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Les combats reprennent dans le nord de l’Éthiopie, après cinq mois de trêve

août 24, 2022
Les combats reprennent dans le nord de l'Ethiopie, apres cinq mois de treve
Les combats reprennent dans le nord de l’Ethiopie, après cinq mois de trêve© AFP/Archives/EDUARDO SOTERAS

Des combats ont repris mercredi dans le nord de l’Ethiopie, dans des zones frontalières de la région du Tigré, entre rebelles tigréens et gouvernement fédéral qui se rejettent la responsabilité d’avoir brisé une trêve observée depuis cinq mois.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est dit « profondément choqué et attristé » par la reprise des violences.

« J’appelle fermement à la cessation immédiate des hostilités et à la reprise des négociations de paix » entre gouvernement et rebelles, ainsi qu’à garantir l’accès à l’aide humanitaire aux personnes en ayant besoin, a-t-il ajouté.

Mercredi matin, les autorités rebelles du Tigré ont accusé l’armée fédérale éthiopienne d’avoir lancé une « offensive à grande échelle » contre leurs positions.

Les forces fédérales éthiopiennes « ont lancé une offensive tôt ce (mercredi) matin vers 05H00 (02H00 GMT), nous défendons nos positions », a déclaré dans la matinée à l’AFP un porte-parole des autorités rebelles du Tigré, Getachew Reda.

« Ne tenant aucun compte des nombreuses offres de paix présentées par le gouvernement éthiopien », les forces tigréennes « ont lancé une attaque aujourd’hui à 05H00 » (02H00 GMT) et « ont rompu la trêve », a répondu le gouvernement dans un communiqué, appelant la communauté internationale à exercer « une force pression » sur les rebelles.

La région est largement coupée du reste du pays et il est impossible de vérifier les affirmations de chacun des deux camps de manière indépendante.

Ces combats sont les premiers d’ampleur signalés depuis une trêve conclue fin mars et jusqu’ici largement respectée, qui avait notamment permis une reprise progressive de l’aide humanitaire vers la région, plongée dans des conditions proches de la famine.

Avion abattu

Gouvernement comme rebelles ont fait état mercredi de combats des deux côtés de la pointe sud-est du Tigré, qui s’enfonce entre les régions de l’Amhara à l’ouest et de l’Afar à l’est.

La milice amhara Fano – qui épaule les forces gouvernementales – affirme que les combats se déroulent dans deux zones – Mehago et Jemedo – de la région Amhara, frontalières du Tigré, ajoutant qu’aucun combat n’a lieu dans l’immédiat au Tigré même, sans qu’il soit possible de le confirmer de source indépendante.

L’APDA, ONG active en région Afar, a de son côté fait état de combats dans une zone frontalière du sud-est du Tigré: « Des forces fédérales sont présentes en nombre (dans la zone) de Yallo et repoussent » les rebelles tigréens « hors de l’Afar ».

L’armée éthiopienne a par ailleurs annoncé mercredi que son aviation avait abattu – à une date non précisée – un avion chargé d’armes destinées aux rebelles du Tigré, qui avait « violé l’espace aérien éthiopien en passant par le Soudan », une affirmation qualifiée de « mensonge flagrant » par Getachew Reda.

« Violation grave »

Une source humanitaire ayant requis l’anonymat a indiqué à l’AFP que les autorités rebelles du Tigré s’étaient approprié « les 12 camions citernes » du Programme alimentaire mondial (PAM) stationnés dans la région, soit « 500.000 litres de carburant » nécessaires pour y distribuer l’aide alimentaire.

Le conflit a provoqué une grave crise humanitaire au Tigré, dont le tissu économique a été détruit et qui est privé d’électricité, de télécommunications ou de banques.

Le ton était monté ces derniers jours, gouvernement fédéral et rebelles tigréens s’accusant mutuellement de se préparer à reprendre les hostilités, en dépit des engagements répétés des deux camps en faveur de négociations qui n’ont toujours pas commencé.

William Davison, analyste au centre de réflexion International Crisis Group (ICG) a estimé que les combats actuels doivent cesser avant qu’ils « ne dégénèrent vers un retour à une guerre à part entière ».

« Cette violation grave de la trêve conclue en début d’année montre la nécessité pour les deux parties d’organiser des négociations directes sans conditions dès que ces combats cesseront », a-t-il indiqué.

C’est « également un avertissement fracassant » à la communauté internationale pour qu’elle fasse en sorte que des négociations de paix « se tiennent réellement ».

L’Union africaine (UA), qui a son siège à Addis Abeba et mène les efforts pour amener les belligérants à la table des négociations, n’avait toujours pas réagi mercredi en fin d’après-midi.

Le conflit au Tigré a commencé en novembre 2020, quand le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed y a envoyé l’armée déloger les autorités de la région, les accusant d’avoir attaqué des bases militaires sur place après avoir contesté son autorité durant des mois.

