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Libye : percée des rebelles autour de Tripoli, mystérieuses négociations à Djerba

août 16, 2011

Des négociations entre des représentants du régime de Kaddafi et « plusieurs parties » se dérouleraient sur l’île tunisienne de Djerba et peut-être à Tunis, ce que les rebelles ont cependant démenti. Sur le terrain, ces derniers gagnent du terrain.

Tripoli est désormais cernée. Après d’intenses combats dimanche, les rebelles affirment contrôler plusieurs villes : la « majeure partie » de Zawiyah, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de la capitale libyenne, mais aussi Gharyane à 50 km au sud, et Sorman à une soixantaine de kilomètres à l’ouest. Selon un porte-parole de la rébellion, les insurgés contrôlent aussi les 15 km de route entre Zawiyah et Sorman, ce qui prive la capitale de sa voie habituelle d’approvisionnement depuis la Tunisie.

« Il devient de plus en plus clair que les jours de Kadhafi sont comptés, que son isolement est de plus en plus important chaque jour », a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, tandis que la porte-parole du département d’État, Victoria Nuland, annonçait que les États-Unis étaient « très encouragés par la progression des rebelles ». Mais l’avenir de la rébellion se joue aussi sans doute en Tunisie.

Depuis le mois d’avril, l’île tunisienne de Djerba, proche de la Libye, joue un rôle central dans les contacts plus ou moins formels que Tripoli arrive à maintenir avec le reste du monde, y compris avec les rebelles. L’existence de négociations secrètes assez avancées a été confirmée lundi à l’AFP par plusieurs sources concordantes, mais démenties officiellement.

Alors que des appareils sud-africain (un jet triple réacteurs) et qataris (deux hélicoptères militaires) se trouvaient lundi sur l’aéroport de Djerba, des « pourparlers se sont déroulés la nuit dernière dans un hôtel sous haute garde », a indiqué une source proche des milieux sécuritaires tunisiens. « Des cortèges de voitures escortés ont passé la frontière dimanche au point de passage de Ras Jedir, près de Djerba », a-t-on ajouté de même source. Ont été présents parmi les négociateurs plusieurs ministres et responsables sécuritaires pro-Kaddafi dont les noms n’ont pas été dévoilés.

À Tunis aussi ?

Selon l’agence tunisienne TAP, les ministres libyens de la Santé et des affaires sociales, Ahmed Hijazi et Ibrahim Cherif, ont séjourné dimanche à Djerba, où ils ont rejoint le chef de la diplomatie libyenne Abdelati Obeidi. Des négociations sont en cours « avec plusieurs parties étrangères », ajoutait l’agence sans donner d’autres précision.

De sources hôtelières, on a appris également qu’une forte demande d’hébergement de personnalités libyennes a été enregistrée dimanche dans des palaces à Gammarth, dans la banlieue nord de Tunis, où avait résidé la semaine derrière le ministre des Affaires étrangères Abdelatti Obeidi. L’ex-ministre jordanien des Affaires étrangères Abdul Ilah al-Khatib, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, est également arrivé lundi à Tunis. Et il a déclaré être venu en Tunisie pour se joindre aux pourparlers engagés entre des responsables du régime de Mouammar Kaddafi et de la rébellion. Selon lui, des négociations poussées se dérouleront à Tunis.

Pourtant, à New York, l’ONU a démenti une quelconque participation, assurant ne disposer d’« aucune information concrète concernant des pourparlers qui auraient lieu en Tunisie entre le Conseil national de transition (CNT) et les autorités de Tripoli ». Et à Benghazi, le vice-président du CNT, Abdel Hafiz Ghoga, a lui aussi démenti toute discussion avec le régime, « que ce soit en Tunisie ou ailleurs ».

Par ailleurs, des affrontements ont opposé dans la nuit de dimanche à lundi à Ben Guerdane, près de Ras Jedir, des pro-Kaddafi libyens ou tunisiens qui avaient franchi le point de contrôle dans de grosses voitures 4X4 et des partisans de la rébellion qui célébraient « la fin de Kaddafi ». Les combats ont pris fin après après l’intervention des unités de protection de l’ordre public (POB) tunisiennes à 2 heures du matin (01H00 GMT).

