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Turquie: Erdogan inaugure à Istanbul le futur « plus grand aéroport du monde »

octobre 29, 2018

Le président Recep Tayyip Erdogan inaugure à Istanbul le futur « plus grand aéroport du monde », le 29 octobre 2018 / © TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE/AFP / Handout

Le président Recep Tayyip Erdogan a inauguré en grande pompe lundi à Istanbul un nouvel aéroport destiné à devenir « le plus grand du monde » et une vitrine des méga-projets d’infrastructures qui ont transformé la Turquie depuis son arrivée au pouvoir.

« Ce nouvel aéroport fera la fierté de notre pays et sera un modèle pour le monde », a déclaré M. Erdogan lors d’une cérémonie officielle, avant de révéler le nom du nouvel édifice: « Istanbul ».

« Istanbul n’est pas seulement la plus grande ville de notre pays, c’est aussi sa plus grande marque(…). C’est pour cette raison que nous avons donné le nom d’Istanbul à ce grand ouvrage », a indiqué M. Erdogan.

Des dirigeants des pays des Balkans et d’Asie centrale, ainsi que l’émir de Qatar Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani ou encore le controversé président du Soudan Omar el-Béchir, recherché pour génocide par la Cour pénale internationale, étaient présents à la cérémonie.

M. Erdogan a suivi de près la construction de cet aéroport sur la rive européenne d’Istanbul, près de la mer Noire, qui a été marquée par des retards et par une grève d’ouvriers demandant l’amélioration de leurs conditions de travail.

Le nouvel aéroport d’Istanbul / © AFP / Sophie RAMIS

Ce projet s’inscrit dans la volonté du président turc de faire de l’ex-capitale de l’Empire ottoman un carrefour mondial entre trois continents, l’Europe, l’Asie et l’Afrique.

Mais l’inauguration lundi de cette infrastructure qui doit remplacer l’aéroport international Atatürk est avant tout symbolique et coïncide avec le 95e anniversaire de la République turque.

La construction, qui s’est faite à marche forcée, a en effet pris du retard et ce nouvel aéroport ne tournera à plein régime qu’à partir du 29 décembre. Jusqu’à cette date, seulement cinq vols quotidiens y seront assurés, les autres seront desservis par l’aéroport Atatürk.

– Polémiques –

Des hôtesses de l’air dans le nouvel aéroport « Istanbul » lors de son inauguration, le 29 octobre 2018. / © AFP / BULENT KILIC

Avec une capacité initiale de 90 millions de passagers par an, le nouvel aéroport intégrera le top 5 au niveau mondial.

Mais son opérateur, l’IGA, ne compte pas s’arrêter là et vise, d’ici 2028, à atteindre une capacité de 200 millions de passagers par an, soit près du double de l’aéroport américain d’Atlanta, qui occupe actuellement la première place.

« Plus de 80 Tours Eiffel pourraient être bâties avec les 640.000 tonnes d’acier utilisées pour sa construction », s’est rengorgé le président Erdogan, qui a précisé qu’une partie de l’aéroport Atatürk resterait en service, sous son nom actuel, notamment pour des meetings aériens, et que le reste serait transformé en parc national.

Lorsque les quatre phases de construction et d’expansion seront terminées, le nouvel aéroport « Istanbul’ comptera six pistes et deux terminaux répartis sur un gigantesque site de 76 kilomètres carrés, selon l’IGA.

Vue du nouvel aéroport d’Istanbul, lors de son inauguration le 29 octobre 2018. / © AFP / BULENT KILIC

L’édifice, d’une valeur de 10,5 milliards d’euros, présente un visage futuriste avec de nombreuses ouvertures vitrées, des lignes courbes et des équipements dernier cri.

Un défi de taille sera le transfert des équipements de l’aéroport Atatürk au nouveau site lors d’une opération délicate fin décembre qui durera 45 heures.

Turkish Airlines, fleuron de l’économie turque, qui assurera mercredi le premier vol commercial du nouvel aéroport à destination d’Ankara, compte tirer parti des dimensions du nouvel aéroport pour élargir son offre.

« L’an prochain, nous allons ajouter 40 appareils à notre flotte. D’ici 2023, nous transporterons 120 millions de passagers par an », explique un cadre de la compagnie ayant requis l’anonymat.

