présidentielle en Côte d’Ivoire: le parti du président veut une primaire au sein d’un grand parti unifié

mai 6, 2018

 

Alassane Ouattara, lors de son allocution télévisée du 7 mars 2018. © DR / Présidence Côte d’Ivoire.

Le RDR, parti du président ivoirien Alassane Ouattara, a voté samedi lors d’un Congrès extraordinaire pour la formation d’un grand « parti unifié » avec ses alliés au pouvoir, mais veut une primaire avant la présidentielle de 2020.

« Tout le monde a voté en masse pour le parti unifié », a annoncé Henriette Diabaté, la présidente du Rassemblement des Républicains, après l’acceptation du projet par acclamation.

Les cadres du RDR vont déposer des statuts auprès des autorités et fixer la date d’un congrès constitutif « dans les meilleurs délais », a indiqué Alassane Dramane Ouattara, dit ADO.

M. Ouattara, président d’honneur du RDR, a déclaré que le « parti unifié (était) une chance pour la Côte d’Ivoire ». « L’égoïsme ne mène nulle part », a-t-il ajouté, estimant que la nouvelle formation serait un facteur « de stabilité politique et développement économique ».

Sans jamais prononcer le mot de primaire, ADO, qui effectue son deuxième mandat, a toutefois précisé en vue de la présidentielle de 2020 que le nouveau parti devra « poser la base du choix de notre prochain candidat (…) ce sera un choix démocratique. Tout le monde pourra être candidat. Le meilleur d’entre nous sera désigné ».

La transformation en un parti unifié de la coalition au pouvoir Rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la paix (RHDP) est un serpent de mer de la politique ivoirienne depuis une dizaine d’années.

Voulu par le président Ouattara, elle se heurtait à des réticences au sein de son propre parti mais surtout de ses alliés et notamment du principal d’entre eux le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), de l’ancien président Henri Konan Bédié, qui a permis son élection en 2010 et 2015.

Achoppement autour de la désignation du candidat à la présidentielle de 2020

Un des points d’achoppement est justement l’investiture du candidat à la présidentielle de 2020 : une partie des membres du PDCI estiment que cette investiture revient de droit à leur formation, puisqu’ils ont soutenu celle du RDR à deux reprises.

Patrick Achi, secrétaire général de la présidence mais aussi membre du PDCI invité du Congrès, a affirmé samedi que le « PDCI fera sa part de chemin », mais de nombreux cadres de sa formation ont déjà fait savoir qu’ils étaient hostiles au projet tant que le RDR ne promettait pas de soutenir un candidat PDCI à la présidentielle.

Pendant ce congrès qui a rassemblé entre 20 et 30.000 personnes selon les organisateurs, le président de l’Assemblée Guillaume Soro côtoyait le ministre de la Défense Hamed Bakayoko. Les deux hommes souvent présentés comme des frères ennemis et à qui l’on prête des ambitions présidentielles n’ont pas cessé de plaisanter et de discuter sur l’estrade, affichant ainsi une complicité au moins de façade qui a fait la joie des photographes et des vidéastes.

Ancien chef de la rébellion, M. Soro, qui était en froid avec le parti et n’avait pas été invité à son congrès en septembre, a été acclamé par la foule quand son nom a été prononcé évoqué par la secrétaire générale du mouvement Kandia Camara.

Jeuneafrique.com par AFP

Côte d’Ivoire: un enregistrement clandestin de Guillaume Soro fait polémique

mars 31, 2018

 

Kandia Camara et Guillaume Soro, à son arrivée au siège du RDR à Abidjan le 29 mars 2018 © RDR

Réalisé lors d’une réunion du parti présidentiel, cet enregistrement révèle les réserves de Guillaume Soro sur le parti unifié, avivant encore les tensions au sein de la coalition au pouvoir.

Les images de concorde et d’unité retrouvée au sein du parti présidentiel n’auront fait illusion que durant quelques heures. La participation de Guillaume Soro à un comité de direction du Rassemblement des républicains (RDR), jeudi 29 mars, avait pourtant été minutieusement médiatisée.