L’armée fédérale éthiopienne a reçu l’appui des forces régionales et de milices amhara ainsi que d’un corps expéditionnaire de l’Erythrée voisine, des troupes toujours présentes dans l’ouest du Tigré.

Après avoir initialement battu en retraite, les rebelles tigréens ont repris le contrôle de l’essentiel de la région lors d’une contre-offensive mi-2021 au cours de laquelle ils sont entrés en Amhara et Afar voisines.

Par Le Point avec AFP

Tchad : Mahamat Idriss Déby Itno signe un accord avec des rebelles

août 8, 2022

Mahamat Idriss Déby Itno, a signé lundi au Qatar un accord avec une quarantaine de groupes rebelles destiné à lancer un dialogue national le 20 août à N’Djamena.

Mahamat Idriss Déby, à N’Djamena, le 12 juin 2021. © Vincent Fournier/JA

Le président de transition au pouvoir à N’Djamena, arrivé vendredi 5 août à Doha, a signé lundi au Qatar un accord avec une quarantaine de groupes rebelles destiné à lancer un dialogue national le 20 août à N’Djamena. Le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT), l’un des principaux groupes rebelles, n’a pas signé l’accord, malgré les espoirs des médiateurs à Doha qui ont cherché à le convaincre jusqu’à la dernière minute.

Joint par Jeune Afrique, le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères Majid Al Ansari estime néanmoins que les « lignes de communication restent ouvertes avec toutes les parties (y compris le FACT, ndlr) qui ont participé aux négociations. Le Qatar est prêt à poursuivre son rôle en tant que médiateur si la demande nous est faite à l’avenir. » Il signale que 42 groupes sur les 47 représentés à Doha pendant les négociations ont signé l’accord.

Cette signature intervient après cinq mois de négociations entre le Conseil militaire de transition tchadien (CMT) et des groupes armés, qui ont débuté en mars, après plusieurs reports, pour mettre fin à des décennies de troubles et d’instabilité au Tchad.

« Ces négociations ont pris un peu de temps, en raison d’abord du nombre de participants, puis des différentes versions de l’accord et des changements de dernière minute. L’accord porte d’abord sur le format des discussions qui auront désormais lieu à N’Djamena », précise encore le porte-parole du ministère qatari.

Cessez-le-feu, désarmement…

Quant au contenu de l’accord, selon une source qui y a eu accès, il prévoit : un cessez-le-feu permanent et l’arrêt des hostilités entre toutes les parties ; l’engagement du Conseil national de transition à ne pas mener d’opérations militaires ou policières contre les groupes signataires sur le territoire tchadien ou dans les pays voisins ; un consensus sur la nécessité du désarmement des groupes militaires et leur intégration dans l’armée, et l’ouverture d’un dialogue national pour répondre aux problèmes institutionnels et organiser des élections.

Sur ce dernier point, Majid Al Ansari se montre optimiste et affirme que l’accord « ouvre désormais la voie à un scrutin », dont les modalités doivent désormais être discutées à N’Djamena. Censé ouvrir la voie au retour à un pouvoir civil, le texte a été qualifié de « moment clé pour le peuple tchadien » par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

Depuis plusieurs années, le Qatar est engagé dans une diplomatie de la médiation, qui a poussé l’émirat à organiser des discussions sur le Darfour et l’Afghanistan, notamment. Majid Al Ansari se félicite du fait que le Qatar soit désormais considéré comme « un partenaire international de confiance, doté d’une solide expérience dans la construction de la paix. »

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Centrafrique : Touadéra lance son dialogue« républicain » sans opposition ni rebelles

mars 23, 2022
Faustin-Archange Touadéra, le 30 mars 2021, lors de son investiture pour un second mandat à la tête de la Centrafrique. © Adrienne Surprenant/AP/SIPA

Le dialogue de réconciliation nationale promis de longue date par le président Faustin-Archange Touadéra s’est ouvert lundi. Il ne devrait cependant pas aboutir à des avancées notables : les groupes armés n’y ont pas été conviés, et l’opposition boycotte les discussions.

Il y a six jours, Faustin-Archange Touadéra avait annoncé, à la surprise générale, que le « Dialogue républicain » avec l’opposition et la société civile, promis il y a quinze mois, au lendemain de sa réélection contestée, aurait lieu lundi, mais avec un programme et des objectifs restés très vagues pour des débats prévus sur une semaine seulement.

Devant plusieurs centaines de participants de la majorité, de la société civile et de personnalités invitées à la cérémonie d’ouverture dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, le chef de l’État a lancé les discussions ce lundi. Encadré par deux membres russes de sa garde rapprochée aux visages masqués, Faustin-Archange Touadéra a affirmé : « Nous sommes tous mobilisés autour des idéaux de paix […], il n’y a pas de sujet tabou, nous sommes là pour laver le linge sale en famille. »

Dimanche, la quasi-totalité des partis de l’opposition avaient annoncé leur refus de participer à ce dialogue, arguant principalement que les rebelles n’y étaient pas conviés – ce qu’ils savaient depuis quinze mois – et que le programme ne prévoyait rien sur la « question de la crise post-électorale », c’est-à-dire la réélection, non légitime à leurs yeux, de Touadéra, le 27 décembre 2020 par une partie très faible du corps électoral.