Erdogan inaugure le nouvel aéroport d’Istanbul / © Turkish presidency/AFP / –

Cet aéroport fait partie, avec le troisième pont sur le Bosphore et le tunnel sous ce même détroit inaugurés en 2016, des grands projets d’infrastructures ardemment défendus par M. Erdogan, qui veut transformer la Turquie à temps pour le centenaire de la République, en 2023.

« Cet ouvrage va marquer l’histoire », a assuré M. Erdogan dans son discours lundi.

Mais à quel prix ? La construction de l’aéroport a en effet été accompagnée de polémiques, concernant notamment son impact sur l’environnement.

Le mois dernier, c’est la situation des quelque 34.000 ouvriers travaillant d’arrache-pied pour tenir les délais qui a suscité des critiques.

Plusieurs centaines d’entre eux ont été arrêtés après avoir manifesté pour demander l’amélioration de leurs conditions et dénoncer des retards dans le versement des salaires. La plupart ont été relâchés, mais une vingtaine sont encore écroués.

D’après l’IGA, 30 ouvriers sont morts sur le chantier depuis le début des travaux. Un chiffre largement sous-estimé selon des syndicats.

Romandie.com avec(©AFP / (29 octobre 2018 23h27)

Journaliste saoudien disparu en Turquie: la police évoque un assassinat, Erdogan attend l’enquête

octobre 7, 2018

Le portrait du journaliste disparu Jamal Khashoggi lors d’une manifestation devant le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, 5 octobre 2018 en Turquie / © AFP / OZAN KOSE

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé dimanche attendre toujours les résultats de l’enquête sur la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, après que plusieurs sources ont affirmé qu’il avait été tué au consulat de son pays à Istanbul, ce que Ryad a démenti.

La police turque estime que Jamal Khashoggi, porté disparu depuis mardi, a été tué au consulat saoudien à Istanbul, ont affirmé samedi soir des responsables turcs parlant sous couvert d’anonymat.

Mais M. Erdogan s’est gardé de donner du crédit aux informations sur l’assassinat de ce journaliste de renom, critique du pouvoir de Ryad et qui travaillait notamment pour le quotidien américain Washington Post.

Commentant pour la première fois sa disparition, le président turc a affirmé attendre le résultat de l’enquête en cours avant de se prononcer.

« Je suis le sujet et quel que soit le résultat (de l’enquête), nous le communiquerons au monde », a déclaré M. Erdogan à des journalistes. « Nous espérons avoir des résultats très rapidement ». « J’attends encore avec bon espoir », a-t-il poursuivi. « Si Dieu le veut, nous ne serons pas confrontés à ce que nous ne souhaitons pas ».

Les sources turques ayant rapporté la thèse de l’assassinat privilégiée par la police ont affirmé que l’opération avait été menée par un groupe composé de 15 personnes qui se sont rendues au consulat après être arrivées à Istanbul le même jour.

Istanbul / © AFP / Thomas SAINT-CRICQ

Jamal Khashoggi, qui avait pris un rendez-vous, s’y trouvait alors pour effectuer une démarche administrative en vue de son prochain mariage avec une Turque.

Il n’a jamais quitté le consulat, ont affirmé samedi soir des sources policières turques.

– « Ils savaient quand il serait » au consulat –

Le consulat saoudien a démenti sur son compte Twitter les informations « dénuées de fondement » selon lesquelles le journaliste y aurait été tué.

La Yéménite Tawakkol Karman, Prix Nobel de la Paix en 2011, tient un portrait du journaliste disparu Jamal Khashoggi lors d’une manifestation devant le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, 5 octobre 2018 en Turquie / © AFP / OZAN KOSE

Il a affirmé qu’une équipe d’enquêteurs saoudiens se trouvait depuis samedi soir en Turquie pour participer à l’enquête.

« J’attends une confirmation officielle du gouvernement turc pour y croire », a réagi sur Twitter la fiancée du journaliste, Hatice Cengiz.

Ryad assure que Jamal Khashoggi a quitté le consulat après y avoir effectué des démarches mardi.