Guillaume Soro tout sourire avec Henriette Dagri-Diabaté, la présidente du RDR ; Guillaume Soro riant avec Kandia Camara, la secrétaire générale ; Guillaume Soro avec Amadou Gon Coulibaly, premier vice-président du RDR et premier ministre : photos et vidéos ont été abondamment diffusées. Car malgré son titre de vice-président, Guillaume Soro est peu présent aux réunions de son parti : cela faisait près de trois mois qu’il n’avait participé à aucune d’entre elles.

Relations dégradées

À Abidjan, le malaise entre l’ancien chef rebelle et une partie des cadres du RDR est un secret de polichinelle. Depuis les mutineries de janvier et mai 2017, les relations se sont fortement dégradées, sur fond de rivalités pour la présidentielle de 2020.

Au-delà des belles images, les divergences ont été révélées par la diffusion d’un enregistrement clandestin de la réunion des caciques du RDR. On y entend Guillaume Soro émettre des réserves vis-à-vis du parti unifié. « L’actualité politique ces dernières semaines a bien montré le trouble qu’il y a sur la question du RHDP, du parti unifié. Je pense qu’il faut que nous ayons un cadre formel pour examiner cette question de façon approfondie. Parce que telles que les choses se présentent, il y a le sentiment bien réel que le RDR court, coûte que coûte, derrière le parti unifié et les autres temporisent. Or ce sont les autres qui, normalement, devraient courir derrière le RDR pour un parti unifié », déclare notamment le président de l’Assemblée nationale ivoirienne.

Guillaume Soro se distingue ainsi de la position du reste de la direction du RDR sur ce sujet sensible. Celui-ci est au cœur des tensions actuelles entre le RDR et son allié du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Le RDR prône en effet l’instauration rapide d’un parti unifié, avec une proclamation dans l’année et l’instauration d’une période transitoire n’excédant pas un an et demi. Une déclaration en ce sens doit être faite à l’issue du prochain bureau politique du parti, prévu le 5 avril.

Pour le PDCI, l’alternance avant l’union

Mais pour l’heure, il ne parvient pas à convaincre son allié. Le PDCI, lui, ne veut pas entendre parler de parti unifié avant le scrutin présidentiel de 2020 et exige auparavant « l’alternance », c’est-à-dire l’élection à la magistrature suprême d’un candidat issu de ses rangs.

Guillaume Soro serait-il plus proche du PDCI que du RDR ? Alors que le président de l’Assemblée nationale s’est affiché à plusieurs reprises aux côtés d’Henri Konan Bédié ces derniers mois, il se plait en tout cas à le laisser penser.

« Han! Donc les réunions aussi importantes du RDR on enregistre les gens! La politique est vraiment politique ! » Si dans un tweet, il a bien pourfendu la fuite de son discours devant la cadres du RDR, ses soutiens se sont empressés de le relayer et de le partager à des journalistes.

Acte d’indiscipline

Quant à l’auteur de l’enregistrement clandestin, il a été rapidement identifié par le parti. Il s’agit d’Adama Diomandé, selon un communiqué publié samedi. Le RDR a condamné un « acte d’indiscipline ». Face aux nouvelles tensions que fait surgir cette diffusion, certains militants ont appelé à la démission d’Adama Diomandé. Celui-ci a présenté des excuses.

Jeuneafrique.com par et

Côte d’Ivoire: petites piques assassines et attaques frontales massives entre PDCI et RDR

mars 12, 2018

Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié lors d’un meeting du RHDP en septembre 2015. © REUTERS/ Thierry Gouegnon

 

Le ton est monté d’un cran, ce week-end, entre alliés du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, mouvance présidentielle), à l’approche des premières élections sénatoriales de la Côte d’Ivoire post-indépendance.

Les hostilités ont été ouvertes, samedi à Yamoussoukro par Jean-Louis Billon, porte-parole du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, membre de la mouvance présidentielle), lors d’une cérémonie destinée à rendre hommage au président du parti, Henri Konan Bédié. L’ancien ministre du Commerce, proche de Bédié a martelé, au grand bonheur de milliers de partisans de son parti, que « Sans le PDCI, le RHDP n’est rien. Sans le PDCI, il n’y a pas de RHDP ».