Renforts militaires

Ces événements interviennent »alors que des renforts militaires exceptionnels avaient été constatés dimanche à Ras Jedir, côté libyen du poste frontalier entre la Libye et la Tunisie, alors que des blessés étaient arrivés dimanche par les pistes sahariennes. « Il y a une présence sans précédent d’unités sécuritaires pro-Kaddafi, avec blindés et armes lourdes du côté libyen du passage frontalier », avait indiqué un témoin.

À Tunis, enfin, des fortifications ont été érigées autour de l’ambassade de Libye à Tunis, entourée de hauts barbelés sous la garde l’armée. Ce dispositif renforcé a été placé après une tentative menée par des Libyens d’ériger le drapeau de la rébellion sur l’édifice situé sur une grande artère de Tunis.

Jeuneafrique.com avec AFP

Libye: Khamis Kadhafi, annoncé comme mort par les rebelles, apparaît à la télé

août 10, 2011

Khamis, fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, est apparu mercredi à la télévision libyenne, quelques jours après l’annonce de sa mort par la rébellion, démentie aussitôt par le régime.

La télévision a montré des images de Khamis, en tenue militaire, qui visitait un hôpital où des « victimes de raids de l’Otan » étaient hospitalisées.

La visite a eu lieu mardi, selon la télévision.

Il s’agit de la première apparition de Khamis depuis l’annonce vendredi de sa mort par les rebelles.

Un porte-parole des forces hostiles à Mouammar Kadhafi avait annoncé la mort de Khamis, le plus jeune des fils du dirigeant libyen et l’une des figures les plus actives de son clan dans la guerre contre les rebelles, lors d’un raid nocturne de l’Otan à Zliten (150 km à l’est de Tripoli).

« Trente-deux » militaires pro-Kadhafi « ont été tués et l’un d’entre eux est Khamis », avait affirmé un porte-parole militaire de la rébellion, Mohammed Zawawi depuis Benghazi, la « capitale » rebelle dans l’Est du pays, expliquant avoir eu connaissance de ces informations grâce à des opérations d’espionnage menées dans les rangs des pro-Kadhafi.

Plus tard, le régime libyen avait démenti ces informations les qualifiant de « sales mensonges ».

Agé de 28 ans, Khamis est le plus jeune des sept fils du Guide libyen. Officier de carrière, diplômé de l’académie militaire et de l’école de guerre russe, il commande l’une des brigades réputées les plus efficaces des forces fidèles au dirigeant libyen, et qui porte son nom, la « Brigade Khamis ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Libye : les rebelles entrent à Brega et consolident le front ouest

juillet 17, 2011

La bataille pour la prise du port pétrolier de Brega, en Libye orientale, est entrée dans une nouvelle phase dimanche, les rebelles disant être engagés dans des « combats rapprochés » avec les forces kaddafistes dans un quartier d’habitation.

« Quelques petits groupes ont réussi à pénétrer à l’intérieur (de la ville), mais nous ne contrôlons pas encore toute » la cité, a déclaré Mohammed Zawi, un porte-parole des insurgés à Benghazi, la « capitale » de la rébellion, dans l’Est.

« Il s’agit maintenant de combats rapprochés » dans ce quartier du nord-est de Brega, a-t-il ajouté, précisant que les forces en présence faisaient désormais usage de mitrailleuses, plus adaptées à ce terrain.

La prise de cette cité portuaire tenue depuis avril par les soldats loyalistes et située à 800 km à l’est de Tripoli et à 240 km au sud-ouest de Benghazi représenterait une victoire majeure pour les rebelles.

Tranchées défensives

Environ 3.000 hommes fidèles au colonel Kaddafi sont retranchés dans le centre-ville, d’après les insurgés, qui ont déclenché jeudi soir une offensive par le sud, le nord et l’est de Brega. Ces combats ont fait au moins 13 morts et près de 200 blessés parmi les rebelles.

Leur progression a été ralentie par des centaines de mines et la découverte samedi de tranchées défensives creusées autour de la localité et remplies de produits inflammables.

S’emparer de Brega sans que n’y soient causés de dommages majeurs aux infrastructures permettrait aux insurgés de s’approvisionner en carburant et de relancer les exportations de pétrole, quasiment à l’arrêt.