Dans un entretien vendredi à l’agence Bloomberg, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a affirmé que Jamal Khashoggi était effectivement « entré » au consulat mais qu’il en était sorti peu après. Il a invité les autorités turques à « fouiller » le consulat. « Nous n’avons rien à cacher », a-t-il dit.

M. Khashoggi s’est exilé aux Etats-Unis l’année dernière, redoutant une arrestation après avoir critiqué certaines décisions de Mohammed ben Salmane et l’intervention militaire de Ryad au Yémen.

Le portrait du journaliste disparu Jamal Khashoggi lors d’une manifestation devant le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, 5 octobre 2018 en Turquie / © AFP / OZAN KOSE

« Il est allé au consulat avec un rendez-vous, donc ils savaient quand il y serait », explique à l’AFP un proche du journaliste, Yasin Aktay, également une figure du Parti de la Justice et du Développement (AKP, au pouvoir).

« Il avait appelé le consulat un peu avant d’y aller pour voir si ses documents étaient prêts, ils lui ont dit +oui, c’est prêt, vous pouvez venir+ », poursuit-il.

– « Acte monstrueux » –

« Si les informations sur l’assassinat de Jamal sont vraies, c’est un acte monstrueux et incompréhensible », a déclaré dans un communiqué Fred Hiatt, directeur de la rubrique opinion du Washington Post.

« Jamal était – ou, comme nous l’espérons, est – un journaliste courageux et engagé. Il écrit par amour pour son pays, et une foi profonde dans la dignité humaine et la liberté », poursuit M. Hiatt.

Turquie: le journaliste Khashoggi a été tué au consulat (police) / © AFP / Clotilde Gourlet

Le département d’Etat américain a indiqué samedi n’être « pas en mesure de confirmer » le sort de Jamal Khashoggi mais suivre « la situation de près ».

« Comme d’autres membres de la communauté internationale, nous avons demandé et nous attendons des éclaircissements des autorités saoudiennes sur le sort de M. Khashoggi », a déclaré un porte-parole de la Commission européenne.

Paris « suit la situation avec la plus grande attention », souligne-t-on au ministère français des Affaires étrangères, sans autre commentaire.

Ryad promeut une campagne de modernisation depuis que Mohammed ben Salmane a été désigné héritier du trône en 2017. Mais la répression contre les dissidents, avec des arrestations de religieux, de personnalités libérales et aussi de militantes féministes s’est accentuée depuis.

M. Khashoggi, 59 ans, est l’un des rares journalistes saoudiens en vue à élever la voix contre cette répression.

En septembre 2017, il avait annoncé avoir été interdit de contribution dans le quotidien Al-Hayat, propriété du prince saoudien Khaled ben Sultan al-Saoud. M. Khashoggi avait alors reconnu avoir défendu les Frères musulmans, classés par Ryad comme « organisation terroriste ». La Turquie, elle, est considérée comme l’un de leurs principaux soutiens.

Romandie.com avec(©AFP / (07 octobre 2018 18h22)

Turquie-France: Erdogan et Macron soulignent l' »importance de renforcer » les liens économiques (Ankara)

août 16, 2018

Ankara – Les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et français Emmanuel Macron ont souligné au cours d’un échange téléphonique jeudi « l’importance de renforcer » leurs liens économiques, a indiqué la présidence turque, au moment où Ankara traverse une crise diplomatique avec Washington.

« Les deux dirigeants ont souligné l’importance de renforcer davantage les relations économiques et commerciales, et les investissements réciproques entre la France et la Turquie », a déclaré une source de la présidence turque.

Lors de leur conversation téléphonique, MM. Macron et Erdogan ont également décidé que le ministre turc des Finances, Berat Albayrak, s’entretiendrait « au plus vite » avec son homologue français, Bruno le Maire.

Cet échange survient alors que la Turquie fait face à une forte dépréciation de sa monnaie et à l’inquiétude des marchés sur fond de tensions et sanctions prises réciproquement par Ankara et Washington.

Les relations entre les deux pays, alliés au sein de l’Otan, se sont nettement détériorées ces dernières semaines en raison de la détention puis de l’assignation à résidence d’un pasteur américain, accusé d’activités « terroristes ».

La Turquie a réagi en assurant qu’elle trouverait « de nouveaux amis et de nouveaux alliés ».