Exigences de la communauté internationale

« J’attends des débats francs sur ce qui concerne le pays, l’économie, la mauvaise gouvernance, la sécurité… Certains chefs des services supposés maintenir la sécurité commettent constamment des exactions contre la population, les groupes armés aussi, et cela ne peut plus durer », a plaidé l’avocat Bruno Gbiegba, participant issu de la société civile.

Cependant, l’opposition et les experts de la région ont fustigé par avance un dialogue de réconciliation mené sans les rivaux politiques ni ennemis armés du régime, estimant qu’il ne pouvait déboucher sur aucune avancée concrète en dehors de la promesse vague d’une « feuille de route » destinée à mieux intégrer l’opposition et la société civile dans la gouvernance du deuxième pays le moins développé du monde, selon l’ONU. Ils jugent que le président ne fait que répondre à une exigence de la communauté internationale en tenant ce dialogue qu’elle finance. Une exigence de l’ONU notamment, qui maintient depuis des années sous perfusion ce pays où la moitié de la population survit dans un état d’insécurité alimentaire aiguë, et qui y a déployé à partir de 2014 l’une de ses plus coûteuses missions de Casques bleus.

Faustin-Archange Touadéra avait promis à la communauté internationale d’accomplir une telle démarche au lendemain de sa réélection, obtenue avec 53,16 % des suffrages certes, mais alors que moins d’un électeur sur trois avait eu la possibilité d’aller voter en raison de l’insécurité. Depuis, comme après son élection de 2016, quand la guerre civile entamée en 2013 avait commencé à se faire moins meurtrière, le chef de l’État et son Mouvement cœurs unis (MCU) règnent sans partage au sein du gouvernement comme du Parlement, grâce à l’appui de petits partis satellites.

Lors de la présidentielle, Bangui était menacée par l’offensive de plusieurs groupes armés occupant alors deux tiers du territoire. Touadéra avait appelé Moscou à l’aide et des centaines de paramilitaires russes étaient venus à la rescousse d’une armée démunie, s’ajoutant à ceux présents depuis 2018. Ces « instructeurs non armés » selon le Kremlin, « mercenaires » de la société privée de sécurité Wagner selon l’ONU, ont, depuis, facilement repoussé les groupes armés de la majorité des villes et territoires qu’occupaient ces derniers. Non sans être accusés par l’ONU et la France de commettre – tout comme les groupes armés et rebelles – des « crimes de guerre », et d’avoir fait main basse sur les ressources du pays.

Avec Jeune Afrique

Sénégal: 9 soldats portés disparus

janvier 26, 2022

Avec TV5Monde

Ethiopie: Abiy Ahmed à la tête de la « contre-offensive » contre les rebelles, selon un média d’Etat

novembre 24, 2021
Ethiopie: Abiy Ahmed a la tete de la "contre-offensive" contre les rebelles, selon un media d'Etat
Ethiopie: Abiy Ahmed à la tête de la « contre-offensive » contre les rebelles, selon un média d’Etat© AFP/Amanuel Sileshi

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed s’est rendu mercredi au front où il dirige la « contre-offensive » contre les rebelles venus de la région du Tigré, selon un média d’Etat, suscitant des appels internationaux à un cessez-le-feu dans cette guerre qui s’intensifie.

« Il n’y a pas de solution militaire au conflit en Ethiopie« , a martelé mercredi soir un porte-parole du département d’Etat américain, exhortant les parties « à s’abstenir de toute rhétorique incendiaire et belliqueuse » et « à faire preuve de retenue ».

Le secrétaire général de l’ONUAntonio Guterres, en visite en Colombie, a lui lancé un « appel urgent » à un « cessez-le-feu immédiat et inconditionnel afin de sauver » le pays, après plus d’un an d’un conflit marqué par le spectre de la famine.

M. Abiy, prix Nobel de la paix 2019, « mène maintenant la contre-offensive » et « dirige le champ de bataille depuis hier », a rapporté Fana Broadcasting Corporate, affirmant qu’à Addis Abeba le vice-Premier ministre Demeke Mekonnen gère désormais les « affaires courantes ».

Il n’était pas possible de savoir exactement où se trouvait M. Abiy, un ancien opérateur radio de l’armée devenu lieutenant-colonel. Fana n’a pas diffusé d’images de lui sur le terrain.

De retour d’une nouvelle mission à Addis Abeba, l’émissaire américain pour la Corne de l’Afrique, Jeffrey Feltman, avait fait état mardi de « progrès naissants » en vue d’un règlement diplomatique du conflit. Mais il a prévenu que « l’escalade » militaire risquait de les rendre vains.