Attaques et contre-attaques

Autre proche collaborateur de Bédié, autre pique assassine, lors de la même cérémonie. Maurice Kakou Guikahué, secrétaire exécutif du PDCI, numéro deux du parti, faisant allusion au Rassemblement des républicains (RDR, parti d’Alassane Ouattara) accuse : « Aujourd’hui on peut avoir des doutes, les gens peuvent nous enlever les PCA [présidence de Conseil d’administration, NDLR], ils peuvent nous enlever les directeurs généraux, ils peuvent nous enlever tout. Suivons notre route, en avant pour 2020 pour cent présidents de conseils d’administration, mille ministres, quatre-vingt-dix directeurs généraux ! »

Jean-Louis Billon est un petit politicien, un politicien de salon

La réponse du berger à la bergère ne s’est pas fait attendre. Réunis à Abidjan, le lendemain, à l’occasion d’une cérémonie dédiée aux femmes, des responsables du RDR sont montés au créneau, privilégiant les attaques personnelles. « Jean-Louis Billon est un petit politicien, un politicien de salon. Il peut continuer à aller jouer au bowling à l’hôtel », a lancé l’ancien ministre Adama Bictogo, vice-président du parti. Ajoutant, concernant le numéro deux du PDCI, qu’il était « un homme du passé, un irresponsable qui ne mérite pas de diriger ».

Kandia Camara, secrétaire générale du RDR, enfonçant le clou, a fait savoir que le porte-parole du PDCI, déchu de son poste de président du conseil régional du Hambol (nord) est « un aigri », qui « fait de la politique alimentaire ».

Deux idéologies qui s’opposent

Pour le politologue Sylvain N’Guessan, cette passe d’armes verbales entre alliés, est l’un des signes visibles de « la bataille en vue du contrôle, de la gestion de l’exécutif en 2020. En toile de fonds, deux idéologies qui s’opposent. Au PDCI, une certaine tendance souverainiste estime qu’il faut « préserver certains impératifs stratégiques ». En face, au RDR, une idéologie de type mercantiliste voudrait que tout ce qui compte revienne uniquement au RDR. Impossible donc pour ces deux idéologies de parler d’alternance, en 2020 ».

Pour lui, les deux partis sont allés si loin dans la violence verbale que d’un côté, « le RDR tentera d’imposer le parti unifié [projet politique majeur de Ouattara, NDLR] et devrait avoir avec lui une frange des cadres du PDCI » et de l’autre « Le PDCI [qui] perdra des cadres, mais sans imploser ». En attendant, les deux principaux partis du RHDP se sont entendus pour présenter des listes communes, avec l’Union pour la démocratie et la paix (UDPCI de l’ancien ministre Albert Toikeusse Mabri) aux futures sénatoriales, pour le compte de la mouvance présidentielle.

Une bataille du chaud et du froid à laquelle les deux partis politiques se livrent depuis plusieurs mois, au gré des relations tantôt tendues, tantôt apaisées, entre Bédié et Ouattara et qui commence à ne plus surprendre les Ivoiriens.

Jeuneafrique.com par André Silver Konan

Côte d’Ivoire: Alassane Ouattara choisit Henriette Dagri Diabaté pour présider son parti

septembre 10, 2017

Plus de 10 000 personnes sont rassemblées ce dimanche à Abidjan pour le deuxième jour du congrès du RDR. © Anna Sylvestre-Treiner / Jeune Afrique

Le président ivoirien a créé la surprise ce dimanche 10 septembre en faisant élire Henriette Dagri Diabaté comme présidente du Rassemblement des Républicains (RDR), tant était attendue – et annoncée – l’arrivée d’Alassane Ouattara à ce poste. Une autre femme, Kandia Camara, devient secrétaire générale du RDR.