Elle semble ainsi tenter de renouer avec l’Europe, avec laquelle les relations s’étaient aussi dégradées au cours des deux dernières années.

Avant son entretien avec M. Macron, M. Erdogan avait eu mercredi un entretien similaire avec la chancelière allemande Angela Merkel, qu’il doit rencontrer fin septembre à Berlin.

Dans la foulée de cet appel, M. Albayrak s’est entretenu jeudi avec son homologue allemand des Finances, Olaf Scholz, selon un communiqué du ministère turc.

Lors de leur entretien, les deux ministres ont convenu de se rencontrer le 21 septembre à Berlin et « de commencer à travailler en vue de renforcer la coopération économique » entre la Turquie et l’Allemagne, selon le communiqué publié par Ankara.

Romandie.com avec(©AFP / 16 août 2018 12h56)                                                        

Sanctions US: Erdogan demande le gel des avoirs en Turquie de ministres américains

août 4, 2018

Ankara – Le président turc Recep Tayyip Erdogan a demandé samedi le gel en Turquie des avoirs des ministres américains de la Justice et de l’Intérieur, répliquant à des sanctions similaires prises par Washington en lien avec la détention d’un pasteur américain.

« Jusqu’à hier soir nous sommes restés patients. Aujourd’hui j’en donne l’instruction: nous gèlerons les avoirs en Turquie des ministres américains de la Justice et de l’Intérieur, s’ils en ont », a déclaré M. Erdogan lors d’un discours télévisé à Ankara.

« Nous ne voulons pas être partie de jeux perdant-perdant. Déplacer une dispute politique et judiciaire sur le terrain économique nuit aux deux pays », a-t-il néanmoins tempéré.

Les tensions déjà vives entre les deux pays, alliés au sein de l’Otan, ont atteint un nouveau palier cette semaine, en raison de la détention en Turquie d’un pasteur américain accusé d’activités « terroristes » et d’espionnage.

Washington a imposé dès mercredi soir des sanctions contre les ministres turcs de l’Intérieur et de la Justice, pour leur rôle présumé dans cette affaire.

Assurant que la Turquie ne céderait pas à ces menaces, Ankara avait immédiatement juré de répliquer, mais n’avait rien annoncé jusqu’à samedi, appelant plutôt au dialogue.

C’est également la première fois que M. Erdogan s’exprimait sur les sanctions, qui, selon lui, ne « conviennent pas à une coopération stratégique ».

Les sanctions américaines « sont très irrespectueuses de la Turquie », a-t-il poursuivi, s’exprimant devant des membres de son parti à Ankara.

« La Turquie est un Etat de droit », a également martelé le président turc, qui affirme toujours ne pas pouvoir intervenir dans le procès du pasteur américain.

« Ceux qui pensent pouvoir faire reculer la Turquie avec un langage menaçant et des sanctions absurdes ne connaissent pas ce pays », a-t-il ajouté.

Washington a fait de la libération du pasteur Andrew Brunson une priorité et haussé le ton la semaine dernière après le placement du pasteur en résidence surveillée après un an et demi de détention.

Romandie.com avec(©AFP / 04 août 2018 10h23)                                                        

Un hélicoptère militaire turc abattu lors d’une opération en Syrie (Erdogan)

février 10, 2018

Ankara – Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré samedi qu’un hélicoptère militaire turc avait été abattu lors d’une offensive turque contre une milice kurde dans le nord-est de la Syrie.

Le Premier ministre Binali Yildirim a précisé un peu plus tard à la télévision que deux militaires turcs avaient été tués lors de l’incident. Mais il a simplement dit que l’appareil s’était écrasé et que rien ne prouvait pour l’instant qu’il y avait eu une « intervention extérieure ».

« Un de nos hélicoptères a été abattu il y a peu », a déclaré M. Erdogan lors d’un discours télévisé à Istanbul.

Il n’a pas précisé qui avait abattu l’appareil, soulignant toutefois que les auteurs des tirs allaient en « payer le prix ».

L’agence publique Anadolu a indiqué pour sa part que l’hélicoptère avait été abattu dans la région frontalière de Hatay, au sud de la Turquie.

Selon l’agence privée Dogan, les efforts sont actuellement déployés pour atteindre les débris de l’appareil dans le district de Kirikhan.