Le groupe de contact réuni vendredi à Istanbul a en effet reconnu le Conseil national de transition (CNT), la représentation politique de la rébellion, en tant qu' »autorité gouvernementale légitime » en Libye, lui permettant de lier des relations économiques avec l’étranger.
L’Otan a pour sa part déclaré dimanche surveiller attentivement la situation, notamment à Brega, et indiqué avoir bombardé dans la matinée un grand entrepôt de véhicules militaires dont des chars et d’autres blindés à Tajoura, à 30 km à l’est de Tripoli.

De son côté, le colonel Kaddafi a prévenu samedi les insurgés : « Le peuple libyen est prêt à mourir pour défendre son pétrole et il ne laissera jamais cette richesse aux mains d’une bande de traîtres inféodée à l’Otan ».

Multiplication des messages de Kaddafi

Le dirigeant libyen, qui a multiplié ces derniers jours les messages audio diffusés par haut-parleurs pendant des manifestations de ses partisans dans les villes visées par les rebelles, a de nouveau juré qu’il ne quitterait « jamais » la terre de ses « ancêtres ».

« Ils (les membres de la communauté internationale) me demandent de quitter (la Libye, ndlr), c’est de la rigolade. Je ne quitterai pas la terre de mes ancêtres, ni le peuple qui s’est sacrifié pour moi », a lancé M. Kaddafi dans un discours diffusé samedi soir à Zawiyah, à 50 km à l’ouest de Tripoli.

Dans la nuit de samedi à dimanche, la capitale a été secouée par une série de fortes explosions. La télévision publique libyenne a annoncé que ces raids de « l’agresseur colonialiste croisé » (l’Otan) avaient fait des victimes sur des sites civils et militaires à Aïn Zara, dans l’est de Tripoli, et à Tajoura, dans la grande banlieue.

Sur le front Ouest, la situation était toujours relativement calme dimanche, les rebelles s’attachant à consolider leurs positions après de brusques avancées quelques jours auparavant.

Jeuneafrique.com avec AFP

Les rebelles libyens à 50 kilomètres de Tripoli

juillet 6, 2011

Les insurgés libyens ont pris mercredi le hammeau de Goualich, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Tripoli, obligeant ainsi les troupes de Kaddafi à battre en retraite. Des mercenaires venant de plusieurs pays du continent ont été capturés.

Les rebelles libyens ont lancé mercredi matin une offensive vers Tripoli. Après quelques heures de combat intense, ils prennaient le hammeau de Goualich, situé à seulement 50 kilomètres au sud de la capitale libyenne. Les troupes du régime de Mouammar Kaddafi ont été forcé de battre en retraite sous les tirs d’artillerie, de canons et de mortiers. Plusieurs mercenaires ont été capturés, dont certains, installés à l’arrière de pick-ups, ont déclaré venir du Ghana et du Mali.

En début d’après-midi, la rébellion fouillait les maisons du hameau de Goualich, situé dans le désert, tandis que quelques coups de feu claquaient au loin, sans qu’il soit possible de préciser s’il s’agissait de tirs de joie ou de combats isolés.

« Feu vert de l’Otan »

« Nous attendions avant de lancer cette attaque, nous avons finalement eu le feu vert de l’Otan ce matin [mercredi] et l’offensive a commencé », a déclaré un membre du comité révolutionnaire de Zenten, au sud de Tripoli.

Dès mercredi matin, des avions de l’Otan survolaient la zone, sans pour autant bombarder.

Quarante-huit heures plus tôt, la rébellion avait annoncé son intention de lancer une grande offensive sur le front ouest pour récupérer les territoires situés au Sud de Tripoli. Elle espérait ainsi se positionner à portée de canon de la capitale. Ce sera le cas s’ils parviennent à prendre le carrefour stratégique de Bir Al-Ghanam.

C’est justement en soutien des groupes rebelles en mesure de progresser sur ce front, que la France avait procédé à des largages d’armes et de munitions, selon les informations du quotidien français Le Figaro. Paris affirme avoir maintenant cessé ses livraisons d’armes.

Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, s’était pourtant dit défavorable à une telle offensive mardi lors d’une conférence de presse à Paris, doutant des capacités militaires des rebelles. « Nous ne sommes pas aujourd’hui dans un système stabilisé, centralisé, obéissant dans toutes ses implications sur le terrain à une autorité unique ».

Jeuneafrique.com avec AFP