Au Rassemblement des Républicains (RDR), le pouvoir est désormais un mot qui se conjugue au féminin. Dans l’arène du Palais des Sports d’Abidjan pleine de plusieurs milliers de militants, Alassane Ouattara a déjoué tous les pronostics. Ce troisième congrès ordinaire – le premier depuis 2008 – devait être le sien, celui de son grand retour à la tête de son parti. Mais après un discours grave et déterminé de plus d’une heure, le président ivoirien a décliné la proposition des congressistes, proposant qu’Henriette Dagri Diabaté prenne à sa place les rênes du RDR.

La Grande chancelière, fondatrice du RDR, a aussitôt été élue par acclamation par la salle. « C’est avec un grand honneur », a-t-elle déclaré. « Le RDR, c’est notre vie! Vous pourrez compter sur nous. » Alassane Ouattara a néanmoins assuré les militants qu’il resterait « très proche ».

Figure historique du RDR et alliée de longue date d’Alassane Ouattara, Henriette Diabaté, âgée de 82 ans, a notamment été ministre de la Justice de 2002 à 2005, tout en tenant le rôle d’opposante et de chef du RDR – elle a notamment occupé le poste de secrétaire générale pendant les années d’opposition – pendant l’absence d’Alassane Ouattara.

Kandia Camara devient secrétaire générale

La nouvelle secrétaire générale du parti est elle aussi une femme : Kandia Camara, ministre de l’Éducation nationale, prend les rênes du parti présidentiel. Visiblement surprise, elle a fondu en larmes à cette annonce.

Il s’agit de renforcer la cohésion au sein du RDR et de l’amener vers la création d’un parti unifié.

Elle a en effet été préférée à quatre hommes – Adama Bictogo, Amadou Soumahoro, Ibrahim Cissé Bacongo et Gilbert Koné Kafana – qui s’étaient portés candidats. Elle va avoir la lourde tâche de conduire le parti jusqu’à la prochaine élection présidentielle de 2020.

« C’est un sentiment de joie et de fierté mais j’imagine bien l’ampleur de la tâche. Il s’agit de rendre le RDR encore plus grand, plus fort, plus uni, plus conquérant. Il s’agit de renforcer la cohésion au sein du RDR et de l’amener vers la création d’un parti unifié. Le RDR doit tout mettre en œuvre pour gagner toutes les prochaines échéances électorales », a-t-elle déclaré à la presse.

Kandia Camara, la nouvelle secrétaire générale du RDR, lors du congrès à Abidjan ce dimanche 10 septembre 2017. © Anna Sylvestre-Treiner / Jeune Afrique

Alors que la bataille pour la présidentielle de 2020 est d’ores et déjà engagé, le défi est important : le RDR fait face à des tensions internes – notamment avec les partisans de Guillaume Soro – et externes. Son alliance avec le Parti démocratique (PDCI) de Côte d’Ivoire semble semble également battre de l’aile.

Bédié et moi nous sommes ensemble !

Mais Alassane Ouattara a balayé toutes les rumeurs de frictions : « À tous ceux qui se font des illusions, je veux dire : Bédié et moi nous sommes ensemble! Nous savons ce que nous avons vécu et nous savons ce que nos incompréhensions ont eu comme conséquences pour le pays », a-t-il déclaré, rappelant les quatre mois vécus côte à côte à l’hôtel du Golf. « Nous sommes alliés et nous serons unifiés », a-t-il poursuivi, insistant sur son ambition de voir la création de ce parti unifié effective avant la fin de l’année.

Amadou Gon Coulibaly devient 1er vice-président

Aux côtés de Kandia Camara trois secrétaires généraux délégués ont été désignés : les ministres Maurice Bandaman et Anne Ouloto et Mamadou Touré, le secrétaire d’État chargé de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.

Alassane Ouattara a aussi renforcé la place d’Amadou Gon Coulibaly. Le premier ministre, vu par beaucoup comme son dauphin, est 1er vice-président. Vingt autres vice-présidents seront nommés dans les jours qui viennent.