La Turquie et ses alliés au sein des rebelles syriens ont lancé le 20 janvier l’opération « Rameau d’olivier » contre les Unités de protection du peuple (YPG), une force paramilitaire kurde considérée comme « terroriste » par Ankara mais qui est aussi une alliée précieuse des Etats-Unis dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Ankara considère les YPG comme une émanation « terroriste » du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une insurrection armée de trois décennies contre le pouvoir central turc.

Un porte-parole des Forces démocratiques syriennes, soutenues par les Etats-Unis, Mustefa Bali, a assuré sur Twitter que l’appareil avait été abattu dans le secteur de Rajo, dans la région d’Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie, proche de la frontière avec la Turquie.

Le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a simplement déclaré pour sa part que l’hélicoptère s’était écrasé.

« A ce stade, nous pouvons dire que l’un des deux hélicoptères s’est écrasé. Nous avons deux martyrs. Nous ne disposons pas d’éléments démontrant que cela résulte d’une intervention extérieure », a-t-il dit à la télévision.

Romandie.com avec(©AFP / 10 février 2018 14h01)                                            

Le pape offre un symbole de paix au président turc, Rome quadrillée

février 5, 2018

Photo fournie par la présidence turque du président turc Erdogan lors de sa rencontre avec le pape François, le 5 février 2018 au Vatican / © AFP / HO

Le pape François a longuement reçu lundi au Vatican le président turc Recep Tayyip Erdogan avant de lui offrir un médaillon avec « un ange étranglant le démon de la guerre », au moment même où l’armée turque bombarde des Kurdes en Syrie.

Le souverain pontife, qui n’a de cesse de marteler son horreur des guerres, n’a sans doute pas manqué d’aborder l’offensive menée depuis le 20 janvier par la Turquie en Syrie contre la région d’Afrine, au cours de sa rencontre privée de 50 minutes avec M. Erdogan.

Ces attaques visent officiellement à éloigner de la frontière turque la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), une organisation classée « terroriste » par Ankara mais alliée de Washington dans la lutte contre l’EI.

La voiture de M. Erdogan était arrivée lundi matin sur une place Saint-Pierre inaccessible et désertée, tandis qu’une très vaste zone du centre de Rome a été interdite aux manifestants.

Plusieurs dizaines de personnes se sont cependant rassemblées à la mi-journée non loin du Vatican, à l’initiative d’une association italienne de Kurdes. « A Afrine, un nouveau crime contre l’Humanité est en cours », a dénoncé cette dernière.

Deux manifestants ont été interpellés à la suite de brèves échauffourées, a annoncé la préfecture de police.

Au cours de discussions « cordiales », le pape et le président turc ont abordé « la situation au Moyen-Orient, avec une référence particulière au statut de Jérusalem, mettant en exergue le besoin de promouvoir la paix et la stabilité dans la région à travers le dialogue et la négociation, en respectant les droits de l’Homme et la loi internationale », précise le Vatican dans un communiqué.

Les droits de l’Homme mentionnés ne renvoient pas directement à la Turquie ou aux bombardements visant des Kurdes en Syrie.

M. Erdogan avait prévu de remercier le pape pour avoir contesté la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem en tant que capitale d’Israël. « Nous sommes tous les deux pour la défense du statu quo », avait commenté le dirigeant turc dimanche dans le journal italien La Stampa.

– Erdogan en retard –

Le chef de l’Etat turc, très souriant et en retard, a été accueilli lundi dans le palais du Vatican par un souverain pontife à la mine plus sérieuse. Mais l’atmosphère semblait plus détendue au moment d’échanger des cadeaux et de prendre congé, ont raconté deux journalistes présents.

« Ceci est un ange de la paix, qui étrangle le démon de la guerre », a commenté le pape en offrant un médaillon en bronze d’une vingtaine de centimètres de diamètre. « C’est le symbole d’un monde basé sur la paix et la justice », a-t-il ajouté.

Le médaillon représente un ange rapprochant les hémisphères nord et sud, tout en combattant un dragon.

M. Erdogan a apporté au souverain pontife une grande représentation panoramique en céramique d’Istanbul, sur laquelle on pouvait distinguer la coupole de la basilique Saint-Sophie convertie par les Ottomans en mosquée au XVe siècle, ainsi que la célèbre mosquée bleue.