La guerre a démarré au Tigré en novembre 2020 lorsque M. Abiy y a envoyé l’armée fédérale afin d’en destituer les autorités, issues du Front de libération du Tigré (TPLF), qui défiaient son autorité et qu’il accusait d’avoir attaqué des bases militaires.

M. Abiy avait proclamé la victoire trois semaines plus tard, après la prise de la capitale régionale Mekele. Mais, en juin, le TPLF a repris l’essentiel du Tigré et poursuivi son offensive dans les régions voisines de l’Amhara et de l’Afar.

Cette semaine, le TPLF a affirmé contrôler Shewa Robit, à 220 km au nord-est d’Addis Abeba.

Un médaillé olympique comme recrue

Mercredi, des centaines de nouvelles recrues de l’armée, incitées par M. Abiy à « rejoindre la campagne de survie » selon Fana, ont participé à une cérémonie à Addis Abeba.

« J’ai été ébahi quand j’ai entendu » que le Premier ministre voulait rejoindre les soldats sur le terrain, a dit à l’AFP Tesfaye Sherefa, un chauffeur de 42 ans qui faisait partie des conscrits. « Quand un dirigeant quitte (…) son trône c’est pour sauver son pays. Son objectif n’est pas de vivre mais de sauver son pays, et j’ai pleuré quand il a dit +suivez-moi+ et est allé sur la ligne de front. »

Parmi ceux qui ont promis de se battre figure le marathonien et médaillé olympique Feyisa Lilesa, qui a déclaré que l’avancée des rebelles représentait une « grande opportunité » de défendre le pays.

« Quand un pays est profané, c’est impossible pour moi de ne pas bouger et de juste regarder », a-t-il dit à un autre média officiel, Ethiopian BC.

Aux Jeux de Rio en 2016, M. Feyisa avait fait la Une en franchissant la ligne d’arrivée du marathon les bras levés et en croix – un geste de solidarité avec son peuple oromo, dont les manifestations contre le pouvoir, alors de longue date aux mains du TPLF, subissaient une forte répression.

Exodes

Le gouvernement continue d’affirmer que la progression du TPLF est exagérée, dénonçant une couverture médiatique sensationnaliste et des recommandations sécuritaires d’ambassades jugées alarmistes.

L’ONU a exprimé mercredi son inquiétude après des informations faisant état de déplacements de populations de grande ampleur dans l’ouest du Tigré, où Washington a déjà mis en garde contre un nettoyage ethnique.

Ces déplacements se feraient depuis une zone frontalière du Soudan et de l’Erythrée, a indiqué le Haut Commissariat aux réfugiés. Les autorités zonales du Tigré ont fait état de 8.000 nouvelles arrivées, pouvant même aller jusqu’à 20.000, mais ces chiffres n’ont pu être confirmés dans l’immédiat.

Londres a appelé mercredi ses ressortissants à quitter « immédiatement » l’Ethiopie, faisant état d’une « détérioration » rapide de la situation.

La France, l’Italie, l’Allemagne, l’Irlande et les Etats-Unis ont émis des appels similaires. Washington, Londres et l’Union européenne ont également retiré leur personnel non-essentiel tandis que l’ONU va évacuer d’ici à jeudi les familles de ses employés internationaux.

Par Le Point avec AFP

Yémen: plus de 6.000 déplacés après l’avancée des rebelles autour de Hodeida

novembre 15, 2021
Yemen: plus de 6.000 deplaces apres l'avancee des rebelles autour de Hodeida
Yémen: plus de 6.000 déplacés après l’avancée des rebelles autour de Hodeida© AFP/Archives/Khaled Ziad

Plus de 6.000 nouvelles personnes ont été déplacées dans l’ouest du Yémen en guerre, après la récente avancée des rebelles Houthis autour de Hodeida, une ville portuaire essentielle pour l’acheminement de l’aide humanitaire, dont dépend la majorité de la population, selon l’ONU.

Les rebelles Houthis ont pris le contrôle d’une vaste zone au sud de Hodeida, objet d’un cessez-le-feu en 2018, après que les forces du gouvernement ont abandonné des positions au sud de la ville, avaient indiqué vendredi des sources loyalistes sans donner de raison à ce retrait.

« A la suite de ces événements, quelque 700 familles (environ 4.900 personnes) ont été déplacées vers la ville de Khokha, tandis que 184 autres familles (environ 1.300 personnes) ont été déplacées plus au sud vers le district de Mokha », a indiqué dimanche soir le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha) de l’ONU, citant des sources gouvernementales yéménites.

« A ce jour, aucun déplacement n’a été signalé dans les zones qui sont passées sous le contrôle des autorités de facto (les Houthis) », est-il précisé dans un communiqué.

Citant des humanitaires sur le terrain, l’Ocha a annoncé qu’un nouveau site pour les personnes déplacées, comprenant 300 tentes, a été établi à Al-Khokha, où les autorités cherchent à ériger un autre camp.