Jeuneafrique.com par

Côte d’Ivoire: Alassane Ouattara verrouille le congrès du RDR dont Guillaume Soro sera absent

septembre 8, 2017

Le président ivoirien Alassane Ouattara à Abidjan, le 12 avril 2011. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

A la veille de ce qui s’annonce comme le plus grand congrès ordinaire de l’histoire du Rassemblement des républicains (RDR), le 9 et 10 septembre à Abidjan, les grandes manœuvres se poursuivent. Le chef de l’État a convoqué ses fidèles pour s’assurer que le congrès se déroule comme prévu, et Guillaume Soro devrait confirmer dans la journée sa non-participation.

A quelques heures de l’ouverture du troisième congrès ordinaire en vingt-trois d’existence du Rassemblement des Républicains (RDR), le chef de l’État est à la manœuvre. Jeudi, Alassane Ouattara, toujours au cœur du dispositif, a reçu certains cadres du parti à la Présidence, parmi lesquels Ibrahim Cissé Bacongo, l’ex-ministre de la Fonction publique, Mamadou Touré, le secrétaire d’État à la Formation professionnelle ou encore Sidi Tiémoko Touré, le ministre de la Promotion de la jeunesse.

Le président ivoirien a également convoqué un comité politique du RDR, qui se tiendra ce vendredi en début de soirée à la Présidence. L’objectif : informer ses visiteurs du modus operandi à adopter. Le conseil politique regroupe tous les ministres issus du RDR, les présidents d’institutions ainsi que certains dignitaires du parti. Et cette réunion du comité politique est importante, car c’est là que toutes les décisions stratégiques du parti seront prises.

Guillaume Soro a toujours fui le débat interne à l’intérieur du parti

Un congrès qui servira de formalité

Le congrès ne servira, en fait, que de formalité et permettra de faire les annonces des décisions prises lors de cette réunion. Comité politique qui se déroulera d’ailleurs sans Guillaume Soro, le président de l’Assemblée nationale, pourtant membre de cette instance. Mieux, les représentants de Guillaume Soro convoqués à cette séance ont décliné l’invitation. Le président de l’Assemblée Nationale sera le grand absent du congrès, car il se trouve encore hors du pays. Ses partisans rendront public dans la journée une déclaration  pour annoncer cette absence de l’ex-Premier ministre d’Alassane Ouattara, mettant ainsi fin au suspense et supputations.

« Nous ne sommes pas surpris, Guillaume Soro a toujours fui le débat interne à l’intérieur du parti.  En janvier dernier, avant la nomination du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, le président Ouattara avait convié tous les membres de direction pour leur expliquer son choix et ouvrir le débat. Le président de l’Assemblée Nationale a prétexté un empêchement et s’est fait représenter par un de ses proches, Konate Sidiki », glisse à Jeune Afrique un membre influent du gouvernement, sous le sceau de l’anonymat.

Jeuneafrique.com par

 

Côte d’Ivoire: malaise au sein de la coalition au pouvoir

juillet 14, 2017

Affiche électorale pour la présidentielle de 2015 en Côte d’Ivoire © Sylvain Cherkaoui / JA

Jean-Louis Billon suspendu, Niamien N’Goran limogé, plusieurs cadres du PDCI ont été mis sur la touche par la présidence ivoirienne, révélant les tensions de plus en plus fortes entre le parti d’Alassane Ouattara et son principal allié.

Ce mercredi 13 juillet, lorsqu’il arrive au palais présidentiel juste après le Conseil des ministres, Niamien N’Goran pense simplement remettre son rapport annuel. Il ne se doute pas que quelques instants plus tard Alassane Ouattara va lui signifier son limogeage du poste d’inspecteur général d’État, qu’il occupe depuis 2011. Une fin de mission due à sa défaite à Daoukro lors des législatives de décembre, lui explique le chef de l’État ivoirien.

Ce renvoi est surtout le symptôme des tensions de plus en plus grandes entre le Rassemblement des Républicains (RDR) et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), les deux grands alliés au pouvoir, et leurs chefs respectifs, Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié.

