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France: 25 ans de réclusion pour le mari violent qui avait percuté mortellement sa femme

mai 21, 2021
25 ans de reclusion pour le mari violent qui avait percute mortellement sa femme
25 ans de réclusion pour le mari violent qui avait percuté mortellement sa femme© AFP/Archives/JEFF PACHOUD

« Chronique d’une mort annoncée »: un mari violent a été condamné vendredi à 25 ans de réclusion criminelle par les assises du Rhône pour le meurtre de son épouse qu’il avait percutée et écrasée avec sa voiture.

L’accusé, qui n’a pas réagi à l’énoncé du verdict, devra se soumettre également à un suivi socio-judiciaire pendant dix ans comprenant une obligation de soins.

Gilou Rakotoasimbola, 46 ans, cheveux ras et vêtu d’un large blouson orange et noir qui épaissit sa frêle silhouette, est un « homme banal, inséré, normal », a noté dans son réquisitoire l’avocate générale Charlotte Millon.

« Mais c’est un homme profondément blessé sur le plan narcissique par cette plainte déposée par Bernadette, blessé par cette séparation imposée par le juge (…) il a mal à son ego », a-t-elle poursuivi.

La magistrate avait réclamé une condamnation à 30 ans de réclusion, assortie d’une peine de sûreté de 20 ans.

Le 25 juillet 2019 à Vénissieux, vers 07H15, Gilou Rakotoasimbola était entré en trombe avec son SUV sur le parking de l’entreprise de sa femme Bernadette, 43 ans, qu’il ne pouvait approcher depuis une plainte pour violences conjugales déposée deux semaines plus tôt.

En moins de trois minutes, au volant de son véhicule de près de deux tonnes, le mis en cause a alternativement percuté et écrasé la victime, à deux reprises. Il a marqué aussi deux arrêts durant cette séquence, mettant le pied à terre pour invectiver son épouse agonisante avant de quitter les lieux.

La scène très violente, filmée par les caméras de vidéosurveillance de la société, a été diffusée jeudi lors du premier jour d’audience, plongeant le public dans la sidération.

Bernadette avait déposé plainte le 8 juillet après l’étranglement que lui avait fait subir la veille son mari et qui lui avait fait perdre connaissance. M. Rakotoasimbola avait été placé en garde à vue, puis mis en examen et placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact avec elle.

Du côté de la défense, Me Stéphanie Rogeron a estimé la peine prononcée « juste », indiquant à l’AFP qu’elle ne comptait pas faire appel.

Dans sa plaidoirie, l’avocate a expliqué que son passage à l’acte est intervenu « quand il comprend qu’il ne parlera pas avec Bernadette, qu’elle ne veut pas lui parler, que c’est fini, pour lui la coupe est pleine ».

« Ce qu’il a fait est horrible et il le sait », a-t-elle ajouté, en déplorant que les émotions aient « du mal à transparaître » chez son client d’origine malgache.

« Escalade de la violence »

« Reconnaissez-vous l’avoir volontairement tuée ? » a demandé dans la matinée le président Eric Chalbos à l’accusé.

« Oui », a-t-il répondu en opinant du chef, avant d’exprimer des « regrets » et de demander « pardon » à la famille de la victime. La veille encore, il avait conservé la ligne de défense adoptée durant l’instruction, réfutant toute intention homicide.

L’ancien chauffeur routier, père de deux filles d’une précédente union, a en revanche contesté avoir été violent envers son épouse durant leur mariage.

Bernadette s’était rendue dans les locaux d’une association d’aide aux femmes battues dès le 16 avril 2018 pour évoquer « un contexte de violences physiques, psychologiques et sexuelles » au sein de son couple, a rappelé à la barre une responsable de l’association Viffil.

L’ex-femme de l’accusé, qui avait refusé de répondre aux enquêteurs de peur que son ex-mari puisse avoir connaissance de son adresse, a ensuite raconté à la cour qu’au moment de leur séparation, Gilou, qui « s’énerve très vite », l’avait « étranglée un soir ».