L’avancée des Houthis devrait néanmoins « permettre d’améliorer les déplacements des civils entre les provinces de Hodeida et de Sanaa et à l’intérieur de Hodeida », selon l’Ocha. La capitale Sanaa est également sous contrôle des rebelles depuis 2014, date à laquelle la guerre a éclaté avec les forces du gouvernement.

Selon la Mission des Nations unies en l’appui à l’Accord de Hodeida (MINUAAH), qui appelle les parties à « discuter », le retrait des forces du gouvernement représente un « changement majeur des lignes de front » dans cette province.

« Protéger les civils »

Dans un communiqué, la mission a exhorté les belligérants à « respecter leur obligation de protéger les civils, en particulier les personnes déplacées, dans toute la province de Hodeida et notamment dans le sud, où des affrontements sont signalés ».

Après l’avancée des rebelles, l’ONU avait appelé les belligérants à « assurer la sécurité des civils à l’intérieur et autour des zones où les lignes de front changent ».

En sept ans de guerre, les Houthis proches de l’Iran, ont réussi à s’emparer de pans entiers du pays, en particulier dans le nord qu’ils contrôlent largement.

En dépit de l’appui au gouvernement d’une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, rivale de la République islamique, les rebelles avancent également à Marib, dernier bastion loyaliste dans le nord.

La coalition a assuré lundi avoir tué plus de 140 insurgés au cours des dernières 24 heures dans des raids menés dans les provinces de Marib et Al-Bayda, au sud de Marib, selon l’agence de presse officielle saoudienne SPA.

Depuis octobre, la coalition a annoncé environ 3.500 morts côté rebelles dans des frappes quasi-quotidiennes pour repousser leur offensive sur la ville de Marib, chef-lieu éponyme de la province stratégique riche en pétrole.

Ces chiffres ne peuvent être vérifiés de manière indépendante et les Houthis communiquent rarement sur leurs pertes.

La guerre a plongé le Yémen dans l’une des pires catastrophes humanitaires au monde selon l’ONU, avec plus des deux tiers de la population dépendant de l’aide internationale. Des dizaines de milliers de personnes, la plupart des civils, ont été tuées et des millions déplacées selon des organisations internationales.

Par Le Point avec AFP

Ethiopie: le gouvernement affirme mener une « guerre existentielle » face aux rebelles tigréens

novembre 4, 2021
Ethiopie: le gouvernement affirme mener une "guerre existentielle" face aux rebelles tigreens
Ethiopie: le gouvernement affirme mener une « guerre existentielle » face aux rebelles tigréens© AFP/EDUARDO SOTERAS

Le gouvernement éthiopien a affirmé jeudi qu’il ne reculera pas dans la « guerre existentielle » face aux rebelles tigréens, qui ont affirmé ces derniers jours s’être emparés de plusieurs villes stratégiques et menacé de marcher sur la capitale Addis Abeba.

Un an jour pour jour après l’envoi de l’armée fédérale au Tigré, la région la plus septentrionale de l’Ethiopie, les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) affirment avoir progressé jusqu’à quelques centaines de kilomètres d’Addis Abeba.

Ce week-end, ils ont revendiqué la prise de deux villes stratégiques dans la région de l’Amhara, où ils ont avancé après avoir repris l’essentiel du Tigré en juin.

Mercredi, ils ont annoncé être entrés dans Kemissie, à 325 kilomètres au nord de la capitale, où ils ont rejoint des combattants de l’Armée de libération oromo (OLA), groupe armé de l’ethnie oromo avec lequel ils ont fait alliance.

Cette organisation nationaliste est implantée en Oromia, la plus grande région d’Ethiopie qui entoure Addis Abeba. Un porte-parole de l’OLA a affirmé mercredi à l’AFP que la capitale pourrait tomber en quelques semaines.

« Le TPLF et ses marionnettes sont en train d’être encerclés » par les forces gouvernementales, a démenti le gouvernement dans un communiqué au ton belliqueux, dénonçant une « propagande étrangère » favorable aux rebelles.

« Nous menons une guerre existentielle ! », a-t-il lancé, en écho aux déclarations du Premier ministre Abiy Ahmed accusant ces derniers jours les « terroristes » de vouloir « détruire » le pays.

« Nous devons tous nous unir (…) pour faire taire nos ennemis ivres de victoires temporaires », poursuit le texte.

Deuxième pays le plus peuplé d’Afrique (plus de 110 millions de d’habitants), l’Ethiopie est une mosaïque de peuples réunis dans un système dit de « fédéralisme ethnique ».

Obstruction « flagrante »

Jeudi, le Parlement a approuvé l’état d’urgence décrété deux jours plus tôt par le gouvernement sur l’ensemble du territoire, tandis que les autorités de la capitale demandaient aux habitants de s’organiser pour défendre la ville.

« Après un an de guerre, le conflit éthiopien en est à un stade incroyablement dangereux, où aucune partie ne montre de signes de recul », estime William Davison, analyste à l’International Crisis Group.