Alassane Ouattara fait ainsi savoir son mécontentement à Henri Konan Bédié

En effet, Niamien N’Goran n’est pas seulement vice-président du PDCI, il est aussi le neveu du patron du parti. Juste avant lui, un autre cadre était mis à l’écart du pouvoir : en conseil des ministres, Jean-Louis Billon a été suspendu de la tête du Conseil régional du Hambol (centre-nord) pour « dissensions graves ». Les deux hommes attendent désormais la signification officielle de ces décisions.

« Alassane Ouattara fait ainsi savoir son mécontentement à Henri Konan Bédié », commente un observateur de la vie politique ivoirienne. Depuis 2010 et le soutien de Bédié à Alassane Ouattara face à Laurent Gbagbo lors de l’élection présidentielle, les deux hommes n’ont cessé de s’afficher en tandem harmonieux à la tête du pays.

Régulièrement consulté par Alassane Ouattara, le président du PDCI peut aussi compter plusieurs des figures de son parti à des postes clés de l’Etat et du gouvernement. En 2015, « l’appel de Daoukro » lors duquel Henri Konan Bédié a poussé son parti à renoncer à un candidat à la présidentielle et à se ranger derrière Alassane Ouattara, a encore renforcé cette alliance.

Succession d’Alassane Ouattara

Mais depuis quelques semaines, leur entente bas de l’aile. En cause, la succession d’Alassane Ouattara en 2020. Dans une interview accordée à Jeune Afrique mi-juin, le natif de Daoukro a affirmé que « le PDCI aura un candidat en 2020. Et ce sera le candidat unique du RHDP ». Des déclarations qui ont fait l’objet d’un échange téléphonique, en début de semaine, entre le patron du PDCI – en vacances en France depuis début juin – et le chef de l’État.

Si elle a remis en selle Henri Konan Bédié, accusé par certains de ses militants d’avoir « vendu » le parti, cette sortie a fait grincer des dents auprès des proches du chef de l’Etat. « Bédié nous doit beaucoup. En 2015, nous aurions gagné même sans son soutien. Si le PDCI a encore des places au sein du pouvoir, c’est grâce à nous, il devrait plutôt nous remercier », estime un des dirigeants du RDR.

Au-delà, c’est le rapprochement entre Henri Konan Bédié et Guillaume Soro, qui agace l’entourage présidentiel. En une semaine, les deux hommes se sont entretenus à deux reprises à Paris, pendant qu’à Abidjan, les tensions sont exacerbées entre les proches de l’ancien chef de la rébellion et le parti présidentiel depuis la dernière mutinerie, en mai.

Réunion extraordinaire du PDCI

Henri Konan Bédié, qui n’avait pas été informé au préalable par Ouattara du limogeage de son protégé – ce qui n’était pas arrivé depuis que la coalition a remporté la présidentielle face à Laurent Gbagbo en novembre 2010 -, a donné des instructions à Noël Akossy Bendjo, intérimaire de Maurice Kakou Guikahué, coordonnateur du secrétariat exécutif du PDCI, pour qu’une « réunion extraordinaire » soit convoquée demain à Abidjan. Le PDCI devrait, à cette occasion, prendre acte des décisions prises par Ouattara et déclarer attendre les instructions de Bédié. Le sphinx de Daoukro est attendu à Abidjan avant la fin du mois.

Jeuneafrique.com par

Côte d’Ivoire : le RDR annonce son congrès et dénonce le débat « malsain » sur l’alternance

juillet 5, 2017

Le président Ivoirien, Alassane Ouattara, lors du référendum constitutionnel, à Abidjan, le 30 octobre 2016. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

Le troisième congrès du Rassemblement des républicains (RDR), le parti d’Alassane Ouattara, aura lieu à Abidjan les 9 et 10 septembre, a annoncé le bureau politique du parti, mardi 4 juillet. Une réunion pendant laquelle le parti a appelé ses « alliés à la sérénité », alors que le débat sur l’alternance accapare l’essentiel des discussions politiques.

La date est désormais fixée. Le troisième congrès ordinaire du Rassemblement des républicains (RDR) aura lieu les 9 et 10 septembre 2017 à Abidjan, a déclaré le porte-parole adjoint du parti, Mamadou Touré, au terme du bureau politique du RDR mardi soir. Une déclaration lue au siège du parti face à une salle comble et en présence des hauts cadres de la formation présidentielle, dont le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly.