Le pape argentin, défenseur du dialogue interreligieux, avait effectué un voyage peu chaleureux en Turquie en novembre 2014. M. Erdogan, un pieux musulman, s’était alors arc-bouté sur la dénonciation de l' »islamophobie ».

Il avait aussi dévoilé à François, chantre de la simplicité, son fastueux palais présidentiel d’un millier de pièces et 200.000 m2, soit un peu moins de la moitié de la superficie du Vatican.

En juin 2016, au cours d’un voyage en Arménie, le pape avait utilisé le mot « génocide », que la Turquie réfute pour qualifier les massacres d’Arméniens de 1915/16 : cela avait provoqué le courroux des autorités turques qui avaient alors fustigé « une mentalité de croisade ».

– Pas de rencontre avec la presse –

Le président turc était accompagné lundi d’une délégation de 16 personnes, dont son épouse et l’une de ses filles, portant des foulards.

Le président turc devait aussi s’entretenir lundi avec le président italien, Sergio Mattarella, et le chef du gouvernement, Paolo Gentiloni, une occasion de parler d’immigration clandestine, d’industrie de la défense ou d’adhésion à l’UE.

Dimanche, il avait réclamé une « adhésion » de la Turquie à l’UE, rejetant la proposition française d’un simple « partenariat ».

Aucune rencontre avec la presse n’était prévue. M. Erdogan avait été vivement critiqué début janvier à Paris pour s’en être pris à un journaliste français l’interrogeant sur la livraison supposée d’armes par Ankara au groupe Etat islamique en 2014.

Sa visite en France avait été la plus importante dans un pays de l’UE depuis le putsch manqué de 2016 et la répression qui l’a suivi.

Romandie.com avec(©AFP / 05 février 2018 15h06)                

États-Unis: Trump demande à Erdogan de limiter ses actions militaires en Syrie (Maison Blanche)

janvier 24, 2018

Washington – Le président américain Donald Trump a exhorté son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à réduire ses opérations militaires en Syrie, où l’armée turque a lancé une grande offensive contre une milice kurde syrienne alliée des Etats-Unis.

Lors d’un entretien téléphonique, le président « a exhorté la Turquie à réduire et limiter ses actions militaires » et M. Trump a aussi demandé d’éviter « toute action qui risquerait de provoquer un affrontement entre les forces turques et américaines ».

Environ 2.000 soldats américains, pour l’essentiel des membres des forces spéciales, se trouvent en Syrie.

M. Trump a insisté sur le fait que « les deux pays doivent concentrer les efforts de toutes les parties sur la défaite de l’EI ».

M. Trump a reconnu que la Turquie pouvait avoir « des inquiétudes légitimes » en terme de sécurité et les « deux dirigeants ont évoqué la nécessité de stabiliser une Syrie unifiée qui ne présente pas de menace pour ses voisins y compris la Turquie ».

(©AFP / 24 janvier 2018 20h34)

France/Turquie: Macron recevra vendredi Erdogan, parlera des « droits de l’homme » (Paris)

décembre 30, 2017

Paris – Le président français Emmanuel Macron recevra vendredi à Paris son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, avec lequel il abordera notamment « la question des droits de l’homme », a annoncé samedi soir l’Elysée.

M. Erdogan avait annoncé plus tôt dans la journée qu’il se rendrait en France vendredi pour discuter des relations bilatérales entre Paris et Ankara, sans préciser s’il rencontrerait son homologue français.

Cet entretien entre les deux hommes, « qui fait suite aux conversations régulières des derniers mois, sera l’occasion d’évoquer les questions liées aux relations bilatérales entre nos deux pays, ainsi que les questions régionales dont notamment un focus tout particulier sur le dossier syrien, sur lequel ils ont de multiples échanges, mais aussi palestinien », a précisé l’entourage du chef de l’Etat français.

Il s’agit de la première visite du président turc en France depuis le putsch manqué du 15 juillet 2016 et l’élection d’Emmanuel Macron en mai 2017, mais les deux hommes ont déjà eu l’occasion de se rencontrer lors de sommets internationaux.