Débuté le 4 novembre 2020, le conflit au Tigré, qui visait pour l’armée fédérale à destituer les autorités régionales dissidentes issues du TPLF, connaît un spectaculaire revirement ces derniers mois.

Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, avait proclamé la victoire le 28 novembre 2020. Mais en juin, les combattants pro-TPLF ont repris l’essentiel de la région, puis poursuivi leur offensive dans les régions voisines de l’Afar et de l’Amhara.

La progression rebelle inquiète la communauté internationale.

Un haut responsable de l’agence humanitaire gouvernementale américaine (USAID) a prévenu jeudi qu’une marche des rebelles sur la capitale viendrait aggraver la situation humanitaire déjà désastreuse dans le nord du pays.

Plus de 400.000 personnes sont au bord de la famine au Tigré, soumis à un blocus « de facto » selon l’ONU.

Le gouvernement et le TPLF s’accusent mutuellement d’entraver l’acheminement de l’aide et d’affamer la population.

Mais le responsable de l’USAID a pointé jeudi la responsabilité du gouvernement qui mène contre le Tigré « peut-être l’obstruction humanitaire la plus flagrante au monde ».

« Pratiquement aucun carburant, argent liquide, médicament ou fourniture médicale n’est entré depuis des mois, obligeant les (organisations) humanitaires à réduire ou arrêter complètement leurs programmes », a-t-il indiqué.

Ces deux dernières semaines, aucune aide n’a pu atteindre le Tigré, a-t-il affirmé, soulignant également les besoins croissants en régions Afar et Amhara, où des centaines de milliers de civils fuient les combats.

Risque de « fragmentation »

L’émissaire américain pour la Corne de l’Afrique, Jeffrey Feltman, est arrivé jeudi à Addis Abeba pour promouvoir une solution pacifique au conflit.

L’ambassade américaine a annoncé qu’elle autorisait le départ volontaire de la plupart de son personnel et déconseillé les voyages en Ethiopie.

L’ambassade britannique a, elle, conseillé à ses citoyens « d’envisager de partir » sur les vols commerciaux disponibles.

L’UE a renouvelé ses appels à un cessez-le feu et à des négociations, estimant que « la récente escalade (…) risque d’entraîner un peu plus le pays dans la fragmentation et les conflits armés généralisés, et d’aggraver la situation de la population ».

Par Le Point avec AFP

Ethiopie: combats entre armée et rebelles tigréens autour d’un carrefour stratégique

novembre 1, 2021
Ethiopie: combats entre armee et rebelles tigreens autour d'un carrefour strategique
Ethiopie: combats entre armée et rebelles tigréens autour d’un carrefour stratégique© AFP/Archives/Amanuel Sileshi

Les combats font rage entre forces éthiopiennes et rebelles tigréens autour de la ville de Kombolcha, ont raconté lundi des habitants, au lendemain de l’annonce par les rebelles de la prise de ce carrefour stratégique du nord de l’Ethiopie.

Les combattants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) ont affirmé dimanche s’être emparés de Kombolcha après avoir revendiqué la veille la prise de la ville voisine de Dessie, deux affirmations démenties par le gouvernement.

Ces villes de la région de l’Amhara, au sud du Tigré, sont situées à un carrefour routier stratégique à environ 400 kilomètres au nord de la capitale éthiopienne Addis Abeba.

Si leur prise se confirmait, elle marquerait une nouvelle étape majeure dans ce conflit qui dure depuis un an.

Les communications sont coupées dans une grande partie du nord de l’Ethiopie et l’accès des journalistes est restreint, rendant difficile toute vérification indépendante des informations données par les deux parties.

Lundi, des habitants de Kombolcha joints par l’AFP ont raconté avoir entendu des coups de feu sans interruption jusqu’au petit matin, certains évoquant également une frappe aérienne.

« La nuit a été marquée par de nombreux coups de feu », a déclaré Mohammed qui a refusé de donner son nom de famille pour des raisons de sécurité. « J’ai entendu une frappe aérienne après minuit à l’extérieur de Kombolcha », a-t-il ajouté.

Hamdiu, un commerçant, a lui aussi déclaré avoir entendu ce qui ressemblait à une frappe aérienne vers minuit, en plus « d’énormes coups de feu (…) jusqu’à ce matin ».

Une porte-parole du gouvernement a démenti, assurant à l’AFP qu' »il n’y a pas eu de frappe aérienne sur Kombolcha durant la nuit ».

Les autorités éthiopiennes ont accusé le TPLF d’avoir « exécuté sommairement plus de 100 jeunes habitants de Kombolcha », sans fournir de détail. Le TPLF n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.

Les Etats-Unis « alarmés »

L’AFP n’a pu joindre des habitants de Dessie, où des combats ont été rapportés dimanche.

Le secrétaire d’Etat américain Anthony Blinken s’est dit « alarmé » par la situation, appelant sur Twitter à un arrêt des combats et à « des négociations de cessez-le-feu sans conditions préalables ».