Si le troisième congrès était à l’ordre du jour du bureau politique, le parti en a également profité pour condamner « la résurgence du débat sur la succession du président de la République et la question de l’alternance en 2020 ». Un « débat malsain et inopportun », a jugé mardi la direction du RDR, appelée par sa base à réagir après les dernières déclarations du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, son allié politique au sein du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Dans une interview accordée en juin à Jeune Afrique, Henri Konan Bédié avait affirmé que son parti présenterait un candidat lors de la prochaine présidentielle. « Le PDCI aura un candidat en 2020. Ce sera le candidat unique du RHDP. Il faut qu’Alassane Ouattara et moi nous entendions sur ce point pour que cette alternance ait lieu », avait-il assuré.

Le RDR « appelle les partis alliés à la sérénité »

Cette déclaration avait échaudé une partie de la base militante du RDR, de plus en plus critique envers l’alliance entre les deux partis. Des tensions et incompréhensions qu’a d’ailleurs relayé le secrétaire général du parti par intérim, Amadou Soumahoro, rapportant les doléances exprimées par les militants lors des pré-congrès d’avril.

« Les militants estiment que les alliés ne s’impliquent pas suffisamment dans la gestion des affaires de l’État, notamment en période de crise sociale », a-t-il déclaré, s’attirant les applaudissements nourris de la salle.

Des accrocs que le RDR entend dépasser. « Le bureau politique appelle à la création dans les meilleurs délais du parti unifié autour des idéaux de l’houphouétisme […] et invite les partis alliés à la sérénité », a ainsi déclaré Mamadou Touré, déplorant « le fait que certaines personnalités et rédactions de journaux appellent à la division ».

« C’est au sein du parti unifié que nous discuterons de toutes les questions : aussi bien de l’alternance que de la mobilisation de nos partis », a renchéri Adama Bictogo, secrétaire général adjoint du parti. Avant d’ajouter : « Le RDR est le premier parti politique et se veut d’être le fer de lance du parti unifié. Il y aura certainement des modalités à respecter et quelques réglages, mais nous croyons toujours au RHDP. »

Jeuneafrique.com par – à Abidjan

Côte d’Ivoire : les frondeurs du PDCI sanctionnés

décembre 9, 2016

Henri Konan Bédié. © SYLVAIN CHERKAOUI POUR J.A.

Les instances dirigeantes du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) ont décidé de sanctionner les frondeurs opposés à l’alliance de leur parti avec le RDR d’Alassane Ouattara pour les législatives du 18 décembre.

Quarante-huit membres du bureau politique et du comité des sages du parti ont ainsi été suspendus « jusqu’à nouvel ordre de leurs fonctions et de toutes activités du PDCI-RDA », fait savoir un communiqué signé le 6 décembre par Henri Konan Bedié et publié mercredi.

Les candidats indépendants sanctionnés

Parmi les personnalités sanctionnées, la députée sortante de Cocody, Yasmina Ouégnin, le député de Port-Bouët Kouadio Konan Bertin, le candidat dans la circonscription de Bouko et Bouna, Palé Dimaté, ou encore Yao Kouame Bruce, candidat à Attécoubé. Contre l’avis du parti, ces derniers avaient décidé de se porter candidats en indépendant après avoir vu leurs candidatures rejetées par la coalition au pouvoir.

Certains de leurs soutiens écopent également d’une suspension, fait savoir le parti. À l’image de Georges Ouégnin, ancien directeur du protocole de Félix Houphouët-Boigny et d’Henri Konan Bédié, par ailleurs père de la députée Yasmina Ouégnin.

Rupture entre les frondeurs et les cadres du PDCI 

Après les mises en garde de la direction du PDCI, ces derniers avaient refusé de se désister, quitte à affronter le 18 décembre prochain le candidat investi par le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, coalition au pouvoir).