M. Erdogan avait mentionné l’éventualité d’une telle visite il y a quelques jours, se félicitant notamment que Paris n’ait pas « laissé tomber » la Turquie sur la question de Jérusalem alors qu’Ankara a très vivement condamné la décision américaine de reconnaître cette ville comme capitale d’Israël.

Le 10 décembre, Emmanuel Macron avait demandé à son homologue, lors d’un entretien téléphonique, de « contribuer à l’apaisement » entre Israël et les Palestiniens et « d’éviter les répercussion négatives dans l’ensemble de la région ».

Le président français lui avait rappelé « que la France désapprouvait la décision des Etats-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et de transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem ».

– Tension entre la Turquie et l’Union européenne –

L’annonce de cette visite à Paris survient alors que la Turquie a vu en 2017 ramenées quasiment à l’arrêt les négociations au long cours sur sa candidature d’adhésion à l’UE tandis qu’une crise l’opposait à l’Allemagne à propos de la répression de la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016.

Si la chancelière allemande Angela Merkel s’était dit favorable à un arrêt de ces négociations, Emmanuel Macron avait exprimé, dans une interview au quotidien grec Kathimerini en septembre, sa volonter d' »éviter les ruptures » entre l’UE et la Turquie,un « partenaire essentiel » sur de nombreux dossiers, notamment la crise migratoire et la lutte contre le terrorisme.

Le président français avait néanmoins estimé, dans cet entretien, que « la Turquie s’est objectivement éloignée de l’Union européenne ces derniers mois, avec des dérives préoccupantes qui ne peuvent pas rester sans conséquence, sur le projet concernant l’union douanière par exemple ».

MM. Macron et Erdogan ont également régulièrement échangé cette année à propos de l’arrestation des journalistes français Loup Bureau, détenu plus de 50 jours car accusé d’appartenir à une « organisation terroriste », et Mathias Depardon, détenu un mois en Turquie pour « propagande terroriste ».

Tous deux avaient finalement été expulsés vers la France.

Les relations entre la Turquie et l’Union européenne s’étaient particulièrement tendues lors de la campagne pour le référendum du 16 avril sur la révision constitutionnelle renforçant les pouvoirs du président turc, lorsque plusieurs pays, dont l’Allemagne et les Pays-Bas, avaient refusé la tenue sur leur sol de meetings tenus par des ministres turcs.

Or, la France avait alors autorisé le ministre turc des Affaires étrangères à tenir un meeting électoral à Metz, dans l’est du pays.

Par ailleurs, la Turquie a signé en novembre une lettre d’intention avec la France et l’Italie ouvrant la voie à l’achat par Ankara de missiles sol-air au consortium franco-italien Eurosam.

M. Erdogan a déclaré cette semaine vouloir « avoir de bonnes relations avec l’UE et avec les pays de l’UE », dans le but de « réduire le nombre d’ennemis et augmenter le nombre d’amis », a-t-il ajouté dans des propos rapportés par plusieurs journaux turcs, dont le quotidien Hürriyet.

Romandie.com avec(©AFP / 30 décembre 2017 19h59)                                            

Le président turc Erdogan en visite au Tchad signe des accords

décembre 26, 2017

N’Djamena – Les présidents turc, Recep Tayyip Erdogan, et tchadien, Idriss Déby Itno, ont signé mardi cinq accords au terme d’une visite d’un jour d’Erdogan à N’Djamena, une première dans le pays qui revêt une forte connotation économique, a appris l’AFP de source officielle.

Des accords relatifs à l’impôt sur le revenu, la coopération en matière de jeunesse et sports, la coopération technique et de développement, la promotion et la protection des investissements et la coopération dans le partage d’informations et d’archives diplomatiques, ont été signés ce mardi par les deux présidents, selon le communiqué final.

Le Tchad a aussi sollicité l’implication de la Turquie dans la recherche et l’exploitation pétrolière, alors que le gouvernement tchadien négocie depuis plusieurs mois avec l’entreprise suisse Glencore au sujet de prêts gagés sur le pétrole tchadien, et concernant une restructuration de dette s’élevant à 1 milliard de dollars.

Les deux dirigeants se sont félicités de la parfaite convergence de vues entre les deux pays sur les questions internationales, notamment la question du terrorisme et le conflit israélo-palestinien. Le Tchad a été placé fin septembre sur la « liste noire » des Etats-Unis, interdisant l’entrée sur leur territoire à tout ressortissant tchadien.