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a également exhorté les belligérants à cesser les combats, « à lever le blocus de l’aide humanitaire et s’abstenir de tout discours de haine ». Il a dit souhaiter des négociations sous l’égide du Haut représentant de l’Union africaine pour la Corne de l’Afrique, Olusegun Obasanjo.

Débuté en novembre 2020, le conflit au Tigré connaît un spectaculaire revirement de situation ces derniers mois.

Le Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, avait proclamé la victoire le 28 novembre, après avoir envoyé l’armée au Tigré pour destituer les autorités régionales dissidentes, issues du TPLF.

Mais les rebelles ont repris l’essentiel de la région en juin, forçant les troupes gouvernementales à se retirer largement. Ils ont poursuivi leur offensive dans les régions voisines de l’Amhara et de l’Afar.

Le porte-parole du TPLF Getachew Reda – qui a menacé en juillet de « marcher sur Addis Abeba (…) pour défendre le Tigré » – a déclaré que le TPLF n’avait « d’autre motivation que de briser le siège meurtrier » sur la région, en proie à une grave crise humanitaire.

Le conflit a poussé 400.000 personnes au bord de la famine au Tigré, selon l’ONU.

La propagation des combats en Afar et Amhara a également déplacé des centaines de milliers de personnes. En septembre, les autorités amhara estimaient qu’au moins 233.000 civils avaient trouvé refuge à Dessie et Kombolcha.

« Mourir pour l’Ethiopie »

Abiy Ahmed a exhorté dimanche les Éthiopiens à utiliser « n »importe quelle arme (…) pour bloquer le TPLF destructeur, le renverser et l’enterrer ».

« Mourir pour l’Éthiopie est un devoir pour nous tous », a-t-il déclaré sur Facebook.

L’administration amhara a, elle, publié un décret ordonnant à toutes les institutions de suspendre leurs services réguliers et de consacrer leurs budgets et leur énergie à « la campagne de survie ».

L’Armée de libération oromo (OLA), groupe rebelle de l’ethnie oromo avec qui le TPLF a fait alliance en août, a dans le même temps annoncé que ses combattants étaient entrés à Kemise et Senbete, villes situées au sud de Kombolcha sur l’autoroute A2 menant à Addis Abeba. Senbete est située à 260 kilomètres d’Addis.

Avec Le Point avec AFP

Éthiopie : les rebelles du Tigré accusent l’UA de « partialité »

août 29, 2021
Des soldats tigréens à Mekele au lendemain de la reprise de la capitale du Tigré, le 29 juin 2021.

Les rebelles tigréens ont accusé dimanche l’Union africaine (UA) de « partialité » à la suite de la désignation par l’organisation panafricaine d’un médiateur dans ce conflit qui déchire le nord de l’Éthiopie depuis près d’un an.

« Il serait naïf de penser que cette mission puisse marcher », a affirmé sur Twitter le porte-parole des rebelles Getachew Reda, trois jours après la nomination de l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo comme représentant de l’UA dans la Corne de l’Afrique avec pour mission de « promouvoir la paix, la sécurité, la stabilité et le dialogue politique ».

« Résoudre une crise requiert au moins la reconnaissance de l’existence, sinon de l’importance, d’un problème, écrit le porte-parole des rebelles tigréens. Nous avons du mal à comprendre comment on peut attendre un rôle constructif de la part d’une organisation qui a donné tout son sens au mot partialité. »

Conflit dévastateur

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a pour sa part rejeté à plusieurs reprises toute proposition de médiation avec les leaders tigréens, affirmant qu’il ne s’agissait que d’une « opération limitée de maintien de l’ordre ». Abiy Ahmed avait envoyé l’armée au Tigré, région la plus septentrionale du pays, en novembre 2020 pour renverser les autorités dissidentes issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Selon le prix Nobel de la paix 2019, cette opération répondait à des attaques contre des camps de l’armée fédérale ordonnées par le TPLF. La victoire devait être rapide, mais la région s’est enfoncée dans un conflit dévastateur, marqué par de nombreuses exactions contre les civils.

L’UA dans une position délicate ?

Fin juin, les forces pro-TPLF ont repris la capitale régionale Mekele, puis l’essentiel du Tigré et poussé dans les régions limitrophes de l’Amhara et de l’Afar pour mettre fin à ce qu’elles décrivent comme un blocus humanitaire du Tigré et pour empêcher les forces pro-gouvernementales de se regrouper.

LES ALLIÉS DE L’ÉTHIOPIE ONT EMPÊCHÉ TOUTE DISCUSSION SUR LE SUJET AU CONSEIL DE SÉCURITÉ DES NATIONS UNIES

Le conflit s’est avéré un sujet délicat pour l’Union africaine, basée à Addis Abeba, et les alliés de l’Éthiopie ont empêché toute discussion sur le sujet au Conseil de sécurité des Nations unies. Selon l’ONU, le conflit a déjà placé quelque 400 000 personnes dans une situation proche de la famine.