Une alliance électorale qu’ils jugent trop défavorable au PDCI. Celui-ci est désormais confronté à une fronde grandissante : « Les militants ne veulent pas d’une alliance qui tue leur parti », avait ainsi dénoncé Kouadio Konan Bertin (KKB), frondeur de la première heure et ex-candidat à l’élection présidentielle de 2015, avant de plaider pour un « renouvellement de la direction du PDCI ».

Jeuneafrique.com par Claire Rainfroy

Libération de Gbagbo, Simone, Affi…/ Le Rdr répond au Fpi: « Personne ne sera libéré sans justice »; « Les coupables de notre camp doivent être jugés »

juillet 26, 2011

Le fraîchement secrétaire général du Rdr par intérim, l`ex-ministre Amadou Soumahoro, a réagi hier lundi 25 juillet, aux appels de l`ancien parti au pouvoir à libérer ses dignitaires incarcérés.

Saisissant l`occasion de la tribune que lui a offerte le confrère L`expression, le désormais patron du Rdr n`a pas caché l`opposition de son parti à toute concession tendant à remettre en liberté les dignitaires de l`ancien régime.

Pour Amadou Soumahoro, pas question de relâcher Gbagbo et les siens sans que la justice ne statue sur leur cas. « C`est vrai que nous sommes déterminés à aller à la réconciliation, mais la réconciliation ne peut se faire sans justice. C`est après la justice que la réconciliation se fera. Il y a eu quand même 3000 morts, on ne peut passer cela par pertes et profits. On veut faire comme si rien ne s`était passé, c`est trop facile. Personne ne sera libéré sans justice », a martelé le successeur d`Henriette Diabaté. Et le nouveau patron du parti au pouvoir de fustiger les manoeuvres du Fpi visant à obtenir la libération des siens en résidence surveillée: « Comment voulez-vous que ceux qui sont soupçonnés d`être à la base de ces tueries soient blanchis, libérés, comme ça! (…) Ils ont été rattrapés par ce qu`ils ont organisé, qu`ils assument. Ils se rendent ridicules quand ils demandent qu`on libère les gens sans que justice soit rendue ». Mais cette justice qu`il appelle de tous ses voeux, ce n`est point une justice des vainqueurs. « Que cette justice soit neutre. Même si un des nôtres s`est rendu coupable de ce genre de tuerie, qu`il soit aussi jugé », a-t-il répété.

Par ailleurs, Amadou Soumahoro s`est prononcé sur les réclamations du parti au pouvoir concernant le rééquilibrage de la Commission électorale indépendante (Cei). Plus que la revendication du Fpi, c`est la propension de ce parti à ne pas respecter sa parole ou sa signature qu`il déplore. « Je suis surpris que le Fpi, qui s`est longtemps battu pour l`application des textes, fasse une telle demande. C`est l`accord de Pretoria qui a défini les clés de répartition de la commission électorale indépendante (Cei).

En ce qui concerne le Rdr, nous ne sommes pas d`accord; nous ne pouvons pas changer les règles du jeu pendant le jeu. Le Rdr ne soutiendra pas cela. Ce sont les règles qui nous ont amenés aux présidentielles qui nous conduirons aux législatives », a-t-il fermement soutenu.

Au cas où le Fpi boycotterait les législatives, « c`est tant pis, nous irons aux élections et la Côte d`Ivoire va fonctionner », a-t-il renchéri. Interrogé sur le maintien de Ouattara à la présidence du Rdr alors qu`il est président de la République, Amadou Soumahoro a eu cette réponse: « Il n`a pas démissionné parce qu`il n`avait pas encore commencé à exercer. Il n`est pas homme à vouloir être président de la République et président du Rdr. Il n`est pas un cumulard ». Son nouveau poste de secrétaire du Rdr, un garage ? « Non, le poste de secrétaire général du Rdr ne peut être un garage(…)

Etre à la tête du parti au pouvoir, ce n`est pas rien. Moi, je parle au quotidien avec le chef de l`Etat. Je peux appeler le président de la République tous les jours, ce qu`un ministre ne peut faire (…) Qu`on le veuille ou pas, le secrétaire général du Rdr a son mot à dire dans ce pouvoir », a-t-il souligné.

L’Inter par Assane NIADA