Concernant Jérusalem, les deux délégations ont estimé que les décisions « unilatérales et illégales » sont « inacceptables et nulles ». La principale condition principale pour la paix et la stabilité dans la région est, selon les délégations, la création de l’Etat de Palestine indépendant et souverain avec une intégrité géographique et ayant pour Capitale Jérusalem-Est dans les limites des frontières de 1967.

La reconnaissance de Jérusalem comme Capitale de l’Etat d’Israël pourrait, selon elles, avoir des répercussions négatives sur la paix et la stabilité dans la région et comporterait un risque de détruire complètement les fondements pour la paix.

Idriss Déby Itno a enfin demandé l’implication de la Turquie dans deux grands projets : la construction de l’aéroport de Djermaya et du pont sur le Chari. Les dossiers relatifs seront soumis à la partie turque, selon le communiqué officiel.

En marge de cette visite, un Forum économique entre la Turquie et le Tchad, auquel ont participé des entreprises et des hommes d’affaires tchadiens ainsi qu’une centaine d’hommes d’affaires turcs, a été organisé.

A l’issue d’un premier entretien à l’arrivée du président turc, la présidence a indiqué que ce déplacement « ouvre une nouvelle page dans la densification des relations entre les deux pays ».

Le chef de l’Etat turc était accompagné d’une dizaine de ministres, dont ceux de la Défense et des Affaires étrangères, et d’une délégation d’hommes d’affaires.

Avant N’Djamena, M. Erdogan a séjourné dimanche et lundi au Soudan pour une « visite historique », marquée par la signature d’une douzaine d’accords bilatéraux. Il est attendu ensuite en Tunisie, troisième et dernière étape de sa tournée régionale.

Comme au Soudan, le Tchad traverse une grave crise économique, et la visite avait de forts enjeux économiques.

La Turquie est également au coeur des rivalités régionales autour de la crise en Libye (voisine du Soudan, du Tchad et de la Tunisie), en tête des préoccupations sécuritaires pour le président Déby.

Romandie.com avec(©AFP / 26 décembre 2017 18h28)                                            

Erdogan espère ouvrir une ambassade de Turquie à Jérusalem-Est

décembre 17, 2017

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, le 15 décembre 2017 Istanbul / © AFP / OZAN KOSE

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a espéré dimanche que la Turquie ouvrirait bientôt une ambassade à Jérusalem-Est en tant que capitale d’un Etat palestinien, en dénonçant à nouveau la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Le chef de l’Etat turc est l’un des plus véhéments critiques de la décision annoncée le 6 décembre par le président américain Donald Trump de reconnaître la Ville sainte comme la capitale d’Israël. Il a appelé les pays musulmans à reconnaître Jérusalem-Est comme la capitale palestinienne.

Jérusalem-Est a été conquise par Israël lors de la guerre des Six jours en 1967, puis annexée, ce qui n’a jamais été reconnu par la communauté internationale. Les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est comme la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

« Parce que (la ville) est sous occupation, nous ne pouvons pas juste y aller et ouvrir une ambassade », a déclaré M. Erdogan pendant un discours à Karaman (sud de la Turquie). « Mais si Dieu le veut, ce jour est proche et (…) nous ouvrirons officiellement notre ambassade là-bas ».

Dans un discours dimanche, le Premier ministre Binali Yildirim a lui déclaré que « à partir de maintenant, nous déclarons que Jérusalem Est occupée est la capitale de la Palestine », ajoutant que la Turquie voulait une solution pour Jérusalem qui satisfasse les deux parties en conflit.

La Turquie, qui entretient des relations diplomatiques avec Israël, dispose d’une ambassade à Tel Aviv et d’un consulat à Jérusalem.

Le président turc a de nouveau fustigé la décision de son homologue américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y déménager son ambassade, résultat selon lui d' »une logique et d’une façon de penser sioniste et évangéliste ».

L’Etat hébreu n’a pas le droit de « s’approprier » Jérusalem, qui est la « capitale des musulmans », a-t-il ajouté.

Romandie.com avec(©AFP / 17 décembre 2017 22h22)