Olusegun Obasanjo avait déjà mené en juin au titre de l’UA une mission d’observation des élections générales qui ont débouché sur une large victoire des partisans d’Abiy Ahmed, malgré l’absence de scrutin pour raisons de sécurité dans un quart du pays, dont le Tigré.

Par Jeune Afrique avec AFP

Centrafrique : «accord tacite;» entre Somdiaa et des rebelles ?

août 19, 2021
Ali Darassa (au centre), leader du groupe rebelle UPC, à Bokolobo, près de Bambari, le 16 mars 2019.

Selon l’ONG The Sentry, le sucrier Sucaf, filiale de Somdiaa, a aidé financièrement l’UPC, un groupe armé centrafricain, en échange de sa protection. Les intéressés démentent.

Selon un rapport de l’ONG américaine The Sentry, rendu public le 18 août, la Sucrerie africaine de Centrafrique (Sucaf RCA) a conclu avec plusieurs groupes armés de ce pays un accord visant à « sécuriser son usine et ses champs de canne à sucre » ainsi qu’à « protéger son monopole ».

La Sucaf RCA est l’une des filiales de la Société d’organisation, de management et de développement des industries alimentaires et agricoles (Somdiaa), qui appartient à 87% au groupe français Castel, deuxième brasseur en Afrique et numéro trois mondial du vin.

ENTRETIEN DE VÉHICULES, LIVRAISON DE CARBURANT… »

En échange de la protection de ces groupes armés, la Sucaf RCA aurait mis en place un « système sophistiqué et informel pour les financer », par des paiements directs et indirects en espèces. Elle leur a aussi fourni « une aide en nature, sous la forme d’entretien de véhicules et de livraison de carburant », explique l’ONG.

De son côté, Alexandre Vilgrain, président du Conseil français des investisseurs en Afrique (Cian) et PDG de Somdiaa, affirme qu’à sa connaissance la direction de la Sucaf n’a conclu « aucun arrangement » et n’a fourni aucun soutien à ces mouvements rebelles.

Plantations de canne à sucre

Deuxième pays le moins développé au monde selon l’ONU, la Centrafrique est, depuis 2013, le théâtre d’une crise politique et militaire majeure. La guerre civile a permis à des groupes rebelles de prendre le contrôle de nombreux territoires ainsi que leurs ressources.

C’est le cas pour les quelque 5 137 hectares de plantations de canne à sucre et pour la raffinerie de la Sucaf RCA, à Ngakobo, à 400 km à l’est de Bangui, dans la préfecture de Ouaka. Depuis la fin de 2014, ce territoire est passé sous le contrôle de l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), l’un des principaux groupes armés du pays.

LES CHEFS REBELLES DARASSA ET BOUBA AURAIENT PERÇU DES MILLIERS D’EUROS DEPUIS 2014.

Les premiers bénéficiaires de l’accord tacite passé avec la Sucaf et que dénonce The Sentry, seraient Ali Darassa, le leader de l’UPC, et Hassan Bouba, son ancien numéro deux, radié du groupe le 26 janvier 2021. Tous deux sont responsables de l’attaque perpétrée dans un camp de déplacés à Alindao, en novembre 2018, qui avait causé la mort d’au moins 112 personnes, dont 19 enfants.

Plus grave, des rapports de sécurité internes, recueillis par l’ONG américaine et que l’AFP a pu consulter, indiquent que la direction de Somdiaa, à Paris, était informée des exactions commises par les groupes armés dans la préfecture de la Ouaka.

Barrages routiers

Selon The Sentry, Darassa et Bouba auraient perçu des milliers d’euros chaque année entre 2014 et 2021. Des entretiens avec des membres de leur groupe rebelle en faction sur le site de l’usine auraient révélé que ces derniers étaient directement rémunérés par la Sucaf RCA.

Autre source importante de revenus pour l’UPC : la mise en place de barrages routiers entre Bangui et Ngakobo, obligeant les camions de la Sucaf à payer des taxes de passage.

Pour protéger son monopole, le groupe sucrier a, selon l’ONG, obtenu le soutien de l’UPC, qui procédait à « la saisie forcée de sucre de contrebande » en provenance du Soudan voisin. Le groupe armé recevait des commissions sur chaque saisie.

Grossistes

Toujours dans son rapport, l’ONG explique que « le sucre saisi était discrètement déchargé la nuit avant d’être reconditionné en sacs de sucre de la Sucaf RCA pour être ensuite vendu à des grossistes ». « Il n’y a eu aucun accord, aucun financement mensuel mis à notre disposition », assure pour sa part Hassan Bouba, devenu ministre de l’Élevage en février 2019.

Comme le conclut l’enquête de The Sentry, l’entente entre la Sucaf RCA et l’UPC « s’est poursuivie jusqu’en mars 2021 », lorsque les membres du groupe rebelle ont été chassés de la zone par une contre-offensive des forces armées centrafricaines et des paramilitaires russes.

Par Jeune Afrique avec AFP