« C’est une chronique d’une mort annoncée », s’est désolée dans sa plaidoirie l’avocate des parties civiles, Me Isabelle Steyer, la plainte de Bernadette ayant entraîné, selon elle, « une escalade de la violence ».

Cette dénonciation mettait au jour « la double personnalité de cet homme qui souffle le chaud et le froid, qui par moments se met à genou devant elle et à d’autres la contrôle et la rabaisse », a ajouté Me Steyer.

Par Le Point avec AFP

RDC : le colonel Engangela condamné à la perpétuité pour crimes contre l’humanité

décembre 16, 2014

Le colonel Engangela, le 15 décembre 2014 à Bukavu.
Le colonel Engangela, le 15 décembre 2014 à Bukavu. © AFP

Le colonel Engangela, alias « Colonel 106 », a été condamné lundi à la réclusion criminelle à perpétuité pour des crimes contre l’humanité commis entre 2005 et 2007 dans l’est de la République démocratique du Congo.

C’est une sentence exemplaire. Le colonel Bedi Mobuli Engangela, âgé de 42 ans, a été condamné lundi 15 décembre par la cour militaire du Sud-Kivu, à Bukavu, à la réclusion criminelle à perpétuité pour crimes contre l’humanité.

Plus connu sous le surnom de « Colonel 106 », le colonel Engangela a également été condamné à 20 ans de servitude pénale pour « crimes contre l’humanité pour viols », 15 ans pour « crimes contre l’humanité pour autres actes inhumains (torture et séquestration) », 15 ans pour « esclavage sexuel » et 10 ans pour « emprisonnement et autres formes de privation grave de liberté physique ». L’accusé a été reconnu coupable d’avoir commis lui-même certains crimes et d’avoir encouragé ses hommes à faire de même, pendant qu’il servait sous l’uniforme de l’armée ou après avoir déserté et fondé une milice dite « maï-maï » (de défense contre les groupes armés étrangers)

Le jugement a été rendu à Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu, où le colonel Engangela a dirigé sa milice entre 2005 et 2007. Aucune des victimes de l’accusé et de ses hommes n’était présente à la lecture du verdict. Pendant le procès, elles avaient témoigné de manière anonyme, par crainte pour leur sécurité. Me Raymond Balibuno, avocat de l’accusé, a annoncé son intention de faire appel de la décision de la cour, qui a en revanche été saluée par l’ONG Avocats sans frontières (ASF).

« Un signal fort dans la lutte contre l’impunité »

« Le colonel Engangela est l’un des plus hauts responsables des violences commises au Sud-Kivu en 2005-2007 », écrit ASF dans un communiqué, parlant de près de 1 200 victimes, dont plus de 750 se sont portées parties civiles, « cette décision de justice est donc un signal fort dans la lutte contre l’impunité ». « Les victimes étaient enlevées et transportaient les biens pillés, liées par une corde ‘comme des esclaves' », raconte le communiqué. « Au quartier général de la milice […] les femmes étaient séparées des hommes. Après que le chef de guerre [eut] trié quelques femmes de son choix, il laissait les autres à ses miliciens. D’autres encore étaient vendues, prêtées ou troquées contre des biens de consommation », continue ASF.

Le colonel Engangela était en détention préventive depuis 2007. Son nom figurait sur une liste de cinq officiers supérieurs et généraux transmises par l’ONU aux autorités de Kinshasa en leur demandant d’accélérer les procédures judiciaires contre ces hommes accusés de violations graves des droits de l’homme. L’un des autres officiers figurant sur cette liste, le général de brigade Jérôme Kakwavu, a été condamné à dix ans de prison ferme pour crimes de guerre en novembre. « Après le général Kakwavu, c’est maintenant le Colonel Engangela […] Bravo pour la justice congolaise ! » a commenté le chef de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco), Martin Kobler, sur son compte Twitter.

Jeuneafrique.com avec AFP